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OCTOBRE 2018

EDITO

EDITO

Six mois sans nouvelles… Je sais c’est long. L’été aura eu raison de Jelly Brain et de nombreux chambardements, tant professionnels que familiaux, ont fait que notre magazine aura dû mettre son drapeau en berne plus longtemps que de raison. Malgré ça, nous sommes bel et bien de retour et nous espérons vous offrir un mois d’halloween à la hauteur de vos attentes. En effet, le cinéma n’aura jamais été aussi prolifique que quand il s’attaque au genre horrifique dans ses grandes largeurs. Monstres, fantômes, vampires, tueurs en série et autres figures tutélaires hantent depuis des années nos salles obscures et se font le miroir de nos craintes et angoisses les plus profondes. Et pourtant, malgré cette immense convocation de forces du malin, il s’en passe de belles choses ce mois d’Octobre. Déjà, le Festival Lumière va fêter ses dix ans et nous aimons follement ces moments retrouvailles. Ensuite, alléluia, Netflix a enfin réitéré le succès artistique de Okja en proposant un film, qui ne mettra pas tout le monde d’accord, mais qui ressemble à du vrai bon cinéma de genre. Enfin parce qu’il était temps pour nous de nous questionner à propos du Maitre de l’Horreur, chose faite dans un dossier consacré au réalisateur Wes Craven. Un moment propice pour vous livrer ce numéro en accord avec les Saints-Esprits frappeurs du 7éme art. Et pour que vous puissiez passer la plus parfaite des nuits d’Halloween « made in  » Jelly Brain, nous vous avons soumis cinq films représentatifs de nos rédacteurs. Bonne lecture et rendez-vous à noël. Quentin DUMAS

Nos chers partenaires :

notre équipe : Rédacteur en chef - Quentin Dumas Directrice de publication - Clara Sebastiao Secrétaire de rédaction - Matthieu Broussolle Rédacteurs - Quentin Dumas, Clara Sebastiao, Louis Verdoux, Guillaume Gas, Matthieu Broussolle Graphiste - Fanny Robin The Jelly Brain - Association loi 1901 - SIRET: 837 909 332 00012 Date de parution: 17 octobre 2018 - Contact: thejellybrain@gmail.com

THE JELLY BRAIN

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oct. 2018


SOMMAIRE

10 RECAP’ ANNECY

33 INTERVIEW : Mister Fox

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12 AUCUN HOMME NI DIEU Pleure avec les loups

PORTRAIT : Constance Savelli

21 DOSSIER : Wes Craven, l’horreur par erreur

16 Detective Dee 3 Critique du film

18 Le Monde est à Toi Critique du film

THE JELLY BRAIN

38 AGENDA : Festival Lumière

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LES GOODIES

DOSSIER : Notre sélection de films pour Halloween

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portraits de l’équipe Les photos du mois

quartier libre : Le Bizarreum

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Night Tide, If Footmen Tire You, What Will Horses Do ?, Spring Night, Summer Night… Ces titres de longs-métrages ne vous disent probablement rien et pourtant ils ont tous un point commun : ils sont désormais disponibles gratuitement sur NWR.com, une plateforme numérique qui pourrait attirer les cinéphiles adeptes d’expériences filmiques singulières. Avant de nous dévoiler en début d’année prochaine sa série « Too Old to Die Young », le fantasque cinéaste danois Nicolas Winding Refn a ainsi fait un joli cadeau aux plus curieux fans de péloche.

Lancé au milieu de l’été, le site propose avec chaque film un magazine détaillé dévoilant les secrets de ces métrages sauvés in extremis de l’oubli. À chaque trimestre son « volume  », où chaque mois, un film en version restauré est diffusé sur la plateforme. Les films sont tous proposés dans leur langue originale, soustitrés en quatre langues (dont le français) The Nest of the Cuckoo Birds, Hot Thrills and Warm Chills et Shanty Tramp. D’autres pellicules quasiment inconnues, ont ainsi été diffusées entre juillet et août et sont donc disponibles en streaming.

Pour le moment, NWR. com est uniquement en anglais, mais une version francophone, supervisée par le distributeur La Rabbia, spécialisé dans les métrages de patrimoine, sera disponible au printemps 2019. D’ici là le public aura de quoi patienter, avec la sortie au mois de novembre de Sprint Night, Summer Night de Joseph L. Anderson.

Il y a trente ans sortait Jeux d’enfants, introduisant sur grand écran le désormais personnage culte de Chucky, une poupée en apparence joyeuse et enfantine, mais possédée par l’esprit d’un tueur en série psychopathe. Avec près de sept films au compteur, dont deux dernières séquelles sortis en DTV, et un casting originel toujours motivé à poursuivre l’aventure, la saga n’avait encore jamais évoqué l’idée du reboot.

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Louis Verdoux

NEWs octobre


NEWS octobre

Mais alors qu’une série TV canon aux films et supervisée par les figures historiques de la franchise avait été annoncée, le studio MGM a parallèlement mis en chantier un reboot de la saga. Même si Universal était la seule autorisée à enchaîner les suites, MGM avait conservé une emprise légale sur le premier épisode. Cette nouvelle version sera ainsi réalisée par Lars Klevberg, novice norvégien avec un seul métrage à son actif (Polaroïd, sortie en DTV en France) et produite par Seth Graham-Smith (Orgueil et Préjugés et Zombies). Plus de possession vaudou au programme puisque Chucky deviendra un boogeyman à cause de son I.A. défaillante…

Très discret sur les détails du projet, Jarmush a forcé les médias américains a assisté de loin au tournage pour dévoiler le casting. On apprend ainsi qu’Adam Driver, Chloé Sévigny, Selena Gomez et Bill Murray se partageront la vedette d’un film qualifié de « particulièrement hilarant » par ce dernier. De même, on sait juste du script qu’il décrit une société où humains et zombies cohabitent ensemble. Avec un projet mystérieux, on restera en alerte pour sa sortie en salles obscures, qui devrait probablement se situer dans le courant de l’année 2019.

Depuis cette annonce, Don Mancini, le créateur du personnage, a fait savoir sa colère sur les réseaux sociaux, attaquant régulièrement le projet à chaque news le concernant. Il considère qu’une réadaptation moderne flinguerait l’état d’esprit artisanal de tous les films de la saga. Avec un premier visuel laissant apparaître un design bien trop soigné et numérique, on préfèrera se tourner vers la version série TV et canon des séquelles, en espérant que son homonyme hollywoodien ne l’enterre pas définitivement.

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Louis Verdoux

Avec son échec commercial relatif, vous ne vous souvenez peut-être pas du sublime Only Lovers Left Alive de Jim Jarmush, une pépite arty qui redéfinissait les codes du film de vampires, avec un casting parfait et une ambiance pulpe vivifiante. Une résurrection du genre et d’un réalisateur qui s’était un peu perdu après la claque Ghost Dog. Deux ans plus tard, le cinéaste américain assume pleinement sa carrière atypique, dévoilant à quelques mois d’intervalle Paterson, un magnifique drame porté par Adam Driver, et Gimme Danger, un documentaire musical consacré au groupe The Stooges et son leader Iggy Pop. Visiblement décidé à nous surprendre, le réalisateur et musicien s’oriente maintenant vers l’horreur comique, avec The Dead Don’t Die, un projet fantasque qui vient de conclure son tournage.


