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Je sais pas ce qu’ils se sont dit. Et, après il est revenu. Mais je sais qu’il avait parlé avec quelqu’un. Et, il m’a dit:

“Petit, écoute.

Maintenant, t’inquiètes pas. Maintenant, il va te déposer.”

J’ai dit: “Mais il va me déposer où?” Ce que je ne comprenais pas, chaque fois, il y a l’autre qui prenait, l’autre qui donnait à l’autre, l’autre qui prenait..


With the first person who was going to help me get out of Syria, I went to an airport with the idea of going out by plane and in a couple of seconds this plan failed and

I had to start by walking.

And this became a journey of 5 months.


T’as pas mille choix quoi.

Tu peux faire demi-tour

où tu dois juste avancer quoi.

Non, c’était, la frontière Hongroise elle est bien bien sécurisée. Avec des trucs, tu vois, d’infrarouge, des caméras. C’est le plus surveillé de tout l’Europe quoi.

Il y a

des passeurs qui demandent 1200 euros pour euh, juste traverser la Hongrie quoi. Beuh, du coup pour nous c’était vraiment beaucoup 1200 euros.


Il m’a déposé là, après. Et moi comme un con, j’ai même pas demandé, j’ai même pas demandé qu’ est-ce que je va faire ou comme je peux aller. Moi, juste, j’ai demandé une cigarette, putain. Le gars il ne fumait pas mais il a demandé au chauffeur, le chauffeur qui est Turc. Il lui a demandé de donner une cigarette à moi. Du coup, l’autre, il sort le paquet. Et l’autre, lui c’est le directeur, il lui prends tout le paquet et dis: “Tiens, prends.” Laisse nous, quoi. (lacht)

Il a eu peur, vraiment. J’ai pris

le paquet, il avait quatre, cinq cigarettes. J’ai fumé, j’ai fumé les cigarettes. J’ai fumé tout à la fois. Après je me rends compte: “Putain Younes, qu’est-ce que je vais faire?”


Dat was denk ik de grens van Griekenland. Da was een bos, een grote forĂŞt.

Zeven uur

denk ik ‘s morgens. Dat was heet, heel warm, we moesten

wandelen, wandelen, der was geen, geen richting. Overal was er, overal was er een boom, een bos, bloemen, geen bloemen, bomen. Ondertussen heb ik twee drie mensen gezien maar, zij luisteren ons nie gewoon maar sommigen waren met geweer.

Ik was

bang. Iemand van de bewoners daar. Sommigen waren van boerderij.


On marchait dans les champs.

On a vraiment bien marché,

marché.

Après on est arrivé à un petite village de, des Pakistanais. Des Pakistanais qui travaillent dans le petit village, qui travaillent dans les champs et tout. C’était oui, c’était cool vraiment ces gens. Ils nous a rapporté à boire.


Et j’avais toujours peur mais j’avais

Je remercie dieu, je sais pas quoi.

pas du choix et tout. Et finalement

Il m’a pas tué, des choses comme ça.

il me dit: “Dans quelques temps

Il m’a pas jeté dans la mer et

je viens te chercher.” “Ok, ça va,

je pouvais disparaitre quelque part.

ça marche.” Je reste là. Je suis

Et euh, Voilà.

content. Je fais ma prière.


Ik heb een jongen van achttien, negentien jaar ontmoet. Hij heet Farhad. Farhad was echt kleiner dan ik, heel mager dan ik. Stel je voor, echt een jongetje. En dan de smokkelaars zeiden tegen [hem], moet je bijvoorbeeld die dag tegen zeven uur ‘s avonds hier komen. Voor de kerk aanwezig zijn. Via camionette kun je bijvoorbeeld Athene verlaten. En hij is daar geweest en de smokkelaars was er niet. En dan paar minuten moest hij daar wachten, niemand. Hij wou terug komen naar huis. Er waren sommige mensen. Wie? Dat weet ik niet, wie was het. Maar zij hebben met een mes overal... En dan gelukkig, iemand heeft een urgence gebeld, een ambulance. Allez kijk negentien jaar en dan met een mes. Wat was de reden van die mensen? En da was bijna naast zijn hart. Hij had geluk. En dat was echt de eerste schok.


J’étais dans les montages vraiment. Le tableau c’était vraiment dans les montagnes,

j’étais toute seule et c’était une nuit noire.

Une nuit noire vraiment, sombre et noire.

En hivers. Genre t’as tes, les arbres sont juste à côté mais ils ont vraiment ma taille ou un peu moins aussi, des arbres comme ça. Et là, quand je regarde, je n’arrive pas à capter si c’est une arbre ou si c’est un personne à côté. Parfois, je touche avec la main.


Le son

des voitures

était plutôt un bon signe,

tu savais que t’étais pas complètement perdu.

C’était un

son de sécurité.


When I was traveling, I was traveling as a refugee. I was traveling as a person who never had a passport, so I will lose nothing in my way. I was not scared I would be arrested. What will change? Maybe for somebody else, if they get arrested, they will send him back for example to Iran or to Afghanistan. But for me, nobody can send me anywhere because nobody can know [where] I came from.

So they cannot know what they can do with me. So in

this way, maybe it was easy.


On a retiré le petit bateau là et on a traversé.

r h é !

C’

e er s t pas fa s v a cile de tr e

Quand on traverse, on doit tirer mais il y a un courant très fort, très très fort. Vraiment à quatre avec, comment on appelle ça... merde… bon le petit canne comme ça. On tire donc à quatre malgré ça, putain t’as un courant d’air qui est très fort. T’as la rivière qui est comme ça. Tu pars de là, il t’amène presque 500 mètres comme ça.

T’as aussi, t’as ici aussi

le pont ou est le douane quoi.


Je me rappelle une fois, c’était à la frontière Grec-Macédonien. Il avait un pigeon. C’était la nuit. Vraiment, on a été quatre, on a tous peur, vraiment vraiment à fond quoi. On arrive, c’était tellement silencieux, que l’oiseau là, je crois que c’était un pigeon quoi, il doit avoir la tête d’un pigeon, il s’envole direct parce-qu’ on a approché. Il s’envole, du coup, nous on a fait du bruit là, on avait tous peur. Juste un mais c’est tellement calme et calme et du coup il fait du bruit. On avait vraiment peur là.


Et là on a essayé une première fois, et du coup euh, on a passé toute la nuit à marcher.

On marche,

on marche.

On a marché,

on a marché,

on a marché.

Et je crois, six heures du mat, après qu’on marche toute une nuit,

ils nous ont choppé, l’armée Serbe. Et euh, voilà. Bon, ils nous ont gardé quelques heures. Le gars qui était avec moi, ils l’ont tapé. Comme ça, sans raison. On dirait qu’il n'a pas aimé sa gueule quoi. “Tu, toi, si je te choppe la prochaine fois, je te tue.” Il lui a dit comme ça. Après, il nous fait revenir à la frontière, après ils nous disent: “Voilà, la Macédoine, vous devez retourner.” Sont des montagnes comme ça.

On doit marcher

jusqu’à on revient à la frontière...


Hij vroeg: “Wat wil je eten?” Ik zei: “Nee, een douche en een badkamer.” “Daar.” Oké. Dat is héél belangrijk voor mij. Ik dacht: “Nu, de hele wereld is voor mij.” Ik kan niet demonstreren wat was mijn gevoel op dat moment. Veel ja, tien dagen, zonder douche.


Après je suis sorti.

Je commençais à marcher,

je suive le route. Je vois des plaques. Après j’ai vu des gens. J’ai demandé: “Patras?” Après il m’ont dit: “Il faut suivre comme ça.” J’ai marché. C’était vingt-six kilomètres. Après j’arrive au centre, j’arrive à la ville... Comme par hasard c’était une fête euh. Ils font une fête là. J’arrive, bon une fête où l’alcool est gratuit. Je sais pas. Mais il était vraiment plein de bouteilles de vin par terre comme ça. Et les gens, ils ramassaient, ils buvaient. Une fête de vin, je ne sais pas. Je commençais à boire, à boire, boire. Et après je traine, je traine. Après je regarde et je vois les autres aussi bourré. Là putain. (lacht) On a bien rigolé quoi. On commençait direct à

r

.

e ol g i r

rigo

ler, rigoler,

Sans arrêter, toute la soirée quoi. Ça c’était vraiment, quel cauchemar...


