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 FACE-À-FACE Etienne Daho Harrison Ford Carla Bruni

GRAND FORMAT

Immersion en enfer : Les larmes du Krokodil Mode Le retour de la Dame Blanche Christine Angot Méprisante ou méprisée ? CONTE DE FÉES La croqueuse de diamants & l’âge de nacre

Hiver 2017 N°121 | CHF 6.– 00121 >

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PLEIN LA BOUCHE

Cap sur les petits plaisirs gourmands

ESCAPADES

Le nez dans la poudre #BalanceTonPorc, on en parle ?

LA VRAIE VIE de

DIRTY PAPY


MY C H O I C E

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Blanche-Neige et les sept camés C’était hier. Maillots de bain relégués au placard, cartable sur le dos, mon grand reprenait la direction du collège. Mais voilà qu’entre deux séances coiffeur (la mèche est très importante) et trois rendez-vous chez son maître de classe (la concentration est compliquée à cet âge), je l’ai surpris à compter secrètement les jours avant Noël, espérant que la neige soit de la partie. C’est justement cette candeur qui m’a soufflé le fil conducteur de ce numéro : la blancheur, tantôt innocente tantôt cruelle, appelant à la rédemption et au salut. Amen. Des « connus comme le loup blanc », il y en a eu un paquet cette année, de Jean Rochefort à Pierre Bergé en passant par Simone Veil ou Mireille Darc, qui sont allés rejoindre le fameux paradis… blanc.

Blanc cruel, c’est l’histoire de cette came qui détruit des milliers de vie chaque année en Russie et qui guette désormais l’Europe. La Krokodil, dont le nom n’a d’égal que la valse macabre, nous est racontée par Emanuele Satolli, grand reporter photographiant le pire avec pudeur. Blanc encore, comme ceux qui cherchent à « être blanchis » des #BalanceTonPorc et autres affaires au parfum de scandale à la Weinstein, actuellement sur toutes les lèvres. Mais si la blancheur est parfois souillée, elle reste encore pure et immaculée à bien des endroits : retrouvez le blanc des pistes alpines, au cœur des repaires de montagne les plus exclusifs, le blanc qui pare le cou des belles sous la forme de perles et de nacre, ou encore celui qui couvre désormais la tignasse des légendaires Clint Eastwood (rencontré lors de son dernier tournage) et Harrison Ford. Alors, chère Maman – que ta chevelure blanche honore –, quand un de tes nombreux petitsenfants te demandera quand le Père Noël compte faire venir la neige, cette douce poudreuse blanche dans laquelle on se jette pour dessiner des anges, il faudra lui conter l’histoire du monde et de ses nuances de gris. Et lorsqu’il te posera cette fameuse question « Dis, Mamie, il s’en va où le blanc de la neige quand elle fond ? », tu te rappelleras qu’il y a toujours une petite lueur d’espoir au bout du tunnel. Comme on le dirait à Genève, « post tenebras lux » ! So, love it ! Par Siphra Moine-Woerlen, directrice de la rédaction | Illustration Marc-Antoine Coulon > Galuchat

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SOMMAIRE

N°121 Hiver 2017 13 L’ÉDITO

de Siphra Moine-Woerlen

RENDEZ-VOUS 40

BOUILLON DE CULTURE

D’ici et d’ailleurs

42 éTIENNE DAHO Dandy de la pop française 46

CARLA BRUNI

58

HARRISON FORD

Croque-Madame Han Solo l’éternel

60 TÊTE-À-TÊTE Avec Francis Giacobetti 66

COVER STORY

La légende Eastwood

176 5 MINUTES AVEC…

Mads Kornerup

MAGAZINE 48

LE SUJET QUI DIVISE

#BalanceTonPorc

52 BILLET D’HUMEUR

Angot, vipère au poing

56 RÉVEILLON NOIR

Des faussaires dans l’assiette

134 GRAND FORMAT

Les larmes du Krokodil

HORLOGERIE/joaillerie 76 SÉLECTION HORLOGÈRE

Les couples stars

86 GÜBELIN

L’alchimiste

90 L’ÂGE DE NACRE

Enfilez les perles !

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MAGIE BLANCHE

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Petits bijoux, gros cailloux


Collection Frivole Bague Entre les doigts or blanc, diamants.

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ART DE VIVRE 32 WHAT’S UP

Florilèges hivernaux

158 ESCAPADES de saison

Le nez dans la poudre

166 éVASION

Doha, la folie des grandeurs

170 DESTINATION

Martine au Pérou !

BELLES MÉCANIQUES 84 POUR LES GRANDS ENFANTS Serge Gainsbourg et Jane Birkin par Francis Giacobetti.

Quelle hypercar sous le sapin ?

126 ALL YOU NEED IS SPACE !

Zoom sur le Grandland X

130 SHINE BRIGHT LIKE A…

Plug-in Hybrid !

MODE 50 LE PYJAMA

Sur son 31 !

110 YVES SAINT LAURENT

De Paris à Marrakech

114 EN VOGUE

Le détail qui tue !

118 Légendes urbaines

La Dame Blanche

BEAUTÉ 142 PARFUMS DE LUXE

Initials B.B.

144 CHANEL ET LES FLEURS

En état de Grasse

148 BIEN-ÊTRE

Les nouveaux gourous de l’hiver

ERRATUM

Alta Moda, Mario Testino.

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Petite précision quant à l’article consacré à Mathieu Kassovitz dans notre dernier numéro  : lors du dernier Festival de Locarno, l’acteur et réalisateur a reçu le prestigieux Excellence Award Moët & Chandon.


OBJETS DE DÉSIR

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CHAT Botté 1. Balenciaga, bottines Ville en velours. CHF 850.– 2. Dior, bottines en cuir de veau avec fermoirs dorés. CHF 1’600.– 3. Saint Laurent, cuissardes Niki 105 en suède bleu pétrole. CHF 1’395.– 4. Chanel, bottes multicolores pailletées en cuir verni. CHF 1’520.– 5. Gucci, bottines en cuir avec fleurs intarsia. CHF 2’110.– 6. Salvatore Ferragamo, bottines «  Talon F  » en suède. CHF 990.– 7. Fendi, bottines en velours. CHF 970.– 3.

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oBJEtS DE DéSIR

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ROND DE CUIR 1. Mulberry, sac Trunk en cuir de veau. CHF 1’075.– 2. Chanel, sac en PVC pailleté et en cuir de veau verni. CHF 2’430.– 3. Charlotte Olympia, sac rigide Lauren Atkinson en cuir de veau et en plexiglass. CHF 2’810.– 4. Burberry, sac Pallas Helmet en cuir et en peau de serpent. CHF 2’095.– 5. Marni, sac Tambourine en cuir de veau. CHF 1’175.– 6. Chloé, sac Pixie en cuir de chèvre brillant. CHF 1’183.– 7. Balmain, sac 44-18 en cuir matelassé. CHF 1’735.– 3.

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1. Menu, lampe Franklin Chandelier Tribeca. Designer : Søren Rose Studio. CHF 550.–  2. Chopard, sac week-end Racing en cuir de veau. CHF 1’690.–  3. Freitag, bloc-notes en bâche goudronnée. CHF 48.–  4. Dom Pérignon, Champagne Brut « P2 » Vintage 2000. CHF 400.–  5. Davidoff, humidor de voyage. CHF 320.–  6. Kauffman Collection, Hard Vodka de Russie, 70 cl. CHF 99,90  7. MB&F + L’Epée 1839, horloge de table Octopod. CHF 37’800.–  8. Serge Lutens, Bourreau des fleurs, 50 ml. CHF 545.–  9. Bulgari, Le Gemme Men Garanat, 100 ml. CHF 320.–  10. Fujifilm, appareil photo instantané Instax Mini 90. CHF 159.–  11. Valentino, Noir Absolu, 100 ml. CHF 160.–  12. Chanel, Le Lift, masque de nuit récupérateur, 75 ml. CHF 139.–  13. Tod’s, derbies en cuir verni. CHF 670.–  14. J.Hopenstand, ceinture en cuir de taurillon. CHF 350.–  15. Faber-Castell, stylo bille e-motion pure Black. CHF 180.–

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Some watches tell time. Some tell a story

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WHAt'S UP SWItZERLAND ?

Par Delphine Gallay

GooD

PEOPLE

CHANSoN DOUCE Un nouvel album et une tournée suisse pour l’auteure, compositrice et interprète Sonia Grimm. La reine des enfants revient sur scène avec un spectacle musical haut en couleur. Des textes engagés, de l’esprit et de la poésie pour faire briller les yeux des tout-petits. www.sonia-grimm.com

CONTRE-COURANT Lumière sur le cinéma d’auteur ! Le festival Black Movie est de retour du 19 au 28 janvier avec un cocktail de films jusqu’ici inédits en Suisse. Réalisateurs de tous horizons, perles cinématographiques et talents émergents… pour une 19e édition marathon au rythme du cinéma indépendant !

Un nom que l’on lit sur toutes les lèvres des aficionados de jolie déco, d’objets ludiques et de beaux jouets, Des Gens Bien réunit la fine fleur des artistes et des designers venus d’ici et d’ailleurs. Seuls maîtres mots à bord : la qualité et l’originalité. Chaque pièce, soigneusement sélectionnée, est éditée en série limitée et dans de très jolis matériaux (terre cuite, bois de hêtre…). Véritables œuvres d’art, les petites voitures, les jeux d’échecs, de fléchettes ou de backgammon laisseront rêveurs petits et grands. Quelques mobiles, vinyles, magazines indé triés sur le volet, des raquettes de plage ou des tangrams 100% genevois... La liste des envies est longue ! De beaux objets, utiles ou purement décoratifs, supplément d’âme en prime ! DES GENS BIEN

Boulevard Saint-Georges 6 – 1205 Genève – T. +41 (0)22 535 13 89 – www.desgensbien.ch

SINGULIÈREMENT VÔtRE

www.blackmovie.ch

Iunx débarque chez Jelmoli, à Zurich. Des eaux d’exception déclinées en 33 fragrances uniques. Fabriquées à Grasse, créées et conditionnées à Paris, les fragrances Iunx offrent une expérience nouvelle de la parfumerie. On craque pour la ligne pure et structurée des flacons et la très belle présentation des testeurs olfactifs, habillés d’une délicate corolle en papier blanc.

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IUNX PARFUMS Jelmoli – Bahnhofstrasse – 8001 Zurich – T. +41 (0)44 220 44 11

Rien ne se perd, tout se transforme ! Lancé par deux designers romandes, Nunc ne manque pas d’imagination. Fins de stock et rebus industriels se réinventent grâce au duo et à la complicité d’artisans vaudois. Surplus de production recyclés en objets du quotidien design… tout est bien qui finit bien ! www.bynunc.com

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www.jelmoli.ch/brand---Iunx

OUI, JE LE VEUX !

Le compte à rebours est lancé, mais bien évidemment… il vous manque la robe dont vous avez secrètement rêvé toutes ces années. Pas d’inquiétude à avoir, Ayo (« oui » en arménien) s’occupe de tout. Récemment inauguré, l’appartement showroom genevois est devenu en un temps éclair l’adresse prisée des futures mariées. Entre ses murs, les petites fées d’Ayo sortent le grand jeu et dévoilent la crème des créations parisiennes : Laure de Sagazan, Maison Floret, Elise Hameau, Marie Laporte… Une élégance couplée de petits détails, un style et une tendance bohème chic. Crêpe de soie, tulle brodé, touche rétro, dentelle de Calais et, ici et là, des volants, pour des silhouettes délicates et subtiles, toujours dans l’air du temps. AYO Rue du Conseil-Général 11 – 1205 Genève – T. +41 (0)22 436 87 34

www.ayo-mariage.ch

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WHAt'S UP SWItZERLAND ?

