LIVRE SUR LE PATRIMOINE DE BLANZAT

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Marcelle Grangier et Lucette VĂŠzinet

Blanzat

Chronique du temps qui passe


SOMMAIRE PAGE 4 à 7 : article du blanzat mag de 2007 - Thomas Desgeorges PAGE 8 à 9 : article du blanzat mag de 2007 - Le bureau de poste PAGE 10 à 17 : article du blanzat mag de 2006 - Nos églises PAGE 18 à 19 : article du blanzat mag de 2004 - La bénédiction du nouveau clôcher PAGE 20 à 23 : article du blanzat mag de 2004 - Une grande et brillante réception PAGE 24 à 27 : article du blanzat mag de 2008 - Blanzat et son passé industriel : la papeterie St-Vincent PAGE 28 à 31 : article du blanzat mag de 2008 - Le Bédat PAGE 32 à 33 : article du blanzat mag de 2008 - De la maison commune à la mairie PAGE 34 à 35 : article du blanzat mag de 2008 - Le monument aux morts PAGE 36 à 37 : article du blanzat mag de 2008 - Blanzat et son passé industriel : le caoutchouc PAGE 38 : article du blanzat mag de 2009 - Histoire d'un crime PAGE 39 : article du blanzat mag de 2005 - Gaspard le loup baron de blanzat PAGE 40 à 41 : article du blanzat mag de 2009 - De la Fradière à la Colombe PAGE 42 : article du blanzat mag de 2010 - Le renouveau du Rugby PAGE 43 : article du blanzat mag de 2004 - Les Conseillers Généraux PAGE 44 à 45 : article du blanzat mag - Les commerçants PAGE 46 à 47 : article du blanzat mag - Le dénombrement du 24 mars 1901 PAGE 48 : article du blanzat mag 2012 - La famille Dumas PAGE 49 : article du blanzat mag 2012 - La famille Blanc PAGE 50 : article du blanzat mag 2012 - La famille Hébrard PAGE 51 : article du blanzat mag 2013 - La famille Verdier Bonjean PAGE 52 : article du blanzat mag 2010 - La famille Coste PAGE 53 : article du blanzat mag 2013 - La famille Archimbaud BLANZAT MAGAZINE EDITE PAR LA MAIRIE DE BLANZAT Directeur de Publication : MAIRE DE BLANZAT Maquette, mise en page, infographie : CEDRIC TRILHO service communication : c.trilho@ville-blanzat.fr CREDITS PHOTOS : Lucette et Gérard Vézinet, Michel Léger, Cédric Trilho, IMPRESSIONDECOMBAT 25, rue Georges Charpark - Zone Des Montels III - BP49 - 63118 Cébazat tél : 04 73 25 06 62 Fax : 04 73 25 86 88 - accueil@imprimerie-decombat.com VILLE DE BLANZAT : 149 rue de la république - 63112 Blanzat Tél : 04 73 87 40 40 - Fax : 04 73 87 26 84 - courriel : contact@ville-blanzat.fr - site internet : www.ville-blanzat.fr

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MARCELLE GRANGIER OU LA MÉMOIRE DE BLANZAT

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oilà 10 ans que Marcelle Grangier nous a quitté. D’une grande simplicité, par sa culture, ses souvenirs intacts elle a fait aimer le village aux blanzatois de souche et à ceux qui sont venus y vivre.

Des anecdotes, l’histoire de chaque famille, l’histoire de l ‘Auvergne et l’on pouvait grâce à ses talents de conteur, d’écrivain, se retrouver dans une époque où la cité était un petit village rural aux portes d’Augustonemetum, cité gallo-romaine fière de Vercingétorix ou par sa mémoire sans faille au 20ème siècle lors de sa jeunesse, au tournant d’une société touchée par les guerres et une civilisation plus industrielle. Membre de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Clermont Ferrand, elle savait faire aimer ce patrimoine petit ou grand, celui qui rejoint l’Histoire, celui qui permet à chacun de savoir d’où on vient pour avancer sereinement vers l’avenir.

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2007

CHRISTOPHE THOMAS DEGEORGE, CONNU SOUS LE PRÉNOM DE «THOMY»

En 1831, il peint L’Envahissement de l’Assemblée le 1er prairial, dans le cadre d’un concours pour la décoration de la chambre des députés.

EXTRAIT DU REGISTRE DES BAPTEMES DE LA PAROISSE SAINT -VINCENT DE BLANZAT EN 1786

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hristophe Thomas Degeorge, fils à Annet François Degeorge, avocat en parlement, et à Gilberte Françoise Vigeral, de la ville de Clermont, est né à Blanzat et a été baptisé le 8 novembre 1786, a eu pour parrain Pierre Balutet et pour marraine, Catherine Manliot.

Le 11 mai, Thomas Degeorge, alors‚ âgé de 48 ans, avait épousé en mairie de Clermont-Fd, demoiselle Jeanne Antoinette Delmas de Grammond, âgée de 28 ans. Ils n’eurent pas d’enfants. Degeorge montra des dispositions pour la peinture étant fort jeune; ses parents lui laissèrent suivre cette passion pour cet art. En 1793, dès l’âge de 7 ans, il entre à l’école de dessin fondée à Clermont par P.H. Gault de St Germain. Durant son apprentissage, il passe de longs moments au tout nouveau Musée Bargoin où il copie des toiles de maîtres. En 1802, il se rend à Paris où il est admis dans l’atelier du célèbre Louis David, chef de l’école néo-classique. Ensuite, il fréquente l’Ecole des Beaux Arts et termine sa formation à l’atelier d’Antoine Gros. A 20 ans, il tente son premier concours pour le prix de Rome.

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Pendant plus de dix ans, il va surtout travailler sur des thèmes d’histoire antique, pour la conquête de ce fameux prix de Rome qu’il tentera sept fois sans pouvoir en être récompensé. De 1817 à 1830, la peinture religieuse devient l’art officiel. Degeorge bénéficie de la protection du Préfet de la Seine, d’origine auvergnate, le Comte de Chabrol. Celui-ci fit plusieurs commandes importantes au peintre pour des églises parisiennes. Il exécuta aussi des fresques pour l’église St Sulpice à Paris. En 1827, il fut chargé par Mme Adélaïde d’Orléans d’un «Christ au lombeau» qui décora l’un des autels de l’église de Neuilly. On peut aussi citer la réalisation de fresques pour la Bourse, la restauration des peintures de la Bibliothèque Ste Geneviève à Paris. En 1831, il peint l’envahissement de l‘Assemblée, le 1er prairial, pour le concours institué par Guizot pour la décoration de la Chambre des Députés. De 1819 à 1837, Degeorge expose régulièrement ses Oeuvres auSalon, à Paris, dont «La petite glaneuse auvergnate», en 1824, qui obtint un très grand succès.


Ville de Blanzat

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La petite Glaneuse auvergnate 5


Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2007 En 1837, Degeorge présente au Salon «La mort de Bonchamp»,général de Vendée : le tableau est refusé pour des raisons politiques. A la suite de ce refus, le peintre cesse d’exposer au Salon. En 1838, il s’installe définitivement à Clermont, après avoir passé 35 ans à Paris tout en faisant de fréquents séjours en Auvergne. En janvier 1838, le tableau «La mort de Bonchamp», acheté par l’Etat, est donné à la ville de Clermont et installé à la Bibliothèque. Degeorge développe alors son art du portrait et se plaît à des scènes rustiques. Il a surtout peint des personnalités auvergnates, notables, magistrats : le Comte de Montlosier, Mr Blatin ou le Dr Breschet, Mme de Saligny, cousine du Gal Desaix, la baronne Terreyre ... A la fin de sa carrière, il est plus attiré par des femmes en costume traditionnel. Comme la petite glaneuse, ses portraits sont devenus des sources documentaires précieuses pour la connaissance du costume auvergnat. En 1847, il peint «Agonie du Christ au Jardin des Oliviers» : le tableau a été placé dans l’église paroissiale de St Julien de Coppel, prés Billom. Le 21 novembre 1854, Thomas Degeorge meurt à Blanzat, laissant inachevé «La mort de St Amable», tableau destiné à l’église de Riom, consacré à ce saint.

Portrait de Madame Delaval, 1838

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Ses cendres ont été transférées en 1860 dans le cimetière des Carmes, à Clermont. Lors de la séance de février 1855 à l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Clermont-Fd, Mr Conchon, conseiller à la Cour Impériale de Riom, prononce l’éloge biographique de Degeorge (qui était membre titulaire de l’Académie depuis le 1er février 1838) se terminant ainsi : «La vie de Degeorge, toute consacrée à l’art, s’écoula calme et heureuse; elle s’éteignit doucement dans le petit village où il l’avait reçue». En 1863, lors du concours régional, le jury de l’exposition de Clermont décerne la grande médaille d’or à la mémoire de cet artiste. Par testament olographe du 1er septembre 1872, Mme Degeorge donne et lègue à la ville de Clermont la totalité des Oeuvres de son mari. Elle lègue aussi la somme de 8 000 F au bureau de bienfaisance de Blanzat et la somme de 2 000 F au trésorier de la fabrique de l’église de Blanzat, pour l’entretien de l’église et à la charge de faire célébrer trois messes par an pendant cinq ans. Mme Degeorge est décédée «en sa maison de campagne, à Blanzat, le 11 décembre 1875».


Ville de Blanzat

Le faucheur et la jeune fille 1835 7


Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2007

DE LA «POSTE AUX LETTRES» AU «BUREAU DE POSTE» : Quelques grandes étapes ...

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a France doit au roi Louis XI le service des postes, établi par édit du 19 juin 1464, à l’occasion de la maladie du dauphin.

Au XVIème siècle, les lettres arrivaient à Clermont par l’intermédiaire d’un messager. Le service des postes ne fut d’abord profitable qu’à la correspondance des rois de France. Il ne commença à servir les particuliers qu’en l’année 1627. Les boîtes aux lettres remontent à l’année 1653. Le 5 complémentaire, an 8 (22 septembre 1800), par arrêté du Préfet du département nommé «Piéton du canton de Cébazat, Blanzat et Sayat» : moyennant 24 F par commune (somme portée à 34 F le 18 frimaire, an 11 (décembre 1802), le-dit Redon devait aller chercher et apporter la correspondance deux fois par décade. Il allait la chercher à la Poste aux Lettres, à Clermont. En feuilletant les anciens annuaires du Puy-de-Dôme, on apprend à la rubrique «Poste aux Lettres» qu’il y a treize bureaux de direction de poste, dont un situé à Clermont, place du Poids de Ville (actuelle place Gaillard) : la commune de Blanzat était servie par ce bureau. En 1822 la directrice de ce bureau de Clermont était Mme la Vicomtesse de Noyans; le personnel comptait un contrôleur, trois commis, dont le Vicomte d’Agrain, deux facteurs pour Clermont et un pour Montferrand.

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Le 26 mai 1844, le conseil municipal réclamait à la Direction des Postes qu’un service quotidien soit assuré (service déjà sollicité en 1842). Parmi les motifs exposés : «La localité reçoit beaucoup de lettres et de paquets, les relations fréquentes avec Clermont et le commerce des toiles de Blanzat (fabrique BachemalletBarnicaux) souffrent du service rural actuellement existant.Blanzat, en effet, est en arrière des communes voisines qui ont déjà le service quotidien. Enfin, plusieurs familles bourgeoises sont obligées d’avoir chacune un commissionnaire pour leur correspondance journalière». Le 1er juillet 1902, délibération du conseil municipal demandant


Ville de Blanzat Un bureau de poste géré par un facteur receveur.«Le conseil, considérant que la commune de Blanzat qui compte près de 1100 habitants et possède deux usines importantes; qu’il est dans l’intérêt de la commune qu’elle-même et ses deux usines soient desservies directement par un bureau de facteur receveur, lequel effectuerait au moins deux levées et deux distributions par jour, sans compter la commodité du télégraphe ou du téléphone; qu’il est réellement incommode de se transporter à Cébazat chaque jour pour la moindre somme à envoyer ou à recevoir, ou un télégramme à expédier». Le 22 janvier 1903, établissement d’une cabine téléphonique : «Outre la commodité de converser par téléphone, il y a encore l’avantage d’expédier des télégrammes téléphonés». Le 4 décembre 1906 : un projet de traité, intervenu entre l’administration des Postes et la commune, est approuvé par le conseil municipal. Le local affecté au bureau de poste est installé dans la maison Verneret dont la commune vient de faire l’acquisition. Un bail est signé le 16 février 1907 pour une durée de 9 ans. Le 25 octobre 1910 : le conseil municipal décide de faire un emprunt de 10 000 F (montant porté à 11 000 F le 17 décembre 1910) pour l’achat de l’ancien presbytère (construit en 1868), local qui lui paraît le plus convenable pour y placer le bureau du facteur receveur et y loger sa famille.

Il répondait aussi aux exigences de l’administration des Postes qui demandait un emplacement central, bien situé et surtout très sain; que la maison actuelle occupée par le facteur est d’une humidité extrême et qu’il n’était plus humain de laisser plus longtemps habiter cette maison par le facteur et sa famille». Le 2 février 1913 : transfert du bureau de poste à l’ancien presbytère. Le bail du desservant étant arrivé à expiration le 13 décembre 1912, la commune en étant devenu propriétaire, les locaux devenus libres ont été désinfectés et aménagés pour le bureau du facteur receveur et pour son logement. Les travaux ont été confiés à Pierre Aubrun qui «présente toutes les garanties pour les mener à bonne fin». Blanzat fut privé de cure pendant quelques mois, mais le presbytère devint un bureau de poste confortable. Quant à la maison Verneret, où avait été installé le premier bureau de poste, et à la maison Gomichon (achetée en 1910 par la commune), elles furent démolies car elles rendaient si dangereux le tournant du chemin d’intérêt commun n° 2, dans la traversée de Blanzat. On procéda aussi à la destruction des murs du jardin du presbytère. La commune disposait d’un bel espace pour réaliser une place publique, si nécessaire dans ce quartier.

Le bureau de poste

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2005

NOS ÉGLISES : Un peu d'histoire

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es moines de Saint Alyre avaient des biens considérables. A Blanzat, ils possédaient les deux églises de Saint Vincent et de Saint Pardoux. Si l’Abbaye avait de grands revenus, elle avait également de grandes charges. Il advint un moment où les deux églises étaient en si mauvais état qu’elles menaçaient de tomber en ruine, d’où la nécéssité d’une nouvelle église.

