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8 mars 2012 No 597

Les femmes sont plus vigilantes...

lorsqu’elles ovulent

Une étude réalisée récemment au Japon montre que les femmes sont plus vigilantes et capables de détecter un danger lorsqu’elles ovulent. L’instinct maternel entrerait notamment en jeu. C’est une découverte scientifique étonnante qui a été faite récemment au Japon. Une étude a en effet mis en lumière le fait que lorsqu’il s’agit de repérer un serpent, symbole de danger imminent pour l’espèce humaine et autres primates, personne n’est à la hauteur d’une femme qui vient d’ovuler ! Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs japonais sont partis de résultats de précédentes études indiquant que l’humain adulte identifiait plus vite les stimuli visuels liés à la peur, comme les serpents, que des signaux «neutres», comme regarder des fleurs. Aussi, il est établi que les perceptions et le comportement de femmes peuvent fluctuer en fonction de leur cycle menstruel. Grâce à ces bases, Nobuo Masataka et ses collègues de l’Institut de recherche sur les primates de l’Université de Kyoto ont cherché à savoir si cela améliorait leur capacité à détecter une menace, relaie le site internet de La Dépêche. Pour cette expérience, 60 femmes en bonne santé et pas encore ménopausées ont été testées sur les trois phase de leur cycle menstruel. Pour cela, chaque cobaye examiner une «matrice» de neuf cases. Sur certaines d’entre-elles, il y avait une image de serpent et huit images de fleurs, ou au contraire huit images de serpent et une image de fleur, l’objectif étant de détecter l’image «cible» le plus rapidement possible. L’épreuve a montré que les femmes qui étaient dans la période suivant l’ovulation, appelée «lutéale» avaient un temps de réaction plus court que les autres. D’après les conclusions publiées jeudi dans la revue britannique Scientific Reports, cette vigilance renforcée serait due à l’adaptation humaine qui fait que les femmes seraient plus vigilantes lorsqu’elles ont la possibilité d’être enceinte. Deux hormones, la progestérone et l’estradiol, pourraient être à l’origine de ce phénomène car leur concentration dans l’organisme est au plus haut durant la phase lutéale. Aucune analyse sanguine n’a pour autant été faite lors de l’étude pour corroborer cette hypothèse.

C’EST LEUR ANNIVERSAIRE Stéphanie André née le 11 mars Mercredi 7 mars

Paul Cattermole (Chanteur), Keeka Fouche (Chanteuse), Gertrude Georges, Jenna Fisher (Actrice), Rachel Weisz (Actrice), Ivan Lendl (Sportif ), Rik Mayall (Comédien), Tammy Faye Bakker (Célébrité), Daniel J.Travanti (Acteur), Willard Scott (Présenteur), Lord Snowdon (Photographe), Maurice Ravel (Compositeur), Piet Mondriaan (Artiste).

Jeudi 8 mars

Bob Moffatt (Chanteur), James Van Der Beek (Acteur), Freddie Prinze, Jr (Acteur), Clint Moffatt (Musicien), Rousseline Senatus, Dave Moffatt (artiste), Kat Von D (Tatoueuse), Aidan Quinn (Acteur), Micky Dolenz (Acteur/réalisateur/ producteur), Lynn Redgrave (Actrice), Cyd Charisse (Danseuse), Claire Trevor (Actrice).

Vendredi 9 mars

Bow Wow (Acteur/rappeur), Julia Mancuso (sportif ), Chingy (Rappeur), Amanda Seals, Emmanuel Lewis (Acteur), Juliette Binoche (Actrice), Robin Trower (Guitariste), Bobby Fischer (Célébrité), Raul Julia (Acteur), Mickey Gilley (Chanteur/musicien), Keely Smith (Chanteuse), Ornette Coleman (Saxophoniste).

Samedi 10 mars

Timbaland (Producteur/rappeur), Jean Erick Pierre (Journaliste/photographe), Ginou Joseph, Emily Osment (Actrice/compositrice), Carrie Underwood (Chanteuse), Shannon Miller (gymnaste), Jon Hamm (Acteur), Jasmine Guy (Actrice/chanteuse/danseuse), Rick Rubin (Producteur), Sharon Stone (Actrice).

Dimanche 11 mars

Stéphanie André (Rédacteur en chef de Ticket), Konpè Filo (Animateur/journaliste), Roseline Rosima, Thora Birch (Actrice/productrice), LeToya Luckett (Chanteuse), benji and Joel Madden (Chanteurs/ musiciens), Douglas Adams (Ecrivain/scénariste), Bobby McFerrin (Chanteur/chef d’orchestre), Charles W.Swan (Acteur).

C’est aussi leur anniversaire Renauld Govain, Ania Tach, Kajessa D. Joseph, Leah Swan, Welynda Civil, Sam Donaldson, Rupert Murdoch, Ralph Abernathy, Lawrence Welk.

Agenda du week-end MERCREDI 7 MARS 2012

-Lecture des textes tirés des œuvres de Mona Guérin (BMC) -Jusqu’’au 16 mars, conférences sur la francophonie (Fokal) -Vivre libre ou mourir (Fokal) Dès 4 hres 30 pm

JEUDI 8 MARS 2012

-JEDI MIZIK (IFH) Dès : 7 hres pm

-Ciné-Corner (Fokal) Dès : 2 hres pm -« Métisse » (Fokal) Dès : 4 hres 30 pm -Conférence : La connaissance par l’image, la photographie aujourd’hui (les femmes ? » (Lycée Marie Jeanne) Dès : 10 hres am -Conférence « nouvelles technologies et développement durable » (Lycée A Pétion) dès : 10 hres am -Inauguration de l’exposition de livres écrits par des femmes (Bibliothèque nationale d’Haiti) plus vente-signature du livre titré : Virginie Sampeur, sa vie, son œuvre : par Christophe Philippe Charles -La Culture comme vecteur de développement, conférence-débat avec Emmanuel Dérivois et Philippe

Pour Insertion Phone: 3922-3006 E-mail : francoispiere54@yahoo.fr

Dodard (Enarts) -Exposition : L’Art Haïtien vu par les femmes plus projection d’un documentaire de Rose-Marie Desruisseau (Mupanah)

VENDREDI 9 MARS 2012

-Tropicana (Rendez-vous 33) -Causerie sur le role de la francophonie (DNL) De : 15 hres à 17 hres -« La dernière marche » (Fokal) -Visioconférence : La technologie au service de la communication (Bureau de l’AUF, Université publique des Cayes) De : 9 hres à 12 hres -Conférence : Nouvelles technologies et développement durable (Lycée Toussaint Louverture) Dès : 10 hres am -Lectures poétiques, rencontre littéraire (Alliance française de Jacmel) Dès : 18 hres

SAMEDI 10 MARS 2012

-Tropicana (Club International) Dès : 9 hres pm -Concert titré « «Iles en Elles » avec Jocelyne Berouard et Emeline Michel (Karibe Hotel) Dès : 7 hres pm -Spectacle musico-théâtrale avec Franketienne titré : Délire du prédateur déchu (Parc Historique de la Canne à Sucre) Dès : 19 hres -Formation (Café-Fokal) Dès : 10 hres am

DIMANCHE 11 MARS 2012

-Ambiance animation avec Almando Keslin et un groupe invité (Café Antillais, Santo 1) Info : 3876-4608 / 3420-1183 -Animation organisé avec l’association des artisans et artistes de la Croix des Bouquets (Espace Communautaire de la Croix des Bouquets) De : 110 hres à 18 hres

Une publication de Ticket Magazine S.A.

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Frantz DUVAL REDACTEUR EN CHEF Stéphanie ANDRÉ SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Marie-Brunette B. MAINSOUR Gaëlle C. ALEXIS RÉDACTION Rosemond LORAMUS Joël FANFAN Wendy SIMON Aceline RENE Dimitry Nader ORISMA Toussaint Jean François TOUSSAINT Gilles FRESLET Daphney Valsaint MALANDRE Duckenson LAZARD Myria CHARLES Winnie Hugot GABRIEL Teddy Keser MOMBRUN Elisée Décembre CRÉATION ARTISTIQUE Responsable graphique Réginald GUSTAVE Photographes Frédérick C. ALEXIS Homère CARDICHON Jules Bernard DELVA Moranvil MERCIDIEU Publicité: 3782-0905 / 3782-0893 Rédaction: 3456 1920


8 mars 2012 No 597

L’agenda de Péguy Quand l’appétit va, tout va. Alors si vous avez bon appétit cette semaine, faites le tour des restaurants et mangez à satiété… mais sans gourmandise. La Quinzaine de la francophonie démarre cette semaine. Plein d’activités sont annoncées pour demain jusqu’au 31 mars. Concerts, conférences, expositions, concours, etc. La Réserve a un nouveau chef cuisinier, Chef Tony. En attendant le festival gastronomique qu’ils organiseront, passez ce mercredi et goûtez à de nouvelles saveurs. Le goût de l’aventure ! Jeudi, La Table de Caius. Aussi riche que son nom l’indique. Autant de mets à déguster. De plus, vous pourrez profiter des belles œuvres du Musée d’art. 16, rue Légitime, Champs-de-mars, Port-au-Prince. C’est aussi la fête des femmes et plusieurs activités sont prévues pour les honorer : Melao Latino au Quartier Latin ; Jedi Mizik « jeunes talents féminins » à l’Institut français. Ram à l’hôtel Oloffson. Havana Guitar Night à Mango’s Lounge. Claude Carré au Café Place Saint-Pierre Vendredi, que diriez-vous d’aller Kay Atizan ? Une bonne cuisine créole, du troubadour, un espace agréable… que demander de mieux ? Le grand évènement attendu cette semaine c’est de voir ces deux divas, Émeline Michel et Jocelyn Béroard, sur une même scène, faisant vibrer l’assistance au son de leur vocale unique. Samedi, pour votre plus grand plaisir au Karibe dès 7 h p.m. Admission : $ US 40. Ce même soir, Darline Normil sera au Quartier Latin de 7 h à 11 h p.m. Dimanche, reprenez avec vos bonnes habitudes, en prenant le brunch habituel à Presse Café. 28, rue Rigaud, Pétion ville. Ce même jour, participez à quelque chose d’exceptionnel aussi. La cueillette de fraises à Le Montcel. Cela vous rappellera sûrement des souvenirs d’enfance, quand vous partiez tout un mois en province chez votre granni. La cueillette sera suivie de la dégustation d’un délicieux barbecue pendant qu’Harry Juste animera l’après-midi. Lundi, prenez votre lunch très appétissant et très sain à Café Com Ça : tartare, panini, roulades de saumon fumé, salade, maki de porc, etc. Rien d’extra mais super succulent ! C’est moi qui vous le dis. Mardi, c’est une journée spéciale : c’est la fête des femmes. Plusieurs activités sont prévues pour les honorer. Twoubadou Wednesdays, tous les mercredis de 6 h à 10 h p.m., au Garden Studio. Bwa kochon gratuit entre 6 h et 7 h p.m. L’entrée est libre. Péguy F. C. Pierre peguyfcpierre@gmail.com

Jean Liphète Nelson Jean Liphète Nelson, connu sous le nom “ ti lifèt ‘’ est né le 5 septembre 1974 à cité soleil, son Rêve était ‘’ site soley ka change si nou mete tèt nou ansanm ‘’. Il a contribué à la sensibilisation du peuple haïtien à travers ses œuvres sociales : Fondation de huit écoles ,la station Radio boukman , une aide aux personnes âgées avec un plat chaud par jour – La construction de plusieurs maisonnettes dans la cité telles que, Belecourt, Waf jeremie,Bois Neuf, Waf Cité Soleil et de plus une clinique mobile en cas de

premiers soins. Il était apprécié par ses employés surtout ceux de la Radio, car il était un patron sérieux, honnête, sensible qui détestait l’abus, prônait le respect mutuel, la responsabilité hiérarchique. C’était un homme très généreux. C’est pourquoi il nous manque cruellement. Adieu! DG on se sent vraiment orphelin ! Dieu a donné, Dieu a repris, que son nom soit béni. Tout le monde se souvient de certaines activités qu’il a mises sur pied à la fin de l’année 2011 Par exemple, on ne peut pas oublier le 31 décembre 2011, lorsque dans la cour de la Radio Boukman Même une fête a été organisée à l’ intention de cité soleil. Ce jour-là, c’était un moment de partage, de surprises et il était considéré comme un leader. Pourtant, il ne s’est jamais intéressé à la politique. Il s’adonnait particulièrement au changement, au développement de la zone; c’était quelqu’un qui croyait que cité soleil pourrait se transformer. Le dimanche 4 mars 2012, dans l’après –midi a eu lieu notre dernière rencontre à la radio.

