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LE KIOSQUE VEDUTA USINE T.A.S.E. VAUL X- EN -VELIN

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ème

BIENNALE DE LYON 2011

A M É L I E GAUTHIER THIBAUT PIERRON VANESSA P O I N T E T


La 11ème Biennale d’Art de Lyon en partenariat avec l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon organisèrent un concours pour la conception d’un pavillon temporaire. Avec deux autres étudiants, nous remportons ce concours en avril 2011 puis intégrons l’équipe de la Biennale d’Art de Lyon pour l’été afin de conduire et participer à la construction du projet. Le Kiosque Veduta ouvrit le 15 Septembre jusqu’à la fermeture de la Biennale le 31 Décembre 2011. Il fut conçu comme un lieu de rencontre et de partage autour de l’art contemporain capable d’accueillir une programmation culturelle (concert, théâtre, danse...), mais aussi comme le point d’entrée d’une partie de l’exposition internationale.

Lyon’s 11th Art Biennale in partnership with the school of architecture of Lyon organized a competition for a temporary pavilion. With two other students, we won in April 2011 the competition and integrated the Biennale team during the summer to conduct and participate in the construction of the Kiosque. Le Kiosque Veduta was open to public from the 15th of September until the 31st of December 2011, it was conceived as a meeting and sharing space around contemporary art with concerts and shows. It was also the main entrance of a part of the international exhibition.

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dĂŠveloppement formel

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à l’emplacement de l’ancienne entrée des usines

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rythmique concrète de l’échafaudage

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errance et porositĂŠ

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haut comme un immeuble de huit ĂŠtages

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abritĂŠ sous un plafond de ballons

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RUMEUR URBAINE

Le Kiosque Veduta cherche un point d’articulation entre un événement international, déterritorialisé et un territoire suburbain enclavé. C’est un point de capture entre l’“espace lisse” de l’art contemporain mondialisé et l’“espace strié” de la banlieue métropolitaine. Durant la Biennale, ce lieu agence des temporalités superposées, des évènements culturels de natures différentes et la rencontre de populations variées ; il doit produire l’altérité. Il cherche à produire un environnement capacitaire et temporaire et trouve une place adaptée dans le paysage en profonde mutation qui l’entoure. Avant la Biennale, ce dispositif annonce le parachutage de l’exposition plusieurs mois en amont. Il émerge assez tôt afin de susciter la curiosité pour un évènement à venir, il est une rumeur urbaine.

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ÉMERGENCE ET RÉINVESTISSEMENT

Le jardin du Kiosque provoque une première transformation de ce lieu, il propose une temporalité hors de la Biennale, en prenant place très tôt et en perdurant après l’évènement. Il figure l’émergence, la réappropriation et le réinvestissement ; c’est de cette façon qu’il prépare l’installation du Kiosque lui-même. Le jardin est avant toute chose une mise en scène, un acte volontaire de réintroduction du végétal sur un terrain aride. La renaturation est d’abord fictionnelle, elle s’opère à travers l’idée toute simple de «faire croître» en invitant des riverains à relever ce défi pendant huit mois. À la façon d’une première pierre végétale, les participants génèrent tous ensemble un “potentiel de nature” jusqu’alors inexistant et témoignent collectivement d’un intérêt à voir ce lieu réinvesti.

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«NEUTRALITÉ SPÉCIFIQUE»

Le Kiosque s’ouvre pendant la durée de la Biennale, il rend visible l’évènement pour les touristes culturels et les habitants de la métropole. Il est un accès, un lieu de passage autant que de manifestations ; on le traverse, on y fait halte, on l’investit. Il veut être aisément accaparé, détourné et usé - c’est un lieu capable - il offre le strict nécessaire, ou plutôt l’essentiel : le regroupement dans un lieu couvert d’un grand nombre d’individus. Il évoque une neutralité spécifique, un déjà-vu dérangeant, familier et inédit. Il se présente face à nous, inévitable et mouvant à chacun de nos pas - sa profondeur reste insaisissable, sa masse intrigue alors que sa transparence rassure. Aligné sur la rue, il est le seul alentour à adopter cette posture avenante. Encombré de prime abord, il est poreux à l’extrême et offre une multitude de cheminements à travers la rythmique concrète de l’échafaudage et le balancement aléatoire des sièges suspendus.

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Interview pour le guide d’exposition de la 11ème Biennale d’Art de Lyon

«Nous sommes partis d’un matériau éphémère, peu coûteux, facile et rapide à mettre en place : l’échafaudage, qui même s’il a une géométrie propre, réagit et change radicalement dans sa perception une fois adapté à un site particulier. Ici, il s’agit d’une friche, un espace que nous tenions à respecter comme tel. Il nous semblait indispensable de préparer le quartier et ses habitants à la venue d’une architecture monumentale telle que le Kiosque Veduta et d’un évènement international comme la Biennale. Ne pas «parachuter» l’architecture sauvagement, et c’est là tout le sens du travail de médiation de Veduta, qui a mis en place des jardins participatifs avec des habitants sur le site du Kiosque. L’idée était de faire revivre le site et de changer sa perception, dans le but de mieux appréhender la venue de la Biennale et la programmation culturelle du Kiosque. C’est ce que nous avons appelé la rumeur urbaine.»

«We used scaffolding, a light, modular, costless, easy and quick to install material, which reacts and changes in its perception when you adapt it to a specific place. Here, it is an industrial wasteland, a place we wanted to keep as it is. We wanted to design a structure in keeping with the neighbourhood for the Biennale, an international event. To not «shunted off» architecture agressively. The role of the Veduta programme is to make art and architecture friendly and accessible to everyone. So we organised events before building such as planting with groups of schoolchildren, to soften the urban environment and make everyone involved in the project. The idea was to change the perception of the area and enliven it, before the events began. It is what we called an urban rumor.»

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T H I B AU T P I E R R O N

thibaut.pierron@gmail.com


Le Kiosque Veduta