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Des rencontres, des opinions, de l’élégance

MODE

CANTO à POIL ! Pelé, Connors, Ali, Merckx, Graf, Comaneci, Loeb...

LÉGENDES DU SPORT Été 2014 N°107 | CHF 6.– 107

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Looks d’été : chics & colorés BUZZ Flamby, l’histoire d’un dessert (sans saveur) PUBS, MOUTONS & GUINNESS à nous l’Irlande !

Petite(s) Suisse d’ailleurs Thalasso nouvelle vague ET AUSSI : Muriel Robin PPDA Oskar Freysinger


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Elegance is an attitude Kate Winslet

Conquest Classic


éd-iTo Président ou champion ? Comme toute mère, je rêve d'un avenir radieux pour mon fils. D'une carrière époustouflante. Après des semaines de recherches pour trouver la meilleure université, je lui ai suggéré de devenir président de la République française ou champion. Mais, voilà, j'ai des doutes. Quand je vois ce cher Flamby élu « pire président que la France n'ait jamais connu », je me dis que sa maman n'a pas dû trouver les bonnes écoles. Alors, pourquoi pas grand sportif ? OK, mon fiston est plus doué pour jouer du piano que taper dans une balle mais, avec un peu de chance et quelques stimulants, je nous vois déjà en train de l’applaudir dans les tribunes du monde entier. Bon, il va falloir fermer les yeux sur quelques principes. Mais, c'est comme ça : les champions – tout comme les présidents – ont une durée de vie inversement proportionnelle aux frasques et victoires qui jalonnent leur parcours ! Alors, patience... Et puis, voilà, il y a quelques semaines, j'ai rencontré le grand Pelé. J'allais pouvoir lui demander conseil. Waouh ! Je dois reconnaître que, quand je me suis retrouvée face à lui, j'ai remballé toutes mes questions et je l'ai regardé toute émue... Parce que, même si je ne m'y connais pas vraiment en foot, ni en sport, le Monsieur est juste impressionnant. Une carrière brillante, des tas de contrats juteux, de quoi faire rêver n’importe quelle mère ! Il nous a inspirés pour ce dossier spécial « Légendes du sport », en nous donnant l'envie de revenir sur le parcours de grands champions. Les uns nous ont parlé de leurs peurs, nous avons retracé l'histoire de quelques autres, et laissé Cantona – autre légende vivante – revenir sur sa carrière. Peut-être des exemples à suivre pour le fiston ? En attendant la rentrée, nous vous souhaitons de savourer nos pages en vous régalant de nos rencontres, des talents en devenir ou confirmés – si chers à notre magazine – du buzz et de notre shooting mode avec la sublime Leane photographiée un soir de pluie... Bonne lecture et bel été à vous !

Siphra M. Toute l’équipe dédie ce magazine à Anita Chevalley, épouse de notre éditeur, récemment disparue. Elle nous suivait depuis le premier numéro et nous encourageait toujours à nous parfaire. Nous n’oublierons ni sa bonne humeur ni son grand sourire.

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SOMMAIRE

Pirmin Zurbriggen, skieur alpin suisse, vainqueur à maintes reprises de la Coupe du monde de descente.

Lduégendes sport P. 72

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OPINION

"Oui-Oui", ce grand optimiste.

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WHAT’S UP SWITZERLAND ?

Dernières news du luxe.

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PORTRAIT

Tim Roth, l'homme aux mille visages.

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LES VACANCES DE MARIE-CÉLESTINE

Le guide de survie pour cet été.

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IT'S HOLLYWOOD BABY !

Dans la peau d’un paparazzi.

38

CHRONIQUE

Les p'tites Suisse se promènent.

42

PSYCHO

Psychopathes de collectionneur.

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TALENT ÉMÉRITE

Depardon, le monstre sacré de la photo.

52

COVER STORY

A la Cantonade !

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L-evolution Collection

BLANCPAIN BOUTIQUES RUE DU RHÔNE 40 · 1204 GENEVA · TEL. +41 (0)22 312 59 39 BAHNHOFSTRASSE 28 · PARADEPLATZ · 8001 ZURICH · TEL. +41 (0)44 220 11 80 www.blancpain.com


SOMMAIRE

58

FRANÇOIS-HENRY BENNAHMIAS

L'équation Maître Yoda + N2.

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SÉLECTION HORLOGÈRE

A vos marques, prêt, partez !

72

DOSSIER SPÉCIAL

Les lègendes du sport, que sont-elles devenues ?

98

MERCEDES CLASSE C

Surprise de tout ordre.

P. 114

106 VOUS AIMEZ ? (... NOUS, MOINS) Muriel Robin, PPDA, Oskar Freysinger.

114 SHOOTING MODE

Sophistiqué ou easy chic ?

126 EN VOGUE

Dries Van Noten, l'ornementaliste.

132 REPORTAGE

4 cures pour retrouver un nouveau souffle.

142 BEAUTÉ

Senteurs estivales.

146 UNE ÎLE, UN COUP DE CŒUR

Pubs, moutons et grands espaces, c'est l'Irlande !

150 DESTINATION L'autre Afrique.

160 5 MINUTES AVEC Joachim Ziegler.

Gagnants du concours BVLGARI Parfums : Claude Pascalin (Versoix) | Sophia Palkine (Genève) | Anne Carnal (Vevey) Vladimir Schlosser (Yvonand) | Denys Kissling (Colombier) | Jean-Claude Crausaz (Genève) | Jacques Buquet (Vernier) | Bruna Rossi (Chêne Bougeries) | Denise Verpillot (Genève) | Denis Schenk (Gland)

P. 146

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Economie réelle

Gestion de fortune performante

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Les 500 meilleures entreprises au monde dans votre portefeuille  Si vous êtes lassés du discours ésotérique de

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cibler vos choix de titres et une adresse pour sécuriser vos dépôts,  Alors nous devrions en parler.

Les conseillers en gestion de patrimoines de la Banque Cantonale de Genève se tiennent à votre disposition pour partager leurs convictions et leur expérience avec vous.

La présente annonce est exclusivement publiée à des fins d’information et ne constitue en aucun cas une offre ou une recommandation en vue de l’achat de produits financiers ou de services bancaires. Elle ne peut être considérée comme le fondement d’une décision d’investissement ou d’une autre décision. Toute décision d’investissement doit reposer sur un conseil pertinent et spécifique. Le traitement fiscal dépend de la situation personnelle de chaque investisseur et peut faire l’objet de modifications. Les transactions portant sur les fonds de placement sont soumises à des lois et des dispositions fiscales dans différents ordres juridiques. L’investisseur est personnellement responsable de se renseigner sur les lois fiscales applicables et les dispositions en vigueur et de les respecter s’agissant de la souscription, de l’achat, de la détention, de la vente, de la restitution ou des versements résultant de fonds de placement. Les indications concernant des transactions sur les fonds de placement ne doivent pas être interprétées comme étant un conseil fiscal de la BCGE.

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RELECTURE & CORRECTIONS Adeline Vanoverbeke

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SHOOTING MODE Photographe Johann Sauty Styliste Pascale Hug

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OPINION

H

OLLANDE, CE GRAND OPTIMISTE Par Charles Consigny

aura au moins réussi un tour de force, celui de décevoir des gens qui n'attendaient rien de lui. On ne peut en effet guère reprocher à L'actuel président de la République française

M. Hollande d'avoir promis monts et merveilles durant sa campagne électorale, contrairement à ce que veut l'usage. Il s'est contenté de concepts, telles l'égalité ou la justice, et de quelques symboles, comme la taxe à 75%. Il n'a pas laissé croire qu'il avait une recette miracle pour augmenter les salaires ou endiguer le chômage de masse – mais il ne l'a pas fait non plus : depuis le retour de la gauche au pouvoir, rien n'a changé positivement en France.