Comic-Con 2018 a mis presque tout le monde d’accord. Cette nouvelle aventure du Lézard géant semble promettre un spectacle total avec une belle promesse: un affrontement entre Godzilla et Mothra, Rodan et King Ghidorah, trois de ses plus célèbres némésis. Si on pouvait craindre que Michael Dougherty soit peu à l’aise pour la réalisation de son premier blockbuster, nos doutes se sont très vite envolés. Sous une reprise du Clair de Lune de Debussy, le trailer dévoile majestueusement les kaïjus dans un splendide apparat. Marqué par une atmosphère lovecraftienne, le film s’inspire de ses aînés tout en dévoilant ses propres visuels forts. D’une ampleur et d’une générosité rare, Godzilla 2 pourrait bien être le blockbuster le plus marquant de l’an prochain. Le 29 mai 2019 semble loin, très loin…

Le roi des monstres est de retour ! Après un premier opus flamboyant et iconique malgré ses faiblesses, la Warner et Legendary Pictures ont définitivement lancé leur «  MonsterVerse  », un univers cinématographique lié aux créatures mythiques du cinéma. Godzilla  : King of the monsters se place comme le troisième épisode de cette saga, après Kong  : Skull Island, sorti en 2017. Beaucoup de changements à prévoir pour cette séquelle : exit Gareth Edwards et place à Michael Dougherty, réalisateur des sympathiques Trick’r Treat et Krampus. Côté casting, Aaron Taylor-Johnson et Elizabeth Olsen laissent leur place à Vera Farmiga, Kyle Chandler et Millie Bobby Brown, seuls Ken Watanabe et Sally Hawkins rempilent. La bande-annonce dévoilée cet été au

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Louis Verdoux

news octobre


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Recap’annecy

MON FESTIVAL D’ANNECY Pour sa 42ème édition, le grand rendezvous du cinéma d’animation s’est animé au rythme du Brésil en juin dernier. Cette année, plus de 10000 professionnels et étudiants se sont retrouvés à la sortie des séances ou aux soirées organisée à l’Impérial. L’occasion pour le public de voir en avantpremière les films d’animation de demain dans la grande salle Bonlieu. Ces derniers pourront également découvrir ou redécouvrir des classiques en plein air sur le grand écran spécialement installé sur l’esplanade du Paquier en bord du lac. D’autres salles de la ville (le Pathé, la MJC Novel et La Turbine) proposent des séances de rattrapage et pour les plus curieux, de très belles expositions sont présenté au travers de la ville (notamment au Château d’Annecy).

Pendant une semaine entière, les festivaliers se mélangent au rythme d’une ambiance décontractée, de coutumes insolites (les fameux « poissons » et autres avions en papiers) et surtout, une grande envie de partager leur amour pour le cinéma d’animation. Le temps pour moi de vous faire ma sélection des coups de cœur de cette année 2018, tout en redécouvrant Annecy.

Parvana, une enfance en Afghanistan raconte l’histoire bouleversante d’une petite fille afghane, sous le régime taliban, obligé de se travestir en garçon pour venir en aide à sa famille. Je ne saurais que vous conseiller de voir cette fable, adaptée du roman de Deborah Ellis. Sortie en salle en juin dernier et doublement primée cette année (Prix du public et du jury), Parvana parle d’émancipation de la femme et d’oppression. Adaptant son discours aux plus jeunes et restant immensément émouvant pour les plus grands, le film est une énième preuve que le cinéma d’animation ne s’adresse pas qu’aux plus petits.

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Recap’annecy

Tito et les oiseaux ou plutôt Tito e os Passaros, unique représentant du Brésil dans la compétition cette année et réalisé avec peu de moyens, a su faire sa place au sein de la sélection. On y suit l’aventure de Tito, un garçon de dix ans, qui s’est donné pour mission de sauver le monde d’une étrange épidémie  : stupéfaits par la peur, les gens du pays tombent sous le coup d’une étrange maladie qui les changent en statues de pierre. La richesse des thématiques abordées dans le film sont transfigurées par un visuel magnifique composé de formes très expressives et vibrantes donnant un cachet surréaliste à l’ensemble. Un film des plus réussis, compte tenu de son contexte économique, qui n’usurperait pas une sortie dans nos salles françaises. À soutenir donc !

THE JELLY BRAIN

A l’occasion du cinquantième anniversaire des Shadocks, le festival d’Annecy a proposé dans son très beau château, de découvrir ou de redécouvrir ce phénomène télévisuel qui a marqué des générations. Rendant hommage à son créateur Jacques Rouxel, l’exposition a cœur à plonger le visiteur dans le contexte des années soixante. Carnet de croquis, lettres de fan, storyboard et commentaires vidéo, composent cette exposition quasi-exhaustive. Après celle consacrée à René Laloux l’année dernière, la réussite des Shadocks ne fait que confirmer la richesse et le soin des expositions du festival d’Annecy.

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Fanny ROBIN

Funan retrace la survie et le combat d’une jeune mère, durant la révolution khmère rouge, pour retrouver son fils de 4 ans, arraché aux siens par le régime. À travers une histoire familiale, le réalisateur Denis Do nous envoûte et nous bouleverse avec une animation sensibles et des décors magnifiques. Les voix des personnages sont portées merveilleusement par Bérénice Bejo et Louis Garrel. Grand gagnant du Cristal d’Annecy, ce film est à découvrir absolument à sa sortie, en mars 2019.


Aucun Homme Ni Dieu

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Aucun Homme Ni Dieu

bestiaux

Après Blue Ruin et Green Room on n’avait plus de doute sur la capacité de Jeremy Saulnier à retranscrire des ambiances pesantes où la violence abrupte sert de filtre révélateur aux plus bas instincts. En ce sens, la noirceur et l’ambivalence des thématiques qui émaillent le livre de William Giraldi ne pouvait sans doute pas trouver meilleur réalisateur pour être portées à l’écran. Bonne pioche de la part de Netflix qui, après quelques déceptions (Mute et Annihilation) ajoute une œuvre de choix à son catalogue.

qui

régissent

nos

actes.

Délaissant le huis-clos bien vénère (Green Room), Jeremy Saulnier plonge à corps perdu dans le polar à tendance horrifique avec cette adaptation d’Aucun Homme Ni Dieu. Dans un petit village reculé d’Alaska, des loups seraient à l’origine de la disparition de trois enfants. Alors que son mari est au front au Moyen-Orient, la mère de l’un d’entre eux fait appel à un écrivain spécialiste de l’animal. Ce dernier a pour tache de retrouver et d’abattre la bête responsable de la mort du jeune garçon…

Les fameuses ténèbres du titre, ce sont déjà celles qui s’abattent sur cette région oubliée d’Alaska, engloutie par une nuit plus longue que de raison. Mais c’est surtout le combat permanent entre humanité et animalité qu’impose notre civilisation policée. En confrontant deux mondes à l’apparence similaire, le réalisateur consacre son film à en défricher les différences qui les opposent. D’un coté, le personnage de Russel Core (Jeffrey Wright, magistral), écrivain empathique ayant vécu une année entière, seul, au sein d’une meute de loup : l’homme cherche à renouer un semblant de relation avec une fille qui ne lui parle quasiment plus. Comme s’il se raccrochait au monde grâce à elle. De l’autre Medora Sloane, femme seule et isolée, rongée par une culpabilité introvertie : à l’inverse de Core, la femme n’aura de cesse de quitter son humanité pour faire table rase des secrets qui la rongent au profit d’une certaine pureté animale. Avec neutralité, Jeremy Saulnier parle cette mince frontière entre bien et mal, entre instinct primitif et rationalité. Certains s’y accrochant désespérément là où d’autres s’en affranchissent aveuglément.

