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numéro 22 - juin 2010

a f r i q u e

© xxxxxxxxxxxxxxxx

1e

S’engager Prévention Les vacances, c’est la santé

culture Staff Benda Bilili Très Très fort !

© Spook

© Virginie de Galzain

© Yuri Arcurs - Fotolia.com

50 ans d’indépendance DÉBATTRE Principe de précaution Info ou intox ?


sommaire

édito

Par Gabriel Szeftel, Président de La Mutuelle Des Étudiants Ivry-sur-Seine, le 26 mai 2010

Couverture © Peeter Viisimaa- William Davies - Ad Doward - Michael Fuller - Eva Sarrabassa - MShep2 - Virginie de Galzain / Kreyol Factory (La Villette 2009)

Chers lecteurs,

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CÉLÈBRE ANONYME

5

AILLEURS

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S’ENGAGER

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LA LMDE ET VOUS

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DOSSIER

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CULTURE

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DÉBATTRE

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À VOTRE SERVICE

L

e 12 avril dernier, la LMDE fêtait son 10 e anniversaire, non sans se rappeler les conditions de sa création au début des années 2000. Créée sur les décombres de la MNEF, la LMDE s’est, au fil des années, pleinement réinstallée au cœur de l’enseignement supérieur poursuivant l’objectif de servir toujours mieux les intérêts matériels et moraux des étudiants. Alors que peu de monde croyait en la réussite de cette aventure, c’était sans compter sur la ténacité de nombreux militants mutualistes étudiants et le travail de tous les salariés de la LMDE.

élisabeth Ronzier Liberté, égalité, fiertés Les jeunes s’engagent Haïti agit

Addictions et sexualité Les vacances, c’est la santé ! Enquête nationale sur la santé des étudiants 3 L’expertise LMDE Afrique Cinquante ans d’indépendance Staff Benda Bilili Très Très fort ! Principe de précaution Info ou intox ? Partenariat LMDE - Union nationale des mutualistes socialistes belges Un plus pour les étudiants

Génération Solidaire : publication trimestrielle éditée par la LMDE, mutuelle n°431 791 672, soumise aux dispositions du Livre II du Code de la Mutualité, et adhérente de la FNMF. Siège social de la LMDE : 37, rue Marceau 94203 Ivry-sur-Seine Tirage : 25 000 exemplaires Prix au numéro : 1 ! Abonnement annuel : 4 ! Directeur de la publication : Gabriel Szeftel Directeur adjoint de la publication : Frédéric Bonnot Rédactrice en chef : Virginie de Galzain

La LMDE, gérée par et pour les étudiants, a fait pendant ces dix dernières années la démonstration de la pertinence de son modèle de solidarité ainsi que de son utilité concrète auprès des étudiants. Avec près de 880 000 étudiants affiliés et plus de 300 000 d’entre eux couverts en complémentaire santé, une expertise reconnue des pouvoirs publics et des actions de prévention toujours plus nombreuses, la mutuelle aborde les 10 prochaines années avec des bases solides.

Conseiller de la rédaction : Arnauld ­Champremier-Trigano Comité de rédaction : Frédéric Bonnot, Agathe Buron, Fanny Dana, Céline Dobransky, Lucas Jourdain, Philippe Lévy, Frédéric Sauvage, Nicolas Souveton, Gabriel Szeftel, Alexandre Tortel. Rédacteurs : Charlotte Meyer, Marie Raymond, Alexandra Ruffin, Giulietta Speranza Directeur artistique : Antoine Errasti Secrétaire de rédaction : Anna Pierre Réalisation : TOC MEDIAS SARL au capital de 20 000 U

Non sans avoir pleinement conscience des défis de l’avenir : les évolutions réglementaires et fiscales imposées aux mutuelles, celles de l’enseignement supérieur ainsi que la concurrence accrue d’opérateurs à but lucratif rendent plus difficile notre volonté d’organiser la solidarité étudiante en matière de santé. Au regard des défis relevés par le passé, je sais que la LMDE saura les dépasser. Nous mettrons ainsi notre capacité d’adaptation et d’innovation au service des étudiants. Dans un contexte de précarisation sanitaire et sociale des étudiants croissante, permettre à tous les étudiants un égal accès à la santé sera au cœur de notre mission. Bon anniversaire et bonne lecture.

Commission paritaire 1010MO7550 ISSN n°1774 - 7880 dépôt légal à parution Génération Solidaire adhérent de l’ANPCM et du SPS Imprimerie Illico’m 32, rue Roger Touton 33086 Bordeaux Routage Orsud Valley

Vos remarques et suggestions : generationsolidaire@lmde.com

GÉNÉRATION SOLIDAIRE :: été 2010 :: #22 :: 3


celebre anonyme

Élisabeth Ronzier

Liberté, égalité, fiertés Engagée, Élisabeth Ronzier milite sans relâche depuis plusieurs années aux côtés d’Homos et Bis d’Orsay (HBO) et à l’Inter associative LGBT (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans). Aujourd’hui, elle prépare activement la marche des Fiertés, qui se déroulera le 26 juin 2010.

N

Dans le même temps, elle s’occupe de représenter HBO à l’Inter LGBT, à la commission politique dans le groupe de travail sur les questions juridiques et d’éducation. Puis elle devient co-secrétaire de la commission en charge de l’organisation de la Marche en octobre 2009.

© Toc Medias

Un combat citoyen Élisabeth Ronzier parle avec fierté de l’Inter LGBT, inter associative de près de dix ans regroupant une soixantaine d’organisations. « Nous avons maintenant une place privilégiée pour discuter avec les pouvoirs publics et obtenir des avancées en matière d’égalité des droits des homos, bis et trans », explique Elisabeth. C’est d’ailleurs le but de la marche des Fiertés, qu’elle organise.

Retrouvez l’interview d’élisabeth Ronzier sur lmde.tv

© JP Dullin

e vous fiez pas aux apparences : sous ses airs doux et discrets, se cache une fervente militante qui s’exprime sans détour pour les droits des homosexuels, des bisexuels et des transsexuels. À 24 ans, cette originaire de la banlieue sud de Paris a déjà un beau parcours citoyen derrière elle. Quand elle intègre la fac de droit de Paris XI, elle décide de rejoindre l’association Homos et Bis d’Orsay, et surtout de s’y investir. « Au fil du temps, explique avec conviction la jeune femme, je suis devenue trésorière de l’association ; puis j’en suis devenue, cette année, la présidente ».

