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Éditorial Il

est vrai que l'éditorial n'est pas toujours la partie la plus évidente à rédiger surtout lorsque l'inspiration vient à manquer. Néanmoins il demeure essentiel puisqu'il fait office de transition entre les rédacteurs pour qui il signifie la fin du travail de réalisation et les lecteurs pour qui il sert d'introduction. Alors oui, je l'admets, il peut arriver qu'afin de combler le blanc on en vienne à écrire sur la pluie et le beau temps ou à palabrer sur des sujets annexes et sans grands intérêts. Mais il peut aussi être l'occasion de clamer sa joie ou de pousser un coup de gueule à l'encontre de ces animateurs de centres de vacances qui sont en théorie responsables de cette jeunesse qu'ils ont menée sur ce skatepark avec du matériel inadapté, mais qui en pratique préfèrent discuter entre eux plutôt que de les surveiller; de cette mère de famille inconsciente qui laisse son bambin divaguer entre les modules pendant que des dizaines de jeunes riders y évoluent à un rythme effréné; de ces villes où les murs d'expression libre manquent cruellement; ou encore à l'encontre de ces trottinettes qui se répandent sur nos skateparks telle l'algue verte sur les côtes méditerranéennes... Il y en auraient des choses à dire mais je ne déverserai pas mon flot de haine et d'aversion en ce jour étant donné que je suis vraiment enchanté à l'idée d'écrire ces quelques lignes tant à certains instants elles m'ont paru si lointaines et incertaines. Je reconnais que le doute s'est emparé de moi à plusieurs reprises concernant l'avènement de ce septième numéro à travers cette matière noble qu'est le papier, me demandant si nous n'allions pas devoir nous résigner à ne faire qu'une version numérique. Effectivement nous avons voulu faire les choses en (plus) grand étant donné l'importance accrue des interviews et du contenu offert par ce nouveau numéro comparé aux précédents, alors je me suis laissé aller à quelques désirs certainement plus proches de l'utopie que de la réalité. Et finalement, même si certains d'entre eux n'ont pu être assouvis, l'évolution est tout de même satisfaisante et n'aurait été possible sans les protagonistes, photographes, partenaires ainsi que l'association Session Libre et toutes les personnes qui ont donné de leur temps, de leur énergie et un peu d'eux-mêmes pour réaliser ce numéro sept. Merci à eux et bonne lecture à tous !

En couverture: Jérémy Grousset - Varial Heelflip - Photographe: Loïc Benoit Editorial: Yanis Payet - Backtail - l'Epicentre - Photographe: Romain Fel Sommaire: Sheep balls - Australia - Photographe: Jérémy Savel 2


Association de Cultures Urbaines www.sessionlibre.com Skatepark Indoor & Outdoor École d'apprentissage Événementiel Initiations & démonstrations Accompagnement de Projet L'Épicentre Rue du Docteur Patrick Béraud 15 000 - AURILLAC 04 71 62 44 59 contact@sessionlibre.com


S

o m m a i r e 6

Béton Tour 2011

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Brown Town.

8

Cologne Worlds BMX Masters

38

Parking Trip

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Street Park Project

46

Arnaud Malthieu

12

Seb Daurel

58

Sa Face & Son E.P.

18

Jérémy Grousset

60

Culture Toi !

30

John Garcia

62

Étiquette

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Rédacteur en chef: Edouard lassus sl.transfert@gmail.com Contributeurs: Vincent Pietri Pierre Mercier Yann "Guliver" Martinot Photographes: Loïc Benoit Sem Rubio Fred Ferand Freddy Bermond Vincent Anglaret Nicolas Petitjean Rémy Sennepin Pierre Mercier Agathe Cazes Jérémy Savel Romain Fel Logos: Yann "Guliver" Martinot Maquette: Edouard Lassus Imprimé par Cantal Reprographie - 15 000 Aurillac

sltransfert.blogspot.com


Beton Tour 2011 Texte et photographies: Pierre Mercier

Quatrième édition, et oui déjà ! Le temps passe vite, cela fait maintenant quatre ans que Session Libre sillonne une nouvelle région chaque fin d’été. Lorsque je repense aux précédents voyages je me dis qu'il y a eu beaucoup d’évolution. Tant au niveau du riding, que des spots roulés ou encore concernant la progression globale de ces petits jeunes que l’on côtoient tout au long de l’année à l’Epicentre.

Mini Rampe Doble

Je me souviens encore de certains d'entre eux qui apprenaient à droper dans la micro de Millau lors de la première édition. En les voyant désormais être imprégnés de cette culture qu’est le skateboard ou le bmx, rouler avec plein de style, de plus en plus de tricks et d’amplitude, je me dis que nous pouvons être satisfaits. Le Béton Tour sert à cela, plus qu’un camp sportif pour ados, c’est une véritable école de la vie version cultures urbaines. Certes ils ont assimilé de nouvelles figures et roulé de nouveaux spots, mais ils ont également appris à se connaître, à vivre ensemble, à partager de bon moments et à être tout simplement amis. J’espère qu’ils retiendront cela… Du bon temps entre amis; au bord d’un lac, à faire des plongeons et des plats au point d'en être rouge écarlate; sous une chaleur étouffante au bord d’un bowl trop glissant, mais où l’on s’amuse tant à carver en prenant du speed dans les parties raides; autour d’une bonne pétanque donnant l'impression d'être sur la Canebière. Ça se vanne dans tous les sens mais à l’arrivée on joue tous comme des pieds. Ou encore autour d’une bonne assiette, on apprend à cuisiner ou plutôt à apprécier la bonne nourriture que Vince sait si bien nous faire depuis le début. Je dérive un peu du sujet originel et pourtant c’est aussi cela le Béton Tour. 6


Un grand merci à vous bande de « sales gosses » qui côtoyez l’Epicentre au quotidien ou qui venez avec nous au Béton Tour. C’est vous qui donnez la motivation à toute l’équipe Session Libre. C’est vous l’avenir de cette association, votre association. J’espère que vous l’avez compris. Vous êtes chez vous, prenez conscience de la chance que vous avez. Skatez, roulez… On se charge du reste, avant que ce soit votre tour ! Mais surtout restez comme vous êtes et n’essayez pas de grandir trop vite et de faire comme certaines de vos « idoles ». Le Béton Tour c’était: - plus de 1000 km. - des heures de mini bus. - Annecy/ Crolles/ Cran Gevrier / Monistrol sur Loire. - l’accueil chaleureux du camping. - notre voisine la mamie qui n'aimait pas les jeunes (mais qui les a trouvés mignons au bout d’une semaine). - le sosie de Samantha… Oups en notre compagnie. - des plongeons. Louis Bousquet - Wall To Fakie - Mini Doble - de la pétanque. - des bowls et des street parks. - Kevin Kalkoff chez lui avec un style de malade. - Werner Sandoz, dans un autre monde, qui détruit le step-down de la partie street d’Annecy. - le réveil de certains avec les motifs de l’oreiller gravés sur leur visage. - des repas à s’en casser le ventre ! - un contrôle de Jeunesse et Sports (je précise pour les parents lecteurs, on a obtenu 20/20). - un énorme orage. - les tentes "2 secondes" impossible à replier. - un Mcdo en bordure de Lyon (après des heures de route ça fait l’unanimité !) - l’accueil toujours aussi sympathique de notre ami Damien Bachelard, merci ! - la mini Doble, hôtel 4 étoiles, merci encore ! Voilà, le Béton Tour, L’Epicentre, Session Libre, c’est tout cela. Pour ceux qui ne connaissent pas et qui ont moins de 18 ans, rendez vous l’année prochaine pour la 5ième édition. Pour les majeurs qui n'ont jamais vécu de tels moments, venez faire un tour à l'Epicentre.

Report

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Cologne Worlds BMX Masters Intro: Edouard Lassus Récit et photographies: Vincent Pietri

Pierre Mercier et Vincent Pietri, employés permanents au sein de l'association Session Libre ont été sollicités afin de juger les Worlds BMX Masters qui se sont tenus à Cologne, en Allemagne, du 8 au 10 juillet 2011. Un beau cadeau d'anniversaire pour Pierre ainsi qu'une bonne occasion de fêter ses 27 ans de la meilleure des manières ! Voici donc un retour sur ce week-end d'exception.

- Tout commence par un coup de téléphone: - «Salut les gars, j’ai peut-être un bon plan pour vous, être juges au Masters, ça vous botte ?» - «Euh, les Masters, l’événement BMX qui est aussi vieux que nos petites vies, juger nos idoles, ouf pression là... Comment ? Il y a un pass pour les soirées et d’autres juges français ? Ok, on y va !» - «Bon, je donne vos coordonnées à Shaun Scarfe, qui vous tiendra informés de la suite du programme». Avion ou voiture, à une semaine de l’event toujours pas de news de Shaun... Bon l’option avion est déjà inenvisageable, hors de prix, donc si Shaun nous contacte ce sera 14h de voiture. Ce qui devait arriver arriva, message sur mon répondeur : «Hi guys, it’s Shaun Scarfe for BMX Masters, if you are interested for judging crew it’s possible. It’s a little job for a little money». «Little job, little job...», il va quand même falloir assurer pour ne pas rendre une copie à côté de la plaque. Et pour le «little money», ça paiera pile poil l’aller-retour. - Départ le jeudi, on passe faire le plein de ravitaillements et let’s go ! Quatorze heures de route, ça laisse le temps de bosser bien sûr. Pierre est au volant et moi aux notes. On s’emballe tellement sur les projets d’avenir qu’à peine trois heures après être partis première erreur de parcours. «Hé, les départementales là, c’est un raccourci ?» Allez allez on se reprend, concentration et direction la frontière franco-allemande illico presto. Le passage de la frontière est assez flou, jusqu’à ce moment où les panneaux de limitation de vitesse n’existent plus, seules des vitesses «conseillées» apparaissent... Régulateur de vitesse à 180km/h, juste pour voir, juste parce qu’en tant que bon frenchy, éclater les interdits habituels procure une sensation étrange. Bref, la suite. Une fois à Cologne, on met le GPS du téléphone en route et direction le centre-ville. Ça commence mal: des travaux coupent le pont qui nous permettrait d’aller sur le spot et l’adresse que l’on a n’est pas bonne. Premier contact avec la langue: 8


- «Hello we are going to the BMX Masters...» - «Haha tu es français ?» - «Heu, oui tout à fait» (Je pense que mon accent m’a trahi...) - «Tu passes par là, par là, et là tu y es» - «Ok, thank you beaucoup, salut, bye». Arrivée sur le park, visite, hôtel, rencontre avec Dave Hank et Chris Job avant de retrouver les autres frenchys. Yann Colignon du 80100 park à Abbeville, Patrick Guimez organisateur des Lords of Dirt, Christian Van Hanja photographe d’origine corso-belge. Quelques bières sur les marches devant l’hôtel et tout le monde au lit avant ce gros week-end.

