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CTB Trade for development

L’huile de palme dans les échanges mondiaux

Enjeu stratégique et sujet de polémiques


ÉDITEUR RESPONSABLE Carl Michiels, CTB-BTC Rue Haute, 147 - 1000 Bruxelles REALISATION Izicom – www.izicom.com RÉDACTION Jean-Paul Rivière Réalisation graphique Perfecto Crédit photos Shutterstock – Dreamstime - Greenpeace

© CTB, agence belge de développement, janvier 2011. Tous droits réservés. Le contenu de cette publication peut être reproduit, après autorisation de la CTB et pour autant que la source soit mentionnée. Cette publication du Trade for Development Centre ne représente pas nécessairement le point de vue de la CTB


Sommaire

INTRODUCTION Des critiques nombreuses, une réponse balbutiante 4

FICHE D’IDENTITE La championne du monde des huiles végétales 7

CONTROVERSES La culture de la palme met à mal le développement durable 11 > Interview - Professeur Yvon Carpentier : « Une composition moins bonne que le lard »

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> Interview « Une plante typique des zones équatoriales humides »

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L’Indonésie sous le feu des critiques

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Agrocarburants : un nouvel usage en débat

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VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE » La Table ronde : un outil pour moraliser la filière

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Les acteurs partagés sur les travaux de la RSPO 21 > Interview - Adam Harrison : « L’industrie est en train de changer ses pratiques »

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> Interview - François Van Hoydonck : « Il faut trouver le bon équilibre entre protection et développement »

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> Interview - Stéphane Desgain : « La priorité, c’est l’autosuffisance alimentaire »

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L’huile de palme bio en ébullition 27

CONCLUSION De nombreux progrès restent à accomplir 29

REFERENCES ET BIBLIOGRAPHIE 30 Trade for Development Centre 31 3


introduction

INTRODUCTION

Des critiques nombreuses, une réponse balbutiante

L’huile de palme illustre avec force la complexité des relations entre le nord et le sud de la planète. Ce produit de l’agriculture tropicale interroge toutes les composantes du développement durable. L’économie tout d’abord. L’huile la plus consommée au monde est à l’origine d’une filière agro-industrielle prospère, dopée par la demande en carburants d’origine végétale. On y lit la trace d’anciennes voies coloniales entre le sud-est asiatique (dont l’Indonésie, premier pays producteur) et le port de Rotterdam où parviennent les cargaisons livrées en Europe. Il s’agit d’une impression trompeuse car les flux se dirigent aujourd’hui d’abord vers l’Inde et la Chine. Le centre de gravité demeure donc asiatique. L’environnement ensuite. Forêts détruites, biodiversité affaiblie, libération de gaz à effet de serre, pollution et sols appauvris : les sujets de crispation ne manquent pas pour les ONG de protection de l’environnement, les premières à se mobiliser contre les méfaits de l’huile de palme. Le social enfin. Moins médiatisées, les expulsions de populations pour cause de déboisement, les conditions de travail dans les plantations et la hausse des prix de l’huile de consommation courante font aussi partie des données du commerce mondial de « l’or orange », parfois ainsi nommé à cause de sa couleur avant raffinage. Ajoutons à ce panorama les messages d’alerte des professionnels de la santé quant à la nocivité d’un produit alimentaire que l’on retrouve partout 4


introduction

mais qui se dissimule en petits caractères dans les étiquettes de composition des produits. L’huile de palme et les controverses qu’elle soulève interrogent en fait l’ensemble du modèle économique basé sur cette monoculture d’exportation.

Les présents et les absents La question d’une huile de palme durable est posée. La création de la RSPO (Table ronde pour une huile de palme durable) en 2004 est le premier acte de régulation internationale d’une filière jusque là livrée à ellemême. Le cap est donné : « moraliser » la production en certifiant une huile selon les critères du développement durable. « Greenwashing » crient les ONG. Autrement dit, il s’agit d’une opération de communication. Certaines d’entre elles choisissent pourtant la voie de la co-gestion pour améliorer un système encore imparfait. Dans ce processus, il y a ceux qui répondent « présent » et les autres. Parmi les présents, on trouve d’abord ces ONG internationales de protection de l’environnement dont c’est en quelque sorte le fonds de commerce. Les ONG dites « de développement » apparaissent plus en retrait sauf sur la question des agrocarburants. Les multinationales de l’agro-alimentaire sont aussi très visibles et parties prenantes de changements de pratiques. Ces deux groupes d’acteurs se trouvent dans les pays riches industrialisés - spécialement en Europe occidentale - là où les citoyens sont sensibles à la disparition des forêts équatoriales, au réchauffement du climat et à leur propre santé. Ensemble, ils sont pour l’instant les seuls garants d’une transformation en profondeur des règles de la production mondiale d’huile de palme. D’autres acteurs sont absents ou en tout cas moins audibles. D’abord, toute une partie du monde (dont les Etats-Unis) est relativement peu concernée par le sujet. Ensuite, des compagnies agro-alimentaires à capitaux chinois constituent des pièces maîtresses de la filière mais elles sont plutôt discrètes quant à leurs intentions. Les principaux pays de consommation (Inde et Chine) sont également peu diserts. Les populations affectées par l’industrie de la palme dans les pays de production ont, quant à elles, du mal à avoir voix au chapitre. Enfin, les Etats dans leur ensemble brillent par leur absence dans ces efforts de régulation internationale encore balbutiants.  5


Fiche d’identité


FICHE D’IDENTITE

La championne du monde des huiles végétales Bien que près de la moitié des aliments transformés en contiennent, que bon nombre de cosmétiques aussi et que de plus en plus de véhicules l’utilisent comme carburant, l’huile de palme est pourtant méconnue des Occidentaux. Elle est à la fois l’huile issue de pays tropicaux lointains, elle arrive en Europe par voie maritime puis rejoint les rayons des supermarchés. Elle y est difficilement identifiable dans la liste de composition de très nombreux produits, noyée dans les appellations « huile végétale » ou « matières grasses végétales ». Elle est l’huile issue de plantes à la fois la plus produite (46,6 millions de tonnes par an, soit un tiers de la production mondiale) et la plus consommée (devant l’huile de soja). Sa demande est en croissance de 3 % par an depuis trente ans, tirée par une sollicitation sans cesse grandissante. L’huile de palme est obtenue par la pression de la pulpe des fruits du palmier à huile. Ce végétal est une herbe géante qui peut atteindre plus de 20 m de haut. Il appartient à la famille des monocotylédones, plantes à fleurs auxquelles se rattachent les palmiers mais aussi les orchidées et les graminées. L’huile de palme non raffinée, issue d’une pression à

froid, est de couleur rouge orangée. L’amande du fruit, après broyage, donne l’huile de palmiste qui est de couleur blanche. Le palmier à huile ne pousse que dans les pays tropicaux humides : le Golfe de Guinée en Afrique – d’où il est originaire, l’Amazonie et l’Amérique Centrale, et enfin l’Asie du SudEst où il est de loin le plus présent aujourd’hui. 15 millions d’hectares au total sont plantés dans le monde. Les caractéristiques de l’huile de palme la rendent intéressante pour l’industrie agro-alimentaire. Elle est de loin la moins chère du marché (environ 1 000 $ la tonne fin 2010), même si les cours sont nettement orientés à la hausse. Le rendement du palmier à huile, avec 5 950 litres par hectare et par an, est cinq fois supérieur à celui de l’arachide ou du colza. Les palmiers à huile font l’objet de monocultures organisées en plantations tropicales sur des terres déboisées, utilisant une main d’œuvre très bon marché. Les récoltes ont lieu plusieurs fois par an pendant la période de maturité de la plante, laquelle dure vingt ans environ. Par ailleurs, l’huile de palme est solide à température ambiante (ce qui l’assimile plutôt à une graisse), supporte bien les hautes températures, rancit peu et donne du moel-

