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INTERVIEWS EXCLUSIVES Keegan Connor Tracy Big Ali Half Moon Run Hanni El Khatib Tegan & Sara Bwani Junction Rose McGowan Astrid berges-frisbey

JAKE BUGG

JUILLET/AOUT #4 ISSUE

MALLIKA SHERAWAT + L’ETE HITCHCOCK + LES SURDOUES D’AUBENAS + LA PROSTITUTION ESTUDIANTINE + PORTFOLIO EUROCKEENNES


CONTRIBUTEURS

MARTIN LAGARDERE

FRANCOIS BERTHIER

Assistant de choc et de charme, Martin collabore également avec brio à TheBlindMagazine. Pour nous, ils a suivi notamment Bwani Junction dans les rues de Paris

Après une carrière de journaliste, où il a dirigé un grand magazine de rock, François Berthier se dirige vers la photographie. 6 mois après avoir quitté son poste de rédacteur en chef, il shoote Lady Gaga. Puis enchaîne les séries mode, les pubs et les célébrités. Il met toute sa science de l’image et de la presse au service de TheBlindMagazine.

DINE DELCROIX

AURIANE BESSON

Passionnément journaliste et culturellement curieux, Dine Delcroix aime tout savoir. Après un parcours dans l’audiovisuel, il s’oriente vers le journalisme et fait ses premiers pas dans la presse franco-belge. Chaque mois, il nous livre ses plus grands coups de cœur.

Travaillant dans la com’ et les RP, Auriane suit de près le monde des médias. Forte de son expérience notamment au pôle femme de Mondadori (Grazia, Biba…) elle nous livre chaque mois les dernières news mode, beauté et culture les plus pertinentes !

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EDITO #4 Ce mois-ci, TheBlindMagazine vous propose une double couverture pour un numéro double ! Astrid Bergès-Frisbey, la nouvelle muse Chanel se livre en toute intimité et Jake Bugg, jeune prodige de la scène folk britanique nous en dit plus sur son nouvel album. Nous sommes aussi allés à la rencontre de Rose Mc Gowan, Tegan & Sara, Hanni El Khatib et bien d’autres ! Retrouvez également notre shopping beauté, les expos à ne surtout pas louper pendant la période estivale et des éditos mode plus décalés que jamais avec notamment Elodie Frégé qui s’est prêtée au jeu ! Bonne lecture à tous. L’équipe TheBlindMagazine.

facebook.com/Theblindmagazine twitter.com/Blind_Magazine

FONDATEUR, DIRECTEUR DE LA REDACTION, REDACTEUR EN CHEF CINEMA & DIRECTEUR DE LA CREATION FR A NCOIS BERTHIER REDACTEUR EN CHEF, REDACTEUR EN CHEF MUSIQUE DINE DELCROIX RÉDACTRICE EN CHEF BEAUTE & NEWS AUR IA NE BESSON JOUR NALISTES Auriane Besson, Soisic Belin, François Berthier, Dine Delcroix, Riyad Cairat, Léona Perrot, PHOTOGR APHES François Berthier, Martin Lagardère, Wallendorff. CONTACT R EDACTION/PUB theblindmagazine@gmail.com The BlindMagazine est édité par la société Ten Feet Under / Tous les textes et photos sont soumis par leurs auteurs qui acceptent leur publication, et n’engagent que leur responsabilité.


SOMMAIRE

JUILLET AOÛT 2013 60

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6 Blind Beauty 14 Blind News 22 News 28 New Faces 20 Edito beauté 26 DECOUVERTE Tegan & Sara 28 L’instant Live Les Eurockéenes

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54 EN COUVERTURE Jake Bugg 60 Astrid Bergès-Frisbey 70 Rose McGowan 80 Keegan Connor Tracy 88 Jeunes & jolies, La prostitution estudiantine 96 Hanni el Khatib 102 Big Ali


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96

108 Les parias d’Aubenas 114 Blind Test Half Moon Run 118 Interview 1ère fois Bwani Junction 126 MODE 154 La fille qui rend Blind Mallika Sherawat 156 Chroniques DVD 160 Chroniques CD

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BLIND BEAUTY Collection maquillage l’été papillon CHANEL Avec les beaux jours, la fantaisie et la légèreté sont autorisées avec la nouvelle collection maquillage de Chanel, L’été Papillon. Peter Philips, le directeur de la création maquillage de la maison Chanel, a opté pour un make up glamour, à l’esprit nomade, punchy et excentrique. Et dans cette collection estivale haute en couleur, on adore particulièrement le mascara inimitable waterproof. Celui-ci se pose sur les pointes des cils en touches multicolores, sur une base de noir intense. Quatre nuances sont proposées pour battre des cils au rythme de l’été: Du bleu turquoise au jaune soleil, en passant par l’indigo et le vert émeraude, Chanel propose un été électrique ! Le stylo eyeshadow à la texture légère et à la couvrance maximale a aussi retenu notre attention. Sa formule avec une haute concentration en eau, apporte une sensation de fraîcheur instantanée, bienfaisante, idéale en été. Muni d’un embout stylo, son application est facile : en un geste, il dépose sur la peau un film ultra léger, modulable avec précision, soit en eye-liner, en voile transparent ou en aplat couvrant. L’effet mouillé révèle une couleur dense et éclatante. Six teintes sont déclinées pour électriser le regard. Idéal, compact et pratique pour un résultat frais et original !

Collection maquillage L’été Papillon - CHANEL Création exclusive stylo eyeshadow, 28€ Mascara inimitable waterproof, 30€ Edition limitée

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AQUA CREAM Fard Crème Waterproof MAKE UP FOR EVER Aqua Cream, c’est le fard crème multi-usage le plus célèbre de la planète waterproof ! Explosif en couleurs, concentré en pures particules de nacre, il affiche une stabilité à toute épreuve. Un fard à paupières ultra crémeux, à la texture fondante, qui peut se travailler au doigt ou au pinceau. Pour l’été 2013, trois nouvelles teintes exclusives sont désormais disponibles en édition limitée : Un vert lagon nacré qui sublime tous les iris, un vert pastel délicat et un mauve profond iridescent. Aqua Cream Fard Crème Waterproof - MAKE UP FOR EVER (26 teintes disponibles) 21€ En exclusivité chez Sephora www.makeupforever.fr

SHINE AUTOMATIQUE Le rouge brillant hydratant GUERLAIN D’une seule main et d’un simple mouvement, le fourreau or révèle l’une des nuances collector de la collection Terra Ora de Guerlain pour l’été : C’est la teinte Corail Ora, déclinée dans la texture shine automatique. Extrêmement féminine, infiniment lumineuse, elle égaie le bronzage et lui assure un éclat renversant. On aime ses nacres réflectrices de lumière, qui boostent les lèvres d’un scintillement subtilement pailleté. Une texture très fine qui se fond avec la peau pour offrir une hydratation parfaite et un confort maximal. Les lèvres sont douces, lisses et délicieusement glossy. Shine Automatique, le rouge brillant hydratant – GUERLAIN Teinte Corail Ora, 33€ Collection été 2013 Terra Ora, en édition limitée

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HYDRA SPARKLING INSTANT BEAUTY GIVENCHY

EXCLU beaut y

La ligne Hydra Sparkling de Givenchy propose depuis 2009 une gamme de soin haut de gamme et ultra efficace qui répond à un objectif principal, l’hydratation. En août, un nouveau produit vient compléter la gamme, c’est le soin Instant Beauty. Une crème de jour ingénieuse qui réveille l’éclat de la peau, et illumine le teint au saut du lit. Ce soin rosé répond face aux agressions extérieures ou à nos mode de vie agressifs (pollution, climatisation, nuit blanche, stress…) et permet d’éliminer ce voile terne qui s’installe. Instant Beauty répare la barrière cutanée par un coup d’éclat immédiat : rebondie, tonique, réoxygénée, la peau retrouve un nouveau souffle et les signes de fatigues s’atténuent. Le plus ? Une texture fraîche et une odeur subtile et raffinée qui vous rendra tout de suite accro. Le soin grand luxe ! Hydra Sparkling Instant Beauty, Soin révélateur d’éclat GIVENCHY Flacon pompe 30 ml, 54€ Disponible à partir du 19 août 2013 dans les parfumeries agréées

L’Huile Aromatique de Douche et Bain, Rituel de Kyoto CINQ MONDES Cinq Mondes développe une gamme de cinq huiles aromatiques de douche et bain, pour recréer l’expérience du spa chez soi. On a testé l’huile aromatique Rituel de Kyoto à l’absolu de rose et à l’huile essentielle de gingembre qui apporte tonus et vitalité. L’huile se transforme au contact de l’eau, en un voile lacté puis, par massages circulaires sur le corps, en une mousse onctueuse et délicatement parfumée. Un parfum de rose et de gingembre enivrant, un voyage olfactif vers le Japon qui réveille nos sens et notre énergie. Quelques bougies et c’est parti pour un instant détente bien mérité ! Huile Aromatique de Douche et Bain Rituel de Kyoto - CINQ MONDES 200 ml, 24€ www.cinqmondes.com


Dior Addict, Eau Délice DIOR

LOV E LOV E LOV E Eau Délice est la nouvelle signature olfactive de Dior Addict. Une fragrance gourmande et fraîche, très addictive ! Sa composition bien facetté démarre sur une touche sucrée de Cranberries, éclairée par les notes florales du Jasmin et de l’Ylang Ylang. En toile de fond, les muscs blancs apportent densité, tenue et douceur cotonneuse. « Un parfum délicieux qui s’apprécie quand on le goûte », comme le décrit le parfumeur-créateur maison François Demachy. Une plongée immédiate dans la Madrague de BB ! Eau de toilette Dior Addict Eau Délice - DIOR 50 ml, 70,80 € www.dior.com

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Spray lacté visage et corps NUXE Dans la jungle des soins solaires, on vous conseille la gamme Nuxe Sun. Une collection abordable, ultra efficace, des textures non grasses et un parfum simplement divin ! L’empreinte de la gamme Nuxe Sun, c’est sa fragrance unique et addictive à base de fleur de Tiaré, de vanille et d’orange douce pour une évasion immédiate. Avec un indice de protection SPF 20, le spray lacté visage et corps sera votre meilleur compagnon. Il s’étale en transparence, enveloppe la peau d’un film non-collant, et protège des coups de soleil tout en activant le bronzage naturel de la peau. Un aspect velouté et satiné dès l’application ! Le Spray Lacté Visage et Corps SPF 20 – NUXE Flacon-pompe 150 ml 19,95€

Lotion anti-stress LES FLEURS DE BACH Parmi la large gamme de soins proposée par Les Fleurs de Bach, on vous conseille la lotion tonique anti-stress ! Très douce, elle élimine toute trace de lait démaquillant et apaise la peau. Sa formule aux fleurs de Bach anti-stress prépare à une intense relaxation. Elle est également composée d’hydrolats de Mélisse et de Tilleul pour leurs propriétés régénératrices et apaisantes des peaux sensibles et dévitalisées. On l'aime aussi pour son parfum bio, aux huiles essentielles et 100% naturelles ! Découvertes par un médecin anglais, le Dr Bach, il y a plus de 70 ans, les fleurs de Bach sont des produits naturels à base de fleurs sauvages et d’eau de source. Leurs propriétés équilibreraient les états émotionnels et physiques en permettant de retrouver le bien-être du corps et de l’esprit. Lotion anti-stress - LES FLEURS DE BACH Flacon pompe en verre ambré 150 ml, 24,50€ Disponible dans les boutiques LES FLEURS DE BACH et sur www.lesfleursdebach.com


Collection gels douche ROGER&GALLET Pour sa collection de gels douche, Roger&Gallet propose deux nouvelles formules pour prendre soin de votre peau. D'un côté, la crème de douche douceur qui offre une texture crémeuse grâce à sa formule riche en beurre de karité. Et de l'autre, le gel douche fraîcheur pour une peau réveillée et revigorée aux propriétés hydratantes et apaisantes. Rose, Cédrat, Thé vert, Amande Persane... Une multitude de parfums pour ravir tout le monde ! Notre chouchou : le Gel douche fraîcheur stimulant au gingembre. Gel douche fraîcheur et Crème douche douceur ROGER&GALLET Tube de 200 ml, 8,80€ Disponible en pharmacies, parapharmacies, parfumeries et grands magasins agréés.

L’info !

Roger&Gallet ouvre sa première boutique à Paris au 195, rue Saint-Honoré. Vous y découvrirez tous les produits de la marque so frenchie, dont la nouvelle création, Fleur de Figuier, signée Francis Kurkdjian. Une expérience sensorielle à tester cet été !

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Chaques années, les collections make up nous réservent de petites pépites dans leurs éditions limitées pour l’été. Zoom sur deux poudres cultes qui se réinventent pour nous offrir le meilleur, afin d’être au coeur de la tendance ! A vous de choisir ! Poudre sculptante Terra Ora GUERLAIN Ornement phare de la collection été Terra Ora, la poudre sculptante Terra Ora par Terracota se compose d’un sable doré au centre, pour une peau joliment hâlée et des reliefs du visage subtilement travaillés. Et sur les pourtours, d’un ocre iridescent pour accentuer légèrement les zones d’ombres. L’effet d’une journée à la plage, en quelques secondes ! Poudre sculptante Terra Ora - GUERLAIN 62€ Collection Terra Ora, Eté 2013 Disponible en édition limitée dans les boutiques exclusives Guerlain, et dans les parfumeries agréées.

Pure Color Gelée poudrée effet lumière (teinte Heat Wave) ESTEE LAUDER La Pure Color Gelée poudrée effet lumière de la collection Bronze Goddess, offre une texture sensorielle unique et un fini authentique des tons. Elle illumine le teint pour un effet lissant et éclatant. Quelques fines particules lestées sur les tempes, les pommettes, le décolleté ou la nuque suffisent à les faire miroiter. Une poudre plus adaptée pour les peaux claires, pour une mise en beauté dorée garantie ! Pure Color Gelée poudrée effet lumière (teinte Heat Wave) - ESTEE LAUDER 49.00  € Collection Bronze Goddess, Eté 2013 Disponible en édition limitée sur tous les stands Estée Lauder des grands magasins, chez Séphora Champs Elysées et sur www.esteelauder.fr

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KS PARIS

http://ksparis.com/fr/

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BLIND NEWS Les Rencontres d’Arles 2013 : le plus prestigieux des festivals consacré à la photographie remet le noir et blanc en majesté La 44e édition des Rencontres d’Arles revient aux fondamentaux et consacre la photographie en noir et blanc, en plein règne du numérique et de la couleur. Cinquante expositions à travers la ville sont proposées : des découvertes, des créations inédites d’artistes consacrés, et des trésors du passé... Pendant longtemps, le noir et blanc fut la photo d’art par excellence, puis un lent déclin débute dans les années 1990 lorsque la couleur s’installe avec son lot de progrès techniques (films et tirages argentiques) et que le marché de l’art porte un intérêt soudain à la photographie, numérotant les tirages et starifiant de jeunes photographes. Le noir disparaît presque totalement après 2000, la couleur installant sa suprématie dans toutes les pratiques de la photographie avec l’essor du numérique. De nombreux photographes continuent pourtant de préférer cette esthétique à celle de la couleur. « Beaucoup de ces expositions sont de véritables événements, sous la forme d’installations conceptuelles, d’albums, de tirages classiques et bien sûr des exceptions en couleur. » explique François Hébel, directeur des Rencontres d’Arles.  Parmis les principales expos, on pourra citer des artistes d’aujourd’hui comme le japonais Hiroshi Sugimoto. Des artistes d’hier comme la rétrospective du chilien Sergio Larrain, ou d’avant hier avec les albums de famille de Jacques Henri Lartigue ou encore Pierre Jamet.   Ces rencontres d’Arles permettent aussi de révéler certains artistes et cette année c’est Cécile Decorniquet spécialisée dans le portrait photographique contemporain, qui a remporté le prix SFR Jeunes Talents en présentant son univers teinté d’imaginaire, d’onirisme et d’illusion.