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z z u B

t in a ls a V y e n h p a D par

Wanito victime de plagiat

Une vidéo utilisant la musique «  Gadon Rèv » de l’artiste Louis Pascal Juanitho Beaubrun connu sous le nom de Wanito a été postée sur YOUTUBE le mardi 6 mars dernier. Produite par Dominique Télémaque de ALFAMEGA Production, la vidéo, intitulée « Banm parenn », illustre la chanson « Gadon rèv » de Wanito. L’acteur vedette de la vidéo a des traits de ressemblance avec Wanito dont il adopte d’ailleurs le style et la démarche. La supercherie est presque parfaite. Mais les fans avertis ne se laissent pas avoir, et le manager de Wanito ne tarde pas à confirmer les doutes : la vidéo n’est pas de Wanito et ce dernier n’a même pas été averti d’une éventuelle utilisation de sa musique. Cette utilisation non autorisée de l’œuvre du jeune artiste a été condamnée par l’équipe de management de Wanito, qui n’a pas tardé à rentrer en contact avec les personnes concernées et à exiger le retrait immédiat de ladite vidéo moyennant des poursuites légales. La vidéo n’a toutefois pas été retirée jusqu’à date. Le staff de management de Wanito demande donc au public en général et en particulier aux fans et à la presse de ne contribuer en aucune façon à la propagation de cette œuvre illégale.

Formation pour les amateurs d’échec à la bibliothèque Monique Calixte

Une formation pour les amateurs d’échecs se tiendra à la bibliothèque Monique Calixte (BMC) le samedi 10 mars 2012. Cette formation a pour but de permettre aux membres de la BMC qui ne savent pas encore jouer aux échecs d’apprendre à le faire ainsi qu’aux membres de 3 autres bibliothèques du réseau de Fokal, à savoir Araka, Cecrej et Pyepoudre, de créer leur propre club d’échecs. Les lecteurs de la bibliothèque Monique Calixte ont mis sur pied il y a environ 3 ans leur club d’échecs en vue de bénéficier des divers bienfaits de ce jeu qui est aussi intéressant qu’utile en ce sens qu’il stimule et développe la mémoire et certaines autres facultés intellectuelles tout en facilitant la socialisation.

Gyptian sera en Haïti

Le chanteur jamaïcain Edwards Windel, connu sous le nom de Gyptian, performera au Parc Historique de la Canne à Sucre le vendredi 30 mars prochain. Connu en Haïti pour son single à succès Hold you, Gyptian a à son actif 4 albums et

4 singles et a chanté sur de nombreux riddim. Le groupe konpa à succès Carimi partagera l’affiche avec lui ce 30 mars.

Franketienne présente « Délire d’un ange déchu »

Franketienne présente sa nouvelle œuvre : « Délire d’un ange déchu », au Parc Historique de la Canne à Sucre, le samedi 10 mars 2012 à 7h p.m. Deux ans après la production de « Melovivi le piège », le poète, peintre et comédien sacré « trésor national vivant » en 2006 offre « Délire d’un ange déchu », qui se veut une réponse aux « Monologues du vagin », cette pièce d’Eve Ensler qui a été récemment adaptée pour le public haïtien. Franketienne sera accompagné au cours de la pièce de 4 musiciens avec lesquels il dansera et chantera.

L’Equipe Culinaire Haïtienne représentera Haïti au «Taste of the Caribbean Culinary»

L’ « Equipe Culinaire Haïtienne » représentera Haïti au concours «Taste of the Caribbean Culinary». Cette compétition organisée par l’Association d’Hôtelier et de Tourisme de la Caraïbes (CHTA) chaque année depuis plus de 30 ans se tiendra à Miami les 24, 25, 26 et 27 juin 2012. Haïti prendra part à ce concours pour la première fois et sera représentée par l’ « Equipe Culinaire Haïtienne ».

Lanbi Ginen sort un nouveau single Le groupe Lanbi Ginen sort « Legba », une nouvelle musique qui annonce « Rasin », le premier album du groupe. Fondée à Mexico en 2006 par Sanba Okan surnommé l’ambassadeur de la culture haïtienne au Mexique et Mami Wata la réalisatrice du film-documentaire « Chache Lavi ( En Busca de la Vida) », Lanbi Ginen a à son actif plusieurs singles dont Lapriyè Simbi, sorti en décembre 2010, et « Pienso en ti » en janvier 2010 qui a figuré sur la bande originale du film-documentaire haïtiano-mexicain « CHACHE LAVI ». Le groupe, qui évolue à Mexico, a déjà sorti deux vidéos et travaille sur « Rasin », leur premier album, qui devrait sortir dans le courant de l’année 2012.

Destination Aquin

La Fondation Aquin Solidarité présente les 5, 6 et 7 avril prochain la 5e édition du festival « Destination Aquin / Festival International Musiques et Danses Traditionnelles ». Ce ­­­ festival réunira des artistes venus de la République dominicaine, du Venezuela, de la Nouvelle Orléans, du Cameroun, de la France et aussi d’Haïti. La danse et la musique traditionnelles demeurent au centre du festival mais on y retrouvera également entre autres des conférences, des activités sportives et théâtrales et différentes expositions. .

C était une grande réunion avec tous les employés : plus précisément les journalistes de la radio. Ce jour-là, il a parlé de tout et de rien, de nouvelles perspectives, de gros projets d’avenir pour la radio et surtout pour la zone de cité soleil qu’il a valorisé en projetant son bon coté et en prônant l’éducation Gratuite comme il l’a déjà fait à travers ses huit écoles. Finalement à ce moment-là, tout le monde a senti un espoir, non seulement pour la radio, mais également la zone; ce qui aurait un impact positif sur tout le pays. Malheureusement, le lundi 5 mars, moment inoubliable. Il était 7heures 50 du matin ce fut le drame :

Lorsqu’on commençait à entrevoir l’espoir, ce dernier se transforma en désespoir et la journée s’obcurcit.Beaucoup de suspens de stress, quelques heures après ,on a prononcé le dernier verdict. Jean Liphète nelson, tu as été un guerrier qui bataillait pour le changement de ‘’CITé Soleil’’, Maintenant tu es pour nous un héros. Par conséquent, La radio boukman, tes employés, ta famille, Tes amis ne t’oublieront jamais. C’est notre regret, Paix à ton âme! Guerline Fils-Aimé Journaliste, Présentatrice Radio Boukman


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Hommage

Lynella Sandra André entre popularité et réserve Lynella Sandra André est un visage populaire à cause de son métier. Elle est journaliste, plus précisément présentatrice du journal du soir sur la TNH. Cela fait déjà six ans qu’elle a établi ce rituel avec son public. Toutefois, on a toujours envie d’aller à la rencontre de cette jeune femme, de mieux la connaître. Nous l’avons rencontrée pour vous. et je suis heureuse avec. Pourvu que la personne s’épanouisse avec son choix. Je n’accepte pas qu’on m’interdise les miens. Je suis une personne de convictions et je pourrais mourir pour elles. Finalement, je dirais être assez bien éduquée, formée, instruite, bien élevée, je respecte les autres et me respecte. » Des mots bien modestes pour présenter une femme de qualité.

Une mère célibataire

Une passionnée

Très élégante, pointilleuse, Lynella est une jeune femme comme bien d’autres. Ce qui fait peut-être la différence c’est qu’elle a un visage public. Avec son histoire personnelle, bien du chemin a été parcouru avant qu’elle ne soit celle qu’elle est aujourd’hui. Fille unique, Lynella n’a pas connu son père biologique. Jusqu’à l’âge de 9 ans, elle n’a jamais eu de contact avec lui. Pourtant, en voyant ce monsieur pour la première fois à l’église où sa tante l’emmena un dimanche, elle sent quelque chose la traverser. Quand celle-ci lui demande si elle connaît l’homme qu’elle fixait intensément, elle répond sans broncher à sa tante que c’est son père. Ce fut leur unique rencontre. Sa mère, sa famille proche, et un pasteur missionnaire se sont toujours occupés d’elle. Et c’est pourquoi ce pasteur sera l’une des personnes à marquer sa vie. Durant son enfance, Lynella a toujours été très appliquée. Jusqu’à devenir une jeune femme accomplie. Vu le métier qu’elle exerce, on pourrait croire qu’elle aime être en tout temps sous les feux de la rampe. Erreur. C’est une personne très réservée. Elle le dit d’ailleurs : « Oui je suis très réservée, je l’avoue. Bizarrement je suis timide. Cela ne paraît pas mais je suis timide. Avec dix personnes dans une salle, je ne me sens pas à l’aise. Je suis quelqu’un de

simple ; qui a une vie simple, débordante d’activités, de joie, toujours positive, ouverte, mais vraiment très simple. » Parallèlement à cette simplicité, Sandra est une femme passionnée. Elle est entière dans tout ce qu’elle entreprend. La lecture : elle ne laisse jamais un livre commencé avant de l’avoir fini. Sa foi : elle très croyante et cherche tout le temps à être en communion avec son Dieu. C’est sa raison d’être, sa raison de vivre. Sa couleur préférée : elle en aime les sept de l’arc-en-ciel. Son plat préféré : la bonne friture haïtienne. Elle est d’ailleurs diplômée du COSCOMART. Entre les clubs et les restaurants, son choix est vite fait : les sorties en resto l’emportent. Et bien qu’elle soit profondément croyante, Lynella possède des amis de divers horizons, car pour elle l’apparence d’une personne ne suffit pas à porter un jugement sur elle. Cela fait-il d’elle une femme éclectique, cultivée et ouverte d’esprit ? Elle répond « cela va dépendre. Je dirais que certains me trouveront éclectique et d’autres traditionnelle. Ce sera soit un mélange des deux, soit ni l’un ni l’autre. J’accepte les autres tels qu’ils sont. Je suis tolérante. J’ai tout type d’amis. Je n’impose pas mes choix. Je crois que chacun est libre de faire et d’être ce qu’il veut. Par exemple, je ne vais pas en boîte de nuit, mais j’ai des amis qui y vont. C’est mon choix

Elle est séparée de son époux sans que cela n’ait fait étincelle dans la presse. Ils s’étaient rencontrés à la FASCH et à l’ANDC, mais cela fait un moment depuis qu’ils ne sont plus ensemble. « Je suis séparée de mon mari depuis maintenant trois ans. Bien que moi-même je voulais divorcer, nous avons tout de même convenu que se séparer serait préférable. Je crois avoir fait ce qu’il fallait. A un moment, j’ai eu des choix complètement différents des siens. Nous avions vite compris que c’était la meilleure chose à faire. A présent, il n’y a plus aucun contact entre nous. » Depuis, elle vit avec ses deux enfants qu’elle a adoptés. Pour dire qu’ainsi elle n’a jamais enfanté. Étaitce par choix ou par circonstances ? A un certain moment c’était le cas, mais par la suite avec son mari ils ont eu des difficultés. Quoiqu’il en soit, c’est un moment de sa vie qui maintenant est loin derrière elle. « Je n’ai jamais été une personne dépendante et je n’ai jamais été entretenue. Déjà chez ma mère, j’étais quelqu’un d’autonome. Beaucoup de femmes commettent l’erreur de s’identifier uniquement à leur mariage. Moi je crois que quand on est mariés, on se complète l’un l’autre certes, mais on reste chacun une personne bien identifiable. On avait une vie avant ; même si on est mariés, sa vie antérieure continue. Là, c’est ce qui m’arrive. Je fais une nouvelle expérience et je continue de vivre. Il faut chercher ce qui est passionnant dans chaque vie. Je ne demande pas beaucoup à la vie. Je me contente de ce qu’elle me donne. Ce n’est pas toujours facile d’être mère célibataire, mais je fais avec. Je dirais que les années avec mon mari, je me suis complètement donnée à lui. Je ne fais rien à moitié comme je viens de le dire. Quand j’aime, j’aime profondément, c’est pour ça quand je me détache, je le fais totalement aussi. Voilà pourquoi je me remets facilement d’une situation. »

