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Numéro 9 Eté 2009

Le Retour de la Grasilho ISSN 1958-7813 Numero 9 Eté 2009

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Tradicioun Association loi 1901 http://www.tradicioun.org/ Maison des associations 13430 Eyguières Directeur de la Publication Magali Blanc

Sommaire

Rédacteur en Chef Eric Blanc Coordinatrice Patricia Escallier Rédacteurs Eric Blanc Magali Blanc Gabriel Clavel Pierre Faget Bernadette Faget Rémi Venture Crédits photos Eric Blanc Gabriel Clavel Bernadette Faget

Beaucaire Acampado de la Nacioun Gardiano Fête de Saint Joseph à Barbentane Saint-Marc à Eyguières 15-03-2009

Beaucaire Hommage au Pape Paul Laurent Le Retour de la Grasiho Deux artistes méridionaux Ferdinand et Henri PERTUS 19-04-2009

Arles

Conception graphique Eric Blanc Fête des Gardians Dicho pèr la festo di gardian 2009 Le Mât de Mai Mathilde 26e Maio

01-05-2009

Mollégès Le vingtième anniversaire du Monument du Cheval Julie Couillaud, 5e demoiselle des Moulins Trésors d’armoires

Tradicioun

Revue Trimestrielle Numéro 9 Eté 2009 ISSN 1958-7813 Prix de Vente 5€ Dépôt légal: A parution

08-05-2009

Maillane Mr et Mme Mistral reçoivent Congrès national du Félibrige Détour par Les Glauges Journée Provençale au Palais Longchamp 17-05-2009

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Tradicioun la Revue


Editorial

Silence... On tourne. ACTION...

Il manquait quelque chose, un je ne sais quoi qui laissait comme un goût d’inachevé. Le galop d’un cheval mérite plus qu’une photo, un discours en provençal plus qu’une page de texte. Nous y voilà. la Tradition est orale, et le geste en mouvement. Pour cela, la planète Tradicioun s’enrichit d’un nouveau média. Après le Site internet http://www.tradicioun.org et cette revue trimestrielle, nous sommes heureux de vous présenter le deambulum: http://webtv.tradicioun.org. Ce site a pour vocation de recevoir copie des video que nous tournons au gré de nos déplacements. Vous pourrez y voir courir la Carreto Ramado à Maiano, écouter le discours du Capoulié du Félibrige lors de la Santo Estello ou revivre la cocarde d’Argent 2009, presque en intégralité. En espérant que ce nouveau mode de communication vous plaira. En espérant surtout que nous pourrons maintenir l’ensemble de ces outils, cette revue a déjà commencé à pâtir du temps nécessaire au montage des sujets video.

C’était impossible nous disait-on, mais nous ne le savions pas. Alors nous l’avons fait... Jetez donc un oeil: http://webtv.tradicioun.org

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Beaucaire

acampado de la Nacioun Gardiano

Ce Dimanche 15 mars Beaucaire recevait l'acampado de la Nacioun Gardiano dans la grande salle du Casino Municipal, un écrin de choix pour cette dame centenaire, car l'association fête cette année son centenaire, puisque si le Coumitat Vierginen a été créé en 1904, c'est en 1909 que le Marquis de Baroncelli a fondé ce que nous connaissons aujourd'hui comme La Nacioun Gardiano. Cent ans et toujours le même engagement.

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Signe fort cette année, Caroline Serre est venue accompagnée de ses six demoiselles d'honneur. La 20e Reine du Pays d'Arles a pris place à droite du Capitaine, face à un premier Rang composé, outre de ses demoiselles d'honneur, des anciennes Reines d’Arles : Nathalie Chay, Florence Disset et Sabine Mistral accompagnées entre autres de Marjorie Isouard et Ludivine Clavel, toutes membres éminentes de la Nacioun Gardiano. Les actions 2008 ont été nombreuses. Bilans moral et financier sont irréprochables. Le point fort de l’année écoulée aura été le déplacement à Lourdes que la Nacioun Gardiano voulait imposant et qui l'a été. Les finances sont saines, et ont même permis en 2008 un bénéfice qui devient de plus en plus nécessaire au regard de l'ancienneté du camion de l'association. Une nouveauté cette année, le drapeau change, grâce à une artiste de Rognonas. L'ancien étendard a gagné sa retraite, le nouveau conserve toutes les caractéristiques de son prédécesseur tout en retrouvant des couleurs et une tenue que l'ancien n'avait plus. De son coté; l'association s'agrandit en enregistrant cette année une quarantaine de nouvelles adhésions, portant le nombre de ses membres à 470, preuve s'il en fallait de l'engouement que suscite la tradition aujourd'hui. Pour autant, la Nacioun Gardiano rappelle qu'elle est une association ouverte, pas un club fermé ou sectaire. Elle accueille, sous réserve d’être parrainé par 2 membres de la Nacioun Gardiano, toutes celles et tous ceux qui souhaitent contribuer à l'oeuvre du Marquis. Un bon exemple en est la rédaction de la charte sur la tenue vestimentaire des cavaliers, créée par l'association en étroite avec la Confrérie des Gardians, les Gardians Professionnels et non salariés (AGNS), les diverses associations de manadiers dont ceux d’abrivado. Que celle-ci s’impose et soit respectée est l’affaire de tous et la pression doit être mise, jusqu’aux organisateurs, afin de ne plus assister à des spectacles affligeants ou d’entendre siffler un gardian mal fagoté lors d’une remise de prix. "Nous sommes une vitrine.", il faut réaliser cet état de fait et montrer l'exemple, souligne le secrétaire. Toujours dans ce chapitre de vitrine, la bombe est un autre problème épineux pour la Nacioun Gardiano. Un projet de loi vise en effet à obliger le port de la Bombe dans l'équitation de loisirs. La Nacioun Gardiano réagira sous peu à cette épineuse question, en étroite liaison avec les associations ci-dessus Autre point discuté, l’implication de la jeune génération. Malgré diverses invitations, il apparaît difficile d'attirer les jeunes à la Nacioun Gardiano. Dans ce but, un adhérent a suggéré l'organisation d'une compétition autour des jeux de Gardians, avec remise d'un prix afin de séduire les jeunes. Face à cette idée, le Capitaine souligne que cette expérience d'une journée dédiée aux jeunes, avec compétition, a déjà été tentée mais cet aspect dénaturait l’esprit de la journée Rouquairol, les lauréats venant simplement « ra-

fler » un prix sans participer à la journée qui s’est transformée en simple manifestation plus conviviale. Elle aura lieu cette année à la Manade Lescot. Dans le cadre de son centenaire, la Nacioun Gardiano convie les jeunes cavaliers, mais aussi les plus âgés, pour la Festo Vierginenco. La fête se déroulera sur deux jours au lieu d’un, avec une grande journée au Mas de l'Amarée le Samedi. En outre, afin de permettre aux jeunes cavaliers de participer aux événements de la journée, l'association a prévu de loger tous ceux qui voudront s’inscrire et participer à cette grande Fête, chère à Mistral. Le message est « Venez, la Nacioun s'occupe de tout ». Le seul but recherché est de permettre de garder sur place le maximum possible de personnes : samedi, en journée ferrade, le soir fête au village et le lendemain intronisation des chatouno. Pour finir, le Capitaine enjoint les cavaliers à participer aux sorties. Il a personnellement consacré 170 jours en 2008 à la Nacioun, et a l'impression de voir toujours le même noyau participer aux manifestations. L’acampado avait débuté par la projection d’un hommage vidéo rendu à Jean Luc Malacarne, document aimablement fourni par le Parc de Camargue, elle s’est terminée par un film sur le Marquis, tourné par Christophe Teissier et François DE LUCA, qui ont été ovationnés par toute l'assemblée, émue par la qualité et la beauté du film présenté ". 25 Mars: Le 95e Anniversaire de la Mort de Frédéric Mistral à Maillane 4 Avril: Journée André Rouquairol chez Frédéric Lescot 17 au 19 Avril: Journées de la Bouvine à Aigues Vives 25 Avril: Journée d'Arbaud à Meyrargues 26 Avril : Fête de la Souche à Générac 1e Mai: Fête de la Saint Georges en Arles 21 Mai: Les Amis de Font Ségugne à Chateauneuf de Gadagne 24-25 Mai : Pèlerinage aux Saintes Maries de la Mer 26 Mai: Journée Hommage au Marquis aux Saintes Marie de la Mer 31 Mai: Sainte Estelle à Salon de Provence 28 Juin : Fête de la Tarasque à Tarascon 3 Juillet : Pegoulado en Arles 5 Juillet : Fête du Costume en Arles 18 Juillet Messe d'ouverture de la fête de Vendargues 25-26 Juillet: Festo Vierginenco aux Saintes Maries de la Mer 22 Août: 40e Anniversaire de Port Camargue 23 Août: Fête de Saint Genies des Mourgues 17 et Dimanche 18 Octobre Pèlerinage aux Saintes Maries de la Mer 24 Octobre : Rassemblement pour la Langue d'Oc à Carcassonne 12-20 Décembre: 20e Salon des Santonniers à Vendargues Numero 9 Eté 2009

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Barbentane

Fête de Saint Joseph à Barbentane

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Il y a une douzaine d’années les Barbentanais ont remis à l’honneur une fête qui se faisait après guerre. Barbentane est séparée en deux quartiers. Le premier est perché sur la colline au pied du château, et le second, Le quartier Saint Joseph en contrebas. C’est ce quartier qui fête son Saint à l’occasion du printemps. La Fête du Saint Patron est celle des Anes, avec une carreto ramado attelée à une flèche de baudets, et un cortège emmené par l’Harmonie Rognonaise et la masseto. La fête en est à sa treizième édition et se développe chaque année un peu plus, s’étoffant même cette année d’un marché à l’artisanat. Cette année, le défilé a changé son parcours, privilégiant un parcours plus restreint, plus local dans le quartier et a permis aux badauds de regarder le passo-carriero renouveler ses passages. Des costumes d’hier simples comme l’étaient ceux qui menaient ces ânes, les traditionnels fouetteurs qui accompagnent toute charrette... Un défilé fort sympathique qui ne faisait qu’ouvrir une fête se poursuivant ensuite par un déjeuner et l’élection du Maire de Saint Joseph. Cette année, le Maire élu par le comité s’appelle Jean-Pierre Giacone, et sera assisté de deux adjoints Roger Burgos et Guy Gamonet. Longo maì...