«Arles in black» Jusqu’au 22 septembre 2013 Tous les jours de 10 h à 19h30 www.rencontres-arles.com

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Hiroshi Sugimoto Couleur Polarisée 032, 2010


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1. Guy Bourdin Autoportrait, 1954

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©Rencontres Arles

2. Jean-Michel Fauquet Sans titre. 3. Jacques Henri Lartigue Bibi, Freddy, Margot. Aix-lesBains, juillet 1928. 4. Cécile Decorniquet Lady 3, série Ladies, 2008/2012

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BLIND NEWS Isabel Marant est la prochaine créatrice invitée par H&M pour une collection capsule qui sortira cet automne Après Maison Martin Margiela ou encore Sonia Rykiel, H&M s’associent avec Isabel Marant le temps d’une collaboration. La parisienne est invitée à plancher sur une collection inédite inspirée de ces propres pièces. Le fil rouge ? Easy-chic selon le vœu d’Isabel Marant. Inspirée par « des choses vraies, que les femmes aient envie de porter au quotidien, avec une certaine nonchalance, qui je crois est très parisienne », la collection d’Isabel Marant pour l’enseigne grand public sortira le 14 novembre 2013 dans 250 boutiques dans le monde. En plus d’une sélection de prêt-à-porter femme, des accessoires, des pièces pour ado et une ligne homme viendront compléter la capsule.  Un premier aperçu de la collection a été twitté : on aperçoit ainsi la créatrice vêtue d’une robe imprimée bien fluide et de bottines à franges, fidèles à son style cool et bohème. Un look qui rappel les éléments de son défilé Printemps-Eté 2010 carton mondial qui avait permis à la griffe de s’exporter outre-Atlantique.  On a hâte de voir la suite !

© H&M/Twitter

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BLIND NEWS La 11ème édition de Rock en Seine, le rendez-vous incontournable de la rentree L’affiche du traditionnel festival rock parisien nous exalte comme chaque année. Les poids lourds ne manquent pas avec Franz Ferdinand, Nine Inch Nails, Phoenix, System Of A Down. Les valeurs sûres avec BRMC, Tame Impala, Eels, Tricky, et les révélations avec La Femme, Fauve (la sensation française du printemps), Savages, Is Tropical... Une très belle édition qui devrait cette année encore attirer plus de 100 000 festivaliers.

La 20th Century Fox a publié la première photo d’Omar Sy en Bishop dans X-Men Days of Future Past, au dernier Comic Con de San Diego.

La Warner a annoncé, toujours à San Diego, que Batman et Superman seraient réunis dans un prochain film, réalisé par Zack Snyder, déja présent sur le succès Man Of Steel. Pour les 60 ans du premier film réalisé par Ishiro Honda, Godzilla aura le droit à son reboot, par Gareth Edwards auteur du tres bon Monsters. Inferno, le dernier Dan Brown, sera également

PLus d’inf o sur rockenseine .com

adapté au cinéma par Ron Howard, toujours avec l’ami Tom Hanks.

Festival Rock en Seine Du 23 au 25 août Domaine national de Saint-Cloud Pass 1 jour 49 € (tarif réduit 39 €) Pass 3 jours 109 €

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BLIND NEWS La Terre « Vues d’en haut » au Centre Pompidou-Metz L’exposition Vues d’en haut au Centre Pompidou-Metz remonte aux origines de la photographie aérienne et explore son impact sur la création artistique et, de fait, sur l’histoire de l’art. Depuis plus de 150 ans, peintres, photographes, architectes et cinéastes ne cessent d’explorer les enjeux esthétiques et sémantiques de ce renversement perspectif. Vues d’en haut propose de retracer ce cheminement passionnant qui, pour la première fois, fait l’objet d’une grande exposition pluridisciplinaire. Elle montre comment la vue d'en haut (des premiers clichés aériens à partir de 1850 jusqu'aux images satellites) a fait basculer la perception que les artistes ont du monde. Sur plus de 2000 m2, et à travers près de 500 œuvres (peintures, photographies, dessins, films, maquettes d’architecture, installations, livres et revues...), un panorama inédit et spectaculaire de l’art moderne et contemporain nous est offert. Des oeuvres de Monet, Picasso, Kandinski ou Man Ray sont prêtées par la maison-mère, (le Centre Pompidou Paris) mais aussi par les plus prestigieux musées européens et américains. Exposition « Vues d’en haut » Jusqu’au 7 octobre 2013 Centrepompidou-metz.fr

Richard Diebenkorn, Urbana #4, 1953 Colorado Springs Fine Art Center, Colorado Springs, États-Unis

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© The Richard Diebenkorn Foundation / Colorado Springs Fine Arts Center © Adagp, Paris 2013 / Kunstmuseum Wolfsburg

BLIND NEWS

Andreas Gursky, Pyongyang, 2007

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beautĂŠ


Photogrape : FRANCOIS BERTHIER Make up & HAIR : Allison Depriestre


LANA@WOMEN MANAGEMENT


DECOUVERTE

TEGAN& SARA En 15 années de carrière, les sœurs jumelles continuent de se réinventer et de séduire de nouveaux fans grâce la fraîcheur de leur folk. Paru en début d’année, leur dernier album eartthrob vient d’être certifié disque d’or au Canada, leur pays d’origine. Toujours en tournée pour le promouvoir, les deux femmes ont répondu à nos questions.

H

Par Dine Delcroix / Photos : Martin Lagardère


Pourquoi avez-vous choisi d’apparaître deux fois chacune sur la pochette de votre dernier album ? Sara : Notre réalisateur a voulu reproduire les affiches qu’on voit en ville quand un nouvel album sort ou lorsqu’il va y avoir un spectacle. On voit alors la duplication et la répétition des visages lorsqu’on conduit et qu’on passe devant les affiches en voiture. Nous avons essayé de recréer cette idée de façon authentique comme si nous cherchions à annoncer quelque chose et que les affiches avaient été arrachées pour être remplacées par d’autres. C’est une sorte de métaphore visuelle de la réussite et de la célébrité. Nous avons pensé cet album comme une renaissance et un nouveau départ dans notre carrière.

Ce septième album est un virage pop évident. Le changement de style était-il volontaire ? Tegan : Le changement était volontaire mais lorsqu’il a été question de faire un nouvel album, nous ne l’avons pas nécessairement envisagé comme un album pop. Nous voulions faire un disque plus mainstream qui puisse toucher plus de gens dans plus de pays. Nous voulions passer en radio. Nous étions aussi fatiguées de jouer devant les mêmes personnes et de parler aux mêmes journalistes. Nous avions le sentiment d’être

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coincées dans la même case. Il y a beaucoup d’intégrité et de valeur dans la musique pop. C’était un challenge de faire des choses entraînantes et de leur donner la profondeur de nos précédents albums.

Aviez-vous peur de déplaire à votre public ? Tegan : Non car dans le passé, nous avons collaboré avec des artistes issus de la dance, du hip-hop, du rock...

Avec ce disque, souhaitiez-vous proposer une œuvre plus commerciale ? Sara : Il y a eu plusieurs motivations dont celles que vient d’énoncer Tegan. Je crois que j’ai été un peu ennuyée par l’indie rock donc j’ai juste eu envie de faire quelque chose de différent. Il y a dix ans, je voulais qu’on fasse de l’alternatif mais, maintenant, il y a des gens comme Robyn, Phoenix, Alicia Keys ou encore Beyoncé et c’est cette musique qui m’attise en ce moment. Je n’étais pas motivée par l’envie de faire de la musique commerciale, j’étais motivée par ce qui a été fait dans le commerce. Parfois, ce qui manque à la musique mainstream, c’est un peu de recul pour avoir un point de vue alternatif sur les choses. De par notre culture, je pense que nous avons


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apporté quelque chose de vraiment nouveau à la musique pop. Heartthrob n’est pas exactement un album pop, c’est juste une sorte d’album pop.

Êtes-vous toujours d’accord sur l’écriture et la composition des chansons ? Tegan : Au fil des ans, nous avons été d’accord la plupart du temps mais il y a toujours des chansons écrites qui ne sont finalement pas retenues. Les chansons évidentes, les plus spécifiques et les plus mémorables n’arrivent pas toujours tout de suite en tête de liste. Par exemple, quand j’ai écrit Living Room pour notre troisième album, je ne la voulais pas sur le disque alors que tout le monde y compris Sara voulait la garder donc il nous arrive de défendre les chansons de l’autre. Il y a une chimie naturelle entre nous qui maintient notre duo depuis quinze ans avec moins de combat que ce que l’on pourrait imaginer.

Les textes de cet album ne sont pas toujours très joyeux. Vous les chantez pourtant sur des compositions up-tempo. Est-ce nécessaire, pour vous, de combiner la joie et la tristesse ?

Tegan. C’est une espèce de titre pop rythmé par des synthétiseurs avec des paroles très contemplatives. Je prends toujours pour exemple la chanson Dance In The Dark de Bruce Springsteen qui est entraînante mais très déprimante parce qu’elle parle d’un mec qui ne sait pas quoi faire de sa vie. Pour moi, si nous voulons faire un truc pop, nous devons l’associer à quelque chose d’introspectif qui contient un peu d’obscurité. 

Vous êtes actuellement en tournée. Quelle est la star que vous êtes fières d’avoir pu apercevoir dans le public d’un de vos concerts ? Tegan : Nous avons joué à Londres il y a quelques semaines. Après le concert, des artistes incroyables que nous respectons beaucoup comme Martha Wainwright et Beth Orton sont venus en coulisses et ils étaient excités parce que Morrissey était là aussi. Nous ne savions pas qu’il allait venir. En tant qu’artiste, c’est très stimulant quand d’autres musiciens viennent te voir. À New York, Cyndi Lauper est aussi venue. C’est une de nos idoles !

Sara : Oui. Une des chansons les plus dansantes sur ce disque, c’est Closer de 31


Ces artistes viennent-ils vous voir sans vous prévenir ? Tegan : Parfois, ils demandent à venir au spectacle mais parfois, comme pour Morrissey, nous ne sommes pas au courant. Celui-ci est venu via le promoteur. Nous sommes trop timides pour appeler les gens et les inviter à nos concerts.

Lorsque vous êtes fatiguées en plein milieu d’une tournée et qu’il vous reste encore plusieurs concerts à donner, qu’estce qui vous motive ? Sara : Les shows nous donnent de l’énergie. Les applaudissement nous procurent une adrénaline naturelle. C’est souvent ce qu’il y a autour du show qui peut nous fatiguer comme le fait de rencontrer la presse par exemple mais, au moment du concert, tout va bien. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous n’aimons pas trop les jours de repos, parce que, pendant que tu ne fais rien, tu peux facilement penser que tu es bien chez toi avec tes amis et ta famille alors que tu aimes ce que tu fais. Tu as juste besoin que ta journée se termine par un concert pour t’en rappeler.

Vos premières chansons étaient disponibles sous le nom de Sara and Tegan. Pourquoi avoir modifié l’ordre de vos deux prénoms par la suite ? Tegan : C’est très bête ! À l’époque, notre manager trouvait que c’était plus facile pour les gens de com-

prendre ce qu’il disait lorsqu’il les appelait et qu’il prononçait «Tegan and Sara». Litteralement, il a trouvé que le prénom «Tegan» qui est assez unique devait figurer au début pour que les gens comprennent qu’il s’agit bien de deux prénoms différents. Cependant, nos amis et notre famille nous appellent «Sara and Tegan». En fait, nous sommes «Tegan and Sara» juste pour le business.

Lorsque vous étiez plus jeunes, vous arrivait-il de jouer des tours à vos proches en tant que jumelles ? Sara : Nous ne l’avons jamais fait d’autant que nous avons chacune une personnalité distincte. Nous sommes vraiment timides alors l’idée d’attirer une attention supplémentaire sur nous ne nous intéressait pas. De plus, nous étions toujours dans des classes différentes donc nous ne connaissions pas assez nos camarades respectifs pour prendre le risque mais je connais beaucoup de jumeaux et de jumelles qui font ce genre de choses.


Qu’est-ce qui vous différencie au niveau vestimentaire, justement ? Sara : Je m’habille peut-être de façon plus féminine. Sur une séance photo, quand le styliste nous propose des choses, je sais par exemple que Tegan ne portera pas le maillot de bain (rires).

Et au niveau physique ? Sara : Je crois qu’il y a plus de structure et de préméditation dans ce que je peux faire, que ce soit pour une coiffure ou pour une chanson et c’est aussi présent dans notre physique. Tegan : Nous avons fait des choix différents. Par exemple, mes tatouages sont multicolores alors que ceux de Sara sont noirs.

Au quotidien, est-ce important pour vous de ne pas être associées l’une à l’autre en permanence ? Tegan : Oui. Il y a dix ans, Sara a emménagé à Montréal alors que je vivais à Vancouver et c’était le début d’une nouvelle ère. Nous avons pu développer chacune notre propre vie avec nos propres amis. Je pense que cet espace a permis à nos différences d’exister. Il y a des gens dans ma vie qui me connaissent aujourd’hui en tant qu’individu et non en tant que jumelle ou sœur de Sara. Nous n’avons pas besoin d’être des jumelles tout le temps.

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L’INSTANT LIVE Photos : Wallendorff

LES EUROCKE


EENNES


Archive


Black Rebel Motorcycle Club


Two Door Cinema Club


Blur


Jamiroquai


Mass Hysteria


Phoenix


Skunk Anansie


THE END...


Jake Bugg

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Par Dine Delcroix / Photos : François Berthier

Révélé à 18 ans avec un premier album encensé par la critique, Jake Bugg est un des artistes anglais les plus marquants de l’année 2012. Avec son timbre de voix unique, le jeune homme possède la maturité musicale des plus grands. Il travaille déjà sur son deuxième opus et sera sur la scène prestigieuse de l’Olympia le 21 Novembre prochain. Entretien avec le phénomène.

Aurais-tu fait de la musique si ton oncle ne t’avait pas offert une guitare ? C’est une très bonne question ! J’avais déjà envie d’apprendre la guitare mais je ne savais pas par où commencer. Mon oncle m’a montré quelques accords. Peut-être que je n’aurais pas appris si tôt s’il ne l’avait pas fait et peut-être que je n’aurais pas commencé à écrire. Aujourd’hui, c’est tout ce que je veux faire.

Que ferais-tu de tes journées si tu n’avais pas commencé la musique ? Je n’en ai aucune idée ! Je serais peut-être en train d’emballer des trucs dans une usine.

Qu’aimes-tu par dessous tout dans ton métier ? Le fait d’être sur scène et de jouer en voyant des sourires sur le visage de gens est très touchant. Cela me donne envie de continuer et me rappelle pourquoi je fais ce métier. Pour moi, ce n’est pas une question de célébrité ou d’argent. Bien sûr, si je peux payer mes factures en faisant de la musique, je considère alors que j’ai réussi dans la tâche en tant que profession.

Tu as été comparé à beaucoup d’artistes par la presse. Que penses-tu des comparaisons, en général ? Je trouve cela paresseux. 55


As-tu plus d’amis depuis que tu as sorti ton album ? Disons que j’ai fait la connaissance de gens qui n’auraient pas spécialement cherché à me connaître avant. Tu te fais de nouveaux amis tout le temps. C’est difficile parce que, quand je rencontre une personne, je me demande toujours «Me parlerait-elle si je faisais autre chose ?». Il faut du temps pour faire confiance à quelqu’un...

Ces gens que tu rencontres en route sont-ils honnêtes ? La plupart du temps, ils ne le sont pas.

Depuis que tu as signé avec une maison de disques, ressens-tu un manque de liberté artistique ? Non. J’ai été plutôt chanceux parce que mon label m’a fait un contrat correct et il était le seul à me proposer quelque chose d’honnête. J’aurais pu aller ailleurs et accepter plus d’argent mais c’est en agissant de la sorte que tu te mets la pression. Personne ne savait qui j’étais mais on m’a laissé faire l’album que je voulais et cela n’arrive pas tous les jours. Bien sûr, j’ai reçu quelques conseils, mais je ne me suis jamais senti manipulé et on ne m’a jamais dicté mes choix.

Tu as écrit la plupart de tes chansons entre 15 et 17 ans. Te sens-tu encore proches de tes paroles ? Oui. Même si je ne mène plus cette vie décrite dans les textes aujourd’hui, je l’ai vécue. Quand je chante ces chansons, je me replonge dans le passé, je me souviens d’où je viens et de ce que j’ai traversé.