DESACCORD Mais les paroissiens de Blanzat et ceux de Saint Vincent étaient en désaccord sur l’emplacement d’un nouveau lieu de culte. Finalement, il n’y aura pas d’édifice commun. A Blanzat, la reconstruction de l’église Saint Pardoux s’étalera de 1734 à 1764. 1734 : réparations aux piliers qui soutiennent le clocher et la voûte ainsi qu’à la couverture du choeur et de la chapelle. LA FOUDRE TOMBE SUR LE CLOCHER 1741 : le Père Tioler, cordelier du couvent de Riom, relate dans son joural un fait divers tragique : «le 5 août, entre 11h et midi du matin, le tonnerre tomba sur le clocher de blanzat où il tua quatre hommes, en blessa quatre autres dont un mourut le lendemain et fracassa presque tout le clocher».

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Le 6 août 1741, les victimes étaient enterrées dans le cimetière de la paroisse : (Pierre Amlar, âgé d’environ 27 ans, Pierre Geneix, âgé d’environ 27 ans, Jean Girodel, âgé d’environ 24 ans, Antoine Bravant, âgé d’environ 12 ans et Ameil Pardeux, âgé d’environ 17 ans) Tous étaient journaliers de ce lieu. Le 15 décembre 1741, François Raimbaux, entrepreneur d’ouvrage est commis par l’intendant Rossignol à l’effet de procéder à la visite de l’église et du clocher de la paroisse de blanzat. Après avoir dressé un état de toutes les réparations à faire dans léglise, Monsieur Raimbaux estime que celles-ci s’élèveront à 4320 livres et qu’il n’en coûterait que 1800 livres de plus pour reconstruire l’église complètement suivant le plan qu’il a dressé.


Ville de Blanzat

POLICE DES TITRES

L'église dans les années 2000

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2005 LE DESACCORD SE POURSUIT

LA RECONSTRUCTION

Le 21 décembre 1755, jour de délibération des villages de Sayat, Chanat, Lastic, au sujet des réparations et agrandissements à faire dans l’église Saint Vincent. Ils prétendent que Saint Vincent est la seule église paroissiale de blanzat, Chanat, Lastic et autres et que l’église de Blanzat n’est que la chapelle du château. Cette dernière est d’ailleurs fort éloignée d’une partie des villages. Le 26 décembre 1755 : jour de délibération des habitants de Blanzat demandant l’autorisation de faire reconstruire l’église du lieu qui est en ruines. Ils protestent contre la prétention des habitants de la paroisse de Saint Vincent et font remarquer que cette église isolée est dans le cas d’être interdite.

Le 15 septembre 1761 : lettre de Monsieur Tournadre, subdélégué, adressant à l’intentant Ballainvilliers le procès verbal d’adjuction des travaux de reconstruction de l’église.

Le curé réside d’ailleurs à blanzat. L’intendant de la Michodière ordonne une enquête à son subdélégué, Bernard Tournadre, dont voici, en partie les observations : «Les églises de blanzat et de saint vincent formaient autrefois deux paroisses. Elles ont été réunies de bonne heure ainsi que l’atteste le titre de fondation d’un vicaire du 12 janvier 1745. L’église de Blanzat existait avant cette union. Si on a laissé subsister les deux églises, c’est sans doute que ni l’une, ni l’autre n’était assez grande pour contenir tous les fidèles. Il est faux que l’église de blanzat ne soit que la chapelle du château et rien ne prouve la prétendue antériorité et préminence de Saint-Vincent. Il est le mieux placée et de la faire assez grande pour pouvoir abandonner l’église de saint vincent. ( A Clermont le 26 avril 1756). Le 18 octobre 1756 : lettre de Monsieur Tubeuf, seigneur de blanzat recommandant à l’intendant les intérêts de sa paroisse. «Je prendrai seulement la liberté , Monsieur, d’ajouter ma recommandation en faveur de mes habitants de la paroisse de blanzat, d’autant plus qu’ils me paraissent avoir raison et qu’il serait fort triste pour moi, après avoir joui par moi ou par mes auteurs, pendant près de six siècles, de la qualité de seigneur d’une paroisse considérable de courir risque d’en être privé».

vue de Blanzat et des Mauvaises

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Prix total : 9800 livres : 1800 livres doivent être payées par les gros décimateurs et 3500 livres doivent être prises sur les patrimoniaux, le reste devra être imposé sur la paroisse pendant trois années consécutives, à commencer par l’année 1762 et sur tous les habitants. Le 6 octobre 1763, jour de la fête de Saint-Pardoux, patron titulaire, la nouvelle église était bénite et livrée au culte. Après les remaniements du XXIII ème siècle, il ne restera plus, de l’ancienne église de blanzat, que le vieux clocher (côté poste) remplacé par le clocher actuel, construit de 1900 à 1902, ainsi que le chœur qui, orienté en direction de l’est, a été transformé en une sacristie située au devant du chœur de l’église actuelle. De cette façon s’explique l’orientation particulière de la nouvelle église, puisque son autel se trouve au nord.


Ville de Blanzat

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Intérieur de l'église 13


Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2005

intĂŠrieur de l'ĂŠglise

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Ville de Blanzat

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2005

L’ÉGLISE SAINT-VINCENT-LES-BLANZAT

Dans son Grand Dictionnaire Historique du Puy-deDôme, Ambroise Tardieu nous dit ceci : «Avant 1789, il y avait une église paroissiale dont Pierre Peyronny était curé en 1181 et qui servit de paroisse au bourg de Blanzat jusqu’à la révolution. Le patron de la paroisse était Saint-Vincent. Cette église appartenait à l’Abbaye de St Alyre de Clermont qui avait fondé un prieuré dans ce lieu». Monsieur Pélissier de Féligonde était seigneur de St Vincent en 1696. Bernard Tournadre, Subdélégué de l’Intendant d’Auvergne rapportait dans ses observations en 1756 : «L’église de St Vincent est placée sur le haut d’une montagne, dans un lieu champêtre et isolé, sans aucune maison ni habitations voisines, exposée à être profanée et volée impunément (ce qui est déjà arrivé plusieurs fois). Le village le plus prochain est éloigné de plus d’un quart de lieue. Les chemins qui y conduisent sont de toutes parts scabreux,remplis de cailloux et de rochers, toujours inondés par les sources d’eau abondantes qui coulent dans cette partie. On ne célèbre, dans l’église de St-Vincent, la messe que les jours de fêtes et dimanches. L’entrée en est exactement fermée tous les autres jours. On n’y laisse pas le Saint Sacrement à cause de l’isolement. On n’y fait aucune instruction ni catéchisme.» DÉCOUVERTE D’UN TRÉSOR -NOTICES PAR J.B. BOUILLET - 1828 «Dans le but de faciliter les travaux de la magnifique papeterie que l’on construit au-dessous des sources de St-Vincent, près Blanzat, des ouvriers,occupés au mois de décembre 1827 à défoncer le cimetière de l’ancienne chapelle qui y existait, trouvèrent un sac de grosse toile auquel était attachée une petite clef en fer. Le sac, presque entièrement pourri contenait plus de 200 pièces de monnaie d’argent, de billon et de cuivre. Les ouvriers s’imaginèrent avoir trouvé un riche trésor et, après le partage qui en fut fait précipitamment, chacun cacha soigneusement la part qui lui était advenue, de sorte qu’il fut assez difficile d’avoir de ces monnaies. Néanmoins, avec de la persévérance, je suis parvenu à m’en procurer un assez grand nombre. Ces monnaies avaient toutes été frappées dans l’intervalle de 1460 à 1590. De plus, il y avait des monnaies de diverses valeurs, des papes Grégoire XIII et Innocent IV».

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L’ÉGLISE AURAIT ÉTÉ CONSTRUITE VERS LES XI XII ÈME SIÈCLES. Elle devait être (pense-t-on) de type romane auvergnat, avec un clocher à peigne et, autour, un cimetière. Son emplacement devait se situer au nord ouest de l’actuel château de St Vincent, au carrefour de deux chemins, l’un venant de Sayat, l’autre de Blanzat, sur le plateau de St Vincent, près des sources du même nom. La «montagne» dont parle Monsieur Tournadre est l’éperon ocheux qui domine les anciennes papeteries St-Vincent, à l’extrémité de la coulée de lave. ll n’y avait qu’un seul curé pour les églises de St -Vincent et de St-Pardoux. Il était nommé par l’Abbaye de St Alyre. Le lieu de Blanzat étant le chef-lieu de toutes les paroisses, les curés y ont fait, dans tous les temps, leur résidence habituelle. Les procès-verbaux des visites pastorales, effectuées de façon plutôt irrégulière, nous donnent une idée exacte de l’état des lieux. Concernant l’église St-Vincent, tous les procès-verbaux sont unanimes et les observations relevées en principe toujours les mêmes : vétusté, délabrement des lieux, du matériel, même les ornements d’église pour le prêtre sont très vieux, même trop vieux. En 1784, on signale une petite cloche cassée qu’il faudra très vite remplacer. Cette même année, lors de la visite extérieure, «il y a, attenant à la dite église, un cimetière dont l’une des deux entrées n’est point munie de porte ni de grille. Les murs du pourtour du cimetière sont comme ceux de l’église, elle-même en très mauvais état.» Bien que des textes officiels prouvent l’existence, en la paroisse de St-Vincent, d’un prieuré, aucune visite pastorale n’en fait mention. L’ancienneté de l’église et de son cimetière, sa petitesse, son éloignement, sa solitude causent son abandon par les paroissiens de Blanzat. En 1787, l’église de St-Vincent est démolie : les principaux matériaux sont récupérés pour construire la nouvelle église de Sayat. Puis en 1793, l’emplacement de l’église et du cimetière est mis en vente comme bien national (les habitants de Blanzat et de Sayat revendiquaient la propriété du lieu de St-Vincent). Après la vente, il fut transformé en parcelles cultivables. De l’église, il ne reste aucune trace. Par contre, sur le mur de clôture du Château St-Vincent, côté ouest et au-dessus d’une petite porte en bois, on voit encore une croix de pierre : peut-être marquait-elle l’entrée de l’ancien cimetière ?


Ville de Blanzat

église le 13/12/1914

église début 2000

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2006 vue du chevalard depuis la route des mauvaises

LA BÉNÉDICTION du nouveau clôcher

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Ville de Blanzat

DEPUIS TRÈS LONGTEMPS, L’ANCIEN CLOCHER MENAÇAIT RUINES MAIS FAUTE DE RESSOURCES SUFFISANTES, LES PROJETS SUCCESSIFS DE CONSTRUCTION D’UN CLOCHER NEUF AVAIENT ÉTÉ AJOURNÉS.

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n août 1740, la foudre avait réduit le clocher à un état pitoyable: flèche démolie d’un tiers dans son étendue du côté de midy, les deux tiers restants, ébranlés et prêts à s’écrouler: la rupture du clocher se continuait jusqu’aux fondations (rapport du 15/12/1741). En 1817, suite à la visite de l’église effectuée par le Maire et les fabriciens, un procès-verbal transmis à Mr le Préfet, concluant dans ces termes «au-devant du clocher, nous avons noté un état de dépérissement propre à inspirer les plus grandes craintes; cet état de choses présente l’image de la destruction et menace l’édifice nouvellement fait».

Le peuple étant entré dans l’église, les chanteuses entonnent une cantate composée pour la circonstance. Ensuite, le Curé Déat s’exprime à son tour : «Votre grandeur est parmi nous -notre clocher est terminé l'Évêque des Croisades vient de le bénir. Notre paroisse ne saurait oublier ni cette date inscrite sur le vitrail de la porte, ni la reconnaissance qu’elle vous doit.»

Le 2 décembre 1900, Mgr Belmont, évêque de Clermont, procédait à la bénédiction de la première pierre du clocher. Lorsque le clocher fut terminé et avant sa bénédiction solennelle, il est intéressant de savoir qu’une convention fut passée le 14/08/1802 entre le curé Déat et Mme Vve Briant. «Madame Briant, pour donner à l’église et au nouveau clocher l’air et la lumière, d’elle-même, bien volontairement, offre de modifier, sans qu’on puisse changer à l’avenir, la toiture et le pignon de la grange attenant à son habitation.

«Après avoir rendu hommage à Mr le Maire, au Conseil de Fabrique, présidé par Mr Gérard Cohade, il remercie l‘architecte départemental, Mr Sauzat, qui vient de nous édifier le beau monument que vous voyez et les deux entrepreneurs, MM. Boisson et Souchal, qui ont si bien exécuté l’oeuvre. Il remercie aussi tous ceux qui ont contribué à la construction, le tout, sans le moindre accident, grâce aux prières quotidiennes pendant la durée des travaux.».

Le 21 septembre 1902, Mgr Belmont bénissait le nouveau clocher : un élégant clocher roman avec une flèche toute en pierre de Volvic. Voici de larges extraits de l’article paru dans «La Semaine Religieuse». «Dimanche 21 septembre 1902, une paroisse heureuse de voir son évêque était celle de Blanzat qui recevait son premier pasteur pour bénir le nouveau clocher. Dans cette superbe vallée, le soleil s’était mis de la fête. A 10 heures, Mgr arrive, accompagné par l’archidiacre de Notre Dame et le Secrétaire Général de l’Evêché. Après la bienvenue souhaitée par Mr le Curé et le Conseil de Fabrique, quatre jeunes enfants offrent un bouquet à sa grandeur. Puis la procession conduit au presbytère Monseigneur entouré d’un nombreux clergé. Là, Mr le Maire, Etienne Desgrange-Pradier, présente son Conseil et, dans un langage bien élevé, exprime la joie de recevoir son Evêque, le plaisir de l’union qui existe entre les assemblées municipales et fabriciennes pour élever ce monument au Bon Dieu.

«Pour inaugurer la nouvelle entrée de l’église, il y a trois semaines, une charmante petit fête réunissait tous nos enfants. Ils étaient heureux d’offrir le vitrail de la porte d’entrée, représentant Notre Seigneur bénissant les petits.»

«Ce soir, vous voudrez bien visiter l’asile de nos petits enfants et l’école de nos filles. La Providence seule sait ce qu’elles vont devenir après l’arrêté de laïcisation. La perspective des enfants élevés sans religion, le sort de ces admirables maîtresses ont fait saigner votre coeur d'Évêque et de Père. Et, en vous accompagnant dans cette visite, nous dirons aux Soeurs de la Miséricorde : merci et courage; et aux enfants, n’oubliez pas le chemin qu’on vous a montré pour être de bonnes chrétiennes et des travailleuses. Ce soir encore, la grande famille ouvrière de nos deux usines si prospères verra avec bonheur que vous aimez ces maÎtres généreux et leurs ouvriers.». «Après les discours, Mr le Chanoine Rétail, célèbrait la messe solennelle. Enfin, la journée se terminait par une visite à l’usine à papier si prospère de Mr Gaillard, à St-Vincent, dirigée par Mr Le Normant des Varannes. L’usine à toiles de Mr Segond où l’on trouve du linge de choix, attirait également toute l’attention de sa grandeur qui admire le détail de ces deux belles industries. A 6 heures, notre Évêque bien-aimé se retirait après nous avoir béni une dernière fois».

