Page 1


2

12 janvier 2013 No 778

Hommage

Deux mots à

Georges Anglade Je ne pourrai même pas dire, comme dans la chanson de Bénabar, « J’ai pleuré à ton enterrement, je n’avais pas le choix, tu n’étais plus là comme avant, pour rire avec moi » Georges, Je l’ai appris par hasard, comme cela avait été le cas pour ta mort, au détour d’une conversation pour parler d’autre chose, que ce matin tu as été mis en terre, à Mont Joli. Toi, Mireille et Phil. Je me suis tout de suite rappelé d’une conversation dans le salon-vivoir de chez toi : Gina Porcéna, Monarque Germain et moi vous écoutant, Philippe, Mireille et toi, faire le point sur ce qui allait advenir du pays, de nous, de vous, dans les premiers jours d’octobre, au lendemain du coup d’Etat du 30 septembre 1991. Nous étions jeunes leaders étudiants. Gina, journaliste à Radio Galaxie allait passer à Tropic FM ; Monarque s’enfermait déjà dans la froide rigueur de la comptabilité et moi je sillonnais le pays comme délégué médical. Nous nous apprêtions à mettre fin aux activités du CEMI, le Comité des étudiants du matin de l’Institut National d’Administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (INAGHEI), à clore la série des conférences « Les Samedis de l’INAGHEI » et à laisser mourir la seule revue universitaire à avoir tenu plus de 4 ans au cours de ces 25 dernières années: Inaghei-Actuel. Nous avions besoin d’éclairage, de certitude, de pawòl granmoun. L’avenir paraissait si sombre. Tu n’étais plus aux affaires. Brouillé comme plus souvent qu’autrement avec tes amis de Lavalas. « La Chance qui passe », ce manifeste au nom si bien trouvé était déjà loin et le sang coulait plus que de raison dans les rangs des militants du changement. Les Forces Armées d’Haïti (FADH) jouaient leur dernière partition et ne le savaient pas encore. Les démocrates débutaient l’apprentissage de la patience. Depuis lors, que de classes ils ont dû reprendre! Chacun à sa manière. Philippe, l’économiste de « En deux ans, comme en deux siècles » dont j’avais savouré les articles dans Le Nouvelliste, était calme ; Mireille, la militante féministe de « L’autre moitié du développement », sereine, comme elle l’est en toute circonstance, écoutait davantage qu’elle ne parlait; et toi, l’immense auteur à succès de l’Espace haïtien, l’inventeur de la Géographie haïtienne, toi qui avais, dans une interview accordée à Anaïse Chavenet pour Le Nouvelliste, délimité la sociologie politique haïtienne avec une justesse dont les statistiques sont encore exactes 20 ans plus tard (le gros lot pour un parti et des 0,01 pour la grande majorité des autres, avais-tu annoncé), tu étais exalté. Comme d’habitude. Vous répondiez à nos questions avec sérieux et brio. Vous nous avez donné l’heure juste : non, Aristide ne reviendra pas dans les jours ou les semaines à venir. Non, l’Armée ne peut pas gagner. Non, la démocratie n’est pas mort-née. Oui, il faudra se battre pour forcer la communauté internationale à revoir son point de vue. A chaque fois que votre petit cénacle, Mireille, Philippe et toi, m’avez donné à entendre conseils, ce fut sur le même ton, avec les mêmes mots pour proposer des rêves grands et dire la vérité crue. Un exercice de real politic appuyé sur une grande connaissance des hommes, des faits et des besoins de ce pays têtu, si fier dans son mal-être. L’exil te prit encore une fois des années et tu revins dans l’avion du retour du 15 octobre 1994. Heureux d’être dans le camp des vainqueurs, mais inquiet de l’intendance de la prise en charge du pays qui ne suivait pas. L’intendance n’accompagna jamais les victoires qui advinrent après. Jusqu’à nos jours, elle nous fait défaut. Nous échappe comme un cheval rétif. L’intendance et les idées manquent et empêchent les charmeurs de dompter les serpents. Mennen koulèv la lekòl se youn, fè l chita se de, disais-tu. Georges, Dans ton salon, entre la sculpture de l’enfant porteuse d’eau sur la table basse en bois, l’immense os de baleine récupéré sur cette plage d’Aquin dans un coin et, plus tard, ce tronc peint en jaune d’un palmier trouvé je ne sais où, je me suis assis des centaines de fois pour t’écouter refaire la géographie de