As-tu déjà commencé à travailler sur ton deuxième album ? Oui. J’ai enregistré une douzaine de chansons avec le producteur Rick Rubin. Chad Smith du groupe Red Hot Chili Peppers joue de la batterie. J’ai aussi le guitariste Matt Sweeney qu’on a pu entendre aux côtés de Johnny Cash. Je finalise l’album cet été et j’espère pouvoir le sortir cette année ou en début d’année prochaine.

Quel son aura-t-il ? J’aimerais garder cette balance entre les paroles et la musiques mais aussi ce côté doux et mélancolique que je ne veux pas perdre. Avec la premier album, j’ai juste fait 56


ce que j’avais envie de faire. Pour le deuxième, je me mets un peu la pression car j’ai besoin de m’assurer que je suis sur la bonne voie en tant qu’artiste. Cet album sonnera plus mature mais je ne veux pas qu’il le soit trop.

Ton univers sonore et visuel a quelque chose de vintage. D’où te vient cette influence ? Ce n’est pas une chose préméditée. Il y a des gens qui prennent volontairement une direction vintage dans le son et l’image mais ce n’est pas intentionnel pour ma part, surtout quand on sait qu’il suffit de faire une photo avec une cigarette pour se donner un côté vintage. Quand je joue, je ne calcule pas le rendu d’autant qu’à mon âge, je préfère paraître contemporain.

Que fais-tu pour entretenir ce timbre de voix si particulier ? J’y travaille. Je ne me considère pas bon chanteur, j’aime simplement chanter mais je n’ai jamais été formé. Je m’entraîne à chanter des chansons des Beatles pour essayer d’avoir des notes hautes et des harmonies. Pour les notes plus graves, je vais plutôt piocher dans le répertoire de Johnny Cash. Je me trouve des petits exercices de ce genre à faire mais je n’ai personne pour me dire comment les faire.

Es-tu plus à l’aise sur scène aujourd’hui que tu ne l’étais à tes débuts ? Oui. La scène devient ta maison au bout d’un moment. Quand je n’ai pas de concert, il m’arrive de regarder ma montre vers 21h en me disant: « Je devrais être sur scène à cette heure-ci ».

Quel pays t’accueille le mieux ? La France a été le deuxième pays à accueillir ma musique après l’Angleterre.

Qu’aimerais-tu dire à tes fans français ? Merci pour votre soutien. J’espère que je pourrais continuer à faire des albums que vous aimerez. C’est mon devoir.

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EN COUVERTURE

ASTRID BERGES-FRISBEY Par Dine Delcroix / Photos : François Berthier

L’HEUREUSE ANGOISSÉE À l’affiche du film Juliette depuis le 17 Juillet 2013, Àstrid Bergès-Frisbey confirme son talent d’actrice avec cette éclatante interprétation d’une jeune femme troublée par le passage à la vie d’adulte dans le premier long-métrage de Pierre Godeau qu’elle porte admirablement de bout en bout.

Stylisme : Camille Seydoux Coiffure : Nabil Harlow Maquillage : Virginie Rascle Assistant : Martin Lagardère

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Soutien gorge CHANTAL THOMAS Perfecto en cuir SAINT LAURENT Jupon DIOR Chaussures CHRISTIAN LOUBOUTIN 61


Tu es actuellement à l’affiche du film Juliette dans lequel tu interprètes le rôle principal. Comment décrirais-tu ton personnage ? Juliette, c’est une jeune femme de 25 ans qui a fini ses études et qui est un peu paralysée par le passage à la vie d’adulte. Elle est assez libre, instantanée, parfois égocentrique et très honnête. Elle a les défauts de ses qualités. Elle a l’impression de tout vivre à fond alors qu’elle ne vit rien étant donné qu’elle ne choisit rien. Elle a aussi un imaginaire très fort.

Dans le film, Juliette écrit une histoire dont l’héroïne est une petite fille prénommée Max qui n’a que des grands frères. Max est-elle une version plus jeune de Juliette ? Non, c’est un personnage qu’elle a inventé et qui la rattache à sa mère puisque celle-ci n’a pas été présente dans sa vie. En racontant cette histoire là, elle peut baigner dans l’enfance encore plus longtemps.

Avec sa passion pour les semi-remorques, Juliette a un côté garçon manqué. En étais-tu un lorsque tu étais plus jeune ? Oui, j’étais très garçon manqué quand j’étais petite. Je passais ma vie dehors, j’étais plus en salopette qu’en petite jupe. Je n’étais pas du tout une princesse, je rêvais plus de pirates que de contes de fées. 62


Robe MAXIME SIMOENS


Enfant, avec quoi jouais-tu ? Je jouais avec tout ce que je trouvais mais j’étais plus une constructrice de cabane qu’une joueuse de poupées ou de voitures. Du repérage aux costumes en passant par le casting, tu t’es impliquée dans tout le processus de création du film. Comment t’est venue cette volonté de t’investir ? C’est venu naturellement. Je m’investis toujours beaucoup dans les films car jaime bien m’impliquer. Quand le réalisateur Pierre Godeau a proposé le rôle, il avait envie qu’on en discute pour s’assurer qu’on allait dans la même direction. Ces moments de préparation étaient l’occasion de voir où nos regards se rejoignaient. Il avait le film en tête et il voulait que je crée cette Juliette. Donc j’ai suivi toutes les étapes du film, ce qui lui permettait d’avoir son personnage principal à portée de main. C’était important pour moi de vraiment comprendre ce qu’il avait dans la tête et de pouvoir aller chercher des choses au-delà du scénario.

Quelle a été la scène la plus difficile à jouer ? Il y a des scènes qui peuvent paraître totalement anodines. Pour moi, les scènes les plus dures sont souvent les plus faciles. Les conditions peuvent être difficiles ou les laps de temps trop courts. Par exemple, il y a une scène tournée en extérieur durant laquelle il ne fallait pas qu’il pleuve et à cause de laquelle nous avons dû avorter la journée. Tourner ce genre de scènes peut être tout aussi compliqué que de tourner des scènes en boite de nuit avec des gens partout. J’ai mille anecdotes de scènes jouissives pour ce film. Tant qu’on me laisse de l’espace pour travailler, je suis heureuse. Ce film traite de l’errance et de la quête identitaire. Es-tu déjà passée par des moments de vide comme ton personnage ?

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Oui. Je pense que les moments de vides sont hyper importants et il m’arrive de les créer. Parfois, on a besoin de vide pour retoucher quelque chose de vrai et se dire que l’impulsion qu’on va trouver à ce moment-là est la bonne. Ce sont souvent des moments difficiles parce qu’on perd nos repères.


Soutien gorge CHANTAL THOMAS Perfecto en cuir SAINT LAURENT Jupon DIOR Chaussures CHRISTIAN LOUBOUTIN


J’en ai vécu un pendant ma première année à Paris durant laquelle j’ai perdu mon père. À ce moment-là, tout ce en quoi je croyais n’existait plus. Il a fallu faire table rase pour sentir une impulsion et c’est suite à cela que j’ai pris la décision d’essayer de devenir comédienne. C’est important de se mettre en danger.

Dans ta filmographie, Juliette est le premier film qui repose entièrement sur tes épaules. Qu’est-ce qui a été utile pour la préparation de ton rôle ? Les choses ont été précisées oralement. Le fait aussi de voir tout doucement les personnages arriver a aidé. Quand on voit le personnage de la sœur et celui du père, on a tout de suite une sensation d’enfance. Avec le réalisateur, on s’est beaucoup échangé des DVD et des musiques. On a modifié des scènes, des ordres, réécrit des dialogues... Les essais caméras, les décors et les costumes ont permis de créer un environnement. Il y avait déjà une sensibilité dans le scénario et j’ai été frappée par la justesse, la délicatesse et la subtilité avec laquelle il décrivait cette jeune femme. Ton personnage fuit la réalité pour ne pas avoir à affronter ses problèmes. T’arrive-t-il de faire la même chose ? Je ne suis pas du genre à fuir les problèmes. J’essaye de les régler les uns après les autres. Je peux être malléable et m’adapter donc j’arrive souvent à faire en sorte que les problèmes n’en soient pas. Quand une situation ne me va pas, je l’arrête.  Juliette ne sait trop ce qu’elle aimerait faire dans la vie. Quel est le pire job alimentaire que tu aies exercé ? J’ai fait toutes sortes de boulot et ils étaient tous intéressants. J’ai travaillé dans des bars, j’ai été vendeuse dans des magasins... Je n’ai jamais fait le même boulot alimentaire suffisamment longtemps pour me dire que c’est horrible. J’étais toujours dans une dynamique d’apprentissage, j’adore apprendre. Le seul hic, c’est que ces jobs alimentaires nous prennent beaucoup d’énergie et de temps et c’est du temps qu’on ne consacre pas à faire d’autres choses.

Le film est comparé au travail de Sofia Coppola. Aimes-tu cette réalisatrice ? Je préfère ses premiers films. 66


Haut CHANEL Pantalon en cuir DELPHINE DELAFON Chaussures LOUIS VUITTON


Si tu avais dû jouer dans un de ses films, lequel serait-ce ? Je ne me projette pas du tout, ce n’est pas mon truc. Si je devais le faire, ce serait pour des films que j’adore et, si je les adore, je me dis que personne d’autre ne pourrait les jouer de la même façon. Quels sont les acteurs avec lesquels tu es fière d’avoir travaillé ? J’estime que j’ai eu beaucoup de chance car j’ai très vite tourné avec de très grands. J’ai eu l’occasion de travailler avec Stephen Graham. Nous n’avions pas vraiment de scènes ensemble mais j’ai adoré travaillé avec lui. J’ai aussi eu le plaisir de collaborer avec Isabelle Hupert, Daniel Auteuil, Geoffrey Rush, Jean-Pierre Marielle, Julie Depardieu, Féodor Atkine... Des gens hyper différents ! Je me sens riche d’avoir pu travailler avec ces différentes personnes. Tu as reçu le trophée Chopard des mains de Robert De Niro lors du Festival de Cannes 2011. Où l’as-tu disposé ? Il est planqué dans mes affaires (rires). C’était tellement spécial ! Quelqu’un m’avait dit que j’allais recevoir ce prix mais cela m’était totalement sorti de la tête car j’étais en promotion avec l’équipe de Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence. Les empreintes de Robert De Niro étaient tout ce qui m’importait dans ce prix donc je l’ai laissé dans sa boite pour le protéger. Il est joli mais je me vois mal l’exposer, alors je l’ai mis dans mon armoire avec mes vêtements et mes chaussures. Es-tu heureuse ? Oui, franchement. Ce n’est pas facile tous les jours mais j’ai énormément de chance dans ma vie et je pense que c’est important d’en avoir conscience. Je me réjouis d’un rien, j’ai été élevée de cette manière. Un simple petit détail peut égayer ma journée. Je suis une heureuse angoissée. 68


BLIND STAR


ROSE McGOWAN

Icône de la télévision grâce à la série Charmed et célèbre pour ses rôles au cinéma dans Scream, Boulevard De La Mort ou encore Planète Terreur, Rose McGowan est, à l’aube de la quarantaine, une femme épanouie. De passage à Paris dans le cadre de la Fashion-Week, l’actrice a bien voulu nous parler de ses projets et poser en totale exclusivité  pour nos lecteurs.

Par Dine Delcroix / Photos : François Berthier


Tu es née et tu as vécu en Italie jusqu’à l’âge de dix ans mais tu ne parlais pas l’anglais malgré des parents irlandais. Comment cela se fait-il ? Je comprenais l’anglais, je refusais juste de le parler. Cela me mettait en colère car j’ai eu un mauvais choc culturel quand je suis allée en Amérique, c’était très accablant. J’ai refusé de parler anglais mais aussi de grandir. Mes parents parlaient en anglais mais je leur répondais en italien. Mon père a d’ailleurs le pire des accents et je me moquais de lui. Viens-tu souvent à Paris ? De plus en plus. Je me vois bien à Paris dans un future proche. Paris ou Rome... J’aime l’Histoire, l’époque classique, la révolution française... On ressent des choses fortes dans plusieurs endroits de Paris. Tu es venue cette fois-ci à Paris dans le cadre de la Fashion-Week. Quels sont tes créateurs préférés ? J’aime les pièces conceptuelles. J’adore Viktor & Rolf. Il m’arrive de porter des créations de Comme des Garçons. J’aime aussi Fendi... J’oublie toujours les noms quand les gens me demandent ce que j’aime porter. J’aime porter des choses fabuleuses. Comment tu sens-tu à l’approche de la quarantaine ? Je ne m’en soucie pas vraiment, je vais bien. Selon toi, quel est le plus bel âge pour une femme ? 72

73 ans. J’espère que j’aurai de long cheveux blancs et que je serai mariée à un cow-boy mineur (rires). Quels sont tes secrets de beauté ? Je ne fume pas et je ne vais pas au soleil. Nous paraissons tous plus jeunes que notre âge dans ma famille. Es-tu proche de ta famille ? Oui. J’ai quatre sœurs et trois frères et ce sont mes meilleurs amis. On se souvient de ton rôle de Tatum Riley dans Scream. As-tu conservé des souvenirs du tournage du film ? J’ai gardé une jupe que je portais. On voulait que mon personnage porte des vêtements que je pourrais porter dans la réalité mais la costumière était horrible. Je me souviens qu’elle avait essayé de me faire porter des chaussures blanches à plates-formes volumineuses. J’ai fait du shopping jusqu’à la veille du tournage pour mon personnage. Comment était le tournage ? C’était mémorable. C’est un des personnages les plus drôles. J’ai passé un excellent moment. C’était mon deuxième film et je dois avouer que Wes Craven a été un ange. Après ce tournage, j’ai même pensé que tous les films allaient être agréables à tourner et que tous les réalisateurs seraient très gentils mais j’avais tort (rires). As-tu regardé les suites de la saga ? Non parce que je ne regarde pas les films d’horreur. Ils me terrifient, je ne peux pas.


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Quel genre de films préfères-tu ? Je préfère les films d’horreurs plus psychologiques comme Morse, Les Autres ou Le Labyrinthe De Pan. Je n’aime pas Saw, par exemple. Je trouve même cela stupide. Sais-tu que Scream 4 rend hommage à la scène pendant laquelle ton personnage se fait tuer dans le premier volet ? Ah bon ? C’est génial, cet hommage ! Je regarderai. Il y a un projet de série télévisée pour Scream, et la chaîne MTV a déjà commandé le pilote pour 2014. Aimerais-tu de faire partie du casting ? Je trouve le projet super mais non. J’ai entendu qu’ils n’allaient pas vraiment se référer à l’histoire originale et je ne sais pas ce que cela va donner. Ils vont sûrement devoir tuer des gens chaque semaine si c’est pour la télévision. Peut-être que je pourrais regarder cette version télévisée parce qu’elle fera moins peur. On t’a retrouvée ensuite en tant que gentille sorcière dans Charmed. Que penses-tu de la manière dont s’est terminée la série ? Je trouve la fin très bonne et je crois que les fans sont contents. Nous avons toutes pleuré pendant la dernière scène. As-tu encore des contacts avec les actrices de la série ? Via les réseaux sociaux, oui. Dans la série, tu n’as jamais eu de scène avec Shanen Doherty puisque tu la remplaçais en quelques sortes. Aimerais-tu travailler avec elle ? 74

Oui, on ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie. Je l’ai rencontrée, elle est cool et très gentille. Quel super pouvoir voudrais-tu avoir ? Celui que j’avais dans la série, c’était le meilleur pouvoir du monde ! Je pouvais disparaître et réapparaître n’importe où. À chaque fois que je prends un avion, je fantasme sur ce pouvoir (rires). Cette année, tu as joué dans un épisode de Once Upon A Time. Aimerais-tu retravailler sur cette série ? Oui. J’ai adoré toute l’équipe et la distribution. D’ailleurs, Ginnifer Goodwin qui joue Blache-Neige vit dans mon ancienne maison. En fait, Rachel Bilson l’avait achetée puis elle l’a vendue à l’actrice Busy Philipps qui l’a revendue à Ginnifer Goodwin. Cette maison a accueilli une lignée d’actrices. C’est dur d’intégrer une équipe qui travaille ensemble depuis longtemps mais c’était très familial. Quand cette série m’a été proposée, j’ai dit «oui» parce que j’allais avoir des scènes avec Robert Carlyle qui joue Rumplestiltskin. Il est incroyable ! On t’a déjà entendue chanter Fever à la télévision et tu as également enregistré le titre Superfabulous avec Brian Transeau en 2003. Souhaiterais-tu faire de la musique ? Absolument ! La musique est une de mes grandes passions. Je viens justement de signer avec le manager de Dolly Parton mais il est tombé malade alors j’attends qu’il aille mieux pour pouvoir avancer sur un projet d’album. Les chansons sont déjà toutes prêtes. Quel style musical aurait ton album ?


