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NOVEMBRE 2016 #30

SOPHIE ELIX-BEXTOR

TAYLOR MOMSEN

PHANTOGRAM / THE PRETTY RECKLESS / VICTOIRE DUBOIS / NAIVE NEW BEATER / MILA AUGUSTE / MATHIEU BRUGOT / BARBER ShOP QUARTET / AFTER MARIANE


CONTRIBUTEURS

FONDATEUR, DIRECTEUR DE LA REDACTION, REDACTEUR EN CHEF CINEMA & DIRECTEUR DE LA CREATION FR A NCOIS BERTHIER REDACTEUR EN CHEF, REDACTEUR EN CHEF MUSIQUE DINE DELCROIX RÉDACTRICE EN CHEF BEAUTE AUR IA NE BESSON JOUR NALISTES Auriane Besson, Dine Delcroi x, François Berthier. PHOTOGR APHES François Berthier, Florian Fromentin, Martin Lagardère Nicolas Larrière, Florie Berger PRODUCTION PHOTO Dine Delcroix + François Berthier PHOTO DE COU V’ François Berthier CONTACT R EDACTION/PUB theblindmagazine@gmail.com

The BlindMagazine est édité par la société Ten Feet Under / Tous les textes et photos sont soumis par leurs auteurs qui acceptent leur publication et n’engagent que leur responsabilité.


EDITO #29 EDITO#30

Chers lecteurs, chères lectrices, Nous sommes ravis de vous retrouver pour de nouvelles pages mode et culture. Toujours soucieux de vous proposer le meilleur de l’actualité culturelle à laquelle nous avons accès, nous espérons que vous aimerez ce numéro et que vous y découvrirez un réel intérêt pour les artistes que nous avons soigneusement sélectionnés pour vous avec la contribution complice de nos talentueux photographes. Bonne lecture !

L’équipe TheBlindMagazine


NOVEMBRE 2016

14

6

50

10 L’instant Live

32 NAIVE NEW BEATER

12 A FTER M A R I A NNE

40 MATHIEU BRUGOT

24 MILA AUGUSTE

50 PHANTOGRAM


SOMMAIRE

58

58 En couverture THE PRETTY RECKLESS / TAYLOR MOMSEN 66 BARBERSHOP QUARTET 76 SOPHIE ELIS-BEXTOR

8

76

90 VICTOIRE DUBOIS 98 La fille qui rend Blind MARGOT BANCILHON


C’EST POUR DE RIRE présente

TRIOM

PHE !

400 00

0

SPECT ATEUR S

LA COMÉDIE MUSICALE DE GUY GRIMBERG

TF1 “TOURBILLONNANT DE MAGIE, DE FÉERIE !” FRANCE 2 “UNE TRÈS BELLE VERSION DE PETER PAN !” LIBÉRATION “POUR LES ADULTES, UN BAIN DE JOUVENCE !” FRANCE 3 “CE SPECTACLE EST DÉJÀ UN GRAND CLASSIQUE !” TÉLÉRAMA “ILLUSION PARFAITE DU VOL !” LE PARISIEN “UNE TROUPE ÉPOUSTOUFLANTE !”

30 EXCEPTIONNELLES À PARTIR DU 1er OCTOBRE 2016

Licence N° 2-1051127

Adaptation MARTINE NOUVEL d’après SIR JAMES M. BARRIE Musique SERGE LEONARDI et MARTIN B. JANSSEN - Chorégraphie JOHAN NUS Avec THIBAUT BOIDIN, DELPHINE LE MOINE, MATTHIEU BRUGOT, EMILIE VIDAL, MARIE DE OLIVEIRA, SARAH FILC, CAMILLE MARTINEZ, AUDREY FAYOLLE, MARIANNE MILLET, REGIS CHAUSSARD, CHRISTOPHE TOURAUD, DEEN ABBOUD, PHILIPPE FERREIRA, SYLVAIN CARUSO, GAELLE PAULY, MARLÈNE CONNAN

20 rue de la Gaîté - 75014 Paris - www.bobino.fr ou 01 43 27 24 24 - 08 92 68 36 22 (0.40

/mn)

– Magasins Fnac – Carrefour – www.fnac.com et sur votre mobile


L’INSTANT Live L’instant LIVE

L’INSTANT LIVE Alexandra Savior @Le Consulat, Paris 26 Septembre 2016 Texte : Dine Delcroix / Photo : DR

Comparée à Fiona Apple, repérée par Courtney Love et encouragée par Linda Pe Alexandra Savior fait partie des jeunes auteurs-compositeurs-intérprètes à suivr seulement 21 ans, elle est déjà bien ancrée dans l’industrie musicale pour avoir no ment co-écrit le titre Miracle Aligner sur le dernier album de The Last Shadow Pup assuré des premières parties pour le groupe Arctic Monkeys et collaboré avec Cam Avery de Tame Impala.

La chanteuse était de passage à Paris le 26 Septembre 2016 pour un showcase priv Consulat, un  lieu éphémère mi-club, mi-galerie d’art où la chanteuse a  présenté sieurs  titres de son premier album, Belladonna Of Sadness, prévu pour le 7 Avril 2 Les quelques  privilégés de l’audience ont ainsi pu se faire une idée précise de ses formances scéniques et de sa voix captivante.


erry, re. À otamppets, meron

vé au plu-

2017. s per-


DECOUVERTE MUSIQUE

E N N O H After Marianne est né d’une collaboration entre trois membres du groupe Kid Wise (Augustin Charnet au piano et aux synthés, Théophile Antolinos à la guitare et Léo Faubert à la batterie) et Mathilda Cabezas,  chanteuse à l’origine du projet. Cette association a donné lieu à It’s a Wonderful Place To Be (Over), un premier EP  scénarisé comme  un film avec son histoire, son  esthétique, ses thèmes et son fil conducteur au-delà de la voix somptueuse de son interprète et des productions oniriques qui caractérisent ce disque dream pop. Un EP qui prend tout son sens cinématographique lors des performances scéniques de la bande et sur lequel Julien Doré apparaît en featuring.


After Marianne Interview : Dine Delcroix / Photos : FLORIE BERGER


Comment et né le projet After Marianne ? Mathilda : J’avais monté un groupe avec d’autres personnes à Clermont-Ferrand mais il n’y avait pas vraiment d’osmose entre les membres. Puis, j’ai rencontré Augustin qui avait le projet Kid Wise et qui aimait déjà les chansons d’After Marianne. Il m’a dit de venir à Toulouse

groupe Mumford & Sons et Marianne’s Son des deux sœurs suédoises First Aid Kit. Je trouvais jolie la juxtaposition des mots After et Marianne. De plus, le côté ‘après’ allait bien avec la musique que l’on fait, une musique mélancolique qui parle de l’avenir et qui tente de trouver des réponses.

parce qu’il avait des musiciens à me présenter qui sont Théo et Léo. Depuis, on fait le projet ensemble. Qu’est-ce qui vient avant Marianne, du coup ? Mathilda : On ne sait pas trop ce qu’il y a avant. On écrit ce qu’il y a après et c’est Dans quel esprit était le groupe initial ?

ce qui nous intéresse.

Mathilda : Il n’y avait pas trop d’esprit. J’avais le nom du projet qui est le même qu’aujourd’hui. Il y avait aussi les morceaux Take Care et Marianne mais c’est tout. Augustin : C’était bien moins habillé. Le point commun qui reste entre le projet initial et ce qu’il est aujourd’hui, c’est que Mathilda est à la base des mor-

Trois d’entre vous sont issus du groupe Kid Wise. Peut-on dire d’After Marianne que c’est du Kid Wise avec une voix féminine ? Mathilda : Il ne faut pas dire cela (rires).

ceaux et de la composition. Elle nous apporte toujours une structure piano-voix

Léo : Pour Théo, Augustin et moi, le fait

et on s’occupe de trouver l’arrangement

de jouer dans After Marianne vient juste-

qui va convenir au morceau.

ment du désir de faire quelque chose de différent à la base. Pour nous, c’est un exercice complètement différent, principalement pour Augustin qui n’a plus cette place de chanteur-leader qu’il a au

Pourquoi avoir choisi After Marianne comme

sein de Kid Wise. Là, il est juste au cla-

nom de groupe ?

vier et aux chœurs. Pour moi, les choses

Mathilda : C’est le mélange de deux titres

puisque c’est moins rythmé et moins

de chansons qui sont After The Storm du

dansant. Pour Théo, il y a plus d’espace

changent aussi au niveau de la batterie


car il y a deux guitares dans Kid Wise

Augustin : C’est sa place naturelle parce

tandis que là, il est seul, ce qui laisse da-

qu’elle chante.

vantage de place à la créativité. Augustin : Ce n’est pas le même son que Kid Wise bien que ce soit, en partie, les mêmes personnes et les mêmes instruments sauf exception. On utilise les instruments différemment. After Marianne, au delà de la voix de Mathilda, c’est vachement plus lent.

Le fait d’avoir déjà une discographie avec Kid Wise donne-t-il à certains d’entre vous plus d’assurance à l’idée de sortir de nouvelles choses pour un nouveau projet ? Léo : Il y a plus de sérénité parce qu’on sait comment cela se passe. On a plus d’outils pour gérer les situations et on sait ce qui se passe autour de nous. Après,

Augustin, toi qui es le chanteur de Kid Wise,

il y a toujours ce syndrome du nouveau.

as-tu eu du mal à délaisser la chant au profit

Quand on fait quelque de nouveau, peu

du clavier pour After Marianne ?

importe l’expérience antérieure, c’est un

Augustin : Pas du tout. Je fais souvent du piano, notamment dans d’autres projets. C’est plutôt chouette parce que, du coup, je suis plus focalisé sur mon travail de clavier et je peux passer plus de temps

démarrage et il y a des preuves à faire. Sur scène, on est peut-être plus à l’aise parce qu’on a de l’expérience mais After Marianne reste un nouveau projet qui est en total développement.

à chercher des sons, à travailler mon ins-

Mathilda : J’avais fait un peu de scène

trument et à le mettre en valeur.

avant et je jouais de la basse mais quand il s’agit d’un nouveau projet, tout reste à faire et chaque concert est une nouvelle étape.

Dans un groupe de musique, le leader estil forcément celui qui chante ?

Théo : Avec Kid Wise, on ne savait vraiment pas ce qui nous attendait. On se lassait un peu guider par le management

Léo : Pour le coup, nous on le pense mais

qu’on avait à l’époque mais on ne savait

Mathilda ne veut pas (rires).

pas du tout ce qu’il fallait faire. Là, avec After Marianne, on voit les choses venir

Mathilda : Non parce qu’en réalité, Af-

un peu à l’avance.

ter Marianne ne sonnerait pas du tout comme on l’entend si j’étais toute seule. Pour moi, After Marianne est un groupe.

17


18


Comment validez-vous vos idées pour le

hérence que tout vienne d’elle car elle

groupe, les uns auprès des autres ?

sait précisément dans quelle direction

Mathilda : Cela se fait hyper naturelle-

elle va d’un point de vue de la narration.

ment. On est souvent tous les quatre sur

Mathilda : C’est important pour moi de

la même longueur d’ondes.

les écrire car, s’il faut aussi les interpréter

Léo : Kid Wise a des vetos tandis qu’Af-

sur scène, j’aime savoir de quoi je parle.

ter Marianne n’en a pas. On sait où on va au niveau esthétique tout comme au niveau musical avec une idée très précise à chaque fois, ce qui rend les décisions naturelles et souvent unanimes.

Votre premier EP vient de sortir. Quel en est le concept ? Mathilda : Cet EP a été conçu de manière cinématographique comme un scénario. C’est l’histoire de la fin de la

Comment se créent vos chansons ? Mathilda : En général, j’arrive avec une base musicale, la mélodie du chant et les paroles. Ensuite, avec Augustin, on collabore ensemble pour savoir si la chanson vaut le coup d’être travaillée et si c’est le cas, on le présente à Théo et Léo. S’ils aiment bien, on continue sur cette voie. Souvent, on change complètement la chanson qui, à la base est très acoustique. Sinon, cela peut aussi provenir d’une autre base comme la chanson Space qui est née d’un riff de guitare de Théo.