« Les discriminations demeurent. Et les En France, la première marche a témoignages qui nous parviennent nous lieu en 1981, l’année où François laissent penser qu’il y a une recrudescence Mitterrand dépénalise l’homosexualité. d’actes homophobes* violents. ” Liberté, Aujourd’hui, c’est une manifestation poégalité partout et toujours ”, parce que litique qui se déroule dans plusieurs l’on doit pouvoir être qui l’on veut et que villes de France et qui rassemble assol’égalité doit être de droits ciations, partis politiques… On doit pouvoir et de faits partout, que l’on « Le but est de porter chaque être qui l’on habite Paris ou la province ». année haut et fort un thème précis de revendication dé- veut et l’éga- Élisabeth rappelle toutefois : fini au sein de l’inter assolité doit être « La marche des Fiertés a ciative LGBT », ajoute-t-elle. de droits et de cette particularité d’être une Pour cela, elle organise en faits partout marche politique avec un caractère festif très prononcé ». amont tout le déroulement Ainsi cette année encore, des chars colode la marche : parcours, inscription des rés défileront en musique. Des travestis en organismes, ordre de marche, gestion boas, des bisexuels, des hétérosexuels, des des 160 bénévoles (Inter LGBT) qui aspersonnalités, des anonymes défileront à surent le bon déroulement de la maniParis, de Montparnasse à Bastille, et se refestation, la conception des affiches... trouveront sur la place autour d’un podium pour un grand concert sous le soleil. La marche des Fiertés 2010 « Violence, discrimination, assez ! Liberté, égalité, partout et toujours ! » Alexandra Ruffin Tel est le mot d’ordre de la marche Pour plus d’infos : www.inter-lgbt.org des Fiertés qui aura lieu le 26 juin *88 agressions physiques en 2009 contre 61 en 2008 (rapport annuel SOS homophobie) 2010. Elisabeth explique ce choix :

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© MissHibiscus - istockphoto / Arid Ocean -fotolia.fr

ailleurs

Les jeunes s’engagent

HAÏTI AGIT En Haïti, l’éducation est une question de survie. Les étudiants investissent régulièrement la rue pour l’amélioration des conditions d’études. Depuis le tremblement de terre, la reprise est difficile. Et certains étudiants participent à la réparation du pays.

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n Haïti, on devient étudiant dans détruit partiellement ou en totalité des l’espoir d’échapper à son destin de universités - dont certaines proposent à damné de la terre » disait l’essayiste nouveau des cours sous des tentes. Les martiniquais Frantz Fanon. Pour une mesures pour couvrir les besoins immépopulation qui vit avec moins de deux diats en matière d’éducation se font atdollars par jour, l’accès à l’éducation reste tendre ; des établissements sont occupés le seul moyen s’en sortir et de par les sinistrés, et les étudévelopper un des pays les Les étudiants diants n’ont plus les moyens plus pauvres du monde. Une de poursuivre leurs études ; haïtiens se nombre d’entre eux ont perdu situation qui n’est pas nouvelle mobilisent leur structure familiale. De contrairement à ce que les récentes actualités pourraient chaque an- plus, la fuite des cerveaux faire croire. née pour un (10  000 Haïtiens diplômés accès à une par an) observée depuis les Les étudiants haïtiens se mobiéducation de années 2000, s’est accentuée. lisent chaque année pour un acqualité Au regard du défi que reprécès à une éducation de qualité, une structuration des établissente la construction du pays, sements d’enseignement, le paiement des les jeunes agissent : les plus pauvres, enseignants. En 2009, le chômage (60 % davantage affaiblis, comme les étudiants. de la population active), des secteurs À l’université Quisqueya, les étudiants en d’activité laissés pour compte par l’État, médecine ont installé une clinique mobile, (comme la santé), le projet d’allègement et les étudiants en protection de l’environdes cours ont à nouveau conduit dans les nement ont aidé à l’assainissement et à la rues des étudiants de la faculté de médegestion des déchets… Ils aident aussi à cine et de pharmacie de l’Université d’État la reconstruction des différentes infrasd’Haïti (UEH), rejoints par les étudiants en tructures avec l’aide internationale. Et si sciences humaines. Le séisme du 12 janvier certains obtiennent des bourses d’études 2010 a remis en question un système éduà l’étranger, nombreux sont ceux qui ne catif plus qu’insuffisant. peuvent compter que sur eux-mêmes. Il a surtout emporté au moins 4 000 étudiants et des dizaines de professeurs, et

Charlotte Meyer Pour aider Haïti : www.medecinsdumonde.org

en bref! UN FESTIVAL TRÈS ÉCOLO On connaissait Hollywwod, Bollywood, voici Ecollywood, Le festival du film écologique, citoyen et solidaire. Documentaires, fictions, visuels… seront au programme pour provoquer des questionnements, des réactions, des réflexions. « Libre, insolite, drôle, dérangeant,provocateur, voire frondeur » : pour en être sûr, allez voir. Pour participer, être partenaires, contactez l’asso organisatrice : Les Funambulants. Le festival Ecollywood se déplacera dans la région Nord Pas-deCalais de juin à août avant de s’installer à Lille du 14 au 17 octobre 2010. http://lesfunambulants.free.fr/fr/08-ecollywood/ ecollywood.htm

DES BOURSES QUI TOMBENT À PIC Les bourses Déclics jeunes de la Fondation de France aident les jeunes de 18 à 30 ans à réaliser leur vocation ou un projet personnel dans des domaines variés (art, artisanat, culture, sciences, technique, action sociale ou humanitaire, environnement, etc.). Chaque année, une vingtaine de bourses d’un montant de 7 600 euros sont distribuées. Les bourses Déclics jeunes de la Fondation de France sont attribuées par concours, ouvert du 1er septembre au 15 novembre de l’année en cours. Elles sont remises aux lauréats en juin de l’année suivante. www.fondationdefrance.org

EN FÊTE CONTRE L’EXCLUSION Les 27 et 28 juillet, l’association Emmaüs Lescar-Pau, communauté engagée contre les injustices, les exclusions et l’écologie lance la troisième édition de son festival. Plusieurs groupes (Zenzile, La Rue Ketanou…) se partageront la scène avec une dizaines de groupes locaux. Et des conférences débats auront lieu sur les thèmes de la désobéissance, de l’Amérique latine et de la guerre alimentaire. La billetterie est ouverte au Wagon, à l’entrée de la communauté, du mardi au vendredi de 14h à 18h et le samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h. Tarif : 17 € la soirée, 30 € les deux. www.emmaus-lescar-pau.com

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.fr - fotolia Arcurs

© Tilio & Paolo - fotol

Les vacances, c’est la santé !

ia.fr

© Yuri

Addictions et sexualité

Soleil, chaleur, bien-être... Les infections sexuellement transmissibles (IST), les risques liés à la consommation de drogue et d’alcool, sont des questions de prévention rencontrées tout au long de l’année. Cependant, les vacances et la fête favorisent certains comportements. Pour bien profiter de l’été en toute sécurité, suivez le guide ! Chiffres consommation de drogue 18-25 ans Cocaïne : 3,4 % des 18-25 ans (1,8 % en 2000) Champignon : 3,4 % Ecstasy : 4 % Poppers : 5,6 % Cannabis: 47,6 % Source : Chiffres OFDT de l’Expérimentation de substances psychoactives suivant l’âge et le sexe parmi les personnes de 18 à 25 ans (en %)

EN SAVOIR PLUS • Le Crips www.lecrips.net • Le portail santé jeunes www.portailsantejeunes.com • Choisir sa contraception www.choisirsacontraception.fr • Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie www.anpaa.asso.fr • Drogue : info ou intox ? www.drogues.inpes.fr • Observatoire français des drogues et des toxicomanies www.ofdt.fr • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) www.inpes.sante.fr

