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Association Française de Thermographie Infrarouge – www.aftib.org

AFTIB

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Décembre 2010

Le mot du président L’amélioration des performances énergétiques du bâtiment étant désormais au cœur des objectifs du Grenelle II, le rôle de l’AFTIB pour fédérer, structurer, voire réglementer la thermographie infrarouge, en plein essor, est fondamental pour garantir tout le sérieux que les opérateurs, comme les clients, sont en droit d’attendre. A la veille de fêter ses 2 ans, l’association s’est désormais installée dans le paysage économique, véritable porte-parole des opérateurs en thermographie IR dans l’hexagone. Ce rôle d’interlocuteur central s’accompagne de sollicitations toujours plus nombreuses, notamment des pouvoirs publics. Je tiens donc à remercier tous ceux qui ont cru dans notre démarche et continuent à soutenir l’AFTIB. Jacques AMSELLEM

AU SOMMAIRE Formations de l’AFTIB : un succès croissant ! p.1 Evaluer l’état de dégradation des monuments historiques p.2 La thermographie IR au service de l’élevage avicole p.2 Des serveurs informatiques sous haute surveillance p.3 Nouvelle RT 2012

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A vous de jouer : étude de cas pratique p.4

Parution bimensuelle La seule newsletter francophone pour suivre toute l’actualité de la thermographie infrarouge : découverte des applications relatives au bâtiment, aux industries, au milieu médical, revue et test matériels de thermographie IR, certification, assurances et responsabilités de l’opérateur…

Newsletter diffusée par l’AFTIB – ©AFTIB 2010 www.aftib.org Contact : presse@aftib.fr Rédaction et conception graphique: Greenvibes SARL www.greenvibes.fr

Formations de l’AFTIB : un succès croissant ! Pour répondre à la demande venant des quatre coins de la France, il devenait important de proposer des sessions accessibles au plus grand nombre en multipliant les lieux de formation. L’AFTIB a donc dispensé pour la première fois une session dans l’Allier destinée à l’auto-contrôle. Mais l’AFTIB a surtout innové en proposant une formation à… 9400 km de la capitale, au cœur de la Réunion ! Bien que ce ne soit pas l’envie qui ait manqué aux formateurs de s’envoler pour découvrir l’île, l’association a réussi le tour de force d’organiser une visioconférence, doublée d’un téléphone pour garantir la continuité de la présentation en cas de débit internet défaillant. En parallèle, l’envoi de la présentation powerpoint au préalable permettait à l’interlocuteur de suivre (à noter, ce dernier possédait déjà une caméra, rendant possible l’apprentissage à distance pour la manipuler). L’expérience s’est révélée être un succès et d’autres contrées (dont la Côte d’Ivoire, le Cambodge et la Belgique) devraient bientôt bénéficier de l’organisation de futures sessions de formation à distance. Prochaines dates de formations : MASSY : 6-7 jan., 8-9 fév., 10-11 mars, 12-13 avr., 12-13 mai 2011 PERPIGNAN: 3-4 mars 2011 CHAMBERY: 20-21 jan., 17-18 mars 2011 Plus d’info sur www.aftib.org et à l’adresse directe : www.aftib.org/formation-thermographie.php

Enfin, l’AFTIB a eu le plaisir de faire sa première télé ! En effet, l’émission E=M6 diffusée le dimanche 14 novembre dernier à 20h, spéciale "Une maison sans chauffage" a invité notre président à participer, marquant ainsi la première médiatisation à l’échelon national de l’association. 1|Page


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Evaluer l’état de dégradation de

L’AFTIB est une association indépendante, non affiliée à une marque partenaire. La publicité contribue à financer la newsletter.

Monuments historiques Des chercheurs allemands ont récemment utilisé la thermographie IR pour évaluer l’état des maçonneries de bâtiments historiques. La méthodologie repose sur les variations de rayonnement des matériaux préalablement chauffés de façon la plus homogène possible grâce à des lampes halogènes fonctionnant par impulsion de 60 secondes. Cette technique a été testée dans la cathédrale gothique de Magdeburg (Allemagne) sur une colonne en grès abimée, une première fois en novembre 2009 puis en mars 2010. La dégradation entre les deux périodes a pu être clairement mesurée. La thermographie offre ainsi un outil permettant de suivre l’évolution des dégradations de matériaux fragiles, à caractère historique, parfois sculptés – rendant difficile la simple appréciation visuelle de leur état. D’autres études sont en cours, notamment en Italie où une équipe italienne vient de tester la thermographie de façon assez similaire dans le couvent de San Francesco, près de Montella en Italie. Source: "Investigating historic masonry structures at different depths with active thermography" - C. Maierhofe et al (2010)

La thermographie infrarouge au service de l’élevage avicole Les élevages avicoles nécessitent généralement de chauffer les bâtiments car les animaux ne peuvent produire suffisamment de chaleur.