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I

l y a quelque chose de saisissant dans ce décalage entre inertie publique et désintégration nationale : la cinquième économie du monde est en train de couler et son équipage est immobile. Je suis frappé par l'apathie qui a gagné mon pays et son peuple, par l'extinction de toute idée révolutionnaire ou, plus simplement, de toute volonté politique, de toute aspiration à changer les choses de façon à faire une collectivité plus juste, plus dynamique, plus démocratique, plus méritocratique, plus vivante, plus grande, plus forte. Les étudiants se contentent d'étudier, les cadres de travailler, une grosse partie de la population

passe sa journée devant la télévision, plein de gens partent s'installer à l'étranger sans envisager de revenir et l'administration meurt de son obésité. La France n'est plus pensée, elle n'est plus célébrée, personne n'attend plus rien d'elle. Tout se passe comme si elle appartenait au passé. Pourquoi ce naufrage ? La construction européenne, pour souhaitable qu'elle soit, a en partie contribué à cet anéantissement de l'action publique : la nation, du fait de la nécessité de passer à l'échelon du continent, a beaucoup perdu en légitimité. Conjuguée à la mondialisation, cette nouvelle exigence contribue à l'idée selon laquelle il est devenu impossible de « changer la vie » à l'échelle d'un pays. La menace des délocalisations, par exemple, paralyse toute amélioration de la condition des ouvriers, de la même manière que la faculté d'employer une main-d'œuvre à très bas coût dans les pays en développement rend les usines françaises inopérantes. In fine, c'est le sentiment national lui-même qui s'est dissipé : les jeunes

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OPINION

générations ne mourraient pas pour leur patrie, loin de là. Le lexique national leur paraît dépassé, l'horizon est ailleurs. On peut faire beaucoup de choses, pourtant, quand on détient le pouvoir politique aujourd'hui : la preuve en est qu'on peut être extrêmement nuisible. Cela implique qu'en s'abstenant d'agir ou en agissant différemment, on puisse obtenir des résultats bénéfiques pour la population. Las, les Français ont voté pour quelqu'un qui n'a aucune envergure. Ça n'est pas une vue de l'esprit que de dire que François Hollande est nul, ça n'est pas une facilité, ça ne consiste pas à dire « tous pourris » ou à faire du populisme, ça n'est pas de l'opposition systématique et ça n'est pas « trop attendre de la classe politique » : c'est une réalité factuelle que chacun peut constater. Cette nullité s'exprime par un mélange de pleutrerie et d'atonie. Le chef de l'Etat n'a aucune idée. Il est le plus mauvais romancier de France – d'ailleurs, il se flatte de ne jamais lire de romans. Il n'a aucune imagination, aucune créativité, il ne sait pas faire du neuf, ça ne l'intéresse pas et il ne voit pas au juste pourquoi il faudrait en faire. Il pense que, la politique, ça n'est que la politique, dans le plus petit sens du terme, que les secteurs d'activité sont délimités, étanches les uns par rapport aux autres, et que, quand on gouverne, il n'est pas nécessaire d'innover, et c'est là qu'il a tort : gouverner, c'est inventer, essayer, tenter jusqu'à ce que ça marche. C'est prendre des risques, assumer des choix radicaux, décider de changements importants qui ont un impact immédiat et sensible sur la vie des gens. Gouverner, c'est ne pas craindre de mécontenter certaines catégories de la population. C'est ne pas avoir peur des taxis, des lycéens, des syndicats d'enseignants, des lobbys des télé-

coms ou des techniciens de France Télévisions. Alors que déplaire à des minorités est un passage obligé pour qui veut amener la collectivité à un meilleur destin, nos gouvernants se contentent de faire le gros dos en espérant que la conjoncture mondiale les sauvera. M. Hollande – certains le lui reprochent – est un grand optimiste : il croit toujours que les choses vont s'améliorer, pour lui-même comme d'une façon générale. Il ne croit pas que l'histoire est tragique, il n'a pas lu les grandes tragédies grecques, dont l'un des enseignements est que la catastrophe advient. De façon irrationnelle, il fait comme si, dans les siècles qui nous ont précédés, des civilisations n'avaient pas disparu, des peuples ne s'étaient pas dissous, des hommes ne s'étaient pas entretués. Il pense qu'on peut tranquillement attendre que ça aille mieux. Il ignore ce vieil adage latin selon lequel l'abîme appelle l'abîme, et il sera peut-être un empereur de la chute de Rome. Le Front national premier parti de France, voilà le dernier résultat du socialisme au pouvoir. Tactiquement, le président Hollande, en digne héritier de François Mitterrand et de Jacques Chirac, estime qu'il y a un intérêt à la montée de l'extrême droite, espérant que c'est la droite de gouvernement qui en pâtira et qu'il pourra ainsi affronter Marine Le Pen en 2017. Cette analyse est irresponsable, et il est bien possible qu'elle soit fausse : en 2002, ce n'est pas Lionel Jospin qui a affronté Jean-Marie Le Pen, mais Jacques Chirac, le candidat de droite. En 2014, ce n'est pas l'UMP qui a le plus fait les frais de la percée du FN, c'est le Parti socialiste. Pathologiquement, François Hollande y croit encore. Il est le seul. Aurait-il raison contre tous ? —

[ Las, les Français ont voté

quelqu'un qui n'a aucune envergure. Ça n'est pour

pas une vue de l'esprit que de dire que François Hollande est nul, ça n'est pas une facilité, ça ne consiste pas à dire « tous pourris » ou à faire du populisme, ça n'est pas de l'opposition systématique et ça n'est pas « trop attendre de la classe politique » : c'est une réalité factuelle que chacun peut constater. ]

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WHAT'S UP SWITZERLAND ? Par Gaëlle Sinnassamy

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Bon à savoir Invasion suédoise | Pour sa première incursion en terre suisse, H&M Home a élu domicile à Berne. Bougies, coussins, linge de maison, tapis, rideaux ou vases, Ikea a de quoi se faire du mouron, son compatriote étant bien décidé à investir en force les « home sweet home » helvètes. www.hm.com

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LE LABO des Enfants

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UN DIAMANT Mortel HALTE AUX virus ! Plus question de se laisser contaminer par la grippe de ses collègues. Caran d’Ache a développé avec les Laboratoires Genolier un stylo anti-microbes, capable d’éliminer 99,9% des bactéries grâce à une substance incorporée dans le plastique. Résistant à l’eau, aux frottements ainsi qu’aux UV, l’instrument magique a démontré son efficacité face à deux bactéries parmi les plus virulentes, l’Escherichia coli et le Staphylococcus aureus MRSA. Un must-have pour les Monsieur Propre atteints de nosophobie aiguë. www.carandache.com

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PORTRAIT

TIM

Roth Par Andrea Machalova

Regard profond et ténébreux, moue souvent perplexe et charme naturel, le « British » aux origines irlandaises séduit toujours autant. Trente ans de cinéma, alternant entre le petit et le grand écran, passant du métier d’acteur à celui de réalisateur, des superproductions hollywoodiennes aux films d’auteur, du braqueur malhabile au prince charmant, Tim Roth veut (se) prouver qu’il peut tout jouer. A 53 ans, il inspire des réalisateurs aussi opposés que Tim Burton, Francis Ford Coppola, Woody Allen, Michael Haneke ou, récemment, Olivier Dahan. Son interprétation du prince Rainier dans Grace de Monaco, présenté en ouverture du Festival de Cannes, ne passe pas inaperçue. Jugé trop autoritaire et macho, le monarque tel qu’il l'incarne fâche la famille Grimaldi, qui boude la projection. « Je ne pensais pas être la personne qu’il fallait pour ce rôle », avait-il avoué. Mais, qu’importe, puisqu’à elle seule, sa prestation sauve un film trop mou, trop glamour, trop… Cannes. Palmé il y a tout juste vingt ans avec Pulp Fiction, Tim Roth était revenu sur la Croisette en 2012 en tant que président du jury de la section Un Certain Regard et pour présenter le long-métrage Broken, dans lequel il interprète un père essayant de protéger sa fille contre les blessures de la vie. Un rôle proche de ce qu’il vit en dehors des tournages, élevant trois enfants avec son épouse Nikki Butler. Installé depuis vingt ans à Los Angeles, Tim Roth assure être un amoureux inconditionnel de la France. Sa plus grande peur était que la série Lie to me, dont il est le producteur et protagoniste, ne plaise pas aux Français. C’est sa facilité à imiter les accents qui a tapé dans l’œil de Tarantino, qui le révèle au public en 1992 avec le rôle de M. Orange dans Reservoir Dogs. En 1999, Tim Roth passait derrière la caméra pour réaliser The War Zone, une sombre histoire d’inceste. Récit autobiographique ou fiction ? Le mystère persiste. On le découvrira bientôt dans United Passions en président de la FIFA, au côté de Gérard Depardieu. Décidément, Tim Roth peut vraiment jouer tout, et n’importe quoi. —

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COLLECTION PIAGET ROSE

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Une vraie rose, une histoire unique

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SOLUTIONS POUR GROS PROBLÈMES Par Mathilde Binetruy

BRACELET... DE Vacances OU Électronique?