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les sorties battent leur plein, on est tenté, plus encore que d’habitude, de boire, de fumer… Sachez que la consommation excessive d’alcool favorise des comportements à risques (perte des réflexes en cas de conduite, sexualité non protégée...). Le cannabis arrive en tête des drogues consommées, suivi par les Sexualité : vive le préservatif ! champignons et le poppers. Selon un sondage MSNLes risques ? Le développeSidaction réalisé par l’Ifop en ment d’une addiction et, sur 2008, 71 % des 15-24 ans Être au courant le court terme, une perte de n’ont jamais fait de test de des risques, maîtrise de soi impliquant dépistage, et 19 % n’utilisent pas systématiquement c’est se donner des comportements danun préservatif avec un nou- les moyens de gereux. Quant à l’expériveau partenaire. Un chiffre rester maître mentation de cocaïne, elle conforté par la LMDE, pour de sa santé a presque doublé depuis 2000. Une vigilance accrue qui 15 % des étudiants ins’impose puisque son usage terrogés ne mettent pas de régulier peut entraîner une préservatif. Les risques ? forte dépendance psychique et des Être contaminé par une IST comme le conséquences graves pour l’organisme. VIH, incurable, mais aussi l’hépatite B, la syphilis, la chlamydiose… Une contraVous l’aurez compris : être au courant des ception est aussi nécessaire pour éviter risques, c’est se donner les moyens de une grossesse non désirée : le nombre rester maître de sa santé. Pour y parved’interruptions volontaires de grossesse nir, de nombreux services (sites Internet, concernait 96 000 jeunes filles de 16 brochures, services téléphoniques) sont à 25 ans en 2007, selon le ministère de la à votre disposition et des professionnels Santé. En d’autres termes : le préservatif de la santé (médecins, pharmaciens, et une contraception adaptée sont vos conseillers mutualistes, membres d’asmeilleurs alliés. sociations...) sont à votre écoute pour vous informer et répondre à toutes vos Drogues et alcool : à savoir questions. Alors, à vous de jouer, partez Selon l’Inpes et l’OFDT, tabac, alcool et tranquille et sortez couvert ! cannabis sont les premières substances psychoactives consommées par les 1625 ans. Quand les fêtes, les festivals, Charlotte Meyer ’été, c’est l’occasion de se détendre et de faire de nouvelles rencontres. Le plaisir ne doit pas pour autant vous faire oublier la prévention et la protection, car même au soleil, les risques demeurent.

Retrouvez la vidéo réalisée au Cybercrips sur lmde.tv

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© Oliviero Toscani

la LMDE à vos côtés pendant les vacances

100 % prévention Tout au long de l’année, la LMDE est un acteur majeur de la santé des étudiants. À l’approche de l’été, ses guides pratiques sont à emporter partout, tandis que la Mutuelle poursuit ses actions d’information et de prévention de la fin des cours aux événements les plus festifs.

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Pendant l’été, la LMDE est présente sur différents festivals et fait de la prévention sur les questions d’audition, de sexualité, d’alcool. « Cela nous permet aussi de toucher tous les publics jeunes », conclut Gaëlle Kergutuil. Enfin, outre la question de l’accès aux soins, la LMDE s’engage pour le respect des droits individuels. Chaque année en juin, elle défile lors des marches des Fiertés sur un char à son effigie et distribue flyers et préservatifs. Rien de tel pour bien commencer l’été. Bonne vacances ! Charlotte Meyer

à suivre La LMDE participera aux Marches suivantes : • 5 juin : Lille et Montpellier • 12 juin : Lyon, Rennes et Strasbourg • 26 juin : Paris

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La LMDE en action : c’est 365 jours/an a LMDE aide les étudiants à Sexualité, audition, addictions : la LMDE prendre soin de leur santé, grâce fait de la prévention sur tous les fronts ! à l’édition de guides, des interPendant l’année, on la reventions dans les facs, ou trouve notamment à Rennes des opérations en terrain La LMDE avec le dispositif Noz’ambule festif. La mutuelle met un souhaite point d’honneur à ce que toucher tous (information et prévention des risques de consommales actions de prévention les publics tion excessive d’alcool) et soient toujours effecjeunes Tranquil’été, à Grenoble. Elle tuées par des étudiants. renouvelle ses campagnes « Nous privilégions en efde prévention et militantes sur tous les fet la prévention par les pairs, explique thèmes de santé publique liés à la vie Gaëlle Kergutuil, administratrice étuétudiante (rythme de vie étudiant, accès diante en charge de la prévention. Nous aux soins et aux remboursements, malpensons que c’est de cette façon que le être…). Dès le lycée, lors des galas, samessage passe le mieux, qu’il ne sera lons ou fêtes de fin d’année, la Mutuelle pas moralisateur et sera mieux entendu est aussi présente pour transmettre les par les jeunes ». La preuve en action. informations justes. « Nous sommes présents lors des résultats du bac pour Chic ! Des guides pratiques faire de la prévention auprès des lycéens, Mieux vaut prévenir que guérir : c’est ajoute Gaëlle Kergutuil. Nous distribuons pourquoi la LMDE a édité de nombreux des Safe Kits : des boîtes en métal en guides et dépliants pour s’informer et forme de cœur logotées LMDE dans lesbien protéger sa santé. À lire donc, si ce quelles on trouve deux préservatifs, du gel n’est déjà fait, pour les filles ET les garlubrifiant et un dépliant d’information ». çons : le Guide pour une sexualité avertie, un abécédaire qui aborde de façon simple et sans tabou tous les aspects de la sexualité. Le Guide Contraception présente toutes les méthodes contraceptives disponibles, pour aider à choisir SA contraception. Bonne nuit les petits informe sur les risques du cannabis. Le respect c’est mutuel-le s’engage pour des relations dans le respect de l’autre contre les discriminations sexistes/homophobes. Et pour protéger ses oreilles : Nos oreilles on y tient.

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La lmde et vous

Enquête nationale sur la santé des étudiants 3

L’expertise LMDE

Mieux connaître les besoins et problématiques santé des étudiants pour mieux agir : c’est le but des Enquêtes nationales sur la santé des étudiants (ENSE) menées tous les trois ans par la LMDE depuis 2005. Cette année, la mutuelle lance sa troisième enquête.

Thèmes et objectifs Pour cette troisième enquête, la LMDE a décidé de mettre l’accent sur l’accès aux soins, la santé mentale et la question du temps étudiant. Nicolas Souveton précise : « Nous souhaitons

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« Enfin, conclut Nicolas Souveton, dans l’enseignement supérieur, les intervenants sont multiples. Nous souhaitons les rassembler pour réfléchir ensemble à des politiques de santé publique ». Transversale, cette enquête complètera les précédentes comme un outil indispensable pour identifier les besoins des étudiants et ajuster la gamme de prestations de la LMDE, mener de nouvelles campagnes de prévention et interpeller les pouvoirs publics. Enquête à suivre. Alexandra Ruffin

© Lmde

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avoir des informations sur l’influence de n 2005, la LMDE commandait à l’emploi du temps sur la nutrition, le l’observatoire Expertise et préstress et la capacité à gérer une activité vention pour la santé des étusalariée en parallèle des études ». diants (EPSE) sa première enquête nationale sur la santé des étudiants (ENSE1), menée Cette enquête Le calendrier : obtenir les auprès de 10 000 de ses est la seule qui premiers résultats de l’enaffiliés et adhérents. Les se préoccupe quête au printemps 2011, pour le congrès de la LMDE résultats offraient alors spécifiquement au cours duquel se tienune vue précise de la situation sanitaire et sociale des étudiants dront les troisièmes assises de la santé des étudiants. des étudiants, complétée « La perspective est aussi de publier en 2008 par l’ENSE 2. Avec l’ENSE 3, un ouvrage au premier trimestre 2012 l’un des objectifs de la LMDE est d’obqui servirait de base pour les revenditenir un état des lieux sur une génécations de la LMDE et du mouvement ration d’étudiants en comparant les étudiant dans le cadre des présirésultats avec ceux des deux dernières dentielles et des législatives de la enquêtes. même année ». élaboré pendant plusieurs mois avec des partenaires comme l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) ou la Conférence des présidents d’Université (CPU), le questionnaire sera transmis auprès des affiliés et adhérents de la LMDE en novembre 2010. Pour Nicolas Souveton, administrateur en charge de l’expertise et président de l’observatoire EPSE : « L’originalité de cette enquête nationale réside dans le fait qu’elle est la seule qui se préoccupe spécifiquement de la santé des étudiants ». Il ajoute : « L’objectif serait de solliciter environ 100 000 étudiants afin d’avoir une représentativité tant nationale que régionale ».


