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INTERVIEWS EXCLUSIVES

bosco delrey LOAN CHABANOL FREDERIC CHAU CHLOE CHARLES TONY HarrisSon RAC Dena Avril 2014 #12 ISSUE

JEAN-Benoit dunckel Bardi johannsson

STARWALKER

KAISER CHIEFS / ELISA TOVATI / PAUL SCHRADER / THE VAMPS / GOLSHIFTEH FARAHANI / KYO / ANNE CHARRIER / ARNAUD DUCRET / DARREN ARONOFSKY


CONTRIBUTEURS

FONDATEUR, DIRECTEUR DE LA REDACTION, REDACTEUR EN CHEF CINEMA & DIRECTEUR DE LA CREATION FR A NCOIS BERTHIER REDACTEUR EN CHEF, REDACTEUR EN CHEF MUSIQUE DINE DELCROIX RÉDACTRICE EN CHEF BEAUTE & NEWS AUR IA NE BESSON

JOUR NALISTES Auriane Besson, François Berthier, Dine Delcroix, Johann Lucas, Jade-Rose Parker, Justin Kwedi, Ben Callens, Anthony Verdot-Belaval PHOTOGR APHES François Berthier, Martin Lagardère, Patrick Fouque, Quentin Maignien, Vincent Lignier PRODUCTION Dine Delcroix CONTACT REDACTION/PUB theblindmagazine@gmail.com

The BlindMagazine est édité par la société Ten Feet Under / Tous les textes et photos sont soumis par leurs auteurs qui acceptent leur publication, et n’engagent que leur responsabilité.


EDITO #12

Cela fait donc 1 an que TheBlindMagazine a été créé. Sur un coup de tête, avec l’envie d’avoir le magazine qui nous ressemble, éclectique, à la fois pointu et mainstream. De vous proposer sur Internet, un magazine gratuit mais de qualité. Le succès de TheBlindMagazine, c’est vous qui l’avez fait, vous êtes environ 30 000 à nous suivre chaque mois et nous vous en remercions. Pour cette « nouvelle année », nous allons donc nous surpasser et vous offrir deux fois plus de contenu. Avec notamment une présence au Festival de Cannes. Pour ceux qui nous suivent, il avait été question d’un numéro collector papier, l’idée n’est pas entérée, mais mener deux numéros de front était trop compliqué en terme de timing, nous repoussons donc le projet à Noël. D’ici là, profitez bien des beaux jours et rendez-vous le mois prochain !

L’équipe TheBlindMagazine

facebook.com/Theblindmagazine @Blind_Magazine


SOMMAIRE

Avril 2014

48

10 Blind Beauty 20 L’instant Live 22 The Vamps 26 Frederic Chau 34 Dena 38 Bosco Delrey

6

66

42 En couverture Starwalker 48 Kyo 54 Kaiser Chiefs 60 Anne Charrier 66 Arnaud Ducret 76 Darren Aronofsky


SOMMAIRE

156

92

84 Tony Harrisson 92 Golshifteh Farahani 106 Loan Chabanol 118 Paul Schrader 126 Blind Truth RAC

8

130 L’interview 1ère fois Chloe Charles 134 Blind Test Elisa Tovati 140 Edito MODE 156 Katia Winter 174 La fille qui rend Blind Lola Bessis


Direction Eric-Emmanuel Schmitt

&

Bruno Metzger

THEATRE RIVE GAUCHE FRANCIS JEAN-CLAUDE HUSTER DREYFUS

ERIC-EMMANUEL SCHMITT avec

mise en scène

STEVE SUISSA

DAN HERZBERG

Décor Stéfanie JARRE - Costumes Pascale BORDET - Lumières Jacques ROUVEYROLLIS assisté de Jessica DUCLOS Musiques Maxime RICHELME - Vidéo Antoine MANICHON - Assistante à la mise en scène Stéphanie FROELIGER

LOCATION : 01 43 35 32 31 www.theatre-rive-gauche.com Magasins Fnac - Carrefour 0 892 68 36 22 (0,34€/min) www.fnac.com 6, rue de la Gaîté - 75014 Paris - Métro Edgar Quinet ou Gaîté

Rejoignez-nous sur

Photo : Pascal-Ito

de

Création

EINSTEIN

Licences : 1-1060940 & 2-1060942

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MAYSAB

Le Concept store créateur d’envie MaySab c’est d’abord deux sœurs, baignées depuis leur plus tendre enfance dans l’univers du textile. Elles ont créé en plein cœur du 6ème arrondissement parisien leur Concept Store dédié à la mode féminine proposant un choix ultra sélectif de jeunes créateurs. Dans cette boutique, il faut prendre le temps de s’arrêter, de toucher les matières, d’apprivoiser les marques pour saisir le travail pointu de recherche qu’effectuent ses fondatrices Sabrina et Maya. Rencontre avec deux filles créatives et stylées ! Racontez nous votre parcours… Sabrina : Après un master en marketing à Constantine, je suis arrivée en France en 2007. J’ai eu des expériences dans la vente et le management. On s’est toute les deux forgées ailleurs, et on a accumulé les expériences dans le but d’ouvrir notre propre boutique. Toutes ces formations nous ont aidé à comprendre le milieu et à se forger. Comment vous est venue l’idée d’ouvrir un Concept Store dédiée à la mode féminine ? Maya : Ca allait de soit, c’était un objectif qui était dans un coin de notre tête depuis un moment. A la fin 2013 on s’est dit « C’est le moment il faut se lancer ! ». On savait qu’on voulait ouvrir une boutique dans le secteur du prêt à porter féminin de part notre expérience dans ce secteur, toujours dans le haut de gamme. Le but c’était d’avoir des créateurs qui sont plus ou moins connus sans être trop commercialisés en France. On cherchait l’exception. Quand on sort dehors on est un peu tous déguisés pareil (rires), on 16

souhaitait donc dénicher des pièces ou des créateurs qu’on ne voit pas partout en France. Quels créateurs peut-on y trouver ? Du Made in France ? Maya : On aimerait bien tout avoir en Made in France, cela dit aujourd’hui c’est extrêmement dur pour les créateurs de fabriquer en France parce que ça coûte excessivement cher. On est donc concentré sur la fabrication européenne. Si des créateurs ont quelques pièces fabriquées en Asie, on ne prend pas parce que nos critères sont européens avant tout. Mais pourquoi pas plus tard de la fabrication uniquement française ! Après notre concept, c’est mettre en avant les jeunes créateurs avant tout. Car malheureusement très peu de personnes croient en ces jeunes créateurs, très peu de personnes les mettent en avant, et nous notre ambition c’est vraiment de les faire connaître, de les mettre en lumière. On a un coin « éphémère » où on expose de jeunes talents qu’on a déniché comme Maison Martin Morel, qui existe depuis


quatre mois. C’est une très belle histoire, j’invite tout le monde à le découvrir ! On travaille également avec Virginie Castaway, une créatrice française qui a vécu entre Paris et Sidney, un gros coup de cœur ! C’est un style parisien intemporel raffiné, et affirmé. Nous travaillons également avec Rachel Zoe, une créatrice newyorkaise très conue aux Etats Unis, MKT Studio qui propose des pièces vintage et décalées… Comment les sélectionnez-vous ? Quels sont