Immensément viscéral, Aucun Homme Ni Dieu porte bien son titre en version originale. « Hold The Dark », littéralement «  retiens les ténèbres  », est un thriller troublant où une certaine plénitude côtoie les violences les plus irrationnelles. Suffocant de bout en bout, le métrage de Jeremy Saulnier est une nouvelle fois prétexte à sonder les tréfonds de l’âme humaine et les comportements

Avare en dialogue et teinté de faux semblant, Aucun Homme Ni Dieu n’hésite pas à perdre son spectateur dans ses propres limbes. Commençant comme un bras de fer entre l’Homme et la Nature, le film n’hésite pas à bifurquer brusquement pour devenir quelque chose d’indéfinissable. De fait, nombres d’éléments présents dans le roman seront tus, rendant le métrage beaucoup

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Aucun Homme Ni Dieu

bouleversé par un accès de violence imprévisible.

moins explicatif et conférant une liberté d’interprétation réjouissante pour le public – si tant est qu’on se donne la peine. Sublime, élégante et précise, la réalisation évoque aussi bien le conte que le western ou le slasher. Alexander Skarsgård, pour le coup, se révèle particulièrement inquiétant en bogeyman assoiffé de revanche. Les motivations nébuleuses du personnage renforçant l’irrationalité de ses actes, à l’image de la séquence de fusillade. Surgissant sans crier gare et glaçante en diable, cette dernière symbolise toute la bestialité sous-jacente dont sont capables les hommes. Sa gratuité et son ahurissante intrusion au sein d’un récit qui n’en avait pas besoin fait étrangement écho aux différentes tueries qui ont stupéfait les États-Unis au cours de ces derniers mois. Comme si Jeremy Saulnier se plaisait à souligner que notre quotidien pouvait à chaque instant être

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Que ce soit par son fond ou sa forme, Aucun Homme Ni Dieu est clairement audessus du tout-venant proposé par Netflix. À se damner esthétiquement, porteur d’une épaisseur émotionnelle sidérante et jouissant d’une qualité d’interprétation étonnante (le moindre second rôle crève l’écran), ce nouveau métrage de Jeremy Saulnier est clairement l’œuvre la plus aboutie du réalisateur. De là à en faire un « gamechanger  », il n’y a qu’un pas que je n’oserais franchir tant sa radicalité découragera une grande partie du public. Car Aucun Homme Ni Dieu est un film exigeant et c’est pour cela qu’il vous hantera durant des nuits. Quentin dumas

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critique 2

Les étés au cinéma se suivent et (malheureusement) se ressemblent. Noyés dans un flot constant de suites, remakes et reboots incessants, les meilleurs films de cette période ne sont pas nécessairement les plus mis en avant. Ni les plus vus. Time and Tide ou Seven Swords ne font pas forcément salle comble, l’espoir que le grand public se familiarise enfin avec l’univers de Tsui Hark est bien présent.

Cinéaste culte dont l’œuvre gigantesque (plus de 40 réalisations au compteur) continue de fasciner des générations, Tsui Hark a paradoxalement toujours eu du mal à se frayer un chemin vers les salles françaises. Ses premiers films ont presque tous été distribués directement en vidéo via la fameuse collection HK de Christophe Gans et il faudra attendre le début des années 2000 pour que les films du maître hong-kongais commencent à sortir au cinéma. Et même si à l’époque

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En 2011, lorsque le premier Detective Dee sort en France, les fans sont en alerte : Tsui Hark revient au genre qui l’a rendu célèbre (le wu xia pian) et semble prêt à démarrer une nouvelle saga, 20 ans après celle des Il était une fois en Chine. La critique est plutôt bonne et le film termine

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Detective Dee : La légende des rois célestes

Alors à qui la faute ? On peut penser que sortir un wu xia pian en plein été n’est peut-être pas la meilleure solution pour donner envie aux gens de découvrir un genre qu’ils ne connaissent pas (ou mal) mais d’un autre côté il aurait été bête de retarder le film et de ne pas profiter de la sortie simultanée avec la Chine. S’il n’avait pas été noyé sous un tas de films «  facilement consommables  », ce troisième Detective Dee aurait-il mieux marché  ? Probablement. Car quand on voit qu’en face, un mauvais film de requin avec Jason Statham dépasse le million d’entrées, on se dit que le spectateur estival est peut-être un peu feignant. Ou idiot.

sa course avec un peu plus de 200 000 entrées. Si les premières aventures du Sherlock Holmes chinois sont perfectibles, l’inventivité et la frénésie de l’ensemble donnent sacrément envie d’en voir davantage… Trois ans plus tard, un second volet encore plus fou et jubilatoire arrive chez nous et ne rencontre qu’un succès mitigé : d’un côté, des critiques dithyrambiques mais de l’autre, des salles à moitié vides. Clairement pensé pour être vu en 3D, le film n’a pas pu être montré ainsi de partout, certains exploitants faisant l’impasse sur le procédé. De plus, la sortie début août était peut être une bonne idée sur le papier (jouer la contreprogrammation avec les blockbusters hollywoodiens) mais n’a pas vraiment fonctionné.

Tsui Hark a-t-il encore sa place dans nos salles ? Bien sûr que oui et à ce titre, il faut saluer le travail du distributeur qui s’est battu avec acharnement pour nous proposer la meilleure sortie possible. Mais allez, si quatrième film il y a on y croit et on sera là. Vous aussi ?

Pour le troisième volet, le distributeur a vu les choses en grand : Detective Dee, la légende des rois célestes sort en 2D, 3D, 4DX, en simultané avec la Chine et… début août. Résultat, malgré un excellent bouche à oreille et un film qui se classe aisément parmi les meilleurs de l’année, les spectateurs ont déserté les salles. Encore.

Matthieu Broussolle

Détective Dee : La Légende des Rois célestes Titre original : Di Renjie zhi Sidatianwang Réalisateur : Tsui Hark Scénario : Chang Chia-lu Pays : Chine Date de sortie : 08/08/2018 Durée : 132 minutes Producteur : Les Bookmakers / The Jokers

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LE MONDE EST À TOI Définition de « l’idéal à atteindre » pour le héros du Monde est à toi : une vie de couple dans un petit pavillon de banlieue avec intérieur compartimenté et piscine pas plus grande qu’une baignoire, tout en gérant une franchise de glace à l’eau dans le Maghreb. Signe de réussite ou aveu d’échec ? La question ne se pose pas quand on s’appelle Romain Gavras. Au vu d’un joli palmarès dans le clip (notamment ceux, provocateurs, pour M.I.A et Justice) et d’un premier film qui croisait les gènes de Bertrand Blier et de Bruno Dumont (Notre jour viendra), le fiston du grand Costa n’est pas du genre à vanter la balise THE JELLY BRAIN

morale et encore moins la provocation sans affect. Chez lui, un cadre de cinéma chuchote une idée au lieu de l’imposer, une absence de message n’implique pas une absence de sujet, et un sujet sans mode d’emploi vaut toujours mieux qu’un ton pédago-démago à la con. Embrasser le film de gangsters décomplexé et suivre

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Le monde est a toi

Cela justifie chez Gavras l’élaboration d’une mise en scène entriste, faussement bling-bling, usant de ses déviations narratives – souvent hilarantes – pour traduire une dichotomie totale entre la réussite et la déchéance. Confondre les deux vaut ici mieux que de les distinguer, ne serait-ce que pour maintenir le décalage à son plus haut niveau. Mieux, la maturité acquise par le protagoniste et les doutes qui en découlent atteignent ici leur climax dans l’utilisation d’une célèbre chanson de Daniel Balavoine en fin de bobine, dont le sens des paroles n’avait jamais paru aussi limpide et justifié. De la joie d’acquérir l’indépendance à la tristesse d’avoir sacrifié d’anciens repères, tout explose alors dans un cadre solaire qui malaxe des sentiments contradictoires comme le film a si bien su mélanger les tonalités pendant 1h40. Au vu d’un second film aussi funky que maîtrisé de A à Z, le cas de Romain Gavras est réglé. D’aucuns avaient jusque-là supposé que son jour viendrait. Aujourd’hui, pas de doute, le monde est à lui.

