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urban cultures mag


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photo : Franรงois boulard


On a toujours une fâcheuse tendance à se focaliser sur les riders, les artistes et les évènements surmédiatisés et portés par des sponsors en tout genre.

Mais ce n’est pas les multinationales qui lutteront corps et âmes pour préserver et développer nos passions. Bien au contraire, elles demeureront toujours au sommet de la pyramide pour en récolter les bénéfices…

Derrière, à la base, et bien avant tout cela, il y avait et il y a toujours des scènes locales, des associations, des magasins, des activistes et des acteurs sans qui rien de tout cela ne serait possible. Il y a aussi et surtout un grand nombre d’initiatives personnelles, originales et souvent modestes qui animent nos cultures et les font vivre.

Tout cela se fait généralement dans l’obscurité, la difficulté et l’adversité mais les enjeux sont tout aussi décisifs, voire plus, car c’est justement là que réside une partie de notre postérité.

Même si la somme de ces démarches ne pèse pas des millions de dollars, leur légitimité n’en est pas moins supérieure. Je pense à tous ces crews, artistes indépendants, magasins, médias, petites marques, riders militants, associations ainsi qu’à la totalité des individus qui misent sur de tels projets et défis. Leurs atouts ? Tenter, par leurs propres moyens, de maintenir ou de ramener nos pratiques et leurs cultures vers leurs fondements, leur genèse et leur état d’esprit originel. Le tout, dans un environnement économique peu propice à l’investissement financier et à la croissance… Qu’importe ! Ils ont la foi, défendent leurs valeurs et, par-dessus tout, ils y croient ! C’est en partie à ces personnes - les véritables passionnés - que l’on pense à travers ce nouvel édito…

Alors avant d’adopter une attitude consumériste, ouvrez les yeux, regardez autour de vous et allez consacrer un peu de votre temps et de votre énergie pour soutenir l’asso du coin, le pote qui lance sa marque, le shop de votre ville, l’artiste qui tente de subsister de son talent ou encore l’event local car c’est bien à ce niveau-là que se joue notre avenir ! Edouard Lassus

Couverture : Alex Valentino - Barspin - Manhattan, New York. Photographe : Vincent Perraud édito & Sommaire : Shanghai - Chine & Motel Double Expo - LA/Vegas Desert. Photographe : Loïc Benoit Ours : Model of the week. Photographe : Loïc Benoit Quatrième de couverture : Lucas Beaufort


/// BRAND 9

Home - Interview -

/// BMX 14

Red Bull Skylines - Report -

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Alex Valentino - Interview -

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Diogo Santos - Top Five -

/// MUSIC 40

Rover - Focus -

/// SKATE 46

Loïc Benoit - Interview -

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Commission Skateboard 2013 - Focus -

/// ART 70

Sa Face & Ses Couvs - Lucas Beaufort -

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L’étiquette - Guliver -

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Arte Fact - Pierre Prospero -

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Illustre - Jérémie Kergroach -


Interview : Edouard Lassus Photos : Roger Baumers

L’histoire des frères Dousse est un modèle de réussite dans l’industrie des sports de glisse. Ces deux fribourgeois bercés par le skate et le snowboard ont lancé leur propre société au début du troisième millénaire. Tandis que home n’est qu’une marque d’accessoires comme on en trouve déjà beaucoup, Jak et Eddy poursuivent leur chemin. L’un comme snowboarder, l’ autre comme étudiant en art graphique. Et c’est grâce à leurs expériences personnelles et professionnelles, leurs études, leurs voyages et des rencontres décisives que les deux frangins décident de donner une nouvelle dimension à leur projet de jeunesse. C’est alors qu’en pleine crise économique, home se mue en une entreprise horlogère suisse à destination de tous les passionnés de « sports d’actions ». Un pari osé mais un véritable succès sur lequel reviennent Jak et Eddy.


•  Salut Jak & Eddy. Pouvez-vous vous présenter pour débuter ? Jak : Bonjour, je vous présente Eddy Dousse, mon petit frère. Il est né il y a 33 ans à Fribourg, en Suisse. Avant de faire ses études en sciences du sport et commerce, il est parti avec son boardbag direction Whistler pour voir jusqu’où le snowboard allait le mener. De mon point de vue, ces quelques saisons passées dans la réalité du snowboard professionnel ont été déterminantes pour lui et encore plus pour hOme. En dehors de ça il adore lire, principalement en anglais, au point qu’il est devenu mon libraire attitré. Eddy : Quant à mon très cher grand frère de 36 ans, il s’est d’abord donné la peine de m’apprendre à faire du skate et ensuite du snowboard, avant de réaliser qu’il voulait devenir graphiste, sans quoi hOme n’existerait pas. Excellent cuisinier, peu de gens savent qu’il rêve de faire carrière dans l’entomologie (étude des insectes - ndlr). Qui sait, d’ici une vingtaine d’années il pourra peut-être combiner les deux…

•  Vous êtes donc les deux membres fondateurs de la marque hOme. Comment ce projet a-t-il vu le jour dans vos esprits ? J & E : Très spontanément et surtout graduellement, on a parfois l’impression que cela nous est tombé dessus. à la base il n’y avait pas de « Master Plan », juste deux ados un peu naïfs qui ont commencé quelque chose entre frères – de minuscule mais de bien concret – à la place de juste en rêver.

« hOme était le nom que nous voulions donner à notre propre magasin... »

•  Est-ce vrai que vous avez toujours eu la conviction que vous alliez faire quelque chose tous les deux ? J & E : étonnamment oui, mais sans avoir d’idées précises, ça doit venir du fait que nous avons toujours eu les mêmes centres d’intérêt et beaucoup d’amis communs, malgré les trois ans qui nous séparent. •  Comment avez vous rencontré Steve Harris et qu’est-ce que cela a changé ? Jak : Eddy a rencontré Steve pendant un camp sur un glacier au Canada, alors qu’il commençait sa carrière en snowboard. Ils sont devenus amis au fil des semaines, il y a eu une sorte de déclic. Steve nous a poussé à voir hOme avec une dimension plus grande, plus internationale, c’est grâce à lui que nous avons osé penser que l’on pouvait faire plus que vendre une poignée de t-shirts à nos amis.

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Steve - Jak - Eddy

BRAND///Interview


« avec le skate et le snow on a compris très vite le sens du mot passion. » •  Le projet hOme a débuté par la création d’accessoires (t-shirts, bonnets, ceintures…). L’horlogerie est une chose qui est venue après, était-ce votre objectif depuis la création de la société ? J & E : Comme nous le disions plus haut, il n’y avait pas d’objectifs précis à la base du projet, et surtout pas en terme de produits. Cela peut paraître surprenant, mais la seule certitude que nous avions était que hOme était une marque qui pouvait plaire aux gens. Il nous fallait juste trouver le bon « support » pour véhiculer nos idées. Ce sont finalement les montres et accessoires qui nous ont permis d’assouvir notre fascination pour le détail et l’artisanat. •  Le nom hOme est un hommage au shop dans lequel vous aviez l’habitude de passer votre temps à Fribourg ? Le fait de monter un magasin était-il dans vos projets de jeunesse ? J & E : Oui tout à fait, c’est même ce projet précis qui est le point de départ de toute cette aventure. Nos premiers t-shirts étaient destinés à cela. Plus qu’un hommage, hOme était le nom que nous voulions donner à notre propre magasin : l’idée était de créer un endroit où les gens se sentiraient bien.

•   En tant que Suisses vous aviez le choix entre les montres et le chocolat. Pourquoi avoir opté pour les montres ? J & E : Il y avait aussi la banque et le fromage ! Je crois qu’il ne fait aucun doute que l’on rêverait de tenir une petite chocolaterie artisanale et de passer des heures à chercher de nouvelles recettes, à créer des emballages… etc. Mais c’était plus difficilement compatible avec notre amour pour le skate et le snowboard. L’horlogerie réunissait toutes les conditions idéales : un accessoire nécessitant un savoirfaire proche de nous, un monde de détails et de passionnés, et une aura internationale dans une industrie que l’on connaissait bien.

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« Il nous a fallu presque dix ans d’évolution dans l’ombre pour faire de hOme une marque qui a sa place dans la cour des grands... » •  Vous avez toujours baigné dans les cultures alternatives, le skate et le snowboard. Quel rôle cela a-t-il joué dans votre construction personnelle à chacun et votre projet professionnel ? J & E : Cela a eu un impact très important, et bien que l’aspect professionnel est peut-être le plus évident, cela nous a surtout appris à penser différemment et à garder proche de nous le plaisir d’apprendre des choses nouvelles. Sans oublier qu’avec le skate et le snow on a compris très vite le sens du mot « passion ». Sans cela on ne ferait pas ce que l’on fait aujourd’hui, c’est notre moteur principal. •  Hormis ces cultures quelles sont les expériences et les influences qui vous ont permis de développer votre marque ? Quel est l’état d’esprit qui ressort de hOme et à qui vos produits se destinent-ils ? J & E : Mis à part nos formations respectives (ça aide un peu quandmême), le simple fait de garder les yeux ouverts en permanence nous a apporté et nous apporte beaucoup. On a toujours été sensible à ce que l’on perçoit comme étant bien fait, intelligent, malin, surprenant ou simplement beau. Et bien entendu on essaie de prendre cela comme bagage pour l’appliquer à hOme, à notre manière. Il y a une forme de second degré dans tout ce que l’on fait, c’est un état d’esprit important et nos amis les pingouins se chargent de nous le rappeler. Hors-catégorie purement marketing, hOme se destine à toute personne qui a les yeux ouverts et qui apprécie un beau produit de qualité sans pour autant se prendre trop au sérieux.

