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Premier MAGAZINE francophone ludo éducatif et solidaire / DÈS 14 ANS

N° 11 Avril 2009 / 3.50€

QUI VEUT LA PEAU DES ALBINOS ?

Le célèbre artiste malien, Salif Keita, a été victime d’humiliations dans son enfance à cause de sa différence de peau.

UNE PUBLICATION DE L’e-TOILE DE L’INFO

PAPIER RECYCLÉ


csuper.fr

Exposition produite par l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique


BILLET

Une publication de l’e-Toile de l’info 64, rue Rambuteau, 75003 PARIS www.letoiledelinfo.org contact@letoiledelinfo.org Tél.: 01 74 90 04 10

Directrice de publication : Mathilde LAFARGE m.lafarge@letoiledelinfo.org Rédaction en chef : Myriam REMBAUT m.rembaut@letoiledelinfo.org Édition et direction artistique : Vincent VÉTOIS Secrétariat de rédaction et correction : Sébastien CRETIN Ont participé à ce numéro : Arnaud Bébien, Anna Djigo, Camille Dutrieux, Rô, Audrey Emery, Élisa Deliège, Omaïra Duranza, Arnaud Quéré et l’école ARC-EN -CIEL Régie publicitaire : Mathilde LAFARGE Impression : Reproductis Les Crédits photos : Général : © Fotolia et DR Une : © Mai Lucas / Universal Music Date dépôt légal : 28 Novembre 2008 Numéro I.S.S.N. : 1969 - 3125 N° de commission paritaire : en cours Loi n° 49-956 du 16 juillet 1949 Tirage : 20 000 exemplaires

Différence, ignorance, violence... Il est insupportable de savoir que du simple fait de la blancheur de leur peau, les albinos africains soient victimes d’atrocités barbares. Croyances archaïques, mythes et superstitions peuvent engendrer des réactions surprenantes, allant parfois jusqu’à la violence. La diversité et la différence sont à l’origine de la richesse de l’homme. Bien ignorant est celui qui oublie cela ! Mathilde Lafarge

Sommaire ICI ET AILLEURS 4 • En bref 6 • Albinos : la peur à fleur de peau 8 • La « voix d’or de l’Afrique » est un albinos 10 • À l’école de la télé-réalité ! 12 • De la « bête de foire » au petit génie de l’informatique LE SAVIEZ-VOUS ? 14 • Des dates à se rappeler UN MÉTIER À LA LOUPE 16 • Détective, un métier... à suivre PORTRAIT 18 • Nojoud, 10 ans, une héroïne d’aujourd’hui 20 • Hubert Reeves : la tête dans les étoiles vu de l’intérieur 22 • Je me casse... pour quoi ?

28 • Les pesticides, nouveaux poisons de notre quotidien 31 • Vivre avec de l’asthme, c’est possible ESPACE FUN 32 • Sur scène, j’ai un sentiment de joie intense 33 • Comment réussir un séjour linguistique 35 • Ciné : 17 ans encore et Monstres contre aliens 36 • Zac Efron : « Après des centaines de baffes, j’étais prêt à en recevoir d’autres » LANGUES 39 • Devenir un touriste responsable Courrier 41 • Juliette, jeune écolo BD 42 • Extases d’Arnaud Quéré

XXIe SIÈCLE 24 • 1,2 milliard d’adolescents… pour quel futur ?

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ICI ET AILLEURS

LES brèves du mois

LA DENGUE S’ENFIÈVRE Depuis septembre 2008, une épidémie de dengue frappe la Nouvelle-Calédonie, en Océanie. Mais depuis janvier dernier, elle prend une ampleur dramatique sur l’île. La dengue, aussi appelée « petit palu » est une maladie tropicale infectieuse, transmise par les moustiques. Elle provoque les mêmes symptômes que la grippe : fièvre, douleurs articulaires, maux de tête. Elle peut également entraîner des hémorragies mortelles. Les autorités sanitaires incitent la population à utiliser des produits anti-moutisques et à traiter les lieux où les insectes peuvent se reproduire. MIEUX CONNAÎTRE LES ROMS Le 8 avril sera la Journée internationale des Roms. Victime d’un certain nombre d’idées reçues, la population rom est encore aujourd’hui soumise au racisme et à la discrimination. D’origine indienne, ce peuple, autrefois nomade, a été victime d’importants massacres par les nazis, durant la Seconde Guerre mondiale. Les Roms sont présents en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, en Australie, en Turquie et en Iran. On estime qu’ils pourraient être actuellement 12 millions. Trois textes de l’ONU reconnaissent le handicap social de nombreux Roms et appellent au respect de leur identité culturelle. Les Roms luttent activement pour leurs droits depuis 1971. 4

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TOP ! LA TOILE A 20 ANS

Les créateurs du réseau mondial Internet World Wide Web (www) ont fêté son 20e anniversaire, le 13 mars dernier à Genève, en Suisse (Europe). La Toile (“Web” en anglais) a été imaginée en mars 1989 par un ingénieurprogrammeur informatique britannique, Tim BernersLee. Au départ, ce projet avait été conçu pour les scientifiques. Selon l’Union internationale des télécommunications, il y aurait aujourd’hui plus d’un milliard d’utilisateurs d’Internet.

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FLOP ! BRITNEY

TRÈS GOURMANDE

Britney Spears serait prête à raconter toute sa vie dans une autobiographie, mais pas à n’importe quel prix. D’après le magazine US Weekly, la chanteuse veut être payée au moins 8 millions de dollars ! Les mésaventures de Britney Spears, dont on connaît déjà beaucoup de choses, valent-elles une telle somme d’argent ?


ICI ET AILLEURS PAS TOUCHE AUX ŒUVRES PROTÉGÉES ! GANDHI AU PLUS OFFRANT Le 6 mars dernier, les objets personnels de Gandhi ont été mis aux enchères, à New York, aux États-Unis, en Amérique du Nord. Les fameuses lunettes rondes, la paire de sandales en cuir, la montre à gousset, le bol et l’assiette du guide spirituel non-violent, père de l’indépendance indienne, ont été achetés par un milliardaire indien pour la coquette somme de 1,8 million de dollars. Au grand soulagement de l’Inde, qui voulait à tout prix que ce patrimoine reste dans le pays. Les objets iront dans un musée.

Le gouvernement français se fâche. Face au nombre croissant de téléchargements illégaux d’œuvres protégées sur le Web, il vient de proposer une loi qui vise à punir sévèrement les internautes peu scrupuleux. Le système de répression serait gradué  : envoi de mails d’avertissement, puis d’une lettre recommandée et, enfin, suppression de l’abonnement à Internet. D’autres pays ont déjà tenté l’expérience, mais en sont revenus. En France, certaines dispositions de ce projet de loi font polémique (comme la collecte en masse d’adresses IP, et la coupure de l’accès à Internet). Les libertés individuelles sont au cœur des débats. Nous développerons prochainement ce sujet dans un dossier complet.

2 390 CONDAMNÉS À MORT EN 2008 Une action symbolique d’Amnesty International, lors d’une Convention internationale de l’ONG © AI

L’an dernier, 2 390 personnes ont été exécutées dans le monde, selon un récent rapport d’Amnesty International. La Chine, à elle seule, a condamné à mort plus de 1 710 prisonniers. Amnesty International dénonce une majorité d’exécutions en Asie (Afghanistan, Bangladesh, Chine, Corée du Nord, Indonésie, Japon, Malaisie, Mongolie, Pakistan, Singapour, Viêtnam). Les régions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord arrivent en deuxième position. Aux États-Unis, où la peine de mort est en vigueur dans de nombreux États, 37 personnes ont été exécutées l’an dernier, le plus petit nombre depuis une décennie.

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ICI ET AILLEURS

ALBINOS : « LA PEUR À FLEUR DE PEAU » © Nicolas Musique / École ARC-EN-CIEL

Quand leur peau blanche comme du lait n’est pas attaquée par les rayons du soleil, les albinos d’Afrique sont victimes des hommes, comme en Tanzanie et au Burundi. La raison ? Des croyances ancestrales tenaces.

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i-ange mi-démon. Dans une partie de l’Afrique, le fait de naître Blanc alors que ses deux parents sont Noirs engendre les croyances les plus folles. L’albinisme, c’est quoi ? Une anomalie génétique caractérisée par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. La fréquence de l’albinisme est plus élevée dans les populations à peau foncée. Aux États-Unis ou en Europe, une personne sur 20 000 est albinos : en Afrique, c’est un individu sur 4 000. Les albinos africains peuvent se protéger du soleil avec des chapeaux, des lunettes de soleil et des parasols… s’ils ont les moyens de se les offrir. Souvent la crème solaire est introuvable dans les magasins. Éviter le soleil lorsqu’on travaille dans les champs ou que l’on joue dehors semble impossible. Durant la saison chaude, les brûlures au second degré sont courantes. Cela entraîne beaucoup de douleurs, des blessures et un vieillissement prématuré de l’épiderme. www.letoiledelinfo.org

Les cancers de la peau, à un très jeune âge, ne sont pas rares chez les albinos. Abandonnés ou tués Victimes de préjugés et de superstitions, tourmentés à l’école, marginalisés par la société, les albinos africains sont rejetés, et ils traînent tout au long de leur vie une frustration qui ne facilite guère leur intégration. En République démocratique du Congo, lorsqu’un enfant albinos naît, soit le foyer se brise (l’enfant et sa mère sont renvoyés), soit le bébé est abandonné par ses parents ou, pire, tué. De nombreux témoignages rapportent des cas d’albinos privés du lait maternel. Riche et beau pour l’éternité Au Burundi et en Tanzanie surtout, les albinos sont en danger de mort. Beaucoup ne sortent plus par peur. Ils font les frais de massacres qui trouvent leurs origines dans des croyances ancestrales : des sorciers découpent