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2004

LE 23 AOÛT 1852, une grande et brillante réception !

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l n’était bruit, hier, dans toute la ville, que des magnificences de la fête donnée lundi par Madame et Monsieur Léon Blanc, à Blanzat, pour célébrer le mariage de leur fille unique, qui vient d’épouser un des plus riches propriétaires de l’Allier. Les jeunes fiancés avaient été unis le matin, dans la chapelle de l’évêché et, le soir, cent voitures roulaient vers le charmant village où se trouve la maison de campagne de Monsieur Blanc, emportant trois ou quatre cents invités qui allaient féliciter les jeunes époux de leur bonheur et en prendre leur part. Ils devaient, en arrivant, se trouver bien plus nombreux encore qu’ils ne le pensaient car les habitants du village, dont Madame Blanc est la seconde providence, avaient voulu lui témoigner leur gratitude en célébrant le mariage de sa fille comme une fête patronale de la commune. La garde nationale était sur pied et tout ce qui ne portait point les armes, vieillards, femmes et jeunes filles, avait revêtu les habits de fête ! Mais il y eu, comme on dit, place pour tout le monde, au feu, à la chandelle et au reste. Pendant que la foule élégante des invités de la ville dansait dans les salons éblouissants de lumière, à travers lesquels circulaient les personnages les plus considérables du département, et deux entre autres dont le nom appartient déjà au pays tout entier. MM. De Morny et Rouher, la foule joyeuse des invités du village dansait de tous ses pieds et de tout son coeur aux accords d’un orchestre infatigable comme elle, sous les arbres du jardin, à travers lesquels couraient des guirlandes de verre de couleur qui produisaient une illumination de l’effet le plus pittoresque.

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Et si les estomacs délicats du salon ne savaient que choisir entre toutes les choses exquises qui leur étaient offertes, les estomacs plus robustes du village n’avaient rien non plus à désirer. L’hospitalité même des maîtres de la maison s’était étendue si loin que les personnes qui se retiraient avaient toutes les peines du monde à retrouver leurs cochers et à les arracher aux séductions de cette fête qui laissera de longs souvenirs dans le pays ; car il avait fourni assez de témoins, de toutes les conditions, de la ville et de la campagne, pour en raconter la brillante et magnifique ordonnance.» Extrait de la rubrique locale de « L’Ami de la Patrie », du 26 août 1852. Le journal local «L’Ami de la Patrie» regroupait les annonces officielles du pouvoir et les échos des départements du Puy-de-Dôme, de la HauteLoire, du Cantal et de la Corrèze. Léon Blanc était banquier à Clermont. Il fut président du tribunal de commerce de cette ville à plusieurs reprises. On le retrouve aussi conseiller municipal de Blanzat, élu avec 125 suffrages lors du 2ème scrutin du 13 janvier 1878. Sa fille, Elizabeth Pauline,19 ans, avait épousé Collas de Chatel Perron, 24 ans, riche propriétaire de l’Allier, licencié en droit. Il fut nommé, le 29 décembre 1857 Conseiller de préfecture jusqu’en 1865. Plus tard, on le trouve vice-président du «Fourneau économique» à Clermont, oeuvre qui servait des repas à des prix modiques.


Ville de Blanzat

QUELLE ÉTAIT CETTE MAISON DE CAMPAGNE OÙ S'ÉTAIENT DÉROULÉES LES FÊTES FASTUEUSES ORGANISÉES POUR LE MARIAGE DE MADEMOISELLE BLANC ? Il s’agissait du Château du Montel. Paul Blanc (père de Léon), banquier et conseiller général, avait fortement appuyé la candidature du Duc de Morny aux élections législatives de 1842. C’est lui qui avait acheté «un corps de domaine à Monsieur Amable Sablon du Corail, le 11 octobre1827», acte passé en la maison, comprise dans la vente et dressée par Maître Jean Julien Desarran, notaire royal à la résidence de Blanzat. Son père, Antoine Sablon du Corail, avait été le commanditaire du château de Blanzat : commande faite au grand architecte riomois Claude François Marie Attiret. Les travaux, commencés en 1783, seront achevés à la Révolution qui interrompra l’aménagement des jardins. En 1789, il signa l’acte de coalition de la noblesse d’Auvergne et émigra à Coblentz. Rentré en France en 1792, il prit part à la défense de Lyon contre le gouvernement de la Terreur.

Arrêté après le siège, il fut condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire et guillotiné sur la place Bellecour, le 1er Frimaire An II (21/11/1793). Une plaque, placée sur la façade ouest du château rappelle qu’Antoine Sablon du Corail a construit et habité cette demeure. Rappelons que le fils aîné d’Antoine Sablon du Corail, Pierre,avait été maire de Blanzat de 1812 à 1816. A l’origine, le château, ses jardins, ses dépendances n’étaient que d’un seul tenant : la propriété a été partagée lors de la construction du chemin d’intérêt communal n°2 Après la famille Blanc, le château fut successivement la propriété de M. Arsène Voluisant, M. Belleuf, M. Goutet et, actuellement, M.Aguttes.

Le château 21


Aquarelle de Michel Léger réalisée en 2004 " Le Château" 22


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BLANZAT ET SON PASSÉ INDUSTRIEL, la papeterie Saint-Vincent

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n 1857, l’abbé Chomette, dans ses «Souvenirs de voyage ou les vacances en Auvergne», relate sa visite à Blanzat.

«Lorsqu’on s’éloigne de la belle plaine de Cébazat, on arrive par un chemin ombragé au village de Blanzat, situé dans un magnifique vallon. Au-delà de cette bourgade, l’industrie moderne a élevé deux grands établissements mécaniques : l’un est une filature de caoutchouc, l’autre une papeterie. Mais ce qu’il y a de plus curieux, ce sont les belles sources de Saint Vincent, qui alimentent les deux fabriques. Les eaux sourdent en abondance de dessous une couche épaisse de lave au-dessous du dernier établissement. Réunies dans un long conduit en tôle, elles tombent d’une grande hauteur (30 m) sur une turbine qui imprime le mouvement à toutes les machines de la fabrique. Nous ne fûmes pas peu frappés de la rapidité avec laquelle se confectionnent ces feuilles de papier. Les lambeaux de chiffons sont broyés, puis blanchis au chlore et mêlés à d’autres substances glutineuses pour donner de la consistance. Après avoir suivi une longue toile métallique, cette pâte délayée dans une grande quantité d’eau s’enroule dans des cylindres chauffés à la vapeur, qui sèchent le papier et le rendent prêt à être livré au commerce».

Entrée de la papeterie

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LE FONCTIONNEMENT En 1876, 37 hommes, 19 femmes et 20 enfants travaillaient à l’usine. En 1880, le nombre d’ouvriers occupés à Blanzat était le même qu’à Ambert, soit 110. La direction avait prévu un grand dortoir, aux Vergnes, pour accueillir les femmes et les jeunes filles qui habitaient un lieu éloigné : en 1886, on comptait 15 pensionnaires. Les conditions de travail étaient difficiles et certaines manipulations dangereuses. Par exemple, les ouvriers coupaient des poignées de chiffons avec des faux. La plupart d’entre eux travaillaient en deux équipes de 12 heures chacune. Pas de repos hebdomadaire pour ceux qui étaient aux machines : l’usine ne s’arrêtait qu’une ou deux fois par an. En 1930, un accident mortel se produit à la papeterie: l’explosion d’un cylindre sécheur provoqua la mort d’un contremaître, Alexandre Bourdarot (père de Marguerite Blanc). Son assistant fut seulement blessé. A Saint-Vincent, on fabriquait les papiers pour lithographie, chromo–lithographie, taille-douce, les papiers registre, à lettres et écolier. Pendant longtemps, la Banque de France y a commandé le papier pour ses billets. En 1934, lors de la fermeture de la papeterie, il y avait 91 ouvriers, dont 80 domiciliés dans la commune de Blanzat. Une caisse de chômage fut créée par la municipalité (délibération du 11 novembre 1934). Quel témoignage reste-t-il de ce passé industriel ? Des bâtiments qui, malgré leur abandon, ont encore fière allure et attirent le regard du passant. Au cimetière de Blanzat, la tombe de Monsieur Lenormand des Varannes sur laquelle on peut lire cette épitaphe : «Heureux qui peut dire comme lui, à son lit de mort, je ne crois pas avoir jamais fait sciemment de la peine à quiconque».


Ville de Blanzat vue depuis le plateau de la Bade

QUELQUES DATES

nL’usine de Saint Vincent de Blanzat avait été construite (sur les plans donnés par John Dickenson, l’un des premiers fabricants de papier en Angleterre) par une société civile fondée en 1825. Un ingénieur anglais, John Ward, était venu à Blanzat avec ses fils pour installer les machines. Mais le capital de cette société ayant été épuisé avant l’achève ment des travaux, l’affaire tomba à l’eau. nDans le courant de l’année 1849, Théodore Jarry fait l’acquisition de l’immeuble pour procéder, dès 1851, à l’achèvement des travaux, à l’installation du moteur hydraulique et du matériel de l’usine qu’il met en marche dans le courant d’avril 1853. Pour faire rapidement les réparations, il y a dans l’usine un atelier composé de deux forges, deux tours ordinaires à banc coupé, un tour parallèle, une machine à raboter et une forte machine à percer. L’usine, installée et dirigée par les soins de Monsieur Jarry lui-même, n’a pas cessé de prospérer depuis sa mise en activité. nAprès le décès de ce dernier, en 1868, c’est son neveu, Arsène Voluisant, qui prend la direction de la papeterie. nA la suite de mauvaises affaires, Monsieur Voluisant ayant fait faillite, c’est Ernest Gaillard qui lui succède (vers 1893). Il résidait à Paris mais avait un directeur sur place : Monsieur Lenormand des Varannes. Vers 1923, les papeteries Navarre, déjà propriétaires de plusieurs établissements en France, achètent l’usine de Blanzat. Le nouveau directeur en est Monsieur Fluchaire. nL’usine cessera de fonctionner en 1934.

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Ville de Blanzat

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LE BÉDAT

BLANZAT FAIT PARTIE DE LA TRÈS «HAUTE VALLÉE DU BÉDAT» JUSTE AU PIED DE LA FAILLE DE LA LIMAGNE.

ORIGINE DE SON NOM

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elon Marcellin Boudet (Revue d’Auvergne 1890), d’après les documents du Moyen Age :

«Le Bédat est le rivus de Bedatz (1223) l’aigua que hom appella Bedaitz en 1242, l’aigua de Bedais à la même date, la ribbe de Bédat, d’un acte authentique de 1936 donne son orthographe moderne.» Extrait d’un «intéressant travail» de Mr le Docteur Pommerol sur le Bédat (Revue d’Auvergne Janvier Février 1886) Le Bédat est un petit cours d’eau dont l’étude est intéressante tant au point de vue de sa distribution à travers les terres qu’au sujet du rôle qu’il a joué et joue encore dans la formation des terrains d’une partie de la Limagne appelée le «Marais». Son nom parait être d’origine gauloise et c’est à la langue anglo saxonne qu’on en doit demander la signification. Il vient sans doute du mot «Bed» qui veut dire lit de rivière ou de ruisseau et a formé les expressions «Bedable», mouiller, Bedaggle et Bedash couvrir de boue. Il serait synonyme de ruisseau fangeux, marécageux et ce caractère, il le possède à un haut degré.

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LES SOURCES

Elles sont nombreuses La source la plus importante se trouve à Nohanent, elle sort à l’endroit où les épanchements de lave du Puy de Pariou viennent expirer aujourd’hui en plein coeur du village et forme le ruisseau de la Saussade. Les sources les plus élevées du Bédat se trouvent sur le territoire de Sayat : l’une sort du ravin de l’Etang et forme le ruisseau Courdoulet, une seconde vient d’Argnat et constitue le ruisseau des Crottes, enfin des sources importantes naissent sous la lave dans l’intérieur même de Sayat. Le cours d’eau formé par la réunion de ces sources gagne la Vallée de Blanzat, là les eaux de sources de Saint Vincent qui sortent de dessous de la coulée volcanique du Puy de Jumes près de l’ancienne papeterie, viennent grossir cette petite rivière. Entre les bourgs de Blanzat et de Cébazat, le Bédat est définitivement constitué, coulant dans un lit unique à bords élevés. En temps d’orage et d’inondation, il se transforme en torrent rapide, il entraîne d’énormes galets, de gros fragments de roche à peine roulés et un volume considérable de matériaux granitiques et basaltiques plus ou moins broyés.


Ville de Blanzat vue du Bédat depuis le pont

Dans les temps quaternaires, il vaguait entre les côtes de Blanzat et de Châteaugay, déposant dans le fond de la vallée de puissantes alluvions à travers, lesquelles il coule aujourd’hui. A peine a-t-il quitté sa vallée d’origine et gagné la plaine de Gerzat, qu’il se ramifie en trois branches principales. La première, la plus importante passe à la Maison Rouge, la deuxième suit le chemin d’intérêt commun n°2 jusqu’au Pont-des-Quatre-Gorges et la troisième coule à la Maison Blanche. De Cébazat à Entraigues, il s’est dispersé en un grand nombre de rameaux : ses branches, ses canaux ont vagué en toutes directions, déposant les riches limons, le long des terres de labour et sur les prairies plantureuses. D’Entraigues à Saint Laure, le Bédat n’est plus constitué que par un seul cours d’eau. Là, il se trouve en entier, mais comme entre Blanzat et Cébazat, ce n’est pas sur un long parcours. Le Bédat, avant de se jeter dans la Morge, entre Saint Laure et Maringues en un lieu dit aujourd’hui «Chabreloche» et autrefois «Royat» a reçu le ruisseau d’Ambène qui baigne Ennezat.

LES INONDATIONS

De nombreux moulins avaient été établis sur le Bédat depuis le village de Blanzat et jusqu’à Gerzat, notamment dans la commune de Cébazat et l’emploi de son eau comme force motrice avait suscité à différentes époques de longs et coûteux procès.