Qui écrit les textes ? Léo : On laisse les textes à Mathilda. Notre EP raconte une histoire et c’est justement bien pour une question de co-

vie qui est née de la chanson Marianne, elle-même inspirée du film Amour de Michael Haneke. À partir de là, on s’est dit qu’il serait chouette de raconter la fin, de ne pas faire mourir les personnages d’une mort banale mais plutôt de les faire disparaitre dans l’espace ou de les faire renaître ailleurs. Les chansons s’enchaînent sur un échange épistolaire chanté. Sur la chanson Marianne, je suis la voix d’un homme. Ensuite, dans Love Is Just a Game, la voix de Julien Doré est celle d’un homme qui peut être la mienne sur Marianne...

Pourquoi avez-vous décidé de ne pas apparaître sur la pochette de l’EP ? Léo : C’est propre à nous quatre mais,


personnellement, je ne suis pas fan des

Mathilda : La pochette raconte l’histoire

groupes qui promeuvent leur tête avant

de l’EP. L’image est extraite d’un spec-

leur musique. Aujourd’hui, l’industrie

tacle de danse. Ce sont ces deux per-

du disque est dans l’image et on est obli-

sonnes qui sont arrivées dans l’espace et

gé de se plier à cela mais on essaye de le

l’union des deux a survécu au reste.

faire de manière très visuelle à travers un univers. Mathilda : Cela reste dans l’aspect cinématographique du projet. Pour le clip de « Marianne », on a volontairement choisi de montrer un grand-père pour la réfé-

D’où vient le titre de l’EP, It’s a Wonderful Place To Be (Over) » ?

rence au film de Michael Haneke mais

Mathilda : C’est la dernière phrase que

aussi pour différencier ce clip de tous les

l’astronaute dit dans le morceau Space

clips du moment qui mettent en scène

qui clôt l’EP ainsi que nos concerts.

la jeunesse folle. On voulait toucher les

Étant hyper mauvais en titres, on a cher-

gens avec quelque chose d’un peu tabou

ché pendant très longtemps à nommer

en France, à savoir la vieillesse, la mort,

l’EP. On ne voulait pas que ce soit le titre

les maisons de retraite, la fin de la vie. On

d’une des chansons et, du coup, quand

a travaillé sur ces deux clips avec le réa-

on a trouvé la voix de cet astronaute sur

lisateur lyonnais Arnaud Ly Van Manh.

le site de la NASA, on s’est dit que c’était

Sur Take Care, il avait carte blanche mais

ce qu’il nous fallait. Il y a quelque chose

avec un certain soin esthétique. L’image

de lumineux dans ce titre. Quoiqu’il ar-

d’After Marianne est soignée mais ce

rive, c’est beau d’être ici ou d’avoir été

n’est pas la nôtre. On donne la musique

là. C’est un titre lumineux par rapport

et le gens en font ce qu’ils veulent.

à l’EP. Au premier abord, les chansons

Augustin : Majoritairement, tous les groupes qu’on aime ont cette méthode-là.

sont mélancoliques mais il y a quelque chose de serein. C’est la fin d’un voyage.

Cela appartient au style indépendant. On

Léo : Cette voix qui provient du site de la

aime bien les projets pour lesquels on ne

NASA est en fait celle d’un spationaute

sait pas trop combien il y a de musiciens

qui fêtait le Nouvel An dans l’espace.

ni quelle tête ils ont.

On lui souhaite la bonne année depuis la Terre et lui, il regarde la planète en disant que c’est un endroit merveilleux pour ne plus être.

La pochette montre un couple dans l’espace. Quel sens donnez-vous à cette image ?


Quel est, pour vous, ce lieu merveilleux pour ne plus être ?

d’inspiration. Léo : C’est un mélange parfait entre

Augustin : Je dirais comme l’astronaute

la grosse frayeur et l’apaisement total.

: dans une petite station spatiale en train

L’Espace symbolise bien l’histoire que

de regarder la Terre.

raconte Mathilda dans l’EP. C’est un

Mathilda : Je dirais la même chose car c’est serein. C’est plutôt un compte-rendu d’une vie passée, vue d’au-dessus,

thème qui n’est pas assez mis en valeur dans la musique. Peu de groupes vont chercher dans cette thématique.

dans l’espace. Léo : Moi, je pense au film  Interstellar pour le moment où le personnage principal est dans la cinquième dimension avec la bibliothèque de sa fille. J’aimerais être là, pas aussi perdu que lui, mais j’aimerais bien que ce lieu merveilleux soit un truc que je ne connais vraiment pas. Pour moi, ce lieu merveilleux, c’est un lieu qu’on ne connaît absolument pas mais qui est encore plus apaisant que ce qu’on connaît déjà. Théo : La scène. C’est un peu l’endroit où le temps s’arrête. C’est toujours le

L’EP contient un interlude parlé en français. S’agit-il d’un texte original ? Mathilda : Oui, c’est un texte que j’ai écrit. Dans l’EP, il est lu la par la grand-mère d’Augustin. Cela fait encore référence au cinéma avec un côté ‘voix off’ et on tenait à ce que ce soit un texte en français pour que les gens qui ne comprennent pas forcément l’anglais puissent saisir le message général de l’EP qui réside dans cet interlude.

même moment qui revient. Quand on retourne sur scène avec un set fixe, on a l’impression d’un retour en arrière. La scène, c’est aussi l’endroit où on peut regarder notre musique vivre et être spec-

Sur l’EP, on retrouve également un duo avec

tateur de ce qui est sur l’EP.

Julien Doré. Comment l’avez-vous rencontré ? Théo : Julien Doré vient d’Alès dans le Sud Est où on s’est rencontré à l’Entente Bouliste, un club de pétanque. À chacun

Que représente l’espace pour vous ? Mathilda : C’est assez fascinant, effrayant, magnifique… C’est vraiment une source

ses passions ! Moi, je n’y vais pas comme un grand pratiquant mais, apparemment, lui, c’est son truc. Sans lui sauter dessus, on avait parlé un peu en mode second


degré de faire un duo. Je lui avais parlé d’After Marianne mais je n’y croyais vraiment pas. Plus tard, je l’ai battu sur un tournoi de pétanque et il m’en devait une, en quelque sorte. Après, il a tout de même eu un coup de cœur pour le pro-

juste envie de les faire mentir. Qu’advient-il de Kid Wise, alors ? Mathilda : Toi, tu veux qu’on ait des embrouilles (rires).

jet. Comme il était déjà en studio pour

Léo : On essaye de faire en sorte que ce

son album, il a fait ses prises de son côté

soit deux projets parallèles et jamais per-

et il a envoyé ses voix.

pendiculaires (rires).

Mathilda : On l’a rencontré plus tard. On le remercie énormément parce qu’il a été hyper généreux et attentionné. Léo : Je me demande s’il n’a pas fait exprès de perdre la partie pour qu’on ait cette collaboration.

Où voulez-vous emmener le projet After Marianne ? Mathilda : Dans l’espace (rires). Léo : On aimerait l’emmener le plus loin possible, le faire vivre, pouvoir sortir des albums et faire beaucoup de concerts. Théo : Si on pouvait l’emmener à l’étranger, ce serait cool. On aimerait bien voir comment pourrait être reçue notre musique ailleurs. Augustin : Par rapport à Kid Wise, beaucoup de gens veulent nous mettre des bâtons dans les roues en nous disant que c’est impossible d’avoir deux projets en même temps et d’y arriver. Nous, on a


DECOUVERTE MUSIQUE

MILA AUGUSTE Mila Auguste développe son projet musical depuis l’année 2011 qui a connu la sortie de son premier EP dans lequel  elle présentait ses talents en termes d’écriture, de composition, d’arrangements et d’interprétation. Le 8 Avril 2016, un deuxième EP a vu le jour,  affirmant l’artiste qui se plaît à évoquer les combats intérieurs dans ses textes en franglais avec une forme narrative sincère sur une musique electro alternative.

PAR Dine Delcroix / Photos : FLORIAN FROMENTIN


PREMIÈRE FOIS MILA AUGUSTE

Maquillage & Coiffure : Francesco Spadaro pour Laura Mercier Cosmetics

Premier souvenir ? Quand j’habitais Abidjan à l’âge de 6 ans, j’étais allée à la chasse aux crabes avec des petits enfants. On grattait et on cherchait des crabes à quatre pattes sur la plage, la nuit.

Je suis très proche de la nature et j’avais une grande passion des animaux quand j’étais petite. Parallèlement, je voulais faire de la musique et je chantais déjà. Je devais avoir 5 ans quand j’ai fait mon premier concert devant ma famille. Je chantais du Céline Dion comme toutes les petites filles à cet âge-là. J’adorais aussi le théâtre. J’ai une famille d’artistes et de mélomanes et, quand tu es enfant et que tu te retrouves avec tous tes cousins, tu te déguises, tu fais des spectacles… C’était agréable d’avoir de la place pour s’exprimer dans la famille.

Premier baiser ? Mon premier baiser, c’était à Aix-en-Provence avec un ami d’enfance. On a sauté le mur de la maison d’à côté et on s’est fait un bisous dans la piscine. J’avais environ 10 ans.

Premier amour ? Première voiture ? Quand j’avais 16 ans, j’avais une voiture bizarre, orange avec des sièges bleu roi, toute ouverte. Je faisais des petits jobs alors j’allais travailler avec cette voiture et je rentrais à minuit le soir. Il n’y a pas de fenêtres sur ces voitures alors il faisait froid.

Un corse avec qui je suis en ce moment. On s’est rencontré en boite de nuit et cela fait 10 ans qu’on est ensemble. Comme quoi, les rencontres de nuit ne sont pas si mauvaises (rires).

Premier métier que tu voulais faire ? Je crois que c’était dresseuse de chiens. 26

Premier ra


VINCENT MACAIGNE


pport sexuel ?

Premier film culte ?

C’était cool ! (rires).

Vol Au-Dessus D’Un Nid De Coucou avec Jack Nicholson. J’aime les gens complètement fous et complètements libres avec leurs bizarreries.

Premier chagrin d’amour ? C’est hyper personnel comme question… Je vais répondre un truc super sérieux et les gens vont chialer mais, mon premier chagrin d’amour, c’était de ne pas voir mon père.

Premier livre culte ? L’Ombre Du Vent de Carlos Ruiz Zafón. C’est un roman génial, hyper intrigant et super bien écrit.

Premier animal de compagnie ? Colargol, un lapin blanc. On habitait Clichy, à l’époque, dans un immense appartement. Je devais avoir 4 ans.

Premier disque acheté ? C’était une cassette rouge et noire vers l’âge de 8 ans, l’album « Under The Water-Line » de Ten Sharp. J’étais amoureuse du chanteur !

Premier prof détesté ? C’était une prof’ de maths dans une école de bonnes sœurs, en Troisième. Moi, je déteste les maths, je n’ai pas l’esprit carré et cette femme n’aimait pas mon tempérament. J’étais un peu folle, je regardais par la fenêtre à longueur de journée et m’en foutais de ce qu’elle racontait. C’était la frustration de la jeunesse et de la liberté pour elle. C’est un peu le problème dans les écoles de bonnes sœurs : tu sens qu’il y a une frustration dingue de leur côté face à la jeunesse et à l’épanouissement qui se réveillent alors que c’est loin derrière elles.

Premier concert ? Peut-être les Gipsy Kings avec ma mère (rires). 