Par Delphine Gallay

LE VENT EN PoUPE toUCHE SUCRÉE L’heure du goûter a sonné ! La petite fabrique suisse Freely propose des cookies vegans, sans gluten et bio, sans additifs ni conservateurs. Pépites de chocolat, framboises, amandes et noix de pécan… Bon pour la santé, mais surtout pour le moral ! www.freelyhandustry.com

CIAo BELLO Nouvelle boutique Ermenegildo Zegna au Bongénie. En matière d’élégance et de mode masculine, la griffe italienne règne en maître : mailles et tissus d’exception, costumes sur mesure, art de la coupe et du tombé parfait… Le luxe noble et discret a un nom. www.bongenie-grieder.ch

Lassé des adresses surfaites ? Le Flacon, à Carouge, bouscule les codes et offre une nouvelle vision de la gastronomie. Dans un esprit bistronomique, le jeune chef étoilé Yoann Caloué impose son style et multiplie les initiatives pour surprendre les convives confortablement attablés. Formé à bonne école, cet ancien des brigades de Serge Labrosse et Joël Robuchon revisite ses classiques avec audace et offre une version contemporaine d’une cuisine démocratisée ! Du « simple travaillé », du « noble épuré », le jeune prodige ose les saveurs originales et sublime les produits populaires en mets raffinés. Se reposer sur ses lauriers, pas vraiment le style de la maison… Ici, les idées se bousculent, les plats se renouvellent tous les dix jours au gré des envies. Décomplexé, le bistrot étoilé tient ses promesses avec, cerise sur le gâteau, un supplément d’âme et une note allégée. LE FLACON

LA VAGUE

Rue Vautier 45 – 1227 Carouge – T. +41 (0)22 342 15 20 – www.leflacon.ch

Lausanne, un long fleuve tranquille ? C’était avant la déferlante du plus grand aquarium-vivarium d’eau douce d’Europe ! Une visite en eaux douces au gré des fleuves, des rivières et des lacs des cinq continents, pour une découverte aquatique à la fois ludique et pédagogique.

GREEN tHERAPY

www.aquatis.ch

Si vous rêviez d’une bonne entrecôte… vous pouvez passer votre tour. Petite révolution dans l’assiette lausannoise avec cette adresse 100% végétarienne, située dans le quartier du Flon. L’ambiance se veut chaleureuse et épurée, avec des plats sains, colorés et créatifs, pour faire taire les blasés du quinoa ou les détracteurs de la tendance veggie. Une bonne soupe chaude accompagnée d’un savoureux bowl ou d’un wrap minute à la pause de midi, ou tout simplement un jus entre amis… Dans un cadre lumineux et aéré, vous devriez adorer. BAD HUNTER

Rue des Côtes-de-Montbenon 12 – 1003 Lausanne – www.badhunter.ch

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Criée scandinave | A peine relooké, le Ritz-Carlton Hôtel de la Paix vient de lancer sa toute nouvelle table, le FiskeBar. Evasion garantie : l’adresse propose une cuisine fusion nordique largement inspirée par le fishmarket de Copenhague, qui met à l’honneur des classiques et des produits de la mer. Côté déco, on retrouve la touche chère aux Scandinaves : des matériaux naturels qui se fondent à merveille avec les lieux historiques. FISKEBAR Quai du Mont-Blanc 11 – 1201 Genève – T. +41 (0)22 909 60 00

www.ritzcarlton.com/en/hotels/europe/geneva

MIAM MIAM MIAM ! Bons petits plats | Nouvelle cantine du côté de Plainpalais : le Pepper. A cette adresse, la culture du fait-maison, des saisons, du local et du bio est à l’honneur. La délicieuse maîtresse des lieux, une ancienne coach en nutrition (pour ne citer qu’une seule de ses facettes), a mis les bouchées doubles pour régaler sainement les Genevois en quête de bons petits plats équilibrés. Petits déjeuners princiers, tartines, salades colorées, pad thaïs ou pokebowls… le monde s’invite en cuisine pour offrir des recettes parfumées avec un je-ne-sais-quoi qui fait toute la différence. Supplément d’âme ? Brin de fantaisie ? Sûrement, oui. PEPPER GENEVA Rue du Conseil-Général 12 – 1205 Genève – T. +41 (0)22 321 03 05

Sakément bon | Faut-il encore pré-

senter la célèbre cantine carougeoise ? Le PakùPakù porte bien son nom, et pour cause ! Son blase n’est autre que l’onomatopée japonaise désignant le bruit que l’on fait en mangeant (ou plutôt en se régalant !). Calqué sur le modèle des célèbres izakayas, le PakùPakù fait la part belle aux mets japonais avec une carte composée de nombreux plats et « tapas » à la nippone. On picore, on innove et on partage avec sa tablée en toute liberté. Au menu : découvertes culinaires, bouchées d’A sie… Et, pour les grandes faims, bentos gourmands, sobas, ramens et udons, le trio gagnant. Le tout dans une ambiance résolument contemporaine… Tokyo, Londres et New York en direct live de Carouge.

PAKÙPAKÙ Rue Vautier 43 – 1227 Carouge T. +41 (0)22 301 00 03 – misuji.ch/pakupaku

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LE StYLE

DE...

Par Christopher Tracy

JACQUES DUTRONC Dandy maniéré des folles années giscardiennes, Jacques Dutronc a toujours su distiller un léger machisme chic teinté d’un snobisme négligé férocement séduisant. On l’imagine sans mal chez Régine ou Castel, un long Davidoff bagué coincé entre ses canines de vampire nocturne, occupé à séduire une jouvencelle asservie au magnétisme de l’animal. Et si Jacques Dutronc fut pendant longtemps l’amoureux attitré de l’androgyne Françoise Hardy, il est avant tout un homme de goût. Un smoking satiné, une chemise Dior col cassé, des bottines noires à fermeture éclair, une montre Tank en or représentent un petit échantillon de ses habitudes. A la rigueur, années 1970 oblige, une chaînette en or blanc sur son fin poignet, les doigts serrés sur un vieux whisky, voire une coupe de champagne millésimé. Autour du cou, une écharpe en soie issue de la collection d’un excellent faiseur, un parfum capiteux, envoûtant et français. Terriblement français. Au final, l’élégance surannée du dandy Dutronc est avant toute chose une nonchalance à peine sexuée, somme toute peu virile. La désinvolture portée à son art suprême. Deux mots suffisent pour résumer l’idole de nos aînés : vieille canaille. La leçon est retenue. —

SON ALLURE DÉCRYPTÉE

Ray-Ban, lunettes Aviator Havana Collection.

Saint Laurent, bottes zippées.

S.T. Dupont, briquet en or.

Laurent-Perrier, Grand Siècle.

Lanvin, boutons de manchette dorés à l’or fin.

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Cartier, Tank Française, mouvement mécanique.

Jitrois, blouson Macus en agneau plongé, pour s’encanailler dans les bistrots branchés.

Davidoff, cigare Master Series.

Gufram, dans la vie il y a des portemanteaux Nerocactus !


BoUILLoN DE CULtURE Par Delphine Gallay

CHIC, UN BIoPIC !

Utopia, le neuvième album de l’Islandaise Björk, continue dans la veine de la musique expérimentale. Son dernier single, « Blissing me », fait par ailleurs l’objet d’un clip immaculé, un poil flippant… fidèle aux mises en scènes déjantées de l’artiste.

« Avec l’amour maternel, la vie vous fait, à l’aube, une promesse qu’elle ne tient jamais… » Voici une adaptation magistrale de l’inoubliable roman autobiographique de Romain Gary. De son enfance difficile en Pologne et de son adolescence sous le soleil de Nice jusqu’à ses exploits d’aviateur en Afrique pendant la Seconde Guerre mondiale, Romain Gary a vécu une vie extraordinaire. Mais cet acharnement à vivre mille vies, à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Nina, sa mère, qu’il le doit. Une mère attachante et excentrique qui fera de lui un des romanciers majeurs du XXe siècle. Rebondissements, passions et mystères sous la coupe d’un amour maternel sans bornes, qui sera aussi son fardeau pour la vie.

BJÖRK, UTOPIA Déjà dans les bacs.

FRENCH CANCANS | La Belle Epoque s’invite à la Fondation Gianadda jusqu’au printemps prochain avec l’exposition d’une centaine d’affiches et estampes du peintre Henri de Toulouse-Lautrec. Celui qui s’imposa en une dizaine d’années (1890-1900) comme graveur, lithographe et affichiste nous fait revivre au fil de ces œuvres graphiques les nuits enivrées et décadentes de Montmartre, l’ambiance folle du Chat Noir, du Moulin Rouge ou du Divan japonais. Une sublime collection à laquelle viennent s’ajouter les épreuves de son recueil Elles. Onze lithographies au travers desquelles Lautrec traduit avec tendresse l’intimité qu’il partageait avec les filles de joie des maisons closes qui lui étaient si chères.

LA PROMESSE DE L’AUBE Sortie en salles le 20 décembre

TOULOUSE-LAUTREC À LA BELLE ÉPOQUE

Jusqu’au 10 juin 2018 Fondation Gianadda Rue du Forum 59 – 1920 Martigny T. +41 (0)27 722 39 78 www.gianadda.ch

Old school...

BLANC BLEU

CHIFFRE 13 Après trois ans et demi d’absence, le groupe Indochine est de retour pour un tout nouvel opus, baptisé 13. De l’aveu même de Nicola Sirkis, cet album qui succède à Black City Parade prendra une tournure plus engagée, conséquence de l’époque incertaine dans laquelle nous vivons. Les fans y retrouveront les thèmes de prédilection de la bande : la mort, la tolérance, l’espoir ou le sexe, mêlés de sentiments contradictoires et de mélancolie. INDOCHINE, 13

Déjà dans les bacs

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Cet hiver, la Fondation Baur propose un regard croisé sur la porcelaine chinoise bleu et blanc au XVIIe siècle, en retraçant sa route vers l’Europe et son impact sur les arts décoratifs. L’exposition mêle natures mortes européennes, porcelaines, faïences et miniatures persanes, grandement influencées par les céramiques chinoises de l’époque. Un voyage dans le temps et un dialogue des cultures rendus possibles grâce à des collections privées et à la collaboration de nombreux musées européens, du Prado à Madrid aux Arts décoratifs de Paris. LE BLEU DES MERS. DIALOGUES ENTRE LA CHINE, LA PERSE ET L’EUROPE

Jusqu’au 25 février 2018 Fondation Baur, Musée des arts d’Extrême-Orient Rue Munier-Romilly 8 – 1206 Genève T. +41 (0)22 704 32 82 – www.fondationbaur.ch


DIS, QUAND REVIENDRAS-TU ?