De grands débuts

Tout a commencé en 2000 quand Lynella remporte le concours Miss Vidéomax de la Télémax. De toutes les filles qui participaient au concours cette année-là, elle s’était fait remarquer pour son assurance calme, son intelligence, sa bonne tenue et ses bonnes manières. D’emblée on la classait parmi les dix finalistes. Lynella eut la couronne. C’est le début d’une belle carrière derrière notre petit écran. C’est grâce à ce concours qu’elle a son poste à la TNH, et l’aventure dure six ans déjà. Elle en est reconnaissante, adore son métier, et pense être là pour un moment encore. « Je me suis retrouvée à la télé grâce au concours Miss Vidéomax. C’est vrai que j’avais

déjà fait des études en communication, mais en fait, c’était inattendu. Je n’avais vraiment pas choisi ce parcours. Bien que petite, je rêvais d’être présentatrice de télé, bizarrement c’est arrivé sans que je ne l’aie recherché. Oui j’aime ce que je fais. Ce n’est pas exactement comme je le souhaiterais, mais bon ! C’est comme je l’avais dit tout à l’heure, je prends ce qu’on me donne et j’essaie de trouver mon bonheur avec. »

Une citoyenne concernée

A côté de sa carrière dans le journalisme, Sandra travaille au CERFAS en tant que responsable de communication. Le CERFAS est un centre de réflexion et de recherches, de formation et d’actions sociales. C’est une entité de la compagnie de Jésus, dirigé par le père Kawas François. Là-bas ils travaillent avec les associations de base de la société et organisent des séances de réflexion avec des jeunes, des étudiants, la communauté internationale, des gens de la société civile, etc. Ils essayent de trouver des solutions. Ils ont un observatoire de politiques publiques qui scrute ce qui se fait au niveau de la politique. Prendre part à cette initiative lui donne le sentiment de participer à la refondation d’Haïti, d’apporter sa contribution. Car Lynella est aussi une femme qui s’implique pour son pays, une citoyenne concernée. « Je suis très attachée à cette terre et souffre de ne pas avoir un pays qui me rendrait fière. J’ai dû représenter Haïti une fois, avec d’autres collègues, à un programme pour les journalistes à Washington, dans lequel plus d’une trentaine de pays participaient. Durant tout le séjour, on nous identifiait à notre pauvreté, nos troubles politiques. C’est tout ce que les étrangers connaissent de nous. Pourtant, on pourrait véhiculer tellement d’autres valeurs. On nous connaît que pour et par nos malheurs. Je souhaiterais qu’on nous connaisse pour autres choses : la mer, la peinture, la musique par exemple. C’est peut-être un rêve, mais il me tient à cœur parce que je souhaite vivre chez moi. La vue déprime, toute cette crasse et cette misère vous fend l’âme et c’est insupportable. Je voudrais que cela change. Si je savais comment faire, comment inculquer cet amour de la patrie, je ne manquerais pas de le faire.» Lynella Sandra André est le genre de personne dont il est agréable de faire la connaissance. Très affable, elle vous met immédiatement à l’aise et offre la possibilité de tenir une conversation pendant de longues heures, comme s’il s’agissait d’amis de longue date. Jeune mère célibataire, elle n’est ni amère ni désabusée. Son cœur non plus ne semble pas fermé à l’amour. C’est simplement quelqu’un qui essaie toujours de voir le bon côté des choses, et de s’en sortir avec le meilleur. Avec son parcours exemplaire, sa popularité, elle pourrait très bien servir de modèle à autrui. Pourtant, quant elle est questionnée à ce propos, sa réponse est toute simple… « Je ne sais pas si inconsciemment oui, mais non, je ne crois pas l’être. C’est comme endosser une responsabilité. Je sais qu’on me regarde à la télé, mais je préfère croire que c’est uniquement derrière la caméra. Des gens qui te voient autrement, c’est comme s’ils te responsabilisaient par rapport à elle-même. Tu ne peux plus être n’importe qui. J’essaie alors d’être moi-même. Je me dis aussi qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Et puisque je ne sais pas comment ne pas être moi-même, je vis donc avant tout pour Dieu et pour moi-même. Si ma façon d’être peut influencer autrui, je serais alors heureuse de servir de modèle. » On ne peut vraiment pas lui reprocher d’avoir la grosse tête. Et entre sa popularité et sa réserve, Lynella a trouvé le juste équilibre qui s’harmonise le mieux avec sa vie. Péguy F. C. Pierre peguyfcpierre@gmail.com


Hommage MICHAELLE AUGUSTE

SAINT-NATUS

La femme aux mille facettes Accrochée à ses rêves comme à une bouée de sauvetage, Mme Michaëlle Auguste SaintNatus s’implique et s’active dans le monde de l’éducation à tous les niveaux. Femme aux activités débordantes, elle détient plusieurs casquettes professionnelles. En plus d’être pédagogue, elle a une licence en management et coordonne plusieurs autres projets en association avec son mari. Elle a déjà un parcours professionnel étonnant et elle continue sa course à un rythme hors du commun.

N

ée en 1953 à Port-au-Prince, Michaëlle eut la chance de faire ses études primaires et secondaires à Ste-Rose de Lima (Lalue) en étant toujours parmi les premières. Elle a fait ensuite, avec brio, ses études universitaires à Skimore Collège puis à Columbia University (NY). Elle a ensuite participé à de nombreux séminaires et conférences à travers l’Amérique Latine et suivi un programme de gestion des ressources humaines à Illinois State University. Elle est membre du American Museum Association et du American Community College Association. Elle fut aussi membre de nombreux conseils d’administration, dont le plus récent, Food for the Poor. Elle s’est distinguée en résidant aux Etats-Unis pendant des années avec des diplômes de pédagogie de divers grades universitaires et avec une licence en management.

Des USA à Haïti

Michaëlle, après avoir terminé ses études universitaires, a travaillé pendant 10 ans dans l’éducation et dans la gestion de projets aux Etats-Unis tantôt pour le « Center of Desegragation and Civil Rights » de « Teachers College-Columbia University », pour le « Board of Eduation of the City of NY, le NY State Eduation Department, Hunter College of NY ou le City College of NY du Research Foundation of the City of New York ». Elle a, en effet, travaillé à l’étranger grâce à l’obtention d’un visa de « Worker with distinguished merit and special ability »- H. Rentrée au pays en 1985, elle a occupé des emplois dans le secteur de l’éducation jusqu’à 2005 et accepta d’occuper un poste commercial permanent en 2006. Elle refusa d’abord d’accepter des postes dans des agences internationales, à son retour au pays car, selon elle, il lui fallait apprendre le milieu haïtien avant de se considérer telle une experte, ayant des compétences de haut niveau dans le domaine de l’éducation en Haïti.

Michaëlle aux quatre coins d’Haïti

En Haïti, Michaëlle A. Saint-Natus s’est d’abord impliquée dans la rédaction de manuels scolaires en vivant et enseignant à des enfants habitant le quartier de Sou Ray à Côte-Plage, Carrefour où elle construisit une école avec un comité de quartier avec ses propres fonds et la donna ensuite au MENFP. Cette école devenue une école nationale existe toujours. Elle fit du bénévolat également en Alphabétisation et participa ainsi à la rédaction du livre « Goute Sel », faisant des séances de formation sur le terrain à Cité Soleil et en divers points du département de l’Ouest. Elle travailla, par la suite, comme rédactrice de manuels scolaires chez Deschamps, où elle s’appliqua beaucoup à changer la présentation du livre scolaire haïtien. Elle devint ensuite consultante en éducation préscolaire au MENFP pour le compte de l’UNICEF vers 1989, puis à Educat S.A. dans le cadre du Plan National d’Education vers 1994 pour le compte de « Association

of Educational Development », pour rejoindre ensuite la faculté d’Education de l’université Quisqueya d’abord comme coordonnatrice de faculté puis comme doyenne jusqu’en 1999. Elle s’assura de toujours voir offrir des cours de qualité et de haut niveau aux étudiants et étudiantes. Elle s’appliqua aussi à leur chercher bien des bourses de perfectionnement et emplois. Sa fierté est de voir actuellement les hauts postes occupés par ses anciens étudiants et anciens professeurs collaborateurs, rodés à la gestion de projets sous sa supervision. Elle fut également responsable de divers projets puis du bureau de gestion de projets de l’UniQ, où elle s’engagea davantage sur le terrain pour mieux lier l’enseignement à la pratique. Ainsi, madame Saint-Natus coordonna des projets de l’USAID (Projet Ed2004) dans une soixantaine d’écoles urbaines et semi-urbaines dans l’Ouest et le Plateau Central, ainsi qu’une douzaine d’écoles rurales dans le Massif de la Selle avec la Fondation Kellogg. Elle effectua également, entre autres, des recherches sur les associations paysannes pour le Conseil Economique de l’Amérique latine

des Nations unies (CEPAL) dans douze communautés rurales haïtiennes ainsi que des recherches sur les programmes de formation offerts dans la communauté haïtienne. Bref, Michaëlle Saint-Natus a sillonné toute Haïti dans le cadre de ses travaux autant que ceux effectués pour la Fondation Lise Antoine Saint-Natus/ Santé-Education-Femmes (FLASSEF) avec son mari, Clotaire, et ceci depuis l’époque de l’embargo. Michaëlle a travaillé dans le commerce sporadiquement en 1973 durant la maladie de sa sœur Françoise alors que sa mère se trouvait aux Etats-Unis. En 1986 à son retour en Haïti, en 1990, lors de la naissance de son premier enfant. Elle a, de façon permanente, rejoint le secteur commercial en 2010, après la mort de son frère Ralph Auguste, tout en demeurant attachée cependant à ses activités éducatives et sociologiques de terrain. Elle y est, cette fois-ci, dans le Bas-Artibonite, depuis 2007, et en fournissant aussi une assistance à Haïti Tec, depuis le séisme. Cette dernière intervention lui permet de se perfectionner en éducation professionnelle en plus des divers autres niveaux d’enseignement

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déjà expérimentés préalablement.

Elle fait renaître l’espoir à « Ravine Sèche »

Le village de Ravine Sèche du BasArtibonite, où elle encadre 105 familles placées dans de nouvelles maisons et apprenant à vivre AUTREMENT, est, pour elle, passionnant et son expérience la plus riche. Michaëlle y voit un moyen de pouvoir lier l’apprentissage scolaire à la vie courante de tous les jours et aux exigences précises d’un développement micro-local. Elle veut sortir du carcan du cognitif pour y joindre l’affectif et le psychomoteur. Elle trouve là la joie de pouvoir apprendre aux gens à vivre ENSEMBLE, dans une atmosphère réduite de conflits interpersonnels. Cette expérience lui permet également de calculer combien peut coûter financièrement l’amélioration des bourgs haïtiens qui peuplent notre territoire et ainsi trouver comment élever le niveau de vie de nos populations en donnant à chaque villageois une petite source de revenus et les bonnes manières pouvant mener à une convivialité accrue. Cet exercice requiert des analyses d’individus et des fonctions économiques du milieu et l’accompagnement des bénéficiaires aidés du point de vue des revenus. Elle a eu à effectuer des constats démographiques, vérifier des titres de propriété pour déterminer qui pouvait recevoir une maison, qui devait vivre en voisins ou pas, etc. Ainsi, ont pu être créées également avec l’aide de Food for the Poor, en plus des 105 maisons construites pour des familles vivant originellement dans des taudis, des activités génératrices de revenus ayant lieu dans une école vocationnelle permettant aux gens de se trouver un emploi en région, un poulailler tenant occupés et générant un revenu pour trois personnes, un centre culturel rentabilisé et contribuant au bien-être de ceux le supervisant tout autant que ceux en bénéficiant, des bœufs ou cabris à plus de cinquante personnes pouvant ensuite se capitaliser par la vente des petits animaux, des emplois à l’école primaire du village, des cours particuliers assurés par quatre jeunes aux petits chaque aprèsmidi, des activités payantes de nettoyage de quartiers octroyant des emplois à quatre autres individus, ainsi qu’une pépinière de la FLASSEF et de HPSP supervisée par Joël Auguste employant une dizaine personnes qui aident au reboisement. Il adviendra peut-être un jour que la plupart de ceux n’ayant aucun revenu dans ce village de 120 maisons pourra avoir de petits revenus. Certains des résidents sont, par ailleurs, chacun appuyé dans l’ouverture de nouvelles activités commerciales : vente de kérosène, vente de produits alimentaires, vente de produits cosmétiques, fabrication de blocs, afin de leur prodiguer quelques sous et une activité journalière. Depuis, les gens sont moins grincheux, moins tendus, moins jaloux l’un de l’autre. Ils l’admettent ouvertement et s’en félicitent, ce qui rend folle de joie Mme Saint-Natus : voir ses efforts et recherches de solutions produire des résultats et noter ainsi que ses rêves de sortir quelques citoyens de la misère se réalise enfin. Elle l’avait tenté par son action dans des écoles, mais là elle le voit immédiatement en liant directement l’économie à l’éducation. Ses investigations de professeur se poursuivent ainsi à sa satisfaction, en investissant beaucoup de son temps et de ses disponibilités financières personnelles pour le bien-être des autres et en encourageant d’autres de sa famille ainsi que des amis à la rejoindre dans cette quête d’expériences novatrices pouvant amener au développement réel des populations défavorisées. Elisée Décembre elidfox@gmail.com


