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Une victime du séisme du 12 janvier concourt aux Jeux paralympiques de Londres

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e soir du 12 janvier 2010, Léon Guesly, natif de Port-au-Prince, était convaincu que la vie n’avait plus de sens. Ce père de famille tranquille venait de perdre son épouse, ses huit enfants, et l’usage de ses deux jambes dans l’effondrement de sa maison. Et pourtant. Des gravats de Port-au-Prince au stade paralympique de Londres, Léon revient sur son long périple alors qu’il s’apprête pour la première fois à défendre, ce 5 septembre 2012, les couleurs d’Haïti aux Jeux paralympiques de Londres. Témoignage. Sous le regard de la reine Elizabeth II d’Angleterre et de 80.000 spectateurs, Léon Guesly, habillé d’un survêtement aux couleurs d’Haïti, défile, en compagnie de deux autres athlètes de son pays, sur une chaise roulante. Il participait à la cérémonie d’ouverture des XIVèmes Jeux paralympiques, ce mercredi 29 août dernier, dans un stade olympique de Londres comble pour l’occasion. Car, malgré le froid de la nuit, Léon n’est pas venu jusqu’à Londres que pour vivre ce moment historique. Il est venu décrocher une médaille pour Haïti dans la catégorie cyclisme de piste aux XIVèmes Jeux paralympiques, marquant la première participation d’athlètes haïtiens dans cette olympiade. Du 29 août au 9 septembre 2012, soit pendant 11 jours de compétition, 4.280 athlètes de 166 pays différents vont s’affronter, malgré des handicaps divers, pour la beauté de l’effort et le dépassement de soi. Chacun a son histoire. Celle de Léon a basculé à Port-au-Prince, 12 janvier 2010, lors du terrible séisme qui a couté la vie à plus de 250.000 personnes, et brisé des milliers d’autres comme la sienne. Pour participer aux Jeux paralympiques de Londres, Léon Guesly a travaillé dur. « Chaque matin, je cours 63 kilomètres et dans l’après-midi, je cours 45 kilomètres, soit 108 kilomètres par jour. Je suis à la lettre les méthodes de travail de mon entraîneur Senatus. Grâce à cela, je fais maintenant 108 kilomètres en 2h50 minutes », confie, l’air tranquille, ce sportif de 45 ans, peu avant une séance d’entrainement, la veille de son départ pour Londres. Depuis ses sorties quotidiennes sur les routes du Cap Haïtien, Léon a suscité d’abord la curiosité puis l’affection des Capois, couché au volant de sa chaise roulante fuselée qu’il ac-

tionne à la seule force de ses bras. Il se souvient encore de l’émotion qui l’a envahi, quelques mois plus tôt au Mexique, lors des phases qualificatives des Jeux paralympiques de Londres, porteuses d’espoir pour ce natif de Portau-Prince. « Là, j’avais ressenti la force d’un président qui représente son pays, lorsque j’ai porté les couleurs d’Haïti », souffle-t-il, les yeux brillants. C’est au Centre de réhabilitation Pascale Aurélie Toussaint de l’Hôpital de la Convention Baptiste de Quartier Morin, non loin du Cap Haïtien, que Léon Guesly a retrouvé la joie de vivre, après le séisme du 12 janvier. « Ma maison à Port-au-Prince s’est effondrée sur ma famille toute entière, ce 12 janvier 2010. Mon épouse et mes huit enfants sont morts sur le champ. Moi, j’ai survécu par miracle », racontet-il, la voix chargée d’émotion. Paralysé des deux jambes après une grave lésion de la moelle épinière, son parcours du combattant commence. Transféré au Cap Haïtien pour y subir une opération chirurgicale, ses blessures prennent onze mois pour guérir. Les médecins lui disent qu’il ne remarchera jamais, mais il s’acharne et fait le tour des hôpitaux, du Cap Haïtien à Ouanaminthe, en passant par Saint Domingue. « J’étais dans un état vraiment critique, je crois que c’est Dieu qui a mis certaines personnes sur mon chemin », se souvient-il encore. Son chemin s’illumine enfin quand il rencontre les responsables du Centre de réhabilitation Pascale Aurélie Toussaint, un centre spécialisé dans le traitement des lésions de la moelle épinière à Quartier Morin (Cap Haïtien). Fruit d’un partenariat entre l’Hôpital de la Convention Baptiste et l’ONG Haïti Hospital Appeal et financé en partie par la MINUSTAH à hauteur de 100.000 dollars US dans le cadre de ses Projets à Impact Rapide (QIPs), le Centre permet à Léon, ancien boxeur et sportif de nature, d’avoir accès à des soins adaptés. « Si aujourd’hui je suis vivant et si je peux à nouveau pratiquer le sport, si j’ai pu voyager et découvrir d’autres pays, c’est grâce aux soins que j’ai reçus au Centre », reconnaît, ému, le sportif au moral d’acier qui avoue n’avoir jamais pu rester en place depuis son enfance. « Je veux ramener une médaille pour Haïti, c’est mon seul objectif », assène-t-il

avec conviction, avant de s’élancer, à la force de ses bras, dans sa chaise roulante fuselée sur une longue piste de terre qui sert de lieu d’entraînement et d’entrée principale à l’établissement hospitalier. « J’ai confiance en moi-même, car la vie est toujours belle devant moi », sourit-il, couché dans son bolide métallisé. Aux côtés de Léon Guesly, deux autres Haïtiens s’illustreront, pour la première fois dans l’histoire d’Haïti, lors de ces Jeux paralympiques. Il s’agit de Josué Cajuste (28 ans) et Nephtalie Jean Louis (33 ans), qui concourent respectivement au lancer du poids et au javelot. Rédaction : Vicky Delore Ndjeuga Edition : Sophie Boudre Source : www.minustah.org