ICI ET AILLEURS © Christelle Pompom / École ARC-EN-CIEL

leurs corps en morceaux, avec lesquels ils préparent des potions souvent vendues à des notables tanzaniens. On raconte que boire ces remèdes rend riche et beau… pour l’éternité ! Les enfants albinos escortés En mars 2008, le président tanzanien, Jakaya Kikwete, a ordonné des actions répressives contre ceux qui seraient mêlés à ces meurtres. 173 sorciers ont déjà été arrêtés. La Tanzanie recense officiellement plus de 8 000 albinos, mais une association, défendant ces personnes, estime qu’ils pourraient être, en réalité, près de 150 000 (sur une population d’environ 40 millions d’habitants). Les rapports de plusieurs ONG font état de l’assassinat ou de la mutilation d’au moins 25 albinos depuis mars 2008. Le Parlement européen a condamné ces tueries, ainsi que le commerce organisé avec les corps. Le gouvernement tanzanien, conscient du drame, a instauré des mesures de protec-

tion, comme un service de police qui escorte les enfants albinos jusqu’à l’école. « Traumatisés, isolés, repoussés » Mais la situation reste critique : fin octobre, alors qu’une marche de protestation était organisée à Dar es-Salaam, la plus grande ville de Tanzanie, une fillette de dix ans était tuée le soir même à l’autre bout du pays. Les albinos du Burundi ne sont pas mieux lotis. Au mois d’août dernier, six d’entre eux sont morts, et peu avant les fêtes de fin d’année, un garçon albinos de huit ans a été tué, dans l’est du pays, avant d’être amputé de ses membres. Victoria Gakobwa, une Burundaise albinos de 50 ans, célibataire, exprime son désarroi : « Nous avons été maudits. Nous sommes depuis longtemps traumatisés, isolés, repoussés. Personne n’ose nous demander en mariage. »

© Nicolas Fourmentraux / École ARC-EN-CIEL

Arnaud Bébien

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ICI ET AILLEURS

La « voix d’or de l’Afrique » est un albinos

L

a vie de Salif Keita n’a pas débuté sous les meilleurs auspices. Né albinos, au Mali en 1949, il est rejeté dès sa naissance. Selon lui, « naître albinos en Afrique est un drame ». Son enfance est solitaire. Son apparence physique provoque les railleries des autres enfants. Son père ne lui adresse pas la parole pendant des années. Salif Keita étudie avec brio, puis apprend le chant en écoutant les griots (sorte de poètes-chanteurs). Il devient musicien, et sa voix époustouflante séduit, maintenant depuis des années, les publics du monde entier. Un conte de fées ! Une Fondation, un téléthon Sa sœur albinos est décédée d’un cancer de la peau, et Salif Keita est le père d’une petite albinos de 4 ans. Ces deux événements l’ont poussé à créer la Fondation Salif Keita. En janvier 8

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dernier, il a organisé un téléthon pour les albinos, à Bamako, la capitale malienne. La soirée, à laquelle participait le président malien Amadou Toumani Touré, a permis de récolter 50 millions de francs CFA. La somme servira, notamment, à l’achat de crèmes solaires et de lunettes pour les albinos. « Ils doivent protéger leur corps par le port de vêtements à manches longues, s’enduire le corps de crème solaire, ne pas s’exposer au soleil et porter des lunettes de soleil », rappelle la compagne de l’artiste, Mafi Keita, également vice-présidente de la Fondation. Aide à la scolarisation des albinos Les enfants font l’objet d’une attention particulière. La myopie qui accompagne l’albinisme rend pénible la scolarisation des jeunes albinos. La Fondation Salif Keita tente de faire appliquer les consignes suivantes dans les www.letoiledelinfo.org

écoles : « rapprocher l’élève du tableau noir, écrire en gros caractères, ne pas lui faire faire d’exercices physiques sous le soleil et ne pas l’isoler dans la classe. » Un centre d’études et de formation pour les enfants albinos doit être construit prochainement à Tièbani, au Mali. Depuis plus de vingt ans, Salif Keita se bat pour faire reconnaître l’albinisme comme un handicap. L’Organisation mondiale de la santé vient de lui donner raison. Arnaud Bébien et Myriam Rembaut

LEXIQUE Auspices : (ici) présage, influence. Francs CFA : monnaie du Mali.


vol.

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ATLAS D’UN MONDE QUI CHANGE

50 thèmes et 350 cartes pour comprendre le monde où nous vivons et anticiper celui où nous vivrons.

NOUVEAU FORMAT POCHE SORTIE MARS 2009

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LE DESSOUS DES CARTES

208 pages 15€

Auteurs : Jean-Christophe Victor, Virginie Raisson et Frank Tétart Cartographie : Frédéric Lernoud Diffusion du Dessous des Cartes sur ARTE tous les mardis vers 22h30 et en vidéo à la demande www.arte.tv/ddc sur www.artevod.com

Toujours disponibles en librairies :

Coffret Atlas 1 & 2 grand format www.letoiledelinfo.org

Atlas vol. 1 en format poche Avril 2009

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À l’école de la télé-réalité ! Une école pour apprendre à se préparer aux castings des émissions de télé-réalité, ça n’existe pas… Eh bien si ! Cet établissement s’est ouvert récemment à New York, aux États-Unis, en Amérique du Nord. On y enseigne l’improvisation, l’art de développer son originalité, la manière de bouger face à la caméra, comment soigner son look… « Je maîtrise l’art de résumer ma vie » Andrew Hampp, un des élèves de la New York Reality TV School, fait part de son expérience : « Alors qu’on m’appelait sur le podium pour recevoir mon diplôme, j’ai commencé à réaliser combien j’avais appris au cours des 3 heures de coaching. Aujourd’hui, je maîtrise l’art de résumer l’histoire de ma vie en une super biographie de 15 minutes, et celui de danser devant la caméra, sans crainte de paraître ridicule. La New York Reality TV School est tout simplement géniale ! » 10

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ider les débutants à trouver et à faire ressortir leur talent unique ». C’est avec cette simple idée que le réalisateur, producteur et professeur d’art dramatique américain, Robert Galinsky, a imaginé la New York Reality TV School. L’établissement a ouvert l’été dernier. Pour lui, il faut motiver et encourager les talents naissants, apprendre aux jeunes à « se vendre » afin d’obtenir une place dans la multiplication des émissions de télé-réalité. Pour cela, les élèves sélectionnés sont confrontés à différents tests, qui vont du casting, à l’audition, en passant par des simulations d’interviews à la presse. Les jeunes sont invités à s’inscrire à des séminaires (des « workshops  ») proposés par www.letoiledelinfo.org

la New York Reality TV School. Les candidats sont acceptés en fonction des places disponibles. L’école offre également des bourses, au cas par cas. Il y a, en plus, la possibilité de prendre des cours particuliers, appelés « Private coaching ». Pour être « The best » Maths ? Orthographe ? Langues étrangères ? Ce ne sont pas vraiment les matières enseignées dans cette école. Ici, les élèves participent, par exemple, à des « one time workshop intensive ». Ce sont des séances de 3 heures (à 140 dollars environ) au cours desquelles ils se forment sur la façon de se tenir devant une caméra. Il y a des « mini-master classes » où les débutants travaillent avec des professionnels


ICI ET AILLEURS Robert Galinsky, créateur de la New York Reality TV School

de la télévision (directeurs de casting, ou stars d’émissions de télé-réalité). Ces derniers expliquent aux élèves quelle attitude avoir sur un tournage, comment se présenter au public, comment se démarquer des autres candidats, etc. Un autre cours propose un « training médias conférence de presse » pour aider les étudiants à découvrir les séances de questions-réponses avec les journalistes. Beaucoup d’autres choses sont encore au programme, comme des cours pour gérer les conflits avec les colocataires, courants dans certains types d’émissions ! Et à la fin de la formation, les élèves reçoivent un diplôme. My God, ça marche ! La New York Reality TV School

rencontre un franc succès. Cela se révèle à travers le nombre de jeunes diplômés de l’école qui se retrouvent sélectionnés, non seulement pour des émissions de télé-réalité, mais également pour participer à des séries télévisées grand public. Parmi les anciens étudiants de l’école : Jorge Bendersky, qui a terminé dans le top 3 de l’émission Groomer Has It sur la chaîne Animal Planet ; Donato DeMarinis et Laura McCallen, qui ont obtenu des rôles dans l’émission américaine à succès Law and Order, sur la chaîne NBC. De plus, Donato DeMarinis a décroché un contrat pour jouer dans la série Entourage sur la chaîne HBO. Enfin, les jumeaux Perahea ont été sélectionnés au casting d’un film dont le tournage a eu lieu en septembre et octobre derniers. www.letoiledelinfo.org

Mais, dans la masse des élèves, très peu arrivent à conserver leur « notoriété ». Presse et public sous le charme La presse américaine chante les louanges de Robert Galinsky, son habileté à découvrir de véritables talents et à faire naître des vocations. Aujourd’hui, les candidats arrivent de tout le pays pour vivre l’expérience de la New York Reality TV School… Avec, au fond du cœur, le secret espoir de parvenir un jour au sommet, à Hollywood ! Anna Djigo Correspondante à New York, aux États-Unis Pour en savoir plus : www.newyorkrealitytvschool.com Avril 2009

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De la bête de foire » au petit génie de l’ informatique »

« T’es un geek ou quoi ! » Il n’est pas rare d’entendre des adolescents se taquiner avec une formule de ce genre. Mais un geek, c’est quoi ?