- Le vendredi matin nous nous retrouvons tous dans la salle des juges, rejoints par deux tchèques et deux anglais. Les consignes nous sont données, nous nous répartissons les phases de qualification de la journée et c’est parti. Pendant que Pierre est en pleine qualif park amateur je fais le tour du site en notant attentivement tout ce qui pourrait être réadapté aux Sessions Volcaniques. Je rencontre Stephan Prantl (organisateur et cofondateur de WeThePeople) qui m’explique pourquoi la gestion d’un événement de cette taille est complexe. Le public attend chaque année une organisation au moins équivalente à l’édition précédente mais tout ceci ne tient qu’à une chose: les finances. Et à l’heure où les sponsors privés et extra-sportifs se retirent, il est bien compliqué d’assurer la mise en place de gros events. C’est donc pour cette raison que cette année le dirt n’a vu que deux doubles, que les prize money pour les riders étaient rikiki... Cette longue journée se termine par les qualifications dirt.

- Samedi: nouvelle grosse journée en perspective, le public arrive en masse, le camping du site s’est rempli tout au long de la nuit et garde les stigmates de la fête qui s’est terminée au levé du jour... Les qualifs professionnelles park sont assez incroyables, Hannu Cools enflamme la foule avec un transfert d’un bout à l’autre du park en passant en haut du wall en manual ! Les américains sortent les tricks comme si de rien n’était, Pat Casey, Brett Banasiewicz, Rob Armour... Bien sûr Daniel Dhers craque une routine peu esthétique mais implacable au niveau des points. D’autres riders surprennent par un style et une utilisation du park différente, Dan Foley a un flow de malade, des tricks simples mais avec une amplitude incroyable. Personnellement je suis resté bloqué sur ce gars, j’espère pouvoir le voir rouler un jour à l’Epicentre... Les riders locaux ne se laissent pas écraser par la concurrence d’outre-atlantique et les deux plus marquants sont Felix Kirch et Markus Reuss, avec des 360 abusés ainsi que des flips en spine à une hauteur de fou... L’armada Tchèque emmenée par Michael Beran est assez surprenante, les riders ont un style «copié-collé» sur Beran et se jettent sur le park comme si c’était leur dernière session. Un japonais nous a bien marqué avec un front flip kamikaze sur la fun box, à chaque passage la foule retenait son souffle, on le suppliait d’arrêter, mais non, ça a fini par passer. Ouf ! - Finale Dirt: je pense que ce moment a été le plus marquant. Le spot se trouve sous un pont de quatre voies, la nuit commence à tomber. La foule venue pour le "firework" se mélange au public des Masters, la pression monte avec la fin des trainings, et la voix du speaker dopé au Jack Daniel’s déclenche une euphorie générale. Chaque rider a trois runs, donc premier passage serein pour tout le monde et la pression monte au fil des runs. J-B Peytavit roule en mode Monsieur Propre et ramasse un belle troisième place. Pour départager le deuxième du premier les négociations ont été longues et passionnées. James Foster termine devant Pat Casey grâce à des runs ultra-propres. Je vous laisse regarder les vidéos qui circulent sur le net pour vous rendre compte du niveau qu’il y avait, mais dans le genre prends ta claque, le dirt se pose là !

Report

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- Samedi soir en bref: Patrick Guimez fait la collection de manches de T-shirt... Pierre tente d’agrandir la sienne avec le débardeur de Pat Casey, pas de manches sur un débardeur donc Pierre étrangle Pat en voulant lui arracher... Le jeune Thomas du park d’Abbeville tisse des liens franco-allemands, je l’aide... Oh merde elle parle français ! On a perdu l’adresse de l’hôtel pour rentrer et l’un d’entre nous est très pâle, le taxi hésite à nous ramener... Casse-croûte, aspirine, dodo.

- Dimanche: finale mini à spine amateur avec des kids du genre coriace, à peine douze ans et les runs sont parsemés de 54O, bus to condor...etc. Pour les pros, Dan Foley est toujours incroyable, Ondra Slez rentre un front flail (front flip 180), Markus Reuss bloque sur un 540 backward en haut de la sub box to drop condor. Ça envoie du gros, la conception d’une mini à spine fait que les runs sont très concentrés et l’avalanche de tricks est lourde ! Les finales park ont été le moment le plus dur à vivre, tant pour le public que pour les riders. Premier run des finales, Christian Zieggler s’élance sur le park, prend un maximum de vitesse et s’envoie le transfert courbe à courbe par dessus le wall, sa roue avant est un poil trop loin, pile entre deux modules, son visage s’écrase au sol. La violence de l’impact est surréaliste, plus personne ne bouge jusqu’à ce que les secours l’emmènent. Il reprend conscience et gratifie le public d’un gros fuck, ça a l’air d’aller... Les runs s’enchaînent, les tricks tombent jusqu’à ce qu’un nouvel accident nous glace le sang. Pendant les cinq minutes de training laissées aux riders de la dernière poule, Pat Casey fait un air bus et lance un whip dans la redescente, son vélo se bloque et il s’écrase au sol. Les secours arrivent immédiatement, il convulse et perd connaissance... Les finales sont stoppées, tant qu’il n’y a pas de nouvelles des urgences. L’info nous parvient: il est sonné et ne veut pas aller se faire soigner, le médecin rassure l’entourage... Les finales reprennent. Drôle de moment, sensation étrange, un instant pareil ne donne plus envie de voir les autres riders risquer leur vie sur un simple trick. Les finales se terminent rapidement, Daniel Dhers envoie sa routine plus un truck to truck et l’emporte. - Dimanche soir: Le staff des juges se retrouve au restaurant pour reprendre des forces après ce weekend irréel. Sur place le crew des américains fait de même et on voit revenir Pat Casey des urgences, en mode clown, avec un bandeau autour de la tête et l’air vraiment sonné... On discute de tout et de rien avec chacun en tête les images de ce qu’il s’est passé pendant ces trois jours. C’est terminé pour 2011, on se voit l’an prochain pour remettre ça ! Pour conclure je dirais que le BMX est le moyen ou l’excuse qui nous permet de bouger, de voyager, rencontrer d’autres personnes qui ont la même passion et avec qui on a de grandes chances de s’entendre puisqu’on est là pour la même chose. Nous avons eu l'opportunité de vivre un truc pareil grâce à un coup de fil... Merci Geon.

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Street Park Project

Conception: Vincent Lipowicz

Texte: E. Lassus

Après deux ans de bons et loyaux services, la partie street du skatepark indoor de l’Epicentre va être repensée et réaménagée dans le courant du mois de décembre. Cet espace de 250m² s’avérait désormais trop basique et compact, ce qui ne permettait pas une grande variété d’enchainements, et restreignait considérablement le nombre de riders pouvant y évoluer simultanément, particulièrement en ce qui concerne le BMX. L’objectif de cette réhabilitation est donc de gagner en surface mais aussi en originalité afin d’accroître les possibilités et le nombre de riders, tant pour les amateurs de skate que de vélo. Pour obtenir un bon compromis en mesure de satisfaire l‘ensemble des pratiquants - qu’ils soient fidèles aux deux ou quatre roues - plusieurs réunions internes ont eu lieu, ce qui a permis de définir un projet commun validé par la grande majorité des riders.

La rénovation de la partie street va donc déboucher sur la réalisation de deux lignes distinctes mais néanmoins ouvertes et accessibles à tous types de pratiquants, débutants comme confirmés. Une première ligne véritablement typée street va prendre place contre l’enceinte du bowl. Elle s’étendra sur 4,5m de large, ira grignoter quelques mètres sur l'ancienne pour rejoindre l’aire d’acceuil du bowl, et sera sur deux niveaux. Cela permettra de gagner un peu de longueur tout en facilitant la prise d’élan. Quant à la seconde ligne, elle mesurera 3m de large, et sera nettement plus orientée vers la courbe puisque la prise d’élan se fera à partir d’une langue ou d’une courbe qui enverront vers une fun box centrale en réception de laquelle se trouvera une vert wall. Une micro rampe - outil indispensable pour apprendre de nouveaux tricks sans prendre trop de risques - a d'ores et déjà pris forme derrière la prise d'élan de la fun box. Pour plus de plaisir, de facilité et de vitesse, les transitions entre chaque élément seront atténuées via la construction d’un plancher en bois. Nous avons également agrandi la plateforme du bowl afin d'accueillir un plus grand nombre de riders, voire même du public, sans que cela soit gênant. News

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Interview: Edouard Lassus Portrait: Nico Petitjean

Skater exceptionnel et imitateur de talent à ses heures perdues, celui qui a fait partie du team européen de la légendaire Bones Brigade à la grande époque de Tony Hawk, S. Caballero, Mike McGill et L. Mountain nous a fait le plaisir de venir partager sa passion de la planche à roulettes - et ses commentaires toujours plus déconnants - en se glissant dans le rôle de speaker lors de la dernière édition des Sessions Volcaniques. Rencontre avec une figure emblématique du skateboard hexagonal qui demeure un personnage simple, charmant et accessible, avec des projets plein la tête ainsi qu’une approche militante à contre courant de l’image actuellement véhiculée par le skate et la société de consommation.