Oui, c’était une petite cellule

dit: “Euh, ok.” J’ai dit: “Ça va, je

et tout ça. Et euh, et puis voilà

reste là.” J’ai dit: “Mais, et toi ?”

donc. Il m’a dit: “Reste là.”

Il m’a dit: “Non, il y a pas de

Bon, il s’en va. Et euh, pendant

soucis, le monsieur va te venir

des longues minutes il revient.

voir de temps en temps.”

Et il revient avec un monsieur

J’ai dit “Mais”.

et il dit: “Saïdou, écoute, tu

Je commence à avoir peur,

vois ce monsieur? N’as pas de

parce que... comme je suis très

soucis. Tout va bien se passer,

curieux, je veux tous savoir.

maintenant lui, il va te venir voir de temps en temps.” Et puis j’ai


In Istanbul, for two and a half months I never walked outside during the day because I was without any paper. And there was a very strong control in that period because too many refugees from Iraq and... So we could not leave the home. So I never saw the streets of Istanbul during the day.


J’ai pas choisi exactement combien de temps je voulais partir. J’ai pas choisi celui-là. C’est venu comme ça.

Et donc,

il y a un moment donné, ça devient oppression,

ça devient oppression. Mais naturellement, tu ne décides pas, tu ne décides pas, ça vient, ça vient un jour. Tu ne peux pas l’éviter.


Daar waren veel mensen. We konden het huilen van kinderen horen, van vrouwen. De agenten probeerden geld van ons te vragen om dingen mee te brengen. Daarna moesten we naar buiten. Ik kreeg een bijlage, ik weet niet meer welke bijlage maar mijn naam en foto op en ik mocht ĂŠĂŠn maand blijven in Griekenland, dan het land verlaten.


Et j’avais peur.

Je commence à me dire: “Qu’est-ce que va se passer? Est ce qu'il va me jeter dans la mer? Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que va se passer?” J’ai dit: “Mais Saïdou, calme-toi, calme-toi.” A ce moment-là, ça devient sérieux... Il y a un moment donné que je voulais crier euh. Tu comprends plus quoi, je comprends plus et le monsieur était un peu bizarre, des choses comme ça.

Il peut faire

tous qu’il veut parce que personne ne voit, il est seul avec moi, il est jeune. Je suis resté un peu calme mais ce n’était pas possible, mais je veux essayer. Et euh, voilà. Ils s’en vont.


Sommige mensen waren niet zoals ik, neen en zij gingen rechtdoor, rechtdoor. Maar ik niet, ik dacht allez die persoon heeft echt echt hulp nodig. Ik heb ĂŠĂŠn kind en ook twee zakken bagage genomen. En die andere personen, eh ben jij zot! Niet doen... laat achter. Maar, niet in mijn karakter.

Op die traject moet je eerst naar jezelf kijken en dan naar iemand anders maar nee ik kon niet.


Il fait chaud, c’est

montes. Parfois

passer, après, après,

la mois d’août,

t’es obligé de faire

genre c’est là où

je crois. Il fait

tout un tour parce

c’était vraiment

vraiment chaud,

que tu ne peux pas

le pire du pire quoi.

chaud. Et c’est là

passer par là. Et tout

Je suis vraiment

où on a commencé

un tour. Après tu

arrivé à de dire euh,

à avoir soif. Et du

descends, après il y a

on dit, j’ai envie de

coup, tu descends

un forêt,

boire de l’eau avant

les montagnes, tu

tu ne peux pas

de mourir.


Il y a toujours de..

il y a toujours des histoires qui font rire, toujours toujours hé.

Pour détendre un peu. Ou parfois on trouve vraiment, on croise des gens drôles et on commence vraiment se rigoler sur les gens.

On a rigolé

par exemple avec les soldats Serbes. Parce qu’ils étaient vraiment des gabarits. Putain. La tète il est comme ça, les jambes, ils sont... (toont het silhouet met zijn handen) Pour ça, mon pote, j’ai toujours lui dit: “Putain, il te mange comme un sandwich quoi.” Parce que-il, mon pote, il est petit.


T’as une ambulance qui vient me ramasser. Après me ramener à l’hôpital. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait mais après je me rappelais de rien. Deux femmes qui sont arrivées pour me faire un massage. Après je me réveille le lendemain, je me rappelle de rien quoi. J’étais tout bleu quoi. Je me rappelle qu’ils m’ont déshabillé, après ils sont commencés à me faire un massage. Et là, je m’ai endormi direct quoi. J’ai pas, j’ai pris des médicaments. Je me réveille le lendemain. Je suis réveillé, je vois les flics à côté de moi. Il m’ont faire sortir. Il m’ont demandé, ils ont essayé de m’expliquer: “Il faut pas traîner la nuit.” Après je, c’était là journée, j’ai trainé un peu en ville. Du coup, j’entends l’histoire, j’ai rencontré des Tunisiens, des Algériens. Ils m’ont dit que je n’étais pas le premier. C’était euh, à chaque fois, ils attrapent quelqu’un et il y a un qu’ils ont jeté d’un pont comme ça. Un Algérien. Deux bras cassés. Il n’est pas mort.


Da was ‘s avonds,

uur. Dan waren wij

We waren met vier,

da was zes, zeven,

in een woestijn.

in de woestijn.

allemaal donker,

Echt een woestijn.

De contactpersoon

overal. En dan

Er was niks.

was voor ons,

nemen wij, zoals een

We waren met vier

we moesten hem

miniwagen, zoals een

aan het wandelen en

volgen. En dan,

andere, maar kleiner.

dan komen er achter

daarna zo veel

Achter de wagen,

ons zoveel mensen.

mensen.

hoe lang duurt het?

Ik weet niet hoe

Hoe komen zij?

Ik herinner me nie,

komen zij. Snap je

kweet nie, twee, drie

wat bedoel ik?


Je parlerais surtout, sûr, d’une couleur, d’abord, d’obscurité, de noir. Et pourquoi? Parce que,

pendant ce voyage, j’ai voyagé un peu dans le noir. Je ne savais pas où est-ce que je me dirigeais. Quelle était ma destination ? Je comprenais pratiquement rien de ma direction. Et si je peux choisir une deuxième couleur, ça va être la couleur bleue. Pourquoi la couleur bleue? Par apport avec l’océan, la mer sur laquelle j’ai effectué ma voyage.

Parce qu'il y a plusieurs sortes de voyages logiquement, on va terrestre, aérienne et maritime. Donc, c’est la voie de la mer, la voie maritime.


On commence à marcher. On marche, on marche, on marche. On a passé devant l’armée Truque, après il a été discuté avec. J’imagine qu’il les a donné de l’argent, je ne sais pas quoi. Après on a continué à marcher. Mais, avant ça, tu vois dans la camionnette, j’ai discuté avec des gens. Il y en a qu’ils ont payé 1000 euros, 1500 euros pour juste une frontière. Parce que c’était des gens qui ne savait pas, voilà quoi euh, bon.


And when we were on the boat they told us we had to throw all our stuff. And I was with a backpack with my most important personal stuff because I knew I would never go back. So when I refused when they said you have to throw it, he put a knife to my throat and he said to me again “Throw it�. So I took off my backpack and threw everything I had in the sea.

It was bad, this moment.

Too much moments...


Et bon euh, comme je t’ai dit, on est resté six ou sept. On a pris deux, les deux bateaux. On a traversé, après on est arrivé. Quand on est monté, on a vu même des voitures des flics. Du coup, on a commencé de

courir, courir. courir,

Après, on se retrouve disperser.

Bah, je ne sais pas,

on s’est perdu.


In een echte woestijn heb je zand maar dat was een speciale woestijn. je hebt alles, bomen, water, maar je kan niet genieten van. Gewoon je bent vluchteling, zoek je naar een gaatje om door te gaan. Met zo veel mogelijkheden. Bijvoorbeeld voor een toerist was “Wow!”, zo’n mooie plek om te genieten maar voor ons was niet. We kunnen niet genieten met zo veel paniek. Gewoon doorgaan zonder achter te kijken.


Non, quand on est en ville, on se cache pas vraiment. On essaie, oui euh, on profite. Parfois on promène toute la journÊe. Marcher ou sortir librement, euh oui. Dans les villes, on se cache pas vraiment.


