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CHEMIN FAISANT

CHRISTIAN HUBER

Troisième vocation: chauffeur de bus à New York Jadis technicien du son, Christian Huber a dû se réorienter professionnellement après avoir émigré aux Etats-Unis. Depuis lors, il conduit des enfants et des adolescents à l’école. Et se déclare on ne peut plus heureux de son nouveau travail.

ricain, Christian Huber a suivi durant un mois des cours théoriques et pratiques quotidiens, en plus d’un cours de sécurité de 30 heures.

TEXTE JULIANE LUTZ | PHOTO CHRISTIAN HUBER

Les horaires de Christian Huber sont réglés avec précision. Entre 6 h 30 et un peu avant 9 h, il conduit les élèves à l’école. Après cela, il est libre jusqu’à midi. Il ramène les enfants chez eux dès 14 h et, à partir de 15 h, conduit les équipes de baseball et de football de l’école à leurs matchs. Il assure ensuite leur retour à la maison.

L

e départ est très matinal. Les jours de classe, Christian Huber quitte sa maison de Stanfordville, dans l’Etat de New York, à 5 h 30 du matin. A 6 heures précises, il timbre au dépôt de Dover Plains, prend les clés de son véhicule et commence les contrôles quotidiens obligatoires: éclairage, clignotants, bon fonctionnement des portes et des fenêtres, ceintures de sécurité. Devenu chauffeur de bus scolaire, ce sympathique Bernois conduit chaque jour 75 élèves dans des écoles locales de divers niveaux.

C’est l’amour qui a guidé cet homme de 52 ans aux Etats-Unis. Agriculteur à l’origine, il a travaillé longtemps dans le domaine de l’ingénierie du son, notamment pour le groupe Span. C’est ainsi qu’il a rencontré sa femme, une Américaine venue en Suisse il y a 30 ans en qualité de chanteuse.

Du studio au bus scolaire «Parvenus à l’orée de la cinquantaine, nous avons décidé de nous établir dans son pays», explique Christian Huber. C’était en septembre 2017. A la recherche de travail, il a vu une offre d’emploi chez First Student, l’une des principales entreprises de transports scolaires d’Amérique du Nord. L’ex-techni86 touring | septembre 2019

cien du son est maintenant assis au volant d’un bus scolaire jaune de marque Thomas. Il parcourt entre 150 et 170 km par jour, et ça lui plaît: «Il faut bien sûr avoir des nerfs solides car les enfants sont parfois très bruyants et doivent rester assis dans le bus; mais on s’amuse toujours!» Les élèves sont heureux quand ils le voient arriver et écoutent de la musique en l’attendant.

Sécurité prioritaire La sécurité est très sérieusement prise en compte aux Etats-Unis, où les enfants grandissent dans un environnement plus protégé qu’en Suisse. «Quand les bus convergent vers le parking de l’école, le périmètre est sécurisé. Les débarquements se font véhicule par véhicule, sous la supervision d’un enseignant», explique Christian Huber. Cela permet de s’assurer que chaque enfant entre vraiment dans le bâtiment. Et en présence de passages à niveau, même si les barrières sont ouvertes ou que le feu est au vert, le chauffeur doit s’arrêter et n’a le droit de traverser qu’après s’être assuré qu’aucun train n’est en vue. L’Etat de New York a l’une des lois les plus strictes en matière de formation des chauffeurs de bus scolaires. Après avoir passé son permis de conduire amé-

Les vacances scolaires se prolongent jusqu’au mois de septembre. Pendant cette période, Christian Huber transporte des enfants en colonie de vacances ou les invités de mariages pour le compte du département Charter de First Student. Les bus scolaires sont ici le moyen de transport le moins cher que des particuliers peuvent louer. Christian Huber ne s’ennuie pas, loin de là. Il a un chien, un canot à moteur et se rend souvent au stade Yankee. «Ici, je suis devenu un vrai fan de baseball.» ◆

«Aux Etats-Unis, les enfants sont beaucoup plus encadrés qu’en Suisse» Christian Huber, conducteur de bus d’origine bernoise à Dover Plains.

Avec son bus Thomas, Christian Huber parcourt plus de 150 kilomètres chaque jour d’école.

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Touring 09 / 2019 français  

Le journal de la mobilité, édition du septembre 2019

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