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FICHE D’IDENTITE

leux aux aliments : pour toutes ces raisons, elle s’avère intéressante pour de nombreuses préparations alimentaires. Cette huile végétale est un ingrédient traditionnel dans les pays où elle est produite. Elle y est alors consommée crue. Elle est aussi – et le devient de plus en plus – un produit d’exportation. Dans ce cas, elle est utilisée raffinée et désodorisée. Ses utilisations vont à 80 % des cas à l’alimentation (margarines, plats préparés, brioches, céréales, biscuits, glaces, etc.), à 19 % à des produits non alimentaires issus de l’oléochimie (cosmétiques, savons, lubrifiants, bougies, produits pharmaceutiques, etc.) et pour le 1 % restant à la production d’un agrocarburant, le biodiesel (27 % des usages pour l’Union européenne). Le début de l’exploitation industrielle de la palme à des fins d’exportation remonte aux dernières décennies du XXème siècle. Deux pays, l’Indonésie et la Malaisie, concentrent

aujourd’hui à eux seuls 87 % de la production mondiale. La Malaisie, longtemps premier pays producteur, vient d’être détrônée par l’Indonésie. D’autres pays comme la Thaïlande, la Colombie ou la Papouasie-Nouvelle Guinée sont en compétition pour accéder au podium. Du coté des consommateurs finaux, l’Inde, la Chine, l’Union européenne et le Pakistan représentent 60 % des débouchés à l’export. L’Europe des 27, à elle seule, en accapare près de 15 %. L’avenir de la palme est donc avant tout lié au devenir des puissances géantes émergentes du continent asiatique, qui combinent les populations les plus nombreuses du globe et des taux de croissance élevés.

Une filière aux acteurs multiples La filière de l’huile de palme est complexe. Elle met en jeu de nombreux acteurs à la taille et aux intérêts variés.

Deux pays produisent presque toute l’huile de palme dans le monde

Autres 14%

Indonésie 47%

Malaisie 39% Source : Oil World, 2010

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FICHE D’IDENTITE

Production d’huile de palme dans les 4 pays Sujet / pays

Indonésie

Malaisie

Thaïlande

Papouasie NG

Surface totale du pays (Millions Ha)

181,16

32,85

51,29

45,29

% de surface forestière

46,78

62,73

28,19

64,39

% de surface agricole

26,77

23,95

38,66

2,30

Surface huile de palme récoltée (Millions Ha)

5,00

3,90

0,45

0,096

% surface dédiée à l'huile de palme par rapport à la surface agricole

10,31

49,56

2,28

9,23

85

83

9,27

1,4

17,00

21,28

20,08

14,58

44

41

76

42

Rendement FFB* (millions de t) Productivité FFB* (t/Ha) Surface de petits propriétaires (en %)*

Source: FAOSTAT (2008), * World Bank (2010) Dr Yotsawin Kukeawkasem - Round Table Palm Oil Nov 2010 * FFB: fresh fruit bunch, soit grappe de fruits frais

Les planteurs familiaux représentent 60 % du secteur des plantations à l’échelle mondiale. Dans un pays comme l’Indonésie, ils exploitent plus de 40% des surfaces de palmiers. Leur activité peut s’avérer très profitable à condition qu’ils aient eu au départ les capacités financières d’investir dans la création d’une palmeraie, l’achat d’un pressoir et la fourniture des intrants. C’est pourquoi il s’agit souvent de citadins ayant un travail en ville et décidant de consacrer leurs économies à ce placement juteux. Le fruit du palmier exige d’être pressé très vite une fois cueilli. Une première industrie de transformation, pour la pression à chaud et le raffinage, a donc vu le jour en Asie du Sud-Est à proximité des sites de production. Les plantations et ces entreprises de transformation sont en partie exploitées par des groupes alimentaires d’importance régionale, comme Sime Darby, n° 1 du secteur ou Sinar Mas. Ceux-ci, installés en Malaisie (Sime Darby), en Indoné-

sie (Sinar Mas) ou à Singapour sont tous sous le contrôle de capitaux chinois et exercent aussi des activités de négoce international. Les multinationales occidentales de l’agro-alimentaire apparaissent surtout dans les phases suivantes de négoce, fabrication de biens de consommation et distribution. Elles se sont retirées il y a longtemps du contrôle direct des plantations. Le groupe Unilever était jusqu’en 2010 le premier consommateur mondial d’huile de palme (3 %). Signe des temps : il est en passe de se faire détrôner en 2011 par la société finlandaise Nesteoil, détentrice d’un nouveau procédé d’utilisation de ce produit à des fins d’agrocarburant. 

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CONTROVERSES


CONTROVERSES

La culture de la palme met à mal le développement durable C’est l’heure de la pause au bureau. Le slogan « Have a break » apparaît à l’écran. Un employé, l’air fatigué, enlève l’emballage d’une barre chocolatée Kit Kat et croque dans le biscuit sans le regarder. Stupeur : la barre énergétique est en fait une patte poilue. Du sang gicle sur un clavier. Un slogan apparaît à l’écran : « Accordez une pause aux orangs-outans ». Ce clip réalisé par Greenpeace en 2009 a créé le buzz sur Internet. Son but était de faire pression sur Nestlé, titulaire de la marque Kit Kat, afin que la multinationale cesse ses approvisionnements auprès du principal producteur indonésien d’huile de palme, Sinar Mas, via sa filiale Smart. Cette entreprise indonésienne est dans le collimateur de l’ONG écologiste car jugée responsable de la destruction de nombreuses forêts, au mépris des règlementations et de la volonté des populations locales. Mission accomplie : Nestlé a cessé de s’approvisionner auprès de Sinar Mas début 2010. L’orang-outan est le symbole des méfaits attachés à la production massive d’huile de palme. Sa disparition programmée est liée à la destruction de son habitat naturel (la forêt primaire des îles de Bornéo et Sumatra) au profit de plantations de palmiers à huile. En outre, la controverse touche en fait tous les aspects du développement durable : l’environnement, le social et l’économique. La question sanitaire la complète. L’essor effréné de l’huile de palme a comme première conséquence la déforestation. Les forêts tropicales primaires sont de grands réservoirs de biodiversité. Or ceux-ci, d’une richesse inégalée, sont menacés. Plus d’un million d’hectares de forêt disparaissent chaque mois, soit l’équivalent d’un terrain de football toutes les deux secondes. La destruction des forêts primaires tropicales est due à l’origine à l’exploitation du bois d’œuvre. L’industrie de la pâte à papier et de l’huile de palme prennent aujourd’hui le relais, notamment dans les zones forestières des grandes îles du sud-est asiatique où se concentre une bonne partie de la production mondiale d’huile de palme.