Au cours des siècles passés, ce cours d’eau a occasionné de très nombreuses et importantes inondations. Lettre de l’Intendant, Mr Trudaine, du 9 Septembre 1748, au sujet des mesures à prendre pour éviter les inondations dans la Limagne qui est traversée par une infinité de ruisseaux qui se comblent insensiblement ou qu’on resserre par des ouvrages non autorisés pour faire remonter, l’eau suivant les besoins des riverains, causant un dommage considérable dans le temps des inondations, non seulement aux terres, mais encore aux chemins qui bordent les ruisseaux. De 1749 à 1755, nombreuses requêtes et ordonnances de l’Intendant relatives aux réparations des chemins et des ruisseaux du Bédat dans les justices de Blanzat et Cébazat. Plus près de nous, en 1857, lors d’une crue du Bédat, le sol avait été emporté par les eaux dans le près de Me Pelissière, Notaire, au château Laniraud. A la suite d’une trombe au mois de juin 1889, le Bédat, inonda toutes les prairies et terres environnantes. Pour sauver les habitants de la Tannerie, il n’y avait pas de barques. C’est avec des chevaux qui avaient de l’eau jusqu’au poitrail que les sauveteurs emportèrent femmes et enfants. Pour le franchissement du Bédat, deux ponts avaient été construits. Le pont du Chevalard en 1821 (Concepteur l’architecte Guillaume Degeorge, frère du peintre Thomas) En 1863, au lieu dit «Goutatout» (bas de la rue du Moulin) le meunier, Jean Chapon, avait promis la somme de 100 francs pour aider à faire face à la dépense.

vue du Bédat depuis le pont en 2008

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le BĂŠdat en automne 2019 30


Ville de Blanzat

le BĂŠdat en hiver 2005 31


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DE "LA MAISON COMMUNE" À "LA MAIRIE"... COMMENT SE CONSTITUAIT L’ADMINISTRATION MUNICIPALE ?

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ne ordonnance de Louis IX, datant de l’an 1256, prescrivait l’élection des consuls le lendemain de la fête de St-Simon et St-Jude (21 octobre). Chaque année, au mois d’octobre ou de novembre, les habitants, chefs de famille, réunis en «Assemblée générale» nommaient au scrutin les consuls qui devaient entrer en charge le 1er janvier de l’année suivante. L’Assemblée générale était toujours annoncée par le curé au prône de la messe paroissiale. OÙ SE TENAIT L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ?

L'origine des communes remonte au moyen-âge mais ce n'est qu'à partir de la révolution française de 1789 qu'elles ont été officiellement crées en se substituant aux paroisses de l'ancien régime.

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Voici un document qui nous le révèle : «Aujourd’hui, dimanche, dixième jour de juin mille sept cent trois, l' assemblée générale des habitants de la paroisse de Blanzat, à la réquisition des consuls de l’année présente et ce pour délibérer des affaires de la commune, cette assemblée tenue dans le cimetière de l'église paroissiale du lieu, à l’issue de la messe de paroisse, la porte du cimetière fermée à la manière accoutumées ». Une nouvelle organisation politique fut la conséquence de l’abolition de l’ancien état de choses. Un décret de l’Assemblée constituante du 2/12/1789 puis des lettres patentes du roi du mois de janvier 1790 ordonnèrent la division du royaume en départements, les départements (83) divisés en districts et les districts en cantons. Les cantons se distinguèrent par le nom du chef-lieu : il y eut ainsi le canton de Cébazat comprenant trois communes : Cébazat, Blanzat et Sayat.


Ville de Blanzat A BLANZAT, LE CONSEIL MUNICIPAL FUT INSTITUÉ DÈS LE MOIS DE DÉCEMBRE 1792 : Etienne Blanzat fut le premier maire, assisté de cinq officiers municipaux et de 12 notables élus de la commune. Mais il n’y avait pas de maison commune. En 1793, une lettre était adressée aux Citoyens administrateurs du district de Clermont : «Les Maire et Officiers municipaux vous exposent qu’ils ont été obligés jusqu’à présent de tenir leurs assemblées dans un local voûté, situé dans l’enceinte du cimetière qu’il faut traverser pour s’y rendre. Cet endroit, extrêmement humide et fort peu éclairé, est très malsain, les papiers ne peuvent pas s’y conserver, ils y tombent en pourriture ». Il se présente une occasion de procurer à cette municipalité un logement plus sain et plus commode dans la «maison curiale, devenue inutile par l’inutilité du ci-devant curé qui l’habite encore». Le 12 Nivose de l’an III (1794), il a été unanimement arrêté que la municipalité transférerait le lieu de ses séances dans une chambre de la cure. En 1819, le Conseil municipal pensa à s’en retirer car cette pièce était dans un délabrement complet, «les planchers supérieur et inférieur croulaient de vétusté». Le Maire propose alors de se «servir d’une chapelle inoccupée et sans destination fixe, chapelle de construction bien antérieure à celle de l’église, à laquelle elle est restée adhérente (côté ouest) mais sans communication de l’une à l’autre, la chapelle n’avait d’autre entrée que sur le cimetière». Il ne fut pris aucune précaution officielle à l’égard de la «fabrique », ce qui allait provoquer des difficultés plus tard...

Le 5/09/1889, le Maire présente les plans et devis dressés par Mr Emile Dalbine, architecte départemental, tant pour la construction d’une mairie que pour l’amélioration de l’école de garçons. Plans et devis sont approuvés à l’unanimité, le conseil municipal charge le Maire de faire procéder à leur mise en adjudication aussitôt après l’approbation préfectorale.

Le Maire fit réparer la chapelle : il la divisait dans sa hauteur par un plancher ; il y fit ouvrir trois portes, deux fenêtres, construire un escalier et une cheminée pour y installer la mairie. Une allocation annuelle de 30 F fut portée au budget, pour le titre de loyer, au conseil de fabrique. La suppression de cette allocation au budget de 1834 entraîna un différend entre le conseil de fabrique et le conseil municipal. Les marguillers de l’église paroissiale écrivirent au Préfet le 13/06/1834 pour lui demander de venir à leur secours, le suppliant de vouloir inviter l’administration principale à rendre à la marguilerie le bâtiment en question ou à continuer d’en payer le loyer». L’allocation fut rétablie au budget de 1835. En 1868, un nouveau presbytère fut construit, grâce au legs de Mme Celeyron : il prenait la place de la maison commune qui était transférée dans les bâtiments de l’école communale. Le 19/02/1876, la désignation des objets soumis à l’assurance nous apprend que la salle de mairie se trouve au premier étage, au-dessus des classes. Le mobilier garnissant la salle comprend «18 chaises, une table ronde, une armoire pour les archives et un coffre contenant le plan cadastral». L’adjudication des travaux est fixée au 30/08/1890. La Mairie est construite à l’emplacement actuel. Sur le fronton, elle porte la date « 1890 » et, au niveau du balcon, le nom du Maire, Etienne Desgrange, et de son adjoint, Jean-Baptiste Vacher.

La halle de Blanzat, aujourd’hui disparue, occupait l’emplacement du parc à voitures jouxtant la mairie. Elle semble dater au moins du XVII ème siècle, d’après des comptes de 1649. En 1963, la halle fut démolie suite à un accident mais aussi à cause de l’évolution des moeurs commerciales.

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LE MONUMENT AUX MORTS

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e 21 Septembre 1919 lors de la séance du Conseil Municipal, sous la présidence de Monsieur Jacques Lacot, et après examen d’un grand nombre de plans de monuments à élever aux Morts pour la Patrie, le choix est arrêté sur une étude présentée par Monsieur LegayRouchon, entrepreneur à Volvic. Le 29 Septembre 1919, en séance extraordinaire: après diverses modifications proposées par le Conseil Municipal et acceptées par la maison Legay-Rouchon, celui-ci accepte de fournir le dit monument au prix de 4700 francs, posé, entièrement fini, inscriptions comprises. Les inscriptions comprendront la dédicace suivante «Aux héros de Blanzat, morts pour la France», les noms et prénoms de tous les soldats de Blanzat morts à la guerre, à graver sur les 4 faces, les noms des conseillers en exercice. La maison Legay s’engage à fournir le plan de la place de l’église où doit être élevé le monument. LE 1ER MARS 1920 - SÉANCE EXTRAORDINAIRE Les conseillers demandent que la somme de 2 822,39 Francs, portée au budget additionnel de 1919 soit versée le plus tôt possible à l’entrepreneur. Le complément sera couvert par une souscription publique dont le montant s’élève à 1878 Francs. L’ensemble forme la somme de 4700 francs qui est le prix convenu du monument. Ce monument commémoratif en pierre de taille de volvic, composé d’une pyramide en sept assises, surmontée d’une urne. Parmi les nombreux donateurs à la souscription (total : 105) Monsieur Ernest Gaillard, Directeur de la Papeterie Saint Vincent : 500 Francs ; Monsieur François Belleuf : 100 Francs et beaucoup d’autres dons plus modestes, selon les moyens de chacun. LE 28 MARS 1920 CERTIFICAT DE RÉCEPTION A la livraison du monument, la population découvre avec stupeur que les élus municipaux ont fait ajouter leurs propres noms. Un comité de protestation est constitué avec l’assentiment des parents, des veuves, des orphelins majeurs et d’un grand nombre de souscripteurs de la commune.

EXTRAIT D’UN ARTICLE DE LA MONTAGNE «Blanzat - le ridicule ne tue pas puisque Monsieur le Maire et ses quatre compagnons d’armes sont encore bien vivants malgré que leurs noms soient gravés en grosses lettres sur le monument aux Morts». Oh paradoxe !! Où vas-tu te nicher ! Etre vivant et faire le mort pour la Patrie. Quel beau sujet humoristique. Nos cinq tiennent bon jusqu’au bout disent-ils. La planche de salut offerte par l’A.R.A.C (Association Républicaine des Anciens Combattants) a été dédaigneusement refusée. Aussi le Comité de protestation fera remettre incessamment la pétition à Monsieur le Préfet. Espérons que tout est possible : Monsieur le Préfet autorisera ces messieurs à donner leurs noms aux principales rues de la commune pour les remercier de leur dévouement à la Patrie. Extrait du Journal l’Avenir du Puy-de-Dôme et du Centre.

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Ville de Blanzat LE 12 JUIN 1920 BLANZAT - UNE PROTESTATION Une réunion publique organisée par le Comité de Protestation contre l’inscription des noms des conseillers municipaux en exercice sur le monument érigé à la mémoire des héros de la commune morts au champ d’honneur, a eu lieu le dimanche 6 Juin, dans la salle de la mairie. Une assistance nombreuse avait répondu à l’appel du Comité. Le Président de ce Comité, désigné par ses camarades, s’adresse ainsi à l’assistance : «Comme moi, mes camarades, je suis certain que vous avez souri et haussé les épaules, en voyant s’étaler en lettres immenses sur la pierre de face du monument aux morts, les noms des conseillers en exercice. Pour ma part, je trouve parfaitement ridicule que des hommes vivants, comme vous et moi, des hommes qui n’ont même tenu aucun rôle dans la grande tragédie qui s’est jouée, aient pu avoir un seul instant la pensée d’accoler leurs noms à ceux des héros qui sont morts pour les défendre. Je n’ai pas cherché à connaître le sentiment auquel avaient obéi ces hommes. Sans doute un sentiment d’orgueil, de gloriole. Ils ont pensé avoir trouvé là une magnifique occasion de s’illustrer, de s’immortaliser, même. D’anciens ont prétendu, pour justifier leur geste, qu’ils avaient pendant la guerre assumé de lourdes charges, ils avaient été à la peine, il fallait donc qu’ils fussent à l’honneur. Je suis convaincu et vous le savez comme moi, que leurs charges ont été bien moins lourdes que notre sac.

En protestant, nous n’avons qu’un but, le droit des morts, qu’une volonté : celle d’arriver par tous les moyens possibles à faire respecter ce droit. Le 6 Mars dernier, l’Amicale des Anciens Mobilisés avait adressé à Monsieur le Maire, une protestation énergique afin qu’il fut donné la suite la plus rationnelle et la plus légitime : la radiation des noms des conseillers en exercice sur le Monument aux Morts. A toutes les tentatives de conciliation faites auprès de Monsieur le Maire celui-ci oppose la force de l’inertie. Nous n’avons plus maintenant la patience d’attendre la décision hypothétique de ces messieurs, nous avons décidé de faire une pétition de protestation que nous enverrons à Monsieur le Préfet.» Finalement pour apaiser la population, on installera une plaque en lave émaillée de volvic, avec la mention, «Honneur et Reconnaissance» pour couvrir les noms litigieux. Tout aurait du rentrer dans l’ordre, il n’en a rien été : des voix se sont élevées pour déplorer les couleurs de la plaque : elles évoquaient les boites banania !.... A l’origine, le monument se trouvait près de la poste avant de se trouver à son emplacement actuel, près de la façade ouest de l’église. Les morts pour la France de 1914-1918 qui figurent sur le monument sont au nombre de 31. Parmi eux, les deux plus jeunes de la commune : 21 ans, tués quelques jours avant l’armistice : Marcel Perrin (mon oncle) et Victor Bourdarot (l’oncle d’Elie Blanc).

Le monument aux morts en 2019 35


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BLANZAT ET SON PASSÉ INDUSTRIEL : LE TRAVAIL DU CAOUTCHOUC

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réation d’un établissement pour le travail du caoutchouc par Aristide Barbier et Edouard Daubrée. Ces deux associés avaient fondé, à Clermont, place du Champ de Foire, une petite usine où l’on fabriquait des machines agricoles. Ils se lancèrent ensuite dans la fabrication de balles en caoutchouc, puis, peu à peu, d’autres produits manufacturés : tuyaux, courroies. Il fallut s’agrandir... En 1853, une occasion se présente : un tissage mécanique, situé à Blanzat, est mis en vente. Il y a là 2 ha 1/2 de terrains, des constructions, plusieurs chutes d’eau réunies par un canal et fournissant une puissance de 30 à 40 CV. Le prix intéressant compense l’inconvénient d’avoir deux usines séparées … Celle de Blanzat sera consacrée à la délicate fabrication des articles techniques. «L’usine de Blanzat, considérable, possède des installations complètes : outre sa roue hydraulique, sa force motrice est constituée par trois machines à vapeur de 12 chevaux ; une dizaine d’autoclaves sont destinés à la vulcanisation des rondelles, tuyaux, tampons et autres articles moulés. L’usine comprend, en outre, un laboratoire et un atelier pour la préparation de produits chimiques». Par rapport à Clermont, la valeur des installations destinées à la transformation de la gomme élastique dépasse celle des ateliers de construction mécanique.