En daarna, en daarna hebben wij een bus genomen. Met die paspoort ook. Altijd die paspoort bij. Met negen, maar was ook iemand met ons. Iemand was misschien een contactpersoon, van `de echte persoon. Hij zat een beetje apart, niet met ons. Dat was euh, dat duurde meer dan vierentwintig uren, denk ik. Van die klein dorpje naar Istanbul. In Istanbul waren we in een kleine, zo hostel zo. Geen toeristen, geen echte chic, gewoon om te logeren. Maar

wij mogen nie naar buiten gaan.

Altijd daar zitten.


Et dans une autre sachet, également, il avait aussi des vêtements, des vêtements bleus. Un peu bleu, et je pense bleu foncé. Et là, il m’a dit: “Saïdou, maintenant, tu portes ça. Tu te déshabilles, tu changes tes vêtements et tu portes ces vêtements là avec des bottes. C’est des bottes, des chaussures et tout. Avec un béret. Et donc je porte le béret et tout. Il m’a dit: “Tu m’entends. Dès que je reviens, voilà, on va y aller.”

J’attends, j’attends, j’attends. J’étais là, inquiète et tout ça. Voilà. Il y a un moment, il revient, on y va, je le suive tranquillement. Il m’a dit: “Il faut pas paniquer. Il faut me suivre calmement, il y a rien.”


Là j’ai marché encore un peu, après j’entends des chiens qui aboient. Plein, plein de chiens genre je sais pas. Je dis bien euh, tu vois, j’entends les abois des chiens. Peut-être un dizaine quoi. C’est une estime. Ils sont vraiment beaucoup. J’entends des abois différents euh. Des abois différents. Et là je me suis éloigné un peu des abois du chiens. Parce que des chiens des agriculteurs, ils sont vraiment méchants. Ils attaquent les armes à main.


Quand je suis arrivé là. C’est là où il y a vraiment des arbres. Je t’ai dit, je touche pour savoir si c’est un animal ou des, un arbre? Ils sont vraiment, ils ont juste cette taille, du coup tu vois juste une forme noire et

tu ne sais pas qu’est-ce que c’est parce c’est vraiment tellement noir que..


Op dat moment had ik nog niet veel mensen van verschillende nationaliteiten ontmoet. Maar ik kon Afrikaans, zwarte mensen ontmoeten. Dat was voor mij... Ik heb al gezien op het allez... in de tele, op reportage, maar niet echt... Ah wow zwarte man, zwarte vrouw, dat is mooi! Dat was een ervaring voor mij.


Après, moi, j’ai un stress

Ahmadi et je dis:

parce que tous ont, ils

"Ecoutes, je vais aller

ont tous des passeports.

avec le passeport comme

C’est moi le problème.

il est. Je ne vais pas

Et le stress que je l’ai,

changer le photo". Et il

parce que c’est trop.

dit: “Quoi?”

On est combien? On est

Je te jure, le gars, il

quatre et le fils c’est

vient du sud du Tunisie.

le cinquième et on est

Vraiment tu vois de cinq

chez une famille qui

mètres que ce n’est pas

est aussi nombreux et

moi. Tu vois la photo. Il

aussi on a bien remarqué

est petit, il est vraiment

qu’on dérange vraiment

bien... bien foncé. Pas

quoi. Parce qu'ils ont

vraiment noir noir mais

des filles aussi qui,

vraiment bien foncé. En

qui ne voulaient pas se

plus, il fait des tresses

montrer. Du coup, il y

comme ça. Ces cheveux sont

a une pression sur moi

un peu longs comme ça et

et c’est moi le problème

avec des tresses.

dans l’histoire. Et dans l’histoire euh, je regarde un gars qui s’appelle


J’ai resté genre un quart d’heure, sans bouger et réfléchir. C’était une

panique totale ou je me dis:

“Écoute Younes, les risques tu les prends soit en faisant demi-tour ou en avançant.” Je me dis: “Je dois avoir le courage et traverser.” Entre les deux comme ça. Parce que ça, c’était ma direction, que je traverse comme ça. Je me lève après genre un quart d’heure. Tu sais, un truc, chez les Musulmans on dit [zegt iets in het Arabisch] ça veut dire, quand tu sens la mort, tu dis ça. Chez les Musulmans toujours quand tu sens la mort, tu dis ça. Du coup, je dis le Shahada, comme ça.


Mais, quand j’été au camion, j’avais mal au ventre, bien malade et tout. J’avais envie vraiment de vomir. Quand j’ai couru tout ça et avec la peur et tout, tout ça est parti. J’ai plus mal. Je te jure. Tu vois quand tu cours, tu sors l’air. J’ai plus mal au ventre, je me sentais bien vraiment. J’ai couru, j’ai fait que courir.


C’était presque toujours

des moments silencieux. Quand tu traverses des forêts et tout ça. Quand tu t’approches les rivières tu entends le bruit des grenouilles, des insectes, l’eau qui coule. A part de ça, c’était vraiment silencieux.

On entends tout, tout.


Ik voelde vaak niets.

niet hoelang ik moest

Ik kan niet zeggen.

blijven. Sommige mensen

Ik had koud...

Ik

zeggen, al ĂŠĂŠn maand

had veel dorst, er was

ben ik hier, anderen al

geen water. Maar ik was

drie maanden hier.

zeker, op een dag ga

Ik wist het niet, ik

ik een rustiger leven

was een beetje bang

hebben. Dat was, dat

in het begin. Maar

kan mij rustig maken.

gelukkig duurde het

Voor mij geen probleem.

maar vier dagen.

Allez, ik had heel koud

Gelukkig was ik

koud. Ik kon zien, ik

optimist. Dat helpt

kon niets doen, niets

me, altijd. Als je

doen, allez, dat is een

poker speelt heb je

gevangenis, niemand

een winner kaart,

kan mij helpen. Dat is

mijn winner kaart was

een procedure. Twee

optimist. Dat pushte

dagen, drie dagen, vier

me altijd vooruit.

dagen, ik wist het


Il avait un peu de nuages. Tu vois, quand t’as une nuit noire, les nuages sont blancs. Avec le peu de nuages qui sont là, je vois vraiment trois formes, des loups, qui arrivent au sommet du montagne comme ça. Ça me fait penser à un film, “Danse avec les loups”. Tu connais? Dans ma tête je veux aller dans cette direction où ils sont. Du coup j’étais en train de regarder et j’essaye de ramasser des cajous.

Je ne vois pas eh.

J’étais en train de chercher des cajous comme ça. J’ai ramassé quelques cajous. Je sortais ma briquet. Ils ont dit que les loups, ils ont peur de feu. Et j’étais en train d’attendre pour voir où ils vont bouger.

Moi

je suis en train de regarder, et là derrière j’entends vraiment “Brrrrr”. J’entends vraiment un bruit, plein des animaux qui marchent. Ce que je m’imagine bien c’est des sangliers, des cochons. J’ai pas vu hé. Mais j’entends le bruit qu’ils font en marchant “Brrrrrr”, beaucoup à la fois. Je dis bien que c’était un groupe de sangliers. J’ai regardé derrière, après je regarde devant, les loups sont plus là. Et le problème, je ne sais pas où ils sont. Est-ce que ils sont descendus vers moi? Et là je ramassais encore des cajous. Je regarde, tu vois tout, je concentre le regard dans la direction où je l’ai vu quoi. Ils vont arriver, ils vont arriver.

J’attendais, j’attendais, genre un

quart d’heure. Je me dis: “Younes, ils sont pas arrivés, ils ont pris un autre chemin. Fonce.” J’ai foncé. Mais, j’ai eu peur hé. J’ai foncé.


But in our boat we were only 15.

We arrived to Izmir,

to the point where we were going to take the boat, the day before. We thought we were going to go directly but they put us in a small forest very close to the beach. We would go in the morning, so from six in the evening till nine in the morning we had to wait and hide in that small park at the beach. And this was very difficult because it was very cold and we couldn’t stand up because nobody can see us, and it was raining. And we had to sleep on the ground in the rain, and they put nylon over us and it was very very cold and we were very hungry and a lot of people started to cry. Even the friend that came with me from Lebanon and this guy is like very tall and very strong - he always took care of me on our road -, but at that moment he was completely destroyed and he cried and asked me to take care of him. We was like 35 person and in the morning, when the time came to go to the boat, 10 of us, they cannot walk, so we left them. Because they stayed for 12 hours, sleeping, lying and it was very very cold on the ground, the ground takes all the heat. So from the middle down you could almost not feel anything. So we left more than 10 people behind. That is why we were with not too much people on the boat.


