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8 février 2012 No 588

Un duo prometteur

C’EST LEUR ANNIVERSAIRE Miu

née le 7 février Mercredi 8 février

David ‘Phoenix’ Farrell (Bassiste), Seth Green (Acteur), Claudette Pace (Chanteuse), Vince Neil (Chanteur), Robert Klein (Comédien), Nick Nolte (Acteur), Ted Koppel (Chroniqueur sportif ), John Williams (Scénariste), Jack Lemmon (Acteur), Dorvilier Widlyne, Lyle Talbot (Acteur).

Jeudi 9 février

Travis Tritt (Chanteur), David Gallagher (Acteur), Blanc Israel, Charles Shaughnessy (Acteur), Mia Farrow (Actrice), Guilenne Oslin, Alice Walker (Poétesse), Ruth Marie Moïse Vales, Joe Pesci (Acteur), Norlie Innocent, Carole King (Compositrice), Philippe Trémont, Roger Mudd (NBC broadcaster), Brendan Behan (Acteur), Gypsy Rose Lee (Danseuse).

Vendredi 10 février

Nadège Dugravil (Chanteuse), Emma Roberts (Artiste), François Stanley, Laura Dern (Actrice), Glenn Beck (Animateur), George Stephanopoulos (Politicien Américain), Greg Norman (Sportif ), Mark Spitz (Nageur), Roberta Flack (Choriste), Robert Wagner (Acteur), Leontyne Price (Artiste d’opéra), Lon Chaney, Jr. (Acteur).

Samedi 11 février Ils ont tous deux marqué l’année 2011 à leur façon : l’un, avec son hit « Dekole » et l’autre, avec son timbre de voix peu commun et ses compositions originales telles que « Blocus » et «Gad On rèv». J-Perry et Wanito sont définitivement des talents sûrs. Ces deux musiciens de styles différents se sont mis ensemble pour nous offrir « Plane », leur première méringue carnavalesque. L’idée de réaliser une musique commune pour le carnaval vient du staff de J-Perry, avoue Wanito. Mais les deux artistes, issus de la même génération et partageant les mêmes objectifs, n’ont eu aucun mal à collaborer. La musique ayant ce mystérieux pouvoir de symbiose permettant à des tendances variées de se mélanger agréablement, les deux artistes se sont vite rapprochés. Leur collaboration a donné naissance en un rien de temps à « Plane », une méringue dans laquelle on n’a aucun mal à reconnaître chacun d’entre eux. Les exigences de leurs carrières respectives ne leur a pas encore permis de réaliser la vidéo mais ils espèrent pouvoir s’arranger pour satisfaire les fans. Cette première méringue ne traduit guère un poignant désir de prendre part au défilé carnavalesque. Leur but est plutôt de faire encore une fois plaisir aux fans en leur gratifiant avant tout d’une belle composition musicale, précise J-Perry. Objectif qui est d’ailleurs atteint. Le feedback étant très positif, ils ont entamé certaines démarches et espèrent avoir une réponse positive pour le bonheur de tous ceux qui voudraient voir J-Perry et Wanito sur un char. « Plane », qui résulte d’une collaboration isolée peut toutefois donner naissance à un projet sur le long terme. Les deux chanteurs ont toutefois insisté sur le fait qu’ils sont des artistes solos et comptent le rester. Cette collaboration aura quand même permis à chacun d’eux d’élargir son public.

Kelly Rowland (Actrice/Chanteuse), Jennifer Aniston (Actrice), Valencia Pétion (Présentatrice), Brandy (Chanteuse), Ajay Blay Bown (Rappeur), Taylor Lautner (Acteur), Christofer Drew Ingle (Chanteur), Mike Shinoda (Chanteur/ compositeur), Sarah Palin (Politicienne), Sheryl Crow (Guitariste), Sergio Mendes (Artiste).

Dimanche 12 février

Jennifer Stone (Prestidigitateur), Chritina Ricci (Actrice), Weendy Eugène, Naseem Hamed (Boxeur), Arsenio Hall (Présentateur), Stéphanie Candio, Joanna Kerns (Sportive), Michael McDonald (Chanteur/Compositeur), Steve Hackett (Bassiste), Ray Manzarek (Keyboardiste), Bill Russel (Basketteur).

C’est aussi leur anniversaire

Hérold Baptiste, Junior Honore, Jean Louinet Guerrier, Kétia Joseph, Ronaldo Jasmin, Joe Garagiola, Franco Zeffirelli, Dom Dimaggio, Lorne Greene, Ted Mack, Omar Bradley, Charles Darwin.

Daphney Valsaint Malandre

Agenda du week-end MERCREDI 8 FEVRIER 2012

-Le Marathon de Lecture 2012, « La nuit juste avant les Forets » de Bernard Mari Koltès par le comédien Billy midi (IFH) Dès : 18 hres 30

JEUDI 9 FEVRIER 2012

-Ambiance Open Mic, avec Lion Soul (M&M Pizza Bar & Grill) Dès : 7 hres -P-Jay en Concert (IFH) sur invitation à retirer à la Bibliothèque de l’apprenant Dès : 18 hrs30

VENDREDI 10 FEVRIER 2012

-Kreyol La (Mango Lounge) Info : 3445-4505 -Lecture Scénique (Fokal) -Kwak, Jacob Desvarieux de Kassav, K-Dans (Parc Historique de la Canne à Sucre)

SAMEDI 11 FEVRIER 2012

-Tropicana (Esquina Latina) -1er Festival International de salsa en Haïti participants : Portorico, Usa, France, Haïti (Parc Historique de la Canne à Sucre) info : haitisalsafestival@gmail.com et haitisalsa.com et phone 509-3730-9347

Pour Insertion Phone: 3922-3006 E-mail : francoispiere54@yahoo.fr

-Jovial Konpa (Aux Calebasses) Dès : hres pm

-10 et 11 fevrier K-naval K-fou thème : Koud a Koud na rive -‘Ambiance Folle’ (Tempo Plus, rue Panaméricaine # 36, Pétion ville) Info : 3467-1818 / 2940-0577 / 3554-9718 ou : @tempoplus.net -Pool Party, Ambiance avec Dj Wow, Oops, Spark, Ddo Mix (Romantic Hotel, Diquini 63) Dès 1 hr pm -Animation à (Bato Baz, Le Vicomte, P-Ville) Adm : #30 ht ou 150 gdes Dès : 5 hres pm -Chaque Samedi, Show de Mode, Show de Danses, Animation Dj (O Brasillera, Social Club, 103, rue Louverture, Pétion-ville) Adm : $50 ht ou 250 gdes Info : 3610-9125 / 3922-0188

-Ambiance avec Dj Bertin et ses Amis (Bamboulinos) Djakout #1, Dj Snap, (La Colombe Hôtel, Clercine-Tabarre, Blvd 15 Octobre) Dès : 9 hres pm -Arly, Jacques sauveur Jean, Nu Look (Esquina Latina) Info : 37342469

MARDI 14 FEVRIER 2012

Devenez notre fan sur

DIMANCHE 12 FEVRIER 2012

-Ambiance animation avec Almando Keslin et un groupe invité (Café Antillais, Santo 1) Info : 3876-4608 / 3420-1183 -Patrick Zamor en concert invités Kako et Jean Jean Roosevelt (Eglise du Sacré-Coeur) Dès : 5 hres pm. Adm : 250 gdes

à Ticket Magazine

Une publication de Ticket Magazine S.A.

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Frantz DUVAL REDACTEUR EN CHEF Stéphanie ANDRÉ SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Marie-Brunette B. MAINSOUR Gaëlle C. ALEXIS RÉDACTION Rosemond LORAMUS Joël FANFAN Wendy SIMON Aceline RENE Dimitry Nader ORISMA Toussaint Jean François TOUSSAINT Gilles FRESLET Daphney Valsaint MALANDRE Duckenson LAZARD Myria CHARLES Winnie Hugot GABRIEL Teddy Keser MOMBRUN Elisée Décembre CRÉATION ARTISTIQUE Responsable graphique Réginald GUSTAVE Photographes Frédérick C. ALEXIS Homère CARDICHON Jules Bernard DELVA Moranvil MERCIDIEU Publicité: 3782-0905 / 3782-0893 Rédaction: 3456 1920


L’agenda de Péguy

Jour J -… Bah ! Plus question de compter, le carnaval y est presque. Et les fêtards invétérés que vous êtes n’attendent que ça. Les Cayes, Jacmel, Petit-Goâve, le Cap, etc, toutes ces villes vous font de l’œil et cherchent à vous vendre ce qu’elles ont de plus offrant. Vous vous laissez prendre au jeu, ou vous restez attachés à vos traditions des jours gras. A vous de voir. Pendant que vous vous décidez, profitez de ce que Port-au-Prince vous propose.

z z u B

Jason Pierre-Paul, l’haïtien des « Giants » !

Par ailleurs, T-Vice, Nu Krezi et Tony Mix offrent un bal aux amoureux pour la Saint-Valentin au Ballade Night Club de Jacmel, après le carnaval national de cette ville qui aura lieu le 12 février. Pour infos, appelez au 37 18 65 92 ; 34 01 63 59

Haïti est au centre de la 46e édition du Superbowl. En effet, cette grande manifestation du football américain qui se déroule actuellement à Indianapolis a pour centre d’intérêt et point fort, cette année, Jason Pierre-Paul, un jeune d’origine haïtienne, âgé de 23 ans, qui se rapproche plus que quiconque du titre du joueur par excellence du Superbowl de 2012. Ce dimanche, au Lucas Oil Stadium, tous les amateurs de football américain avaient misé sur Jason Pierre-Paul, le défenseur de New York Giants qui jouait face à New England Patriots. Leur choix était fait non pas surtout à cause de la dextérité dont fait preuve le jeune Haïtien né à Deerfield Beach (Florida), mais surtout parce que le jeune joueur avait insisté pour que son père, Jean Pierre-Paul, devenu aveugle juste après sa naissance assiste pour la première fois à ce match visiblement très important pour sa carrière. Même si Jean ne peut voir son fils à l’œuvre, installé dans un coin que Jason a choisi spécialement pour ses parents, à l’abri des brouhahas, son père assistant à son premier match de football live n’a pas caché sa fierté vis-à-vis de son fils, via un interprète créole, aux chroniqueurs. Ce dimanche 6 février, le nom de Jason était sur les lèvres des fans des Giants, car tout le monde était persuadé que la victoire de l’équipe était due à l’enthousiasme de Jason, qui de toute évidence s’est surpassé afin de rendre son père encore plus fier et heureux. 21- 17, tel a été le score final de ce match qui a fait le bonheur des Giants. Pauvres « Patriots », et Bravo Jason !