nos bêtises ou te lancer vers de nouveaux projets. Toute ta science accompagnait chacune de nos discussions et toute ton intelligence se mettait à mon écoute, et c’est, sans doute, cette empathie qui m’a poussé à revenir si souvent vers toi pour apprendre, encore et encore, que la liste d’épicerie des petites choses à faire ne nous sauvera pas et qu’il faut mettre en perspective, voir plus loin que la plate satisfaction de nos besoins et penser pays pour sortir de ce 2% d’heureux qui, depuis l’Indépendance, nous étranglent. Tu ne le disais pas, mais je sais que tu savais qu’eux aussi seraient mieux dans un pays moins pauvre, seraient plus riches avec moins de misère autour d’eux. Pour notre malheur, le pouvoir, tous les pouvoirs, n’ont jamais voulu faire leurs tes préoccupations pour les « issues » comme tu disais ces derniers temps, fasciné par la montée en puissance de Barack Obama, de ses hommes, de ses projets et des défis à l’assaut desquels ils s’étaient lancés. Je sais également, même si tu ne l’as pas dit, que tu désespérais de voir un jour, de ton vivant, un président, un Premier ministre ou un richissime homme d’affaires haïtien vouloir plus que le pouvoir et du temps pour l’exercer. « Quels sont les défis qu’ils se lancent ? Quels sont les issues qui leurs empêchent de dormir », me demandaistu ? Ni toi ni moi n’avions la réponse des personnes pourtant averties et à l’écoute, n’est-ce-pas... A y penser, je crois que tout ton combat peut se résumer à ton discours titré « L’éloge de la pauvreté ». J’en ai aimé le courage, apprécié le panache. Et, à jamais je resterai ébahi devant ta constance, ton attachement à cette vision des choses. Re-problématisant sans cesse, sans jamais t’éloigner du but fixé. Des fois, donnant dos à l’objectif, le perdant de vue, sans jamais changer de cap. Ce soir, Georges, en écrivant ces lignes, j’ai compris toute la finesse du titre qui doit aussi se lire : Eloge des Haïtiens, tant tu avais si bien compris que la pauvreté nous caractérise. Pauvres en savoir, pauvres en ressources, pauvres en rêves que nous sommes. Notre première rencontre s’est déroulée en 1990 au Musée du Panthéon National Haïtien (MUPANAH). Comme toi seul a su le faire, tu signais ce jour-là les trois tomes de Cartes sur table. J’étais venu, curieux, après t’avoir écouté damer le pion à Jean Dominique sur Radio Haïti Inter dans sa célèbre émission de fin d’après-midi. Je me suis présenté et j’ai exprimé le souhait de t’avoir comme conférencier à l’INAGHEI. Ta réponse fut rapide et simple : oui. Et ma dédicace toute trouvée : « A notre collaboration future ». Quand, ministre, tu m’appelas pour intégrer ton cabinet, c’est cette pensée qui me revint en mémoire, comme elle me reviendra à chaque fois que tu me lançais dans un de tes projets ou me rejoignais dans un des miens. Quand tu es venu solliciter au Nouvelliste à Carlo Désinor et à Max Chauvet ma mise à disposition auprès du ministères des Travaux publics; quand je t’ai fait faire le tour de la rédaction du Nouvelliste en jeune chroniqueur qui nous retrouvait pour tenir une promesse faite le jour de ma débauche. Quelle collaboration ce fut en 20 ans ! Permets-moi, Georges, de te remercier pour tout le temps et l’attention que tu m’as accordés, toi mon maître et mon mentor et merci d’avoir fait de moi ton sherpa sur tant de dossiers. Tu l’as dit et redit : il faut que les générations se passent le relais, échangent leur savoir! Que les aînés initient les jeunes! Affrontent leurs doutes! S’imposent quand l’impatience piaffe et s’effacent, sans aigreur, le jour venu! Merci pour tout cela, pour cette leçon appliquée avec tant de générosité! Cette rencontre du MUPANAH, la mort et la gloire qui y font entrer, ce qu’on laisse de soi, souvent, on en parlait. De ce pays qui n’aime que ses grands hommes morts, sur comment il est facile de se faire un nom par la littérature et jamais pour des raisons plus

sérieuses..., de ces élèves qui te demandent sans honte, de temps à autre, si tu as connu Anténor Firmin ou Oswald Durand, quand, étonnés, ils se rendaient compte qu’ils avaient devant eux une sommité comme toi qui aurait dû être mort pour être si célèbre... que de discussions et de rires. Georges, De ton salon, il y a quelques mois, tu me montrais l’arbre statufié au centre de ton petit jardin, là où tu voulais que ton urne funéraire soit placée. Pour rester à Mont Joli. Mourir et rester à Mont Joli. Quelle prémonition ! Evelyne Pérard ne l’oubliera pas celle-là. A Mont Joli, tu resteras Georges. Je l’ai compris dès le premier jour quand je me suis rendu sur place après le tremblement de terre. Ta maison, celle de Philippe, celle de la mère de Mireille, celle de Dolorès et de Jean-Claude ne sont que ruines. Les murs vous ont retenus. Vous ont gardés, toi, Mireille, Philippe par cet effroyable après-midi de janvier. Je ne te pleure pas. Je n’ai pleuré aucun des morts du 12 janvier. Toi, comme les autres de mes morts, tu n’es pas mort. Il y a trop de conversations, trop de souvenirs. Trop de ces petits matins après les grands soirs qui nous ont retenus à pas d’heure dans des débats enrichissants pour que je te laisse le temps de mourir. Gaston qui passe, la mère de Mireille avec sa jeunesse éternelle qui fait envie quand elle relate la dernière anecdote du quartier sur son ton enjoué, Dolorès aérienne dans sa tenue blanche, Jean-Claude qui dit deux mots et s’en va, Wildonne que tu appelles, Philippe et sa femme aux propos mesurés qui te demandent si tu viens plus tard chez-eux, et toi, flamboyant, qui repars dans une nouvelle théorie... Je me revois dans ce Mont Joli que j’ai fréquenté en toute saison et à toute heure pour trouver le chemin de chez toi et de nos interminables palabres. Ce dimanche, je suis encore revenu. La petite Peugeot grise est à sa place. J’ai comme l’impression que tu vas sortir et y prendre place et la faire devenir plus petite encore quand tu te mettras derrière le volant. A Mont Joli, tu étais rentré, cette fois, pour de bon. Tu me l’as dit lors de notre dernière conversation. « Pas de date de retour, Frantz. Je mets, enfin, la maison de NotreDame de Grâce en vente et je passe au moins un an au pays. Je n’ai plus rien à faire à Montréal et l’année qui vient sera déterminante.» Je t’ai si souvent entendu annoncer ce retour et t’ai vu si souvent repartir, déçu par un nouveau raté de notre histoire, que je n’y avais pas prêté foi plus que d’habitude. Tu étais heureux, heureux surtout de faire ton entrée dans la fraternité des écrivains. Etonnants voyageurs, qui s’ouvrait dans la semaine, te plaisait. Tu allais être parmi tes pairs, présentant ton dernier livre, assénant tes points de vue, dans la cour des écrivains. En écrivain. Tu étais heureux et pas inquiet, j’aurais dû me méfier. Le doute chez toi est une profession. Tu avais comme baissé la garde. Prêt pour le voyage avec les écrivains. Quel étonnant voyage tu préparais, Georges ! A Mont Joli, ce dimanche après-midi, après la pluie, j’ai pu me recueillir sur la tombe commune à Mireille, à Philippe et à toi. Une simple place. Pas une plaque. Pas encore. Mais une terre riche, sous de grands arbres, à ton image. Sur ce monticule, là où à jamais tu as trouvé le repos, l’odeur de la terre fraîchement remuée et des fleurs mis en couronne m’a happé et j’ai cru entendre ta voix comme elle a dû l’être dans tes derniers instants du 12 janvier 2010 : forte et étonnée, sceptique et analytique, rassurante dans le doute, se demandant quel est ce tour que nous joue la géographie. Quel étonnant voyage tu dois faire, Georges !!! Tu complètes ta vie d’homme en trois morceaux- le scientifique, l’intellectuel et le politique- de la plus belle des manières en mourant debout, victime de cette catastrophe qui change l’espace haïtien et sa pyramide des âges comme aucune autre calamité. Il n’y a

