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TROISIEME

EXEMPLAIRE


3

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starring brns, holidays , la femme, puggy , nickel pressing, disco anti napoleon

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HOLIDAYS THAT NIGHT BEFORE

Pour émoustiller le public, Holidays sort That Night Before, un quatre titres annonçant la sortie prochaine d’un album qui s’annonce d’ors et déjà prometteur. Dopé à la dream-pop, Holidays maîtrise sans faute les mélodies prenantes et planantes. Ajoutez tout une voix profonde et aérienne, l’EP porte dans des panoramas californiens, dans un soleil en polaroïd, tourné en 8mm. On adore les guitares lancinantes, les plages instrumentales qui s’étalent et qui font en sorte que l’auditeur s’oublie dans une sorte de magie décomplexée. Les tires restent proches dans leur compositions mais chacun fait grandir un peu plus l’EP qui semble ultra complet. Coup de cœur pour Summer’s days are over, mêlant intelligemment une certaine mélancolie et une énergie positive très rêveuse. Dans l’esthétique de Beach House avec quelque bpm de plus, Holidays brille et s’écoute en boucle.

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LA FEMME PSYCHO TROPICAL BERLIN Le monde chante en français, à la Daho ou à la France Gall. Et voilà La Femme, une machine de guerre bien rodée depuis quelques années, qui débarque et écrase ce que vous avez aimé. Psycho Tropical Berlin, enfin le premier album. Totalement sectaire, La Femme dévoile ce LP envoûtant, épileptique souvent avec ces basses qui frappent, ces riffs de guitares psychédéliques. Après des EP qui nous marquaient à chaque fois, le collectif mystérieux arrive à surprendre et à nous remettre en question sur la bonne connaissance du projet. Entre futurisme postapocalyptique et pop-surf faussement naïve (« Tout le monde s’est fait tué pour être leurs esclaves ») le LP ne présente pas de temps mort, on redécouvre une énième fois La Planche, on s’éclate sur Amour dans le Motu ou encore sur Welcome America. Chaque titre évolue dans un univers où les nuages noircissent un ciel menaçant. Indéfinissable et pourtant addictif, La Femme est impertinente et réussit à conserver un mystère aussi énorme que son talent sur cet album •

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PUGGY TO WIN THE WORLD Au début on se dit qu’on ne pourra pas chroniquer cet album, c’est un peu mainstream. Et puis on se fait avoir. Puggy, le trio belge revient avec un deuxième album où chaque titre est un tube. Tout rentre en tête, les accords, les mélodies, les refrains. Tout. En bon album pop-rock, Puggy passe aisément de morceaux ultra énergiques à des ballades pas désagréables : enchaînement particulièrement remarquable entre Goes like this et Everyone learns to forget. On retrouve les codes du premier bon album de Puggy : les chœurs, les variations vocales de Matthew Irons, les claviers vintage (l’album s’ouvre sur To win the world et un excellent accord entraînant de claviers), la basse ultra groovy. To Win The World se clôt après onze chansons, sur un morceau des plus délicat, I’m Happy, accompagnant sans frustration l’auditeur vers la fin, avec quelques secondes instrumentales. Un beau et bon retour pour Puggy avec ce deuxième album qui attend de suivre le chemin à succès de son prédécesseur •

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DISCO ANTI NAPOLEON BLUE LAWN EP

Deux titres sur un EP et tout est dit, tout est prometteur. Aimant jouer la carte du psychédélique, Disco Anti Napoléon - DAN - relie des ambiances saturées à de vraies mélodies pop. Le condensé des deux titres, Power of Love et Blue Lawn s’écoute sans modération mais avec la légère frustration du « pas assez ». Signés sur le label FVTVR, dénicheur de Pégase ou Rhum for Pauline, les quatre nantais, suivent la trace alléchante de leurs compatriotes. Les deux titres sont véritablement mis en relief par ces guitares sacrifiées et ces lignes de basses appuyées et répétitives, amplifiées par une voix venue de la disto. Deux petites pépites pop mises en image dans des ambiances aux couleurs elles aussi saturées et flous artistique travaillés. La musique se regarde aussi. Avec DAN, Nantes nous livre une nouvelle fois son talent •

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NICKEL PRESSING WHO DECIDES ? EP Nickel Pressing décortique encore le rock, le remet à son goût. Saturée et déstructurée, la musique des lyonnais se dévoile sur Who Decides ? un EP en quatre morceaux, soutenus et efficaces. Mélangeant sans scrupule sons électroniques, samples exotiques, parties aux violons, groove et effets de voix, Nickel Pressing assume son inéligibilité à un style musical défini. Rayon « Atypique ». Ayant été produits par les internautes pour créer le tube de l’été, Yann, Pierrick et Gaël ont composé Insel Paradisio, le morceau weird-pop de l’ep, jouant à dérouter l’auditeur avec des effets quasi robotiques dans le chant et des rythmes changeant. Who Decides ?, ouvrant l’ep est le titre le plus brut, le plus concis, ne s’éparpillant par dans des fioritures inutiles. Nickel Pressing surprend donc encore avec cet EP, attendri souvent de ses voix qui déraillent et qui se faussent. Quatre titres à découvrir donc sur l’ audacieux label Lo Recordings ou à voir prendre tout leur sens en live •