L’Orchestre Tropicana se met également de la partie et vous attend à Esquina Latina le 14 février à compter de 9 h p.m.

Vivement le carnaval de Portau-Prince !

Un « happy hour » serait vraiment le bienvenu pour vous lancer totalement dans l’ambiance du carnaval. Mercredi, essayez celui de Café de l’Europe avec Mr CED. Et jeudi, allez découvrir Celia Rose, qui semble bien délicieuse, à Café des Arts. L’ambiance est payable à l’entrée à $ US 5 (ça alors !), dès 7 h p.m. Vous aurez du folk-rock music avec un petit quelque chose d’haïtien. 19, rue Lamarre Pétion-Ville, à côté des Galeries Monnin. Egalement, votre rendez-vous de tous les jeudis soirs à ne pas rater. Ram à l’Hôtel Oloffson à partir de 10 h p.m. Vendredi, profitez de Kanavalesk en tandem avecle Dj Richard Grey au Cercle Bellevue. A partir de 9 h p.m. N’oubliez surtout pas vos masques et votre déguisement. Admission : $ US 30. Avant que le rap et le rabòday envahissent comme ils le font, il fut un temps ou c’était l’ère du zouk en Haïti. Vous avez connu bon nombre de groupes et d’artistes célèbres tels qu’Eric Virgal, Orlane, le groupe Kassav, Edith Lefel, et j’en passe. En souvenir de ces jours heureux, retrouvez le groupe Kwak, avec sa sublime Léa Galva, le temps d’une soirée acoustique. Ce même vendredi soir, à 9 h p.m., ils seront en compagnie de Jacob Desvarieux et de K-Dans au Parc Canne à Sucre. Admission : 1250 gdes. A l’avance bien entendu. Kwak remettra ça, le lendemain, samedi, pour une soirée rétro, à compter de 9 h p.m., mais cette fois à l’hôtel Karibe. Les cartes sont en vente à Muncheez, à Gamebox, au Karibe, et à Giant au prix de $ US 40. Ce ne sont pas les festivals qui manquent sous le ciel d’Haïti en ce début d’année. Après le Jazz et Etonnants Voyageurs, prenez part pour la première fois au festival de Salsa qui se tiendra au Parc Historique de la Canne à Sucre des 7 h 30 p.m., le même samedi. Des pays comme les Etats-Unis, Porto Rico et la France y participeront. L’admission est à 1000 gdes. 37 30 93 47 pour infos.

Vous ne savez pas encore quoi offrir à votre amoureux ? Les Créations Dorées, à Villa Moira, veulent bien vous prêter main forte. La villa sera ouverte les samedi 11 et dimanche 12, de 10 h a.m. à 5 h p.m., afin que vous puissiez choisir votre cadeau-cœur. Péguy F. C. Pierre peguyfcpierre@gmail.com

Pour les abonnements : 2940-4848/2816-0222

Complexe Promenade, Pétion-Ville

C’est confirmé, Port-au-Prince, la capitale haïtienne, aura bel et bien son carnaval. La nouvelle a été communiquée à tous les mordus des festivités carnavalesques par les responsables de la mairie de la ville, qui en ont profité pour présenter au public le comité organisateur du carnaval de cette année, le vendredi 3 février dernier. Pour cet événement qui se déroulera les 19, 20, 21 février autour du thème “Ann rekonstwi Pòtoprens ansanm”, le comité organisateur annonce beaucoup de nouveautés ; telles que la désignation d’une Miss 2012, pour agrémenter les défilés, plusieurs démonstrations d’art des étudiants de l’Enarts, pour renforcer le côté artistique… Le carnaval de Port-au-Prince suivra son parcours traditionnel, a fait savoir le maire de Port-au-Prince, Yves Muscadin Jason. Et toujours selon le premier citoyen de la ville, la sécurité sera assurée par la mairie, la police nationale, la secrétairerie d’Etat à la Sécurité publique, de la Croix-Rouge et des comités de camps. A noter que le budget prévisionnel du carnaval de Port-au-Prince est fixé à 80 millions de gourdes et que

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la mairie financera une partie de l’événement avec ses fonds propres, à hauteur de 10 millions de gourdes.

Le festival des jeunes talents, c’est pour le 4 mars

Quelques jours à peine après le carnaval national, les jeunes de Koid9 Production organisent, le dimanche 4 mars 2011, le festival des jeunes talents, au Cercle Bellevue, qui se tiendra de 10 hres a.m à 6hres pm. Il semblerait que l’ancien local hôte de Musique en Folie, reprend du poil de la bête, car ces temps il s’avère être très prisé par les jeunes pour différentes activités. Après Lòbèy, la belle soirée du 28 décembre dernier, Richard Grey qui y performera le 10 février pour la soirée baptisée Karnavalesk, ce sera au tour de Koid9 de s’accaparer de cette emplacement de la route de Bourdon. Cette fois, pour une activité des plus grandioses. En effet, cette jeune organisation, qui a toujours dit travailler pour la promotion des jeunes talents haïtiens, se met pour une énième fois à l’œuvre à travers ce festival où la plupart des artistes qui auront à performer ne sont pas encore totalement connus du public. A côté des stands de jeux vidéo, d’un coin de beauté qui sera maintenu par Zoule Make Up, d’un espace cuisine qui sera occupé par le chef Stephan Duret, et d’un stand de dépistage qui sera installé par la croix rouge haïtienne, il y aura aussi toute une pléiade de jeunes artistes pour animer cette journée qui promet d’être sensationnelle : le groupe Open, le groupe N-Joy, P-Jay, Ogun, Izolan, Brigan-JP, Trouble Boy, Madmax, MC, Eud et Dead Crazy, Cash Morby, TeeVee, Sniper, pour ne citer que ceux-la. A noter qu’il y aura également la participation de la Miss Haiti 2011 Anedie Azaël, de Frederick Alexis de Ayitifoto, de Jerry Boursiquot, des jeunes de Art Scream, du staff de Party Mania, ces derniers, se feront accompagnés de leurs clowns, leurs hot dogs géants, leurs châteaux gonflables… L’animation sera assurée par Tonton Bicha et par près de sept (7) DJs dont Djenill et Kosmobek. L’admission est fixée à 500 gourdes à l’avance. En voici une journée extraordinaire à ne pas rater.

P-Jay live à l’Institut français

Pour la première fois depuis le lancement de sa carrière P-Jay sera live en concert. Le jeudi 9 février, de 6 hres à 9 hres p.m., P-Jay donnera une soirée à l’Institut français, aux côtés de plusieurs autres jeunes artistes dont Flav, Vanessa Désiré, Mad-S, Choomi, Darson. Au cours de cette soirée, l’interprète de « Fòk mwen ale » aura à jouer près de 13 morceaux enregistréssur son album « Plim Pam » sorti au cours de l’été de l’année dernière. Cette initiative est non seulement un atout pour le jeune artiste qui travaille actuellement sur plusieurs projets dont un album avec Flav, le chanteur du groupe Gabèl, mais c’est aussi le début d’une tournée qui devrait continuer en France et dans les Antilles. Veuillez retirer vos billets d’entrée gratuitement à l’Institut français sis à Bois Verna, dès maintenant.


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Festival Olé Olé au carnaval de Jacmel Comme le veut la coutume, les périodes carnavalesques de notre pays riment avec toute une série d’activités qui apportent une ambiance diversifiée à cette fête traditionnelle. Autres que les opérations effectuées ultérieurement, cette année, un festival vient de rentrer dans les annales du carnaval de la ville de Jacmel. A l’initiative de la Production Vlad’Enjoy et de Yaquimo, ce festival aura lieu ce vendredi 10 février en cours au club Yaquimo de 10 heures a.m dans la matinée à minuit. Le festival « Olé Olé » se veut l’une des premières phases du lancement du carnaval de la ville de Jacmel. Cela augmentera l’ampleur de la fête, permettra aux festivaliers de s’amuser dans d’autres zones de cette agglomération et créera une ambiance de convivialité entre des artistes jacméliens et portauprinciens. Question de mettre l’emphase sur l’ambiance de cette période. Pour une première édition, le festival « Olé

Olé » s’annonce riche en animation car, dans le line-up de cette fête, figurent les artistes et groupes, Izolan Vs Mass Power, le dernier gagnant en date du concours Digicel Stars Rodyoume, Pastè Blaze, le groupe 5Kòb Penich de New York, le groupe Vwadèzil, la formation Fresh Up Band, Dore, l’artiste Cynswag Dance, Yol Agency, Hot Men et les Dj ValMix, King Power, PeterlyMix, Rhino. La modique somme de 250 gourdes donnera accès au festival « Olé Olé ». Les cartes sont disponibles à la radio RCH 2000. Pour de plus amples informations, si cela ne pose aucun problème, les festivaliers peuvent passer à la radio RCH 2000 ou peuvent téléphoner au numéro suivant : 38 41 65 65 ; les organisateurs de ce festival se disent joignables 24/24. Le budget du Festival Olé Olé avoisine 10.000 US, et de l’avis des organisateurs, 50 % des dépenses sont déjà compensées, mais les sponsors ne se sont

pas encore prononcés pour offrir leur contribution à la réalisation de ce festival. La peur de rater leur objectif pousse les organisateurs à avancer, lentement mais sûrement, disent-ils. Côté feed-back, ces derniers nous confient que les citadins sont déjà mobilisés pour la fête, mais, Vlad’Enjoy Prodz et Yaquimo attendent la réponse des festivaliers portauprinciens qui doivent se rendre à Jacmel pour compléter le paquet. Les organisateurs du festival « Olé Olé » s’attendent à ce que cette initiative embellisse la période carnavalesque de Jacmel, que beaucoup plus de touristes foulent le sol jacmélien et que les gens de la zone répondent présents à cette invitation. Ensuite, le principal responsable de la production caresse le désir de faire de ce festival une tradition, vu que beaucoup de Jacméliens ne se sont jamais rassasiés de l’unique jour de plaisir que leur offre le carnaval de leur ville. Vlad’Enjoy souhaite que les festivaliers ne fassent pas d’excès de vitesse sur la route de l’amitié, non plus d’alcool lors du déroulement du festival. Pour une détente hors pair au festival « Olé Olé », Vlad’Enjoy et Yaquimo vous donnent rendez-vous ce vendredi 10 février à Jacmel, plus précisément à Yaquimo, aux

environs de 10 h a.m. Wendy Simon

Jason Pierre Paul

notre star du Super Bowl

L

e football américain, ça ne me branche pas. Je n’y vois d’ailleurs que du feu. Mais quand il s’agit du Super Bowl, ce grand moment où tout le monde fait semblant d’apprécier le football américain, je suis prête à faire un effort. De plus, quand j’apprends que deux Haïtiens ont réussi à se glisser au sein des Giants, cette équipe détentrice de 4 Vince Lombardi Trophy (Trophées que reçoivent les gagnants du Suer Bowl), regarder ce match devient un « must ». Le Super Bowl, qui est la finale du championnat de football américain, est loin d’être juste un match. Il s’agit en fait de tout un show qui se savoure agrémenté d’ailes de poulet. Et oui ! ils ont trouvé le moyen sûr de s’attirer ma sympathie ! Cet événement qui rafle tous les records en termes d’audience dans le monde est aussi un show artistique, qui rassemble plusieurs grandes stars, et dont le prix d’une publicité peut donner le vertige : 3,5 millions de dollars les 30 secondes de spots. Sur les réseaux sociaux, toutes les publications tournent autour du Super Bowl. Etrangers et Haïtiens commentent l’évènement. Mais entre nous, je soupçonne certains de mes compatriotes d’en parler juste pour se mettre à l’ordre du jour. Toutefois, cette 46e édition du