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CONTROVERSES

Alain Rival, spécialiste de la filière palmier à huile au CIRAD, un institut français de recherche agronomique pour le développement, relativise le lien entre déforestation et plantations : « Sur 21 millions d’hectares de forêt primaire qui ont disparu en Indonésie entre 1990 et 2005, seulement 3 millions correspondent à la création de palmeraies ». Chez Greenpeace comme dans la plupart des autres ONG, on insiste au contraire sur la véracité de ce lien, même si l’on concède que d’autres productions sont aussi en cause. Et de souligner que 3 millions d’hectares constituent une superficie considérable, équivalente à la superficie de la Belgique.

Une cause du réchauffement climatique Les forêts sont détruites en particulier via des incendies volontaires gigantesques qui libèrent d’énormes quantités de CO2, particulièrement en zones de tourbières comme dans la région de Riau sur l’île de Sumatra. On estime que la déforestation est à l’origine d’un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’Indonésie est ainsi devenue le troisième contributeur mondial à cette cause majeure du réchauffement de la planète. Replanter des palmiers à huile ne permet pas de recréer des stocks de carbone : une forêt tropicale dense humide en contient 150 tonnes par an alors qu’une palmeraie en séquestre au mieux entre 30 et 35 tonnes. La culture du palmier à huile requiert enfin d’énormes quantités d’engrais très polluants et de très grandes quantités d’eau. Il s’agit d’une monoculture exclusive : rien ne pousse sous les palmiers et, au bout de vingt à vingt-cinq ans d’exploitation intensive, la plante laisse souvent la place à un sol inculte. Sur le plan social, la culture du palmier est aussi sujette à toutes les critiques des mêmes ONG. Les forêts détruites privent les populations autochtones de leur principale ressource et de leur mode de vie ancestral. Les habitants dépossédés de leurs terres deviennent les employés des plantations et des usines de transformation pour des salaires dérisoires. Ils sont victimes d’accidents fréquents et souffrent d’affections liées à l’utilisation de produits nocifs pour la santé. En matière économique enfin, l’huile de palme est une culture tropicale de rente délibérément tournée vers l’exportation. Pour les ONG de développement, ce type de production met en péril la souveraineté alimentaire des pays producteurs. Elle se réalise pour elles au détriment du maintien d’une agriculture paysanne tournée vers la production vivrière. Le dernier usage en date de l’huile de palme, en tant qu’agrocarburant, est encore minime en valeur. Il contribue cependant à doper l’ensemble d’une filière qui se satisfaisait jusque là du peu de publicité faite autour de « l’or orange ». Le courant d’opinion critique apparu dans les pays occidentaux prend appui sur ce développement. Ses attaques vont bien au-delà de la simple défense de quelques grands singes insulaires d’Asie du Sud-Est. Elles mettent en cause les fondements d’un modèle de production aux enjeux stratégiques majeurs.  12


CONTROVERSES

Interview Professeur Yvon Carpentier : « Une composition moins bonne que le lard » Le Professeur Yvon Carpentier enseigne la biochimie pathologique et la nutrition à l’Université libre de Bruxelles. Il dirige également la clinique des lipides de l’hôpital Erasme. Le Pr Carpentier participe au groupe nutrition du Conseil supérieur de la santé qui devait remettre fin 2010 un rapport sur l’huile de palme. Que faut-il penser de l’huile de palme en termes nutritionnels ? Yvon Carpentier : La composition de l’huile de palme est moins bonne que le lard. C’est l’une des rares huiles végétales à être extrêmement riche en mauvais acides gras saturés, susceptibles d’influer sur le mauvais cholestérol. Certains acides gras saturés ne sont pas si mauvais : c’est le cas de l’acide stéarique en particulier. Les acides gras palmitiques (dont l’huile de palme regorge) et myristiques (très présents dans le beurre et la crème fraîche) augmentent au contraire le taux de cholestérol.

Quelles recommandations consommateurs ?

faites-vous

aux

Y.C. : Si on veut utiliser une graisse relativement solide, il faut le faire avec une huile riche en acides gras saturés. Je sais qu’on est en train d’en développer une de meilleure qualité sanitaire que l’huile de palme actuellement aux Etats-Unis. Sinon, il faut préférer les huiles liquides, comme l’huile de tournesol ou celle d’olive. Je pense qu’il faut qu’il y ait une mention plus explicite de composition sur les étiquettes des produits alimentaires. Ensuite, tout est question de quantité : on peut consommer de l’huile de palme mais si on ne sait pas où elle se trouve, on risque d’en consommer trois ou quatre fois plus que ce qui est permis. J’invite ceux qui le souhaitent à se référer pour plus d’information au rapport du groupe nutrition du Conseil supérieur de la santé. (Voir p. 30)

Dans quels produits la trouve-t-on ? Y.C. : Le problème, c’est que les consommateurs en ingèrent sans le savoir et les artisans transformateurs en utilisent également sans être au courant. Toutes les grandes sociétés agro-alimentaires l’incorporent en cachette et la présentent en magasin sous la mention « huiles végétales ». On en trouve ainsi dans des préparations pour bébés, des aliments de santé pour le 3ème âge et des aliments bios. L’apport principal concerne cependant la pâtisserie et la briocherie.

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CONTROVERSES

Interview « Une plante typique des zones équatoriales humides »

Sabine Danthine

Guy Mergeai

Les chercheurs de la faculté de Gembloux (Belgique) travaillent sur l’huile de palme depuis de nombreuses années. Guy Mergeai, chargé de cours en phytotechnie tropicale, relate qu’un certain R. Vanderweyen, qui œuvrait au Congo belge pour le compte de l’institut de recherche agronomique, a été à l’origine d’une découverte majeure sur l’hybridation des palmiers à huile en 1939. Aujourd’hui encore, les variétés tenera, hybrides des dura et des pisifera, combinent une coque épaisse et une pulpe fournie et forment la totalité des palmiers exploités dans le monde. « Le palmier à huile est une plante typique des zones équatoriales humides », explique Guy Mergeai. Sa zone de prédilection se situe à 10° maximum de part et d’autre de l’équateur, là où les précipitations sont continues, de l’ordre de 1 800 mm d’eau par an (700 mm en Belgique). « C’est le champion du monde de la transformation de l’énergie solaire en matière grasse. Il est imbattable en termes de productivité de surface », précise le chercheur. Le potentiel du palmier à huile est directement lié au niveau de pluviosité, car il craint avant tout le stress hydrique. Sabine Danthine est une spécialiste des huiles alimentaires à la même faculté de Gembloux. Elle explique les nombreuses étapes qui permettent de passer du fruit (un ensemble de petits fruits regrou-

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pés en grappes) à la graisse incorporée aux produits de l’industrie agro-alimentaire : « Très vite après la cueillette, il y a une étape de stérilisation pour limiter les altérations dues à des lipases présentes dans le fruit. Cette cuisson facilite aussi l’égrappage. Le fruit est malaxé à haute température. L’huile de palme brute est obtenue à partir de la pulpe, par pression. Les amandes sont séchées et craquées ; l’huile de palmiste en est extraite, parfois à l’aide d’un solvant. Le raffinage de l’huile de palme brute est un ensemble de techniques qui permettent de la rendre comestible. On enlève les éléments indésirables par procédés chimiques ou physiques. L’huile de palme est désacidifiée, blanchie et désodorisée. On obtient un produit pâteux de couleur blanche, semi-solide, que l’on peut fractionner de façons multiples en parties solide et liquide et obtenir ainsi des produits dérivés ». Sabine Danthine considère que cette huile est plutôt à éviter d’un point de vue sanitaire en raison de son taux élevé d’acides gras saturés (presque la moitié de sa composition). Dans le même temps, ceuxci sont nécessaires pour donner aux produits une texture adaptée aux besoins de l’industrie agro-alimentaire. Le débat est ainsi posé, résume l’universitaire, entre les arguments technologiques qui plaident en faveur de l’huile de palme et les arguments nutritionnels qui vont à son encontre. (Lire à ce sujet l’interview du Pr Yvon Carpentier, page 13)