J’aime faire de la country. Ce sera de la musique des années 30 et 40 avec une instrumentation des années 60. Je ne pense pas qu’on puisse se faire de l’argent facilement dans l’industrie du disque et je ne le fais pas dans ce but, je le fais simplement parce que cela me fait plaisir.

J’ai vu que tu t’intéressais aussi à la réalisation... Oui, c’est la chose qui me rend la plus heureuse. Je n’ai jamais essayé d’être actrice, c’était un accident. J’ai été repérée 75


à la gym à Los Angeles mais je n’étais pas là-bas pour faire ce métier à la base. Bien sûr, j’aime ce travail et je sais de quoi je suis capable mais j’aime surtout raconter des histoires et être la personne qui contrôle l’histoire. Je n’ai pas envie d’être un meuble, ce qui est un peu le cas à la fin de la journée quand tu es ac76

teur. Je n’ai pas seulement envie de faire partie de la vision de quelqu’un, j’aime avoir la mienne. J’ai passé beaucoup de temps avec un réalisateur et j’ai appris énormément de choses techniques grâce à lui. Je suis reconnaissante pour cette expérience d’apprentissage.


riment avec les hippies mais durant cette période, les femmes s’attiraient des problèmes parce qu’elles étaient conditionnées à agir d’une certaine manière. J’ai bientôt terminé le mixage et la synchronisation. Je fais le montage avec quelqu’un qui me trouve impitoyable car beaucoup de réalisateurs ont du mal à faire des coupures au montage. Moi, je ne veux pas que les choses soient longues. J’espère réaliser un long-métrage dans six mois. Quel est le film de ta carrière dont tu es le plus fière ? Je crois que c’est Planète Terreur parce que j’ai vécu un enfer sur le tournage. Personne ne peut s’imaginer le cauchemar que c’était. Toutefois, j’adore mon personnage, il a été fait pour moi. Les acteurs étaient formidables, c’est seulement en coulisses que c’était un cauchemar. Parfois, tu te retrouves entouré de personnes psychotiques qui travaillent autour de toi, tu n’as juste pas de chance. Parallèlement, je tournais Charmed en journée et je peux dire que j’étais une guerrière sur ce film. Ce tournage m’a fait perdre du poids à cause du stress. As-tu des projets pour le cinéma ?

As-tu déjà mis la main à la pâte ? Oui, je viens de réaliser mon premier court-métrage pour RSA Black Dog qui est la société de production de Ridley Scott. Il s’intitule Dawn. J’ai eu envie d’explorer les femmes politiques au début des années 60. Les gens pensent que les 60’s

Il y a ce long-métrage que je veux réaliser. Il y a également un long-métrage dans lequel je suis censée jouer et dont le tournage commencera fin Août à Hong Kong. C’est dans un esprit de science-fiction avec des crimes. Je serai en fauteuil roulant et j’aurai une attelle à la la jambe. Je ne sais pas pourquoi je me retrouve souvent dans ces situations. On a déjà coupé ma main dans Conan et j’avais aussi la jambe coupée dans Planète Terreur. Cette fois, je serai carrément paralysée ! C’est drôle, je ne 77


comprends pas pourquoi il est toujours question de me couper quelque chose. Aimes-tu la violence au cinéma ? C’est intéressant à jouer mais c’est frustrant quand tu as un esprit de garçon coincé dans un corps de fille. Il y a des trucs que je ne peux pas faire avec mon petit corps délicat au risque de me blesser mais peu importe, c’est la vie. Je n’étais pas destinée à être un homme. J’aurais gouverné l’univers, j’aurais vraiment pu. Dommage ! (rires). Peux-tu me décrire une de tes journées ? Je me réveille, je nourris mon chien ridicule qui est un Loulou de Poméranie. Elle me déteste mais elle aime mon petit ami. Quand il n’est pas là, elle dort dans le placard au lieu de rester avec moi. Elle est odieuse, mais très mignonne. Généralement, je m’entraîne au combat. Ensuite, je peux avoir des réunions ou des rendez-vous. Je dîne tard, j’aime garder des horaires européens pour les repas. Les américains mangent tôt et je n’aime pas cela. Voilà, c’est plutôt simple comme journée. Le jour d’après, je peux décider de partir en voyage et cela peut être une journée tout aussi normale. J’aime l’aventure. As-tu besoin de beaucoup de sommeil ? Oui, j’aime dormir. Je peux dormir pendant trois jours d’affilée sans pilules ni rien d’autre. C’est bizarre !

aléatoires alors j’évite de me raconter des histoires pour ne pas avoir à réagir comme si elles étaient réelles en dehors de ma tête. Voilà ma plus grande peur : écouter les mauvaises pensées dans ma tête et y croire. As-tu le sens de l’humour ? J’ai un sens de l’humour étrange que les gens ne comprennent pas toujours. C’est très sec, un peu anglais. Tu n’as pourtant rien d’anglais... C’est justement ce qui le rend bizarre. J’ai eu un petit ami anglais... Plus jamais ! Que peux-tu me dire à propos de l’amour ? C’est quelque chose qui fait mal positivement et négativement. Fuis-tu l’amour ? J’essaie de ne pas le faire. J’ai rompu de nombreuses fiançailles, trois, pour être exacte (rires). La troisième fois ne devrait pas compter, j’avais dit «oui» seulement parce que c’était une bague de dix carats. Comptes-tu te marier un jour? Oui, mais apparemment, mes amis gays vont se marier avant moi (rires). Je suis avec quelqu’un, actuellement. C’est un artiste incroyable, nous sommes très amoureux et nous envisageons de nous marier.

Quelle est ta plus grande peur ? Des poissons qui me touchent dans l’eau (rires). Je pense qu’il est effrayant de se mentir à soi-même. J’ai peur des choses 78

Coiffure : Nabil Harlow Maquillage : Camille Lutz Assistant : Martin Lagardère


BLIND STAR


KEEGAN CONNOR TRACY Mémorable dans Destination Finale 2, Keegan Connor Tracy multiplie les projets variés. Les férus de séries télévisées ont pu la voir cette année dans l’excellent Bates Motel ainsi que dans Once Upon A Time. Entre deux tournages, la belle canadienne a accepté de répondre à nos questions et elle a tenu à le faire en français après avoir accordé quelque clichés à notre rédaction. Un moment inoubliable !

Par Dine Delcroix / Photos : François Berthier


Tu as étudié la psychologie à Waterloo, au Canada. Qu’est-ce qui t’a amenée au métier d’actrice ?

Les deux m’intéressent. Je sais que j’ai une carrière mais je ne me considère pas comme une star.

J’ai toujours voulu être actrice mais je voulais que les gens me prennent au sérieux. C’était important pour moi d’avoir une éducation et de ne pas être seulement actrice. Cela m’aide aujourd’hui dans mon travail pour comprendre le comportement des personnages.

L’exercice du métier est-il le même dans les deux cas ?

Tu as passé une année en Europe lorsque tu étais étudiante. As-tu voyagé au sein de l’Europe à cette période ? Juste un peu parce que je n’avais pas beaucoup d’argent. Quel pays as-tu préféré ? La France. Pourquoi ? J’ai l’impression que j’étais française dans une autre vie (rires). Il y a quelque chose en France qui me tient à cœur. J’aimerais bien avoir une maison dans le Sud de la France. Ta carrière dénombre plusieurs rôles à la télévision et au cinéma. Préfères-tu être une star du petit ou du grand écran ?

Le travail d’actrice reste le même mais la durée du tournage varie beaucoup en fonction du format. Cette année, on a pu te voir dans la série Bates Motel, un préquel du célèbre film Psychose d’Alfred Hitchcock. Les inconditionnels du film déplorent que l’action de la série se déroule à notre époque et non à la fin des années 50. Quelle est ton opinion ? Cela ne me gène pas. C’était un choix des producteurs et je pense que c’est bien d’élargir les possibilités. Je trouve intéressant de voir comment l’histoire peut exister à notre époque. L’esthétique de la série a pourtant quelque chose d’ancien, particulièrement au niveau de la tenue vestimentaire des personnages... Oui et cela fonctionne plutôt bien pour mon rôle car j’ai un visage qui rappelle d’autres époques. J’ai travaillé avec le département des costumes, du maquil-

lage et de la coiffure sur les looks de mon personnage. Tous ensemble, nous avons crée l’apparence de Miss Watson. Justement, comment décrirais-tu ce personnage que tu incarnes dans la série ? Miss Watson est sensible et elle aime ses étudiants. Elle semble avoir eu beaucoup de problèmes dans sa vie et je crois que Norman Bates lui rappelle quelque chose de familier. C’est sûrement pour cette raison qu’elle est autant attirée par lui, elle retrouve en lui quelque chose qu’elle connaît. Miss Watson a-t-elle un prénom ? Il n’a pas été communiqué pour l’instant mais on va peut-être le connaître par la suite. J’ai entendu dire qu’elle s’appellerait Paige.... Comment t’es-tu préparée pour ce rôle ? Pour préparer un rôle, je me pose toujours des questions sur les intentions du personnage alors j’ai cherché à savoir ce qu’elle voulait.

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Est-elle une bonne personne ? Oui. Elle est malavisée mais son cœur est bon. On pourrait penser qu’elle ne devrait pas toucher Norman mais je ne pense pas que ce soit sexuel lorsqu’elle le fait. À la fin de la première saison, elle le touche de façon affectueuse. Est-elle amoureuse de Norman Bates ? Peut-être mais, dans ce cas, elle ne le sait pas. C’est innocent. Tu partages la plupart de tes scènes avec Freddie Highmore qui joue le rôle de Norman Bates. Comment est-il ? Freddie est gentil, doué et très intelligent. J’ai été beaucoup impressionnée par son parcours scolaire : des études de langues, un passage par Cambridge... Il a même été récemment en Espagne pour faire un stage dans un cabinet d’avocats, ce qui est plutôt inhabituel pour une star. On sent qu’il a reçu une certaine éducation. Avec les grands rôles qu’il a pu avoir, il faut avoir des parents sains pour ne pas tomber dans n’importe quoi. Il a vraiment réussi ! As-tu vu Psychose ?

Jamais ! J’ai simplement vu la fameuse scène de la douche. De plus, ce n’était pas nécessaire car la série n’est pas une continuation du film mais je sais qu’il y a eu des suites et un remake. As-tu vu d’autres films d’Alfred Hitchcock ? Il y a très longtemps, j’ai vu Fenêtre Sur Cour. J’ai aussi vu Les Oiseaux qui m’a fait peur. Quel est ton film d’horreur préféré ? The Ring de Gore Verbinski. Je m’en rappellerai toujours ! Je n’aime pas trop les films d’horreur, je préfère les films d’auteurs. Parallèlement à Bates Motel, on peut te retrouver dans la série Once Upon A Time où tu joues deux rôles différents: La Mère Supérieure et La Fée Bleue. Est-ce difficile d’incarner deux personnages dans une même série ? Cela se fait très sereinement parce que les deux rôles ne sont pas liés. C’est facile de faire la mère supérieure parce qu’on ne connaît pas son histoire. J’espère que cela viendra dans la troisième saison. Si tu étais réellement une fée et que tu pouvais exaucer trois vœux pour toi-même,


lesquels serait-ce ? D’être toujours heureuse, d’avoir la santé et la paix dans le monde (rires). C’est un peu facile de dire cela. En réfléchissant, si c’est juste pour moi, le vœu d’être heureuse suffit puisqu’il englobe tout. Lisais-tu des contes de fées lorsque tu étais enfant ? Je lisais de tout mais surtout des livres qui n’étaient pas de mon âge. J’ai beaucoup lu Stephen King, par exemple. J’adore lire ! Quel objet emporterais-tu sur une île déserte ? Un iPad avec plein de livres (rires). Nous te verrons l’année prochaine au cinéma aux côtés de Clive Owen et de Juliette Binoch dans le film Words And Pictures. Quel est ton personnage ? Je joue un professeur dans une école privée qui est l’ennemie du personnage interprété par Clive Owen. Des fois, l’expérience est plus importante que le rôle. Là, c’était pour moi une occasion de travailler avec Juliette Binoche que j’ai beaucoup aimé dans Les Amants du Pont-Neuf. Nous n’avions 86

pas beaucoup de scènes ensemble mais j’en ai davantage avec Clive Owen.

gie esthétique. Est-ce important pour toi de rester naturelle ?

Préfères-tu jouer les gentilles ou les méchantes ?

C’est parce que je ne viens pas d’Hollywood (rires). Oui, c’est important pour moi. Je sais que je vais vieillir et cette idée m’est très difficile, alors peutêtre vais-je y avoir recours un jour. Je me suis déjà renseignée mais cela m’a fait peur parce que je n’ai pas envie que les expressions de mon visage soient figées. J’ai deux filles et je ne veux pas qu’elles croient qu’on peut se permettre de faire n’importe quoi avec un visage.

Cela dépend. En général, j’aime les personnages qui ont les deux facettes. C’est super de jouer le rôle de quelqu’un qui a des problèmes et des désirs compliqués. Tu as deux petites filles. Comprennent-elles que leur maman est une actrice ? Ma grande fille commence à réaliser, maintenant. Quand elle avait 3 ans, je l’ai emmenée sur le plateau de Once Upon A Time pendant le tournage du mariage de Blanche-Neige et du Prince Charmant. Elle était très impressionnée par les costumes et intimidée par les personnages mais, quand elle a eu 4 ans puis 5 ans, elle a commencé à comprendre que BlancheNeige n’est pas vraiment Blanche-Neige puisque je ne suis moi-même pas vraiment la Fée Bleue. Mon autre fille est encore trop petite pour comprendre et elle ne regarde pas beaucoup la télévision. Tu es l’une des rares actrices à ne pas avoir fait de chirur-

Quels sont tes projets pour les prochains mois ? Je vais commencer le tournage d’un téléfilm intitulé Jinxed. C’est une comédie pour la chaîne Nickelodeon qui parle d’une famille un peu maudite et dont la petite fille ne veut plus porter la guigne. Je joue le rôle de sa mère et c’est d’ailleurs la première fois que j’interprète une maman. Je serai également présente dans la troisième saison de Once Upon A Time. J’espère aussi que je reviendrai dans la deuxième saison de Bates Motel.