 Contrôler la répartition des animaux en mettant en avant les zones non fréquentées (moins chaudes)  Identifier les zones froides le long des murs et les zones de convection au plafond (permettant de vérifier l’efficacité des radiants qui y sont fixés pour chauffer le bâtiment)  Repérer les défauts d’isolation

© Rolf Luebke

Evaluer les pertes énergétiques est important car elles représentent un coût non négligeable: environ 2 à 3 % du coût de production du poulet de chair. Pour un éleveur disposant de 2 500 m² de bâtiments, cela représente une dépense annuelle de plus de 10 000 € (1). La thermographie infrarouge s’avère donc très utile pour identifier ces déperditions, garantir une bonne isolation et vérifier la température intérieure afin de maintenir les animaux en bonne santé et éviter les dépenses inutiles. Elle permet notamment de:

L’inconvénient reste que la thermographie infrarouge ne permet pas toujours de repérer les courants d’air (hors refroidissement de parois), auxquels les animaux restent très sensibles.

Pour en savoir plus, contacter le site du groupe avicole et cunicole de Toulouse Agri Campus : www.avicampus.fr/quis.html (1) Chiffres extraits du rapport de l’Ademe "Utilisation rationnelle de l’énergie dans les bâtiments d’élevage" (2007)

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Des serveurs informatiques sous haute surveillance Rien qu’aux Etats-Unis, la consommation électrique des serveurs de données (ou datacenter) s’est élevée à 59 milliards de kWh en 2006, soit la consommation électrique de 5 millions de foyers. Elle devrait doubler en 2011. Une autre étude d’EDF évalue la consommation liée aux serveurs à 1% de la consommation française d’électricité. Or, il est communément admis qu’un centre de données de 1000 m² consommant en théorie 1,5 MW nécessite une alimentation de 3 MW. Pour les entreprises, minimiser cette perte d’efficacité devient désormais une priorité à la fois d’un point de vue financier et environnemental, puisque les risques de pannes ou de problèmes d’alimentation augmentent, dans un contexte où le nombre de serveurs dans le monde croit de façon exponentielle. Rien qu’IBM dépense 120 millions de dollars en facture d’électricité pour ses serveurs !

variation soudaine de température nécessite une intervention rapide. Toutefois, il existe de nombreux éléments exigeant un suivi régulier (onduleurs, batteries, ventilateurs, générateurs…). D’autre part, une bonne ventilation étant primordiale, la thermographie est l’outil idéal pour analyser la température et évaluer ainsi la bonne circulation de l’air autour des machines.

© Sönke Krüll

Ainsi, Nathalie Patriarca, fondatrice de la société BCAB et adhérente de l’AFTIB, a démontré dans le cadre de l’étude d’une salle informatique à Perpignan qu’elle manquait cruellement de ventilation. La charge thermique interne calculée sur la base des thermogrammes atteignait 11,8 kW, tandis que la puissance de climatisation installée était de seulement 4 kW. De plus, les climatiseurs se sont montrés particulièrement inefficaces, avec une portée faible. © Gregory Maxwell –Salle informatique

Pour garantir le fonctionnement optimal de ces machines particulièrement gourmandes en énergie, la thermographie infrarouge est vite apparue comme un outil jouant un rôle clé, notamment en termes de maintenance préventive. Non seulement elle permet de vérifier la température des datacenters qui doivent être bien ventilés pour éviter à tout prix la surchauffe, mais elle permet également d’identifier d’éventuels problèmes électriques et l’optimisation de l’utilisation des machines (et éviter des zones sursollicitées). Les racks (étagères métalliques sur lesquelles les machines sont empilées) et les panneaux de disjoncteurs sont particulièrement visés car toute