LUNETTES DE SOLEIL…

sur la tête OU le nez?

D’un point de vue pratique, c’est mieux. Deux raisons à cela : on dégaine plus vite face au soleil et les lunettes font office de diadème (roture oblige). Attention cependant à ne pas tomber dans le piège « Marie-Célestine et ses Ray-Ban font un rallye ». Les verres n’ont aucune utilité à l’intérieur, sinon celle d’un certain snobisme ou de montrer à tous ses copains les dernières aquisitions ophtalmiques de marque.

BRONZAGE... UV OU Twilight ? Deux écoles s’affrontent sur le sujet: les burinés et les blafards. Les premiers considèrent que c’est une politesse d’avoir bonne mine et les seconds une noblesse de garder un teint de lait. C’est Marlon Brando dans Un Tramway nommé désir qui tranche. Le côté grand brun sexy à la peau caramel fleur de sel, y a pas mieux. A l’extrême limite, on valide Pattinson et son visage pâle de vampire dans Twilight. Mais pour d’autres raisons.

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Votre plan de bataille est réfléchi, implacable : 1) Finale de la Coupe du monde de foot à Rio. 2) Acheter des gris-gris à la vendeuse glamour d’Ipanema. 3) Les assortir avec votre troispièces au retour, pour dire que, oui, vous êtes banquier mais, non, ce n’était pas votre rêve. Pour une demande d’augmentation, un bracelet connecté peut accessoirement servir à prouver le contraire... Essayez, on en reparlera à la rentrée.

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MODE... Mini Short OU Bermuda ?

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CHAUSSURES... Bateau OU Birkenstock ? Dans la short-list des choses les moins sexy du monde, il y a : les pellicules, les mains moites et une paire de Birkenstock. Problème, les sandales à semelles en liège sont synonymes de mode. Eloignées du look orthopédique, les chaussures bateau demeurent un classique du dressing masculin. A éviter néanmoins avec un pull-over noué autour du cou, façon père de famille sur le point de se rendre à la messe.

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S’il prend des raccourcis vestimentaires et fait la gambette seyante, le short se porte uniquement version troisième mitemps sur la plage de Copacabana. Plan B, le bermuda revendique lui un esprit chic, du bitume à la plage. A choisir couleur pâle, uni et avec des poches latérales. Dit comme cela, cela paraît facile. Reste à assortir le haut avec élégance. Le polo est une valeur sûre. Un torse musclé, un incontournable.

CHAPEAU couture OU Bob (marley) ? C’est un choix très énervant. Borsalino, capeline, melon, la question est à choix multiples. Si on opte pour le chapeau, il convient de l’assortir à son style. Evitez le couvre-chef champ de course si vous êtes la compagne d’A l Capone. Même combat pour les amateurs de bob. Oui, ce dernier est compatible avec un top model à son bras, mais uniquement dans le cadre d’un festival d’été. Et sans les Crocs.

Du piercing à la jupe plissée, Marie-Célestine est votre bonne fée ! D'AUTRES CONSEILS sur trajectoire.ch

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OPINION

L

Politique assassine Par Carole Guérin

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a politique est un univers tordu. Clairement, et c’est rien de le dire. Les coups reçus sont souvent plus durs que ceux donnés. C’est d’ailleurs un fait acquis pour la majorité des acteurs de ce petit monde d’egos démesurés, de traîtrises à peine voilées et de vachards coups de couteau plantés dans le dos d’un éventuel adversaire. La raison en est simple. Le politicien est une personnalité cultivant le goût des privilèges, des passe-droits en vue d’objectifs électoraux, d’obtentions d’avantages totalement impensables pour le commun des votants. Hélas, le revers de la médaille est souvent la violence des secousses sismiques de sa propre élévation dans la hiérarchie d’un pays. Plus vous grimpez, plus les ennemis sont nombreux. La politique est également un billard à plusieurs bandes. On peut assassiner un adversaire pour nettoyer le terrain, par pur machiavélisme à long terme. La chute inéluctable de l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé est un cas d’école. Une synthèse absolue de la dureté effroyable des rapports humains entre personnes censées avoir reçu les meilleures éducations, sortant de bonnes écoles, bardées de diplômes, de considération et souvent d’autosatisfaction. Alors, l'homme que l’on accuse d’avoir « subtilisé » la présidence de l’UMP à son éternel rival François Fillon, l'homme que l’on soupçonne de connivence coupable avec le ténébreux Ziad Takieddine, l'homme des phrases toutes faites aux relents islamophobes (le fameux « pain au chocolat »), l'homme que l’on adore caricaturer en affairiste clanique, en chef de bande aux méthodes mafieuses…, un voyou ? On est en droit de se poser la question quand on sait que la société Bygmalion aurait l’UMP pour cliente à 95% et que son chiffre d’affaires annuel aurait explosé soudainement d’une année sur l’autre suite à sa présidence. On est en droit de se poser la question quand on apprend que l’homme aurait favorisé une société montée par d’anciens lieutenants chargés d’organiser des événements et des meetings chèrement vendus à des personnes inexistantes. (Ce qui sous-entendrait un financement occulte de la campagne du candidat Sarkozy dans le meilleur des cas et son enrichissement personnel dans le pire des cas, même si rien ne semble pour l’heure pouvoir le démontrer.) Alors, revenons au billard à plusieurs bandes. A qui profite l’assassinat politique de Jean-François Copé ? La liste est longue, non exhaustive, et concentre le gotha, le who’s who ultime des stars françaises du pouvoir. En vrac, Alain Juppé, François Fillon et François Hollande (en vue de 2017), les lieutenants des susnommés (comme Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez ou Xavier Bertrand, dans l’espoir d’un maroquin ministériel si leur poulain est élu au promontoire suprême dans trois ans), voire – eh oui ! – Nicolas Sarkozy. Dévoré d’ambition, englouti par la haine de son ennemi absolu, l’ex-président a tout intérêt à nettoyer la concurrence, à se refaire une virginité en débusquant le traître, le comploteur, en accusant l’homme de main Copé coupable des pires vilenies. Il en sortirait blanchi, innocent, estomaqué d’apprendre qu’on manipulait dans son dos. L’hypothèse est plausible. Tordue, soit, mais plausible. Quoi qu’il en soit, Jean-François Copé va entrer dans un désert à géométrie variable et… Qui sait ? Un jour peut-être ? Son meilleur ennemi Sarkozy peut le rassurer sur ce point: on ne meurt pas toujours en politique… —


CHRONIQUE

Les petites... Par Matthias Debureaux

C

opiée sous toutes les latitudes, la Suisse est un label que le monde entier s'arrache. Pour mériter l'appellation, il suffit souvent de peu: quelques cimes neigeuses, un lac artificiel ou quelques conifères. Ces comparaisons sont un jour tombées sous la plume de poètes locaux, d’agents touristiques ou même d’hommes politiques en quête de stabilité pour leur pays. Ces rapprochements sont tantôt fondés et mérités, tantôt parfaitement usurpés. Nous avons sélectionné dix idées de destinations garanties sans dépaysement.

Suisse ! PETITE SUISSE DE L’ASIE

Singapour serait la quatrième place financière mondiale et une étape incontournable du marché de l'art. Mais en matière de propreté, la copie dépasse l’original, puisque cette ville-Etat interdit de mâcher des chewing-gums dans la rue ou de boire et manger dans le métro. Elle n’en reste pas moins une destination urbaine de charme, avec des loisirs délirants, comme le surf artificiel ou l'iFly, le plus grand simulateur de chute libre au monde.

