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Cécile McLorin Salvant née pour chanter Cécile McLorin Salvant, la gagnante du Premier Prix du Concours de Jazz Vocal Thelenious Monk en 2010 », sera à l’affiche le vendredi 16 novembre 2012 au Ritz Kinam II pour une belle soirée de musique jazz. Ce sont Fred Paul de Mini Record’s et Kreyol Jazz Production qui présenteront cette soirée, qui débutera à 8 h pm. Ces mêmes compagnies offriront environ une semaine plus tard, soit le vendredi 23 novembre 2012, au Karibe Hôtel, « An evening with the stars » avec Haitiando, Ralph Thamar et Mario Canonge. Actuellement en Haïti pour la promotion de ces activités, Fred Paul déclare que ce seront deux superbes soirées. Cécile McLorin Salvant affirme être heureuse de venir en Haïti, le pays de son père. « J’ai hâte de rencontrer ce public de mélomanes et d’amateurs de jazz pour qui nous avons préparé un répertoire plein de surprises. Je serai accompagnée par des musiciens très talentueux : Aaron Diehl au piano, Paul Sikivie à la contrebasse, et Marion Felder à la batterie », a déclaré la chanteuse de jazz à Ticket Magazine. Cécile a fait savoir que c’est pour la première fois qu’elle va se produire en Haïti. En ce qui a trait au thème sous lequel se déroule cette soirée « Cécile McLorin Salvant, née pour chanter », l’artiste a indiqué que les organisateurs le disent, et elle aussi, elle le pense. De père haïtien, Cécile McLorin Salvant est née et a grandi à Miami, en Floride. Elle a commencé ses études de piano classique à 5 ans, peut-on lire sur son site, de chant à 8 ans. Elle s’est très vite intéressée au chant lyrique et a com-

mencé à étudier avec des professeurs privés, puis plus tard avec Edward Walker, enseignant à l’Université de Miami. En 2007, Cécile est partie à Aix-enProvence pour étudier le droit et le chant lyrique et baroque au Conservatoire Darius Milhaud. C’est à Aix, avec le professeur et musicien Jean-François Bonnel, qu’elle a découvert l’improvisation, ainsi que le jazz instrumental et vocal. En 2009, après une série de concerts à Paris, l’artiste a enregistré son premier album, «Cécile», avec le Jean-François Bonnel Paris Quintet. Un an plus tard, elle remportait le Concours Thelonious Monk à Washington DC. Elle a suivi des études musicales à la New School de Manhattan, avec Jane Ira

Bloom, Bill Kirchner, Hugo Goldenzweig, et Amy Burton. Cécile interprète des chansons peu jouées et rarement enregistrées en essayant de mettre en valeur leur aspect théâtral. Elle commence à chanter en français et en espagnol et à composer des pièces instrumentales et vocales. Elle jouit d’une popularité croissante en Europe et aux États-Unis, où elle se produit dans des clubs, salles de spectacles, et festivals avec des musiciens de renommée comme Jean-François Bonnel, Aaron Diehl, Rodney Whitaker, Dan Nimmer, Jonathan Batiste, Jacky Terrasson, Archie Shepp... Elle chante pour la deuxième année consécutive pour la campagne publicitaire de « Chance» de Chanel. Cécile a été l’invitée de Wynton Marsalis et son Orchestre Jazz at Lincoln Center. Elle vient d’enregistrer un CD qui paraîtra au début 2013 pour le label Mack Avenue avec Aaron Diehl, Rodney Whitaker, Herlin Riley et James Chirillo. Cécile a été l’invitée des festivals de Vienne, Ascona, Whitley Bay, Montauban, Foix...et de Wynton Marsalis au Lincoln Center de New York et au Symphony Center de Chicago ainsi qu’avec sa propre formation au Kennedy Center, Festival de Jazz Spoleto USA, Edinburgh Jazz and Blues, Festival de Jazz de Detroit, etc. Ce vendredi 16 novembre 2012, elle promet de charmer à son spectacle de jazz baptisé « Cécile McLorin Salvant, née pour chanter » qui se tiendra au Ritz Kinam II à Pétion-Ville.

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FANS

Gilles Freslet (gillesfreslet@yahoo.fr)

Une publication de Ticket Magazine S.A.

Muska group fait encore le BUZZ On parle encore de Muska Group et de ses fameuses publicités pour le produit Big Shake. Mais sur une bien plus grande échelle ce coup-ci. Avec un nombre très élevé de vues sur Youtube, de nombreuses parodies et remakes et des apparitions sur des chaînes de télévision étrangères, cette série de publicités sortie au début de l’été 2012 est en passe de devenir l’une des plus célèbres que l’on ait jamais produites en Haïti. On avait préalablement parlé de la série de publicités de Big Shake parce que ses réalisateurs étaient allés bien trop loin dans le désir de s’inspirer d’une pub pré-existante. Par la suite, une véritable euphorie s’est développée autour de ces publicités. En très peu de temps, elles ont quasiment fait le tour du monde... alors si on choisit d’ignorer l’internet qui les a pourtant mises à la portée des internautes des quatre coins de la terre. Ces courtes publicités ont donc été diffusées en France et en Afrique notamment. L’émission américaine « Attack of the show » a aussi fait un remake de ce qui chez nous était déjà un remake. Et plus récemment, ces publicités sont passées dans Steve Harvey, talk-show animé par le célèbre comédien, animateur et auteur du livre à succès «Act like a lady, think like a man». Ces publicités auraient aussi rapporté une médaille d’argent à leurs réalisateurs au Nevada Film Festival, prix que ces derniers recevront le 1er décembre prochain. Il semble qu’ils sont nombreux à s’être laissé emporter par le Big shake-mania. Voyez par vous-mêmes : Steve harvey : http://youtu.be/oPqMu9GtUy4 Attack of the show : http://www.youtube.com/watch?v=UZsYjmByt3Q