CONTROVERSES

L’Indonésie sous le feu des critiques En matière d’huile de palme, un pays concentre tous les regards. L’Indonésie en est le premier producteur au monde avec 21,5 millions de tonnes pour la saison 2009-2010 (45 % de la production mondiale). Son dauphin et ex-leader, la Malaisie, a quant à elle arrêté son expansion il y a quelques années. Les investisseurs malais sont aujourd’hui très actifs dans l’achat de plantations… en Indonésie. Les palmiers à huile ont été introduits au début du XXème siècle dans le pays par l’agronome belge Adrien Hallet. L’expansion de la palme dans l’archipel date de l’ère Suharto et repose sur la mise en œuvre de grands projets industriels puisant dans les ressources inexploitées des grandes îles du pays : Kalimantan (Bornéo) et Sumatra en tête. Elle accompagnait alors une politique de transmigration, c’est-à-dire de déplacements de populations des îles surpeuplées du centre de l’archipel comme Java vers ces territoires périphériques peu habités. Entre 4 et 6 millions d’hectares de terres, selon les sources, sont aujourd’hui exploités en Indonésie en plantations de palmiers à huile, dont 3 millions d’hectares (soit, rappelons-le, la superficie de la Belgique) provenant de la conversion récente de forêts primaires. Il s’agit d’une partie d’un phénomène de déforestation très important. Greenpeace Belgique estime à 74 millions d’hectares (deux fois le territoire de l’Allemagne) les superficies de forêts détruites dans le pays depuis 50 ans. 40 % du couvert d’origine du pays auraient ainsi disparu. Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) estime qu’au rythme actuel, cette forêt originelle sera détruite à 98 % en 2022. Parmi les sociétés indonésiennes exploitant la palme, quelques-unes sortent du lot, à commencer par le leader national du secteur : Sinar Mas. Cette entreprise a la particularité d’être aussi l’un des principaux acteurs du secteur de la pâte à papier via sa filiale APP, deuxième gros contributeur de la déforestation en Indonésie. Pour cette raison, elle est l’objet de toutes les attentions des ONG environnementalistes. Greenpeace a publié en 2009 un rapport intitulé « La face cachée de Sinar Mas », dénonçant les pratiques illégales du conglomérat en matière de déforestation, alors même que deux autres de ses filiales (dont Smart, visée par l’ONG) participent à la Table ronde sur l’huile de palme durable (RSPO). Le rapport montre ainsi que Sinar Mas n’a pas jugé bon de recourir aux permis pourtant obligatoires pour déboiser des forêts avant d’y établir des plantations. Ailleurs, la déforestation a été menée sans que les impacts environnementaux n’aient été évalués au préalable, comme la loi l’exige. L’entreprise a également détruit des forêts situées sur des tourbières de plus de trois mètres de profondeur, ce qui est contraire aux principes et critères de la RSPO. 15


CONTROVERSES

Précieuses tourbières Greenpeace est d’ailleurs particulièrement attentif à l’avenir des tourbières indonésiennes, en raison de la capacité de ces sols fragiles à stocker du carbone. L’ONG a mené fin 2007 une étude sur les tourbières de la province de Riau, sur l’île de Sumatra, où se situent un quart des plantations indonésiennes de palmiers à huile. Ces sols présentent la concentration en carbone par hectare la plus élevée au monde : 14,6 Gt de carbone, soit 40 % du carbone des tourbières d’Indonésie sur une surface de la taille de la Suisse. Or de nouvelles concessions sur sols tourbeux ne cessent d’être accordées à Riau, laissant présager la libération de quantités importantes de CO2 dans l’atmosphère. Qu’en disent les Indonésiens ? Sur le plan social, les paysans et les peuples indigènes sont les premiers touchés par l’expansion de la palme. Ils se voient dépossédés de leur propre terre, de façon parfois brutale, en dépit des droits coutumiers régissant leur propriété. Thibault Simonet, de l’ONG Frères des Hommes, a recueilli le témoignage de plusieurs d’entre eux lors d’une mission en Indonésie en 2010. Ceux-ci mettent en cause les pratiques de Sinar Mas. Un homme explique : « Avant 1994 et l’arrivée de la compagnie, on pouvait développer librement nos plantations ». « Aujourd’hui, disent ces paysans, nos familles sont menacées, parfois des maisons sont brûlées ». Des organisations les rassemblent pour faire valoir leurs droits et mener des actions de plaidoyer à l’échelle nationale et internationale, en lien avec les ONG internationales de défense de l’environnement. Le Consortium pour la réforme agraire (KPA) regroupe ainsi plus de 250 organisations paysannes indonésiennes pour une reconnaissance du droit à la terre. Sawit Watch, observatoire indépendant de l’huile de palme, leur apporte son appui juridique et mène des actions de plaidoyer international. L’Institut de Dayakologie concentre son action sur la préservation de la culture dayak de l’île de Kalimantan, mise à mal par l’expansion de la palme. Walhi, une autre organisation, filiale locale des Amis de la terre, sensibilise quant à elle les populations urbaines du pays à la question.

Rendements moyens par an (tonnes d’huile par hectare) Palmier à huile: 3.68 Colza: 0.59 Tournesol: 0.42 Soja: 0.36 Source : Oil World

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CONTROVERSES

Agrocarburants :

un nouvel usage en débat Le 23 janvier 2008, la Commission européenne propose aux Etats membres de l’Union un objectif de 10 % d’incorporation de carburants d’origine végétale dans les carburants routiers d’ici 2020. Il s’agit de réduire avec ces agrocarburants (ou biocarburants) la part des énergies fossiles dans les moteurs des véhicules européens. Or à la date de cette décision, l’Union ne peut assurer la production sur son seul territoire que de 1 % de ses besoins en agrocarburants et, à terme, que de 3 à 5 %. Le reste, elle doit aller le chercher ailleurs. Deux types de carburants d’origine végétale existent à ce jour. Le bioéthanol est obtenu à la partir de la fermentation de matières riches en sucre ou en amidon, comme le maïs, la betterave ou la canne à sucre. Destiné à alimenter les moteurs à essence, il domine jusqu’à présent le marché. Le biodiesel contient une proportion d’huiles de colza, de tournesol, de soja ou de palme. Il sert de carburant pour les moteurs diesel. L’Union européenne a fait le choix de développer le biodiesel. Le colza et le tournesol, plantes de climat tempéré, fournissent pour l’instant la plus grande partie des besoins. Désormais, les cultures tropicales sont sollicitées, au premier rang desquelles le palmier à huile. Le procédé que vient de mettre au point Nesteoil en Finlande lève l’obstacle constitué par le point de solidification bas de l’huile de palme. Dé-

sormais, celle-ci pourra être utilisée presque pure.

« sans conduire à la réduction des gaz à effet de serre ».