PETITE SUISSE DE L'AFRIQUE

L’Afrique est le continent qui compte la plus forte densité de « petites Suisse ». Le Togo, le Burundi, le Kenya, le Botswana, l'Uganda, le Swaziland (pas si loin de « Switzerland » !) et même le Rwanda ont un jour ou l’autre hérité de cette périphrase. Le dernier cité est même devenu la petite Suisse africaine la plus en vogue avec le grand retour des touristes. Le Rwanda abrite un tiers de la population mondiale des gorilles des montagnes, devenus une attraction très rentable dans le Parc national des volcans. Le dernier chic : assister à la cérémonie de baptême d'un bébé gorille, événement connu localement sous le nom de « Kwita Izina ».

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PETITE SUISSE DU BRÉSIL

PETITE SUISSE DE MONGOLIE

Avec le Mondial 2014 et les JO 2016, c’est la petite Suisse la mieux placée du moment. A environ deux heures de São Paulo, Campos do Jordão a hérité du surnom de « Suíça Brasileira » pour ses maisons à pans de bois, ses forêts d'araucarias et ses reliefs culminant à 1'700 mètres. Pour les vacances d’hiver ou pour un été plus frais, de nombreux Paulistas fortunés y possèdent une résidence secondaire. Chocolat chaud et fondue coulent à flots.

Le lac Khovsgol, situé au nord de la Mongolie, est également connu sous le surnom de « Perle bleu foncé ». Pendant du lac Baïkal, de l'autre côté de la frontière, sa pureté et sa limpidité sont sans égal. Dans cette région de forêts et de vastes prairies peuplées de yacks, de lynx et d’ours, nous sommes un peu dans la Suisse du XVIIIe siècle décrite par l'écrivain britannique Horace Walpole, qui vit son épagneul se faire dévorer par des loups affamés.

PETITE SUISSE DE THAÏLANDE A proximité de la frontière birmane, les environs du mont Doi Ang Khang sont un fascinant sanctuaire naturaliste et un carrefour international du bird watching. Tapis dans une dense forêt de broussailles, on peut y observer des bulbuls à poitrine brune, des pics à oreillons rouges, des léiothrix à joues argent, des timalies à tête rayée ou autres gobe-mouches des collines.

PETITE SUISSE D'ADRIATIQUE

De prime abord, rien ne ressemble plus à la Suisse hivernale que le drapeau slovène : des montagnes blanches sur fond bleu. Les Alpes juliennes et ce château féodal qui surplombe avec majesté le lac de Bled valent également à la Slovénie le surnom parfaitement justifié de « petite Suisse des Balkans ».

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COVER STORY

MIS TER Par Manon Provost | Photo Richard Aujard

Il était une fois Canto, un drôle de petit homme, un homme libre, libre de penser dans un monde – le football – qui n’en avait pas l’habitude. Producteur, acteur, réalisateur, collectionneur d’art… Canto a réussi sa mutation sans perdre de sa superbe. Jamais trop de mots, juste ceux qu’il faut : sa carrure parle pour lui. Quand il cause, on se tait et on écoute. C’est Canto, quoi !

CAN TO 52


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RENCONTRE HORLO

Luxe

SKYWALKER

Interview Fabrice Eschmann Photos Niels Ackermann > Rezo

Volontiers conquérant,

François-Henry Bennahmias a toujours compté sur son instinct plus que sur ses diplômes pour réussir. Directeur de la succursale américaine d’Audemars Piguet pendant treize ans, il s’est installé dans le fauteuil de CEO en 2012. Mais

son style direct et sa volonté de changement hérités de la culture anglosaxonne suscitent déjà quelques craintes.

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A

la machine à café, les poignées de main se font à l’américaine, comme entre deux adversaires se préparant à un bras de fer. Sauf qu’ici, le sourire est franc, le tutoiement débonnaire. Décontracté, acteur de son propre personnage, diront ses détracteurs, FrançoisHenry Bennahmias réjouit ou dérange ses interlocuteurs, mais ne laisse pas indifférent. Sûr de lui, ambitieux déclaré, il a le style des selfmade-men. Entré chez Audemars Piguet en 1994 à la faveur d’une rencontre – « toute ma carrière est faite de rencontres », avoue-t-il –, il y a gravi tous les échelons, passant ses treize dernières années à New York comme directeur de la succursale américaine. Depuis 2012, c’est à la manufacture du Brassus, dans le bureau du directeur, qu’il a posé son sac et ses statuettes de Maître Yoda – dont il est le plus grand fan. Né à Paris, François-Henry Bennahmias a toujours préféré le sport aux études. A 18 ans, ayant raté son baccalauréat, c’est dans ce domaine qu’il tente de se reconvertir. Et déjà, l’envie de grandeur : « Je me suis lancé dans une carrière de golfeur pro, lâche-t-il. Je voulais être numéro un mondial, mais j’ai dû me contenter d’une 25ème place en France. » Si les greens ne lui apportent pas la gloire espérée, ils lui offriront tout de même une opportunité : un partenaire de jeu lui propose d’entrer dans la mode. « Il était distributeur d’une marque italienne de vêtements sur le marché français. J’ai commencé par emballer de la marchandise et expédier des cartons. » Quelques années plus tard, il devient directeur commercial. Puis, en 1994, sa carrière bascule. « J’étais sur une plage à SaintBarth. Un ami, qui travaillait comme distributeur de Breitling en France, m’a demandé pourquoi je ne viendrais pas travailler dans l’horlogerie. » Il n’en a pas fallu plus. La même année, il entrait chez Audemars Piguet, en France d’abord, puis envoyé à Singapour pour une mission de neuf mois, avant de s’installer pendant trois ans en Suisse, où il assume la responsabilité de plusieurs marchés internationaux. L’homme se débrouille bien, a du bagout, de l’entregent. Alors, en 1999, c’est New York qu’on lui offre sur un plateau. Comme un poisson dans l’eau, il devient vite l’ami des stars et des golfeurs – Quincy Jones, Nick Faldo, Darren Clarke ou encore Lee Westwood – tout en redressant le marché américain. Une vie

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HORLO

Blancpain

Villeret Carrousel Phase de Lune Blancpain marie à merveille art décoratif et art mécanique. Sur cette pièce, la manufacture du Brassus a associé à un mouvement carrousel volant un cadran en émail grand feu de la plus pure tradition. Le carrousel, qui diffère du tourbillon par un subtil détail de construction, est ici mis en scène à 12h. Ces deux acteurs – mouvement et cadran – prennent place dans le boîtier en double pomme emblématique de la marque. En or rose et d’un diamètre de 42 mm, celui-ci dissimule sous ses cornes deux correcteurs pour régler le quantième et la phase de Lune. Prix TTC : CHF 121'000.–

Girard-Perregaux

Tourbillon Tri-Axial Ce n’est pas autour d’un axe, mais de trois, que Girard-Perregaux fait tourner son régulateur avec son Tourbillon Tri-Axial. La première cage effectue une rotation en une minute. Elle est intégrée à une structure positionnée sur un second axe, qui réalise une rotation complète en trente secondes. Finalement, les deux systèmes sont insérés dans un troisième, qui pivote sur 360° en deux minutes. L’ensemble offre un spectacle fascinant sous un dôme de saphir. Edition limitée à 10 exemplaires. Prix HT : CHF 465'000.–

Louis Moinet

Astrolabe Tourbillon L’astrolabe est certainement l’instrument scientifique qui a le plus marqué l’histoire de l’humanité. Outil de calcul du temps et de la position des astres, son développement le plus avancé fut conçu par Ahmad Ibn AlSarraj au XIVe siècle. Le modèle Astrolabe Tourbillon, limité à 12 exemplaires, est un hommage à ces savants du passé qui ont fait le monde d’aujourd’hui. Chaque modèle est livré accompagné d’une copie conforme du véritable astrolabe «Al-Sarraj», réalisé par le Suisse Martin Brunold, probablement le dernier fabricant d’astrolabes au monde. Prix TTC : CHF 230'000.–

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LÉGENDES DU SPORT

ALBUM DE Interview Patrick Galan | Reportage Andrea Machalova

Rencontrer le journaliste le plus populaire de France fut un délicieux privilège et une belle façon d'introduire notre dossier spécial. Au bord des piscines, des greens, des pistes, à Roland-Garros ou sur les patinoires,

