Issuu on Google+

TOUCHERS

Isabel Pascal-Zgraggen | Antoine Zgraggen


La Ville

1

théâtre des activités et de l’épanouissement humain assure les besoins primaires : | | | | | |

logement alimentation création de revenus circulation des flux échanges sécurité

2

offre les conditions favorables pour : | | | |

se former se cultiver se divertir s’épanouir


Zoom sur un phénomène en marge (ou un constat qui touche)

Au gré d’une balade en ville, plus encore dans un musée de sculptures ou un lieu sacré, on peut observer les passants ne pas résister à toucher, ­effleurer, caresser certains objets. Le phénomène se produit quand sont réunis :

une forme

un aspect de surface

un emplacement


L’invitation à toucher (ou ce n’est pas fait pour ça et pourtant on touche) Certains objets présentant - en totalité ou pour partie - ­ une apparence lisse, propre, de forme plus ou moins ronde, concave ou convexe, exercent sur bon nombre d’entre nous un quasi irrésistible appel à les toucher.

Le touché appelle le toucher : la sensation procurée par l’acte de toucher semble provoquer un plaisir dont l’homme et la femme ne se lassent guère. Le geste, quasi instinctif, va donc au-delà de la simple exploration.

Ce phénomène traverse les âges, les catégories sociales et est indépendant du sexe et de la provenance géographique.

Le plaisir de toucher quasi inné, somme toute peu logique, ne puiserait-il pas ses sources dans nos ancestrales origines ?

L’aspect lisse, poli, lustré semble en lui-même exercer une attirance supplémentaire.


Mobilier, sculptures et les autres... Rampes, pommeaux de finition, p ­ oteaux, éléments d’architecture­, sculptures, ­ barrières - riche éventail d’invitations ô combien suivies.


L’éternel appel du sacré

Bas reliefs, structures architecturales, détails de ­sarcophages, de pierres tombales, de statues... mélange de superstition religieuse ou petit plaisir charnel - certains objets du sacré sont lustrés par d’innombrables effleurements.


La manivelle

un phénomène touchant Depuis des décennies, la forme de cet objet est restée inchangée. Mélange parfait de fonction, d’ergonomie, d’esthétique et... d’attirance haptique. Cet instrument exerce sur tout visiteur ou visiteuse une attraction irrésistible : il faut le toucher.


Touchers


Objets à toucher

5

études


Point de départ - ­­ le lieu. Lieu de ­passage, chemin de chèvre, ­emplacement ­inattendu... De ces lieux ­émanent ­emplacement et forme du Touchers.

inspiration Le langage plastique des ­Touchers, en s’inspirant d’objets urbains, de détails architecturaux, p ­ rofanes et r­ eligieux, ou encore ­d’éléments sculpturaux de Jean Arp ou d’Henry Moore, associent fonction et forme vers un seul but haptique.

Les contraintes et impératifs de l­’espace public, les agressions c­ limatiques, la n ­ écessité de ­durabilité d’un côté et ­d’attraction de l’autre, conduisent à c­ hoisir des matériaux comme le cuivre, ­ le bronze ou encore la fonte. L’aluminium serait trop mou, l’acier inox trop stérile et la pierre trop ­vulnérable.

lieu


identité matière traces Toute ville, au cours de son é ­ volution, s’étoffe de ­traces du passé. Certaines traces sont perçues comme signes de ­vieillesse, de décrépitude. D’autres font la fierté des ­habitants - toutes participent à la conscience ­historique.

Le passage répété des mains sur un objet peut aller jusqu’à m ­ odifier sa forme physique. Touchers, en créant des lieux où passé et ­passage ­deviennent ­palpables, c­ ontribue à l’identité et à l’appropriation positive de la ville par ses habitants.


pour un poteau

1


Bananana Effleurement au passage... petit plaisir pas sage...


pour une bouche d’incendie

2


Capuchecon Depuis l’arrivÊe de Capuchecon, les passants snobent la main couront.


pour un réverbère

3


La trompe Main se lovant dans un reflet du ciel trop de poÊsie ? non ! c’est pÊteux (mais le plaisir reste).


pour un banc

4


Chewing gum Mères papotantes se reposant des achats un chat baptisé le chewing gum vite oublié c’est la vie cependant mains baladeuses.


pour un mur

5


CornUBS La banque le bric le brac le fric clinquant flamboyant ah c’est caressant.


La proximité d’un arrêt bus et la rareté d’autres ­possibilités de toucher ­expliquent peutêtre le lustrage évident... et un peu s­ urprenant.

4

Objet en fonte ­zinguée. Zone ­piétonne, placette centrale. L’objet fut vit baptisé “le chewing gum” par la population. Le zingage est par­­endroit presque ­effacé, laissant a ­ pparaître la fonte nue, revêtant une belle patine. C’est l’objet ayant eu le plus de “succès”: combinaison de sa forme équivoque et du placement ?

5

CornUBS

Le couvercle de deux bouches d’incendie a été remplacé par un couvercle haptique. Déjà le couvercle d’origine muni d’un pommeau montrait des traces de passage de mains. Les deux nouveaux couvercles augmentent cependant ce toucher de manière très visible.

3

Objet en fonte cuivrée. Placé sur un réverbère d’une zone mixte (artisanat, habitat et industrie).

Chewing gum

L’objet est placé à 1.10 m du sol sur un poteau supportant un panneau d’interdiction de circuler. L’usure après 2 mois d’installation prouve que Banana a été touché des centaines de fois.

Objet en fonte zinguée Escalier, centre ville, rue piétonne.

La trompe

2

Capuchecon

Banana

1

Objet en fonte ­zinguée. Placé au milieu d’un passage clouté à l’entrée de la zone piétonne.

Objet en fonte cuivrée fixé sur console acier galvanisé. Placé à l’entrée d’une r­ enommée banque du ­centre ville, cet objet, bien que ­controversé (certains ­allant jusqu’à se ­demander à qui les cornes étaient destinées) fut très “fréquenté”.

Les 5 objets présentés ont fait partie d’une installation temporaire dans le cadre de l’ART - Kunst in der Stadt, Langenthal, CH, 2012


Š 2013 Isabel Pascal-Zgraggen Antoine Zgraggen Contact isabel.pascalzgraggen@gmail.com info@anz.ch

Publication ĂŠgalement disponible sur : www.issuu.com Layout : Isabel Pascal-Zgraggen | Impression : prixartprinting.de | Photos Touchers in situ : Christian Gerber, Locarno


Touchers : pour tous ceux qui ne veulent pas se priver d’un petit plaisir tactile.


"Touchers" | Isabel Pascal-Zgraggen | Antoine Zgraggen