Super Bowl a quand même de quoi nous intéresser. Et, ce n’est pas vraiment parce que Madonna a, du haut de ces 53 ans, gratifié le public d’un superbe show qui ferait pâlir les meilleures jeunes artistes, ni même parce qu’il y a eu un petit parfum de scandale, avec le doigt d’honneur de Mia, qui a choqué plus d’un. Ce qu’il y a en de particulier dans cette édition du SuperBowl est que les Giants de New York, l’équipe championne, compte des Haïtiens dans ses rangs, parmi lesquels Jason Pierre-Paul, qui est l’un des meilleurs joueurs de l’équipe. Non, il ne s’agit pas d’une rumeur. Jason Pierre-Paul, JPP pour faire court, a 23 ans. Recruté par les Giants de New York depuis 2010, il porte le numéro 90

et joue au poste, de Defensive End au sein de l’équipe. Ses parents, Jean et Marie Celiana, tous deux nés en Haïti, ont émigré aux USA dans le sud de la Floride en 1983. Six ans plus tard, ils mettent au monde Jason. Mais, quelques mois après la naissance de ce dernier, Jean PierrePaul perd la vue, ce qui fait qu’il ne garde de son fils que l’image d’un poupon. Il est néanmoins un époux aimant et un père de famille modèle, qui inculque à son fils des valeurs morales fortes. C’est donc une chose émouvante de savoir que JPP a tenu à ce que son père soit dans le stade pour assister à la grande finale du championnat de football américain. C’est la première fois que

Jean Pierre-Paul met les pieds dans un stade. Il ne peut voir son fils mais une joie immense et beaucoup fierté l’habitent. Et ce jeune footballeur n’a pas fini de nous émouvoir ! JPP a aussi posé fièrement avec notre bicolore, pour prouver qu’il porte en son cœur son pays d’origine, Haïti. Vu l’ampleur de l’événement, il y a là de quoi flatter notre ego. Il est haïtien, et il en est fier. Ce Super Bowl nous a révélé un super compatriote. Bravo, JPP et merci de faire l’honneur de notre Haïti ! Winnie H. Gabriel

Dis-lui Je t’aime

avec tes propres mots «Pipo, tu es le Doumbrèy de mon sòs pwa» «Marjo, Tu es le sucre de mon poids congo» Envois-nous tes SMS aux: 3806-3717 / 3715-1327 / 3474-5182 / 3154-5627


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Des Miss Univers au carnaval

L’image d’Haïti doit être changée, Anedie Azael pose sa pierre avec sa fondation « Peace Love International ». Sous l’initiative d’Anedie Azael, la Miss Univers Haïti 2011, et la Reine des reines du carnaval 2012, huit des Miss Univers 2011 viendront célébrer les festivités carnavalesques d’Haïti cette année. Le vendredi 10 février, l’aéroport international Toussaint Louverture accueillera 8 miss venues des quatre coins du monde. Les miss Inde, Portugal, Suède, Danemark, Jamaïque, Turks and Caicos, Canada et Irlande rentreront en Haïti pour un séjour qui devrait prendre fin le 25 février. Au cours de ce voyage, les 8 miss auront à participer respectivement aux défilés du carnaval de Jacmel, des Cayes et de Port-au-Prince. Elles seront sur un char allégorique, en compagnie d’Anedie, la principale reine de beauté du carnaval et de Sabine Désir, la Miss Videomax été 2011. Chacune représentera et vantera fièrement les couleurs de son pays. « Cette initiative rentre dans le cadre de mon projet, qui consiste à changer l’image d’Haïti à l’extérieur. En faisant rentrer ces genres de personnalités et en leur montrant les plus beaux sites du

Les

pays, le monde entier saura toutes les richesses dont regorge Haïti », précise Anedie Azael Mis à part le fait que les miss jouiront des belles plages du Sud, elles rendront également visite à certaines écoles du pays, et orphelinats, notamment à celui de Delmas 48 qui est à la charge d’Anedie et à l’orphelinat des Petits Frères et Sœurs à Kenscoff. Au cours de leurs différentes visites, les Miss Univers auront pour mission d’encourager les jeunes filles haïtiennes qu’elles rencontreront sur leur chemin et ainsi leur apprendre à mieux avoir confiance en elles. Cité Soleil, et Bel Air figurent également parmi les sites que visiteront les demoiselles. Cette initiative n’est qu’une première dans le vaste projet d’Anedie. En avril prochain, plusieurs autres miss devront venir à leur tour visiter Haïti. Rappelons que la venue des Miss Univers en Haïti est possible grâce à des institutions privées telles Rebo, Hainet, Acra et Office Stars… d’autres aides seront les bienvenues, car au cours de leur séjour Anedie aimerait offrir à ses convives ce qu’il y a de meilleur à garder comme souvenirs d’Haïti.

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Aceline René

carnavals de la semaine

Le moment tant guetté est arrivé. Les ténors du « beton » ont dévoilé leur ouvrage et pratiquement toutes les meringues sont sorties. Le signal est donné, la fête peut commencer. Mis à part le groupe Carimi qui nécessite un jugement particulier pour son carnaval « remanié » de l’année dernière, le public a fait son choix. La chaleur des festivités s’accroit de plus belle et les rues de Port-au-Prince s’enflamment avec les nouveaux sons des tant attendus. Et non Boukman Eksperyans ne fait pas partie de la liste. T-Vice, « CEC la qualité »

T-Vice a mis du temps pour y arriver. Décidément, avec son style propre à lui, son ironie fidèle à sa polémique contre Djakout #1, et bien entendu ses solos endiablés, la méringue de la bande à Roberto a tout pour plaire, et fait carrément partie des meilleures méringues sorties cette année. Sarcasmes, stimulateur, du bon « konpa », tout y est pour rendre justice à ce peuple qui a raté deux années d’ambiances traditionnelles. Quand tout le boulevard des Quatre Chemins se déchaînera sur cette solide mélodie que nous offre T-Vice cette année, personne n’aimerait être à la place de Shabba. Le pauvre fait l’objet des 9mn 16 secondes que dure la méringue. Il doit maudire le jour où il a inventé le mot CEC pour le bien du vocabulaire

carnavalesque.

Ram, « Yon bèl Ayiti

Sortie il y a une semaine de cela, les paroles de la méringue carnavalesque du groupe Ram, est déjà sur toutes les lèvres des habitués des jeudis soirs de l’hôtel Oloffson. Avec ce titre et les variations habituelles, Ram est jusqu’ici l’un des rares groupes racines à avoir maintenu le flambeau et satisfait ses fans cette année. Evidemment, Lunise et Richard Morse accompagnés de leur équipe prendront part aux trois jours gras les 19, 20, 21 févriers dans la ville des Cayes sur le boulevard des Quatre Chemins.

Kreyol la, « Ayiti pran nan kouran »

« Ayiti pran nan kouran » est loin d’être la meilleure méringue produite par T Djo Zenny et son groupe, et pourtant

le titre attise la curiosité et l’intérêt de plus d’un grâce au fait que ce dernier a changé de cible et a choisi de s’attaquer à Carimi et à sa méringue datée de 2010, en lieu et place de Nou Krezi son adversaire habituel. Bien évidemment, ce titre laisse découvrir un chanteur amusant, fantaisiste qui défend et prône avec humour les atouts de son groupe. Cette méringue est fort appréciée et depuis sa sortie, est en rotation constante sur les ondes des radios.

Legend, « Men janm Mate »

La formation Legend est sortie de l’ombre et, mieux encore, brille au carnaval de cette année. Au moment où ils s’y attendaient le moins, les fans de cette ancienne formation musicale, Legend, ont renoués avec la plus belle partie du groupe et ont reconnu le feeling, qui, autrefois, les reliait à la

formation. Legend, avec « Men Janm Mate », se place, la tête haute, parmi les meilleurs groupes carnavalesques de cette année. L’opinion publique le confirme, la bande à Richard a devancé nombre de ténors.

Barikad Crew, Toulè Bagay

Cette année, tout comme l’an passé, Barikad Crew ne se place pas trop haut dans l’échelle des gagnants. Une fois de plus, Toulè bagay, un mythique titre commençant par la lettre « T » n’a pas assouvi la soif du public. On se demande d’ailleurs où en sera le groupe actuellement s’il n’avait pas connu le succès d’antan qui lui a permis de conquérir et multiplier tous ces fans. A chacun ses reproches ; certains disent que le carnaval n’est pas bien mixé, d’autres disent que les beats de Fred Hype ne sont plus ce qu’ils étaient avant… Et pourtant, Barikad Crew se placera toujours parmi les meilleurs, parce que les fans sont reconnaissants de ceux qu’ils ont déjà fait et semble être confiants pour l’avenir du groupe. Aceline René


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2 1 2 0 4 e l s ’ a r a T à l a v a n Rara Les jolies reines du Raranaval

Des Tickettes en beauté Bisous? Bisous!

Couleur, liesse, musique! ros, tout Florence Alexandre et Vanessa Leg sourire

Allez-vous danser ou pas? Mes mix

sont bon non!

Qui se cachent derrière ces beaux

masques?

Philippe Dodard ap byen danse rara

Tchatcha pour Boukman Ekperyans

Dis donc? Est-ce bien Olivier Dupoux! Salue l’ami! Machann ban mwenl ak on ti pistach wi!