© Collection Georges Dudognon

Parcours déroutant que celui de Barbara… Destin d’une femme qui se voulait libre. Dévoilée au fil d’une exposition événement à la Philharmonie de Paris, Barbara se découvre intime et passionnée au travers d’une riche sélection d’archives photographiques et audiovisuelles. Mille et une facettes mises à nu d’une artiste mélancolique et meurtrie, forte et lumineuse, immortalisée par les plus grands photographes de l’époque : Robert Doisneau, JeanPierre Leloir et Just Jaeckin. Un récit profond fait de confidences musicales feutrées. La longue dame brune vêtue de noir se raconte grâce à une série de dessins, de correspondances et de manuscrits confiés par ses proches. Portrait anniversaire d’une chanteuse sans fausse note. BARBARA Jusqu’au 28 janvier 2018 Philharmonie de Paris – 221, Avenue Jean-Jaurès – 75935 Paris – France T. +33 (0)1 44 84 44 84 – philharmoniedeparis.fr/fr/exposition-barbara

HOPP SCHWIIZ !

© Magliani Piovan

SCHNAPS & RÖSTI | Le Musée Ariana met les petits plats dans les grands en dévoilant un véritable trésor national. Des collections rares de poteries et de verres émaillés du XVIIe au XIXe siècle. Un surprenant dialogue du patrimoine local, mettant en lumière le terroir et les traditions helvétiques. Issus des confins de la Suisse alémanique, la vaisselle à rösti et les verres à schnaps s’habillent de motifs fleuris, animaliers ou encore héraldiques, rehaussés de maximes religieuses et patriotiques. Une invitation au cœur du quotidien des campagnes bernoises et de la vallée de l’Entlebuch. Une exposition patrimoniale à découvrir sans plus tarder. SCHNAPS & RÖSTI : VERRE ÉMAILLÉ ET POTERIE SUISSES (17E – 19E SIÈCLES)

Jusqu’au 18 février 2018 Musée Ariana – Avenue de la Paix 10 – 1202 Genève T. +41 (0)22 418 54 50 www.ariana-geneve.ch

NO PLACE LIKE HOME | Qu’entend-on par Heimat ? Que signifie le terme « chez-soi » ? L’expression n’aura jamais autant fait parler d’elle. On pourrait la définir comme le sentiment d’appartenance à un lieu, à une nation ou simplement un souvenir d’enfance… L’espace Stapferhaus promet un voyage-découverte grâce à une visite interactive et un lieu de réflexion unique. Du berceau jusqu’aux étendues de l’espace, l’exposition invite tout un chacun, autochtones et étrangers, patriotes et helvético-sceptiques, à se pencher sur la question et à former un pont entre les émotions de la peur, de la confiance, des changements et des traditions. HEIMAT, SUR LE FIL DES FRONTIÈRES Jusqu’au 25 mars 2018 Stapferhaus Lenzburg – Schloss – 5600 Lenzbourg – T. +41 (0)62 888 48 00 – www.stapferhaus.ch

Des balades à écouter au coin du feu. Laurence Revey, Le Blues des Alpages. CHF 22.–

Un cadeau original, riche en anecdotes et pépites nationales. Good Heidi Production, So Sweet Zerland. CHF 29.–

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PoRtRAIt

ÉTIENNE DAHO Par Christopher Tracy | Photo Pari Ducovic

Déjà un bail que l’androgyne Etienne Daho traîne comme une vieille casserole sa réputation de chanteur à minets sans organe (vocal) caractéristique. Cela n’a pas empêché notre ami de construire une carrière tout à fait respectable en enquillant avec une rigueur métronomique des albums très satisfaisants, et pour les moins aboutis, au moins efficaces. Etienne Daho a un palmarès étonnant de tubes finement imaginés ; rarement, voire jamais, il n’a été mauvais ni même moyen. Né il y a – fichtre ! – 61 piges à Oran, en Algérie, à une époque où le rock se devait d’être viril et sexué, le petit Etienne a passé le plus clair de son temps dans les jupes de Mamie, qui tenait un bar-café à 20 kilomètres de sa ville de naissance. Miracle, ledit bar-café avait un juke-box, un heureux hasard qui a aiguisé chez le jeunot ses grandes oreilles de mélomane. Fils de militaire de carrière, la future idole de la scène musicale rennaise, puis chouchou du Tout-Paris bobo Rive gauche s’est enthousiasmé à la découverte de sons divers. Il suit sa famille et s’installe à Rennes, gratouille une guitare, écrit trois strophes et se pique de devenir une vedette de la pop. Ce qu’il réussit à force de séduire le public hétéro et gay via des ritournelles obsédantes telles que « Week-end à Rome », « Comme un igloo », « Epaule Tattoo » ou « Tombé pour la France ». A l’aube de la carte vermeil et de la verveine en tisane, Tietienne a sorti en novembre un onzième album (en 32 ans de carrière), intitulé Blitz. Un premier single circulait sur les ondes et le net dès la rentrée, « Les Flocons de l’été », revenant douloureusement sur une période délicate de son existence. Une tournée devrait suivre dans les meilleurs Zenith et autres salles francophones très bientôt. « Le parrain de la French pop » est de retour et – vous savez quoi ? – A Trajectoire, on valide grandement, car à bien y réfléchir, il a su construire intelligemment une carrière pas si évidente avec une tessiture aussi faible. Comme quoi… —


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LE SUJEt QUI DIVISE

#BALANCETONPORC « T’as voulu voir Weinstein et on a vu Weinstein, t’as voulu voir Spacey

et on a vu Spacey, j’ai voulu voir Polanski et on a vu Ramadan, comme toujours. T’as plus aimé Weinstein et on a quitté Spacey, t’as plus aimé Polanski et on a quitté Ramadan... »

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Par Manon Voland

epuis quelque temps, une vanne de révélations s’est ouverte sur Hollywood, inondant les médias de scandales sexuels désavoués et bien souvent muselés par le politiquement correct, sous couvert de contrats juteux. Première victime ? Le producteur désormais « très en vue » Harvey Weinstein, dont la notoriété n’a jamais atteint de pareilles stratosphères, puisqu’il est dorénavant connu de tous les mortels. Qu’il se rassure, ses compagnons de cachot se comptent par nouvelle dizaine chaque semaine et l’inauguration d’un Alcatraz en or plaqué pour prédateurs ne saurait tarder. Qu’il se console aussi, la vague des confessions a de loin dépassé le cercle des nantis en tout genre, grâce à une profusion de hashtags, du #MeToo au #QuellaVoltaChe (#LaFoisOù) en passant par le fameux #BalanceTonPorc. En tant que femme, vous m’imaginez sans doute exaltée et galvanisée par ce mouvement de dénonciation d’un harcèlement trop quotidien et trop répandu, pointant son nez à peine le moindre centimètre de jambe ou de bras dévoilé (et encore, ce n’est parfois même pas nécessaire). Eh bien non. Non, je ne suis pas pour ce grand déballage de confidences, non pas sur l’oreiller, mais sur ces géants bleus que sont Twitter et Facebook, à grands coups de hashtags porcins. Serais-je passée du côté obscur de la force en rejoignant cette guérilla ? Toujours pas, et sans doute jamais. Mais je désapprouve cette vendetta publique et subjective qui s’étale sur la Toile. Si l’hypocrisie des agresseurs est grande, celle des femmes qui les dénoncent à l’abri d’un anonymat discutable aussi. On occulte le véritable problème – à savoir la dénonciation et la condamnation véritable et juste

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du harcèlement sexuel – sous une masse de témoignages qui, de loin, font penser à des ragots. Et c’est justement là que ça coince. En voulant se faire justice lui-même, le mouvement se décrédibilise également, car tout un chacun s’autorise à dénoncer sans prouver. Quitte à bafouer le droit à la présomption d’innocence. Imaginez un instant les potentielles conséquences d’un faux balançage sur les réseaux sociaux, identité incluse, comme le requiert le hashtag francophone. Imaginez que ce soit votre père, votre frère, votre petit ami. Si l’âme humaine est prête au pire pour se venger – les actualités nous le prouvent chaque jour –, ce n’est pas la considération de milliers de dénonciations bien réelles qui fera changer d’avis un justicier solitaire. Sommes-nous prêts à prendre ce risque ? Pour ma part, non. Si #BalanceTonPorc et #MeToo ont permis de prendre conscience de l’étendue de la bataille qu’il reste à mener, pas sûr qu’ils font se remettre en question les harceleurs les plus téméraires, dont les « eh toi, t’es bonne » continuent de rythmer nos pas. Pas plus qu’ils ne mettent suffisamment en lumière les travers de l’industrie de la mode, où les victimes et les bourreaux ont pourtant tout de ceux d’Hollywood. Eduquons donc la future génération à se respecter, arrêtons d’élire des Trump et simplifions les démarches pour porter plainte et agir. Sinon, la prochaine fois, ce sera #BalanceTaSalope. —


L É M A N

G R A N D

B L E U

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DéCRYPtAGE

MoDE !

Par Diane Ziegler

PYJAMA PARTY Fruit de la créativité débordante des créateurs, repéré sur les podiums des dernières collections et look le plus convoité de la saison, le pyjama embrasse son époque, la devance légèrement et suscite l’adhésion en dérangeant gentiment l’establishment. Cette it-pièce acquiert aujourd’hui ses lettres de noblesse auprès des plus grandes maisons de couture. De Sharon Stone à Elisa Sednaoui en passant par Sofia Coppola, toutes les générations mettent un pyjama dans leur panoplie pour l’allure casual à souhait et faussement débraillée qu’il confère. Mais, c’est l’année dernière que le pyjama a véritablement fait son entrée en grande pompe dans la fashion sphère, lors de la spéciale Dolce & Gabbana Pyjama Party. L’ensemble pyjama a donc gagné en crédibilité, pour le plus grand plaisir des millennials, qui font désormais rimer le « chic » et le « cool » avec une facilité déconcertante et un sens du style décomplexé. Et avec ses coupes de plus en plus pointues, ce nouvel inconditionnel s’impose comme le symbole par excellence de l’irrévérence stylistique. Le pyjama s’inscrit dans une mode joyeuse et enlevée qui met du baume au cœur de toutes celles qui ne se retrouvent pas dans la mode uniformisée. Aujourd’hui, le pyjama réveille le style. Comme chez Victoria Beckham qui, pour sa collection printempsété 2018, a dessiné un ensemble à carreaux roses ou bleus ciel aux airs de pop art très Miami 1980 ! Une délicieuse tenue « mode mais pas modeuse » qui fait déjà trembler la fashion sphère… —

DANS LA PRATIQUE

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BELLE DE NUIT

ÉLÉGANCE NONCHALANTE

SOMNAMBULE CHIC

Le pyjama se porte couvert d’une longue robe de chambre esprit kimono, rendant l’allure « saut du lit » ultra sexy ! Agrémenté de quelques broderies raffinées, de couleur rose poudré pas trop sucré, le pyjama devient un « habit » à part entière. Et, qui plus est, une arme de séduction rétro et féminine. On copie Garance Doré, qui a illuminé le parterre new-yorkais avec son pyjama de soie brodé. A porter avec des escarpins à fourrure et une minaudière assortie pour une allure effervescente.

Sur les traces de Kourtney Kardashian ou de Gigi Hadid, le pyjama a pris l’habitude de descendre dans la rue ! Les reines de la mode arborent ainsi une silhouette équilibrée entre ondulations de soieries, motifs dansants éclatants de fraîcheur, rayures noires décalées et détails glamour. Une paire de fines sandales assortie à son rouge à lèvres, un manteau précieux et le tour est joué. Le nec plus ultra ? L’ensemble pyjama griffé à son nom, le summum du chic !