A

u 18e siècle, en Europe, les « gecken » étaient des gens au physique étrange présentés au public dans les cirques ambulants et les foires  : des femmes à barbe ou des personnes ayant des malformations physiques exposées dans des cages. Au siècle suivant, le phénomène s’est déplacé vers l’Amérique du Nord. Le terme de « gecken » s’est alors transformé en « geek ». Les décennies passant, ce nom a ensuite été donné aux gens un peu bizarres, en marge de la société, ou ayant un

physique négligé. Bref, pendant longtemps, être traité de geek n’a pas vraiment été un compliment ! Mais aujourd’hui le sens du mot a changé, puisque les passionnés d’informatique et de nouvelles technologies se font appeler « geeks ». Bienvenue dans la sciencefiction Sur un blog, l’un d’entre eux fait son autoportrait : « Le geek est un jeune homme fan d’ordinateur et de programmation, qui adore les jeux vidéo (…), la fantasy et la

science-fiction. » Les principaux maîtres à penser des geeks sont J.R. Tolkien, auteur du célèbre Seigneur des Anneaux, George Lucas et sa saga Star Wars, mais aussi le réalisateur américain Quentin Tarantino. Sur le même blog, on peut encore lire : « (Le geek) a lu au moins 5 fois Le Seigneur des Anneaux, ainsi que toute l’œuvre de Tolkien, et regardé 10 fois Star Wars, et adorerait être un hobbit, un Jedi ou un Klingon (…). » Certains héros de fiction très connus sont des geeks : Neo dans Matrix, Angela Bennett dans Traque sur Internet, Abby Sciuto dans NCIS enquêtes spéciales… Un club de passionnés Les geeks correspondent par l’intermédiaire de leurs blogs, de plates-formes de jeux ou des forums. Beaucoup d’entre eux utilisent des pseudonymes tirés de la littérature fantastique, des comics ou des jeux vidéo. Ils utilisent aussi un code, le geek code : c’est une suite de lettres et de symboles qui renseigne les autres geeks sur leur personnalité et leurs goûts. Pas toujours facile donc de rentrer dans ce monde de spécialistes ! Camille Dutrieux

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LE SAVIEZ-VOUS ?

des Dates à se Rappeler

6 avril 1994 4 avril 1792 LE DOLLAR MONNAIE OFFICIELLE DES ÉTATS-UNIS Le Congrès des États-Unis (Amérique du Nord) adopte une loi (Coinage Act) établissant le dollar comme unité monétaire du pays. Il existait autrefois des pièces de 2, 3 et 20 cents et même d’un demicent. Aujourd’hui, il existe 4 sortes de pièces, qui sont toutes frappées du portrait d’un président américain. Les premiers billets verts sont apparus en 1861.

12 avril 1961 © NASA

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DÉBUT DU MASSACRE AU RWANDA Un avion transportant le président du Rwanda Juvénal Habyarimana et le président du Burundi (Afrique), Cyprien Ntaryamira, est abattu alors qu’il s’apprête à se poser à Kigali, la capitale du Rwanda. Cet évènement est considéré comme le déclencheur du massacre qui va faire entre 500 000 et un million de morts au Rwanda. Le peuple Hutu (90 % de la population du pays) s’en prend aux membres de la minorité Tutsi, ainsi qu’aux Hutus modérés qui refusent de participer aux tueries. Pendant des semaines, la communauté internationale laissera s’accomplir le génocide, sans intervenir. PREMIER HOMME DANS L’ESPACE L’URSS (actuelle Russie, en Europe) envoie dans l’espace un pilote de l’armée de l’air nommé Iouri Gagarine. Il effectue un voyage de presque deux heures autour de la Terre, à bord du Vostok. À ce premier homme dans l’espace, on donnera le nom de « cosmonaute ».


14 avril 1912 NAUFRAGE DU TITANIC Dans la nuit du 14 au 15 avril, Le Titanic, le plus grand et le plus luxueux des paquebots construit par l’homme, heurte un iceberg, au large de Terre-Neuve (Amérique du Nord), lors de son voyage inaugural. Le navire, réputé insubmersible, coule. 1 500 personnes périssent. Seuls 848 passagers survivent.

Le 1er avril, c’est le jour des blagues. En France, la tradition est d’accrocher des poissons dans le dos. Mais quelle est l’origine de tout ça ? On dit que jusqu’en 1564, l’année commençait le 1er avril. Le roi Charles IX décida de modifier le calendrier, en faisant commencer l’année au 1er janvier. À cette époque, pour marquer l’année nouvelle, les gens s’offraient des cadeaux alimentaires, comme du poisson. Quelques farceurs ont eu l’idée de continuer à se faire des cadeaux le 1er avril. Mais, cette fois, des cadeaux sans valeur, « pour de rire ». La coutume du « poisson d’avril » est restée jusqu’à aujourd’hui. La fête du 1er avril existe un peu partout : aux ÉtatsUnis et au Royaume-Uni, elle s’appelle « April Fools’ Day », en Allemagne « April April » ou « Aprilscherz »… On la célèbre aussi en Italie, en Suisse, en Belgique et même au Japon.

LE SAVIEZ-VOUS ?

D’OÙ VIENT LE POISSON D’AVRIL ?

26 avril 1986 © Greenpeace

DRAME DE TCHERNOBYL L’explosion d’un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, en Europe, provoque une immense pollution. Un nuage radioactif s’étend sur pratiquement toute l’Europe. De nombreux morts sont recensés. La ville de Tchernobyl est évacuée, mais l’usine continuera à fonctionner, au ralenti, jusqu’à sa fermeture définitive en 2000. Des cancers et des malformations frappent aujourd’hui encore les populations qui vivent autour de Tchernobyl. www.letoiledelinfo.org

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UN MÉTIER À LA LOUPE

DÉTECTIVE, UN MÉTIER… À SUIVRE Détective, ou agent de recherches privées. Un métier, déjà exercé dans l’Antiquité par les Égyptiens et les Phéniciens, et qui évoque aujourd’hui quelques grands noms de la littérature policière ou de séries télévisées américaines. Mais sur le terrain, le détective ressemblet-il vraiment à Hercule Poirot, Philip Marlowe ou Mike Hammer ? Nous avons posé la question à MarieFrançoise Hollinger, de la Chambre professionnelle des détectives français.

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Missions Le détective mène une enquête sur le terrain pour recueillir des renseignements qui défendront les intérêts de son client. Ces informations doivent être récoltées de manière discrète, tout en respectant un code de déontologie. Les enquêtes sont variées : « Les particuliers nous demandent de rechercher une personne disparue, un adolescent en fugue, de vérifier les conditions de vie d’un enfant après un divorce… Nous avons aussi les affaires conjugales… Pour les entreprises, nous enquêtons sur les vols, la concurrence déloyale, la contrefaçon, les escroqueries, etc. », détaille Marie-Françoise Hollinger. Tous les détectives du monde ont à peu près les mêmes missions, mais pas les mêmes moyens. « En Europe et en France, il est très difficile d’obtenir des informations sur la vie privée, même si celles-ci sont ouvertes au citoyen. Ensuite, entrent en jeu le droit et les lois de chaque pays. En France, le détective travaille peu dans le domaine pénal, alors que le système anglo-saxon (États-Unis, Canada, Royaume-Uni) le permet beaucoup plus. Et en Europe, c’est variable. Le détective espagnol, par exemple, a un statut plus intéressant qu’en France. C’est un véritable auxiliaire, proche des réseaux policiers. »

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UN MÉTIER À LA LOUPE

PAS LE BIENVENU PARTOUT Les détectives ne sont pas admis partout dans le monde. Selon les pays, ils peuvent être ignorés, tolérés ou carrément interdits. Ces différences sont fonction du degré de démocratie du pays, et de son aptitude à respecter les droits de la défense, les libertés individuelles, et la liberté du commerce et de l’industrie.

Ses qualités Les filatures et les planques étant la base du métier, il faut beaucoup de patience. Les surveillances peuvent durer plusieurs heures. Le détective doit être calme, attentif et concentré. Il doit avoir de la curiosité, mais aussi « de la psychologie et de la bienveillance, car on nous confie parfois des drames humains difficiles, pour lesquels il faut un minimum de délicatesse », précise Marie-Françoise Hollinger.

Études Tous les pays n’exigent pas une formation particulière. Une formation européenne est en préparation. À titre d’exemple, en France, il existe seulement trois écoles, à Nîmes, Melun et Montpellier. Les admissions se font après un bac + 2. « Il y a beaucoup de demandes pour entrer, mais peu d’élus, précise Marie-Françoise Hollinger. Car les critères de sélection sont stricts. Il n’y a pas que la motivation qui compte.»

Capacités d’adaptation Le détective reçoit une formation basée en grande partie sur le droit. Il doit se tenir au courant des nouveaux textes. « Le droit évoluant, il faut pouvoir dire à son client que ce qu’il demande est impossible à réaliser, ou qu’on aura la possibilité de le faire sous certaines conditions », confirme MarieFrançoise Hollinger. D’autre part, il faut s’informer sur les nouvelles technologies qui vont être utiles pour les enquêtes. Il faut savoir aussi s’adapter à toutes les situations : « Un jour, j’ai recherché un chat (rires) ! Un couple de personnes âgées voulait savoir où était passé l’animal qu’il avait confié à une jeune fille qui ne donnait plus de nouvelles. C’était une affaire légère, mais plaisante. »

Myriam Rembaut

LEXIQUE Déontologie : ensemble des règles et des devoirs qui régissent une profession. Pénal : relatif aux peines judiciaires, aux délits qui entraînent ces peines. Filature : (ici) action de filer quelqu’un, de le suivre pour le surveiller. Planque : situation où l’on se cache pour voir sans être vu.