Dossier

AFRIQUE AVENIR Dès l’Antiquité, les exemples d’asservissement de l’homme vont de pair avec une volonté de puissance des civilisations : l’Égypte des Pharaons, l’Empire romain en comptèrent des millions. Plus tard, traites des humains, esclavages, colonisation, façonnèrent une partie de l’histoire du continent africain pendant plusieurs siècles, avant d’en arriver aux indépendances de dix-sept pays, en 1960.

© Claudia Dewald - istockphoto

Cinquante ans après, un bilan s’impose. Avec près de 30 % de la jeunesse du monde qui sera africaine en 2050, des ressources indispensables au développement des futures industries et des énergies renouvelables, des investisseurs économiques stables, l’Afrique pourrait-elle devenir un moteur de croissance mondiale important ?

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© Virginie de Galzain / Kreyol Factory (La Villette 2009)

AFRIQUE : CINQUANTE ANS D’INDÉPENDANCE

L’AVENIR DE L’AFRIQUE L’année 2010 sonne les cinquante ans d’indépendance de L’Afrique, marquée par plusieurs siècles de domination. Aujourd’hui, son développement est un enjeu planétaire. Initiatives nationales, nouveaux partenariats, l’Afrique pourrait-elle être la troisième puissance émergente économique mondiale ?

A

près les découvertes de Lucy et de « l’ancêtre du siècle », plusieurs historiens ont établi l’Afrique comme l’un des foyers originels de l’humanité. Les populations d’Europe et d’Asie seraient ainsi nées des migrations africaines. Qu’est-il advenu de celle qu’on appelle “ berceau de l’humanité ” ? UNE HISTOIRE MALMENÉE Des traites négrières à la colonisation, l’Afrique a été asservie aux cultures occidentales, au mépris de l’état humain, de l’identité et du développement. Les traites négrières commencent dès le VIe siècle et s’amplifient au XVIIe siècle lors

© Calin Vasile Ilea

Retrouvez l’interview dédiée sur lmde.tv

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des grandes conquêtes des puissances européennes qui donnent leur accord pour réduire d’autres peuples en esclavage. Entre le IXe et le XIXe siècle, la traite arabe (sur les côtes orientales de l’Afrique, NDLR) fera des millions de déplacés. Zanzibar (littéralement « marché aux esclaves ») en sera la plaque tournante entre 1830 et 1875. En 1685, le Code noir codifie la vie des esclaves noirs et leurs statuts : « Déclarons les esclaves être meubles et comme tels entrer dans la communauté » ; leur domination se poursuivra longtemps après l’abolition de l’esclavage (États-Unis et GrandeBretagne : 1er janvier 1808 ; France : 4 mars 1831). Dès lors, le développement du continent est mis à mal. Pour Stephen Smith, journaliste spécialiste de l’histoire africaine : « Ce qui relie ces deux périodes que sont traites négrières et colonisations, c’est que l’intégration du continent dans le “système-monde” a été forcée, souvent brutale et dramatique ».

:: génération solidaire

lucy Australopithèque datant de 3 à 4 millions d’années découvert en 1978 en Éthiopie. Elle tire son nom de la chanson des Beatles Lucy in the sky with diamonds que les paléontologues écoutaient en boucle.

Le Code noir Le Code noir est un ensemble de textes réglant la vie des esclaves noirs. Il stipule notamment que l’enfant d’une esclave est forcément esclave et prévoit les châtiments corporels. Les esclaves ont, en théorie, la possibilité d’avoir recours aux juges locaux en cas de châtiments excessifs.


Les traites négrières XVIe - XIXe siècle

spécialiste de l’Histoire africaine et des relations sino-africaines, plusieurs facteurs vont entraîner la décolonisation : « L’ère de la guerre froide est propice aux indépendances. Les métropoles sont fragilisées : il faut reconstruire l’Europe. La France n’a pas les moyens de maintenir l’ordre et le pouvoir sur ces pays qui aspirent à l’indépendance avec le soutien de la Chine, de l’Inde, de l’Indonésie ».

1960 : Les indépendances C’est au prix des vies humaines que s’obtiennent les indépendances de dixsept pays sur le continent. L’insurrection malgache de 1947 est une des illustrations douloureuses du combat africain de libération nationale : des dizaines de milliers de personnes meurent, réprimées par certains membres de l’armée française. Les premières indépendances africaines se font dans les années 50 : le Ghana (1957), la Guinée (1958). Pour Michel Beuret, journaliste suisse

Qui plus est, Londres et Paris ne peuvent refuser l’indépendance à des pays qui ont participé à la Seconde Guerre mondiale, comme ce fut le cas pour le Sénégal, en référence aux 180 000 tirailleurs sénégalais. En 1960, dix-sept ex-colonies obtiennent l’indépendance. Cependant, la France ne quitte pas vraiment le continent. Une interdépendance post-coloniale se met en place qui donne naissance à la Françafrique. L’Afrique, malgré ses richesses naturelles demeure sous l’emprise de la vieille Europe.

© Stephen Smith, cartographie de Claire Levasseur, Atlas de l’Afrique / www.autrement.com

La colonisation À l’heure où sonne la fin de l’esclavage, l’Afrique est à nouveau soumise à la volonté de domination occidentale. Sous couvert de mission civilisatrice, les colons s’approprient aussi les territoires, les hommes et les ressources du continent africain pour se developper, acquérir et produire à coûts bas. L’homme noir est considéré comme inférieur à l’homme blanc : « Il fallait donc les sauver, les civiliser, les coloniser en un mot, pour accomplir le “ devoir colonial ” (…) » cite Pierre Boilley, historien spécialiste de l’Afrique subsaharienne contemporaine, dans Le Petit Précis. Qui plus est, les puissances européennes veulent éviter l’expansion des puissances concurrentes sur le continent africain. Lors de la conférence de Berlin (novembre 1884-26 février 1885), elles délimitent leurs territoires selon les frontières naturelles, sans tenir compte des ethnies et de leurs spécificités. Stephen Smith précise : « Algérie, Kenya, Angola et Afrique du Sud ont été des colonies de peuplement (…) d’autres pays n’ont attiré que des administrateurs coloniaux, tels les pays du Sahel ou l’actuel Centrafrique ». Les révoltes et soulèvements des colonisés se multiplient jusqu’à la moitié du XXe siècle.