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Au mois d’août 1860, eut lieu le Concours Départemental du Puy-de-Dôme, à Riom. Voici des extraits du rapport sur l’industrie, présenté par Monsieur Brière : «Messieurs Barbier et Daubrée ont fondé depuis 25 ou 30 ans deux établissements qui sont devenus les plus importants du département. Le premier, consacré à son origine à la construction de machines hydrauliques, est arrivé successivement à s’accroître pour construire toutes les machines nécessaires à l’industrie locale et à l’agriculture. Le second établissement de MM. Barbier et Daubrée, à Blanzat, est consacré à la fabrication du caoutchouc auquel ils font subir toutes les transformations dont cette matière est susceptible pour satisfaire les besoins domestiques et l’industrie. L’industrie du caoutchouc a progressé dans leurs mains et cette maison est au premier rang en France dans le genre de fabrication qu’ils ont adopté. Leur exposition a été aussi variée que complète : elle se composait des fils pour la fabrication des bretelles, jarretières, corsets, chaussons, etc… Des feuilles de caoutchouc de diverses grandeurs et épaisseurs pour servir à l’industrie, des rondelles pour chemin de fer et pour garniture des tiges de pistons de machines à vapeur, des clapets et des boulets pour pompes hydrauliques, des instruments divers de chirurgie, des tuyaux à gaz et à incendie, des balles, des ballons, des jouets d’enfants.


Ville de Blanzat Les ouvriers des deux sexes employés à la fabrication du caoutchouc sont au nombre de 180. Le salaire des hommes varie de 2 à 3 francs par jour et celui des femmes, de 90 centimes à 1, 50 franc. MM. Barbier et Daubrée ont déjà reçu comme récompense de leurs efforts, à la grande exposition universelle de 1855, une médaille d’argent pour chacune de leurs industries et en 1858, à l’exposition régionale de Limoges, la grande médaille d’honneur. En présence de leur belle exposition et de cette notoriété, le Jury des récompenses a été unanime à décerner la grande médaille d’or donnée par l’Empereur». Après le décès de Barbier et Daubrée (1863 et 1864), la société prend le nom d’Ernest Daubrée et Cie. Pendant les premières années, l’oncle d’Ernest, Paul Daubrée, est là pour le seconder à l’usine. Mais après son départ, vers 1866, Ernest se sépare assez vite de l’entreprise. En 1868, après une courte période de cogérance, Bideau, le notaire des deux familles fondatrices, prend la direction de l’usine. L’affaire a pris pour raison sociale «J. G. Bideau et Cie». Bideau n’est pas un technicien : il emploie un ingénieur des Arts et Manufactures, Louis Ogier, pour diriger les fabrications. Ogier adresse, en 1874, une notice sur la fabrication et l’emploi du caoutchouc vulcanisé à la Société des Ingénieurs Civils.

Le 26 août 1876, l’usine de Blanzat reçoit 60 congressistes qui avaient assisté à Clermont-Ferrand, à la 5ème session de l’Association Française pour l’avancement des sciences. «Monsieur Ogier, Directeur de l’usine, donne les renseignements les plus curieux sur le caoutchouc, ses transformations et ses usages. Il accompagne ensuite les visiteurs dans les diverses parties de l’usine. Ce qui a spécialement attiré l’attention des congressistes, c’est l’utilisation des pompes complètement en caoutchouc durci, qui ont leur emploi dans les grandes fabriques de produits chimiques. Leur attention s’est aussi portée sur les spécimens de billes de billard en caoutchouc durci, devant bientôt être lancées en concurrence avec les billes d’ivoire. Le décès d’Ogier, survenu en 1884, précède de peu l’abandon de Bideau en 1886 : celui-ci se retire de la société. Les affaires périclitent. Pour sauver l’entreprise, on fait appel aux deux fils d’un gendre de Barbier : André et Edouard Michelin. En 1889, Edouard devient gérant unique : la raison sociale s’intitulera «Michelin et Cie». Puis André Michelin vend l’usine de Blanzat, le matériel est entièrement transféré aux Carmes… La fabrique de toile de M. Segond succède alors à la fabrique de caoutchouc …

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2009

HISTOIRE D'UN CRIME

E

n consultant les registres d’état civil de Blanzat, de l’année 1871, j’avais découvert avec stupéfaction le décès par suite d’un assassinat d’un père et de sa fille, ce qui a excité ma curiosité. J’AI FAIT DES RECHERCHES ET DÉCOUVERT DANS LA PRESSE DE L’ÉPOQUE, LA RELATION DU CRIME. «Un crime affreux sur lequel une partie de l’épouvantable vérité n’a pu être connue qu’hier soir ; a été commis à Blanzat dans la nuit de Noël.» «Un cultivateur nommé Brun, avait invité son beau-père à souper. Avec Brun, sa femme et son beau-père, se trouvait un autre individu de Blanzat qui, si l’on croit la rumeur publique, avait eu jadis des relations coupables avec la femme de Brun. Cet individu a quitté la famille Brun, le soir après souper. La nuit a dû être le théâtre d’un drame horrible qui s’est passé sans témoin et sur lequel des détails précis font défaut. Le lendemain, on a vu Brun se promener dans le village de Blanzat. On a aperçu, ni son beau père, ni sa femme. Depuis lundi soir personne ne l’avait revu. Hier soir, on découvrait trois cadavres dans la maison de Brun. Avant que nos renseignements nous permettent de le «conjecturer», on suppose que le crime a été commis la nuit : la femme de Brun et son beau-père ont essuyé chacun la décharge d’une arme à feu qui a déterminé une mort instantanée. Brun s’est ensuite ouvert la gorge avec un rasoir. Brun avait dans le pays la réputation d’un ivrogne «émérite», sa femme partageait aussi cette malheureuse passion. COMMENT ET DANS QUELLES CIRCONSTANCES LE CRIME A-T-IL ÉTÉ COMMIS ?

On ne sait encore et le champ est ouvert a toutes les conjectures… On a remarqué, circonstances assez bizarre, que les trois cadavres étaient couchés, côte à côte, dans le même lit , au milieu de la cuisine, de plus, les traces de sang qui étaient restées sur le sol, ont été soigneusement effacées par le meurtrier. La justice qui s’est immédiatement transportée sur les lieux poursuit avec la plus grande activité l’instruction de cette affaire. Nous nous sommes bornés à signaler sommairement les faits patents de cette affaire, sans relater les détails sur lesquels la vérité n’a pu encore se faire». Voici les renseignements concernant les victimes décédées le 25 décembre 1871 : Gabrielle Blanzat, âgée de 31 ans épouse de Gilbert Brun et fille de Jean Blanzat, cultivateur. Jean Blanzat, âgé de 76 ans, veuf de Michelle Mazayrat. Jean Blanzat avait eu aussi deux fils : Antoine décédé à 31 ans et François.

François avait épousé Marie Beaud, le 4 octobre 1858 et de cette union étaient nés deux enfants : Casimir Antoine, né le 24 mars 1866, marié à Claudine Blanquet dite «Angeline»» le 24 avril 1894. Ils n’eurent qu’une fille : Marie-Marthe Angèle née le 27 mars 1897. Casimir Blanzat était courtier en vins ; on peut encore voir son enseigne peinte sur la maison, propriété actuelle des médecins. Angèle avait épousé en 1929, Lucien Emery; le couple n’avait pas eu d’enfant. Madame Emery était une artiste. Elle jouait du piano, avait écrit de nombreux poèmes dont certains avaient été publiés dans la revue «L’Auvergne Littéraire». Associée à Gérald Roujanski, elle avait été lauréate des Jeux Floraux de la Limagne en 1946-1947. Le recueil de leurs poèmes «Les feuillets des Muses» avait été édité à Blanzat en 194(édition privée) Hélène Philomène née le 23 novembre 1869, avait épousé Jean Desgranges dit «Jeantou» le 23 avril 1894. Mme Desgranges dite «Léléna» était épicière. C’était un personnage et, elle va le prouver. Quelques années après la mort de son mari (1947), nous la retrouvons avec Tourisme et Travail. Découvrons ensemble l’article de presse de Tourisme et Travail. «Trop de gens, directement intéressés par notre action, disent encore en parlant de Tourisme et Travail, c’est pas pour nous, c’est pour les jeunes ! Il nous est donc apparu nécessaire de leur démontrer par un exemple pris au hasard, que Tourisme et Travail est à la disposition de tous les travailleurs aussi bien les jeunes que les moins jeunes. Voilà donc le cas n° 1, assez rare quand même, il faut bien l’avouer mais qui illustre parfaitement ce que nous voulons démontrer; il s’agit de la doyenne de la Délégation d’Auvergne et peut-être même de l’Association sur le plan national, Madame Desgranges du petit village de Blanzat qui a commencé à prendre goût aux voyages il y a trois ans, elle avait alors 82 ans (1951) : Côte d’Azur - La route du vin Bretagne et l’an dernier, elle profita de notre splendide randonnée au Tyrol et suivit allègrement le groupe. Malgré ses 85 ans (1954), elle n’hésita pas à monter en télé siège jusqu’à plus de 2000 m d’altitude et, à Innsbruck, le téléphérique l’emporta même jusqu’à près de 3000 m. Ce jour là, elle fit l’admiration des touristes français et étrangers qui déjeunaient au refuge, à deux pas des troupeaux de chamois et le soir à l’hôtel, elle trouva encore le moyen de faire une démonstration de bourrée devant des Tyroliens ébahis. Aux dernières nouvelles, elle vient de partir pour l’Algérie avec notre voyage de Pâques, regrettant vivement de ne pouvoir faire l’aller et retour en avion.» Mme Desgranges est décédée à son domicile, le 5 avril 1963 à l’âge de 93 ans1/2.

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2005

GASPARD, LE LOUP BARON DE BLANZAT, GRAND LIGUEUR... ET CHEF DE BRIGANDS... ASCENDANCE ET DESCENDANCE

A

près la mort de Claude de Cébazat, Seigneur de Blanzat, la terre de Blanzat fut vendue et adjugée, par décret du 27 mars 1614, à Blain Le Loup. Celui-ci, Chevalier de l’Ordre du Roi. Seigneur de Monttfan, avait épousé vers 1571 Peyronnelle de Cébazat, dame de Blanzat, seur du dit Claude de Cébazat ils eurent quatre enfants dont deux fils Robert et Gaspard. Jean-Baptiste Bouillet nous dit que Gaspard Le Loup était issu d’une maison d’ancienne chevalerie, riche et puissate. En effet, il était Seigneur de Beauvoir, de Bellenave, de Montfan, de Pierrebrune, de Préchonnet, de Blanzat, de Chabanon, de la Garde-Perradure, de Merdogne, de Mérinchal et autres lieux en Bourbonnais et en Auvergne. Ce seigneur fut lié par mariage (contrat du 20 octobre 1591) avec Madame Charlotte de Beaufort Montboissier Canillac, veuve de François de Montmorin. De cette union, une fille unique, Anne Thérèse naquit le 24 juin 1593. Dans sa jeunesse, elle était entrée à la Cour de la Reine Margot, au chateau d’Usson dont elle devint l’une des demoiselles d’honneur. Elle fut accordée à Gilbert Alyre de Langeac, Seigneur de Dallet (contrat de mariage du 11 septembre 1608). Après la mort de son mari, le 18 janvier 1620, Anne Thérèse fonda le Couvent de la Visitation,à Montferrand, y prit elle-même l’habit le 17 septembre 1628 et en fut la supérieur de 1631 à 1639. Elle y mourut le 31 juillet 1654 : elle avait fondé deux autres maisons de son ordre à Rouen et Dieppe. GASPART LE LOUP ET LA LIGUE Pendant la seconde moitié du 16 ème siècle , les guerres de religion présentent, en Auvergne, un caractèred’une violence inouïe. En certains points, les catholiques se subdivisent en royalistes et en ligueurs. Gaspard et son frère robert étaient ligueurs. Gaspart, « le plus fougeux guerrier de la Limagne, le brave, le chevaleresque ainsi que le surnomment presque tous les historiens, fut l’un des plus ardents soutiens de la Ligue, sous les ordres du Comte de Randan, il commendait le premier escadron à cette fameuse bataille de Cros Rolland (commune de St Yvoine). Il y fit des prodiges de valeur, fut renversé de cheval et faillit tomber entre les mains de l’enemi. Ce fut une horrible mêlée : Randan, blessé de deux balles à la cuisse, mourut pendant son transfert à Issoire. Quantité de nobles d’Auvergne périrent sur le champ de bataille , dont le frère de Gaspard, Robert. C’était le 14 mars 1590. La même année, Gaspard soutint, contre les royalistes, le siège de sa ville de Blanzat : il dût placer six soldats à son château pour le défendre contre un détachement de royalistes.

Ceux-ci étaient munis d’un pétard, cette machine si redoutée et de nouvelle invention qui brisait en éclats les portes les plus solides et qui, bien souvent, mettait en pièces les canoniers eux-mêmes. Après un long siège, Gaspard fut obligé de se rendre le 24 septembre 1590. Dans la première semaine de novembre 1592, Herment passe aux mains des Ligueurs, Gaspard Le loup rassemble promptement des bandes de paysans, armés de fourches, et de faux et bâtons et vint résolument mettre le siège devant les murailles de la ville d’Herment. Un procès verbal raconte que Gaspard s’apprêtait à faire brûler vif le bailli, Louis Chermartin, qu’il avait enfermé dans le coffre des archives communales; lorsque les habitants de la ville délivrèrent le malheureux prisonnier. Gaspard projetait de conserver Herment : les etats de la province lui accordèrent 12000 livres pour l’abandonner (réf : Mémoires du Président Jehan de Vemyes). Avant de quitter la ville, Gaspard incendia le château et démentela ses tours. Les chroniques disent que Gaspard s’empara encore de Port Dieu, en limousin puis échoua devant Ussel ou il trouva des habitants bien décidés à se defendre. LE LOUP CHEF DE BRIGANS (RÉF : ANTOINE THOMAS) Garpard Le Loup, l’un des plus renomés capitaines de son siècle, se livrait aussi à quelques actes de brigandage, sans doute pour subvenir aux besoins de ses soldats. Avec une vingtaine de complices, le 7 avril 1591, il s’empara d’un convoi de neuf marchands merciers du Pays de Dauphiné qui transportaient vers Limoges des étoffes de prix. Cette capture n’est pas à l’honneur de sa bravoure chevaleresque; cependant, le brigandage est un accessoire pour ainsi dire obligé des guerres civiles où les combattants ne peuvent guère compter sur une solde régulière. GASPARD LE LOUP SE RACHÈTE (RÉF : ARTICLE A VERGNETTEREVUE D’AUVERGNE - 1927) Le lac de Sarliève, autrefois désséché, s’était de nouveau rempli d’eau parce qu’il n’avait pas été entretenu. Les guerres de religion avaient encore aggravé la situation. Il fallait reconquérir le terrain perdu sur le marécage pour agrandir le domaine de l’agriculture. Le gouvernement encouraga le désséchement. Alors plusieurs français, hollandais et allemands formèrent des sociétés que le roi Henri IV s’empressa d’approuver et de confirmer en leur accordant divers privilèges. L’une de ces sociétés avait à sa tête Gaspard Le Loup, Baron de Montfan et de Blanzat. En risquant une partie de sa fortune pour favoriser le développement de l’agriculture, il réparait, dans une certaine mesure, les dommages qu’il avait causés autrefois au commerce, en détroussant, de paisibles colporteurs. Gaspard Le Loup est décédé, très vieux en 1640.