Flo Martin (cheveux courts) et ses

amies


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Jacmel

un long parcours

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ui veut juin prépare octobre… cela s’appliquerait-il seulement aux élèves de l’école classique ? Et même là encore, les choses ont bien changé. Nous aimons faire les choses à la hâte, le goût du risque sûrement ou encore le manque de désir inconscient de s’améliorer ? Le carnaval de Jacmel est dans 4 jours ; plus exactement dans 96 heures, le 12 février 2012, pour un parcours revisité et allongé. Un comité mis sur pied le 20 janvier dernier, Jacmel se prête de ses plus belles parures, à la hâte, pour accueillir une nouvelle édition du Carnaval National d’Haïti, le dimanche 12 février prochain. Michel Gehy, président du comité de cette année, promet d’emblée beaucoup de changements ! Déjà le comité s’attaque à un problème majeur : les places de parking. Vue l’étroitesse des rues de Jacmel construites sur le modèle français, deux grands espaces seront consacrés pour les voitures des visiteurs du grand carnaval de la cité d’Alcibiade Pommayrac. « De concert avec la police, nous avons transformé le Congo Plage Night Club et le terrain de Beaudoin consacré au futur nouveau marché public de Jacmel, en aires de stationnement », assure Michel, confiant d’entrée de jeu. Ce sera un grand pas, vu l’handicap que créait ce manque. Ce nouveau comité s’est montré attentif aux désirs des carnavaliers et apporte également des solutions au logement. Il y a bien longtemps que les hôtels de la place affichent complets. Tout pye kout te pran devan ! Mais les retardataires ne seront pas laissés reste. Michaelle Craan, surnommée Madame Jacmel, préside une association de résidence chez l’habitant. Les visiteurs pourront loger dans une maison privée avec une famille le temps des festivités. Mais d’autres, plus aventuriers, apporteront leur tente et feront du camping tout simplement. « Jacmel est une ville réputée pour sa sécurité ; alors, j’amène ma tente et mon « domi dous ». Bien que je doute que j’aurai le temps de dormir », lâche Betty dans un grand éclat de rire. Nos problèmes de stationnement et de logement résolus, revenons au carnaval. De tradition, le carnaval national de Jacmel est très attendu par les Haïtiens d’Haïti et de la diaspora, mais aussi par les étrangers habitués de ce rendez-vous. Le samedi 11 février, le carnaval sera lancé officiellement sur le quai touristique de notre Ville Lumière à travers un cocktail regroupant musique et poésie. Le « Papa madigra » débarquera du bord d’un yatch pour donner le coup d’envoi. Le comité ne veut pas faire les choses à demi. Cette nouvelle édition lancée sous le thème « Kilti nou se nanm nou » verra un rallongement du parcours habituel. Du grand wharf de la ville, le défilé passera par les beaux quartiers, à savoir la rue du Commerce, longera l’avenue de la Liberté, continuera sur l’avenue Barranquilla, bifurquera par la rue Isaac Pardo, pour finir sa route à la Place d’Armes.

« Nous avons allongé le parcours, mais le carnaval n’en sera pas moins attrayant. Des juges seront dispersés sur des stands et parfois dans les foules, sur tout le trajet, pour évaluer afin de délivrer des primes, dans le but de garder les bandes musicales et masquées motivées jusqu’à la fin », détaille Michel Géhy. Une fois de plus, les artisans s’attèlent à la tâche pour présenter des pièces uniques, dont eux seuls ont le secret. C’est un jour important et déterminant pour eux. « C’est au cours du carnaval que nous avons le plus grand nombre de clients. Ils voient de quoi nous sommes capables et prennent le temps de visiter nos ateliers pour acheter nos œuvres », explique Jacques, artisan de la rue Sainte-Anne. En effet, les masques sont les piliers du carnaval jacmélien. Ils offrent une palette de couleurs et de formes. Et dans l’esprit du comité, plus que tout, la présentation, les déguisements et les couleurs seront en primeur cette année. « Nous voulons prioriser encore plus notre culture et vendre tout ce que nous avons de beau. Est-ce pour cela que nous nous sommes entendus avec les sponsors pour qu’ils ne soient pas trop agressifs au niveau des déguisements des bandes et des chars », confirme le président du comité. Tout cela semble bien beau. La ville de Jacmel sera représentée par trois reines locales. Quatre reines viendront également de l’étranger. Cependant, à part les traditionnels groupes musicaux Les Jouvenceaux et Les Invincibles et le jeune groupe So Nice, le comité n’a pas encore déterminé le contenu final du défilé. Les carnavaliers attendent de pied ferme le groupe Kreyòl La, dont le lead vocal est d’origine jacmélienne. Espérons une heureuse surprise. Stéphanie André andresteffany@gmail.com

Et Voici Kelly le chasseur des «pisannit» à Jacmel! Effrayant Diablotin!

Vendredi 10 février: Festival des Etudiants «Omaj à Saint-Lot pub mobile «, à Ballade Night Club, à partir de 5 h ! Blaze One, 45 Soldiers, Tony Mix, Miss Hadriana et Dolphins Band. Samedi 11 février: Bal carnaval des amoureux, Ballade Night Club avec T-Vice, NouKrezi et Tony Mix présenté par Jacmel Se Lakay. Samedi 11 février: Bal masquée avec Kreyòl La, Djakout # 1 et J.Perry au Samba Night Club présenté par Pranpleziw Production. Dimanche 12 février : Vin d’honneur pour les officiels au wharf touristique à 9 h 30 a.m.

Les flamants rose sillonent les rues


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près le fameux choc des titans de ces deux groupes musicaux tenu le 2 janvier dernier au Parc Historique de la Canne à Sucre, T-Vice et Djakout #1 monopolisent l’actualité musicale à l’occasion du carnaval 2012 qui aura lieu aux Cayes les 19, 20 et 21 février prochain. Pendant et après la sortie de leur meringue carnavalesque, on en parle et même après leur participation au défilé des trois jours gras, on en parlera encore. Sortie le samedi 4 février 2012, la meringue de T-Vice titrée « CEC la qualité » a obtenue depuis une diffusion outrancière sur les ondes et relance la polémique en attendant la sortie de celle de Djakout #1. Roberto Martino, qui était en Haïti pour la sortie de sa méringue, en a profité pour « shooter » une partie de la vidéo de son carnaval au local du Rhum Barbancourt à Damien. Dimanche 5 février, au moment de se préparer à retourner à Miami, Roberto Martino dit rencontrer les musiciens de Djakout #1 à l’aéroport d’où ils vont se rendre à Miami pour remixer leur méringue qui n’est pas même encore sortie. Le lundi 6 fevrier 2012, sous pression des fans de Djakout #1 et des mélomanes, Ti Marco M&S, manager du groupe, annonce que la méringue sortira le lendemain 7. Cependant, jusqu’à lundi soir, les échanges étaient très animés sur le réseau social Twitter entre quelques-uns des musiciens de T-Vice et de Djakout #1, même les fans de ces deux groupes ne pouvaient pas résister à la tentation d’y participer. Sur la page de Djakout #1, ils ont donné le titre de la méringue 2012 du groupe intitulée « Bato Fransè Maron » avec à l’appui une photo d’un bateau qui ressemble plutôt à un yatch sur lequel on voit les pho-

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epuis environ une décennie, des bandes à pied ont pris l’initiative de réaliser leur méringue carnavalesque comme les groupes musicaux. Depuis, d’autres ont emboité le pas. Cette année encore, elles sont vraiment nombreuses à faire ce même exercice. C’est le cas de 4X4 Tabou Band, qui gratifie le public en général et ses fans en particulier de sa meringue 2012 titrée « Kèkal », qui est déjà rotation

T-Vice & Djakout #1 une affaire de Fransè Maron ! tos de Shabba et de Roberto. On peut lire « Pase pranm,map pase chèchew ». Depuis, tout le monde en parle. Roberto Martino de T-Vice a vite réagi pour critiquer les hommes de Djakout #1, qui commettent des fautes même en créole. « Depi sou tit kanaval la nèg yo fè fot ! Se

Mawon, pa maron ! Gadonw problem, haha sa pou’n fè ak kreten sa yo jezu », a déclare Vice2k. Pour sa part, Réginald Bastien a.k.a. Ti Régi a répondu pour dire « Yon ti foto kap kale nou konsa ! E lè nou lage menm. En tout cas, les discussions sont très

animées entre mélomanes, fanatiques et musiciens des deux groupes, en attendant la sortie de la méringue « Bato Fransè Maron » de Djakout #1. Gilles Freslet (gillesfreslet@yahoo.fr)

sur la bande FM. C’est Michel-Ange Tervil, compositeur de la bande, qui a conçu cette meringue. Actuellement, ils sont en train de prendre des images pour leur clip. C’est Réginald Georges qui réalisera cette vidéo prévue dans les jours avenirs. Selon Ashley Prudent Salomon, le manager du groupe, il se pourrait que des artistes de Bongu tels Ti Djo Zenny, Mikaben et autres participent à cette vidéo.

vous invite

Tabou Band de Port-de-Paix à Port-au-Prince fait la différence ! Malgré que la mairie n’ait pas encore subventionné les bandes à pied, cela n’a pas empêché à Tabou Band de sortir dans la région métropolitaine de Port-auPrince pendant les quatre dimanches des exercices pré- carnavalesques. Et cela lui a coûté environ 26,000 dollars haïtiens. Selon des informations dont nous disposons à chaque fois que la bande sort, environ 20 feux d’artifices sont lancés dans le ciel de Port-au-Prince. Pour les trois jours gras, ils auront des lasers pour embellir le groupe. L’un des plus grands projets de Tabou Band, après le carnaval, est qu’en mai prochain, ils réaliseront un album de 6 chansons. Et c’est Dakoko Productions, basé à Miami qui le produira. Tabou Band ne se contente pas seulement de participer au carnaval, mais, il joue aussi. D’ailleurs, il a joué à CFC pour le compte de son sponsor, Bongu. Le groupe a déjà joué aussi pour la compagnie de téléphonie Voilà au championnat de basketball et il performe joue régulièrement tous chaque dernier samedi du mois à Escape à Delmas 83. Tabou