eu, comme tu le souhaitais, ni hommage officiel, ni décoration posthume, pas même les larmes de crocodile d’usage sur ta dépouille. Tu as affronté la faucheuse comme tu le faisais pour ta feuille blanche. Seul. Mireille pas loin. Quel voyage cela va être de continuer sans toi, Georges ! A bientôt, Monsieur Anglade.

Frantz Duval

Une publication de Ticket Magazine S.A.

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Frantz DUVAL RÉDACTEUR EN CHEF SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Marie-Brunette B. MAINSOUR Gaëlle C. ALEXIS RÉDACTION Joël FANFAN Dimitry Nader ORISMA Gilles FRESLET Daphney Valsaint MALANDRE Myria CHARLES Winnie Hugot GABRIEL Teddy Keser MOMBRUN Elisée DÉCEMBRE Junior Plésius LOUIS Péguy Flore PIERRE Raphaël FÉQUIÈRE Enock NÉRÉ Légupeterson ALEXANDRE CORRECTION Jean-Philippe Étienne CRÉATION ARTISTIQUE Responsable graphique Réginald GUSTAVE Stevenson ESTÈVE Photographes Frederick C. ALEXIS Homère CARDICHON Jules Bernard DELVA Moranvil MERCIDIEU Yonel LOUIS Publicité: 2941-4646 publicite@lenouvelliste.com Rédaction: 2945-4646 / 3806-3717


12 janvier 2013 No 778

3

Dans les coulisses du carnaval 2013

Les DJs annoncent la couleur au Champ de Mars

mesurer à moi. Je suis unique en mon genre, le Champ de Mars ne voit de dj que quand je passe. Je reconnais la dextérité de Cash-Cash, mais pour le son, il doit le prouver.

Dj Fanfan

Le carnaval national n’aura pas lieu à Port-au-Prince cette année encore. Mais le Champ de Mars ne se privera pas de l’animation pré-carnavalesque qui rassemble des centaines de milliers de gens tous les dimanches après la fête des Rois. Cette période où les DJs règnent ‘’sou beton an’’ débutera ce dimanche 13. Tous les DJs se préparent à mettre le feu sur un parcours où la polémique fait rage. Ils nous parlent.

Djimix The Funky

Il a commencé en 1997 avec Tèt Kontak. Depuis six ans, il fait la route seul avec sa propre compagnie de décoration. Côté sonorisation, il sera renforcé par Dj Power Mix. Djimix se dit prêt à 80 % ; lui, c’est Pétionville son royaume. « Trois critères pour assurer les dimanches pré-carnavalesques : les sponsors, les fans et les Dj. Bien combinés, ils débouchent sur la motivation. Pour le moment je suis motivé à quatre-vingts pour cent, car les fans sont avec moi et je sais que la Brana, la Comme Il Faut et Marché Ti Tony seront à mes côtés. Le premier dimanche après les fêtes de fin d’année n’est pas facile. Et, avec le carnaval qui prend le chemin de la province, les entreprises compressent leur budget. Je n’ai pas vraiment de vis-à-vis à Pétionville où j’ai décidé depuis six ans de créer l’ambiance durant la période. Etant donné que je suis issu de Tèt Kontak, il arrive que le challenge se fasse sentir entre nous. Il y aura une belle ambiance sur mon char, beaucoup de nouveaux mix, sans compter les filles qui feront briller les yeux. Moi je travaille avec le temps, je joue pour plaire au public, pour le challenge ; j’adore mixer les nouveaux hits, je projette même de faire du mix audiovisuel. Et pour la sonorisation, je continue de faire équipe avec Dj Power Mix ; ma compagnie, Djimix Lighting, s’occupera de la déco et de l’éclairage. »

DJ Tony Mix

Il se passe de présentation. Il se rendait aux USA lorsqu’il a répondu à notre appel. Raison : Tony Mix, Mr Vegas de la Jamaïque et Wyclef sont affichés à SOB’S ce vendredi soir. Le dj sera de retour dimanche, car il a le Champ de Mars à enflammer. « Barbancourt, Cecosa, Prestige, Mega, et Tropic S.A. m’ont déjà répondu.

Je suis prêt. J’aurai ‘’le son des sons’’ grâce à Toto Beat ; le Champ de Mars peut s’attendre à beaucoup. ‘’Next Lighting’’ s’occupera de la décoration et de l’éclairage. On n’aura un enchaînement intéressant des derniers hits, et surtout beaucoup de nouveaux slogans. J’ai du respect pour Fanfan et les autres dj, mais je leur demande de se mettre sur le trottoir et de me céder le passage, la jeunesse est avec moi et j’ai une nouvelle danse : « Pile kana »… La meringue sortira ce lundi. Il n’y a que Fanfan qui fait le poids. C’est un vétéran qui sait ce qu’il fait, mais voilà qu’en trois ans je le rivalise déjà. Je lui dis : « Fanfan, met granmoun sou granmoun , mwen pra l fè w pile kana. »