Robe en peau ajourée Virginie Castaway, 450€

Sneakers Rachel Zoe, 170€

les critères ? C’est au coup de cœur ? Maya : Avant tout oui. Et c’est sélectionné par rapport à nous, à notre style. C’est un état d’esprit. Le vêtement n’est pas juste un chiffon, c’est toute une histoire. Sabrina : On essaye de se mettre dans le corps d’une femme active d’aujourd’hui qui veut s’habiller, se faire plaisir, en étant simple, chic et distinguée. Maya : On est très exigeantes également sur les matières. On sélectionne des

100%E

MOD

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créateurs qui travaillent avec des matières nobles, des pièces bien coupées, intemporelles mais toujours dans l’air du temps. Des coupes qui évoluent avec les tendances. Les coupes et les matières sont vraiment nos critères ! C’est le gage d’une grande qualité. Avez-vous une pièce ou une marque favorite dans ce que vous proposez ? Sabrina  : On n’a pas de marque favorite ! On travaille au coup de cœur, donc la sélection est déjà faite quelque part... Maya : Après ma pièce préférée ce sont les sneakers Rachel Zoe, c’est mon must have chez Maysab ! Sabrina : Pour moi c’est la robe en peau ajourée de Virginie Castaway. Plus généralement, quelles sont vos marques fétiches dans la mode ? Sabrina : YSL ! Maya  : Pour moi aussi YSL. C’est mon maître. Il a juste su libérer la femme. La femme n’a jamais été aussi sexy qu’en smocking YSL. Elle n’a jamais été aussi féminine que dans le style masculin d’YSL. Sinon Isabel Marant, je pense qu’elle a tout compris elle aussi. Et Céline, j’aime beaucoup.

Concept Store Maysab 7 rue Mayet, 75006 Paris maysab.com

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Décrivez le «style» Maysab, en quelques mots ... Maya : C’est cette parisienne chic qui n’obéit pas aux codes de la mode, qui a son propre style, affirmé, audacieux, et qui s’assume ! Votre icône mode ? Maya : J’en ai plusieurs! La mannequin Twiggy, avec son style androgyne qui a su aussi bouleverser les codes. Mademoiselle Coco Chanel, je suis complètement admirative de la femme, de son histoire, de son parcours. Et plus récemment Charlotte Gainsbourg et Amy Winehouse. Sabrina  : Charotte Gainsbourg également ! Elle est simple, féminine. C’est un style qui me correspond complètement. Savoir associer des pièces sans jamais trop en faire.


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L’INSTANT LIVE A seulement 22 ans, la jeune anglaise Natalie Findlay a déjà électrisé toutes les scènes du Royaume-Uni. Rutilant et tubesque, son rock s’éloigne du Manchester où elle a grandi pour aller rendre visite à Jack White du côté de Detroit. Suite au succès de son EP Off & On, le quatuor a signé chez Polydor Universal. Captation de son concert au Festival Chorus à la Défense ! L’une des nouvelles voix à suivre en 2014.

Festival Chorus / 30 mars 2014


FindlAy

Will.I.AM


DECOUVERTE


THE VAMPS PAR Dine Delcroix / Photos : Vincent Lignier

Après avoir participé à un grand nombre de festivals et de premières parties, le groupe de rock britannique formé en 2012 dévoile ce 14 avril son premier album titre Meet The Vamps. Les quatre membres de la bande révélé sur la toile n’en finissent pas de séduire les programmateurs. Nous avons posé quelques questions à Bradley, James, Connor et Tristan. Pourquoi avez-vous décidé de vous appeler The Vamps ?

jeunes à en faire. Tristan jouait du tam-

Bradley : Il n’y a pas de grande histoire

Bradley : Nous avons commencé la gui-

derrière le nom du groupe. James et moi,

tare vers l’âge de dix ans.

bour dans une fanfare, par exemple.

nous composions depuis longtemps et nous voulions un nom de groupe. Après quelques échanges d’idées, nous en sommes venus à The Vamps.

Vous avez été révélés grâce à Internet. Aviezvous l’intention de faire carrière dans la musique lorsque vous mettiez vos vidéos en ligne ? Tristan : Non. Nous avions une petite

De One Direction à Union J, l’Angleterre regorge de boysband. Pensez-vous avoir votre place dans ce paysage musical déjà très chargé ? James : On l’espère. Bradley : C’est un peu différent car nous sommes tous musiciens dans la bande.

base de fans et nous postions des reprises sur Internet juste pour leur faire plaisir. Ensuite, les choses ont pris de l’ampleur... Bradley : Nous faisions cela de façon naturelle.

Vous êtes effectivement musiciens, ce qui vous distingue de beaucoup de groupes de votre génération. Avez-vous conscience de cette différence ? Bradley : Nous voulons être différents, c’est un fait.

Comment en êtes-vous arrivés à faire de la musique ? James : Nous avons tous commencé

Dans votre groupe, il n’y a qu’un seul chanteur contrairement aux autres cités précédemment... 23


Connor : Nous sommes un groupe, nous

été très gentils avec nous. Nous avons

jouons d’instruments et nous n’avons

aussi beaucoup appris avec McFly.

pas tous besoin de chanter.

Bradley : C’est très difficile de choisir. Je

James : Nous faisons du backing vocal

dirais Taylor Swift pour la capacité des

mais nous sommes surtout axés sur nos

salles où elle jouait.

instruments.

Vous avez récemment partagé deux singles avec la chanteuse britannique Pixie Lott. Qu’est-ce qui a motivé cette collaboration ? Tristan : Nous avons le même label et nous aimons beaucoup sa voix alors nous avons pensé qu’il serait intéressant de faire quelque chose ensemble. Bradley : Ainsi, nous sommes allés sur un de ses singles et elle est venue sur un des nôtres. Connor : Elle est belle et très talentueuse.

Connor : De même. James : Taylor Swift.

À ce jour, quel est votre plus grand moment d’embarras sur scène ? Connor : Je suis tombé, une fois. Tristan : Cela ne risque pas de m’arriver parce que je suis assis derrière une batterie mais il m’arrive de me cogner les mains contre les cymbales et de saigner. James : Ma guitare était débranchée pendant un show. Bradley : J’ai déjà démarré sur un mau-

Quel est votre rêve d’artistes ?

vais ton.

Tristan : Jouer en tête d’affiche au stade Wembley. Bradley : C’est déjà un rêve de faire ce que nous faisons actuellement, tous ces voyages...

Quelles sont les choses effrayantes que font vos fans ? Tristan : Ils sont adorables sauf peut-être lorsqu’ils sautent sur notre van (rires). Bradley : Ils sont vraiment très gentils.

Vous avez fait les premières parties des concerts de Selena Gomez, The Wanted, Taylor Swift ou encore McFly... Laquelle de ces expériences scéniques a été la plus mémorable ?

Ils sautent parfois sur notre van pendant qu’il roule d’une manière dangereuse mais ce n’est rien de grave. Connor : Personne n’est encore mort (rires).

Tristan : Taylor Swift et son équipe ont 24


Lequel d’entre-vous séduit le plus ?

mal en France.

Bradley : On partage (rires).

Bradley : Il y en a aussi quelques-uns en Angleterre.