Dossier

Françafrique Après la décolonisation, l’héritage des colonies est fort : les frontières demeurent, le français est la langue commune (une obligation pour des pays qui comptent plusieurs ethnies et langues différentes). Outre cette dépendance d’héritage, « la Françafrique » se met en place. Paris tente de conserver une influence sur ses anciennes colonies où beaucoup d’entreprises sont ancrées. Selon Michel Beuret, « Tout est bon pour maintenir les intérêts français qui sont à la fois politiques et économiques puisque les entreprises françaises sont très ancrées sur ces territoires. » Après la décolonisation il y a 200 000 Français en Afrique de l’Ouest.

Les indépendances de 1960 • Mauritanie (ex-colonie française) • Cameroun (ex-colonie francobritannique) • Togo (ex-colonie franco-britannique) • Madagascar (ex-colonie française) • République démocratique du Congo (ex-colonie belge) • Somalie (ex-colonie italienne)

• Bénin (ex-colonie française) • Niger (ex-colonie française) • Burkina Faso (ex-colonie française) • Côte d’Ivoire (ex-colonie française) • Tchad (ex-colonie française) • Gabon (ex-colonie française) • Centrafrique (ex-colonie française)

• Congo-Brazzaville (ex-colonie française) • Sénégal (ex colonie française) • Mali (ex colonie française) • Nigéria (ex colonie britannique)

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3 questions à Michel Beuret, grand reporter et co-auteur, avec Serge Michel, de La Chinafrique, revient sur l’histoire et les conséquences des relations sino-africaines. Génération Solidaire : Comment résumer le rapprochement sinoafricain? Michel Beuret : Dans les années 60, la République Populaire de Chine (RPC) encourage les mouvements indépendantistes africains. En 1971, la RPC remplace Taiwan à l’Onu grâce aux soutiens des pays africains nouvellement indépendants. Des liens se créent alors, mais la Chine n’a pas les moyens d’une vraie politique de développement. Elle passe à l’offensive dans les années 90 pour acquérir les matières premières indispensables à sa croissance. Peut-on parler de néocolonialisme chinois en Afrique? La colonisation implique notamment le contrôle des fonctions régaliennes de l’état, l’usage légitimé de la force et l’exercice de la justice. Ce n’est pas ce que fait la Chine, au contraire. Pour autant, il ne faut pas négliger l’emprise qu’elle exerce sur ces pays, la capacité qu’elle a de les manipuler. Il y a une influence de la Chine quant au système de valeurs qu’elle défend : autoritarisme, obéissance au chef. Les investissements de la Chine vont-ils permettre à l’Afrique de se développer? Les états africains sont considérés comme des partenaires à part entière. Si les chefs d’état sont éclairés et savent profiter de cette surenchère pour faire du commerce et exploiter des ressources, ce sera prometteur. Sinon, cela aurait des effets plus catastrophiques que par le passé.

© Ranplett - istockphoto

UN CONTINENT PARADOXE Avec ses 975 millions d’habitants, l’Afrique est une puissance démographique jeune. En 2050, elle comptera plus de 1,8 milliard d’habitants, soit un cinquième de la population mondiale.

cacao... ) pour obtenir des devises étrangères. Conséquence : la plupart des pays importent l’alimentation contre des matières premières, dépendant à près de 95 % du monde extérieur. Un état général d’autant plus paradoxal que l’Afrique est un des continents les plus riches en matières premières.

Des freins au développement Malnutrition, maladies, manque d’accès à l’eau potable, climat, conflits, instabilité politique... Les difficultés du continent africain représentent des freins à son développement. En 2008, les Nations Unies recensaient 33 millions de porteurs du VIH dans le monde, dont 22 millions en Afrique. Selon la FAO (Food and agriculture organization of the United Nations), 265 millions d’Africains souffrent de la famine, et chaque jour on impute au manque d’eau potable le décès de 4 900 enfants en Afrique.

Des ressources stratégiques L’Afrique détient 13 % des réserves mondiales prouvées de pétrole, 8 % du gaz, et d’importantes réserves de métaux. Sa part dans la production mondiale est estimée à 50 % pour le diamant, 15 % pour la bauxite, 25 % pour l’or, ou encore 20 % pour l’uranium. C’est donc un partenaire économique clé qui possède des matières premières stratégiques, notament pour les industries futures (nanotechnologies…).

À cette situation sanitaire s’ajoute l’instabilité politique d’un continent soumis aux coups d’état et dictatures, à des guerres d’indépendance ou à des guerres civiles (environ neuf millions de victimes depuis 1960). En 1994, près d’un million de Tutsis ont trouvé la mort au Rwanda, représentant un des plus importants génocides africains. D’autre part, dans les années 60, sur les conseils du FMI et de la Banque mondiale, l’Afrique a commencé à renoncer à l’agriculture vivrière (riz, blé, sucre...) pour se consacrer à l’extraction minière et autres produits d’exportation (café, coton,

Or, la transformation et la production industrielle de matières premières demeurent quasi inexistantes. Ainsi, le continent entre en concurrence avec d’autres pays et perd des parts de marché. Michel Beuret argumente : « Les moyens à investir pour que les ressources deviennent rentables sont trop importants. Les Occidentaux exploitent le territoire utile. Par exemple, Total Fina Elf se maintient là où c’est nécessaire : au Congo Brazzaville, en Angola, au Gabon. Elle se contente d’exploiter ce qui est facile à exploiter ». Malgré des contraintes existantes, quel est l’avenir de l’Afrique ?


Dossier

© Jaimie Duplass / Michael Fuller / Ines Gesell / Claudia Dewald / Ad Doward / istockphoto.com