•  Vos divers voyages y sont pour beaucoup. Qu’est ce qui vous a amené à parcourir le Monde dans tous les sens ? J & E : Nos passions, c’est un peu cliché mais cela a toujours été le cas. Quand tu vas skater ce n’est pas pour faire du sport, c’est par plaisir. De la même manière on n’a jamais voyagé « pour voyager ». Pour nous, bouger a toujours été une conséquence plus qu’une finalité. Qui sait, peut-être qu’un jour cela changera.

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•  Vous avez lancé votre production de montre il y a environ un an. Aujourd’hui vous proposez cinq modèles, vos produits sont fabriqués en Suisse et distribués dans une dizaine de pays à travers trois continents. Comment expliquez-vous cette croissance et cette réussite fulgurante en pleine période de restriction et de crise économique ? J & E : En fait on prépare ce projet depuis très longtemps. Il nous a fallu presque dix ans d’évolution dans l’ombre pour faire de hOme une marque qui a sa place dans la cour des « grands », transition qui s’est concrétisée par l’arrivée des montres. Mais derrière toute cette spontanéité il y a également un but précis, un chemin clair que nous voulons tracer  : nous avons identifié une place encore vacante dans notre industrie et travaillons dans ce sens, à long terme. L’aventure ne fait que commencer et la route est encore longue pour hOme. BRAND///Interview


« les pingouins sont des animaux extraordinaires. »

•  Aujourd’hui que souhaitez-vous pour hOme et quels sont les projets qui devraient voir le jour dans les temps à venir ? J & E : Nous souhaitons d’abord continuer à faire découvrir hOme et l’esprit particulier de la marque à de plus en plus de personnes, tout en montrant au monde que les pingouins sont des animaux extraordinaires. Ensuite la deuxième phase consiste à véhiculer et à expliquer clairement les valeurs qui nous sont chères, notamment l’importance de la qualité de nos produits. Notre première montre femme a été présentée à l’ISPO (Forum annuel de l’industrie des articles de sport - ndlr) et l’on s’en réjouit. La demande est en effet plus forte que ce que nous avions imaginé, ce qui nous fait évidemment plaisir, c’est une forme de compliment. Au-delà de cela nous allons continuer à développer hOme dans toutes les sphères créatives qui gravitent autour des boardsports, avec un réservoir d’idées pour les vingt prochaines années au moins ! Il y a tant de choses à faire encore…

•  Merci à vous deux. Si vous souhaitez rajouter quelque chose ou faire des remerciements c’est à vous : J & E : On a la chance d’être entouré d’amis incroyables, tous plus doués les uns que les autres, qui continuent a apporter leur contribution à hOme. Il est clair que sans leur aide, rien de tout cela ne serait possible. Tant qu’ils se reconnaitront dans ce qu’on fait, on sera sur la bonne voie. Mark Sollors

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Texte : Vincent Pietri Intro : Edouard Lassus Photos : Thomas Borie

C’ était sans aucun doute l’ évènement Bmx le plus attendu et le plus atypique de l’année 2012, mais aussi le plus critiqué... Vingt-sept riders triés sur le volet parmi les meilleurs de la planète, le même nombre de « remplaçants », un park hors-normes, un budget faramineux, un lieu somptueux et une capitale emblématique. Voilà comment offrir un show sous forme de contest afin de conquérir le grand public... Oui mais le Red Bull Skylines a aussi permis d’ alimenter le débat et la polémique autour de ce type d’ évènement et de la place des boissons énergisantes dans nos pratiques. Quoi qu’ il en soit le taureau semble avoir relevé le défi puisqu’il a « donné des ailes » à pas mal de riders ainsi qu’ à des spectateurs venus en masse. Nous ne reviendrons pas sur les performances des participants à ce rendez-vous puisque les différents médias ont largement rempli leur rôle à ce niveau-là. Laissons plutôt la parole à une personne qui a vécu les choses de l’ intérieur.


« Les gars, il va se passer un évènement marquant à Paris courant 2012… » Nous avions été prévenus et lorsque la nouvelle est officiellement tombée la surprise et le choc ont été de taille. Un évènement consacré au Bmx sera organisé par Red Bull au Grand Palais. De nombreux acteurs seront mobilisés afin de rassembler les compétences nécessaires à un tel projet. Nate Wessel qui, entre son nouveau poste à Woodward et les démos en Irak, interviendra avec les allemands de Ramp Work sur la construction d’un « super » park à l’échelle du lieu. Démesuré ? Certainement, mais poser une micro-rampe sous la plus grande nef d’Europe aurait été une hérésie. C’est donc un spot « king size » qui est fabriqué en amont et installé pendant une semaine avant le jour J.

Arrivé le lundi, nous découvrons cet espace gigantesque vide, les premiers semiremorques arrivent et au fil de la journée une symphonie de manitous, visseuses, tronçonneuses et autres voix graves s’élèvent et résonnent… Deux équipes travaillent nuits et jours pour monter le spot. Pour nous la mission reste à échelle humaine, nous installons un mini park orienté street. Au programme : initiations, sessions et jams en compagnie d’Anthony Perrin, Matthias Dandois ou encore Maxime Charveron.

Le week-end approchant, des visages familiers font leur arrivée, notamment une bonne partie des acteurs du BMX FR Cup qui, pour l’occasion, sont répartis entre Paris et Pessac où se déroule la quinzième édition des Vibrations Urbaines. Vendredi, nous retrouvons l’équipe du 80 100 Skatepark pour un petit déjeuner copieux avant une journée longue et inoubliable. à quatorze heures les portes du Grand Palais s’ouvrent et le flux de visiteurs ne cessera qu’en fin de journée, avant le moment tant attendu. C’est donc plus de 270 kids qui auront pu faire quelques tours de roues dans un lieu mythique où le Bmx n’est pas résident permanent. Le tour de force réalisé repose sur le fait que chaque intervenant transmet la bonne humeur et permet à tous de passer un moment convivial malgré la pression d’un évènement à portée internationale.

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Kevin Kalkoff - Invert


« Aujourd’hui aucune structure associative ou même privée n’a réuni autant de moyens pour mettre en avant le Bmx. »


Le temps fort de la semaine arrive, les portes s’ouvrent pour accueillir les 6 000 personnes venues profiter de ce contest/show dont vous pouvez d’ailleurs retrouver les images réalisées par Hadrien Picard, sur une bande son à la hauteur des émotions ressenties. La liste des riders ou des tricks ne me semble pas être le plus important, bien que proportionnelle à l’envergure de l’événement. C’est plus la démarche qui a retenu mon attention. Aujourd’hui aucune structure associative ou même privée n’a réuni autant de moyens pour mettre en avant le Bmx. Certains diront que c’est une gigantesque mascarade et que l’âme et le spirit n’y étaient pas. Il est clair que créer un event ultra-core au Grand Palais aurait était le luxe suprême ! Il n’en reste pas moins que le marketing dirige notre société et que le compromis proposé (zone amateur, initiations, stands commerciaux…) a permis de mettre en avant de manière conséquente notre monde et peut-être amené des kids à le rejoindre. Encore une fois, ce petit vélo nous aura fait faire des kilomètres, de belles rencontres, partager des moments inoubliables et renforcer notre motivation pour créer toujours plus et mieux avancer.

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Daniel Sandoval - Backflip Tailwhip

BMX///Report


Interview : Edouard Lassus Photos : Vincent Perraud (sauf indiqué)

Reconnu pour son riding street estéthique et technique, Alex Valentino n’en est pas moins un bmxeur polyvalent. Il est également à l’origine du crew et de la marque Marie Jade qui a permis de révéler quelques jeunes talents sudistes. Chez les Valentino le bmx c’est aussi une histoire de famille puisque sa soeur cadette, Manon, a été sacrée championne de France et d’Europe de race en 2011. Du haut de ses 26 ans Alex gère sa carrière professionnelle et sa petite entreprise avec habileté. Rencontre avec ce rider éclectique plein de projets, d’ambition et de savoir-faire.

21 Alex V. - Tossa de Mar


•  Salut Alex. Peux-tu nous dire depuis combien d’années tu pratiques le bmx et comment tout cela a commencé ? J’ai commencé le vélo il y a douze ans après avoir vu les X-Games dans Sport événement sur M6. J’ai ensuite fait deux années de race puis du trail pour arriver progressivement au street.

•  Ton riding est essentiellement axé sur du street bien technique. On se souvient de toi il y a quelques temps avec une plus aérienne et bien différente. Pourquoi t’être dirigé vers un style très street ? Lors de ma première interview dans Cream, à l’âge de 17 ans, David Lombard m’avait demandé quelle discipline j’affectionnais le plus. à l’époque je lui avais répondu le street, parce que pour moi c’est la discipline la plus inventive car cette pratique s’effectue sur des lieux qui ne sont pas conçus pour ça à la base. Aujourd’hui mon opinion n’a pas changée. Je pense vraiment qu’il n’y a pas de limites dans le fait de rouler dans la rue, on commence et on finit une ligne où l’on a envie. Chaque spot est différent donc la sensation est constamment nouvelle même si on reproduit souvent des figures similaires. Bien entendu, je fais encore du trail et du skatepark, j’adore toujours ça et je ne pense pas qu’on soit obligé de s’enfermer dans une catégorie, tout comme je trouve ça bête d’écouter un seul style de musique.  Après, c’est vrai que maintenant j’ai quatre pegs et un freecoster… •  Quels sont les spots les plus durs à aborder selon toi ?  Les rails sans hésitation ! Ce sont les spots les plus flippants. 22

« les médias ont une petite préférence pour le street ces derniers temps. »

BMX///Interview


•  Quelles ont été tes influences lorsque tu débutais ? Et aujourd’hui ? Mes grandes influences ont été Ruben Alcantara, Mike Aitken et les T1, Eddie Cleveland… Maintenant c’est l’énergie de groupe du crew Marie Jade qui me pousse à progresser. Je pense qu’on s’influence les uns et les autres en se tirant chacun vers le haut.