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BRNS Prononcez « brains »

Un an après la sortie de leur mini album Wounded, on parle encore de BNRS comme de la révélation pop rock de l’année. Enchaînant les concerts, bluffant les public, claquant les pros, les quatre belges mettent tout le monde à leur pieds. Dans un morceau très rock, très puissant, comment vient l’idée d’y introduire des cloches, du melodica ou du xylophone ? Au départ, ça s’est fait de manière totalement intuitive ! On était dans un local très bordélique où s’entassaient des vêtements pour enfants, des poussettes... Et des instruments pour enfants ! À l’époque, on n’avait même pas de guitariste, et on a décidé d’ajouter ces touches de xylophones, de cloches, et de les considérer comme de véritables arrangements. Par la suite, on a continué à faire ces ajouts de manière plus ou moins systématique. On aime le côté bricolo, la toy music. Ça produit aussi un contraste intéressant par rapport à l’aspect très brut des compositions. Aujourd’hui, cette dualité fait partie intégrante de notre identité musicale.

Il y a t-il des morceaux sur Wounded que vous aimeriez retravailler aujourd’hui, après avoir beaucoup tourné ? À vrai dire, pas vraiment. Ces morceaux, même avec leurs défauts, correspondent à un moment important où l’on a commencé à sortir un peu des sentiers battus dans notre manière de composer. Aujourd’hui, on a clairement plus d’expérience et il est clair qu’on ne referait peut-être pas les choses la même manière. Après, la naïveté et peut-être les faiblesses de ces titres possèdent un certain charme qu’on ne tiendrait pas à enlever. On est plutôt portés vers l’avenir, on a envie de présenter de nouvelles choses et de montrer notre évolution depuis. Mexico se rapproche d’un format pop, refrain-couplet-refrain, alors qu’on a l’impression que chacun des autres morceaux joue à éviter ce format. Mexico s’est-il créé avant les autres titres ? Est-il une porte d’entrée plus accessible vers le reste du mini-album ?

C’est très juste. Historiquement, Mexico est le premier titre à avoir été finalisé. Pour ce premier morceau, on s’est assez intuitivement tourné vers une structure plus classique. Il faut dire qu’on était très excités de commencer un nouveau projet, et que ce titre est sorti de manière très limpide. On ne s’est pas pris la tête pour tel ou tel arrangement. Ça sonnait


comme ça n’avait jamais sonné dans nos autres projets et ça nous satisfaisait amplement. Pour les autres titres du disque, on a peut-être un peu plus intellectualisé notre démarche. Clairement, les autres morceaux, même s’ils peuvent être catchy, évitent la rengaine pop habituelle. Beaucoup d’entre eux ne possèdent même pas de refrain. Mexico s’est donc imposé un peu malgré nous comme le single. Après, c’est une chanson qu’on apprécie toujours autant et qui constitue clairement une porte d’entrée à notre univers, même si la plupart des autres titres tendent parfois à s’éloigner de cette esthétique. Le mini-album s’ouvre et se clôt sur de longues plages instrumentales, pourquoi ce choix ?

Car pour nous, Clairvoyant et sa longue intro planante faisait un très bon titre d’ouverture, assez intriguant. Our Lights et son outro remplit un rôle de fin « en apothéose ». Les parties instrumentales ont toujours fait partie de notre univers. Au début du groupe, on écoutait beaucoup de post-rock, de math-rock et on ne pensait pas forcément ajouter du chant. Dans la construction du disque, ces deux morceaux nous ont permis d’avoir un vrai début et une vraie fin, d’assurer un minimum de cohérence, comme sur un véritable album.

Quelle était la consigne pour la création de la cover de Wounded ? On était très fans de l’univers de Carl Roosens. Quand on l’a rencontré pour nos visuels, on lui a juste parlé brièvement de notre univers, d’où on venait, des thèmes des chansons. On n’a donné aucune consigne. On lui faisait totalement confiance et finalement, le résultat dépasse peut-être même nos espérances. Il a su parfaitement retransmettre visuellement une sorte de malaise, un côté presque mystique. Des 5 illustrations qu’il nous a présentées, la cover s’est imposée d’elle-même. On est très contents de cette collaboration. Pour nous, ça dépasse la notion de simple commande. Il s’agit plutôt de deux œuvres à part entière qui interagissent ensemble. Il paraît que les batteurs-chanteurs sont les pires phobies des ingé son. Vous confirmez ?

On confirme. Mais on déteste notre ingé son, c’est un incapable, et on est bien contents de lui infliger ça. À part boire nos bières et manger des chips (et être chauve de surcroît), il ne sait pas faire grand chose •

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#3

thanks brns, melissa phulpin, anne tronche, quentin vancheri, michele marcolungo, jennifer lambert

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La photo de brns est de julie calbert

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