JEUNES & JOLIES Par Léona Perrot

Les Nuits Mélangées. C’est le titre que porte le premier roman de Léa Les-

cure, paru aux éditions Kero. Autant vous le dire tout de suite, il faudra l’avoir à l’œil, cette jeune femme ! Elle fait danser sa plume avec volupté et virevolter les mots de façon très prometteuse… 

Difficile d’en attendre moins d’une khâgneuse augmentée d’une danseuse contemporaine, formée dans la compagnie de Merce Cunningham et qui a foulé les scènes de New-York, Berlin et Paris… Mais quelle évidence conduit de la danse à l’écriture ? Manon, l’héroïne, est une jeune fille bien sous tous rapports ! Issue d’une famille bourgeoise, poli(cé)e à souhait, voire figée dans cette courtoisie exécrable dont les conversations téléphoniques avec la mère sont l’expression la plus pure, cette étudiante en psychologie met un point d’honneur à s’affranchir de tout formalisme convenu et à s’assumer. Librement. Quand au hasard d’une rencontre, elle se joue des instincts primaires de la psychologie masculine, elle dérape vers la prostitution insidieusement. « Finalement, c’est rien. » (pp. 11-12) Formule cinglante qui semble évacuer toutes les problématiques de l’amour-propre monnayé. Est-ce pour mieux déculpabiliser et faire fi de sa bonne conscience ? Est-ce la révélation lucide d’un commerce largement auréolé de tabous ? Où est le drame à se jouer des faiblesses des hommes et de leurs solitudes quand il s’agit d’en tirer le luxe de son confort matériel ? La suite du roman perd le lecteur dans des interrogations sans réponse, autant que l’héroïne se perd elle-même dans une succession de relations, où les corps se mélangent tiraillés entre sexe et désir, dans le secret complice des nuits. Sans parler des pièges de la nuit. « La vue de Manon se perdait quelque part entre double et trouble. Elle s’était lamentablement vautrée. Sa tentative acrobatique n’avait pas été particulièrement audacieuse, mais un reste d’acide rendait ses mains spongieuses. Manon se ratatinait autour de la barre ; finalement, elle était aussi bien allongée. » (pp. 82-83)  En dépit du sujet – audacieux et risqué pour un premier roman ?! – Léa Lescure fait preuve d’une incroyable intelligence dans le verbe ; elle réussit le défi de parler d’orgasmes sans complaisance tout en ayant la subtilité de ne pas faire dans la facilité du grivois ou la vulgarité indulgente. Un style original et exigeant qui sert justement une première œuvre raffinée. Sans aucune nuance, une belle lecture pour l’été, si vous n’avez pas encore cédé à la tentation métaphorique du titre…

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Quel événement vous a amenée à l’écriture ? J’ai toujours aimé écrire. J’ai commencé à piger dans des revues spécialisées art contemporain et danse quand j’étais étudiante et j’ai toujours continué en parallèle à mon activité de danseuse. En 2010, j’ai arrêté de danser, j’ai quitté NYC où je vivais et je suis revenue à Paris. Le journalisme a logiquement pris plus de place. J’ai notamment réalisé une série d’articles sur la prostitution pour Rue89, on était en plein « débat » sur la pénalisation des clients, je dis « débat » mais ça n’en était pas franchement un, avec des alignements de poncifs et d’approximations de part et d’autre du clivage entre les « pro » et les « anti ». Dans les articles, il y avait plein de choses que je n’avais pas la place de mettre. C’est à ce moment que ce roman a commencé à naître.   Certaines anecdotes transpirent le vécu : la barre de pole dance, la drogue… Qu’en est-il ? À quel point vos expériences personnelles ont-elles nourri ce premier roman ? La drogue, j’adorais ça quand j’étais plus jeune, j’avais beaucoup de curiosité pour tout genre de produits et j’ai complètement assouvi cette curiosité. La pole dance, j’ai pratiqué en début de vingtaine. Après un an en Inde, je me suis installée à Bruxelles quelques mois et j’étais complètement fauchée. J’ai commencé à travailler dans un club de strip-tease à peu près comme celui du roman sauf que je ne faisais que danser sur la barre verticale. On apprend sur le tas, il n’y avait pas de formation. En tant que danseuse contemporaine, c’était intéressant comme travail de scène : très frontal, très proche du public, un rapport de domination qui n’est pas toujours dans le sens qu’on imagine et, surtout, ça gagnait très bien.  

Manon, votre personnage, n’a rien d’une fille légère et sans intelligence, elle cède au pouvoir de l’argent facile. De vos enquêtes, pouvez-vous dresser un portrait de ces femmes dont Manon est un exemple ? Dans un temps de crise, n’y a-t-il pas plus simple que de se laisser séduire par la facilité ? Ou, est-ce faire acte de féminisme, que de tirer avantage des faiblesses des hommes en toute conscience ? 

Dresser un portrait, c’est impossible. Il y a deux cas de figures : les gens que j’ai rencontrés en tant que journaliste et les gens que j’ai rencontrés au club de strip-tease ou autour de la drogue et de la fête, avant. Les prostitué-e-s rencontrés en tant que 90


Pascale Lourmand / Dr


journaliste ont une approche très intellectualisée de leur métier. Ils réagissent au contexte légal de la prostitution, ils se positionnent politiquement et me servent un discours, à moi journaliste. Les prostitué-e-s que j’ai rencontrés dans des cadres plus informels ne sont pas militants mais abordent leur métier placidement avec ses avantages et ses inconvénients. Se prostituer ne me semble pas « se laisser séduire par la facilité ». C’est un métier ni facile ni séduisant. Au-delà de la capacité à proposer une prestation sexuelle non désirée, ce qui n’est déjà pas une mince affaire, c’est une activité très précaire, comportant beaucoup de risques, nécessitant d’être en permanence sur le qui-vive pour anticiper d’éventuelles violences, et ce, dans tous les cadres, de la rue à l’escorting. Quant au féminisme, il a plus à voir avec la considération sociale de la prostitution qu’avec la prostituée elle-même. Il y a un système : des hommes prêts à payer et des femmes prêtes à vendre. Chacun tire avantage des faiblesses de l’autre, dans un sens comme dans l’autre. En revanche, considérer qu’une femme est capable de faire le choix lucide de se prostituer pour des raisons qui n’appartiennent qu’à elle et que l’Etat n’a pas à l’interdire, ça ne me semble pas spécialement féministe mais simplement normal. Considérer que l’Etat doit encadrer cette activité légalement en accordant un statut, un accès à la sécurité sociale et qu’encadrer cette activité ne veut pas dire l’encourager mais admettre qu’elle également normal.  Vous écrivez un deuxième roman et un scénario avec Stéphane Vuillet. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ? C’est secret.

Un rituel d’écriture ? Un objet ? J’écris le matin, ça permet d’avoir un regard un peu frais. Je me lève : café, petit dej, clope quand je n’essaie pas d’arrêter. Aucun objet en particulier, à part mon ordinateur : ça me permet d’écrire partout, comme je me déplace souvent pour des reportages. 

existe, ça me semble


Margaux Guyon est l’auteur de Latex etc  publié en 2011 chez Plon  et récemment paru en format poche chez  Pocket. Un premier roman, où sous l’étiquette d’autofiction, Margaux auteur raconte l’histoire de Margaux personnage, lycéenne d’une petite ville de province du Sud de la France qui échappe au désœuvrement et aux contraintes d’une famille névrosée en devenant fortuitement une call-girl. Un « passe-temps » dont elle espère sa fortune, du moins financièrement au mieux en aventures pour tromper son ennui. De fait, mais elle ignore encore les dangers et les risques de cette activité… Dans un style effronté, provocateur et insolent, Margaux ne joue pas l’avarice en cynisme, autant qu’elle se révèle cultivée et sensible. Comment s’est fait le choix du sujet pour ce premier roman ? Je voulais évoquer une forme de désespoir adolescent que j’avais vécu dans une moindre mesure que le personnage mais qui m’avait néanmoins profondément marquée. La prostitution n’est qu’une transgression de plus pour ces jeunes gens (dont Margaux fait partie) qui cherchent à tout prix les parfums de soufre. C’est ce qui l’éloigne de ses pairs et qui permet de révéler son rapport au monde totalement distancié, au travers de ses lectures, par exemple. Elle prend le sexe, même tarifé, comme un jeu et ne pense pas aux conséquences. Le choix du prénom du personnage était pensé pour choquer, ce qui a admirablement marché, je dois dire…

Margaux, comme Manon précédemment, est une jeune fille intelligente. La dérision que l’expérience de la prostitution lui permet d’exercer ne lui est-elle pas plus salutaire que la prostitution elle-même ? Surtout que le sexe monnayé lui permet d’acheter un Mac qui lui permet d’écrire ses aventures… Coucher avec des notables de province est un pied de nez à tout ce qu’elle connaît et qu’elle exècre. Elle ne conçoit pas l’acte lui-même de se prostituer comme un acte militant, elle se regarde agir en permanence – ce qui explique qu’elle n’ait jamais eu le moindre problème à jouer son rôle de call girl. Même si elle ne crache pas sur les petits avantages que lui procure cette activité – l’argent facile, les beaux endroits, et oui, le Mac.


Des projets en cours d’écriture ? Un troisième roman prévu pour septembre 2014, si tout va bien… Un rituel d’écriture ? Un objet ? Pour Latex etc, oui. Allongée dans mon lit de 22h à 1h du matin les soirs d’été où je ne sortais pas. Maintenant, plus vraiment. J’écris quand la nécessité se fait sentir et à peu près n’importe où. Quant à l’objet, mon propre Mac, bien évidemment ! Les critiques ne s’y trompent pas lorsqu’ils voient chez Margaux Guyon la promesse d’une écriture fertile. Pour les adeptes d’Histoire, Margaux Guyon a également publié Petites Histoires Sexy de l’Histoire de France chez Hugo Doc en Mars. De quoi reluquer l’histoire par le trou de serrure ou par-dessous les jupons, sans scrupule ni vergogne ! À moins que vous préfériez vous faire un revival des Liaisons Dangereuses avec Tombeau pour Don Juan sorti chez Plon à la même période. Que vous choisissiez Margaux Guyon ou Léa Lescure, pour des primo écrivains, vous ne vous tromperez pas. Votre été sera ensoleillé ! « Culte ! » affichait un bandeau promotionnel. Quand le métier de call-girl s’écrit, ça donne aussi Journal Intime D’Une Call-Girl de Belle de Jour, paru chez First Editions qui a été adapté en série télévisée. Aussi littéraire qu’un journal, aussi pratique qu’un manuel de la bonne call-girl, vous y apprendrez les ficelles du métier en levant le voile sur les secrets de la séduction organisée et rentabilisée. Une lecture démystifiante !

Autre divertissement sur le même thème, cette fois-ci au cinéma à partir du 21 Août : Jeune Et Jolie, le film de François Ozon, en compétition à Cannes cette année. Souvenez-vous, le réalisateur avait provoqué un tollé, notamment parmi les féministes en déclarant au cours d’une interview : « C’est un fantasme de beaucoup de femmes de se prostituer. Ça ne veut pas dire qu’elles le font, mais le fait d’être payé pour coucher est quelque chose qui fait partie de la sexualité féminine. » Une façon comme une autre de se faire une opinion sur le sujet, si ce n’est juger de la pertinence du propos, apprécier le travail de ce réalisateur comme du rôle principal, l’actrice Marine Vacth.


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Hanni El Khatib Avec deux albums au compteur et un troisième sur le feu, le Hanni El Khatib que

nous rencontrons est un type qui vit désormais de sa musique et qui ne se consacre qu’à elle. Pour ead in the irt sorti en mai 2013 la différence est de taille et les micro-sillons parlent pour lui. Veste en jean, cheveux gominés et boots en cuir, le type ne joue pas que du rock’n’roll, il l’est. Avec des riffs crados, une batterie punch, sa mythologie de l’automobile et des bécanes l’idée était de le mettre face à ses propres stéréotypes. Surprenant.

H

D

Par Riyad Cairat / Photos : François Berthier

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Tu es passé du duo guitare/batterie à la formation d’un groupe avec un clavier, un bassiste et un batteur pour ton deuxième album.

musique de notre époque. Est-ce qu’il y a des groupes actuels que tu dé-

Comment as-tu vécu cette transition ?

teste, que tu ne supporte pas ?

C’est une expérience totalement diffé-

Bien sur, surtout quand j’écoute la radio.

rente, aussi bien dans la démarche d’écrire que dans la démarche d’enregistrer et bien sur de la démarche de jouer en live. Le premier album n’était pas vraiment

C’est pour ça que je l’écoute assez peu d’ailleurs. Je me dis mais qu’est-ce que ces groupes merdiques ? Mais je ne veux pas donner de noms...

un album pour le live. Pour le deuxième, l’idée était de jouer en concert de façon instinctive. C’est un projet commun, c’est

Tu as fais les premières parties de Johnny

vraiment ce que j’ai aimé, l’enregistre-

Halliday à Bercy, est-ce que tu connaissais un

ment était vivant, spontané. On à un peu

peu sa musique avant de répondre à sa pro-

enregistré « à l’ancienne » avec beaucoup

position ?

de premières prises et d’erreurs qui finalement ont été bonnes.

Oui mais pas dans détails comme les gens qui ont grandi en France et qui le connaisse mais j’ai vraiment compris sa

Bagnoles, nanas, guitares saturées, look 50’s, est-ce que tu pense être un dinosaure dans l’industrie de la musique ? Non pas vraiment. Je ne fais pas parti de ces gens qui pensent que c’était mieux avant et que maintenant c’est nul. J’adore être sur mon smartphone, resté connecté sur les réseaux sociaux, écouter de la musique sur mon iPod. Je n’essaye pas de revivre une époque qui est passé. J’aime beaucoup de choses différentes, mais pas au point de faire marche arrière dans le temps. Je n’essaye pas de reproduire des chansons, des sons ou des inspirations. Dejà, parce que je le ferai surement moins bien et parce que ça n’aurait pas de sens, il n’y aurait rien de personnel dans cette démarche. J’essaye de m’inscrire dans la

contribution dans la musique française. Je veux dire qu’avec une carrière qui à commencé au début des années 60 et être toujours là maintenant, ça fait beaucoup de temps. La musique qu’il faisait à ces débuts n’est plus du tout la même aujourd’hui, il a pris en compte les changements et les évolutions au fil du temps. A presque 70 ans, être tout les soirs pendant deux heures devant une salle de 20 000 personnes à se donner à fond, j’ai beaucoup de respect. Je veux dire au fond que je connais des groupes qui ont la vingtaine et qui ne pourraient pas faire ça, qui ne peuvent pas jouer 35 minutes sans être bourré ou complètement claqué. C’est dingue de pouvoir faire ce qu’il fait à 70 ans. J’espère pouvoir faire ça à son age.


Mais est-ce que tu connaissais la réputation

J’espère que je pourrais faire comme eux et

que Johnny à dans le rock français pour les

faire de la musique jusqu’à ma mort.

passionnés de rock anglais ou US ?

Avec ta coupe gominée, tes tatouages et ta dé-

J’ai compris ça, crois moi. Surtout quand

gaine, ça doit plutôt marcher avec les filles ?

j’ai décidé de jouer pour lui. Si quelqu’un

Ou avec les mecs, je n’en sais rien !

veut avoir une vraie vie rock’n’roll comme Johnny la vit, il prendrait cinq cent fois sa place. Sur sa réputation, je m’en fous un peu à vrai dire. Pouvoir jouer devant des stades avec des milliers de personnes qui hurle, c’est une putain de sensation. Il joue au stade de France ! Qui peut faire ça ? C’est un truc de dingue ! Les gens peuvent dire de la merde, mais c’est cool. Un soir à Bercy, mon guitariste à appelé son père sur scène pour la fête des pères aux Etats-Unis. Il a demandé au public de

Je ne sais pas vraiment. Ce n’est pas une partie dans la musique qui m’intéresse ou qui m’excite le plus. Je suis plus excité à être en studio, ou à jouer en live que d’être en coulisses avec des groupies stupides et bourrées qui me tournent autour. Pour moi c’est vraiment ennuyeux et cliché, c’est trop facile tu vois ? Comme tirer une vache dans un couloir... Te saouler la gueule avec tes potes et des nanas ok c’est cool, mais pour moi oubliez.

hurler « Bonne fête des Pères ! » pour que son père entende. Tu ne peux pas faire ça dans un petit club, on est dans une pu-

Tu restes un passionné de vieilles voitures,

tain de salle de concert, qu’est-ce qu’il y

qu’est-ce que tu possèdes et qu’est-ce que tu

a de plus rock’n’roll que ça ? Jouer dans

aimerais avoir ?

un stade, comme Bruce Springsteen ou Queen. Quand une opportunité s’offre à

J’ai une AMC Rambler de 1964 actuel-

nous il faut la prendre, rien à foutre de ce

lement que j’aime beaucoup, c’est une

que les autres peuvent dire.

caisse super cool. J’aime tout les modèles de Pontiac Ventura, j’ai un pick Chevrolet de 1965. J’aime beaucoup les pick-up,

Qu’est-ce que tu penses de ces vieux groupes qui continuent de sortir des albums, de faire des tournées ? Est-ce que tu aimerais faire pareil ? J’adore ces gars. Etre à 60, 70 ans sur scène ou en studio en train de continuer à faire de la musique, à vivre ta passion c’est génial.

les vieux Ford, les vieilles Mercury et ce genre de choses. En Europe vous avez une culture différente de l’automobile. Je sais que c’est encore un rêve aux Etats-Unis d’avoir une Porsche des années 60. J’aime beaucoup cette caisse. Pour en avoir une je serai prêts à échanger mon Chevrolet de 65 ! 101


BIG ALI

LE PANDA GUERRIER


Trois ans après Louder, Big Ali s’apprête à dévoiler Urban Electro, un deuxième album riche en collaborations et dont la sortie est prévue pour le 19 Août 2013. Le rappeur, auteur, compositeur et DJ new-yorkais a tenu à se livrer sur son travail, sa philosophie de vie et son incroyable culture musicale. Rencontre avec ce «Maître de Cérémonie».  Par Dine Delcroix / Photos : François Berthier


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Tu es passionné par le hip-hop. Qu’est-ce qui t’a amené à explorer d’autres genres musi-

Sur la pochette de l’album, on voit un pan-

caux ?

vêtements. Pourquoi as-tu choisi cet animal ?