l’errance de deux nantis nihilistes relève chez lui du même principe : suivre des personnages empêtrés dans une logique de fuite en avant conflictuelle (s’envoler vers un «  idéal  » et se méfier de son prochain deviennent des leitmotivs), incarnant des stéréotypes que Gavras va sinon détourner, en tout cas exploiter pour mieux contrer tout jugement moral envers eux. Un parti pris qui, à lui seul, cimente un fabuleux geste de cinéma où seuls l’humour et la mélancolie ont force de loi. Au vu d’un titre sous haute inspiration de Scarface et d’un scénario qui enquille les clichés gangsta pendant son premier tiers (toxicité d’une cellule familiale criminelle, caïds défoncés, petites frappes à deux de QI, etc…), l’affaire semblait pliée d’avance: un énième espoir de rédemption rendu possible par un «  dernier coup  », mais vite anéanti par une enfilade de trahisons et d’imprévus. Sauf que Gavras est plus malin que ça. Piochant aussi bien chez l’outrance pop de Tarantino que chez la cruauté de la comédie à l’italienne (genre Dino Risi), il désintègre les clichés un à un par un art de l’imprévisibilité narrative qui fait fureur. Chaque personnage devient un palimpseste aux enjeux sans cesse redéfinis quand il ne glisse pas sur une pente risquée dont on peine à mesurer l’effet boule de neige (il faut voir comment un beau-père timbré finit par voir partout les signes d’un complot secret !). Du coup, Gavras s’en tient à générer du fun sur une situation qui dégénère XXL. L’énergie de son casting est un bazooka qui fait de sacrés dégâts, en raison d’une enfilade d’acteurs sérieux qui jubilent à ne jamais se prendre au sérieux (Isabelle Adjani et Vincent Cassel volent toutes les scènes avec des rôles déments) et qui laissent toujours filtrer une vraie fragilité derrière leur carapace. THE JELLY BRAIN

Guillaume Gas

LE MONDE EST À TOI Réalisateur : Romain Gavras Scénario : Karim Boukercha, Noé Debré, Romain Gavras Pays : France Date de sortie : 15/08/2018 Durée : 105 minutes Producteur : Charles-Marie Antonioz, Mourad Belkeddar, Jean Duhamel, Nicolas Lhermite, Vincent Mazel, Hugo Selignac

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Scream 4 2011

Wes Craven, l’horreur par erreur

remake de La colline a des yeux – livre un témoignage franc et sans complexe sur un artiste à visage multiple : «  Wes était quelqu’un d’extrêmement complexe, avec énormément de paradoxes, de doutes et de luttes intérieures. L’un des souvenirs très forts que j’ai de lui, c’était de m’être trouvé dans son bureau à Los Angeles, pendant la préparation du remake de La colline a des yeux, et d’y avoir vu une affiche du film original sur laquelle figurait une lettre qu’il avait écrite pour son fils Jonathan. Sur cette lettre, j’ai pu lire ceci : « Je sais que ce n’est pas le genre de cinéma que tu voudrais que je fasse, mais ça paye l’école et les notes ». J’ai été extrêmement choqué de voir ça. Pour moi, Wes Craven était le maître de l’horreur, et je découvrais alors quelqu’un qui s’était retrouvé à faire du cinéma d’horreur sans vouloir fondamentalement en faire ». Une vérité qui, certes, ne fait pas

es Griffes de la nuit, La colline a des yeux, La dernière maison sur la gauche, Scream, Le sous-sol de la peur, Shocker… On ne compte plus les films qui ont fait la renommée de Wes Craven, qui ont suffi à faire de ce nom une marque de fabrique à la fois adulte et contemporaine de l’horreur. Un nom qui, bien avant son décès brutal en août 2015, avait déjà été synonyme de malentendu. C’est au sein même du petit documentaire Gentleman Wes, figurant sur la superbe édition DVD/Blu-Ray de L’emprise des ténèbres (disponible chez Wild Side), que se niche le point de départ idéal de notre sujet. Interviewé pendant une trentaine de minutes pour évoquer son rapport à Wes Craven et la richesse de son cinéaste, le cinéaste français Alexandre Aja – qui signera en 2006 un foudroyant

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Wes Craven, l’horreur par erreur

Les griffes de la Nuit 1984

forcément figure de scoop pour certains cinéphiles, mais qui contredit en tout cas cette étiquette de « maître de l’horreur  » que d’aucuns continuent de coller sur le front de Craven. Revenir sur le parcours du bonhomme aura en tout cas valeur d’invitation à rebooter la matrice du cinéphile bercé d’illusions. Né dans une famille ultra-catholique qui l’aura bien castré sur le plan culturel, le jeune Wes se réfugie alors dans la lecture au point de vouloir devenir écrivain. Une fois adulte et titulaire d’un master en écriture et philosophie, il devient professeur de sciences humaines et de dramaturgie, et se découvre une passion pour le cinéma art et essai, via des cinéastes comme Truffaut, Fellini, Buñuel, Cocteau ou Bergman. Rien à voir avec l’horreur, donc, même si le dernier nom de la liste sera à l’origine du sujet de son premier long-métrage – La dernière maison sur la gauche ne fera que reprendre la trame générale de La Source. Mais avant ce premier film, la tâche fut très rude  : pour payer ses biscottes, Craven aura tenté de vendre le manuscrit d’un roman (sans succès) et finalement accepté de collaborer au montage de plusieurs films (dont un porno-soft intitulé Together et produit par son futur complice Sean Cunningham). Et durant ces années-là, il se sera surtout fait la main sur le montage de films appartenant au genre qui l’aura véritablement défini : le documentaire.

n

e peut-o « Quelle imag es nserver de W vraiment co ’hui ? Celle Craven aujourd t choisi an ay d’un cinéaste erreur, mais par l’horreur malgré tout revendiquant ? le droit à l’horreur

»

Aja renchérit sur le sujet : « Wes commence sa carrière dans le cinéma par le montage de documentaires et de films érotiques.

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Wes Craven, l’horreur par erreur

longs-métrages de Craven – y compris sa fameuse et assez intéressante incursion dans le porno avec The Fireworks Woman – est aujourd’hui douloureux, tant l’inexpérience du débutant crève la pellicule. On a beau y sentir sa rage à vouloir faire tomber les tabous en réaction à son éducation stricte et religieuse, ses velléités en découpage, en mise en scène et en direction d’acteurs tutoient le zéro. Il faudra attendre l’année 1984 avec Les Griffes de la nuit et son boogeyman Freddy Krueger (sa plus belle création filmique) pour que Craven fasse enfin preuve d’une vraie maîtrise du récit et de l’image, prolongée quatre ans plus tard avec L’emprise des ténèbres.

uand on lui demande de réaliser La dernière maison sur la gauche, il se dit qu’il ne sait pas faire un film d’horreur, et donc, il a cette idée d’approche du genre par une mise en scène documentaire. C’est ce qui va donner au film sa force, sa radicalité, son côté cru et extrême. D’autant que ses films se basent toujours sur des histoires vraies, des faits divers, des livres […] De ce point de vue-là, L’emprise des ténèbres est vraiment le film qui lui ressemble le plus, avec sa dimension documentaire et son approche du fantastique par la suggestion […] C’est un peu la rencontre entre le Missing de Costa-Gavras et le cinéma d’horreur ». Sauf que si le recours au réel et à l’authenticité peut en effet offrir de fortes visions au spectateur, il peut se révéler plus vain qu’autre chose sans un vrai point de vue de mise en scène. Revoir aujourd’hui les cinq premiers

Shocker 1989

La question peut toutefois se poser : Wes Craven aimait-il le cinéma d’horreur à défaut d’avoir voulu en faire  ? Làdessus, les opinions divergent. On peut déjà relever la propension de Craven à travailler sur les contextes réels et les

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Wes Craven, l’horreur par erreur