Premier prof adoré ? Dans la même école, c’était une prof’ laïque qui enseignait l’anglais. Elle me 29


comprenait et m’apprenait beaucoup de choses. C’est elle qui m’a donné mes premiers livres écrits tout en anglais. Elle était très ouverte d’esprit avec du goût et je me souviens qu’elle adorait les bijoux. J’avais des facilités mais je ne travaillais pas du tout et elle m’amenait une curiosité que les autres professeurs n’arrivaient pas à me donner.

Premier job ?

Premier choc dans la vie ?

Premier vote ?

J’étais chez mes grands-parents, ma mère revenait d’un voyage et, en courant vers elle, je me suis pris la baie vitrée. Je devais avoir 12 ans et c’était un choc au sens

Mon premier vote, c’était à l’Assemblée Nationale. Quand j’étais en CM2, j’avais été choisie pour représenter la Corse du Sud à l’Assemblée Nationale des enfants. Je voulais faire une loi pour les enfants nés sous X parce que cela me touchait particulièrement. Finalement, une autre loi a été votée dans la classe et c’est la loi pour les enfants nés sous X qui est finalement passée à l’Assemblée Nationale.

matériel du terme (rires).

J’ai fait des ménages, beaucoup de ménages. C’était le meilleur moyen de gagner un peu de sous sans qu’on me voit parce que j’étais hyper timide. Je faisais aussi la cuisine, le soir, dans un restaurant en même temps. Du coup, j’adore cuisiner !

Premier voyage ? La première fois que j’ai voyagé seule, je suis partie à Amsterdam. Premier sentiment de fierté ?

Premier péché ? Prendre de la drogue costaud un peu trop vite, un peu trop tôt. J’avais 17 ans. Je suis un peu dingue mais, heureusement, j’arrive à me raisonner très vite.

30

À vrai dire, je ne suis jamais très fière de moi par pudeur, par perfectionnisme et par exigence envers moi-même.


PREMIERE FOIS

NAIVE NEW BEATERS

En trois albums, les Naive New Beaters ont réussi à imposer leur style poprock electro en concert, sur les ondes mais aussi dans des spots publicitaires. Paru le 22 Juillet 2016 sous le titre  « À La Folie  », leur troisième album rencontre un franc succès grâce, notamment, au  single disque d’or « Heal Tomorrow » et au tube « Montecristo ». Après une Cigale complète en Octobre dernier, les trois parisiens se produiront sur la scène mythique de l’Olympia le 22 Mars 2017. Rencontre avec le trio déjanté composé de David Boring au chant, de Martin Luther B.B. King à la guitare et de Eurobleix aux machines. Interview : Dine Delcroix / Photos : Florian Fromentin


33


BLIND TRUTH Maquillage : Francesco Spadaro pour Veil Cosmetics

David : Je construirais un parc d’attractions dans mon jardin. Martin : Je supprimerais tous les chiens de la planète. Eurobelix : Je ferais en sorte que les gens qui paient leurs impôts soient contents de les payer, c’est à dire que l’argent serait bien fluidifié dans le monde.

Lorsque vous vous regardez dans la glace le matin, que vous dites-vous ? David : « Demain, je serai président » puis « Faut que je m’enlève les nœuds des cheveux ». Martin : Je me demande si mon nez grossit avec les années ou pas. Je n’arrive pas à savoir…

Si vous deviez emporter une seule chose sur une île déserte, laquelle serait-ce ? David : J’emporterais la trilogie des Naive New Beaters. Martin : Un coupe-ongle. Eurobelix : Je prendrais un briquet. J’ai déjà

Eurobelix : Selon ce que j’ai bu la veille, je

essayé de frotter des trucs pour faire du feu et

suis soit fier, soit pas très fier.

c’est très dur.

À qui vouliez-vous ressembler quand vous

Quel

étiez enfants ?

être ?

David : Axl Rose. La première fois que je

David : John Hancock au cinéma. C’est le

me suis déguisé en quelqu’un, c’était en Axl

premier super-héros saoulé par ses pouvoirs,

Rose.

qui boit, qui est SDF… Il a tout d’un su-

Martin : J’aimais bien Zorro, d’où les cheveux longs sur scène. Eurobelix : Serge Gainsbourg.

super-héros

auriez-vous

aimé

per-héros hyper décalé et cool. Martin : Albator avec sa balafre. Il y a un vrai fond dans cette série animée au-delà du mec qui se bat. À redécouvrir ! Eurobelix : Le Chevalier lumière. C’était un

Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous ? 34

enfant tout petit qui se battait trop bien ! La série passait dans Le Disney Club.


35


Quel pouvoir magique aimeriez-vous

Quand et comment avez-vous cessé de

avoir ?

croire au père Noël ?

David : Être invisible, c’est hyper pratique.

David : Je ne me rappelle plus mais je sais

Martin : Voyager dans le temps, bien sûr ! Eurobelix : J’ai un fantasme mais je crois que c’est un peu sexuel, en fait. Quand j’étais petit, j’avais envie d’arrêter le temps pour faire ce que je veux partout...

que mon père l’a dit à mon meilleur pote donc il a dû me le dire à moi avant. Martin : Je n’ai aucun souvenir de ce traumatisme.  Eurobelix : Petit, j’ai reçu une éducation un peu catholique et, dans ma classe, on faisait des listes de cadeaux de Noël. Mon père me

Quel prénom auriez-vous aimé porter ? David : Michael ou Silver.

disait « Si tu demandes ce cadeau, tu ne l’auras pas ! ». Rapidement, j’ai compris qu’il y avait un truc bizarre...

Martin : Archibald. Eurobelix : Un prénom de roi comme Charles

Que pouvez-vous me dire de négatif sur

ou Louis. Je suis assez jaloux de mon petit

vous ?

frère qui s’appelle Louis, d’ailleurs.

David : Indécis. Martin : Perfectionniste.

Que peut-on entendre comme message d’accueil sur votre boite vocale télépho-

Eurobelix : Instable.

nique ?

Et de positif ?

David : « Allô ? ». On la fait plus, cette

David : R.B.R. : respect, bienveillance et re-

blague. C’est dommage ! Martin : Un extrait du film « Pulp Fiction » qui dit « Mmm… This is a tasty burger ! ». Eurobelix : C’est rare qu’on tombe sur ma

connaissance. Martin : Perfectionniste. Eurobelix : Endurant.

boite vocale parce que je réponds quasiment toujours au téléphone mais je crois que j’ai laissé l’annonce classique. 36

Qui voulez-vous épater le plus ?


David : Ma copine en priorité. Martin : J’ai envie d’épater les gens qui ne nous connaissent pas. Eurobelix : Mon père.

Martin : Je ne sais pas pourquoi mais cela fait deux ou trois ans que j’oublie de fermer ma braguette en sortant des toilettes alors qu’avant, cela ne m’arrivait jamais. Eurobelix : Je tombe souvent de scène. S’il y a un trou quelque part sur une scène, je tombe dedans et, à chaque fois, tout le monde

Que feriez-vous s’il ne vous restait que

s’en fout !

24 heures à vivre ? David : Je suis superstitieux alors je ne vais pas répondre à cette question. Martin : Je ferais une grosse fête avec beaucoup d’alcool et le plus de monde possible. Eurobelix : Tout ce qui reste sur mon compte partirait dans de la bonne bouffe.

Avez-vous menti pendant cet entretien ? David : Je crois que je n’aurais pas vraiment besoin d’un parc d’attractions dans mon jardin. D’ailleurs, je n’ai pas de jardin... Martin : J’ai dit strictement la vérité. Eurobelix : Je crois aussi.

De quelle question aimeriez-vous avoir la réponse ? David : J’aimerais savoir pourquoi les mecs ont des mini-trous dans les tétons. Martin : J’aimerais bien savoir qui a vraiment tué John Fitzgerald Kennedy. Eurobelix : J’aimerais qu’on m’explique la forme de l’univers. 

Quel a été votre dernier instant de solitude ? David : Lors d’une interview durant laquelle il fallait faire un pas de danse, je me suis fait très mal en foirant mon pas. 38


Quelques mois à peine après avoir célébré les 20 ans de leur premier disque par une tournée anniversaire, les membres de Garbage sont de retour avec un sixième album studio intitulé Strange Little Birds. Publié en indépendant le 10 Juin 2016 via le label de la bande, Stunvolume, ce nouvel opus est un véritable retour aux sources pour le groupe américano-écossais avec des morceaux  atmosphériques  et  des paroles  sombres. Après deux décennies dans l’industrie musicale, les quatre piliers du groupe que sont Shir-


MATTHIEU BRUGOT

Formé aux différents arts de la scène, Matthieu Brugot est un jeune comédien habitué des pièces de théâtre et des comédies musicales. Il incarne fougueusement le Capitaine Crochet dans le triomphant Peter Pan  à Bobin’O du 1er octobre 2016 au 7 Janvier 2017 sous la direction de Guy Grimbert. par Dine Delcroix / Photos : François Berthier


RENCONTRE MATTHIEU BRUGOT Comment t’es venue l’envie de te former dans les arts du spectacle ? Je fais du théâtre depuis l’âge de 7 ans. La comédie musicale, on m’y a inscrit quand j’étais jeune. J’étais dans une école régionale de comédie musicale où on faisait des spectacles. J’ai également

qui est fatigante, plus que Paris car tout y va beaucoup plus vite qu’à Paris. En même temps, elle offre énormément de choses et on y sent une énergie. Moi, j’y étais dans le cadre d’une formation où j’étais dans une dynamique de travail et j’ai adoré cette culture, cette exigence. Dans le milieu artistique, la remise en question est plus rare en France.

été nourri à cela avec mes parents qui m’ont emmené voir, très tôt, des spectacles comme « Starmania ». J’ai toujours aimé cette rigueur qu’il y a dans la comédie musicale. Pour moi, être artiste aujourd’hui, c’est être vraiment polyvalent et donc savoir danser, chanter et jouer la comédie. Même pour quelqu’un qui joue une pièce de théâtre, le fait de maîtriser son instrument corporel et son instrument vocal est indispensable. J’ai

Voyages-tu beaucoup ? Pas tant que cela mais j’aime bouger. Je vais au moins deux à trois fois par an à Londres mais j’aimerais bien aller plus loin. J’aimerais découvrir la Thaïlande, le Japon, le Costa Rica… De plus en plus, j’ai envie de partir vers des destinations dépaysantes.

ainsi voulu aller à New York dans une école de comédie musicale. À la base, j’ai vraiment une formation de comédien et,

Tu as fait partie des spectacles Le Livre

en sortant de l’école Jean Périmony, j’ai

De La Jungle, Blanche Neige, Robin des

voulu reprendre les cours de chant parce

Bois et Peter Pan. Vas-tu volontairement

cela me nourrissait également parce que

vers des adaptations de Disney ?

je me suis aperçu qu’il y avait du boulot dans cette branche.