Salut Seb ! Tout d’abord quel âge as-tu et depuis combien de temps fais-tu du skate? Alors j’ai maintenant trente-cinq ans et ça fait à peu prés vingt-quatre ou vingt-cinq ans que je ride. Peux-tu nous raconter rapidement ton parcours ou tes débuts dans le skate ? J’ai arrêté les cours à 16 ans pour faire uniquement du skate, c’est là que j’ai vraiment commencé à rider à fond, à Blagnac. Je me suis installé à Toulouse avec un pote qui avait les mêmes envies que moi, c’est-à-dire faire seulement du skate et persévérer là-dedans. J’ai fais pas mal de voyages, de mes 16 ans jusqu’à 21 ou 22 ans, époque à laquelle j’ai commencé à travailler comme shaper sur le snowpark d’Avoriaz. Après j’ai mis un terme à ce boulot pour vraiment me concentrer sur le skate parce que le snow me détournait un peu de cette activité, donc je me suis replongé un peu plus dans les contests de vert. Ensuite j’ai continué à rider et je me suis adapté au street puisque j’étais dans des teams plutôt orientés street et donc j’ai toujours eu ce problème de ne pas être avec des vert’riders du fait de résider en Europe. Pour faire de la vert’ il faut aller aux Etats-Unis, ou en Oregon pour rouler des bons parks en béton. Avec un peu de finances et des collègues c’est possible mais malheureusement je n’ai jamais pu réaliser ce genre de rêve étant donné que je me suis affairé à construire des projets dans ma région. Skate

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Comment as-tu débuté le skateboard à une époque où la culture skate n’était pas encore très répandue en France ? En fait j’avais un cousin plus âgé qui skatait et un jour il a ressorti une vieille board, ça nous a donné envie de nous mettre vraiment au skate. On a commencé avec des boards fines mais on s’est vite rendu compte que la mode était aux planches larges. Du coup par la suite on est passé à des boards plus larges, puis on a trouvé le premier club de Bordeaux où il y avait une rampe et deux banks. On a pu commencer à faire de la vert avec des gars, ils nous ont appris à droper des banks, à faire des axle, des swipper, petit à petit on a appris à faire de la vert. J’ai donc débuté le skate avec mon cousin, c’était un délire de gamin mais on en était sérieusement mordu dès le départ. Donc tu as vraiment appris le skate par la courbe ? Oui, plus par la courbe mais d’abord j’avais bien passé une bonne année à faire des 360 au sol avec des boards fines en plastique des années 70. Et puis quand on a découvert les boards larges, les mecs qui font des boneless et les premières vidéos, on s’est mis rider des banks et de la vert. Et aujourd’hui, après toutes ces années à skater tu fais surtout de la courbe où tu skates aussi en street ? Je fais encore beaucoup de street, quasiment plus que de la courbe même. Je fais pas mal de bowl à Bordeaux mais sinon avec les gars de là-bas on va streeter assez souvent. C’est du street assez particulier puisqu’on cherche n’importe quel spot, tout est bon, même une barre au sol un peu basse et pourrie, tant qu’il y a de la création de tricks. On est dans un esprit qui n’est pas "copié-collé" par rapport aux américains et à ce qu’on peut voir, la pression et tout ça… On fait notre délire à nous, on préserve ça et on revendique le fait de skater de cette manière, différemment, en se rapprochant du street réel qui se rapporte plus au fait d’aller cruiser en ville, trouver des spots et essayer de les exploiter sans faire de la réédition ni imiter des gars… Si jamais on imite des mecs on va imiter ceux qui font des choses créatives. Après chacun son style, chacun sa façon de skater. Sinon parle nous un peu de ce que tu fais en ce moment et de tes projets ? Ces temps-ci je suis en train de finir un bowl dans un skatepark couvert et j’en fabrique un autre en béton à l’extérieur, en forme de cacahuète. C’est celui qu’il y avait chez toi et qu’on a pu voir dans Soma ? Oui celui là c’est celui qu’on remonte dans un skatepark indoor à Bordeaux. Ça veut dire qu’il va y avoir un nouveau skatepark à Bordeaux ? Oui il y a un park qui est en train de se monter actuellement avec tout le boulot qu’on fait tous les jours. En fait c’est l'association «La 58ème» fonctionnant avec le Projet Darwin, qui a racheté deux bâtiments, juste à côté du skatepark, et qui a la responsabilité du park dans lequel on est. Il risque d’y avoir pas mal de créativité et de mélange. C’est uniquement indoor ou il y a aussi une partie extérieure ? On a aussi une partie extérieure où les mecs ont commencé à faire un potager, des jardins, on a eu des ruches avec des abeilles car on essaye d’être dans un projet éco-responsable et puis on va faire un street park en extérieur et un bowl en béton qui devrait être en double, comme deux embryons. Les gars ont trouvé un bassin déjà existant dans la Caserne Niel, alors on l’a fait vider par des tracteurs et on va le 14


réadapter avec des courbes. On va essayer de faire une construction assez écologique, par exemple en utilisant des tuiles et des bouteilles de bières qu’on va recycler en les stockant dans les modules en béton, pour faire l’armature. C’est bien de réfléchir à l’écologie et d’utiliser les matières disponibles sur place pour les transformer et les rider, par exemple en Ouganda ils ont fabriqué un skatepark avec de la terre et du ciment. On essaye de s’adapter et de faire des recherches au niveau de l’écologie, sur le recyclage des boards cassées ou sur la fabrication de modules en palettes, c’est un peu compliqué au niveau des normes mais ce qui est intéressant est de montrer l’exemple aux plus jeunes qui veulent se fabriquer un skatepark par eux-mêmes, des tables à wheeling, ou autre chose dans le genre tout en trouvant des solutions pour que ça ne coûte pas trop cher.

« C’est bien de réfléchir à l’écologie et d’utiliser les matières disponibles sur place, par exemple en Ouganda ils ont fabriqué un skatepark avec de la terre et du ciment. »

BS Ollie - Sondika, Espagne - Photographe: Fred Ferand

En fait tu es assez attentif envers tout ce qui est environnement, écologie et tu profites de ta passion pour le skate afin de combiner les deux ? Oui car je pense qu’on est dans une période qui est économiquement difficile. On peut arriver à donner des solutions aux jeunes pour qu’ils fabriquent leurs modules dans des bleds où ils ont peu de possibilités et de chances d’obtenir des skateparks. C’est un moyen de rester connecté à l’environnement à travers la fabrication tout en n’étant pas dénué de conscience et éviter de se dire « les mecs ont de l’argent, on va faire un truc comme ça et on s’en fout du reste… ». Ça permet de se poser des questions et de réfléchir, aux Etats-Unis on a vu des skateparks fabriqués avec des pneus enquillés par-dessus lesquels ils font du béton. Cela fonctionne assez bien et c’est intéressant car ils ne savent pas où les mettre ces pneus. Ça démontre que des solutions sont envisageables, certes elles demandent un peu d’investissement pour les acteurs des projets mais après tout ça vaut le coup. Pourquoi pas un skatepark écologique ? C'est aussi Skate

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une façon de prouver que les skateurs ne sont pas uniquement des gars qui s’en foutent de ce qui se passe à l’extérieur et qui peuvent se soucier un minimum de l’environnement. Après ce n’est pas une fin en soi puisque le domaine écologique et le débat sur ce sujet sont des choses qui restent très larges. En tout cas il y a toujours des solutions et des choses qui ne sont pas excessivement coûteuses et qu’il faut envisager lorsque tu te lances dans un projet de taille. L’important après c’est de pouvoir rouler et de se faire plaisir.

« Il y a toujours de quoi s’enrichir sur les contests, c'est bien de se retrouver pour dialoguer, partager, rencontrer d’autres personnes et puis rouler. Ça donne une nouvelle motivation et des idées. L’atout du voyage en fait ! »

BS Crossbone - Carhartt Boat, Hossegor - Photographe: Sem Rubio

C’est la première fois que tu viens à Aurillac, tu découvres le skatepark et les Sessions Volcaniques. Tu en avais déjà eu des échos ? Il m’est peut-être arrivé de passer une fois en voiture mais je ne m’étais jamais arrêté. J’avais déjà vu des photos du bowl. Après, l’aire de street m’intéresse moins, étant donné que j’en ai ridé beaucoup de ce type, mais je suis pas mal attiré par le bowl parce qu’il y a des grands rayons, il est bien monté, en plus c’est indoor, donc c’est génial. Ça permet aussi de voir comment le bâtiment a été construit puisque je suis en train de monter un park couvert, ça aide à envisager un peu toutes les possibilités. Comme ça je pourrais revenir sur Bordeaux et informer les personnes avec qui je travaille pour leur dire « Voilà, à Aurillac les gars ils font ceci ou cela, ils font même des expositions et il y a une dynamique qui se produit autour du skatepark, qui inclue également des artistes, ce qui fait qu’il y a une vie autour 16


des jeunes… ». C’est des choses qui sont possibles ici donc ça doit être faisable ailleurs, notamment sur Bordeaux. C’est le type d’exemple à retenir. C’est aussi ce que je fais en venant ici, en prenant quelques photos. Après on va essayer de rouler dans le bowl ce soir, on va voir parce qu’il a l'air propre et large avec de bons rayons. Dans l’ensemble quelle a été ton impression concernant ce week-end ? Déjà il y a une super bonne ambiance par ici, sans prises de têtes ni mauvais feeling. L’événement est sans prétentions tout en étant à la hauteur de ce qui est annoncé. Les modules sont clean, l’indoor aussi, les gens sont sympathiques, il y a des bières, des meufs, des bières, des meufs, des bières, des meufs… Tu penses revenir, que ce soit pour une session ou pour speaker une nouvelle fois sur les Sessions Volcaniques ? Je viendrai pour m’occuper du rond point en solo. Peut-être que les locaux s’en occuperont, on verra bien ! En tous les cas je reviendrai peut-être l’année prochaine, tout dépend de mon emploi du temps et de mes responsabilités. Après si vous faites un événement de bowl type Bowlrider, avec uniquement des skateurs de courbe, je viendrai sûrement car c’est vraiment ce qui m’attire ici. Si jamais il y avait un contest de ce genre avec un petit prize money ça pourrait faire déplacer des gens étant donné que le bowl est cool. C’est quoi ton programme pour la fin du weekend ? D’abord ça va être la remise des prix, ensuite une session bowl et puis ce soir l’apéro donc détente, pause, repos, discussion, échange... Demain on reprendra la route en direction de Bordeaux avec John Petit. Il y a toujours de quoi s’enrichir sur les contests, c'est bien de se retrouver avec des gens ici pour dialoguer, partager, rencontrer d’autres personnes et puis rouler. C'est une chose qui permet de gagner une nouvelle motivation quand tu rentres chez toi, ça donne des idées du fait d’être allé à un autre endroit. L’atout du voyage en fait !