Au final, l’évacuation des charges thermiques a pu être mieux dimensionnée, permettant sans nulle doute au client de réaliser non seulement une économie sur sa facture grâce à l’optimisation du refroidissement mais, à terme, de préserver le bon état de ses serveurs en leur évitant la surchauffe. ----------------------------------------------------------------------Sources : "Green, l’informatique montre l’exemple", L’Informaticen n°74 (novembre 2009) "Une salle informatique sauvée de la surchauffe", Le Moniteur (Mai 2010) Livre vert "Vision et recommandations sur le green IT et le développement durable" - Syntec Informatique (2009) Livre blanc n°124 : "Stratégie de maintenance préventive applicable aux datacenters" – APC (2010) : www.apcmedia.com/salestools/DBOY-73VLPT_R0_FR.pdf

Mini Quizz : l’historique de la thermographie infrarouge 1. En quelle année les infrarouges ont-ils été découverts ? A. 1765 2. Qui a découvert les infrarouges ? A. Christian Doppler 3. Quand ont été commercialisées les premières caméras thermiques? A. 1965

B. 1800 B. James Prescott Joule B. 1969

C. 1835 C. William Herschel C. 1973

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RT 2012 : préparez-vous, elle arrive ! Les premiers textes concernant la RT 2012 viennent d’être publiés et seront appliqués dès le 28 octobre 2011 pour les bâtiments neufs à usage de bureaux, enseignement, accueil de la petite enfance et logements des zones prioritaires de rénovation urbaine. Les bâtiments neufs d'habitation ne seront concernés qu’à partir du 1er janvier 2013. L’objectif est de réduire la consommation d’énergie primaire à 50kWh/m²/an en moyenne, soit le tiers des consommations règlementaires actuelles. La conception et l’isolation des bâtiments seront désormais les facteurs clés du succès, la thermographie infrarouge étant un outil idéal pour garantir la qualité des constructions. Au cœur de cette nouvelle règlementation, trois exigences devront désormais être respectées :  L’exigence d’efficacité énergétique minimale du bâti, s’exprimant par un indicateur de besoin bioclimatique ou Bbiomax

 L’exigence de consommation maximale d’énergie primaire (moyenne de 50 kWh/m²/an) ou Cmax, prenant en compte le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, le refroidissement, l’éclairage et les auxiliaires (ventilateurs, pompes)  L’exigence de confort en été, fixant une limite de température à ne pas dépasser en période estivale (seuil modulé en fonction de la surface du logement). Le Ministère de l'écologie a estimé le surcoût à la construction de 5 à 10 % suivant le type de bâtiment, peut-être moins grâce à un effet d’économie de masse où des techniques encore chères verront leur usage étendu à grande échelle. Quant à l’environnement, d’ici 2020 (prochaine règlementation thermique), la RT 2012 devrait éviter de 13 à 35 millions de tonnes de CO2 (selon la méthode de calcul), soit environ 150 milliards de kWh. En savoir plus : Plan Bâtiment Grenelle Environnement http://tinyurl.com/RT2012

A vous de jouer ! Etude de cas pratique L’image visible (photo 1) présente une façade extérieure percée par une ouverture ronde à deux vantaux. La photo 2, en infrarouge, montre cette même fenêtre prise de l’intérieur du bâtiment. On constate une température de 16°C sur la partie ouvrante, en PVC. A la jonction de la maçonnerie, cette température chute à 10,7°C (en vert-bleu sur la photo 2). Quelle peut en être l’origine?

Photo 1

© J. Amsellem / EXPERURBA

Photo 2

Hypothèses principales: il pourrait s’agir d’un problème d’étanchéité à l’air ou de pose (mauvaise jonction entre la maçonnerie et la menuiserie), laissant passer de l’air refroidissant le dormant. Or, le changement de température étant très brusque (nette séparation des couleurs), une fuite d’air est peu probable car la transition d’une température à l’autre serait plus progressive. Il s'agit plus vraisemblablement d'une faiblesse d'isolation du dormant, avec apparition d’un phénomène de conduction-convection localisé sur une tranche étroite autour de l’ouverture. Vous aussi avez croisé des exemples intéressants ? Envoyez-les à l’AFTIB (presse@aftib.fr) avec votre analyse pour les publier.

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NEWSLETTER N°3