Pour une silhouette inspirée et inspirante, le pyjama combinera des tissus nobles et authentiques avec du cachemire, afin de brouiller les frontières entre masculin et féminin, décontracté et formel, nuit et jour… Une tendance dont la cheffe de file n’est autre que Rihanna ! En 2012 déjà, la chanteuse faisait des émules lors de ses apparitions publiques de New York à Tokyo en pyjama Emilio Pucci bleu et or.


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DANS L’oBJECtIF DE...

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Mireille Darc, Rome, magazine Lui, décembre 1968.


DE L’oMBRE À LA LUMIÈRE Francis Giacobetti n’a cessé de jouer avec la lumière de son flash et des icônes qu’il a immortalisées, de Mireille Darc à Jane Birkin. Réinventant le nu avec graphisme et élégance, il a su donner au genre ses lettres de noblesse, entre photographie et art. Rencontre. texte Manon Voland | Photos Francis Giacobetti

Vous avez commencé votre carrière avec les pages mode du magazine Marie Claire, puis la revue Lui a suivi. Comment en êtes-vous arrivé à ces photos de charme ? Les photos que je faisais à l’époque étaient très graphiques, ce qui ne s’adaptait pas bien à un magazine d’actualités tel que Paris Match. Daniel Filipacchi est donc venu me chercher pour le projet Lui et nous avons fait les toutes premières photos de charme – après le Playboy américain –, car ce type de magazines n’existait pas encore en France. Nous avons copié le concept Playboy et couplé des photos de charme à des interviews de gens célèbres. Mais c’était difficile, parce qu’il y avait moins de gens célèbres en France et qu’il fallait les convaincre de poser à côté de jeunes filles… à peine dénudées ! Nous ne pouvions même pas montrer la poitrine. Du coup, nous utilisions toujours la même position, en cachant la poitrine avec de l’ombre ou avec le bras. La créativité était un peu limitée.

Pour Lui, vous avez immortalisé et dévoilé l’anatomie des plus belles icônes de l’époque : Brigitte Bardot, Jane Birkin ou encore Mireille Darc. Quels souvenirs gardez-vous de ces rencontres ? Le statut du photographe était très différent à l’époque, on devenait très vite copains. J’étais très doux, il n’y avait aucune agressivité et toujours beaucoup de respect. D’ailleurs, Mireille Darc aussi bien que Birkin et d’autres disent toujours que « les photos avec Francis, c’était un rêve ». Je n’ai jamais eu un problème avec une fille. Tous les photographes ont fait du nu, mais c’est rarement bien, parce que la sexualité s’y mêle. J’ai toujours dit que lorsque je photographiais une femme nue, c’était comme si je photographiais un cheval, et il n’y a rien de plus beau. Je photographie le plus simplement et le plus graphiquement possible, ce qui enlève énormément de sexualité. Je suis peut-être un puritain… ! (Rires)

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L’HOMME SANS NOM

Si Eastwood semble entretenir une relation compliquée avec les femmes de sa vie, celle qu’il tente d’établir avec ses enfants est bien autre. Longtemps absent du paysage parental, il rattrape le temps perdu en partageant l’affiche avec eux ou en leur offrant de composer la musique de ses films. Eastwood fait de la place sur le devant de la scène à ses enfants, alors qu’il n’a jamais su le faire avec ses femmes. S’il s’essaie à créer une carrière à sa progéniture, qu’en est-il de lui-même ? J’appelle, non pas un, mais deux réalisateurs sur l’estrade : Sergio Leone et Don Siegel. Le premier lui offre le rôle qui fera que Sophia Loren dira de lui qu’il est « la plus grande star masculine d’Italie » : « l’homme sans nom » de La Trilogie du dollar. Le second l’accompagnera sur cinq productions, d’Un shérif à New York (1968) à L’Evadé d’Alcatraz (1979) en passant par l’un de ses personnages majeurs, L’Inspecteur Harry (1971). Deux cinéastes à qui Eastwood doit toute sa carrière et qu’il enterre symboliquement à la fin de son deuxième film, L’Homme des Hautes Plaines (1973), en gravant leurs noms sur des pierres tombales. On pourrait ajouter un troisième réalisateur à cette liste, Ted Post. Ami de l’acteur, il réalise le film Pendez-les haut et court (1968), une coproduction de United Artists, qui le représente jusqu’alors, et Malpaso Productions, société de production créée par Eastwood. Ce dernier a ainsi toutes les cartes en main pour imposer ses choix sur la production du film. Au même moment, il est pressenti pour jouer dans un autre film aux côtés d’Omar Sharif, mais celui-ci refuse, décrétant qu’Eastwood n’est pas assez connu pour partager l’écran avec lui. Le film est un fiasco, tandis que Pendez-les haut et court déchaîne la critique et le box-office, propulsant Eastwood au rang de star.

Pendez-les haut et court, 1968.

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Impitoyable, 1992.

BILL MUNNY

Après plus d’une trentaine de productions en tant qu’acteur, Clint Eastwood réalise enfin son premier long métrage, Un Frisson dans la nuit (1971), pour lequel il est devant et derrière la caméra. Véritable succès commercial, Life le sacre « star de cinéma la plus populaire du monde », une consécration qu’il prendra très à cœur en enfilant l’habit de L’Inspecteur Harry la même année, puis à quatre autres reprises. Au fil de sa carrière, il se consacre de plus en plus à la réalisation, ne jouant l’acteur que plus rarement. En 1982, il réalise et produit Firefox, l’arme absolue. Eastwood endosse cette nouvelle fonction afin de pouvoir assister au montage du film, ce qui est formellement interdit pour un simple réalisateur. Il reprendra les mêmes rôles dans la plupart de ses productions futures, pour affirmer sa position de pouvoir. Son arrogance et son autorité sont au centre de nombreuses querelles cinématographiques : en 1976, il renvoie le réalisateur du film Josey Wales hors-laloi pour différends artistiques, menant à l’établissement de la « règle Eastwood » visant à protéger le réalisateur d’un membre de l’équipe artistique ou technique. Il en est de même en 1985 sur le tournage de Haut les flingues !, où le réalisateur Richard Benjamin modifie l’entièreté de la production pour plaire à Eastwood. La liste de ces anecdotes est presque aussi longue que la carrière de l’A méricain, dont on dit qu’il a « horreur de l’échec ». Polémique à part, il doit attendre 1993 pour obtenir la reconnaissance qu’il mérite, du point de vue d’Hollywood. Avec Impitoyable, qui est nommé à neuf reprises aux Oscars et obtient la statuette du meilleur film et, surtout (!), celle du meilleur réalisateur, Eastwood atteint les étoiles et s’inscrit officiellement comme la légende qu’il était déjà. Consacré « meilleur western depuis 1956 », l’élève a donc dépassé le maître.


FRANKIE DUNN

Un an plus tard, l’année Pulp Fiction, le Festival de Cannes lui offre la présidence de son jury. Eastwood alterne réalisation et jeu d’acteur à un rythme effréné : réalisant en moyenne un film par an, il a pour habitude de terminer ses films juste à temps pour correspondre avec les dates butoirs de sélection des grands prix du cinéma. Quid de bâcler certaines prises ? L’A méricain dit préférer la spontanéité de la première prise, jusqu’en 1992 du moins, où il semble privilégier la qualité de la prise et accepter d’offrir des rôles aussi importants que le sien à d’autres acteurs. Depuis, la question ne se pose plus et le nouveau siècle signe l’apogée d’Eastwood. Il compose la musique de Mystic River (2003) et présente le film au Festival de Cannes, sauvant ainsi le « pire festival qu’il y ait jamais eu », reçoit quatre Oscars pour Million Dollar Baby (2004), s’offre son plus grand succès en tant que réalisateur avec Gran Torino (2008), repartant avec une Palme d’honneur cannoise, est élu personnalité préférée des Américains en 2009 et obtient son plus grand succès commercial avec American Sniper (2014). Autant de films que de thématiques abordées, du rêve américain à la politique et à la marginalité.

WALTER KOWALSKI

Si Clint Eastwood s’évertue à transmettre à son public une histoire plutôt qu’un message, de nombreux thèmes émergent de ses univers. Les Etats-Unis et ses différents maux en sont les plus évidents : le Californien incarne l’image de réussite du rêve américain et est l’ambassadeur emblématique de son pays. Déjà dans la série Rawhide, on le décrit comme « le petit », le fils idéal ; dans Pink Cadillac (1989), il représente la jeunesse américaine roulant avec la Cadillac rose du King Elvis et dans les westernsspaghettis, il personnifie le cow-boy iconique des plaines de l’Ouest. Et l’Inspecteur Harry ? Policier aux méthodes controversées accusé de fascisme, il représente l’anti-héros que l’Amérique réclame dans le contexte de la guerre du Viêt-Nam. Un personnage qui a marqué la culture populaire, principalement pour son .44 Magnum et son célèbre « Do I feel lucky ? », « Well do ya, punk ? ». Des anti-héros, il y en a partout dans ses films, difficiles à aimer de prime abord, avant d’attraper au vol un destin plus humaniste, à la Frankie Dunn dans Million Dollar Baby ou à la Walter Kowalski dans Gran Torino, qui dépasse ses préjugés raciaux pour aider sa communauté. Une collectivité souvent dépeinte comme gangrenée par un système qui, « si l’on ne fait pas attention, va dans le mauvais sens », constituant le Graal contre lequel s’érigent les personnages d’Eastwood. A cette notion de pseudo-démocratie est intrinsèquement liée celle de politique : président meurtrier dans Les Pleins Pouvoirs (1997), film de guerre « à contre-courant » dans Lettres d’Iwo Jima (2006), question raciale dans Invictus (2009) ou encore manque de position sur le sulfureux J. Edgar (2011), célèbre patron du FBI. Dans son œuvre, tout se joue en clairs-obscurs, avec des personnages oscillant entre le bien et le mal, grand leitmotiv de la fiction américaine.

Million Dollar Baby, 2004.

Eastwood mise donc tout sur l’intensité de son physique, que ce soit auprès de l’industrie du cinéma ou… des femmes. Véritable bourreau des cœurs, il enchaîne les conquêtes presque autant que les films. Gran Torino, 2008.

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RENCoNtRE HoRLo


LA STRATÉGIE DU SABLIER Sous l’impulsion d’une force tranquille, la maison Longines s’est imposée au fil des ans comme l’une des manufactures les plus appréciées des amateurs d’horlogerie. Pour célébrer ses 185 ans d’histoire son siècle et demi d’installation dans ses bâtiments actuels et faire un arrêt sur image de cette puissante entreprise, nous avons rencontré Walter von Känel, son infatigable patron depuis maintenant vingt-neuf ans. Par Vincent Daveau

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ondée en 1832 par Auguste Agassiz à Saint-Imier, un village du Jura bernois, Longines a déménagé en 1867 sous l’impulsion d’Ernest Francillon, le neveu du fondateur, dans un nouveau bâtiment au lieu-dit « des longines », sur les bords de la rivière baptisée la Suze coulant au creux de la vallée de Saint-Imier. Tout juste 150 ans plus tard, cette société dont le nom et le logo ont été déposés très tôt emploie environ 800 personnes au siège à SaintImier et fabrique un peu plus d’un million de montres chaque année, diff usées partout dans le monde, et notamment en Chine continentale, où la marque connaît une ascension fulgurante. Pour évoquer cette progression mais aussi tout ce qui fait la particularité de cette auguste maison, nul n’est mieux placé que Walter von Känel, son directeur général, qui la pilote de main de maître depuis 1988.