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Un Unminimum minimumde decinq cinq mille mille(5.000) (5.000)sacs sacsàà main maingriffés griffésvendus. vendus.Un Un stock stockde deplus plusde de(deux (deux mille millecinq cinqcents) cents)2.500 2.500 sacs sacsdisponibles disponiblesen en Haïti Haïtiet etdans dansquelques quelques villes villesdes desEtats-Unis Etats-Unis d’Amérique. d’Amérique.La Ladesidesigner gnerPhelicia PheliciaDell, Dell,qui qui se secache cachederrière derrièrela la griffe griffeVèvè, Vèvè,aabouleverbouleversé séla laconception conceptiondu dusac sac ààmain maindans dansl’univers l’univers de dela lamode modeen enHaïti. Haïti. Rencontre Rencontreavec avecune une entrepreneure entrepreneurede deluxe, luxe, récipiendaire récipiendairedu duprix prix « Entrepreneur « Entrepreneurof ofthe the year, year,catégorie catégorieémerémergeant geant 2011 ». 2011 ».

Vèvè plus qu’un sac ! S

ans jeu de mots, ce petit bout de femme est une grande dame. Phelicia Dell est sans âge. Fraîche. Un visage franc, des petits yeux curieux, un sourire aimable et un rire cristallin. C’est dans son nouveau showroom à Pétion-Ville, entre deux nettoyages de meuble, qu’a lieu notre rencontre. Elle rayonne dans sa robe rouge vif boutonnée sur le devant. Ses longs cheveux retenus dans une queue de cheval désordonnée et ses petites ballerines dénotent une femme active. Elle halte un peu, balaie l’espace d’un regard et s’installe sur un petit canapé désuet, retapé selon ses goûts. Phelicia jette un regard furtif sur mon calepin. « Oulala… il y a là plus de quinze questions ? », s’enquit-elle sans se départir de son intérêt. Pourtant, questions, il n’y en aura pas. Madame Vèvè est une femme ouverte, à la verve facile. Nous voilà donc lancées dans une conversation à bâtons rompus, comme deux vieilles copines. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Les rares grasses matinées de Phelicie Delcius, de son vrai nom, prennent fin à 9h du matin ; en général elle est debout aux aurores. « Mes journées sont très chargées. Je me lève à 6h, je prends un bon café noir bien fort et je me rends à mon atelier. Ce sera une journée sans répit, je saute même mon déjeuner certains jours. » Le tremblement de terre du 12 janvier ayant détruit son local, Phelicia rassemble ses artisans sous une grosse tente, en attendant d’ouvrir un nouvel atelier conçu à cet effet. Vingt-cinq (25) employés, regroupés en artisans de diverses catégories comme la couture, les paillettes, la peinture, le montage… Les artisans qui travaillent les paillettes sont tous expérimentés, pour les autres branches, la designer les instruit. « Cela prend beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, mais surtout beaucoup de matériels et de patience pour former les artisans à la couture, à la peinture et au montage. J’ai perdu des tonnes de tissus et démonté des dizaines de sacs. Il faut que le travail final soit parfait. C’est l’essentiel. » Si aujourd’hui la designer parle d’atelier et d’employés, elle a débuté avec un seul artisan vers la fin de 2004, dans un petit coin de son restaurant. Mais remontons un peu plus loin. Vers l’année 98, Phelicia se retrouva dans la décoration intérieure et l’habillement des meubles en travaillant de concert avec le père de sa fille, qui était alors dans la construction des maisons.


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Cependant, l’assassinat de ce dernier en 2004 amena une rupture avec ce métier qui pourtant la passionnait. Voulant faire son deuil, Phelicia se jeta à corps et âme sur son stock de tissus, vestige de son métier de décoratrice, et se lança dans le « perlage » de tableaux à motifs vaudou. L’argent n’était pourtant pas au rendezvous ; la jeune mère et veuve qu’elle était peinait à joindre les deux bouts. C’est alors qu’elle ouvrit un petit bar qui se convertira plus tard en restaurant. « Faire des tableaux perlés à motifs vaudou ne suffisaient pas à subvenir à mes besoins. Le bar puis le restaurant m’ont permis de voir plus clair… Alors j’ai engagé un artisan rencontré par hasard. A deux, on faisait un travail beaucoup plus consistant. » L’atelier de Phelicia fonctionne sept jours sur sept. Les ouvriers sont payés à la semaine. « Avec mes employés de l’atelier, nous avons ensemble essayé de nous donner 15 jours de vacances ; mais nous n’avons jusque-là pas pu le faire. Nous avons tellement de travail ! Nous avons un stock actuel d’environ deux mille cinq cents sacs (2.500). Quatre ouvriers confectionnent en moyenne entre quinze (15) à vingt (20) sacs par jour. En période de fête ou lors des commandes en série, chaque ouvrier peut produire sept (7) sacs par jour. » Un sac Vèvè est un « it bag ». Un accessoire de mode incontournable chez les femmes haïtiennes. Il faut un minimum de 50$ US pour s’offrir un sac griffé de Phelicia Dell. Cela peut aller jusqu’à X, car la designer travaille également selon les désirs de ses clientes. Les clientes aux petites bourses se plaignent que Vèvè est cher et inaccessible. « Je ne dirais pas que Vèvè est cher. Un sac peut être composé parfois de cinq (5) tissus différents. De plus, les petits accessoires qui font les jolis détails se vendent cher », explique-telle. « J’achète le gros de mon matériel à l’étranger. Un bouton plaqué or 14 carats peut se vendre jusqu’à 4,80$, un zip pour sac à main peut valoir jusque dans les 7 $, une aune de tissus varie entre 80 et 150 $ US. Ma production n’étant pas assez importante pour acquérir les matériels en gros, j’achète à l’unité»,

détaille-t-elle. « De plus, chaque sac Vèvè est unique, sauf si j’ai une commande en série comme c’est le cas de l’une de mes clientes, une Japonaise. Il n’y a jamais de réplique, je prends le soin de dessiner chacun de mes modèles et de les enregistrer. Un sac Vèvè est un bijoux unique », assure-t-elle dans un large sourire, sans pédanterie. Phelicia Dell est une créatrice qui laisse toutes les portes ouvertes et tend à saisir toutes les opportunités. S’il est vrai que la marque Vèvè est inspirée des motifs religieux vaudou, la designer ne reproduit pas les signes identiquement. Ayant découvert la richesse des Vèvè dans le livre « Ve-Ve, diagramme rituel du vaudou » de Milo Rigaud, elle a décidé d’en faire son cheval de bataille. « Je ne reproduis pas de Vèvè original sur mes sacs, sauf sur la demande particulière d’un client, parce que les Vèvè font partie du patrimoine national, je n’aurais pas pu enregistrer mes travaux. Alors je m’en inspire en octroyant un côté moderne aux dessins traditionnels. » Aujourd’hui, Vèvè travaille pour une clientèle de femmes âgées entre 18 et 60 ans. Les sacs sont disponibles à Miami Beach, à New York et dans le New Jersey, sans compter les magasins de Port-auPrince qui distribuent les accessoires Vèvè. La créatrice a ouvert un nouveau showroom, à l’angle des rues Pinchinat et Gabbart, qui diffuse ses dernières collections. Là les clientes peuvent acheter, commander et personnaliser leur sac. Phelicia est fière de dire que son entreprise lui permet non seulement de vivre largement, mais aussi de faire vivre une trentaine de familles qui travaille dans son atelier ou dans ses magasins. La créatrice négocie actuellement la vente en ligne d’une collection créée à cet effet avec une firme américaine. D’un autre côté, sa fille Benaëlle, qui participe souvent à ses défilés, a déjà le sang dans ses veines. « Ma fille s’autoproclame mon assistante. Elle dessine des sacs et tient toujours à ce que je les réalise. D’ailleurs, j’ai déjà sorti une ligne de sacs « Benaëlle », inspirée des croquis de ma fille. Elle est jeune et a des rêves plein la tête », affirme fièrement la maman.

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Avec sa fille Benaëlle

Vèvè aurait donc déjà une variante, une vision plus jeune. La relève de l’entreprise devrait être assurée, car la petite Benaëlle n’a pas froid aux yeux. Demandez à ceux qui l’ont déjà vue défiler lors

des plus grands événements de la mode en Haïti ! Stéphanie André andrseteffany@gmail.com


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Hommage

Florence Martin

Femme Fière

d’opiner ou même de juger. Tu entends toutes sortes de choses, positives et aussi négatives. Beaucoup plus de gens te reconnaissent et on t’associe á tes pubs. Alors tu perds un peu ton intimité et identité et tu deviens « la fille de couronne chérie » par example. Accordes-tu des soins particuliers à ton corps ? As-tu un régime précis ? Oui et non. Cela fait déjà 10 ans depuis que j’ai adopté un mode de vie assez sain, ce qui consiste en un régime alimentaire balancé, agrémenté de beaucoup de sport. Mais je mange de tout, avec modération bien sûr. J’ai aussi pris l’habitude d’aller au gym plusieurs fois par semaine pour faire de la musculation et pour me détendre. J’apprécie beaucoup les massages relaxants et les journées à la plage. Raconte-nous une de tes journées  Une journée en semaine ou en fin de semaine ? (rires). En semaine : de 5h 30 à 6h 00 a.m: je fais mon sport ; 7 h 30 : petit déjeûner : café au lait, pain et mamba que j’adore ; ensuite je me rends au travail où je prends à midi le repas de la veille. De retour à la maison à 6 h p.m, ou selon les projets en cours, beaucoup plus tard, après un bon bain et une heure à regarder la télé avec ma chienne Sukie et la famille tout en « surfant » sur mon ordinateur, je vais me coucher. En fin de semaine, je passe du temps avec ma famille, mes amis et vais souvent à la mer. Une vie simple.

Avec ma mère qui a divorcé tôt, nous formons un noyau familial uni, aussi très proche du reste de la famille malgré la distance. J’ai étudié ici á Port-au-Prince et j’ai terminé mes études aux Etats-Unis. Je suis revenue en Haïti en 2007. Mes passetemps favoris sont le sport, la musique, le cinéma, la lecture. J’adore les randonnées en province et la mer.