Beaucoup de filles suivent vos déplacements. Savez-vous s’il y a des garçons qui écoutent aussi votre musique ? James : Oui, nous en avons d’ailleurs pas

Qui est le plus fou de la bande ? James : Tristan (rires). 25


FREDeric CHAU PAR JOHANN LUCAS / Photos : FRANçois berthier

Révélé

en 2006 par le Jamel Comedy Club, Frédéric Chau a depuis parcouru du chemin. Ses galons d’acteur, il les a gagné seul et sans démériter. Gageons que son ascension ne s’arrêtera pas là. Il sera le 16 avril, à l’affiche de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, aux côtés de Christian Clavier et Chantal Lauby.

Avant de bruler les planches, vous avez brulé

je me rappelle encore du numéro de vol

du kérosène. On vous présente souvent comme

(rires)). Je travaillais en classe Business. A

un passionné de voyages, qui est même deve-

bord, il y avait l’actrice chinoise Shu Qi,

nu steward chez Air France en 1998. Pou-

installée en première classe et son agent

vez-vous nous faire partager un souvenir de

en business. Après le service, l’agent est

voyage le plus marquant ? Où préférez-vous

venu me parler « Je vous observe depuis

partir et pourquoi ?

le début du vol et vous avez vraiment

Je ne pourrai pas véritablement parler de passion. C’est arrivé un peu par hasard … A l’époque j’étais étudiant, âgé de 21 ans, prédestiné à être ingénieur, médecin, ou encore avocat comme tous mes autres cousins. Parallèlement à mes études, je cherchais un job d’été. J’ai passé les sélections pour être Steward « étudiant  » chez Air France, et ils m’ont tout de suite proposé un CDI grâce à ma maitrise de la langue chinoise. Avec le recul, j’aime dire que c’était mon premier casting avec à la clé mon premier grand rôle : Steward, que j’ai exercé pendant 9 ans et qui a rempli ma vie d’anecdotes... Comme le souvenir d’un Paris - Hong Kong (AF188  : 26

quelque chose de particulier… ». Elle me tend sa carte et propose de me recevoir à son bureau à Hong Kong… J’avais 25 ans, j’ai pris ça pour de la drague, mais c’est tout de même resté dans un coin de ma tête… Ce métier m’a permis de découvrir le monde et une ouverture d’esprit. C’est ainsi que j’ai redécouvert mes origines, mais surtout l’Asie. En tant que chinois du Cambodge, je suis retourné là bas pour comprendre l’histoire de mes parents. Le terrible génocide auquel ils ont survécu. Il y avait comme des réponses que je n’arrivais pas trouver auprès d’eux, voyant que ça leur faisait de la peine. Alors je suis allé les trouver là bas au Cambodge afin de comprendre


DECOUVERTE

27


cette histoire et de mieux avancer avec

je cherchais un job d’été et que je rêvais

la mienne. Aujourd’hui les voyages font

de découvrir le monde. Et comédien, en

partie intégrante de ma vie. J’en ai vrai-

prenant des cours de théâtre parce que

ment besoin. C’est de « l’oxygénation  »

je souffrais d’un manque de confiance en

(rires).

moi… La vie réserve de belles surprises. Le point commun dans tout ça, c’est l’envie de changement. Qu’est ce qui pourrait me faire vibrer dans la vie ?... Ensuite la passion est venue. C’est le

Prochaine destination ?

meilleur moteur de la vie… Alors le seul conseil que je pourrai donner, c’est de

La Birmanie. Je suis impatient de décou-

croire profondément en ce qui pourrait

vrir cette culture. Sinon, je pars souvent

te rendre heureux.

en Argentine qui est un pays vaste et riche dans sa diversité. Elle est considérée comme le pays le plus européen d’Amérique du Sud. Dernièrement, je suis allé aux Chutes D’Iguazu. Je crois que c’est la plus belle chose que j’ai vu après les Temples d’Angkor au Cambodge. Les gens sont chaleureux, accueillants et on y mange divinement bien (la meilleure viande au monde)… Il y fait bon de vivre en somme !

Près d’une quinzaine de longs métrages, toujours dans le registre de la comédie. Vous êtes actuellement à l’affiche de Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu ? aux côtés de Christian Clavier, Chantal Lauby, Frédérique Bel … Alors, stop ou encore ? Pas tenté par un autre genre ? J’aime la comédie. C’est une rythmique que j’affectionne particulièrement et qui est très difficile à maîtriser. J’ai suivi un

Issu d’un milieu modeste, vous représentez

parcours théâtral classique, puis j’ai in-

aujourd’hui un modèle de réussite profes-

tégré la meilleure école de la comédie, le

sionnelle, modèle, steward, comédien … quel

« Jamel Comedy Club » qui m’a procurée

conseil pourriez-vous donner à un jeune qui

tellement de bonheur. Mais dès le départ

ambitionne de connaitre le même parcours ?

je savais que je ne voulais pas embrasser une carrière dans le One Man Show. Je

28

Je n’ai jamais eu de plan de carrière en

voulais incarner des personnages, je rê-

me disant je veux être ingénieur, steward,

vais de cinéma… Et grâce à cette troupe

comédien, etc… Comme je le disais, j’ai

et à la visibilité de Jamel, le cinéma est

toujours été mis devant le fait accom-

venu doucement toquer à ma porte, au

pli. Je suis devenu Steward, parce que

début pour des petits rôles, qui se sont


29


étoffés avec le temps pour devenir plus

Oui je le regrette mais il faut laisser le

importants.Je suis bien évidemment ten-

temps au temps. Notre migration est

té par d’autres genres, comme le cinéma

très récente... Et puis pour parler d’une

coréen dont je suis un passionné. D’ail-

communauté, je pense qu’il faut la mai-

leurs en 2012, j’ai incarné un personnage

triser un minimum, sinon nous tombons

manipulateur dans une production cana-

dans le piège des clichés réducteurs et

dienne pour le film Roche Papier Ciseaux,

condescendants. La plupart des scéna-

réalisé par Yan Lanouette Turgeon et

ristes ne sont pas asiatiques et forcément

tourné à Montréal.

ne connaissent pas cette communauté. On la définit comme « secrète et mystérieuse ». Moi j’emploierai plutôt « introvertie, pudique, observatrice ». Il est vrai que nous sommes moins communicatifs

Quels sont vos modèles au cinéma et vos films

comparé à d’autres communautés, non

préférés ?

pas par aveu de faiblesse mais tout simplement par un trop plein de pudeur. Il

30

J’aime beaucoup le cinéma Coréen à

est parfois pénible d’être catalogué dans

l’image de Park Chan-wook (Old Boy),

un rôle en fonction de ses origines mais

Kim Je-Woon (A bittersweet Life) et de

on apprend vite à composer avec et sur-

la nouvelle génération des Na Hong-Jin

tout je suis optimiste et convaincu que

(The Chaser) pour ne citer que lui… C’est

cela va évoluer, nous avons de merveil-

un mélange de série B, thriller et comé-

leux exemples de réussite en France, à

die avec toujours des plans d’image de

l’image des carrières de Leila Bekhti et

l’ordre de la fresque.

Tahar Rahim par exemple.