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Eyguières

Saint-Marc à Eyguières

Saint-Marc est fêté un peu partout en Provence. A Eyguières, son oratoire a été érigé par les Viticulteurs, au bout du domaine des Glauges.

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Eyguières fête ce saint chaque année, le dernier samedi du mois d’Avril. Une longue procession est organisée au départ des arènes Chabaud par le chemin de Saint-Pierre de Vence jusqu’à la petite chapelle au fond du mas des Poracchia. La chapelle consacrée accueillerait bien une cinquantaine de personnes. Pour la plus grande joie des officiants, cette chapelle serait bien trop petite cette année. Heureusement, la messe est dite dans la cour de la ferme, qui à son tour se révèle presque insuffisamment grande. Il y a deux ans de cela, des chaises restaient vides. Cette année, il en manque quelques rangées. A dix heures la procession partie des arènes a amené un flot de pèlerins en calèches, à cheval ou à pied. Tradicioun a ainsi fait sa première sortie "officielle", avec l’aide des attelages en pays d’Arles. Un premier regroupement de ses membres en costume, premières sorties des étudiantes de l’atelier et de leurs dernières réalisations a étoffé la procession vers le mas au rythme des charrettes et au son des sabots des chevaux des cavaliers.

trilles d’une hirondelle, le hennisse- ont séduit. ment d’un Camargue ou encore les cris d’un paon dans la grange. Etrange Les membres de tradicioun ne sont pas rentrés directement, s’arrêtant atmosphère de paix et de sérénité. dans une prairie pour pique-niquer. L’apéritif consommé, la journée se Un risque avec la météo de ce prinL’office, dit en lengo nostro par le poursuit au moulin de l’Alcazar avec temps, mais il était écrit que tout sepère Planeau assisté du père Nowak le menu des félibres 140 ans aupara- rait parfait cette année. n’a guère été perturbé que par les vant. L’omelette de Luzerne et le cabri

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Beaucaire

Hommage au PAPE Cette année entre toutes est particulière. Particulière parce que le Pape est mort il y a 20 ans de cela. Malgré ces deux décennies, il y a foule ce matin dans le cimetière pour rendre hommage à Paul Laurent. Henri Laurent, son fils avant d’être le manadier respecté de tous, s’en est ému sur sa tombe. La voix d’Henri se brise. Un fils garde toujours vis à vis de son père cette réserve, cette émotion qui ne transparaît guère que lorsqu’il l’évoque à voix haute. Paul Laurent était le Pape de la Bouvine, il l’a poussée à des niveaux jamais atteints avec ses cocardiers parmi lesquels les noms de Vovo, Loustic ou Goya claquent comme autant d’étendards. Son fils a connu le meilleur, mais aussi le pire, subissant de plein fouet la rigueur d’une réglementation qui l’a obligé à faire abattre sa manade. Cette année est particulière. Voilà maintenant quatre ans qu’une partie de la Camargue retient son souffle. Quatre ans que les admirateurs de la

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Grasilho se demandent si les paillettes de Lion permettront la renaissance du Mas des Marquises. Aujourd’hui la réponse viendra dans les arènes. Le premier des tau nés des inséminations artificielles sort en pointe. Le « 602 » sort dans la course de l’après midi. Un pincement de coeur pour ce manadier qui espère beaucoup de cette jeune génération tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit là d’un « tau presque neuf » capable du meilleur comme du pire. Mais aujourd’hui ce serait bien... Aujourd’hui est un bon jour. L’émotion passée, la troupe se disperse pour se retrouver au Mas d’Assac pour un déjeuner. Mr le Maire Jacques Bourbousson y remet la médaille de la Ville à Manuel Gonzalves qui a fait le déplacement depuis le Portugal. Aujourd’hui directeur de chaîne de télévision, il est aussi et surtout l’homme qui a fait entrer en France les Forcados, après une rencontre avec Paul Laurent qui a scellé leur amitié. Un autre moment d’émotion... «


L’homme est riche de ses amis » appuie Mr Gonzalves, « alors je suis riche ». Le dernier moment fort de cette matinée sera la lecture d’un poème dédié au Pape que ni l’auteur, ni le fils ne pourront pourtant lire. Le jeune Jérôme Contestin, cinéaste bien connu des afeciouna fréquentant le Festival du Film taurin et Camarguais de Saint-Genies de Malgoires, a écrit quelques vers bien tournés sur la Grasilho. Le manadier marque un silence.... Le poème a touché juste. Aujourd’hui est un bon jour. Aujourd’hui la Grasilho renaît. L’abrivado est menée par Patrick en pointe. Elle part sagement, calmement du mas d’Assac pour arriver aux arènes. Toute en finesse, en hommage elle aussi... Il y a vingt ans de cela, une abrivado partait du Mas d’Assac pour d’autres circonstances. Après l’hommage au Pape, il en est donné un aux raseteurs, victimes de cette passion par le dépôt d’une gerbe sur le mémorial devant les arènes Paul Laurent. En attendant la course... La Course est prévue à 16H00, en espérant que le temps soit clément. Les nuages tournent autour de Beaucaire, et pour l’heure ne s’en approchent pas. A 16H00, les nuages continuent de s’amonceler, mais la première partie de course se passe. Vite expédiés, les deux premiers taureaux se révèlent trop tendre pour des tenues blanches en pleine forme. Benjamin Villard s’illustre sur Petit Lou de la Manade Chaballier. Son travail est d’une efficacité redoutable. Il démarmaille la première ficelle que Four enlève, et démarmaille la seconde qu’il réussit ensuite à enlever totalement avant la 11ème minute de course. Malgré ses cornes développées, Corail manque de méchanceté aujourd’hui. Il n’anticipe pas, et offre sa cocarde à la première série de rasets. En moins d’une minute 30 il perd ses glands, et ne tient ses ficelles que 5 petites minutes supplémentaires. Levènti de Plo est le premier à offrir une résistance aux blancs qui semblent au dessus du lot de taureaux. Lui aussi perd ses glands dans la seconde minu-

te, mais se révèle aux ficelles. Il semble avoir été cueilli à froid. Au fur et à mesure que les minutes passent, il est de plus en plus difficile à approcher. Ses anticipations sont remarquables, et il vient plus volontiers sur les gauchers que ne le faisait Petit Lou. Il finit fort sur Villard ou Martinez ce qui lui vaut le disque, tout comme une série qu’il encaisse sans broncher avant de changer de terrain dédaigneusement. Four lui enlève sa deuxième ficelle en bloquant le chrono à 12’30. Mais le Biòu rentre en musique. Le ciel est de plus en plus menaçant... Et il reste 4 biòu et un tau. Décision est prise d’écourter l’entracte devant ce ciel qui s’assombrit. Yvan du Pantaì sort... Et c’est une autre dimension qui entre en piste. Ses anticipations, puis ses accélérations sont deux armes dont il sait jouer et que les raseteurs n’arrivent pas à lire. Beaucoup passent, peu mettent la main, obligés de changer leur option, leur trajectoire. Yvan fait avorter la majorité des départs, surprenant par sa vision des intentions des hommes en piste. Il garde ses glands plus longtemps que Corail n’a gardé l’ensemble de ses attributs. Il entend Carmen pour une action sur Auzolle, il fait réagir la foule dans un duo avec Martinez qui finit fort, ou sur un raset osé de Martin-Cocher que celui ci doit abandonner en catastrophe. Yvan rentre finalement sa première ficelle primée 600 euros en musique. Verdau d’Allard sort deux fois. A la première sortie, Mascarin lui prend

la cocarde et les deux glands, lorsque la course est interrompue par un orage. L’orage ne dure pas, et les tenues blanches, après avoir vérifié les margelles et barrières, décident que la course peut continuer. Verdau revient avec de meilleures dispositions, plus de pêche. Les hommes en face semblent, eux, plus empruntés, soucieux des nouvelles caractéristiques de la piste. Changeant l’équilibre hommeanimal, la course est plus compliquée pour les raseteurs, et Verdau rentre ses ficelles. Verdau sera sorti dernier. Le temps d’écrire le nom du suivant, une grosse goutte noie la feuille sur laquelle j’écris, et ses soeurs inondent les arènes. Le phénomène est aussi court qu’intense, et malgré toute la bonne volonté des acteurs, met un terme à la journée. Cela aurait pu être un bon jour. Il s’en est fallu de peu, mais que faire contre la pluie... La grasilho doit attendre une semaine de plus pour son grand retour. Si le symbole du retour de la manade pour cette journée hommage ne peut se faire, un autre symbole de la sortie de 8 tau la remplacera la semaine prochaine dans les arènes d’Aigues-Vives. La Camargue reprend son apnée pour une petite semaine encore. Osco les Marquises ! Numero 9 Eté 2009

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Aigues Vives

Le Retour de la Grasiho

Le plein dans les arènes d’Aigues-Vives pour cette course de ligue. L’image est forte, mais il faut reconnaître que ce jour est particulier, attendu depuis 4 ans par le manadier, et par les supporters de la "marque". Ce samedi dans ce plan difficile d’Aigues Vives, 8 jeunes stagiaires ont la lourde tâche de présenter au public le sang nouveau des Laurent. Les discussions de droite et de gauche ne laissent planer aucun doute. ILS sont de retour. Il ne peut en être autrement. Aujourd’hui les afeciouna ne sont pas venus juger ceux que le manadier appelle "des bébés", ils sont venus renouer avec un passé doré. Ils sont venus se faire plaisir. Il reste çà et là une touche d’inquiétude... C’est la première fois que la génétique et la biologie sont appelés au secours de la race du Marquis. Cela va t’il fonctionner ?

