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Theo Eifrig, RĂŠsidence au Pavillon du Dr Pierre, Nanterre.

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O T I D É 5 ans qu’on joue sur Internet. (www.trendhustler.com) Pour cet anniversaire on voulait mieux qu’une fête. Un soir d’apéro ce fut l’épiphanie comme pour la galette. Sortir quelques pages bien mitonnées façon blanquette. Avec un beau graphisme à commencer par la jaquette. 1ère étape, réunir des fortes têtes. Trouver tous ces talents fut une sacrée quête. Après quelques réunions pour tailler la bavette. Nous avions l’envie et une idée en tête. Trouver un thème qui pète. Il s’imposa après trois demis et deux anisettes. On parlera de ce boîtier plastique avec ses deux languettes. De cette bande magnétique montée sur deux roulettes. Cet objet culte de notre jeunesse :

L a C a s s e tt e 3


Édito • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • p3 Sommaire & Ours

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One Day, One Pic • • • • • • • • • • • • • • • • • p5 Présentation de l’équipe Le Roman photo

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La K7 bande toujours!

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Les Annales chics de la K7 ShunGu

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Ma bite • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • p12 Mon couteau •

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Poster Boris l’Os

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Poster Antoine Paris In Memoriam

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Ils ont dessiné ce fanzine Fanzine Trendhustler. Projet réalisé dans le cadre d’une résidence au Pavillon du Dr Pierre à Nanterre.

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K7pacoje

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ITW croisée : Accès Digital ITW croisée : So Watt

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Secrétaires de rédaction Isidore, Marie Le Roy Maquette Chromakey Rédacteurs Laurent Aspesberro, Camille Casays, Esther Cohen, G.VAN.S, Isidore, Lucile Genest, Marie Le Roy ARTWORKS Cyrille Buffet, Boris L’OS, Antoine Paris, Marie Le Roy COUVERTURE Antoine Paris, Laurent Aspesberro Ont participé Theo Eifrig, Chew82, Giaco

p18 & 19

Éditeur TrendHustler.

p20 & 21

Imprimé en août 2015 à 150 exemplaires

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Les sorties K7

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Custom ta K7

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Remerciements

Rédactrice en chef Chromakey

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#1 - Le Pavillon du Dr Pierre à Nanterre, notre lieu de résidence pendant 3 mois. #2 - Les coulisses des Bouffes Mondaines, Pavillon du Dr Pierre.

#3 - SOUK VOODOO #3, Pavillon du Dr Pierre. #4 - Theo Eifrig en action dans notre atelier du Pavillon.

One Day, One Pic.

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#5 - Portes ouvertes de l’atelier. #6 - Portes ouvertes de l’atelier.

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Isidore/Aurélien, Aurélien/Isidore, un 2-en-1 qu’on adore. C’est un peu notre Starsky et notre Hutch, notre Simon et notre Garfunkel, notre Dupond et Dupont, bref t’as compris le truc, le yin et le yang de TrendHustler. Ce citadin barbu du 18e arrondissement, jamais avare de bons mots, de boutades et autres calembours dont lui seul a la maîtrise. Un mot sur les Lego et/ou la bonne bouffe et il sera totalement acquis à votre cause aussi politiquement incorrecte soit-elle.

et parfois même, dérangeants. Si vous croisez un lézard géant à grosse queue, un présentateur TV schizophrène en combi jaune ou un war boy décadent à dreads enflammées, c’est que, probablement, Laurent n’est pas loin! Entre deux tournages et trois concerts, plutôt que d’aller se reposer, il a préféré venir humer la bonne vibe TH pour notre plaisir à tous.

iSi LaU Do Rent Re LU Ca Ci mi Le LLe ChRo eSt ma heR KeY G. ma Van.S Rie Camille c’est un peu notre enfant : c’est la plus jeune de l’équipe et l’une des dernières à avoir rejoint nos rangs. Mais c’est surtout une enfant précoce et hyperactive qui prête sa plume pour divers médias comme Radio Campus ou GONZAÏ MAGAZINE. Alors comme des parents protecteurs, on la couve car on y tient! Donc si tu veux t’acoquiner avec elle, il va falloir montrer patte blanche et autant te dire que ça va te coûter bonbon! 1m60 de concentré de brunette au taquet. Partante pour tout et n’importe quoi, surtout s’il y a du hiphop. Son hashtag? #chuicho. Un matin on la retrouvera les pieds en éventail sur une plage improvisée en bord de Seine, mangeant de la glace au kebab. Simplement parce qu’elle aura répondu #chuicho à un texto. Gilles est sans doute l’un des mecs les plus cools de l’univers. La preuve, il fait partie du Kool Kids Klub, il habite à Bruxelles et en connaît tous les recoins les plus cools, et il nous régale tous les mois d’une playlist vraiment trop cool, aussi pointue qu’efficace pour rythmer tes matinées, tes après-midi et tes soirées. Photographe, réal, VJ et j’en passe, les modes d’expression de Laurent sont comme lui : multiformes, surprenants