Développement et partenariat LE FUTUR DES POSSIBLES Les initiatives existent et se multiplient Cinquante ans après les indépendances de localement. En 2004, la Camerounaise l’Afrique, la question de l’unification poliFrançoise Foning, maire de Douala et tique du continent se discute toujours. femme d’affaires, obtient l’Oscar 2004 du Les années 90 ont marqué l’entrée de manager africain de l’année ; en 2005, elle l’Afrique sur la voie de la démocratisaest élue présidente du patronat féminin tion. La libération de Nelson Mandela mondial. Dans le pays, une coopérative de sonne la fin de l’apartheid en Afrique du femmes séropositives s’est mise en place Sud, et l’instauration de la démocratie pour venir en aide aux femmes touchées « par le premier vote fondé sur le principe par la maladie avec l’aide de l’Organisation “ un homme, une voix ”, en avril 1994 » Internationale du travail (OIT). Un service précise Stephen Smith. Des alternances de financement par micro-crédits a permis démocratiques ont aussi vu le jour (Béà plus de cent femmes de travailler. Au nin, Ghana, Madagascar, Mali…). Or, si Mali, la Compagnie malienne pour le déle suffrage universel a en principe été veloppement des textiles vient d’ouvrir une adopté par la plupart des constitutions cinquième filiale, aidée par huit banques africaines, des dérives et régimes forts maliennes. En 2010-2011, résistent. De fait, la possibielle devrait produire 360 000 lité de maintenir et d’étendre On NE tonnes de coton. la démocratie en Afrique dedéveloppe meure un enjeu important. pas. On SE Pour continuer à se développer, Dépendance et autonomie développe l’Afrique a aussi besoin des investissements extérieurs. Aujourd’hui, on peut considérer que treize pays afri- (Pr J. Ki-Zerbo) Mais à quel prix ? Michel Beuret explique : « Il y a une exigence cains sur cinquante-trois de la part des pays occidentaux, et de la s’auto-suffisent pour alimenter la Banque mondiale d’assainir politiquement population, alors que la moitié de la les états africains. D’un autre côté, des états population africaine est agricole. La du Sud, sous l’emprise de la Chine et un peu productivité demeure faible : en 2002, de l’Inde qui pensent que la priorité est le 800 millions d’Africains produisaient moins développement, même s’il faut soutenir un de la moitié des richesses produites par gouvernement dictatorial ». 60 millions de Français. Les investisseLa Chine investit ainsi le continent, en ments extérieurs sont indispensables. particulier les pays producteurs de pétrole « Pendant la décennie 1980, le continent (Angola, Soudan, Nigéria, Congo-Brazzarecevait 15 milliards de dollars par an », ville, Guinée équatoriale) et les infrastrucrappelle Stephen Smith. Le montant de tures qu’elle y construit encouragent les la dette extérieure en Afrique était de entrepreneurs extérieurs à y revenir. Pour 200 milliards de dollars en 2000, soit Joseph Stiglitz : « Le raffermissement du 60 % de sa richesse annuelle produite… partenariat avec les pays émergents d’Asie Cependant, pour Joseph Stiglitz, prix Nobel peut permettre à l’Afrique de maximiser la d’économie et ancien vice-président de la rente de ses ressources naturelles, en exBanque mondiale : « Beaucoup de pays en ploitant la concurrence mondiale, et d’attirer développement ne pourront se développer des investissements importants. » si leurs dettes ne sont pas annulées ». Un élément déterminant pour inciter aussi De fait, le développement des échanges ces pays à prendre en charge leur avenir, Sud-Sud se poursuit : l’Inde, avec qui les entre initiative et co-développement. échanges commerciaux pourraient atteindre 70 milliards de dollars en 2012, le Brésil, la Russie sont autant de nouveaux partenaires. Ce potentiel économique est largement précédé d’un rayonnement intellectuel et culturel mondial. L’Afrique est le creuset d’acteurs politiques, économiques, sociaux et de penseurs noirs qui sont des références sur les questions

concernant les équilibres et identités des mondes. Et de nombreux artistes plasticiens, photographes, musiciens (Ousmane Sow, Malik Sidibé, Pierrot Men, Salif Keita…) exposent et expriment les réalités de leurs pays au travers de leur art. Pour Demba Moussa Dembélé, directeur du Forum africain des Alternatives : « Les dirigeants et peuples africains doivent savoir que le développement de l’Afrique est de leur propre responsabilité. Personne ne viendra développer l’Afrique à notre place. Comme le disait le regretté Professeur Joseph Ki-Zerbo, penseur original, théoricien du développement de l’Afrique, “ On NE développe pas. On SE développe ” ». En 2000, 191 gouvernements se sont fixés huit objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015, dont réduire l’extrême pauvreté et la faim, permettre l’accès à l’éducation et aux soins pour tous, mettre en place un système de partenariat mondial. Un défi international pour garantir l’avenir de chaque nation. Alexandra Ruffin

à lire

• Afrique Noire, histoire et civilisation. De Elikia M’Bokolo. Éd. Hatier. 38 €. • 50 ans après, quelle indépendance pour l’Afrique ? Collectif. Éd. Philippe Rey. 22,90 €. • La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir. De Michel Beuret et Serge Michel. Éd. Grasset. 19,50 €. • Atlas de l’Afrique. De Stephen Smith. Éd. Autrement. 17 €. • La pensée noire. Le point Hors série. 6,50 €. • Petit précis de remise à niveau sur l’histoire africaine. Collectif. Éd. La Découverte. 12 €. • La grande désillusion. De Joseph Stiglitz. Livre de poche. 6,50 €.

SUR LA TOILE

• Revue économique Les Afriques www.lesafriques.org • Agence française de développement www.afd.fr • Comité pour la mémoire de l’esclavage www.comitememoire-esclavage.fr.

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culture

Staff Benda Bilili

Très très fort ! Inédit, énergique, beau, émouvant, le groupe kinois Staff Benda Bilili est une des plus belles révélations musicales africaines. En écho à leur quotidien, leur premier album est une aventure musicale, culturelle et humaine. Rencontre exclusive ! Génération Solidaire : Qui sont les Staff Benda Bilili ? Staff Benda Bilili : Nous venons de Kinshasa, en République démocratique du Congo. Nous avons monté le groupe en centre-ville, où nous avons aussi commencé nos répétitions. La musique a toujours fait partie de notre vie. Nous avons cela dans le sang ! Et dès qu’on revenait de Brazza à Kinshasa, on jouait. Aujourd’hui, nous sommes huit dans le groupe : cinq handicapés (ils ont contracté la poliomyélite dans leur jeunesse, NDLR), trois valides : chanteurs, bassiste, joueurs de santonge et de guitare. Nous sommes polyvalents ! Quelles sont vos inspirations musicales ? Et comment est né votre premier album ? On aime tout, on fait de tout : de la rumba congolaise, du blues, du reggae, du funk. On combine. On s’amuse… On avait commencé l’album en 2003.

nos chansons. Le faire découvrir aux Il est sorti en 2009. Il a été enregistré autres, au monde. On est là pour transen plein air à Kinshasa, avec un ordinamettre des messages, car à Kinshasa, la teur portable et une dizaine de micros, misère et les maladies persistent. Il y a notamment au jardin zoologique – on beaucoup de shégués (enfants des rues ; entend même les crapauds. Vincent ils seraient au moins 40 000, NDLR) ; Kenis (producteur belge de Konono N°1, beaucoup font des peKasaï Allstars… NDLR) est venu avec le matériel. Le On veut faire tits boulots, ne vont pas à titre de l’album est Très Très vivre le pays l’école. Nous-mêmes, nous Fort, car quand on joue, il dans nos chan- avons vécu dans la rue ; y a toujours énormément sons. Le faire et nous sommes handicapés, une des plus grandes de monde qui applaudit, découvrir au communautés d’exclus de danse, participe. C’est une monde la ville, avec beaucoup de énergie incroyable. Au pays, souffrances. Nous parlons mais aussi ici en Europe. de la polio, demandons aux parents de faire vacciner leurs enfants, de bien les Dans vos chansons, vous abordez élever. Nous parlons de la vie dans des les réalités de la vie dans votre boîtes en carton, des enfants à l’abanpays. Vous vous dites même un peu don, de l’importance du travail, de ce “journalistes”... qu’on veut faire de sa vie. Ce sont des paEn lingala, Staff Benda Bilili signifie roles sur ce qui se passe chez nous, une “Regarder au-delà des apparences”, vie dure où la chance, l’espoir ont aussi mettre dans la lumière ce qui est dans leur place si on s’en donne les moyens. l’ombre. On veut faire vivre le pays dans