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Les Laurent sont à part. Reconnaissables dans leur maille, leur prestance, leur méchanceté, leurs attitudes. Et tout cela a disparu il y a 4 ans de cela dans des abattoirs. C’était un crève coeur... Le 6 Novembre 2004, par une après midi d’Automne froide et venteuse, avait lieu dans le plan de Vallabrègues une course de taureaux jeunes qui montraient toutes les qualités qu’on pouvait attendre d’eux. Des taureaux teigneux semblant vouloir monter dans les tribunes pour en découdre avec les spectateurs, des bêtes splendides... Le temps s’est arrêté. Après cette course de Ligue hier, il est évident que la machine n’était qu’en pause. Les taureaux d’hier auraient pu et en fait SONT les frères cadets de ceux qui couraient ce jour là... Le Sang est le même, et la méchanceté est un caractère hérité plus qu’acquis. Les taureaux de samedi ne sont que des bébés, de forts jolis bébés, mais ils ont montré toute l’étendue d’un potentiel qui remplira les gradins partout. La Grasilho est de retour, ses afeciouna aussi. Juger ces bébés serait malvenu. Ils doivent apprendre la course. Et il y aura probablement autant d’avis qu’il n’y avait de personnes présentes. Le regard n’a rien d’objectif, ces taureaux portent tellement d’espoir qu’on ne peut s’empêcher de chercher à les rapprocher du comportement de tel ou tel grand cocardier. Qu’ai je vu ? A la première trompette, le manadier est tendu... C’est le premier. Le 603 est vaillant, lourd, montre de belles choses. Une force tranquille... Il revient même en piste seul en sautant la barricade... C’est ainsi qu’il finit, poursuivant un spectateur. Le 613 commence par une déclamation. Il est énervé et le crie haut et fort. Il est méchant, cherche, chasse. Il entend le disque pour ses sauts après les blancs à 4 reprises, et rentre tous ses attributs. Le 608 est plus fin que ses congénères, il est plus vif, coureur. Il est rapi-

de et finit fort. Court physiquement, il s’épuise dans ces 10 minutes, finissant le mourre ouvert.

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Chacun entre, différent et tellement semblable du précédent. Le 620 brame autant que le 613. Animé de cette même méchanceté, il semble vouloir aller chercher les gens dans les gradins et semble sauter sur les rasets. Le 604 lui commence fort. Charles Chanat venu remplacer Lebrun, sorti sur claquage, se lance de loin pour placer tranquillement le taureau. Celui-ci lance une fusée et le punaise contre le mur sous la présidence. Charles sort, blessé à la cheville. Le 617 se montre plus cocardier, attendant, se gardant, laissant passer... Il faut monter à sa tête, faire le pas... Et le 615 termine avec des Carmen sur une série, sur des actions aux planches. Les manadiers sont détendus maintenant. Ces taureaux absolument neufs ont rempli leur mission.

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Que dire... La Grasilho est de retour. Le manadier a beau expliquer que "Ce ne sont que des bébés" Ce sont des bébés Laurent, des vrais. Osco.

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Marguerittes

Deux artistes méridionaux Ferdinand et Henri PERTUS Pierre et Bernadette Faget Ferdinand PERTUS (1883-1948) et son fils Henri PERTUS (1908-1988) sont des peintres languedociens attachés à la culture, à la langue et aux traditions qui unissent les deux rives du Rhône. Tous les deux ont fréquenté les félibres et les poètes provençaux. Alors que le père qui était notaire a connu Frédéric Mistral, le fils qui a vécu de son art à Toulon a gravé un portrait du poète de Maillane et illustré ses ouvrages, Mireille et Calendau. Témoins d’époques différentes, le style des deux hommes divergeait. Les sujets peints par le père étaient travaillés dans le moindre détail, tandis que le fils les réduisait à un minimum de traits particulièrement expressifs. Ils étaient tous les deux des artistes réputés et ont ensemble exposé leurs œuvres lors de l’exposition du Centenaire de Mistral à Nîmes en 1930.

Ferdinand PERTUS C’est un homme du Midi puisqu’il est né le 3 novembre 1883, à Capestang dans l’Hérault, le pays de sa mère, Berthe Massot. Son père qui s’appelle également Ferdinand est né à Tarascon ; celui-ci a fait toute sa carrière dans la banque Arnaud-Gaidan et a travaillé à Béziers, Nîmes et Avignon. Ferdinand Pertus a vécu à Nîmes, 20 rue SaintMathieu à partir de 1890, puis dans la cité des papes, rue Pétramale de 1900 à 1907. A dix-huit ans, il est entré à l’école des Beaux-Arts d’Avignon que dirigeait le peintre Pierre Grivolas, un ami de Mistral et des premiers félibres et en 1907, il a épousé Hélène Fulconis, la fille d’un sculpteur Victor Fulconis (1851-1913) qui était son professeur à l’école 14

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des Beaux-Arts d’Avignon ; c’est la petite-fille du sculpteur, Guillaume Fulconis (1818-1873) qui avait ciselé la fameuse “ coupo santo ” offerte à F. Mistral en 1867. Bien qu’attiré par les arts, il décide pour satisfaire son père, de devenir notaire : il est clerc à Avignon en 1906, puis chez Maître Martin à Nîmes, en 1907. Il avait le choix entre deux études, l’une à Beaucaire, l’autre à Marguerittes, près de Nimes ; il a choisi celle de la plus petite des communes parce qu’elle était moins importante et qu’il espérait avoir d’avantage de temps pour ses loisirs. Ferdinand Pertus s’est installé à Marguerittes, dans la maison de l’ancien notaire qu’il a remplacé en décembre 1910. Il a exercé sa charge chez lui, dans son bureau, au rez-de-chaussée de sa maison. Il se lie avec le juge de paix de Marguerittes, le félibre Joseph Bourrilly1 [1]. Il reçoit chez lui, des artistes, des félibres, des poètes provençaux, tels que Charloun Rieu, Baptisto Bonnet, Jeanne de Flandresy, Antoine Chamroux, le musicien Mager, mais aussi son ami le député socialiste Hubert Rouger, maire de Nîmes de 1925 à 1940. Il est également très lié avec le peintre nîmois installé à Graveson, Auguste Chabaud (1882-1955) qu’il a connu à l’école des Beaux-Arts d’Avignon et que son fils Henri admirait par-dessus tout. En 1926, il achète un bâtiment voisin de sa maison, l’ancienne remise d’un charron, dans laquelle il se réserve une grande salle qui lui sert d’atelier de peinture et communique directement avec son bureau. Le reste du bâtiment devient un garage. La peinture est sa passion. Il reçoit parfois ses clients, la palette à la main. Il peint des paysages à l’huile, fait des