Donc, il faut

connaissances

rappeler également,

là-bas.

quand j’avais quitté

donc, moi j’étais

mon pays j’ai pas

réfugié chez lui à la

préparé ça. J’ai

maison. Et donc, il

pas préparé ça du

a essayé de prendre

tout. C’était via un

contact, il a essayé

ami de mon père,

de tout organiser,

à l’époque, qui

maintenant j’étais

travaillait avant, qui

chez lui. Parce que

était commerçant

il faut rappeler je

mais qui travaillait

me suis échappé du

avant aussi dans

commissariat.

la port et qui a beaucoup des

Et


Moi j’ai déjà fait ça en Tunisie, tu vois, avec la frontière Libyenne, je connais comment ça marche quoi. Du coup, quand il m’a dit “Tu connais Saïd?” “Oui, oui, c’est mon pote, on travaille ensemble et là je vais aller chercher aussi euh marchandise” tout ça. “Ah, oui, cool, ça va, mais passe par là aussi hé.” Tu vois, dans sa tête, le gars, il pense vraiment, il y a de l’argent qui va arriver. Moi, je lui dis: “T’inquiète, t’inquiète, il m’a parlé de toi aussi, euh.” Ah il dit: “C’est réglé alors.” Et du coup, il regarde rien. Il fait genre, sa tête est dans le retour quoi, genre ça [doet het geluid van de stempel na] et il me met le passeport. Je suis passé. Non, mais, le miracle existe toujours.


Ik herinner me nog altijd. Ik kan niet dat vergeten. Dat die persoon, als leider kan ik zeggen of

We zijn geen dier, we zijn mensen.

begeleider, dat was een

Je krijgt jouw, jouw

Koerdische man.

geld. Das niet gratis

“Hayvan, hayvan!”

voor jou. Dat was

Hayvan, dat

ook een beetje

betekent dier,

gevoelig. Waarom

tegen sommige

we zijn geen dier

mensen.

maar hij roept ons:

“Hayvan hayvan,

“Hayvan, hayvan”.

snel!”

Dier, dier.


Et une fois, il y a

coup, là, on ne l’a

une femme qui s’est

pas écouté. C’était

coincée vraiment,

moi et mon cousin,

elle arrive pas à sortir

on l’a fait sortir

ses pieds et tout. Là

vraiment. On l’a fait

on les a aidé et tout.

exprès après de rester

Après t’as le gars

derrière pour qu’elle

aussi, le passeur qui

bah, pour qu’elle

demande: “Il faut

arrive.

avancer, il faut aller,

quand on a reculé,

aller!” Après, nous, on

on est retourné

marche comme ça et

pour chercher la

on entend la femme

femme. Putain c’était

crier derrière nous.

vraiment dur parce

Je regarde derrière,

qu’ elle était enceinte,

je vois la femme, elle,

en plus elle était

je lui fait un signe. Il

forte. On a du tirer

m’a dit: “Non, il faut

vraiment fort.

marcher quoi.” Du

Et, bah,


Il ne parlait pas mal Français mais je ne comprenais pas trop son accent et tout. Et donc, il revient avec un sachet avec des boites de sardines, deux bouteilles d’eau, du pain et tout.

Et eh, je suis là

tranquille et après, je reste là, je mange, tranquillement mais

tu manges sans savoir vraiment. Sans avoir faim quoi mais tu es connecté ailleurs quoi. Tu n’as plus besoin de manger, t’as besoin de toi-même, où est ce que tu es, des choses comme ça. Donc, c’est comme tu sais plus manger, des choses comme ça. C’est incroyable, c’est incroyable.


Et là on se dit: “Cool.” On voyait un magasin, un night shop si tu veux. On a été cherché à manger, à boire, tatata.

On a

monté sur le montage comme ça. Et après, on a fait vraiment une, bien une pause, bien de reposer les pieds tout ça, parce que on a beaucoup marché. On a mangé, fumé cigarettes et tout. Rigolé un peu.

Non, non

mais dans ces histoires tu trouves toujours

p d e s m o me n t s

our

ol e rig

r.

Bah, tu trouves vraiment des moments.


Moi en montant j’ai

un gars comme moi

vu le Soudanais,

qui veut passer.” Du

j’ai vu surtout ses

coup, j’ai passé, et

dents. Il faisait

quand j’ai passé, là

tellement noir, j’ai

j’entendais du bruit,

vu les dents du

un peu partout.

Soudanais et moi

Et moi j’étais seul.

à la fois, moi j’ai

Mais moi j’entendais

eu peur, eux ils ont

des bruits, des gens

peur. Et quand je

qui marchait, des

l’ai vu, il marche, je

gens qui courraient.

me dis: “Non, c’est


In het totaal drie

weet niet waarom,

maanden. Dat was

misschien door een

echt een zware situatie

slechte ervaring,

voor mij. Altijd moest

misschien de politie

ik thuis zitten.

gekomen, ik weet niet wat. Dat was een niet heel grote huis. Een

Alleen, alleen.

klein appartement, appartement. Gewoon

Hij kwam af en toe met

voor ĂŠĂŠn persoon,

boodschappen voor

misschien een studio

mij. Er was tv en nog

zo. Maar de eerste

andere dingen maar

maand was ik niet

ik kon niet zo blijven

alleen. Ik was met

thuis. Ik was in Turkije.

twee, drie. Maar

In verschillende steden

de tweede keer, ik

waren we samen. Dat

moest twee maanden

was zo. We waren met

wachten. Ik was alleen.

veel. Maar daarna, ik


Cette fois je me suis caché dans des, comment on appelle ça, des tonnes, parfois il y a du pétrole dedans. Ils sont ronds comme ça mais ils étaient ouverts. Parfois c’est fermé mais il y avait quelquesuns qui est ouvert comme ça et j’étais stressé, je me suis caché dedans, dans une... Et le bateau il est arrivé. Le camion il sort comme ça. J’ai vu les douaniers. Ils ont cherché au début, après le deuxième, ils cherchent aussi, après le troisième, il va sortir. L’autre il est venu, il a regardé comme ça. Après j’ai rien entendu. Je croyais qu’il est parti et du coup euh, il m’a tapé comme ça. “Viens, suive moi.”


In the beginning I was with one person. We were not friends but I knew him from Lebanon. Our families knew each other and all. And when we arrived the point we would start walking with a group to travel the border of Syria. There were 7 other people from different countries. There was also a family with small children, they were from Somalia.I wasn’t expected to meet people from so far away at the border of Syria. So very different kind of people. And some nationality it was the first time I met. I never spoke to Somalian people before. But in other moments I was alone.


Tu ne vois rien du tout. En plus, comme je t’ai dit, c’est une nuit noire de noir. Il roule, il roule, il roule. Tac, il me dépasse le rond-point et là on arrive, je me trouve vraiment devant, des lumières comme ça, et c’est vraiment la douane quoi. Moi, j’ai pas de passeport, rien. Je t’avais dit que j’ai perdu le passeport et tout ça. Oh putain, quand j’ai vu ça.

Du coup il a voulu faire du business. Il se dit: “Voilà, il a de l’argent.” Je lui dis: “On fait comment?” Il me dit: “Voilà, je suis désolé mais si tu veux que je faire un demi-tour et je t’amène là, tu me donnes 150 dollar.” Autant que de là jusque là, même pas 50 centimes. Il m‘a demandé 150 dollar.


Le rythme par exemple, je sais pas. Oui, tu sens souvent certaines secoues, un versement. Qui bouge. Répétitive souvent. Et le rythme, le temps, des choses comme ça. Je ne le savais pas parce que j’étais dans un endroit.

Je ne savais même

pas s'il faisait nuit, s’il faisait jour.

Rythme? Oui, je t’avais répondu. Répétitive, valsement, sans changement, c’était que ça.


Tu sais mes pieds, quand j’enlève les chaussures, parce que pendant trois jours j’avais pas enlevé les chaussures. Quand j’enlèves les chaussures, mes pieds étaient gonflés, comme ça quoi, comme un coussin quoi, ils étaient vraiment gonflés, gonflés. Bah, oui, tellement j’ai marché et tout. Pendant presque trois jours.


Ik had mijn gsm bij. Op mijn gsm waren memory, kaartmemory die zo veel liedjes of songs.

Dat was altijd een herinnering of

souvenir voor mij. Een reminder of nostalgie.

Maar als ik

nu die liedjes opnieuw beluister, maakt niet uit waar zit ik. Als ik die maakt nie uit van waar komt, als ik die hoort dan komt die twee maanden in dat huis.