Pas de médaille pour Gaysli Léon Ce mercredi 5 septembre, à l’occasion des Jeux Paralympique à Londres, Gaysli Léon, 45 ans, dossard 191, a participé à la finale des épreuves de cyclisme sur route. La course s’est déroulée au Brands Hatch, un circuit de course automobile de renommée internationale près de Sevenoaks dans le Kent. Pour la course les athlètes utilisent un Handbike, un engin à 3 roues à propulsion manuelle composé d’un ensemble châssis/fauteuil/roues. Il est complété d’équipements pour la propulsion (plateaux, dérailleurs et manivelles) et pour le freinage (poignée et leviers de frein). Il a participé aux côtés de 9 autres athlètes, BARLEY Nigel d’Australie, LEDO Mark du Canada, GERLACH Thomas du Danemark, JEANNOT Joel de France, MERKLEIN Vico d’Allemagne, JEFFRE Bernd d’Allemagne, CRATASSA Mauro d’Italie, SKRZYPINSKI Arkadiusz de Pologne et WILK Rafal de Pologne. À 8km il était 10e sur 10 avec un temps de 21:50.37, il a franchit la ligne d’arrivée après 16 km d’effort, avec un temps de 45:03.66, le classant 10e sur 10. L’or a été attribué a WILK Rafal de Pologne avec un temps de 25:24.17, l’argent à BARLEY Nigel d’australie avec un temps de 26:18.34, et le bronze à JEFFRE Bernd d’Allemagne avec un temps de 27:00.90. Guesli Léon participera le 7 septembre à la finale de la Course sur route en Handbike.

Une publication de Ticket Magazine S.A.

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Frantz DUVAL REDACTEUR EN CHEF SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Marie-Brunette B. MAINSOUR Gaëlle C. ALEXIS RÉDACTION Joël FANFAN Dimitry Nader ORISMA Gilles FRESLET Daphney Valsaint MALANDRE Myria CHARLES Winnie Hugot GABRIEL Teddy Keser MOMBRUN Elisée Décembre Junior Plésius Louis Peguy Flore Pierre Raphaël Féquière Enock Néré Légupeterson Alexandre CORRECTION Jean-Philippe Étienne CRÉATION ARTISTIQUE Responsable graphique Réginald GUSTAVE Stevenson Estève Photographes Frédérick C. ALEXIS Homère CARDICHON Jules Bernard DELVA Moranvil MERCIDIEU Yonel Louis Publicité: 2941-4646 publicite@lenouvelliste.com Rédaction: 2945-4646 / 3806-3717


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Josiane Paillère

ou la passion de la broderie Nommée artisan de l’année, parmi quatre autres, Josiane Paillère, mère, épouse et enseignante, est aussi une artiste de la broderie, une femme aux doigts de fée. Et comme beaucoup d’artistes, son art, elle le pratique avec une dévotion qui n’a d’égale que sa passion pour les choses bien faites. Professeure de latin, de littérature française et haïtienne, Josiane épaule parallèlement son mari, le directeur et propriétaire du Collège Frantz Paillère. Elle est diplômée à la fois de l’École Normale Supérieure et de la Faculté de Droit et des Sciences Économiques. Josiane a grandi dans une famille où les travaux manuels étaient à l’avant-centre. Avec une mère couturière, un père bricoleur, horloger, quoique également instituteur, la fille s’est vue léguée l’amour du travail fait à la main. En 1989, elle officialise ce qui n’était jusque-là qu’un passe-temps. Elle se trouve quelques ouvrières et fait sa première exposition chez elle. 22 ans plus tard, soit l’année précédente, elle est élue artisan de l’année et récompensée lors d’une soirée au Ritz Kinam. Cette année encore, à Artisanat en Fête, cette grande foire organisée par le quotidien Le Nouvelliste, Josiane Broderie Main sera en exposition, pour le plus grand plaisir de ses clients actuels et futurs. Nappes, blouses, serviettes de table, fonds de plateaux, couvre-pains et autres commandes particularisées, le tout en lin fin et fait main. Josiane se dit perfectionniste et veille à ce que le travail soit impeccable, même si cela sous-entend qu’elle doive demander à ses ouvrières – aujourd’hui au nombre de quinze – de refaire certaines pièces, ou mieux, qu’elle les refasse elle-même quand son tailleur traîne les pieds. « Je travaille avec du lin, et seulement du lin, nous dit Josiane. Je l’avoue, le lin c’est ma passion, en plus d’être un matériau noble et indémodable. Mon matériel, je l’achète à son prix réel, avec mes fonds propres, car je n’ai pas de subvention, malheureusement. J’aimerais bien qu’on me supporte, mais... Voilà pourquoi je ne peux pas casser mes prix, étant dans l’obligation de faire à la fois mes bénéfices et de rémunérer correctement mes ouvrières. La broderie ce n’est pas des petits pains, poursuit Josiane, et il arrive parfois qu’un mois, voire deux se passent sans que je ne vende une seule pièce. Mais j’arrive tout de même à m’en sortir lors de grandes foires comme Artisanat en Fête, ou de petites expositions que nous organisons entre nous les artisans. » À court terme, Josiane Paillère compte renouveler son stock et exposer de nouveaux corsages et des sacs à lingerie à Artisanat en Fête. Compteront aussi parmi ses œuvres des produits pour la décoration intérieure, mais surtout des blouses en lin brodé qui sont très demandées auprès de la clientèle féminine. En attendant la grande foire artisanale qui se déroulera du 20 au 21 octobre 2012, Josiane remercie ses ouvrières, « grâce à qui Josiane Broderie Main existe », et de manière particulière, elle adresse sa reconnaissance aux organisateurs de l’événement : « Je remercie Le Nouvelliste pour son support aux artisans ; m’avoir choisie parmi les artisans de l’année en 2011 m’a autant surprise qu’émue. J’en ai été délirante de joie. Merci. » Marie-Brunette B. Mainsour labrune28@gmail.com