« Le skate a toujours été et sera toujours une culture qui permet de lier les personnes entre elles tout en vivant des aventures à plusieurs. » Merci d’être venu, on espère te revoir bientôt dans le bowl. Tu veux rajouter quelque chose pour conclure ? Bravo à toute la scène locale, à l’association, à toutes les structures ainsi qu’à la mise en place du fanzine. C’est vraiment dynamique dans le coin, donc bravo à toutes ces personnes qui arrivent à mettre les gens en cohésion et à faire en sorte que les choses se passent bien pour éviter les rivalités. Roulez bien, n'hésitez pas à monter des roues un peu plus grosses et des trucks plus larges sur les 8.5’, ça permet de mieux grinder et d’être plus stable pour manger le coping dans le bowl. Pour tous les old school qui veulent juste carver et grinder, gardez le truc comme ça, il n’y a pas besoin de faire du technique, on est là pour transpirer, faire circuler l’énergie et évacuer notre stress quotidien de nos vies de fous, puisqu’on vit dans un monde moderne fou dans lequel les gens sont séparés par l’informatique et les rivalités. Le skate a toujours été et sera toujours une culture qui permet de lier les personnes entre elles tout en vivant des aventures à plusieurs. Et c’est très important dans la société actuelle où les jeunes sont constamment en échange par le biais d’internet mais de moins en moins sur le terrain. Le skate permet d’être dans une vraie vie, dans le réel. Donc vive le skate ! Skate

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Ollie - Montauban

Jérémy Grousset 18


Interview: Edouard Lassus Photographe: Loïc Benoit

" À

vingt-deux ans

keep on skating" Jérémy Grousset

est désormais un jeune chef d'entreprise puisqu'il est

patron d'un skateshop dans sa ville natale. Skateur polyvalent, aussi doué en street qu'en

courbe et musicien passionné de rock, celui que Desillusion avait surnommé "le tueur de Montauban" a accepté de répondre à quelques questions afin de nous en dire plus sur son quotidien ainsi que sur sa vision du skate.

Salut Jérémy, cela fait maintenant plus d'un an que tu as rouvert le shop Victory. Quelles sont les raisons qui t'y ont poussé ? Est-ce que cela te tenait particulièrement à coeur ? Oui cela fait maintenant un an et demi que j'ai ouvert la boutique, le 14 mai exactement. J'ai toujours voulu ouvrir un magasin et après la fermeture de Victory, en 2008, j'ai tout de suite ressenti un grand vide à Montauban et je me suis toujours dis que l'aventure Victory n'était pas terminée. Un jour en discutant avec ma copine je me suis dis "c'est maintenant", j'ai alors monté un gros dossier pour les banques (car je n'avais pas d'apport et je voulais acheter les murs de mon futur local) et voilà, six mois plus tard la boutique était là. Et puis c'était logique que je l'appelle du même nom que celle qui m'a toujours aidé et qui a tant fait pour la scène skate montalbanaise. Le magasin a l'air de bien tourner et il me semble que vous allez ouvrir un site de vente en ligne ? Oui cela fait maintenant quatre mois que nous y sommes dessus avec mon ami THS. Nous avons surtout décidé de le mettre en valeur avec un design bien choisi. Je pense qu'il sera sorti quand l'interview paraîtra, je fais donc ma pub: www.victoryskateshop.fr, mais aussi la sienne: www.thomasgiavarini.me. Combien de riders font partie du team Victory ? Nous sommes huit en ce moment, six riders dans le team officiel (Olivier Durou, David Lestrade, Lucien Espanel, Nicolas Barbe, Julien Benoliel, et moi-même) puis deux autres skateurs du coin que je sponsorise plus pour les motiver et parce que je les aime bien (Quentin Bayle et Teddy Coste). Skate

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Jérémy Grousset

« j'ai monté un gros dossier pour les banques et six mois plus tard la boutique était là. »

Maintenant que tu es gérant d’un skateshop tu dois certainement avoir moins de temps pour toi, notamment pour rouler ? Tu skates où le plus souvent ? Oui c’est sûr que je ne peux pas skater comme avant, mais tous les soirs ou presque je me fais ma petite session au skatepark avec les jeunes du coin. Je suis avant tout un passionné de skate, je ne peux pas m’en passer comme ça. Malgré cela tu es toujours très présent sur la scène skate française. Tu as d’ailleurs remporté la dernière édition des Sessions Volcaniques, l’étape du éS Game of Skate de Toulouse et plus récemment tu as fini deuxième aux Vibrations Urbaines 2011. Es-tu un de ces riders portés sur les contests et l’esprit de compétition, ou est-ce plus un moyen de retrouver des connaissances et de lier des affinités ? Disons qu’il y a un peu des deux je ne peux pas dire que je fais des compétitions pour finir dernier et que cela me déplaît, non, c’est sûr ce n‘est pas ma priorité, j’aime d’abord voir mes amis et des connaissances que je n’ai pas souvent l’occasion de voir. Par exemple pour les Sessions Volcaniques, la base du déplacement c’est vraiment pour le Woodies crew, le boss Alternatif (Vince) hé hé bonjour à lui d’ailleurs et tous les zicos de là-bas, Machinists et Cracbooms ! Mais après, oui, j’ai un peu l’esprit de compétition comme tout skateur, car si tu n’as pas l’esprit de compét' au moins envers toi-même tu ne progresses pas. Et il faut toujours se surpasser pour progresser. Connais-tu la date ainsi que le lieu de la finale française du éS Game of Skate ? Malheureusement il n’y pas de finale pour le éS Game of Skate cette année, car il n’y a plus de budget pour la marque éS. 20


Tu referas le déplacement pour la prochaine édition des Sessions Volcaniques ? Oui j’aimerais vraiment venir si j’en ai la possibilité, l’esprit de ce contest est vraiment celui que j’attends d’un tel événement. Et puis l’an dernier j’ai gagné un jambon et ça c’est vraiment la classe ! Il y a encore quelques temps tu étais guitariste au sein du groupe montalbanais The Famous Munchies. Étais-tu heureux de voir tes amis et anciens membres du groupe (A. Martinez et L. Viale) sur la scène des S.V. avec Adam Wood et leur formation The Machinists ? De ton côté tu continues la musique ou non ? Oui je suis très content de les avoir vus tous ensemble car j’étais vraiment fan des Elegant Garage Gunners en tant que musiciens mais aussi en tant que personnes, puis je pense qu’ils se sont bien trouvés, ils font vraiment du bon taf. Je suis très fan, nous n’avions pas le même niveau avec les Famous Munchies, nous n’arrivions plus à progresser. Eux ils sont tous très bons et ça leur réussit. Et oui je continue toujours à jouer chez moi, je ne me vois pas avec d’autres musiciens que les Famous Munchies donc je préfère rester dans mon coin et gratter de temps en temps avec eux. Si nous organisions un contest dans le bowl indoor de l'Epicentre comme l’a suggéré Seb Daurel tu serais de la partie ? Bien sûr ! J’aime beaucoup le bowl et puis du moment que c’est du skate d’ailleurs j’aime tout skater, et je t’avoue que je râlais un peu de ne pas pouvoir toucher ce bowl durant les Sessions Volcaniques.

« C'est Dommage de mélanger la passion et l'amour du skate avec un truc complètement business » Blunt Flip Out

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360 Flip - Anglet

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Jérémy Grousset Cet été tu as été faire un tour du côté de la Roundhouse Nike, à Anglet, comment as-tu trouvé la skate plaza et le lieu en général ? L’endroit est magnifique, le rêve d’un skateur, mais c'est dommage de mélanger la passion et l’amour du skate avec un truc complètement business qui est là juste pour faire de la pub pendant deux mois, sinon oui je suis vraiment fan du travail. As-tu des tournées ou des projets en vue avec tes différents sponsors ou par le biais de ton magasin ? Pour l’instant non, je sais qu'Insight veut refaire un tour mais il n’y a pas encore de dates n’y d’endroits prévus, et pour ce qui est du shop j’essaie de toujours avancer, pour l’instant je termine le site marchand, ensuite je continuerai à faire des événements et des vidéos. Un dernier mot ou des remerciements pour conclure ? Je vous remercie tout simplement pour cette interview, je félicite encore Vince pour tout ce qu'il fait à Aurillac, c'est tout simplement énorme. Je remercie aussi tous les riders pour l'accueil, j'espère pouvoir revenir et que les choses continueront à évoluer comme toujours. KEEP ON SKATING !

« Je suis avant tout un passionné de skate, je ne peux pas m'en passer. » Hurricane - Munich

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Photographe: Nicolas Petitjean

Arte Fact

Le Roi de chôme fait son choix de rhum. Il se fond dans les rues Il se rue dans les fonds. S'il ne ressemble plus à un homme C'est qu'il est complètement chiffon. Péj

Adrien Hannard - Bs Smith - Clermont Fd

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Justin Labattu - Switch Flip - Clermont Fd

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Jérémy Grousset - Flip - l'Epicentre

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Ben Audier - Feeble to Fakie - Secret Mini

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John Garcia nous a accordé une petite interview à l'occasion de sa récente entrée dans le team S&M et de la sortie sur le web de sa vidéo de bienvenue au sein de la marque américaine. Depuis peu il porte également des vêtements estampillés Savakas. L'enseigne britannique l'ayant pris dans ses rangs à la mi-novembre.

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Interview: Edouard Lassus Portrait: Agathe Cazes Photographe: Freddy Bermond

Salut John. Peux-tu te présenter brièvement ? J’ai 26 ans, je suis né et j’ai toujours vécu à côté de Tarbes, plus précisément à Thuy, un petit village de campagne à quinze minutes du centre-ville. Et cela fait quinze ans que je pratique le BMX freestyle ! Tu as récemment intégré le team S&M via Frenchys Distribution. Comment ça s'est passé ? Tout simplement ! Les gars de S&M ont demandé à Frenchys de trouver un rider pour représenter leur marque en France. Lilian trouvait que je correspondais à l’image de la marque, il m’a donc proposé de changer de monture et c’est avec grand plaisir que j’ai accepté bien évidemment ! Ta welcome part S&M est un peu dans la lignée de ta vidéo pour Voice - avec toujours plus de vitesse et d’originalité - mais plus diversifiée, notamment avec des séquences de trail et de park. Sur quel terrain te sens-tu le plus à l’aise ? La vidéo Voice c’était que du street en effet. Mais là j’ai voulu montrer un peu de tout, simplement parce que je n’ai pas de préférences, j’arrive toujours à m’amuser quelque soit le terrain. Combien de temps t’as pris le filming de cette part et comment ça s’est organisé ? J’ai commencé à filmer au début du mois d'août, quand j’ai reçu le nouveau bike. Pas d’organisation spéciale, quand on allait faire du vélo avec les copains et qu’il y avait un truc cool à filmer on sortait la caméra. Il y a juste le dernier week-end avant la sortie de la vidéo où je me suis motivé pour filmer sur les spots de street qu’on avait repérés.