L’achat des followers, un investissement pas si sûr… Garants de notoriété et de buzz sur Internet, le nombre de fans sur les réseaux sociaux est le graal des artistes, entreprises

et grandes marques qui communiquent en ligne. Ce qu’ont d’ailleurs bien compris certaines entreprises, qui se sont lancées dans la vente des packs de followers sur Twitter, faussant ainsi la donne. En effet, dès qu’un compte gagne étrangement un nombre considérable de followers en un temps record, il faudrait se poser des questions. Car certaines personnalités en achètent pour avoir l’air plus populaires sur les réseaux sociaux ou s’en font acheter par leurs managers, maisons de disques ou autres pour « crédibiliser leur profil » et avoir un plus gros impact promotionnel. Ce qui n’est pas particulièrement un bon investissement. Car ces milliers de followers fantômes, qui ne sont même pas en mesure de poster un tweet, seraient encore moins capables de remplir des salles de spectacle ou d’acheter des disques… Il est facile de savoir si un compte est suivi de faux followers. Ces derniers n’ont quasiment pas de followers mais suivent un nombre impressionnant d’utilisateurs et ne tweetent généralement pas. Ce sont en fait de faux comptes, des comptes « robots », qui permettent à des sites de gagner des sommes colossales sur la crédulité des gens. Parfois, certains ont des images de profils et des descriptions, mais on remarquera qu’ils ont tous des noms quasi-identiques. De plus, certains sites permettent de calculer tout simplement le pourcentage de followers actifs, réels et faux d’un compte donné. Cette polémique a été soulevée en Haïti il y a environ deux mois par l’animateur Carel Pèdre. Ce dernier a pu découvrir, grâce au lien qui suit, que de nombreux artistes haïtiens avaient une quantité élevée de faux followers. http://fakers.statuspeople.com/. On en a longtemps parlé sur les réseaux sociaux et les accusations ont fusé de parts et d’autres. Les comptes de certains artistes dont ceux de Kako, Madmax, Trouble Boy et Thierry Bijou notamment ont été suspectés d’avoir bien plus d’abonnés fantômes que de véritables fans. En twittant, ces derniers ne s’adresseraient vraisemblablement qu’à une audience non-existante. Il faudrait toutefois préciser que les faux abonnés peuvent aussi provenir de spam. Des individus malintentionnés ne cessent de créer des comptes à partir desquels ils envoient des liens conduisant à des virus via « mentions » et DM si jamais l’utilisateur en question avait le malheur de les suivre en retour. Toutefois, force est de remarquer qu’on n’est généralement pas subitement suivis par des milliers de Hacker… Daphney Valsaint Malandre Sources Combinées

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Frantz DUVAL RÉDACTEUR EN CHEF SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Marie-Brunette B. MAINSOUR Gaëlle C. ALEXIS RÉDACTION Joël FANFAN Dimitry Nader ORISMA Gilles FRESLET Daphney Valsaint MALANDRE Myria CHARLES Winnie Hugot GABRIEL Teddy Keser MOMBRUN Elisée Décembre Junior Plésius Louis Peguy Flore Pierre Raphaël Féquière Enock Néré Légupeterson Alexandre CORRECTION Jean-Philippe Étienne CRÉATION ARTISTIQUE Responsable graphique Réginald GUSTAVE Stevenson Estève Photographes Frédérick C. ALEXIS Homère CARDICHON Jules Bernard DELVA Moranvil MERCIDIEU Yonel Louis Publicité: 2941-4646 publicite@lenouvelliste.com Rédaction: 2945-4646 / 3806-3717


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de desservir. Puis, on replace la cuiller à droite.

Recettes culinaires

Article 19

COMMENT MANGER LES ŒUFS L’œuf des volailles comme la cane, la caille, l’oie, ou l’autruche, etc. est très présent dans de nombreuses cultures gastronomiques. Dans l’alimentation humaine, on consomme aussi les œufs de poissons, comme le caviar, ou de certains reptiles (selon les cultures), mais leur utilisation est très différente de celle des œufs de volaille.

L’œuf Bénédicte : est un plat composé de deux moitiés de muffin, recouvertes d’une tranche de jambon, de bacon, de saumon ou de tomate, et d’un œuf poché, et nappées de sauce hollandaise.

L’œuf d’autruche est la plus grande cellule du règne animal.

oeuf de caille

oeuf de poule

oeuf de faisane

Ustensiles de cuisine

oeuf de cane

oeuf d’oie

oeuf d’autruche

Les œufs utilisés en cuisine généralement ne sont pas fécondés. Cependant, dans l’art culinaire de certains pays asiatiques, on trouve des recettes à base d’œuf fécondé. C’est le cas du « balut » mis à fermenter pendant plusieurs semaines, et de « l’œuf de cent ans ». Le balut est un œuf de cane ou de poule incubé, ou le fœtus est déjà formé et il est cuit à la vapeur. C’est un amusegueule copieux et très protéiné, particulièrement connu pour ses vertus aphrodisiaques. Il se sert avec de la bière.