La troisième

Il était vraiment

village, rappelle

cool. Oui, c’est

toi? Et là, il était

plus, surtout

vraiment, il était

dans… en

trop gentil le

Macédoine. Il y

gars-là. On avait

en a qui donne de

acheté de l’eau avec

l’eau, qui rigole

l’argent et tout.

avec nous et tout.

Mais il nous a

Il y en a qui

demandé d’entrer à

se méfie

l’intérieur, chez lui,

complètement

dans la maison, de

mais…

se laver, tout ça.


Il commence à crier: “Arabi,

ne pouvais pas me lever. J’ai

Arabi.”C’est un Arabe. T’as

marché sur trois pieds comme

des gens qui sortaient de la

ça. Heureusement, le premier

forêt, une vingtaine quoi. Tout

bâtiment, c’était le bâtiment

le monde sort comme ça.

des flics. J’ai marché, j’ai

Il commence à me taper,

marché, j’ai marché en trois

taper, taper. Et moi,

pieds comme ça. Après t’as un

heureusement j’avais un sac à

flic qui est dehors. Il m’a vu,

dos et je me suis gardé comme

il est arrivé. Il a commencé

ça. Par terre. Et il tape, tape,

de dire, à parler. J’ai lui dit:

tape. Après il y a un qui leur

“Voilà, il y a des problèmes.”

demande d’arrêter. Après il

Directement il a compris.

m’a, il parlait un peu l’Arabe

Apparemment j’étais pas le

comme ça. Il me dit: “Toi,

premier quoi. Ils ont attaqué

tu vas à Athènes.” Genre, tu

des autres. Et là, il a appelé

retournes à Athènes, tu restes

une ambulance.

pas ici. Euh, après euh, je


Et, quand je suis sorti, il y a un vent qui m’a soufflé. J’ai directement vomis, j’ai commencé à vomir et tout ça. C’était extraordinaire et bon, c’est comme une vent, c’est comme si t’avais vraiment chaud et que tu, je sais pas, lui, quelqu’un qui a vraiment chaud et on met des climatiseurs, des ventilateurs sur toi. C’était un peu quelque chose comme ça. J’ai commencé à vomir euh, voilà. Il me dit: “Ça va ?” Je dis: “Oui, ça va.” Voilà. Et je commence à avoir un peu de vertige, eh. Il m’a dit: “Ça va ?” Il m’a dit: “Tu peux t’assoir là. Juste. Si, si, ça va, si tu peux marcher, ok.” Je m’assis un peu et tout. Je reste là. Je reste là un peu. Il faisait sombre, il faisait sombre. Et euh, maintenant, il y a un moment donné j’ai récupéré un peu et tout. Maintenant tu vois un peu loin, des lumières, des choses comme ça, de loin et tout. Et, il me dit: “Voilà, maintenant on arrivait, on arrivait, on est dans une port.” Et il me dit: “C’est le Port d’Anvers.” Je lui dis: “C’est où ?” Il m’a dit: “Donc, maintenant suive-moi.” J’ai dit: “Ok”.


Dan euh, wij waren dicht bij een treinstation, maar was een oud treinstation, denk ik, werkt het nie of wa. Kwamen politie auto. En dan, moeten jullie hier zitten, allemaal. We waren veel. Andere mensen ook waren samen met ons. Dan kwamen bus met twee verdieping en dan ons halen naar een centrum.

Geen centrum, das gevangenis denk ik. Da was gesloten centrum.


For me it is different. I can’t talk too much about being in camps because for me, I was born in a refugee camp. In Belgium I have seen camps as well. They are different but very similar to the life in other refugee camps that I already know all my life. So about being home or feeling at home, I can’t talk too much about. The 18 or 19 years I lived in Lebanon, I was not in my country, I was not at home. I was in camp, I was not allowed to live in the city.


Il y a des gens à la frontière qui connaissent ces histoires. Et toujours des passages des gens, qui connaissent bien que c’est des gens qui essayent de traverser et tout. Et les gars qu’on a demandé, il nous a demandé cinquante euros pour lui, pour qu’il nous achète les tickets. Le guichet est là eh, et lui est juste devant. On le demande qu’il nous achète les tickets, et tout, c’est vingt euros. Moi j’ai insisté à mon pote qu’il va lui-même parce qu’il parle l’Anglais. Il est allé les chercher lui-même, on les a achetés normal. Après on a pris le bus et avec le bus on est parti jusqu’à Belgrade. C’est là qu’on s’a senti un peu en sécurité, quand on est arrivé à Belgrade c’était surtout mon pote. Parce qu'on est arrivé à la capitale, on est plus à la frontière.


Les sons des arbres qui m’avaient vraiment peur c’était entre Grèce et Macédoine. Putain, oui justement, parce qu'une fois je me rappelle que j’avais vraiment peur. On était dans une forêt si calme, si calme, calme, calme. Tu vois la calme de la nature, tu n’entends rien du tout. Et d’un coup, tac, ils avaient un groupe des oiseaux qui se....

Putain ça était un son qui reste.


Ik weet niet hoe, ze hebben zoeklichten en verrekijkers... Ze hadden ons gezien. Ze schreeuwden in het Grieks. We renden elk een eigen richting uit.

We liepen.

Ze hebben ons

alle vier kunnen inrekenen.


On était allé chercher de l’eau chez des maisons, comme ça, on a vu des maisons et tout, on a demandé de l’eau. Bah, ils sont cools, ils nous donnent, ils nous donnent de l’eau et tout. Tu vois il y a, genre en Macédoine, tu vois des gens qui se méfient de nous, des agriculteurs, ils se méfient de nous. Mais.., quand tu demandes de l’eau, tout le monde te donne de l’eau. Oui, même ils te n’aiment pas mais ils te donnent de l’eau à la fin.


Gewoon, mijn taal verst… verbeteren. Ik had een boek bij ‘Engels op reis’. Eén boek. Dat was mijn werk. Ik kon niets anders doen.

Jammer genoeg,

of gelukkig. Ja, jammer genoeg moet ik zeggen. Op dat moment gelukkig maar nu jammer genoeg. Ik was op dat moment een gelovige persoon. Maar nu moet ik zeggen, jammer genoeg. Maar op dat moment, gewoon bidden, was mijn werk, nie mijn verstrooiing. Gelukkig, op dat moment, ik had iets om te doen. Dat was iets voor mij. Ik kon een beetje rusten met die dingen.

Als je alleen zit en over

iets nadenkt, je bent automatisch rustig. Maakt niet uit, het mag die zijn of op je hand, nee, das gewoon als je bid dan ben je rustig. Das gewoon logisch. Als je gewoon één ding maar denkt, dan sowieso ben je rustig. Engels boek voor reizen.

Bidden was goed en de


Il y avait des portes

“Mais, où est-ce que tu

comme ça, tu vois

t’en vas?” Il me dit:

des petites portes

“Tu restes là, j’arrive.”

comme ça et quelques

Il m’a dit: “Ça se ferme à

chambrettes, des

l’intérieur, à l’intérieur tu

chambres. Maintenant

peux fermer.”

il ouvre une chambrette,

Il m’a dit: “N’ouvre à

une porte. Il me dit:

personne.” Je dis:

“Saïdou, tu restes là tranquille.” Je lui dit: “Ça va.”

Il

“Mais, pourquoi ?”

me dit: “Saïdou, tu restes

Il me dit: “N’ouvre à

ici tranquillement.” Je lui

personne !” Et il m’a dit

dis: “Ok, ça va.” Je dis:

donc: “Je reviens.” J’ai dit: “Ok.”@


Et il y a un moment donné, c’était comme t’étais dans une obscurité sombre. Un endroit fermé, parle d’être privé de sortir, de bouger. Euh oui, il y a un contraste qui est là depuis quand je suis arrivé ici. Je pouvais sortir, marcher, me promener, parler à d’autres personnes. Mais là j’étais isolé.


Ik zou mijn broer nooit dezelfde weg laten doen. Ik kan niet zeggen, het was een fout want ik moest Iran heel snel verlaten en

ik had geen keuze.


On avait un petit bateau gonflable, tu sais comme le truc des gamins. On l’utilisait pour croiser la rivière entre la Turque et Grèce. Après qu’on a traversé, on ne savait pas qu’ils étaient des autres rivières et du coup on avait abandonné le bateau. On laisse le bateau

partir da ns l’eau. Le courant était fort, on était incapable de le garder.