« je n’ai pas de préférences, j’arrive toujours à m’amuser quelque soit le terrain. » Si je ne me trompe pas la plupart des spots se trouvent sur la Côte Basque, est-ce un choix personnel et passes-tu beaucoup de temps dans cette région ? En effet il y a beaucoup de spots sur la Côte Basque, j’y suis allé durant mes deux semaines de congés cet été et puis j’y vais pratiquement tous les week-ends. Ce n’est qu’à une heure et demi de chez moi, ma copine y habite, mon copain Freddy Bermond également, il y a beaucoup de spots pour le vélo et c’est un peu les vacances tout le temps là-bas ! Quelles sont tes principales occupations ces derniers temps ? As-tu des projets précis ? En ce moment je suis en train de remonter une 125 Motobécane de 1974 avec l’aide de mon copain David Barrère. BRAMMMM BRAMMMM !!! Et puis je suis en contact avec la mairie de Tarbes pour leur présenter un projet de nouveau « vrai » skatepark… À suivre. Y a-t-il un spot et un trick que tu affectionnes particulièrement ces temps-ci ? Je me suis bien fait plaisir au Urkatu Trail d’Anglet à faire des Oppo Table Top ! Quelle est la dernière vidéo qui t’as marquée ? Une vidéo Fox avec Ruben qui roule un bowl inimaginable dans un petit village perdu au milieu du Portugal ! Vraiment fou. Un mot pour conclure ? Le vélo c’est trop bien ! Merci pour cette petite interview les gars. BMX

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Oppo Table Top - Anglet


«BMX REUNION» c’est tout ce que l’on sait de la griffe au lion. Je me suis donc tourné vers son instigateur - Romain «Toti» Fel (véritable passionné de matos bmx et de vidéos pleines de spirit) - afin d’en découvrir un peu plus sur cette mystique confrérie de jeunes à vélo.

Photographes: Vincent Anglaret (sauf indiqué) Interview: Edouard Lassus

Salut Romain, comment ça va ? Est-ce que tu peux nous expliquer rapidement le concept de Brown Town ? Tout va pour le mieux, je te remercie. Pour le moment Brown Town est un rassemblement de potes qui font du BMX et qui ont le même état d’esprit, les mêmes ambitions. Pourquoi le nom «Brown Town» ? C’est tout simplement le surnom d’une amie canadienne. Comment cette idée t’es venue à l’esprit et quelles sont tes influences ? Suite à diverses expériences professionnelles je me suis orienté tout naturellement vers ce projet. Concernant mes influences, je dirais qu’elles viennent entre autres de marques et crews comme Federal, Cult, Green Films, Voice ou encore Superstar... Quels riders représentent la «bmx reunion» au jour d’aujourd’hui ? Le groupe est plutôt homogène au niveau du style de riding, il se compose de Mehdi Vivens, Killian Limousin, Théo De Oliveira, Mat’ Cay et William Naze, notre local ! Des riders qui sont plutôt orientés vers le street en fait. 34


Tu as déjà fait quelques stickers et bonnets qu’on a vus apparaître lors de la Street Jam du EYE sur la Place des Carmes. Comment la chose a-t-elle été accueillie et comment les as-tu réalisés ? J’ai distribué un bon nombre de stickers et j’ai l’impression que les bonnets ont eu un bon impact, étant donné que je n’avais pas prévu d’en vendre tout de suite. Pour ce qui est de la confection, j’ai pu prendre tout mon temps pour faire des essais dans l’atelier de sérigraphie/broderie de mes parents Un tee-shirt a également vu le jour ? En effet, j'ai édité un premier T-shirt à l'effigie de Keith Richards. Ce modèle était plutôt une version test s'adressant aux riders du team et aux proches. D’autres produits sont-ils en prévision ? Oui, bien sûr ! Je démarche actuellement un nouveau fournisseur afin d'obtenir des modèles me permettant d'avoir plus de flexibilité au niveau des coupes et des teintes. Je vais aussi faire de nouvelles couleurs pour les bonnets. De nouveaux accessoires sont également en préparation.

« Pour le moment Brown Town est un rassemblement de potes qui ont le même état d’esprit et les mêmes ambitions. » Killian Limousin - Wallride - Clermont Fd - Photo: Romain Fel

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Quels sont tes objectifs au niveau du développement de Brown Town ? Mon but principal est d’arriver à crédibiliser ce projet au maximum afin de pouvoir le métamorphoser en une véritable marque. De ce fait, j'ai investi dans du matériel photo et vidéo, ce qui m'a demandé un peu de temps pour le prendre en main. Hormis cela quelques roadtrips sont prévus avec les riders, nous verrons aussi concernant la création d’un site internet qui nous permettra de diffuser ces fameux médias et de vendre nos produits. À présent je vais pouvoir y consacrer l’essentiel de mon temps car mon contrat chez mon ancien employeur vient de s’achever depuis peu.

Théo De Oliveira - Condor - Clermont Fd

Un mot pour finir ? Je te remercie ainsi que toute l’équipe Session Libre pour l'interview, mes parents pour leur aide précieuse, et tous les gens qui soutiennent ou soutiendront Brown Town.

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Mehdi Vivens - Bus - Home Spot

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Parking Tr i p

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Bon c’est vrai, ça fait maintenant quelques années que notre destination pour les vacances d’été n’a pas changée, mais en même temps c’est tellement beau et tellement bien le Sud Ouest qu’on finit toujours par y revenir. C’est peut-être aussi qu’on ne sait pas où aller à part là-bas… Ah si ! L’an passé nos amis deux roues ont préféré partir dans le Nord-Est, vers la Belgique et les Pays-Bas, moi pendant ce temps-là j’étais sur la côte, au soleil… Et non c’est vrai, l’an dernier il pleuvait ! Mais bon c’était quand même pas mal. En effet, le Pays Basque est particulièrement capricieux pour ce qui est de la météo. Vous pouvez vous lever sous un magnifique soleil et vous retrouver piégés par les nuages à peine deux heures plus tard, et là généralement c’est foutu pour la journée… En tout cas cette année on a été plutôt chanceux puisqu’on a eu du beau temps comme on en avait pas eu depuis longtemps, que ce soit en Juin ou en Août. Et oui, on aime tellement la Côte Basque que certains d’entre nous y sont allés deux fois cet été. Mais ne vous inquiétez pas on ne va pas vous raconter deux fois le même voyage, mais seulement évoquer les lieux stratégiques.

Texte: Edouard Lassus Photographes: Pierre Mercier et Jérémy Savel

Tiens donc ça me rappel quelque chose... Ah oui ! La couverture du Thrasher n°37...

À l’origine nos road trips vers cette partie de la France étaient un moyen de nous évader de notre cher Cantal et surtout de passer des vacances entre copains, tout en visitant les skateparks de la Côte Basque et de ses alentours. Mais il est aussi vrai qu’au fil des années, nous sommes de moins en moins performants lorsqu’il s’agit de rider. Cela vient peut-être du fait qu’on l'est de plus en plus en soirées, mais après tout c’est les vacances. Quoiqu’il en soit, sur la bonne dizaine de potes à s’y être rendu cet été (skateurs, bmxeurs et chilleurs) il y en a quand même quelques-uns qui ont bien profité des skateparks, vous n’avez qu’à regarder les photos vous verrez… Bon, j’avoue qu’ils ont quand même plus ridé au mois de Juin. Concernant la logistique, rien de bien compliqué, vous prenez une voiture, vous mettez entre deux et trois copains dedans, avec leurs affaires bien sûr (sac, duvet, chaise pliante, réchaud, vélo ou planche de skate) ! Voilà le tour est joué, vous n’avez plus qu’à mettre le plein d’essence et suivre les indications de votre copilote. Bref, après quelques heures de route vous voilà arrivés à destination, le point de rendez-vous: Anglet. Report

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Anglet Ah Anglet ! J’aime tellement cette ville qu’il ne faudrait pas que j’en parle car je ne saurais être objectif, je vais quand même essayer de faire un effort. C’est un peu notre point de repère puisque c’est certainement l’endroit de nos vacances où nous passons le plus de temps chaque année. Pourquoi ? Simplement pour sa beauté, ses plages à perte de vue, son V.V.F en forme de bateau, son parking du V.V.F, ses toilettes publiques qui se nettoient toutes seules, ses douches de plage à l’abri du vent, sa terrasse de snack permettant de dormir au sec en cas de pluie. En fait c’est un endroit où l’on retrouve un peu de calme et de confort lors des trips à l’arrache. Pourtant, il y a encore quelques temps c’était une station balnéaire très jeune et très festive en été, mais depuis la fermeture du camping Fontaine Laborde tout cela n’est que du passé. Fini les grosses soirées dans le camping, les rencontres, et les afters sur la plage autour d’un bon vieux feu de camp. Maintenant Anglet c’est familial, ça semble même un peu réservé au troisième âge, vous aurez beau vous balader le soir vous ne croiserez aucun jeune mis à part quelques groupes de surfeurs en train de refaire le monde, une guitare à la main, à l’arrière de leurs vans. Sinon niveau spot c’est un peu la loose, il y a tout de même le spot de la Plage des Cavaliers (celui en couverture du Soma n°24) et le skatepark de La Barre, qui en plus de ne pas être formidable, est souvent envahi par une tripotée de gamins en trottinettes, waveboards et autres engins de malheur. Le seul avantage est qu’il est juste à côté du fast food de Ronald et de la plage. Mais heureusement cette année il y avait la Roundhouse Nike qui avait pris place à deux pas de notre cher V.V.F. Voilà j’aime Anglet, j’ai aimé la Roundhouse mais il est fort probable que mes prochaines vacances là-bas ne se fassent que lorsque je serais une personne âgée, parce qu’il paraît que les vieux veulent s’emparer de la ville ! Si. Je vous jure. Ils avaient même fait une pétition contre les commerces et l’implantation de la maison Nike, sous prétexte que le bruit les gênaient. Pourtant quand on est vieux on est sourd non... ?