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SéLECtIoN HoRLo

UN CoUPLE...

DEUX MONTRES Partenaires ou âmes sœurs ? Affichez désormais le même style à vos poignets ! Toutes les occasions sont bonnes pour partager sa passion de la belle horlogerie. Shopping en duo, ou lorsque la complicité et le style vont de pair… Par Marie-Carine Favre | Sélection Siphra Moine-Woerlen

LES PIMPANTES Zenith

Defy Lab Première montre dont la boîte est réalisée en Aeronith, le composite d’aluminium le plus léger du monde, la Defy Lab ne cesse de nous surprendre. Le balancier spiral est remplacé par un nouvel oscillateur formé d’une seule pièce. Ce développement à couper le souffle bat à la fréquence incroyable de 15 Hz. CHF 29’000.–

Graff

Princess Butterfly Sapphire La nouvelle version de la Princess Butterfly ne manque pas de poésie. Grâce à un mécanisme innovant et à une simple pression sur les diamants taille brillant centraux, le cadran en nacre de la montre à secret est dévoilé. Ses ailes entièrement serties de saphirs taille émeraude apportent une touche résolument moderne. Prix sur demande.

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LES PRÉVOYANTES IWC Schaff hausen

Da Vinci Calendrier Perpétuel Chronographe Le calibre 89630 de manufacture qui anime cette montre est le premier mouvement IWC associant double compteur de chronographe et phases de lune dans un seul et même compteur. L’affichage des phases de lune est si précis que son écart par rapport à la trajectoire lunaire réelle n’est que d’une journée tous les 577,5 ans. CHF 32’000.–

A. Lange & Söhne

1815 Quantième Annuel La 1815 Quantième Annuel se présente comme une interprétation classique d’une complication aussi séduisante qu’utile. Dotée d’un mouvement à remontage manuel, d’indicateurs analogiques pour la date, le jour de la semaine et le mois, ainsi que d’un affichage des phases de lune, elle reprend les codes traditionnels de la maison. CHF 40’600.–

LES CLASSIQUES TAG Heuer

Link La célèbre Link célèbre ses 30 ans avec une cure de jouvence réussie ! Dotée d’un diamètre sensiblement plus large (41 mm), d’un design épuré contemporain, à mi-chemin entre la forme ronde et la forme coussin, elle conserve tout de même sa signature : le fameux bracelet avec ses maillons en forme de S. CHF 2’700.–

Omega

Seamaster Aqua Terra Master Chronometer Sertie de diamants, la Seamaster Aqua Terra pour femme incarne la quintessence de l’élégance. Habillé d’un boîtier symétrique de 34 mm en acier inoxydable, ce modèle arbore un cadran en nacre de Tahiti doté d’un guichet de date à 6h et de onze index en diamants. A porter en toute occasion ! CHF 6’650.–

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HAUtE JoAILLERIE

GÜBELIN L’ALCHIMISTE 86


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el un alchimiste précurseur de la modernité et explorateur obsessionnel, l’horloger-joaillier suisse dévoile sans cesse ses multiples facettes en transformant de minuscules merveilles en quelque chose de grandiose. Gübelin ou l’art de (bien) faire des folies ! C’est ainsi que l’on pourrait résumer le destin d’une simple maison horlogère devenue aujourd’hui une entreprise familiale à trois visages. Se consacrant surtout à la création de bijoux d’exception, la manufacture suisse n’a pas résisté à l’appel de la science des pierres précieuses. Une passion qui mûrit depuis bientôt un siècle et qui habite, jusqu’à aujourd’hui encore, tout l’esprit de la maison. D’une génération à l’autre, la terrible démangeaison de l’inconnu persiste et pousse la famille Gübelin à s’élargir en accueillant en son sein ses plus proches cousins, les fabriques horlogères les plus luxueuses. L’imagination, la création et l’expérience encore et toujours…

PROFONDÉMENT INSPIRÉE

Dans cet esprit, la dernière ligne « Ornements de fleurs » célèbre le béryl à travers plusieurs bijoux – collier, pendentif, boucles d’oreilles, bracelet, bague. Divine et somptueuse, la gamme s’inscrit parmi les créations intemporelles de Gübelin qui, au fil du temps, a transcendé les merveilles du monde naturel grâce à son expertise et son obses-

Réinterpréter la délicatesse des miracles de la Terre et la magnificence des pierres qui s’y trouvent, en manifester l’élégance gracile, voilà comment se traduit l’excellence de l’éblouissant gemmologue-joaillier. Le mariage de l’émeraude colombienne de 2,84 carats, pierre centrale, et des 116 pétales de diamants étincelants donne ainsi de la prestance à la prestigieuse maison familiale et perpétue une tradition sans pareille. Savoir-faire inégalé, allure magnétique, « Ornements de fleurs », ultime collection joaillière, confirme instantanément la renommée mondiale de Gübelin et son statut souverain, resté intact au fil des années.

UNE HISTOIRE DE FAMILLE

L’histoire de la maison suisse commence en 1854 dans la bourgade de Lucerne, le jour où un certain Mauritz Breitschmid ouvre une petite boutique horlogère le long des quais. Quelques années plus tard, il prend sous son aile son jeune apprenti, Eduard Josef Gübelin. Gemmologue par nature, businessman intuitif et philanthrope dévoué, ce dernier prend très vite les rênes de l’entreprise et se marie avec la fille de son maître en 1899. Dès les années 1920, le jeune homme ouvre son propre atelier de bijoux et crée en parallèle un modeste laboratoire de gemmologie afin de tester l’authenticité des pierres utilisées par ses joailliers. Fort de son succès, Eduard Josef Gübelin attire une clientèle internationale de plus en plus exigeante, qui l’exhorte alors à se lancer dans la fabrication et la réparation de montres fines. Après avoir conso-

Célébrer la beauté naturelle des fleurs,

telle est la signature de la nouvelle collection Mystical Garden créée par la maison Gübelin. Source d’inspiration inépuisable depuis 1854, la nature lui a confié ses plus belles créations. Par Sophie de Titling | Illustration Carine Bovey

sion pour l’authenticité des pierres. Fragiles trésors d’invention, éclats soulignant la silhouette, les créations de cette dernière collection culminent au sommet de tous les bijoux signés par la maison suisse depuis plusieurs générations. « Ornements de fleurs » va plus loin encore, renversant pour ainsi dire l’ordre des choses sans trahir les valeurs de l’entreprise familiale : c’est ici l’émeraude colombienne qui déborde de sa réserve pour couvrir la quasi-totalité de chacun des bijoux. La pierre précieuse s’émancipe de sa monture, s’affirme même comme un ornement en soi : la partie devient le tout.

lidé sa présence et son influence à Saint-Moritz, à Genève, à Zurich, à Bâle et à Berne, Gübelin voit plus loin vers l’A sie et s’installe à Hong-Kong et en Malaisie. Sa spectaculaire ascension lui vaut en effet une renommée mondiale tant dans le domaine de la gemmologie que dans ceux de la joaillerie et de l’horlogerie. D’un côté, ses pièces artisanales sont saluées par une critique unanime. De l’autre, son Gübelin Gem Lab devient l’un des établissements les plus respectés et convoités par les familles royales, les collectionneurs et les experts. La prestigieuse enseigne vend toujours davantage de montres de marques de luxe, dont elle aiguise sa sélection

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HAUtE JoAILLERIE

L’ÂGE DE

NACRE

Longtemps disparue des créations, effacée et masquée par l’éclat des pierres précieuses qui lui avaient ravi la vedette,

la perle, gemme mystérieuse et vivante

revient sur le devant de la scène. Plus élégante que jamais, raffinée et délicate, elle se prête à tous les scénarios des joailliers. Sélection Siphra Moine-Woerlen | texte Nathalie Koelsch | Illustration Carine Bovey

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ubliés les sages rangs de perles de nos grandsmères, garants d’une élégance classique. Après une longue période de mise au vert, la perle se réinvente, reprend sa place dans les collections, mélangeant avec audace les matières et les couleurs. Perle gold des mers chaudes des Philippines, perle grise, verte ou aubergine élevée dans les fermes tahitiennes, volumineuse australienne, Akoya du Japon ou encore chinoise cultivée en eau douce, la perle séduit par son orient, son velouté et la douceur de ses reflets. Sans complexe, elle se mêle à l’or et aux diamants, ose les dégradés de couleurs ou les tonalités originales.

VAN CLEEF & ARPELS

Les longs sautoirs de la collection Le Secret de Van Cleef & Arpels dissimulent des messages cachés et d’autres métamorphoses inattendues à l’extrémité de leurs rangs de perles. La maison de joaillerie a redoublé de créativité pour mettre en scène ce thème, puisant dans son histoire et ses sources d’inspiration de prédilection que sont la nature, les symboles d’amour ou encore la chance. La magie des perles joue son rôle dans cette collection empreinte de mystère et de fantaisie, où la légèreté et la souplesse facilitent les transformations. Le sautoir Cachette, composé de trois rangs de perles dont la longueur, le rythme et la composition évoquent la période Art déco chère à Van Cleef & Arpels, se transforme en un tournemain en bague sertie d’un rubis de Birmanie. D’un geste simple, le motif central orné de diamants et de saphirs roses soulignés de minuscules perles d’eau douce se décroche pour se poser sur le doigt, comme par magie.

ADLER (Page de gauche)

Adler crée l’enchantement avec Brocéliande, une ligne exclusive et envoûtante peuplée de mystères. Haut lieu de la littérature médiévale, Brocéliande fut le théâtre des amours de Merlin l’Enchanteur et de la fée Morgane, mais aussi le point de départ de la légende du roi Arthur. Les aventures romanesques qu’elle évoque sont peuplées de chevaliers et de magiciens, dont les noms célèbres résonnent à l’infini, comme une invitation au voyage. Avec Brocéliande, Adler réussit le mariage entre deux mondes que tout oppose et raconte l’alchimie singulière qui unit la perle et le diamant, la rencontre fascinante entre la rigueur et la flamboyance de la pierre précieuse apprivoisée par la douceur et la sensualité des délicats reflets de la perle d’eau douce aux tonalités roses. Comme par magie, l’enlacement des diamants et des perles dans leur lit de branchages d’or pavés donne naissance à une collection enchantée.

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TASAKI

Tasaki, l’autre japonais, également grand spécialiste de la perle de culture, n’hésite pas à faire travailler de talentueux créateurs pour lui offrir une nouvelle jeunesse et révéler toute sa sensualité. Depuis sa première collaboration avec Tasaki, l’audacieuse Mélanie Georgacopoulos joue avec les perles d’eau douce, les transforme, les coupe, les ouvre, révélant la beauté de leurs couches de nacre concentriques dans une esthétique ultramoderne. Cette façon troublante et inédite d’utiliser la perle surprend par sa vision avant-gardiste et très originale. L’intérieur se dévoile, laissant apercevoir le rose nacré de ses stries et la délicatesse de son noyau, dans un collier asymétrique qui oppose la blancheur satinée de la gemme à l’or et au velouté de sa coupe transversale découvrant des trésors de fabrication. Le collier est clos par une boule d’or de la taille des perles, dans un souci d’équilibre et d’élégance. Très novatrices, les collections M/G Tasaki font preuve d’une modernité folle offrant un nouveau rôle aux perles.