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PORTRAIT

Nojoud, 10 ans,

une héroïne d’aujourd’hui Peu de personnes ont le courage de défier les traditions les plus primitives. Nojoud Ali, une fillette de dix ans, l’a eu.

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Ê

tre une héroïne, Nojoud s’en serait probablement passée. Elle vit ses premières années dans un petit village du Yémen, en Asie, Khardji, entourée de ses onze frères et sœurs. Son père possède un petit troupeau de moutons et quelques ruches, qui permettent à la famille de se nourrir. Nojoud connaît une vie simple, comme beaucoup de petites filles au Yémen. Elle rit avec ses amies, fait des dessins et rêve de voir la mer. Seuls deux de ses frères aînés vont à l’école. Ni son père ni sa mère, et pas plus la seconde épouse de son père, ne savent lire et écrire. Ils sont musulmans et pratiquent leur religion avec rigueur. Un jour, une querelle oppose le père de Nojoud au reste du village. La fillette, encore trop jeune, ne comprend pas les raisons de la dispute. Mais elle voit sa grande sœur de 13 ans, Mona, mariée www.letoiledelinfo.org

du jour au lendemain. Et la famille est chassée du village. Au revoir, cher village Pour Nojoud, l’arrivée à la capitale, Sanaa, est un choc. Poussière, pollution et vacarme sont le nouvel environnement. La famille est installée dans une pièce unique. Dans la rue, les poubelles s’empilent avant d’être ramassées. Le changement par rapport à leur cher village, non loin de la rivière, est brutal. Peut-être trop pour Fares, le grand frère préféré de Nojoud. Celui-ci a douze ans quand il s’enfuit du domicile après une dispute avec leur père. Les parents acceptent d’inscrire Nojoud à l’école du quartier. Sa meilleure amie, Malak, ses deux institutrices préférées, Samia et Samira, et les parties de billes l’aident à combler l’absence de Fares. Nous sommes en février 2008 et, à la maison, la situation se dégrade.


Pas le droit de se plaindre Sur décision de la famille de son futur mari, Nojoud doit arrêter l’école. Deux semaines après la demande en mariage, c’est la cérémonie. Nojoud passe sa dernière soirée avec ses petites sœurs et sa mère. Le lendemain, elle voit pour la première fois l’homme qui est désormais son mari. Parvenue à Khardji, dans la maison de la mère de son époux, Nojoud va connaître le pire. Violée dès la première nuit par son mari, âgé de trente ans, elle est interdite de toute sortie et n’a pas le droit de se plaindre, ni de dire non. Dès le troisième jour, son mari la frappe à coups de poing ou de bâton, encouragé par sa mère. Le village natal de Nojoud devient sa prison. Après quelques semaines dans cet enfer, la fillette obtient la permission de retourner à Sanaa pour rendre visite à sa famille. Quand elle raconte son quotidien à ses parents, ceux-ci refusent de l’entendre et lui interdisent de quitter son mari. Il s’agit de l’honneur de la famille. Sa mère lui explique que « toutes les femmes doivent en passer par là ».

Le procès commence dans une salle comble le 15 avril 2008. Les accusés sont le mari et le père de Nojoud. Le juge prononce le divorce. Briser un tabou Un divorce qui fera d’abord le tour du Yémen, puis le tour du monde. En effet, Nojoud est la plus jeune divorcée de la planète. Mais elle est surtout la première fillette à dire non ! Non aux mariages forcés et arrangés. Non aux mariages de filles qui n’aspirent qu’à être des enfants. Nojoud a dit non à des coutumes ancestrales qui rabaissent les femmes

et les filles au rang d’esclaves. Elle a brisé un tabou. Les retombées de son divorce ne se sont pas faites attendre. En quelques mois au Yémen, plusieurs jeunes filles ont demandé le divorce. Le premier pas est toujours le plus difficile à faire. Et quand c’est une fillette de 10 ans qui l’accomplit, il est à saluer avec le plus grand des respects.

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Le père ne réussit pas à trouver du travail, et les aînés vont régulièrement mendier aux grands carrefours de la capitale. Ainsi, quand un homme originaire de Khardji se présente pour proposer une union, le père de Nojoud accepte immédiatement. Il va marier sa fille de dix ans.

Rô L’histoire de Nojoud Ali est racontée dans Moi Nojoud, 10 ans, divorcée aux éditions Michel Lafon.

Un divorce médiatisé Alors, prenant son courage à deux mains et suivant les sages conseils de la seconde femme de son père, Nojoud profite d’une opportunité pour aller au tribunal. Touché par son audace et sa détermination, un juge accepte de l’aider. Il présente la petite à Shada, une avocate renommée. Immédiatement, Shada comprend l’importance de l’affaire et s’engage aux côtés de Nojoud. Elle convoque l’ensemble de la presse au tribunal afin que tous les Yéménites soient informés. www.letoiledelinfo.org

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HUBERT REEVES : la tête dans les étoiles © Benoît Reeves

2009 est l’Année mondiale de l’astronomie. L’occasion de revenir sur le parcours de l’astrophysicien le plus célèbre de la planète, soucieux de partager son savoir avec le plus grand nombre.

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qui Hubert Reeves doit-il sa vocation scientifique ? À un médecin, à un chercheur ? Perdu. L’astrophysicien découvre la magie des sciences grâce à un… religieux ! Cet homme s’appelait le Père LouisMarie, il était botaniste. Pendant la Première Guerre mondiale, il tombe amoureux de la future mère d’Hubert Reeves, avant de rentrer dans les ordres. Celle-ci épouse finalement un représentant de commerce, Joseph-Marie Reeves. Et leur fils, Hubert, naît le 13 juillet 1932 à Montréal, au Québec (Canada). www.letoiledelinfo.org

Premières explorations Chaque été toutefois, la famille se rend au monastère pour admirer le travail du Père LouisMarie. Le petit Hubert en est tout ébahi : « J’ai compris, grâce à lui, le plaisir qu’il y a à révéler le monde aux gens », écrit-il dans ses mémoires *. Dans le grenier de la maison, il passe son temps à lire des encyclopédies, des manuels de chimie, de physique, de biologie et surtout d’astronomie. Une passion entretenue par le rituel familial qui consiste à admirer les couchers de soleil, après les-


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quels Hubert Reeves observe les étoiles avec une paire de jumelles et un tuyau de cheminée en guise de télescope ! Sa soif de savoir est sans limites  : «  Me voyant continuellement plongé dans des livres de sciences, mes parents s’inquiétaient : “Ce n’est pas avec ça que tu vas gagner ta vie. Fais plutôt de la médecine comme ton frère, ou bien du droit” », raconte-t-il encore. Tempête sous un crâne Au collège, dirigé par les Jésuites, il excelle en mathématiques, discipline qui l’impressionne par sa capacité à expliquer le monde. Ses études à l’université de Montréal sont l’époque des premières désillusions. Son premier petit boulot l’amène à participer à l’analyse chimique d’un gisement de minerai pour une grande compagnie minière dans le Grand Nord canadien. Il découvre alors l’utilisation de la science pour faire du profit, « loin de ce qui fait pour moi le charme de la démarche scientifique  : l’esprit d’aventure ». Il se rend compte aussi qu’une vision trop scientifique de la nature empêche l’émerveillement, et finira par comprendre que « pour percevoir le monde sous toutes ses facettes, les approches poétique et scientifique se complètent ». Ce sera d’ailleurs le thème d’un de ses livres, Malicorne. Comprendre et faire comprendre Pendant son doctorat de physique, qu’il obtient en 1960 à l’université de Cornell, aux ÉtatsUnis, il s’intéresse à l’histoire des étoiles et, plus particulièrement, à l’origine de leurs atomes. Il deviendra l’un des meilleurs spécialistes au monde de cette question, ce qui lui vaudra le prix Albert-Einstein en 2001. Conseiller scientifique à la NASA, l’Agence spatiale américaine, jusqu’en 1964, il part « prendre l’air », comme il dit, en Europe. D’abord en Belgique comme enseignant, puis en France, où il est nommé directeur de

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recherche au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et conseiller scientifique au Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Mais c’est surtout la communication de son savoir qui rend Hubert Reeves célèbre. Enseignant au Canada et en France, il découvre l’intérêt du grand public pour l’astronomie en observant les étoiles lors de vacances dans un club près de Marseille (France). Dès lors, il consacre le tiers de son temps à la vulgarisation, au travers d’une vingtaine d’ouvrages, de conférences dans le monde entier, de films, d’émissions, de spectacles. Pour lui, les connaissances scientifiques sont « essentielles au bon fonctionnement de la démocratie » : en effet, elles éclairent les citoyens sur le fonctionnement des biotechnologies ou du nucléaire, par exemple, et peuvent ainsi les aider à faire les bons choix. La protection de l’environnement En 2003, Hubert Reeves publie Mal de Terre, constat alarmant de la détérioration de l’environnement par l’homme. Son engagement écologique naît il y www.letoiledelinfo.org

a une dizaine d’années, lorsqu’il découvre la pollution du fleuve Saint-Laurent au Québec, où il se baignait enfant. Membre de plusieurs associations, il préside aussi depuis 2001 la Ligue pour la préservation de la faune sauvage et la défense des nonchasseurs. À son actif, le classement en réserve naturelle des Terres australes et antarctiques françaises. Pour l’astronome, protéger la planète, c’est protéger l’humanité car, « Blancs ou Noirs, Canadiens ou Français, Juifs ou Arabes, hommes ou femmes, nous sommes tous des enfants du cosmos », aime-t-il à répéter. Audrey Emery * Je n’aurai pas le temps, éditions du Seuil, 2008.