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Plume “aiguisée comme une lame, pointue comme un couteau”, Lucile, notre pilier HIP HOP et RNB, partage son temps entre TrendHustler, le cinéma, l’écoute intensive de toutes les nouveautés musicales et l’association “L’île aux langues”. Lucile c’est avant tout une grosse dose d’énergie discrète mais on sent tout de suite qu’elle a de la bouteille en matière de concerts et qu’elle connaît toutes les salles obscures de Paris qui passent “du son qui met la pression, garçon”. La naissance de TH, c’est elle. La survie de TH, c’est elle. La tastemaker la plus authentique des alentours, c’est elle. Sans cesse au four et au moulin, la capitaine du navire possède une force et une détermination sans failles (certains se demandent si elle dort encore, parfois). Amoureuse de la vie et de son chat, son équipage lui voue une adoration et un respect sans limites. Une meuf énorme qui tient dans un format de poche, ça tient du miracle! Marie, c’est un peu notre seconde maman. Gérant d’une main de maître toute l’administration de la team, ses résumés de réunion ne cesseront jamais de nous impressionner. Et avec une bande de sales gosses comme nous, il en faut de la patience! Marie c’est une vraie boule d’énergie positive, qui sait user de douceur quand les esprits s’échauffent, et de fermeté quand il faut recadrer les rangs. Un membre essentiel à toute équipe qui se respecte!


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le Roman Photo. Pics by Chew82

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la K7 bande toujours

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Les annales chics de la K7 Be kind! Rewind. Michel gondry, 2008. ou l’histoire de jerry (aka jack black) complètement magnétisé après avoir tenté de saboter une centrale électrique, efface le contenu de toutes les K7 du vidéo-club tenu par son ami Mike (aka Mos def). et pour sauver le vidéo-club, nos deux amis décident alors de réaliser les remakes des films effacés par leurs propres moyens. Croyez-le ou non mais ce film et surtout son histoire m’ont autant émus que la mort de Mufasa dans le roi Lion - et on sait tous ô combien ce sujet est et restera éternellement sensible. Car il était temps que l’on redonne ses lettres de noblesse à cet objet trop longtemps laissé de côté et sacrifié sur l’autel de la technologie par le vinyle, le Cd et autre dVd et blu-ray. et je ne parle même pas du digital. Mais une autre anecdote me revient. La fois où nas, interviewé par TdK (la compagnie japonaise pionnière en matière de fabrication de matériel électronique) pour une web-série « Chronicles », déclarait à propos des cassettes (audios cette fois) : « Making a tape is a process. you can smell the tape, that’s the difference with the digital world. you stare and the sound is on that, smell it on your hands! There’s a hole lifestyle who’s now gone »1. il faut dire qu’il marque plusieurs points le nas. Car la cassette a une histoire qu’il ne faut pas oublier. inventée par philips en 1963, elle fut la fidèle compagne de nombreuses révolutions musicales, du punk au rock en passant par le hip-hop. ah le hip-hop! reparlons-en du hip-hop tiens! des premiers boombox du bronx dans les 80’s aux mixtapes échangées sous le manteau, la cassette a totalement accompagné le mouvement. pas étonnant alors qu’en 2015, stretch and bobbito – les deux com10

pères à l’origine d’une des émissions radio hip-hop les plus mythiques des années 90 – ont décidé de ressortir les moments les plus marquants de leur émission (et notamment ses nombreux freestyles anthologiques) sur cassettes uniquement via le réseau fatbeats. La cassette a toujours su garder son authenticité, son côté « do-ityourself » et ce parfum de nostalgie qu’aucun spotify, TidaL et autre apple Music ne pourront remplacer. oublier l’histoire de la cassette, c’est oublier toute une partie de l’histoire de la musique. alors vous aussi comme jerry et Mike, soyez sympas, rembobinez de temps en temps, démêlez les bandes avec votre trombone, recréez les mixtapes toutes foireuses de vos débuts et prolongez cette belle histoire, walkman à la main. esTHer coHen

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« Il y a un tout un process autour de la cassette. Tu peux sentir la cassette, c’est ça la grande différence avec le digital. Tu peux la fixer et voir le son qui est dessus, le sentir entre tes mains ! Il y a tout un mode de vie autour qui a aujourd’hui disparu »