Vous semblez monopoliser les rôles d’asia-

Pourriez-vous être tenté de travailler avec

tiques, vous en avez même joué au Jamel

des réalisateurs chinois, japonais ou sud-co-

Comedy Club, on ne vous connait pas de

réens, devenir le petit frenchie du cinéma

concurrents, regrettez-vous que cette com-

asiatique à l’instar de Johnny Halliday qui

munauté ne soit pas plus visible dans le ciné-

s’était risqué à jouer dans Vengeance de

ma français ?

Johnnie To ?

La concurrence est sévère puisqu’à ma

Comme je le disais, je suis passionné de

connaissance nous sommes trois acteurs

ce cinéma… Je suis prêt à leur préparer

asiatiques dans toute l’Europe (rires)…

le café pour travailler avec eux s’il le faut


(rires)… Je suis fan de Johnnie To ! D’ail-

bourgeoise, avec des parents très « vieille

leurs je n’ai jamais compris comment

France » dont les 4 filles se marient l’une

Johnny Halliday a été aussi mal dirigé

après l’autre avec des français d’origines

par un aussi grand réalisateur.

et de confessions diverses. Une comédie sur la France d’aujourd’hui, multiculturelle, un sujet de société traité avec humour et prônant l’ouverture d’esprit. Par ailleurs, je finalise mon premier long mé-

Pas tenté par la réalisation ?

trage intitulé Made in China dont le tournage débutera fin 2014. C’est une comé-

Si bien sûr… Mais j’aimerais me faire la

die qui traite de la communauté chinoise

main sur un court métrage que j’ai écrit,

à Paris, une mise en lumière sur cette

Le gâteau de têt, qui est en développe-

communauté qu’on ne connaît que par

ment actuellement.

ses clichés et les fantasmes qu’elles véhiculent... Une sorte de pont entre mes cultures françaises et chinoises, au même titre que La vérité si j’mens, Bienvenue chez les Ch’tis, La cage dorée.

Quels sont vos projets en cours et à venir ? Je serai à l’affiche le 16 avril de la comédie de Philippe de Chauveron Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu aux côtés de Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan, Medi Sadoun… J’incarne un banquier d’origine chinoise marié à une artiste. Elle est issue d’une famille catholique

32

Que peut-on vous souhaiter ? La paternité... (rires)


dĂŠcouverte


DENA DENA Née

en Bulgarie et exilée à Berlin dans un souci artistique, Dena a dessiné en seulement quelques singles les contours d’un remarquable début grâce à des titres comme Cash, Diamonds, Rings, Swimming Pools. Disponible depuis le 7 mars, son premier album, Flash, dénote un certain franc-parler sur des productions hip-hop et r’n’b à couper le souffle. Rencontre.

Par Dine Delcroix / Photos : PATRICK FOUQUE

Tu as quitté ta Bulgarie natale pour Berlin.

J’ai réalisé que tout n’est pas glamour. Il

Comment as-tu appris à parler la langue al-

y a clairement deux côtés distincts dans

lemande ?

la ville avec beaucoup de contrastes.

J’étais dans une école allemande en Bulgarie et je parlais donc déjà allemand lorsque j’ai emménagé en Allemagne.

Ne retrouve-t-on pas les mêmes contrastes à Berlin ? À Berlin, il n’y a pas de séparation aussi

Pourrais-tu vivre ailleurs ? J’aime vraiment beaucoup Paris mais je ne parle pas français. J’aime aussi

évidente entre les riches et les pauvres. La différence existe mais elle n’est pas si apparente.

Londres qui est le meilleur endroit pour la musique. Il y a bien plus de compétition à Londres. Là-bas, tout le monde est dans un groupe et il se passe beaucoup de choses dans l’industrie du disque. C’est plus intense.

Tu as écrit ta première chanson à l’âge de 10 ans. De quoi parlait-elle ? Ce n’était pas vraiment une chanson mais plutôt un truc marrant que j’avais enregistré avec ma sœur. Le texte parlait d’une femme qui se levait tôt tous les

Lorsque tu es venue à Paris pour la première

matins (rire). Il n’y avait pas de musique,

fois, quelles ont été tes impressions ?

c’était juste un rap.

35


Depuis, tu as fait du chemin et ton premier album, Flash, est désormais disponible. Quel

Te considères-tu comme une rappeuse ?

sens donnes-tu à ce titre ?

Non. Je ne fais pas de rap. J’ai beaucoup

Flash est une chanson écrite il y a quelques

le hip-hop qui sont, pour moi, des mé-

années et elle évoque une collection de

thodes et des sources d’inspiration.

des respect pour les rappeurs et pour

moments. C’est une métaphore sur la lumière. Parfois, il est nécessaire de mettre les choses en ordre pour mieux les voir. En outre, il y est aussi question d’une

Es-tu anti-pop ?

métaphore sur le grand nombre d’in-

Non. J’aime vraiment la pop ! C’est une

formations que nous consommons. Au-

très bonne façon de s’exprimer.

jourd’hui, tout va très vite. Par exemple, pour écouter une chanson, on en écoute diz secondes.

Tu es fan des Destiny’s Child. Quelle était ta préférée du groupe ?

Ton album s’achève avec la chanson Front

Beyoncé (rires). Son père dirigeait le

Row Girl. Quel genre de personne y dé-

groupe et c’est assez drôle de se dire que

cris-tu ?

tout le concept du groupe a été construit autour d’elle. Il y avait une sorte de plan

Une personne qui pense qu’être au premier rang est une mission. Parfois, tu cherches à mieux connaître des gens mais ils restent à la surface des choses. Cette chanson, c’est un peu moi cherchant à mieux connaître des gens qui sont bloqués à une couche superficielle.

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de carrière caché.


BOSCO DELREY Par dine delcroix / Photos : FRANçOIS BERTHIER

Fils

spirtuel d’Elvis Presley, Bosco Delrey a choisi la France pour travailler sur son nouvel album, le premier chez le label Belleville Music. Intitulé The Green Tiger’s Alibi, cet opus confirme la virtuosité de ce garçon originaire du New Jersey. Il sera en concert sur la scène parisienne du Point Ephémère le 14 avril pour célébrer la sortie de l’album prévue pour le même jour.

Ta musique a un côté sixties. Techniquement,

J’aime tout ce qui provient du label Ed

as-tu produit tes chansons à la manière des

Banger Records. J’aime aussi des trucs

années 60 ?

des années 60. Je crois que la première

Non. Il s’agit d’une production très électronique. C’est joué par des instruments mais d’une façon moderne. Dans les années 60, Il y aurait eu un groupe dans une pièce. Moi, j’ai fait toutes les parties sur un clavier.

chanson française que j’ai entendu est Poupée De Cire, Poupée De Son de France Gall. C’est un peu du garage rock mélangé à un peu de motown. Beaucoup de chansons françaises de l’époque sont des reprises de chansons américaines comme en faisait le groupe Les Chaussettes Noires, par exemple. J’aime également Serge Gainsbourg, le premier album de

Tu as choisi de t’installer à Paris. Pourquoi

François Hardy, Sébastien Tellier...

la France ? J’y suis venu avec ma petite amie et la ville m’a en quelques sortes convaincu de rester. Je me suis senti très à l’aise, ici. Parfois, tu arrives à endroit et tu commences à écrire. C’est arrivé ici mais aussi dans d’autres villes. Par exemple, quand j’ai vécu à Memphis, j’y étais allé uniquement pour visiter puis j’ai été pris dans une très bonne ambiance et j’y suis resté pendant deux ans.

