Page 77

MARTINE SE CULTIVE

À LIMA

A peine atterrie, Martine a soif d’aventures. Et ce ne sont pas les quinze heures de voyage ou les sept heures de décalage horaire qui auront raison d’elle. Ni une ni deux, elle saute dans un taxi direction la capitale, souvent boudée par les voyageurs. Pour Herman Melville, auteur de Moby Dick, ce serait même « la ville la plus triste du monde ». Mais Martine se rassure : « A Lima, il ne pleut jamais ! » A peine a-t-elle eu le temps de réfléchir au planning de sa journée que, valise à la main, elle se retrouve au beau milieu de la Plaza de Armas, cœur de la capitale. Le temps file. Un rapide coup d’œil à la cathédrale et place aux visites. Martine étant une adepte des musées en tout genre, c’est tout naturellement que son instinct la guide au Musée des arts, héritage de l’histoire péruvienne, avant de se rendre au MATE, temple dédié au célèbre photographe Mario Testino. Dernière halte au Musée national d’anthropologie, d’archéologie et d’histoire, où sont exposés céramiques, orfèvrerie et textiles des civilisations précolombiennes. Après la découverte de ces joyaux, il est temps de flâner. Direction Barranco : rues paisibles, vieilles demeures multicolores et street art… ce quartier bohème est à l’abri du chaos de la circulation. Martine fait un dernier vœu sur le Puente de los Suspiros, avant de finir son périple avec une balade jusqu’à l’océan.

Musée national d’archéologie, d’anthropologie et d’histoire, Lima.

« Qui s’approche découvrira beaucoup plus que ce qui l’attendait. » Le Pérou compile tant de merveilles qu’un seul voyage ne suffit pas pour les découvrir toutes. De richesses naturelles en joyaux archéologiques, la culture et le folklore s’invitent aux quatre coins du pays. Cap sur

une destination authentique. Par Siphra Moine-Woerlen

Péruviennes en habit traditionnel, Cuzco.

MARTINE AIME

LES BoNNES CHoSES

Elue meilleure destination culinaire au monde, le Pérou se distingue par sa gastronomie, qui repose sur une tradition inca métissée par les vagues de migration. Martine, gourmande, ne sait plus où donner de la tête devant les étals bariolés des marchés : épis de maïs violets, pommes de terre fuchsia, tomates bleutées, anguilles, coquillages, canards grillés et lamas bouillis… cette simple énumération la met en appétit. Elle se faufile alors dans les ruelles, pousse la porte de la première cevicheria et se laisse séduire par un peu de poisson mariné, tout en sirotant un verre d’Inca Kola, soda sucré aux arômes de verveine citronnée. A peine sortie de table, elle ne peut résister aux appels des femmes aux cheveux tressés, vendant sur leurs chariots branlants les délicieux tamales. La virée nocturne lui permettra de goûter au cuy, autrement dit au cochon d’Inde, spécialité péruvienne par excellence. Un brin barbouillée, Martine devra commander quelques mate de coca pour oublier ses excès. Jarre mochica, Musée Larco, Lima.

171

T121  

Magazine Trajectoire N°121, hiver 2017.

T121  

Magazine Trajectoire N°121, hiver 2017.