ShunGu

shungu est un beatmaker bruxellois de 23 ans en pleine ascension. Ces derniers mois, il a multiplié les projets personnels (une succession de beat-tapes remarquées) et les collaborations avec un paquet d’artistes comme Chester Watson, ScienZe, BMB SpaceKid, J’Von, Fresh Daily, le frenchie SNKA, Ivan Ave,... Son univers, il le construit à coups de loops et de samples hip-hop jazzy. Sa productivité impressionne, la fraîcheur de sa musique rassemble de plus en plus de fidèles à travers le monde.

deuX de ses projeTs onT déjÀ faiT L’objeT de sorTies en K7 :

«an astrological series», tape rassemblant 30 tracks, sortie en février dernier sur HOT RECORD SOCIETE (Los Angeles)

Facebook / Twitter / Soundcloud / Instagram : shungu

«all i do», EP 12 titres sorti en 2014 sur le label néo-zélandais COSMIC COMPOSITIONS

Vous pourrez le découvrir lors de son set à l’apéro Trendhustler le 26 août au batofar, entouré de deux autres représentants de la nouvelle vague bruxelloise que sont Le Motel et samuelspaniel. ShunGu reviendra à Paris le 26 septembre pour le Macki Music Festival. http://shungujazz.bandcamp.com/ G.VAn.s

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MA BI TE

Moi je voulais être architecte. Puis instit. Trop d’études pour l’un. Trop d’enfants pour l’autre. Ado j’avais quand même envie, ou de construire de belles choses, ou de forger de beaux esprits. Aujourd’hui je suis plutôt monteur. Ou vidéaste. Rien à voir, ni avec une utilisation particulière du béton, ni avec l’IUFM. Alors pourquoi ? Ado, j’avais aussi d’autres envies. Le cul, était mon moteur. Ma bite mon cerveau. J’ai pas tellement changé. Ado je suis devenu, expert. Expert en cul ? NAAAAAAN. En bite ? Non plus. Si pour toi PAL, SECAM, NICAM, SVHS, LP/SP, BASF 240, 4 ou 6 têtes, ça n’a aucun sens, pour moi ces termes n’avaient aucun secret. Oui. J’étais expert en… Magnétoscope. Aujourd’hui, rien que le mot parait tellement oldschool que si t’es né après 94 t’as l’impression qu’on t’insulte. Mon père avait craqué pour un JVC SVHS modèle HS 9400 MS. Un vrai truc de monteur avec la molette et tout. Un truc que son magazine « Home Vidéo » classait 5 étoiles. Papa voulait le meilleur matos du monde pour monter et copier les vidéos familiales de son camescope (le meilleur du monde) Hi8. La Ferrari de la Vidéo Home System trônait donc dans le salon. Une fois la prise en main faite en copiant les vidéos de l’anniversaire de mamie, de la compétition de judo de mon frère, ma bite de cerveau a vite compris l’intérêt d’avoir une telle machine. Les 6000 francs les mieux investis de cette fin de siècle. Pas besoin de me taper les 250 pages de notice. La télécommande à guide rétro-éclairée a vite livré ses secrets. Une soudaine passion pour “Jour de Foot” venait de naître. Programme résumant l’actualité du ballon rond qui ne présentait qu’un seul intérêt pour ma bite et moi. Sa diffusion le samedi soir sur Canal+, coincé entre une émission à forte audience et scandaleuse d’Hollywood” (“Who Killed un documentaire. Et une fois par mois Holly Hollywood ?” pour les fans) remle documentaire c’était le SAINT GRAAL plaçaient désormais la fin du spectacle de tout boutonneux des années 90. LE de CM2 de mon petit frère? ou la dispaBOULARD DE CANAL. Les tests ont été rition de ce formidable “Des trains pas rapides. La variable la moins facile à cacomme les autres” (oui tu t’en souviens) ler, les parents. Leur heure de coucher, au Pérou ? Le doute n’était plus de mise. apéro avec des copains, à la maison, pas L’ado de la maison avait la braguette à la maison. Il ne fallait que le déclenqui le démangeait et il avait trouvé bien chement du magnétoscope soit visible mieux que voler des Entrevue à la Maiet paraisse douteux. Au pire un passage son de la Presse. Peu importe. Grâce par le salon, sur le chemin des toilettes à aux connaissances acquises en vidéo à 23h45 pour appuyer sur le bouton rouge. cette époque, j’ai pu me lancer dans des Et surtout penser à se lever tôt pour réétudes en audiovisuel. Si aujourd’hui j’ai cupérer la K7 et la mettre à l’abri. Bon il un bon boulot et que je gagne honnêy a eu quelques ratés. Comment explitement ma vie, c’est un peu grâce à ma quer que les râles de plaisir de “Holly, la bite. isidore