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Comment vivez-vous ? Et quels sont vos projets ? Nous vivons à Kinshasa. Nous voulons continuer à faire vivre le groupe, à faire évoluer notre musique. Auparavant, on vivait avec les shégués. Depuis quelque temps, l’orchestre a évolué et on a loué un endroit pour vivre. On ne joue plus dans les rues, on ne répète plus en ville. Depuis toujours, quand les enfants nous voient, ils viennent vers nous. Ils comptent sur nous. Nous projetons de créer un centre pour eux quand nous en aurons les moyens, pour les aider à grandir, à apprendre. C’est notre souhait, ne pas oublier les enfants, les shégués, les orphelins. Nous aussi nous comptons beaucoup sur eux : faire des études, c’est préparer l’avenir. Nous souhaitons aussi participer à l’avenir de notre pays. Propos recueillis par Virginie de Galzain

PRATIQUE

Photos © Virginie de Galzain

CD : Très Très fort. Crammed Label. 16,99 € (prix indicatif) SITE : www.myspace.com/staffbendabilili ACTUS : www.crammed.be

CONCERTS (sélection) 25 juin : festival Solidays www.solidays.org 26 juin : festival Couleur café www.couleurcafe.be 26 juillet : Nuits de Fourvière www.nuitsdefourviere.fr 4 août : festival Fiesta’Sète www.fiestasete.com 8 août : festival Dranouter www.folkdranouter.be 30 août : festival Le Cabaret vert www.cabaretvert.com

Retrouvez l’interview de Staff Benda Bilili sur www.lmde.tv

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debattre

Principe de précaution

Info ou intox ? © Valérie Couteron

Soins, hospitalisation, vaccination, alimentation... Le principe de précaution, notamment dans les questions de santé publique, ne pourrait-il pas constituer un obstacle aux libertés individuelles ? Pour en débattre, entretiens avec Didier Tabuteau et Gérald Bronner. Didier Tabuteau, conseiller d’État, est spécialiste des questions de santé et de Sécurité sociale, professeur associé à l’Université Paris-Descartes, co-directeur de l’Institut Droit et Santé, directeur de la chaire Santé à Sciences-Po et du centre d’analyse des politiques de santé de l’EHESP. Génération Solidaire : Qu’est-ce que le principe de précaution ? Didier Tabuteau  : En santé, individuelle (par exemple en cas d’opération) ou publique (campagne de dépistage d’un cancer), il s’agit de faire en sorte que les bénéfices escomptés soient supérieurs aux risques encourus. Le principe de précaution est donc une obligation de prudence élevée au niveau de la société. Comment s’applique-t-il concrètement en France ? Dans l’histoire de la médecine, on peut le rattacher, en tout cas pour les décisions individuelles, au primum non nocere (1) d’Hippocrate, règle d’or de la médecine. L’obligation faite au médecins s’est étendue aux autorités sanitaires pratiquement dès son invention : une loi de 1790 a imposé aux autorités publiques de limiter par des précautions convenables les risques épidémiques. Si les décisions de santé publique sont moins fréquentes que les décisions individuelles (médecins, patients) prises chaque jour, le recours à la notion de précaution est présente : par exemple quand on renforce les protocoles pour sécuriser les anesthésies ou lorsqu’une caisse d’Assurance maladie diffuse le test du dépistage du cancer du colon.

ceux de la maladie et ceux du traitement. La Dans un de vos ouvrages (2), vous faites grippe H1N1 est un exemple de la difficulté allusion à la nouvelle responsabilité du de pondérer les risques et d’adopter une malade et à son droit de décider... attitude de précaution mesurée. D’un côté, Le malade choisit de suivre ou non un il y a une pathologie dont les risques sont traitement ou de subir ou non une interdifficiles à évaluer, de l’autre des antidotes. vention. Ainsi, je dirais plutôt que le prinEnsuite, d’autres questions se posent : cipe de précaution accroît l’autonomie de quelle mobilisation de moyens pour limiter la personne dans la décision. Mais si la les risques est-elle justifiée santé d’autrui est mise en danger, il s’agit d’un autre Les bénéfices au regard d’autres risques ? Et sommes-nous capables de arbitrage, et il peut y avoir escomptés des obligations de soin ou de doivent être réagir sur tous les risques de même importance avec auprévention imposées au nom supérieurs aux tant de vivacité et de rigueur ? de la collectivité. L’exemple risques le plus évident, ce sont les Propos recueillis encourus vaccinations obligatoires ou par Giulietta Speranza (1) les injonctions de soins (on « d’abord ne pas nuire ». peut hospitaliser sans leur consentement des malades mentaux s’ils sont dangeHormone de croissance reux pour les autres). Le dépistage obliDe 1960 à 1988, les troubles gatoire du VIH-Sida qui a été envisagé, de la croissance dus à une mais heureusement refusé au regard des insuffisance hypophysaire ont été droits de l’Homme, le démontre bien. On soignés en France par des hora là un exemple de santé publique qui mones de croissance fabriquées repose non sur l’obligation, mais sur à partir d’hypophyses humaines prélevées sur des cadavres. Plus l’adhésion des personnes aux mesures de 115 jeunes sont décédés de préconisées. la maladie de Creutzfeldt-Jakob, à la suite d’un traitement à Quels sont ses points positifs ? base d’hormones de croissance. C’est grâce à ce principe que l’on a le plus Le 14 janvier 2009, le tribunal de chance d’éviter les drames, tant au nicorrectionnel de Paris a relaxé veau de la santé individuelle que de la santé six médecins et pharmaciens. collective. Sa non-application a abouti au Le procès en appel se tiendra à drame du sang contaminé par le virus du partir du 4 octobre 2010. Sida ou aux contaminations par l’hormone de croissance extractive. Si on ne l’applique pas dans un contexte de choix d’une interà lire vention thérapeutique, les conséquences • Sécurité des patients, sécurité peuvent être graves. La précaution est donc des consommateurs : convergence et divergences. De Anne Laude nécessairement positive en santé. et Didier Tabuteau. Éd. PUF. 19 €. • (2) Les contes de Ségur, les couLe risque zéro existe-t-il ? lisses de la politique de santé. De En santé, on est dans une situation de D. Tabuteau. Éd. Ophrys. 19 €. risques : le médicament le plus anodin en comporte. Il faut les accepter, choisir entre

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© Spook © DR

Gérald Bronner est professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg et membre de l’Institut universitaire de France. Il a co-écrit, avec Étienne Géhin, L’inquiétant principe de précaution, publié en 2010.

diction par certains tribunaux d’implanter des antennes relais dans certains endroits. En la matière, le dernier rapport de l’Afsset a révélé que la majorité des recherches sur les ondes basses fréquences non ionisantes démontrent qu’il n’y a pas de dangerosité, jusqu’à preuve du contraire. À ce jour, le risque est imaginaire.

Génération Solidaire : On associe souvent principe de précaution à sécurité. Qu’en pensez-vous ? Gérald Bronner : Le principe de précaution est une norme de décision face à l’incertain. Sachant que l’homme, par ses actes, a une capacité à nuire à la santé publique et à l’environnement, à s’autodétruire, avoir des instances de regulation est nécessaire. De ce point de vue, le principe de précaution implique une sécurité. Mais ce qui, au départ, est une application du bon sens revêt progressivement une ampleur idéologique.