LEXIQUE Jésuite : membre d’un ordre religieux catholique. Avril 2009

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VU DE L’INTÉRIEUR

JE ME CASSE… POUR QUOI ? © Élise Ferrier / École ARC-EN-CIEL

Parents souvent absents ou trop autoritaires, climat familial étouffant, échecs scolaires, incompréhensions, histoires d’amour… Autant de raisons qui poussent parfois à la fugue. Rompre pour fuir les autres, ou soi-même.

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’ai fait une fugue vers l’âge de 15 ans, raconte Sébastien, 16 ans, à SOS-Jeunes, en Belgique (Europe). J’étais en déprime depuis un an et personne ne s’en était rendu compte. Mes parents se sont remariés ; je ne me sentais plus chez moi. J’avais l’impression que je ne comptais plus. À l’école, ça se passait mal. D’ailleurs, je n’y allais presque plus. À la suite d’un mauvais bulletin, j’ai pris peur et je suis parti. » Si l’on prend les chiffres de la France, près de 45  000 adolescents ont fugué l’an dernier. Et chacun d’eux a son histoire, qui ne ressemble à aucune autre. Généralement, la fugue est un moyen d’exprimer le malaise que l’on ressent dans son milieu de vie, la plupart du temps la famille. Comme on a besoin de se nourrir et de dormir, il est nécessaire d’avoir de bonnes relations sociales (famille, amis, professeurs…) pour s’épanouir dans sa vie personnelle. Lorsque tout va mal, on s’imagine parfois que de se couper de ce qui fait souffrir règlera les choses. Mais ce n’est pas aussi simple.

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L’impression d’une vie meilleure… « Personne ne peut comprendre pourquoi on fugue. Faut pas essayer de comprendre, même nous on ne le sait pas… C’est sur le moment ! », écrit une adolescente sur son blog. Il y a ceux qui savent pourquoi ils partent : leur décision est réfléchie. Pour d’autres, au contraire, rien n’est prémédité. Enfin il y a ceux qui tentent de faire comprendre, par cet acte, ce qu’ils ne peuvent pas dire avec des mots. Aux adultes, aux éducateurs, on donne, parfois, des raisons futiles à ce départ surprise : « Je suis tout le temps privé de sortie », « En classe, c’est la cata », « On ne me fait que des reproches »… En réalité, il y a souvent un motif plus sérieux, plus douloureux, derrière tout ça. Selon une enquête de l’Inserm*, les fugueurs cachent des troubles (en nette augmentation) insomnie, nervosité ou état dépressif. L’adolescence est une période où la personnalité et les rapports avec la famille changent. La fugue fait quelque fois partie des manifestations « spectaculaires » pour montrer aux autres, ou se


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prouver à soi-même, qu’on est en souffrance. Selon l’Inserm, toujours, un grand nombre de fugueurs sont issus de familles éclatées, ou ont été victimes d’abus sexuels ou physiques. En quittant son milieu, on pense trouver la solution à ses problèmes. Ailleurs, ce sera mieux ! Il y aura le bonheur d’être libre, d’avoir une vie meilleure… Un peu comme si le départ, la disparition, effaçait toutes les difficultés de la vie. Mais le jeune qui décide de fuguer, se rend-il toujours bien compte de la portée de son acte ? Pour les autres (angoisse des parents, mobilisation de la police…) et pour lui-même. Dans l’immense majorité des cas, la fugue se termine bien. Mais que se passe-t-il s’il y a des mauvaises rencontres, une situation précaire inextricable, un risque de marginalisation, d’errance… Communiquer Il existe d’autres façon d’exprimer son mal être que celle de fuir. Tant que les difficultés ne seront pas comprises et résolues, être dehors ou loin de son lieu de vie

ne changera rien. « Les policiers m’ont retrouvé deux jours plus tard et m’ont ramené chez moi. Ç’a a été très dur, mais ça été aussi l’occasion de parler. Maintenant, cela se passe mieux pour moi », conclut Sébastien. Si une fugue est parfois l’occasion d’une réparation de désordres familiaux, rien ne remplace le dialogue en amont. Même si l’on est en conflit avec ses parents, ils restent malgré tout des interlocuteurs privilégiés pour résoudre le problème auquel on est confronté. Et si cela se révèle impossible, il y a les amis ou des adultes de confiance. Les institutions (maisons de jeunes, centres du planning familial, etc.) et les services sociaux sont également des relais possibles pour communiquer. « Ne fuguez pas si vous avez un problème familial. Essayez d’en parler à vos profs, à vos amis, et si vraiment vous n’avez confiance en personne, vous pouvez toujours essayer de parler au psychologue de votre bahut. Croyez-moi, je suis passée par là, témoigne une adolescente de 16 ans, sur un forum de discussion. Moi aussi j’ai fugué, mais ça n’a pas résolu mes soucis. Alors, j’ai vu une psy, www.letoiledelinfo.org

et maintenant tout va bien. Et si j’ai un problème, je peux en parler avec cette dame, avec qui j’ai gardé contact. » Difficile à vivre pour tous La fugue, symptôme d’un grave mal être  ? C’est évident. Mais cette expérience est souvent difficile à vivre pour tous. Lorsqu’on est en conflit, en rupture, il faut parler pour se libérer et trouver un compromis. Établir un « contrat d’honneur avec l’adulte », comme disait la psychanalyste spécialiste de l’enfance, Françoise Dolto. Compliqué ? C’est possible. Mais sûrement plus constructif que la fuite. Myriam Rembaut * Institut national de la santé et de la recherche médicale

LEXIQUE Inextricable : qu’on ne peut démêler. Avril 2009

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XXIe SIÈCLE

1,2 milliard d’adolescents… pour quel futur ? Qu’est-ce qu’un adolescent aujourd’hui ? D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), c’est une personne âgée de 10 à 19 ans. On estime aujourd’hui le nombre d’adolescents à 1,2 milliard sur la planète. Les réalités d’un adolescent du Caire en Égypte, d’Oslo en Norvège, ou de La Paz en Bolivie sont très différentes.

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haque adolescent a ses habitudes, ses connaissances, sa culture. On estime que près de 80 % des jeunes scolarisés dans le monde sont satisfaits de l’école. Mais n’oublions pas qu’un adolescent sur cinq n’a jamais été scolarisé. La santé est, avec l’éducation, un élément déterminant dans la vie de tous. Or, un jeune sur quatre n’a reçu aucun vaccin, soit 300 millions d’adolescents qui 24

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ne sont protégés contre aucune maladie. Un tiers de ces jeunes a souffert de malnutrition avant l’âge de cinq ans. On peut encore ajouter quelques chiffres : 240 millions* d’adolescents vivent dans la plus extrême pauvreté, avec moins d’un dollar par jour. Et ils sont 460 millions à vivre avec moins de deux dollars par jour. 87 % des 1,2 milliard de jeunes vivent dans des pays en développement.


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RECONNAÎTRE LE « DÉVELOPPEMENT DES CAPACITÉS » DES ADOLESCENTS La Convention relative aux droits de l’enfant énonce en détail la responsabilité des gouvernements s’agissant de garantir les droits de tous les enfants jusqu’à l’âge de 18 ans, à savoir notamment le droit à la vie privée (article 16) et à l’information « sans considération de frontières » (article 13). Tous les pays à l’exception de trois (États-Unis, Somalie et Timor-Leste) ont adopté la Convention. La Convention reconnaît aussi que la capacité des enfants de prendre des décisions importantes, notamment au sujet de leur propre santé, augmente avec l’âge et l’expérience. À l’article 5, il est demandé que les États respectent la responsabilité, le droit et le devoir qu’ont les parents, les tuteurs, les familles étendues ou les communautés (si elles y sont habilitées par la coutume locale), de donner aux enfants l’orientation et les conseils appropriés pour exercer leurs droits « d’une manière qui corresponde au développement de ces capacités ». (Extrait du document « État de la population mondiale 2003 » de l’UNFPA)

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Des points communs Tout n’étant pas mal fait en ce monde, des traits communs existent entre les adolescents. Ils ont bien sûr l’espoir d’un avenir meilleur, mais aussi celui de vouloir une croissance harmonieuse, qui les conduira vers le développement sexuel, et donc à la fonction de reproduction. Parallèlement, à quelques exceptions près - et peu importe les niveaux sociaux -, les filles sont surtout éduquées pour tenir plus tard les rôles de mère et d’épouse. Tandis que les garçons sont élevés pour devenir soutien et chef de famille. >> Avril 2009

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Les adolescents d’aujourd’hui ont en plus un nouvel héritage : la mondialisation ! Un phénomène récent, dont on parle beaucoup, et qui a un impact sur la vie. Les échanges internationaux, les transports, les relations économiques sont planétaires. Les migrations massives vers les villes, et l’explosion de l’urbanisme, entraînent des questions sur l’environnement. Le sida, fléau découvert il y a trente ans, est lui aussi mondial. Et ses ravages suivent de près le développement économique chaotique de la planète. Et après ? Cette mondialisation a également des effets sur l’éducation. De nombreux métiers ont disparu, tandis que d’autres apparaissent. Les besoins en matière de formation évoluent. Cependant, dans de nombreux endroits, les filles ne sont pas éduquées, ou le sont peu. La discrimination sexuelle, tant dans l’éducation que pour l’accès au travail, se traduit par un chômage très élevé 26

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des jeunes femmes. Les mariages précoces (avant 18 ans) sont souvent un frein à l’éducation. Et parallèlement pourtant, des dizaines de millions de jeunes travaillent, souvent à des tâches épuisantes, mal rémunérées et peu formatrices. Le rapport mondial des Nations unies sur la jeunesse de 2007 confirme que, d’une manière générale, les jeunes d’aujourd’hui constituent « la génération la plus éduquée de tous les temps  ». Et que « les investissements au profit des jeunes se sont améliorés dans toutes les régions du monde ces dernières années ». Cependant, la pauvreté, l’absence d’accès aux soins et à l’éducation entravent la participation des jeunes au développement de leur société.

