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Tranches de vies migrantes Rue du rempart, Strasbourg


© Thomas Cytrynowicz & Simon Wohlfahrt. 2017. Tous droits réservés.


NOTRE PROJET Nous souhaitons vous présenter des tranches de vies des migrants qui étaient, jusqu’au 4 octobre 2017, installés sur le camp rue du rempart, à Strasbourg. Nous avions prévu de documenter leurs vies et leurs luttes pour éviter une reconduite à la frontière pendant les deux mois à venir, alors que le tribunal des référés avaient pris la décision de fermer le camp définitivement le 21 décembre 2017. La situation a cependant évolué étonnement rapidement, puisque l’Eurométropole a proposé aux familles qui le souhaitaient quelques nuits dans un gymnase, à l’abri et au sec, le 4 octobre. Cela a permis, le même jour, de vider entièrement les espaces occupés et d’en labourer la terre, évitant ainsi une réinstallation des migrants. Ce même gymnase n’est ouvert que jusqu’au 6 octobre. Et après? Certains seront déboutés de manière certaine et renvoyés dans leur pays, en Albanie, en Serbie. Pour les autres, à partir de 14h, ils se retrouveront à nouveau à la rue, et cette fois-ci sans que les associations qui leur étaient venues en aide auparavant ne sachent où ils se trouvent.

Nous avons été frappé par le manque d’information de la population locale quant à la situation rue du rempart. Beaucoup ne savent pas qu’à deux pas de la gare, une centaine de personnes, dont des enfants en bas âge, vivaient dans des conditions déplorables. Nous avons décidé d’entrer en contact avec ces personnes dormant sous tente dans le but de nouer une certaine amitié et de pouvoir, à travers notre photographie, raconter quelques éléments de leur vie. Un projet qui, ni dans le contenu ni dans la forme, existe à ce jour. Nous souhaitons offrir aux habitants de Strasbourg (ainsi qu’aux migrants eux-mêmes) une petite part de leur humanité dans les semaines qui viennent, sans prendre parti. Notre but est donc d’entreprendre un reportage social basé sur des moments capturés et des conversations partagées et entendues. Les photos qui vont suivre sont donc les dernières traces d’une situation qui a duré 5 mois, de mai à octobre, et que la ville a souhaité effacer. La photographie est un témoignage, pour que ces hommes, femmes, et enfants ne disparaissent pas complètement.


Thomas est photographe, vidéaste et reporter indépendant. Il a travaillé depuis plus de 4 ans aux Pays-Bas, en Asie et récemment en Afrique et s’intéresse aux enjeux internationaux tel que le développement durable et les droits de l’homme et a notamment travaillé pour Associated Press avec laquelle il a été publié dans The New York Times.

Simon Wohlfahrt, journaliste et photographe strasbourgeois de 24 ans, a étudié les droits de l'homme avant d'intégrer une école de journalisme à Toulouse et a notamment travaillé pour la RTBF. Il aime voyager et aller à la rencontre de nouvelles personnes.

Remerciement spécial à Slaven Hadzic pour son travail d’interprète en serbe.

strobepictures.com thomascytrynowicz.com @thomcytry

simonwohlfahrtblog.wordpress.com @wo_sim


Le père - “On est en France, putain ! On est en France et regarde comment on vit, elle est où l’entraide ? Je bosse moi, et je peux même pas offrir un toit à mes gamins.” Le fils - “Ce sont mes affaires scolaires. Il a plu, alors sous la tente, tout a été mouillé. Mais ça va, ça commence à sécher.” Le père - “C’est la honte, j’ai déjà du faire un appel aux dons pour les affaires scolaires, et maintenant tout est trempé; je peux pas encore demander aux gens.” Entendu rue du rempart, le 15 septembre 2017.


Enfances sous tente


“On espère travailler, c’est tout ce qu’on demande. D’où on vient, il n’y a pas de travail, c’est la misère. On est prêt à faire n’importe quoi.”

Deux pages précédentes, Dede, 32 ans, de Gjakova, Kosovo Fitore, 29 ans, de Gjilan, Kosovo

Ci-contre, Damir, 23 ans, de Peja, Kosovo


“Mais où est-il ? pourquoi l’ont-ils emmené alors que nous sommes en règle ?” se demande Tahiri, à propos de son compagnon et père de ses enfants qui vient d’être emmené au centre de rétention administrative à Metz.


Ava Fazliu, 40 ans, Serbe. “Ça fait 1 mois que je suis ici avec ma famille, on est 5 à dormir là-dedans. La ville sait qu’on est là, mais personne ne nous dit comment trouver une tente, alors on s’est débrouillé avec ce qu’on a trouvé.” Entendu rue du rempart le 1er octobre 2017.


Ci-contre, Dragan et Slavica, de Belgrade, Serbie.


“Depuis que nous avons fui Belgrade, mon état de santé s’est détérioré. Je fais des crises d’angoisses, en plus d’avoir des problèmes gastriques chroniques et une infection cutanée”, nous raconte Dragan, qui craignait pour sa vie et celle de sa compagne Slavica alors que la mafia locale rackettait leur épicerie. “Nous sommes parti pour le Luxembourg, puis l’Allemagne, et maintenant la France, mais on ne sait pas ce qui va se passer.” Entendu le 1er octobre.


À gauche, Ali, 23 ans, d’Algérie. À droite, Myriam, 10 ans, du Maroc.


Tranches de vies migrantes


Pour plus d’informations, Merci de contacter

thom.strobepictures@gmail.com

Tranches de vies migrantes © Thomas Cytrynowicz & Simon Wohlfahrt 2017. Tous droits réservés.


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