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MON Comme ma bite ne va jamais sans mon couteau il fallait bien que je vous trouve un petit quelque chose à grignoter en lisant toutes ces merveilleuses pages. Et quoi de mieux qu’utiliser un ingrédient en forme de bite pour ce premier couteau ? Rien. De toute façon tu réponds pas, c’est pas un dialogue. Donc pour briller en société cet été en buvant un rosé bien frais, je vais te donner le secret le mieux garder de France. Ma recette de roulés à la saucisse. Saucisse/bite tu vois le truc ? On tient le bon bout! Et pas des trucs au Knacki de merde. De la bonne saucisse au cochon ou de la merguez à l’agneau qui pique bien sa mère. Rien de compliqué. Tu suis ce que le monsieur te dit et tout va bien se passer.

Ensuite tu découpes la pâte en deux. Tu râpes un peu de parmesan par dessus le tout. Puis tu roules tout ça. Si tout se passe bien, tu as deux beaux rouleaux de saucisses. Tu bats ensuite un peu tes jaunes d’oeuf pour en badigeonner le dessus de tes rouleaux. Si tu as un pinceau c’est cool, sinon tu te laves les mains et tu fais avec tes doigts. Ça va aider à rendre tes roulés bien dorés et surtout à faire coller tes graines de pavot. Donc, tu l’as compris une fois que tes rouleaux sont bien gluants, tu saupoudres tes graines de pavot dessus. Là c’est pareil, t’en mets comme tu veux. Ensuite, comme t’es pas trop stupide, tu as tout fait sur le papier sulfurisé fourni avec ta pâte, donc tu vas l’utiliser pour mettre tout ça au four. Tu sors ta grille chaude, sans te brûler (t’as pas de gant ou de torchon, tu galères hein ?) et tu déposes tes rouleaux dessus. C’est parti pour 15 à 20 minutes. Tu surveilles ta cuisson. Quand c’est joliment coloré normalement c’est bon. Tu découperas tout en petits roulés une fois tout ça cuit. Attends que ça refroidisse avant de tout manger comme un gros porc.

COU TEAU Les courses :

4 belles chipos, 1 pâte feuilletée de qualité, 50 g de parmesan à râper, de la moutarde, du paprika fumé, 2 jaunes d’oeuf et des graines de pavot.

Tu commences par faire péter le four en préchauffage à 180°C (Thermostat 6… 6 x 30 = 180 t’as compris le truc ?). Tu laisses la grille que tu utiliseras, dans le four. Ensuite on met les mains dans le cambouis. Tu étales ta pâte. Tu poses les saucisses au milieu pour faire deux bandes. Si ça dépasse un peu tu retires les saucisses et tu étales ta pâte un poil et ça ira. Si c’est la pâte qui est trop grande tu mets un coup de couteau pour la raccourcir (si tu veux te la péter tu diras “parer”) De toute façon faudra quand même retirer les saucisses pour tartiner la pâte de moutarde avec le dos d’une cuillère à soupe.Tu en mets comme tu veux. Ça dépend si tu aimes quand ça pique.

Et voilà avec ça, tu seras le héros des pique-niques (HAAAN j’ai dit nique) au Canal ou aux Buttes. Si c’est pas le cas, change d’amis, c’est vraiment des gros cons.

isidore

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IN TER VI EW

François CASAYS, Accès Digital Peux-tu nous présenter Accès Digital et ses activités ? Après avoir travaillé à Radio France en tant qu’ingénieur du son, j’ai créé le studio d’enregistrement musical Accès Digital en 1987. On y enregistre des disques et y cumule les activités d’éditeur phonographique, de sous-traitance de fabrication de CD, et à l’époque de la duplication de K7.

Comment définirais tu la K7 ? Quel est ton rapport à cet objet ? Techniquement, c’est une bande magnétique insérée dans un boitier. La grande révolution a été de pouvoir s’enregistrer soi-même, sans emmener un magnétophone, très gros à l’époque. L’autre avantage, après l’invention du Walkman, a été de pouvoir écouter SA musique sur un casque. On pouvait copier des vinyles ou d’autres K7, un peu comme on télécharge des fichiers maintenant. Sauf qu’avant pour copier 1h de musique, il fallait 1h (rires). Perso, j’ai surtout utilisé la K7 en voiture, car chez moi j’avais plutôt un magnéto à bandes et une platine vinyle. Peux-tu nous expliquer la spécificité du support K7 dans ton activité ? Technique d’enregistrement, mixage… Une fois qu’on avait mixé sur un magnéto à bande, on copiait le master sur K7, les musiciens pouvaient alors l’écouter chez eux. L’énorme inconvénient, c’est qu’il y avait une dégradation du son, surtout dans les aigus. Vers 1990 les enregistreurs DAT (1ers enregistreurs à bandes numériques) sont apparus, on pouvait alors faire des copies sans pertes de qualité du master. Puis, en 1996-97, sont apparus les premiers graveurs informatiques, et on copiait le master directement sur CD. Aujourd’hui on observe un retour à l’analogique et aux supports qui vont avec : vinyle mais aussi la K7 dont le marché est en augmentation. 16