Cursed. Et il aura fallu une parenthèse pseudo-oscarisable (une Musique de mon cœur plus qu’oubliable) pour que Craven révèle enfin sa vraie sensibilité d’artiste, ce qu’Aja confirme en grinçant des dents (« Beaucoup de gens connaissent bien Wes et peuvent confirmer que ce film avec Meryl Streep est vraiment le film qu’il voulait faire depuis toujours »). Quelle image peut-on vraiment conserver de Wes Craven aujourd’hui  ? Celle d’un cinéaste ayant choisi l’horreur par erreur, mais revendiquant malgré tout le droit à l’horreur ? Celle d’un faiseur opportuniste ayant surfé sur les modes pour se frayer un chemin  vers le succès, comme en témoigne ce duplicata non assumé de Massacre à la tronçonneuse qu’est La colline a des yeux  ? Celle d’un artiste torturé qui se sentait responsable de l’influence de ses films les plus violents – voir tous ces faits divers meurtriers en lien avec Scream et La dernière maison sur la gauche – au point d’avoir envie de se tourner vers d’autres centres d’intérêt, comme l’écriture ou l’observation ornithologique ? En tout cas certainement pas celle d’un «  maître de l’horreur  » (Dario Argento et John Carpenter le battent à pleine couture là-dessus), mais tout au plus celle d’un cinéaste qui aura marqué son époque et son genre de prédilection, même en se sentant aussi complexe que la première et globalement extérieur au second. Si son nom doit rester dans la légende, autant que ce soit pour les débats qui ne cesseront d’entourer sa personnalité, et gageons qu’ils n’ont pas fini de perdurer.

sous-textes politiques, ainsi qu’une solide connaissance philosophique qui aura pesé lourd dans son image d’homme sage et cultivé. De là viendront sans doute la consistance réflexive de certains de ses films, en général mêlé à des souvenirs intimes (Les Griffes de la nuit était un travail sur ses propres peurs d’enfance) et des subversions sociales (Le sous-sol de la peur intégrait un discours critique sur les banlieues américaines). Mais à partir des années 90, la réflexion de Craven visera les codes du film d’horreur luimême, d’abord de manière éblouissante avec Freddy sort de la nuit (peut-être son meilleur film), ensuite de façon polémique avec une saga Scream qui va castrer illico le genre par un mélange postmoderne de slasher référentiel et de teen-movie. De ce fait, en cherchant à faire évoluer ou à détourner le film d’horreur, Craven aura scié lui-même la branche de l’arbre qui l’aura nourri, révélant au grand jour une image de réalisateur cynique qui culminera avec la sortie de l’infâme THE JELLY BRAIN

Guillaume Gas

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Notre sélection pour Halloween

LeItconseil de guillaume Follows de David Robert Mitchell Le C onnaissez-vous Horla ? Il s’agit d’une

courte nouvelle de 1886 dans laquelle Guy de Maupassant, alors en proie à des hallucinations, narrait la descente aux enfers d’un individu se sentant suivi par une présence invisible. Sa lecture a toujours fait l’effet d’un cauchemar, et il en est de même pour It Follows, arme de flippe massive à mi-chemin entre terreur atmosphérique et introspection ado.

Ambiance diurne, hors-champ à la Tourneur, bande-son carpenterienne en diable : il n’en faut pas plus pour placer le trouillomètre à zéro et stimuler les terminaisons nerveuses. Et il y a ce tableau d’une génération éthérée, insouciante, alanguie dans son propre cocon d’indolence, figée dans un état second et sur laquelle un Mal insidieux s’abat sans alerte. De quoi ramener It

Follows à sa dimension de conte irréel, chargée d’une pesanteur douce et effrayante, dont l’ambiguïté provient autant des effets surgissant dans le cadre que du cadre lui-même. Pétrifié par l’angoisse, on ne sait plus s’il vaut mieux être face à l’écran ou dans l’écran. Bonjour le trauma.

« L esplus degenssouffrir n’envisagent » clame le

LeMartyrs conseil de Louis de Pascal Laugier

personnage de Mademoiselle, interprété par Catherine Begin dans le monstrueux film de Pascal Laugier. Tel un souffle vengeur suite au four décapant de son Saint-Ange, le cinéaste français entend bien faire mal au public. Le ton est nihiliste, la violence pure, l’échappatoire inexistante. L’œil est prisonnier


notre selection halloween

bouillonnant, aborde son film comme une épure totale de son style cru et brutal. Majoritairement incompris à sa sortie, Martyrs aura eu l’audace et la force de ne faire aucun cadeau dans sa violence. Tenez-vous le pour dit : vous ne vous en relèverez pas.

d’un spectacle insoutenable, révoltant et pourtant nécessaire. Si Martyrs est sorti comme une bombe, c’est parce qu’aucun n’aurait osé imaginer le voir exister dans le paysage cinématographique français. L’histoire est celle d’une vengeance qui dérape, pour ensuite ressentir tous les supplices d’une secte envers de jeunes femmes, dans la quête d’une vision de l’au-delà. Laugier, déprimé et pourtant

Le conseil de quentin

L’Orphelinat de Juan Antonio Bayona 2007, Guillermo Del E nToro a le nez creux

en révélant au monde Juan Antonio Bayona. Puisant dans le cinéma de ses deux figures tutélaires (Del Toro et Cuaron) L’Orphelinat est une œuvre matricielle s’inspirant autant du gout immodéré pour les univers gothiques de l’un que des drames humains de l’autre. Plus qu’un simple

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film d’horreur, L’Orphelinat traite du deuil, thématique centrale émaillant la filmographie de Bayona. Ici, une mère doit faire face à la disparition mystérieuse de son fils quitte à déterrer de vieux fantômes du passé. Troublant de bout en bout et teinté d’une mélancolie douce amère, le film préfigure déjà les qualités du réalisateur. Une maitrise absolue de

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l’émotion et une capacité à transcender des récits balisés à la seule force de sa mise en scène. Avec subtilité, Bayona manipule son spectateur, multiplie les fausses pistes et déploie crescendo le surnaturel pour mieux le faire basculer dans un final lacrymal ou la peur laisse sa place à l’émotion. Déchirant.

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notre selection halloween

Le conseil de clara

Sorgoï Prakov de Rafaël Cherkaski vient de Sdorvie et S orgoï désire découvrir le rêve

Le conseil de matthieu

européen à l’équivalent du rêve américain. Pour ce faire, il prévoit un road trip à la Antoine De Maximy façon Bidochon : des caméras scotchées autour de sa tête, des systèmes de captation complètement farfelus made in Sdorvia,

et surtout, une carte de l’Europe sur laquelle figure un cœur géant représentant le parcours de Sorgoï au travers des différentes capitales. Sa première destination est Paris, capitale du monde, de la gastronomie, de la mode, ville de tous les vices où il faut savoir

Schizophrenia de Gerald Kargl les vampires, fantômes et S iautres zombies sont de sortie

pour Halloween, on oublie parfois que le monstre le plus terrifiant qui soit reste celui à visage humain. Dans Schizophrenia, le monstre est un homme lambda qui, à peine sorti de prison où il a été incarcéré pour

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garder la tête hors de l’eau pour ne pas perdre la raison … Ce personnage à la fois perdu et ultra lucide nous touche par sa gaucherie, son humour naïf et son innocence face au tourbillon de la ville lumière. Il découvre avec délice et horreur les plaisirs et les déboires d’une vie parisienne diurne et nocturne. Mais ce qui se présente comme une classe verte en solo va rapidement tourner au cauchemar et à la dégénérescence la plus extrême … Un found footage à ne pas mettre entre n’importe quelles mains.

meurtre, s’apprête à recommencer à tuer. Radical et traumatisant, Schizophrenia est une plongée en apnée singulière dans la tête d’un psychopathe : une voix off monocorde relate en permanence les pensées malsaines du tueur pendant que la mise en scène opte pour des cadrages étranges. Placée soit trop loin soit trop près, la caméra ne lâche jamais le tueur (pour certaines scènes, l’acteur principal était même relié à la caméra via un système de harnais) et crée un malaise permanent. A la fois tour de force technique et roller coaster pour les nerfs, ce petit classique du film de psychokiller est à ne pas mettre devant tous les yeux mais restera à jamais gravé dans votre mémoire.

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hotographe à ses heures perdues, notre rédacteur en chef, Quentin DUMAS, s’est récemment lancé dans une série de por trait évoquant la cinéphilie des sujets photographiés. Evidemment la quasi-intégralité de la rédaction est passée sous son objectif.