C’est vraiment un pur hasard parce que je n’étais pas parti pour faire tous ces spectacles d’autant qu’ils n’ont pas la li-

Qu’est-ce qui t’a attiré dans la ville de New York ? C’est une ville qui ne dort jamais et c’est 42

vrai. Il y a une dynamique. C’est une ville

cence Disney. Là, je prépare « Aladin » (rires). Je ne le fais pas exprès. Un projet en amène un autre dans le secteur.


les faire. Bien sûr, je pense au temps qui Quel est ton Disney préféré ? Le Roi Lion m’a beaucoup plu. Il y a aussi Aladin.

passe mais, l’essentiel, c’est de se remplir au maximum et de se dire « Je n’ai pas perdu de temps ». Il y a des moments où cela fait du bien de se reposer. J’ai ramené la proactvité dans mes bagages en revenant des États-Unis (rires). Pour moi, être artiste au quotidien, ce n’est pas

Tu joues actuellement dans le spec-

attendre un processus d’audition pour

tacle Peter Pan à Bobin’O. À quoi te ren-

se mettre à travailler. Être artiste, c’est

voie cette histoire de J. M. Barrie ?

comme un sport de haut niveau, c’est

Au rêve. Il y a un rapport au rêve, à l’innocence, à l’insouciance, à l’enfance. Le rapport au jeu est ultra présent dans « Peter Pan ». J’ai toujours eu l’image des personnages en train de voler comme sur

être prêt en danse, être prêt en chant et être bien physiquement pour pouvoir déployer ses cartes quand arrive le moment de l’audition en ayant une petite longueur d’avance.

l’affiche du spectacle. Comment décrirais-tu le personnage que tu incarnes, le célèbre Capitaine Crochet ? Te retrouves-tu dans le fameux Syndrome de Peter Pan ? En tant qu’artiste, je pense qu’il est important de garder son âme d’enfant, de continuer à rêver et à s’émerveiller comme peuvent le faire les enfants sans

Je m’éclate à le jouer parce que c’est un personnage qui est très riche. On peut y mettre énormément de choses. Il est à la fois vicieux, dandy, peureux… Il y a une place à trouver et une élégance mais, en même temps, c’est juste un pirate. Il y a un travail sur la voix aussi.

tomber dans l’excès du Syndrome de Peter Pan. La vie adulte apporte de très bonnes choses donc il faut trouver une

Quelle difficulté peut-on rencontrer en

mesure.

interprétant aussi complexe ?

Le temps qui passe ne te fait pas peur ?

Le Capitaine Crochet fait partie de ces

Dans ma vie de tous les jours, je vais toujours à cent à l’heure et j’ai envie de faire beaucoup de choses parce que je me dis que c’est maintenant qu’il faut

personnages qui sont très présents dans l’inconscient collectif et que les gens attendent. Du coup, la difficulté a été de trouver mon propre Crochet, ma propre folie et de ne pas lui donner qu’une seule

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couleur. J’aime bien travailler mes per-

qu’elle attendait de Crochet. De plus,

sonnages en me posant des questions qui

Crochet est un personnage très fort

permettent de leur donner de l’épais-

qui fait partie des méchants célèbres.

seur. Pour Crochet, il me fallait trou-

Dans l’imaginaire collectif, on a tous

ver sa motivation et expliquer sa haine

l’image de Dustin Hoffman en Capitaine

pour Peter Pan afin de ne pas en faire un

Crochet dans le film Hook. Il fallait donc

simple tyran et d’éviter de tomber dans

que j’arrive avec quelque chose de fort

la caricature du méchant comme Disney

et je savais qu’il y aurait peu de temps

peut le faire. Dans un dessin animé, le

de répétition parce que le spectacle était

méchant est très méchant et cela marche

déjà en cours mais j’aime bien les défis.

parce que c’est un dessin animé mais, sur scène, il lui faut plus de relief et c’est ce qui fait que les gens vont s’y attacher.

As-tu une doublure pour le spectacle ? Non.

T’es-tu comparé au comédien qui t’a précédé dans ce même rôle ? J’avais vu le spectacle avec lui. C’est un comédien qui jouait avec sa personnalité et je m’étais dit que je pouvais en faire

Comment aborde-t-on la scène quand le public est majoritairement composé d’enfants ?

autre chose. Quand on reprend un rôle

Les enfants ne trichent pas. Ils aiment

comme Crochet, on se dit qu’on doit être

ou ils n’aiment pas. Ils rentrent vite dans

au top parce qu’on se sent attendu der-

l’histoire et ils participent à fond. Ils

rière.

sont notamment très réceptifs lorsque le personnage de Peter Pan les prend à partie. Ils sont vraiment porteurs et

Tu fais partie des plus récents comédiens de la troupe de ce spectacle qui se joue depuis plusieurs années. Était-ce facile d’intégrer une troupe déjà constituée  ?

jouent le jeu. Ils ont un regard premier degré sur la situation qui se passe à la différence de l’adulte qui va plutôt se mettre en retrait.

Oui parce que c’est comme une petite famille. Je me suis dit tout de suite qu’il fallait être à la hauteur. Même en passant l’audition, à l’époque, je tenais à arri-

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Est-ce plus galvanisant de jouer pour des enfants ?

ver avec une proposition puissante parce

Bien sûr ! Ils connaissent l’histoire donc

que l’équipe avait déjà en tête quelque

il faut aller leur servir, des fois, une

chose de très précis par rapport à ce


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autre interprétation mais aussi leur mon-

une belle histoire. Souvent, en France,

trer quelque chose qu’ils ont envie de

on va mettre en avant l’album des chan-

voir. Pour jouer Crochet et pour avoir

sons du spectacle. On fait plutôt du spec-

joué Shere Khan dans Le Livre De La

tacle musical et je ne pense pas que l’on

Jungle, je crois que les enfants adorent

cherche à faire comme à Broadway où la

avoir peur et je le vois notamment à la

vraie star est le spectacle et où une co-

fin du spectacle à Bobin’O quand on fait

médie musicale peut rester une dizaine

des photos. C’est là qu’on s’aperçoit que

d’années à l’affiche.

les méchants ont vraiment la cote et que les enfants aiment avoir peur. Ils veulent même toucher le crochet.

Aimerais-tu sortir de ce registre pour explorer d’autres horizons ?

Dans quelle comédie musicale aime-

Un spectacle en amène un autre mais je

rais-tu jouer ?

ne me suis jamais dit que je n’allais faire

Les Misérables. J’ai revu cette comédie

ment depuis deux ou trois ans que j’en

musicale deux fois l’été dernier aux États-

fait mais j’ai fait aussi beaucoup de pièces

Unis et je l’avais vue deux fois à Londres

de théâtre avant et je veux continuer à

et même à Paris... Je trouve cela sublime

en faire même si là, j’ai beaucoup plus

et il y a un paquet de rôles là-dedans

envie de caméras. La caméra peut offrir

que j’aimerais jouer. C’est d’ailleurs très

des choses plus intimes à jouer, des rôles

étrange que le spectacle n’ait pas marché

un peu plus profonds.

que de la comédie musicale. C’est seule-

en France. C’était pourtant la troupe de Londres qui était venue... Que peut-on te souhaiter ? Que penses-tu des comédies musicales en France ?

chance de pouvoir rencontrer des met-

C’est très bien que cela existe en France et

un passif assez important et qui me per-

cela a de plus en plus la cote. Par contre,

mettraient d’aller chercher des rôles in-

c’est très différent de ce qu’on peut voir

téressants. Je ne veux absolument pas

aux États-Unis. J’ai l’impression, des

m’enfermer dans un type de registre ar-

fois, qu’en France, on ne met forcément

tistique ou dans un type de rôle car je

en avant une histoire et c’est ce qui me

pense qu’un acteur peut absolument

gène. Quand je vais voir Les Misérables

tout jouer.

ou The Color Purple aux États-Unis, 48

De commencer à tourner, d’avoir la

j’ai l’impression qu’on raconte vraiment

teurs en scène ou des réalisateurs qui ont


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PHANTOGRAM Josh Cartel et Sarah Barthel forment Phantogram, un duo américain de musique electro rock qui accorde une grande importance à l’aspect visuel de ses sonorités et de ses  performances  scéniques. Après un EP en collaboration avec Big Moi du groupe OutKast et des concerts partout dans le monde, les  deux new-yorkais sont de retour avec Three, un troisième  album péremptoire aux thèmes sombres et à la production massive. Interview : Dine Delcroix /Photos : Timothy Saccenti


RENCONTRE PHANTOGRAM Selon vous, est-il dangereux de mélanger l’amitié et le travail ? Sarah : Pas pour nous. Nous avons les mêmes idées, la même détermination. Visuellement et musicalement, nous allons toujours vers les mêmes choses. Il n’y a jamais de conflit. Nous sommes toujours dans la même équipe et cela rend les choses plus faciles. Josh : Nous sommes amis depuis le plus jeune âge. Nous avons une bonne relation de travail mais nous avons aussi des vies en dehors du travail.

Vous formez un duo musical hommefemme. Qu’est-ce qui vous différencie d’autres duos d’artistes dans votre genre ? Josh : Nous faisons notre propre style de musique. Nous avons construit notre base de fans de manière organique. Ce n’était pas un choix clair de devenir un duo musical en tant que meilleurs amis, nous avons simplement pensé qu’il serait facile de faire de la musique à deux. C’est ainsi que nous avons commencé. Au fil des ans, cela grandit et nous avons d’autres musiciens sur scène lorsque nous faisons des concerts, nous avons aussi toute une équipe.

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Que feriez-vous si vous étiez amenés à vous séparer ? Josh : Je continuerais à faire de la musique ou une autre forme d’art. Sarah : Je vais tâcher de suivre Josh de sorte qu’on ne se sépare pas (rires).

Généralement, comment travaillez-vous à deux ? Josh : Cela dépend. Nous pouvons travailler séparément comme nous pouvons aussi travailler ensemble. Je suis principalement en charge des éléments rythmiques. Nous composons tous les deux. Il arrive que Sarah vienne avec une idée


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pour une chanson ou bien que j’apporte l’idée et nous écrivons quelque chose à deux. C’est différent à chaque fois. Avant, j’écrivais la plupart des textes mais, au  fil du temps, c’est  devenu un processus collaboratif entre nous. Étant donné que nous sommes très proches, les paroles se rapportent à nous deux. Nous rebondissons sur les idées de l’un et de l’autre. Sarah : Nous expérimentons généralement les mêmes choses dans nos vie personnelle et, peut importe qui de nous deux écrit, le texte aura le même sens car nous sommes impactés par les mêmes choses. Si Josh écrit une chanson, je m’y sens connectée et je peux la chanter sur scène. C’est assez génial.

Vous venez de sortir votre troisième album,  Three. Comment qualifiez-vous ce nouvel opus ?

proche artistique ? Josh : Je crois que la principale différence est que, sur le premier album, nous voulions tout simplement faire de la musique ensemble. Nous ne savions que nous allions avoir des fans ou que quoique ce soit allait nous arriver même si nous voulions ce qui nous arrive. C’était une manière curieuse d’écrire. Pour la suite, nous savions que nous avions des fans, que nous serions amenés à interpréter les chansons en live et comment nous allions nous y prendre. Nous savions que les chansons n’allaient pas rester entre nous. Tout est dans le fait de penser ce que va entendre l’audience et comment vont sonner les chansons sur scène. Sarah : Il y a eu une croissance progressive entre la toute première chanson que nous avons sortie et celles que nous sortons aujourd’hui mais cela reste du Phantogram. Nous avons fini par travailler avec des gens qui ont fait en sorte que notre rythme sonne meilleur que ce que nous faisions à deux.

Sarah : C’est un autre pas en avant. Il est très électronique avec des bases simples, de nouveaux rythmes et de beaux textes très significatifs. Josh : C’est un album qui sonne un peu plus pop. Nous avons pris une direction dans laquelle nous n’étions pas encore allés.

Entre le premier album et ce troisième, qu’est-ce qui a changé dans votre ap-

De ce fait, êtes-vous plus confiants lorsque vous publiez de nouvelles choses, aujourd’hui ? Josh : Il y a un peu de pression mais, de par l’expérience des concerts et grâce à notre base de fans, nous savons que les gens ont envie de nous entendre et nous  pouvons faire confiance à nos propres instincts en tant qu’auteurs-compositeurs. 55


Qu’écoutez-vous comme musique ? Josh : Nous écoutons de tout, de Mogwai au Beastie Boys en passant par Erik Satie, John Coltrane ou Al Green. Sarah : Nous écoutons de tout ! De la musique classique, du jazz, Serge Gainsbourg, Metallica, beaucoup de hip-hop aussi. Si c’est bon, nous écoutons. Si c’est mauvais, nous sommes capables d’écou-

sommes meilleurs amis et nous sommes très proches des gens avec lesquels nous travaillons. C’est toujours excitant de repartir en tournée car nous avons beaucoup de souvenirs qui nous attendent. Nous grandissons en tant que groupe chaque fois que nous donnons un concert, chaque fois que nous nous arrêtons dans une ville différente ou un pays différent. Cela fait partie de notre croissance et c’est très amusant.

ter aussi (rires). Vous avez joué dans un grand nombre de festivals de musique. Y en a-t-il un que vous avez préféré ? Vous repartez prochainement en tournée pour promouvoir votre nouvel album. Est-ce un exercice fatiguant ? Sarah : Oui. Josh : C’est fatiguant mais, à la fin de la journée, c’est le job rêvé. C’est ce que nous aimons faire dans la vie.