La cuiller à moka est la plus recommandée, vu qu’elle est plus petite que celle à café. Elle sert a étêté l’œuf et pour la dégustation. Pour faciliter ceux qui sont moins habiles, on peut dès la cuisine pré concasser l’œuf avec des ciseaux à œufs. Cet ustensile qui ne se trouve jamais à table fait des fissures, pour que l’œuf se décapite avec plus d’aisance. Ainsi, on plus quiet à table dans ses manœuvres et on mange à la cuillère. La partie que l’on enlève repose sur la soucoupe de support.

Comment manger les œufs ?

Les œufs se mangent à la fourchette en s’aidant d’un morceau de pain.

L’œuf de cent ans est un procédé qui permet que le jaune d’œuf devient vert foncé et de texture crémeuse tandis que le blanc devient brun foncé et translucide comme une gelée. Il s’accompagne de vinaigre et /ou du gingembre. Dans la cuisine ordinaire, l’œuf de poule est le plus utilisé et il se prépare de différentes manières : cru, gobé cuit, poché. Il se mange froid ou chaud. Les œufs qu’ils soient sur le plat, durs ou préparés en omelette se relèvent de sel et de poivre. Ils s’accompagnent de jambon, de fromage, de bacon et selon la coutume américaine de ketchup.

L’œuf dans le monde occidental a aussi donne naissance à une grande variété culinaire. En voila quelque unes : L’œuf en meurette : Il s’agit d’œufs pochés sur du pain grillé et aillé accompagnés d’une sauce meurette, composée de vin rouge, de lardons, d’oignons et d’échalotes revenus dans le beurre .

Pour déguster l’œuf à la coque, on soutient le coquetier de la main gauche et on mange à la cuiller de la main droite.

Le couteau même s’il se trouve à table ne s’utilise pas.

L’œuf mimosa : est un œuf dur dont le jaune a été enlevé, mélangé avec de la mayonnaise et des herbes, puis replacé dans le blanc.

L’omelette espagnole : est une omelette à base de pomme de terre de agrémentée d’ingrédients comme l’oignon, des dés de jambon, de fromage râpé, d’huile d’olive etc.

Fraîcheur de l’œuf

Quelques procédés permettent de vérifier la fraicheur d’un œuf pour la consommation. En voila quel que unes : • On plonge l’œuf dans de l’eau froide salée. Plus il coule, plus il est frais. Celui qui a plus de 21 jours flotte déjà à la surface. • On le casse sur une surface plane. Celui qui est frais a le jaune rebondi, retenu par un anneau d’albumen. Plus l’œuf est vieux, plus le jaune est plat et plus son albumine s’étend. • Le mirage, technique qui consiste a placé l’œuf face à une forte source lumineuse afin de discerner les signes caractéristiques du développement de l’embryon , est aussi utiliser en cuisine pour vérifier la fraicheur. Les œufs frais crus sont translucides et le jaune reste au centre, quelle que soit la position de l’œuf. Quand il n’est pas frais, le jaune circule dans l’œuf. Remarque : À défaut de mireuses commercialisées, une lampe de poche ou la flamme d’une bougie peuvent aussi convenir.

LE SAVIEZ –VOUS ?

Un œuf à la coque est cuit trois minutes dans sa coquille ; il est appelé aussi œuf mollet. Il se présente dans un coquetier sur sa soucoupe et une petite cuiller à droite.

Après avoir mangé, on brise légèrement la coquille pour éviter qu’elle ne roule au moment

Quand les œufs sont sales, on les essuie avec un chiffon humide. Il ne faut pas laver les œufs sous l’eau. Ce mode de nettoyage augmente la perméabilité de leur coquille et laisse une voie ouverte aux micro-organismes. S’ils sont lavés sous l’eau, on recommande alors l’utilisation immédiate. Prochain article : la serviette de table Pour contacter l’auteur : dismoicommentrecevoir@yahoo.com www.magalypelissier.weebly.com Sur twitter : dismoicommentrecevoir


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Haiti Fashion Week

succès mitigé

Créativité, passion, insatisfactions ; trois mots pour définir la première édition de Haiti Fashion Week qui s’est tenue jeudi soir au Karibe Convention Center sous le label MOD Ayiti. Designers, mannequins, officiels, maquilleurs et mordus de cet univers ont fait le déplacement en grand nombre. Une soirée de féerie était promise au public pour annoncer les couleurs de la fête.

L

’équipe du Fashion Week International, menée par Maguy Durcé et Maelle David, n’a pas lésiné sur les moyens pour séduire son public sélect. Si l’accueil n’a pas été des plus protocolaires, on ne retiendra pas toutefois sa surprise devant une salle Acajou du Karibe Convention Center complètement méconnaissable. Le décor, voilà ce qui laisse sans voix. Lumière tamisée, murs et plafond recouvert de voiles, belle passerelle blanche, chaises disposées en U, on se croirait dans n’importe quel hall aménagé pour un fashion show aux Etats-Unis. Les privilégiés : ceux qui ont réussi à se mettre dans les premiers rangs et la presse, placée juste en face de l’estrade. Annoncé pour 7 h p.m., une heure après, toujours rien. Depuis le temps qu’ils se font invités à ce genre d’activité, les représentants des institutions partenaires (ministère de la Culture, Union européenne, ARCADES) ne semblent pas trop souffrir du retard ; ils s’y sont habitués. Ce qui n’était pas le cas pour d’autres, en l’occurrence les designers et mannequins venus de l’étranger, habitués à la ponctualité exigée pour les événements de ce genre. Welcome to Haiti! Les va-et-vient de tous ceux qui commencent à s’impatienter, qui doivent régler un dernier détail technique ou cherchant des yeux une connaissance rappelle l’hyperactivité des fourmis. 8 h 30 comptées, une voix s’élève dans le micro ; on est prié de prendre place par la MC de la soirée. D’interminables propos de bienvenus et de remerciement suivent... Le ruban d’inauguration devant la passerelle est coupé… on va enfin avoir la chance d’assister à ce pour quoi on est venu : des merveilles de créations.