Florence Martin est une femme connue. Pas de nom, pas de carrière, mais de visage. C’est la dame de la publicité « Couronne Chérie » et la fille hot aux cheveux courts des vidéos de Mika et de Team Lobèy, entre autres ! Dans ce gros encart sur la route du Canapé-Vert en descendant, son joli sourire, et sa peau bronzée vous hypnotise. Elle embrasse la bouteille, comme elle le fait avec la vie : passionnément. Elle se présente pour la première fois aux lecteurs de Ticket. On te voit dans plusieurs publicités. Qui se cache derrière ce sourire ? Présente-toi aux lecteurs de Ticket Je suis une jeune femme de 29 ans comme une autre, mon sourire est loin d’être un masque, il ne cache rien. Je dirais que ce n’est que l’expression de mon humeur et du bonheur que je vis. Je t’assure que je ne souris pas quand cela ne va pas. Je suis une jeune professionnelle qui évolue dans le secteur du Marketing, contente de ce que je fais. Je suis assez simple, sensuelle, sympathique et modeste et je me plais en la compagnie des autres et surtout de ma famille. Me présenter aux lecteurs de Ticket ? Hmmm (rires). Je suis née à Port-au-Prince le 2 octobre d’une famille de quatre enfants dont je suis le troisième. J’ai deux frères et une jeune sœur que j’adore.

Je peux dire que tu es un mannequin, comment cela a commencé ? Je suis un mannequin ? Si tu veux ! (rires). Disons que je prends plaisir à participer à des défilés de mode. Je ne suis pas une professionnelle et le fais, comme on le dit, á mes moments perdus. Cela a commencé dès mon jeune âge. Je portais ce que l’on appelait dans le temps « les talons kikit » de ma mère et « défilait » dans la maison au mécontentement des fois de mes grands-parents qui essayaient de se reposer… Ce que tu fais dérange-t-il ta vie familiale ? Non pas du tout, ce que je fais ne dérange pas ma vie familiale. Célibataire, je vis en famille et les responsabilités pour la bonne tenue de la maison sont partagées. Considères-tu le mannequinat comme un passe-temps ou un vrai métier ? Être un mannequin, présenter au cours d’un défilé ou tourner une publicité n’est pas une chose facile. D’abord, il faut s’assurer que physiquement tout va bien. Hé oui ! Les séances d’essayage, l’harmonisation de la présentation des différents modèles, le tournage pour une publicité, les prises et reprises … Ce sont de longues heures de travail! Que ce soit un passe-temps ou un vrai métier, quand j’entreprends une activité, je ne lésine pas. Je m’y mets pour que ce soit une réussite. Penses-tu que la façon dont le monde te perçoit change ? Quand ton visage est en grand plan un peu partout, tout le monde se permet

En général, les mannequins sont très controversés, surtout en Haïti, comment le prends-tu ? Controversé ? Je n’en ai pas conscience. Pour moi, cela n’a rien changé à ma vie. Je ne suis pas un vrai mannequin. Mais bien sûr qu’en Haïti, il ne faut pas se laisser trop influencer par tout ce que disent les gens, c’est facile de se perdre et d’oublier ses objectifs. Il suffit de se connaître, de savoir ses limites, ce qui nous fait plaisir et ce qui nous déplaît. L’important c’est de s’aimer soi-même et de garder de bonnes relations avec nos proches. A part poser, que fais-tu d’autres ? La bonne question serait : A part travailler, que fais-tu d’autre ? (rires) Je travaille en moyenne dix à douze heures de temps par jour. Poser est un passetemps que j’aime et que je prends au sérieux. C’est un travail pour lequel je suis rémunérée. Je regarde la télé, un bon film sur mon ordinateur, je passe du temps avec la famille et les amis. Que penses-tu du rôle de la femme dans notre société ? Que représente la femme pour toi ? Que penses-tu de la journée internationale de la femme ? As-tu un conseil pour des jeunes filles comme toi qui voudraient se lancer ? Puis-je répondre à ces quatre dernières questions en une seule réponse ? C’est le même sujet en ce jour particulier : La femme dans notre société ? En ce jour de la célébration de la Journée internationale de la Femme. Je ne suis pas sociologue, ma réponse ne se veut donc pas scientifique. Le thème de la Journée internationale de la femme cette année est « l’autonomisation des femmes rurales et leur rôle dans l’éradication de la pauvreté et de la faim, le développement et les défis actuels » M. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, s’explique: « Investissons dans les femmes rurales, éliminons les discriminations dont elles sont victimes en droit et en pratique, veillons à ce que les politiques répondent à leurs besoins, garantissons leur le même accès aux ressources qu’aux hommes et accordons leur un rôle à jouer dans la prise de décision ». Tu vois à quel point il est spécifique ? Il parle des femmes en milieu rural, ce qui sous-entend que le problème n’existe pas en milieu urbain. En décembre dernier, j’ai eu l’agréable occasion de dîner avec Oprah accompagnée de Sean Penn, Donna Karan et d’autres. Oprah parlait de ses écoles


Hommage de filles en Afrique, et quelqu’un lui posa la question « pourquoi seulement des filles ? » elle répondit ainsi : « la jeune fille est tout ce qui est à la base d’une société, si vous voulez reconstruire Haïti, commencez par les jeunes filles. Il a été prouvé que quand une jeune fille apprend quelque chose, elle le partage, contrairement aux garçons, ce qu’ils apprennent, ils le gardent. La jeune fille elle, quand elle rentrera chez elle, elle partagera sa leçon avec sa famille et ainsi sa leçon se propagera. » Quand Oprah a eu fini, c’était encore plus clair : Il faut absolument investir dans la femme. Je lis aussi souvent dans de nombreux livres ou revues spirituels que l’ère de la femme va très bientôt débuter. Je le sens et je le crois ! La femme est le « poteau-mitan » de notre société. Elle est souvent représentée sur les tableaux de nos artistes H\haïtiens : enceinte, nue, avec des enfants ou avec un panier de provisions sur la tête ou trainant au marché un âne chargé de provisions ; tout ceci pour subvenir aux besoins de sa famille. Il en est de même de la femme au foyer qui n’a rien à envier à l’homme, elle est en charge de faire marcher la maison, de l’éducation des enfants. Qu’elle ait un travail en dehors ou pas, sa responsabilité n’est pas moindre. Les transformations économiques et sociales qu’ont connues les pays au cours de ces dernières décennies ont profondément bouleversé les structures familiales telles que connues par nos parents. Les familles monoparentales, comme la mienne, dirigées par une femme sont légions. La vision traditionnelle de l’homme en tant que chef de famille est aujourd’hui complètement dépassée. La perte des vraies valeurs, la déstructuration du tissu social sont la cause de la multiplication de ces familles monoparentales dirigées par des femmes. La femme haïtienne est au centre des acti-

vités commerciales. De la paysanne à la« madame sara», de celle qui tient un commerce en chambre au propriétaire du magasin ayant pignon sur rue, de la célibataire à l’épouse, elles essaient de faire face aux besoins de leur famille. L’économie du pays repose sur ces femmes courageuses. La Journée internationale de la femme est une journée de manifestations à travers le monde: « L’occasion de revendiquer l’égalité, de faire un bilan sur la situation des femmes dans la société. Traditionnellement les groupes et associations de femmes militantes préparent des manifestations partout dans le monde, pour faire aboutir leurs revendications, améliorer la condition des femmes, fêter les victoires et les avancées » En Haïti, les droits de la femme ne sont pas encore une réalité. Les femmes groupées en associations font beaucoup d’efforts, les femmes libérées et bien dans leur peau revendiquent leurs droits chaque jour en s’imposant tout naturellement. Je dirais aux plus jeunes que moi qui voudraient se lancer  dans le mannequinat, qu’être mannequin en Haïti n’est pas encore un métier avec lequel on peut faire face à ses obligations. Je leur demanderais de se concentrer sur leurs études pour avoir une bonne profession tout en menant une vie saine : bonne hygiène, alimentation équilibrée, sport et détente. Amusez-vous, vivez vos rêves et ne pensez pas que votre beauté extérieure est tout ce qui compte, d’ailleurs c’est le package qu’est votre intelligence, votre caractère, votre bonté et lumière intérieure, l’amour que vous exprimez envers vous-mêmes et ceux autour de vous, qui feront votre victoire. Propos recueillis par Gaëlle C. Alexis

Marie Michelle Lemorin animatrice qui gère son micro Née le 11 janvier 1985 et fille unique de sa mère, Marie Michelle est gestionnaire comptable. Elle travaille pour le compte d’une institution de Pétionville. Elle a débuté dans le domaine de l’animation à la Radio Nationale D’Haïti, en 2007, à l’émission « Miroir des jeunes » présentée par une équipe de jeunes. Puis ayant acquis une certaine expérience, elle a poursuivi sa carrière à la Radio Commerciale d’Haïti sur le 92.5 FM. Cela fait cinq ans depuis que « Double M» présente « Rendez-Vous dominical », une émission hebdomadaire. Ticket l’a rencontrée. Dis-nous, de quoi traite ton émission « RendezVous Dominical » ? Rendez-Vous Dominical est une émission hebdomadaire à caractère éducatif et culturel à travers laquelle nous traitons de très beaux sujets. Nous recevons des professeurs, des médecins, qui parlent de maladies contagieuses telles le sida. Nous avons pu épuiser plus de cinq sujets auxquels les auditeurs se sont intéressés durant toutes les semaines. Nous diffusons aussi de la musique, et certaines fois nous recevons des artistes qui parlent de leurs œuvres. Une émission de ce genre est-elle vraiment stressante à préparer? C’est un long travail, mais quand même je réussis à la préparer, car j’aime bien mon émission et je la présente en y mettant tout mon être. Cela ne représente pas beaucoup de stress. Je reçois des artistes, je tourne aussi des musiques. D’ailleurs l’émission est conçue pour relaxer et rebooster nos auditeurs. Comment sélectionnes-tu tes musiques ? Je travaille du lundi au samedi pour une institution en tant que gestionnaire comptable, cela ne me laisse donc pas trop de temps en semaine pour me consacrer à d’autres activités. Donc chaque dimanche dans la matinée, je fais une liste en sélectionnant les musiques que je vais diffuser dans mon émission. Qui était ton modèle dans le domaine de l’animation ? Toute petite, je prenais plaisir à voir animer Richard Devil, et un jour je l’ai appelé pour lui dire que j’aimerais être comme lui. Et sa réponse a été : « Si tu aimes ce métier tu dois aller à l’école. » Comme je n’avais pas encore terminé mes études classiques, je ne pouvais pas me rendre à la faculté des sciences humaines. Une année après, j’ai décroché mon diplôme en communication à l’UNEP. Quelques mois après, alors que j’étais en conversation avec un ancien professeur, qui, accompagné d’un ami de celui-ci lui déclara : « Ban’m pitit sa a pou’m al nan Radyo Komèsyal paske li pale byen. » Je présente depuis

le 16 juillet 2007 mon émission « Rendez-Vous dominical » sur les ondes de la Radio Commerciale, et cela fait cinq ans déjà. Cette émission, était-ce ton idée ou celle de la direction de la radio ? L’idée vient de la direction de la radio, mais c’est moi qui en ai rédigé le profil, et qui en ai choisi le titre. Parle-nous du feed-back de Rendez-Vous dominical ? Franchement, je suis très heureuse car le feedback est vraiment positif. Après la catastrophe de janvier, l’une de mes tantes a été témoin d’une conversation dans un tap-tap à mon sujet, où des gens demandaient si j’étais encore vivante ou morte. Ils pensaient que c’aurait été regrettable si je n’en sortais pas vivante. Par contre, ces personnes ne me connaissent pas vraiment mais elles m’écoutent ; c’est pour te dire à quel point mes fans sont fidèles à mon émission. Cela prouve aussi que lorsque l’on est animateur ou animatrice, on est toujours suivi de tous. Quels sont tes projets ? J’ai pas mal de projets, mais j’aimerais continuer à donner du plaisir à tout le monde, et spécialement à tous ceux qui abondent dans le même sens que moi, en aidant les autres à chasser leur stress avec mes conseils et de la bonne musique. Je désire aussi obtenir une maîtrise en gestion des ressources humaines, afin d’obtenir ma licence. Le message A toutes les jeunes filles qui aimeraient devenir animatrices ou accomplir autre chose dans leur vie, je leur dis que la base de ce qu’elles veulent entreprendre passe par l’éducation ; donc il faut aller à l’école. Et à tous ceux ou celles qui m’aiment, je les en remercie aussi et les encourage à continuer à me supporter. Je vous aime tous. Merci encore à Ticket. Loramus Rosemond

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Hommage HILDA CANEZ AUGUSTE

Une dame de fer

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urtout, ne vous fiez pas à sa corpulence, elle pourrait vous tromper. Du haut de ses cent quarante-trois centimètres, sous ses cheveux noirs et derrière ses yeux qui brillent se cache une militante. Si, malgré ses 83 années, elle refuse la retraite, c’est parce qu’elle a consacré toute sa vie à travailler sans aucun répit. Ainsi elle ne sait pas vraiment ce que sait de se reposer. La sincérité de son engagement économique, son attachement exceptionnel au milieu des affaires, son dévouement à l’entreprise familiale (Valério Canez) et sa gestion minutieuse de la fondation « Françoise Canez-Auguste » font d’elle une figure emblématique dans le monde de l’entreprenariat haïtien. Mme Hilda Canez Auguste est une femme de mérite. Et sa vie requiert l’attention de plus d’un. Fille unique, élevée dans un milieu commercial et artistique, Mme Auguste a vu le jour en 1929. Sa mère, Andrée Gautier (chanteuse soprano) et son père, Valério Canez (violoniste), ont été les premiers à œuvrer dans la culture folklorique haïtienne, en donnant des concerts, réalisant des disques et imprimant des livrets sur ce domaine. Avec des parents soucieux et dévoués, dans une conjoncture où les femmes à l’époque ne représentaient pas grand-chose, Hilda a pu avoir une éducation soutenue. Elle est de la deuxième promotion de femmes ayant été au baccalauréat en 1948. Cette brillante élève du Sacré-Cœur de Turgeau, a été à l’université au Skidmore College, Saratoga Springs, NY, et a eu une licence (Bachelors’degree) en gestion en 1951. Ses parents voyaient en elle une femme exceptionnelle.