La Roundhouse Après une première édition à Hossegor durant l’été 2010, cette année la Nike Roundhouse s’est installée - dans la discothèque Le Love - du 16 juillet au 23 août. En 2011 Nike a vu les choses en grand puisque la maison abritait un skate shop, un surf shop, un espace détente, une piscine, un atelier de montage avec des caméras et des Macs, un studio Nike ID, une salle de projection ainsi qu’un street park en béton conçu spécialement pour l’événement et réservé aux skateurs.

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Tout cela était en accès libre et gratuit… La crise économique ils ne connaissent pas chez Nike, « Just do It » comme ils disent. Bref, la Roundhouse c’était un peu le lieu de passage de tous les riders présents dans le Sud Ouest pendant cette période. Outre la maison en elle-même, la marque en a profité pour organiser quelques contests de skate et de surf sur le skatepark et sur les spots des plages voisines. Nous avons ainsi pu assister à l’Invitational Cash For Tricks en présence de dix skateurs Nike SB (M. Génin, K. Tshala, M. Zaprazny, T. Zon, A. Bulard…) et dix « locaux »  dont Bastien Duverdier et Benjamin Garcia. Inutile de vous dire que le spectacle était au rendez-vous et que le niveau était très élevé. Sur les 3 000 euros mis en jeu, Bulard en a remporté 900€, soit un taux horaire avoisinant les 450€. C’est vrai qu’il avait de quoi être mécontent et casser sa planche par dépit… Hormis le fait d’un être un véritable temple du chill ça sentait quand même fort le business dans cette Roundhouse et le côté marketing était tout de même omniprésent. En effet, c’était un peu l’endroit où se montrer, le moindre objet était estampillé Nike, le skatepark était aussi un bon moyen pour repérer des riders prometteurs, les shops étaient là pour vendre des articles et la Roundhouse pour faire parler de la marque à la virgule… Et moi je suis tellement naïf que je tombe dans le panneau en écrivant cet article. Ah ! Ils sont forts chez Nike… Mais un peu vicieux quand même.

Biarritz Généralement nous n’y allons pas souvent excepté les jours où le soleil ne brille pas de mille feux, alors là oui vous pouvez toujours aller vous balader à Biarritz, pour le coup c’est vraiment une belle ville et il y a quelques trucs chouettes à voir comme le Rocher de la Vierge, le Musée de la Mer ou encore la Cité de l'Océan et du Surf. Vous pouvez aussi vous promener le long de la Grande Plage et puis aller manger dans un resto pour touristes qui vous coûtera cher et où vous mangerez mal, mais après tout c’est aussi ça les vacances ! Hormis cela c’est le bon endroit pour faire la fête, maintenant qu’Anglet est désert tous les jeunes se rendent là-bas. Bon ça coûte un peu plus cher mais il y a toujours de quoi s’amuser et passer une bonne soirée vu le nombre de bars et la longueur de la file d’attente pour rentrer au Play Boy. Et puis il y a le skatepark couvert Alai bien sûr, l’entrée n’est pas excessivement chère et le park est vraiment bien, donc les jours de pluie c’est toujours cool. Sinon vous pouvez toujours aller rouler les grandes courbes de la Cité de l’Océan et du Surf et essayer d‘aller faire un tour dans la pool, si elle n’est pas pleine de sable…

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Arnaud Malthieu - Turndown - Photo: J. Savel

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Guéthary Je ne sais pas trop quoi vous dire à propos de Guéthary si ce n’est que c’est un joli village à quelques kilomètres de Biarritz. Mis à part ça il y a quand même un bowl, certes il est perdu au fond d’une petite route, au milieu de nulle part, entre quelques campings et autres centres de vacances, mais quel bowl ! Non je plaisante, il est quand même bien nase ! Pourtant les locaux - véritables haters envers les touristes - ont essayé de faire des efforts en construisant une extension en parpaing, c’est déjà pas mal… Ça demeure quand même un lieu sympathique pour faire des rencontres. Et oui on a fait copains-copains avec des enfants du voyage, quelque peu maladroits avec leurs assiettes de nouilles mais tellement attachants avec leurs blagues ultra-trash et leur cochon d’inde carnivore (mais néanmoins affectueux) vivant au fond d’un seau. En vérité nous ne sommes pas allé à Guéthary pour profiter de ce bowl de rêve mais plutôt pour assister au « Bal de Vieux » qui se tenait devant le fronton de la ville, avec Jules-Edouard Moustic, Rémy Kolpa Kopoul et DJ Rapsode aux platines. De ce côté-là nous n'avons pas été déçu, la fête a réuni près de deux mille personnes dans une ambiance conviviale. Un bal dansant comme on les aime, rassemblant des jeunes, des vieux, des familles, de la bonne musique et de la bière. Bref, la recette d’une soirée réussie après laquelle nous avons pu repartir en direction du fameux spot pour y taper une énorme session nocturne à base de ronflements… Hé ben voilà, il est pas si inutile que ça ce bowl ! À l'heure ou j'écris ces lignes il semblerait que le spot soit en cours de destruction ce qui est tout de même fort regrettable. R.I.P. Guéthary Bowl (1999 - 2011).

Hossegor Ce n’est pas une ville que j’apprécie particulièrement, en plus c’est moins beau que le Pays Basque puisque c’est les Landes… Mais il faut quand même reconnaître que c’est toujours sympa d’aller y faire un tour, que ce soit pour profiter des magasins d’usine, se baigner dans un océan plein de détritus ou encore passer une soirée apocalyptique à La Centrale, entre les bars et la plage, lieu où se réunissent tous les jeunes. Et ne soyez pas surpris si jamais vous vous faites sortir énergiquement d’un de ces bars après qu’un de vos amis y ait dépensé une petite fortune en moins d'une heure, Hossegor c’est comme ça, c’est l’ambiance « surfeurs un peu beaufs ». Autant à Anglet ils sont plutôt roots les surfeurs, à Biarritz ils sont plutôt classes, hé bien là ils sont plutôt beaufs, ils n'aiment pas que tu leur donnes trop d’argent d’un coup, ça les perturbent. Allez sinon vous pouvez essayer d’aller rouler au Hall 04, ah non j'avais oublié, ça n’existe plus. Il reste toujours le bateau Carhartt à côté de leur magasin d’usine... Mais non, c'est vrai il a été démonté début septembre, peut-être que vous aurez la chance d'en rider certains morceaux disséminés sur les skateparks alentours...

Report

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Espagne Le Pays Basque espagnol regorge de parks en béton, tous différents et plus attrayants les uns que les autres, notamment depuis quelques annèes où ils semblent pousser comme des champignons, c’est pourquoi un voyage vers cette contrée hispanique semble quelque chose d’inévitable dans la vie de tous riders. Le plus proche de la frontière française étant celui d’Irun, skatepark récent mélangeant habilement street park et grosses courbes. Donc si vous allez faire le plein de cigarettes et de boissons « énergétiques » profitez-en pour y faire une petite pause. Si vous n’êtes pas de gros flemmards continuez jusqu’à San Sébastian, là-bas aussi se trouve un nouveau park à base de courbes et de plans inclinés méritant tout votre intérêt. Par ailleurs la ville est charmante et vous pourrez y passer de bonnes soirées. Mais le plus mythique d'entre eux est sans conteste celui de La Kantera, à Algorta, tout près de Bilbao. Construit au milieu d’une ruine surplombant une immense plage foisonnant de « couettas » (jeunes demoiselles à la plastique captivante) et offrant une très belle vue, c’est vraiment LE spot de rêve pour les amateurs de courbes. Pool, bowl, rampe, tout y est réuni dans une ambiance conviviale, vous pourrez même vous octroyer des sessions nocturnes puisque le lieu est éclairé. Cependant, il est préférable de vous prévenir: les locaux n’apprécient guère les Bmxeurs et la Guardia Civil n’est pas très tolérante envers le camping sauvage sur la playa… Optez plutôt pour le fond de la pool. Tant que vous êtes dans le coin allez faire une halte à Leioa et son skatepark proposant un grand bowl, une pool (plus raide que celle d’Algorta) et une sympathique partie street. Si vous aimez la culture et l’art contemporain visitez Bilbao et son Musée Guggenheim, ça vaut la peine de s‘y attarder ! Voilà et puis si vous avez vraiment la bougeotte et que vous êtes plus un explorateur de skateparks qu’un adepte d’art alors sortez du Pais Vasco, continuez à longer la côte jusqu’à la ville de Santander qui abrite deux parks méritants le détour. Maintenant vous n’avez plus qu’à faire le chemin en sens inverse pour rentrer chez vous et retrouver votre bon vieux skatepark en acier. Et oui je vous l’avais dit, le nord-ouest de l’Espagne comparé à la France c'est l'Oregon…

Jérémy Savel - Rock - San Sebastian - Photo: P. Mercier

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GĂŠraud Marret - Air - Algorta - Photo: P. Mercier

Report

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Une interview d'Edouard Lassus Des photograpjies de Vincent Anglaret (sauf indiqué)

Il y a trois détails qui sautent aux yeux lorsqu’on se penche sur le cas d’Arnaud. Le plus évident concerne son riding réactif mêlant intuitivité et rapidité avec une bonne dose d’amplitude et de détermination. Le deuxième c’est son style vestimentaire vraiment singulier, et le dernier n’est autre que son étrange ressemblance avec un certain

Clark Kent… Ma

première rencontre avec ce sosie de Superman remonte à quelques années. À l’époque, ce rider

Limoges évoluait encore sur une bicyclette de taille standard. Aujourd’hui Arnaud Malthieu a 22 ans et fait certainement partie des révélations de 2011, après seulement trois années consacrées à la pratique du BMX. originaire de