Créativité

Kéké Bélizaire, Joël Widmaier, Fabrice Rouzier et d’autres musiciens forment la joyeuse bande qui accompagne notre diva nationale, Emeline Michel, dans son interprétation. Ensemble, ils marquent pour de bon le début des de la soirée. Alors qu’Emeline est sur scène en train de chanter, un Indien géant apparait, dans toute sa superbe, au fond de

la salle. Fier, paré d’une belle cape, d’un pagne taillé dans de la peau et d’une couronne, nul doute qu’il est un cacique. Il devait être magnanime, puissant et grand guerrier à l’époque où Quisqueya ou Bohio était divisé en caciquats. Sa sublime reine (Anédie Azaël), aussi grande que lui, ne tarde pas à le suivre sur la passerelle. Les ornements qu’elle porte et les couleurs chatoyantes de sa tenue mettent en valeur le beau corps longiligne de l’altesse. Du chef de tribu africain à l’officier d’avant la Révolution accompagné de sa radieuse affranchie, nos costumes d’époque sont revisités. C’est toute une remontée dans notre histoire qu’offre aux yeux la collection Héritage de Madeline Ledan. Les peoples présents à ce spectacle ne demandaient que ça. Après, ce n’est qu’un défilement de créations qui, à mesure qu’elles sont exhibées, révèlent l’immense imagination dont peut faire preuve l’esprit humain. De la coupe la plus simple à la plus extravagante, des couleurs les plus vives à celles jonglant entre le pastel et le sombre, bijoux et accessoires sont assortis pour proposer aux amateurs de mode de quoi sortir de l’ordinaire du quotidien. Michel Châtaigne, Daphné Floréal, Miko Guillaume, Watson Saint-Louis, Marjorie Alexis, connus et inconnus de la mode haïtienne se sont côtoyés sans complexe.

Passion

Des maquilleurs aux éclairagistes et responsables de la sonorisation, en passant par les serveurs d’amuse-gueules et gazeuses, une grande passion déferle sur l’assistance, distillée au goutte-à-goutte au début puis à flot, à mesure que l’heure avance. La synergie entre les designers, les mannequins étrangers ou nationaux, entre les responsables de l’activité et l’enthousiasme du public était communicative. Tout comme elle s’est sans doute répandue dans la fraîcheur du haut Canapé-Vert, elle se lira sûrement sur l’image derrière les caméras ou sur les photographies de la presse.

Insatisfactions

Vouloir honorer ceux qui ont toujours lutté pour que la mode haïtienne connaisse un essor international, c’est

bien, une noble tâche. Mais quelle idée de le faire en plein milieu du défilé ? Pendant près de quarante-cinq minutes ou plus, on arrêtera le défilé pour honorer des personnalités comme Michel Châtaigne, Maguy Durcé, Fayimi Hakime, Murielle Leconte, Madame Periclès de Vérona. Le rythme se casse, des murmures d’agacement enflent. Les plus braves iront jusqu’à s’esclaffer ouvertement pour marquer leur désapprobation. Un forum sur comment mieux structurer, économiquement surtout, le domaine de la mode est annoncé pour le samedi 10 novembre, durant lequel des modistes, des anciens ministres et des professionnels de la maison Chanel à Paris interviendront. Quel besoin de parler du magasin de MOD Ayiti qui s’ouvre à New York et de ceux qui y auront exposeront leurs produits ? Non, mais… franchement. Personne ne penserait à reprocher cette dame qui chuchote : «Who cares about that?!» Telle que disposé, le décor a grandement contribué à la beauté de ce show. Mais mal placé, on n’a pas joui d’une bonne vue sur les créations. C’est pour résoudre ce problème que deux grands écrans avaient été ajoutés dans la pièce. En tout cas, c’était ça l’idée. On n’y verra pratiquement rien. L’espace qui aurait dû être plongé dans une quasi-noirceur était trop éclairé côté public. Pas de dossier de presse, aucun document bien élaboré ne présente les designers, les mannequins, les sponsors ou même le staff organisateur ; on n’a droit qu’à une programmation de la soirée de lancement, mal préparée, truffée

de fautes, qui, de surcroit, est distribuée à la fin des activités. Les infos qu’on a sur le fashion week, on les obtient d’un collègue ou d’un proche du staff. Ça, c’était très décevant. Quand au retard accusé et le manque de protocole enregistrés au cours d’une activité d’une telle envergure, on ne revient qu’au cœur du débat haïtien : à quoi cela servirait d’engager des professionnels pour s’assurer de ces petits détails dont n’importe qui peut s’occuper ? Justement : un spectacle, quel qu’il soit, ne s’improvise pas, il est planifié par des personnes compétentes assignées uniquement à ce travail. Les problèmes d’éclairage, le long retard, des faux pas inacceptables… ce sont autant de choses dont on peut se dispenser et qu’il est possible d’éviter. Haiti Fashion Week a été, a bien des égards, une réussite. Pour une première édition, cela s’entend. Arriver à réunir autant de monde dans un même lieu autour de la mode ; attirer le regard de l’international sur les créations de nos designers ; le convaincre de venir malgré toutes les rumeurs et lui prouver que nos artisans n’ont pas grand-chose sinon rien à envier à ses plus grands stylistes est considérable.... l’équipe a fait un travail fabuleux. Les sponsors ont répondu à l’appel, le public a beaucoup apprécié. Tout à été bien. Enfin… presque. Péguy F. C. Pierre peguyfcpierre@gmail.com

Magu


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uy Durcé et Anédie Azaël

Miko Guillaume

Phélicia Dell

Savannah Savary

Maikadou

Valéry Vilain

Pose Mannequin!