OLE LYNGGAARD (Boucle d’oreille en or jaune, page de droite) Ole Lynggaard, le joaillier venu du froid, apprécie l’émotion tranquille qui se dégage des perles, loin des débordements passionnés associés aux diamants ou aux rubis. Inspiré par la beauté glacée de la voûte céleste et ses millions d’étoiles étincelantes, mais également par l’éclat et la fraîcheur des roses sauvages, Ole Lynggaard cultive un style unique, né de la rencontre entre un luxe subtil et un design minimaliste. Doté d’un savoir-faire exceptionnel apprécié par la cour du Danemark, le joaillier danois fait appel au charme des grands espaces enneigés des paysages de Scandinavie pour donner cette sérénité et cette féerie à ses créations. Les boucles d’oreilles uniques se posent sur l’oreille, les feuilles de la rose sculptée remontent le long du pavillon, tandis qu’un diamant briolette en suspension équilibre l’ensemble et qu’une longue chaîne retient une perle en forme de poire. Avec la légèreté d’un funambule, Ole Lynggaard invente sa propre poésie.

Mystérieuse et magique, la perle enveloppe les bijoux d’un manteau de volupté et de sensualité unique.

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BUCHERER

Bucherer, connu pour son classicisme porté par l’excellence de ses réalisations pavées de diamants, se laisse emporter par la volupté et l’insolence des perles. Pour sa collection Lacrima, le joaillier a imaginé un design en forme de goutte d’eau, identifiable entre tous, pour mieux se laisser submerger par l’émotion. La goutte évoque la sensualité d’une eau parfumée, la douceur d’une caresse ou la volupté, mais également l’énergie. Ses boucles d’oreilles composées d’une cascade de perles soutenue par un motif en forme de goutte d’eau pavée de diamants associent la souplesse du mouvement que seules les perles peuvent offrir à l’éclat du diamant serti sur le motif proche du visage. Mobile, fluide et élégante, la collection Lacrima évoque la grâce de l’éternel féminin, ses mystères et ses secrets. Insouciante et lumineuse, Lacrima bouge au rythme de la vie et des passions qui l’animent.

CHANEL (Bague en or blanc, diamants et perles) Chanel a toujours voué une grande passion aux perles. Gabrielle Chanel, femme moderne avant l’heure, mélangeait sans complexe les perles fines, les perles de culture et les bijoux fantaisie. Aujourd’hui, les perles de culture ouvrent un vaste champ de créativité que la maison Chanel ne cesse d’explorer. La collection Flying Cloud, qu’illustre la bague composée de deux bérets de marin entrelacés, l’un pavé de diamants, l’autre composé de perles, résume l’esprit Chanel et le pouvoir de Gabrielle, entre élégance décontractée et parfaite maîtrise de soi, comme une alliance étonnante entre perles et diamants. Du nom de l’un des yachts du duc de Westminster, grand amour de Chanel, la collection Flying Cloud évoque la Méditerranée, les croisières et la mer à travers les perles, mais également l’élégance, la haute joaillerie et le raffinement, symbolisés par le diamant. Rivalisant avec les précieux et classiques toi et moi, les perles et les diamants de la bague Endless Knot entament un interminable dialogue aussi chic que facétieux.

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TIFFANY & CO.

Aiguisés, vifs et piquants, les bijoux Tiffany & Co. débordent d’une vitalité et d’une énergie que seules les perles viennent tempérer. Sa dernière collection, The Art of the Wild, réécrit la beauté du monde sauvage dans une explosion créative. La nature reprend ses droits, impose ses longues feuilles, ses chutes d’eau, ses falaises sculptées, que Tiffany & Co. reproduit en lignes de diamants, colliers imposants et ras du cou pavés. Mais pour évoquer le subtil bruissement des feuilles, l’envol d’un oiseau et la longueur de ses plumes chatoyantes, aucune gemme ne rivalise avec la douceur et la volupté des perles. Les boucles d’oreilles de Tiffany & Co. aux longues tiges soulignées de tsavorites retenues par une perle grise de Tahiti concentrent toute l’émotion contenue dans la beauté sauvage de la nature.

BULGARI

Bulgari, avec son exubérance coutumière, illustre l’art de vivre à l’italienne, son goût pour les fêtes, les bals, les palais somptueux, et rend hommage à sa joie de vivre à travers une spectaculaire collection de haute joaillerie intitulée Festa. Imaginée comme une ode au bonheur, Festa s’imprègne de l’effervescence qui règne dans les manifestations italiennes comme le carnaval de Venise, le Palio de Sienne ou la Nuit de la tarentelle, où tout est prétexte à la fête. Elle s’inspire également de la forte personnalité des plus célèbres princesses romaines, telle Marguerite de Savoie, reine d’Italie, qui ne se séparait jamais de son double sautoir en diamants orné de nœuds. Bulgari lui a dédié dix pièces de la collection Festa, dont un collier de perles à trois rangs reliés par deux rubans sertis de saphirs, d’émeraudes et de diamants. Le mélange aérien des perles séparées par des pierres de couleur et des boucles déliées des nœuds soulignés de diamants donne la mesure de l’élégance joyeuse des fêtes italiennes.

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LOUIS VUITTON

Louis Vuitton revisite les années 1920 avec un long collier cravate composé de perles de Tahiti. Dans un raffinement inouï de dégradés de couleurs et de tailles, les perles s’enchaînent, proposant tous les registres d’une partition chromatique qui s’étale du blanc au gris argenté le plus délicat en passant par le gris sombre presque aubergine et le noir. Le large éventail des teintes des perles aux nuances subtiles se déroule dans un camaïeu de gris à la brillance et à la profondeur hypnotique. Entre chaque perle, un lien en or blanc ou serti de diamants rehausse leur éclat. Pour parfaire l’ensemble, les deux extrémités du collier sont réunies par un motif de nacre grise entouré de diamants, dont le centre est serti d’un imposant diamant taille princesse à la réfraction froide et métallique. Sensible à la sobriété bicolore en vogue dans les années folles, Louis Vuitton Joaillerie réussit la prouesse d’un assemblage de perles d’une grande pureté.

MIKIMOTO

En 1893, Kokichi Mikimoto fut le premier à développer la technique de la culture des perles. A cette époque où n’existaient que les perles fines, la demande mondiale était telle que les huîtres perlières ramassées sans restriction se raréfiaient chaque année. Les travaux de Mikimoto et sa méthode révolutionnaire ont transformé l’image des perles. Aujourd’hui, la qualité exceptionnelle de sa production de perles reflète toute l’excellence de son savoirfaire. Sa dernière ligne de haute joaillerie Les Pétales Place Vendôme associe perles et diamants dans une composition tout en sensibilité qui s’inspire des formes délicates des pétales de rose. Le collier aux emmaillements souples, composé de dix-sept perles entourées de pétales pavés de diamants, effleure le cou avec toute la douceur contenue dans ses gemmes soyeuses. —

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PEtItS BIJoUX, GRoS CAILLoUX

MAGIE BLANCHE Entre féerie et magie blanche, candeur extrême des BlancheNeige des temps modernes, habillées par l’orfèvre de la haute joaillerie. Tout en subtilité et en finesse,

la maison Chopard

nous émerveille par ses créations.

Réalisation Siphra Moine-Woerlen Direction artistique, stylisme Vincent Alvarez Photos Vincent Alvarez | Assisté de Untermasse Mannequins Julia @UP Models Paris | Sophie @Metropolitan Models Paris Maquillage Carole Lasnier @B Agency | Manucure Audrey Chéri @B Agency Remerciements à Annette Heuer et Ophélie Poncet de la maison Chopard. 96


Collection Haute Joaillerie : collier en or blanc 18 ct, serti de 30 diamants taille ovale (15,11 cts), de 192 diamants taille poire (48,71 cts) et de 517 diamants (16,65 cts). Boucles d’oreilles en or blanc 18 ct, serties de deux diamants taille brillant (2,01 cts). Collection L’Heure du Diamant : bague en or blanc 18 ct, sertie de 16 diamants (1,58 ct) et d’un saphir taille brillant (0,25 ct).

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Collection Temptations : boucles d’oreilles en or rose 18 ct, serties de 2 améthystes taille goutte (60,91 cts), de 8 tourmalines (rubellites) taille goutte (12,72 cts), de 2 tourmalines taille rose (10,24 cts), de 2 tourmalines (rubellites) taille rose (1,64 ct) et de 130 diamants (0,42 ct). Page de gauche | Collection Haute Joaillerie : bague en or blanc 18 ct, sertie de 12 diamants taille poire (2,11 cts) et de 330 diamants (2,77 cts). | Collection Precious Chopard : montre Haute Joaillerie en or blanc 18 ct, sertie de diamants taille poire (5,4 cts), taille brillant (3 cts), taille trapèze et taille marquise, bracelet en toile brossée noire. Montre L.U.C XP en or blanc 18 ct, sertie de diamants.

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Collection Happy Hearts : boucle d’oreille en or rose 18 ct, composée d’un cœur incrusté de nacre. Page de gauche | Collection L’Heure du Diamant : boucles d’oreilles en or blanc 18 ct, serties de 78 diamants taille brillant (1,69 ct) et de 14 émeraudes taille brillant (1,25 ct). Bague en or blanc 18 ct, sertie de 17 diamants (1,81 ct). Montre en or blanc brillant 18 ct, mouvement quartz, boîtier serti de 51 diamants ronds (7.1 cts), d’un diamant taille briolette, cadran serti de 12 émeraudes taille trapèze (0,30 ct) et de 306 diamants ronds (1,03 ct), sur un bracelet avec une boucle ardillon.

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CoNSEIL PAtRIMoINE

L’EXERCICE DÉLICAT DE L’HéRItAGE

A

u cours de ces trente prochaines années, ce ne sont pas moins de 15’000 milliards de dollars qui devraient être transmis en héritage à travers le monde. Pour remettre ces sommes hors norme en perspective, 15’000 milliards de dollars équivalent au produit intérieur brut des Etats-Unis, exactement comme si l’économie américaine allait tourner à plein régime, un an durant, pour entretenir les générations futures. C’est un patrimoine gigantesque qui s’apprête ainsi à changer de mains. Des enveloppes de cash, des résidences principales, des portefeuilles de titres et jusqu’à des

empires industriels vont se découvrir de nouveaux propriétaires. Ces mouvements seront plus particulièrement importants en Suisse, où le patrimoine moyen par habitant est l’un des plus élevés au monde. Pourtant, en dépit de l’énormité des montants bientôt engagés et des enjeux qui leur sont associés, il semble que peu de gens, légataires comme héritiers, soient préparés à ces échéances et aux complexités qu’elles recèlent. Aussi étrange que cela puisse paraître, rares sont les personnes qui se décident à prendre

Portrait de famille, Adriaen van Ostade, 1654.