portraits. Peu à peu, il abandonne les grands formats et choisit les enluminures et la gouache. En 1918, il crée l’Effort, revue littéraire et artistique, édité à Nîmes et dirigé par Jean Camp ; il en devient l’illustrateur. Il fait des enluminures pour les poèmes de Jean Camp et Henri Bellue (Dr Henri Colomb). Ferdinand Pertus fait quelques expositions à Nîmes, expose à Paris au Salon des Artistes Français en 1923, anime de 1928 à 1939 les salons des Amis des Arts à Nîmes, dont il est le secrétaire général. En juillet 1930, avec Georges Martin (1905-1981), Majoral du félibrige, il organise le salon du Centenaire de Mistral qui présente dans la galerie Jules-Salles, des peintures, gravures, sculptures, manuscrits et livres rares [2]. Il reçoit la Légion d’honneur le 20 octobre 1937 et l’Académie de Nîmes qui lui décerne le prix Jules Salles le 17 décembre 1940, lui ouvre ses portes le 13 décembre 1947. A l’occasion des Fêtes du Rhône, il organise en juillet 1947, le salon des Rhodaniens. Entre 1930 et 1935, il réalise à la demande d’Hubert Rouger, vingt-deux tableaux sur l’histoire de Nîmes qui ont longtemps décoré la salle des mariages de l’hôtel de ville. Il illustre le livre de François Mauriac, la Vie de Jésus, qui ne peut paraître en 1941 à cause de la guerre, mais en 1948 [3]. Il réalise également deux illustrations représentant des scènes d’histoire locale, pour le livre de Chauvet, Itinéraire au pays d’Oc, en 1946 [4]. Il décore les canons de l’église de Marguerittes, exposés solennellement lors de la déclaration de guerre, en 1939, sur l’autel où ils sont restés jusqu’au concile de Vatican II. Ce Monsieur bienveillant, plein de malice et de joie de vivre donne le soir, aux enfants de l’école, des leçons de dessin et les émerveille avec un spectacle de théâtre d’ombres représentant la Nativité. A la fin de la guerre, il confie son étude à son fils Marc qui devient notaire de Marguerittes de 1944 à 1952. En 1943, il s’est retiré dans une grande maison achetée en avril 1935, à Saint-Martin-de-Castillon, un village du Lubéron, près d’Apt, qu’il a fréquenté à partir de 1916. Il a une santé précaire qui lui a valu de n’être mobilisé qu’en 1916 dans le service auxiliaire ; et encore en 1917 a-t-il passé plus d’une année en traitement à l’hôpital militaire de Marseille. Depuis l’âge de sept ans il souffre de rhumatismes articulaires. Sa maladie l’amène à voyager en Oranie où il découvre la lumière intense de l’Algérie en 1909, à Lourdes en août 1921, à Vichy ; chaque fois, les paysages qu’il découvre lui inspirent des peintures. A l’automne 1947, il est terrassé par une violente crise cardiaque ; sa maladie l’empêche d’être reçu solennellement à l’Académie de Nîmes qui l’a élu le 13 décembre 1947. Un an plus tard, il meurt, dans sa soixante-cinquième année, le 18 novembre 1948, à 13 heures, muni des Sacrements de l’Eglise. Ses obsèques sont célébrées le samedi 20, à 10 h 30 à Marguerittes, puis à 11 h 30 au cimetière Saint-Baudile, à Nîmes où il repose parmi les siens. A cette occasion le président Gouron retrace l’image qu’il laisse à tous : “ Notre confrère portait dans ses clairs yeux bleus toute la joie que la réussite dans la pratique d’un art confère à celui qui est marqué par le don. Joyeux, bon, tolérant, il était un vrai citoyen de notre pays, chaleureux ; son chantre en couleurs… ”. Numero 9 Eté 2009

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Henri PERTUS Né à Nîmes le 28 juillet 1908, Henri Pertus [5] a passé la plus grande partie de sa jeunesse à Marguerittes où il est venu avec ses parents à l’âge de deux ans, en 1910. Dans ce village, où son père, Ferdinand Pertus, a exercé la charge de notaire de 1910 à 1943, il s’est imprégné de lumière et de couleurs. Auprès de cet homme qui avait la passion de la peinture et l’amour de la Provence, il a trouvé sa vocation et un appui. A seize ans Henri Pertus a participé à des expositions et vendu ses premiers tableaux. Après avoir passé un baccalauréat littéraire au lycée de Nîmes puis fréquenté l’école des Beaux-Arts de sa ville natale, il a été reçu en 1927 au concours de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs et aux Beaux-Arts de Paris. Il a eu pour professeur Ernest Laurent, un néo-impressionniste qui travaillait avec des petites taches de couleurs et était fasciné par les peintres du Quatrocento : Giotto, Fra Angelico, Pierro de la Fransesca, Boticelli… Son séjour de cinq ans dans la capitale va lui permettre de parfaire sa formation dans trois disciplines : la peinture de chevalet, la gravure et la fresque. La technique de la fresque délaissée au XVIe siècle a été retrouvée 16

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au début du XXe à la faveur d’un nouvel intérêt pour la peinture italienne. Grâce à de nouveaux procédés d’assainissement des murs et à la découverte de l’intonaco, elle est désormais plus durable que la peinture à l’huile directement appliquée sur le mur. En 1931, avec d’autres élèves et sous l’autorité de Ducos de la Haille (1889-1972), il a peint sur 600 m2, en moins de neuf mois, la grande fresque du musée des Colonies construit pour l’exposition coloniale à Vincennes (c’est aujourd’hui la Cité nationale de l’histoire de l’immigration) . La même année, il a fait à Marguerittes, dans la maison paternelle, une fresque représentant la Nativité ; le cadre en est la garrigue avec en toile de fond un village avec la maison familiale. La Sainte Famille est entourée du peintre et de tous ses parents et amis ; on y voit plusieurs habitants de Marguerittes, une femme portant une coiffe d’Arlésienne, le peintre André Clair avec son béret, Ferdinand Pertus avec un chapeau de feutre ; Henri Pertus s’est représenté avec la main gauche posée sur l’épaule de sa fiancée. Il a également peint, à l’extérieur de la maison, sur le mur du jardin, une fresque dont il ne reste plus de trace et qui illustrait une scène du poème de Mistral, Calendal. Le 6 août 1932, il se marie à Marguerittes avec Paule Fulconis, élève à l’Ecole normale supérieure de Sèvres. Le hasard des affectations fait qu’elle est nommée professeur de lettres classiques à Toulon où ils s’installent. Henri Pertus a toutefois beaucoup travaillé à Nîmes. Avec André Clair, il se sont partagé en 1936 la décoration des murs de la salle des séances de la nouvelle Chambre de commerce de Nîmes ; les fresques qu’il a peintes représentent les principales villes du département, les hommes célèbres qui ont illustré le commerce et l’industrie de Nîmes ainsi que des scènes qui évoquent les richesses du Gard, la soie, l’huile et les châles. Il a également décoré l’école de la Gazelle et en 1935 l’Ecole pratique (actuel lycée Dhuoda). Cet artiste aux yeux bleus est un homme réfléchi, généreux, modeste, d’une grande bonté, sensible à la beauté de la nature, un contemplatif, admirateur de St François d’Assise, qui l’âge venu s’est donné à la foi chrétienne. Peintre, fresquiste, graveur, céramiste, imagier, c’est un artiste complet. Il a notamment gravé un portrait de Frédéric Mistral et illustré la Messo en lengo nostro de l’Abbé Petit. Il a peint la campagne, la vie rurale et les chèvres pour lesquelles il éprouve une prédilection. Partisan engagé du félibrige, il a publié beaucoup d’illustrations dans la revue de l’association varoise pour l’enseignement du provençal


et dans des ouvrages de langue provençale. Grand paysagiste et virtuose de la sérigraphie, il reçoit la médaille d’or de la gravure, à l’exposition Universelle de Paris en 1937. Il obtient le Grand Prix de la ville de Toulon en 1947, le Prix de la jeune peinture à Nice en 1949, la médaille d’argent de la ville de Paris en 1957, le Grand Prix de l’imagerie religieuse en 1958. En 1942, il se réfugie, avec les siens à SaintMartin-de-Castillon dans la maison familiale de vacances où il réalise deux albums de gravures : Les Saints de Provence et Notre vieil Apt. Revenu à Toulon en 1945, il y est nommé professeur à l’Ecole des Beaux-Arts, où tout en accomplissant son œuvre personnelle, il forme, jusqu’en 1975, l’élite des jeunes artistes de l’Ecole toulonnaise. Il se passionne aussi, pour la céramique mise au service de l’art sacré, ou de la culture. Décorateur d’églises, il a fait de nombreux chemins de croix, notamment celui de l’église Sainte-Thérèse du Pont-du-Suve à Toulon. Il décore également les églises Saint-Vincent-de-Paul à Montéty et Saint-Flavien au Mourillon. Il a exécuté des céramiques dans l’église de Saint-Martinde-Castillon dans le Lubéron, la chapelle de l’hospice de Saint-Saturnin-les-Apt, le lycée Bonaparte de Toulon, l’école de la Serinete, l’école François-Fabié de la Valette, la façade de la librairie Charlemagne sur le boulevard de Strasbourg, l’autel de Notre-Dame-du-Mai. Dans la chapelle N-D de Courennes, il a fait les maquettes des vitraux qui ont été réalisés par son cousin Louis Fulconis. Il a peint des fresques dans l’église du Pont-du-Suve mais aussi dans celle de Brûlat et à la maison des maîtres boulangers de Toulon. Plusieurs de ses décors sont faits à la fresque sur fond de chaux frais ; c’est selon lui, un travail passionnant et qui oblige à de beaux tons d’ocre. En 1968, il réalise la tapisserie aux sirènes ; confectionnée à Aubusson, elle orne la salle du conseil d’administration de la Caisse d’épargne de Toulon. Il collabore à de nombreux ouvrages : [6] « Jeanne d’Arc » de L. Madelin , « Sara la brune » de N. Judlin, « Lou Cansoumie de la Targo », « Poueto prouvençau de Vuei », la tapisserie de la Mar de Delavouët. Ces illustrations témoignent de son attachement pour

la culture et la langue provençale. On lui doit des illustrations précieuses des “ Pouemo Francescan ” de Marius Jouveau qui s’accordent bien avec sa foi personnelle. A la fin de sa vie, il a réalisé une série de gouaches illustrant une édition bilingue des Rois Mages, “ Rèi Mage ”, conte de Noël écrit en 1906 par Frédéric Mistral, publiée en 1986 aux éditions La Poterne. Lorsqu’il meurt, à Toulon le 19 février 1988, Enri Pertus est inhumé au cimetière de Saint-Martin-deCastillon, dans cette terre de Provence qu’il a tant aimé peindre.