Maëlle David

Giovana Ménard

Marie Thérèse Fouchard

Michel Chataigne

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Samedi 10 novembre 2012

olympisme

Samyr Lainé en difficulté s’adresse au ministre des sports Une source du COH nous a fait part de la lettre électronique suivante que l’athlète Samyr Lainé a adressée au ministre des sports pour lui renouveler sa fidélité à l’olympisme haïtien et solliciter son aide parce qu’il vit actuellement des moments difficiles. Samyr Lainé a souhaité rendre publique cette lettre.

mon loyer ou de la nourriture. Comme vous pouvez l’imaginer, ce n’est pas le moyen pour moi de suivre les traces de Sylvio Cator. Avant aujourd’hui, j’ai accompli beaucoup de choses: médaille bronze aux Jeux du CAC (2010), médaille d’or aux Championnats du CAC (2011), 5eme place aux Jeux Panaméricains (2011), finaliste des Jeux Olympiques et 11eme place (2012). Pour l’avenir, cependant, j’ai besoin du soutien du Ministère des Sports afin d’accomplir ce que nous voulons tous, une médaille aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. Ci-dessous mon budget pour l’entraînement, s’il vous plaît, laissez-moi savoir s’il sera possible de m’aider avec ça, sinon je vais devoir prendre ma retraite du sport. Malheureusement, je dois savoir bientôt, car mon propriétaire a mis fin à mon bail et je suis donc à la recherche d’un nouvel appartement et je dois peut-être commencer ma carrière en décembre. Ce serait dommage, car avec un soutien adéquat, je vais gagner une médaille à Rio, pour certains, Président Martelly et moi avons déjà parlé de cela.J ‘aime représenter notre pays et je sais qu’avec un peu d’aide je peux faire l’histoire et rendre tout le monde fier d’être Haïtien. Malheureusement, vous semblez ne pas faire cas de nous, les athlètes. Vous nous avez invité à venir en Haiti, et en trois fois vous avez renvoyé la date. La troisième fois, c’est en arrivant à l’aéroport de Washington que nous avons appris que les billets n’avaient pas été payés. J’ai hâte d’avoir de vos nouvelles très bientôt et merci beaucoup à l’avance.

Cher Monsieur René, J’espère que tout va bien.Je crois que vous savez qui je suis, même si ce n’est que notre première interaction. Je vous envoie un courriel parce que je suis dans le besoin de votre aide et celle du Ministère des Sports. Je suis maintenant dans une position où l’athlétisme est mon emploi à temps plein, c’est la seule façon pour moi de rivaliser avec d’autres qui se concentrent uniquement sur le triple saut. Mais dans le but pour moi de continuer, j’ai grand besoin de votre support. Je suis l’un des 10 meilleurs triple sauteurs dans le monde, mais pour le moment je ne peux pas payer

Cordialement, Samyr Lainé

Football/Formations

Ils ont le vent en poupe 8 rencontres disputées, 7 victoires obtenues contre un nul, les jeunes Haïtiens qui sont en formation sport-études à Ole Brasil depuis mars 2012 semblent vouloir remporter la compétition inter-centres de formation du Brésil en 2012. Comme leurs aînés.

L

a sélection des jeunes Haïtiens en formation au Brésil a battu l’équipe des Gravinhos 5-0 samedi en match comptant pour la 8e journée du championnat intercentres de formation du Brésil en Catégorie U15 samedi 3 novembre à Ribeiro Prato au Brésil. Invaincue dans cette compétition, l’équipe haïtienne a entamé la rencontre avec sérieux contre Gravinhos, jusque-là 6e au classement de ce championnat inter-centres

de formation. Décidés à terminer la compétition invaincus, les coéquipiers de Michelson ont dominé leurs adversaires dès l’entame du match et les buts ont suivi. Le meilleur buteur de la compétition, Michael Wooller Lajoie a ouvert le score quelques minutes après le coup d’envoi de la partie, indiquant du même coup le chemin des filets à ses coéquipiers. Bruno Windlin l’a imité à deux reprises en fin de première période pour permettre à l’équipe haïtienne de mener 3-0 à la pause. En seconde période, le jeune Gonaïvien, Schwetzer a pris la relève et a inscrit le 4e but de l’équipe avant que Peguy ne porte le score à 5-0 juste avant la fin de la rencontre. Au coup de sifflet final, l’équipe haïtienne s’est imposée 5-0 aux dépens de Gravinhos et a conservé la première place du classement avec 22 points, tout en restant invaincue depuis le coup d’envoi de ce championnat U15. Elle compte désormais 5 points d’avance sur 4 équipes départagées seulement à la différence de buts. Ce

sont : FC Brodowski, Sertaozinho FC, Petrinho, Cazaquista qui comptent chacun 17 points. Sa victime du jour, Gravinho occupe la 6e place du classement avec seulement 11 points. Au classement des buteurs, c’est le jeune Michael Wooler Lajoie originaire de Delmas qui domine le classement avec 13 réalisations pour 8 matches disputés. Dans cette équipe haïtienne ayant marqué beaucoup de buts, Bruno Windlin, Jephté Bellegarde et les jumeaux gonaïviens Saint-Hubert Schwetzer et SaintHubert Jean Schwetze en ont inscrit beaucoup. La sélection nationale haïtienne en formation au Brésil à Ribeiro Prato dans l’Etat de Sao Paulo est la deuxième promotion de jeunes Haïtiens à recevoir cette formation sport-études au Brésil sous la direction de Ole Brazil. Le premier cru de l’Opération 2018 initiée par le ministre Evans Lescouflair a eu 11 représentants (Jonel Désiré, Mike Guillaume, Ronald Destiné, Arcus Carlens, Frédéric Stevenson, Jean-Marie Ronaldo, Jean Wisner Dérival…) qui ont d’ailleurs