Donc là on

sort et on se retrouve entouré par une autre rivière comme ça.


C’était la panique totale. Des gens qui montent, des gens qui crient. On voyait des camions des militaires, et tout.

J’avais mon

GSM et un peu d’argent comme ça. Je l’ai mis sous le matelas comme ça, en dessous. Et là j’ai mis pour ils ne me volent pas. Et là quand je me réveille comme ça, ils m’ont mis directement des menottes. J’essaie de parler, de leur expliquer mon GSM. Ils ont pas voulu comprendre, vraiment.

Et là ils nous

ramènent dans un commissariat.


Quand tu coupes juste les bâches tu risques six mois de prison. Quand tu les déchires, les abimes, c’est six mois de prison. Nous, c’est pas seulement les bâches qu’on a abimées, la marchandise aussi, il est foutu, les cartons, tu vois, on s’a endormi dedans et tout. On a fait pipi, on a laissé du kaka. Ça veut dire que le minimum c’est six mois, il risque plus. Nous on a crié: “C’est six mois de prison” Et le pauvre, tu sais comment il a sauté? Je te jure. Tellement il a sauté bêtement qu’il a tombé, se faisait roulé. Il a reculé un peu, il saute, du coup, mais il a fait comme ça quoi, genre il a caché ses yeux. Et il se fait rouler par terre, putain. Et lui, il est arrivé et on voit des gardes qui sortaient de là et reviennent par l’extérieur. Et après ils commencent à courir et ils lâchent les chiens derrière nous. Trois chiens. Ils courent. On court, on court. Vraiment, il y a un rivière sec, moi j’ai pris la rivière. Et je cours, je cours, je cours. Et puis, je ne sais pas où les autres sont partis. Les autres, je ne sais pas où ils sont partis. J’ai couru, je crois, pendant un kilomètre ou plus, je sais pas. Puis j’en peux plus, j’ai arrêté, je regarde. Ils sont plus là. Je sais pas quel chemin ils ont pris.


On avait deux chansons sur ce GSM. On avait que ça. Je ne peux pas compter

combien de fois qu’on a écouté ces deux chansons.


Er waren een kleine rivier en we moesten van die kant naar andere kant gaan en er was een kleine boot van plastiek, geen veiligheid. En wij waren met een kleine groep van 12 en iedereen moest die boot nemen. Het was toen vijf of 6u ‘s morgens. Bijna donker naar licht. We moesten heel snel van die naar die kant gaan want het was bijna licht en er was veel politie. Niemand kon nee zeggen, niemand had een keuze, we moesten die boot nemen. En dat was echt moeilijk. Iedereen moest klein zitten. Te dicht op elkaar. En ik had een grote rugzak met eten en zo. En twee mensen hadden een peddel en zij wisten niet, hoe moeten zij varen. De boot draaide te veel rond. Er was een boom in het midden van de rivier en ik weet niet hoe maar hebben hem net kunnen passeren, anders was de boot kapot. De boot hing bijna onder het water. Ik zat op de rand en mijn jeans was nat geworden. En ik dacht hoe kan ik zwemmen, met die schoenen, met die rugzak. Ik dacht, Omid, het is gedaan, nu moet je dag zeggen maar gelukkig konden we net passeren.


Rigoler est très important pour soulager le stress.

Mais ça vient naturellement aussi. C’est automatique quoi. Après le stress et tout tu trouves vraiment un moment où, t’as envie de rigoler, t’as quelqu’un sort un blague comme ça. C’était nécessaire et vu les scènes que… qui te passe et que tu vois vraiment. Ça te fait vraiment rigoler.


Er was een agressieve man, een agressieve politie. Tegen hem was een oude man van 55 jaar of zo. Hij kon niet goed begrijpen wat wil die persoon van hem. Hij doet zo, voor vingerafdrukken maar die oude man kon niet begrijpen, hij probeert zijn hand te geven maar die meneer van de organisatie was echt agressief en schreeuwde en trok aan die man zijn hand: “Je moet zo, zo zo!!” Het was echt pijnlijk voor mij... Kijk, we zijn in Europa en die persoon van 30 jaar tegen een man van 55 jaar. Dat was echt pijnlijk. Ik kon niets doen, ik had geen plaats, ik was bijna niemand, ik had geen waarde. Dat was het eerste sterke punt van Europa voor mij. “Kijk, wat is vrijheid? Dat is vrijheid?” En eindelijk, dat was ‘s avonds en ik ben naar de ingang gegaan van de gevangenis. Dat was vier dagen en niemand kon naar het toilet gaan. Vier dagen en het was echt koud. We kregen eten één keer per dag. Aardappelen zonder zout en dat was heel droog en moeilijk eten voor ons. Dat was heel moeilijk, vier dagen.


Moi et mon pote, on était les seuls qui, qu’on est dans la ville, tranquille on se promène dans la ville, on boit des cafés, on sort boire des verres le soir, drague des femmes, tranquille quoi. Les autres, ils vivaient tous dans le forêt quoi. Parce qu’ils ont peur des flics. Mais nous, on ne sait pas ce système, nous quand on est arrivé on a resté quelques jours. On ne savait pas qu’il y a des gens qui vivaient dans le forêt, ça on ne savait pas. Et après qu’on a resté quelques jours, on a entendu de parler qu’il y a des gens. Mon pote il m’a dit: “On y va aussi.” J’ai dit:

“Non, tant qu’on est ici quelques jours, on est tranquille, pourquoi on va chercher la merde?”


Ok, nu gaan wij naar Athene. Maar ik was paniek, wat gaat gebeuren daarna. Ik had enkel telefoonnummer van de echte persoon. Oké, als ik aankom, dan moet ik die persoon contacteren. Anders, ken ik niemand en dan weet ik nie wat moet ik doen. Da was middernacht ben ik daar gekomen in Athene. Euh, alle winkels waren gesloten. Ik moest tot de ochtend wachten. Rondlopen door de stad. Er waren een paar nachtwinkels maar ik kon niet met hen praten. Ik zei: “Telefoon, kaarten” Zij konden mij verstaan nie. Da was altijd in het Grieks, maar geen Engels. Oké. Ik kon eindelijk in een metrostation een dame vinden, gelukkig, die Engels sprak. Ik zei: “Waar kan ik een telefoonkaart of een krediettelefoon vinden?” Zij zei: “Daar, daar kun je vinden. Pakistaanse mensen werken daar, kun je van hen een kaart kopen.” Ik kon die persoon bellen, die de echte persoon was, de eerste contactpersoon.


De tweede keer was een succes. Ik kon het vliegtuig nemen met zo veel stress. Mijn hart aan het kloppen, bonkbonkbonk.

En ik moest heel de tijd zo, [glim]lachen.


Quand on est arrivé au rivière, là on est commencé à gonfler les ballems (Turkse naam voor kleine opblaasbootjes) et tout. Après il a commencé à faire jour. Après il a fait, ils ont dit: “Voilà, les femmes passent en premier.” Ce qui est logique. Il a fait passer quatre femmes au début, après il envoie le deuxième aussi avec les enfants, après dans le retour, lui il regarde l’heure. Parce qu’il sait à une certaine heure il y a le contrôle Grecque, les flics Grecs qui passent par la rivière. Il était vraiment stressé. Après qu’estce qu’il fait? Il se casse. Les deux, ils se sont cassés. Parce qu’ils reçoivent des appels et tout. Je crois qu’ils ont dit: “Voilà, ils sont là!” Ils se sont cassés les deux, les deux passeurs. Ils ont laissé tout

a

le monde comme ça. Et beh, après eux,

il y a y un panique

totale

panique totale avec les gens.


Et quand il venait

fait jour?” Là, il me

temps en temps,

répondait: “Il fait jour,

je demandais:

ça commence à faire

“Aujourd’hui, c’est

nuit, c’est plein nuit,

quelle jour? Il fait

et tout ça. Et tout va

quelle heure?” Et

bien se passer.” Mais je

tout ça. “On est où,

dis: “On va où?” “Non,

on est où?” Et tout

non, ça va, tout va bien

ça. Et souvent, quand

se passer. T’inquiètes

j’ai dit: “On est où?”

pas.” Il faisait tout

Il dit: “Non, ça va,

pour me rassurer

t’inquiète pas, ça va.

quoi. Et c’est comme

Tout va bien. Bientôt,

quelqu’un qui est un

bientôt, bientôt.” Mais

peu habitué, quand

les questions qu’il

il parle, il te rassure

répondait, quand je

quoi.

disais “Il fait nuit, il


J’ai marché toute la nuit mais je ne suis pas arrivé. La douane elle était là. Moi, ce que j’ai fait pendant cette nuit, j’ai pris un demi-tour comme ça.