[1] Joseph Bourrilly (1878-1929) a été juge de paix à Marguerittes où sont nées ses filles Magali en 1908 et Jeanne Elise en 1911 ; il habitait la maison du clos Bonnoure, rue Alphonse Daudet. Il a fondé en octobre 1898, avec d’autres étudiants de Toulon, amoureux du provençal, une école félibréenne, la Targo et publié un journal du même nom en 1899-1900. Il fut le premier président de l’Escolo Mistralenco et aida Frédéric Mistral au muséon Arlaten ; il publia de nombreux ouvrages sur l’ethnologie, l’archéologie, des guides touristiques sur Nimes, Arles, les Baux. Il est connu surtout pour son roman la Rèino Sabo (la Reine de Saba). Nommé juge de paix au Maroc, il s’intéressa à l’ethnographie marocaine et mourut à Rabat. [2] Le catalogue de l’exposition du Centenaire de Mistral mentionne des œuvres de Ferdinand Pertus mais aussi d’Enry Pertus de Paris. [3] MAURIAC (François), Vie de Jésus, illustrations en couleurs de F. Pertus, Paris, Edition d’art Piazza et Flammarion, 1942. L’ouvrage 23 x 17, 234 pp., comprend 22 illustrations dont 4 en hors-texte et 16 en bandeau. [4] CHAUVET (Maurice), Itinéraire aux pays d’Oc, Paris, Montpellier, Nîmes, 1947-49-50 Seul le premier volume, Fleuve d’or… route enchantée, a été illustré par F. Pertus. [5] Une grande partie de son œuvre picturale se trouve au musée de Toulon. Un livre très illustré lui a été consacré par Gaston MALHERBE en 2008 : « Henri Pertus, le bonheur de peindre ». Il a été publié par le Comité des Arts et de l’Image, 17 boulevard Eugène Pelletan, 83000 Toulon. [6] MADELIN Louis, Jeanne d’Arc et le rétablissement de la France, Saint-Félicien, au Pigeonnier, 1943 - JUDLIN Nouno, Sainte Sara la brune, Lyon, 1948 – Le Temps de la poésie, Essais. Témoignages. Poèmes, Tunis Ed de la revue Périples, 1948 – DELAVOUËT Max-Philippe, Uno pichoto tapissarié de la mar, Salon, Rimbaud, 1951 – DUBRANA-LAFARGUE Cécile, Le Trésor des danses provençales, tome 1, Avignon, Roumanille, 1955 – Pouèto prouvençau de vuei, Poètes provençaux d’aujourd’hui, (textes réunis et présentés par Barthélémy A. Taladoire, Aix-en-Provence, Groupamen d’estudi prouvençau, 1957 - JOURDAN Bernard Douleur d’airain, roman, Paris Fayard, 1963 - JOUVEAU Marius, Pouemo francescan, Aix-en-Provence 1982 35p . Numero 9 Eté 2009

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Fête des Gardians Le premier mai en Arles, les Gardians font leur fête annuelle. Chaque année plus belle et plus intense que l’année précédente, cette fête est une fête familiale, la grande famille des gardians s’y réunit pour le plus grand bonheur des badauds venus spécialement pour l’occasion. L’an dernier, comme tous les trois ans, ce jour a aussi été celui de l’élection de la Reine d’Arles. Caroline Serre est devenue ainsi la 20ème Reine d’Arles, assistée de ses demoiselles d’Honneur, Elodie Bretagne, Pauline Faget, Magali Nouveau, Anais Marquis, Laure Novelli et Marion Pitras. En croupe de Jacques Mailhan qu’on retrouve en pleine forme, Caroline fait sa première fête des gardians en tant que Reine, et apparaît ainsi flamboyante dans un costume jaune de toute splendeur sur une eso noire rehaussée de petites fleurs peintes de ce même jaune. Le vent frais de la jeunesse souffle sur les habitudes du costume d’Arles. Le goût est exquis et donne à son eso l’ampleur qui rend son ensemble extraordinaire. Une Reine. Les arlésiennes sont nombreuses autour des gardians. Les réflexions vont bon train, dans les rangs des gardiennes du temple. Elles sont exigeantes, intransigeantes, et force est de

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constater qu’elles sont satisfaites de ce premier mai. Il faut dire... Les erreurs sont rares, ces dames et demoiselles sont splendides tout comme le sont des gardians qui ont particulièrement soigné "leur" premier mai. On parle souvent de ces dames et demoiselles en passant sous silence leurs cavaliers qui sont pourtant les véritables sujets de cette fête. Ils se sont levés tôt eux aussi, sont allés chercher leur cheval dans la boue, l’ont bichonné, lavé et se sont changés pour être à la hauteur de ces dames. Deux mille neuf restera une grande année. Chevaux blancs, pantalons en peau de taupe et vestes noires sont autant d’écrins qui touchent à la perfection. Le cortège s’ébranle doucement pour entendre les applaudissements de la foule sur les Lices, la place de la république et jusqu’à la place du Forum où Jacques emmène Caroline et ses demoiselles d’honneur déposer un bouquet de saladelle sur la statue de Mistral. Cérémonie annuelle qui pourtant revêt une saveur particulière. Présenté le 30 mai 1909, le monument voulu par le peintre angevin a 100 ans cette année. Un centenaire qui a failli ne jamais être en raison des péripéties de la seconde guerre mondiale qui a décapité le maître. Mais la tête fut retrouvée, et la statue inaugurée une seconde fois. Chef d’oeuvre inscrit, le chantre de Maillane a donc 100 ans l’année du 150e Anniversaire de son oeuvre majeure Mireio. Le félibre Remy Venture rend hommage à Mistral, et salue comme il se doit les gardiens de la traditions que représentent les gardians, et la Reine. Comme chaque année, la bénédiction est donnée à Notre Dame de la Major, après un vibrant discours de Mr Laurent Ayme, décan de la Nacioun Gardiano, dont la voix semble rajeunir chaque année, forte et claquante du haut de ses 93 ans. Un discours de remerciements pour l’oeuvre et l’action du 19e Règne, de bienvenue pour le 20e... Et un deuxième coup de fer pour ce projet de "bombe" sur la tête des cavaliers après celui administré par Rémy Venture. Le père Desplanches rajoutera le sien, jamais deux sans trois, voilà au moins un sujet qui fait l’hunanimité... La Statue de Saint Georges rentre dans l’église au bras des prieurs. Les prieurs sortant Guillaume Fabre et Aurélien Peytavin suivent les prieurs entrants Cyril et Pascal Sadargues. Le manque de chance a poursuivi la confrérie ces dernières années, les balcons du ciel déversant des orages assassins gênant voire empêchant les festivités de l’après midi, la privant seule manne financière pour cette association dont le seul but depuis 1512 est l’aide aux gardians. Cette année tout est parfait, le temps est beau et clair. Et

les arènes se remplissent pour assister à la démonstration de ces hommes de métier. En préambule, le Président de la confrérie prend l’étendard des mains d’olivier Faure, Capitaine 2008 pour le remettre à Guy Allard qui lui succède à ce poste. Arrêté au centre de la piste par Mr Jonin, il reçoit l’hommage appuyé de ses hommes, fers levés pour témoigner de leur admiration et de leur respect. Mr Yonnet fête cette année les 150 ans de sa manade. L’homme est modeste, cueilli par cet hommage inattendu et dans un geste plein d’humilité semble vouloir dire "Laissez, ce n’est rien...". L’homme reste discret et modeste, alors même qu’il a façonné la Camargue. Il quitte le centre de la piste pour se rendre sous la présidence pour associer son épouse aux applaudissements qui crépitent autour ou plutôt pour lui rendre hommage à son tour. Zou... Temps des jeux. Le protocole passé, il est temps de fournir au public de quoi vibrer. Entre deux démonstrations de course camarguaise données par l’école taurine d’Arles, les gardians vont jouer au jeu de l’épervier, des aiguillettes et du bouquet et faire montre de leur maestria dans le coeur de leur métier avec la ferrade en piste du capitaine, l’abrivado ou l’attente au fer des deux prieurs. Ces dames de la Confrérie ne sont pas en reste et distillent un carrousel tout entier dédié à Mistral avec des mireilles en costume 1850, époque de la rédaction du poème. Les trois heures de spectacle sont marqués d’applaudissements à tout rompre, laissant les gardians visiblement ravis et fiers. Osco l’antico counfrarié di gardian de Sant Jorge. C’était une belle journée...