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2009

DE LA FRADIÈRE À LA COLOMBE

I

l y avait en 1733, une maison appelée “La Fradière” qui appartenait au seigneur de Banat, Mr de Tuboeuf, et où logeait un particulier qui fut établi gardien.

Dans le même lieu, les consuls avaient un coffre où étaient déposés tous les papiers qui étaient à leur charge. Le feu prit à cette maison et rien n’y fut épargné. Les consuls ne purent donc percevoir les patrimoniaux qu’ils collectaient en fin d’année. Les pauvres consuls furent obligés d’endosser leurs cotisations et de les acquitter envers le receveur. Il leur en couta pour cet effet 12 à 13000 livres. Les Consuls de l’année 1733 : Pardoux Desgrange, Fiacre Bouchon, Pardoux Drouillat (Ref AD C2035). En 1768, un bail à ferme nous apprend l’existence d’un pré situé dans les appartenances de Blanzat appelées “Le pré de La Fradière”; bail à ferme passé devant Me Ceytre, notaire royal entre Etienne Peudeprat et Antoine et Barthélémy Degeorge, fermiers de la baronnie de Blanzat. En consultant l’ancien cadastre,j’avais trouvé en 1834,une grange, avec cour, jardin pré et saulée, au nom de Mr de Trinqualye puis, en 1838/1839, mention d’une nouvelle construction au nom du même propriétaire: c’était l’origine de ce qui fut plus tard la Maison Notre Dame. QUI ÉTAIT MR DE TRINQUALYE ? Anne, Alexis, Jean de Trinqualye était né à ClermontFerrand le 14 janvier 1772, fils de Jean, Henri, Alexis, écuyer et de Madeleine Bouchard de Florat. Il entra comme chasseur au 7° régiment d’Infanterie le 22 juin 1789, fit les campagnes de la Révolution et de grade en grade fut nommé colonel d’Etat Major.

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L’Empereur lui accorda le titre de baron par décret du 18août 1809, commandeur de la Légion d’Honneur, la même année et chevalier de Saint Louis le 16 octobre 1814. A partir de 1815, il a été successivement commandant de la Garde Nationale de Clermont, conseiller puis secrétaire général de la préfecture du Puy de Dôme et député du département pendant plusieurs législatures. Il se retire des affaires publiques en 1830. Mr de Trinqualye avait épousé le 19 Ventose an VIII (1800), Marie Rose Sablon, fille d’Antoine Sablon, maire de Clermont. Il eut 3 enfants dont Annet Henry décédé à Blanzat à l’âge de 45 ans (le 24 octobre 1845). Le baron de Trinqualye avait été membre du conseil municipal de Blanzat sous le mandat de Jacques Degrange. Il est décédé à Clermont le 17 mai 1852 et, il avait légué au bureau de bienfaisance de Blanzat, une somme de 300 Frs. Sa petite fille, Nancy (fille d’Annet Henry) religieuse au Sacré Coeur de Lyon, avait vendu à mon arrière grand père, Mérien Perrin un cuvage et une écurie quartier Derrière la Ville. En 1865, la propriété était au nom de Mr Wolff, marchand de nouveautés, rue St Hérem à Clermont. Vers 1874/75; nouveau propriétaire Mr Jules Fournier, rentier, venant de la région d‘Ardes sur Couze. Il était marié à Marie Justine Pamela Trioullier. Ils avaient 2 enfants: Marie Thérèse décédée à Blanzat le 14 août 1878 à l’âge de 23 ans et Hippolyte, médecin (il avait été recensé à Blanzat avec la classe 1879).


Ville de Blanzat la Colombe en 2016

Mr et Mme Fournier étaient de riches propriétaires fonciers; ils possédaient, entre autre “les vignes de Madame” qui s’étendaient jusqu’au Chabrières. Notre centenaire, Mme Rouaisnel (née en 1876) voisine des Fournier avait bien connu cette famille. Elle m’avait dit que c’était des gens très généreux, qui ouvraient leur porte aux mendiants, et aussi à “Casimir le Grelon” originaire de Blanzat, sans domicile fixe et à “Beau Galant” : il buvait comme un trou et les jeunes le promenaient ivre mort sur une charrette. Mme Fournier avait une “victoria” dont le cocher était Jean Hébrard, le grand père de Mme Libouroux. Mme Fournier avait été la marraine de la cloche de l’église St-Pardoux, lors de son baptême en 1886 (le parrain étant Arsène Voluisant, alors maire). Veuve depuis 1902, elle est décédée à Blanzat le 12 février 1902 à 83 ans. Pierre Barthélémy m’avait appris qu’elle avait fait donation de sa maison, à Melle Jeanne Cohade, religieuse(le père de Jeanne, Géraud Cohade, avait été maire de Blanzat de 1871 à 1876) qui appartenait à la Congrégation des Petites Soeurs de l’Assomption. La maison devint «couvent des petites soeurs de l’Assomption». En 1923, on trouve sur le cadastre, son appartenance à la Société Civile de l’Eclache, 18 rue Breschet à Clermont.

Les religieuses avaient un dispensaire où elles donnaient des soins ainsi qu’au domicile des malades. Les vignes avaient été vendues afin de permettre la construction d’une chapelle en 1924. Celle-ci avait une sortie sur la rue qui permettait aux gens du village d’assister à la messe qui y était célébrée sans avoir à passer par la maison. Après le départ des religieuses, la congrégation cède les bâtiments au diocèse de Clermont, dans les années 60, pour en faire une maison de retraite destinée à recevoir les aides aux prêtres (appelées affectueusement les bonnes du curé) et les dames qui se sont dévouées pour les oeuvres sociales de l’enseignement libre. C’est l’abbé Mathias qui a pris cette responsabilité, aidé d’un certain nombre de laïcs. L’ancien couvent devient «la Maison Sociale Notre Dame». Puis, l’accueil s’est élargi : la maison a été ouverte à tous, à toutes les confessions. Le samedi 25 mars 1986, on fêtait le 25° anniversaire de la fondation de la Maison. Le 15 janvier 2003, la Maison Sociale Notre Dame fermait définitivement ses portes. Mr et Mme Garnier, directeur et sous directrice avaient géré l’établissement jusqu’à sa fermeture pendant une bonne vingtaine d’années.

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2010

LE RENOUVEAU DU RUGBY À BLANZAT

L'équipe de Rugby en 1920

B

lanzat peut s’enorgueillir d’avoir eu une des premières équipes de rugby du Puy de Dôme, en 1920. Nous fêterons cette année son 90ème anniversaire.

A cette époque, les joueurs s’entraînaient et jouaient sur le terrain improprement appelé «du football». Le B.A.C (Blanzat Atlhétic Club) portait les couleurs jaune et noir et son «hymne» reprenait l’air du vitrier ("encore un carreau de cassé !.."). Bien implanté, et après une période de sommeil après guerre, le club a connu ses heures de gloire et côtoyé le haut niveau régional pendant plusieurs saisons. A l’heure actuelle, le Blanzat Atlhétic Club évolue en championnat de deuxième série régionale après avoir connu quelques saisons difficiles. En dépit de nombreux départs, l’effectif senior s’est maintenu aux alentours de 40 licenciés grâce à l’apport de nouveaux joueurs et le retour de quelques anciens. De ce fait, le début de saison n’a pas répondu aux attentes des dirigeants.

Bernard Dumas, dynamique président du club se veut optimiste. Pour lui, l’objectif est de finir dans les premières places afin de participer aux demi- finales du championnat d’Auvergne puis peut-être au championnat de France. Ce challenge est dans le domaine du possible à condition de bien négocier cette deuxième partie du championnat qui semble plus favorable à ses couleurs. Chez les plus jeunes, l’école de rugby est toujours en plein boum et présente un ensemble (avec celle de Châteaugay en entente depuis de nombreuses années) de plus de 120 jeunes dans différentes catégories. Les entraînements ont lieu tous les mercredis à partir de 16h00 au stade municipal de la Croix st Géraud. Une équipe de moins de 17 ans toujours en entente avec Châteaugay est inscrite en championnat régional. L’effectif étant un peu juste, tous les jeunes nés en 1993 et 1994 sont les bienvenus.

L’inversion de plusieurs matchs n’a pas été favorable aux "jaune et noir", puisqu’ils ont dû se déplacer 6 fois sur 9 rencontres durant la phase aller du championnat. Malgré un départ un peu laborieux, avec une défaite à domicile en début de saison, ils ont su s’imposer par deux fois à l’extérieur. Ceci est plutôt encourageant pour la suite du championnat avec une 6° place à mi-saison.

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine 2004

LES CONSEILLERS GÉNÉRAUX

A

Blanzat, nous n'avons pas été concernés par les élections cantonales mais rien ne nous empêche de faire un retour dans passé pour connaître l'origine des Conseils Généraux et les premiers conseillers de notre canton. Leur origine remonte à la constitution de l'an VIII : il est alors établi, dans chaque département, un préfét, un Conseil de Préfecture, composé de 5 membres et le Conseil Général, de 24 membres, qui étaient tous nommés par le Premier Consul. Le Senatus consulte du 16 Thermidor de l'an X fixa leur renouvellement par tiers, tous les 5 ans. Les lois de 1831 et 1833 en modifièrent l'organisation : les membres en place pour 9 ans, renouvelés par tiers tous les 3 ans et indéfiniment rééligibles. Le 3 juillet 1848, un décret prescit vit le renouvellement intégral des conseillers de département. Un décret du 4 janvier 1854 donne la désignation complète du costume que les conseillers généraux ont le droit de porter: "Ce costume est facultatif mais il est à désirer que les membres des conseils généraux en soient revêtus dans les cérémonies publiques..." Blanzat dépendait du canton de Clermont Est. Depuis les lois de décentralisation de 1982, la commune est rattachée au canton de Gerzat. Aujourd'hui, les conseillers généraux sont élus au suffrage universel direct, pour 6 ans, et sont rééligibles. Le conseil général est renouvelabe par moitié tous les 3 ans. Il régle toutes les affaires qui intéressent la vie du département. Ses compétences s'exercent dans les domaines de l'aide sociale et de la santé. Il a la charge des collèges et des transports scolaire. Il exerce également ses compétences dans le domaine de l'urbanisme, de l'aménagement du territoire, de l'environnement et du rayonnement culturel. Il a encore pour mission de veiller à la sécurité des administrés et peut intervenir en matière de développement économique du département. Le conseiller général de notre canton est Bernard Auby, maire de Cébazat. LE DUC DE MORNY - CHARLES AUGUSTE LOUIS JOSEPH

Demi-frère de Napoléon II, il naquit à Paris le 21 octobre 1811. Sous-Lieutenant au 1er régiment de lanciers, officier d'ordonnance du Général Tuzel. Ayant quitté l'armée, il vint en Auvergne, fonda les usines de Bourdon où il fit travailler des betteraves pour en extraire le sucre. Elu député du Puy-de-Dôme de 1852 à 1848, représentant en 1849 et à nouveau député en 1852 et président du Corps législatif (1854). Ambassadeur de France en Russie, le Duc de Morny fut également conseiller général du Puy-de-Dôme de 1852 à 1865 et Président de cette assemblée.

Le procès verbal des opérations électorales de la commune de Blanzat nous apprend que , lors du scrutin du 3 juin 1855, le Duc de Morny avait obtenu la majorité absolue : 342 voix, soit autant de bulletins que d'électeurs inscrits et de votants. Le Duc mouut à Paris le 10 mars 1865. PYRENT DE LA PRADE - BÉNEDICT, EDOUARD, MARIE

Il était propriétaire du Château de la Prade, à Cébazat lorsqu'il fut élu conseiller général du Puy-de-Dôme pour le canton de ClermontEst aux élections du 13 août 1865. Administrateur de la Caisse d'Epargne de Clermont, Monsieur Pyrent de la Prade était chevalier de la Légion d'Honneur, chevalier du Christ du Portugal, du Saint Sépulcre, commandeur de Saint Grégoire des Sociétés de Secours Mutuels et des Caisses d'Epargne et Comte romain. Il a été maire de la commune de Cébazat de 1879 à 1882. Monsieur Pyrent de la Prade, qui vivait retiréà Clermont, y est décédé le 27 juillet 1901. Il avait offert à l'église de Blanzat un tableau représentant l'enfant Jésus dans un grand cadre doré. Une plaque de métal prote une inscription gravée "don de monsieur Pyrent de la Prade - 1876". Ce tableau se trouve actuellement dans la chapelle ouest. POMMEROL FRANÇOIS Né à Vassel (Puy-de-Dôme) le 23 novembre1839, docteur en médecine, fils de Etienne et de Marie Taillandier. Il est maire de la commune de Gerzat depuis 1871 (avec une interuption de 1875 à 1876) lorsqu'il fut élu conseiller général du Puy-de-Dôme pour le canton est de Clermont-Ferrand, aux elections du 4 novembre 1877. Monsieur Pommerol, qui fut réélu aux divers renouvellements successifs, eut à lutter aux élections du 28 juillet 1889 contre le général Boulanger. Il a été remplacé aux élections du 28 juillet 1901 par Monsieur Félix, professeur au lycée, maire d'Aulnat. Monsieur Pommerol est décédé à Gerzat le 26 août 1901. Installé comme médecin en 1869, il avait exercé sa profession jusqu'à sa mort. Monsieur Pommerol eut une influence prépondérante dans son canton, surtout dans la partie rurale. Parmi les voeux émis lors des séances du Conseil Général, on peut relever ceux relatifs au chemin d'intérêt commune n°2, reliant Volvic à Gerzat, entre Blanzat et Sayat, et au classement d'un embranchement du plateau de Celles au bourg de Sayat (1878). Lors de la deuxième session ordinaire de 1900, il demanda un dégrèvement d'impôt pour les vignes phylloxérées. Monsieur Pommerol était membre de nombreuses sociétés savantes. Il portait un très grand intérêt à l'anthropologie et à la préhistoire. Rappelons que c'est lui qui à été à l'origine de la découverte à Blanzat, en 1887, d'un abri magdalénien (âge de la pierre taillée).