J’ai marché toute une nuit, toute une nuit, toute une nuit.

Et apparemment j’ai… parce que quand tu marches dans les montagnes, tu perds la direction, Je suis marché, marché. Après j’ai entendu euh, tu vois un appel de prière de matin Je suis tourné comme ça, toute une… j’ai marché he. Et j’arrive au point de départ.


Il y a un truc aussi,

peu.” Je me lave.

il faut que tu le saches,

Et bien j’ai marché.

j’étais bien dégelasse,

Putain, j’ai bien marché.

bien, tu vois, avec la

Ce n’était pas tout

graisse, le fumée, tout

près. Je suis arrivé à la

ça. Tu vois la caravane,

mer, j’ai essayé de me

avec le moteur de

laver. Beh, j’ai remis la

compresseur. T’es

veste comme il est, ça

bien dégelasse.

donne un peu propre.

Heureusement la veste,

Mais j’avais un jeans, tu

on a un technique de

vois, chaque fois que je

toujours mettre la

le touche avec de l’eau

veste en l’envers. Après

c’est encore pire sale

ta veste, comme ça

quoi, tu vois, c’est la

il est propre. Je me

graisse et... tu ne peux

dis: “Je vais… je dois

pas le laver. J’ai laissé

marcher jusqu’à la mer

comme ça.

et après j’arrive à la mer et je me lave un


Ik voelde vaak niets. Ik kan niet zeggen. Ik had koud... Mijn fysiek, mijn lichaam had op die moment een goeie situatie nodig maar mijn hoofd of mijn

Maar ik was

hersenen was in een

honderd procent

andere plek. Waar? Een rustige plek, een rustiger leven.

zeker, op een dag ga ik een rustiger leven hebben.

Dat was mijn bedoeling en die kon mij een beetje rustig maken, meer gemotiveerd.


Encore quelques heures de marche pour finalement arriver dans le même village du soir avant, encore coté Syrie... Après 14 heures de marche dans le noir, survi tous ce stress des évènements, j’étais de nouveau en point du départ. Sans nourriture depuis plus que deux jours déjà, et il faisait froid.


Dan was het nacht. Voor ons was het echt, voor de eerste keer in mijn leven heb ik de hemel met zoveel sterretjes gezien.

Wat gaat gebeuren als een politie grenzen armée, ons euhm... shooten.

Het was echt mooi, mooi maar andere kant had ik héél héél, echt, was ik paniek.


L’image symbolique je pense

la genèse d’une action

que, oui, qui, l’image qui est

de départ. Tu t’attends à

très fort, qui m’a beaucoup

plusieurs choses et aujourd’hui

touchée et tout, qui est

je suis là, je suis là aujourd’hui

encore en moi, c’est. C’est ce

et je repense à ça, je me

moment de parti. C’est ce

disais: “Mais je ne savais

moment exact qui te marque,

même pas où j’allais, où est-

le moment de partir. Sans

ce que je... quelle était ma

savoir pourquoi tu t’allait, où

destination. ” Donc voilà,

est-ce que tu t’en vas. C’est

donc, naturellement c’est

le moment d’inquiétude là

cette séparation de ton pays

qui règne, que je peux jamais

d’origine que j’appelle comme

oublier. C’est un peu comme

ça qui est un moment que tu...

le déclic, c’est un peu comme

tu fais une…déchirure.

le départ, c’est un peu comme


Ons traject begon aan die punt. Dat was op de grens tussen Iran en Turkije. Euh, met een wagen. Ik kan niet echt de precies de naam zeggen. We noemen dat Neysan. Gewoon voor euhm…transport of transport… paar dingen achter de auto, zoals een koelkast of zo dingen.

En

auto kan gewoon één chauffeur en dan naast chauffeur één persoon, maximum twee zitten. Dan, helemaal achteraan kun je zo..

Jah, open inderdaad. Mensen

kunnen ook daar zitten. Maar, hoeveel mensen? Twee, vier, zes? Maximum tien. Maar we waren bijna al rond vijft… nee veertig. Zoals een schaap, daar moeten tegen elkaar zitten en verbergen natuurlijk. Het was donker en het heeft gordijnen zoals een… dikke gordijnen.


Enfin, tu sais pas sur le bateau s'il s’en va, tu ne sais pas si le bateau est arrêté, tu ne sais pas si c’est jour, tu ne sais pas s'il fait nuit. Moi je ne comprenais pas et tout ça. Et voilà, et tu sais même pas quoi, si le bateau bouge, c’est ça qui fait le plus peur. Mon cœur battait plus et tout. J’avais vraiment peur. Donc voilà, tu ne sais pas s'il fait jour, tu sais pas combien de jours tu es là, c’est pas quoi. Et eh tu vas ça va… c’est la mort quoi. Là, c’est, ils vont te tuer, c’est foutu, les choses comme ça.


Donc après, après il y a aussi le… deux enfants. Il avait un gars qui avait je crois… on voit les trois enfants qu’il lui essaye de les tenir et tout. Mais parfois, les enfants n’arrivent pas à marcher. Du coup on était,chacun a tenu un enfant pour qu’on avance.


On avait tellement soif, tellement soif.

J’avais envie d’avant mourir au moins boire.

On faisait un tel effort pour arriver à ce village-là mais on a abandonné notre plan pour arriver au quatrième village, on ne pouvait plus.


Ça fait que, comme je te dis, avec mon pote là, en Romanie, en Serbie, on buvait des coups aussi euh. Tu vois, ça fait rigoler. On a fait la fête aussi. Dans un club, bar en Romanie, Serbie. Et draguer des femmes aussi. Pas plusieurs fois, je me rappelle deux, trois fois, sur deux semaines on est sorti.


Il m’a dit: “Mister.” Je ne parle pas bien Anglais mais j’ai compris ça. Il m’a dit: “Tu peux descendre là, you can go out.” Il a fait aussi la main comme ça. J’ai dit: “Mais ici, c’est où?”, en Français. Il m’a dit: “Descends.” Et je dis: “Mais, non.” Moi je pensais qu’il a dit: “Viens avec moi et je vous donne à une autre personne”, quelque chose comme ça. Je ne savais pas. Il m’a dit: “Descends.” Et j’ai dit: “Mais, descends pour aller où ?” Il m’a dit: “Monsieur, tu descends.” Je demande: “Mais quoi, où est-ce que je va descendre.”

Putain,

c’était une rue un peu vide là, il y a personne, des choses comme ça. Et après, il me dit: “Descends.” Je dis: “Où, qu’est-ce que je peux faire?” “Monsieur, descendez.”


Ik was in Turkije en ik dacht dat is een mooi land. Maar ik kon niet buiten gaan, ik had geen papieren.Drie maanden zat ik altijd binnen. Maar ik dacht Turkije is een mooi land, ik dacht en hoe kan Griekenland? Dat kan beter dan hier zijn? Turkije is niet echt Europa, maar Griekenland wel... Maar in Griekenland heb ik een echt negatief punt gezien... Bijna vijf dagen in de gevangenis, dan een chauffeur die geld vraagt. Normaal het is zijn taak en de politie kon zien dat hij geld vroeg om ons weg te brengen van de gevangenis. Ik weet Griekenland heeft economisch probleem maar is niet leuk door immigranten geld te verdienen.


En fait, moi aussi, je suis quelqu’un… je suis très émotif. Pas très très mais émotif. Je suis sensible, oui. Mais, oui. Et euh… et donc, tout ça c’est les amis, quelques membres de la famille et les amis proche quoi, tu vois,

ce que tu as aimé.

Tu t’en vas comme ça et tout.


Bon, on est directement parti avec lui dans la camionnette. Il nous amène dans une maison où il cache les gens et là on trouve des gens de plein de race quoi. Des Somaliens, des Iraniens, des Afghans, et surtout des Kurdes, beaucoup de Kurdes aussi. Des femmes, il y a aussi deux femmes Marocaines, oui. Deux femmes Marocaines aussi. Bon, on a resté dans la maison genre une heure du temps et après ils ont ramené une camionnette.