•  Tu rides aussi en park et en trail, pourquoi ne voit-on que très rarement des séquences et des photos de toi sur ce de tels spots ? Disons que j’ai plus mon mot à dire en street, même si je prends du plaisir dans toutes les disciplines, peut être aussi parce que les médias ont une petite préférence pour le street ces derniers temps.

Truck Driver - Brooklyn NYC

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Invert - Queens NYC


•  Depuis combien de temps maintenant es-tu professionnel de la discipline ? Je roule en catégorie « Pro » depuis l’âge de seize ans, j’ai eu mon premier sponsor à dixsept et je suis payé pour vivre de ma passion depuis l’âge de vingt-deux ans.

•  Si tu n’avais pas eu cette opportunité quelle autre voie aurais-tu choisie ? Aujourd’hui une très grande partie de mon style de vie se passe autour du vélo alors je n’en ai aucune idée et à vrai dire je ne veux pas le savoir…


« je pense qu’il n’y a pas mieux qu’un T-Shirt pour montrer son appartenance à un groupe et nous en sommes tous fiers ! »

•  Tu es le fondateur de Marie Jade. Peux-tu nous raconter ce qui t’as incité à créer cette marque et depuis combien de temps elle existe ? La marque/crew existe depuis 2009. Ce qui m’a poussé à créer Marie Jade c’est de voir beaucoup trop de jeunes doués rester dans l’ombre. J’avais envie de montrer le potentiel de ce crew qui n’avait pas encore de nom à l’époque. Je pense à Badet, Terrez, Terrasson, Dumoulin et maintenant tous les autres qui ont fait grossir le crew. En plus d’un certain penchant pour le textile je pense qu’il n’y a pas mieux qu’un T-Shirt pour montrer son appartenance à un groupe et nous en sommes tous fiers !

•  à propos du nom de ta marque tu as dis que tu « voulais un nom qui sonne français et qui soit aussi féminin  ». Est-ce un clin d’oeil à une plante « thérapeutique » ou à une de tes conquêtes ? Tout est dit dans la question…

•  Ton père possède un shop à Valréas. Est-ce que cela t’a aidé à développer Marie Jade et à accroître ton intérêt pour la mode ? Mon père ainsi que ma mère m’ont beaucoup aidé et m’aident toujours beaucoup. Je pense avoir un peu hérité d’un certain sens du commerce mais je ne pense pas que mon intérêt pour la « mode » vienne de là. •  Marie Jade n’est pas une multinationale mais tu soutiens beaucoup de bmxeurs, un musicien et pas mal d’événements. à l’inverse on voit des marques avec des moyens conqéquents qui sponsorisent de moins en moins de riders. Quel est ton point de vue par rapport à ça ? Je pense que même si beaucoup de grosses marques aident au développement du Bmx les choses doivent aussi bouger de l’intérieur.

27 Alley Oop Whip - Girona


•  Est-ce que tu peux nous en dire plus sur le projet interne « Chut ! » ? Le concept du projet « Chut ! » est de rassembler le crew dans une ville, pour un période d’une semaine afin de produire, par la suite, une vidéo et un journal photo, comme vous pouvez le voir avec l’acte 1 à Montpellier. L’acte 2 se déroulera à Toulouse, en espérant que tout se passe au moins aussi bien. Pour le reste, notamment le projet final qui sortira à la fin de tous les actes, il va falloir patienter encore un peu... • Ce n’est pas trop dur de gérer la promotion et le développement de ta marque et du crew avec ta carrière ? Disons que ça commence à ressembler à un vrai emploi à temps plein.

« le bon vieil état d’esprit familial d’il y a quelques années se perd petit à petit. »

•  Tu pratiques également la photographie et la vidéo (tu as d’ailleurs fait une école de vidéo à Montpellier). Pour toi c’est une passion, un passe-temps ou quelque chose d’indispensable et de nécessaire ? Je ne me considère ni photographe, ni vidéographe, mais j’ai dû m’y mettre sérieusement pour pouvoir sortir du contenu avec le crew. étant quelqu’un de passionné et ayant fait des études artistiques je me suis beaucoup investi et je prend énormément de plaisir à faire de la photo et des vidéos. •  On voit apparaître pas mal de crews et de marques dans une démarche assez similaire à celle de Marie Jade. Penses-tu que cette mouvance soit favorable au Bmx français ? Oui, ça ne peut être que bénéfique.

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Ice Pick to Barspin - Girona


•  Tu participes de temps en temps à quelques contests (la Rebel Jam récemment), est-ce une chose que tu apprécies vraiment ou est-ce plus une contrepartie au fait d’être sponsorisé ? Je dois avouer qu’étant sponsorisé et « salarié » de marques, j’apprécie d’être sur les principaux événements. Parfois je prends du plaisir à rouler en contest, parfois moins…

•  Comment trouves-tu l’état d’esprit, le niveau et le potentiel des kids dans l’hexagone ? Le sport devient de plus en plus populaire aujourd’hui, c’est une bonne chose si certains veulent vivre autour de ce milieu. Mais le prix à payer c’est que le bon vieil état d’esprit familial d’il y a quelques années se perd petit à petit. Quant au niveau, il est de plus en plus élevé et les kids sont de plus en plus forts. •  Parmi les parks que tu as roulés, lesquels affectionnes-tu le plus ? J’adore le skatepark de Saint Martin de Crau dans le sud de la France, notre bon vieux Sp3c (Saint-Paul-Trois-Châteaux - ndlr). Il y a aussi le park Hastings en Angleterre et tous les skateparks américains que j’ai eu la chance de rouler.

•  Et au niveau des spots de street, quelles sont les villes dans lesquelles il faut absolument se rendre selon toi ? Aujourd’hui Barcelone reste encore la Mecque en Europe. En France il vous faudra attendre la « Chut ! ».

Max Terrasson by Alex V.


•  Qu’as-tu envie de dire à certains « haters »  qui critiquent Marie Jade et lui attribuent une image un peu « stoner » ?  Peut-être qu’ils ne sont pas supposés aimer !

•  Quels sont tes projets pour l’année 2013 et comment vois-tu le développement de Marie Jade dans le futur ? Mon année 2013 est assez chargée avec des projets The Diggest et Defgrip concernant la photo et la vidéo ainsi que la sortie et la promotion de ma potence et de mon cadre chez United. Il y a également un beau projet Vans France, des projets Vans Europe, les actes de la « Chut ! » et pleins d’autres choses ! Pour Marie Jade ce n’est que le début. •  Ton chien Franky est une véritable star du monde canin, il est désormais présent sur les réseaux sociaux. Peux-tu nous en dire plus à son sujet ? Est-ce un atout auprès de la gente féminine ? Oui c’est un petit Carlin de trois mois qui fait plein de bêtises, mais il fait craquer toutes les filles qui croisent son regard ! Instagram @frankylife •  Merci Alex, si tu souhaites rajouter quelque chose ... Merci pour cette interview !


Intro & Top 5 : Edouard Lassus Interview : Vincent Pietri Portrait : Fred Murray

Sous ses faux airs de Charsles Bronson - le boxeur emprisonné, pas l’acteur - Diogo Santos dégage un important charisme et possède surtout un riding riche et débordant de style. à 22 ans le jeune portugais à la moustache saillante est en passe de se faire un nom dans le monde du bmx, raison pour laquelle nous lui avons concocté un top five optimisé par un petit questionnaire, histoire d’en savoir un peu plus sur ce personnage intriguant.

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•  D’où es-tu originaire ? Je viens de Casais da Serra et je vis dans la ville de Caldas Da Rainha, au Portugal. Tes spots favoris : Le skatepark de Caldas Da Rainha Lisbonne Barcelone Albufeira Street Plaza à Algarve Porto

•  Depuis combien de temps pratiques-tu le Bmx ? Cela doit faire environ six ans maintenant. Les riders qui t’ont le plus influencé et qui t’influencent encore beaucoup : Edwin De La Rosa Vinnie Sammon Mike Brennan Steven Hamilton Davey Whatson

•  On t’a vu participer au contest street de la Rebel Jam, en Espagne. Est-ce que tu pratiques uniquement le street ? Non je ride toutes sortes de spots mais je pense que le street est la chose que je préfère en ce moment. Les spots les plus fous que tu as roulés : Nave de Espinho - Portugal Une piscine abandonnée de Lisbonnne Sea Walls - Barcelone Une piscine abandonnée à Funchal - Portugal Le “Lost Bowl” de Belmonte - Portugal

•  Qu’est-ce que le spot parfait selon toi ? Je ne sais pas vraiment, quelque chose de marrant comme des wall-ride, des curbs ou des rails qui sortent sur des plans-inclinés... Un truc dans le style ! Les tricks que tu maîtrises parfaitement : Double pegs over Feeble hard 180 Tooth pick hangover Nose press barspin Downside whip

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Tabletop - Photo : Ruben José


•  Es-tu un rider pro ou est-ce que tu as un job à côté ? Non je n’ai pas de travail pour l’instant. Je chercherai un job quand j’arrêterai le Bmx !

« je suis vraiment accroc à la nourriture, j’adore manger mais aussi cuisiner » •  Pourquoi avoir fait le choix de te raser la tête, est-ce un début de calvitie ? Non c’est juste que je n’ai pas le temps de m’occuper de mes cheveux. Je les avais longs et j’en ai eu marre alors j’ai opté pour Gillette !