Salut Arnaud. Je sais que t’as bien profité de ton été, tant pour faire la fiesta que pour pratiquer le vélo. Est-ce qu'il y a des sessions ou des soirées que tu retiens en particulier ? Le mois d’août a été assez intense je dois l’avouer, aussi bien en terme de riding que de soirées. Après le seul problème des soirées c’est que j’en garde peu de souvenirs… Par contre je me souviens très bien du trip sur la Côte Basque, de la découverte de bowls mythiques, de l’ambiance, des délires, c’était jobard ! Et après j'ai passé une semaine à Morzine à partager mon temps entre les bars et la DownHill… Parlons un peu de ton parcours qui est assez spécial. Tu as débuté par le VTT, combien de temps en as-tu fait et comment en es-tu venu au BMX ? Depuis tout gamin je pratique le vélo, j’ai attaqué par faire du BMX avec un Sunn de race, dans le quartier avec les potes, et un peu de park au skatepark John Lennon à Limoges… Jusqu’à ce que je le casse et là j’ai basculé du côté des grandes roues. J'ai alors commencé à faire du dirt et un peu de park, plus tard je me suis mis à la DH et au freeride avec l’association de Limoges. J’ai fais quelques étapes du Wall Ride Tour (WRT) - une sorte de championnat de slopestyle - et quelques autres épreuves, mais j’y allais plus pour rencontrer des gens. Et puis un jour je me suis fais avoir, on a décidé d’aller rouler au park d’Angoulême avec Denis, Fab et Brennan (Remi Trouillet) sauf que les VTT étaient interdits, du coup Brennan m’a prêté un BMX que je lui ai acheté par la suite et avec lequel je roule encore parfois… BMX

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Transfert - Leioa - Photo: Pierre Mercier


Air - Algorta - Photo: Jérémy Savel

« Un jour julien Leyreloup m’a appelé pour savoir si je voulais bien rouler pour bone deth, ils avaient bien aimé ma vidéo »

Est-ce que tu te souviens de ta première visite à Aurillac et plus précisément à l’Epicentre ? Comment as-tu atterri au fin fond du Cantal dans la ville « la plus froide de France »  ? Très bonne question, je crois que ma première visite a été lors des Sessions Volcaniques, il y a maintenant trois ans. On était venu passer le week-end chez Théo avec des gens de ma promo. Ça a été terrible, les gens, l’ambiance, l’Epicentre, l’Arrosoir, le Christy... Depuis j’y retourne très régulièrement aussi bien pour rouler que pour faire la fête et passer du temps avec la famille Alternatif. Tu t’es fait remarquer assez rapidement sur ton vélo, avec ton riding rapide et réactif, comment s’est passée la rencontre avec les personnes d’Aurillac, de Session Libre ainsi que ton entrée chez Alternatif ? Tout s’est fait naturellement, les gens d’Aurillac sont assez accueillants, surtout ceux de Session Libre et du shop qui n’hésitent pas à prolonger les sessions au comptoir où te poussent à rester pour le lendemain. Il faut dire que j’ai eu la chance d’avoir un bon guide, en l’occurrence Théo, qui m’a présenté à tous ses potes et qui m’a fait découvrir la face obscure d’Aurillac. Pour le team c’est grâce à Saucisse que j’ai pu y entrer, à l’époque où il s’occupait de la branche BMX du shop, je le remercie au passage.

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Il y a maintenant un an paraissait ton premier édit web qui était une exclusivité pour le site Soul BMX « mettant en scène une tête inconnue au bataillon mais qui tabasse vraiment », selon leur description de la vidéo. Tu roules désormais pour trois marques différentes: Bone Deth, Superstar et Savakas, tu penses que cette vidéo leur a permis de te découvrir ou ça s’est fait autrement ? Oui complètement même si ce n’était pas le but de la vidéo, c’est Julien Leyreloup qui m’a appelé un jour pour me demander si je voulais bien rouler pour Bone Deth parce qu’ils avaient bien aimé l'édit, ce n’est pas plus compliqué que ça. Pour Savakas c’est grâce au talent de Pierre et Vince. Concernant Superstar c’est un peu différent parce que Pierre « Repier » Blondel (team manager) me connaissait d’avant et me voyait rouler de temps en temps. Ces marques correspondent-elles à ton approche du BMX et à ta façon de rouler ? C’est assez difficile comme question. Oui elles correspondent, c’est sûr qu’on est bien loin des tricks de pushers, des contests, de cette ambiance un peu compétition. Il s’agit plus de profiter des moments qu’on peut partager autour de la passion du BMX et se faire plaisir. Ce sont des marques qui laissent une grande liberté et qui attachent autant d’importance à l’aspect humain qu’à la performance propre, enfin c’est mon avis.

Wall - Clermont Fd

BMX

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Icepik - Clermont Fd

« Je vais partir trois semaines aux etats-unis DURant le mois d’août prochain »

Tu viens de réaliser une seconde web vidéo de qualité - pour Bone Deth - encore plus dynamique que la précédente et avec toujours plus de niveau. Cette vidéo, qui a été vue plus de 3 000 fois en une semaine, est-elle une contrepartie au fait d’être sponsorisé ou une preuve de ta motivation croissante ? C’est un peu des deux, avec Thomas Borie on voulait faire une autre vidéo et c’est vrai que Bone Deth en voulait une. On s’est mis un peu la pression surtout parce qu’on avait peu de temps, mais ça ne nous a pas empêché de mettre autant de riding dans le bowl d’Aurillac qu’en street à Limoges pour une marque qui ne montre que du street à base de gaps et de rails. Les deux vidéos avec Thomas étaient plus des projets personnels que de réelles vidéos pour des sponsors. As-tu d’autres projets en vue, qu’ils soient personnels ou dans le cadre de tes sponsors ? Avec les sponsors l’avenir nous le dira, par contre j’ai prévu de partir trois semaines aux Etats-Unis pendant le mois d’août prochain, aussi bien pour rider que pour visiter et découvrir les US. J’aimerais bien continuer à faire des édits et des photos.

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Sinon tu continues tes études à Clermont-Ferrand, où en es-tu ? Ce n’est pas trop dur de les concilier avec le vélo ? Je redouble ma troisième année d'école d'architecture, c’est sûr que c’est un peu délicat de gérer études, soirées et BMX, c’est ce que je n’ai pas vraiment su faire cette année mais avec un peu de sérieux et de motivation ça se gère très bien. Et d’où te viens cette manie de découper tes T-shirts ? Je ne sais pas trop, c’est peut-être à force de regarder des clips et des séries des 80’s. J’aime bien cette image de pseudo punk thrasher. Merci Arnaud, est-ce que tu veux ajouter quelque chose pour conclure ? Bien sûr, je vais remercier des gens. Déjà mes parents qui m’ont toujours suivi et aidé à assouvir ma passion. Peter et Vince pour tout ce qu’ils font pour moi aussi bien dans le BMX qu’en dehors. Cécile du shop, toi Doudou pour cette interview, Thomas pour les vidéos et tout le reste, Remi « Brennan » Trouillet pour m’avoir éduqué au BMX et à la connerie, ainsi que tous ceux que je fréquente…

« C’est un peu délicat de concilier études, soirées et BMX ! » Air - Algorta - Photo: Jérémy Savel

BMX

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Arte Fact

Sylvain Bony - Wallride 180 - Clermont Fd Photographe: Rémy Sennepin

C'est une patte de perruche Qui nous fait découvrir La douleur des moules épicées.

Péj 54


Jean Bulhon - Clermont Fd Photographe: Nicolas Petitjean

BMX

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Table Top - l'Epicentre

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Willow Cartier photographiĂŠ par Pierre Mercier

360 - Mosquito Trail

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Sa Face Age: 22 ans

Passions: la musique bien sûr, le cinéma, le chill, les vinyles, les bande-dessinées Marvel, le skate même si je suis bien meilleur sur console et l’Arrosoir accessoirement. Instruments: J’ai commencé par la batterie de 6 à 12 ans environ. Puis j’ai appris la guitare vers 14 ans. Depuis j’essaye de jouer d’un peu de tout même si c’est parfois très mal. Du coup je me suis mis au clavier depuis un an. J’ai aussi acheté un banjo et une guitare slide. Je fais des arrangements de cordes et de cuivres au synthétiseur, c’est bien pratique. Je joue également de la basse et de l’harmonica…

Influences: Neil Young, Ryan Adams, The Beatles, The Rolling Stones, Randy California, Jack White, Dan Auerbach.

Musiciens collaborateurs: Clément Sautarel, Geoffrey Audry, Loïc Viale (batterie), Damien Felten (basse), Eric Issertes (contrebasse), Maxime Mayade (cuivres), Jeannot Puechbroussou, Dominique Parise (prise son, mixage) Déclic: Par rapport à ce projet je dirais que le déclic est venu lors d’un mini concert acoustique organisé par Love Mi Tendeur. C’était la première fois que je jouais quelques-unes de mes chansons en public depuis la séparation des Elegant Garage Gunners. L’ambiance était bonne et les gens ont accroché ce qui m’a donné confiance en moi et motivé pour enregistrer un album. Objectif(s): Faire des concerts avant tout. Arriver à former un groupe qui dure plus de trois mois. Trouver un label, un distributeur et un tourneur, mais c’est un peu utopique.

Une citation: « Est-ce que je préfère être aimé ou craint ? Les deux. Je veux que les gens soient effrayés par l’amour qu’ils me portent » Michael Scott, The Office. Un livre: Oui-Oui et la Gomme Magique d’Enid Blyton.

Un film: Drive de Nicolas Winding Refn, dernière grosse claque. Un CD: Two Of Everything de Brian Olive.

Un morceau: Ramper du nouvel album de Mustang. Une destination: Amsterdam.

Rêve de: Partir en tournée avec mes potes, continuer à faire la musique que j’aime, réaliser un film, créer mon propre label… Ne veux pas: Oublier d’où je viens.

Une anecdote: J’en ai beaucoup mais elles ne sont pas vraiment racontables…

Thanks: Merci à toi avant tout, à Session Libre, ainsi qu'à ma famille et mes amis.