Ton nouvel album s’intitule The Green Tiger’s Alibi. D’où vient ce titre étrange ? C’est une sorte de titre surréaliste. C’est le premier truc qui a surgi dans mon esprit. Quelqu’un m’a demandé comment j’allais appeler l’album alors je que venais de faire un tour en vélo pour me changer les idées et c’est la première chose qui est venue complètement par hasard. Je ne suis pas sûr de savoir si c’est le tigre est vert. C’est un peu comme un roman

38

Quels sont les artistes français que tu affec-

policier. Un tigre qui déambule dans une

tionnes ?

forêt de bambous comme s’il cherchait


DECOUVERTE


son chemin à travers le mal en marchant

quelqu’un doit s’y intéresser. Je ne suis

dans une forêt de péchés. Pour une rai-

pas du genre à écrire une chanson puis

son que j’ignore, le bambou incarne le

m’arrêter pour aller me bourrer la gueule

péché. En venant à Paris, j’ai l’impres-

pendant tois semaines. J’écris tous les

sion d’avoir cherché à fuir un chemin

jours. Pour cette raison, la reconnais-

sombre.

sance fait plaisir.

En quoi cet album a-t-il été influencé par la

Pour un épisode de la série télévisée True

ville de Paris ?

Blood, tu as repris la chanson Authority

Le son. Pour moi, le son de cet album est plus dynamique et plus beau que le son

Song de John Mellencamp. Pourquoi ce choix de reprise ?

de l’album précédent. Le précédent était

Je n’ai pas choisi. Ils m’ont envoyé le

plus agressif, plus violent. Ce nouveau a

morceau. Je l’ai écouté un million de

plus de profondeur et de beauté, comme

fois et j’ai essaye de me l’approprier en

la ville.

y incorporant un peu de twist. L’auteur ne m’a pas encore écrit mais j’attends sa lettre qui dira «Merci d’avoir détruit ma

Tu as quitté les Etats-Unis il y a un an

chanson !» (rires).

et demi. Quels rapports entretiens-tu aujourd’hui avec ton entourage américain ? Mes meilleurs amis sont toujours mes

Regardes-tu la télévision ?

meilleurs amis. Je n’ai perdu personne.

Pas beaucoup mais j’aime les séries. Je

La distance rend le cœur plus affectueux.

regarde True Detective et les rediffusions

Parfois, quand tu pars, tu parviens mieux

de The Cosby Show et de Seinfeld dont les

à penser à ton passé.

blagues sont très locales et me rappellent d’où je viens.

Penses-tu mériter l’intérêt qui est porté à ta musique ou te dis-tu « Pourquoi moi » ?

Les États-Unis te manquent ?

Si cela se base sur la quantité de travail

Oui, parfois. J’y suis retourné mais j’ai

que je fournis et pas forcément sur le

été quand-même heureux de revenir à

talent, alors «oui» parce que je travaille

Paris au bout d’une semaine.

tout le temps. Quand tu travailles très dur sur un truc, même si c’est mauvais, 40


DECOUVERTE

Starwalker, c’est la rencontre insolite de Jean-Benoît Dunckel du groupe Air et de Bardi Johannsson, le compositeur du groupe Bang Gang. Les deux étoiles ont donné naissance à un projet dans lequel ils explorent de nouveaux horizons avec la virginité des débutants et le luxe d’une carrière exemplaire. Le premier EP de Starwalker intitulé Losers Can Win paru le 18 mars dernier, nous donne un large aperçu de ce que sera l’album en cours de production. En exclusivité pour TheBlindMagazine, le duo s’est livré sur ce nouveau projet riche et ambitieux.


STARWALKER par Dine Delcroix / Photos : Franรงois Berthier


Comment en êtes-vous venus à travailler en-

nous connaissent y trouveront des réfé-

semble ?

rences mais il y a beaucoup de sons que

Bardi : Nous nous sommes rencontrés à un concert. Puis, nous nous sommes revus par le biais d’un ami commun pour boire un café et nous avons décidé d’essayer de

nous n’avons pas eu l’occasion de faire auparavant. C’est excitant de penser comme un nouveau groupe, cela donne beaucoup de liberté.

travailler à deux. Petit à petit, Starwalker a pris vie. Jean-Benoît : Quand nous avons fait le premier morceau ensemble, nous avons remarqué que cela fonctionnait. Nous nous comprenons bien tous les deux et nous nous amusons en studio. C’est important de profiter de la musique à travers

Qu’est-ce qui vous manquait dans vos précédents projets ? Jean-Benoît : L’excitation. Quand tu fais de la musique avec quelqu’un, il y a de l’échange et des histoires à raconter mais cela peut disparaître au bout d’un mo-

la scène et le studio.

ment. Bardi et moi avons une bonne éner-

Bardi : C’est un peu comme faire un bébé

étions en train d’aller mais nous avions

car nous avons commencé quelque chose

confiance. C’est totalement instinctif, je

sans savoir ce qui allait se passer.

suppose.

Quel et le premier titre sur lequel vous avez

Diriez-vous que vous ne prenez plus de plai-

travaillé ?

sir à travailler sur vos anciens projets ?

Jean-Benoît : Bad Weather.

Jean-Benoît : Je ne peux pas dire cela

gie ensemble. Nous ne savions pas où nous

mais je voudrais le dire (rires). Ce n’est pas vrai. Je crois toujours que quelque Comment avez-vous conçu la direction artistique qui accompagne ce nouveau projet ?

chose de cool peut arriver mais pas forcément maintenant. Pour parler de Air, il me semble normal de prendre une pause

Bardi : Nous avons voulu faire les choses

après 15 ans de travail. Quand tu es déjà

comme un jeune groupe avec un petit

installé, les gens peuvent parfois suresti-

budget tout en proposant un truc profond

mer ce que tu fais alors qu’en proposant

et de personnel. C’était important de faire

un nouveau projet, ils sont plus attentifs.

abstraction de notre parcours et de par-

J’ai envie d’intéresser par la qualité des

tir de zéro. Nous avons expérimenté des

chansons et non par mon nom.

choses nouvelles. Bien sûr, les gens qui 45


À qui s’adresse Starwalker ? Bardi : À quiconque aimant la bonne musique ! La liberté d’un nouveau

Can Win («Les Perdants

Qu’est-ce

Peuvent Gagner»). À quel

gagner

niveau les perdants peuvent-

Tu ne

ils être des gagnants ?

projet, c’est aussi de ne pas

Bardi : À tous les niveaux

avoir de public au début et

! La simplicité peut être

donc pas d’indices sur qui

intéressante. Il n’est pas

va écouter notre musique.

nécessaire d’être techni-

Jean-Benoît : Notre public pourrait être composé de personnes cherchant à s’évader de leur cage. Il y a beaucoup de cages dans

quement bon pour être quelqu’un ou pour devenir quelqu’un. Cela s’applique à beaucoup de domaines.

la vie : le travail, l’argent, le pays... Les gens ont envie de voler, de rêver, d’échapper à la réalité. Certains disent que nous faisons de la «dream-pop» et j’aime ce terme. La musique a la capacité d’être sincère. Tu ne peux pas mentir au public. Par exemple, si tu fais un morceau pour aller en radios, cela s’entend. Les gens qui écouteront nos titres verront qu’on ne ment pas.