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Dicho pèr la festo di gardian 2009

Roumié Venturo Moussu lou Conse d’Arle, Midamo e Messiés lis Elegi, Gènto Rèino d’Arle, Midamo, Messiés Coume chasco annado, la Confrarié di Gardian de Sant-Jórgi, dins lou trin de sa fèsto, vèn rèndre óumage à Frederi Mistral davans soun estatuio de la Plaço dis Ome. Noste roumavage a vuei uno sabour particuliero. Festejan lou centenàri d’aqueste mounumen, auboura en 1909, en mume tèms que lou cent-cinquanten anniversàri de la parucioun de Mirèio. Raport à-n-aquelo estatuio, Moussu lou Maire m’aprèn d’aiours que venié d’èstre classado dins la tiero di Mounumen Istouri, ço que nous fai grand gau …

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A quàuqui tèms de soun anniversàri à-n-elo, que se fara en 2012 pèr lou mié-milenàri de sa foundacioun, la Counfrarié di Gardian vèn aqui d’autant mai voulountié aquest an, proun simboulique de la pountannado que vivèn, ounte la gloubalisacioun e l’unificacioun di biais de viéure fan soun obro… Es que sian, pau à cha pau, coumpletamen secuta emai escarni pèr quàuqui « decidaire » de ma grand la borgno que, de Brusselo à Paris, voudrien nous impausa de causo que n’en voulèn pas… S’agis, segur, de la famouso « boumbo » qu’un marrit reglamen voudrié faire pourta i cavalié emai is Arleso pèr « resoun de securita » ! Imaginas-vous nòsti gardian coume sarien galant enfarça de la sorto, sènso parla de la Rèino d’Arle e de si Damisello d’Ounour que ié fan coumpagno pèr nòsti fèsto !... Faudra tambèn teni d’à ment de proujèt legislatiéu avenidou raport i lengo de Franço… Aquéli d’aqui saupran-ti resta respetous de la pluralita di parla d’o e de la digneta de nosto lengo prouvençalo ? Assajaran-ti de nous fourça d’empassa la ragougnasso óucitano que d’ùni que i’a amarien de nous impausa « dis Aup i Pirenèu » ?... L’aveni, soulet, nous lou dira… O, dins li tèms que sian, sara mestié de resta à l’agachoun tant coume lou fasien nòsti rèire Camarguen, éli que, despièi de siecle, venien se louga sus aquelo plaço, cor de la vido agricolo de Camargo e de Crau, ounte clantissié nosto lengo prouvençalo... Vaqui perqué, aqueste jour, es emé fierta emai fidelita que venèn nous clina davans la memòri de noste grand Mistral, la Gènto Rèino d’Arle i’adusènt tradiciounalamen un bouquet de saladello. Pèr nautre, es un biais d’afourti bèn fort que li Provençau e li Lengadoucian, li Camarguen, li Craven e lis Arlaten volon riboun ribagno resta ço que soun dins aqueste siecle vint-unen que, coume lou disié Mistral, Lis aubre li mai founs soun li que mounton aut… N’en fasèn aqui lou sarramen. Longo-mai restaren digne de nòsti davancié, de-countùnio e de-longo fidèu à sa terro, soun biais de viéure em’à soun èime lou mai founs. Vivo lou Mèstre Frederi Mistral ! Vivo la Counfrarié di Gardian de Sant-Jórgi ! Vivo Arle ! E Vivo Prouvènço !... Roumié VENTURO Archivaire de la Counfrarié du Gardian

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Monsegur sur Lauzon

Le Mât de Mai Gabriel Clavel

Montségur-sur-Lauzon est un charmant petit village de la Drôme Provençale situé au sud de Grignan. Ce village fût la patrie d’Eugène Martin, poète paysan qui fonda l’Escolo di Lavando en 1926 et affiliée au Félibrige dès la Santo Estelle de la même année, le 21 mai 1926. Ami du neveu de Frédéric Mistral, Eugène Martin fût également maire de Montségur en 1945 et le resta jusqu’en 1970. Depuis des décennies, il est de tradition à Montségur de planter « le Mai » à la cime du vieux village. Chaque année, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, les jeunes gens de la commune plantent l’arbre traditionnel selon un rituel qui se perpétue de génération en génération.

nuit du 30 avril au 1er mai, dite « du mai » est interdite sur l’ensemble de la commune ». Les raisons à cet arrêté sont : « la présence de mineurs en état d’ébriété » , « les dégradations et les destructions effectuées sur du matériel en bon état » et enfin « les multiples plaintes déposées à la mairie et à la gendarmerie chaque année lors de la nuit du 30 avril au 1er mai ». Des jeunes au chevet de la tradition Sur cette même vitrine, je découvre un tract expliquant la tradition du mai dans le village et concluant : « Malgré un arrêté municipal interdisant cette tradition, les anciens et les jeunes du village ont décidés de ne pas « tuer le mai ». Le Mai aura bien lieu dans la nuit du 30 avril au 1er mai ». Abordant une dame dans la rue qui me confirme que les jeunes sont allés chercher « le Mai » dans le quartier des Jardins, je me lance dans la campagne à la recherche de ces jeunes décidés à perpétuer la tradition.

Une tradition en danger Cette année en venant découvrir cette tradition, je ne m’attendais pas à vivre une telle aventure. Arrivant dans ce village désert en animation vers 19h, je découvre stupéfait sur la vitrine de la boulangerie un Arrêté Municipal Déroulement de la tradition déclarant après une liste d’article de Transporté à l’aide d’un tracteur lois que « La manifestation dans la jusqu’au pied du village, le Mai est 22

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un peuplier blanc d’une quinzaine de mètres au moins, dépouillé de ses branches inférieures, seule une pointe de feuillage reste. Les jeunes sont une petite quinzaine cette année malgré l’interdiction avec


permettront de hisser cet arbre entre deux rochers. Après plusieurs minutes d’effort, l’arbre enfin à la verticale est salué par les quelques badauds restés au village pour contempler l’exploit des garçons du village. Une fois hissé et bien calé avec des pierres, une dernière épreuve attend les jeunes : il faut grimper sur l’arbre pour détacher les cordes qui ont permis la mise en place de celui-ci. Par tradition la tache est confiée au moins âgés des jeunes participants ou tout simplement au nouveau participant à la montée du Mai. Un premier jeune s’élance à l’assaut du tronc de l’arbre sous les encouragements de tous. Arrivé à mis parcours il s’exclame « je peux pas » et tous de reprendre « allez redescend ». Un second jeune s’élance et comme le premier, redescend à mis parcours. Finalement, celui qui déjà avait débarrassé l’arbre l’an dernier parviendra à enlever les cordes cette année encore Plantation du Mai Arrivé au sommet du vieux Montsé- sous les cris et applaudissements. gur, la vue sur le village et la campa- Le Charivari gne environnante au coucher de soleil Une fusée explose, annonçant enfin la mise en place de l’arbre. Ce rituel colest sublime. Les jeunes ce congratulent entre eux lectif de plantation du Mai est poncen attendant le dernier rayon de so- tué de pétards par dizaines lors du releil pour « planter le Mai », une pause tour au centre du village. Ils viennent arrosée est improvisée au son des pé- à la rencontre des anciens du Mai, un tards qui fusent de tous les côtés. Un passage au bar où ces anciens, un peu « ancien du Mai » arrive sur le lieu nostalgiques, déroulent une discusde la plantation avec les cordes qui sion sur les bons vieux souvenirs de cette tradition. une moyenne d’age de 18 - 20 ans. Il est 20h quand « piboulo » d’une main et bière de l’autre, ils partent à l’assaut du vieux village ou devra être planté l’Arbre qui honorera et protègera le village durant toute l’année. Ignoré de tous ou presque, sans touristes, la lente procession traverse le village au son des pétards et des chants pour se donner du courage. Passant devant le seul du bar du village, les « anciens jeunes » les encouragent. Arrivé au niveau de l’ancienne mairie, siège dorénavant de l’Escolo di Lavando, la montée devient plus sérieuse. Les visages se ferment et grimacent, la dernière partie n’a rien d’un parcours de santé. Une pause est prévue juste avant le franchissement d’un mur de presque trois mètres de haut qu’il faut a tout prix passer pour atteindre le lieu de plantation du Mai.

Le barbecue cette année est prévu derrière la salle des fêtes à l’écart des habitations pour se mettre règle avec les arrêtés de Mr le maire. La soirée ne fait que commencer à ce moment là. Elle durera toute la nuit avec « la tournée chez les filles » du village. A l’origine de cette tradition ce sont les jeunes conscrits qui allaient à la rencontre des jeunes filles célibataires du village avant de partir pour effectuer leur service militaire. Aujourd’hui, ces jeunes feront la tournée à pied chez leurs connaissances, notamment les sœurs de ces mêmes jeunes et cela durant toute la nuit. Évidemment, l’offre de la boisson à tous les participants est vivement incitée sous peine de voir disparaître un objet au hasard qui se retrouvera comme par miracle au centre du village. A chacun le lendemain de récupérer son bien……

En conclusion La tradition de l’Arbre de Mai fêtée partout en Europe sous différentes formes et pour différentes raisons est une tradition datant du Moyen Age et rétablie à la révolution pour symboliser la liberté. Signe de cette période, un drapeau français est traditionnellement attaché au sommet du Mai. Cette année, une interdiction a failli faire disparaître la fête dite « du Mai ». Cette bande de jeunes du village, sans chef ni responsable a mené la fête à bien, conciliant les impératifs des officiels avec la maintenance d’une tradition séculaire. MERCI A EUX MERCI POUR LEUR ACCEUIL VIVE LA TRADITION DU MAI EN PROVENCE Pour plus de renseignements : Voici le site du petit fils d’Eugène Martin sur l’histoire du village de Montségur : http://membres.lycos.fr/ montsegursu... Exemple de Mai en Provence dans le village de Cucuron (Vaucluse) en l’honneur de Sainte-Tulle (cette année le samedi 23 mai 2009) : http:// www.cucuron-luberon.com/?rep... Un autre exemple dans le Var avec la fête du Mat de Mai à Varages : http:// www.sanfoutin.com/ Numero 9 Eté 2009

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Fourques

Mathilde 26e Maio

L’escolo d’Argenço organise chaque année la fête de la Maio. Une fête venue de loin, oubliée avant d’être remise à l’honneur il y a plus d’une vingtaine d’années à Fourques La Maio est une petite fille élue par ses camarades pour sa beauté et sa sagesse, parée de fleurs, vêtue de blanc et couronnée «Belle de Mai». Les petits sous, quêtés par ses compagnes, serviront à l’élaboration d’un goûter. Alors que nombre de fêtes aujourd’hui célèbrent les chevaux, bergers, taureaux et autres, peu pensent aux enfants. Surprenante Escolo d’Argenço...