Les tricks que tu veux absolument rentrer mais qui te font galérer : Hangfive Backflip (je n’y arrive plus...) Superman seat grab Downside doublepegs en courbe M’envoler 3 mètres au dessus du coping comme un rider de vert •  étais-tu déjà venu rider en France avant le Red Bull Skylines ? Non, c’était la première fois et c’est vraiment impressionnant comme pays ! Les pays dans lesquels tu as adoré voyager : Pays-Bas France Espagne Madère ... et c’est tout !

•  Est-ce que tu pratiques d’autres disciplines comme le skate ou le surf ? Non, je ne fais que du Bmx !

Les choses que tu préfères dans la culture Bmx : Rencontrer d’autres personnes Chiller avec mes potes Rouler pour filmer et faire des photos Les voyages et les tournées Tous les souvenirs liés aux expériences passées 36

Switch Tooth Pick Hangover - Photo : Sandra Oliveira

Les vidéos dans lesquelles t’aurais aimé être : All Day (Animal) Grounded (Etnies) Brighton Ain’t Ready (Seventies Bmx) Tomorow We Work Les vidéos Road Fools (Props Bmx)


•  Depuis quand est-ce que tu portes la moustache ? Cela doit faire environ deux ans et demi

Les trucs que tu n’aimes pas dans les cultures urbaines : Le stress La circulation La junk food Les nuisances sonores liées à la ville Le rythme de vie effréné

•  Je te suis sur Instagram et tu postes souvent des photos de nourriture... Es-tu dépendant ? Oui je suis vraiment accroc à la nourriture, j’adore manger mais aussi cuisiner ! Tes hobbies favoris lorsque tu ne roules pas : Manger et cuisiner Dessiner Chiller Me documenter sur les animaux Faire des recherches sur internet


•  Peux-tu nous en dire plus sur la scène Bmx au Portugal ? La scène commence à s’étoffer petit à petit. Il y a de plus en plus de riders, d’événements et tout le monde se connait. En fait c’est comme un immense groupe de potes.

Tes meilleurs souvenirs à bicyclette : Mon premier saut en dirt Quand j’ai visité Eindhoven avec mon vélo Le voyage à Séville avec les locaux Le trip à Tossa De Mar en 2012 La sensation éprouvée lorsque tu apprends à passer une table convenablement

•  Un mot sur tes sponsors ? Tout est super cool, ça me permet de pas mal voyager et de tester du nouveau matos pour Mutantbikes. Tes meilleurs road-trips : Un trip à travers le Portugal il y a 4 ans Le Rapataching Tour Mutant Bike Séville Un trip avec les mecs de STKLND à Alcacer Le Maroc l’an dernier

•  Quels sont tes projets pour le futur ? Définitivement, ce serait de voyager encore plus, visiter au maximum et filmer le plus possible ! Les choses que tu aimerais faire avant de mourir à 122 ans comme Jeanne Calment : Explorer 80% de la surface de la Terre. Faire de la plongée sous-marine Posséder ma propre maison Avoir un chien Partir en trip aux Etats-Unis •  Un dernier mot ou des remerciements pour conclure ? Merci à Mutantbikes, Zoo York, Vans, Icon Bikestore ainsi qu’à vous pour cette petite interview !

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Barspin - Photo : Ruben José


Texte : Jérémy B. Photos : Philippe Lebruman (sauf indiqué)

Jeudi 22 novembre 2012, La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand, 18h47. Mes doigts se saisissent de la poignée, j’ouvre la porte de ma loge, regard baissé, perdu dans mes pensées, quand ma perception visuelle me ramène à la réalité. Quelqu’un a coupé la lumière dans le couloir ? Pourquoi fait-il si sombre soudainement ? Je lève les yeux et me trouve nez à nez, ou plutôt nez à torse (et je mesure quand même 1m86) avec un colosse aux cheveux roux, Ray-Ban Aviator et costume noir trois pièces impeccable. « Rover, enchanté » me lance l’éclipse en tendant la main.


Rover, de son vrai nom Timothée Régnier, affole la France et l’Europe depuis quasiment un an. Depuis le 27 février pour être exact, date de sortie de son album éponyme, entièrement enregistré par ses soins et signé sur Cinq 7, l’excellent label de Wagram. Mais avant de parler de la musique de Timothée, parlons un peu de sa vie.

Car s’il en est des artistes qui portent leur nom de scène comme un gant, Rover en fait indéniablement parti. « To rove » signifie « errer » en anglais et des errances ce jeune homme de 32 ans en a connues. Fils d’un employé de compagnie aérienne (ça ne s’invente pas), il passe ses trois premières années à Manille, aux Philippines. S’en suit un tour du monde en beaucoup plus de 80 jours, le ballotant de l’Allemagne à la Suisse, de la France aux états-Unis… à New-York il fréquente même deux futurs Strokes sur les bancs de l’école. Très tôt il délaisse les études pour se consacrer à la musique et se voit offrir sa première guitare à l’âge de sept ans. Outre les voyages, c’est aussi les vinyles de papa et maman qui lui donnent ses premiers émois. Les Beatles et les Beach Boys usent le diamant du tourne-disque et ne le quitteront plus jamais.

Comme on n’a pas le temps de se faire des amis, on partage tout entre frères chez les Régnier, surtout la musique. C’est son frère justement, qui lui propose de venir le rejoindre au Liban, en 2005, pour former un groupe. The New Government voit alors le jour à Beyrouth, dans un pays au bord du chaos. Le post-punk de la formation franco-libanaise touche au but, leur permettant d’enregistrer trois albums et de se produire dans tout le Liban et à travers l’Europe. Mais pendant ce temps-là, Rafiq Hariri est assassiné et la guerre avec Israël est déclarée. Pour finir d’alourdir un contexte déjà difficile, Timothée est expulsé et banni à vie du pays, en 2008, les autorités considérant son visa comme invalide.

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« Il ne faudra qu’un E.P. quatre titres, publié en octobre 2011, pour ouvrir à Timothée les portes des maisons de disques et donc du succès. »

C’est le cœur lourd qu’il regagne donc la France, et plus précisément la Bretagne où il s’isole, seul avec ses instruments dans une vieille bâtisse typique de la région. La théorie a malheureusement été démontrée plus d’une fois, c’est lorsque tout va mal que l’on écrit les plus belles chansons. On imagine alors facilement la peine qui rongeait Rover si l’on se fie à la beauté des titres comme Aqualast , Lou ou Silver, tous écrits durant sa retraite en terre celte. Il ne faudra qu’un E.P. quatre titres, publié en octobre 2011, pour ouvrir à Timothée les portes des maisons de disques et donc du succès. L’album paraît quatre mois plus tard et la tournée lui permet de retourner à ses voyages, à ses errances, à la vie telle qu’il l’a toujours connue et appréciée. Ce soir là, au restaurant de la Coopérative de Mai, je rencontre un personnage cultivé, touchant et à l’humour grinçant. Sa diction quasi-aristocratique ajoute une dimension terriblement rassurante à son physique de Gérard Depardieu aux cheveux roux. On parle de la vie sur la route, de son envie du moment de booster le son de sa guitare (une magnifique Rickenbacker 620 noire) et de rajouter du fuzz partout. On parle cinéma surtout, l’autre passion de Timothée. On peut d’ailleurs l’apercevoir dans le rôle d’un vendeur de voitures d’occasion dans le fabuleux Robert Mitchum est mort, road trip halluciné et rock’n’roll aux côtés d’Olivier Gourmet et Pablo Nicomedes.

Vient l’heure pour lui de s’emparer de la scène. Bien qu’il soit le seul musicien crédité sur l’album, c’est à quatre et en formation serrée qu’ils le défendent. La cohérence sonore est saisissante. Alors que le disque est aérien et forcément rempli de solitude c’est un vrai groupe de rock, compact et teigneux qui assène son set au public clermontois ce soir-là. Le duo basse/batterie peut aisément prétendre à l’élite hexagonale, et, les guitares tantôt cristallines, tantôt saturées portent à merveille la voix du leader. Cette voix justement, parlons-en, à la tessiture si particulière, capable de passer du grave à l’aigüe en une demi-mesure. On pense à Bowie forcément, à Buckley aussi, ce placement presque crooner sur des chansons gorgées de pop sixties. Chacun des membres ayant un clavier à portée de main la chapelure sonique devient délicieusement futuriste, alors qu’une fois encore les arrangements du CD lorgnent clairement vers le passé.

MUSIC///Focus

La Coopérative de Mai - Photo : Hélène Maury

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Les tubes s’enchaînent, Aqualast évidemment mais aussi de formidables versions de Tonight ou Queen of the Fools et de nouveaux morceaux qui laissent espérer un somptueux deuxième album. Après une heure trente de concert, Rover et ses gars déposent les armes, la salle étant définitivement à leur merci.

Depuis le monsieur a été nominé aux Victoires de la Musique, catégorie « Révélation du public ». On espérait vraiment que le prix lui revienne, surtout face aux horribles Tal ou C2C. Et puis Lou, le nouveau single, commence à bien marcher dans les médias. Malheureusement ce sont les quatre DJ nantais qui ont été sacrés... Les artistes comme lui sont rares en France, tout comme Gush ou the Bewitched Hands, il faut les prendre comme des lueurs d’espoirs, des bulles d’air qui se détachent de l’horrible sous-culture de masse en train d’investir les foyers à coup de paroles misogynes et de singles « auto-tune ». Oui, on peut être français et chanter dans la langue de Shakespeare sans pour autant faire le singe de foire et user des clichés du rock en carton comme les immondes Shaka Ponk ou les presque aussi infâmes Skip the Use. Oui, on peut nourrir une fascination pour le son et la production sixties sans pour autant être passéiste. Oui, on peut enregistrer un disque à l’ambiance calme et le jouer sur scène sous testostérone. Et enfin oui, on peut avoir une reconnaissance publique et critique pour tout ça.