Band sera sur scène pour le compte des Hautes Etudes à l’occasion du carnaval des étudiants. Tabou Band s’apprête à participer au concours de bandes à pied le 19 février prochain, avec plus de 200 drapeaux. Tabou Band est fondée le 23 décembre 1984 à Port-de-Paix par Roger Monfort Eugène dit Shoubou, chanteur vedette de Tabou Combo, d’où vient le nom de Tabou Band. Selon Ashley, manager de Tabou Band et neveu de Shoubou, Tabou Band est venue s’établir en 2010 à Port-au-Prince. Ils ont leur quartier général à Christ-Roi. Tabou Band a en son sein 36 musiciens. L’orange et le blanc sont les couleurs de cette bande. Elle a comme compétitrice New York New York Des sponsors comme Voilà, Bongu et Sam Ambulance accompagnent Tabou Band. Les responsables du groupe sont joignables aux 3441-0054 et3674-6073. Gilles Freslet (gillesfreslet@yahoo.fr)


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LA POLÉMIQUE

S’ENFLAMME De Scorpio Vs DP Express, à Sweet Micky Vs T-Vice en passant par Mizik Mizik Vs Sweet Micky, la polémique a toujours été un stimulant pour notre carnaval. Aujourd’hui encore, ce qui peut être considéré comme une tradition, se poursuit : T-Vice Vs Djakout # 1, Djakout Mizik Vs Djakout #1 et Nou Krezi Vs Kreyol La ? Depuis le split de Kompa Kreyòl qui a donné naissance aux groupes Kreyòl La et Krezi Mizik, les fans attendent toujours avec impatience leurs méringues. Avec le temps, Kreyòl La a renforcé ses rangs en faisant l’acquisition du grand Ansyto Mercier père tandis que Krezi n’a cessé de perdre ses soldats. Le groupe qui s’appelle désormais Nou Krezi a sorti « Falomi », sa méringue 2012, depuis déjà 3 semaines. Fidèle à sa formule habituelle, Nou Krezi commence par énoncer des faits de la dure réalité haïtienne. Il dénonce certaines situations auxquelles les musiciens haïtiens font face et exhorte ces derniers à réagir avant qu’il ne soit trop tard. « Falomi », ce savant mélange de messages à caractère social et des divers slogans du groupe, qui est aussi agrémenté de piques contre le « voisin », fait son petit bonhomme de chemin sur les ondes de nos différentes stations de radio. Déjà, on se demandait ce qu’allait bien pouvoir répondre Kreyòl La. Et ce dernier nous a laissé sans voix. Contrairement à son habitude, Kreyòl La ne nous a pas sorti une réponse incisive à la méringue de son adversaire. Les premières phrases de la chanson ne laissent aucune place au doute : Kreyòl La a changé de cible. Loin de s’attaquer à son rival habituel, Kreyòl La s’en prend à la pauvre poule de Carimi, qu’ils assassinent d’ailleurs à la fin de la méringue. Surprise ! La bande à T-Djo a royalement ignoré Nou Krezi. Du moins, le prétendent-ils. Car, on sait tous très bien à qui s’adressent les « Wap lonmen non m’, kote m’ konnen w’ ? » de Ti Ansyto et de T-Djo. Il est près de midi ce dimanche 5 février 2012 quand Kreyòl La annonce via son compte Twitter que la meringue 2012 du groupe est disponible sur « plezikanaval. com », site géré par l’animateur de radio Carel Pedre. Les commentaires ne se font pas attendre. En un rien de temps, « Ayiti Pran Nan Kouran » crée le buzz sur les réseaux sociaux. Les messieurs de Kreyòl La enflamment Twitter avec leurs publications: «@Kreyollahaiti: We focus on bands that are hot in the HMI. Not the ones that play 10 gigs per year.» “@Vladous00: @Kreyollahaiti pat jamn nan polemik ak NouKrezi. Se ak Krezi nou te gen beef. But so sad djazz sa kraze. NouKrezi is 2 the HMI !” Questionné au sujet de ce brusque revirement, T-Djo, explique que Kreyòl La a pendant près de 5 ans été en polémique avec Krezi Mizik qui malheureuse-

ment n’existe plus. Mais, si on est tous d’accord que la meringue 2010 de Carimi sorti tout droit du four à micro-ondes pour 2012 est loin d’être au top, on s’interroge quand même sur le choix de Kreyòl La. T-Djo quant à lui soutient qu’il ne s’agit guère d’une attaque. Il est tout simplement question de créer un buzz autour de leurs meringues. « Carimi sera le seul groupe du même registre à se retrouver sur un char aux Cayes, le choix était évident », maintient le lead vocal de Kreyòl La. Après tout, ajoute-t-il, Carimi m’avait bien accusé d’avoir un « Ti moto » en 2009… En effet, après la sortie de Zandolit en 2009, Krezi Mizik et Sweet Micky avaient répondu aux provocations de Carimi. Mais Kreyòl La s’en était abstenu. Pour sa part, Michael Guirand, lead vocal de Carimi avoue que des rumeurs entendues la dernière fois que le groupe Carimi était en Haïti avaient annoncé le changement de cible de Kreyol La. Toutefois, il confirme qu’il n’y a aucune animosité entre les deux groupes qui ont d’ailleurs joué ensemble à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée. Il n’est pas dans les habitudes de Carimi de faire de la polémique, avance-t-il mais, on ne peut encore dire si on réagira ou non à cette attaque. Toutefois, les publications du groupe sur Twitter semblent révéler sa véritable position : “@CARIMINATION: Ha ha... Anmweyyy... Yo antre nan kouran monte sou do Carimi’a.. Aux Cayes Cherie... Ane sa’a Poulet Kreyol pour tout le monde #ranjekow”. Michael conclut que « Yo pa voye wòch dèyè mango vèt » et affirme que Carimi, qui a déjà fait ses preuves dans le défilé carnavalesque, va continuer à faire de la musique pour satisfaire le public. Et leurs tweets en témoignent: “@CARIMINATION: EDH ap kraze telefon mwen la’a... Pou mande’m denonse vole kouran yo... Fanatik yo sa pou’m fai... Vann vole yo... #sasekanaval” D’autre part, certains se demandent s’il ne s’agit pas tout simplement d’un règlement de compte comme l’ont si bien mentionné les messieurs de Nou Krezi à travers leurs posts sur twitter où la guerre des tweets faisait rage : “@noukrezi: Se pa paske yon jazz wonfle n’ nan bal pou nou atake l nan kanaval. Nou atake jazz nou anvi wonfle.» Musiciens, animateurs, fans : chacun semble avoir un mot à dire. «@carelpedre: Nan Moman An Gen Yon Djaz Ki Nan Kouri!» “@geraldkzino: Bon tann mwen!! Se pa jazz saa mwen te fè mal fete Fèt li nan Florville la!? #Subtweet” Polémique, Buzz, Règlements de compte… quoi qu’il puisse être, le champ-de-mars, pardon les Cayes dira le dernier mot ! Daphney Valsaint Malandre

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FESTIVAL ETONNANTS VOYAGEURS

Surprenante Réussite

Certains disent que c’est une nouvelle victoire de la littérature haïtienne. D’autres un élan positif pour la culture du pays. Mais, peu importe la façon dont ils formulent leurs impressions qu’ils soient, journalistes, étudiants, étrangers, artistes ou autres, personne ne peut nier que la troisième édition du festival Étonnants Voyageurs en Haïti fut d’une grande réussite. Wolly Saint-Louis (chanteur)

Pour cette édition baptisée « l’encre est ma demeure », titre de l’une des œuvres de Castera, je pense les organisateurs, en choisissant Georges Castera, ont choisi un écrivain de taille à qui rendre hommage. La dimension des travaux de Castera est immense, que ce soit dans ses œuvres créoles ou françaises. Certains le perçoivent comme un grand poète haïtien. Selon moi, il est un grand écrivain du monde. Ce festival facilite le partage entre les jeunes du pays et certains écrivains d’ici ou d’ailleurs, il facilite aussi les échanges d’idées entre les participants.

Pascal Jounai (invitée française)

Je pense que ce festival apporte beaucoup non seulement à la littérature haïtienne, mais aussi à celle du monde. Parce que beaucoup d’écrivains viennent de partout et apprennent pas mal de choses sur la culture haïtienne, ce qui leur donne une communication directe avec la terre d’Haïti, les mœurs du pays, qui, du même coup, enrichissent leus connaissance.

Pierre Paul Duperval (ingénieur-agronome)

J’ai été réellement satisfait de participer à la plupart des événements regroupant les artistes « étonnants voyageurs ». J’ai tiré beaucoup de leçons. Les écrivains haïtiens étaient à l’honneur. On a senti qu’ils apportaient beaucoup aux invités. Les échanges très fructueux. Seulement, je regrette que la langue française ait été la seule à être utilisée dans les débats, ce qui me donne l’impression que la majorité du peuple haïtien ne bénéficie pas des différentes discussions qui sont pourtant essentielles pour construire un pays meilleur où l’humanité sera réellement une.

Julia Balmeur (poète français et slameur)

C’est une double opportunité pour moi, d’abord de rencontrer des poètes haïtiens que j’ai lus et avec qui je n’avais jamais eu un contact direct ; d’assister aussi à des débats passionnants où les questionnements s’incarnent. Et puis, c’est toujours très important pour moi de pouvoir me procurer de livres que je ne trouve pas dans les librairies des autres pays. C’est un très beau travail qui a été fait au niveau de la disponibilité des livres.

James Noël (écrivain)

Je salue cette initiative, qui est à sa troisième édition en Haïti. Ce qu’il y a vraiment de particulier, c’est qu’Haïti représente aux yeux du monde durant

ces quatre jours, l’épicentre de l’imaginaire, de la littérature. Haïti est devenu un espace de confluence à travers laquelle différents courants se déversent. Ce qui a encore de fondamental, c’est que toutes ses interventions à travers le corps vivant de Michel Lebrice, le corps vivant d’Alain. Et plus tard, on verra que d’autres géants comme Franckétienne, Lyonel Trouillot, et comme tant d’autres encore sortir de l’anonymat.

Dany Laferrière (écrivain)

Je peux affirmer que ce festival est une réussite. Cela a commencé avec l’hommage rendu à Georges Castera. Le festival doit son succès à son ampleur, les écrivains sont allés un peu partout dans le pays. Il y a eu pas mal d’écrivains et on a pu sentir la relation qu’il y avait entre les haïtiens et ceux de l’étranger. Mais surtout, la vraie réussite du festival, c’est le public. Un public jeune. Dynamique. Présent. On ne parle pas d’un public pris en otage, obligé de payer sa présence. Mais plutôt un public qui participe et qui s’intéresse à tout ce qui se dit. Alors, j’affirme une fois de plus, que le festival Étonnants Voyageurs, cette année, est une réussite totale.