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des dispositions successorales, matrimoniales ou testamentaires. La plupart du temps, les successions sont arrangées post mortem, souvent dans la confusion, parfois dans le conflit. On comprend volontiers le peu d’enthousiasme manifesté pour ce genre de démarches. Tout le monde ne partage pas le cynisme d’un Don Quichotte, pour qui l’espoir d’un prochain héritage adoucit, dans le cœur du légataire, le sentiment du regret que devrait y laisser la perte du défunt. Anticiper sa propre disparition ou envisager celle d’un proche, conjoint ou parent, ne confère aucun plaisir. A hériter, on perd généralement plus qu’on n’y gagne. D’autant qu’à la peine qui entoure la perte d’un proche, s’ajoute le calvaire des aspects légaux et administratifs. Les tensions familiales, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de familles recomposées, ne font que rendre ces moments

Au cours de ces prochaines décennies, l’immense patrimoine que se sont constitué les baby-boomers sera transmis aux nouvelles générations.

Un passage de relais capital, auquel peu de gens semblent préparés, pas plus chez les légataires que chez leurs héritiers. Par Marco Salmina > Piguet Galland

plus éprouvants. Au décès d’un individu, sur le plan légal, ses héritiers deviennent de plein droit propriétaires communs de tous ses biens et débiteurs solidaires de ses dettes. L’ensemble forme ce que l’on appelle la succession. Si le défunt était marié ou en partenariat enregistré, il faut en premier lieu liquider le régime matrimonial ou la convention sur les biens qui liait les conjoints. Il devient alors possible de déterminer les biens revenant à la succession, qui pourront ensuite être partagés entre héritiers. Ces derniers, de même que la part successorale qui leur est attribuée, sont déterminés par la loi si le défunt n’avait pas pris de dispositions testamentaires. Voilà pour les grands principes. Viennent ensuite se greffer des complications telles que droits de mutation, réserve héréditaire, quotité disponible, bénéfice d’inventaire, sans oublier ses variations internationales, qui rendent le mille-feuille juridique et fiscal étouffant au plus haut point.

Quelles que soient les circonstances, une succession ne devrait pas se transformer en fardeau. Avec un minimum d’efforts, le plus sage est de tout préparer avant, pour que tout se déroule mieux après. Il en va du principe même de patrimoine : sa finalité n’a jamais été l’accumulation, jusqu’au point de non-retour, mais la transmission. Le propre du patrimoine, c’est de pouvoir un jour soutenir ou conforter les générations suivantes. Partant de ce postulat, pour aller au bout du raisonnement, le de cujus doit aussi tout mettre en œuvre pour que ses biens soient transmis dans la plus grande sérénité. Qu’il ait envie de préserver le niveau de vie de son conjoint ou de conserver l’intégrité de son patrimoine au fil des générations, il lui revient aussi la charge de tout caler en amont, à l’image d’un chef d’entreprise sur le départ qui rassemble avec soin ses dossiers pour son remplaçant. La logique est la même pour une succession. Il peut s’agir de biens matériels, mais il peut également s’agir de valeurs, ou d’engagements. La transmission du patrimoine s’envisage aussi sous l’angle de la philanthropie et de la création de fondations. En plus d’être structuré pour faciliter sa croissance, le patrimoine doit donc être parfaitement organisé pour en fluidifier la transmission. La tâche peut s’avérer ardue au vu des multiples schémas que propose le droit suisse. Au plus simple, le recours à l’indivision permet dans certains cas de préserver l’intégrité du patrimoine, afin d’en assurer le maintien dans le cercle familial. Il y a ensuite des mécanismes moins courus. Dans le canton de Vaud, pour ne citer qu’un exemple, un donateur peut transférer à autant de personnes qu’il le souhaite la somme maximale de 9’9 99 francs sans avoir d’impôt à régler sur les donations. En retour, les héritiers en titre doivent eux aussi se préparer en conséquence. Un héritage comporte des obligations et la gestion d’un patrimoine nouvellement acquis ne s’improvise pas. Beaucoup l’ont appris à leurs dépens. Au-delà des actifs financiers et des biens immobiliers, ce patrimoine peut aussi s’étendre aux parts d’entreprise, aux poches de prévoyance, aux objets d’art ou encore aux dettes, qui entrent forcément dans l’équation avec leurs différentes échéances. Se retrouver du jour au lendemain avec la majorité des droits de vote et le contrôle d’une société requiert quelques acquis ou tout du moins la capacité à identifier de bons conseillers.

Il en va du principe même de patrimoine : sa finalité n’a jamais été l’accumulation, jusqu’au point de non-retour, mais la transmission. Selon son importance, toute succession devrait être précédée par un travail de communication sans se laisser emporter par les émotions. Entre conjoints, parents et enfants, la clarté des échanges, la confiance et la transparence favorisent la compréhension et garantissent la quiétude de tous. Une succession est réussie quand les héritiers se sentent responsabilisés et investis. Il est ainsi des moments où l’esprit de famille doit se traduire en actes. —

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GRAND FoRMAt

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LES LARMES DU

KROKODIL

Cocktail mortel de codéine, de solvants de peinture et d’essence, la redoutable drogue Krokodil déferle en Europe. Vision d’horreur. Trois fois moins chère que l’héroïne, dix fois plus assassine… Le photoreporter Emanuele

Satolli a enquêté sur ce rouleau macabre venu de Sibérie occidentale. Aux dernières nouvelles, la Krokodil guetterait l’Europe. Par Delphine Gallay | Photos Emanuele Satolli

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Alexei, 33 ans.

Oxana, 33 ans.

Avec des effets dix fois supérieurs à ceux de l’héroïne, les dégâts de cette drogue meurtrière sont psychiques et physiques… espérance de vie, trois ans. Zhanna, 34 ans. 136


A

près avoir sévi dans les classes les plus défavorisées de Russie, cette drogue artisanale, substitut bon marché de l’héroïne, inquiète de plus en plus les autorités, impuissantes face à l’ampleur de ses ravages et à sa facilité d’accès. Quelques ingrédients achetés en pharmacie et en droguerie… la Krokodil a de quoi inquiéter. A ce jour, une centaine de milliers de personnes seraient accros en Russie. Avec des effets dix fois supérieurs à ceux de l’héroïne, les dégâts de cette drogue meurtrière sont psychiques et physiques : organes et membres mutilés, nécroses de la peau, tissus et os rongés, gangrenés… espérance de vie, trois ans. Les images qui circulent révèlent l’horreur du phénomène. Pour ce « Grand Format », nous avons souhaité limiter la brutalité des photographies et choisi d’ouvrir une fenêtre sur l’étendue de cette misère sociale dépeinte par Emanuele

Satolli. Au fil de cette série coup de poing, le photographe partage ses rencontres, Zhanna, Oxana, Olya et Andrey, cette détresse inconsolable et ces âmes perdues. Loin d’un voyeurisme lugubre, Emanuele Satolli entend, au travers de ce photoreportage, interpeller et éclairer l’opinion publique de la menace que représente la Krokodil, et alerter les nations jusqu’ici épargnées par ce drame qui est en train de se jouer. Lorsque l’on découvre votre reportage sur la Krokodil, on ne peut s’empêcher de se demander comment vous avez pu rencontrer ses consommateurs, pénétrer dans leur sphère et gagner leur confiance au point d’assister aux injections. Avant de me rendre sur place, j’ai pris contact avec des associations locales qui venaient en aide aux toxicomanes à Ekaterinbourg (lieu du reportage). C’est ainsi que j’ai pu faire la rencontre d’Ivan, un ancien drogué, accro à la Krokodil, qui lui a eu la chance de pouvoir décrocher.

Par le passé, Ivan se shootait avec ce groupe de toxicomanes. C’est grâce à lui que j’ai réussi à les approcher et à gagner leur confiance. Ça a été un processus très long. Il m’a fallu trois semaines avant de pouvoir commencer à les photographier. Progressivement, nous avons tissé des liens et ils ont commencé à m’appeler, à demander à me voir. Zhanna, qui est décédée depuis, m’a appelé un jour pour me dire que l’un de ses amis voulait me rencontrer pour être photographié. C’est comme ça que j’ai fait la rencontre d’Andrey, un homme avec une forte personnalité. Vous êtes parvenu à capturer, au-delà des clichés, des personnes en grande souffrance. Qu’avez-vous appris d’elles ? Quelles choses essentielles souhaitez-vous transmettre au travers de ce photoreportage ? Après avoir passé du temps en Russie et rencontré de nombreux toxicomanes, j’ai vite réalisé que l’usage de drogues,

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et notamment de drogues dures telles que la Krokodil, est très répandu dans ce pays… Et ce, même parmi des gens dont on pourrait dire qu’ils ont une vie « normale », qui sont entourés ou qui ont une famille. Les personnes qui prennent cette drogue ne sont pas forcément des sans-abris. En tout cas, c’est l’impression que j’ai eue. Et c’est exactement ce que je cherchais à montrer, tout en veillant à respecter la dignité de chacun. Mon principal challenge était de produire un travail loin des clichés sur les toxicomanes. Montrer autre chose qu’une seringue ou une injection. Comme vous pouvez l’imaginer, ces personnes ont déjà conscience de leur état et n’ont pas besoin de ça. Un jour, l’une d’elles m’a dit : « Emanuele, tu as un appareil photo, donc tu es un photographe. Moi j’ai une seringue et je suis toxicomane. C’est ma vie. » Pour elle, c’était normal. Y a-t-il eu un point de rencontre possible entre vos deux mondes ? J’ai eu une bonne connexion avec certains d’entre eux en particulier. Un lien s’était installé, si on peut dire... Quand je suis rentré en Italie après mon premier voyage, nous sommes restés en contact. Malheureusement, beaucoup d’entre eux sont morts et j’ai fini par perdre tout lien. La dernière fois que je

me suis rendu là-bas, il m’a été très difficile de retrouver la trace des survivants de la Krokodil. Après trois années, on peut dire que j’ai pratiquement perdu tout contact avec eux. Quel est votre message ? Pensez-vous que votre travail puisse permettre d’alerter les pays qui n’ont pas encore été touchés par cette drogue ? Vous savez, lorsque j’ai décidé de réaliser ce sujet, la Krokodil n’était pas encore une drogue connue. Vraiment, mon objectif était de produire un documentaire sur les ravages de ce poison et de partager mon travail à une échelle internationale dans des pays encore peu affectés. Un jour, j’ai reçu un e-mail du Brésil, une enseignante qui m’expliquait qu’elle avait montré mes photos à ses élèves pour les alerter du danger de la Krokodil, parce que dans la ville où ils habitaient, cette drogue commençait à se répandre.

Ilya, 34 ans.

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Oxana, 33 ans.

Et ce, même parmi des gens dont on pourrait dire qu’ils ont une vie « normale ». Après le décès de son mari d’une overdose, Oxana est retournée vivre chez ses parents avec son fils.

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SECREtS DE PARFUMEUR

EN étAt DE GRASSE GRASSE, BERCEAU DE LA PARFUMERIE

Le patrimoine grassois prend naissance dans les champs de rose, de jasmin et de tubéreuse, de mimosa et de lavande. Autrefois destinées à parfumer les cuirs, les fleurs ont rapidement colonisé la Côte d’A zur et offert à Grasse son statut de berceau de la parfumerie. Au cours du XXe siècle, les promoteurs immobiliers investissent peu à peu les parcelles de terre, mettant en péril cet art ancestral et la pérennité des fleurs emblématiques de la région... Jusqu’à ce qu’une célèbre maison française décide de perpétuer l’histoire.