Clara Vidéodrome Hellraiser II Mais Ne Nous Délivrez Pas du Mal Body Double

Fanny Le Roi et l’Oiseau La Belle et le Bête The Fly Edward aux Mains d’Argent Into the Wild


Guillaume Love Exposure Paprika À la Merveille The Neon Demon Enter the void

Matthieu Les Blues Brothers Massacre à la Tronçonneuse Ghostbusters Mulholland Drive

Quentin Sorcerer Old Boy Il était une fois dans l’Ouest Orange Mécanique


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portrait 1

Hugo Amizet, alias Misterfox, officie sur YouTube depuis maintenant plusieurs années. Fervent défenseur de la version française, ce voxophile est connu pour ses deux émissions phares : Parlons-VF, consacrée au doublage et Fox DVD dans laquelle il s’amuse à confectionner des versions matérialisées des œuvres audiovisuelles qu’il aime et qu’on ne peut posséder officiellement.

Salut Misterfox, ça fait huit ans que tu fais des vidéos sur le net, peux-tu nous en raconter la genèse ? Comment en es-tu venu à Parlons VF et Fox DVD ?

le public que je touchais étais en grande partie professionnel et connaissais déjà les sujets que j’abordais. J’ai ressorti le concept pour une Radio Associative dans laquelle j’étais stagiaire. L’émission est devenue une chronique radio ou j’avais le champ totalement libre. Ensuite Wakanim a lancé un appel à projets pour lequel j’ai postulé... Ce qui était bien avec Wakanim, c’est que je pouvais enfin m’adresser au public que je visais : des gens qui n’étaient pas particulièrement intéressés par le doublage, voir même pros-VO.

Ça fait même onze ans si l’on compte celles sur Dailymotion. A l’époque, internet était juste un endroit où l’on pouvait mettre ses vidéos pour les montrer à ses potes. Parlons VF était un pilote pour la chaine Nolife que j’ai finalement rendu public. J’étais frustré car THE JELLY BRAIN

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interview de mister fox

Oui, quand une version officielle sort. Pour la famille Addams, je l’ai fait sans beaucoup de regrets. Par contre, le dilemme a été beaucoup plus compliqué pour T’Aime ou Le Joueur du Grenier. J’en parle dans mon émission « Remix ».

Quand Wakanim s’est arrêté, j’ai continué sur YouTube. Pour Fox DVD, j’avais proposé le concept au collectif Voxmakers. Ils ont refusé de peur que ce soit trop personnel. Mais l’idée me plaisait. J’ai donc conservé l’idée pour ma propre chaine YouTube.

Quels seraient les DVD qui n’existeront probablement jamais et que tu regrettes ?

Comment choisis-tu les sujets à aborder ?

Tous les films Netflix. Ça me rend malade de savoir que des films comme Okja, Jim & Andy ou le futur Mowgli d’Andy Serkis n’auront jamais d’édition physique. J’espère qu’un jour Netflix reviendra sur sa politique et décidera de rendre ses films disponible à la vente. Après il y a certaines pépites que j’aimerais bien voir ressortir pour le fun. Omaké Books devrait s’atteler à une nouvelle édition de Marios Bros. C’est une vraie suggestion.

Pour Parlons VF, l’idée est de pouvoir développer un sujet annexe au film choisis. Ça ne m’intéresse pas de juste dire si la VF de tel film est bien ou mal. Fight Club m’a servi de mètre-étalon pour définir ce qu’était une bonne VF mais j’essaye toujours de m’éloigner de la simple review. Par exemple, One Punch Man permet d’aborder le star-talent. Fox DVD, c’est beaucoup plus simple : il n’y a aucune réflexion derrière. Si j’aime bien un truc et que le DVD n’existe pas, je le fais puis je détaille sa création.

Quels DVD tout collectionneur devrait posséder selon toi ? J’ai fais une vidéo «  TOP 6 DES MEILLEURS DVD  » sur ma chaine. Je vous invite à y jeter un œil. L’indispensable serait Scary Movie 2  !

Tu es parfois obligé de détruire des DVD que tu as faits ? THE JELLY BRAIN

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interview de mister fox

textes sont brillants... Social Network est également une réussite. Question série, le travail sur Brooklyn Nine-Nine est excellent.

Wild Side a fait un boulot de ouf’ : les menus sont hilarants et certains des bonus ont été tournés exclusivement pour le DVD. Sinon, les coffrets JDG chez Omaké Books, Mission Cléopâtre et Message à Caractère Informatif.

Pour terminer quelles seraient les vidéos que tu recommanderais à nos lecteurs pour découvrir ta chaine ?

Pour revenir à la VF, qu’as-tu envie de dire aux pros-VO pour les convaincre ?

Concernant Parlons VF, je suis toujours tenté de dire : «  Le dernier qui est sorti  » car je m’améliore à chaque épisode. Mais beaucoup de gens me parlent de celui sur One-Punch Man. Donc va pour One-Punch Man  !

À mon sens, la VF est une autre manière de regarder des films mais n’est pas une sous manière de les voir. Le principal argument étant que l’on passe en moyenne 25 minutes sur un film de 2 heures à lire les sous-titres. Vingt-cinq minutes ou l’on ne regarde pas la photo, les acteurs ou le montage. C’est aussi une question de confort. Qu’importe ton niveau de langue, il sera toujours plus simple de suivre le fil d’un dialogue dans ta langue maternelle.

Pour les Fox DVD, je recommande plutôt un hors-série comme les TOP meilleurs et pires DVD. Sinon, une vidéo qui n’a rien à voir, mais le « C’était bien  ?  » consacré à Noob le Film était assez intéressant.

Tu as quelques VF à nous recommander ?

Propos recueillis par Quentin Dumas

Django Unchained. L’adaptation a reçu un prix ATAA (Association des Traducteurs/ Adaptateurs de l’Audiovisuel). Les THE JELLY BRAIN

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portrait 2

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quel a été ton parcours scolaire et professionnel ?

de l’histoire, de l’analyse, de la critique, ce qui m’a permit d’élargir mes références et affûter mes goûts en matière de films. J’ai également pu m’essayer à la réalisation, au montage et à la prise de son en réalisant plusieurs court-métrages avec mes camarades. Seulement je ne me sentais pas dans mon élément. C’est en visitant pour la première fois la boutique lyonnaise spécialisée dans les effets scéniques Arts FX que j’ai eu l’idée de tenter autre chose, les effets spéciaux traditionnels. J’étais loin de m’imaginer qu’il existait des formations pour ce métier en France, et compte tenu de mes goûts pour les films fantastiques et de SF, et du travail manuel, il m’a paru évident de me lancer.

J’ai 28 ans et je suis maquilleuse FX professionnelle depuis un peu plus de 3 ans. Passionnée par le 7ème Art et les monstres depuis l’enfance, j’ai décidé de suivre des études dans le domaine du cinéma dès le lycée. L’établissement proposait l’option Cinéma Audio Visuel, j’ai donc passé un BAC L et CAV. J’ai ensuite poursuivi à l’Université Lumière Lyon 2 jusqu’à l’obtention d’un Master d’études cinématographiques. J’ai ainsi pu me forger de solides connaissances théoriques sur le cinéma, en passant par THE JELLY BRAIN

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portrait : Constance Savelli

D’où te vient cette passion ?

indissociables pour certains projets.

Mes parents sont cinéphiles, et ont une attirance prononcée pour le western et le fantastique. Je n’étais pas très manuelle étant plus jeune, mais j’adorais voir les monstres, les cascades, les décors oniriques quand j’étais petite. Ça a beaucoup influencé mon imaginaire. J’étais d’ailleurs souvent dans la lune à m’imaginer vivre ce que vivaient mes héros préférés dans leur film respectif.