Alain Mabanckou (écrivain congolais)

Le festival Étonnants Voyageurs de 2012, à mon avis, est une réussite capitale. Ce festival a montré à tous comment l’écriture peut réunir des écrivains venant de pays différents, de continents différents, de contrées différentes. Le public de son côté a fait le déplacement et a prouvé que la culture est encore vivante. Ce festival va s’imposer désormais comme un des évènements culturels majeurs d’Haïti. Et je promets déjà que je serai présent l’année prochaine, car ce territoire m’est devenu un petit lieu de refuge.

Syto Cavé (Poète)

Le festival cette année est mieux organisé. Le fait d’avoir choisi des lieux beaucoup plus proches du centre-ville a facilité beaucoup plus de jeunes d’y prendre part. Je crois que c’est une expérience qui apporte beaucoup à la culture haïtienne. Il y a eu beaucoup d’écrivains, et les villes de province ont eu leur part du gâteau. Je dirais aux organisateurs de continuer sur cette lancée.

Ernest Pignon-Ernest (participant français)

Moi, je suis ravi. J’ai constaté qu’il y a eu des échanges permanents à des niveaux différents. Cela m’a permis d’approfondir des choses que j’avais un peu perçues avant. Ça me donne des pistes

pour mieux comprendre Haïti. Comme je l’ai dit dans mes débats, j’ai rencontré René Depestre en 1979, et depuis je me suis mis à lire les poètes haïtiens. Mais en arrivant ici, j’ai mieux compris cette espèce de sensualité, ce caractère charnel de leur poésie, cette forme de débordement de vie que l’on sent dans leurs écrits ; j’ai compris d’où elle venait, il y a une grande adéquation entre eux. Et voilà que j’ai eu la preuve de ce que j’ai toujours pensé, les poètes sont l’expression d’un pays, d’un peuple. Le festival est vraiment un lieu d’échanges très riche.

Anaise Chavenet (distributrice)

Ce qui est intéressant avec ce festival, c’est le côté échange, le côté découverte des œuvres des auteurs et des auteurs euxmêmes, qui donnent une autre dimension. J’ai assisté à deux grands moments ; il y a eu cette soirée d’hommage à Georges Castera, où quatre écrivains haïtiens de son époque ont fait le tour de sa vie, ont opiné sur ses œuvres, c’était vraiment un moment intense, très spécial ; et à Fokal, la lecture des œuvres de Castera et Philotecte, pour le côté haïtien, Jean Marie de Roblesse et Yaya Belascrit et j’en passe du côté d’auteurs étrangers, par Magalie Comeau-Denis était un beau moment. Donc, c’est cette atmosphère, qui est, selon moi, le côté le plus intéressant de ce festival.

Léonora MIANO (écrivain)

Je trouve que c’est une réussite. Le public est très présent, curieux, de tous âges. Les organisateurs ont su trouver des lieux adéquats. On est très nombreux à venir de l’étranger et tout fonctionne bien. Sincèrement, je suis agréablement surprise. Et j’aime aussi l’échange entre nous, les écrivains, ce qui nous permet de mieux partager notre art et de tirer profit au maximum à travers les différentes questions de l’assistance.

Mélanie Le Bris (directrice adjointe de l’Association Étonnants Voyageurs)

On est la troisième édition cette année et on est très heureux, soulagé de voir que le monde est présent. Personnellement, je suis épatée par l’implication du public, par l’intérêt, les questions hyper pertinentes, hyper pointues. Je suis très touchée de voir comment les Haïtiens se sont emparés de cette manifestation. On a beaucoup travaillé avec l’équipe haïtienne qui comporte Lyonel Trouillot, Emmelie Prophète, Dany Laferrière, pour avoir ce résultat. Et ceci ce n’est pas seulement dans la capitale, dans les provinces que ce soit à Gonaïves, à Jérémie, à Jacmel, au Limbé, au Cap, le public a

répondu à l’appel.

Marc-Endy Simon (poète, journaliste)

Le festival Étonnants Voyageurs est vraiment louable, et je crois qu’il faut qu’on organise beaucoup plus d’activités de cette envergure en Haïti. Non seulement pour une vision moderne de la littérature haïtienne, mais aussi pour la mise en place d’une nouvelle politique du livre dans notre pays.

Henny Calizar (elève de terminale)

C’est une très grande initiative. On a la chance de rencontrer beaucoup d’écrivains. On a l’habitude de lire pas mal d’entre eux, mais avec le festival c’est plus direct. Là, l’interrogation ne se fait pas dans un cercle littéraire où chacun donne son point de vue sur un des écrits de l’auteur, mais plutôt avec l’auteur lui-même, qui nous dit exactement dans quelle circonstance il a écrit tel ou tel recueil. C’est plus enrichissant.

Pierre Marie Lensa (élève de seconde)

Je me sens tellement émue d’avoir rencontré ces écrivains. Ça m’a fait plaisir de leur parler, de les questionner. Durant le festival, j’ai déjà croisé Emmelie Prophète, Gary Victor, Lyonel Trouillot et tant d’autres encore. Je ne pensais qu’ils étaient aussi ouverts. Selon moi, c’est plus qu’une réussite.

Molens Baptiste (étudiant en sciences de l’éducation)

Je suis venu tout droit des Gonaïves pour participer à ce festival, et de là j’ai rencontré Dany Laferrière, qui est, selon moi, un monument de la littérature haïtienne. J’ai beaucoup apprécié les débats. C’était vraiment enrichissant pour moi. Je pense que c’est une opportunité que personne ne devrait manquer. J’ai beaucoup appris et ça m’as permis dans un certain sens de m’évaluer. On devrait organiser ce festival chaque année, pour que la littérature haïtienne puisse garder le peu d’oxygène qu’il lui reste.

Herby Metty (professeur de littérature)

Je pense que ce festival montre la bonne méthode qu’on devrait utiliser pour apprendre la littérature. Parce qu’en ayant un contact direct avec l’écrivain, c’est beaucoup plus facile et plus simple de comprendre son œuvre, et aussi de créer quelque chose de son art. Cette manifestation doit survivre, pour la survie de la littérature haïtienne. Propos recueillis par Élisée Décembre elidfox@gmail.com


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Le carnaval des Cayes Jours J-12 Les écoles de danse se mobilisent

«  Nan defile pa’m lan, se pral yon bagay ki pral etone tout moun, paske m’ap gen charèt ak bėf k’ap trenen pwodwi ke nou fè yo. » L’environnement sera dignement représenté afin de conscientiser la population sur ce sujet. C’est une chance que la ville des Cayes ait été choisie pour la réalisation de ce grand événement culturel. Nous, les Cayens, aimerions que ces trois jours soient pleinement réussies, a-t-il ajouté. Le plus important pour Jean Denis: « c’est de voir le comité mettre à leur disposition, les moyens nécessaires pour épater tous ceux qui feront le déplacement » Il en a profité pour remercier La Cayenne et Tropicolor, qui lui ont permis de réaliser son rêve qui est de participer au carnaval organisé dans cette ville. Jean Denis affirme même être prêt à recevoir des gens chez lui, tout en souhaitant que les brigands ne viennent pas gâcher le plaisir qu’ils ont préparé à ceux et celles qui feront le voyage. Jean Denis termine avec ce slogan : « Lanmè nan lajounen, k-naval nan apremidi ; Ayiti ap dekole, Okay devan ». Car, pour lui aussi, il espère que les retombées du carnaval seront très positives et bénéfiques pour son école de danse. Loramus Rosemond Loloramus07@yahoo.fr.

Ticket Magazine avait promis à ses fidèles lecteurs de les tenir informés sur des différents préparatifs mis en branle pour le bon déroulement du défilé carnavalesque des Cayes. Prévu pour le 19 février. Ce week-end, nous avons rencontré l’un des responsable de l’école de danses de la ville des Cayes, « Ecole de danse Mosaï-co » ainsi que 16 autres qui préparent leurs chorégraphies pour le défilé des trois jours gras dans la troisième ville du pays. Jean Denis enseigne la danse Aquin à Tiburon, chaque semaine. Très enthousiaste avec ses élèves en séance de répétitions, il nous a permis d’avoir une idée de l’implication des jeunes danseurs et danseuse qui se disent déjà prêts. Tambourineur, chorégraphe, danseur. Jean Denis revient d’une école de danse très réputée de Port-au-Prince. Danseur chez Viviane Gautier pendant 7 ans, il a poursuivi ses études à l’étranger ; depuis 14 mars 2010 il a fondé Mosaïco, son école de danse, où il apprend aux jeunes la danse traditionnelle, Folklore, les danses latines, etc. Il est aussi secrétaire géneral des Associations des écoles de danse des Cayes. Cette organisation regroupe près de 11 écoles de danse. Jean Denis nous dit qu’il a commencé à travailler depuis le 18 décembre 2011. Suite à l’annonce faite par le président de la République sur la place d’Armes des Cayes, il a déclaré avec fierté : « J’ai déjà préparé plus de 13 chorégraphies, pour

Jean Denis responsable l’ecole de danse, Mosai-co une effectif de 150 Jeunes qui auront à exhiber leurs talents au cours de ce défilé qui aura pour thème « Environnement, Indépendance, Education ». Notre folklore sera aussi à l’honneur de par ses différents rythmes. Le professeur n’a pas caché sa satisfaction. Il a partagé avec nous la satisfaction des parents qui ont confié leurs enfants aux écoles de danse surtout

en cette période où toutes les couches culturelles du grand Sud s’activent à faire de ces jours gras les plus beaux jours de fêtes populaires de cette ville. Le professeur promet un spectacle sans pareille.

Les amis de Ticket ont dit sur

Carel Pèdre

Kèt 2 sachè te twò piti Ann espere se sachè pistach !

Nancy Sivol

I am backkkkkkkkkkkkk kkkkkkkkkkkkkkkkkkkk get ready for myyyyyyyyyyyyy hitttttttttttttttttttttttt Excès de KYT tout de même !

Jennifer Djeez Legitime

Pourquoi devrais-je forcer mon homme à célébrer la St-Valentin,

alors qu’il me couvre d’amour et d’attention tous les jours? Quant aux cadeaux, il m’en fait de temps en temps. Stratégie !

Reginald Gustave

Lazard, reveille-toi, toi qui dors, releve-toi d’entre les morts ! Sekwel ! Sekwel !

Cleeford Pavilus

Le choix de carrière le plus important est de bien choisir sa femme. Un féministe qui parle ?