Nelson Monfort est l'intervieweur des champions. 72


LÉGENDES Vous parlez très bien des sportifs, mais est-ce que vous les aimez vraiment ? On a parfois l'impression qu'ils vous agacent… Je les aime et ils m'aiment. Tout au moins tous ceux qui sont dans mon livre, Sport – Mes héros et légendes, et que j'ai connus, particulièrement depuis les Jeux de Barcelone, en 1992. Selon vous, quel est le sportif numéro un mondial tous sports confondus ? Ce serait Eric Tabarly ! C'est une icône. J'ai le souvenir d'une de mes premières interviews de ce Breton qui avait la réputation d'être un taiseux, et ça s'est super bien passé. J'ai toujours admiré son élégance, sa modestie, son fair-play, son absence totale de cupidité. Il y en a peu de sa dimension. J'ai quelques héros de jeunesse, comme Jean-Claude Killy ou le pilote François Cevert. Plus près de nous, la grande simplicité d'Usain Bolt me touche. Un meeting d'athlétisme avec lui ou sans lui, ce n'est pas pareil, même pour les autres disciplines. Vous manifestez également votre admiration pour Lance Armstrong… Oui, j'aime même Lance ! Je l'ai rencontré à Austin, chez lui, dans sa maison, sans caméra. J'ai vu un homme plein d'humilité et de générosité, tout à fait différent de celui décrit par les mêmes qui ont chanté ses louanges pendant des années et qui lui sont tombés dessus, à bras raccourcis, en faisant semblant d'apprendre des révélations. On a dit qu'il était arrogant, mais il y a beaucoup de personnes qui ont vécu sur son dos, grâce à lui. Il était bien plus chevaleresque que ce que les gens en disent. Aujourd'hui, il faut peser chaque mot pour ne pas choquer, le métier de commentateur n'est-il pas devenu trop encadré ?

C'est la faute des réseaux sociaux. Consciemment ou inconsciemment, on a peur de choquer, on se régule soi-même. Toute la profession le pense, et c'est bien dommage, car on perd de l'humour, de la spontanéité ! Je les appelle des réseaux antisociaux. J'ai la conviction que, souvent, les choses sont orchestrées, qu'elles partent de mauvais sentiments. J'ai vraiment horreur de toutes ces choses anonymes qui se déversent sur le Net ! On vous a surnommé « Mets l’son moins fort » ; par ailleurs, votre voix fait le bonheur des imitateurs. Que pensez-vous de votre marionnette aux Guignols ? Cela fait partie de la dérision et de l'autodérision que j'adore. Je n'ai aucun problème avec ça. Le sport à la télévision, c'est d'abord de la joie de vivre, et c'est ce que j'essaie de faire passer dans mes commentaires. Quant à ma marionnette, elle est ressortie pour les Jeux de Sotchi. J'ajoute que Nicolas Canteloup et moi sommes devenus un talisman l’un pour l’autre. L'une des premières voix qu'il a imitées dans les années 1995, c'était la mienne. Elle lui permettait de mettre en scène les autres personnages. J'ai été imité avec talent et bienveillance, autre mot que j'aime bien ; j'ai été son porte-bonheur et il a été le mien. Dans votre dernier livre, vous rendez d'abord hommage à vos parents. Sont-ils des héros pour vous ? Dans la façon dont ils m'ont élevé, comme fils unique arrivé assez tard, oui. Ce mot m'est venu en cours d'écriture, en voulant articuler ce livre autour de quatre « H », humour, honneur, humilité et humanité, termes qui se sont transformés en un cinquième, qui était héros. Mes parents, ce sont mes héros, c'est sûr ! —

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LÉGENDES DU SPORT

Jimmy Connors

Electron libre au comportement souvent virulent et agressif envers les arbitres et les juges de ligne, insultant avec ses adversaires, Jimmy Connors, alias « Jimbo », a marqué l’histoire du tennis avec son revers à deux mains indomptable. Il entre dans la légende en devenant le premier joueur à s’imposer en Grand Chelem sur trois surfaces différentes. Sa popularité, conquise grâce à huit titres de Grand Chelem et 268 semaines au sommet de l’ATP, fait un bond lorsqu’il commence à s’afficher avec la joueuse de tennis Chris Evert au début des années 70. Le bad boy et l’ange du tennis, que rêver de mieux ? Leur histoire d’amour passionne les Américains, surtout lorsque la paire gagne simultanément Wimbledon en 1974. L’idylle se termine cependant aussi vite qu’elle avait commencé et c’est le livre de Jimmy Connors The Outsider, sorti en 2013, qui en révèle les dessous. Tromperies, infidélité et avortement, ou comment parfaire son image à 61 ans. Il se classe en tête des champions de tennis les mieux payés en 2014. Il aurait amassé en une seule année 58 millions d’euros grâce à ses divers partenariats publicitaires. Le champion devenu entrepreneur pèserait près de 185 millions d’euros.


Carl Lewis

Le « King Carl » est une légende vivante de l’athlétisme américain, avec dix médailles olympiques, dont neuf en or amassées entre 1984 et 1996, dans quatre disciplines différentes. Adepte inconditionnel du végétalisme, il avoue boire près d’un litre de jus par jour pour rester en forme. Son record de saut en longueur en salle réalisé à 8,79 m, en 1984, reste en vigueur.

Martina Navrátilová

La Tchèque Navrátilová est considérée comme la plus grande championne de tennis de tous les temps, n'en déplaise à Chris Evert, avec 1442 victoires et 331 semaines à la première place du classement mondial. Naturalisée Américaine, c'est une personnalité forte qui n'a pas hésité à choquer l’Amérique puritaine en dévoilant son homosexualité dans les années 80. Depuis 2006, elle file le parfait amour avec la top russe Julia Lemigova.

Jeannie Longo

Qu’on le veuille ou non, depuis trente ans, le cyclisme féminin en France, c'est Jeannie Longo. Surnommée « Mamie » pour sa longévité sur les pistes, la championne a une autre passion : la nature et le bio. A tel point qu’elle emmène son chat et ses aliments partout ! La technologie n’est pas son fort, elle ne répond pas à ses mails, n’a pas de téléphone mobile et elle utilisait encore une machine à écrire dans les années 90.

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LÉGENDES DU SPORT

Pelé

Depuis qu’il a été nommé ambassadeur de la Coupe du monde 2014 et Ballon d’or d’honneur en début d’année, son nom et son visage s’affichent partout. Couvertures de magazines, publicités, apparitions publiques… comment passer à côté de celui qui a reçu le titre de « Trésor national non exportable » ? Pour les jeunes générations biberonnées aux exploits de Messi, Pelé reste un joueur intemporel, considéré comme le meilleur de tous les temps. On se repasse avec délectation ses plus beaux buts sur YouTube, on ne jure que par lui lorsqu’il faut s’affronter à Fifa. A 17 ans seulement, Pelé remporte sa première Coupe du monde en inscrivant un triplé contre la France en demifinale, puis un doublé contre l'hôte suédois en finale. Avec deux autres Coupes du monde remportées, il offre au Brésil la réputation de pays du football dont il jouit aujourd’hui. Qui d’autre aurait pu marquer six fois cinq buts, 30 fois quatre buts et 92 fois trois buts dans le même match ? Pelé, né Edson Arantes do Nascimento, a finalement pris sa retraite en 1977. Depuis, il a été ministre des Sports du Brésil, ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco, visage de CocaCola, d’Emirates Airlines, d'Hublot et même du Viagra. Après tout, « o rei » est un homme comme les autres.

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La pierre de la vie et de l’amour «Pour le rubis, les nuances claires et veloutées varient du rose au pourpre le plus profond. Plus l’éclat rouge est lumineux et vivant, plus la pierre de la vie et de l’amour est fine et précieuse.» Eduard J. Gübelin (1913 – 2005)

Rubis 6,95 ct de Birmanie en taille ovale

Luzern Zürich Basel Bern St. Moritz Genève Lugano Kuala Lumpur Hong Kong


LÉGENDES DU SPORT

Lance Armstrong

Il y a une année, le septuple vainqueur du Tour de France avouait devant les caméras d’Oprah Winfrey s’être dopé durant toute sa carrière. Ses confidences signent la fin d’un mythe ; il est déchu de ses titres en 1998. Mais c’est également un portrait bouleversant que livre le cycliste, racontant son enfance difficile, sa lutte contre le cancer et les combats de sa fondation Livestrong. Reconverti en réparateur de vélos, « Robocop » tente désormais de grimper dans l’échelle sociale plutôt que de gravir les cols.