Son parcours professionnel

En 1952, Hilda épouse Louis Auguste,

fils de René-Max Auguste et de Madeline Lafontant, tous deux apparentés à Jacques Roumain et descendants de Tancrède Auguste. Son mari, ingénieur-chimiste, s’adonna à l’agriculture puis œuvra dans les huiles essentielles. Elle a d’abord travaillé au SCISP (mission Sanitaire Américaine – Projet de l’époque). Car son père disait qu’elle devait apprendre à travailler comme un employé régulier et non chez elle, avec des privilèges, pour avoir plus de discipline. Discipline qu’elle garde jusqu’à aujourd’hui. Ensuite elle rejoint la Valerio Canez dans l’année 1955. Elle devient alors l’assistante de son père jusqu’à l’année de la mort de ce dernier, en 1975. L’année suivante, Hilda a été secondée par son premier fils, Ralph. Puis après par René-Max, Joël et même sa fille Michaelle. Actuellement, elle a pu convaincre ses petits-enfants de tous revenir au pays, et ils sont tous dans des entreprises du groupe Auguste-Canez. Durant sa carrière à la Valerio Canez, elle a dû souvent négocier avec les banques, prendre des décisions lourdes d’investissements, approuver les crédits à la consommation pour les clients, autoriser de grandes commandes et de grandes campagnes de publicité. Elle supervisait alors plus d’une centaine d’employés dans l’entreprise qui en compte actuellement 316.

La femme au grand cœur

Etre attaché à son travail ne veut pas dire que son monde s’arrête là. Consciente des différents problèmes que traversent le pays, Hilda Auguste s’est impliquée du mieux qu’elle pouvait dans bien des œuvres sociales ; reconstruction de l’église de Furcy après un cyclone, membre du comité de la Croix-Rouge Haïtienne et faisant des collectes de

fonds importantes pour la survie de cette institution dans les années 1990. Dans les années 80, elle fut membre des comités de la Chambre du Commerce et de l’Industrie d’Haïti avec Mme Lavelanet, seules femmes dans le comité à l’époque. Pour marquer ses actes, Hilda entame, de concert avec son mari, dans les années 2000, la construction d’un parc historique. Ce projet lourd et ambitieux lui a fallu des mois de travail. Ainsi le parc, baptisé « Parc Historique de la Canne à Sucre », fut inauguré en 2004 dans un élan de nationalisme et pour célébrer le bicentenaire de l’Indépendance d’Haïti. Louis Auguste, pour sa part, a permis de reconstituer le fonctionnement des équipements, ce qui crée l’allure vivante de l’espace. Ce parc est actuellement l’épicentre des plus grandes et plus importantes manifestations culturelles du pays. L’entrepreneure signe et approuve tous les chèques de la Valerio Canez S.A., de la Fondation Françoise Canez Auguste et de la Société Immobilière Hilda Canez Auguste en donnant la première signature. Elle travaille de 8h a.m. à 4h p.m. jusqu’à date. Elle a été éprouvée par la perte de deux de ses enfants, Ralph et Françoise, mais le travail ainsi que la participation à la bonne marche d’entreprises rendant services au pays, sont sa consolation et sa fierté. Cette battante assiste aussi à presque toutes les activités du Parc Historique de la Canne à Sucre pour s’assurer de leur bonne marche. Elle continue à inculquer à ses enfants et petits-enfants le sens des responsabilités, l’amour du pays, de l’honnêteté et du travail bien fait. Elisée Décembre elidfox@gmail.com

Margareth Papillon

Un quart de siècle d’écriture… Aujourd’hui, après 25 ans de dur labeur sur les sentiers de l’écriture, l’auteure Margareth Papillon n’a encore rien perdu de sa verve et de sa spontanéité habituelle. Au contraire, ses années lui ont permis d’avoir de l’expérience et elle demeure encore, avec sa tête bien faite et bien pleine, une référence pour continuer de plaire aux lecteurs, spécialement à ses fans, qui représentent pour elle le moteur de son succès. Que représente pour vous la Journée internationale de la femme ? La Journée internationale de la femme est un jour très important dans le combat de la femme pour ses droits, pour avoir une place à part entière dans le monde. Mais aussi ça me fait toujours prendre conscience que s’il faut un jour pour célébrer les femmes, c’est que la bataille est loin d’être gagnée. Elle le sera quand on n’aura plus besoin d’un jour spécial pour rappeler au monde que nous sommes des êtres humains au même titre que les hommes. Il n’y a pas de journée internationale des hommes que je sache et cela veut tout dire. Cette année, vous êtes en train de célébrer vos 25 ans de carrière, comment vous sentez-vous ? Je me sens très, très bien et je suis heureuse d’être bien vivante pour cette belle célébration. Je suis toujours animée de la même passion et de la même énergie. Je suis aussi fière du chemin parcouru. La tâche n’est toujours pas aisée, malgré les années écoulées, mais grâce à Dieu j’ai le courage nécessaire pour continuer à avancer. Parlez-nous un peu de ce parcours d’écriture ?

Ce fut un vrai parcours de combattant et je ne pense pas que les années à venir seront moins difficiles, malheureusement. Je suis toujours en train de gravir une côte abrupte. J’ai dû me débrouiller toute seule dès le début dans un milieu retors qui ne valorise pas le travail fourni. Mais, à côté de tout cela, il y a eu tellement de bonheur à partager avec mes fans. Mes lecteurs ont été amplement généreux avec moi et ont adopté mes œuvres dès le départ. Sans mon lectorat si enthousiaste si chaleureux, si passionné, je pense que j’aurais abandonné depuis longtemps… Que serais-je sans lui ? RIEN! J’ai peiné pour créer, j’ai beaucoup écrit, peu dormi, je me suis endettée pour publier, mais au bout du compte… pour le grand bonheur des lecteurs. Ceci n’a pas de prix ! Et du fond du cœur je leur dis MERCI. J’en profite aussi pour remercier ma maison de distribution Communication Plus, de madame Anaïse Chavenet, qui a été vraiment admirable et qui m’accompagne dans mon combat depuis 15 ans. Comment évolue le projet de bande dessinée de « La légende de Quisqueya » ? L’illustrateur Chevelin Pierre y travaille très fort. La date de publication ne dé-

pend que de lui et du temps qu’il prendra pour délivrer. Il y a un retard, car notre contrat prévoyait la date du 28 décembre 2011 pour la remise des travaux… mais c’est juste une question de mois. Quel conseil avez-vous pour cette société féminine en ce jour si important pour elle? Le plus grand conseil que je peux donner aux femmes, c’est de continuer à être cette force qu’elles constituent déjà au-delà de ce jour « spécial » qu’on veut nous attribuer (en quelque sorte un cadeau empoisonné), comme pour nous faire sentir que nous sommes très loin d’égaler les hommes… ; de garder en tête que ce sont elles qui portent et qui font les hommes et ce sont elles qui les

élèvent par conséquent ce sont elles qui font tourner le monde. Propos recueillis par Décembre Elisée


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Quelque part à Port-au-Prince, une agence très spéciale et surtout très discrète. La S.A.D. (Société Anonyme de Désenvoutement) spécialisée dans les études et les enquêtes n’étant pas du ressort des polices traditionnelles. Cette société est dirigée par un homme connu sous le nom de René Ouari. Elle vous dévoile par le biais de Ticket Magazine quelques-uns de ses….

Dossier Interdit Par Gary Victor

LE CAS NULAR


86mars août 2011 2012 No 535 597

-J’aimerais que vous vous penchiez soigneusement sur ce cas, lui avait dit René Ouari au téléphone. C’est un ami à moi, un psychologue de renom, qui m’a mis sur cette affaire. Et comme par hasard, le sujet est un ami d’enfance que j’ai perdu de vue depuis plus de vingt ans. Avant de raccrocher, il avait dit d’un ton mi-mystérieux, mi-badin : -Je vous assure, Sourbier, que ce n’est pas un canular. Sourbier était donc arrivé très tôt ce matin au siège de la SAD. Immacula, la secrétaire, était déjà à son poste. Elle avait sur son bureau un plat de salade de fruits qu’elle fit disparaître dans un tiroir dès que l’agent spécial fit son apparition. -Il vous attend déjà, s’empressa-t-elle de dire. Je l’ai installé au salon. Je lui ai servi du café, mais il a refusé. -Très bien, Immacula, fit Sourbier. Je m’installe, puis je le reçois. Bernard Sourbier poussa la porte du bureau de René Ouari. Cela lui fit un drôle d’effet de s’asseoir sur le siège du chef de la SAD. René Ouari avait été formel : « Jusqu’à ce que je sois rétabli, vous êtes le responsable de la SAD avec tous mes pouvoirs, Sourbier. Ce n’est pas parce que je suis indisponible que la Société anonyme de désenvoûtement doit cesser de fonctionner. » Bernard Sourbier ouvrit un tiroir, prit un stylo et un bloc-notes. C’était la première affaire qu’il allait traiter depuis ses démêlés avec l’Ėglise des vingt-quatre trônes. Il vivait depuis lors avec la peur au ventre à cause de cette injection qu’on lui avait faite alors qu’il était détenu par les membres de la secte. Cela faisait maintenant un mois et il n’avait rien remarqué de changé chez lui. Sous les conseils de Ouari, il s’était soumis à tous les examens possibles et imaginables dans des hôpitaux en République dominicaine et à Miami. On n’avait rien découvert d’anormal. Il était en parfaite santé. Malgré les conclusions des spécialistes, cela ne l’empêchait pas de se réveiller la nuit, en proie à de soudaines crises d’angoisse, le corps baigné de sueur. Il s’empressait d’aller s’examiner dans le grand miroir mural de sa salle de bain, craignant de se découvrir auréolé de cette lueur verte des cobayes de l’Ėglise des vingt-quatre trônes. « Cela va vous passer, lui avait dit Ouari. Vous avez subi un choc psychologique. Travailler sur une nouvelle affaire dans un tout autre registre ne pourra vous faire que du bien. »  La porte s’ouvrit. Un homme entra. Dans la quarantaine. Grand, vêtu d’un complet gris impeccable. Une cravate au nœud parfait. Un banquier ou un industriel, pensa Sourbier. Peut-être un haut fonctionnaire. Il puait le fric. Et l’eau de Cologne. Sourbier, sans savoir pourquoi, le trouva antipathique. Il se leva néanmoins pour accueillir le nouveau venu. -Bernard Sourbier, dit- il en lui tendant la main. Je remplace momentanément René Ouari. -Je suis Pierre Nular, fit l’homme en lui serrant vigoureusement la main et en le regardant droit dans les yeux sans ciller. Sourbier soutint le regard de Pierre Nular. Ce fut ce dernier qui détourna les yeux. -Je suis ici pour vous écouter, monsieur Nular. René Ouari m’a dit que vous aviez quelque chose d’important à nous confier. Asseyez-vous. -Vous n’allez pas me croire, dit Pierre Nular en s’asseyant. -Parlez, puis on verra, fit Bernard Sourbier. La belle assurance de Pierre Nular sembla soudain se dissiper. Il se mit à se frotter les mains, ses lèvres agitées de brefs tremblements. -Je vous écoute, l’encouragea Bernard Sourbier. -Eh bien, voici, commença Pierre Nular. Je suis marié depuis vingt-deux ans et… Il s’arrêta, baissa les yeux. Sa respiration se fit soudain haletante. -Continuez, je vous prie, insista Sourbier. -Je ne me suis rendu compte de tout cela que depuis quinze jours. Sourbier le regarda, surpris.