Dj Cash-Cash

C’est un vieux de la vieille. Un nom respectable, « Yon mèt beton » qui a débuté avec Gwo Lobo. Il dit n’avoir peur de

personne, sa mission, c’est de surchauffer le parcours. « Depuis après le séisme du 12 janvier, Cash-Cash ne sort plus le premier dimanche suivant la fête des Rois. C’est un peu pour la méditation et le respect des disparus. Étant donné que le premier dimanche pré-carnavalesque de l’année 2013 tombe le 13, ce sera ‘’notre’’ soirée au Champ de Mars. Normalement, on est en pourparlers avec plusieurs sponsors, mais on sait qu’on peut accorder notre crédit à des inconditionnels tels la Comme Il Faut, la Brana, Diri Mega, et Sanco qui nous rejoindra. Notre avantage sur certains c’est qu’on a notre propre char et assurons nous-même cette sonorisation qui fait trembler sur le parcours. Dès 6 h 30 pm, ce dimanche, « manman pitit, mare senti, lòt dj yo ta sipoze vin mande nou pasaj. Channmas la pa

piyay. San betiz, ni vyolans nou pral boulvèse yo ». On se réunit la veille à la rue de La Réunion où le départ sera donné, on poursuivra par la rue Des Casernes, le Champ de Mars, pour aboutiir au stade Sylvio Cator. Ce ne sera pas avec le micro qu’on va attirer la foule, mais avec nos mix, notre doigté. On va faire la promotion de la musique. Les autres dj devraient commencer à trembler, car de tout ce qui se fait aujourd’hui, Dj CashCash en est le pionnier. Souvenez-vous, Cash-Cash a été le premier dj à réaliser une meringue, et la première vidéo du secteur : « Kouto timoun se maten sa file ». A bon entendeur, salut !

Dj Constant

Devenu en quelques années une référence, un dj qui apporte du piment sur le parcours. Constant a, depuis sa discussion avec Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, à l’époque ministre des droits de la Femme, revu les chorégraphies de ses demoiselles sur son char. Le dj a tiré profit et le Champ de Mars va en voir de toutes les couleurs. « L’attraction principale du char de Dj Constant sur le Champ de Mars se base en partie sur ses jeunes filles aux accoutrements ‘sexy’ qui se déhanchent de fort belle manière. On a reçu plus de cent cinquante inscriptions pour cette année. Là, on est pleine répétition afin de faire une sélection. Côté sponsors, la conjoncture actuelle attarde les choses, on n’en a pas pour le moment, mais nos portes sont ouvertes à tout intéressé. Dimanche, ce sera une journée de deuil pour nous, car l’une de nos filles est morte dernièrement. Mais ce deuil ne nous empêchera pas d’attirer l’attention par la qualité de l’audiovisuel qu’on va vendre. Nos costumes sont prêts, Next Lighting assurera la décoration, et je vais mettre K.O. tous ceux qui voudront se

Le vieux routier ne se souvient pas exactement l’année de son baptême de feu au Champ de Mars. Classé pour le moment le dj qui détient le plus de sponsors, Fanfan a fait sa réputation sur le parcours. Son nom y est attaché, et pas question de se laisser piétiner par qui que ce soit. Il semble être le meilleur. « Je n’ai pas vraiment grand-chose à dire, sinon que je suis celui qui a le moins d’équipement, le son le plus mauvais, avec Guy Beauvil, malheureusement déclaré meilleur ingénieur de son de l’année 2012 (rire). Bakara, Sogebank, Comme Il Faut, Prestige, Ragaman, M&S, Truck Max et Guy Beauvil sont mes principaux sponsors. Je partirai de la station National de Turgeau (ancien Start Mart), où je donnerai une animation samedi soir après minuit. Mon parcours reste l’avenue Martin Luther King, Lalue, Champ de Mars sur un char que Phillipe Saint-Louis aura à embellir. A mes amis Dj, je dis de s’abstenir un peu de notre relation amicale les dimanches durant les heures du carnaval, ’’paske m’ kanpe an dan di’’ (rire). Je ne vais pas vous dire que je vais mixer de nouveaux hits comme le font certains qui n’avaient même pas d’anciens hits, mais ‘’sa ka la ka wè l ‘’. Enfin je rappellerai à tous que dimanche sera 13, donc, ‘’mache sou 13 nou pou n pa pile 14. » Plésius Junior LOUIS (JPL 109) junior.jpl007@yahoo.fr


4

12 janvier 2013 No 778

portable ou de le mettre sous silence.

Article 25 In memoriam 12 janvier 2013… trois ans déjà ! On se souvient des cris… La douleur et le désespoir se firent entendre aux quatre coins du monde. Ce soir-là, seul comptèrent le silence de la mort et les complaintes des survivants. Ce tremblement de terre oublié dans nos annales Provoquait un élan de solidarité… Et, l’unité nationale naquit l’espace d’un cillement Mais… Au-delà de nos pleurs et de nos regrets, qu’en est-il aujourd’hui ?

COMPORTEMENT DANS LES LIEUX SAINTS Un lieu saint mérite un comportement digne de respect. Ainsi, en passant devant l’allée de l’autel (face à l’entrée) où se trouve le saint sacrement, on fait une légère génuflexion et un signe de croix. Si on emprunte les côtés latéraux pour se choisir une place, les mêmes révérences sont requises avant de s’asseoir.

Au passage du saint sacrement, les fidèles se lèvent. Certains peuvent y déposer un baiser, mais ce n’est pas obligatoire.

Dans une église, on ne croise pas les jambes. On garde les pieds joints

La foi catholique définit l’église comme la maison du très haut. Ainsi, on enlève son chapeau en signe de respect pour Dieu, l’entité supérieure.

Convenances Si un sacerdoce habillé va vers l’autel ou en revient, le fidèle s’arrête pour le saluer d’une inclinaison de la tête.

On pénètre l’enceinte de l’église à pas de velours, afin de ne pas déranger les fidèles en recueillement. On ne salue pas une personne pendant le service. Il est permis une légère inclinaison de la tête, mais on s’arrête, ni pour se donner la main, ni pour se faire la bise et encore moins pour converser.