Combien de personnes sont infectées chaque jour dans le monde par le virus du sida ? Sois parmi les cinq premiers à répondre à la question avant le 20 avril et gagne ce dictionnaire de l’info. (boiteauxlettres@letoiledelinfo.org)

Rô * 77 % de ces 240 millions de jeunes vivent dans 11 pays : Bangladesh, Brésil, Chine, Éthiopie, Inde, Indonésie, Mexique, Nigeria, Pakistan, République démocratique du Congo, Viêtnam. www.letoiledelinfo.org

Règlement du concours disponible sur simple demande à contact@letoiledelino.org


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Exposition labellisée

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LES PESTICIDES, NOUVEAUX POISONS DE NOTRE QUOTIDIEN Les pesticides sont utilisés de manière intensive depuis plus d’un demisiècle par l’agriculture. Accusés de perturber la grossesse des femmes enceintes, et d’augmenter les risques de cancer chez les nourrissons, les pesticides auraient aussi un impact sur la fertilité masculine.

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ancer, diabète, maladies neurologiques… Les dysfonctionnements attribués aux pesticides sont on ne peut plus variés. Et la toxicité de ces substances chimiques n’est pratiquement plus à mettre en doute. Les études sur les fongicides, les insecticides et autres herbicides s’accumulent, et montrent pratiquement toutes que notre santé est menacée. Depuis peu, on parle des effets des pesticides sur la fertilité de l’homme, en baisse depuis un grand nombre d’années. Un sujet qui est une source d’inquiétude pour certains scientifiques. Le docteur Jeanne Perrin explique* : « Depuis 50 ans, il y a une diminution des paramètres du sperme dans les pays industrialisés, notamment une diminution de la concentration des spermatozoides. ». Aujourd’hui, la norme se situe « au-dessus de 20 millions de spermatozoïdes par millilitre de sperme. Mais il y a 50 ans, il était fréquent que les concentrations se situent autour de 150 à 200 millions de spermatozoides » Dans le même temps, les cancers des testicules ont augmenté.

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Argentine et Danemark Des scientifiques de l’Inserm** de Rennes et du Kremlin-Bicêtre, deux villes françaises, ont travaillé avec des chercheurs de l’hôpital Garibaldi à Rosario, en Argentine, en Amérique du Sud. Ils ont étudié ensemble une population de 225 Argentins, vivant dans une région agricole où les pesticides sont fortement utilisés. Entre 1995 et 1998, ces hommes avaient eu des problèmes d’infertilité. Les résultats de l’enquête, publiés en 2001, ont démontré que l’exposition aux pesticides était associée à des concentrations en spermatozoïdes bien en dessous de la limite de la fertilité. Une autre étude, menée au Danemark, en Europe, a également établi que les hommes ayant été en contact prolongé avec un pesticide (analyses faites à partir des urines) avaient un sperme moins bon. Mais à quelle quantité de pesticide faut-il être exposé pour voir sa santé mise en danger ? Fruits et légumes traités Il faut savoir que l’on trouve des résidus de pesticides partout. Dans l’eau, dans l’air, dans les brouillards et même dans l’eau


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de pluie. Selon l’Inra*** de Rennes, en France, 60 % des échantillons d’eau de pluie contiennent des substances actives de pesticides. Ces traces de produits chimiques se retrouvent également dans nos aliments. La pomme, par exemple, a droit à vingt-sept traitements chimiques en moyenne par an ! Le raisin, lui, en a treize. Les fraises, les poires, les oranges, les poivrons, les piments, les melons, les tomates, les épinards et beaucoup d’autres encore, reçoivent aussi leur dose de pesticides. Selon le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures, plus de 50  % des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive en contiennent. « Laver les fruits n’ôte pas grandchose et peler les fruits et les légumes pour être débarrassé de ces molécules chimiques n’est pas forcément facile et, surtout, cela enlève toutes les vitamines », lance François Veillerette, le président du Mouvement pour le droit et le respect des générations futures. D’autant que certaines substances peuvent pénéter à l’intérieur des fruits et des légumes, jusqu’à 8 millimètres de profondeur.

Des grenouilles hermaphrodites Des expériences menées par le biologiste Tyrone Hayes de l’université de Berkeley, aux ÉtatsUnis, en Amérique du Nord, ont prouvé que, même à très faible concentration, les pesticides pouvaient modifier certains organismes. Il a étudié les effets de l’atrazine, l’un des herbicides les plus utilisés aux États-Unis, sur les grenouilles. Il a constaté qu’à faible dose cette substance chimique transforme les amphibiens mâles en hermaphrodites. C’est-à-dire qu’ils se féminisent. On n’en est pas encore là pour l’homme… Mais toutes ces études laissent entendre qu’il serait peut-être temps de revoir notre manière de produire dans le secteur agricole. Aujourd’hui encore, il existe de très gros utilisateurs de pesticides. Les premiers sont les États-Unis et le Japon, suivis, de très près par le Brésil et la France. Avec plus de 75 000 tonnes de fongicides, insecticides et autres herbicides épandus sur les champs chaque année, la France est le premier utilisateur de pesticides d’Europe ! Pas très rassurant tout cela  ? www.letoiledelinfo.org

En tout cas, la première question que l’on a envie de se poser, c’est : « Que peut-on faire à notre niveau ? ». François Veillerette rappelle quelques règles de bon sens : « Éviter d’acheter des herbicides et des insecticides chimiques. Il existe des produits naturels pour entretenir son jardin et faire la chasse aux insectes. Il faut aussi manger le plus sainement possible, en choisissant des produits issus d’une agriculture plus traditionnelle. » Myriam Rembaut * Dans le quotidien français La Provence du 25 novembre 2008 ** Institut national de la santé et de la recherche médicale *** Institut national de la recherche agronomique

LEXIQUE Fongicide : produit qui détruit les moisissures (mousses) et les champignons (êtres vivants microscopiques). Épandre : étendre en étalant. Avril 2009

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ESPACE FUN

FONDS INTERNATIONAL POUR LA PROTECTION DES ANIMAUX Un monde meilleur pour les animaux et les hommes

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VIVRE AVEC DE L’ASTHME, C’EST POSSIBLE Dans le monde, 300 millions de personnes vivent avec de l’asthme. Cette affection des voies respiratoires peut aujourd’hui être traitée, grâce à de nombreux médicaments. À l’occasion de la Journée mondiale qui lui sera consacrée le 6 mai prochain, balayons plusieurs idées reçues sur cette maladie. 1 • L’asthme, c’est psychologique. Vrai et faux. L’angoisse peut augmenter le risque de crise. Mais ce n’est pas automatique. 2 • Quand on est asthmatique, il est normal d’avoir quotidiennement une gêne respiratoire. Faux. Un asthme surveillé et soigné, avec un traitement adapté, allège considérablement les symptômes et espace les crises.

sur l’asthme, mais il n’y a pas que cela. L’humidité, le tabagisme, la poussière, les poils d’animaux, les odeurs de peinture, les produits chimiques, les moisissures, les acariens… sont autant de facteurs qui déclenchent l’asthme.

3 • Il faut traiter son asthme seulement en cas de crise. Faux. Un traitement continu agit à long terme sur la maladie, même si cela ne supprime pas les crises. Ces dernières se soulagent rapidement avec un broncho-dilatateur, comme la Ventoline.

5 • Impossible de faire du sport lorsqu’on a de l’asthme. Faux. Un asthmatique peut pratiquer le sport qu’il aime (sauf la plongée sous-marine et parfois l’équitation, à cause de l’allergie aux poils de chevaux). Mais il doit s’échauffer avant l’exercice, tenir compte des conditions climatiques, mesurer son souffle avant et après l’effort, inhaler un médicament protecteur un quart d’heure avant l’effort, et adapter son rythme à l’état de sa respiration.

4 • L’asthme est lié à la pollution des villes. Vrai et faux. La pollution a un effet

6 • L’asthme est une maladie grave. Vrai et faux. La plupart des asth-

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mes (notamment chez l’enfant) sont modérés. Mais encore une fois, si l’asthme est bien contrôlé la maladie est parfaitement supportable. Il est vrai aussi que, chaque année, des centaines de personnes en meurent dans le monde, parce qu’elle ne se soignent pas ou parce qu’elles ont été mal suivies médicalement. Aujourd’hui, l’asthme ne peut pas encore être guéri de manière définitive. Mais vivre normalement avec cette maladie, c’est possible. Les actions menées à l’occasion de la Journée mondiale de l’asthme contribuent à dédramatiser le sujet. Myriam Rembaut Informations sur : www.asthme-allergies.org

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ESPACE FUN

xoliania

Sur scene, j’ai un sentiment de joie intense Xoliania, au premier plan en tee-shirt rayé.