remporté le championnat inter-centres de formation au Brésil. Les joueurs de l’Opération 2018 ne sont pas les seuls à participer à cette formation combinant le Sport aux études 2e édition . 14 jeunes de la 2e promotion en formation à l’Ecole nationale des talents sportifs (ENTS) dans le cadre de l’Opération 2018 et 9 jeunes du Centre Goal Stepp Blatter composent ce second cru qui est arrivé au Brésil en mars 2012. Vainqueurs de leur première rencontre disputée en terre brésilienne contre Santa Rosa 5-0 en avril 2012, ils sont devenus la terreur des formations qu’ils croisent sur leur chemin. Ils pourraient terminer leur périple en terre brésilienne en décrochant le titre suprême. Comme leurs aînés. ------------------------------Nous remercions l’entraîneuse Altride Joseph pour sa collaboration à la rédaction de ce texte. ------------------------------Enock Néré/nereenock@gmail.com twitter : @nenock


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Samedi 10 novembre 2012

Formation/Digicel Kick Start Academie Chelsea

Sport et Société

Michel et Désiré se sont montrés plus adroits

Pour intégrer les handicapés

abriel Michel, dit Tigana, a remporté l’épreuve des tirs au but organisée pour les entraîneurs des différents pays représentés, lors de l’Académie Digicel de la Kickstart 2012 dirigée par les membres du staff technique de Chelsea du 29 octobre au 3 novembre 2012 en Barbade. L’ancien international haïtien a réussi trois penalties sur les 5 tentatives qu’il a effectuées dans le but masqué par un grand panneau percé de 5 trous pouvant permettre à peine au ballon de traverser la ligne de but. Jonel Désiré, a pour sa part, réussi à battre le champion de la première phase Vladimir Victor pour remporter l’épreuve réservée aux joueurs. La présence de Vladimir Victor en Barbade s’explique par son adresse à transformer les tirs au but. En fait, le jeune joueur avait réussi l’exploit de transformer 5 tirs sur les 10 essais effectués, ce qui avait surpris John Barnes. Le concours consistait à transformer le plus de penalties possible en dix essais dans un but complètement voilé par un mur mobile percé de 5 trous numérotés juste assez grandsw pour permettre au ballon de traverser. Le tireur doit réussir à faire passer le ballon dans un des trous depuis le point de penalty. Vladimir Victor a réussi à le faire en cinq fois. Cette fois c’est Jonel Désiré qui a réussi 3 sur 5 tentatives de quoi laisser les entraîneurs de Chelsea sans voix. Aucun autre participant n’a pu faire

’Association Haïtienne de Footballeurs Amputés (AHFA) disputera, dimanche un match amical contre l’Ambassade Américaine sur le terrain de la Sun Auto à Tabarre. Ce mathc qui opposera des personnes handicapés (unijambistes, manchos…etc) à une équipe composée de personnes non handicapés visera surtout à montrer la nécessité de mettre fin à toute ségrégation ou tout stigmatisation à l’égard des personnes handicapés. Pour la plupart des gens, Unijambistes, manchos…et autres handicapés ont souvent perçu comme perdu tant pour la société des travailleurs que pour les activités sportives. Dans un pays où le séisme du 12 janvier à causé l’amputation de beaucoup de gens, où le cyclone Sandy vient d’être la cause d’une double amputation d’une dame qui devient cul de jatte alors qu’elle a perdu son ainé puis son mari décédé mardi des suites de ses blessures, où d’autres causes diverses sont à l’origine de beaucoup d’autres les handicapés sont nombreux. Cependant, le fait de vivre avec un handicap n’empêche pas à l’handicapé d’avoir envie de participer à toutes les activités et surtout de pratiquer un sport. D’où l’existence des Jeux Paralympiques En août dernier, beaucoup ont été surpris de voir avec quelles émotions les uns et les autres, vainqueurs dans une discipline ou dans une autre, laissaient éclater leur joie. Surpris, parce que d’aucun voyait dans un handicapé comme une entité sans âme. Dimanche, les footballeurs handicapés tenteront de montrer au monde qu’ils peuvent non seulement pratiquer le football entre personne ayant un handicap, mais encore contre des gens sans handicap histoire de souligner qu’ils sont handicapés mais vivants et surtout capables de servir leur pays.

G

Jonel Désiré

mieux et Jonel Désiré a donc remporté le trophée réservé aux joueurs dans cette épreuve lors de cette première Académie Digicel/Chelsea. Joueurs et entraîneurs haïtiens sont de retour au pays depuis le mardi 6 novembre avec l’ambition de mettre

en pratique ce qu’ils ont reçu comme formation à l’Académie 2012 en vue de se faire une place dans le football mondial. Enock Néré/nereenock@gmail.com twitter :@nenock

Sports motorisés / Circuit

Inauguration ce dimanche du « Circuit des 3 Rigoles » Situé à proximité de la Croix-des-Bouquets, le village des 3 Rigoles sera le théâtre d’un grand événement sportif dans les annales des sports motorisés en Haïti. L’inauguration du « Circuit des 3 Rigoles » prévue pour ce dimanche 11 novembre 2012.