Quels sont les projets qui t’ont le plus marqués ? Le projet qui m’a le plus marqué était la reproduction d’un costume pour Netflix. Avec mes collègues de Parallel Life Studios (atelier d’effets spéciaux traditionnels situé à Valence), nous avons reproduit un costume de Demogorgon afin de faire la promotion de la saison 2 de Stranger Things lors de la Paris Games Week 2017.

As-tu un modèle parmi les grands maquilleurs FX ? Hmm... question difficile, il y en a tant ! Mais si je ne devais en choisir qu’un je dirais Rick Baker, en particulier pour son travail sur Le Loup Garou de Londres de John Landis, où l’on peut voir une transformation des plus impressionnantes, entièrement réalisée en effets physiques.

Oui j’en ai une assez drôle, même si sur l’instant j’ai pas trop rigolé. Je sortais d’un tournage horrifique dans le sud de la France et je devais repartir en train vers la Haute Savoie pour un autre tournage contenant des scènes gores. J’avais donc dans mes affaires tous les accessoires propices à ce type de films, fausses mains coupées, crâne, faux foetus, intestins en latex, faux sang à gogo et autres joyeusetés dégoulinantes. Au moment d’entrer dans la gare, contrôle des sacs. Après un petit coup de stress, j’ai simplement expliqué mon métier au vigile et il a bien ri. Il voulait même participer en tant qu’acteur au prochain tournage !

Que penses-tu de l’abandon progressif des techniques “artisanales” pour les techniques numériques ? Je ne pense pas qu’on abandonnera définitivement les techniques artisanales. Même si on arrive aujourd’hui à faire des choses bluffantes de réalisme en CGI, je pense que les techniques artisanales auront toujours ce « plus » permettant de rendre un personnage plus organique, plus « palpable ». Cela dépend de la sensibilité des gens, mais pour ma part, je suis plus facilement en immersion quand je sens qu’ un acteur peut réellement interagir avec le monstre en face de lui, ce qui n’est pas toujours le cas avec de la synthèse. Après les images de synthèses et les effets physiques se complètent merveilleusement bien et sont parfois

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Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui débuterait dans ce domaine ? De faire ce métier par passion, car c’est un domaine difficile, d être consciencieux concernant l’utilisation des produits, et surtout de regarder un max de films et toujours se faire plaisir !

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Propos recueillis par Clara SEBASTIAO

As-tu une anecdote que tu aimerais partager avec nos lecteurs ?


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Du 13 au 21

AGENDA LYONNAIS

Agenda

Lyon et le Grand Lyon Pour plus d’info : www.festival-lumiere.org

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Le Festival Lumière « Fou de cinéma de patrimoine cherche semaine bien remplie. » différents membres de la rédaction. Le Festival Lumière c’est aussi l’occasion de sortir de la ville pour découvrir d’autres salles. Vous connaissez sur le bout des doigts les Pathé et UGC et le Comoedia, mais êtes-vous déjà allés aux Alizées ou à la salle Gérard Philippe  ? Non  ? Alors foncez  ! On nous dit dans l’oreillette que certaines structures préparent même des jolis gâteaux pour le goûter des petits et des grands … Pendant cette semaine intense, prenez également le temps de faire découvrir le cinéma à vos marmots dans des conditions optimales  ! Buster Keaton, Charlie Chaplin, Max Linder… Les grands classiques n’attendent que leurs yeux émerveillés pour revivre sur la toile.

Le Festival Lumière fête cette année sa dixième édition ! Au programme  : Jane Fonda, Liv Ullmann, Javier Bardem, Juan Antonio Bayona, Douglas Trumbull et plus d’une cinquantaine d’invités seront au rendez-vous pour accompagner chacune de vos séances dans toutes les salles équipées de Lyon et du Grand Lyon. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir des réalisateurs majeurs tels que King Hu, Henri Decoin, Richard Thorpe ou encore Muriel Box. Mais le festival ne se limite pas à de simples projections, vous aurez également droit à des masterclass à la Comédie Odéon, des ciné-concerts à l’Auditorium de Lyon, et des soirées endiablées sur la Plateforme, péniche officielle du festival, où vous pourrez croiser les

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notre festival lumiere 2018

Ven. 19 octobre

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21h00

La Nuit Sergio Leone « Cowgirl farouche cherche cowboy pour faire claquer son lasso. » C’est en hommage à la première édition que Sergio Leone fait son grand retour au Festival Lumière. A l’occasion de la sortie de sa biographie définitive Sergio Leone, quelque chose à voir avec la mort venez passer une nuit à vous couper le souffle dans la salle principale de l’Institut Lumière, sous le Hangar du Premier-Film. Vous pourrez voyager au travers des déserts arides de Le Bon, la brute et le truand, Il était une fois dans l’Ouest, Il était une fois … la révolution. Ces films seront aussi diffusés individuellement dans d’autres salles de Lyon et du Grand Lyon.

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Institut Lumière 69008 Lyon 25 rue du Premier, 95 18 04 78 78 Prix d’entrée : 12€ miere.org/ http://www.institut-lu

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agenda

Mardi 16 octobre

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19h00

2001 : l’odyssée de l’espace «Rêveur(se) cherche rêveu(se) pour planer, la tête dans les étoiles et le cœur au cinéma.» 2001, l’odyssée de l’espace sera projeté dans sa copie conforme à l’originale, supervisée par Christopher Nolan, à l’occasion des 50 ans du film. 70mm de pur bonheur en exclusivité sur l’écran géant de l’Auditorium de Lyon, de quoi en prendre pleins les yeux mais également … plein les oreilles  ! Le son de la salle étant incroyable, et la B.O sublime, vous pourriez y aller en aveugle et tout de même profiter du spectacle. La séance sera présentée par l’immense Douglas Trumbull, orfèvre et pionnier des effets spéciaux dans les années 70.

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Auditorium de Lyon 149 rue Garibaldi 04 78 95 95 95 Prix d’entrée : 12€ -lyon.com/ http://www.auditorium

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dim. 14 octobre

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21h00

Delicatessen meets Zola « Séance loufoque, hors-norme et bien aimée cherche public fou pour venir à Villeurbanne. »

La vie des étranges habitants d’un immeuble de banlieue qui se dresse dans un immense terrain vague et qui tous vont se fournir chez le bouchercharcutier, à l’enseigne “Delicatessen” … ça vous tente ? Si oui, n’hésitez pas une seconde, si non Marc Caro et JeanPierre Jeunet seront en salle pour vous convaincre et pour vous transporter dans un univers d’inquiétante étrangeté. A la sortie de la séance, si vous avez apprécié le film, courrez au Musée du Cinéma et de la Miniature pour admirer l’exposition temporaire consacrée aux deux artistes.

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Cinéma le Zola Zola 117 cours Emile e nn ba ur lle Vi 0 10 69 65 04 78 93 42 Prix d’entrée : 6€ .com/index.php http://www.lezola

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goodies

LLes sorties

D// VD DV D Blu -ray

25/09 Collection « Make my Day » :

Near Dark, Six femmes pour l’assassin, Max mon amour, Sans mobile apparent StudioCanal Depuis l’arrêt de la collection des Introuvables chez Wild Side, le monde de la vidéo n’avait pas vraiment connu de remplaçant digne de ce nom. C’est désormais chose faite grâce à StudioCanal et Jean-Baptiste Thoret qui se lancent dans l’édition d’une nouvelle collection, là aussi dédiée aux films rares et méconnus. Sous l’appellation « Make My Day  », une cinquantaine de titres devrait ainsi débouler sur plusieurs années, à raison d’un par mois. Les quatre premiers films annoncent la couleur  :

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inutile de chercher un lien entre toutes ces œuvres, la seule ligne conductrice étant l’envie de Thoret de nous partager ces films hors normes dans les meilleures conditions possibles et en versions intégrales. Et entre les débuts sanglants de Kathryn Bigelow, un film matriciel du giallo, un délire trash de Nagisa Oshima et un polar culte de Philippe Labro resté longtemps invisible, il y a largement de quoi patienter jusqu’aux prochaines sorties qui s’annoncent là aussi passionnantes (on évoque

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Nickelodeon, La mort a pondu un œuf, Déviation mortelle et même Mandingo !). Si les copies sont pour le moment de bonne qualité, la quantité des bonus varie d’un film à un autre mais ils se montrent généralement très complets sur le film traité (JeanBaptiste Thoret intervenant pour chacun d’eux avec l’érudition qu’on lui connait). Seul léger point noir pour le moment  : l’absence de version française pour Six femmes pour l’assassin, bloquée pour des raisons de droits. Mais on chipote.