BREDJENN BLUES

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Episode 5 – Fév. 2012 Depuis bientôt deux ans Maritza, Baby pour les très intimes, vit chez son père le Pasteur Daniel Louissaint. Elle a débarqué au lendemain du séisme chez ce dernier, accompagné de Steve son jeune frère, révélant au grand jour le plus grand secret du Pasteur, sa famille illégitime. Deuxième choc sismique dans la famille Louissaint. Baby s’installe et la vie ne sera plus jamais la même pour elle et pour la famille de son père. Bredjenn ap antre sòti nan kay la, les esprits s’échauffent, les langues se délient, les personnalités se confrontent… La tension est à son comble. Bagay yo hot nan baz la! **** Bonsoir, chère Madame, puis-je voir Malou, s’il te plaît ? Il est sept heures du soir. La nuit est déjà tombée et il fait frais, les voitures et les motos sont moins nombreux et la rue est plus calme. Tante Zette, la tante de Malou est assise sur sa galerie, un vieux châle sur ses épaules et voit arriver un jeune homme extrêmement bien mis et dont le parfum envahit la rue devant la petite barrière. La soif réveille Malou de sa sieste. Elle jette un coup d’œil à son téléphone avec lequel elle s’était endormie, crispé entre ses doigts. Il est six heures cinquante, elle pousse un soupir, se lève puis va se passer de l’eau au visage. Le fameux commissaire sera surement en retard mais il viendra quand même m’emmerder. Depuis quelques jours Malou ressent une fatigue en permanence et sa digestion n’est pas bonne. Elle se rappelle qu’elle avait vomi devant le commissaire, le jour de la rafle policière au « Black dada ». Wouch ! Pou m al wè patnè saa ankò ! Elle se dirige vers la cuisine pour prendre un verre d’eau et lorsqu’elle referme la porte du frigo avec un peu trop de force, elle entend la voix de sa tante : Malou c’est toi ? Oui, Tati. Viens donc au salon, il y a le Commissaire Michel qui est là pour toi. Oh shit !!! Fòk… fòk… fòk… fòk! Dit Malou à voix basse. Malouuuuuu ? Oui, j’arrive, dit-elle d’une voix étranglée de colère. Elle dépose son verre d’eau, jette un œil rapide à sa tenue chiffonnée, se dit rapidement qu’elle devrait se changer

puis pousse un tchuip sonore. Sa blòdè a wè a se sa. Malou avance sur la pointe des pieds, jusqu’à la porte du salon et se met dans un coin pour jofrer le visiteur. Le commissaire est bien installé sur le canapé vert à fleurs blanches recouvert d’un plastique transparent qui emplit le petit salon de Tante Zette. Un plateau avec des verres de cola est déjà installé sur la petite table, devant le commissaire. Oh, Oh, se yon sèvis cinq étoiles ! pense Malou. Tante Zette est assise sur une chaise en plastique blanc de l’autre côté de la table. Alors, comme ça, vous avez rencontré Malou à l’école ? Oui…. J’ai un petit frère qui va au même endroit… Et c’est en allant le chercher que j’ai vu votre nièce. C’était un véritable coup de foudre. Malou derrière la porte observe la scène. Gad jan yon nèg gen may ! Haaa! C’est très romantique, cela fait plaisir à entendre. Malouuuuuu ! Malou quitte sa cachette et vient sur la galerie. Bonsoir Tati, bonsoir Commissaire. Bonsoir Malou, je t’en prie, appellemoi Michel. Avant que Malou ne puisse répondre, Tati s’interpose : Assied-toi donc, ma fille. Il y a vingt minutes depuis que le commissaire t’attend. Mais il avait dit sept heures ! Et il n’est que sept heures une ! répond Malou

agacée. Le commissaire prend un air embarrassé et répond : Ah, ne vous en faites pas… je suis réellement en avance, mais j’étais tellement impatient de revoir Malou que je n’ai pas pu attendre une minute de plus. Bon… en tous cas, je vous laisse un peu. Mon feuilleton va commencer à la télé… Vraiment enchantée, commissaire Michel. Tout le plaisir a été pour moi, dit celuici, en serrant la main de Tante Zette. Malou, restée debout jusqu’alors s’assoit dans le siège abandonné par sa tante. Elle regarde le commissaire Michel et lui dit avec ironie et dédain : Tank ou odasye ! Je t’en prie, Malou, exprime toi en français comme une jeune fille correcte. Rete, sa l ye laa ? Lakay mwen an, wa p vinn di m kòman pou m pale? Ou mèt kenbe bwa franse ou la pou wou, mwen menm m ap pale janm vle, blòdè. Malou est au bord de l’indignation, elle a les bras croisés sur la poitrine et le corps rigide. Franchement, ce ton ne convient pas. Et d’abord, tu aurais peut-être préféré que je dise à ta tante que je t’ai vu soûle au «��Black dada », en compagnie peu recommandable ? Enfin, je ne suis pas venu ici pour me disputer avec toi. Et qu’est-ce que vous êtes venu faire ? Michel a gagné sa première victoire, Malou s’est exprimée en français. Il réalise aussi que c’est une conquête qui ne sera pas facile, la petite est rebelle, mais tellement belle… Je dois avouer que tu as piqué ma curiosité. Même soûle, quelque chose en toi m’a frappé et j’ai voulu en savoir


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plus. Je dois admettre que je ne suis pas déçu, tu es vraiment très belle, ajoute le commissaire en lorgnant Malou. C’est très bien, mais c’est pas très légal tout ça. Et puis, je vous trouve un peu vieux pour courir après une élève de seconde. C’était déjà pas légal de te laisser partir du « Black dada », ma chère. Alors fais attention... Et puis, tu as dix-sept ans. C’est ça l’important dans notre cas. Mon âge n’est qu’un détail. Malou pense à ce salaud de Dady qui l’a mis dans ce pétrin. « Lè m jwenn ak blodjenn saa… m ap pete yon je l… » Bon, je ne vais pas rester plus longtemps, il est déjà 7h45 et j’imagine que tu as des devoirs Oui, c’est ca s’empresse de dire la jeune fille en se levant. M chaje ak devwa. Alors je vais te laisser poursuit il comme si elle n avait rien dit et l’on se verra le week-end prochain pour aller ensemble au carnaval ! Je t’appelle bientôt. Tiens… j’allais oublier, voici mon numéro de téléphone… inscrit bien mon nom, Jean Eddy Michel… Malou ne dit rien, comme un zombie elle inscrit le numéro du commissaire sur son portable. Elle le raccompagne à la porte, retourne dans sa chambre et s’allonge sur le lit. Cinq minutes plus tard le téléphone sonne et sur l’écran parait le numéro qu’elle vient d’inscrire sous le nom : Babylone. Je suis Foutue. **** Mèzaaaanmi !... Sœur Ruth serre le nœud de son foulard blanc qui lui recouvre entièrement la tête. Je n’en reviens pas de voir Sœur Bernadette dans cet état. Fòk m ta wè l pou m ta kwè l… Ça fait deux ans et quelques jours depuis le tremblement de terre et la pauvre continue de divaguer. Elle s’accroche toujours à son téléphone portable qui est devenu

un cinquième membre, attendant les appels imaginaires de Ti Pouchon, le démon. Ou kwè lap janm refè ? Gade yon ka, mesye ? Mais l’Éternel est grand et sa compréhension nous dépasse ! Amen ! Amen ! répondent en chœur les dames de la chorale. Depuis que Sœur Bernadette, la femme de Pasteur Daniel, a perdu la raison, ses amies de la chorale Excelsior viennent tous les jeudi prier et chanter dans la maison, espérant une guérison miraculeuse de leur sœur. Bien entendu, c’est l’occasion pour le cercle des prieuses d’observer ce qui se passe dans la maison et de faire des commentaires entre deux versets bibliques. Tu devrais dire aussi deux ans depuis que… cette fille et son petit frère ont débarqué dans la maison, répond Sœur Claudette en fronçant les sourcils. La pauvre Bernadette n’a pas pu résister aux deux chocs. Yon si bon moun, mezanmi, une mère exemplaire ! Cette maison n’est plus la même… Et cette Denise qui vient d’arriver au milieu de tout ça, la propre sœur de Bernadette, mon idée me dit qu’elle n’est pas saine et sauve. C’est elle qui dirige la maison et passe les ordres. Yon dyaspora! On aura tout vu. Le mal existe et le monde est méchant. Se gen dwa fanm Pastè a wi medam ! Les cinq autres femmes sursautent à cette déclaration. Sœur Claudette n’a pas sa langue dans sa poche, elles le savent mais sont toujours surprises par sa brusquerie. Oh ! Ah non, Claudette, tu vas un peu loin… Jusqu’à présent, Sœur Denise garde une conduite correcte, réplique Sœur Ruth. Li konvèti pandan li te nan Nouyòk la, li mache legliz, se sa yo di m wi. Il faut avouer que depuis qu’elle est là les choses vont un peu mieux. C’est elle qui est venue mettre un peu d’ordre dans cette situation.