-Expliquez-vous, monsieur Nular. -Je n’ai rien à expliquer, monsieur Sourbier. Je vous dis que je ne me suis rendu compte de ma situation que depuis quinze jours. Je me suis réveillé tout simplement. -Vous dormiez ? -Non… J’étais dans une vie que je ne reconnaissais pas. Je me suis souvenu simplement que j’étais chez ma mère. Je devais aller voir une jeune fille assez spéciale. Et puis rien… Je me suis retrouvé vingt-deux ans plus tard, dans une maison, dans une situation enviable certes, avec des amis, des parents de ma femme. -Attendez, attendez, s’empressa de dire Sourbier. J’essaie de comprendre. Vous êtes devenu brusquement amnésique ? -C’est ce que j’ai cru tout d’abord. Ma femme m’a conseillé d’aller voir un psychologue. C’est ce que j’ai fait. D’après lui je ne suis pas amnésique. -Si vous n’êtes pas amnésique, monsieur Nular, c’est quoi alors ? -C’est à vous de me le dire. -Ce n’est pas un canular ? lui demanda Sourbier en levant les mains au ciel. -Non, monsieur Sourbier, ce n’est pas un canular. Je crois de préférence que… Il s’arrêta un instant comme pour s’assurer de son effet. -Je crois de préférence que j’ai été envoûté. -C’est donc la raison de votre présence ici. -Alors, expliquez-moi. Pourquoi la jeune fille que j’allais voir est justement ma femme aujourd’hui ? Pourquoi ma mère, lors de la dernière conversation que j’ai eue avec elle, je m’en souviens très bien, me mettait en garde contre cette fille ? Pourquoi celle que je retrouve être ma femme maintenant prétend que

ce qui me reste de famille a totalement rompu avec moi depuis notre mariage et fait tout son possible pour que je ne voie pas mère qui a comme par hasard disparu trois jours après que je me sois réveillé ? -Elle a disparu ? s’étonna Sourbier. -Disparu. Deux hommes se sont présentés chez elle. Elle est partie avec eux. Puis on ne l’a jamais revue. -Qui étaient ces hommes ? Pierre Nular toussa. -J’ai mené ma petite enquête. J’ai interrogé quelques personnes du quartier où ma mère habitait. La voiture dans laquelle ils l’ont emmenée appartient à la compagnie de sécurité que dirige un frère de ma femme. -Vous n’avez pas averti la police ? Pierre Nular regarda Sourbier avec de grands yeux. -Vous plaisantez certainement. Sourbier se mit à pianoter sur le bureau. Cela devait être un canular. Un canular pour discréditer la SAD. Il portait bien son non… Nular… Canular. Mais Ouari, qui était toujours plus que méticuleux avant d’accepter une affaire, lui avait certifié que ce cas était sérieux. Est-ce que l’accident de Ouari n’avait pas affaibli ses facultés ? -Je ne crois pas à ces histoires de charme, soupira Bernard Sourbier. Si ces histoires étaient vraies, nous, les hommes, serions tous devenus des zombies. -René Ouari y croit, lui, puisqu’il m’a certifié que vous étudierez mon cas. Sourbier examina l’homme assis en face de lui. Pierre Nular cette fois soutint son regard. Jamais il ne détourna les yeux. -Et pourquoi donc, vous êtes envouté de manière aussi radicale ? Aviez-vous des qualités inestimables aux yeux de cette demoiselle ?

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-J’étais beau. Je venais de terminer mes études de droit. Elle était la seule fille d’une famille assez fortunée. Mais elle était laide, louchait, et boitait à cause d’une poliomyélite mal traitée quand elle était enfant. Je l’ai rencontrée à une soirée chez des amis. Je lui ai parlé et je me rappelle avoir été surpris par son intelligence. Mais personne ne faisait attention à elle, et pour cause. Elle m’a presque supplié de lui rendre visite chez elle. Plus par pitié, j’ai accepté. C’est ainsi que je me suis rendu plusieurs fois chez elle. Je me souviens que ma mère m’avait mis en garde contre elle. Et puis plus rien, jusqu’à ce que je me réveille il y a de cela une quinzaine de jours. Bernard Sourbier, se leva, visiblement exaspéré. -Je crois, monsieur Nular, que vous feriez mieux de voir un autre psychologue. Celui qui vous a référé ici, visiblement, ne mérite pas son diplôme. Vous voulez nous mener en bateau. Vous portez bien votre nom. Nular ! C’est un canular votre histoire. Pierre Nular resta obstinément assis à fixer d’un air offusqué la main que lui tendait Bernard Sourbier. -Vous refusez donc de m’aider ? Au moment où Sourbier allait répondre, le téléphone sur le bureau sonna. Il décrocha. C’était René Ouari. -Vous en êtes où avec le cas Nular, Sourbier ? -Vous l’avez bien dit, Ouari. C’est un canular. Une couleuvre qu’on veut nous faire avaler. Il y eut un silence au bout du fil, puis la voix du patron de la SAD claqua sèchement au téléphone. -Ce n’est pas un canular, Sourbier. Je veux que vous vous penchiez en priorité sur ce cas. C’est un ordre. Ouari raccrocha. Sourbier se rassit. -C’était René Ouari ? demanda Nular, une lueur de triomphe dans le regard. Sans répondre, Sourbier décapsula le stylo et ouvrit le bloc-notes. -On va tout recommencer, dit-il froidement. Vous dites qu’on a reconnu la voiture dont on s’est servi pour enlever votre mère. -Mieux encore, jubila Pierre Nular. Je suis arrivé à identifier l’un des deux hommes qui ont emmené ma mère. Mais moi, je ne peux rien faire. Ma femme me surveille, monsieur Sourbier. Ma vie est en danger. Pour contacter mon ami d’enfance, René Ouari, puis venir ici, j’ai dû prendre toutes les précautions. Il n’y a rien de plus dangereux qu’une épouse qui vous a eu par envoûtement et qui se rend compte que le mari tenu en laisse magiquement s’est réveillé.


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Lexique des «brendjenn»

«Ti bonbon nan bwat»

Le mot, unité minimale de la chaîne écrite, occupe une place particulière dans la construction de toutes phrases. Son enchaînement crée le sens des énoncés. En revanche, son insertion, sa substitution, son déplacement ou son renforcement peuvent engendrer un bouleversement syntaxique au niveau de la structure sémantique et de la progression thématique de la rédaction. La créativité aiguë des artistes les pousse, fort souvent, à marteler de nouveaux monèmes dans leur musique. Ainsi, il nous incombe d’aborder ses mots afin de donner une esquisse de leur côté sémantique. Pour se faire, la suite de monèmes « Ti bonbon nan bwat» prime dans la rubrique « Lexique des brendjenn » de cette semaine.

10 astuces faciles pour booster votre fertilité C’est décidé, Jules et vous voulez un bébé ! Sachant qu’1 couple sur 6 met au moins un an avant de concevoir un bébé, voici 10 conseils faciles pour doper votre fertilité et mettre toutes les chances de votre côté. 1 - Faire un check-up chez le médecin

Consulter votre médecin, permettra de déterminer selon votre profil si vous devez changer certaines de vos habitudes (sport, alimentation, tabac...) afin d’optimiser vos chances d’��tre enceinte. Il est utile aussi, afin que tout se passe bien, de faire un contrôle gynécologique. Arrêtez la pilule trois mois avant de chercher à avoir un bébé pour bien préparer le « terrain » et rééquilibrer naturellement vos cycles.

2 - Faire souvent l’amour

Des rapports sexuels au minimum tous les 2 à 3 jours en période d’ovulation augmentent les chances d’être enceinte. En effet les spermatozoïdes ont une durée de vie estimée à 72 h.

3 - Arrêter les régimes

Les femmes suivant un régime trop restrictif peuvent présenter des troubles des cycles féminins voire une absence d’ovulation. Si vous souhaitez perdre du poids, le mieux est de faire un régime avant de chercher à avoir un bébé.

4. Se détendre

Le stress peut influer négativement sur la fertilité voire stopper l’ovulation. Se mettre au yoga ou à la sophrologie peut aider à se détendre et favoriser la procréation.

5. Choisir les meilleures positions

Privilégiez les positions où l’homme est sur la femme (type missionnaire) afin que la gravité agisse en votre faveur. Restez sur le dos quelques minutes après l’amour et évitez la douche juste après.

6 - Manger plus équilibré 

Fruits, légumes, viandes, poissons... Un régime alimentaire équilibré, riche en vitamines et minéraux prépare votre corps à une futuregrossesse.

7 - Rafraîchir votre homme

P

our la plupart, l’expression « Ti bonbon nan bwat » peut seulement renvoyer aux petites friandises généralement sucrées et aromatisées que l’on vend dans des boîtes de conservation. Fort souvent, une armada de gens sur notre territoire se servent de ces boîtes à bonbons pour mettre les barrettes et les nœuds de leurs filles. Les mamans, les gouvernantes et les ménagères qui ont l’habitude de coiffer les fillettes disent répétitivement au moment opportun : « Kot barèt ak ne ki te nan bwat bonbon an » ; ou encore : « Pran youn nan ti bonbon nan bwat la pou mwen tanpri ». Dans une autre situation de communication, légion sont les « brendjenn » qui utilisent la suite de monèmes « ti bonbon nan bwat » pour dire de manière codée les préservatifs masculins dénommés « condoms ». Ils le font par peur qu’une personne ou la fille en question sache ce qu’ils demandent. Par exemple : « Blòd, mwen pral jwe yon match la, ban m’ yon bonbon nan bwat non » ; ou : « Se paske w’ te vle parenn wi ki fè w’ pat ban m’ ti bonbon nan bwat la » ! Parallèlement aux autres possibilités de sens susmentionnés et qui sont peu utilisés, l’expression « ti bonbon

nan bwat » véhicule une autre charge sémantique bien précise. Les séducteurs impénitents et peu scrupuleux de la ville savent aussi bien que les « blòdè ki pa nan bese triye » que la locution « ti bonbon nan bwat » ne désigne rien d’autre qu’une nouvelle petite amie ou une nouvelle partenaire sexuelle pour qui on a beaucoup d’affection. Dans ce contexte, cet autre aspect de signification que transporte le thème est le plus important. Car bon nombre de gens s’en servent depuis des lustres et ce sens connoté de « ti bonbon nan bwat » reste le plus populaire de tous les autres. Par exemple : « Si fi an ale m’ pa nwi non. M gen de lòt ti bonbon nan bwat man » ; ou encore : « Mwen fèk gen yon ti bonbon nan bwat baz, mezi pye m’ ! M’ap montre w’ li.» A son opposé, on retrouve l’expression « ansyen bonbon nan bwat », qui pointe du doigt une ou (des personnes) avec qui on avait une relation sentimentale ou autre. Il se peut que la relation tienne toujours mais elle supportera l’handicap que les personnes ne peuvent s’exhiber en public pour des raisons quelconques. Est-ce pour cela que dans la strophe du rappeur Izolan sur la méringue « Trip n’ap trip » il a entonné : « Kot feminen m’ yo, ansyen bonbon nan bwat ? Pas agoch pas adwat fè mwen

stat » ! Là, il faisait allusion à ses anciennes copines en substituant le mot par « feminen m’ » et « ansyen bonbon nan bwat ». Le qualificatif « ti » qui précède le mot « bonbon » de l’expression peut être soit affectif soit péjoratif. Péjoratif dans le sens où l’on veut rabaisser ou dévaloriser le sujet en question : « Yo wè anba w’ atis, ti kay sa a !», « An ! se pou ti biwo sa w’ t’ap fè tout literati sa yo » ! Affectif dans le sens où l’on accorde une valeur inestimable à la personne ou la chose : « Bèl ti madanm sa w’anvi kite man ? Ou fou !», « Jan m’ renmen ti machin ou an », etc. Tout dépend de l’environnement textuel de la conversation amalgamé de la tonalité du locuteur. Maintenant que le savez, pour cette journée mondiale de la femme qui est toujours célébrée le 8 mars de chaque année, faites de votre petite maman chérie votre femme, votre sœur, cousine ou fille, votre « ti bonbon nan bwat » en lui faisant plein de bisous et de cadeaux. Wendy Simon

Trop de chaleur au niveau des parties génitales de votre homme nuit à sa production de spermatozoïdes. Il faut donc qu’il évite les pantalons trop serrés et les bains trop chauds.