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Maradona

Après Pelé, Platini et Zizou, Diego Armando Maradona est un autre numéro 10 faisant partie des légendes vivantes du foot. Dribbleur hors pair, capable de semer les meilleurs défenseurs, il pouvait se reposer sur son toucher de balle extra-fin. Insaisissable grâce à sa petite taille qui lui permettait de changer de direction en un clin d’œil, capable du meilleur comme du pire, « El Pibe de Oro » s’est également illustré par des excès, sa dépendance à la cocaïne, ses amitiés mafieuses, ses dettes et ses aventures. Dans le dernier épisode de la telenovela Maradona, sa rupture avec la footballeuse Rocio Olivia, de 30 ans sa cadette. To be continued...


Mohamed Ali

L’image d’un Mohamed Ali frêle et tremblotant allumant la flamme olympique en 1996 a fait le tour du monde et en a ému plus d’un. Evaporée, l’image du plus grand et du plus charismatique boxeur de tous les temps. De celui dont les combats contre Joe Frazier ou George Foreman font encore aujourd’hui partie des plus grands matches de boxe de l’histoire. « Flotter comme un papillon, piquer comme une abeille », tel était son adage. A 19 ans, le jeune Cassius Clay devenait le champion olympique des poids mi-lourds. Mais c’est sa victoire contre l'invincible Sonny Liston en 1964 qui consacre le nouveau champion du monde des poids lourds. « I am the greatest », martelait le jeune homme à quiconque osait le défier. L’année suivante, Clay conserve son titre grâce à un coup qui entrera dans les annales du sport comme le « coup de poing de l’ombre ». Rapide, Mohamed Ali l’est autant sur le ring que devant les micros des journalistes. « Il voulait aller au paradis, donc je l’ai emmené au 7ème ciel ! Je suis le roi du monde ! » clamait le boxeur en fixant les caméras après avoir mis K.-O. Liston lors d’un deuxième affrontement. Une éloquence innée que Mohamed Ali, converti à l’islam, a mise au profit de la défense des droits civiques des Noirs en se rapprochant de Malcolm X. Ses convictions politiques et religieuses lui valent des problèmes avec la justice et il perd alors ses titres pendant quatre ans. Aujourd’hui, le sextuple champion du monde et ambassadeur de Louis Vuitton parcourt le monde avec sa quatrième épouse pour soutenir des actions humanitaires. Il est également le seul à avoir son étoile non sur le trottoir mais sur le mur d’Hollywood Boulevard, pour que le nom du « Greatest » ne soit jamais piétiné…

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LÉGENDES DU SPORT

Felix BAUMGARTNER Interview Jean-Baptiste Guillet

Felix Baumgartner a marqué les esprits en devenant le

premier homme à franchir le mur du son en chute libre. Associé à la maison Zenith dans cette incroyable aventure, il s’est élancé dans le vide depuis une capsule placée dans l’espace, un record qui a eu un écho planétaire. 82


Le coffret est devenu de plus en plus grand et la combinaison pesait ainsi près de deux fois mon poids. La perspective du saut n’était plus du tout un amusement. C’était devenu effrayant. Je me souviens de mon premier saut d’essai avec cette combinaison. Mes premières craintes de débutant, il y a vingt-cinq ans, étaient de retour. Quand je fais de la chute libre, même en hiver, je porte des gants très fins. Je veux être flexible, avoir des réactions rapides. Mais un scaphandre de cosmonaute vous ralentit. Vous avez de grands gants avec des miroirs et vous ne pouvez pas déplacer votre tête comme vous le souhaitez. Tout ce que j’avais appris et développé était devenu inutile une fois la combinaison enfilée. Etes-vous plutôt claustrophobe ou acrophobe ? Claustrophobe. Quelle est la pire de vos phobies ? L’eau. Je ne pourrai jamais faire de plongée sous-marine. Avez-vous une technique, un « grigri » pour surmonter vos peurs ? Je n'ai pas vraiment de technique à proprement parler, mais plus une philosophie : « Learn to love what you have been taught to fear » (apprenez à aimer ce que vous avez appris à craindre). J’ai d’abord considéré ma combinaison comme mon pire ennemi, un vrai handicap, puis j’ai appris à en faire un atout – parce que plus haut vous allez, plus vous avez besoin de votre combinaison ; c’est votre seule chance de survie. La peur n’est pas quelque chose à éliminer mais c’est une émotion qui doit être gérée. Dans mon travail, la peur est ce qui m’empêche d’être négligent. Une quantité saine d’appréhension m’a aidé à rester sain et sauf. Quels sont, selon vous, les effets positifs de la peur dans la pratique de votre sport ? J'ai appris à utiliser ma crainte à mon avantage. La peur est devenue une alliée qui m’empêche d’aller trop loin. Je suis suffisamment prudent pour planifier chacun de mes sauts soigneusement et rejeter les projets qui ne me semblent pas viables. La crainte devient problématique quand elle domine vos pensées et vous éloigne de l’objectif à atteindre.

Vous rappelez-vous d’une grosse « trouille » récente ? Durant les préparatifs de la mission Stratos, j’ai eu un gros clash à cause de la combinaison. J’ai détesté cette combinaison à la seconde où j’ai senti qu’elle entravait ma liberté. J'ai commencé à faire de la chute libre pour cette notion de liberté et, tout à coup, vous êtes pris au piège dans un scaphandre de cosmonaute, et l’équipe de la mission rajoutait du poids chaque jour. Ils disaient « nous avons besoin de bouteilles d’oxygène » puis, la semaine suivante, « nous avons besoin d’un coffret de stockage plus grand ».

Au moment de sauter depuis la stratosphère, avez-vous eu peur de l’inconnu ou de ne pas réussir ? Non, j’étais impatient. Cela faisait plusieurs années que nous travaillions sur cette mission. La question n’était plus de savoir si j'allais réussir ou non. Qui plus est, je ne pouvais pas rester debout sur la marche de la capsule pendant des heures. A partir du moment où les lignes d’oxygène sont débranchées de la capsule et que je suis dehors, je n’ai plus que l’oxygène de ma bouteille pour respirer. N'ayant qu’une petite dizaine de minutes devant moi, il me faut aller aussi vite que possible. Avez-vous peur de la mort ? Après ce que j’ai vécu ? Non ! Je pense que les craintes que j’ai ressenties là-haut lors de mon saut étaient humaines, et donc « normales »… Si quelque chose tournait mal, j’étais mort en moins de quinze secondes... —

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LÉGENDES DU SPORT

Roger Federer

Qu’il perde ou qu’il gagne, regarder le jeu de Federer est pur plaisir. Son coup droit puissant et son revers à une main sont tout simplement délicieux. Et quand il ne s’énerve pas contre lui-même pour ses fautes répétées, il flotte sur le terrain. Détrôné par son compatriote Wawrinka, l’ancien numéro un reste le chouchou des Suisses. Déjà papa de jumelles, il vient d’être papa une deuxième fois, de jumeaux cette fois-ci ! Ça promet de jolies parties de double !

Zinédine Zidane

Comment raccrocher ses crampons de manière plus spectaculaire que Zizou en 2006, lors de la finale de Coupe du monde qui opposait l’équipe de France à l’Italie ? La teneur de ses propos a longtemps passionné les médias avant qu’une spécialiste de lecture labiale révèle toute la vérité. Malgré tout, Zidane reste le sportif préféré des Français. A 41 ans, un diplôme de manager général de club en poche, il est le bras droit de Carlo Ancelotti au Real Madrid, sacré champion d'Europe pour la 10 ème fois.