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L’association organise cette fête chaque année, y conviant des formations dont la section enfantine est développée : des groupes faisant la part belle aux "minots" La fête s’articule autour d’une messe, puis d’une procession, et la transmission de relais par la maio de l’année précédente... Chaque année réserve son lot de surprises... En constant renouvellement, l’escolo d’Argenço imagine sans cesse une façon plus intime, plus "magique" de vivre cette journée. Et de surprendre cette année encore. Loin de l’église, la messe 2009 sera donnée dans un théâtre de verdure, dans le bruissement des feuilles et les pleurs des chatons des Peupliers. Le père André dit l’office sur une estrade dans la pelouse avec l’aide du mistral qui tourne les pages de son bréviaire. Ambiance forcément différente de celle de la voûte de son église habituelle qui répercute en amplifiant son message, il lutte contre le vent, un peu en français, beaucoup en Provençal. C’est un exploit que réalise ce polonais qui a à cœur d’épouser la culture des lieux où il est envoyé. Aujourd’hui, il est un fourcaten, un vrai. Le passo carrièro est restreint, restant dans cette prairie qui accueillera plus tard le repas. La fête est intime, uni-

que, dans une unité de lieu. Les enfants des formations venues précèdent au son des galoubets Mathilde Zépios la Maio, et Nais Brun, sa demoiselle d’honneur. Elles sont présentées au parterre, et à nos reines et demoiselles. Comme chaque année, la Reine d’Arles a franchi le pont pour venir célébrer ce moment, accompagnée cette année par ses demoiselles d’honneur Elodie, Pauline et Magali. La reine du Ruban de Mouriès Fanny Féraud Simon est là également ainsi que Valène Espigol, la demoiselle des Moulins de Fontvieille. Toutes regardent attendries Mathilde et Nais. Lisa la Maio 2008 est accueillie sur scène et reçoit de la part de Cyndie sa première cigale. A son tour elle accueille Mathilde et ceint son front d’une couronne de fleurs... Caroline Serre parachève la cérémonie en offrant à Mathilde les quelques pièces de la tradition, un long moment d’émotion sur scène. La fête était réussie l’an dernier, elle l’est plus encore cette année grâce à des enfants, une association, un Maire, un Curé et des bénévoles qui oeuvrent dans l’ombre. Osco per la Maìo e longo maì a l’Escolo d’Argenço.

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Mollégès

Le vingtième anniversaire du Monument du Cheval

Extrait d’un bloc de 12 tonnes de pierre de Luberon par Camille Soccorsi, le monument en l’hommage du cheval de Trait, créé sous l’impulsion de Charles Parraud, fêtait cette année son Vingtième anniversaire.

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L’idée de ce monument est de rendre un hommage gravé dans la pierre à ce compagnon inaliénable de l’Homme. Le Félibre Charles Galtier l’a souligné au pied de la Statue : Noun se pòu devina ço que deman preparo E pèr qu’à l’aveni se posque saupre encaro Lou bonur qu’a liga lis ome e lou chivau Dins la pèiro entaia,iéu, eici, fau signa. Nul ne peut deviner ce que demain prépare Et pour qu’à l’avenir on puisse encore savoir Le bonheur qui a lié les hommes et le cheval, Dans la pierre, sculpté, moi, ici, je témoigne. La mémoire d’un autre temps, malheureusement disparu... Aujourd’hui, Mollégès se souvient et rend hommage encore à ce compagnon en ressortant des granges des outils que les jeunes ne connaissent pas. Un grand défilé est organisé, des charretiers menant comtois, poitevins etc...

Ainsi Tango, saphir, pompon, Safran, Petillant tirent une défonseuse, un semoir, une faucheuse, une faneuse, une jardinière, un char à Banc, une moissonneuse lieuse et j’en passe... "arrête toi un peu toi..., sinon je bats court et j’y arriverai pas..." Claude Parraud le président du comité du monument du cheval tient à présenter tout le monde. Loin des histoires sans parole des défilés traditionnels, il a pris le micro sur le 4ème passage pour expliquer et présenter tant les outils que les attelages et les meneurs, y ajoutant quelques anecdotes sur la jardinière reçue en Kit façon Ikea, ou le char à vin portant le numéro 20, "Arrête toi un peu toi...". Un vrai plaisir, habitués que nous sommes à regarder sans réellement voir celles et ceux qui se démènent pour que ces fêtes soient réussies, le contraste qu’offre cette revue de détail est saisissant. Même si les badauds ne se rappelleront plus l’âge de Nestor ou le vrai nom de Bélugue, ils se rappelleront avoir vu beaucoup de comtois, un trait du Nord, un percheron ou un Poitevin (mais si, Nestor âgé de 9 ans).

pour témoigner. Mr le maire se plait à le rappeler, il était brun il y a 20 ans, et le cheval était blanc. Aujourd’hui, c’est le contraire. Le cheval semble rajeunir... Quelle belle fête, nourrissant les anciens des regrets d’une époque à jamais révolue, une époque où les lourds ne sortaient pas que pour parader. La fête est des plus réussie, peut être parce que peu de gens ont eu vent de sa tenue... Un enseignement à retenir, les fêtes de village doivent rester des fêtes de village au risque d’y perdre leur âme. Celle là avait l’âme d’un cheval, n’y manquait que le hennissement de joie d’une statue.

Le mot de la fin appartient à Mr le Maire qui remercie chaleureusement le comité du monument du cheval pour cette fête. Ayant connu l’utilisation de bon nombre des outils présentés ce jour, il apprécie de les revoir attelés ce jour. Le monument est là Numero 9 Eté 2009

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Julie Couillaud, 5e demoiselle des Moulins

Ce dimanche Fontvieille est en fête. Le marché artisanal bat son plein sous les Halles, et la ville va choisir celle qui aura la tâche de succéder à Valène Espigol en tant que Demoiselle des Moulins.

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il y aura une demoiselle des moulins et sa demoiselle d’Honneur. Au final, la fumée blanche sort de la cheminée, et Fontvieille a trouvé celle qui remplacera Valène. Julie Couillaud emporte la décision et devient la 5e demoiselle des Moulins. Et Fontvieille de fêter dignement cette accession, emmenant l’impétrante et sa demoiselle d’honneur dans un défilé à travers les rues de la ville dans l’une des trois calèches des Attelages en Pays d’Arles. Hommage est ainsi rendu aux deux demoiselles qui ont pris ce jour un engagement pour les deux prochaines années, et à toutes celles et tous ceux qui sont venus assister à l’événement. Au premier rang de ceux-ci on reconnaît les précédentes demoiselles des moulins, et celle qui a rendu cette journée possible, relançant en 2002 cette tradition : Annick Ripert La reine aux Bijoux, comme s’est plut à l’appeler Michèle Gil qui faisait également partie du jury cette année. Les calèches emmenées par le réveil Tarasconnais et accompagnées des groupes de maintenances font parader Mr le Maire en compagnie des ses deux nouvelles ambassadrices et de Caroline Serre, tandis que les deux autres calèches emmènent à leur suite Elodie Bretagne et Magali Nouveau accompagnant le premier adjoint, et Valène Espigol, Emilie Joye et Fanny Féraud Simon Reine du Ruban de Mouriès. Une fort belle entrée en matière qui a eu l’heur de plaire à ces demoiselles affichant pour l’occasion leur premier sourire radieux d’Ambassadrice culturelle de la Ville de Daudet. Tout comme il y a trois ans, elles sont deux à revendiquer ce rôle d’ambassadrice. Deux jeunes filles de 17 ans, originaires du même quartier de l’Auture de Fontvieille : Julie Félicitations mesdemoiselles. Couillaud, membre de longue date de l’étoile de l’Avenir d’Arles et Anais Mahieu, qui fait partie du Roundelet du Moulin de Fontvieille. Face à ces demoiselles, un jury présidé par la 20e Reine d’Arles Caroline Serre est composé de personnalités qui vont tour à tour tester les connaissances de ces deux Fontvieilloises. Les ambassadrices de la ville, tout comme ailleurs sont choisies pour leur culture et leur connaissance de leur ville, son passé et sa tradition. Les délibérations sont longues, le soulignera Mr Frustié Maire de Fontvieille, signe que ces deux jeunes filles sont évaluées sérieusement et sont de mérite "presque" égal. Presque parce qu’en fin de délibérations Numero 9 Eté 2009

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Fontvieille

Trésors d’armoires par l’Atelier du Costume de Maillane

Aujourd’hui c’est fête car la fille de la maison va se marier. Cela commence de bon matin avec le réveil des membres de la famille. Les préparations des épousailles commencent. Tout le monde va rendre hommage à la future mariée. Les gens de maison viennent tour à tour. La couturière de ses doigts habiles a confectionné avec patience et minutie la robe de la mariée, ainsi que la poupée, réplique à l’identique, de la tenue nuptiale. Le berger et les paysannes sont à pied d’œuvre car pour ce mariage tout le monde est mobilisé. Les jeunes filles pensent à leur futur mariage et observe avec attention tout ces préparatifs. Les jupons que l’on superpose, les fichus aux plis parfaits, les rubans que l’on porte fièrement , les pèlerines en fines dentelles...