PÉGOMAS, L’ANTRE DE LA PARFUMERIE CHANEL

Respectueuse de son histoire enracinée à Grasse, la maison Chanel souhaite sauvegarder ce patrimoine en s’engageant durablement pour l’avenir. Cinq récoltes exceptionnelles sont réalisées chaque année en exclusivité pour les parfums Chanel, un fait plutôt rare chez les parfumeurs. Récoltées à la main, les fleurs sont recueillies et versées dès leur récolte dans les extracteurs d’une usine située au beau milieu des champs. Le gage d’une maîtrise absolue et d’une parfaite constance.

UN PATRIMOINE DE LÉGENDE

L’histoire du N°5 commence avec le jasmin de Grasse ; c’est donc tout naturellement que la maison Chanel a eu l’envie de poursuivre l’aventure de cette fleur. Redoutant une pénurie de jasmin trop importante, le parfumeur Jacques Polge lance en 1987 un partenariat entre la maison Chanel et la famille Mul, propriétaire de plusieurs hectares de champs de fleurs à Pégomas. Une entente motivée par l’avenir des matières premières d’exception et la préservation d’un patrimoine de légende.

UNE HISTOIRE DE FAMILLE

Depuis maintenant cinq générations, la famille Mul règne sur un domaine de 20 hectares dédié aux fleurs à parfum. Des terres qui sont l’objet de nombreuses convoitises, sauvées au fil des années par Joseph Mul et son gendre Fabrice Bianchi. Lorsque M. Mul accepte d’augmenter sa production de jasmin, Chanel lui assure en retour qu’elle l’écoulera en totalité. Ce partenariat offre à la maison de parfumerie une traçabilité parfaite de la fleur, de la plantation à la transformation.

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Il y a toujours une fleur dans les parfums Chanel. Parfois démonstrative,

parfois dissimulée, parfois coquine ou jalousée… Où qu’elle soit, c’est la fleur qui donne l’impulsion à la composition, qui imprime sa marque et dessine à chaque fois un nouvel élan olfactif. Par Siphra Moine-Woerlen


LA TUBÉREUSE, INGRÉDIENT STAR DE GABRIELLE

Il fallait une fleur d’exception ou du moins différente pour ce nouveau jus. Le côté rond, voluptueux et envoûtant de la tubéreuse en est la signature. « Le dernier producteur voulait se débarrasser de ses bulbes de tubéreuses. Nous avons sauté sur l’occasion », raconte Fabrice Bianchi. Six ans plus tard, son extrait fabriqué directement sur cette parcelle est devenu l’un des ingrédients phares du parfum Gabrielle. Défi relevé.

GABRIELLE, LE NOUVEAU JUS

Un magnifique bouquet de fleurs blanches entouré de quelques notes fruitées et subtilement boisées. Telle une fleur imaginaire, la tubéreuse, sublimée par une touche de bois de santal, déploie un panel d’accords mielleux et voluptueux. Alors que les notes de tête d’écorce de mandarine, de pamplemousse et de cassis apportent la fraîcheur, le jasmin, délicatement paré d’un poudré d’ylang-ylang, réchauffe la fragrance pour lui donner une dimension nouvelle. Un peu de fleur d’oranger pour illuminer l’ensemble, et du musc blanc en toile de fond pour un halo irrésistiblement audacieux et envoûtant.

INtERVIEW Un délicieux parfum flotte dans les airs : nous sommes fin septembre à Pégomas et la récolte de la tubéreuse vient de commencer. Elégante et singulière, la fleur blanche se fait reine. La belle est considérée comme la plus parfumée du règne végétal. Ses lettres de noblesse : un bouquet puissant, chaud et subtilement miellé. Le long de ces allées enivrantes, Olivier Polge, nez de la maison Chanel depuis 2013, revient sur la création de sa dernière essence. Comment avez-vous choisi les ingrédients qui composent la recette de Gabrielle ?

Chez Chanel, les fleurs constituent la base de nos parfums. Cependant, nous n’avions jusqu’ici pas de floral à proprement parler. C’est ce que j’ai voulu faire avec ce parfum : un parfum à base de fleurs, et ce, d’une manière moderne. Comment êtes-vous parvenu à raconter Gabrielle au travers de cette fragrance ?

Avec les fleurs blanches et notamment la tubéreuse. Envoûtante et un brin coquine, fragile mais puissante, elle révèle parfaitement le caractère de Gabrielle ! Comment êtes-vous parvenu à réinterpréter avec tant de justesse les codes de la féminité selon Gabrielle ?

Paradoxalement, c’est seulement quand j’ai eu terminé le parfum que je me suis rendu compte qu’il était très féminin ! Mais c’est bien entendu lié au

choix des fleurs. Chaque fleur a sa part à jouer et est reconnaissable en tant que telle. Les fleurs blanches ont un caractère affirmé, extraverti. Elles correspondent bien à la féminité. En quoi cette nouvelle eau est-elle solaire et insoumise ?

La féminité est, pour moi, une forme d’insoumission… J’ai donc voulu une corolle explosive, un tourbillon de pétales et un bouquet de fleurs blanches, en augmentant ou accentuant l’un ou l’autre des ingrédients. Donner la parole aux fleurs et rendre Gabrielle éternelle… Est-ce la naissance d’un grand classique de la parfumerie ?

En effet, un nouveau parfum est un nouveau territoire d’expression et d’inspiration. Dans ce sens, nos parfums ont vocation à être éternels, car comme tout le monde le sait, rien ne se démode plus que les modes.

Vous êtes le fils de Jacques Polge, originaire de Grasse… Peut-on parler d’une destinée toute tracée ?

Je pourrais dire que je suis né dans un champ de jasmin ! Mais, plus sérieusement, c’est surtout lors d’un stage chez Chanel, à 20 ans, que j’ai découvert le métier de mon père et attrapé le virus. Je suis (re)venu à Grasse pour apprendre le métier et j’ai travaillé vingt ans avant d’occuper ce poste. Monsieur Polge, un parfum est-il un accessoire, une expérience ?

Je dirais un accessoire intime. Le parfum est quelque chose qui fait partie de vous-même. C’est quoi un bon parfum ?

Une fragrance qui suscite une émotion et qui est reconnaissable immédiatement. —

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Femme en costume traditionnel, communauté rurale de Chahuaytire, Cuzco, 2007. Série Alta Moda, Mario Testino.

DEStINAtIoN

MARtINE AU PÉROU


MARTINE SE CULTIVE

À LIMA

A peine atterrie, Martine a soif d’aventures. Et ce ne sont pas les quinze heures de voyage ou les sept heures de décalage horaire qui auront raison d’elle. Ni une ni deux, elle saute dans un taxi direction la capitale, souvent boudée par les voyageurs. Pour Herman Melville, auteur de Moby Dick, ce serait même « la ville la plus triste du monde ». Mais Martine se rassure : « A Lima, il ne pleut jamais ! » A peine a-t-elle eu le temps de réfléchir au planning de sa journée que, valise à la main, elle se retrouve au beau milieu de la Plaza de Armas, cœur de la capitale. Le temps file. Un rapide coup d’œil à la cathédrale et place aux visites. Martine étant une adepte des musées en tout genre, c’est tout naturellement que son instinct la guide au Musée des arts, héritage de l’histoire péruvienne, avant de se rendre au MATE, temple dédié au célèbre photographe Mario Testino. Dernière halte au Musée national d’anthropologie, d’archéologie et d’histoire, où sont exposés céramiques, orfèvrerie et textiles des civilisations précolombiennes. Après la découverte de ces joyaux, il est temps de flâner. Direction Barranco : rues paisibles, vieilles demeures multicolores et street art… ce quartier bohème est à l’abri du chaos de la circulation. Martine fait un dernier vœu sur le Puente de los Suspiros, avant de finir son périple avec une balade jusqu’à l’océan.

Musée national d’archéologie, d’anthropologie et d’histoire, Lima.

« Qui s’approche découvrira beaucoup plus que ce qui l’attendait. » Le Pérou compile tant de merveilles qu’un seul voyage ne suffit pas pour les découvrir toutes. De richesses naturelles en joyaux archéologiques, la culture et le folklore s’invitent aux quatre coins du pays. Cap sur

une destination authentique. Par Siphra Moine-Woerlen

Péruviennes en habit traditionnel, Cuzco.

MARTINE AIME

LES BoNNES CHoSES

Elue meilleure destination culinaire au monde, le Pérou se distingue par sa gastronomie, qui repose sur une tradition inca métissée par les vagues de migration. Martine, gourmande, ne sait plus où donner de la tête devant les étals bariolés des marchés : épis de maïs violets, pommes de terre fuchsia, tomates bleutées, anguilles, coquillages, canards grillés et lamas bouillis… cette simple énumération la met en appétit. Elle se faufile alors dans les ruelles, pousse la porte de la première cevicheria et se laisse séduire par un peu de poisson mariné, tout en sirotant un verre d’Inca Kola, soda sucré aux arômes de verveine citronnée. A peine sortie de table, elle ne peut résister aux appels des femmes aux cheveux tressés, vendant sur leurs chariots branlants les délicieux tamales. La virée nocturne lui permettra de goûter au cuy, autrement dit au cochon d’Inde, spécialité péruvienne par excellence. Un brin barbouillée, Martine devra commander quelques mate de coca pour oublier ses excès. Jarre mochica, Musée Larco, Lima.

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5 MINUtES AVEC...

MADS KORNERUP Une chose que vous détestez chez les autres ? Le mot détester ne fait pas partie de mon vocabulaire. La première fois que vous êtes tombé amoureux ? A 7 ans, au Canada. Un joli souvenir. Une chose que vous vous interdisez ? Je ne m’interdis rien, sauf de ne pas prendre soin de moi. Et... je m’interdis les drogues dures. Une activité que vous aimeriez faire plus souvent ? J’adore le golf.

Mads Kornerup par lui-même, 2017.

Qu’aimeriez-vous faire en ce moment ? Etre à Ibiza avec ma femme dans ma nouvelle maison. Le meilleur conseil que l’on vous ait donné ? « No need, no grave. »

Fondée en 2005 par les frères Mads et Mikkel Kornerup, la très en vogue maison

Shamballa Jewels associe avec

justesse, une élégante branchitude au travers de 2’000 pièces imaginées chaque année. Copié à travers la planète, mais jamais égalé, le bracelet, synonyme de zénitude, se conjugue pour les deux sexes. A découvrir à la boutique Montres Prestige à Genève. Par Siphra Moine-Woerlen

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Le pire ? « Tout ce qui s’est passé ne peut plus revenir. » Je me le répète tous les jours. Votre principal trait de caractère ? Iconoclaste. Votre devise ? « Explore les possibilités d’être toi-même. » Etes-vous croyant ? Jésus étant le maître du pardon, Mohammed nous apprenant à prier cinq fois par jour et Bouddha m’apportant la paix... je peux dire que oui, je suis croyant ou du moins que j’appartiens à toutes les religions. Un cadeau que vous aimeriez recevoir ? Des bonbons. Un remède antistress ? Un pétard ! (Rires) Un péché mignon ? Un pétard ! (Rires) Un ennemi ? Je n’en ai pas. Je me réconcilie avec tout le monde. Votre casting idéal pour un dîner ? Ma femme. Finissez la phrase « j’aurais aimé être… ». … Plus disponible pour le yoga. Votre monde connecté ? Toujours. Le mot de la fin ? Enjoy ! —

T121  

Magazine Trajectoire N°121, hiver 2017.