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16/10

Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (John Carpenter - 1986)

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Matthieu Broussolle

Arcadès Jack Burton, routier brut de décoffrage, se retrouve au beau milieu d’une bataille en plein Chinatown, où s’affrontent monstres, sorciers et autres créatures surnaturelles venues d’Orient. Acteur récurrent dans la filmographie de Carpenter, Kurt Russell incarne ici un personnage assez éloigné d’un MacReady ou d’un Snake Plissken : Burton est inculte, maladroit et traverse tout le film sans vraiment comprendre grand-chose à ce qui lui arrive. Lâché par le studio qui l’avait produit au moment de sa sortie et qui pensait tenir un nouvel Indiana Jones, le film sera également boudé par le public, qui n’avait pas forcément saisi où Carpenter voulait en venir (le film est en réalité un hommage au cinéma HK et en particulier à Zu les guerriers de la montagne magique de Tsui Hark). Il faudra attendre une sortie en VHS pour que le boucheà-oreille fasse son effet et que le film obtienne enfin le succès qu’il mérite. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde pour célébrer ce petit classique qui ressort dans une édition annoncée comme particulièrement complète (avec en prime 1h30 de bonus inédits). Ne ratez surtout pas le commentaire audio du film, sans filtre.

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goodies

21/06

Ishiro Honda : Humanisme monstre 15/10

Hérédité

(Ari Aster - 2018) Metropolitan Vidéo Rares sont les films de cinéma qui mettent KO une salle entière. Hérédité est clairement de ceux-là et revoir le film de Aster permet de mesurer à quel point cette première œuvre laisse présager de grandes choses pour la suite de sa carrière. Partant d’un postulat assez simple (une matriarche décède), cette histoire familiale va rapidement virer dans le drame et le glauque le plus total, du genre à vous laisser des images en tête pendant des semaines. Malin et imprévisible, Hérédité s’impose comme l’une des expériences les plus viscérales de l’année, à condition d’y être un minimum préparé ! On attend de découvrir le making of avec curiosité, vu à quel point certaines scènes ont dû être un véritable enfer à tourner.

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Rouge Profond SI le cinéma japonais a souvent eu droit à des publications chez Rouge Profond (Le cinéma enragé du japon, Fantômes du cinéma japonais…), il restait encore à faire concernant le roi des monstres Ishiro Honda. Papa du célèbre Godzilla, le bonhomme n’a que rarement eu la place qu’il méritait au sein de la critique française, le film de monstre (kaiju eiga) n’étant pas vraiment regardé avec sérieux. Spécialiste du genre, Fabien Mauro répare non seulement une injustice mais permet surtout de mettre en lumière tout un pan du cinéma de Honda jusqu’alors méconnu et de constater que la science-fiction n’était pas son unique terrain de jeu. A travers ses films de commande aux genres divers, Honda en profitait pour placer des thèmes récurrents et se révélait être un excellent technicien. On referme le livre avec l’envie urgente de redécouvrir la filmographie de Honda et le souhait que certaines de ces pépites finissent par sortir un jour chez nous en vidéo !

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Matthieu Broussolle

(Fabien Mauro - 2018)


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quartier libre

Des découvertes

joyeusement macabres

« Je vulgarise la Mort sur Youtube. Principalement par le biais anthropologique, archéologique mais aussi historique avec plusieurs formats : Le format archéo plus long et la minute creepy plus court où je vous présente un objet, un fait mortuaire, une coutume... Prends ta plus belle faux et suiS moi ! Bonne découverte ! »

Avec une telle présentation, notre curiosité ne pouvait qu’être piquée à vif. Qui es-tu ô jeune vidéaste ? De quoi parles-tu ? Pourquoi ? Comment ? Au fur et à mesure de la visualisation de sa chaîne YouTube, Juliette et ses sujets hors du commun ont commencé à nous intriguer de plus en plus. Une seule explication était possible (audelà du talent de cette jeune femme)  : ses vidéos ne sont que l’expression d’une réalité qui dépasse le cinéma. THE JELLY BRAIN

Reliques maudites, têtes réduites, poupées étranges … Nous avons tous, au cours de notre cinéphilie, croisé ces entités emblématiques du cinéma de genre (et plus précisément du cinéma d’horreur). Le Bizarreum leur rend toute leur légitimité et raconte leur histoire au travers de visuels macabres et antiques. Pour vous convaincre de faire un tour sur cette chaîne nous avons choisi de comparer deux de ses sujets à leurs représentations au cinéma.

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quartier libre

Les momies de Venzone, la minute creepy

Frozen Charlotte, la poupée en cercueil, la minute Creepy Petites poupées en porcelaine offertes aux enfants durant l’ère victorienne, les Frozen Charlotte étaient présentées dans des cercueils miniatures. C’est à la suite d’un poème sorti en 1840 et contant la mort de la jeune Charlotte, gelée par un grand froid d’hiver, que ces jouets ont vu le jour. Ces poupées étaient également percées pour qu’ainsi elles soient offertes dans des … tasses de thé ! L’ère victorienne regorge d’anecdotes en ce genre plus étranges les unes que les autres.

Les habitants de Venzone prennent grand soin de leurs ancêtres momifiés. Ils les sortent, se pavanent avec eux, bras dessus bras dessous, et ce dans la simplicité la plus totale. On nous apprend qu’au Moyen-Âge les cadavres des défunts étaient enterrés sous la cathédrale de Venzone. Plus tard, lors de travaux d’agrandissement de celle-ci, les habitants de Venzone ont découvert une première momie, qui a rapidement été suivie par d’autres. Depuis, ces joyeuses mortes sont exposées aux yeux de tous dans leur plus simple appareil et dans un état de conservation très appréciable.

La Momie, Karl Freund, 1932

Dolls, Stuart Gordon, 1987

En 1921, sur le site de Thèbes, des archéologues du British Museum découvrent un sarcophage contenant la momie d’Imhotep (tout comme nos habitants de Venzone au moment de la découverte de leur première momie). Ramené à la vie par accident, Imhotep s’enfuit en emportant le parchemin de Thot, qui permet de ressusciter les morts (c’est ici que la fiction intervient, quoique …). Karl Freund a-t-il été confronté aux momies de Venzone avant l’écriture de son scénario ? Peut-être, en tout cas nous aimons croire à cette hypothèse. THE JELLY BRAIN

Judy une fillette accompagnée de son père et de sa belle-mère trouve refuge dans un grand manoir à la suite d’une panne. (Oh oh ! L’époque victorienne pointe déjà le bout de son nez). Le vieil homme de la maison est un fabricant de poupées et la villa est pleine de ces figurines de porcelaine. La famille ne sait pas qu’elle s’apprête à passer une nuit d’horreur, entourée de poupées sadiques et machiavéliques … Décidemment, les enfants aiment jouer avec des objets morbides  ! Clara SEBASTIAO

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Prochain numéro RE! prévu en DÉCEMB Pour plus d’informations : thejellybrain@gmail.com

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The Jelly Brain - Octobre 2018  

Le magazine du cinéma gratuit à Lyon - Aucun Homme ni Dieu, notre film coup de cœur - Dossier : Wes Craven, l'Horreur par Erreur - Critique...

The Jelly Brain - Octobre 2018  

Le magazine du cinéma gratuit à Lyon - Aucun Homme ni Dieu, notre film coup de cœur - Dossier : Wes Craven, l'Horreur par Erreur - Critique...

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