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Et les heures s’écoulent dans l’effervescence des derniers préparatifs. La cousine qui est partie à la ville, revient assister à la cérémonie. Elle est moderne car elle vêtue à la mode parisienne. Le bijoutier passe pour parer la mariée de bijoux qu’elle transmettra aux générations futures. La mariée est splendide dans son costume de cérémonie. Les pitchounettes espinchent en espérant apercevoir la mariée. La famille, les amis viennent pour rendre hommage à ce si joli couple à qui l’on souhaite le meilleur de la vie. Le cortège se forme et les nòvi partent vers leur nouvelle vie. Le spectacle que nous présente aujourd’hui l’Atelier du Costume a été mitonné avec soin par Fabienne Laugier présidente de cette association. Des recherches longues ont été menées pour reconstituer les costumes que les participants portent. Car il ne suffit pas de porter le costume n’importe comment. Ces costumes doivent correspondre à l’époque, à la classe sociale de la personne que l’on souhaite présenter, à son âge, sa fonction etc. Et cela ne se fait pas en un jour. Ce que l’on voit ce sont des heures et des heures de travail. Mais lorsque l’on contemple le résultat on se dit que le jeu en vaut la chandelle. Que l’Atelier continue ses recherches pour nous présenter encore de nouveaux spectacles, car l’on ne s’en lasse pas.

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Maillane

Mr et Mme Mistral reçoivent

Le musée Frédéric Mistral à Maillane ouvre ses portes à l’Atelier du Costume pour faire revivre la maison du Maître.

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Nous sommes en 1900 et Mr et Mme Mistral nous ouvrent les portes de leur demeure. Nous voilà transporté dans le millénaire précédent. La vie d’autrefois reprend son cours. Chaque pièce de la maison est animée. Ici l’on brode ou discute, à l’étage les jeunes filles s’habillent. Elles choisissent rubans et fichus car la coquetterie est une qualité en Provence. Les gens de maisons font la poussière ou bien la lessive. De la cuisine arrivent des effluves qui poussent le gourmand à aller voir de plus près ce que l’on prépare pour le repas. Les hommes refont le monde en jouant aux boules. Ils s’affrontent lors d’une partie de carte. Les heures s’écoulent lentement car de toute façon ici nous avons le temps. Le temps

de préparer un trousseau de mariage, le temps de suivre les saisons, le temps de lire ou d’écouter un poème et finalement le temps de vivre tout simplement. Voilà une bien belle façon de faire visiter un musée. Au moins l’on voit des instant de vie, les vêtements d’époque sont portés avec justesse. Les ustensiles retrouvent une deuxième jeunesse. Les gestes de la vie quotidienne d’autrefois sont toujours dans les mémoires. L’Atelier du Costume a animé cette demeure pour quelle retrouve l’espace de quelques heures sa vie d’antan.

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Salon de Provence

Congrès national du Félibrige Durant 4 jours, du 29 mai au Premier juin, Salon de Provence a vécu au rythme des félibres.

Accueillant pour la première fois la grand messe du Felibrige, la ville a su s’animer de toutes parts, avec trois sites d’expositions, 4 scènes dispersées, un auditorium, des visites de musée, un programme d’envergure pour cette édition marquant le cent cinquantenaire de l’édition du poème Mireio.

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Pour un peu, on se serait plut à en demander encore plus. L’exemple le plus frappant en a été le colloque "Mirèio un argument pour le Félibrige, une œuvre universelle" organisé dans l’auditorium Charles Trenet, qui n’a pu accueillir tous les gens qui ont fait le déplacement pour y assister... Sécurité oblige... Cent cinquante ans après Mirèio, l’oeuvre majeure du Chantre de Provence émeut toujours autant, sous toutes ses formes, Mireille de Gounod à quelques kilomètres de là se joue même à guichets fermés. En plein soleil dans les rues de la ville, des groupes venus des quatre coins des pays d’Oc jouent, chantent et dansent sur les scènes improvisées ici et là, devant la fontaine moussue ou sous le regard attentif d’Adam de Craponne. Le dimanche matin est le moment d’une grande messe dans la collégiale Saint Laurent rénovée. Là encore, on peine à trouver des places. Les groupes se frayent difficilement un passage jusqu’au coeur. Les différentes régions sont représentées par leur porte drapeaux : - Provence Les Farandoulaìre Sextian - Auvergne l’Escolo Auvergnato - Catalogne & Roussillon El Foment de la Sardana de Perpignan - Gascogne & Béarn Escolo Simin Palay - Guyenne Las belhas de Brageirac - Périgord Lo Bornat dau Perigord - Languedoc L’escoupeto de Rodez - Limousin L’estello limousino D’autres groupes viennent enrichir le défilé : lou Pelican de Pélissane, lou Trelus d’Istres, l’Eissame de Seloun... Ainsi se mettra en place le Passo Carriero à la suite de Jaque Mouttet, Capoulié et de Véronique Fabre-Valanchon la reine et des sendi. Le défilé ouvert par l’Eissame de Seloun et fermé par les cavaliers de la Nacioun Gardiano termine son périple dans la cour du Château de l’Empéri où le Capoulié prend la parole pour remercier les groupes qui se sont déplacés et exalte les valeurs portées par la tradition. «La tradition est la culture et la culture est la tradition». Il termine en enflammant la fibre d’Oc de chaque personne présente pour porter bien haut cette culture dans la voie tracée par Frédéric Mistral.

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Eyguières

Détour par Les Glauges

Le congrès du Félibrige terminé, les congressistes ont un dernier programme, moins officiel que le reste du programme. Une escourregudo les emmène aujourd’hui dans la Crau, visiter l’école des Bergers de Merle, ou voir les ouvrages d’Adam de Craponne. La promenade se termine à Eyguières, au vallon des Glauges.

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Une cave vinicole à Eyguières en point final d’une Santo Estello à Salon de Provence, on n’aurait su rêver meilleur symbole. Les deux villes sont appuyées l’une à l’autre, séparées par une frontière invisible qui fait de l’une la fin du pays arlaten et de l’autre le début du Salonnais, une opposition que viennent d’effacer les félibres en levant leur coupe. Eyguières est ravie ainsi de participer à cette communion avec la terre, la tradition et la modernité. Le Capoulié, sa Reine, son Bayle et l’ensemble des congressistes boivent les paroles du maître des lieux qui leur offre un aperçu de son cépage, son rouge composé de grenache et Syrah. Avec une production et un rendement limité par l’âge de ses vignes, le Vallon des Glauges fournit un rouge structuré et costaud titrant 14 degrés. Un vin qui contraste avec le rosé produit ici clair et élégant, la plus grande partie de la production du domaine. Un vrai rosé, pas un mélange de rouge et de blanc. Un vin cueilli pour donner un rosé, vinifié comme doit l’être un rosé... Et les félibres de laisser leurs papilles goûter tout le travail du Maître de Chais. Les visages sont détendus, souriants... La santo Estello est terminée et avec elle les représentations, colloques, discours et conférences. Cette année a été riche. Riche du monde venu voir, rire, s’émerveiller ou participer... Toutes les manifestations ont "fait le plein" selon le terme consacré. Il reste encore aux responsables à faire les bilans de ce festenau... Demain... Aujourd’hui, tous profitent d’un dernier rayon de soleil sur la chaîne des Alpilles, d’une dernière coupe de vin, d’une dernière Coupo Santo.

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Marseille

Journée Provençale au Palais Longchamp

Chaque Année, l’Escolo de la Mar se réunit sur le plateau Longchamp au mois de Mars pour rendre hommage au poète Frédéric Mistral décédé le 25 Mars 1914. Dans le cadre du 150e anniversaire de la parution de son oeuvre majeure Mirèio, les écoles félibréennes de Marseille ont mis en place une journée Provençale au Palais Longchamp.

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Au programme de cette journée, un marché vantant les oeuvres d’Art, ouvrages et produits régionaux depuis les livres du Maître jusqu’aux peintures d’arlésiennes de Danielle Raspini, et un Passo Carriero dans les rues du 4e arrondissement. Emmené par l’Escolo de la Mar et fermé par la Couqueto de Marsiho, les groupes Reneissenço d’Arles, la Souco tarascounenco de Tarascon ou le temps du costume de Nîmes ont animé avec ferveur les rues du quartier, dansant devant le Lycée Michelet et sur la place Sébastopol. Le cortège est ensuite revenu au Palais Longchamp pour un dépôt de gerbe au buste du Chantre de Maillane, gerbe déposée par la doyenne des élèves de l’escolo de la Pervenco Mme Raineri portant fièrement ses 93 ans. Après les discours, un apéritif et des danses ont ponctué la journée... Une journée réussie, sans aucun doute. Teintée de la timidité inhérente aux premières éditions, elle aurait dû recevoir un accueil plus chaleureux de la part de marseillais dont bien peu savaient qu’il se passait quelque chose. Un regret cependant... Le refus de la mairie d’impliquer la police municipale pour assister le passo carriero a fait prendre des risques aux organisateurs, les confrontant aux automobilistes passablement énervés de devoir attendre quelques minutes. Sans uniforme, point de respect visiblement. Certains automobilistes ont même forcé le passage devant le responsable . Il est vrai qu’à l’intérieur d’une tonne d’acier, on peut se le permettre.

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