Qu’estce qu’un perdant, pour vous ?

Qui écrit les textes de vos chansons ?

Jean-Benoît :  C’est très

Jean-Benoît : Nous deux.

relatif

et

c’est

ce dont parle la chanson. Votre EP s’intitule Losers 46

ce

que

Qu’estperdre

?

que ?


peux gagner à

étape, la vie nous apprend

tous les coups.

à tout perdre. On perd la

un

famille, les amis, l’argent

gagnant

ou encore le physique puis

peut perdre

on meurt. Ce n’est pas une

des

idée triste.

Même

choses.

Étape

par

Pourquoi cette chanteuse ? Bardi : C’est une amie et c’est la meilleure alors pourquoi choisir la pire quand on peut avoir la meilleure ? (rires).

Bardi : Les gens te considèrent comme un roi si tu es riche alors que

Jean-Benoît : C’est une gagnante (rires).

les vies les plus heureuses sont les plus simples.

L’EP contient également un

Jean-Benoît Bien

sûr,

: ce

piste intitulée Moral Sex. Que signifie de ce titre ?

n’est pas mar-

Jean-Benoît : Nous avions

rant de manquer

un autre titre en tête, c’était

d’argent

«Banal

mais

Sex».

Les

deux

l’argent est une

étaient des blagues, au dé-

chose

but...

étrange

qui donne de la valeur à cer-

Bardi : Si tu rayes le «M»

taines

ou le «B», tu comprendras

choses

mais combien peut une

coûter main

Combien

? se-

rais-tu prêt à payer

pour

une jambe ?

(rires). Peut-on s’attendre à un album entier ? Bardi  : Oui, il est presque terminé.

Vous

avez

fait appel à la voix de Keren Ann pour les tires Bad Weather

Jean-Benoît : Il comportera des titres up-tempo avec nos propres voix et ne proposera pas d’autres featuring.

et Losers Can Win. 47


Par DINE DELCROIX / photos : françois berthier

Après 10 ans d’absence et plus de 2 millions de disques à son actif, le groupe Kyo se reforme pour un retour des plus réussis avec un quatrième album joliment accueilli depuis sa sortie le 24 mars dernier. Titré L’Équilibre, cet opus de la maturité est l’occasion pour Benoît, Nicolas, Fabien et Florian de repartir en tournée pour un «Graal Tour» qui passera par le Zénith de Paris le 27 janvier 2015.


KYO


Qu’est-ce qui a motivé le retour du groupe ?

continuer en fonction des opportunités.

Benoît : On ne peut pas parler de déclic.

Florian : Il faut s’organiser mais c’est sûr

L’emploi du temps l’a enfin permis. On

qu’on ne peut pas avoir deux groupes. Il

a toujours su qu’on referait de la mu-

faut savoir jongler avec les plannings.

sique ensemble. Florian : C’est arrivé petit à petit. On s’est dit «Tiens, c’est le moment !» au cours d’une discussion.

Y en a-t-il, parmi vous, qui étaient perplexes lorsque vous évoquiez ce retour ? Nicolas : C’est une histoire qui a commencé quand nous étions au collège.

50

Maintenant que vous êtes revenus, que vont

Quand on a fait cette pause, on savait

devenir vos projets parallèles ?

qu’elle était nécessaire alors quand on

Benoît : L’écriture pour d’autres peut

s’est décidé à revenir, tout semblait na-


turel.

Étiez-vous conscients que vous risquiez de

Benoît : C’est une histoire d’amitié.

tomber aux oubliettes ?

KYO fait partie de notre vie. Il y a un

Florian : Le risque de faire un mauvais

plaisir à écrire et à faire un disque. On

album est plus grand que le risque de

a passé de bons moments à préparer

partir et de revenir.

ce nouvel album, quelque soit l’accueil

Benoît : Les temps ont changé. Avec

qui lui est réservé. On savait néanmoins

Internet, les choses peuvent vite se sa-

qu’on aurait quelques oreilles tendues.

voir. Il y a plus de justice aujourd’hui

Florian : Oui, on savait qu’au moins une

par rapport aux artistes.

partie des fans serait encore là.

Nicolas : Quand tu sors d’une tournée qui marche bien, tu es plutôt confiant sur l’avenir. Après, il faut dire qu’on était partis sur un break plus court.

Pourquoi cette pause était-elle nécessaire ?

Florian : On pensait effectivement reve-

Nicolas : Elle s’explique par le mélange

nir plus vite.

entre le succès rapide et très dense qu’on a eu sur trois ans. Tout cela communique un peu de stress et des émotions qui peuvent fatiguer. On avait be-

Votre entourage vous encourageait-il à revenir ?

soin de retrouver un peu de normalité

Benoît : Non. Ni nos femmes, ni notre

au quotidien.

manager. Ils nous connaissent et savent

Benoît : Les gens ne se rendent pas

comment on fonctionne.

compte de la chance qu’ils ont de pou-

Nicolas : Ma boulangère insistait un peu

voir boire un café en terrasse (rires).

(rires).

Pourquoi avez vous décidé de vous arrêter

Avez-vous le sentiment de faire la même

en plein succès ?

musique qu’il y a dix ans ?

Benoît : Je comprends que cette ques-

Nicolas : En dix ans, on a quand-même

tion soit posée mais, pour nous, le bon-

continué à écouter plein de choses et à

heur est associé au plaisir et non pas au

s’enrichir de différentes collaborations.

succès.

On a progressé dans nos perspectives

Florian : Pour créer et aller en studio,

musicales et, en même temps, le naturel

le plaisir est nécessaire. Le break était

de ce qui fait notre essence revient.

pour nous la seule option de préserver

Benoît : Malgré une évolution, il y a

la chance que nous avions.

quand-même une façon d’écrire qui est naturelle. Florian : Il y a des choses un peu diffé51


rentes mais la majeure partie des titres,

gurent sur l’album.

c’est du KYO.

Fabien : Durant l’enregistrent, on a mangé équilibré (rires).

Pensez-vous que vos anciens titres ont bien vieilli ?

En dix ans, votre public a grandi. Quelle est

Benoît : Il y a deux ans, j’aurais dit que

votre cible, aujourd’hui ?

les chansons ont beaucoup vieilli mais

Benoît : La cible, c’est un truc de labels

aujourd’hui, je n’ai pas cette impres-

ou de radios. Nous, on ne vise pas. C’est

sion, surtout avec le retour des années

la surprise. On voit des jeunes qui nous

2000.

découvrent.

Florian : Il y avait beaucoup de richesse

Florian : Il y a aussi des fans de base qui

dans les arrangements, les parties de

sont contents de nous retrouver.

guitares, chaque petit son.... Ce qui a

Fabien : Le public est assez large, au-

beaucoup changé, c’est les voix.

jourd’hui. Il y a même des personnes plus âgées, des Micheline, des Lucienne et des Ginette (rires).

Votre nouvel album s’intitule L’Équilibre. À quel équilibre ce titre fait-il référence ?