Manque de clarté

Les ONG coalisées exigent que l’objectif de 10 % d’incorporation soit revu à la baisse sans tarder à hauteur de 4 %. Comme autres mesures, elles proposent aux Européens de diminuer leur consommation de carburants, en adoptant des plans de mobilité construits sur un usage prioritaire des transports en commun. Elles demandent l’institution de critères de durabilité sur la provenance des productions végétales à usage d’agrocarburant, comme l’interdiction de l’expulsion de personnes ou de l’accaparement des terres.

Les ONG dénoncent « l’effet pompe » de la directive européenne de 2008. Pour elles, cette décision crée en effet une tension sur les prix dans les pays producteurs. Les Indonésiens sont ainsi victimes de la hausse du prix de la palme et ont du mal à s’en procurer à un prix correct, expliquent certaines organisations locales. « L’Etat belge manque de clarté sur la question », dénonce An Lambrechts, chargée de la campagne forêts à Greenpeace. D’un côté, la Belgique a choisi de mener une lutte ambitieuse contre la déforestation et les changements climatiques. De l’autre, elle s’engage à relayer la décision de la Commission européenne de 2008. « Il ne devrait pas être possible à l’Etat de promouvoir des produits issus de la déforestation comme l’huile de palme pour atteindre ses objectifs d’incorporation d’agrocarburants », estime-t-elle. Le son de cloche est le même à Oxfam Solidarité. Brigitte Gloire, en charge du développement durable et du climat, participe à une campagne d’ONG européennes basées à Bruxelles sur le changement climatique. La directive sur les agrocarburants contribue, selon elle, à « l’accaparement de terres » dans les pays du Sud, au détriment de leur souveraineté alimentaire et

« Ce type de production, précise Brigitte Gloire, conduit à remplacer la production agricole vivrière durable au profit d’un modèle agroindustriel qui induit des disparitions d’emplois, des dommages environnementaux et une perte de pouvoir en termes de souveraineté alimentaire ». Pour elle, la hiérarchie des priorités en matière d’usage des sols devrait être la suivante : « En premier lieu, il s’agit de répondre à la demande alimentaire. Si cet usage est réalisé, on peut affecter les sols à la production de matières comme le coton ou le bois. En troisième lieu seulement, ils peuvent être affectés à une fonction énergétique : d’abord à l’utilisation de biomasse, ensuite seulement à la production de carburants ». 

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Vers une huile de palme durable


VERS UNE HUILE DE PALME « DURABLE »

La Table ronde : un outil pour moraliser la filière Le premier bateau chargé d’huile de palme certifiée durable (CSPO – Certified Sustainable Palm Oil) est arrivé dans le port de Rotterdam en novembre 2008, chargé de 500 tonnes d’huile de palme en provenance de Malaisie. Fin 2010, la production certifiée atteint 7,5 % du marché (environ 3,5 millions de tonnes annuelles) et ce pourcentage ne cesse d’augmenter. Selon les acheteurs, d’ici cinq ans, 40 % de l’huile de palme devrait répondre aux principes et critères de la RSPO. La Table ronde pour une huile de palme durable est née officiellement à Zürich en 2004, sous l’impulsion de l’entreprise suisse Migros, la première à utiliser de l’huile de palme durable dès 2001. Parmi les fondateurs on trouve WWF. L’ONG internationale de défense de l’environnement s’était auparavant beaucoup impliquée dans la création du FSC (Forest stewardship council) qui a mis au point un système de certification pour le bois. D’autres multinationales de l’agro-alimentaire (dont Unilever) faisaient partie de ce tour de table d’origine. L’objectif était de « moraliser » cette filière promise à un bel avenir. De façon plus pragmatique, pour les entreprises, l’initiative devait aussi permettre de sécuriser leur activité face aux pressions de plus en plus insistantes des lobbies occidentaux pro-environnement. La RSPO est une initiative regroupant des acteurs multiples, dédiée à la promotion d’une huile de palme durable sur toute la planète. Près de 500 organisations en sont membres ou associées : une très grande majorité d’entreprises représentant 40 % de l’huile de palme mondiale (producteurs, triturateurs, négociants, industries agro-alimentaires, distributeurs et banquiers) et une vingtaine d’ONG. Les Etats en sont absents.

Huit principes, trente-neuf critères La RSPO siège à Djakarta (Indonésie) et Kuala Lumpur (Malaisie) et possède une antenne de communication à Bruxelles. Ses deux principaux responsables sont européens : le Néerlandais Jan Kees Vis, responsable de l’agriculture durable chez Unilever (président) et l’Ecossais Adam Harrison, responsable de l’alimentation et de l’agriculture à WWF (premier vice-président).

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Production de l’huile de palme: > Nombreux intermédiaires Petits propriétaires

Palmeraies

Moulins à huile

Stockage, transport, expédition

La Table ronde s’est dotée, en 2005, de huit principes et trente-neuf critères faisant référence au développement durable (lire la liste des principes dans l’encadré). La certification elle-même a débuté en 2008 avec le premier chargement pour Rotterdam. Cette dernière s’appuie sur plusieurs niveaux principaux. Le premier d’entre eux, dénommé « book and claim », repose sur un système de certificats équivalent à celui mis en place pour les émissions de CO2. Les producteurs enregistrent la partie « durable » de leur production (et tracée comme telle) auprès du programme de certification GreenPalm. Un certificat leur est délivré pour chaque tonne d’huile produite ainsi. Les négociants achètent ces certificats et versent une prime directe aux producteurs. Ils obtiennent en échange la possibilité de communiquer sur leur soutien au développement durable mais, en réalité, n’achètent pas eux-mêmes de l’huile durable. Les autres niveaux apportent tous une garantie plus ou moins élevée de traçabilité. Le deuxième, appelé « mass balance », combine l’achat d’huile de palme conventionnelle et durable. Dans le troisième niveau, dit « segregated », toute l’huile est certifiée et tracée du début à la fin de la chaîne d’approvisionnement ; elle est totalement séparée (ségrégée) de l’huile conventionnelle. Un quatrième niveau, nommé « identify preserved », existe, bien qu’il ait vocation à rester marginal et à s’adresser à un marché de niche. Il apporte une traçabilité maximale dès la plantation d’origine.

Raffineurs et mélangeurs

Fabricants d’ingrédients

L’organisme de certification néerlandais UTZ-Certified (qui a fait ses armes dans le café « responsable ») pilote ces derniers niveaux de certification, avec l’objectif avoué de tirer toute la filière vers le haut, c’est-à-dire en pratique vers une huile la plus ségrégée possible. Sur les 7,5 % d’huile certifiée durable, moins d’un tiers serait aujourd’hui de l’huile ségrégée. De plus, à peine plus de la moitié de l’huile durable produite trouve preneur. Première victoire cependant : les milieux d’affaires liés à l’huile de palme aux Pays-Bas se sont engagés à ce que leur pays ne commande que de l’huile certifiée durable à l’horizon 2015. 

Les huit principes de la RSPO Fabricants de produits finis

Distributeurs 20

1. Engagement de transparence. 2. Respect des lois. 3. Engagement sur un développement économique à long terme. 4. Utilisation de bonnes pratiques de culture et de broyage. 5. Responsabilité environnementale. 6. Respect des employés et des communautés. 7. Engagement sur les nouvelles plantations. 8. Engagement d’amélioration permanente.