On suit le rite de la messe en s’asseyant et en se levant quand c’est nécessaire. On garde un port digne : On ne se retourne pas pour regarder les retardataires. On évite d’appuyer la tête sur le dossier. On ne se balance pas continuellement. On prie calmement et on évite les exaltations qui nuisent à l‘entourage. Quand on franchit le seuil de l’autel, une génuflexion ou une révérence sont impératives avant et après.

Conseils

On emmène les enfants à l’église afin de les initier à la formation religieuse. Cependant, si leurs cris ou leurs turbulences gênent le service, il faut laisser la salle.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Il faut respecter les croyances des autres. Ainsi, en Thaïlande, toute représentation du Bouddha, quelle que soit sa taille ou son état, est considérée comme sacrée. Un touriste doit éviter de monter sur une statue ou de se faire prendre en photo à côté d’elle, vu que ce geste est considéré comme irrespectueux.

On fait la révérence au Saint Père pour le saluer.

Pour contacter l’auteur : dismoicommentrecevoir@yahoo.com www.magalypelissier.weebly.com Sur twitter : dismoicommentrecevoir

On se couvre dans un lieu saint. Le décolleté n’est pas admis. Si une église n’a pas de presbytère, le prêtre et son cortège n’ont pas d’autre choix que d’emprunter l’entrée principale pour sortir après la messe. Alors, ils sortent en premier. Ce n’est qu’après que les fidèles peuvent sortir. On ne mange pas dans une église. On ne répond pas non plus au téléphone. Il est mieux d’éteindre son


12 janvier 2013 No 778

Deux mots pour

Georges Anglade 18 juillet 1944 - 12 janvier 2010

5

à la littérature dans ce genre très prisé en Haïti qu’est la lodyans. C’était un libre penseur ; avec son franc-parler et son pragmatisme, il a marqué son époque. Sa fin, comme celle de sa femme, Mireille Anglade, Philippe Rouzier, Pierre Vernet, Hubert De Ronceray, Micha Gaillard, et de tant d’autres, a terrassé tout homme. C’est une grande perte !

Jean Euphèle Milcé

Georges, géographe et passeur d’histoires, est cet arpenteur de la terre d’Haïti qui m’a conduit dans tellement de parcelles improbables. Sa vie, tant de fois auto-racontée, est un hommage à la liberté, de l’expression entre autres. La terre, la terre, jusque dans ses meurtrières colères, a permis à Georges de grandir, de transmettre l’essentiel et de mourir. Moi, raconteur d’histoire et amoureux de la Terre, continue à le pister. Éternel.

Verly Dabel

Il ne s’agit pas d’un simple homme. Mais d’un homme simple avec une vision grandiose à la hauteur de tous les chapeaux qu’il continue de porter même après sa mort. Juriste, géographe, et homme de lettres iconoclaste, il a surtout été l’un des rares hommes dont l’enthousiasme et l’érudition ont étonné plus d’un. Cosmopolite. Homme d’engagement. Voilà une façon bien modeste de décrire cet intellectuel à la plume multiforme ayant zébré l’horizon des lettres haïtiennes. Passionné de la mise en forme originale du langage tiré des racines folkloriques et insulaires, Georges Anglade, a marqué son temps. Ses compétences en tant que professeur à l’UQUAM et sa virtuosité dans la littérature du terroir n’ont jamais été disconvenues. Chronique d’une espérance

L’homme

Opposant farouche au régime des Duvalier, il est exilé à deux reprises pour ses idéologies politiques, en 1974 et 1991. La majeure partie de sa vie adulte en exil, au Québec, lui a permis de participer la fondation du département de géographie de l’Université du Québec à Montréal. À partir des années 90, il a publié plusieurs ouvrages qui révélaient son talent de lodyanseur et de conteur. Après sa retraite, il répartissait son temps entre l’écriture et la politique.

Sa bibliographie

Les blancs de mémoire : lodyans Ce pays qui m’habite : lodyans Leurs jupons dépassent : lodyans Et si Haïti déclarait la guerre aux USA ? Georges Anglade, Rire haïtien : les lodyans de Georges Anglade / Haitian laughter : a mosaic of ninety miniatures in French and English Essais L’espace haïtien Mon pays d’Haïti Espace et liberté en Haïti Atlas critique d’Haïti Cartes sur table La chance qui passe

Sa contribution à la culture haïtienne et au niveau de certains champs d’études dans le pays ne permet pas que son absence passe sous silence en cette troisième commémoration de cette date fatidique. Auteurs, collaborateurs, critiques et amis parlent en souvenir de sa mémoire.

Emmelie Prophète, écrivaine

Georges Anglade me manque beaucoup. Et trois ans après, il me reste l’impression qu’on tombe dans un oubli extraordinaire de la catastrophe et de tous ceux qu’on a perdus. On aurait dit qu’on est inconscient de ce qui nous arrive, de tout ce qui nous manque pour vraiment se relever. Moi je suis dans le désarroi et la pensée de Georges me tient. Je crois que beaucoup d’autres comme moi ont aussi le sentiment d’avoir besoin de ses impressions sur ce qui s’est passé, sur comment reconstruire.

Dr Roland Léonard, journaliste et critique littéraire

Georges Anglade est un géographe moderne. Tardivement il a révélé sa passion pour la littérature avec le genre de la «lodyans». On se souvient particulièrement de « Madame Gran bouzen

du Limousin », la « lodyans » du fou et l’interne et celle faisant allusion au bébé disparu de Nanoune Myrthil avec beaucoup d’humour noir. Il avait une chronique politico-socio-économique très savante au journal Le Nouvelliste, qui, d’après moi, manquait de plan. Je lui préférais celle de Marc Bazin... Il est l’un des initiateurs du Pen Club Haïti. Sa mort est tragique. C’est une perte énorme pour la société des géographes haïtiens et pour le monde des sciences humaines.