Où trouvez-vous l’énergie lorsque la fatigue devient trop pesante ? Josh : Je me dis à quel point je suis béni d’être capable de le faire parce que je pourrais aussi être assis derrière un bureau toute la journée ou devant un ordinateur alors que je peux partir en tournée et jouer de la musique pour des gens. Sarah : Nous avons toujours l’impression de faire un road trip parce nous 56

Josh : La dernière fois que nous avons joué à Lollapalooza, c’était très amusant. Il y a aussi Splendour in the Grass en Australie qui était vraiment chouette. Le festival NRMAL à Mexico était également agréable. Sarah : Le Hang Out Music Festival aux États-Unis était génial ! J’ai aussi adoré le Iceland Airwaves Music Festival à Reykjavik.

Y a-t-il des festivals de musique où vous n’avez pas encore joué et où vous aimeriez vous produire ? Sarah : J’aimerais aller au Primavera Sound Festival à Barcelone.  Josh : Oui, nous n’avons encore jamais joué en Espagne.


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RENCONTRE

Emmené par la charismatique Taylor Momsen depuis 2009, The Pretty Reckless a bien l’intention de marquer  l’histoire du rock  alternatif d’autant que sa chanteuse-leadeuse a définitivement tiré un trait sur sa potentielle carrière d’actrice. Avec le guitariste du groupe, Ben Phillips, la  jeune femme a co-écrit les chansons de Who You Selling For, un  troisième album disponible depuis le 21 Octobre 2016 qui se veut  ponctué de soul et de blues. Le groupe, sera de  retour à la capitale française sur la scène du Bataclan le 27 Janvier 2017. 


THE PRETTY RECKLESS PAR Dine Delcroix / Photos : FLORIAN FROMENTIN


THE PRETTY RECKLESS Dans l’histoire américaine de la musique, vous êtes le premier groupe mené par une femme à avoir atteint la première place du classement musical rock. Cela fait quoi ? C’est délirant ! Je ne sais pas vraiment comment je dois me sentir à ce sujet. C’est juste quelque chose d’écrit sur une page mais c’est excitant et c’est agréable de savoir qu’un truc que tu a créé dans ta chambre est entendu par beaucoup de personnes et, apparemment, apprécié. Votre nouvel album arrive seulement deux ans après le précédent. Étiez-Vous impatients de revenir ou avez-vous tout simplement travaillé plus vite que d’habitude ? Ni l’un ni l’autre. Nous avons été en tournée durant deux années de suite et lorsque nous avons quitté les routes, nous nous sentions vraiment déjà prêts pour de nouvelles choses. De ce fait, Ben et moi avons commencé à écrire assez immédiatement dès que nous avons fini la tournée. On s’est juste plongé dedans et nous voilà encore repartis dans un nouveau cycle. Ce nouvel album s’intitule Who You Selling For. Quel est le sens de cette phrase ?  C’est un titre qui pose une question. Selon moi, il n’y a pas de sens spécifiquement défini à ce titre parce qu’il représente quelque chose de différent chaque jour. Nous voulions donner à cet album un titre qui amène chaque personne vers une interprétation propre en fonction d’où elle vient et de là où elle en 60

est au moment où elle écoute l’album. C’est un titre ouvert à différentes interprétations et nous le trouvions justement adapté au disque. Le truc amusant, c’est qu’il n’y pas de réponse à la question que pose le titre. C’est une question en constante évolution et c’est ce qui la rend intrigante. Y a-t-il un thème principal dans ce troisième opus ? Je ne sais pas s’il y a un thème principal. Quand nous écrivons un album, nous capturons des moments dans le temps sans avoir l’idée d’écrire un album concept. Il y a beaucoup de grands albums concept qui ont été faits mais nous n’avons jamais fait cela. Lorsque nous écrivons, il y a un sentiment commun qui se développe naturellement sans même que nous le réalisons puis, lorsque nous écoutons tout ce qui a été fait, nous nous apercevons que l’œuvre globale constitue un album donc, bien sûr, il y a plusieurs thèmes communs qui traversent l’album mais je n’aime pas être trop spécifique à ce sujet car je ne veux rien encadrer et je ne souhaite pas gâcher l’écoute à l’auditeur. Les chansons sont mes enfants mais, une fois qu’elle sont mises au monde, une fois qu’elles sortent, elles ne m’appartiennent plus, elles appartiennent au monde, peu importe ce qu’elles ont pu représenter pour moi au moment où je les ai écrites ou enregistrées. C’est la raison pour laquelle je n’aime pas expliquer de quoi parle telle ou telle chanson. Il faut du temps et de la  réflexion pour réaliser que ce que  je pense d’une chanson aujourd’hui n’est


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pas forcément ce que je vais en penser dans  cinq ans. La  chanson se définie elle-même et, en tant que fan de musique, je déteste qu’un artiste explique sa musique. L’autre jour, j’ai regardé un des deux milliards de documentaires qui existent sur les Pink Floyd et j’ai appris que leur chanson Shine On You Crazy Diamond a été écrite au sujet de l’ancien leader du groupe, Syd Barrett, alors que je ne voulais pas savoir cela. Maintenant, à chaque fois que j’entends ce morceau, je vois Syd Barrett alors qu’avant, cela avait un sens personnel pour moi. Ce n’est pas juste pour les auditeurs de donner trop de détails et d’expliquer les choses donc j’évite de le faire. Comment a été conçue la pochette du disque ? Elle a été conçue par un ami artiste qui souhaite garder l’anonymat. Il a écouté l’album puis il a dessiné cette œuvre d’art qu’il nous a envoyée. C’était si frappant qu’on a immédiatement décidé d’en faire la pochette du disque. Il a y a des choses parfaitement magiques qui trouvent leur place et c’est ce qui s’est passé avec cette œuvre qui est de l’expressionnisme abstrait et qui, tout comme le titre de l’album, peut renfermer différentes interprétations. À l’époque, pour moi, ce dessin était la représentation directe de ce que je ressentais et m’a semblé convenir parfaitement au contenu textuel et musical du disque. Plus on regarde une telle image et plus on peut y trouver des choses différentes. Chacun va avoir son opinion sur la chose et c’est, là, toute la beauté de l’art. En 2014, tu as évoqué ton envie d’écrire des

livres pour enfants. Où en es-tu avec ce projet ? C’est une chose sur laquelle je travaille. La musique est évidemment mon objectif principal mais je me considère comme une auteure avant toute chose. J’aime écrire et c’est une chose que je fais sur mon temps libre donc je suis sûre qu’il y aura un livre à un moment donné. J’ai beaucoup d’idées, je dois juste en dégager une (rires). En Août 2011, tu as déclaré au magazine ELLE vouloir mettre un terme à ta carrière d’actrice pour te consacrer à la musique. Pourquoi ? C’est le cas et je ne veux plus faire cela. À ce stade, parler d’actorat, c’est comme parler du collège. Je n’ai littéralement pas joué la comédie depuis le collège. Ce n’est pas un truc que j’ai choisi. C’est mon enfance et c’est vraiment une vie passée. Qu’est-ce qui t’a convaincue de revenir dans l’épisode final de Gossip Girl , la série t’a révélée ? On me voit environ deux secondes dans l’épisode. Les gens qui travaillaient sur Gossip Girl ont été très élégants en me laissant quitter la série pour continuer ce que je voulais faire. Ils n’étaient pas obligés de le faire et je leur suis très reconnaissante pour cela alors j’ai eu envie de revenir pour leur dire un dernier « au revoir » et boucler la boucle. Étais-tu déçue d’apprendre l’identité de la fameuse Gossip Girl ? Honnêtement, je n’ai pas regardé l’épisode alors je n’ai pas d’opinion.

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Ton style vestimentaire est assez travaillé. Est-il important à tes yeux de lier la musique et la mode ?

Pour la pré-tournée promotionnelle du nouvel album, vous avez joué à Paris, Berlin et Londres. Pourquoi Paris ?

Oui, cela va de pair. Si on regarde n’importe quel groupe, des Beatles à Led Zeppelin, le visuel est important. La présence, l’image et le style sont un reflet de la musique. La musique et la mode sont deux formes d’expression de soi. La manière dont tu t’habilles quand tu sors de chez toi est une représentation de la manière dont te sens et de qui tu es. Je m’habille comme je me sens. Je dois avoir une dizaine de vestes en cuir noir. Quand tout est noir, il n’est pas trop difficile de marier les vêtements (rires).

J’aime Paris ! Nous avons toujours fait de bons concerts Paris et c’est une de mes villes préférées. Il m’a semblé intéressant de commencer la nouvelle ère à Paris.

As-tu le sentiment que la musique rock avait besoin d’une touche de glamour ? Cela dépend de l’artiste ou du groupe et aussi de la musique. Je pense que c’est en constante évolution. Mon style est en évolution tout comme la musique l’est. Le style grandit au fur et à mesure que l’on grandit en tant que personne. Tu as été égérie pour New Look, Madonna, John Galliano, Samantha Tavasa… Astu déjà songé à lancer ta propre marque ? C’est une chose à laquelle j’ai pensé et que j’aimerais peut-être développer dans le futur mais disons que je suis plutôt occupée, ces temps-ci (rires). J’aimerais avoir le temps de me focaliser dessus parce que j’aime m’engager à 100% dans tout ce que je fais et, en ce moment, c’est le groupe qui occupe tout mon temps. Peut-être un jour... 64

Avez-vous une certaine appréhension à l’idée de jouer à Paris depuis l’attaque du Bataclan ? J’essaye de me sortir cela de l’esprit. Je pense que c’est la meilleure manière d’avancer. C’est dévastateur et on ne peut pas ne pas l’admettre mais si on se focalise trop dessus, cela va forcément générer des anxiétés. C’est une folle époque, je ne sais pas ce qui se passe mais ce n’est pas bon... Vous qui avez joué en première partie de grands artistes, quel est votre meilleur souvenir de première partie ? Soundgarden. Nous sommes de grands fans du groupe et nous avons fait sa première partie au Festival d’Été de Québec en 2014. C’était un concert fantastique et définitivement un de nos grands moments.


Apparu

au début du XXème siècle chez les barbiers américains, le Barbershop est une musique vocale non accompagnée à laquelle Marie-Cécile Héraut, France Turjman, Bruno Buijtenhuiis et Xavier Vilsek ont décidé de rendre hommage dans un  spectacle a cappella  fait de  chansons originales mais aussi de célèbres musiques de  publicités et de parodies entre mimes et bruitages qui se joue les Jeudis, Vendredis et Samedis à 21h sur les planches parisiennes du Théâtre de l’Archipel.


BARBER SHOP QUARTET


BARBER SHOP QUARTET

contre ?

Interview : Dine Delcroix

Bruno : Un souvenir de camaraderie et de légèreté. Nous étions des amis et nous voulions chanter un répertoire particulier. Nous n’avions aucun but précis. Le plaisir était notre moteur.