Tout le monde monte dans la camionnette, on était une quarantaine. Quarante dans une camionnette, une camionnette normale là. Bah, on était vraiment collé collé. Bah, ils ont roulé, est arrivé à la frontière.


Paniek, als je paniek hoort dan denk je onmiddellijk over je lichaam, je leven. Maar voor mij was niet echt zo. Paniek was alleen. Mijn familie was achter mij.

Als jij zou sterven, wie zal hen helpen?

Ik denk of ik dacht nooit over zelf. Dat is een fout misschien, maar voor mij nie.

Paniek, paniek, voor mij, wat gaat gebeuren met

hen? Mijn moeder, mijn broers... Hart gaat kloppen. Niet altijd, is een klein effect. Ik ben gelukkig, mijn hersenen werken beter bij paniek. Nu, moet ik snel beslissen!


On a été chercher ces lieux du train. Pour aller, pour monter sans ticket. Du coup, il y pas de train, il y a que du bus. Et, dans les bus, tu ne peux pas monter parce que il te demande le montant, il te demande de payer quoi. C’était pas mon idée, mais c’était l’idée d’un autre gars. Les gars qui étaient avec moi.

Qu’ils étaient

motivés à marcher. “On fait à pied les gars, on fait à pied.” Oh putain, on a marché comme des fous. Je crois qu’on a, qu’on est parti à deux heures, trois heures l’après-midi. On marche, on marche, on marche, on marche. Et on marche, vraiment sans arrêt quoi. Sans rien manger. Après on a dormi, je crois, trois heures. On a trouvé une maison vide. On a dormi trois heures, après on continue à marcher. À une heure le matin, une heure du soir on est arrivé quoi. Mais, dans quel état on est arrivé quoi. Putain. Puis, il fait chaud, ce soleil. Bon, ce qui est vraiment bien bien. Pour finir, moi, je marche comme ça. [toont hoe hij stapte] On a tellement marché. Les autres gars, ils avaient vraiment. Il a eu des blessures parce que les chaussures, ils lui faisant mal et tout. Et c’était vraiment une salle journée. On a été tellement fatigué qu'on vole des pastèques et des tomates dans les champs-là.


Des... bruits

de marche de pieds

que j’entendais souvent. Des mots, des paroles.

Des paroles que j’entendais souvent. Et euh,

des mots, des chuchomots.

Tu entends des gens parler

mais tu ne les comprends pas.

De chuchomots, des choses comme ça.


Après je vois un petit chemin. Je suis le petit chemin comme ça. Le premier truc que je le vois en Europe, t’imagine c’était quoi?

Les premiers gens, le premier truc que je vois, c’était un couple tout nu.

Tout nu, tout nu.

Et du coup moi, vu que c’était les seuls gens, j’étais direct vers eux comme ça. Beh oui...


C’était moi avec deux Algériens et du coup on voulait se cacher dans un camion. Et dans les ports aussi il avait beaucoup des Afghans, beaucoup de Kurdes. Du coup on est parti à minuit, on a monté une barrière, on est descende dans le parc du port. Et là on traine comme ça, on cherche un camion pour se cacher. On a regardé comme ça, après on a choisi un camion comme ça, on a vu son immatricule est Italienne. On se dit, ce camion rentre en Italie. On s’est caché. On a pris un cutteur. On est monté. Pour que on ne laisse pas des traces entre nous, on monte sur le plafond, sur le camion on haut, on coupe les bâches et on descend par là. Comme ça, on ne laisse pas des traces auteur. On ne voyait pas. On est resté là.


Zwart en groen.

Zwart want ik zal altijd in een zwarte, of donkere situatie.

De momenten waren altijd ‘s avonds en je kan niet altijd goed zien, waar gaan wij nu. Euh… dan altijd onze stappen begonnen bij ‘s avonds bijvoorbeeld, vijf uur, zes uur ‘s avonds en dan tot vier of vijf uur ‘s morgens.

En dan groen,

altijd herinner mij, toen ik in een bos, in een jungle, in een forêt in Griekenland was. Ik moest drie of vier uur plusminus wandelen in die bos. Woud. Met andere mensen. Ik had dorst, honger. Echt een dikke honger. Er waren zo een bomen van euhm… noix in het Frans, zoals hersenen. Als je dat eet, krijg je meer dorst.


Nous, on arrive là et t’as trois voitures qui nous sortent comme ça. Tac, tac. Ils nous ont entouré comme ça, trois. Ils sont descendus, ils sont, flics.

je crois.. six, sept

avec pistolet et tout ça. Après euh, ils nous

parlent et du coup, on ne comprend rien. Après eh, on est sorti, ce qu’on appelle le khartya, la fiche, on doit les montrer. Après, il parle avec nous. Je crois c’était huit heures du soir, un truc comme ça.

Du coup on a compris

qu’il nous dit: “Vous allez où?” Tu sais qu’est-ce que je lui dis? Je lui dit: “Dalois, Dalois.” ‘Dalois’ en Grèce ça veut dire ‘travail’. Ce que ça veut dire: ‘On cherche du travail.’ Ils ont regardé. Ils ont rigolé entre eux. “Quelqu’un qui cherche du travail ici.” Ils ont discuté entre eux, du coup il y a un qui nous dit: “Ok, Dalois, tout droit, allez-y.” (lacht) Ils ont compris qu’on voulait aller en Macédoine. Parce qu’on racontait n’importe quoi. Qui cherche du travail à la frontière là!? Il y a rien autour de la frontière. Ils ont compris, ils savaient qu’on voulait aller à Macédoine mais il se dit, à la fois, tant mieux, on se débarrasse d’eux. Et là il nous a dit: “Dalois, tout droit.” ça veut dire, vous allez-y, allez à Macédoine. Vas-y, c’est tout droit. Et ciao, ciao. Et du coup-là, on se trouve vraiment, la belle vie, ils se sont cassés, ils nous ont laissé vraiment la douane.


C’est l’inquiétude, tu ne sais pas où tu t’en vas.

C’est la peur, eh bien voilà.

Tu sais pas eh, tu te fais des faux idées, des fausses idées, euhm des craintes, des paranos et tout ça. Oui. Non, c’est des sentiments qu’on a parce qu’on ne sait pas où s’en va, on est enfermé dans un endroit, qui est un endroit pas approprié à soi-même, qu’on n’aime pas surtout.


Je le redis tout le moment où, je commençais à courir. De là à là. Et dans ma tête, je te jure, je cours, je me dis: “Il y a un balle qui va arriver, mais il va arriver où?” Tu vois, là, là, dans la tête? Tu vois, je m’attendais une balle qui va arriver. Et rien qui est arrivé. Vraiment rien.

J’ai couru,

j’ai couru. Et après j’ai monté une petite montagne comme ça et après je suis descendu. Personne a crié, personne, rien, rien. J’étais surveillé par dieu quoi.


Je commence à voir quelques personnes dans la rue, quelque, une personne, deux. J’étais un peu froissé aussi. Tu vois, froissé. Tout ça. Et, je marche. Je vois une dame qui venait. Et, je marchais comme ça et après, je dis: “Bonjour” La dame, voilà, elle a viré quoi. Je me dis: “Voilà, je ne sais pas, peut-être que j’ai un peu l’air bizarre. C’est normal parce que là, je suis là. Imagine à peu près quinze, seize jours j’ai pas lavé. Je m’avais pas rasé, il avait pas des truc dedans. C’est seulement pour faire kaka, pipi et c’est tout. Je me suis pas lavé. Et voilà. Et donc, voilà. Elle m’a même pas regardé, tout ça. Et je marche, je marche, je marche. Comme ça, tranquillement, je marche, je marche, je marche. Il commence à faire jour, tranquillement et tout.


Met zo veel sneeuw.

Zo’n koude winter. met zo veel mensen.

Dat was mijn eerste keer. Zo veel mensen.

En dan heb ik, ok. Dat is niet alleen ik.

Euh, er zijn zo veel mensen, ok, geen probleem.

Dat moment was ik een beetje, echt rustig.

Zo veel mensen zoals mij. Ik ben niet alleen hier.


Et je reste là-bas pendant quelques minutes. C’est pas, je ne sais pas pendant combien de minutes, je ne sais pas mais, une longue minute. Je commence à avoir un peu… Je commence à un peu, je n’aime pas, je n’aime pas les petits endroits. Ça, c’est pas possible. Et euh, voilà, j’arrive plus,

c’est comme si je pouvais plus respirer.

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