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Merci Rover de continuer à faire espérer à des gars comme moi que le rock et la pop en France peuvent encore avoir une image descente. Le deuxième album… Vite… La Coopérative de Mai - Photo : Hélène Maury


MUSIC///Report


Interview : Edouard Lassus Photos : Loïc Benoit

Vous connaissez forcément son nom, mais son visage vous est sans doute étranger. Rien de plus normal puisque Loïc Benoit contribue, en tant que photographe, à quasiment tous les magazines de skateboard, et ce depuis un bon bout de temps. Sa place derrière l’objectif lui permet de conserver l’anonymat tout en mettant en valeur des riders talentueux. Son amour pour la planche à roulettes l’ a mené à la photographie qui, d’une passion, est devenu un métier. Il se définit lui-même comme quelqu’un de sincère et grande gueule, mais il est surtout une personne humble, sensible et douée dans son travail. Aujourd’hui son métier ne se résume pas seulement à shooter des mecs avec une planche sous les pieds. Pour nous Loïc a donc accepté de revenir sur son parcours singulier, ses choix, ses opinions, ses sentiments… « Ainsi va sa vie »


•  Salut Loïc ! Peux-tu commencer par te présenter en nous disant qui tu es et d’où tu viens ? Loïc Benoit, sans chapeau sur le « i » de Benoit et un tréma sur le « i » de Loïc !!! 36 ans depuis janvier, je viens du Beaujolais, de la campagne lyonnaise. J’ai commencé le skate à l’âge de 11 ans, j’ai toujours été nul mais j’ai toujours pris un réel plaisir à être sur mon bout de bois à roulettes et cela fait bien plus de vingt ans que ça dure ! J’essaie d’être un être humain assez simple, grande gueule et sincère !

•  Tu es donc photographe depuis plus de quinze ans, indépendant depuis quelques années. Pourquoi avoir fait ce choix ? Les choix de la vie… Toujours se donner les moyens d’avoir un choix à faire ! Choisir c’est apprendre à renoncer… à méditer J’ai commencé sans vouloir devenir professionnel en quoi que ce soit, simplement par envie, en voyant les photos dans les magazines de skate et comme j’étais nul… J’ai persévéré. Après quinze ou seize ans de photos (en tant qu’autodidacte) cela ne fait que cinq ans que je paie mes impôts en tant que photographe, donc professionnel, mais je n’aime pas ce mot…

« Les regrets, cela m’arrive, mais je les limite. Sur mes petits mollets il y a écrit « nothing to regret / nothing to loose » et ainsi va cette vie ! »

•  Avant de te mettre à ton compte tu as beaucoup œuvré pour le développement du skate en France, notamment par tes photos, mais aussi par ton investissement dans des projets de taille. Tu es à l’origine d’Antiz avec Hugo Liard et Julien Bachelier. Pourquoi t’es-tu retiré du projet ? Pas de regret ? Je vis tout simplement par passion, loin de moi la prétention d’être le premier, le meilleur ou encore développer le skate français. Pour le reste, j’ai fait ma crise des trente ans ! (rires) J’ai tiré une sorte de trait à l’addition de ma vie… J’ai fait un point ! J’ai préféré jouir de mon aptitude à produire des photos et à les vendre que de rester dans ce bureau et ainsi faire bosser des chinois… J’ai bien pris conscience que nous (Antiz) étions des producteurs sur un marché, tu engages ainsi ta responsabilité, tes idées, ta personne et bon bref, pas mal de choses commençaient à m’échapper. Beaucoup d’actes m’éloignaient de mes convictions profondes… Ce choix fut dur, et puis faire une SARL à quatre et prétendre à autant de salaires, pas facile, il fallait alléger la montgolfière  ! Je suis super fier - alors que je ne suis pas fier de grand chose - du chemin fait par Hugo et Juju, nous sommes toujours très liés et très amis. J’ai aussi une sorte de contrat de photos à l’année avec eux. Je leur donne tout et ils me filent des sous ! Les regrets, cela m’arrive, mais je les limite. Sur mes petits mollets il y a écrit « Nothing to regret / Nothing to loose » et ainsi va cette vie !

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Hugo Liard - Fs Air Guitar

SKATE///Interview


« Le skate ne doit pas être un sport (ou une activité) de masse, ça se mérite, ce n’est pas à la portée de tous et tant mieux !! »


•  Le statut de photographe te permet-il de subvenir à tes besoins où travailles-tu également à côté ? En fait je suis payé tous les mois par Vans pour m’occuper du team skate, ceci me fait une sorte de mini salaire fixe et me laisse tout le temps de shooter et donc de facturer pour d’autres clients… En gros sans Vans cela serait bien plus compliqué de boucler les fins de mois ! Merci Vans. •  Considères-tu le skate comme la principale influence de ta vie personnelle et professionnelle ? Bien-sûr que oui ! Pourvu que ça dure ! Cela fait ving-trois ou vingt-quatre ans que le skate accompagne mon quotidien !! Et je suis assez fan de la phrase de J.J. (Jason Jessee) : « I want it to die »… Vivons, nous verrons !

•  Pourquoi as-tu été attiré par le skate et pas une autre discipline comme le bmx, le roller, la trotinette, le foot ou encore le curling ? Pour la petite histoire, j’ai fait du Bmx race pendant trois ans en parallèle au skate, c’est d’ailleurs le seul moment de ma vie où j’ai été sponsorisé !! Sinon j’ai fait du skate pour fuir les sports d’équipe comme le foot, les maillots de merde, les sifflets, les chronomètres, les arbitres, les fans, Téléfoot, les trucs « de la masse » ne m’ont jamais intéressé… En 1988/1989 le skate était en marge, cette différence me plaisait, je l’entretien toujours et ma conception du skate en 2013 est quasiment la même qu’à mes débuts. Le skate ne doit pas être un sport (ou une activité) de masse, ça se mérite, ce n’est pas à la portée de tous et tant mieux !! Joseph Biais - Flip Wall Ride - Montréal


•  Qu’est-ce que ton expérience de team manager Vans France t’apporte ? N’est-ce pas trop dur d’être à la fois TM et photographe sans mettre en avant uniquement les riders représentant Vans ? Cela m’apporte une sorte de sécurité financière comme je le disais avant  ! Mais surtout un super épanouissement de gérer «  une bande de jeunes  » et de voyager avec eux, depuis bientôt quatre ans. Nos liens (entre mes gars et ma pomme) sont forts… Après je suis photographe indépendant, je shoote qui je veux, qui me plait, quand je suis en tour Vans je les shoote, mais nous rencontrons aussi des gars que je shoote, idem quand je suis à Lyon… Mon contrat ne stipule pas de me tatouer un logo Vans et de ne shooter que du rider Vans… •  Depuis que tu es photographe indépendant tu ne te consacres plus uniquement au skate mais également à la mode, les soirées « mondaines » et tu shootes en studio. Ce n’est pas trop en décalage avec ton univers premier ? Je ne fais pas de soirées « mondaines », je bosse parfois sur des colloques d’hommes politiques… J’aime la différence… Il m’arrive de bosser dans des ministères, dans des lieux fous, sur des pistes d’atterrissage, avec de grands chefs cuisiniers, pour des architectes, des institutions, avec de très beaux modèles, mais aussi couché dans un caniveau plein de pisse à attendre qu’un gamin replaque son switch hard flip… Ceci est ma balance ! Je suis capable de shooter un défilé de mode « mondain » et d’enchainer faire des photos gratos pour mes potes zikos lors d’un concert de punk !! J’aime cette diversité que la vie m’offre, j’en jouis ! Et puis tu sais, à trente-six piges cela fait du bien de sortir de son microcosme du skate, milieu très fermé et très nombriliste. Disons qu’à mon âge il me plait de faire d’autres choses…

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David Martelleur - BS Nosegrind - Portland


« je ne suis pas un artiste, je suis un photographe de reportage ! »

•  Quel est le matériel et les techniques dont tu raffoles ? Celles qui te rebutent ? Je rentre de Birmanie où je viens de shooter quinze péloches au XPan (appareil panoramique) et je dois dire que cela faisait quatre ans que cela ne m’était pas arrivé, un sentiment de honte, et une jouissance ! Maintenant il faut tout scanner ! Sinon j’use et j’abuse beaucoup des objectifs à bascule (le décentrement). J’ai un 45mm et un 85mm, j’en ai un aussi sur un vieux Canon AE1 argentique, j’ai un 35 mm SSC (pour les experts). J’adore. Je déteste l’ordinateur, Photoshop et compagnie… Je me sers des mêmes techniques depuis très longtemps. Je refuse d’apprendre plus sur un ordi ! Beaucoup d’amis me boostent mais je bloque... Je hais les effets Photoshop ou encore le fait de virer un poteau ou un personnage de ma photo. Tout est sincère chez moi. Bon ok, j’ai déjà eu quelques photos de tricks non rentrés dans les mags, mais peu !