S

ur six carreaux de terre de largeur, les experts en la matière ont procédé au tracé de la piste d’une longueur de 1 km pouvant accueillir désormais des courses au niveau ATV, UTV, Moto Taxi, et

Travaux d’aménagement de la piste supervisés par un motard

Motocross. Pour la journée inaugurale, plusieurs se dérouleront dans les diffé-

rentes catégories citées plus haut avec comme attraction la course au niveau infantile (PEE Wee) et Moto Taxi.

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Enock Nérénereenock@gmail.com twitter : @nenock

Un total de quinze pilotes et motards dominicains feront la traversée afin de participer à cette grande première et également faire face à certains chevronnés du circuit de la trempe du Commissaire Xavier Séide, Anne Isabelle Bonifassi, les frères Débrosse qui se passent définitivement de présentation, Meir Vaknin, Stanley Doura, Giovanni Gardère pour ne citer que ceux là. Avec le support de sponsors associés à d’autres partenaires, les responsables du circuit ont procédé à l’élaboration d’un riche programme où d’autres attractions sont prévues à cette journée d’inauguration et de compétition baptisée « Titanium Racing Series » Emmanuel Bellevue/manubellevue@yahoo.fr


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10 novembre 2012 No 739

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Dossiers Interdits Par Gary Victor

Les Fantomes

-Voici encore un dossier concernant une affaire particulièrement éprouvante, me dit René Ouari en feuilletant rapidement les pages du document devant lui sur son bureau. Ce dossier, nous l’avons classé sous le nom : Les Fantômes. -Les Fantômes ! m’exclamai-je… Je vois déjà ce qui va suivre. Des portes qui s’ouvrent et se ferment sans qu’on ne voie personne, vacarmes venant de nulle part, voix d’outretombe, esprits frappeurs… Toute la panoplie générale des films fantastiques, pour la plupart de fameux navets. René Ouari, comme peiné, secoua la tête. -Rien de tout cela, monsieur Victor… C’est une histoire d’une simplicité absolue. -Pourquoi donc est-elle si éprouvante ? -Par sa simplicité, répondit Ouari. Je regardai, ahuri, le patron de la Société Anonyme de Désenvoutement. -Je vous écoute donc. Je voudrais bien découvrir l’éprouvante simplicité de cette histoire. -Un soir de juin 2010, j’ai l’habitude de rester assez tard au bureau, se présente vers les 21 h, un homme. Immacula, ma secrétaire, est toujours là. Cet homme avait pris rendezvous. Il disait travailler de jour dans un hôpital hors de la ville et son emploi du temps ne lui permettait de venir qu’en fin de soirée. Il voulait me rencontrer pour une affaire urgente. Il se dit appeler Marc P… -Que veut-il exactement ? -Il entre dans mon bureau, s’assoit sans serrer la main que je lui tends. Il s’excuse en disant être en proie à une forte grippe. « Je ne voudrais pas que vous attrapiez mon mal, monsieur Ouari. En tant que médecin, j’attache beaucoup d’importance à la prévention ». Je lui demande la raison de sa présence ici. Il me déclare, sans aucun préambule, qu’il veut que je débarrasse une maison qu’il possède de fantômes particulièrement effrayants.

-Je vous le disais, Ouari ! m’écriai-je. Ouari me fit signe de la main de me calmer. -Quelle sorte de fantômes ? lui demandaije. Comment se manifestent-ils ? Marc P. porta sa main devant sa bouche pour tousser. Il paraissait frêle. Il y avait quelque chose de bizarre chez lui que je n’arrivais pas à expliquer. -La seule chose que je puis vous dire, monsieur Ouari, c’est que trois locataires ont dû quitter précipitamment cette maison. Inutile de vous dire que c’est un manque à gagner que je ne puis supporter. Aucun de mes locataires n’a pu passer plus d’une semaine dans cette demeure. Ce que je veux vous confier est relativement simple. Débarrassez-moi de ces gens… (Il toussa à nouveau avant de reprendre) Débarrassez-moi de ces fantômes. Ce sont des fantômes crasseux. Il vous menace de choses répugnantes. -Je ne comprends pas. -C’est vous le spécialiste, s’empressa de dire notre client comme s’il regrettait ses dernières paroles. -Vous vous êtes certainement renseigné sur nos prix, monsieur P… Chasser des fantômes d’une demeure n’est pas chose aisée. - Je vous payerai, monsieur Ouari. Vous pouvez me faire confiance. Mais dès que vous aurez chassé ces fantômes. -Puis-je avoir l’adresse de cette demeure, monsieur P ? Il me donna une adresse. C’était en dehors de la ville. -Avez-vous les clés de la maison Monsieur P ? Il toussa encore une fois. -Je ne les ai pas avec moi. Mais je laisserai une porte ouverte. Je ne crois pas que quelqu’un se risquera à pénétrer dans cette demeure. Dans tout le quartier, on connait