8 - Repérer vos périodes de fécondité 

La période de l’année idéale pour concevoir un enfant est la fin de l’automne - début de l’hiver. A ce moment, les spermatozoïdes sont plus nombreux et plus mobiles. Pour la femme, il faut repérer  le moment de l’ovulation en prenant régulièrement sa température ou via des tests d’ovulation.

9 - Arrêter de fumer

Le tabac est néfaste pour la fertilité féminine (baisse de la réserve d’ovules, de sa qualité, hausse du délai de conception) mais aussi masculine (baisse de la qualité et de la quantité de spermatozoïdes). Selon la consommation de cigarettes, une fumeuse a de 10 à 30% de chances en moins d’être enceinte qu’une femme non fumeuse.

10 - Ne pas abuser de l’alcool et du café 

Boire plus de 2 verres d’alcool par jour nuit à la fertilité chez l’homme et la femme. Une consommation excessive d’alcool diminue aussi la libido. D’autre part, une consommation trop grande de café (6 tasses par jour) réduit aussi les chances d’avoir un enfant.


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Lyrics

Le Bon Dieu Est Une Femme de CORNEILLE La terre saigne depuis la nuit des temps De grandes misères et de guerres souvent Et pour chaque soldat qui rentre, une femme attend Les hommes, les pires et les tout-puissants Les pires bourreaux et même Adolf vivant Avaient tous au moins une femme qui les aimait tant Quand c’est pas une soeur, c’est une mère qui aime Et quand c’est pas la mère , c’est l’épouse qui aime Et quand c’est pas l’épouse, c’est une autre femme Ou une maîtresse qui espère alors {Refrain:} Si c’est vrai qu’elles nous pardonnent tout Si c’est vrai qu’elles nous aiment malgré tout Si c’est vrai qu’elles donnent aux hommes le jour Moi je dis, que le bon Dieu est une femme Nos mères paient depuis la nuit des temps Depuis l’histoire de la pomme d’Adam Elles portent les maux et les torts du monde, tout leur vivant Le ciel bénisse la femme qui aime encore Un infidèle jusqu’a la mort Faut être Dieu pour être trahis et aimer plus fort Quand c’est pas une soeur, c’est une mère qui aime Et quand c’est pas la mère , c’est l’épouse qui aime Et quand c’est pas l’épouse, c’est une autre femme Ou une maîtresse qui espère alors {au Refrain} Si l’or du monde était dans la main d’une femme On lui ferait la cour pour l’avoir Imagine les hommes s’ils n’avaient qu’à chanter l’amour pour avoir

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Dans nos

librairies Cette semaine à la Librairie La Pléiade :

‘’Tifi en Haïti’’ de Valérie Lacroix. Après le tremblement de terre qui a ravagé son Île, Starling a trouvé un semblant de paix avec Monsieur Neptune. Aussi elle n’a pas envie de recevoir les lettres de Lucie qui lui écrit de France, elle n’a pas besoin de cette attention. Pourtant, petit à petit, Lucie apprivoise Starling avec ses chroniques d’un monde où il fait froid. Pubié sous les Editions Thierry Magnier, ce livre est disponible à la Librairie La Pléiade au prix de 550 gourdes.

Les amis de Ticket ont dit sur

{au Refrain, x2}

Valery Vilain Maquilleur

Journée internationale de la femme Valery Vilain Maquilleur.» Femmes D’Haïti Moteur de la société», 8 mars 2012. Manque t-il un point ou une virgule après femme dans la première phrase, ou..?

David André

After Equator, Guadeloupe. Sea, Sex, Sun by David Andre, the resort wear and beachwear line is available in Martinique at: J-Lo showroom et créateurs 37 Rue Perrinon Fort de France, Martinique Notre designer ne chôme pas semble t-il!

Georges Maurice Saintilaire

Haïti est pays de terre glissée... Chaussures aux semelles lisses, prière de s’abstenir... On vous aura prévenu !

Emmanuel Jean-francois

Une femme, une vraie femme, c’est une femme avant tout qui n’est pas féministe. On voit qu’une certaine « Ministre » n’est pas dans ta liste de contacts !

Stanley Figaro

Je sens que ça va finir en queue de poisson mais ca ne me dérange

pas, c’est la partie que je préfère dans le poisson. Les fins malheureuses, y’en a qui s’en délectent on dirait.

Harry Luc

Caravane Francophone in Cap Haitian today@Wanito@atisbelo@bictizondife@ jjRoosvelt.#Haitipaportauprince La Caravane est en effet lancée, et le Cap en profite amplement à ce qu’on constate!

Jennifer Légitime

Journée Mondiale de la Femme. Je ne la sens. Je ne la vis pas. On sent multiplier les secousses: secousses de la terre, de nos entrailles pour l’avenir de nos enfants, dans nos têtes stressées. Secousses dans nos poches trouées, dans nos ventres vides. Secousses dans les rues de Port-auPrince avec les bandits. Secousses politiques de grandes crises à venir. La journée mondiale de la Femme en Haïti est secouée. La secousse du 7 mars aura au moins inspiré une !

Stanley Figaro

Bonjou Marchann!! ou pa vann Noir de coco??? Noir de Coco ? Jamais entendu parler !


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Hommage Elle ne passe jamais inaperçue. Coquette, joviale, et gentille, Katherine Berhmann fait tourner les têtes sur son passage. Epouse du chanteur Carl Fred Berhmann, mère de deux enfants, elle trouve le temps de s’adonner à sa passion au magasin Champagne : les robes de mariées ! Au complexe promenade à pétion-ville, où se situe sa boutique de luxe, les clientes sont toujours satisfaites et ne cessent de s’étonner de sa bonne humeur. Croyez-moi, ce sourire là vaut le détour.

ses. Je veux qu’elles obtiennent ce qu’elles veulent et qu’elles se sentent belles. Comment se passe ta journée d’habitude ? Je commence ma journée avec une grande quantité de café. Une fois que j’arrive dans le magasin, je me retrouve dans une zone feutrée. Je me concentre. Je suis dans le monde de Champagne ! Dès que je franchis le seuil de la boutique, j’oublie tous mes autres soucis. Fort souvent, je reste dans cet état d’esprit pendant toute la journée. En plus de l’entreprenariat, tu es une épouse et une mère, comment gères tu les deux ? Il n’est pas toujours facile de gérer tout ça. Mais comme je suis toujours sur la balle, j’ai une merveilleuse équipe à la maison qui m’aide à régler tout ce qui doit être réglé. Je gère mon foyer comme je gère mon entreprise. Je mets mes employés à bord de telle sorte qu’ils soient entraînés, qu’ils apprennent et qu’ils deviennent professionnels. Sans leur précieuse collaboration, je ne sais pas comment je serais arrivée à gérer tout ça. Mon mari est aussi un grand supporteur et un excellent père. Puisqu’on partage tous deux cette même passion pour notre travail, on s’assure de trouver du temps pour nous tout en partageant nos réussites comme un front uni. Que penses-tu du rôle de la femme dans notre société ? Je pense que les femmes jouent un rôle extrêmement important dans la société. On joue un rôle de balance. C’est à nous qu’il revient d’apporter tendresse et attention à nos enfants et dans notre foyer peu importe la situation. Sans nous, il n’y aurait pas d’équilibre. Il ne faut pourtant pas que ”we are WOMEN, NOT MEN”. Que représente la femme pour toi ? Je pense que la femme représente la force, la solidarité, la tendresse et l’amour !

Katherine Berhmann

Passion Champagne Présente-toi aux lecteurs de Ticket  Je suis Katherine Gardère Berhmann. J’ai 30 ans et je suis une jeune entrepreneure haïtienne. Tu es une femme entrepreneure, comment cela a commencé ? Après mes études en finance et économie à l’American University, mon rêve a toujours été de revenir en Haïti pour contribuer au progrès de mon pays. J’ai donc commencé à travailler pour « Peintures Caraïbes », une entreprise familiale. Faire partie d’une entreprise familiale n’est pas toujours aisé. Et la jeunesse stimule notre envie d’aller plus loin et de réussir. J’ai alors commencé à penser à d’autres types de business. C’est ainsi qu’un rêve que j’ai longtemps caressé a refait surface. Je voulais ouvrir un magasin qui vendrait des accessoires pour mariées. Je me suis trouvées les parfaites partenaires,

à savoir Kara Chauvet et ma sœur Caroline Chauvet, qui avaient chacune des talents que moi je n’avais pas. A nous trois, nous formons une belle équipe. On se complete. Je dis souvent que “I am the gas pedal, Caroline is the brakes, and Kara is the shift gears in between”. J’ai très vite entrepris des recherches sur le sujet et j’ai essayé de comprendre pourquoi personne ne s’était aventuré dans ce domaine avant. Car je trouve absurde que les jeunes femmes soient obligées d’aller à l’étranger pour se procurer leurs robes. Certaines n’ont d’ailleurs pas du tout la chance de profiter pleinement de leur expérience de future mariée. J’ai repensé à mon propre mariage à l’époque où trouver une robe de mariée était un véritable casse-tête. Il était aussi difficile de trouver des vêtements pour les filles d’honneur. Tout ceci a nécessité de nombreux voyages à

Miami. Et là encore, tout n’a pas pu être bien fait. Je voulais changer ça ! Est-ce un gène familial ? C’est drôle, mais je dois dire que oui. Dans ma famille, ce n’est vraiment pas ce qui manque. De mes arrière-grands-parents à mes parents, il en a toujours été ainsi dans ma famille. Mon père est un fervent homme d’affaires et ma mère a toujours travaillé avec fougue à ses côtés. On était donc appelées à être des femmes intelligentes et travailleuses, sachant que le travail et la détermination rendent tout possible. Parle-nous de l’aventure Champagne ? L’aventure Champagne ! Wow ! Cela peut être à la fois émouvant et stressant. Mais j’adore ce que je fais. Je me réveille chaque matin avec le désir de rendre mes clientes heureu-

Que penses-tu de la Journée internationale de la femme ? Je pense que ceci est une très bonne initiative. C’est important que le monde entier reconnaisse l’importance et le rôle de la femme dans notre société ! Sans nous, les hommes et le monde n’auraient pas de BALANCE. As-tu un conseil pour des jeunes entrepreneures comme toi qui voudraient se lancer ? Absolument ! Il ne faut pas avoir peur d’oser ! Si vous avez un rêve ou un but, il faut faire un plan d’action bien déterminé, bien l’étudier et aller de l’avant. Il est important aussi de savoir qu’on ne réussit pas facilement. Des fois, on fait des erreurs. Mais ces erreurs nous permettent de grandir et d’aller de l’avant. Prenez conseil, car l’expérience des autres peut définitivement vous servir. Bonne chance ! Et à toutes les femmes aujourd’hui, je dis : «  Soyez fières mesdames, soyez très fières, car ce que nous pouvons faire, les hommes ne le peuvent certainement pas !!! We have the upper end ladies, so let’s use it! Propos recueillis par Gaëlle C. Alexis


Phelicia Dell, VèVè plus qu'un sac !