Photos : François Berthier

Qu’est-ce qui vous a donné envie de monter sur scène pour la première fois ? Bruno : Dès que j’ai commencé la musique, à l’âge de 17 ans, j’ai voulu être sur scène. Je n’avais que ce but. J’enviais tous les gens qui jouaient en public, quelles que soient les conditions. France : Mon père était accordéoniste et je le suivais partout. Je chantais tout le temps et, à 11 ans, j’ai exaucé mon voeu de monter sur scène en jouant dans la comédie musicale « La Mélodie du Bonheur » au Grand Théâtre de Bordeaux. Un souvenir inoubliable ! Marie-Cécile : Un Papa musicien et cela paraissait une évidence. Xavier : J’ai accompagné mon père sur scène dans un de ses spectacles lyriques et je dois dire que j’ai bien aimé.

France : Très bon car cela faisait un petit moment que j’avais envie de chanter ce genre de répertoire. L’occasion s’est présentée alors j’ai foncé ! Marie-Cécile : Avec Bruno, il y a plus de vingt ans, une soirée entre musiciens dans la campagne de l’Entre-deux-Mers, nous avons fait de la musique ensemble, nous avons chanté. Encore une évidence ! Nous avons ensuite auditionné plusieurs chanteurs-comédiens et quand nous avons rencontré Xavier, je me suis dit : « C’est quoi, ce phénomène ? ». France, je voulais chanter avec elle. Xavier : Un souvenir amusé, curieux et impatient.

Votre passion tend-elle plus vers le chant ou la comédie ? Bruno : S’il me fallait choisir, je choisirais le chant qui me nourrit plus que la comédie mais je juge les deux indissociables. France : Vers les deux ! Je maîtrise mieux le chant mais j’adore jouer la comédie. Marie-Cécile : Je suis d’abord chanteuse mais on prend très vite goût à faire le pitre sur scène alors je dirais que maintenant, c’est kif-kif. Xavier : Le chant.

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Quel souvenir gardez-vous de votre ren-


Comment avez-vous eu l’idée de former un quartet ensemble ? Bruno : Nous étions quatre amis et nous avions monté un spectacle musical pour enfants. Former un quartet vocal était une façon de continuer à travailler ensemble et de se voir régulièrement.

Avez-vous une spécialité individuelle ? Bruno : L’écriture de textes, la clarinette klezmer et la tarte aux poireaux.

Ce spectacle est basé sur le Barbershop qui est bien présent aux ÉtatsUnis et au Canada mais qui reste peu répandu en France. Comment avezvous découvert ce style d’harmonies ? Bruno : Par le plus grand des hasards. Je regardais une émission consacrée aux différents quatuors musicaux et le Barbershop y était évoqué. Ce fut pour moi un choc esthétique. Quelques semaines plus tard, j’ai trouvé dans une librairie musicale des partitions pour quatuor Barbershop. Je me souviens avoir hésité à les acheter car je n’étais pas sûr d’en avoir l’utilité. J’ai finalement opté pour cet achat et bien m’en a pris !

France : Oui, je suis plutôt attirée par le jazz et le swing mais comme je suis complètement autodidacte, je chante tout ce qui se présente. Je suis une « boulimique des genres », si je peux me permettre. Marie-Cécile : Je suis la coach vocale du groupe. À part cela, la confiture de melon d’Espagne. Xavier : Le bruitage. Comment est né votre spectacle ? Bruno : Très lentement. Nous avons monté ce quatuor afin de chanter du Barbershop pour notre plaisir. Nous avons constaté que le public était friand de ces harmonies et cela nous a encouragés à continuer. Nous avons constaté aussi que le public français se lassait rapidement de n’entendre que des chansons en anglais. C’est pourquoi nous avons rajouté des chansons en français en respectant les critères du style Barbershop.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement attirés dans le Barbershop ? Bruno : Les harmonies. Le Barbershop est un style à la fois populaire et savant. Populaire car il s’appuie sur les chansons à la mode de l’époque et savant car les harmonies sont très sophistiquées. Ce mélange m’a séduit ainsi que le côté désuet de ce style. France : Tout d’abord, cette manière spécifique de chanter avec des sons bien droits, non timbrés qui mettent en valeur les harmonies. Puis, la façon qu’a Bruno d’écrire des textes très drôles et, en même temps, très raffinés, littéraires. Marie-Cécile : Les harmonies extrêmement sophistiquées et le côté un peu kitsch. 71


Xavier : La beauté des harmonies.

Xavier : On est allé dans des friperies.

Le Barbershop peut-il fonctionner à moins de quatre voix ?

Quelles éventuelles difficultés peut-on rencontrer en préparant un spectacle comme celui-ci ?

Bruno : Non ! On est dans le blasphème, l’hérésie. C’est comme si vous me demandiez si Mickey pouvait avoir trois doigts ou cinq. Mickey a quatre doigts et le Barbershop quatre voix. France : Je suppose qu’il pourrait mais ce serait dommage et surtout moins riche harmoniquement. Marie-Cécile : Assurément, non ! Ce serait dommage. Xavier : Oui, mais c’est moins beau.

Bruno : Notre mise en scène est minimaliste et nous n’utilisons aucun accessoire. Quatre micros, quatre voix, parfois une guitare et c’est tout. Il faut se montrer créatif et imaginatif pour relancer l’attention du spectateur tout au long du spectacle. C’est ce que nous nous efforçons de faire et cela prend du temps. Nous essayons beaucoup, raturons, biffons, gommons jusqu’à ce que le tableau final nous paraisse la meilleure version de ce que l’on peut offrir. France : Savoir rester sobre, ne pas en faire trop scéniquement et ne pas chanter trop fort pour ne pas rompre l’équilibre entre le chant et le jeu. On est un peu sur le fil du rasoir, il faut rester vigilant…

Outre la voix, le style Barbershop se caractérise par l’aspect visuel de ses interprètes. Comment avez-vous travaillé vos looks pour ce spectacle ? Bruno : L’aspect hétéroclite est voulu. Nous n’avons pas souhaité symboliser une période précise. Nous avons une image rétro sans qu’on puisse la définir dans le temps. France : Cela a été facile pour moi puisque j’ai repris un rôle déjà existant : des couleurs vives pour un personnage toujours frais, joyeux et heureux d’être là ! Marie-Cécile : Nous sommes partis du côté kitsch et un peu ringard qui caractérise ce style et cela c’est fait petit à petit. 72

Marie-Cécile : Elles sont multiples et elles sont surtout liées à la difficulté de créer en groupe mais, au final, on arrive toujours à se mettre d’accord et cela fait plus de vingt ans que cela dure. Xavier : Être drôle et chanter juste.

Le chant a cappella se travaille-t-il de la même manière que le chant avec accompagnement instrumental ? Bruno : Absolument pas ! Il nous est arrivé de faire des auditions et de ne pas


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retenir des voix pourtant magnifiques. Il faut des voix d’une grande justesse, sans vibrato et qui savent s’oublier pour se mélanger aux autres voix afin de former une pâte sonore. Idéalement, on ne doit pas savoir qui chante quoi. Je parle du chant a cappella à plusieurs voix, bien entendu. France : Pas du tout ! nous sommes les instruments et nous devons veiller à toujours chanter juste car chacun de nous sert la voix des autres et cela, de façon permanente, pendant toute la durée du spectacle. Il faut aussi compter avec la fatigue, les petits rhumes, les cordes vocales parfois fragilisées… On ne peut pas se reposer sur l’instrument, sauf, bien sûr, pour quelques morceaux quand Bruno joue de la guitare mais c’est un super challenge. J’adore !

dans votre spectacle ? Bruno : Le spectacle est très écrit mais, parfois, il peut y avoir une fulgurance de l’un ou l’autre des protagonistes qui essaie quelque chose de nouveau. Ensuite, on ajoute cette improvisation à la mise en scène, ou pas ! Arrive un moment où le spectacle est tellement calé et précis qu’il devient ardu d’improviser mais on y arrive encore quelques fois. France : Oui, une petite mais uniquement sur du jeu de scène. Marie-Cécile : Bien sûr et heureusement ! On se surprend encore mais dans un cadre très précis. Xavier : Oui, un peu mais surtout entre les chansons. Fous rires garantis !

Marie-Cécile : Cela demande beaucoup plus de rigueur sur la justesse et la place vocale. Xavier : Non, il faut chanter droit comme un choriste et non comme un soliste.

Pourquoi faut-il aller voir votre quartet sur scène ? Bruno : Parce que les gens qui viennent ressortent heureux, détendus et ravis.

Comment avez-vous choisi les différentes parodies et ré-interprétations présentes dans ce spectacle en complément des chansons originales ? Bruno : En écoutant les grands maîtres de la chanson humoristique tels que Les Frères Jacques ou Ricet Barrier et en fouinant sur Internet à la recherche de pépites qui pourraient donner lieu à une ré-interprétation de notre part.

Peut-il y avoir une part d’improvisation 74

France : Parce que même si nous ne sommes pas remboursés par la Sécurité Sociale, vous ne pourrez pas rester indifférents et l’on dit de nous que nous sommes un très bon antidépresseur. Également parce que nous adorons jouer ce spectacle et je pense que notre plaisir est communicatif. Marie-Cécile : « Un remède contre la morosité ! ». Xavier : Pour recevoir de la joie, entendre de jolis sons et rire un bon coup.


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RENCONTRE

SOPHIE ELIS-BEXTOR Après

avoir marqué les clubs, les charts et les esprits avec le tube Murder On The Dancefloor pris un surprenant virage musical en 2014 avec un album indépendant teinté de folk qui lui a valu la première place du  classement des meilleures ventes de disques de musique indépendante au Royaume-Uni. la  chanteuse britannique a publié le 2 septembre 2016 un  sixième album  intitulé  Familia dont la production a été confiée à Ed Harcourt.

Interview : Dine Delcroix Photos : François Berthier


SOPHIE ELLIS-BEXTOR

Qu’est-ce qui a déclenché ce changement de style musical ?

Peux-tu décrire chacun de tes albums en un seul mot ? C’est une question difficile ! Le premier album, je dirais « pop ». Le deuxième, « expérimental ». Je crois que le troisième est « ambitieux » parce que j’ai travaillé très dur celui-ci qui m’a pris longtemps. Je me suis dit que si je le réussissais, j’aurais alors une carrière. Généralement, le troisième album est un peu le point de rupture de tous les artistes pop. Le quatrième album est « dansant ». Le cinquième : « folk ». Pour le sixième, je

La manière dont j’écris ne change pas beaucoup. La musique Dance, c’est très amusant mais cela renvoie toujours aux mêmes émotions et je voulais avoir l’opportunité de faire d’autres choses. Aussi, j’avais 34 ans et je n’étais pas prête à être coincée dans la prévisibilité. Je voulais continuer à me défier. Je me demandais ce qui se passerait si je disais « Pas de Dance, pas de Disco ». Je voulais voir de quoi j’étais capable pour faire bouger les choses. J’aime toujours les choses que j’ai aimées, j’ai juste besoin de faire d’autres, parfois.

dirais « chaud ».

Craignais-tu de perdre un certain public en preTu parles de tes deux derniers albums comme de tes premiers enfants. Qu’advient-il des quatre premiers disques ? C’est une question de famille. Il y a des caractéristiques dans certaines familles. Je suis l’aînée de ma famille, par exemple. Mes albums Wanderlust et  Familia sont les enfants d’une même famille avec la même maman et le même papa. Wander-

nant ce virage musical après quatre albums ? Bien sûr et j’y suis confrontée avec chaque album. J’étais vraiment inquiète à ce sujet mais je n’arrivais pas pour autant à changer la manière dont je me sentais à l’époque. À l’inverse, as-tu observé l’arrivée d’un nouveau public depuis que tu as changé de registre musical ?

lust est un peu plus introspectif et peut-

Oui, c’est tout à fait possible. J’ai été aus-

être même plus intense. Familia est un

si beaucoup redécouverte par mes fans

peu plus introverti et culotté. Les deux

qui aiment les trucs dansants que je fai-

sont définitivement liés et c’est pour cela

sais et qui sont quand même restés, ce

que le perçois ainsi.

que j’ai beaucoup apprécié. Cela montre qu’il ne faut jamais sous-estimer les gens

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car nous avons tous des choses différents

Qu’est-ce qui a entraîné ta rupture avec la

dans notre discothèque. Tout le monde

maison de disques Universal Music ?

est capable d’être ouvert d’esprit.

