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LE StYLE

DE...

Par Christopher Tracy

JACQUES DUTRONC Dandy maniéré des folles années giscardiennes, Jacques Dutronc a toujours su distiller un léger machisme chic teinté d’un snobisme négligé férocement séduisant. On l’imagine sans mal chez Régine ou Castel, un long Davidoff bagué coincé entre ses canines de vampire nocturne, occupé à séduire une jouvencelle asservie au magnétisme de l’animal. Et si Jacques Dutronc fut pendant longtemps l’amoureux attitré de l’androgyne Françoise Hardy, il est avant tout un homme de goût. Un smoking satiné, une chemise Dior col cassé, des bottines noires à fermeture éclair, une montre Tank en or représentent un petit échantillon de ses habitudes. A la rigueur, années 1970 oblige, une chaînette en or blanc sur son fin poignet, les doigts serrés sur un vieux whisky, voire une coupe de champagne millésimé. Autour du cou, une écharpe en soie issue de la collection d’un excellent faiseur, un parfum capiteux, envoûtant et français. Terriblement français. Au final, l’élégance surannée du dandy Dutronc est avant toute chose une nonchalance à peine sexuée, somme toute peu virile. La désinvolture portée à son art suprême. Deux mots suffisent pour résumer l’idole de nos aînés : vieille canaille. La leçon est retenue. —

SON ALLURE DÉCRYPTÉE

Ray-Ban, lunettes Aviator Havana Collection.

Saint Laurent, bottes zippées.

S.T. Dupont, briquet en or.

Laurent-Perrier, Grand Siècle.

Lanvin, boutons de manchette dorés à l’or fin.

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Cartier, Tank Française, mouvement mécanique.

Jitrois, blouson Macus en agneau plongé, pour s’encanailler dans les bistrots branchés.

Davidoff, cigare Master Series.

Gufram, dans la vie il y a des portemanteaux Nerocactus !

T121  

Magazine Trajectoire N°121, hiver 2017.

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Magazine Trajectoire N°121, hiver 2017.