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Les acteurs partagés sur les travaux de la RSPO Une chose est sûre : les initiatives de la RSPO ne laissent personne indifférent. Du côté des ONG, le spectre va de l’adhésion pleine et entière au refus catégorique de la consommation d’huile de palme, même certifiée durable. Le WWF, en tant que fondateur de la Table ronde, est le plus impliqué dans sa gestion. « Notre travail est de faire en sorte que les entreprises achètent de l’huile de palme durable. Il faut que les acheteurs se bougent maintenant », précise Jean-Philippe Denruyter, chargé des énergies renouvelables au WWF international. Un intérêt que l’agronome Alain Rival, du CIRAD (Centre français de Recherche Agronomique pour le développement), résume autrement : « L’enjeu, c’est d’accroître les rendements sans compromettre l’avenir de la planète. Ce qui nous intéresse, c’est que dans les pays producteurs, les enfants puissent aller à l’université parce que leurs parents se seront enrichis grâce à la palme. Cela ne pourra se faire que si l’on asseoit la durabilité sur des bases sérieuses au sein de la RSPO ». « Il faut aller vers 100 % d’huile de palme ségrégée », confie de son côté Cécile Lachaux, de TFT (The forest trust). Forte de son expérience de certification FSC des forêts, cette ONG anglaise a choisi récemment d’adhérer à la RSPO et d’y accompagner les entreprises dans leur démarche de certification. TFT travaille pour l’heure avec Nestlé et, depuis peu, avec le distributeur français Leclerc. Elle les guide dans leur plan d’action vers la durabilité avec la volonté d’aller au-delà des principes et critères de la RSPO.

Pas de remise en cause Aller au-delà des engagements prévus par la Table ronde : les ONG critiques (dont Greenpeace et les Amis de la Terre) ne disent pas autre chose. Sauf que, pour leur part, elles soulignent d’abord les limites d’un dispositif où, par exemple, l’adhésion des entreprises s’effectue sur une base volontaire et sans obligation de certification. Un système qui offre certes une garantie ferme contre le déboisement des forêts primaires, mais qui ne fait que conseiller, sans l’imposer, d’éviter la destruction des forêts secondaires ou des tourbières. Un système enfin qui ne remet pas en cause le modèle agricole de monoculture d’exportation et ses effets socio-économiques destructeurs. Greenpeace, en particulier, entend faire bouger la RSPO grâce à des campagnes d’opinion dont il a le secret. En 2008, une première campagne paro21

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Interview Adam Harrison : « L’industrie est en train de changer ses pratiques » Adam Harrison est chargé de l’alimentation et de l’agriculture au WWF et vice-président de la RSPO.

que l’industrie est en train de changer ses pratiques et a la volonté de le faire. Le défi sera de faire en sorte que la Chine et l’Inde produisent de manière durable. Comment répondez-vous aux critiques de certaines ONG qui estiment les résultats de la RSPO notoirement insuffisants au regard des enjeux ?

Pourquoi le WWF a-t-il joué un rôle moteur dans la fondation de la RSPO ? Adam Harrison : Pour réduire les impacts environnementaux de la déforestation dans les tropiques dus à la culture de l’huile de palme. La RSPO a mis en place des standards qui requièrent l’identification et la conservation de la forêt, laquelle joue un rôle crucial pour la faune et la flore mais aussi pour les communautés. Selon vous, y a-t-il une réelle volonté de la part des acteurs de la filière de modifier les règles ? A.H : Trois millions de tonnes d’huile de palme certifiée durable sont produites dont 60% sont achetées. Ceci montre que le démarrage est lent mais

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A.H. : La RSPO est un processus multi-acteurs dont l’objectif est d’améliorer la majorité de l’huile de palme produite et non de mettre en place un standard pour une niche que seuls les meilleurs pourront satisfaire. De ce fait, il s’agit d’un processus lent et il peut sembler que nous ne soyions pas en train d’obtenir les résultats dont nous sommes capables. Toutefois, en assurant un vaste soutien sur le long terme, nous réussirons à accroître l’impact de ce processus. N’y a-t-il pas des efforts à accomplir pour améliorer encore le standard établi ? A.H. : Oui, bien sûr. Il faut inclure l’impact de la production d’huile de palme sur le climat dans les standards RSPO et les membres doivent être encouragés à progresser plus vite. Ce sont deux questions, parmi d’autres, sur lesquelles nous travaillons.

diait une publicité pour les cosmétiques Dove, sur le thème de la déforestation. Derrière Dove, c’est Unilever, propriétaire de la marque, qui était touché, comme membre influent de la RSPO. Greenpeace demandait en effet l’adoption de mesures plus restrictives sur le déboisement et la protection des tourbières. Unilever a modifié ses pratiques et a entraîné une coalition de multinationales de l’agro-alimentaire derrière elle. Cela n’a pas été suffisant pour faire bouger les règles de la RSPO, en raison de l’opposition des planteurs. C’est pourquoi une deuxième campagne en 2009 a ciblé l’un des plus gros d’entre eux, le groupe Sinar Mas, via son client Nestlé et le fameux clip « Have a break » parodiant une publicité pour les barres Kit Kat. Ces ONG reconnaissent qu’on ne peut se passer de l’huile de palme, mais qu’il s’agit d’en moraliser la chaîne de production bien au-delà de ce que prévoit la RSPO. Il s’agit ainsi pour elles, par exemple, de maintenir la culture des palmiers dans des zones déjà dégradées et non de déboiser les forêts primaires. Il faut, disent-elles aussi, promouvoir des systèmes culturaux dont les agriculteurs des pays du Sud sont les principaux bénéficaires. En 2010, Greenpeace fait pression sur le gouvernement indonésien pour obtenir un moratoire sur la déforestation.

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Un troisième groupe, enfin, est dans une logique d’opposition totale à la RSPO. Pour lui, rien de bon ne peut sortir de ces discussions avant tout orientées vers les intérêts des entreprises. Une coalition d’ONG (dont, en Belgique, les Amis de la Terre et FIAN, mais aussi de nombreuses ONG latino-américaines et européennes) a signé ainsi une déclaration contre la RSPO à l’occasion de la tenue d’une conférence sur l’huile de palme tenue en Colombie en octobre 2008.

Les distributeurs prônent l’huile durable Du côté des entreprises, les avis ne sont pas moins divers sur l’intérêt de s’asseoir ou non à la Table ronde. Sans surprise, les plus impliquées sont les multinationales occidentales de l’agro-alimentaire. Unilever, Nestlé, Carrefour et Kraft se sont ainsi donné le mot pour ne plus s’approvisionner qu’en huile de palme durable d’ici 2015. PepsiCo, Casino et Findus vont plus loin et retirent totalement cette graisse végétale de leurs rayons. Les planteurs industriels, transformateurs et négociants du sud-est asiatique sont beaucoup plus discrets quant à leurs intentions. Placés sous influence chinoise, peu connus des courants d’opinion occidentaux (jusqu’à la campagne Sinar Mas de Greenpeace), ce sont aussi d’énormes groupes dont les pratiques évoluent lentement. Le groupe malais Sime Darby exploite ainsi 530.000 ha en palmiers à huile, pour un volume de 2,4 millions de tonnes, soit 6 % de la production mondiale d’huile de palme. Or qui connaît Sime Darby en Europe ? Quant aux producteurs familiaux, ils font l’objet d’un grand intérêt de la part de la RSPO. Le processus de certification les atteint difficilement, même si dans certains pays comme la Papouasie-Nouvelle Guinée, leur encadrement au niveau national les a emmenés d’un bloc vers la certification. La dernière réunion de la Table ronde, organisée à Djakarta en novembre 2010, a été l’occasion de célébrer le 25.000ème planteur familial certifié.