Le 29 avril sera la Journée internationale de la danse. À cette occasion, L’Étoile de l’info a rencontré un danseur sud-africain, de 26 ans. Xoliania fait partie de la troupe Via Katlehong Danse, originaire d’un des quartiers déshérités de Johannesburg, où est née une culture, appelée « pantsula ». Il raconte son parcours. L’Étoile de l’info  : Étiez-vous prédestiné à devenir danseur ? Xoliania  : Non. Quand j’étais enfant, on manquait de tout. Alors, la plupart des élèves ne venaient pas en cours. Comme l’école finissait tôt, et que ma mère ne rentrait pas de bonne heure, je traînais dans les rues avec les copains. C’était la période trouble de l’apartheid : on finissait toujours par se battre avec la police, qui nous tapait dessus et nous traînait par terre, alors que nous ne voulions que notre liberté et l‘égalité avec les Blancs. Nous ne comprenions pas cette différence de statut. Nombreux sont les enfants qui ont fini en prison. Ma mère a eu peur pour moi. Pour éviter que je tourne mal, elle a décidé de déménager à Johannesburg. Et en 1994, j’ai tout fait pour changer et devenir un garçon bien. C’était même cool de pouvoir changer ! Que s’est-il passé ? J’ai rencontré un homme (David Mohlabani) qui recrutait des jeunes pour leur apprendre à dan32

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ser. Il pensait que la danse était un bon moyen pour s’exprimer, meilleur que la violence. Il passait dans les classes pour savoir quels étaient les élèves les plus difficiles. Il allait dans les rues repérer les jeunes qu’il était encore possible de sauver de la misère et de la délinquance. Dans mon souci de redevenir un garçon convenable pour ma maman, j’ai rejoint son groupe. Vous avez également appris un style de vie… Oui, la pantsula. C’est une façon de voir la vie toujours du bon côté. La pantsula, c‘est une façon de s’habiller, de bouger et un langage : dans le township, on se parle en sifflant avec les potes. Je sais quand untel ou untel m’appelle, car je reconnais son sifflement. C’est comme ça qu’on repère les étrangers ou les ennemis (rires) ! Quand j’ai commencé, la pantsula et le gumboot n’étaient pas des danses reconnues comme artistiques. C’est grâce à des investisseurs européens qui ont cru en nous qu’on a pu se développer. www.letoiledelinfo.org

Quelles qualités faut-il pour danser la pantsula ? Il faut être énergique en permanence, et pour ça, la motivation ne s’invente pas. Sur scène, c’est un sentiment de joie intense qui nous envahit. C’est difficile à décrire, mais j’ai l’impression d’être possédé. Je n’aime pas me voir en vidéo parce que je fais toujours une tête d’halluciné (rires). En tant qu’être humain, c’est bien de pouvoir ressentir toutes les sortes de sentiments. Entretien réalisé par Élisa Deliège

LEXIQUE Apartheid : Régime, privant les noirs de leurs droits, appliqué en Afrique du Sud. Township : quartier très pauvre en banlieue d’une ville pendant l’apartheid.


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COMMENT RÉUSSIR UN SÉJOUR LINGUISTIQUE La meilleure façon d’apprendre une langue étrangère reste le « bain » linguistique. Autrement dit, le séjour dans un pays, qui permet de mieux s’imprégner de sa langue. Mais comment faire le bon choix parmi toutes les offres de stage ?

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speak english », mais bien mieux encore « in London »  ! L’apprentissage d’une langue étrangère demande généralement plus que quelques minutes ou quelques heures par jour. Et rares sont ceux qui sacrifient leurs loisirs pour approfondir leurs acquisitions. Passer un moment dans un pays pour parler quotidiennement une langue avec ses habitants est la manière la plus efficace de l’apprendre. D’où l’intérêt du séjour ou stage linguistique. Comment repérer la bonne formule dans la jungle des propositions faites aux adolescents ? Et comment se préparer ?

Une formule réfléchie et adaptée « La première chose est de bien réfléchir à sa motivation et à ce que l’on attend de ce voyage. Car le but du séjour, c’est évidemment d’acquérir un bagage linguistique et culturel », rappelle Sylviane Halphen, déléguée générale de l’Unosel*. Le séjour linguistique doit être agréable et composé d’activités ludiques, mais il doit avant tout offrir des opportunités de pratiquer une langue. Si le séjour est juste un moyen de prendre des vacances, l’objectif est loupé. Une fois le point fait sur ses attentes, il faut choisir l’organisme avec lequel partir. Ils sont très nombreux. Aussi, mieux vaut se rapprocher de ceux qui ont signé des chartes de qualité en s’affiliant à des fédérations. Attention aux variations de prix, en fonction du lieu de séjour, du pays, des activités proposées, de l’hébergement, de l’encadrement… Il faut faire jouer la concurrence et « bien lire les petites lignes des contrats. C’est parfois là que l’on se fait avoir », précise Sylviane Halphen. www.letoiledelinfo.org

Créer un intérêt Pour rendre un séjour efficace, il est recommandé de le préparer. « Il faut lire des ouvrages sur le pays que l’on va découvrir, regarder des films, s’imprégner de sa culture… Plus on est informé, mieux on s’intègre dans le pays, et mieux on s’imprègne de sa langue », poursuit Sylviane Halphen. Et, sur place, ne pas hésiter à multiplier les occasions de parler. Car quelque soit la langue, c’est souvent l’oral qui pèche ! Enfin, au retour, les efforts sont à poursuivre. Sylviane Halphen ajoute : « Il est bon d’entretenir ses acquis, par des apprentissages à distance, à l’aide de logiciels, par des forums de conversation… » Autrement, le séjour linguistique fera vite partie des photos souvenirs. Myriam Rembaut * Union nationale des organisations de séjours éducatifs, linguistiques et des écoles de langues (www.unosel.com).

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sel e i d r vin alke z w ul rigue a p od ster r le ew l r e b h mic dana jor

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17 ans encore

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n 1989, l’avenir de Mike était tout tracé  : star de l’équipe de basketball de son lycée, il est repéré par un recruteur de l’université. Mais le jour du grand match, il décide de tout quitter pour vivre avec sa petite amie Scarlet, enceinte. Près de 20 ans plus tard, son mariage part en lambeaux. Son job n’est qu’une suite de déceptions, et ses enfants le voient comme le pire des perdants. Chassé de chez lui, il se retrouve à cohabiter avec Ned son meilleur ami du lycée, un homme-enfant fan d’informatique, devenu très riche. «  Si seulement on avait droit à une seconde chance ! » Il ne croit pas si bien dire ! Son vœu est exaucé. Le lendemain matin, Mike découvre qu’il a à nouveau 17 ans ! Décidé à réparer ses erreurs, il retourne au lycée. Zac Efron, révélé par High School Musical, campe le jeune Mike. Vraie vedette du film, il montre avec surprise un authentique charisme de comédien, à travers son assurance de playboy à qui tout réussit. Il danse, drague et dribble avec talent. Le film fonctionne remarquablement bien, grâce à des situations cocasses, des dialogues savoureux,

et l’énergie communicative de la coqueluche des adolescentes. Élisa Deliège

MONSTRES CONTRE ALIENS Susan devient une géante de 20 mètres après avoir reçu une météorite sur la tête. Elle est enrôlée dans un commando secret de l’armée américaine composé de «  monstres  », essentiellement des êtres nés d’expériences scientifiques. Ensemble, ils vont essayer de vaincre des envahisseurs venus de l’espace, et de sauver la planète. Après Gang de Requins, Rob Letterman présente un film en 3D techniquement époustouflant et plein d’humour, qui ne plaira pas seulement aux plus jeunes. E. D.

Sorties mondiales : 9 avril en Autriche 10 avril au Royaume-Uni 16 avril en Nouvelle-Zélande, à Singapour 17 avril en Islande, en Afrique du Sud, aux États-Unis 22 avril en France 23 avril aux Pays-Bas 24 avril au Danemark et en Estonie 30 avril en Espagne et en Argentine 6 mai en Belgique 7 mai en République tchèque et en Grèce 13 mai en Égypte 14 mai en Allemagne 15 mai en Italie 16 mai au Japon 5 juin en Finlande 11 juin en Russie 19 juin en Norvège 3 juillet au Brésil

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Sorties mondiales : 1er avril en Belgique, en Égypte, en France et aux Pays-Bas 2 avril en Argentine, en Australie, en Autriche, en Croatie, en Allemagne, en Hongrie, en Nouvelle-Zélande, au Portugal, aux Émirats arabes unis 3 avril au Brésil, au Danemark, en Estonie, en Finlande, en Islande, en Italie, au Mexique, en Norvège, en Espagne, en Suède, à Taïwan, au Royaume-Uni, au Vénézuela 9 avril en Thaïlande 10 avril en Roumanie et en Turquie 23 avril en Corée du Sud 28 mai à Singapour 11 juillet au Japon

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« Après des centaines de baffes, j’étais prêt à en recevoir d’autres » L’Étoile de l’info a rencontré Zac Efron, qui interprète le rôle de Mike dans le film 17 ans encore. L’Étoile de l’info : Tu as 21 ans et dans le film tu joues un adolescent de 17 ans, qui a l’esprit d’un homme de 40 ans. Comment as-tu jonglé avec ces écarts d’âge ? Zac Efron : J’ai eu peur de faire ce film à cause de cela. Cette partie a été la plus difficile à travailler. N’ayant pas assez vécu, je ne savais pas comment relier ma vie à mon personnage, Mike O’Donnell. Quand il est âgé (la « version senior » du personnage est jouée par Matthew Perry, de Friends), il veut être dans le coup et paraître cool auprès de ses enfants, qui l’ignorent. Mais une fois revenu dans le corps de ses 17 ans, il apprend à les connaître d’une façon différente. Il voit qu’ils sont intelligents et talentueux. Mais surtout perturbés de ne pas avoir eu de père, tant celui-ci était tracassé par ses mauvais choix du passé. J’ai pensé à mon propre père en interprétant ce rôle. Il s’est comporté comme un véritable ami pour mon frère et moi, 36