52

Benoît : C’est un truc global. On est de-

Faudra-t-il attendre encore dix ans pour

venu des adultes avec des responsabili-

avoir un nouvel album de KYO ?

tés parce qu’on a fondé des familles. On

Benoît : Je pense que le prochain al-

aspire à être plus équilibrés.

bum va arriver vite. J’aimerais vraiment

Florian : L’équilibre a aussi été fait dans

continuer l’écriture et ne pas attendre la

le choix définitif des chansons qui fi-

fin de la tournée.


53


KAISER CHIEFS

Par DINE DELCROIX / photos : françois berthier

Les Kaiser Chiefs sont de retour avec un cinquième album et un nouveau batteur qui peut se vanter d’avoir donné un second souffle à la bande à Ricky Wilson. Personnel et efficace, Education, Education, Education & War est déjà numéro 1 des charts anglais. Le groupe de rock britannique n’a pas encore dit son dernier mot et a bien voulu revenir sur le travail accompli pour ce nouvel opus.


Vous revenez avec un nouvel album, le pre-

Pensez-vous séduire une nouvelle audience

mier sans le batteur Nick Hodgson. Avez-

avec cet album ?

vous souffert de son absence pendant les sessions d'enregistrement ?

Ricky : Nous voulons restés fidèles à nos

Ricky : Pas vraiment. Nous avons beau-

En règle générale, plus tu vends d'al-

coup appris pendant l'année. Il y a eu

bums, plus tu vends de places de concerts

une sorte d'intervalle. Je ne dis pas qu'il

et plus tes chansons ont du succès. C'est

ne nous manque pas mais nous le voyons

étonnant de voir comment la connexion

régulièrement. J'étais en colère de le voir

avec les gens peut se faire et c'est pour

quitter le groupe mais, finalement, il a

cette connexion avec le public qu'on fait

le droit d'être heureux en faisant autre

ce métier.

fans et séduire de nouvelles personnes.

chose.

En référence au titre de l'album, Education, Comment avez-vous choisi son remplaçant ? Simon : Nous avons discuté et nous avons évoqué quelques personnes que

Education, Education & War, quelle éducation ou apprentissage avez-vous reçu dernièrement ?

nous connaissons. J'ai été dans un

Ricky : On peut voir l'éducation dans plu-

groupe avec Vijay Mistry et je savais qu'il

sieurs domaines. L'éducation peut pas-

était bon batteur. Il est très positif et il se

ser par le voyage, la rencontre... L'éduca-

fait une joie d'être dans le groupe. Nous

tion n'a pas besoin de finir encadrée sur

avons répété un peu avec lui et nous

un mur comme un diplôme. Ce titre d'al-

avons adoré.

bum fait référence à ceux par quoi nous sommes passés l'année dernière et à ce processus de faire peau neuve comme si

Vos nouvelles chansons donnent l'impression que vous êtes en colère... Ricky : Passionnés plus qu'en colère.

nous reprenions nos études. Nous voulions nous prouver et prouver à nos fans que nous pouvions le faire sans notre meilleur ami qui a quitté le groupe.

J'avais une folle envie d'écrire et cela ne m'étais pas arrivé depuis longtemps. Quand tu réalises que rien n'est éternel, tu prends davantage de plaisir à faire les choses.

Certains de vos nouveaux textes mettent le doigt sur la récession observée en Angleterre. 57


Était-ce important, pour vous, de parler de

Ricky, tu as été coach dans la troisième saison

l'économie de votre pays ?

de The Voice en Angleterre. Si tu avais été can-

Ricky : Nous avons toujours été sociale-

didat, avec quel coach aurais-tu choisi d'aller ?

ment conscients. Nos meilleures chan-

Ricky : Je serais probablement allé avec

sons reflètent une humeur. Nous ne pou-

will.i.am parce qu'il est l'un des produc-

vons pas nous empêcher de faire ce genre

teurs les plus célèbres au monde et qu'il

de morceaux. Nous aimons être connec-

pourrait m'offrir bien plus que le mec

tés à nos chansons. Ici, il est question de

des Kaiser Chiefs (rires).

combat collectif dans le but d'atteindre quelque chose. Il ne s'agit pas de prêcher mais plutôt d'être capable de provoquer les choses. Après plus de dix ans d'existence, quel est votre meilleur souvenir de scène ? Simon : Notre concert au Festival Votre nouveau single, Coming Home, évoque le retour à certains fondements. De quoi est-il précisément question dans cette

passé beaucoup de temps en Amérique et nous n'avions rien fait en Angleterre

chanson ?

depuis la sortie du premier album.

Ricky : Cette chanson parle d'appar-

Ricky : J'adhère !

tenance, de l'idée de trouver sa place quelque part. Simon : Tout le monde a déjà eu ce sentiment de retour au bercail. Ricky : Pour ma part, j'avais oublié la passion que pouvait procurer l'appartenance à un groupe de musique et j'ai renoué avec ce sentiment.

58

Glastonbury en Juin 2005. Nous avions


ANNE CHARRIER

Par Jade-Rose Parker / photos : françois berthier

Prostituée sulfureuse dans Maison Close, psychologue dévouée dans Marjorie, Anne Charrier se glisse avec une aisance déconcertante dans la peau des héroïnes qu’elle incarne, et c’est avec un plaisir certain que nous la retrouverons à la rentrée dans Chefs, la nouvelle série de France 2. En attendant, la délicieuse comédienne a accepté de répondre avec beaucoup d’humour à quelques questions on ne peut plus sérieuses.

Top et jupe fendue JEAN PAUL GAULTIER, boucles d’oreilles KORMELITZ, sandales à talons MELLOW YELLOW


L’interview decaléE de Jade-Rose PArker


Vous serez aux côtés de Clovis Cornillac

regrets ? (en particulier lorsque vous passez

dans Chefs, la nouvelle série de France 2.

devant Castorama ou Leroy Merlin ?)

Qui finissait les assiettes pendant le tournage ?

Le regret de ne pas pouvoir refaire seule ma salle de bain... Mais pas trop quand

Les chats sauvages qui vivent dans les

même... De regrets...

studios de Bry sur Marne, après 8h sous les projecteurs il y a de la vie dans les assiettes...

Il paraît qu’avec des « si » on peut refaire le monde. Si je vous en offre un, qu’en faîtesvous ?

Après quatre mois de tournage, j’imagine que vous méritez votre première étoile. Pour

Si je savais, je referais ma salle de bain...

qui aimeriez-vous cuisiner ? J’adorerais cuisiner pour le chanteur

Vous êtes actrice, êtes-vous plutôt François

des «Queens of the stone age», Josh

Hollande ou Arnaud de Montebourg ?

Homme... Il tomberait malade, je l’enfermerait dans ma cave et je deviendrais

Aucun des deux, je suis plutôt Josh

une sorte de Katy Bates, comme dans

Homme...

Misery de Stephen King, je l’obligerais à me chanter des chansons d’amour toute la journée, ce serait un peu sordide,

Vous avez un homonyme célèbre, Anne

mais très beau...

Charrier, photographe et charcutière à LaRoche-Sur-Yon. Vous confond-on souvent ?