Les Belges Une douzaine d’entreprises belges sont membres de la RSPO à ce jour. Parmi elles, certaines adhèrent depuis la première heure comme le groupe d’agrobusiness anversois SIPEF (lire l’interview de son directeur général page 24). D’autres ont rejoint le dispositif plus récemment. C’est le cas du margarinier liégeois Aigremont. Philippe Thiry, son administrateur délégué, explique : « Nous avons choisi d’adhérer à la RSPO car cette démarche correspond à nos convictions. C’est une question de clairvoyance vis-à-vis de la déforestation ». Philippe Thiry ne croit pas qu’on puisse se passer d’huile de palme dans bon nombre de produits de l’industrie agro-alimentaire : « C’est aussi ridicule que si on voulait fabriquer des biscuits sans farine ». Son entreprise est la première en Belgique à avoir la capacité de commercialiser de l’huile ségrégée. Le dirigeant d’entreprise se demande désormais quand les chaînes de supermarché seront prêtes à payer plus pour acheter des produits à base d’huile de palme certifiée durable.  23


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Interview François Van Hoydonck : « Il faut trouver le bon équilibre entre protection et développement » François Van Hoydonck est directeur général de la société SIPEF, membre de la RSPO depuis 2005. L’huile de palme représente plus de 70 % du chiffre d’affaires de ce groupe d’agrobusiness belge.

Comment voyez-vous évoluer le marché de l’huile de palme dans les années à venir ? F.V.H. : L’huile de palme connaît une forte demande, tout comme les autres huiles végétales. C’est le résultat de l’augmentation du nombre d’habitants sur la planète et de la croissance du pouvoir d’achat de bon nombre d’entre eux, caractérisée par une demande accrue de graisses et de viandes consommées. La demande augmente surtout en Extrême-Orient où l’huile de palme est la plus appréciée des huiles végétales. De plus, si on assiste à une pénurie de terres cultivables, l’huile de palme est la plus avantageuse pour procéder à des extensions, sachant qu’un hectare de palmiers produit au moins six fois plus d’huile à l’hectare que le soja ou le colza. En quoi l’huile de palme durable représente-telle un enjeu stratégique pour votre activité ? F.V.H. : Nous sommes convaincus qu’à terme on ne pourra produire que de l’huile durable, sachant que le consommateur demandera une responsabilité du producteur au niveau de la protection des zones forestières dans le monde et des zones fragiles comme les tourbières qui concentrent énormément de CO2. Nous sommes aujourd’hui certifiés à concurrence de 70% de notre production mais avons déjà passé l’audit pour l’être à 100% avant

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la fin de l’année 2010. L’huile durable devient un élément incontournable de notre stratégie et nous sommes convaincus de devoir travailler dans ce sens pour l’avenir de notre groupe situé en Europe avec un actionnariat européen. Comment considérez-vous les interventions de différentes ONG sur le sujet ? F.V.H. : Le monde a besoin de ces organisations pour défendre l’intérêt de la nature et obliger les producteurs et les consommateurs à en tenir compte, sans quand même bloquer le développement des pays émergents qui ont besoin de développement rural pour faire bénéficier les gens d’un meilleur avenir. Il faut trouver le bon équilibre entre protection et développement. Les Européens ont beau jeu d’imposer leurs vues de conservation des forêts auprès des pays en développement, sachant qu’en Europe nous avons abattu tous nos arbres ces 100 dernières années pour contribuer à notre propre développement. Si on veut que les arbres restent dans les forêts en Extrême-Orient, les pays développés doivent payer pour compenser cette perte.


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L’huile de palme est devenue l’huile la plus produite dans le monde

Autres 19% Palme 30% Tournesol 8%

Soja 29%

Colza 14% Source : Oil World, 2010

La production mondiale d’huile de palme a augmenté rapidement x 1 million tonnes 50 40 30 20 10 0 Source : Oil World, 2010

1966

1976

1986

1996

2006

Les surfaces de culture de l’huile de palme ont augmenté de façon significative x 1 million hectares 15

Autres

10

Malaisie 5 Indonésie 0 Source : Oil World, 2010

1990

1999

2004

2006

2007

2008

2009 25


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Interview Stéphane Desgain : « La priorité, c’est l’autosuffisance alimentaire » Stéphane Desgain coordonne la Plateforme de la souveraineté alimentaire au nom du Centre National de la Coopération au Développement (CNCD – 11.11.11.).

Que vous inspire le développement actuel de l’huile de palme ? Stéphane Desgain : Notre plate-forme n’a pas pris de position sur l’huile de palme. Toutefois, au travers de nos revendications, nous touchons des questions relatives à cette production. De façon générale, nous n’oublions jamais de questionner les modèles agricoles. La priorité, pour nous, doit être d’assurer un certain niveau d’autosuffisance alimentaire, ce que garantit un modèle dans les mains des organisations paysannes. L’export, au contraire, n’est pas un modèle de développement fiable. Les richesses y sont mal distribuées. Des problèmes naissent avec la monoculture, à partir du moment où les acheteurs détiennent les terres et les usines. Or l’huile de palme est fondée sur un modèle tourné vers l’exportation. Que pensez-vous de l’initiative de la table ronde RSPO ? S.D. : Elle a été initiée pour répondre à la pression de campagnes environnementales. Les entreprises se sont dit qu’elles devaient s’en saisir pour essayer de sauver des marchés.

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La première chose que nous défendons à la plate-forme est une régulation publique. L’autorégulation a, la plupart du temps, servi à faire du « greenwashing » ou du « social washing » en cherchant à préserver le modèle de production en cours. Or dans le cas de l’huile de palme, il s’agit bien de l’importer principalement parce qu’elle est moins chère que d’autres huiles et graisses produites en Europe. L’initiative RSPO ne remet en cause ni les monocultures, ni la dégradation de l’accès à la terre pour les paysans, ni la priorité donnée à l’exportation dans les pays où une part importante de la population souffre de malnutrition, ni enfin l’inégalité du partage des revenus de l’exportation. Comment expliquez-vous ces manquements ? S.D. : Cette démarche vient pour l’instant beaucoup du Nord et il est vrai que la pression vient d’ONG situées dans les pays développés. Les usines de production de biscuits en Belgique sont passées du beurre à l’huile de palme. Il est nécessaire que les pouvoirs publics s’intéressent à cette question afin que la production d’huile de palme soit d’abord destinée aux besoins du Sud. S’il doit y avoir une régulation publique, par exemple des protections douanières pour limiter certaines exportations, l’argent dégagé doit être envoyé dans les pays producteurs pour soutenir leur agriculture.