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VOUS AIMEZ ? (... NOUS, MOINS)

I

C'

est pas moi,

maîtresse! Par Julie Masson

l y a quelques années, il nous a bien fait sourire avec son impayable et très solide démonstration sur les bananes bleues. Malheureusement, ce n'était pas vraiment Oskar Freysinger qui nous décrochait un rictus, seulement Yann Lambiel. L'imitateur se moquait du tribun UDC dans un sketch fort inspiré tendant à prouver que ce beau parleur faisait prendre des vessies pour des lanternes à son auditoire en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Depuis, les dérapages et autres sorties provocatrices du vrai Freysinger ont fait rire... jaune. Ses idées d'un autre âge (à peine était-il élu au Conseil d'Etat valaisan, en 2013, qu'il opérait d'importantes coupes dans le budget de l'éducation, estimant notamment qu'il fallait réduire les frais liés à l'intégration des élèves handicapés ou allophones dans les classes « normales »), sa tendance à se faire passer aux yeux de l'Europe pour le porte-parole du peuple suisse auraient même tendance à en mettre plus d'un dans une vraie colère noire. On ne remet pas en question l'existence du génocide arménien ou du massacre de Srebrenica sans conséquences. Et un carton rouge, un. C'est alors que le Valaisan de 53 ans, marié et père de trois enfants, se met à employer sa technique favorite, celle du « J'ai pas dit » – faisant penser aux petits enfants dans la cour d'école qui lancent à la maîtresse : « C'est pas moi ! ». En 2013, il affirme sur la RTS que les enseignants doivent informer l'Etat de la présence d'élèves sans papiers dans les classes. Le lendemain, à la radio, il clame, malgré l'enregistrement du jour précédent, que ses propos ont été déformés. Aimant arborer un look décontracté, il ne se gêne pas pour retourner sa veste. Autre jeu favori ? Taquiner la police. Interrogé par le quotidien 24 heures au sujet de la sécurité, l'un de ses domaines de prédilection, il répond : « La sécurité, c'est simple. Soit elle règne, soit elle ne règne pas. » Pour la profondeur de la réflexion, on repassera. Mais pour l'efficacité électorale, il a tout bon, séduisant avec ces phrases bateau, placées au bon moment, des électeurs avides de se raccrocher à un discours qui les touche. Pourtant, Oskar Freysinger n'est pas le dernier des sots. Licencié en lettres, titulaire d'un diplôme d'enseignement, auteur publié à plusieurs reprises en français et en allemand, il possède une verve que beaucoup lui envient, faisant de lui un débatteur jamais à court d'arguments et assurant le spectacle. Il se dit plutôt angoissé avant de se lancer dans une aventure ; on peine à le croire. En fait, si l'on se fie à ses récriminations récurrentes, personne n'a rien compris. Lui est un doux agneau blanc, qui ne se bat que pour le bien de ses concitoyens et du pays. Les moutons noirs, ce sont les méchants journaleux

Il a un avis sur tout et ne se gêne pas pour le donner à tout va. Cumulant les mandats, le très décontracté Oskar Freysinger surfe sur la vague populiste de l'UDC. Mais quand va-t-il (enfin) boire la tasse ? gauchistes qui lui donnent la parole pour mieux la déformer. Monsieur Jesais-tout affirme être surpris par les « surréactions » suscitées par ses propos émis dans l'espace public : « Je déplore cette surmédiatisation dès que je m'exprime, a-t-il confié l'an passé à une journaliste du Nouvelliste. Cette prise à témoin des médias me dérange. » D'agacement à fascination, il n'y a qu'un pas, que le fondateur de la section valaisanne de l'UDC ne se gêne pas de franchir lorsqu'il s'agit de se mettre en scène. Dans son salon, dans sa cave, dans son jardin, en famille ou à l'harmonica, le lauréat du Prix Rilke de la ville de Sierre s'est déjà dévoilé sur papier glacé et en vidéo sous toutes ses coutures. Sans qu'il y trouve rien, bizarrement, à déplorer. Ah si... Mécontent d'un reportage de Canal +, il a mis en ligne peu après un contre-reportage, réalisé par ses soins, corrigeant les « déficits » du film monté par une journaliste professionnelle. Il a beau prêcher pour la liberté d'expression, il n'en demeure pas moins qu'il incarne parfaitement la maxime « on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même ». —

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EN VOGUE

Orage d'été à Quiberon

Le ciel se couvre de nuages L'ambiance se charge d'électricité Un vent tiède et impérieux fait virevolter Les tissus vaporeux et fins tout comme La chevelure dorée de la sublime Leane. Voilà l'essentiel des tendances estivales. Photos Johann Sauty Stylisme Pascale Hug Leane Arrigo > Agence Elite Model Milano Maquillage Yvann Jaggi Coiffure Loic Hauck Post-production Flavio-Studio Réalisation Siphra Moine-Woerlen

Djellaba, Pucci Bracelets, bague, Hermès Lunettes, Anna-Karin Karlsson Chaussures, Louboutin

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EN VOGUE

Jupe, Chanel Top bikini, Lanvin Bracelets, Chanel Page de droite : Robe, Stella McCartney Bracelet et bague, Hermès Pochette, Chanel Lunettes, Thierry Lasry


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NEWS BEAUTÉ Par Marie-France Rigataux

Le rose vif DANS TOUT SON ÉCLAT Senteurs acidulées, fards double emploi (lèvres et joues), brosse de mascara ludique et parfums à la pulpe de grenade, à la fleur de litchi, gourmande et tentante, ou au gingembre rouge. Comme une invitation à une saison luxuriante et festive.

GUERLAIN Météorites Bubble,

Blush cherry, CHF 39,90 BY TERRY Cellularose, Blush glacé, CHF 55.– CHANEL Inimitable Waterproof, Orange Touch, CHF 41.– ROGER & GALLET Gingembre Rouge, 100 ml, CHF 59.– YVES SAINT LAURENT Baby Doll Kiss & Blush, CHF 54.– NINA RICCI La Tentation de Nina, 50 ml, CHF 77.– PRADA Candy Florale, 50 ml, CHF 99.–

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Une autre façon de voir votre lit

Le lit Belge.be

Combinaison présentée Tête de lit : Belvedere Matelas : Diamond Sommier : Medium Base Tissu : Piquet Tobacco Housse pour box, tissu : Piquet Tobacco Jeux de pieds : Victoria chêne foncé

Genève Rue de la Servette 67 – Tél. 022 734 24 34 – Tram 14, arrêt Poterie www.mdl-literie-geneve.ch


UNE ÎLE, UN COUP DE CŒUR

MOUTONS,

GUINNESS ET PÂTURAGES Par Siphra et Andrea | Photos Siphra M.

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Si vous imaginez l’Irlande telle une contrée de vastes étendues verdoyantes parsemées parci par-là de lacs ténébreux et de taches blanches, appelées couramment moutons, vous n’êtes pas très loin du compte. Ce pays balayé par le vent, battu par les pluies et marqué par une histoire mystérieuse n’est que plaines vertes, péninsules sauvages et sites préhistoriques. Passer

quelques jours en Irlande, c’est inspirer une grande bouffée d’air frais et

ressentir une irrésistible envie de rester là, coupé du monde à pêcher du saumon et à produire sa propre bière.

S

i vous hésitez parce que le gaélique est une langue pas très facile et qu’« il pleut souvent quand même », l’hospitalité de ces gens du Nord, descendants directs des Celtes, va finir par vous convaincre. Pénétrer dans un de ces fameux pubs irlandais, où un feu de cheminée crépite tout au long de l’année, c’est être accueilli avec un jovial «fáilte» et un chaleureux sourire aux lèvres. Une pinte à la main, une soupe fumante de fruits de mer ou une délicieuse côtelette d’agneau dans l’assiette : l’Irlande s’apprécie aussi ainsi. Que vous arriviez à Dublin ou à Galway, le mieux est de louer une voiture et de parcourir le pays en roulant. Vous passerez alors les premiers jours à vous habituer à monter du bon côté et les suivants à angoisser à l’idée d’écraser une brebis égarée. Mais le jeu en vaut la chandelle : des routes sinueuses permettent de parcourir toute la côte ouest et de remonter jusqu’à la Chaussée des Géants (en Irlande du nord), la 8ème merveille du monde, dans le Comté d’Antrim. Arrêt sur deux régions qui valent absolument le détour.

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DESTINATION

Ll'autre A NAMIBIE, Afrique… Reportage Patrick Galan | Photos Namibia Tourism Board

Dans ce no man's land qu'est la Namibie, un territoire grand comme la France, l'Angleterre et le Benelux réunis, pour 2,3 millions d'habitants seulement, tout est si exceptionnel que Dieu, dit-on, l'a créé un jour de colère… Et c'est là qu'il est encore possible de découvrir le vrai spectacle de la nature.