Jean-Claude Boyer, journaliste et critique littéraire

George Anglade était un grand géographe qui a consacré la fin de sa vie

« Bonjour Georges ! - Bonjour camarade ! » La ville semble encore plus triste, ce matin du triste anniversaire. Un soleil tout contrarié éclaire à contrecœur les ruines qui nous rappellent ce mardi maudit où la nature s’est déchaînée sur toi. Sur toi et sur des centaines de milliers de nous. La terre a encore fait un tour sur elle-même et est revenue nous dire que le grand remueménage t’a entraîné dans son sillage. Les visages sont fermés. On ne pleure pas. On n’en a plus le courage. Et puis les larmes ne servent plus à rien. On a beaucoup perdu, mais rien appris, camarade. On n’a pas changé, camarade. Pas d’un iota. Toujours les mêmes bêtises et le Bon Dieu Bon. Mais si c’est vrai que le Bon Dieu est Bon, on va se revoir un jour, camarade Ce jour-là, on ne parlera pas de choses tristes. On se racontera plein de lodyans On rira bien, Georges. On rira bien si le bon Dieu est bon.

Fritz Deshommes

Georges Anglade est surtout connu comme cet intellectuel de grand calibre qui excelle à la fois dans le scientifique et le littéraire, ce grand professeur d’université connu et reconnu à Montréal et ailleurs dans le monde, ce géographe qui a réinventé la géographie haïtienne. Mais ce qu’on dit moins et qui constitue peut-être l’aspect le plus important de sa carrière c’est que Georges s’est toujours accroché à la réalité concrète. Géographe de terrain, Georges Anglade est demeuré cet intellectuel optimiste, créatif, imaginatif, toujours à la recherche de solutions concrètes aux problèmes profonds de notre pays. En témoignent les propositions contenues dans le document « La Chance à Prendre » ou son projet de penser les infrastructures routières nationales à partir de la réalité des sentiers, lesquels le révèlent comme un de nos rares intellectuels à avoir pensé de manière autonome et réaliste le développement endogène de la nation. Péguy F. C. Pierre et Lord Edwin Byron


6

Samedi 12 janvier 2013

selection nationale

Hervé Bazile, un nouveau renfort pour les Grenadiers

A

en croire les dires du président de la Fédération Haïtienne de Football (FHF), Yves « Dadou » Jean-Bart dans l’émission les Grandes gueules du sport diffusée sur les ondes de Radio TV Galaxie, l’attaquant formé à Guingamp, Hervé Bazile, né à Créteil (France) le 18 mars 1990, 1m80 pour 74 kg et ancien membre de la sélection française des moins de 17 ans, a accepté de porter volontiers les couleurs de l’équipe nationale d’Haïti pour la Gold Cup 2013 qui aura lieu aux USA du 7 au 28 juillet.

A recherche des talents pouvant aider la sélection haïtienne de football, les autorités de la FHF sont entrain de mettre les mains sur un joueur capable de jouer milieu gauche ou ailier gauche et sur le front de l’attaque, Hervé Bazile. « J’ai pu parler avec le père de Hervé Bazile, il m’a

Hervé Bazile

clairement dit que son fils a accepté de jouer pour Haïti et ce sera chose faite pour la Gold Cup 2013 qui se jouera aux USA en juillet », a fait savoir Yves Jean-Bart avant d’ajouter : « Il est fort possible pour que le frère cadet de Johnny Placide qui joue en National dans l’équipe du Mans, accepte également de jouer pour Haïti ». Avant de signer au sein de l’équipe d’Amiens SC (2011-2012) qui évoluait alors en Ligue 2, Bazile avait passé six (6) ans en Bretagne (2005-2011), et il avait disputé son premier match en professionnel lors de la saison 2008-2009. En 2012, Hervé Bazile aura disputé un total de 22 rencontres dont, 13 titularisations et 4 buts inscrits. Sur l’ensemble de sa carrière, Bazile a joué un total de 62 matches pour 8 buts inscrits. Ses statistiques au 25 mai 2012 sont : de 40 matches et 4 buts avec l’En Avant Guingamp (2008-2011), 22 matches et 4 buts avec l’Amiens SC

(2011-2012). Petite anecdote, Hervé Bazile avait disputé la phase finale de la coupe du monde U-17 de la FIFA, Corée du sud 2007 avec l’équipe de France, qui a été tenue en échec par les jeunes Grenadiers (1-1) et a été éliminée en quart de finale aux tirs au but par l’Espagne. Annoncé à Niort (L2) suite à la relégation d’Amiens SC en National, Hervé Bazile, l’attaquant de 21 ans, désireux de quitter son équipe, a affirmé ne s’être encore entendu avec personne. Bazile qui ferait ses débuts avec les Grenadiers dans la Gold Cup 2013, joue au poste d’attaquant au sein d’Amiens SC avec le dossard 20 et ses coéquipiers ont rendez-vous avec Bourg-Peronnas le 11janvier. Le 20 janvier, l’équipe d’Amiens SC accueillera le Red Star FC avant de se déplacer à Rouen FC le 25 janvier. Légupeterson Alexandre

Association Haïtienne de Basketball Corporatif (ASHBAC)

Digicel-SOGEBANK, le duel des champions

D

ouble tenante du titre (2011 et 2012), l’équipe de Digicel, auteur d’un début de saison mi-figue, mi-raisin affrontera, à compter de 4 heures p.m. ce dimanche 13 janvier, au Centre de Formation Classique (CFC), son homologue SOGEBANK pour la reprise du championnat de basket corporatif organisé par l’Association Haïtienne de Basketball Corporatif (ASHBAC). En deuxième partie, la surprenante équipe de Télémax se mesurera à Marché Ti-Tony, vainqueur de l’édition 2010 de cette compétition. Après la Noël et les festivités de fin d’année, la 5e édition du tournoi de l’ASHBAC reprend ses droits avec le coup d’envoi de la 9e journée. Deux rencontres sont au programme pour la reprise en douceur de cette compétition. Pour l’occasion, l’équipe de Digicel, battue deux fois déjà en 2012 tentera de refaire une santé face à son homologue de SOGEBANK. Ce dernier n’a pas connu également un très bon début de compétition. Toutefois, les deux protagonistes restent en tenant compte de leurs palmarès, deux des favoris pour s’adjuger le titre de champion à côté de Marché Ti Tony. Invaincue depuis le coup d’envoi de la saison, l’équipe de Télémax attend de pied ferme son homologue de Marché Ti Tony. S’exprimant sur la reprise de cette compétition, le coordonnateur de l’ASHBAC en a profité pour saluer la mémoire des victimes du 12 janvier