Comment expliques-tu ce retour ? Le vinyle, c’est un bel objet. Au niveau du son, il est plus moelleux, ça vient surtout du mastering qui était beaucoup moins écrasé que celui du CD aujourd’hui. À la limite, je comprends qu’on puisse avoir un certain attrait pour les magnétos à bandes, mais je ne vois pas l’avantage de la K7, d’un point de vue du son comme du packaging. Et n’oublions pas qu’outre le son, les K7 s’entortillaient voir cassaient souvent dans le lecteur K7! Peut-on vraiment parler de «revival » ? Penses-tu que le format K7 est et restera un marché de niche ou est-ce un format qui a de l’avenir ? C’est un format qui n’a aucun avenir pour moi, à part le côté hype et vintage. Dans un monde où l’internet domine, crois-tu que la K7 participe à une certaine pérennisation du format physique ? L’idée d’un objet qu’on puisse ranger dans son étagère… Pas du tout! Car il ne faut pas oublier qu’une K7 se démagnétise, comme toutes les bandes. Au bout de 2030 ans, on a plus de souffle que de musique. L’avantage du numérique est justement de pouvoir recopier à l’identique le fichier original. Pour le vinyle, s’il est bien stocké, il ne se dégrade pas, sauf à chaque écoute, où il perd un peu de sa qualité. D’où l’apparition de clics et de craquements, ce qui donne un certain charme. En fait, le vinyle est au CD ce que le cinéma noir et blanc est au DVD (rires). Mais la K7… Propos recueillis par CAMILLE CASAYS


cR ois ée

Sébastien Charpiot, SoWatt Peux-tu nous présenter SoWatt et ses activités ? SoWatt est une entreprise indé spécialisée dans le pressage de vinyle, et dans les supports audios de qualité. Nous faisons du conseil, de l’objet sur mesure, gérons toutes les étapes de fabrication, et contrôlons tous les éléments (master, artwork, mise au format, test pressings). Au sein de Sowatt, je suis expert en vinyle. Nous faisons aussi de la distribution dans le réseau indé et de la distrib digitale. Sur certains projets, nous faisons aussi de la promo ou trouvons des partenaires pour le bon développement du projet.

Comment tu définirais la K7 ? Quel est ton rapport avec cet objet ? La K7 est un support analogique à bandes qui revient au goût du jour. J’en ai beaucoup écouté étant plus jeune, j’ai eu plusieurs Walkman. J’en écoute encore parfois, mais cela reste rare. J’en refabrique pour certains artistes et labels, donc j’écoute avec attention chaque K7 pour être sûr que tout est ok, comme je peux le faire avec le vinyle ou le CD.

Peux-tu nous expliquer la spécificité du support K7 dans ton activité ? Tech. de fabrication, duplication… La K7 est le seul support où 4 canaux (pistes) sont écrits en parallèle sur la bande. 2 sont enregistrés lorsque la bande se trouve sur un côté dans l’enregistreur et 2 autres lorsqu’elle est retournée. Pour un vinyle, il faut forcément retourner le disque. Alors que pour la K7, certains lecteurs peuvent lire successivement les 2 côtés sans nécessiter que l’utilisateur retourne la K7 manuellement. Cela est possible grâce à une tête de lecture double et par l’inversion du sens de défilement de la bande, on les appelle auto-reverse, mais certains lecteurs retournent réellement la cassette. C’est assez unique comme procédé.