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Des livres qui ont marqué

Béleck Georges

« On aime toujours à sortir un peu de soi, à voyager, quand on lit », Marcel Proust. Béleck Georges est né dans la deuxième plus grande ville d’Haïti : au Cap-Haïtien. Sociologue de formation, il est actuellement directeur de coopération à l’École nationale des Arts à Port-au-Prince, journaliste culturel, dramaturge, metteur en scène et professeur de lettres. Il dirige aujourd’hui avec sa femme, Laura Georges, le centre culturel de la Comédie Sans Frontière d’Haïti (COSAFH), qu’il a fondé le 14 février 1992 et dont le siège social se trouve à Port-au-Prince. L’homme, qui ajoute : « Quand je vois avec quelle passion les gens ordonnent la misère en Haïti, je me dis que le temps s’y est arrêté », a sûrement des lectures à nous faire partager.

La Bible », version Louis Second

C’est probablement le livre le plus lu, mais également le plus mal lu. C’est un livre que j’ai même lu en version bd. Pendant longtemps j’ai été fasciné par les grands personnages de cette histoire, tels que Moise, Elie, etc. ; ce qu’ils traînaient comme réalité, comme vision. Ce côté contradictoire mais semblant unifié, Ancien et Nouveau Testament… cette façon d’apporter une réponse à tout. La fascination des gens pour ce livre contenant plusieurs autres livres me fascine aussi. Selon moi, c’est un livre qu’il faut aborder avec foi mais avec un regard critique en même temps.

« Decameron », Giovanni Boccaccio J’ai lu ce livre à l’Ecole normale supérieure avec le feu père Max Dominique. J’ai surtout aimé la structure des dix histoires, autant courtes qu’enrichissantes. Je crois que les étudiants en lettres, en sociologie ou en droit devraient se

procurer ce livre pour sa portée dans ces différents champs.

« Zembla » (les bd- les cow-boys), Marcel Navarro

Zembla est un héros de bandes dessinées comme Tarzan. C’est la diversité des personnalités des personnages qui fait l’originalité de cette bd, de mon point de vue. Il y en a toujours un à apporter la joie quand il y a de la tristesse. C’est un aspect auquel le créateur a tenu en particulier.

« La vocation de l’élite », Jean Price-Mars

Après la lecture de ce livre, j’ai constaté que les élites étaient les mêmes partout, peu importe l’espace, le temps. Price-Mars y dénonce leur irresponsabilité ; je n’avance pas cette phrase pour créer des clichés chez les gens, mais plutôt pour faire des ouvertures de réflexions sur le rôle que cette élite joue

ou ne joue pas. Le livre encore peut aider à comprendre certaines énigmes.

« Qui peut vaincre l’amour ? », Béleck Georges

Il s’agit d’une pièce que j’ai écrite alors que j’étais en seconde, à l’occasion d’une séance académique au collège Notre-Dame du Cap-Haïtien. Il n’est pas encore publié. Curieusement, ce texte

n’a aucune influence sur moi. C’est plutôt l’effet qu’il sur les autres qui me laisse tout le temps en admiration. En 22 ans de représentations, la pièce a toujours le même succès. Propos recueillis par Péguy F. C. Pierre peguyfcpierre@gmail.com


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Mélodie FM fête ses 14 ans

Captain Bill, l’infatigable du 103.3

Le personnel de Mélodie FM pose pour une photo souvenir

Le ministre de la Communication, Ady Jean Gady, dans ses mots de circonstance au micro de Mélodie F.M