Un fan, le crâne rasé aux couleurs de la DIGICEL (Photo : Yonel louis)

Phase d’une rencontre Digicel-Sogebank (Photo : Yonel Louis)

2010. « C’est une occasion pour moi de sympathiser avec les victimes du séisme du 12 janvier, car beaucoup d’entre eux furent des fans du basket. Ainsi, pour saluer leur mémoire, on a décidé de ne pas jouer ce samedi », a déclaré Emmanuel Bonnefil. Ajoutant : « Je remercie les sponsors de l’ASHBAC, Digicel, SOGEBANK et Marché Ti Tony qui ne cessent de nous supporter. Je n’ai pas oublié la presse sportive pour la promotion faite dans le but de vulgariser ce tournoi. A tous et à toutes, je dis bonne et heureuse année 2013 », a conclu Bonnefil. Parallèlement, le coup d’envoi de la compétition du CIBA est annoncé

pour le 18 janvier. En revanche, une sélection de basket de la République Dominicaine visitera le pays le 24 janvier avant de jouer un match amical face à la sélection de l’ASHBAC, le 25 janvier, au Centre de Formation Classique. Le match retour est programmé pour le 9 mars en terre voisine. Signalons que c’est le groupe Raram No Limit qui animera la soirée du 13 janvier où les équipes de DigicelSOGEBANK et Marché Ti Tony-Télémax en découdront à l’antre du CFC, et ce, pour le bonheur des amants du ballon orange. Légupeterson Alexandre

ASHBAC Calendrier de la 9e journée Dimanche 13 janvier 2013 que

Centre de Formation Classi-

4h PM : Digicel – SOGEBANK 6h PM : Marché Ti Tony – Télémax


7

Samedi 12 janvier 2013

12 janvier 2010 : et après ?

1

2 janvier 2010, 35 secondes de séisme ont détruit les vies et plus de 60% de ce qui constituait la capitale d’Haïti. Le peu de ce qu’il y avait comme infrastructures sportives des villes de Port-au-Prince, Léogâne, Jacmel, Grand-Goâve et Petit-Goâve a été sévèrement touché voire anéanti. Les vestiges qui ont survécu ont été transformés en centre d’accueil pour héberger les victimes. Quelques mois plus tard, le gouvernement en place évoque, via le ministre des sports, l’idée de profiter du malheur du pays pour rénover les infrastructures sportives rénovables et surtout en construire d’autres qui répondent mieux aux besoins actuels suivant les normes modernes : « On souhaiterait doter le pays de trois nouveaux stades. Un au Cap-Haïtien, un à Port-au-Prince et un autre dans la ville des Cayes », informe le ministre Evans Lescouflair dans une interview accordée au Nouvelliste. 12 janvier 2013, où en est-on avec les réfections et les constructions ? Sur la douzaine d’infrastructures sportives touchées par le séisme du 12 janvier, 2/3 étaient construites par l’Etat gérés pour la plupart par l’Etat lui-même via des comités de gestion. Ce texte tiendra compte surtout de ces infrastructures construites par l’état comme : le Gymnasium de la rue Romain inauguré au début des années 80, le stade Sylvio Cator inauguré au début des années 50, le Centre Sportif d’Adadou inauguré au début des années 80 tout comme le centre Sportif de Carrefour, le parc Gérard Christophe de Léogane et une seule non construite par l’Etat, le local de la Fédération haïtienne de football. Pour question de temps on considèrera le tennis Club de Port-au-Prince, le parc Sainte Thérèse et le Cercle Bellevue dans un autre article.

Le Stade Sylvio Cator

11 janvier 2013. 24 heures avant le 3e anniversaire du séisme du 12 janvier, le stade Sylvio Cator relooké par la FIFA est complètement en service à la Rue Oswald Durand. Il possède son propre système d’éclairage au moyen de deux gros génératrices donné par la FIFA et aussi une nouvelle pelouse artificielle mis en place depuis 2011. La DIGICEL l’a même doté de deux scores boards devant servir à afficher le score de la rencontre lors des déroulements des matches. Des score boards qui ne sont par utilisé actuellement à cause du fait qu’ils ne fonctionnent que sur 220 watts et que les génératrices fournissent du 110. Les vestiaires ont été relookés, il y désormais un vestiaire pour arbitre spécialement. Par contre, les toilettes des tribunes continuent à donner du fil à retordre. Les cabines de ces dites tribunes n’ont plus de sièges. La plupart de ces vitres qui devraient logiquement être transparentes pour permettre aux occupants de ces tribunes de

pouvoir assister les spectacles même debout sont translucides quand elles ne sont pas complètement opaques ou absentes. La salle de communication qui devrait servir de tribunes aux speakers pour annoncer les équipes lors des matches officiels n’existent plus. Il faudra encore attendre pour que la réfection soit totale. Le séisme du 12 janvier est arrivé alors que le stade Sylvio Cator était en activité. Sur l’ancienne pelouse synthétique, les joueuses de la sélection nationale de football féminin U17 se préparaient afin de se rendre au Costa Rica et disputer la phase Concacaf des éliminatoires de la Coupe du Monde de football féminin U17 de 2010. « On faisait de la vitesse quand tout s’était mis à danser », se souvient Hayana. Immédiatement après les sans-abris dérivés du séisme ont envahi la pelouse pour s’abriter des répliques du séisme et y ont élu domicile. Gradins, pelouse, parking, tout était occupé. Il avait fallu attendre plus de trois mois avant que la pelouse ne soit libérée afin de permettre au football d’y reprendre ses droits mais il avait fallu plus de 18 mois pour que l’Etat Haïtien de concert avec la Mairie de Port-au-Prince parviennent à déloger les occupants du parking et de la cour du stade qui aujourd’hui encore à besoin de rénovation.