Comme je l’ai dit, j’ai vécu beaucoup de bons moments avec Universal Music et j’ai rencontré beaucoup de personnes avec lesquelles je travaille encore au-

As-tu l’impression d’être considérée de manière plus sérieuse en tant qu’artiste avec la musique que tu proposes aujourd’hui ?

jourd’hui. Une des choses que je trouvais frustrantes dans le passé, c’était que tout ce que je faisais était décidé par un comité. À chaque fois que j’écrivais une

Je ne sais si c’est les gens, peut-être que

chanson, elle était écoutée et destinée

c’est moi, en fait. Ce n’est pas que je

à un processus. J’ai eu envie de faire

ne me voyais pas comme une artiste sé-

des choses plus instinctives et, lorsque

rieuse mais il était bon de me défier, de

j’ai commencé à travailler sur mon cin-

me pousser à faire quelque chose d’un

quième album, « Wanderlust », j’ai su que

petit peu effrayant. Je crois que je n’avais

j’étais en train de faire quelque chose de

pas réalisé ce que cela signifiait pour moi

différent et je ne voulais pas que d’autres

jusqu’à ce que je l’aie fait. Je ne dis pas

personnes viennent me dire comment

que je ne me sentais pas bien avec ce que

mon album devrait être. Je voulais juste

je chantais avant mais, des fois, les gens

le faire et, quand je l’ai fait, je l’ai pré-

ont du mal à comprendre que, pendant

senté à de nombreux labels dont Univer-

longtemps, j’ai été avec une majore et je

sal Music pour savoir s’ils avaient envie

n’étais pas heureuse avec ce dispositif.

de le sortir mais ils n’en voulaient pas.

Toutefois, j’ai passé de bons moments

Ils avaient beau aimer l’album, ils ne sa-

avec Universal Music. J’en étais juste ar-

vaient pas pour autant quoi en faire car il

rivée à un moment où je me sentais gran-

n’était pas assez commercial à leur goût.

dir et où il était temps de faire des choses

Du coup, j’ai décidé de le sortir moi-

en étant plus responsable. Si les gens me

même. La nécessité est la mère de l’in-

prennent davantage au sérieux, cela ne

vention (rires).

devrait pas être pour la musique mais plutôt parce que je suis plus responsable. C’est bien de se sentir responsable de ce que l’on fait. Dans mon cas, c’était de faire mon propre album, l’enregistrer

As-tu envisagé d’autres options pour cet al-

et le sortir. Si cela n’avait pas fonctionné,

bum avant de te lancer dans l’auto-produc-

j’en aurais assumé les conséquences.

tion ? J’avais plusieurs options avec ce disque

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mais je ne voulais pas signer avec un la-

As-tu l’intention de refaire, un jour, de la

bel pendant que je créais l’album parce

Dance par le biais d’un album entier ou

que je ne voulais pas que quelqu’un me

même de collaborations ponctuelles ?

dise comment il devrait être. J’ai regardé les possibilités de financement participatif mais je ne me sentais pas très à l’aise avec la démarche. Si j’étais sur le point de faire quelque chose d’un peu risqué, il n’était pas question de demander à mes fans d’investir. Il fallait que

J’aime toujours cela et je suis gourmande alors oui, je ferai probablement quelque chose de très dansant un de ces jours. Je suis mauvais en prévisions mais je m’imagine complètement refaire de la Dance. C’est toujours là !

je le fasse pour voir où cela irait. Je me souviens des réponses des labels qui ressemblaient toutes à : « Bien joué, c’est vraiment différent mais merci d’envoyer votre album ailleurs ! » (rires).

Tu reviens avec un sixième album intitulé  Familia. Quel sens donnes-tu à sa pochette très stylisée ? J’avais envie d’un lien avec l’album Wan-

Comprenais-tu la réaction unanime de ces labels ? Oui, je comprends. Je faisais de la Dance et du Disco et je proposais soudainement un album folk. Je pense qui si on fait les choses pour les bonnes raison, elles deviennent plus faciles.

derlust et j’aime le fait que les deux pochettes soient très similaires. Avec Ed Harcourt qui a co-écrit l’album avec moi, nous avons parlé de la manière dont nous nous sommes sentis en voyageant, cette envie de voyager, d’aller en Amérique Latine, notamment. J’ai, en quelque sorte, eu l’impression de faire évoluer un seul et même personnage et c’est ce à quoi je pensais lorsque nous faisions les photos pour l’album. Je pensais à cette émotion qu’on a quand on déménage ail-

Et tu as plutôt bien fait d’après les ventes...

leurs, peut-être pour échapper à quelque chose ou par optimisme. Cela m’aide de

Oui, c’était très satisfaisant mais ce n’était pas

me dire qu’il y a une histoire derrière

que grâce à moi, c’était aussi grâce à toutes

un visuel alors j’avais envie de texture et

les personnes qui ont fait partie du projet.

d’atmosphère. Je travaille avec la photographe Sophie Muller depuis longtemps. Elle est très douée dans la création d’atmosphères et je me suis sentie en sécuri81


té avec elle parce que je lui fais confiance.

de nos voyages respectifs lorsque nous avons commencé à écrire l’album Familia et c’est ce qui a donné cette saveur.

Comment as-tu choisi le stylisme de la pochette ? C’est un mélange. Il y a des choses que j’avais depuis longtemps, d’autres que j’ai achetées pendant que j’étais en stu-

Était-ce important, pour toi, de travailler sur cet album avec la même équipe que celle qui t’entourait pour le disque précédant ?

dio et certaines ont été acquises pen-

Oui. Je pense que si quelque chose fonc-

dant que j’écrivais les chansons… Je suis

tionne, il ne faut rien changer. Sophie

toujours stimulée par ce que je vois, par

Muller a fait la majorité des mes clips,

l’esthétique des choses en général. Là,

par exemple. Les gens qui ont fait la po-

les vêtements me permettent me sentir

chette de cet album sont ceux qui ont ré-

comme le personnage et cela a toujours

alisé la pochette du premier album. Lisa,

été le cas. C’est une texture supplémen-

qui s’occupe du maquillage et de la coif-

taire. Sur cette pochette, je voulais ce

fure a travaillé sur tous mes clips aussi…

style américain, latino-américain aussi, mais également des éléments Disco, du vintage… Tout a une histoire. Ce nouvel album a été fait en une dizaine de jours. Qu’est-ce qui a engendré une telle hâte ? En quoi l’album est-il inspiré par l’Amérique

82

Nous sommes fous (rires). C’est un album

du Sud ?

autofinancé alors j’en ai parlé avec Ed

Sur Wanderlust, les couleurs étaient plus

le faire en dix jours à condition de ré-

effacées et l’album avait un côté Europe

péter avant. C’est aussi de cette manière

de l’Est avec des paysages sibériens et

que Wanderlust a été fait mais, cette fois-

froids. J’ai tenu à proposer quelque

ci, nous étions un peu plus ambitieux car

chose de plus coloré avec ce nouvel opus

nous avions plus de choses à gérer musi-

en allant vers un climat plus chaud. C’est

calement. Dans la mesure où il ne s’agis-

toujours agréable de faire le contraire

sait pas de notre première fois et que tous

des choses. Après la tournée de l’album

les musiciens étaient les mêmes, nous

Wanderlust, Ed Harcourt a été à Cuba et

avons répété durant trois jours. C’est fou

je suis allée à Mexico. Nous revenions

ce qu’on peut faire quand on se donne

Harcourt et il m’a dit que nous pouvions


une date butoir. Il y a une bonne atmos-

avec lesquelles je pourrais chanter cette

phère lorsque tout le monde travaille dur

chanson, celui de Matthew Caws m’a

et cela n’empêche pas l’amusement. Je

semblé correspondre parfaitement à la re-

cuisinais pour tout le monde, c’était très

cherche. Il est venu passer une après-mi-

relax puisque nous sommes tous amis…

di avec nous et cela s’est fait simplement.

Chacun est vraiment bon dans ce qu’il fait.

C’est vraiment une personne adorable.

Nous ne faisions pas beaucoup de prises et

C’est incroyable tout ce qu’on peut faire

j’ai chanté un maximum de quatre ou cinq

lorsque ce n’est pas planifié.

fois pour chaque chanson.

Côté textes, il y a, parfois, dans ce nouveau Dans ce nouvel opus, on retrouve la voix de

disque, un lien avec des paroles de chan-

Matthew Caws du groupe Nada Surf sur le

sons de l’album précédent, notamment entre

morceau Unrequited. Comment en es-tu ve-

les titres Love is a Camera et Hush Litt-

nue à travailler avec lui ?

le Voices. Comment as-tu eu l’idée de faire

Ed Harcourt a été le lien. Au moment où nous évoquions des noms de personnes

cette liaison ? Dès que nous avons commencé à tra-


vailler sur cet album, j’ai dit à Ed Har-

En termes de performances, apprécies-tu

court que je voulais revoir certains per-

davantage la scène lorsque tu es accompa-

sonnages du précédent. Je trouvais cela

gnée de musiciens ?

amusant et inspirant. Je voulais qu’il y ait un lien. Si j’en ai l’occasion, j’aimerais faire un album supplémentaire avec Ed Harcourt qui serait, en quelque sorte, la fin de l’histoire. Je pense que l’idée d’une trilogie a du sens pour moi. Je ne sais pas si j’aurais assez de chance car je suis déjà gâtée d’avoir pu travailler avec lui sur deux disques. J’apprécie le fait d’avoir pu écrire d’une façon différente pour cet album et pour le précédent. Bien sûr, j’aime écrire de la Dance et du Disco mais on ne peut pas écrire de telles chansons avec ces styles de mu-

J’adore ! J’ai commencé dans un groupe alors oui. Il y a deux types de chanteurs : ceux qui chantent avec des musiciens qui fournissent un support et ceux qui aiment se sentir membres d’un groupe et je fais clairement partie de cette deuxième catégorie. Quand je faisais de la musique pop, je n’étais pas traitée comme une musicienne et c’est la première fois que cela m’arrive. Je suis autorisée, maintenant, à donner mon avis sur une harmonie ou à changer une dynamique tout en étant prise au sérieux.

sique, cela ne marcherait pas. Tu peux être expérimental mais, en général, la musique pop embrasse des émotions très augmentées comme l’amour, la colère, la perte, la frustration… Là, il est question

En studio et à la scène, ton bassiste n’est

de narration et c’est ce qui m’a plu.

autre que ton mari, Richard Jones du groupe The Feeling. Est-ce facile de travailler avec la personne qu’on a épousé ? Oui. Je n’aurais pas pu faire ce nouvel

Qui est la Cassandra qui a donné son titre à une des chansons de ce nouvel album ? C’est la Cassandra de la mythologie grecque. Elle a été maudite avec le don de prédire l’avenir mais personne ne la croit jamais. Dans sa ville, tout le monde croit qu’elle est folle. J’ai toujours voulu écrire une chanson sur elle et je ne sais pas vraiment pourquoi.

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album ni le précédent sans lui. Il a été très encourageant. C’est un type assez étonnant et je le respecte parce qu’il me soutient toujours. Il est très doué dans ce qu’il fait mais ce n’est pas une personne qui a un gros ego. Il fait partie des ces gens qui poussent les autres à tirer le meilleur d’eux-mêmes et pas seulement avec moi car il est également ainsi avec son groupe et avec ses amis.