Aujourd’hui on observe un retour à l’analogique et aux supports qui vont avec : vinyle mais aussi la K7 dont le marché est en augmentation. Comment expliques-tu ce retour ? Les gens affectionnent l’objet rare. S’ils aiment un artiste, ils seront ravis d’acheter un bel objet, plus qu’un CD. Comme les pressages de vinyles ou de K7 sont souvent TRÈS limités, cela leur plait d’avoir un objet rare en petites quantités. Cela va sûrement continuer dans les prochaines années, car cet affectif reste et est très solide. Peut-on vraiment parler de «revival » ? Penses-tu que le format K7 est et restera un marché de niche ou est-ce un format qui a de l’avenir ? Le format K7 ne disparaitra pas, mais restera un marché de niche, tout comme l’est le vinyle en rapport avec le digital ou le CD. On fabrique plus, mais les ventes ne représentent (en vinyle) pas plus de 5% de la production française. Pour la K7 les quantités sont encore plus petites. Cela restera en très petite série. Avec les téléphones portables et le streaming, cela m’étonnerait que les Walkmans reviennent à la mode. Dans un monde où l’internet domine, crois-tu que la K7 participe à une certaine pérennisation du format physique ? L’idée d’un objet qu’on puisse ranger dans son étagère… Exactement ! C’est un objet de collection, vintage, que l’on expose. Je ne suis pas sûr que le public qui achète de la K7 l’écoute toujours. Les K7 du label Mentalow Music (label de Pumpkin & Vin’s da Cuero) sont un bel exemple de K7 actuelles (avec une download card). et celles de MF Doom aussi sont de beaux objets ! Propos recueillis par CAMILLE CASAYS 17


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In memoriam 20

Ahhh la cassette ! Cette bonne vieille cassette sur la chaîne hi-fi du salon, dans la bibliothèque, sur le bureau ou sur la table de chevet dans la chambre. Celle qui te faisait te lever pour changer de face (avant la grande invention de l’auto-reverse) ou pour presser REC dès que tu entendais une petite bombe à la radio. La cassette a fait les beaux jours de tes week-ends et les belles soirées de ta semaine. Tu la baladais, tu la prêtais, tu l’échangeais, tu la donnais comme preuve de ton amour ou de ton amitié. Elle était ton premier réseau social. Tu y mettais ta vie, ton âme, ton cœur. Elle n’était jamais loin de tes meilleures soirées, de tes plus belles histoires. La cassette n’est plus, ou presque, et l’on songe, nostalgique à tous ces moments où elle a rythmé ta vie. Quand on pense à elle, on pense à la musique, au bruit sourd, éraillé parfois, au clic, aux enchaînements douteux, violents même, au silence avant la tempête... Mais la cassette audio n’est pas la seule à avoir ce pouvoir, cette nostalgie, ce goût pour le « c’était mieux avant » qui est devenu la phrase la plus tendance de ces dernières années. Il en est une autre, plus discrète, plus mal aimée, plus oubliée : la cassette vidéo. Oui, la VHS a aussi rythmé ta vie. Elle t’a fait voyager au-delà de tes espérances quand tu as compris que grâce à elle tu pourrais voir, revoir, copier, regarder image par image et à l’infini (environ 100 lectures mais c’est déjà l’infini quand tu es ado) tous tes films préférés, tes émissions de télévision fétiches, les concerts et les clips de tes groupes préférés, des documentaires méconnus et tout le porno de l’univers. Bref, tout ce que tu n’as jamais osé imaginer même dans tes rêves les plus fous. Elle n’était pourtant pas très glamour avec son plastique noir terne et ses jaquettes en cartons horribles ou en plastique parfumé au pétrole. Elle n’était pas non plus discrète avec son format


tome de l’encyclopédie Universalis de chez Readers Digest ou France Loisirs qui t’empêchait de fourrer dans ton sac à dos ton livre d’histoire ou de science nat’; t’obligeant déjà là à faire un choix. Elle ne permettait pas non plus de laisser le choix à tes potes de ce qu’ils allaient regarder. Deux films maximum, c’est tout ce qu’elle te laissait y mettre, un seul si tu allais chercher ton précieux au vidéo club pour y dénicher la dernière sortie ou le classique de Chabrol, Blier, John Ford ou Orson Welles. Elle t’a appris à choisir la qualité plutôt que la quantité, le thème de ta soirée, la pertinence et non l’abondance. La cassette vidéo t’a également appris la solennité d’une séance de visionage. Ce moment où tu la glisses dans la fente du magnétoscope avant de te précipiter sur un fauteuil, un lit, un tapis, pour enfin découvrir ce moment de magie cinématographique ou télévisuelle que tu as cherché, que tu as attendu pendant des mois. Elle t’a également appris le recyclage. Ou comment réutiliser des cadeaux pourris (les tiens comme ceux de tes parents) à bon escient. A l’époque, pas de Bon Coin pour y revendre tes « in-voulus ». Un simple morceau de scotch au bon endroit et le tour était joué. L’intégrale des Rois Maudits pouvait se transformer en intégrale du Prince De Bel Air, de l’Oeil Du Cyclone ou du Journal du Hard. Et tout ça ni vu, ni connu et bien rangé dans la