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine

LES COMMERÇANTS

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ous les anciens Blanzatois ont sans doute eu un petit pincement au coeur en constatant que l'ancienne Boucherie DIONNET venait d'être rasée ! Tous connaissaient bein la "Mémé LILI" qui les accueillait sur le pas de la porte... Elle vendait une viande excellente ! Elle est restée fidèle au poste jusqu'à 74 ans, après avoir commencé en 1933, au moment de son mariage avec Jean Dionnet. On peut encore la voir devant chez elle, non de là. ! UNE DYNASTIE DE BOUCHER... La boucherie était familiale depuis plusieurs générations: en remontant un peu dans le temps à la recherche des prédécesseurs de "Mémé LILI", on retrouve :

- le 8 janvier 1883 : mariage de Antoine Espirat, 27 ans, et Marie Ballut, 18 ans, née à Blanzat, fille de Guillaume Ballut (né à Blanzat le 23 mars 1834) et de Catherine Robin- bouchers. - Le 18 janvier 1884 : naissance de de leur fille, Catherine - le 2 avril 1907 mariage de Catherine avec Annet Dionnet, 26 ans - boucher Jean Dionnet, leur fils, né le 21 septembre 1908 se marie à Châteaugay, en 1933, avec Marguerite Thévenet, dite Lili. Après le décès de son père, le 2 mars 1934, Jean prend sa suite à la boucherie.

BLANZAT DEPUIS LE DÉBUT DU XXÈME SIÈCLE Au début du siècle, lors du dénombrement de 1901, il y avait encore 3 boucheries au village pour nourrir une population de 1000 habitants environ. On trouvait également pour les commerces de bouche : 5 boulangers, 1 bouilleur de cru, 5 épiciers, 5 débitants, 1 laitière, 1 liquoriste, 1 maraîcher, A l'époque, de nombreux métiers étaient encore largement représentés : 9 tisseurs, 5 repasseuses, 5 couturières, 4 marchands de bois, 4 forgerons,4 meuniers, 3 charrons, 3 lingères, 2 cordonniers, 1 chaudronnier... Après les méfaits du phyloxera et la guerre de 14/18, la désertification des campagnes commençait tout juste et le nombre d'habitants est descendu à 946 en 1936. Dans le même temps, de nombreux commerces et métiers ont disparu... Lorsque LILI a pris sa retraite, la population avait augmenté à nouveau mais le commerce de la boucherie devenait difficile du fait du mode de vie moderne et la tradition s'est arrêtée la, aucun de ses huit enfants n'a repris l'activité. Depuis plusieurs gérants se sont succédés, sans grand succès ! Le bâtiment vient d'être détruit seule, l'arche de la porte d'entrée en pierres de Volvic a été conservée. Elle est datée de 1685 !

LE SABOTIER... Les anciens doivent également se souvenir du sabotier-galocher "chez Cardina", dont la maison était mitoyenne à la boucherie. Jean Sauvat, dit Alphonse, né à Blanzat le 8 juillet 1867 et décédé le 9 mai 1951, y a exercé son métier pendant de longues années... Combien d'enfants ont porté les galoches montantes du père Sauvat !

fabrication de roues en bois 44

le bar de la poste


Ville de Blanzat

rue de la libĂŠration

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Chronique de Marcelle Grangier, Blanzat magazine

LE DENOMBREMENT DU 24 MARS 1901

LE DÉNOMBREMENT DU 24 MARS 1901

L

e dénombrement était l'état récapitulatif sommaire de la population de la commune recensée présente à une date précise. À cette date, on était sous la 3ème République, le Président était Emile Loubet, le Maire de Blanzat, Etienne Desgrange et son Adjoint, Michel Bouchon. La population était de 1044 habitants et la répartition dans les différents quartiers du village était la suivante : Le montel : 179 La halle : 141 Charrèrre basse : 151 La fradière : 132 Saint esprit : 58 Derrière la ville : 61 L'église : 41 La jarzy : 37 Rochefort : 28 Le château : 40 Saint vincent des vergnes : 21 chevelard les sagnes : 8 Ceyre (hameau) : 80 Sauzet (hameau) : 67 LE SAUZET (OU SAULZET) C'est le village des mauvaises, dont le nom a changé à plusieurs reprises. En 1648, Jean Potière est bailli des Seigneuries de Blanzat, Sauzet, Saint-vincent et ceyre. En 1739, sur la carte réalisée par Lécuyer de la Jonchère, on ne trouve plus Sauzet mais la "Mauvada" Ce hameau est situé sur une hauteur escarpée et les chemins qui y mènent sont la plupart du temps impraticables. En 1903, lors de son voyage en Auvergne, Gustave de Fraipont nous livre ces quelques lignes édifiantes : "Une belle route se dirgie vers Cébazat ; nous la délaissons pour nous engager dans des sentes qui nous mènent à un amas de bicoques : l'endroit est dénommé "Les Mauvaises". Est ce à cause des maisons, des bêtes ou des gens qui sont perdus là, à cause de l'état des chemins ou des mauvaises terres ? LE DÉSENCLAVEMENT PROGRESSIF DES MAUVAISES Au conseil municipal du 27 mai 1926, le Maire soumet le projet d'électrification du hameau des Mauvaises et le résultât des démarches auprès de la Comapgnie Hydroélectrique d'Auvergne, qui s'engage à construire la ligne au prix forfaitaire de 12000 F (Blanzat était électrifié depuis 1904.

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Le 7 juin 1928, création de deux chemins dont le prolongement du chemin du Soul, à la Gaîté, qui facilitera tous les propriétaires de cette contrée et donnera, en même temps, une communication plus directe du hameau des Mauvaises avec le chef lieu de la commune. Séance du 6 décembre 1931 : la commune de Blanzat est saisie d'un projet de désenclavement du hameau des Mauvaises : construction d'un premier tronçon du chemin vicinal ordinaire n° 13, de 677,4 mètres de longueur. Le 8 janvier 1933, le conseil considérant que le projet de désenclavement est de première nécessité, il sera procédé aux travaux concernant ce premier tronçon et dans sa séance du 29 octobre 1933, le conseil décide de procéder à un emprunt de 21 561 F. Le 12 mars 1936, sous la présidence du Maire Pierre Boisset, délibération sur le projet de construction du chemin vicinal ordinaire n° 13, partie comprise entre l'extrémité de la partie construite au point 677,4 m et le chemin d'intérêt commun n° 2 à Blanzat. Le 27 septembre 1936, on procède à la nomination d'une délégation à l'adjudication de la route des Mauvaises. Le 10 février 1937, le Maire expose qu'il a traité avec la majorité des propriétaires des terrains à occuper par l'assiette du chemin des Mauvaises, mais que, malgré des pourparlers laborieux, il n'a pas été possible d'arriver à une entente amiable avec les autres propriétaires. Qu'en raison de l'urgence qu'il y a pour la commune à livrer les terrains afin que les travaux soient exécutés, il est nécessaire de recourir à l'expropriation. Le 24 mai 1937, le Président du Tribunal Civil de ClermontFerrand rend une ordonnance d'expropriation des parcelles de terrains restant à acquérir pour la construction du chemin dit "Les Mauvaises". Néanmoins, il subsiste encore des difficultés, les propriétaires n'étant pas d'accord avec les prix consentis, il fallait l'intervention de la Commission arbitrale d'évaluation. Après toutes ces péripéties, les travaux purent enfin commencer, mais ils furent malheureusement interrompus par la guerre de 39/45 et repris ensuite; le hameau des Mauvaises était alors enfin accessible par une voie carrossable ! En 1936, le hameau comptait 39 habitants, des cultivateurs essentiellement.


Ville de Blanzat

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Chronique de Lucette Vézinet, Blanzat magazine 2012

LA FAMILLE DUMAS

S

’il est une famille enracinée dans la terre blanzatoise c’est bien la famille Du- mas. son patronyme serait plutôt d’origine oc- citane ou même latine «Dalmatius », consul romain, ou « mansus », un domaine rural, une exploitation agricole près de la maison. ce nom est assez fréquent dans la loire et dans le velay.

C’est un coutelier de Thiers revenu de la guerre de 1914, antonin Dumas épousant une blanzatoise de souche mademoiselle Jeanne Blanzat, fille d’agriculteur qui planta dans la terre fertile de la vallée du Bédat les racines de la famille. Antonin Dumas eut 2 enfants, andré né en 1929 et Marieclaire en 1931. et andré Dumas s’il nous a quittés en 2001 reste toujours dans les mémoires de nos concitoyens. c’était un personnage, un homme d’honneur, respectable et respecté, imposant par sa stature mais surtout par son implication dans la vie de la cité. Travailleur, André Dumas exerça de nombreuses activités mais fut aussi un bénévole au service des Blanzatois. Tout d’abord après de solides études qui lui ont permis d’acquérir sa sagesse et son ouverture d’esprit, son métier d’agriculteur, de viticulteur, de pomiculteur, exercé avec l’aide, le soutien et le travail de son épouse. imaginez qu’il y a environ 50 ans la cueillette des pommes durait près d’un mois, le triage et le calibrage tout l’hiver et les caisses de 30 kg de pommes canada étaient achetées par des grossistes de la région parisienne ou du Jura. et sans parler de la production viticole qui demandait aussi beaucoup de travail et de main d’œuvre. a la cave située rue de la Guerre - devenue depuis rue de la Gaité, un plus joli nom -, le vin était vendu en tonneau. impliqué dans le syndicalisme agricole, président de la société de chasse, andré Dumas fut aussi un élu municipal durant 2 mandats. un bâtiment de notre cité porte son nom en reconnaissance de toute son action, il s’agit du centre de secours des sapeurs pompiers : caserne andré Dumas.

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En 1955 suite à un incendie dans une de ses granges il s’engagea dans le corps des sapeurs pompiers volontaires de la commune. Des figures locales le suivirent : Jean Legay, Michel Parrey, andré Massacrier, Bernard Kuti et tant d’autres, tous animés par cette volonté de servir tout en conjuguant activité professionnelle, vocation et solidarité. cette vocation de servir, il l’a transmise à ses deux fils Bernard et Pierre, très attachés à leur commune, et impliqués dans la vie associative. Bernard Dumas totalise 34 ans d’engagement auprès du corps des sapeurs pompiers volontaires et de plus assume avec beaucoup de dynamisme la présidence du club de rugby, le Bac, épaulé par une secrétaire compétente et dévouée : son épouse chantal (félicitée et honorée à Paris par la Fédé- ration Française de rugby avec 36 ans au service de ce sport). quand à Pierre il fut avec Paul Berthéol à l’origine du club de basket. Aussi lorsque vous passez rue de l’amicale devant le local des pompiers « caserne andré Dumas » pensez à cet homme qui a su donner l’exemple d’une vie bien remplie, à tous les sapeurs pompiers volontaires pour qui l’évidence s’est imposée de mettre en cohérence envie d’action et aspirations personnelles pour servir avec courage et dévouement , leurs soirées, repas, nuits interrompus pour intervenir et porter secours, aux week-ends de manœuvres ou de formation et aussi aux bénévoles de tous ordres pour qui solidarité et citoyenneté ne sont pas de vains mots


Chronique de Lucette Vézinet, Blanzat magazine 2012

LA FAMILLE BLANC

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a rentrée scolaire à Blanzat, vient d’avoir lieu, chaque enfant a pu intégrer une classe dans une école rénovée prête pour les accueillir. L’école lieu de tous les apprentissages, du savoir, du respect, de la tolérance, en un mot de la citoyenneté. Et pour certains c’est la seconde génération de la famille qui fréquente l’école LOUIS BLANC. Les petits blanzatois n’ont sûrement pas grande idée de cet homme dont leur école porte le nom. Et pourtant Monsieur Louis Blanc mériterait bien plus que ces quelques lignes dans le journal d’information de la commune. Louis Blanc est né le 22 décembre 1897 à Saint-Denis-Combarnazat dans le canton de Randan où ses parents originaires de Blanzat exploitaient une métairie. C’est vers 1900 qu’ils reviennent dans leur commune d’origine et c’est en 1916 que la grande guerre appelle ce tout jeune homme, orphelin de père, à servir sa patrie dans les tranchées où il obtient la Croix de Guerre. En 1922 il épouse une blanzatoise, Marguerite Bourdarot qui lui donnera 3 enfants : Claire, Jean-Baptiste et Elie. De même ses 4 frères ou soeurs fonderont des familles bien connues (Blanc, Papon, Girard…).Quelques années de travail chez Michelin, mais c’est surtout sa commune qu’il va servir, et sa terre d’agriculteur, de vigneron, de pomoculture et de distillateur qui ont été le creuset de sa vie.

Durant la seconde guerre mondiale cet homme épris de liberté et de justice refuse la domination nazie et avec quelques copains organise et met en place des actions de résistance (cache d’armes, transports, explosifs …) ce qui a sans doute provoqué une rafle à Blanzat en juin 44 (3 prisonniers libérés plus tard par les FFI). Aussi tout naturellement le Comité Départemental de Libérationl e désigne pour être le président de la délégation spéciale provisoire en charge d’administrer la commune en 1944, puis maire en 1945. Les élections libres en 1947 (les femmes ayant depuis peu le droit de vote) et les suivantes vont le désigner comme premier magistrat de la cité pendant 25 ans jusqu’en 1971. Il fut secondé durant deux mandats par Maurice Grangier, directeur d’école qui lui succéda de 1971 à 1981. Après la guerre tout était à faire, à imaginer, à prévoir aussi ses différents mandats ont fait de Blanzat une commune périurbaine parfaitement équipée avec les structures nécessaires à la population: réseaux d’assainissement, d’eau, d’électricité et surtout une école pour les enfants, un stade pour les jeunes, un Foyer Rural pour tous.