Reggy

entre en scène Amoureux de l’art depuis son plus jeune âge, Réginald Ezna alias Reggy a plusieurs cordes à son arc. Chanteur, compositeur, écrivain et entrepreneur, il semble aussi exceller à tous les niveaux. La publication de ses deux recueils a aiguisé le sens de l’écriture chez lui. Aujourd’hui, il choisit de combiner ses mots sur des notes de musique, pour donner une mélodie à ses proses. Cette passion pour la musique lui donne force et détermination pour surmonter les obstacles. Avec son test-pressing « Missed call », qui est en rotation cette semaine sur le net et sur presque toutes les stations de radio et de télé, il gagne déjà le cœur des mélomanes. A l’instar de Wyclef, l’artiste veut conquérir le podium international. Le chanteur, élevé au milieu de six filles, sa mère et ses cinq sœurs, a une attirance spéciale pour les femmes. Sa tendance musicale préférée est le Rnb, mais il chante et maîtrise le compas, le rock, le zouk et bien d’autres styles. Ses modèles sont Ritchie, R-kelly et John Steeve Brunache qu’il considère comme une légende. Pour son entrée sur la scène musicale, le chanteur prépare un grand spectacle inédit, dit-il. « Ce concert sera très spécial. C’est une première prise de contact avec le public », affirme l’entrepreneur. Selon lui, il ne suffit de sortir un testpressing pour que les gens vous acceptent, il faut de temps à autre organiser des concerts. Ainsi, le samedi 22 septembre 2012, à sept heures p.m., au Palais municipal de Delmas, le chanteur vous invite à venir découvrir des nouveaux talents. Elisée Décembre eliseedecembre@gmail.com

Marcus Garcia et Ady Jean Gady, amis et confrères de toujours

Vue partielle de l’ambiance dans les studios de la radio

Passé sexuel : 10 est le nombre parfait de partenaires à afficher Combien de partenaires avez-vous eus au cours de votre vie sexuelle ? Si cette question peut en faire rougir certaines, des chercheurs ont bravé les tabous pour trouver le chiffre magique. Récemment, une biographie du chanteur superstar Mike Jagger nous révélait ses quelque 4 000 conquêtes. Un constat que beaucoup n’auraient pas accepté d’après un site de rencontres. En effet, le site a mené une grande enquête auprès de ses abonnés. L’objectif : déterminer le nombre de partenaires que les gens jugent « acceptables » pour le passé sexuel de leur moitié. Dix amants. C’est ce qui ressort des témoignages. Ni trop, ni pas assez. 42 % des hommes estiment que c’est un bon chiffre, 42% d’entre eux préféreraient une femme avec moins d’expériences. Seulement 3% sont ouverts à l’idée que leur dulcinée ait connu les joies du sexe avec plus de 30 partenaires… Mais ce qui ne se dit pas ne peut pas faire de mal. Ainsi, 30% des hommes souhaitent connaître le passé sexuel de leur chérie, quand 70% préfèrent ne rien savoir du tout ! En revanche, les femmes tolèrent plus facilement un nombre élevé de partenaires pour leur homme, elles sont près de 50 % à se satisfaire de plus de 10 partenaires dans son passé sexuel. « Cela en dit long sur la perception que les hommes ont de la sexualité des femmes » nous dit une thérapeute, « Il y a toujours cette dissociation entre la femme/épouse qu’on voudrait virginale et la femme/amante qu’on juge et qu’on maltraite. C’est l’éternel conflit entre les figures de la mère et de la putain ». Mais pourquoi est-ce important ? « C’est du domaine de la compétition. En couchant avec une personne, on se mesure à ses autres partenaires. Les hommes aiment être performants sexuellement, c’est une question d’ego. Plus une femme a eu de partenaires, plus le défi à relever semble grand. Cela peut faire tourner la tête de certains hommes moins confiants, et les faire reculer… Dans ce cas, le problème ce n’est ni la femme, ni son passé, c’est à l’homme de se remettre en question et de réfléchir à ce problème d’égo ». Selon certains chiffres le nombre de partenaires s’élève à sept pour les hommes dans la tranche d’âge 30/44 ans, et à quatre pour les femmes du même âge. En France pourtant, en 1989, la moyenne du nombre de partenaires était de 7 partenaires sexuels, homme et femme confondus.
En 2002, cette moyenne était montée à 9, avant de grimper à 12 partenaires en 2010. « Les mœurs se libèrent » nous dit la thérapeute, « Et puis il ne faut pas oublier le rôle que joue une certaine misère sociale dans la sexualité des gens. La sexualité aujourd’hui n’est pas forcément une sexualité heureuse, elle comble souvent un certain malaise, notamment depuis l’arrivée d’Internet et des sites de rencontres ».


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Vendredi 7 septembre 2012

Digicel Cup des Nations Caribéennes /Eliminatoires Groupe I /Jour J-1

“Tout est fin prêt” « Tout est fin prêt », c’est en substance ce que la Commission d’Organisation des Evènements Spéciaux à laissé entendre jeudi dans sa conférence de presse d’avant compétition à travers son président, Beauvoir Etienne. Les nations concurrentes pour les deux billets qualificatifs pour la suite de la compétition sont presque tous là. Alors que la fête commence !

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n donnant la conférence de presse d’avant compétition ce jeudi à la salle de conférenc e du stade Sylvio Cator, la Commission d’Organisation des Evènements Spéciaux lance l’ouverture des compétitions comptant pour les éliminatoires de la Digicel Cup des nations caribéennes 2012 dans le groupe I. Haïti, Bermudes, Saint-Martin et Porto Rico peuvent désormais affûter leurs armes pour essayer de s’octroyer les deux billets qualificatifs en jeu.