•  Penses-tu que le numérique a dénaturé le monde de la photographie et la légitimité des photographes ? C’est le moteur à explosion qui a tout dénaturé ! Le travail est nouveau… Disons que j’ai quinze ans de pellicule… Et depuis que je me suis « mis » au numérique, il y a cinq ans, cette passion est vraiment devenue un vrai job !! Quand je vois que sur différents festivals (musique ou cinéma) je livre jusqu’a trois cent photos par jour, ce qui revient en gros à sept cent déclenchements par jour, je ne sais comment ils faisaient avant. On vit dans un monde de surconsommation à tous niveaux… Après, le débat avant VS maintenant, argentique VS digital ce n’est pas pour moi. En tout cas je ne suis pas un artiste, je suis un photographe de reportage ! Pour mon boulot je shoote en numérique et pour mes projets personnels je ressors de vieux appareils argentiques et j’ai toujours un bon stock de films dans mon frigo ! SKATE///Interview

Lemmy - Motorhead

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« Gone c’est une chouette histoire, une histoire de la vie ! »

•  Qu’est-ce que tu regrettes le plus depuis l’aire du numérique ? Ne plus aller voir mon pote Lucien au labo, d’ailleurs il part bientôt à la retraite…

•  Et la vidéo dans tout ça ? J’ai filmé un tantinet au début des années 2000, un peu de montage aussi, disons que j’assistais de temps à autre mon pote Polo sur différents projets pour Wall Street et pour les vidéos Antiz. Mais chacun son taff… ça fait bien longtemps que je n’ai pas suivi un gamin avec une VX1000…


Joseph Biais - FS Lipslide - MontrĂŠal


•  Tu es toujours actif dans la culture skate, particulièrement dans ta région puisque tu as monté le magazine Gone avec trois autres riders. Comment ce projet a-t-il vu le jour et vers où se diriget-il ? Gone c’est une chouette histoire, une histoire de la vie !! Disons que je prends ce fanzine à cœur, c’est comparable à mon job pour Vans. Je mets des coups de pieds au cul de gamins afin que les choses se passent !! J’adore ça au final !! Je kiffe bosser avec Marley que je connais depuis plus de douze ans, j’ai connu Pierre et Fabien après, mais cela fait un moment que les jeunes voulaient faire ça. Après tu sais, les jeunes parlent et puis pas grand-chose ne se passe… De mon coté, Mister Tura - Soma / à Propos - me tannait pour faire une version Rhône-Alpes d’ à Propos. N’étant pas graphiste pour un sous et n’ayant surtout pas envie de le devenir, j’ai motivé le père Marley, puis Fabien et Pierre ! Ça fait plus d’an qu’on tient. Pas mal de coups de gueule, disons que bosser avec le LB, faut être prêt à se prendre ses quatre vérités dans la gueule… (rires) Bientôt cinq numéros, toujours aussi galère de trouver les 1 500 balles pour produire le fanzine, mais bon on avance coûte que coûte…. Ce projet nous rapporte zéro euro, mais bordel niveau aventure humaine, on kiffe !

« Ce qui m’effraie ce sont les marques de sports d’équipe et ces boissons soi-disant énergisantes... » •  Quelle est ta vision du skate aujourd’hui ? Contre quoi as-tu envie de lutter et qu’est-ce qui t’effraie dans le milieu ? En ce qui concerne la notion de « lutte », disons que j’ai été plus activiste et plus poing en l’air, j’en ai conscience !! Je suis toujours un bon vieux gaucho de merde, je vous rassure, mais des fois à 36 ans, je tourne ma langue dans ma bouche avant de gueuler, je relativise plus sur la vie, mon chemin, où je veux aller !! Le skate est pour moi un échappatoire à ce monde (que je n’affectionne guère) et ça depuis le premier jour comme je le disais plus haut. Le skate doit rester en marge, j’essaie d’aller dans ce sens… Ce qui m’effraie ce sont les marques de sports d’équipe et ces boissons soi-disant énergisantes, mais ce n’est pas bon pour la santé ! à ce jour il n’y a malheureusement plus qu’eux pour sortir des sous dans le monde du skate ! Voir un Kingpin DIY sponsorisé par une boisson de ce style, ça me fait chier !! Idem pour beaucoup de skate tour, partant d’un bon principe (The Drive par exemple) et financés par ces boissons non buvables à mon goût !! Pour les rois « des haters », sachez que je fais une différence entre un sponsor comme Orange (il en faut) vendant des forfaits de téléphone et toutes ces boissons que notre organisme engloutit. Ne venez pas me parler de Vans et sa production chinoise… Je parle de boissons qu’on ingurgite, je parle de notre santé… Et pour les marques de sports d’équipe, disons que si je skate c’est pour fuir leurs logos, leurs politiques et leurs idéaux. Alors les voir tout absorber, ça me blesse !! Le skate est un vivier de personnes intéressantes, créatives, artistes, en avant-garde, et avec ce genre de compagnie dans nos pattes, tout disparaît… Blessant, luttons !! 56 Jean-Philippe Dahmani - Boneless Nosegab - Montpellier


« Je me plains mais tout en me bougeant le cul et en me donnant les moyens d’avancer. »

•  Tu es un des photographes français les plus productifs dans le skate, pour quoi et pour qui shootes-tu principalement ? Disons que je ne suis pas du genre à rester dans le canapé à me plaindre… Je me plains mais tout en me bougeant le cul et en me donnant les moyens d’avancer. Je ne baisse pas les bras devant les vigiles, les flics, les cons, je communique, je demande toujours, j’essaie, et souvent ça paie… La satanée photo que nous venions faire, nous l’avons faite !!! •  Cela t’amène à voyager énormément - plus de six mois par an si je ne me trompe pas. Est-ce nécessaire à ton équilibre vital ? L’eau, les fruits et les légumes suffisent à mon équilibre vital ! (rires) Mais j’adore voyager, un pote me disait l’autre jour : « Arrêtes, t’es trop vieux !! » Bullshit ! Allez voir l’autre bout du Monde, des cultures différentes… Cela me fait grandir, cela me renforce face à la vie… Et puis c’est aussi mon équilibre… Après deux mois à Lyon je pète les plombs, la routine me bouffe… Je me bats contre « le train-train » quotidien, pas facile tout le temps (dédicace à celle que j’aime) !


•  Quelles sont les destinations qui t’ont le plus scotché ? La Birmanie… Oui j’en reviens donc c’est tout frais mais ce pays est dingue niveau décor et richesse humaine. La dictature est tombée depuis seulement six mois. La population a enfin le droit de parler aux touristes et aux blancs, du coup quels échanges ! Sinon ma première virée loin de chez moi je la dois à mon père, le Maroc à neuf ans, ça forge… Oui le Maroc loin des Club Med et compagnie, avec le père Benoit, tu pars en 4x4, tu dors à la belle étoile, et si tu te plains on te descend verbalement !! Ce voyage fut vraiment un des piliers de ma jeunesse. Au niveau du skateboard, j’adore l’Oregon - j’y vais tous les deux ans, mais je ne suis pas un « proricain », loin de là - pour les parks, le béton, les gens, l’ambiance… Julien Mérour - Hurricane - Lincoln Pool


•  Pourquoi faire le choix de boycotter les réseaux sociaux à une époque où ils sont des vecteurs de publicité gratuite ? Boycotte, non… Si vous me cherchez vous trouverez une page, donc pas de boycotte, j’ai cette page car oui il m’est arrivé de regarder certains profils !! Mais tout ceci m’épuise et je m’en tape… Trop de perte de temps… Pour moi tout ceci n’est que voyeurisme : la gangrène de notre civilisation ! Facebook, Twitter, Instagram… Rien à foutre de savoir qui fait quoi, qui boit quoi, qui baise qui… J’ai déjà pas assez de temps pour faire tout ce qui m’intéresse, alors l’intérêt des autres, pardonnez mon égoïsme mais je m’en tape le coquillard… Toutes ces infos qui circulent sur vous, ces pubs, savoir que Facebook pèsent des millions pour des traders, c’est comme le foot, ça me donne envie de gerber… Je fuis… •  Ton site se nomme 1sivalavie, pourquoi ce nom ? Bien disons que le fameux « loicbenoit.com » ce n’est pas trop mon truc ! J’avais cette vieille boîte mail « ainsivalavie » et je trouvais que ça sonnait bien…

•  Quels sont tes projets pour les mois, années, décennies à venir ? Me reconstruire, apprendre à me connaître… Je sors d’une sale période de ma vie, je viens de perdre un proche et je rentre d’un voyage très dur pour un sensible comme moi, du coup mes projets actuels sont assez axés sur mon bien-être personnel… Sinon je compte traverser les états-Unis en avril, de New York à San Francisco, pendant un mois et le tout avec une bonne bande de connards (pas un tour de marque, un tour de potes). En juin j’emmène mon équipe de loulous Vans dans mon pèlerinage en Oregon et dans l’Etat de Washington (j’y vais tous les deux ans depuis belle lurette). à part ça j’ai aussi un projet skate avec mon père qui connait super bien le désert marocain. ça me tient à cœur de partager un tour de skate avec le père Benoit qui a un peu la même vie que moi depuis vingt ans. Il voyage à mort sans forcement de budget, un hobo quoi… Et du coup faire ça avec Antiz pourrait être un chouette moyen de mettre en cohésion mes deux familles.

•  Merci Loïc, si tu souhaites rajouter quelque chose ou remercier des gens c’est à toi : Ainsi va cette vie. Merci à vous, longue vie au petit projet humain ! Damien Marzocca - BS Tailslide - Burnside


« Facebook, Twitter, Instagram… Rien à foutre de savoir qui fait quoi, qui boit quoi, qui baise qui… »


Texte : Edouard Lassus Photos : Clément Le Gall

Le skateboard est une activité synonyme de liberté, d’indépendance, de plaisir et le simple fait d’évoquer le système fédéral peut en rebuter plus d’un… Mais, lorsqu’on approfondit le sujet et qu’on se penche sur l’ensemble des actions et dispositifs mis en place par l’ actuelle Commission Skateboard - pour donner un coup de boost et un nouvel élan à un système en recherche de légitimité - on sent une grande motivation et une réelle volonté de faire évoluer les choses dans la bonne direction.