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avec ce regard bienveillant qu’ont généralement les papas. Ce rôle t’a-t-il fait prendre conscience de l’importance des choix que l’on fait lorsqu’on est jeune ? L’un des messages du film est : qu’importe les choix que tu fais ! Si tu fais quelque chose avec le cœur, c’est que tu étais supposé le faire… On ne peut pas vivre dans le passé. Pour ma part, je ne regrette pas ce que j’ai déjà accompli. C’est en cela que je me dissocie du film. Quoi qu’il arrive, je choisirai de vivre ma vie pleinement, jusqu’à la fin et sans regret. Des moments insolites et inoubliables sur le tournage ? La scène la plus drôle a été celle du combat avec Thomas Lennon, qui joue Ned, le meilleur ami de Mike. Toutes ces chorégraphies avec des accessoires qui nous servaient d’armes ! À un moment, Thomas est censé me neutraliser www.letoiledelinfo.org

avec une énorme épée métallique placée juste sous ma gorge. L’épée n’était retenue que par des petits morceaux de bois prédécoupés et mal emboîtés dans leurs encoches. Avant la prise, il m’a regardé droit dans les yeux en me disant : « Fais en sorte de reculer ta tête le plus loin possible de l’épée, parce que je ne la maîtrise pas du tout. » Et deux secondes après, j’ai entendu « action ! ». J’étais mort de peur ! Mais tout s’est bien terminé. La scène des claques était fun aussi. J’ai cru qu’il y aurait un « truc » pour m’éviter de prendre des dizaines de gifles à la suite. Raté ! Thomas m’a dit : « Va falloir faire avec  ! Je suis désolé d’avance. Je vais faire attention à ne pas te faire mal. » Finalement, après des centaines de baffes, j’étais prêt à en recevoir d’autres (rires) ! Entretien réalisé par Élisa Deliège


CHAQUE MOIS, CHEZ TOI Trois magazines francophones ludo-éducatifs et solidaires

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* Tarifs pour la France. Pour les autres pays, nous consulter. ** Voir page 43. www.letoiledelinfo.org

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JONGLE AVEC LES LANGUES

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BEING A RESPONSIBLE TOURIST

SER UN TURISTA RESPONSABLE

Le nombre de voyageurs augmente chaque année. Cette hausse a un impact sur l’environnement (plus d’avions, plus de déchets, etc.). Celui-ci peut être moindre si les touristes adoptent une attitude responsable. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a lancé, il y a un an, une campagne internationale intitulée « Le passeport vert ». Le site “www. unep.fr/greenpassport” donne des conseils utiles pour contribuer à la protection de la planète, en faisant le choix de vacances intelligentes. À toi de jouer !

 The number of tourists increases each year. This increment has a negative impact on the environment (more planes, more waste, etc.), which can be less harmful if tourists adopt a responsible attitude. A year ago, the United Nations Environment Programme (UNEP) launched an international campaign called “The Green Passport”. The website “www. unep.fr/greenpassport” gives us useful tips which help us protect our planet by choosing intelligent holidays. Now, it’s your turn!!

El número de viajeros aumenta cada año. Este incremento tiene un impacto negativo en el medio ambiente (mas aviones, mas residuos, etc.). Este efecto puede ser menos grave si los turistas adoptan una actitud responsable. El Programa de las Naciones Unidas para el Medio Ambiente (PNUMA) lanzó hace un año una campaña llamada “El pasaporte verde”. El sitio web “www.unep. fr/greenpassport” da consejos útiles para contribuir a la protección del planeta optando por vacaciones inteligentes. ¡Ahora te toca a ti!

JONGLE AVEC LES LANGUES

DEVENIR UN TOURISTE RESPONSABLE

Omaïra Duranza

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COURRIER

Cet espace vous est réservé, à vous les lecteurs de L’Étoile. Deux pages dans lesquelles chacun peut s’exprimer : articles, commentaires, réactions, suggestions, histoires... N’hésitez pas à faire preuve de sens critique. Le meilleur courrier sera mis en valeur dans la page de droite. Photos et illustrations sont les bienvenues. Envoie le tout : • par mail : monarticle@letoiledelinfo.org • par courrier à L’Étoile, 64 rue Rambuteau, 75003 Paris, France.

Le retour de Bambi Après 10 ans d’absence, Michael Jackson reviendra sur scène, au mois de juillet, avec une série de dix concerts à Londres, au Royaume-Uni. Plus d’un million de fans se sont déjà inscrits sur le site de prévente des billets. Dépêchez-vous ! Sabine Émilie, 17 ans, Paris, France

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Des bisous qui valaient 5 300 euros ! Kate Moss a vendu des bisous à 5 300 euros, lors d’un gala de charité, destiné à récolter des fonds pour l’hôpital de Great Ormond Street, à Londres, au Royaume-Uni. Je trouve que ça fait cher pour le bisou, mais étant donné que la cause est louable… Derman, 16 ans, Cotonou, Bénin

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Tous dépendants des people ? Je me suis toujours demandé pourquoi la presse people nous passionnait autant… C’est sans doute par curiosité, pour savoir pourquoi telle ou tel a quitté son copain ou sa copine. Pour se divertir, se dire que les stars ne sont pas si différentes de nous. C’est pour tout connaître des détails de la vie des stars, mais aussi pour être à la page en matière de mode. Qu’est-ce que vous en pensez ? Mélina, 15 ans, Abidjan, Côte d’Ivoire


COURRIER

L’anneau iRing Apple ne manque pas d’inventivité : l’entreprise réfléchit à la création de l’iRing. Ça ressemblerait à un simple anneau, comme on peut en trouver en bijouterie, mais ce serait bien plus que ça ! Un concentré de technologie qui pourrait se connecter à un iPod ou à un iPhone et permettrait de contrôler le volume et la lecture de la musique. J’espère que cette nouvelle idée verra bientôt le jour. Yancey, 18 ans, Manchester, Grande-Bretagne IL FAUT S’ADAPTER À SON TEMPS Je ne comprends pas pourquoi on voudrait nous interdire de télécharger de la musique sur le Web. C’est une nouvelle façon de consommer ! Je pense que les artistes et les lois doivent s’adapter à l’évolution des nouvelles technologies, et trouver d’autres solutions. Si j’étais un chanteur, par exemple, ça ne me gênerais pas que les gens téléchargent gratuitement ma musique, car elle est faite pour être entendue. En plus, ça leur permet de découvrir vraiment ce que je fais et de me faire des fans. Et ensuite, j’organiserais tout simplement des concerts payants ! Ivan, 15 ans, Montréal, Canada

LE « POUMON DE LA TERRE » MENACÉ Le courrier retenu ce mois-ci est celui de Juliette, 17 ans, qui habite à Courbevoie, en France. « Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), le réchauffement climatique et la déforestation pourraient rayer de la carte près de 60 % de la forêt amazonienne d’ici à 2030. La forêt amazonienne s’étend sur 6 millions de km2 et représente près de 60 % du territoire brésilien. Cette région a la biodiversité la plus riche du monde. Les experts estiment que plus de la moitié des espèces animales et végétales terrestres y est concentrée. Elle abrite enfin d’immenses ressources mondiales en eau douce. Depuis 10 ans, la forêt amazonienne est massivement détruite. Plus de 17 % de celle-ci a été déboisée, le plus souvent par brûlis, ce qui a contribué à l’émission de gaz à effet de serre. La forêt amazonienne est surnommée le « poumon de la Terre », car elle joue un rôle essentiel dans la régulation du climat. Elle est surtout occupée par des compagnies internationales, qui exploitent les minerais, le bois et le caoutchouc, accélérant ainsi la destruction de ce magnifique écosystème ! »

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extases

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d’Arnaud Quéré

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NOTRE ENGAGEMENT Nous t’invitons à nous rejoindre et à participer, avec l’e-Toile de l’info, à des initiatives en faveur de l’éducation pour tous. L’e-Toile de l’info s’engage auprès d’associations locales et ONG de différents pays du Sud pour améliorer les conditions de scolarité des enfants. Pour chaque abonnement souscrit, l’e-toile de l’info verse 0,50 € à ces structures. Tu peux aussi souscrire à un abonnement de soutien : 5 € serviront à acheter des kits scolaires et multimédias (voir bulletin d’abonnement p. 45).

Les objectifs Acheter des kits scolaires pour : • Assurer un avenir aux enfants défavorisés. • Concrétiser le potentiel de chaque enfant par une égalité des chances.

Les bénéficiaires • Les enfants de familles démunies. • Les enfants des déplacés de guerre. • Les orphelins du sida. • Les enfants des communautés villageoises.

Les kits • Le Kit essentiel : Cahiers et papeterie. • Le kit Solidarité : Livres scolaires. • Le Kit du Cœur : Livres scolaires, cahiers, accessoires (stylos, crayons, équerres etc.). • Kits multimédias : Ordinateurs reliés à Internet.

Les cycles concernés Primaire : du CP au CM2. Collège : de la 6e à la 3e. Lycée : de la 2nde à la terale.

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Mobilisons-nous, Let’s rally to help children! ensemble ! Toutes les infos sur www.clairefontaine.com


L'ETOILE DE L'INFO 11 AVRIL 2009