Une séance d’entraînement de l’équipe nationale (Photo :Yonel Louis)

Revenant sur la manière dont Haïti a obtenu le siège de la compétition, le secrétaire général de la Fédération Haïtienne de Football, Carlo Marcelin a fait une courte historique sur l’histoire de l’attribution du siège a Haïti avant de porter l’accent sur l’espoir qu’il nourrit à ce que le pays hôte fasse une bonne compétition et s’offre l’un des billets qualificatifs du groupe à l’issue de la compétition. « Tout est en place sur le plan sécuritaire », assure le représentant de la police nationale haïtienne, le commissaire Alain Auguste à cette conférence. « Tout le périmètre du stade sera sous contrôle de plusieurs unités policières », a-t-il continué. Interrogé sur la capacité de la police à maintenir le plan de sécurité établi

même si le président de la république viendrait au stade, le commissaire de Police, Alain Auguste, croit que ce problème est à l’étude au plus haut niveau de l’instance policière. En effet, le staff assurant la sécurité présidentielle chambarde quelquefois le système mis en place par les responsables de la police locale afin de bien effectuer leur travail, ce qui fait que des fois il y a deux systèmes de sécurité mis en place et l’un marche sur le pied de l’autre. Aspect sanitaire, entrée au stade tout a été passé au peigne fin en vue d’avoir une bonne compétition. Il n’y a que la demande d’accréditation nettement supérieure par rapport au nombre mis à leur disposition qui posait problème, mais là encore s’il faut

se référer au discours du responsable de presse de la FIFA, Eddy Hamel : « On ne pourra jamais répondre à toutes les demandes d’accréditations pour une compétition internationale » Il est à préciser que c’est la première fois qu’Haïti accueille un groupe des éliminatoires de la Digicel Cup des nations caribéennes, depuis que la Shell Cup des Nations elle est devenue Digicel Cup des nations caribbéennes en 2007. Pour cette grande première, Haïti accueille Porto Rico, Bermudes et Saint-Martin du 7 au 11 septembre selon le calendrier suivant. 7 septembre 2012. Stade Sylvio Cator 5h : Bermudes – Porto Rico 7h : Haïti – Saint-Martin Dimanche 9 septembre Stade Sylvio Cator 5h : Porto Rico vs Saint-Martin 7h : Haïti – Bermudes Mardi 11 septembre Stade Sylvio Cator 5h : Bermudes vs Saint-Martin 7h : Haïti – Porto Rico Les deux premiers du groupe à l’issue de cette première phase se qualifieront pour la suite de la compétition. Enock Néré

Badminton / Fédération

Priorité : la pratique du badminton à l’école

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près Guillaume Gailly qui a animé une formation pour moniteurs, c’était au tour de Mme Pilar Corillo, péruvienne d’origine et chef de mission pour la zone panaméricaine, de faire le voyage en Haïti afin de se faire une idée des activités de la fédération dans son grand souci et objectif de développer et structurer la pratique du badminton à l’échelle nationale. A l’issue des réunions de travail avec les membres du comité exécutif de la Fédération Haïtienne de Badminton ( FEHBAD ), Mme Pilar Corillo s’est dit très satisfaite du projet soumis par la FEHBAD visant à la pratique du badminton à l’école. 10 moniteurs issus du séminaire de formation (niveau 1) animé en août dernier par l’expert Guillaume Gailly, ont été retenus pour aller enseigner aux élèves des écoles la pratique de cette discipline. Un séminaire de formation en arbitrage est prévu dans les prochains jours alors que deux experts sont attendus pour travailler sur la chronologie des activités de la fédération dont l’organisation de compétitions à l’échelle nationale. Il est prévu également la venue

d’un technicien étranger appelé à travailler sur la constitution de l’équipe nationale qui aura à représenter le pays à différents tournois et championnats prévus dans la zone. La question de matériel (raquettes et volants) était également à l’ordre du jour des réunions de travail tenues entre Mme Pilar Corillo et la fédération. La FEHBAD avec le soutien du Comité Olympique Haïtien (COH) font actuellement les démarches pour dédouaner un stock de matériels en provenance de l’étranger. Haïti sera du lot des 108 pays affiliés à l’instance internationale à participer à la journée mondiale de badminton qui est prévue pour le 29 septembre. A cette occasion, la fédération invite tous les pratiquants de cette discipline à prendre part à cette journée mondiale baptisée « SOLIBADAY », qui se déroulera chez les pères de la congrégation « Médaille miraculeuse » (Fleuriot) dans l’après-midi à partir de 4 : 00. Emmanuel Bellevue/manubellevue@yahoo.fr De gauche à droite : Alix séjour secrétaire, Diane Delorier trésorière, Pilar Corillo, chef de mission et Bijoux Pierre, président de la Fédération haïtienne de badminton


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Vendredi 7 septembre 2012

Mondial-2014 / qualification. - Amérique du Sud:

Uruguay et Argentine visent la tête

Neymar ciblé par Manchester United

L’Uruguay (2e) et l’Argentine (3e) peuvent profiter de la 7e journée de qualifications au Mondial-2014 de la zone Amérique du Sud pour dépasser le Chili, leader de la poule unique et exempt ce vendredi.