J’ai grandi à New York donc c’est natu-

Ces temps-ci, on voit des têtes de morts

rel. Je suis un enfant du hip-hop mais

partout, que ce soit chez Ed Hardy ou

New York est une ville où on fabrique

chez Christian Audigier. En lançant ma

de la house, de la soul, du jazz... Si tu

marque, j’ai voulu faire quelque chose

prends des rappeurs comme Big Daddy

de différent avec une intention positive

Kane, Heavy D, ou A Tribe Called Quest,

alors j’ai choisi le panda parce qu’il re-

tu entendras au minimum un morceau

présente la paix. C’est un animal gentil et

de house dans leurs albums. Je fais de

herbivore. C’est important que les gens

plus en plus d’electro parce que j’aime

aient une image positive et c’est même

cette nouvelle direction. Les gens ont eu

toute la philosophie de la marque.

tendance à comparer ma voix à celle de Fatman Scoop alors j’ai dû changer totalement mon style de musique. Ce que je fais aujourd’hui, c’est un peu ce qui se faisait dans les années 90 en Angleterre avec la dance. Ton nouvel album s’intitule «Urban Electro». Selon toi, l’electro urbain remplace-t-il le hip-hop, aujourd’hui ? Oui. C’est passionnant pour un producteur de faire de l’electro. Pour moi, le hip-hop est devenu un peu ennuyeux. J’aime les bruits et tous les petits sons

da qui est également le logo de ta marque de

Tu as dit que le panda était à ton image. En quoi te ressemble-t-il ? C’est un nounours mais il ne faut pas l’embêter, un peu comme moi (rires). Tu es un des rares artistes à réunir sur une même chanson des chanteurs d’univers complètement différents. Comment fais-tu ? Ce n’est franchement pas facile (rires). C’est dur pour quelqu’un de comprendre mon univers donc c’est surtout basé sur la confiance.

qu’on peut retrouver dans l’electro. C’est fait pour bouger.

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Proposes-tu aux artistes des productions déjà faites ou travailles-tu avec eux sur les

dios. Ce n’est pas facile de faire un tube...

morceaux ?

Comment est né le titre Un coeur De Guerrier ?

Je pars toujours d’une idée puis je com-

C’est un concept. J’ai écrit le morceau

mence à me demander avec qui je pourrais bien faire la chanson. Une fois que j’ai trouvé l’artiste, je lui fais écouter le morceau le plus abouti possible pour qu’il ait une vision précise de mon idée. Bien sûr, il y a des modifications ensuite

en anglais avec un artiste de mon label qui s’appelle Jonny Rose. Je me suis dit que la chanson pourrait être un single en France alors j’ai eu besoin d’un artiste français. Le titre n’est pas un truc pour les clubs car le texte raconte vrai-

avec l’artiste.

ment quelque chose alors j’ai fait appel

Préfères-tu que les gens se souviennent de toi

n’avais encore jamais travaillé mais pour

en tant que DJ ou en tant que chanteur ?

qui j’ai toujours eu beaucoup de respect.

En tant que chanteur. Le deejing, c’est facile pour moi quand on sait où j’ai grandi. Tu mixes tous les Vendredis de 0h à 2h sur NRJ dans «The Big Show». Le fait de travailler pour une grosse radio comme celleci te permet-il de passer plus facilement tes titres à l’antenne ? Le fait de travailler pour NRJ aide ef-

à Youssoupha, un rappeur avec lequel je

Pour moi, il est dans le top 3 des meilleurs rappeurs français. Je voulais laisser le refrain en anglais mais NRJ m’a demandé de le faire en français pour être quota. C’est ainsi que j’ai contacté Corneille. Initialement, la chanson s’appelait «Veteran». Es-tu un vétéran ? Oui ! (rires).

fectivement à passer mes morceaux à

Tu as pour réputation de mettre le feu par-

l’antenne d’autant que ce je fais est as-

tout où tu passes. Quel est ton secret ?

sez commercial pour cette station. C’est toujours intéressant pour un artiste de connaître le travail d’un programmateur. Il faut savoir ce que veulent les radios en termes de sons et de durées car la musique est surtout programmée en fonction de la publicité. C’est important de savoir faire des choses underground et d’être aussi capable de proposer des choses commerciales qui rentrent en ra-

Il n’y a pas de secret. J’aime la musique, c’est ma force. Dans une soirée, je peux jouer de tout, de 50 Cent à Elvis Presley en passant par les génériques de «Friends» ou «Inspecteur Gadget». Pour moi, un classique reste un classique, même après 30 ans. Mon secret, c’est peut-être ma culture musicale. Qu’il y ait 5 personnes ou 50 000, je donne tout !


LES PARIAS D'AUBENAS L’école

rend-elle malheureuse ?

Telle est la question que pose un article publié fin mai dans le Nouvel Obs. On soupçonne la question rhétorique. Et le chapeau de confirmer : « Une chercheuse a isolé les constituants d’une prédisposition au pessimisme dans la mentalité française : pour elle, le mal est culturel, et l’école y est pour quelque chose. » On est loin de la vision idyllique du système éducatif à la française qui a longtemps persisté. De fait, les travaux et enquêtes menés par cette chercheuse à l’Ecole d’économie de Paris, Claudia Senik, l’amènent à la conclusion que « les politiques devraient prendre en compte l’influence indiscutable des facteurs psychologiques et culturels dans la perception du bienêtre. Et comme ceux-ci sont en partie acquis à l’école, et dans d’autres instances de socialisation, cela pointe de nouveaux aspects des politiques publiques liés aux aspects qualitatifs de notre système éducatif. » Si seulement, ces propos n’étaient pas corroborés par les économistes Yann Algan, Pierre Cahuc et André Zylberberg, auteurs de « La Fabrique de la défiance » : « L’école est un milieu anxiogène, une machine à trier, à classer et à diviser. Cette perception est spécifiquement française. »

F

aut-il encore écouter les interventions de Sir Ken Robinson pour se désespérer d’une réalité toujours plus criante ? Juin 2006, Ken Robinson nous dit en quoi l’école tue la créativité. Février 2010, Sir Ken Robinson : Révolutionnez l’éducation ! Et dernière en date – je passe sur les interventions télévisuelles, pour me limiter aux conférences TED (www.ted.com/talks)  – Mai 2013, Ken Robinson : Comment échapper à la vallée de la mort de l’éducation ? Y défendant la loi « Aucun enfant abandonné en chemin », le célèbre pédagogue expose trois principes essentiels et élémentaires à l’épanouissement de l’esprit humain – et comment la culture éducative actuelle travaille contre eux : le premier principe, les êtres humains sont naturellement différents et divers ; deuxième principe, la curiosité ; le dernier, la créativité. Dans une présentation drôle et entrainante, Ken Robinson nous dit comment sortir de « vallée de la mort » du système éducatif à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui, et comment encourager les jeunes générations avec un climat de possibilités. Il achève son discours en concluant : « Les grands leaders le savent bien. Le véritable rôle de dirigeant en éducation – et je pense que c’est vrai au niveau de la Nation, au niveau d’un Etat, au niveau local d’une école – n’est pas et ne doit pas être un rôle de commandement et de contrôle. Le véritable rôle d’un dirigeant est celui d’un régulateur d’atmosphère, qui crée une atmosphère favorable. Et si vous faites ça, les gens se montreront à la hauteur et réaliseront des choses que vous n’aviez complètement pas prévues et auxquelles vous ne vous attendiez pas. » Curieux comme ce propos


recoupe le comportement tyrannique de la figure de directeur sorti du roman de Patrick Misse, « Les Parias d’Aubenas. Collégiens surdoués. », Edition de la Mouette !

A

l’heure où les bacheliers planchent et que cette nouvelle session soulève déjà son lot de polémiques – « Que doit-on à l’Etat ? », question philosophie aussi vaste qu’un programme politique, « Les réponses d’histoire-géo étaient dans les journaux » fait remarquer l’historien Mickaël Bertrand ou « Bac de français : une académie demande aux profs de surnoter », aberration d’autant plus surprenante qu’il s’agit de l’académie qui accueille les épreuves de CAPES de Lettres ou « Le bac ? Une vraie loterie ! » lit-on encore ça et là – qu’en est-il de cette petite portion d’élèves dits « surdoués » ou comme il est désormais correct de les appeler à Haute Potentialité Intellectuelle, qui est comme la promesse et l’exception d’une génération pour qui et en qui le bon sens nous fait former des espoirs surdimensionnés, dans un système éducatif en péril ? Lui-même confronté à la « différence » que représente un enfant HPI et basé sur le témoignage d’une quinzaine de jeunes précoces et de leurs parents, comme du fameux directeur, Patrick Misse réussit le challenge fou d’anéantir l’ignorance et de balayer les préjugés pour qui se donne la peine d’explorer le territoire inconnu et foisonnant, souvent ignoré, voire méprisé des enfants HPI, en s’aventurant dans les pages de son roman « Les Parias d’Aubenas. Collégiens surdoués. » Quand on considère qu’il s’agit du premier roman prenant pour héros des enfants surdoués, nul besoin de vous dire que la lecture soulève un flot de questions. Quoi de mieux que de convoquer l’auteur pour y répondre ?

A

u fin fond de l’Ardèche, sur les hauteurs d’Aubenas, un collège. Celui de l’Immac, pour Immaculée Conception, tenu par les frères maristes, et où se concentrent des élèves précoces venus de toute la France, ajoutant au mal-être scolaire, le déracinement familial.


P

atrick Misse, est-ce que cela veut dire, puisqu’il s’agit d’une structure privée, que notre système scolaire n’offre aucune infrastructure adaptée à ces élèves ? Est-ce que cela signifie que l’école est incapable de prendre en charge la précocité ? Pour quelles raisons ? Notre système scolaire considère maintenant ces enfants comme « à particularités » et tente de mettre en place des structures d’intégration. Des progrès sont donc en cours en particulier dans le dépistage. Il faut « enseigner les enseignants » pour qu’ils repèrent ces enfants afin de mieux les prendre en charge, ensuite sont mis en place des « modules d’intégration ». Est-ce suffisant ? Chaque enfant est différent. 1/3 environ de ces enfants brillent dans une structure normale, 1/3 suivent tant bien que mal…. Mais, à l’heure des résultats du bac 2013 où les journaux vont rechercher le surdoué qui a décroché son diplôme à 13 ans, nous oublions le tiers des surdoués qui n’auront jamais leur bac car ils ne se sont pas adaptés au système alors qu’ils auraient pu être des élèves brillants. L’élève n’est pas toujours « élevé » par l’éducation. L’Education Nationale refuse le principe de classes spécifiques pour ces élèves souvent en grande souffrance et il existe un seul collège public à ma connaissance présentant des classes spécifiques, « Le Cèdre »  au Vezhinet mis en place par Madame Sophie Côte, contre vents et courants. Un seul pour des dizaines de milliers d’enfants ! Par principe, l’Education Nationale refuse les classes spécifiques, imposant l’intégration. Pourtant il existe des classes spécifiques pour les sportifs, les musiciens. Le cerveau d’un enfant à haut potentiel fonctionne à un autre « rythme ».  A enfant différent, enseignement différent. Je recueille de nombreux témoignages d’enfants qui me disent avoir été sauvés grâce aux classes spécifiques. J’ai discuté avec les enseignants de classes spécifiques, avec les parents. Pour eux, il est évident que les classes spécifiques sont la « SOLUTION » pour un certain nombre d’enfants inadaptés dans le système scolaire classique. Alors pourquoi laisser tant d’enfants en souffrance rater leur vie ? Alors qu’il suffirait de les accueillir dans des classes adaptées ? 

I

ls se nomment Charlotte, Damien, Loïc, Lucas, Misouo, Romain ou encore Yann, mais pour le directeur Legoth assisté du surveillant Moreau, au lieu de collégiens, ce sont les ennemis des armées napoléoniennes sur le plateau de reconstitution des batailles historiques de son empereur fétiche. Il ne poursuit d’autres objectifs que de leur faire plier le genou. Par réaction, la résistance s’organise.

P

ourquoi la précocité effraie-t-elle ? Est-ce que la précocité fait à ce point peur qu’elle est capable de mettre à mal l’autorité ? La différence effraie quand on ne la comprend pas. Ces enfants parlent d’égal à égal avec leur prof, ne comprennent pas les implicites, témoignent d’une curiosité inlassable, et peuvent être « épuisant » à force de poser des questions, comme s’ils cherchaient à « déstabiliser » l’enseignant. Un enfant témoignait : « En classe, avant Aubenas, je ne comprenais pas ce que les autres comprenaient et je comprenais ce qu’ils ne comprenaient pas. » Un enfant va voir sa prof de français en sixième et lui dit : « Ce qu’on fait en classe ne m’intéresse pas, si vous voulez, je peux vous dire ce qui plait aux enfants. » Cet enfant est devenu


la tête de turc de sa prof, alors qu’il tentait simplement de l’aider. Il avait agi en toute innocence et non avec insolence.

P

armi les élèves, à l’orée du groupe formé par les « Frères de sang », deux personnages : le sixième Lucas, que parraine le troisième Romain, replié dans son mutisme et son isolement, et Yann Cassagne, le redoublant de troisième aux mains aiguisées, exclus de son précédent collège pour violence. Ce sont d’ailleurs des figures d’autant plus marquantes, qu’ils incarnent parmi la population des élèves, la nouveauté et l’extérieur, tandis que les « Frères de Sang », à la différence, ont déjà une histoire au sein de l’Immac.  

C

es deux figures opposées symbolisent-elles les comportements les plus répandus et caractéristiques des enfants précoces ? Ces enfants existent, mais ne sont que deux types parmi d’autres d’enfants précoces. Le premier, Lucas, s’est senti tellement rejeté qu’il s’est enfermé dans une bulle protectrice à l’écart du monde. Il a même les cheveux devant les yeux pour se camoufler. Yann, excédé, a réagi avec violence aux agressions du monde extérieur alors que la plupart du temps les enfants précoces sont non violents. Ce collège va leur permettre d’enfin sortir de leur souffrance, de s’épanouir. Comme disait une maman « Je ne cherche pas une école de génie, mais une école où mon enfant sourit. »

Q

ue dire de l’adaptation des élèves précoces ? Au sujet de Yann, au vu de son parcours, on pourrait dire rapidement que l’enfant précoce est inadapté au système scolaire traditionnel, ne faudrait-il pas que le système scolaire s’adapte aussi à ces enfants et comment ? Les enfants précoces qui s’adaptent non pas besoin de classes spécifiques. Pour ceux qui sont en souffrance, elles peuvent être une solution. Chaque enfant est différent. Yann est un cas extrême, mais Charlotte, Damien, Loïc, Lucas, Misouo, Romain souffrent aussi et réagissent selon leurs propres personnalités. Il y a dix fois plus de consultations psychiatriques chez les adolescents précoces. Pourtant, quand ils sont placés dans un milieu adapté, comme dans le roman à Aubenas, ils peuvent éviter la plupart de ces consultations. Parfois ce n’est pas l’enfant qu’il faut soigner, mais l’école. Comment peut-elle s’adapter à ces enfants et contribuer à leur épanouissement ? Dans les rapports humains, tout d’abord : ce sont des enfants hypersensibles et non immatures, ils ont besoin, comme les autres enfants, mais plus encore, d’être reconnus, acceptés, et aimés pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Cette notion affective est capitale, car elle est nécessaire à l’épanouissement de l’enfant précoce qui reste d’abord un enfant. Dans le contenu de l’éducation ensuite, un enfant précoce comprend en une seule fois, alors que l’enseignement traditionnel est répétitif au point que l’enfant précoce, s’ennuie, se désintéresse, n’écoute plus et passe à côté de notions importantes. Donc pas de répétition. Ensuite, pour éveiller sa


curiosité et son intérêt, il a besoin de voir un sujet dans sa globalité complexe pour le décortiquer ensuite vers les notions de base, alors que l’enseignement traditionnel enseigne des notions simples qui se complexifient ensuite. Si c’est trop simple, il n’écoute pas alors que si c’est un problème insoluble d’emblée, il va chercher la façon de le résoudre. C’est donc un enseignement à l’inverse de l’enseignement traditionnel. Enfin, du fait de sa compréhension « intuitive », il ne se donne pas la peine d’apprendre des méthodes de travail, pourtant indispensables. Il faut donc l’obliger à apprendre ces méthodes sous peine d’échec à partir de la quatrième et des classes suivantes quand sa compréhension « intuitive » ne suffira plus.