l’histoire de ces fantômes. -Très bien, monsieur M. Demain soir, nous irons faire connaissance avec ces fantômes qui vous donnent tant de fil à retordre. *** Le lendemain soir, dès neuf heures du soir, nous arrivâmes, Bernard Sourbier et moi, à la maison en question. C’était une vieille demeure en brique et en bois, perdu au fond d’une grande cour tapissée de feuilles de plusieurs amandiers. L’endroit était sinistre. Nous trouvâmes effectivement une porte à l’arrière qui était seulement poussée. On examina rapidement les lieux. La maison était pratiquement vide à part une vieille table branlante au rez-de-chaussée et un vieux piano à queue complètement désaccordé qu’on découvrit dans une grande pièce au premier étage. Dans une autre pièce, on vit, étonné, un réchaud, avec des cendres audessous. Deux vieux matelas avec des draps sales gisaient au milieu d’une autre pièce. Au moins deux personnes, il n’y a pas longtemps, avaient logé ici. -C’est peut-être le gardien qui dort ici, dit Sourbier. Il ne doit pas avoir peur des fantômes. -Notre client ne m’a pas parlé de gardien. C’est curieux. Nous décidâmes de nous installer dans une salle au rez-de-chaussée et d’attendre. On ne fit pas de lumière. J’avais seulement apporté le matériel nécessaire pour chasser le fantôme. Ne me demandez pas de vous décrire ce que j’avais. Il y a des choses qu’il vaut mieux que le commun des mortels ignore. Sourbier avait une bouteille de vin. Lui, comme d’habitude, ne croyait pas trop à cette histoire de fantôme. Les heures passèrent. Minuit. Une heure du matin… Deux heures du matin. C’est alors que nous entendons un vacarme à l’étage. Une fenêtre qu’on ouvre et qu’on ferme violemment,

des pas, des éclats de voix. Ce sont les deux fantômes. J’ouvre mon livre à la page exacte du rituel que je dois effectuer. Bernard lui, le mécréant, dégaine son revolver, gravit l’escalier, prêt à faire feu. Son expérience à la SAD ne le changera pas. Et bien cette fois, il a raison, monsieur Victor. Il crie : « Ouari, venez voir qui sont ces fantômes. »  Je me dépêche de me rejoindre. Sourbier tient en joue deux hommes. L’un d’eux a en main une bouteille de rhum, l’autre un vieux sac. Ils portent des habits sales. Ils sont manifestement effrayés par notre intrusion. -Qu’est-ce que vous faites ici ? lance Sourbier. -Nous ne faisons rien de mal, répond l’un des deux hommes. -On cherchait seulement un endroit pour dormir, dit l’autre. Nous n’avons nulle part où aller. Cette maison était inhabitée. -Qui vous a donné le droit de venir ici ? je leur demande. -Personne, répond celui qui tient la bouteille de rhum… Je vous en prie… Ne nous tuez pas… On veut seulement un endroit où dormir. -Pitié ! gémit l’autre. Nous allons partir d’ici. Nous ne reviendrons plus. Je veux en savoir plus. -Depuis quand venez-vous ici ? -Depuis un mois… Avant on dormait dans les rues… On a trouvé par hasard cette maison inhabitée. On n’aurait pas dû. Laisseznous partir. Pitié ! Celui qui tient la bouteille de rhum est le plus loquace. -Foutez le camp d’ici, rugit Bernard Sourbier. Vous nous faites perdre notre temps. Si ce sont ces gens, vos fantômes, Ouari, vous pouvez dire à notre client que tout est terminé. -Cela ne peut pas être eux, les fantômes, dis-je à Sourbier. -Le fantôme ! s’exclama l’homme qui portait le sac à son compagnon… Je t’avais dit qu’il fallait respecter certaines choses. Dis ce qui s’est passé. -Qu’est-ce qui s’est passé ? demandai-je. L’autre déboucha la bouteille, prit rapidement une grande gorgée. -La première fois que nous sommes arrivés ici, je l’ai vu le fantôme. Quand je bois, j’ai l’esprit clair. Alors je lui ai envoyé quelques bonnes bordées d’injures. Alfred m’a dit : « T’es fou… Il peut nous faire du mal. »  Moi au fantôme, je lui ai dit : « Tu reviens ici et je te mets mon pied dans le c… » Il a eu tellement peur le fantôme qu’il n’est jamais revenu. -Allez-vous en, je leur dis, écœuré. -Allez… Qu’on ne vous voit plus, lance Sourbier. Ils ouvrent la fenêtre précipitamment et prennent la poudre d’escampette. Ils avaient escaladé le mur en s’aidant d’un arbre. -Qu’est-ce qu’on fait ? me demanda Sourbier. On va attendre les fantômes. -Sourbier, il n’y a pas de fantômes. Venez. C’est alors que nous avons vu au rez-dechaussée, sur une vieille table, briller quelque chose. Quand je me suis approché pour voir ce que c’était, j’ai été étonné de découvrir un minuscule diamant. Je le pris. Il était d’une rare pureté. La SAD demandait cher pour chasser les fantômes. On venait d’être bien rémunéré. *** -Je ne comprends, rien à votre histoire, dis-je à Ouari. Qui vous a rémunéré ? D’où est sorti ce diamant ? Vous n’avez chassé aucun fantôme. René Ouari déposa le dossier. Il me regarda droit les yeux. -La perspective de cette histoire est différente. J’ai rapidement compris ce qui se passait. Rappelez-vous qu’à aucun moment ce bizarre client qui tenait à nous rencontrer tard dans la nuit n’a voulu que je lui serre la main. Immacula, notre secrétaire, s’est souvenue après que c’était elle qui avait ouvert les portes à cet homme. Il n’avait jamais rien touché. Jamais il n’avait eu un contact physique. Il n’était qu’une illusion. J’eus le frisson. -Vous voulez dire que… -Oui, monsieur Victor. Le fantôme était notre client. Il voulait que nous débarrassions la maison qu’il hantait, sa demeure de son vivant, de ces deux pauvres hommes qui y avaient élu domicile. C’était un fantôme raffiné. Il ne supportait pas la présence de ces hommes. Il ne lui était plus possible de hanter la maison. C’en était trop. Je réclamai à un grand verre de whisky.

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