vidéothèque de papa maman. Le son n’était pas top, l’image un peu pourrie, et elle n’aimait pas beaucoup la lecture multiple ou l’avance et retour rapide. Elle n’était pas très endurante, n’était pas fan de voyages, elle supportait mal les changements de température. Elle était capricieuse à sa façon. Mais on l’aimait, on la vénérait, elle a révolutionné notre monde, nous a fait voyager, nous a fait aimer, nous a transporté dans le passé mais surtout dans le futur. Et puis elle a vieilli, d’autres technologies l’ont remplacée. Plus modernes, plus pratiques, plus légères. Nous faisant oublier le cérémonial du visionnage et l’importance de prendre son temps qu’elle nous avait inculqués. Maintenant condamnée à errer dans des brocantes sans que personne ne lui adresse même un regard, jetée froidement dans des poubelles de recyclage après avoir vécue des années dans un carton dans la cave ou dans le garage reniflant les échappements de ta nouvelle mini. Elle demeure le témoin de nos années passées, d’un mode de vie que l’on ne veut plus oublier. Sa fin a déjà sonné depuis des années et on voit mal comment elle pourrait être sauvée, à l’instar de sa sœur audio qui se refait une jeunesse, ne serait-ce que dans ses pages. Je dédie ce texte à mes VHS préférées, les BASF, les Fuji, les TDK qui contiennent encore mes films cultes. Lucile Genest

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Cyrille Buffet, vient du Berry, le pays des sorciers. Ça doit être de là que lui vient son inspiration. De là et de son goût pour l’illustre et les foires au cochon ! Il a appris a dessiner avant de savoir parler et est devenu aujourd’hui l’une des références en matière d’illustration sur matelas à eau. Arrivé un peu par hasard, la faute à son état d’ébriété, Cyrille a rapidement adhéré au projet. Et, bien qu’il déplore que, parfois, la K7 bande mou, contrairement au vinyl qui est bien dur et se range aisément dans la raie des fesses, il nous a accompa22

gnés tout au long de la production de ce fanzine. Allant jusqu’à emporter l’équipe autour, puis dans, son pop up géant & psyché. Cyrille a découvert le monde du Fanzine au lycée, mais préfère ne pas en parler. Sa mère n’est pas au courant. Récemment, il a également collaboré à un numéro de SuperFourbix. Séquestré par l’équipe afin de lui permettre de créer en toute sérénité, Cyrille joui enfin du bonheur de sa liberté retrouvée et projette maintenant de changer de pays et d’identité pour de nouvelles aventures… Boris, alias L’Os, est un illustrateur Bruxellois de 26 ans membre du collectif Kool Kids Klub qui produit un fanzine depuis début 2015. Le projet rassemble des dizaines de jeunes artistes de Belgique et d’ailleurs. Entièrement réalisé par ces créatifs, ce fanzine mensuel est un superbe terrain d’expérimentation pour cet artiste touche à tout, passionné autant par l’illustration que par la bijouterie. Sa collaboration avec TH part tout d’abord d’une histoire d’amitié (via G.VAN.S l’un de nos contributeurs, qui nous concocte tous les mois sur le webzine des playlists aux petits oignons), et de passions communes : le fanzine, l’illustration et la musique. Et puis le thème de la K7 lui a plu, ça lui a rappelé la belle époque de son lecteur K7 AIWA crème et chromé avec auto-reverse! Il s’est rué directement sur ses croquis, a commencé à gribouiller et c’est à Bxl que le poster est né ! Boris expose bientôt à Paris avec Mathias Costa, autre membre de Kool Kids Klub. Puis ce sera une expo à Bxl dans le courant de l’automne. Deux belles occasions d’aller découvrir son univers. koolkidsklubfanzine.tumblr.com

MARIE LE ROY

Ils ont dessiné ce fanzine

ANTOINE PARIS Rencontré au Pavillon du Dr Pierre, notre labo artistique commun, ce parisien de 30 ans, illustrateur autodidacte, aime créer sans filtre. Il jette sur le papier ses élucubrations, les images de sa tête et crée des œuvres nourries d’aventures, des textes de Léo Ferré et saupoudrées de l’esprit des surréalistes! Il travaille le papier, l’aquarelle, mais plein d’envies, il déborde aussi sur les trottoirs, les murs, le sol... La K7! Super bonne idée mieux que des meubles vintage! Et comme Léo Ferré disait : « Que m’importe Jean Genet que tu bandes »! Pour nous il a baptisé son dessin « À l’époque des VHS » et a mis en scène 2pac et Mickey Rourke dans le film « Bullet ». C’est aussi une référence aux k7 audio de l’époque, celle de son adolescence, qu’il customisait avec des paroles ou des noms de rappeurs. Antoine développe actuellement le projet de dessins à la craie « Chalk Project ». Peut-être aurez vous la chance de croiser l’un des messages éphémères qu’il laisse un peu partout derrière lui à Rome, Londres, Bruxelles, ou encore Paris... www.antoineparis.com