Qui est le plus patient de vous deux ? Nous sommes tous les deux assez patients, je crois. L’impatience n’est pas compatible avec le fait d’avoir autant d’enfants. Je suis peut-être un peu moins

travaillant du Lundi au Vendredi, de 9h à 17h, par exemple. Il y a des gens qui gèrent de bien plus grandes difficultés dans leur vie de famille et personne ne les trouve formidables pour autant.

patiente que lui en ce sens que si j’ai une idée en tête, je vais immédiatement avoir envie de la faire exister. Je ne peux pas apprendre à utiliser un logiciel comme Garageband, par exemple, parce que c’est trop lent pour moi. On m’a montré

Tes quatre enfants sont des garçons. Aurais-tu aimé avoir une fille ?

comment m’en servir mais je suis trop

Cela ne me dérange pas. Je n’ai jamais

impatiente pour apprendre comment

officiellement su ce que j’allais avoir

cela fonctionne. Si quelque chose ne me

pendant mes grossesses mais lorsque je

paraît pas simple, j’ai vraiment du mal à

suis tombée enceinte pour la quatrième

m’y accrocher.

fois, j’ai pu voir que c’était un garçon au moment de l’échographie et j’ai tout de suite pensé à la manière dont l’enfant se sentirait plus tard. Je ne veux pas qu’il pense que j’aurais aimé qu’il soit une

La famille est un élément phare de ton der-

fille. Je suis heureuse.

nier album et de ta vie. Comment concilies-tu le fait d’être à la fois artiste et maman de quatre enfants ? Il y a des périodes intenses mais j’ai du temps. Mon dernier enfant était avec moi en studio pendant que j’enregistrais l’album parce que je le nourrissais encore. Mes enfants sont assez habitués à ce que Maman et Papa travaillent. Lorsque je suis absente quelques jours dans la se-

La Russie accueille bien ta musique et tu y retournes prochainement pour promouvoir ton nouvel album. Cependant beaucoup d’artistes ont boycotté ce pays en raison de sa position sur l’homosexualité. Quel est ton point de vue sur le sujet ?

maine, je m’arrange pour être présente

Ces choses-là sont assez complexes à tort ou

sur toute la semaine suivante. J’ai du tra-

a raison. Ce que je sais, c’est que quand je

vail mais ce n’est pas comparable à des

vais en Russie, il se passe quelque chose de

horaires de bureau donc je passe beau-

réel où j’ai des fans. Il ne s’agit pas seule-

coup de temps avec eux contrairement à

ment de faire des choix d’entreprises. Les

une personne qui a des enfants tout en

fans répondent à la musique et je me sens


un peu comme cela aussi. Quand je chante

J’adore la France ! J’y vais depuis l’âge

et que je ressens cette alchimie, c’est vrai-

de 3 ou 4 ans. J’y suis allée dans le cadre

ment important pour moi, cela fait par-

de voyages scolaires, j’y suis allée avec

tie du dialogue. Je suis consciente que je

ma maman… Même mon tatouage a été

peux avoir des fans gays. Quand je suis

fait à Paris chez Tin-Tin. Je serai en tour-

là-bas, je m’assure de la sécurité de mes

née au Royaume-Uni l’année prochaine

concerts. Les gens ont le droit d’aimer

et j’adorerais me produire en Europe en-

qui ils veulent et j’espère qu’ils peuvent

suite, en passant par Paris.

se sentir libres lors de mes concerts, c’est important. Je ne pense pas que le fait de ne plus aller en Russie puisse changer les politiques. La musique est une chose qui permet aux gens de savoir qu’ils ne

As-tu des regrets dans ta carrière ?

sont pas seuls et de communiquer. C’est ainsi que fonctionnent les émotions uni-

None et je ne crois pas aux regrets. Je

verselles : nous nous connectons les uns

ne pense pas que les regrets soient une

aux autres parce que nous ressentons les

émotion utile. On peut apprendre mais

mêmes choses. Je n’ai pas envie de priver

les regrets sont une chose triste que je

les gens de sortir et d’entendre des chan-

ne veux pas éprouver. Continuer à aller

sons qu’ils aiment bien. Pour mes fans

de l’avant, c’est mon moteur. En général,

gays, il n’y a pas de confusion possible au

les choses qui se sont mal passées m’ont

sujet de mes positions politiques.

toujours appris quelque chose.

Quels sont les pays où tu aimerais chanter ?

Est-il vrai que tu as refusé le tube Can’t Get Yout Out Of My Head, propulsé par Kylie

J’aimerais vraiment

retourner

au

Minogue en 2001 ?

Mexique et au Brésil. Je n’y suis pas retournée depuis mon premier album. Il y

Non. Je n’ai pas entendu cette chanson

a aussi des endroits où je n’ai jamais été

avant qu’elle ne passe à la radio. Per-

mais où j’aimerais chanter comme le Ja-

sonne ne me croit quand je dis qu’on ne

pon, la Chine et l’Inde.

m’a pas proposé ce morceau (rires). Pour expliquer la rumeur, il est possible que la chanson ait été envoyée à mon label par le biais de mon A&R mais pas directement à moi. J’ai travaillé avec Cathy Den-

Qu’en est-il de la France ?

nis qui a co-écrit et co-produit ce titre avec 87


Rob Davis. Un jour, je lui ai dit « Cathy, on me demande souvent si cette chanson m’avait été envoyée initialement alors que je ne l’avais jamais entendue... ». Elle m’a répondu : « En effet, nous l’avions écrite pour toi… ». C’est fou parce que je ne l’avais vraiment jamais entendue mais tout est bien qui finit bien parce que si j’avais fait cette chanson, cela aurait tout changé. De plus, Kylie l’a chantée brillamment. Quand j’ai demandé à mon A&R si la chanson m’avait été envoyée, il m’a répondu « Non » mais je ne suis pas sûre de le croire (rires).

souvenir des paroles. Après six albums studio et près de vingt ans de carrière, de quoi as-tu envie, aujourd’hui, sur le plan artistique ? Je ne sais pas. Je ne suis pas très bonne en prévisions. Je suis vraiment ouverte aux choses et j’ai toujours fonctionné ainsi. Je verrai ce qui viendra à moi. Dans l’immédiat, j’espère que ce nouvel album trouvera sa place légitime dans le monde. Je  suis fier de ce disque.  Cela peut paraître bizarre mais je l’ai réécouté l’autre jour parce que c’est bien de réécouter les albums lorsqu’ils sont terminés, et je pense que c’est le disque que je voulais faire. J’espère qu’il se portera

Tu n’en veux donc pas à Kylie Minogue d’avoir cartonné avec cette chanson ? Non, j’aime Kylie. Elle est charmante, je l’ai rencontrée plusieurs fois.

Parmi toutes les reprises que tu as pu faire tout au long de ta carrière, laquelle préfères-tu ? Je crois que c’est True Faith de New Order, étrangement. Quand on fait une reprise, mieux vaut proposer quelque chose d’assez différent parce que si on aime la version originale, on ne veut pas essayer de l’imiter. J’aime beaucoup cette reprise et je l’ai chantée à plusieurs concerts même si j’ai assez de mal à me 88

bien. Il le mérite. Je suis sa mère donc c’est normal que je dise cela (rires).


VICTOIRE DUBOIS motivée autant par le théâtre que par le cinéma, Victoire du Bois s’interroge sur la féminité dans Mal de Pierre de Nicole Garcia aux côtés d’Alex Brendemühl, de Marion Cotillard et de Louis Garrel. Le film, en salles le 19 octobre 2016, lui a valu cette année sa première montée de marches cannoises. Elle sera dans Call Me By Your Name, le nouveau long métrage du réalisateur italien Luca Guadagnino qui sera dévoilé en exclusivité au Festival du Film de Sundance en Janvier 2017. La jeune comédienne vient également de tourner avec Swann Arlaud dans le court métrage La Clameur de Céline Devaux qui avait remporté le César 2016 du meilleur film dans ce format et on la retrouvera aussi sur les planches dès Juillet 2017 au Festival d’Avignon dans le rôle-titre de La princesse maleine sous la direction de Pascal Kirsch.

PAR Dine Delcroix Photos : FRANCOISBERTHIER

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BLIND TEST - VICTOIRE DU BOIS

Ton livre de chevet ? « Congo, Une Histoire » de David Van Reybrouck. Cela fait longtemps qu’il est sur ma table de chevet car il est très gros et que je

Ta Madeleine de Proust ? Les tajines de ma mère. Ma mère est une

ne lis pas vite. Cet auteur m’intéresse parce qu’il creuse la question de l’Occident et de l’Afrique.

grande cuisinière et elle aimait faire des tajines party. Elle y faisait participer un peu tout le monde. Pour moi, le tajine, c’est un peu festif. Du coup, quand je mange un tajine, j’ai l’impression qu’il va y avoir une fête.

Ton secret de beauté ? La danse et le parfum Marrakech Intense d’Aesop.

Le film qui raconte ta vie ? « E.T. l’Extra-Terrestre » avec un chien à la place de l’extra-terrestre : Roger. On fêtait Halloween car mon père est américain. À l’époque, ce n’était pas encore vraiment connu en France. Du coup, quand on allait sonner chez nos voisins en leur demandant

Ton antistress ? Prendre le bus avec du bon son dans les oreilles.

des bonbons, ils étaient souvent un peu démunis. Les plus sympa nous offraient des bonbons périmés tandis que d’autres nous disaient « Non, merci ! » sans même ouvrir leur porte. La tendance mode que tu détestes ? Être trop à la mode. Je n’aime pas trop le moment où j’arrive à savoir d’où vient la fringue que je vois sur quelqu’un.

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Le détail chic pour toi ?

L’insulte que tu préfères ?

Oublier mon téléphone portable chez moi.

« Nique ton père », ça changera.

Ta série du moment ?

Le compliment qui t’énerve le plus ?

« Transparent » pour l’humour. Tout y est

Un compliment ne m’énerve jamais vrai-

décalé ! Jeffrey Tambor et Gaby Hoffmann

ment.

ont tout compris. Ce sont des acteurs de génie !

Le pays où tu pourrais immigrer ? Ta chanson pour te sentir bien ?

L’Islande pour le vrai sens de la démocra-

« Léviathan » de Flavien Berger.

père est un immigré et, du coup, j’ai grandi

tie mais j’aurais du mal à immigrer. Mon avec ce discours du « mieux ailleurs » ou du « ici, on ne me comprend pas bien » alors j’ai fini par me dire que cela ne devait pas être simple.

Ton proverbe fétiche ? « Si tu t’engages dans le voyage, tu arriveras. » du poète arabe Ibn Arabi. Un autre métier qui t’aurait plu ? Coiffeuse.

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Qui inviterais-tu à ton dîner idéal ?

Le disque que tu as honte d’avoir acheté ?

Saul Williams et William Saurin. William

« Pocahontas » mais cela fait débat dans

Sheller aussi.

la famille : on n’arrive pas à savoir si j’en ai honte parce que les paroles sont quand même cool à chanter.

Le défaut que doit avoir une personne pour te séduire ? Je peux bien aimer un brin de misanthropie mais pas trop non plus.

Mentir.

Le cadeau que tu rêves d’offrir ?

La question qu’on ne doit pas te poser ?

J’aimerais construire une  cabane de  30

« As-tu menti durant ce questionnaire ? » 

m² dans les Cévennes pour dire à mes copains fatigués de la ville : « Va à la cabane ».

Libé ou le Le Figaro ? Pourquoi pas !

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Le talent que tu aimerais avoir ?


LA FILLE QUI REND BLIND

MARGOT BANCILHON

Par Dine Delcroix Photos : François Berthier Révélée

dans   Les Petits Princes en 2013 qui  lui a valu une  nomination pour le  César du Meilleur Espoir Féminin, Margot Bancilhon  multiplie les tournages et vient notamment de terminer celui de Going To Brazil avec Vanessa Guide qui sera sur les écrans français le 29 Mars 2017. On la retrouvera  également à  l’affiche de La Monnaie De Leur Pièce  dès le 8 Novembre 2017 aux côtés de Julia Piaton, Baptiste Lecaplain et Alice Belaïdi.


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