À

la guerre, comme à la guerre. Aux coups bas de la direction, répondent les stratégies défensives des « Frères de sang ». Et la partie semble gagnée pour eux, lorsqu’apparaît un mystérieux homme en noir…Sans ôter tout le suspense, que symbolise cet homme en noir ? L'homme en noir symbolise le risque qui guette ces enfants précoces. Quand on se sent rejeté du monde, on peut tomber dans les bras de n'importe quel extrémisme. Il suffit parfois d’un sourire pour être plongé dans des tourments insoutenables.

E

ntre la poésie des sentiments de Charlotte et le verbe acéré de Misouo, ce roman a de quoi ravir tous les lecteurs, sans compter la richesse psychologique et intellectuelle que représente la somme de ces témoignages qui lèvent le voile sur une réalité trop ignorée, au moins mise à distance pour ce qu’elle renvoie de différence… Quand on parle de « surdoués » ou de « génies », difficile de repousser de l’inconscient collectif la photographie d’Einstein, tirant la langue à la face du monde avec tant d’insolence et de détachement confondus. Tour à tour allemand, apatride, suisse et helvético-américain, ce célèbre prix Nobel de physique, pacifiste engagé, n’imaginait sans doute pas qu’il quittait l’Allemagne Nazie et les risques que représentait la confiscation exclusive de l’uranium tchécoslovaque, se réfugiant aux Etats-Unis, pour  encourager le Président Roosevelt à tenir la concurrence en matière d’armement nucléaire afin de dissuader l’Allemagne de terroriser le monde avec sa propre bombe. Pire, c’est à ce juste prétexte qu’Einstein est écarté du programme par le FBI et les autorités militaires américaines, le privant en conséquence de mettre à mal le projet d’utiliser la bombe à d’autres fins. Einstein n’a plus qu’à déplorer le carnage d’Hiroshima et Nagasaki, avant de se dresser vigoureusement contre les dangers que représentent le développement et l’exploitation de la bombe H qui succède à la bombe A. Comme si Einstein ne faisait qu’illustrer l’asservissement et l’instrumentalisation du génie… Gardons-nous de fermer les yeux et les oreilles, et restons sensibles à ce que l’autre peut nous apporter, surtout si c’est pour nous rendre plus sensibles et plus sages…


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INTERVIEW PREMIERE FOIS

HALF MOON RUN


Ils sont quatre, ils sont canadiens, ils ont entre 21 et 25 ans et leur musique est un savant mélange de rock, de pop et de folk. Dark Eyes, le premier album de Half Moon Run est enfin disponible en France depuis le 17 Juin 2013. Chargé de la batterie et du clavier au sein du groupe, Dylan Philipps s’est porté volontaire pour notre interview «Première Fois» et il nous a tout dit... Par : Dine Delcroix / Photos : DR


Première voiture ? La première fois que j’ai conduit, c’était dans une Volvo datant de 1981. J’avais 17 ans, nous partions à cinq pour le week-end et la voiture n’a pas survécu à une tempête de neige. Premier souvenir ? Je devais avoir 2 ou 3 ans. Mes parents m’ont mis dans l’escalier et ils essayaient de me faire dire le mot «pizza» parce qu’ils étaient sur le point d’en commander une. J’ai dit le mot et ils étaient vraiment contents. Premier métier que tu voulais faire ? Je voulais être astronaute quand j’avais 5 ans mais cela n’a sûrement rien d’extraordinaire. Premier baiser ? J’avais 12 ou 13 ans, c’était pendant la récréation. Nous nous promenions puis nous nous sommes embrassés. C’était vraiment intense ! Premier amour ? C’était à l’âge de 17 ans, au lycée. Nous étions dans la même bande d’amis et nous nous voyions souvent. Un beau jour, nous sommes tombés amoureux l’un de l’autre. Premier chagrin d’amour ? C’était avec mon second amour. Nous sommes restés ensemble deux ans et demi. J’avais découvert qu’elle voyait quelqu’un d’autre depuis un mois alors que j’étais encore totalement amoureux d’elle. Premier rapport sexuel ? C’était à l’âge de 17 ans avec mon premier amour. Premier animal de compagnie ? Un cochon d’inde. Il était énorme, le genre tellement gros qu’il ne bougeait pas. On le sortait de sa cage et il restait immobile. Il était même trop paresseux pour aller chercher à manger. C’était l’animal le plus ennuyeux qui puisse exister. Il s’appelait «Pepe». Premier disque acheté ? J’en ai acheté deux en même temps. J’ai eu Blood Sugar Sex Magik des Red Hot Chili Peppers et Hail To The Thief de Radiohead. Premier film culte ? The Rocky Horror Picture Show de Jim Sharman. Premier livre culte ? Le premier livre que j’ai lu, c’est Le Hobbit de J.R.R. Tolkien. J’ai eu une très jolie version illustrée. Ma mère nous lisait la trilogie Le Seigneur Des Anneaux à mes sœurs et à moi. Premier prof détesté ? Je n’ai jamais éprouvé de haine mais j’ai vraiment détesté mon premier professeur de


piano solo quand j’avais 8 ans. Il avait une grande maison, une sorte de château dans laquelle il enseignait. Il parlait toujours très près de mon visage et il avait une mauvaise haleine qui m’a dégoûté du piano. Je ne voulais plus faire de musique. Premier prof adoré ? C’était mon second professeur de musique. J’avais décidé que je voulais reprendre le piano. Il avait une passion pour l’enseignement et il m’a beaucoup inspiré. Première cuite ? Là où j’ai grandi, tu ne touches pas à l’alcool avant que tes parents ne t’y autorisent. La première fois que j’ai été saoul, je n’avais aucune idée de ce que cela pouvait être. Je ne savais même ce que cela faisait de boire une bière. J’étais avec deux potes. Ma sœur avait un ami qui était en âge d’acheter de l’alcool. Il a acheté du gin. Mes parents était partis pour le week-end. J’ai versé la moitié de la bouteille dans un gobelet en plastique et je l’ai bu à toute vitesse comme si c’était de l’eau. Nous avions trouvé des manteaux de fourrure dans le placard alors nous avons décidé des les porter sans rien dessous et de courir partout dans la maison en écoutant de la musique très fort. C’était stupide (rires).


BLIND TEST

BWANI JUNCTION Par Dine Delcroix / Photos : Martin Lagardère


Cité parmi les 20 groupes britanniques à suivre en 2012, Bwani Junction continue son ascension sur les scènes européennes devant un public amateur d’indie rock et d’afrobeat. Leur nouveau single Papa Candy est disponible depuis le 15 Juillet 2013, l’occasion de confronter les quatre écossais à notre désormais culte BLIND TEST !


Votre Madeleine de Proust ? Dan : La musique. Jack : Oui, nous avons toujours voulu en faire mais aucun de nous ne s’imaginait que nous serions un jour sur les routes pour en jouer. Rory : Notre amitié a commencé par l’écriture de chansons. Je pense que la musique est ce qui a le plus compté dans ma vie ces dix dernières années. Fergus : La musique nous a réunit à l’école et nous sommes encore amis aujourd’hui. Nous sommes comme une famille.  

Le film qui raconte votre vie ? Tous : The Hangover (Very Bad Trip) de Todd Phillips.

Votre livre de chevet ? Dan : Les Deux Gredins de Roald Dahl. Jack : La Flamme Pourpre de H.E. Bates. Rory : Scott Pilgrim vs The World de Bryan Lee O’Malley. Fergus : Shantaram de Gregory David Roberts.

Votre secret de beauté ? Dan : Mes parents se sont aimés pendant 21 ans. Jack : Une bonne lotion après-rasage signée Hugo Boss, de préférence. Rory : Je n’ai pas de régime particulier, j’essaye simplement de bien m’habiller et de me coiffer correctement. Fergus : Je prends soin de ma peau car c’est la première chose que l’on voit chez quelqu’un.

Votre antistress ? Dan : L’antistress qui va probablement me tuer, c’est le Whisky. Jack : La course, c’est un moyen pour moi de me vider la tête. Rory : Le hula hoop (rires). Fergus : J’ai découvert la méditation il y a quelques années et c’est le meilleur antistress.

La tendance mode que vous détestez ? Dan : Les gilets Jack Wills. J’ai juste envie de taper les gens qui en portent (rires). Jack : Les survêtements coincés dans les chaussettes blanches. 120


Rory : Les casquettes de baseball. C’est un peu hypocrite de ma part parce que j’en portais quand j’étais jeune. Fergus : Porter des chaussures sans chaussettes.

Le détail chic pour vous ? Dan : Une personnalité intéressante et intrigante. Jack : Une personne qui ne te prend pas de haut lorsque tu la rencontres. Rory : Une personne qui peut se débrouiller dans n’importe quelle situation, qui peut s’entendre avec tout le monde dans une pièce et que tu peux présenter à tes amis en toute confiance. Fergus : Un très joli sourire.

Votre série du moment ? Dan : Game Of Thrones. C’est une bonne combinaison de moments sexy et de scènes de combats. Jack : J’adore Breaking Bad. C’est prenant dès le premier épisode. Rory : Ma série préférée en ce moment, c’est The Killing. Fergus : Naruto.


Votre chanson pour vous sentir bien ? Dan : Why Don’t You Get A Job ? par The Offspring. Jack : My Baby Just Cares For Me de Nina Simone me rend heureux. Rory : Souvenirs de John Prine. Fergus : Good For Me par Above & Beyond.

L’insulte que vous préférez ? Dan : Cock-fag (rires). Jack : Jackass ! Rory : Hag. C’est une manière très écossaise de dire «veille chouette». Fergus : Slapheed.

Le compliment qui vous énerve le plus ? Dan : Je n’en reçois pas beaucoup mais je n’aime pas les compliments qui manquent de sincérité. Jack : «Tu es tellement drôle !». Rory : Un jour, on a rencontré un type dans un bar qui nous a dit: «Vous êtes formidables les mecs, vous êtes comme la merde des macchabées». Fergus : Quand quelqu’un te dit qu’il aime passer du temps avec toi alors que ce n’est pas le cas.

Le pays où vous pourriez immigrer ? Tous : La France pour Paris.

Un autre métier qui vous aurait plu ? Dan : J’aimerais posséder un petit bar, un jour, un pub écossais... Peut-être à Paris. Jack : Escort. Rory : J’aurais pu être chef cuisinier, j’aime cuisiner. Fergus : Vétérinaire mais je ne suis pas assez intelligent.

Qui inviteriez-vous à votre dîner idéal ? Dan : Joe Strummer des Clash et Bob Marely. Jack : Jim Carrey, Will Farrell et quelqu’un de plus sérieux comme l’explorateur Robert Falcon Scott. Rory : J’inviterais Elvis Costello, Billy Connolly et le physicien Brian Cox.


Fergus : Les acteurs de Monty Python.

La qualité que doit avoir une femme pour vous séduire ? Dan : De belles dents. Jack : Peu importe qu’elle soit grosse ou laide du moment qu’elle porte le parfum Coco Mademoiselle. Je le reconnais à des kilomètres. Rory : Être drôle et avoir de jolies fesses. Fergus : Des beaux yeux. Il y a des gens qui peuvent séduire rien qu’avec leur regard.

Le cadeau que vous rêvez d’offrir ? Dan : Un rein pour sauver une vie. Jack : Une bague de mariage parce que cela signifierait que j’ai enfin rencontré une personne suffisamment intéressante. Rory : Un saut en parachute pour deux. Je pourrais en profiter aussi. Fergus : Un enfant. Votre proverbe fétiche ? Dan : « La sagesse a tendance à croître en proportion de la conscience d’un ignorant.» par Anthony de Mello. Jack : Ma grand-mère me disait « L’écriture est une épice de la vie ». Rory : « Un cerf-volant vole contre le vent, pas avec lui. » par Winston Churchill. Fergus : « Même cassée, une montre donne l’heure juste deux fois par jour ».

Le disque que vous avez honte d’avoir acheté ? Dan : Quand j’avais 8 ans, j’ai acheté la reprise de Take On Me du groupe A-ha par le boys band anglais A1. Jack : Une des compilations de la collection Now That’s What I Call Music !. Rory : À un certain moment de ma vie, j’ai acheté un album du groupe Westlife. Fergus : Moi, c’était S Club 7 (rires). Le talent que vous aimeriez avoir ? Dan : Parler plusieurs langues. Jack : Faire des arts martiaux. Rory : J’aimerais savoir dessiner.


Fergus : J’adorerais savoir danser. La question qu’on ne doit pas vous poser ? Dan : « Combien de drogues possèdes-tu en ce moment ? » Jack : « Quel âge avais-tu la première que fois que tu as eu un rapport sexuel ? » Rory : « Que s’est-il passé le jour où tu as perdu ta virginité ? » Fergus : « Quels sont tes fantasmes sexuels ? »


MODE


V

Photographer Julie Healy Fashion Stylist Stanzee Treliving BORDELLE’s Gia Harness and Zip Cuff, from BABY LIKE TO PONY


Vintage lace and Black Lace Dressing Gown from REUZE VINTAGE. STANZEE Black Leather Belt. OROTON Niu Knicker Brief.


Vintage Black Lace from REUZE VINTAGE, Black Niu Bra OROTON, Tall Black Riding BOOTS DUBLIN UNIVERSAL


JOSH GOOT swim racer Bodysuit and black swim scoop Bodysuit in Black DUBLIN Universal Tall Black Riding Boots JEFFREY CAMPBELL Black Ankle Boots / Black HERMES Cuff and Leather Strap


Combinaison PATRIZIA PEPE Collier MAWI chez l`ECLAIREUR Gants GLOVE STORY Chaussures UNITED NUDE


WHEELS AND DOLLBABY Green Bra and Black Satin Skirt STANZEE leather bustier and Camelia leather cape. Ms Couture leather briefs. BORDELLE Zip Cuff, Patent Strap and leather flogger from Paul Seville all from BABY LIKE TO PONY. DUBLIN Universal Tall Black Riding Boots, GUCCI Sandals.


BORDELLE Angela Dress, Sub Belt and Patent Leather Cuff from BABY LIKES TO PONY


JOSH GOOT 3 piece Cup Corset Marine Stripe in Red and Future Basic Cut Away Skirt in Marine. BIRDSALL cowhide in Black Tea Set from T2

Manteau SABINE K BIDI / Robe DERNIER CRIE VINTAGE / Chaussure UNITED NUDE


Photographe : Pauline Darley Model : Veronika @ Crystal Make up : Virginie Rascle Stylisme : Tatiana Dumabin Hair : Pierre Saint Sever avec Osis + Schwarzkopf Professional


Black Dress by LEONARDO SALINAS, MS COUTURE White Corset Bodysuit and Tulle Skirt, JEFFREY CAMPBELL Shoes from Apex , PIERRE WINTER Fine Jewels , Scarfs from ATOLL

(Left) Ava Leather Balconette Bra from SOMETHING WICKED, Bondage waspie by BORDELLE, Gia web stockings by BORDELLE, Patent leather flogger from PAUL SEVILLE all from BABY LIKES TO PONY, STANZEE Black Bustier DUBLIN Universal Tall Black Riding Boots


White Lace Lingerie Dress and Stockings MS COUTURE, JEFFERY CAMPBELL shoes from APEX PIERRE WINTER Fine Jewels


Makeup Artist Claire Thomson / Hair Stylist Cameron Rains / Models Lola and Aimee @ D1 Models


Tops Rayés – COMME DES GARCONS T-Shirt Blanc – EACH OTHER *Elodie : Robe – FATIMA LOPES Porte-Cigarette – ON AURA TOUT VU

UNE PLAGE « JE SUIS UNE PLAGE ABANDONNÉE AUX MARINS DÉVÊTUS ET EN NAGES. »


7 chansons d’Elodie FREGE pour 7 instants décalés Robe, ZUHAIR MURAD. Boucles d’oreille et bracelet, BURMA.

par François Berthier


COMMENT T’APPELLES-TU CE MATIN ? « QUEL EST CE DOS ? SUIS-JE ENCORE NUE ? OÙ AI-JE MIS MA ROBE NOIRE ? »

Soutien-Gorge – CADOLLE Porte-Jartelles – FIFI CHACHNIL Escarpins – DSQUARED2


« PENDA J’OUVRE

Swimsuit Thapelo / BO Isabelle Michel / Shoes Zara


DES BAS DANT QUE VOUS ME MANGEZ CRUE, E MES LÈVRES : JE SUIS BLONDE. » *Elodie : Soutien-Gorge – CADOLLE Porte-Jartelle – FIFI CHACHNIL

Bracelet – ON AURA TOUT VU *Lui : Chemise – DSQUARED2 collier et bracelets argent DEAR CHARLOTTE, escarpins blancs GUY LAROCHE.