Pour situer le contexte il faut savoir qu’autrefois la pratique du skateboard était rattachée à la Fédération Française de Surf (de 1977 à 1992). C’est au début des années 90 que la discipline s’est séparée de la FFS. à partir de là, le Comité National de Skateboard traitait directement avec le Ministère des Sports, jusqu’à son entrée au sein de la Fédération Française de Roller Sports en 1997. C’est à cette époque que les premières formations (Brevet d’Initiateur Fédéral, Brevet d’Etat d’Educateur Sportif 1 & 2) ont pu voir le jour par le biais de la Fédération. Aujourd’hui, suite à une rénovation des diplômes, les BEES 1 et 2 ont disparu au profit du Diplôme d’Etat Jeunesse Education Populaire et Sport (DEJEPS) et du Certificat de Qualification Professionnelle Skateboard (CQP). De son côté, la Comission Nationale de Skateboard (CNS) se résumait à un collectif France (créé en 2002) et à un circuit fédéral composé d’un championnat et d’une coupe de France. Certains riders avaient ainsi l’opportunité de participer à des étapes européennes et internationales. Un processus qui était donc axé sur le développement des relations internationales du skate, notamment avec la création de l’European Skateboard Association et de l’International Skateboard Federation. Depuis 2011 la Commission Skateboard remplace la CNS avec une nouvelle équipe de pratiquants et de passionnés recentrant la politique de développement du skateboard au niveau national, tout en poursuivant certaines réalisations passées. Voici donc un aperçu des actions et projets élaborés afin de restructurer une Commission Skateboard souvent méconnue et dépréciée. SKATE///Focus

63 Robin Bolian - Handplant - Gujan


•  Championnat de France :

Le circuit du championnat de France (Street, Rampe, Bowl) passe de cinq étapes en 2012 à huit étapes en 2013 : Nantes, Briançon, Calais, Rouen, Lyon, Bordeaux, Draguignan et Annecy. Les participants sont répartis en plusieurs catégories : Juniors (- de 16 ans), Espoirs (16 – 18 ans), Séniors (+ de 18 ans), Filles et Masters (+ de 30 ans). Pour faire partie du circuit l’association ou le club organisateur doit être affilié à la Fédération et suivre un cahier des charges établi par la Commission Skateboard. L’organisateur doit notamment gérer les inscriptions et débloquer un budget pour l’hébergement et la restauration du staff de la Commission Skate qui, de son côté, prend en charge la rémunération des juges et gère tout ce qui concerne les licences, le jugement et la partie classement.

•  Coupe de France :

Cet événement regroupe les meilleurs riders du championnat de France et du classement national ainsi que quelques invités (wild cards). La coupe de France 2013 se déroulera au skatepark de Chelles (Cosa Nostra) au mois d’octobre.

•  Classement National :

Ce système de classement est assez semblable au système ATP au tennis avec des labels et coefficients selon le niveau de chaque contest (départemental, régional, national, européen ou international). Pour qu’un événement soit intégré au classement national il n’est pas forcément nécessaire d’être affilié à la FFRS, cependant seuls les riders licenciés auprès de la Fédération voient leurs résultats pris en compte pour le classement national. Un juge officiel doit être présent dans le jury dès lors que l’événement est d’envergure nationale.

•  Formation de Juges :

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Cette année, trois formations permettant d’obtenir le statut de juge national officiel seront dispensées dans les villes de Briançon, Calais et Draguignan. Vincent Milou - FS Bluntslide - Nantes

Terence Bougdour - Flip Indy - Nantes


•  Collectif Junior :

Chaque année huit jeunes de moins de 16 ans sont sélectionnés à travers le circuit national (suivant leur assiduité, résultats et polyvalence) afin de former ce qu’on peut appeler une « équipe de France de Skate ». Dans le passé les skateurs membres de l’ancien Collectif France étaient engagés sur des contests internationaux. Aujourd’hui, la nouvelle équipe de la Commission Skateboard préfère valoriser des jeunes espoirs du skate français, les emmener en tournée dans une région afin de revenir vers les fondements culturels de la pratique : sortir de l’esprit de compétition et retrouver des valeurs de partage et d’échange. Le tout, en compagnie d’un photographe et d’un vidéaste ce qui leur assure une certaine médiatisation et peut les aider à trouver d’éventuelles aides. L’année dernière le Collectif Junior s’est rendu sur les parks de la région Aquitaine. Pour l’édition 2013 la tournée devrait se dérouler dans la région Midi-Pyrénées.

•  Collectif Filles :

Ce collectif est basé sur le même principe que le Collectif Junior, mis à part qu’il n’y a pas de limite d’âge. L’objectif est de regrouper des filles venant des quatre coins de la France pour qu’elles partent en tournée ensemble.

•  Drop Skate :

Cette action consiste en l’organisation de journées portes ouvertes dans le but de promouvoir la discipline et de toucher de potentiels nouveaux adhérents pour les associations locales et la Fédération.

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Collectif Junior 2012

SKATE///Focus

Joseph Garbaccio - FS Feeble


•  Ecole Française de Skate :

Il s’agit d’un instrument de développement commun et cohérent pour les clubs et moniteurs avec notamment une hiérarchisation de cinq niveaux allant de l’initiation au niveau national et la mise en place d’évaluations (street et courbe) permettant d’attester la validation de chaque niveau. Actuellement cinq clubs pilotes (Alaï, Astuss, Gujan Mestras, Projet Berwick et Tribe) testent ce projet avant son entrée en vigueur, en septembre 2013. Cet outil est destiné aux moniteurs, associations et élèves affiliés à la Fédération Française de Roller Sports. L’appellation « Ecole Française de Skate » garantit ainsi une formation qualitative auprès de moniteurs qualifiés (BIF - CQP – BEES – DEJEPS) qui doit suivre un cahier des charges dressé par la Commission.

•  Commission équipement :

Le but de cette commission est de veiller au bon développement des skateparks à travers le territoire en aidant les communes qui souhaitent s’équiper. Selon la demande des villes la commission a donc une mission de consulting, d’accompagnement et d’aide à la gestion d’équipement. Le tout dans le but d’éviter la création de skateparks inadaptés aux besoins, trop onéreux ou de mauvaise qualité comme on a pu en voir un certain nombre ces dernières années… L’objectif sur le long terme serait la création d’un site internet spécialisé dans l’équipement et référençant les skateparks de l’hexagone tout en leur attribuant un label de qualité. La Commission Skateboard avait déjà réalisé un guide utile et très complet intitulé « Construire un Skatepark » , qui était destiné aux communes, clubs et associations. 69

Vincent Matheron - Nosegrab Transfert

Robin Bolian - FS Nosegrind - Gujan


par Edouard Lassus

• Nom : Beaufort

• Prénom : Lucas • âge : 31 ans • Ville : Mougins

• Passions : Skate, cinéma, voyages, l’acrylique.

• Premier contact avec l’art : C’était fin 2007, un pur hasard, on s’est rencontré à la sortie d’un bar. Lui était ivre, moi j’étais sobre, on ne se quittera plus jamais.

• Études : Bac ES en poche, j’ai enchainé avec des études commerciales et un échange ERASMUS en Ecosse. • Profession : ça va faire huit ans que je bosse dans la pub chez Desillusion-mag - www.dslmag.com -

• Influences : Patrick Watson, Bowerbirds, Jeremyville, Jon Boam, Barry McGee, Parra, Cody McEntire, Michael Haneke. • Collaborations : Electric, 55DSL, Transition magazine, Converse, Furlan snowboard. • Déclic : Mon frère, un soir de Noël.

• Objectif : Peindre sur la Tour Eiffel. • Support favori : Le bois.

• Comment t’es venue l’idée de customiser des couvertures de magazines ? En fait, c’est venu par hasard, je n’ai pas du tout prémédité ce projet. J’ai fait un test sur Vice magazine et tout s’est enchaîné très vite. J’ai proposé l’idée aux différents médias skate et snow et maintenant je suis comme possédé par les couvertures. • D’où sortent tes personnages ? Alors là tu touches une corde sensible, tous mes personnages proviennent d’un coffre sécurisé par un code que je ne connais pas. Heureusement qu’il me reste la mémoire pour les redessiner. • Techniques et matériels utilisés ? Pour le moment j’utilise essentiellement de la peinture acrylique. 70

ART///Sa Face...


• D’où te vient l’inspiration face à une couv’ ? Je ne peux pas peindre sur n’importe quelle couverture. L’inspiration me vient en fonction de l’espace et de l’environnement autour du personnage clef. Plus c’est épuré plus mes possibilités sont grandes. D’ailleurs, j’ai plus de facilités sur une couverture de skate que de snow. • Comment définirais-tu ta démarche et ton processus artistique ? Je marche à l’instinct. Je me lance sans trop savoir où aller mais je suis toutefois guidé par une vision, une envie, un sentiment.

• Rencontres marquantes : Il n’y a pas une rencontre en particulier mais plutôt un ensemble de choses, une sorte de pyramide qui avance lentement mais qui commence à avoir une base solide. • Leitmotiv : Ma femme, mon skate et un bon plat de Rizzeti. • Un livre : American Psycho de Bret Easton Ellis.

• Un film : Funny Games de Michael Haneke, la version de 1998. à voir et à revoir en famille.

• Un CD / Un morceau : Big bird in a small cage de Patrick Watson. • Une œuvre : Les constructeurs de Fernand Léger. • Une destination : La Californie.

• Un Rêve : Construire une cabane en Nouvelle-Zélande.

• Ne veux pas : être obligé d’écouter la musique dans les supermarchés.

• Une anecdote : L’acteur Jude Law est venu manger au restaurant de mon père au mois d’octobre. Apparemment il tournait dans le Var pour son prochain film. Il a regardé une de mes toiles et était intrigué. Le lendemain, il a réservé une table pour sa fille et ses parents. Arrivée sur place sa fille a été attirée par la même toile que son père. Comme c’était son anniversaire, mon père a décidé de lui offrir. Du coup, je me dis qu’une de mes toiles va être accrochée chez la famille Law, donc une surprise pour le moins inattendue. • Actualité : Un livre, une exposition pour le 1er trimestre 2013 avec le photographe Jérôme Tanon.