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ans ce groupe qui se dispute jusqu'au 15 octobre, les quatre premiers seront qualifiés. Le 5e disputera un barrage intercontinental contre un représentant de l'Asie. Le Brésil est qualifié d'office en tant qu'organisateur de la Coupe du monde et ne dispute entre-temps que des matches amicaux. L'Argentine, qui reçoit le Paraguay (8e), connaît une dynamique qui lui a permis de battre le Brésil (4-3) et l'Allemagne (3-1) dernièrement. Messi, longtemps critiqué pour l'écart entre son rendement catalan et argentin, met les bouchées doubles depuis un an et la nomination d'Alejandro Sabella au poste de sélectionneur, qui lui a confié le brassard de capitaine. "La Pulga" (la puce) a marqué huit buts lors des quatre matches de la Seleccion en 2012. Et son début de saison en club montre que le triple Ballon d'Or est en forme, avec déjà 6 buts en 5 matches officiels. Messi pourrait évoluer en attaquant de soutien, une formule qui avait fonctionné en Allemagne miaoût et qui aurait sa préférence. Il pourrait donc jouer derrière le duo Higuain-Lavezzi, ou en meneur de jeu épaulé par Di Maria et Lavezzi derrière Higuain.

Agüero et Suarez suspendus

Agüero, comme Masherano, est suspendu. Touché au genou droit le 19 août avec Manchester City, le "Kun" s'est dit optimiste pour mardi contre le Pérou. La non convocation de son coéquipier en club Tevez s'apparente à un camouflet pour ce dernier, pourtant revenu en grâce à City. "Tevez est plus agressif dans la récupération du ballon, mais il n'aime pas jouer sur les côtés", a expliqué Sabella, qui considère néanmoins le joueur comme une "option" supplémentaire. A un point devant l'Argentine se trouve l'Uruguay, seule équipe invaincue (elle l'est depuis mai 2011, soit 18 matches). La Celeste, qui s'en va affronter la Colombie de José Pekerman, sera privée de son principal atout offensif, Suarez (suspendu), mais pas des autres attaquants Forlan et Cavani. Le capitaine Lugano, barré par la concurrence au Paris SG au point de ne pas figurer dans la liste pour la Ligue des champions, demeure le grand repère des Charruas. Car le sélectionneur Oscar Tabarez mise avant tout sur la stabilité. "La base de l'équipe sera celle qui a joué en France" le 15 août (0-0), a-t-il avancé, tout en évacuant l'écueil des conditions par-

A Cordoba , l’Argentine va tenter d’occuper la première place de son groupe éliminatoire sans Aguero et Masherano suspendus

Les Paraguayens, ici à l’entraînement, se déplaceront à Cordoba pour un match au sommet contre l’Argentine ce vendredi

ticulières de Barranquilla, ville côtière au climat très lourd. Il se méfie du buteur colombien Falcao, étincelant en Supercoupe d'Europe avec un triplé pour l'Atletico Madrid contre Chelsea (4-1). "Il est en état de grâce, il est fin, patient, il ne s'irrite pas et c'est ce qui le rend dangereux", a souligné Tabarez qui exclut cependant un plan anti-Falcao. L'Equateur, 4e, a un coup à jouer en accueillant la modeste Bolivie (7e), tandis que le Pérou, dernier, tentera de se relancer face au Venezuela (5e). Vendredi: A Barranquilla (15h30 locales, 4h30 Heure d’Haïti: Colombie - Uruguay A Quito (16h00 locales, 5h00 heure d’Haïti: Equateur - Bolivie A Cordoba (20h10 locales, samedi 07h10 heure d’Haïti: Argentine - Paraguay A Lima (20h25 locales, samedi 09 h heure d’Haïti: Pérou - Venezuela Pérou - Paraguay 2 - 0 Bolivie - Colombie 1 - 2 Chili - Pérou 4 - 2 Paraguay - Uruguay 1 - 1 Venezuela - Argentine 1 - 0 Colombie - Argentine 1 - 2 Equateur - Pérou 2 - 0 Chili - Paraguay 2 - 0 Venezuela - Bolivie 1 - 0 Uruguay - Venezuela 1 - 1

Bolivie - Chili 0 - 2 Argentine - Equateur 4 - 0 Pérou - Colombie 0 - 1 Bolivie - Paraguay 3 - 1 Venezuela - Chili 0 - 2 Uruguay - Pérou 4 - 2 Equateur - Colombie 1 - 0 US OPEN

Federer tombe de haut

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rrivé en favori à l’US Open, Roger Federer a vu sa quête brisée par le Tchèque Tomas Berdych. Comment le tube de l’été en est-il arrivé là ?Tomas Berdych a fait un grand match et avait déjà battu Roger Federer en Grand Chelem (Wimbledon 2010), mais le Federer 2012 donnait des garanties bien supérieures. Menant 11-4 avant ce match face au Tchèque, il pouvait en plus compter sur un été exceptionnel : un titre à Wimbledon, une place de n°1mondial, une médaille d’argent aux Jeux Olympiques et un titre à Cincinnati. «J’ai vécu un été incroyable. Les objectifs ont été atteints. Mais là j’ai perdu et je ne pense qu’à ça», lâchait-il après le match avec, logiquement, beaucoup de mal à digérer la fin de cet état de grâce, lui qui en était à 21-0 lors des night sessions.