Skirt Moschino / Milla bra by Lascivious at Mise en Cage www.misencage.com / Shoes Zara / Trench Eric Tibusch / BO Anne Thomas


«PIQUE NIQUE SUR LA LUNE» «DRESSE TON GRAND MENU ET METS-MOI À TABLE POUR UN CROISSANT.»

Robe – NEVRA KARACA N7

Maquillage : EMILIE PELTIER Coiffure : RIMI URA Mannequin : MICHAELA T@ FORD


Robe noire détails cuir DAVID KOMA chez STYLEBOP, boucles d’oreilles épines PATRICK MOULIN.


TA MALADIE «JE VEUX TOUT RENDRE FLOU, QUE TU Y PRENNES GOÛT QUAND JE GAGNE TON COU.»

*Elodie : Robe – JITROIS Bracelet – SYLVIA TOLEDANO chez l`ECLAIREUR Escarpins – DSQUARED2

*Lui : Ensemble – EACH OTHER


DANS L’ESCALIER « DANS L’ESCALIER, VAIS-JE ME DÉCIDER À ME LAISSER MONTER L’ENVIE DE TE DESCENDRE ? »

*Elodie : Robe – ON AURA TOUT VU *Lui : Chemise – COMME DES GARCONS


PERDU « QUITTE À TOUT PERDRE, AUTANT GAGNER DU TEMPS. QUITTE À SE PERDRE, AUTANT PRENDRE LES DEVANTS. »

*Elodie : Robe – JEAN PAUL GAULTIER Lunette – RYNSHU Escarpins – RAFFAELE GRECO *Lui : Chemise – COMME DES GARCONS


Direction Artistique par Dine Delcroix Stylisme par Aurore Donguy, Make up Elodie par Camille Lutz, Make up Garçons par Camille Osscini, Cheveux par Pierre Saint Sever. Modèles hommes : David PASCUAL, Lucas MULLER, Tom RAMBAUD, Jérémy BISCARRO (Agence CITY MODELS) Merci à l’hotel Beauséjour Montmartre


LA FILLE QUI REND BLIND


Star

en inde, d’ou elle est originaire, inconnue dans nos contrees, Mallika Sherawat envoie du lourd. Apperçue dans la parodie de Bruno Mars, Whatta Man, Malika nous a reçu dans sa suite de l’hotel Majestic Barrière pendant le dernier festival de Cannes. Et si on a attendu si longtemps pour vous montrer les photos, avouez que ça valait le coup d’attendre.

Photo : François Berthier

MALLIKA SHERAWAT


CHRONIQUES DVD L’ÉTÉ SERA HITCHCOCKIEN OU NE SERA PAS ! Par Soisic Belin

Hitchcock, un nom qui en dit long. Considéré comme le « Maitre du suspens », ce ténor de l’Histoire du Cinéma n’est pas que présent dans la mémoire des cinéphiles les plus pointus, il est aussi une figure populaire reconnue par tous. Coupable de 54 films, on ne peut se tromper sur sa patte, son style et sa technique reconnaissable à certaines recettes qui lui sont propres comme le « MacGuffin  ». On ajoute à cela cette envie d’apparaître au sein de ses propres films comme pour instaurer un jeu avec le spectateur, la poursuite récurrente qui donne un rythme certain, l’escalier comme lieu propice à la surprise - qu’elle soit bonne ou mauvaise, d’ailleurs ! - sans oublier son rapport aux femmes et sa manière de les mettre en scène. Sa période américaine verra apparaître le modèle de la « blonde hitchcockienne » âgée de 26 ans (âge fétiche ? Le mystère reste entier). Et c’est peut-être en cela qu’Alfred Hitchcock est unique et précurseur car, malgré ses nombreux détracteurs, il a su maintenir son cap pour créer son cinéma, un cinéma copié mais jamais égalé. La sortie en Blu-ray des quelques un de ses classiques remasterisés est l’occasion de découvrir ou de redécouvrir ce réalisateur hors normes. De quoi se faire un été de sueurs froides !

La Cinquième Colonne (1942) Dans ce film à suspens sur fond de guerre tourné en 1942, Robert Cummings joue le rôle de Barry Kane, ouvrier en aéronautique qui assiste à l’incendie de son usine à Los Angeles. Lancée par un agent nazi, la bombe incendiaire cause la mort de son meilleur ami et Barry se retrouve accusé à tort de sabotage. Pour prouver son innocence, il entame une course-poursuite acharnée à travers le pays qui le mènera de Boulder Dam au Radio City Music-Hall de New York, allant jusqu’à une confrontation redoutable au sommet de la Statue de la Liberté. Ce film fut réalisé dans la période la moins fastueuse d’Hitchcock mais ne l’a pas empêché de poser ses premiers jalons.


Fenêtre Sur Cour (1954) L.B. Jefferies (James Stewart), un photographe immobilisé par une jambe dans le plâtre observe les appartements donnant sur sa cour à l’aide de son téléobjectif pour tuer le temps. Il reçoit souvent la charmante Lisa (Grace Kelly) qui est secrètement amoureuse de lui. Après quelques jours d’observations, il soupçonne Lars Thorwald (Raymond Burr), son voisin d’en face, d’avoir assassiné sa femme. Pour en avoir le cœur net, il envoie Lisa porter une lettre anonyme à Thorwald. Elle trouve alors l’alliance de Madame Thorwald... Commence alors une véritable enquête. Ce film est sûrement l’un des plus aboutis de son réalisateur. Il joue sur un humour noir mettant en avant les bas instincts de l’être humain (voyeurisme, curiosité malsaine…) et la violence conjugale crue, révélatrice de l’animalité présente en chacun de nous. Hitchcock y expose toute sa propre psychologie et sa libido.

Psychose (1960) Psychose est LE film d’Hitchcock par excellence !  L’action démarre à Phoenix, en Arizona. Une jeune femme, Marion Crane (Janet Leigh), la maîtresse de Sam (John Gavin) dérobe dans un moment d’égarement une valise contenant 40 000 dollars que son patron lui avait demandé de déposer à la banque. À la nuit, elle s’arrête dans un motel peu fréquenté et tenu par Norman Bates (Antony Perkins) qui se confie à elle en lui expliquant qu’il vit dans la maison proche du motel avec sa vieille mère invalide et de caractère très difficile. Avant de se coucher, Marion prend une douche tandis que la vieille femme surgit et la poignarde sauvagement ! Tourné volontairement en noir et blanc, ce long-métrage n’a coûté que 100 000 dollars et a rapporté plusieurs dizaines de millions. Le film a eu deux suites dont la deuxième réalisée par Antony Perkins lui-même. Un autre thème cher à Hitchcock est largement exploité dans Psychose : l’opposition du bien et du mal avec une notion de châtiment. Aucun des personnages de l’histoire n’est réellement sympathique ni honnête.  On notera que ce film donne un rôle capital à la musique de Bernard Herrmann, compositeur fétiche d’Alfred Hitchcock.


Les Oiseaux (1963) Mélanie Daniels (Tippi Hedren), une jeune femme de la haute société de San Francisco rencontre Mitch Brenner (Rod Taylor), un avocat qui prétend vouloir acheter un couple d’inséparables pour sa petite sœur âgée de 11 ans. Séduite par l’allure virile du jeune homme, Mélanie le suit (avec les oiseaux) jusqu’à sa résidence de Bodega Bay, une petite station balnéaire à 100 kilomètres de San Francisco. Alors qu’elle s’apprête à rejoindre Mitch à bord d’un petit canot, Mélanie est attaquée par une mouette. Les heures suivantes, les incidents se multiplient et la mère de Mitch découvre un de ses amis mort, tué par des oiseaux qui ont saccagé la maison. À partir de ce moment-là, les événements prennent une tournure apocalyptique… L’un des films références d’Alfred Htchcock qui ne connut malheureusement pas le succès escompté car le cinéma était en crise avec l’essor de la télévision au moment de son exploitation. Cette édition célèbre le 50ième anniversaire du long-métrage et contient un documentaire exclusif, des extraits de l’entretien Hitchcock-Truffaut, la fin originale, des scènes coupées, le story board du film et beaucoup d’autres bonus.

Complot De Famille (1976) Bruce Dern, Barbara Harris, William Devane et Karen Black sont les interprètes de Complot de Famille, un film où un chauffeur de taxi et un médium associent leurs efforts pour retrouver un homme, moyennant une récompense de 10 000 dollars. Après une enquête minutieuse, ils soupçonnent un diamantaire crapuleux et sa superbe Femme en noir. Le dernier film du maître qui manipule son spectateur plus qu’il n’y paraît...

Hitchcock (2012) C’est le moment de rendre hommage à votre manière à ce génie du 7ème art ! Sacha Gervasi vous propose de revenir sur les secrets du tournage du chef-d’œuvre Psychose dans un biopic consacré au maître avec Anthony Hopkins, Scarlett Johansson et Helen Mirren. Il y a toujours une femme derrière la réussite d’un homme, même quand celui-ci se nomme Alfred Hitchcock.


CHRONIQUES CD

Par Dine Delcroix

SELENA GOMEZ : Stars Dance (22 Juillet 2013) Selena Gomez a choisi le jour de son vingtième anniversaire pour dévoiler son premier album solo sans The Scene, le groupe avec lequel elle dénombre déjà trois albums. D’après la chanteuse, Britney Spears, Taylor Swift et Skrillex seraient les trois influences les plus importantes de ce nouveau disque aux sonorités electro, pop, dance et dubstep réalisé sous la coupe des producteurs Rock Mafia, Dreamlab, The Cataracs et Stargate entre autres grands noms de la scène américaine actuelle. Côté textes, Selena aborde l’amour et la difficulté des relations sentimentales d’une manière prévenante sans tomber dans le règlement de comptes avec son ancien compagnon, le chanteur Justin Bieber dont l’ombre semble planer sur un certain nombre de titres. Avec ses productions d’une constante efficacité, Stars Dance est l’album idéal pour l’été. Un potentiel confirmé par le clip du nouveau single Slow Down qui vient d’être dévoilé et dont le tournage s’est tenu il y a quelques semaines à Paris dans une ambiance humide et festive. Plus mature que jamais, celle qui a le pouvoir de faire danser les étoiles a toutefois annoncé que cet opus sera suivi d’une pause au profit de sa carrière d’actrice mais, en attendant, la belle va entamer une tournée américaine et européenne qui passera par le Zénith de Paris le 5 Septembre 2013 pour un premier concert français d’une première tournée solo à ne rater sous aucun prétexte !

SARA BAREILLES : «The Blessed Unrest» (12 Juillet 2013) Lorsque Kaleidoscope Heart est sorti en 2010, l’interprète du célèbre Love Song faisait ses débuts aux sommets des classements en prouvant qu’il ne fallait pas sous-estimer sa pop et elle avait bien raison. La chanteuse américaine reste fidèle à ellemême et nous livre avec The Blessed Unrest un disque pointilleux dans la continuité de son œuvre dont elle a produit la moitié des morceaux. Ce quatrième album semble résulter d’une agitation personnelle survenue suite à un déménagement décisif à New York qui lui octroie un lyrisme plus audacieux que d’habitude et ce n’est pas Brave, le premier single très engagé du disque qui nous fera penser le contraire. Avec son univers sensible, Sara Bareilles alterne ballades subtiles et chansons plus rythmées pour une diversité musicale dont elle seule a la secret.  160


ARIELLE DOMBASLE by ERA (1 Juillet 2013) Encore un album conceptuel pour la cantatrice de tous les registres. Cette fois-ci, Arielle Dombasle nous emmène dans l’univers mystique d’Éric Levi alias Era qui a su trouver l’écrin idéal pour sa voix unique. Entre variété symphonique et arrangements plus contemporains, les 10 titres de cette galette sont faits de classiques du genre («Cold Song» tiré du King Arthur de Purcell, «Agnus Dei» adapté de l’Adagio de Samuel Barber ou encore «Ave Maria», présenté ici dans sa meilleure version) mais aussi de créations originales dont le très entraînant «Don’t Take Pleasure Of My Pain» et «Lost Jericho» font judicieusement partie. Plus qu’un album, cette huitième merveille de la chanteuse est une remarquable prise de risque née d’une rencontre entre deux talents aux capacités nombreuses qui invitent à l’évasion et à l’émotion. Ave Arielle !

PET SHOP BOYS : «Electric» (15 Juillet 2013) Moins d’un an après le mitigé Elysium, le groupe britannique mythique remet le couvert avec Electric, un douzième album studio produit par le grand Stuart Prince. Enregistré entre Novembre 2012 et Avril 2013, cet opus est le premier disque des Pet Shop Boys depuis leur départ de Parlophone. Il est publié sous le label du groupe X2 via Kobalt Label Services. Les deux acolytes nous proposent 8 titres originaux et une reprise du titre The Last To Die de Bruce Springsteen. Nettement plus dance que son prédécesseur, Electric fait la part belle aux synthétiseurs old school qui ont jalonné la carrière du groupe et transgresse les règles fixées par la pop d’aujourd’hui en négligeant volontairement les structures musicales et la contrainte liée aux durées des pistes pour laisser place à un travail plus instinctif. Du grand Pet Shop Boys !

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CHRONIQUES CD ROBIN THICKE : «Blurred Lines» (12 Juillet 2013) Le phénomène Robin Thicke arrive enfin aux oreilles du grand public et ce n’est pas trop tôt puisqu’il s’agit tout de même du sixième album de sa carrière. Il aura donc suffit d’un seul titre pour faire entrer le chanteur dans le top 10 des meilleures ventes de singles en France. La chanson en question n’est autre que le single éponyme de l’album, Blurred Lines, dévoilé en Mars dernier et bien parti pour faire danser les vacanciers durant tout l’été ou inciter ceux qui n’ont pas de vacances à faire des cochonneries sur leur lieu de travail. Vous l’aurez compris, la sensualité est la ligne directrice de cet album aux accents pop, R&B, soul, funk et même disco qui accueille des invités de marques comme T.I, Pharrell Williams ou encore Kendrick Lamar sur le nouveau single Give It 2 U. Une réussite qui n’échappe pas aux polémiques lancées contres les paroles du chanteur jugées sexistes et ses clips sulfureux qui dépassent le million de vues. Quoiqu’il en soit, Blurred Lines est en route vers un franc succès et son auteur l’a déjà compris.

TRAVIS : «Where You Stand» (19 Août 2013) Après 5 longues années de retrait, les écossais de Travis font leur grand retour dans les bacs avec Where You Stand. Si ce nom de groupe vous dit quelque chose, c’est parce que vous n’avez pas pu passer à côté des tubes Sing et Side en 2001. Conduit entre autres par le producteur Michael Ilbert (The Hives, The Cardigans), ce septième album témoigne d’une pop harmonique et ingénieuse qui embrasse parfaitement la mélancolie dégagée par la voix particulière du chanteur et leader Fran Healy. L’absence semble avoir amené son lot de repos, de réflexion mais aussi de créativité grâce aux projets musicaux parallèles des membres du groupe. Mention spéciale à l’incroyable titre Another Guy dont le groupe s’est servi en Mars dernier pour annoncer son retour en beauté. Un disque inspiré par une bande revigorée. 162


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