Quelles sont les dérives possibles de la notion de principe de precaution ? Premièrement, le ralentissement de l’innovation scientifique et technologique : par exemple, il n’y a presque plus de demandes de recherches auprès de l’Agence nationale de recherche (ANR) pour les organismes génétiquement modifiés (OGM). Et je crains que ce soit le cas pour les nanotechnologies. Un autre impact très fort : l’impact économique. Les peurs collectives se paient très cher au détriment d’actions plus urgentes.

Qu’entendez-vous par là ? Le principe de précaution appliqué de façon excessive constitue une idéologie qui tend à devenir contraire à l’intérêt général, à amplifier les angoisses au lieu de générer sécurité et confiance et n’exprime plus une norme de traitement raisonnable du risque : ce que Étienne Géhin et moimême appelons le « précautionnisme ». Si l’on reprend l’exemple de la grippe A, il était naturel que le gouvernement prenne des mesures de prévention pour se prémunir d’une possible pandémie. Mais était-il nécessaire de commander quatre-vingt dix millions de doses ? D’investir de l’argent dans des normes qui s’avèrent démesurées au lieu de le mettre au service de prévention de risques avérés ou de soins ? Il existe aussi des exemples de risques en grande partie imaginaires. Comme l’inter-

Quel rôle ont les politiques et les organismes d’experts ? Les hommes politiques décident, mais doivent consulter des organismes d’experts indépendants. Or, on constate que le principe de précaution peut devenir un paravent juridique. De plus, l’homme politique est pris en tenaille entre son opinion publique qui lui réclame d’appliquer le principe de précaution – qui a un coût -, la défense qu’il doit avoir de l’intérêt général et les experts scientifiques. Enfin, il y a toujours des militants précautionnistes, certains très sérieux, ce qui est heureux pour la démocratie scientifique, qui vont contester l’orthodoxie de ce qui est connu. Quel regard portez-vous sur la médiatisation du principe de précaution, et l’accès à l’information ? Il existe une concurrence entre les médias qui favorise l’urgence à diffuser l’informa-

tion, notamment « catastrophiste ». Je le vérifie régulièrement en croisant toutes les sources. Quand il y a une urgence, il y a difficulté à vérifier l’information sur des questions qui nécessitent plus de trois jours d’investigation. Or, la mise à distance est essentielle. D’autant plus que l’esprit humain a tendance à aller vers le principe de précaution et le doute. Le grand public devrait pouvoir faire confiance aux médias, intermédaires entre l’opinion publique et l’expertise scientifique. Qu’avez-vous envie de dire aux lecteurs ? Qu’il existe des instances d’expertise indépendantes qui publient régulièrement. Il est important que chacun prenne le temps de les lire, s’informe et prenne du recul, pour rompre avec un « conspirationnisme » ambiant. Propos recueillis par Giulietta Speranza et Virginie de Galzain

à lire • L’inquiétant principe de précaution. De Gérald Bronner et Étienne Géhin. Éd. PUF. 15 €.

EN SAVOIR PLUS

• L’organisation mondiale de la santé (OMS) : www.who.int/fr • L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) : www.inpes.sante.fr • L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) : www.afsset.fr • L’Agence nationale de recherche : www.agence-nationale-recherche.fr

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a votre service

3 questions à

Un plus pour les étudiants Environ 85 000 étudiants français se rendent à l’étranger chaque année pour un stage, un séjour ou un cursus complet. Ils sont 9 000 à partir chaque année en Belgique.

© LMDE

belges (UNMSB) se sont associées pour favoriser la mobilité des étudiants tout en leur garantissant des informations fiables, un accueil privilégié et la sécurité maximale du point de vue de la « santé-protection » sociale. Toutes les informations sont dans le guide Étudier en France / Étudier en Belgique, à retrouver sur www.lmde.com rubrique « Protection à l’international ».

Stand commun LMDE - UNMSB lors de la fête de l’Huma en 2008

L

Des actions de prévention Fidèles à leurs principes de prévention et d’éducation à la santé, la LMDE et l’UNMSB élaborent une action commune de prévention autour de l’alcool et des prises de risques. Cette action se déroulera durant le week-end suivant la semaine des épreuves du bac, le 26 juin, sur le parking d’une boîte de nuit belge. Les stands seront installés à l’intérieur de capotes géantes où les étudiants pourront être pris en photo. Un premier pas ludique qui permet d’engager les échanges autour de la prévention, et de les amener vers le quizz sur la sexualité.

’accès à l’information, la couverture santé, les mécanismes de remboursement sont autant de sujets face auxLa LMDE quels les étudiants sont d’autant plus désarmés qu’ils et l’UNMSB à cette occasion, des kits de se sont protection comprenant un ont quitté leur pays d’origine. Cette méconnaissance peut associées préservatif et du lubrifiant, avoir des conséquences pour pour favoriser le tout dans une boîte en méleur santé : report permanent la mobilité tal, ainsi que des éthylotests, seront distribués. de la consultation médicale ou dentaire, qui peut entrai- des étudiants D’autres animations seront ner une dégradation de leur proposées, comme le «kottabos», qui état physique et donc de sa capacité à permet de ressentir les sensations poursuivre leurs études… d’une personne alcoolisée, ainsi qu’un atelier de pose de préservatifs, mascuC’est pourquoi la LMDE et l’Union lins et féminins. nationale des mutualistes socialistes

Pour vos commentaires et suggestions generationsolidaire@lmde.com

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Partenariat LMDE – Union Nationale des Mutualistes socialistes Belges

Clément Boudin, secrétaire général de la LMDE, revient sur les enjeux de l’Assemblée Générale (AG) de la mutuelle qui s’est tenue les 21 et 22 mai. Quels sont les enjeux de l’AG ? L’AG est le moment statutaire d’une mutuelle. Elle réunit l’ensemble des élus étudiants de France métropolitaine, ainsi que ceux de La Réunion et des Antilles, et les salariés du comité de direction. Le conseil d’administration y est élu, et nous y votons le rapport moral de la mutuelle. Nous y débattons également de l’ensemble des activités de la LMDE et de son orientation pour l’année à venir. Quelles sont les orientations prévues pour 2010 ? Nous allons faire le bilan de la campagne de revendication auprès des conseils régionaux pour un chèque santé, qui permet aux étudiants de prendre une complémentaire santé plus facilement. Travailler sur sa mise en place concrète dans chaque région. Et étendre le projet aux régions qui ne l’avaient pas porté pendant la campagne électorale. En ce qui concerne les actions, nous allons nous atteler à développer les services à la personne, notamment pour les étudiants salariés ou ceux qui ne peuvent pas aller en cours pour des raisons de santé. Un axe important : le développement du site www.reussitefac.com, un site collaboratif et participatif où les étudiants peuvent déposer et échanger leurs cours, trouver des conseils santé et pédagogiques. La LMDE vient de fêter ses dix ans : quels sont vos chantiers pour les dix années à venir ? Le premier chantier est de défendre un système de santé solidaire. La crise économique a eu des conséquences sociales et sanitaires pour les jeunes et le système de protection doit être renforcé au lieu de reculer comme cela a été fait avec les franchises médicales ou le dé-remboursement de médicaments. Deuxième chantier : développer l’outil LMDE au service des étudiants. Il s’agira de continuer d’innover en matière de santé, sur l’insertion professionnelle, l’accès au logement, la réussite dans leurs études.



Generation Solidaire 22 - Juin 2010