• Projet : Un projet de livre est en cours, il va rappeler l’essentiel du projet « Recover » et devrait sortir prochainement. • Thanks : Grenouille, Mammouth, ma famille, ma femme, mes amis. • Ton site : lucasbeaufort.tumblr.com

ART///Ses Couvs

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par Yann « Guliver » Martinot & Jean-Pierre « Kris Vitti » Martinot Photo : Loïc benoit

« Dans la forme d’un outil trois valeurs interfèrent : la fonction mécanique idéale, les solutions matérielles à l’approximation fonctionnelle qui relèvent de l’état technique et le style qui relève de la figuration ethnique »

André Leroi-Gourhan in Le geste et la parole vol. 2 - 1965

• Art.IX - L’Invention Banale... VS ...Le Moustique Mutant

L´idée de vaporiser des liquides est ancienne. L’homme préhistorique propulsait déjà des pigments par la bouche afin d’aposer la trace de sa main sur les paroies de la grotte où il vivait... Il en aura fallu des révolutions techniques, technologiques et industrielles pour arriver à fabriquer... - La BOMBE -

Dès 1862, un brevet américain s’intéresse à la diffusion de liquides se trouvant dans un flacon grâce à une valve munie d´un tube plongeur. Ce n’est qu’aux alentours de 1930 que l’humanité peut bénéficier de l’invention du principe aérosol, grâce au norvégien Erik Rotheim. Pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est en exploitant le brevet de Rotheim que deux chercheurs américains, Goodhue et Sullivan, répondent à l’attente de l’armée américaine de trouver une protection efficace contre les insectes et moustiques.

Le premier aérosol est donc un insecticide à usage militaire. Ils obtiennent un brevet pour le développement de leur invention en 1943. Après la guerre, l’idée d’utiliser l’emballage aérosol à usage civil se répand peu à peu... Une INVENTION, vient de croisements, de recoupements entre des choses déjà existantes, qui vont permettre d’innover... • Art.X - Planche Contact a.k.a. Le Temps en Suspends

Le surf, comme le skate et le graph se joue sur une zone contact. Sans friction, il n’y a pas d’énergies qui puissent se manifester. Cette zone contact qui se situe aux frontières de la ville et de la nature est donc le spot, comme nous l’avons étiquetté précédemment dans les articles VII et VIII. Ainsi, le skate est basé sur la GLISSE, la station DEBOUT et la découverte d’un terrain, d’un SPOT.

Avec le GRAPH, pas de SURF, de patins à GLACE et de « jour sans vague ». Pas de Los Angeles et ses surfaces en béton et en bord de mer. Qui n’a pas déjà gravé son nom sur un arbre ou sur sa table d’école, le graffiti vient de cette naïveté. De l’enfant qui apprend à écrire son prénom et répète cet acte fièrement, indéfiniment, comme si à chaque lettre inscrite il se définissait un peu plus lui-même. Par le geste il s’ approprie son nom.

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Le GRAPH tient de la gravure mais il va resurgir en aérosol ! Comme tous les arts plastiques, le GRAPH remonte à loin... Jusqu’à la Préhistoire. Et il vient ressurgir là, en plein dans cette urbanisme débordant, où, il n’y a pas et il n’y a plus une entrée, plus de ces portes qui marquaient le passage entre deux espaces, celui de la ville et celui de la campagne. Dans les débords d’un urbanisme prisonnier du mouvant .. • Art.XI - Sable Mouvant a.k.a. Béton Disloquation

Ce qui est dans le mouvant, à distance, va être la marque d’un nouvel urbanisme. Tout celà vient définir un autre espace. Et une autre image. Car l’image s’est mise à la mesure des courants qui viennent traverser jusqu’au plus construit et qui s’étendent à la campagne rendue méconnaissable. L’image a toujours fait question. Elle semble indépendante et tellement dans l’air qu’elle pourrait bien se passer de tout support. Les affichistes se sont très bien servis de cela. L’affiche, la pub, survient n’importe où. L’image se substitue au monde du vrai et du dur. Mais le support demeure. Pas d’image sans support. Dès lors, les arts plastiques se sont retrouvés en compagnie de formes à la dimension des temps nouveaux. Ainsi, l’enseigne, l’affiche publicitaire, ces formes nouvelles qui ont décroché le visuel des lieux autrefois réservés à celui-ci. Le visuel a couvert, de ses couleurs et de ses formes, des objets mouvants. Et l’image va se signaler dans la compagnie de tels objets. Des objets qui se déplacent, qui sont éphémères, ou à peine construits et, les voilà à l’abandon.. Cette part des arts plastiques qu’on appelle le graph, va suivre les méandres de ces dé-localisations, de ces dislocations. C’est bien la ville disloquée qui va laisser apparaitre des murs sans objets...

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Tittoo Bird - Porte d’atelier de Vincent GuillerminFriche RVI Lyon, RIP - Photo : Loïc Benoit

ART///Chronique


• Art.XII - L’outil du Mouvement a.k.a Urbanists Legacy

Ce n’est pourtant pas la peinture qui fait tenir le mur. Quand l’architecture n’est plus là et qu’elle penche du côté du dehors, elle devient ce qu’on peut reconnaître comme étant un SPOT. Mais comme pour le SKATE, y-a-t-il vraiment SPOT avec le GRAPH ? Le skate se déploie dans l’espace et pas seulement sur une surface, sur un mur. Le mur, on le sait, supporte une image et celle-ci peut faire oublier le cadre et l’espace où se déroule ce que cette image donne à voir. Tout se joue là. Le GRAPH ne peut qu’ouvrir à la virtuosité des grapheurs, si le spot n’est pas plus qu’un mur.

à peine le GRAPH inventé, que va se poser la question de sa légitimité. Et donc celle d’un support à celui-ci. Avec le graph, réapparait, dans d’autres configurations sans doute, une trés grande question : celle de la place de l’image dans la cité. Celle du lieu d’inscription de l’image. Le grapheur va dès lors développer sa panoplie de tricks pour faire valoir sa virtuosité.

Le GRAPH n’est pas tout dans l’acte de peindre. Et de peindre avec une bombe. Cette outil qu’est la bombe, est celui qu’on emploie en particulier pour l’automobile. L’automobile est ce grand objet mouvant. Et cet objet s’identifie par sa couleur. Le grapheur va détourner la bombe. Ce n’est plus seulement pour recouvrir une surface qu’il va l’employer, mais pour produire un signe, une image. Le signe est d’abord une signature, mais il deviendra aussi une image. Et celle-ci doit rendre compte de la capacité de son auteur à transcender l’outil détourné. Tous les grapheurs ont leurs gestes propres, c’est entre autre mais surtout ça la signature du signeur... L’ expression de son propre geste, une empreinte de lui-même comme un ancrage face à un monde en dripping. La figure, le TRICKS, est autre que le plus droit et l’énergie sans détour. Il y a dans la figure, une captation d’énergie, pour amener celle-ci au détour et sans doute, à quelques boucles et ellipses. Ces figures, ces énergies détournées au passage, ressortent autant du graph que du skate.

La figure, le tricks, est un capteur d’énergie. Celle-ci, qui est une force non visible en elle-même, est entreprise et, il en ressort, du Graph et des figures à la fois aériennes, passant par ce corps qui conduit, qui « drive » les transformations. Si la dissociation entre l’énergie libre qui court dans la nature comme la vague et l’énergie transformée, apparait de manière brutale avec les inondations de Los Angeles, une telle dissociation se trouve réassocié de manière imprévue, dans des pratiques et des inventions comme le graph et le skate. - L’ étiquette épitaphe -

« Les nuances sont (…) l’élément définitivement significatif et l’esthétique au sens large pourrait bien être l’une des clefs de l’ethnologie. S’il en était ainsi il y aurait véritablement une science à créer, celle des valeurs, des rythmes, des saveurs et des formes dans une systématique adaptée aux besoins de l’expression de l’indéfinissable ethnique. »

André Leroi-Gourhan in L’expérience ethnologique - 1968

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des photographies de Pierre Prospero

Larry - Frontside Ollie Transfert - Barcelone •

• Gerard Watts - Flip Fakie - Angleterre


Stéphane Zanette - Dubaï •

• Young Runner


Bonnet Brown Town | Sweat zippé Vans & Alternatif | T-shirt Wild Customs | Cruiser Globe Bantam Modèle : William Naze - Photo : Loïc Falière - Lieu : Atelier Butch WoodMaker

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85 Support : papier 200 gr/m2 • Technique : crayons de couleurs •

• par Jérémie Kergroach


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urban cultures mag

www.sltransfert.fr TransferT - vol.i  i n*3 mai 2013

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• Rédacteur en chef Edouard Lassus sl.transfert@gmail.com

• Rédacteurs Jérémy Bois Vincent Pietri Yann « Guliver » Martinot Jean-Pierre Martinot

• Maquette Edouard Lassus Mickaël « Pub » Madrignac

• Photographes Vincent Perraud Loïc Benoit Thomas Borie Clément Le Gall Roger Baumers Philippe Lebruman Hélène Maury Fred Murray Ruben José Sandra Oliveira

• Publicité Christophe Chabaud Edouard Lassus BTS Communication du lycée Saint-Géraud - Aurillac • Logo Mickaël « Pub » Madrignac Yann « Guliver » Martinot

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Association de Cultures Urbaines

Skatepark Indoor & Outdoor . École d'apprentissage Évènementiel . Initiations & démonstrations Accompagnement de Projet

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TransferT Vol.II N°3  

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