Inauguration du Foyer Rural 1968 : Mrs Louis BLanc Maire, Diebolt préfet, Simonet adjoint de Montferrand, Boulay député, maire de Romagnat, Grangier, Nury

Madame Blanc devant son alambic

Défilé du Front populaire à Blanzat en 1936 49


Chronique de Lucette Vézinet, Blanzat magazine 2012

LA FAMILLE HÉBRARD

L

ʼAuvergne fut il y a bien longtemps un carrefour de civilisations, entrechoquées de batailles, de mélanges dʼinfluences gauloises, romaines mais aussi de celles des envahisseurs du 6ème siècle qui vont mettre à mal lʼordre établi et précipiter la chute de la civilisation romaine. La famille dont on va cerner un peu la vie et l'évolution jusquʼà nos jours doit faire partie de ce peuple germain qui a quitté les forêts de Bavière pour venir sʼinstaller dans des plaines fertiles. Cette immigration nʼa pas dû se faire aussi pacifiquement que celle du 20ème siècle mais comme toujours chacun a travaillé dur pour trouver sa place. Et elle a laissé un nom qui est aujourdʼhui peu porté dans la commune mais dont nous croisons tous les jours les « fillots » et les « fillotes ».Il sʼagit de la famille Hébrard dont une descendante Madame Libouroux a animé pendant longtemps la vie commerciale de la cité. Hébrard vient de lʼallemand : sanglier, dur et pourtant madame Libouroux a gardé avec ses 87 ans et malgré tous les aléas de la vie, sa foi et espère pour tous un avenir agréable. Charles Hébrard, son père avait 3 enfants : Jean, Paulette et Madeleine et cette famille dʼagriculteurs vivait au début du siècle dernier rue Vigne de Madame et exploitait quelques hectares de polyculture, vignes, pommiers, mais aussi pratiquait lʼélevage des vaches. Mais déjà le commerce avait pris racine car la grand-mère paternelle tenait aussi une épicerie avenue de la République. Et comme alors il nʼy avait pas besoin de chercher bien loin lʼélu de son coeur, cʼest avec un jeune boucher travaillant chez Monsieur Rigaud que Paulette Hébrard se maria en 1944. Et pendant plus de 40 ans le billot du boucher résonnait tous les jours des coups du hachoir et de la perspective pour les clients de savourer, viandes, pâtés et autres saucisses.

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Il faut dire que les circuits de distribution étaient courts : les bêtes achetées directement chez le paysan vers Gelles ou Rochefort- Montagne étaient abattues dans lʼabattoir du 1 rue de Clermont, débitées et proposées à la vente. Jean Hébrard, son frère tout en travaillant aux usines Bergougnan continua avec son épouse à exploiter les terres restantes et devint un ouvrier-paysan maintenant ainsi dans la commune ce savoir faire de vigneron et de pomiculteur. Quand à la soeur jumelle de Paulette Hébrard, Madeleine, elle aussi est devenue une figure incontournable du commerce local en fondant avec Monsieur Monnet une maison reconnue pour y trouver tout le matériel électroménager moderne. Cette société du commerce local de proximité sʼest bien amenuisée avec le temps, elle est devenue une société de services où la communication tient une grande place, ainsi Nicole et Cédric, petits-enfants Hébrard, perpétuent toujours dans leur travail, la tradition dʼêtre attachés à la vie de la cité.


Chronique de Lucette Vézinet, Blanzat magazine 2013

LA FAMILLE VERDIER-BONJEAN

B

lanzat : village vigneron, Notre patrimoine viticole est riche : les coteaux avec leurs ceps alignés, les nombreuses caves creusées dans la pépérite et ces hommes qui taillent, relèvent et ne s'arrêtent jamais au fil des saisons pour leur "vendange". La famille Verdier-Bonjean est de celle-ci, ancrée dans le village depuis des générations elle confectionne, embouteille et commercialise son vin. Mais revisitons un peu d'histoire, la grande, celle des manuels scolaires, mais aussi celle qui fait la vie de nos contrées, de nos villages. L'auvergne fut dès le Moyen-âge une des plus grandes régions viticoles françaises. Est-ce les romains qui ont laissé aux irrecductivbles arvernes, le goût de ce breuvage au point d'oublier cervoises religieuses qui ont permis cette apogée ? Dès le XVIIIème siècle, les sapinières bondées de tonneaux emmenaient à Paris au fil de l'Allier, la Loire, le canal de Briare puis la Seine, la production auvergnate issue de nombreux cépages : auvergnat, frayet, nérou et enfin gamay. Cette période de richesse allait s'éfondrer brutalement avec l'arrivée du phylloxera (1885) puis de la grande guerre de 1914 qui enlever à toutes les campagnes ses forces vives.

Son exploitation de 6 ha sur blanzat, châteaugay et cébazat c'est l'oeuvre d'au moins 7 générations de viticulteurs sur la commune. La généalogie de la famille Verdier voit apparaitre Antoine qui a vécu la révolution française et qui d'après Marcel Bonjean avait quitté sa province du Carladez du nord Aveyron (fief des princes Grimaldi de Monaco); puis François, fermier au chevalard (à cette époque les côtes de Clermont étaient recouvertes de vignes) Gabriel, Joseph (un combattant valeureux de la grande guerre) et enfin François son fils qui porte vaillamment ses 87 ans. En 1986, Marcel Bonjean, son gendre lui succède, descendant lui aussi de vignerons depuis 1844.

Les vendanges 2013

Originaire de la Font de l'arbre sa famille travaillait des vignes Stéphane a l'amour du travail bien fait. De gros investissements dans l'aménagement d'un chai fonctionnel, une très bonne maîtrise des techniques de vinification, c'est le gage d'une dynamique de qualité. C'est aussi un homme de la terre intarissable sur les sols où poussent ses vignes, la composition, les cépages qui conviennent et qui donnent un tel caractère à son vin. La vigne c'est du travail toute l'année, un dur labeur par tous les temps, taille, attachage, ébourgeonnage, relevage, rognage et enfin récolte, vinification et commercialisation. Tout ceci à la merci de la météo qui peut anéantir en une heure le travail d'une année. Dans sa vigne tout est manuel, dans l'esprit d'une agriculture raisonnée avec très peu de traitements (environ 3 alors qu'en Bourgogne et Bordelais il y en a près de 15). Certaines de ses vignes on près de 100 ans et donnent une récolte élevée en fûts de chêne aux arômes de griottes, à boire avec modération avec des plats de saison qui donnent chaud au corps. Rouges, rosés, blancs se côtoient chez stéphane, des vins gouleyants aux arômes de fruits rouges et noirs à la rondeur et la finesse dignes de certains crus réputés et il nous a confié que si 2009 est une grande année 2010 sera un grand cru. La famille Bonjean vous accueille tous les jours à sa cave rue de la Tour avec le sourire, la passion et l'enthousiasme de faire découvrir sa production . Alors stéphane avec ton courage et ta ténacité penses à tous ceux qui se sont battus pour la reconnaissance du travail de la vigne : "Latsin pas" (ne lâche jamais).

1940

Automne 2016

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Chronique de Lucette Vézinet, Blanzat magazine 2010

LA FAMILLE COSTE

L

a section cyclo du Foyer Rural vient de fêter les 80 ans de Guy Coste fondateur du club il y a 35 ans et qui depuis a parcouru bien des kms (plusieurs fois le tour de la terre).

Mais Guy Coste c'est aussi une figure blanzatoise, un des derniers petits commerces, ces commerces de proximité qui sont l'âme de nos villes et de nos villages : LA CRÈMERIE COSTE. En effet voilà près de 80 ans qu'elle fut fondée et notre village paysan est devenu depuis une cité périurbaine. Au siècle dernier entre les deux guerres Blanzat comptait plusieurs commerçants locaux pour satisfaire les besoins journaliers : épiceries, boulangeries, marchands de vins, cafés.... Où l'on pouvait même acheter à crédit ( à la croche). Les blanzatoises allaient aussi vendre leur production horticole une fois par semaine aux marchés de Montferrand et de Clermont. Plusieurs entreprises à caractère industriel fonctionnent dans la vallée ou à Clermont tout proche et de nombreux habitants deviennent alors des "ouvrierspaysans". C'est le cas d' Alice et Adrien Coste nés au début du 20 ème siècle installés au "Maupas", qui travaillent chez Michelin et allaient vendre leur lait rue de Blanzat à Clermont. Avaient-ils pressenti le developpement de leur commune, car en 1935 ils descendirent habiter Blanzat et s'installèrent rue Charreyre Basse où ils devinrent exploitants et commerçants : en effet ils vendaient le lait produit par une dizaine de vaches et en achetaient aussi à quelques paysans. Cela nécessita l'ouverture d'une petite laiterie pour la vente et la transformation : crème, beurre, fromage blanc en faisselle. En 1939 au début de la 2 ème guerre Adrien fut mobilisé aux Gravanches et Alice continua le commerce avec l'aide de deux employés pour pouvoir vendre leurs produits laitiers en faisant du porte à porte aux cités Michelin et à Chanteranne. C'est en 1953 qu'ils achetèrent une maison rue de la Libération et donnèrent le magasin "Crémerie fromagerie" que nous connaissons aujourd'hui. En 1960 Guy leur fils devient négociant en lait, collecte auprès des agriculteurs et approvisionne les commerçants et les laiteries. Ce n'est qu'en 1970 qu'Alice prend une retraite bien méritée et transmet le commerce à Irène et Guy tandis que Chantal leur fille prendra leur suite en 1991. Cette saga familiale nous permet de découvrir l'évolution de notre société devenue essentiellement urbaine et la transformation du paysage rural autour de notre commune. Il reste une seul éleveur qui produit un excellent fromage de chèvre et on peine à imaginer les vaches sur les côteaux de la Bade ou du Chevalard.

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La pression foncière et l'évolution de l'agriculture ont fait le reste... A l'heure de la mondialisation du commerce, des normes européennes strictes concernant les fromages, il existe à Blanzat une boutique où avec le sourire vous pouvez humer, déguster, comparer les goûts de nombreux fromages auvergnats dont Chantal a le secret. Fabriqués et affinés dans notre région, ces produits ont un impact carbone minime et la petite épicerie de proximité dépanne et convient aussi à notre population qui vieillit.

Alice, Chantal et Guy Coste


Chronique de Lucette Vézinet, Blanzat magazine 2013

LA FAMILLE ARCHIMBAUD

C

’est une famille attachante, bien ancrée dans ses racines blanzatoises, dont les membres Etienne, Joseph, et Marie-Gabrielle restent des figures bien connues de notre commune. Leur ancêtre Gilbert Archimbaud fut même le second maire de la commune de 1794 à 1800, époque trouble du Directoire où tout était à organiser tout en gardant le cap des acquis de la Révolution avec la France qui attendait Bonaparte. Cette veine républicaine a perduré et en 1941 l’officier républicain espagnol Joseph Port-Guinar originaire de Gérone a été accueilli dans la famille pendant quelques années.... Famille nombreuse de six enfants, nos concitoyens, orphelins de père jeunes, ont vécu à Blanzat une vie simple et laborieuse de paysans ouvriers entre l’usine, vignes et vergers ou commerces de proximité qui animaient alors le bourg. En effet, à l’époque où les grandes chaines de distribution n’avaient pas encore envahi l’hexagone, Sermo habillait avec goût et qualité de nombreux blanzatois, et la boulangère Madame Alric a élevé 4 enfants tout en vendant pendant 35 ans avec le sourire du bon pain pétri et cuit artisanalement. ...Le Circuit des Communes de la vallée du Bédat et dont le premier vainqueur fut Richard Virenque.... Mais ce qui rend la famille très attachante c’est son amour du vélo, au service de la fédération cycliste : la petite reine, les courses amateurs populaires qui amènent parfois ces sportifs vers la gloire d’une carrière professionnelle. D’abord ce fut pour ces jeunes gens de l’époque un moyen de se déplacer, puis vint le goût de la compétition et en 1947 le jeune Joseph a gagné avec le Cycle Olympique Chamalièrois la Coupe Dunlop (course nationale aujourd’hui disparue qui fut en son temps le championnat

de France par équipes régionales des jeunes) ainsi que de nombreuses épreuves avec la victoire ou un classement en bonne position bien mérité. En 1978, un voisin sayatois Patrick Bulidon lui aussi un fou de vélo et un organisateur hors pair reprend les rênes de l’Union Cycliste de Sayat (créée en 1925) et embauche Etienne comme son homme de confiance au service du club. C’est ainsi que Philippe Archimbaud pour rouler dans la lignée de son oncle et de son père sera le premier coureur licencié de ce club en renouveau. Pendant 20 ans Etienne a assuré tous les mardis soirs jusqu'à des heures tardives les engagements des coureurs et le mercredi debout à 3 heures du matin pour aller au travail. Le club avait alors dans ses effectifs « un jeune qui roulait bien », avec un bon palmarès : Alain Gauthé notre jardinier communal. En 1980 le circuit de la vallée du Bédat, course par étapes, fut organisée par ces pionniers et en 1990 le Tour de la vallée du Bédat verra la victoire de Richard Virenque. Ce n’est que depuis 2000 que le Circuit des Communes de la Vallée du Bédat est mis en place par les clubs de l’agglomération clermontoise. La Fédération Française de Cyclisme a exprimé toute sa reconnaissance à Etienne Archimbaud en lui décernant les 3 médailles de son sport dont la plus haute distinction la médaille de Vermeil en 2001-2002, et la médaille de Bronze de la Jeunesse et des Sports. Alors, chapeau ! Monsieur Archimbaud ainsi que votre famille, gardez toujours votre discrétion et l’oeil aussi vif pour ce sport si populaire, exigeant, mais qui fait le bonheur des spectateurs de nos villes ou de nos villages.

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LES MAIRES DE BLANZAT DE LA RÉVOLUTION À AUJOURD'HUI n1792/1794 : ÉTIENNE BLANZAT n1794 (12 NIVOSE AN 3) 1800 : GILBERT ARCHIMBAUD n1800 (9 VENDÉMIAIRE AN 9) 1804 : BLAISE PASQUIER n1804 (14 MESSIDOR AN 12) 1808 : PIERRE LEGAY n1808/1812 : ANNET BARTHOMIVAT-DESPALEINES n1812/1817: PIERRE SABLON DU CORAIL n1817/1831 : PIERRE DE VISSAC n1831/1835 : PIERRE VERNIETTE n1835/1843 : JACQUES DEGRANGE n1843/1848 : ANTOINE PÉLISSIÈRE n1848/1859 : ETIENNE CELEYRON n1859/1865 : PHILIPPE, JULES DE VISSAC n1865/1868 : THÉODORE JARRY n1868/1870 : GÉRAUD COHADE n1870/1871 : ARSÈNE VOLUISANT n1871/1876 : GÉRAUD COHADE n1876/1889 : ARSÈNE VOLUISANT n1889/1910 : ETIENNE DESGRANGES n1910/1919 : PIERRE MOSNIER-COUTURIER n1919/1929 : JACQUES LACOT n1929/1935 : GABRIEL MORNAC n1935/1942 : PIERRE BOISSET n1942/1944 : EUGÈNE LAURENT n1944/1971 : LOUIS BLANC n1971/1981 : MAURICE GRANGIER n1981/2001 : LOUIS DEGEMARD n2001/2014 : JACQUES PRIVAL n2014/2019 : MICHEL BEYSSI n2019/2020 : CHRISTINE PEROL-BEYSSI

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