L’attaquant du FC Santos pourrait être séduit par l’offre de Manchester Manchester United est prêt à réaliser le second plus gros transfert de l’histoire de la Premier League en recrutant l’attaquant brésilien Neymar. Selon le tabloid anglais “The Sun”, les Red Devils seraient prêts à investir 50 millions d’euros pour la perle du FC Santos. Après avoir essuyé un revers de dernière minute dans le dossier Lucas, le coach Alex Ferguson a fixé en Neymar sa priorité de recrutement pour le début d’année prochaine. Malgré un contrat courant jusqu’en 2014, la position actuelle du FC Santos en championnat est médiocre (13e) et Neymar aurait déjà donné des signes clairs d’envie de départ. Si la transaction se concrétise, ce transfert serait le second plus important d’un club de Premier League. L’actuel record remonte au transfert de Fernando Torres de Liverpool à Chelsea pour 60 millions d’euros.

Manchester City aurait offert 200M pour Ronaldo

«Pas une question d’argent», vraiment ? Les raisons du malêtre récent de Cristiano Ronaldo y semblent de plus en plus liées. Ce jeudi, As fait en effet écho d’une offre mirobolante que Manchester City aurait transmise au Real Madrid pour s’attacher les services du Portugais : 200 millions d’euros. Avec, à la clé pour “CR7”, un salaire annuel de 20M d’euros, soit le contrat le plus juteux de la planète foot. La Maison Blanche aurait-elle refusé de transférer le joueur ? A ce prix-là, cette hypothèse n’a rien d’une certitude, même si la clause libératoire de Ronaldo est fixée à... un milliard d’euros. Plus qu’un transfert, c’est le “rang” lié au salaire qui préoccuperait donc l’ancien Mancunien. A l’heure actuelle, il émarge à 10M par an, soit autant que Kaka, devenu indésirable au Real, et ce qui serait “seulement” le dixième meilleur salaire au monde.


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Dossiers Interdits Par Gary Victor

KIDNAPPING

-Ce dossier est particulier puisqu’il n’y a pas de résolution à proprement parler, me dit René Ouari en agitant devant moi un cartable. Le problème est resté entier. Il n’y a eu que constatation. C’est un haut cadre de la Police nationale qui a contacté la Société Anonyme de Désenvoutement pour que notre agence puisse se pencher sur cette affaire, mais nous n’avons rien pu réellement expliquer. -De quelle affaire s’agit-il ? demandaije à René Ouari. -Je vais vous narrer les faits tout simplement. C’est notre dossier le plus court, mais certainement le plus spécial. Une histoire de kidnapping bizarre. Je change le nom du protagoniste principal. Appelons-le Donald Trump, un grand commerçant de la place dont les affaires marchent très bien. Il est riche. Pour se protéger dans ce climat d’insécurité, il a toujours avec lui quatre gardes du corps qui lui sont dévoués. Il est difficile de l’approcher. -On le kidnappe quand même ? -Non pas lui. Sa mère, madame Trump. Elle a soixante-dix-huit ans. -Elle n’était pas protégée ? -Elle, pas du tout. On la voyait deux ou trois fois par semaine, sortir tôt de chez elle, Bible sous le bras, trottiner jusqu’à l’église à un kilomètre de sa maison, pour la première messe du matin Puis elle revenait comme si de rien n’était. Les gens du quartier disaient tout simplement que ces riches souvent ne se préoccupaient pas de leur mère. On a eu des hommes de pouvoir puissants dont

les mères résidaient dans une hutte en province alors que leurs fils payaient des châteaux pour leurs concubines. -Que de cas pareils, Ouari. Il faisait chaud en cette fin d’aprèsmidi. Je remplis mon verre de glaçons avant de me verser copieusement du Coca-Cola. -Il y a un bidonville, à quelques kilomètres de là sur la montagne, tenu par un gang appelé Baz Charony. Le chef est un nommé Dobèman. Ce gang trouve cette occasion trop belle. Un matin, la mère Trump est kidnappée devant des gens impuissants à la sortie de l’église. On s’empresse d’avertir le commerçant. Il quitte son commerce immédiatement pour regagner sa maison. Il appelle la police. Il supplie les policiers de faire tout leur possible pour retrouver sa mère. La police s’active. On ne trouve aucune piste parce qu’on ne sait pas où se trouve la mère Trump. Les kidnappeurs appellent dans la soirée et exigent 500.000 dollars US sinon, ils trucident la vieille dame. Trump qui parle au téléphone aux kidnappeurs parait alarmé. Il supplie les kidnappeurs de libérer sa mère dans leurs propres intérêts, mais il ne dit rien concernant la somme qu’on lui demande. -Il tient à son fric plus qu’à sa mère. -C’est ce qu’on pense. Les kidnappeurs appellent et baissent leur demande de rançon à 300.000 dollars US. Ils reçoivent encore un niet de Trump qui les supplie à nouveau de libérer sa mère dans leur propre intérêt. -Il avait des moyens que la police n’avait pas pour libérer sa mère ?