C

oincés entre l'Angola et l'Afrique du Sud, bordés à l'est par le Botswana et le désert du Kalahari, les plus beaux paysages du continent africain sont namibiens et impressionnants de diversité: montagnes couvertes d'une végétation clairsemée, plaines pierreuses se fondant dans l'infini minéral, dunes de sable couleur abricot ou réserves animalières paradisiaques. Tout procure immédiatement au voyageur un indescriptible sentiment de liberté. Et pourtant, au milieu du désert, on se surprend parfois à parler à voix basse pour ne pas perturber l'équilibre divin de cette époustouflante beauté. Ce véritable éden pour animaux sauvages et oiseaux multicolores (70% des oiseaux recensés sur terre se trouvent en Namibie) est

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aussi une arche de Noé humaine qui abrite des ethnies très diverses, comme les Himbas, les Hereros, les Kavangos, ou les Bushmen (ou Bochimans) dont on se rappelle l'irrésistible clic-langage dans le film Les dieux sont tombés sur la tête. Les individualistes désireux de vivre une expérience originale de « grande aventure » ne peuvent qu'être subjugués par une destination aussi magnifique, à peine découverte par le tourisme.

AU ROYAUME DE LA «WELWITSCHIA» Il faut aborder la Namibie par ce qu'elle a de meilleur : le désert du Namib (« Pays où il n'y a rien » ou « Terre de personne » en langue nama). Toute la splendeur du pays est en effet concentrée dans


Femme Himba

Welwitschia mirabilis, une curiosité botanique rescapée de la préhistoire dont certains spécimens, datés au carbone 14, ont avoué plus de 1'500 ans d'âge !

le Namib-Naukluft Park. Sur un territoire de plus de 50'000 km2, le Namib forme l'un des plus anciens et plus arides déserts du monde. Il résulte d'un courant froid, le Benguela, qui se dirige de l'Antarctique vers le nord et retient l'air humide en le condensant. La partie ouest du Namib n'est qu'une mer de dunes parsemée de pans, où oryx, springboks et autruches viennent se désaltérer après les rares pluies qui reverdissent le désert. Ces ondées salvatrices ont également permis la survie de la célèbre Welwitschia mirabilis, une curiosité botanique rescapée de la préhistoire dont certains spécimens, datés au carbone 14, ont avoué plus de 1'500 ans d'âge ! Ses feuilles tordues, qui peuvent atteindre plusieurs mètres, sont mollement affaissées sur le sol dans un enchevêtrement végétal unique. Dans le désert du Namib, lorsque le soleil se lève au-dessus des dunes de sable de Sossusvlei, hautes de plus de 300 mètres, le spectacle est phénoménal et chaque photographe amateur devient professionnel. La palette des couleurs est prestigieuse : toutes les teintes du rose au violet, tous les ocres, tous les mauves sont un ravissement de chaque seconde. La lumière joue sur les arêtes et le soleil, tel un magicien, transfigure les nuances. La nuit, il suffit de tendre la main pour caresser la Croix du Sud ! Dans cet univers implacable, la moindre touffe d'herbe fait figure d'oasis où plus de 200 variétés de scarabées, de scorpions, d'araignées et de serpents rivalisent d'ingéniosité pour s'adapter à l'environnement. Car, au contraire du Sahara, le Namib est un désert vivant dont la chance est la proximité de l'océan et de ses brumes matinales. Certains insectes, appelés « buveurs de nuages », creusent des rigoles dans le sable afin que le brouillard, source de vie, s'y condense. Ainsi, toutes les espèces survivent en « économie de pénurie ». On savait que le désert était complexe mais, même lorsqu'on l'a exploré en tous sens, celui du Namib garde ses secrets enfouis bien au chaud dans son sable.

Namib-Naukluft Park, arbre mort d'un ancien lac sec

Si vous louez une voiture, rappelez-vous que le code de la route local doit être scrupuleusement respecté, que la conduite se fait à gauche, que le hors-piste est interdit et que la grandeur du pays ne doit pas être sous-estimée (prévoir boissons, provisions, et puces numériques en quantité suffisante). Les temps d'étape peuvent

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DESTINATION

Dunes de sable de Sossusvlei

[ Dans cet univers implacable, la moindre touffe d'herbe fait figure d'oasis où plus de 200 variétés de scarabées, de scorpions, d'araignées et de serpents rivalisent d'ingéniosité pour s'adapter à l'environnement. ] varier considérablement en fonction de l'état des pistes et selon les impondérables (fréquents en Afrique). Si les loueurs proposent habituellement des véhicules récents, ceux-ci sont quotidiennement soumis à rude épreuve en raison de l'état des routes. Mieux vaut donc savoir changer une roue !

ÉVASION EN BAVIÈRE ATLANTIQUE ! Une station balnéaire fleurie, de charmantes maisons colorées à colombages, des inscriptions allemandes en caractères gothiques, une excellente bière omniprésente… et pourtant, vous n’êtes pas sur une plage de la Baltique ! En fait, vous êtes en Afrique, et plus précisément en Namibie. Dans la petite bourgade kitsch de Swakopmund, coincée entre l’Atlantique et le désert du Namib, les noms germaniques de Bismarckstrasse, Deutsches Haus, Altes Amtsgericht, Die Kaserne ou Otavi Bahnhof font partie du quotidien et n’étonnent plus que les touristes. Car si la Namibie est une merveilleuse mosaïque de paysages idylliques, elle est aussi un formidable melting-pot de races qui fut, pendant trente et un ans (1884-1915), une colonie allemande. Ici, l’Empire germanique rêvait d’étendre son hégémonie sur l’Afrique lorsque la Première Guerre mondiale brisa ses espérances. Mais l’Allemagne n’a pas quitté la Namibie pour autant : aujourd’hui, ses concitoyens représentent près de 20% de la population namibienne, ils possèdent leurs clubs et leurs journaux, et la rue principale de la capitale Windhoek (prononcez Venntouk) s’est longtemps appelée Kaiserstrasse avant d’être rebaptisée avenue de l’Indépendance. L’Oktoberfest et les carnavals sont toujours célébrés et l’on parle l’allemand de

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Moon Landscape


Le chant des dunes

Désert du Namib

Chutes d'eau de Ruacana, au nord du pays

Personne ne peut encore expliquer pourquoi les dunes émettent un son de tambour ou de corne de brume lors des régulières avalanches de grains de sable sous l'effet du vent. Nous devons donc nous satisfaire de l'explication de Marco Polo, qui attribuait ces bruits aux esprits du désert.

Bâtiment Hohenzollern, Swakopmund

Lüderitz à Swakopmund. Même les traditions ont été préservées et beaucoup de femmes de la tribu Herero ont adopté ces robes aux couleurs vives rehaussées d’un corsage noir orné de motifs dorés qui étaient à la mode à Berlin à la fin du siècle dernier. Sidérante vision sous le ciel de l’hémisphère austral !

DES PELOUSES AU CORDEAU Côté architecture, Swakopmund la bavaroise est une cité luthérienne totalement imprégnée par une culture coloniale désuète. Entre l’impétuosité de l’océan et la fournaise du plus vieux désert

© PG

© PG

du monde, le Namib Naukluft, d’élégantes constructions roses et jaunes, style Art nouveau 1900, trônent parmi les parcs fleuris, les arbres tropicaux, les jardins luxuriants et les pelouses taillées au ciseau à ongles. L’ancienne gare est devenue un luxueux quatreétoiles-casino et de belles boutiques bordent les rues non goudronnées du centre-ville, côtoyant les galeries prestigieuses de la petite zone piétonne. A Swakopmund, pas de marché coloré et d’animation à l’africaine, pas de vieilles guimbardes pétaradantes : seulement d’onéreux 4x4 japonais et de rutilantes berlines allemandes, incongrues dans cette oasis perdue au milieu des sables.

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Trajectoire N°107, Légendes du sport  

Des rencontres, des opinions, de l'élégance TRAJECTOIRE est devenu, ces dernières années, le magazine ayant le plus d’abonnés payants en Sui...

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