K7pacoje Je me rappelle de mon 1er « projet » sur k7, bien avant de copier les albums de mes potes. Je devais avoir 11 ou 12 ans et mon père m’avait acheté un poste double k7/radio. Je m’étais amusé à faire un mix et il avait été diffusé dans une émission rock! Jusqu’à mes 20 ans j’ai copié des quantités d’albums CD empruntés à mes amis sur K7, fais des compilations pour mon baladeur, je prenais beaucoup le bus à cette époque et mon walkman ne me quittait jamais... Je collectionne les K7, que j’achetais par VPC ou sur Paris vers 1996/2002, elles contiennent tellement de morceaux inédits sur d’autres supports, et sont mixées donc super agréables à écouter à quelques exceptions près! Depuis 2010 je les transferts en MP3 afin de ne plus les abîmer en les écoutant et je partage ces K7 sur mon blog et à travers ma web radio : k7pacoje.blogspot.fr. Je pense qu’au-delà de partager de la musique avec d’autres passionnés ou même de faire découvrir à ceux qui n’ont pas connu cette époque des k7, c’est un vrai travail d’archivage, de sauvegarde de ces morceaux qui pour moi sont un patrimoine énorme de la culture Hip Hop. Depuis 2014 avec mon collègue Tony Slim’s, nous avons lancé une web radio sur laquelle passent des mixtapes, et quand je parle de mixtapes, je parle de k7, la plupart des « mixtapes » récentes que l’on peut voir sur le web sont pour moi des net-tapes, des Streets-tapes, des Streets CD, rien à voir, mais trop tard, tout le monde utilise ce mot, à tort. Propos recueillis par Laurent Aspesberro

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hyLé Tapes Experimental music tape label from France.

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sTreTCh and bobbiTo shoW Radio that changed lives (03/02/1995)

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The ediToriaL MagaZine Editorial & Friends (30/07/2015)

KooL KeiTh Demolition Crash (03/02/2015)

K7

sTaTiC obserVer [EP] #1 (25/05/2015)

young faThers White Men Are Black Men Too (21/04/2015)


parce qu’on n’est pas avare chez Trendhustler, on a décidé de te faire une place de choix à toi lecteur, et surtout à ta créativité. Custom ta K7, revêt la de ses plus beaux habits, fais parler tes envies, bref redonne de la vie à notre bien-aimée K7.

instagram-nous tout ça en utilisant le hashtag #customtaK7 et en identifiant notre compte @ trendhustler. Le meilleur d’entre vous remportera une K7 collector et verra son œuvre exposée sur Trendhustler, la galerie d’art de tes internets. allez go!

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Voici venu le temps des remerciements... Les premiers vont directement à cette DreamTeam qui m’accompagne dans l’aventure TrendHustler depuis maintenant 5 ans et dans ce projet un peu fou, la création d’un fanzine. Sans moyen mais avec une grande dose d’enthousiasme, d’humour, de bonne humeur... de l’amour en somme. Un gros Big Up à mon binôme de toujours Isidore ainsi qu’à Camille Casays, Chew82, Esther Cohen, Lucile Genest, Marie Le Roy et Gilles Vanesse. Il y a aussi ces contributeurs qui nous ont insufflé une énergie nouvelle et des oeuvres originales, merci à Cyrille Buffet, Antoine Paris, Boris L’os, Laurent Aspesberro et Giacomo Rilievo. Un grand merci également à tous ceux qui se sont prêtés au jeu de l’interview avec brio, je nomme, François Casays, Sébastien Charpiot et K7 Pacoje. Merci également au Pavillon du Dr Pierre car il nous aura permis de rencontrer deux belles personnes, nos colocs d’atelier pendant ces trois mois de résidence : Kany Sissoko et Julie Delaude. Et puis y’a Theo Eifrig, qui nous a graffé un mur sublime dans notre local. Le Monsieur s’y connaît en mur, il est allemand. Paillettes dans nos yeux, fierté dans nos coeurs, merci l’ami! Et enfin merci à VOUS et à tous ceux qui nous ont soutenu d’une manière comme d’une autre. Merci également à ceux qui ne nous ont pas pris au sérieux, vous avez tout compris les gars! CHROMAKEY 26


3eMe de Couv

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La K7 bande toujours