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L’huile de palme bio en ébullition L’huile de palme bio concernerait 0,2 % des quantités vendues. Ce marché de niche est en émoi depuis l’expulsion de leurs terres, en janvier 2009, de 123 familles de paysans de la communauté de Las Pavas en Colombie. Le groupe agro-industriel Daabon a pris possession de ces 1100 ha pour en faire une plantation de palmiers à huile,, avec l’appui de l’organisme national chargé de la gestion du foncier. Daabon est connu en Europe pour être un très important fournisseur en huile de palme bio. C’est avant tout le leader de la palme en Colombie, qu’elle soit exploitée de façon bio ou classique, comme cela est prévu à Las Pavas. Le pays est devenu en moins de dix ans le premier producteur du continent américain et affiche de grandes ambitions liées à l’essor des agrocarburants. Le groupe Daabon est une entreprise dirigée par l’une des grandes familles qui contrôlent les pouvoirs locaux depuis la colonisation, proche du gouvernement central. Au niveau international, c’est un membre influent de la RSPO. La polémique a éclaté en Angleterre en septembre 2009 suite à un article du Guardian faisant état de manifestations de militants associatifs devant les enseignes The Body Shop. La marque de cosmétiques, filiale de L’Oréal, avait choisi de se fournir en huile de palme chez Daabon deux ans plus tôt. Depuis lors, les pratiques de l’ensemble de la filière en Europe sont remises en cause, d’autant que des informations circulent sur les pratiques douteuses du groupe. Claudia Guevara, ex-journaliste colombienne installée en France, auteur du Blog Avenue Colombie relate ainsi dans le détail les tenants et les aboutissants de l’affaire de Las Pavas. Elle dénonce « le problème d’éthique » posé par l’huile de palme bio colombienne et les faiblesses de la certification officielle. Elle-même incite aujourd’hui au boycott de toute forme d’huile de palme. Ce n’est pour l’instant pas le cas des distributeurs de la filière bio. Sur cette question, ils ne sont pas allés aussi loin (sauf The Body Shop) que les quelques distributeurs classiques qui refusent désormais de recourir à ce produit suspect. Les distributeurs ont lancé des audits en Colombie et Daabon s’est engagé à modifier certaines de ses pratiques, rien de plus. Si la polémique semble s’être calmée pour l’heure, le doute s’est cependant instillé dans une filière jusque là au-dessus de tout soupçon. 

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conclusion


CONCLUSION

De nombreux progrès restent à accomplir Plus de 90 % de l’huile de palme vendue à ce jour l’est encore sans le moindre critère de durabilité. Les 7,5 % d’huile certifiée durable sont toutefois appelés à croître rapidement dans les années à venir. La question sera de savoir quelle sera la qualité de cette certification. L’huile « ségrégée », la seule à pouvoir être vraiment qualifiée de durable, ne représente qu’une petite part de ces 7,5 % et peine à trouver preneur. Quant à l’huile de palme bio, il s’agit d’un marché très étroit (0,2 %), qui plus est soumis — on l’a vu — à de fortes turbulences depuis l’affaire de Las Pavas en Colombie. Enfin, l’huile de palme équitable est, pour sa part, encore très loin d’inonder le marché. Dans un communiqué du 18 mars 2010, FLO, qui rassemble de nombreuses organisations de labellisation « équitable » dont Max Havelaar, explique qu’il n’existe pas de standard de commerce équitable pour l’huile de palme qui soit reconnu internationalement. Ceci n’empêche toutefois pas des produits alimentaires reconnus équitables pour d’autres éléments de leur composition d’en contenir. Les produits Kit Kat, tant décriés par Greenpeace, sont d’ailleurs désormais certifiés comme produits du commerce équitable par la Fairtrade Foundation (système FLO) en Angleterre ; cependant seul le cacao utilisé y est garanti équitable. Un autre système, Fair For Life, certifie quant à lui, de façon marginale, de l’huile de palme équitable du Kenya. En somme, si le mouvement pour une production « moralisée » d’huile de palme est en route, de nombreux progrès restent à accomplir avant que ce progrès soit significatif. 

> Remerciements L’auteur remercie toutes les personnes qui l’ont aidé à recueillir les informations nécessaires à la rédaction de cette brochure, et en particulier, outre les personnes dont l’interview est publiée, Alain Rival, chercheur au CIRAD de Montpellier (France), Brigitte Gloire, d’Oxfam Solidarité Belgique et Jérôme Frignet, chargé de mission forêts à Greenpeace France.

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Documents > L  a face cachée de Sinar Mas. Rapport de Greenpeace. 2009. > L  a palme du réchauffement. Synthèse du rapport Cooking the climate. Greenpeace, novembre 2007. > L  a palma no se come (La palme ne se mange pas). Rapport de mission CNCD 11.11.11 en Colombie. Juillet 2009. > T  he impacts and opportunities of oil palm in Southeast Asia. What do we know and vhat do we need to know ? CIFOR 2009. > T  he oil for ape scandal : how palm oil is threatening orang-utan survival. Friends of the earth, septembre 2005.

Sites Internet > Deux sites pour la RSPO : - www.rspo.eu est l’adresse du site du bureau de communication européen de la Table ronde ; - www.rspo.org celle du site complet. - Tél : 32.2.231-5019 - e-mail : communications@rspo.eu. > Les certificateurs : - GreenPalm, www.greenpalm.org - UTZ certified, www.utzcertified.org > Diverses ONG et acteurs de la société civile : - WWF, www.panda.org et www.wwf.be ; - Greenpeace www.greenpeace.org et www.greenpeace.org/belgium ; - Friends of the earth (les Amis de la terre) www.foei.org ; - Oxfam Solidarité, www.oxfamsol.be ; - CNCD 11.11.11, www.cncd.be ; - The forests trust, www.tft-forests.org ; - CIRAD, www.cirad.fr ; - blog d’Avenue Colombie, http://avenuecolombie. workpress.com >

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Entreprises : - Unilever, www.unilever.com ; - Nestlé, www.nestle.com ; - Sinar Mas, www.sinarmasgroup.com (lien vers Smart) ; - Sime Darby, www.simedarby.com ; - SIPEF, www.sipef.be ; - Aigremont, www.aigremont.be - Le Conseil supérieur de la santé : www.health.belgium.be. Le rapport du groupe nutrition sur l’huile de palme devrait y être consultable courant 2011.


Trade for Development Centre Le Trade for Development Centre est un programme de la CTB (l’Agence belge de développement) pour la promotion d’un commerce équitable et durable avec les pays en voie de développement. Les 3 axes de travail du Centre

> Centre d’expertise C’est le centre d’expertise sur les thématiques d’aide au commerce, commerce équitable et commerce durable. Collecte, analyse et production d’information (enquêtes d’opinion auprès des consommateurs, études de marchés,...) Animation d’un groupe de travail au sein de la plate-forme d’appui au secteur privé « Entreprendre pour le développement ».

> Appui aux producteurs Le Trade for Development Centre est un outil d’appui aux organisations de producteurs. Il soutient les producteurs marginalisés, les micros et petites entreprises ainsi que les projets d’économie sociale inscrits dans des dynamiques de commerce équitable et durable. Renforcement des capacités organisationnelles, techniques et productives Transmission d’informations pertinentes (sur les marchés, les certifications disponibles,...).

> Sensibilisation Le Centre met en place des campagnes de sensibilisation à destination des consommateurs (Semaine du commerce équitable), des acteurs économiques et des pouvoirs publics belges.

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CTB AGENCE BELGE DE DÉVELOPPEMENT RUE HAUTE 147 1000 BRUXELLES T +32 (0)2 505 37 00 F +32 (0)2 502 98 62 INFO@BTCCTB.ORG WWW.BTCCTB.ORG

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