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Son E.P. "There Is a Forest Behind the Tree"

«Un an et demi de travail, deux studios, trois batteurs différents, 16 875 clopes fumées, des hectolitres de café, 37 bouteilles d’Aberlour, des tonnes d’herbe, trois dates de sortie factices, des cuivres, des cordes, de l’électricité, le temps de détester chaque chanson, puis de les aimer à nouveau, puis ne plus rien en penser en faite, des kilomètres de route, 3 blocs-notes, 17 jeux de cordes, 11 guitares, 4 basses, un tas de chouettes collaborations et j’en passe... Jeudi 6 octobre, 2h41, Existing Where There Is Nothing est officiellement dans la boîte. 14 chansons à paraître très prochainement, pour de vrai cette fois. Stay tuned, merci, bonsoir.» Adam Wood

Texte: Edouard. Lassus Photographie: Romain Fel

Après une première expérience en tant que guitariste au sein du groupe The Elegant Garage Gunners à qui l'on doit trois E.P. voici qu'Adam Wood se lance dans une aventure solo. Avant de sortir les quatorze titres de son premier album "Existing Where There Is Nothing" il nous livre un premier E.P. répondant au nom de "There Is a Forest Behind The Tree" et réunissant cinq morceaux de très bonne facture. Cinq chansons avec lesquelles il nous transporte dans son univers si singulier et parvient à ouvrir une faille spatio-temporelle qui nous ramène en plein coeur des années soixante-dix. Du chemin a été fait depuis le garage de ses élégants gunners, après un an et demi de travail, ponctué de plusieurs studios et de multiples collaborations, il nous délivre une partie de son oeuvre à travers un concentré musical très recherché et bien abouti, mêlant une grande variété d'instruments à sa voix chargée d'émotions qui nous emmène dans un fantastique voyage rock & folk plein de mélancolie et d'espoir. Le résultat est un premier E.P. qui résonne à merveille avec des titres possédant une véritable âme et des sonorités rayonnantes frôlant parfois avec le psychédélique, mention spéciale pour Alice. En attendant l'album vous pouvez vous octroyer une partie du plaisir que nous distille Adam Wood avec cet avant-goût de qualité. Frissons garantis.

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Culture - Toi ! par E. Lassus

Alive Tattoo Portraits - Julien Lachaussée

Vous êtes peut-être déjà tombés sur les photographies de Julien Lachaussée dans divers magazines. Ce photographe de trente-cinq ans issu du milieu de la streetculture porte une attention particulière aux tatouages et aux personnes qui en portent. Après deux ans dans une école de photographie et cinq années de collaboration comme assistant du photographe de mode Jan Walters, Julien a passé six années à immortaliser des portraits d’individus en tous genres, connus ou inconnus (stripteaseuses, skateurs, bikers, sportifs, chanteurs…) dans leur environnement et dans leur plus simple appareil. Le point commun de toutes ses photographies n’est autre que le tatouage, en tant qu’œuvre d’art, reflet de leur personnalité, ou encore symbole d‘appartenance à un groupe. Son livre Alive Tattoo Portraits réunit 146 portraits de personnes marquées à vie. Ses photographies argentiques prises pour la plupart en moyen format noir et blanc sont dénuées d’artifices et de mises en scènes. Le rendu est tout simplement magnifique, faisant ressortir la personnalité et les émotions de chaque modèle, pour la plupart photographiés dans des cadres un peu austère, voire carrément glauque. On est loin de la photographie publicitaire, aux antipodes des paysages paradisiaques, mais tellement plus proche de la réalité de notre société contemporaine que la sincérité de ses clichés - tout comme leur beauté - devient la clé de ce livre unique. Une œuvre préfacée par le plus célèbre des tatoueurs français: Tin-Tin. Free Ride, Skateboard, mécanique galiléenne et formes simples - Raphaël Zarka

Après sa Chronologie Lacunaire Du Skateboard et l’essai La Conjonction Interdite , Notes Sur Le Skateboard, Raphaêl Zarka vient conclure sa trilogie consacrée à la pratique de la planche à roulettes avec l’excellent livre Free Ride, Skateboard, Mécaniques Galiléennes et Formes Simples. Cette fois-ci l’artiste et auteur se préoccupe de la place du skateboard dans l’espace, sa topographie, ses formes et forces, ainsi que son adaptation à l’architecture urbaine et à certaines œuvres artistiques. Dans une première partie conséquente Zarka revient sur la genèse et l’évolution de cette pratique, explique pourquoi le skateboard est né en Californie, s’intéresse aux forces motrices et gravitationnelles, et traite de sa mécanique et de son évolution à travers les divers spots et skateparks sur lesquels il a été adapté. La seconde partie est plus brève mais davantage technique. Ici l’auteur se penche exclusivement sur les formes et les forces en comparant des travaux de physiciens tels que Galilée, Newton ou encore Leibniz et des instruments de mécanique terrestre, de mesures astronomiques et de physique avec certains mouvements et spots reproduits par les skateurs, notamment le plan incliné, la courbe, les rampes et les trajectoires paraboliques. Dans une troisième et dernière partie Raphaël Zarka poursuit son résonnement sur « l’appropriation et le remploi » ainsi que l’interprétation et la perception particulière que les skateurs ont face à un espace public, une œuvre d’art abstraite ou une sculpture géométrique et moderne. Free Ride est une œuvre originale et réussie, une véritable archéologie du skateboard dans laquelle le sujet est traité de manière profonde et efficace. Le travail de l’auteur est aussi remarquable en ce qui concerne les références historiques et les images d’archives, documentant non seulement les instruments de recherche des physiciens et leur mise en parallèle avec certains spots et mouvements créés par la pratique, mais aussi les admirables photographies d’archives illustrant les principales évolutions du skateboard, élémentts qui manquaient cruellement à sa Chronologie Lacunaire Du Skateboard.

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Alternatif Shop 14 rue Baldeyrou - 15 000 - Aurillac 04 71 48 60 27 www.alternatifshop.com

Alternatif Boardshop Z.A. Les moletons - 43 120 - Monistrol sur Loire 04 71 75 96 77 www.alternatifshop.com Alternatif Illegal Shop 47 rue du Maréchal Foch - 42 300 - Roanne 04 77 78 17 73 www.alternatifshop.com

Bass Skateshop 23 rue St Genès - 63 000 - Clermont-Ferrand 04 73 14 20 39 www.bass-skateshop.com

Click Skate Store 7 chaussée de La Madeleine - 44 000 - Nantes 02 51 86 28 27 clickskate@hotmail.fr

FreeWheels Shop 52 Halle Darla - 14 rue des Mésanges - Zone Iraty 64 200 - Biarritz 05 59 22 36 33 www.freewheels-bmx.com L' Appart Skateshop 23 rue Gambetta - 42 000 - Saint-Etienne 04 77 59 16 24 www.lappart-skateshop.fr

Victory Skateshop 119 faubourg Lacapelle - 82 000 - Montauban 05 63 63 68 22 www.victoryskateshop.fr Voodoo Child

Voodoo Child Skateshop 50 passage Clémenceau - 03 200 - Vichy 09 51 07 55 63 hutchis.vichy@gmail.com


Étiquette Texte: Yann "Guliver" Martinot

- Ethiquetae Synopsum L'Étiquette ; se donne la mission d’éclairer autant que possible les traces du passage. Face à ces couleurs, collages et traits de tous styles, l’Etiquette tente de dépeindre les papiers peints, les encres et autres aérographies de mille signes, parsemées en nos villes. - Ethiquetae Apologia -.ALSO. KNOWN. AS.-

Art.1 - Le Rock Art - a.k.a. “Poser sur le Minéral” Quel exercice que de parler de -spontanéité-, car depuis les prémices de l’Art Rupestre et Pariétal, l’Homme peut se targuer de marquer le minéral dressé face à lui, comme pour représenter la Vie. Le Contexte du monde dans lequel on vit, toujours demeure, que l’on soit des Jungles ou des Villes, les Forces en vigueures toujours Nous démènent. Car c’est malmené, que ce soit par un tigre ou un policier, que jaillit la Créativité. Mais pour cela il faut tendre à voir bien plus loin que ce que les moteurs de recherche donnent à se nourrir via des mots-clés éculés, et des sites similaires à des terriers de taupes. L’Etiquette, se doit de donner des mots à “taper” (ci-parsemés dans cet article). Art.2 - Street Juice - a.k.a. “ Jus de Chaussettes” Le “Street Art”, Obey, Banksy & cie ne sont que la contemporanéité de moeurs citadines ancestrales. Car avant Banksy, à Paris traînait il y a trois décennies, un autre Rat, dont il s’est largement inspiré. Blek, comme bien d’autres Miss-Tic(s) de la Mosko&associés jungle Parisienne parsemaient leurs couleurs. Tels des Jean Faucheur sur les pubs-licités, des Jérôme Mesnager dans des spots dés-affectionnés, comme autant de pionniers de cette mouvance que l’on pouvait déjà nommer -Post-Graffiti-, ou Street Art comme le Mainstream aime l’étiquetter aujourd’hui.

Art.3 - Rats des villes - a.k.a. “Rois déchus” Adolescent en 2000, attiré par le graffiti et ses spots en tous genres; je commence à regarder les magazines. Ils colportent les styles du monde entier, uniformisant un temps les influences, je me retrouve envoûté par les pages de -stickers- venus du monde entier... La tornade dès lors m’a Emporté. Twister le New-Yorkais avait brutalisé ma rétine dans cette double-page de papier journal, aux côtés des “SO FAT!” stores de Espo, et des poings révoltés de La Mano de Barcelone... C’est aux côtés des signatures somptueuses de par leur Flow: des Colorz (156-VEP) / Merkutio (BMF/ TGC)/ Eker (CMP) et autres Logea, Perver et C-Sen (LGB) que je m’instruis et me vois Taper les murs de la ville lumière... Les rois oubliés de mon quartier, déjà si peu dupes des protégés d’Agnès B. ... Des MXVIII aux F1 (premier crew fort d’Horfé, créé par Dorm) se verront être les premiers et derniers représentants d’un mythique 18ème bientôt plongé dans le même destin qu’Amélie Poulain... Art.4 - Mirage 2000 - a.k.a “Le futur de 2000” Notre capitale en ce temps là, moins “propre” mais peut-être bien plus enivrante, portait sur ses murs les stigmates; mais aussi bien plus les traces de plus de 20 ans de “vies” qui avaient généré le style Parisien, et que le “grand bluff de 2000” a effacé à jamais. Plongeant ainsi les Writers, Peintres et autres Stencilers dans un monde “blanc”, fixé par les Grands Travaux de façadisme engagés par Malraux en son temps, il en fallait de la rage pour aller contre les dégâts d’un historicisme lobotomiste aveugle et rampant. Rappelons qu’effacer une expression, n’est qu’une occlusion de la Vérité. L’Etiquette épitaphe: Tape et taf par étape, et quand tu Tapes, taf Bien.

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TransferT Vol.I N°7  

Volume I N°7 (janvier 2012) avec Seb Daurel - Jérémy Grousset - John Garcia - Brown Town - Arnaud Malthieu - Adam Wood - Parking Trip... Tra...

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