Mwen konn sa m ap di a wi, medam ! insiste Sœur Claudette. Li mache legliz ? Ki legliz ou wè li ale depi l rive isit la ? Ou wè l nan legliz Pasteur Daniel la ? Moi j’ai connu cette Denise quand elle était jeune… C’était une vraie mangeuse d’hommes. Toutes les filles à l’école avaient peur d’elle. Depi ou gen ti menaj ou, se pou kenbe l byen du pou Den pa mete men sou li… précise Claudette, quatre plis barrant son front. Mais… a-t-elle connu Pasteur Daniel… bibliquement ? demande timidement Sœur Antoinette. Honnêtement, je dois dire non, répond Sœur Claudette. Mais on raconte qu’elle avait un faible sérieux pour lui. Pasteur Daniel me fait pitié, ajoute Sœur Fifi de sa voix fluette. Ce n’est pas facile de rétablir la paix dans la maison dans une telle situation. La maladie de sœur Bernadette est un grand coup. Epi mademoiselle Baby a pa pran Papa l pou anyen non… ti fi a pa pè anyen… Menm Denise paka met kontròl sou li. Pourquoi Pasteur Daniel ne lui trouve-t-il pas un autre endroit où loger? Ce n’est pas un bon exemple pour Rachel, sans parler d’Ezechiel et de David que je vois qui colle comme une mouche sur Mademoiselle Baby… Ti fi saa m wè laaa ka detounen ti jennom nan wi !... Paix à ta bouche, Sœur Fifi. Ce malheur ne tombera pas sur cette maison. Nous continuons la permanence de prière. Se pou satan soti nan kay la !... Nap kontinye lage sòm ak kantik nan bounda yo ! Amen ! Amen ! Oh ! Sœur Claudette, contrôlez votre langage, vous êtes une servante de Dieu et de l’Évangile. La colère est un péché aux yeux de l’Éternel. Nous sommes ici pour aider notre Sœur Bernadette tombée dans l’égarement du péché et de la folie. Il nous faut chasser le dénommé

Ti Pouchon qui s’est emparé de son âme. Mais ne souhaitons pas de mal à Baby… c’est une brebis égarée… Chut ! Pasteur ne veut pas qu’on cite ce nom dans la maison. C’est Maritza qu’il faut dire, chuchotte Sœur Jasmine Moi, je ne plaindrai pas le Pasteur. Il n’a que ce qu’il mérite. Sœur Rose prend une mine dégoutée. Faire ça à cette pauvre Bernadette. Deux enfants d’une autre femme et elle ne savait rien ! Oui… mais la femme est morte, plaide Sœur Jasmine avec compassion. Morte ou pas, s’exclame Sœur Antoinette avec virulence, il a bien eu deux enfants d’elle alors qu’elle était bien vivante, des enfants qui ont à peu près le même âge que ses enfants légitimes! Et Bernadette qui ne savait rien de tout ça ! Mais où est Sœur Bernadette ? demande Sœur Jasmine. Elle ne nous rejoint pas cet après-midi ? Ça ne va pas trop fort aujourd’hui… Je l’ai vu tout à l’heure dans sa chambre, elle parlait au téléphone avec… Ti Pouchon. C’est extraordinaire ! À la voir, on croirait vraiment qu’elle est en train de parler à une personne en chair et en os. Satan saa gen pouvwa wi papa… men nap jwenn viktwa sou li kanmenm, au nom de Jésus ! lance Sœur Antoinette avec conviction. Amen ! Amen ! Le bruit du moteur d’une voiture se fait entendre devant la maison. Pasteur Daniel rentre chez lui. Depuis l’annonce de l’arrivée de Brother John et de la mission, il se sent le cœur léger. Ses problèmes financiers vont enfin trouver une solution. Chuuuut ! assez Sœur Antoinette ! j’entends des bruits de pas, c’est Pasteur qui rentre… Annou chante medam ! ****


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De vous a moi

Euphorie : se bay yap bay !

J

’ai tant de fois vu des agendas remplis à la section « cet agenda appartient à… » Pourtant, quand on feuillete à l’intérieur, on peut trouver une ou deux annotations

Mikaben et Oli Duret, « Tigidip »

Le groupe de Mikaben et d’Olivier Duret, qui n’a toujours pas de nom, a marqué un point au carnaval de cette année. Les deux musiciens ont produit un très beau morceau avec lequel ils touchent différents points sociaux. Tout comme Nu Krezi a fait pour sa méringue, Mikaben, ex-musicien de ce dernier, et Olivier Duret, ex de T-Vice, se sont inspirés des mélodies anciennes pour colorer leur méringue, et le résultat est fort appréciable. Tigidip est le titre qui incite le public à se manifester contre la misère du pays et en même temps est celui qui les invite à danser la toute nouvelle danse « dans ti bourik la, Tigidip », apportée par le duo Ils ont de quoi animer le boulevard des Quatre Chemins

Zatrap, « Moun pa » (Marenn ak Parenn)

Nos compliments aux jeunes de Zatrap qui se sont une fois de plus surpassés et qui se placent indiscutablement parmi les meilleurs groupes du carnaval de cette semaine… et pourquoi pas de l’année. A travers ce titre, « Moun pa », Zatrap dénonce les vices de la société et prône les vraies valeurs. Un morceau simple qui met surtout en valeur les verses des différents rappeurs du groupe bien ajustés sur un beat au son « rara » propre au carnaval national. Avec cette méringue, Zatrap renforce l’idée que le public haïtien s’était déjà faite de lui suite à la parution de « Kwaze le 8 » et de « pa pale,

au mois de janvier, et puis quand il sera bon pour la poubelle à la fin de l’année, il sera jeté sans avoir été ouvert ou utilisé plus d’une fois … Et que dire des calendriers de bu-

reau ? La première page sera peut-être saturée d’informations, rappels, quelques anniversaires, un lot de numéros de téléphone. Mais cette même première page restera la seule à être utilisée jusqu’au prochain exercice, et certaines fois pendant plus de deux années consécutives. Avez-vous déjà vu la ruée dans les locaux d’une entreprise parce que des maillots sont en train d’être distribués à l’occasion du carnaval ou de l’anniversaire de l’institution? Peu importe le size qui vous tombe dans les mains, l’essentiel est de trouver parce qu’on donne ! Les gadgets connaissent généralement le même sort : on se bouscule, on se fait grafouyen pour des trucs que l’on possède déjà la plupart du temps, avec d’autres labels, bien sûr… La scène se passe partout ! Et il n’y a pas que dans certaines couches sociales non ! Pour une adepte des distributions, je sais de quoi je parle, et c’est parce que je suis également une adepte des tisanes de verveine, persil, chou black et autres lénifiants que le saisissement ne m’a pas encore tuée ! Bon, c’est pour ne pas vexer certaines personnes qui se reconnaitraient ici que je ne relate pas certaines scènes. C’est pas que je ne pourrais pas mordre leurs mains non (menm si yo konn banm manje !), et je ne serais pas la première concitoyenne ingrate, mais comme je les aime bien comme lecteurs et lectrices, je « fais leur part ». Bon, n’est-il pas vrai que l’une des citations favorites du terroir est : « Depi se bay y ap bay, fò-w pran ! » et d’autres vont même plus loin : « Menm si se baton, l a pouse kèk gaz pou ou… « Vous

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voyez pourquoi je regrette toujours qu’on ne puisse pas dire « plus pire » ? Ça tomberait bien là : « Menm si se on pè chen fou, w a lage yo dèyè moun ki ba ou yo a, men depi se bay y ap bay, pa neglije pran ! » Tsss Tsss Tsss (j’ai changé le son du tchuipé, politique oblige) ne poussez pas des cris de saisissement, vous savez bien propre que je dis la vérité. Et vous seriez surpris de voir des démunis, des pauvres même, se mettre tranquillement en rang, attendant patiemment de recevoir quelque chose qui va vraiment leur servir, comme des vêtements ou de la nourriture. Alors pourquoi cette lutte acharnée pour passer devant afin d’en recevoir plus ? Et encore de la part de ceux-là qui ont de quoi distribuer à d’autres. Se battre pour des almanachs ? Tout le monde possède actuellement au moins un téléphone cellulaire, et tous les cellphones fournissent date et heure, avec service alarme, réveil et autres (ce qu’aucun almanach ne donne !) Vous faites la promotion pour un produit que la personne utilise déjà, donc qu’elle connait bien, et elle est en tête de ligne pour faire le laisser-frapper ! Bon, pis encore, pour un produit que la personne ne connaît pas encore : pourquoi se battre alors qu’on ne sait même pas si le produit est bon ? Non, mais des fois ! Qui peut comprendre pourquoi tant de citations du terroir ont le mot « bay » là-dedans ? Voyons… « Bay kou bliye »… « Bay piti pa chich »… « Sa pòv genyen se li’l bay »… « Bondye konn bay »… « Si anndan pa bay »… « Sa-w bay a men goch » … « Sôt ki bay » … Ok, ok, on s’arrête là! Et si vous en trouvez d’autres, vous les direz à haute voix pour votre propre compte, vous savez bien propre que cette rubrique n’a pas d’espace réponses (mwen pa bay piyay). De vous à moi, je ne dis pas que c’est un crime non de vouloir recevoir! Mais de là à s’oublier et se relâcher, hmm hmm, pas bon ! Et à ceux-là qui n’ont qu’un mot à la bouche, « recevoir, recevoir », je vous confirme qu’il y a une chose au moins que vous pouvez donner, particulièrement quand je suis dans la zone : bay talon w ! Sister M*

Quatre nouvelles formules qui marchent Une semaine de plus vient nous rapprocher des festivités du carnaval. Et les différentes méringues ne cessent de se multiplier sur les ondes nationales. Ils sont légion, les jeunes formations dont les produits plaisent au public, pas plus que les années antérieures évidemment, mais beaucoup d’entre eux ont tout de même effectué un travail remarquable cette année. A cette liste se joignent Trouble Boy et son titré « Trouble Foto », Team Lobèy « Gad’on Lobèy », Karizma « Nou ka leve defi saa » … Afin de retracer les quatre (4) jeunes formations les plus écoutées et appréciées de cette semaine,Ticket Magazine à mener son enquête auprès des DJs et stations de radio de la ville et vous dresse la liste qui suit. yo konnen », deux test pressings sortis au cours de l’année 2011. Zatrap est un groupe à guetter, un groupe qui promet !

Djakout Mizik, Papaw pap fe paw

Qui l’eut dit ? Malgré la forte concentration des fans de Djakout #1 à travers le pays, la méringue carnavalesque de Djakout Mizik gagne de jours en jours du terrain et conquiert de plus en plus de cœurs. En effet, après un temps de silence –enfin presque- le groupe a fait un retour en force et Djakout #1, n’a pas été épargné, sur son passage, au contraire il fait du groupe et personnellement de Shabba son principal cible, et de leurs piques dérivent les secrets du succès de

ce morceau titré « Papaw pap fe paw ».

J Perry et Wanito, « Plane »

« Plane » est le titre d’une méringue résultant de l’intelligente collaboration des deux révélations de l’année 2011, J.Perry et Wanito enregistré dans les studios de Baoli Records. Après un morceau « Dekole » qui a fait le tour du pays, et qui a même été retenu pour le thème du carnaval national, J Perry a été rejoint de Wanito et à eux deux ont gratifié au public haïtien un travail qui va dans leur sens. « Nou finn dekole kounya nap plane », tel est l’un des messages diffusés dans cette meringue carnavalesque à travers laquelle les deux jeunes

gens continuent de plus belle à souhaiter un changement pour Haïti. Le résultat de « Plane » plait à plus d’un. A cause de certaines exigences professionnelles et incompatibilités des horaires de chacun des artistes, la réalisation de la vidéo traîne en chemin. Toutefois, il serait bien qu’ils s’y penchent un peu car bien que figurant parmi les plus écoutées et demandées de cette semaine, une videoclip ne serait pas du luxe à ce produit qui aurait pu être meilleur. Après tout, on parle de deux hits makers, non ? Aceline René


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La polémique s'enflamme