-D’après l’inspecteur de police qui a suivi de près l’affaire et qui était constamment proche du commerçant, ce dernier à aucun moment n’a paru inquiet pour sa mère. Il paraissait de préférence inquiet pour les kidnappeurs. -Je ne comprends pas. -Vous allez comprendre. Au troisième jour, les kidnappeurs appellent. Cette fois, ils se font très menaçants. C’est leur dernière offre sinon, Trump récupérera le cadavre de sa mère sur un tas de détritus quelque part dans la cité. Deux cent mille dollars US ! Niet de Trump. La police lui demande de faire semblant de négocier. On fera quelqu’un apporter la rançon, mais on s’arrangera pour piéger les kidnappeurs. Il refuse. Les policiers sont quelque part offusqués par l’attitude de Trump. Il semble ne vouer aucun sentiment à sa mère. Il prétend simplement, dans un langage énigmatique, que les ravisseurs ne savent pas ce qu’ils font. -Se konsa yon nèg pa renmen manman l. L’argent est la fosse des âmes, Ouari. Ouari secoua la tête. -L’argent peut être effectivement la fosse des âmes, mais dans le cas qui nous concerne, il s’agissait de toute autre chose. Je le regardai, perplexe. -Cela devient vraiment énigmatique, Ouari ! -Vous allez comprendre, me dit Ouari. Le matin du quatrième jour, on s’attend au pire. Mais quelle est la surprise de tout un chacun, policiers et autres, de voir arriver la mère Trump tranquillement,

32 sa Bible sous le bras, comme si de rien n’était. Elle entre chez elle. On lui pose des questions. Elle ne dit rien. Elle ne parait nullement affectée par sa mésaventure. On lui propose de manger. Elle répond simplement qu’elle a tellement bien diné qu’elle peut rester des jours sans rien prendre. -Des kidnappeurs qui prennent soin de leur otage ! Ils ont pris en pitié la vieille dame. On trouve de bonnes âmes même en enfer. Ouari me considéra avec un air presque goguenard. -Monsieur Victor, on ne savait pas que c’était la Baz Charony qui avait kidnappé madame Trump. Peut-être bien que quelqu’un de la police le savait. Les gangs ont des relations partout. Des politiques, des parlementaires traitent avec des gangsters dans notre pays, même les étrangers qui viennent nous parler de démocratie et d’état de droit. Dans le bidonville, dans le quartier de la Baz Charony, pendant que maman Trump entrait chez elle, on n’entendait que des hurlements, des cris, des pleurs. Des bandits, il ne restait plus que les os. Des os sur lesquels adhéraient encore des morceaux de chair. Quelques restes de viscères qu’un prédateur infernal n’avait pas appréciés. Décimée la Baz Charony, monsieur Victor. Un seul bandit, le chef, Dobèman, on ne sait comment, a pu s’échapper. On l’a découvert, fou de terreur, baignant dans ses excréments, un bras à moitié dévoré, mais en même temps comme cautérisé, terré dans une carcasse d’autobus à la sortie du bidonville. On n’a rien pu tirer de lui, car il avait perdu l’esprit. Il ne répétait qu’une seule chose : « Pa manje m… Pa manje m. »  Je restai sans voix. -Monsieur Trump savait qui était sa mère, dit Ouari. Voici pourquoi, il avait supplié les ravisseurs de la libérer. -N’était-ce vous, qui m’avait raconté cette histoire, je ne l’aurais pas cru. -Décimée la Baz Charony, répéta Ouari. La mère Trump a fait un ménage qui fait pleurer à chaudes larmes tout un secteur politique. Une idée me traversa l’esprit. -Ouari…. Ce serait bien que d’autres baz kidnappent madame Trump… -Son fils, monsieur Trump semble avoir le cœur trop sensible. Il voulait protéger les malfrats en les suppliant de libérer sa mère. Mais depuis lors, la rumeur a circulé dans toutes les baz. On ne touche pas aux vieilles femmes qui, le matin, tôt, vont prier. Pas moyen d’utiliser la mère Trump pour faire le ménage. De toute manière, les politiques ont trop besoin des malfrats et les Nations-Unies crieraient à la violation des droits de l’Homme. -Mais, quand même, ce n’était pas un ange, Ouari. Vous dites qu’elle allait prier ! -Et alors, répliqua Ouari. Saint Michel n’est-il pas habitué à terrasser le démon ? -Mais pas de cette manière ! C’est satanique. Ouari se versa un verre. -On a l’habitude de dire chez nous fè koupè fè… L’essentiel, la Baz Charony a été décimée…. Une bonne chose pour la République même si, ici, la Société Anonyme de Désenvoutement n’a fait que constater ces agapes d’un genre… particulier. J’avais quand même une dernière question pour Ouari. -Dites Ouari… Une mère pareille ! Comment fait-on avec ? Ouari une réponse d’une profonde sagesse. -Une mère pour son fils est toujours une mère. Et puis, savez-vous pourquoi les affaires de Trump marchaient aussi bien ? Je restai sans voix.

Josiane Paillere ou la passion de la broderie  

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