Gymnasium Rue Romain

Inauguré au début des années 80 le Gymnasium de la Rue Romain que les haïtiens avaient accueillis avec un trop plein de fierté (Il faisait partie des meilleurs de la Caraïbe sinon le meilleur) avait été surpris en pleine décrépitude par le séisme du 12 janvier. Après trois retouches, il demeurait l’apanage de quelques particuliers qui s’en servaient sans vraiment se sourcier des travaux qui y étaient effectués. Résultats, odeurs d’urines et bien d’autres quolibets desservaient à qualifier le Gymnasium. Le séisme du 12 janvier a donc trouvé un Gymnasium en mauvais état. Près de deux ans après le séisme les réfections du Gymnasium ont repris. La façade principale totalement relooké attire mais la toiture laisse à désirer. Le 14 mai 2012 c’est en pleine inauguration que la pluie survient pour montrer l’état de la toiture sous les yeux du président de la République. Il faudra donc d’autres rénovations et le Gymnasium est encore en réparation.

Centre Sportif de Carrefour

Comme le Gymnasium de la Rue Romain le Centre Sportif de Carrefour est inauguré au début des années 80. Doté d’un terrain de football avec une piste d’athlétisme de 8 couloirs, des gradins pouvant accueillir 3 à 4 mille spectateurs avec toilettes et vestiaires, une piscine olympique de 8 couloirs,

d’un terrain d’entraînement de football, de plusieurs terrains d’entraînement de volley-ball, de deux terrains d’entraînement de badminton sur ciment, d’une demi douzaine de terrains d’entraînements de basket-ball, de deux terrains de tennis sur ciment et d’un Gymnasium comprenant un terrain multi-sport d’une capacité de trois mille spectateurs environs, le tout clôturé en mur. Selon le directeur du centre d’alors, le centre sportif de Carrefour n’avait jamais eu un entretien et n’avait jamais été relooké depuis sa construction. Les évènements de 1986 ont fait oublier l’utilité de la piscine olympique qui, jusqu’au milieu des années 2000, servait de dépôt de détritus. Le séisme du 12 janvier a aggravé les choses. Les clôtures ont été en majeure partie détruites, l’érection d’un hôpital sur la pelouse et l’occupation des espaces par de nombreuses familles sans-abri n’a fait que l’empirer. Il a fallu attendre 2 ans après le séisme pour libérer l’espace, et ce n’est qu’en février 2012 que le Ministre des Sports a lancé la première phase de la rénovation du centre avec l’appui de la Croix-Rouge allemande. Dans cette première partie, il y avait la reconstruction du terrain proprement dit, la remise en lumière de la piste d’athlétisme, la rénovation des toilettes, la reconstruction de la clôture. La fin de cette première phase était prévue pour le mois de juillet 2012. Aujourd’hui cette première étape est à sa phase terminale et la 2e étape doit commencer très bientot.

Le Centre Dadadou

Inauguré lui aussi au debut des années 80, le centre sportif Dadadou a longtemps été le haut-lieu de la pratique sportive du bas Delmas. Le séisme du 12 janvier a presque totalement détruit la clôture et les sans-abri ont fait de même avec les terrains. La pose de la première pierre de la reconstruction de la clôture du centre sportif Dadadou a été effectuée en mai 2012. Mais aujourd’hui, la clôture est en phase de reconstruction et toutes les autres rénovations sont à venir.

12 janvier 2010 – 12 janvier 2012

La phase de rénovation en matière d’infrastructures sportives est lente et risque de prendre des années encore . La construction des stades est tombée aux oubliettes. La construction des complexes sportifs départementaux prévue en 2009 avec le fond de pétro caribe a été mise en veilleuse par le gouvernement Préval après le séisme. Le nouveau gouvernement s’est donc lancé dans l’érection de ces complexes sportifs avec une révision à la baisse des prévisions de 2009. Complexe sportif du Haut Artibonite au Morne Blanc des Gonaïves, du Nord-Est à Ouanaminthe, du Centre à Mireba-

lais, du Sud-Est à Jacmel, du Sud aux Cayes et bientôt du Nord-Ouest à Saint-Louis du Nord. Les complexes sportifs départementaux sont en construction tant bien que mal, même s’ils sont encore loin de ce rêve de profiter du séisme pour construire une Haïti moderne en matière d’infrastructures sportives. Enock Néré/nereenock@gmail.com

Dawson vs. Pascal reporté en mai

I

nitialement programmé le 9 mars, puis le 23 mars, la revanche qui doit mettre aux prises le champion WBC des poids mi-lourds, l'Américain Chad Dawson, avec son challenger, l’Haïtien Jean Pascal, a été reporté au mois de mai. En effet, la reprise prochaine des activités de la Ligue nationale de hockey ainsi que les nombreux spectacles à l’affiche font en sorte que le Centre Bell ne sera pas disponible pendant plusieurs semaines. « Les gens de HBO auraient voulu que le combat soit présenté le 9 mars, mais je leur ai expliqué que ce serait alors très difficile de trouver un site ici », a expliqué Michel. « Avec le retour du hockey, ça n’ira pas avant mai. » Même si Pascal s’est blessé à l’épaule pendant son dernier duel contre Aleksy Kuziemski et qu’une période de repos supplémentaire pourrait s’avérer bénéfique à première vue, le promoteur aurait néanmoins préféré que son protégé se batte plus tôt que tard. « C’est très décevant, car les médecins nous avaient dit que Jean serait au sommet de sa forme en mars », a ajouté Michel. « Mais comme nous ne pouvons pas organiser le combat sans HBO, c’est le genre de contrainte à laquelle il faut se plier. » Pascal et Dawson en viendront aux coups pour la deuxième fois, le Québécois l’ayant emporté par décision technique à la première occasion en mai 2010 pour ajouter les titres de l’IBO et The Ring à celui du WBC qu’il possédait déjà.


8

12 janvier 2013 No 778

Deux mots pour Georges Anglade  

Deux mots pour Georges Anglade