Vos parents étant entrepreneurs en bâti-

Pas encore, mais quand je me serai

ment, à l’origine c’est plutôt une carrière

transformée en Katy Bates, il y a des

de maçon qui vous attendait… Aujourd’hui

chances...

vous êtes une comédienne accomplie. Des

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64


Dans Marjorie, diffusé en mars sur France

Je dis toujours, tou-jours: «Quand on

2, vous incarniez une psychologue qui tente

a rien à dire, il faut savoir fermer sa

de redonner goût à la vie à… Patrick Ches-

gueule», ça sert parfois...

nais. Vous aimez les challenges impossibles à relever? Oui ! Mais Patrick, sous ses airs de

Beaucoup d’actrices s’exportent à l’inter-

pince sans rire, est un des acteurs les

national. Sandra Bullock a marqué les es-

plus drôles avec qui j’ai eu l’occasion de

prits avec Gravity. Seriez-vous prête à aller

tourner...

tourner un film sur Mars, devenant ainsi la première actrice intergalactique ?

Qui dit interview d’actrice dit question

Bien sûr, j’adore les rôles de composi-

beauté, vous n’y échapperez pas : qu’est-ce

tion, et là tout est à faire.

qui ne vous fait pas rire, mais alors pas du tout du tout, et qui du coup vous empêche d’avoir des rides ?

Vous êtes du signe du Poisson. Christine Haas vous prévoit une belle année 2014

Les blagues racistes et pédophiles...

avec plein de cadeaux de la vie à l’intérieur.

pourtant je suis très bon public... mais

Ca m’a l’air déjà bien parti, et moi-même

ça, ça me laisse de marbre...et de toute

je vous souhaite une année qui cartonne

façon, même quand je ris, je n’ai pas de

sur tous les plans. Tous ces bons sentiments

rides...

qu’on vous envoie ça ne vous fait pas trop tourner la tête ?

Je suis soudain à court d’inspiration. Vous

Moins que de partir sur Mars, et j’adore

me coupez le souffle, que voulez-vous. C’est

les années avec plein de cadeaux de la

l’heure de l’auto-question : posez-vous une

vie à l’intérieur... si ça se trouve il y a un

question, et répondez-y si vous le souhaitez.

oscar pour mon rôle sur mars!!!!

Anne Charrier, vous n’êtes pas seulement connue pour votre talent, votre beauté et votre intelligence supérieure, vous l’êtes aussi pour votre sagesse. Quelle est votre devise ?

Make up : Camille Lutz Hair : Sadek L. Stylisme : Tatiana Dumabin

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ARNAUD DUCRET PAR DINE DELCROIX Photos : François Berthier ASSISTé de MARTIN LAGARDèRE Stylisme : MARZ ATASHI Grooming : CAMILLE LUTZ

Comédien

et humoriste de vocation, Arnaud Ducret poursuit sa tournée avec J’me Rends, un one man show au rythme soutenu et à l’écriture fine. Les fans du petit écran l’adorent dans Parents Mode D’Emploi du lundi au vendredi à 20h40 sur France 2 tandis que les plus impatients attendent sa résidence à l’Alhambra qui débutera le 6 novembre 2014. Nous avons rencontré le monsieur en toute simplicité...


Comment t’es venu le goût pour l’humour et la scène ? Je veux faire rire depuis que je suis gamin. J’imitais mes professeurs à l’école. J’ai eu mon premier choc artistique en voyant Albert Dupontel à la télévision faire son sketch Rambo. Je le refaisais pendant les repas de famille. Il y a aussi Gad Elmaleh dans La Vie Normale qui m’a beaucoup inspiré et confirmé dans mon choix. J’ai également eu la chance d’avoir un professeur de français formidable qui m’a fait pendre des cours de théâtre. J’adore faire rire les gens !

Quel est ton humoriste féminine préférée ? Florence Foresti. J’étais allé la voir au Splendide pour son premier spectacle et j’ai pleuré de rires. C’est elle qui m’a fait rencontrer mon producteur actuel.

Lorsque tu tiens un bon sketch, comment le sais-tu ? Tu n’es jamais sûr à 100%. Le public prend ce qu’il a envie de prendre.

Que fais-tu d’une blague qui ne fonctionne pas sur scène ?

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Je l’enlève. Avant, je mettais du temps à


Michelle YEOH


l’enlever mais maintenant, je suis direct.

Sur qui testes-tu tes blagues avant de les interpréter devant un public ? En soirée, avec des copains. S’ils rient, je me dis que cela peut marcher.

Comment écris-tu ? J’ai un co-auteur. Moi, j’écris beaucoup en improvisation. Une fois qu’on a fait la structure du sketch, on essaye de renforcer chacun de notre côté.

As-tu du mal à t’abandonner à un metteur en scène ? Non et je n’ai aucun problème à entendre «non» quand je propose des choses à un metteur en scène. Si je sens que c’est bienveillant, cela ne me dérange pas.

As-tu déjà pensé à enseigner la comédie ? Cela ne m’a pas encore traversé l’esprit. Pour l’instant, j’essaye de m’appliquer au 71


mieux dans ce que je fais.

Quel comédien aurais-tu aimé avoir en guise de professeur ? Guillaume Gallienne.

Tu aimes faire rire les gens mais es-tu aussi capable de les faire pleurer ? Je pense, oui. Je veux bien tout jouer, tant que cela me plaît.

Tu fais parties des humoristes qui ne parlent pas de politique dans leurs sketchs. Songes-tu à travailler sur ce thème, un jour ? Je ne sais pas le faire. La politique ne m’intéresse absolument pas. Il y avait trop de débats politiques lors des repas de famille quand j’étais petit et cela me déplaisait.

Que penses-tu des humoristes qui ne font que des spectacles orientés politique ? C’est leur style et ils le font très bien.

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Tu n’irais donc pas voir un spectacle sur le sujet... C’est sûr, je n’irais pas !

Tu as joué le rôle de Jacques Chirac jeune dans Adieu De Gaulle, Adieu en 2009. Quel autre président aurais-tu aimé incarner ? Du haut de mes 1m90, j’aurais éventuellement pu faire De Gaulle.

Tu as récemment prêté ta voix à un des personnages du film d’animation La Grande Aventure Lego. Comment t’es-tu retrouvé à faire du doublage ? Warner a appelé mon agent. Je pensais qu’il fallait faire un casting mais ils me voulaient. J’ai donc foncé car je n’avais jamais fait de doublage. Le film est formidable ! J’ai adoré doubler ce petit lego et j’ai hâte de recommencer.

Quel est ta technique pour ne pas oublier ton texte ? J’ai une mémoire visuelle et c’est pour cette raison que j’aime bien avoir ma page avec le texte.

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Darren Aronofsky ou l’Eternel vol d’Icare

Edward BurtynskY


Darren Aronofsky sort Noé, fresque ambitieuse sur le fameux épisode de l’Ancien Testament. On peut se demander pourquoi il fallut attendre si longtemps pour qu’Arnofsky se trouve à la tête d’une production plus nantie, d’autant que les occasions ne manquèrent pas. PAR JUSTIN KWEDI / Photos : DR


A

ronofsky prépara entre autre une adaptation du comics Batman Beyond (narrant les débuts du Dark Knight avant le Batman Begins (2005) de Nolan), mais

également un remake de Robocop qui aurait sans doute été plus incisif que la tentative récente et aussi la suite de Wolverine finalement reprise par James Mangold pour un résultat efficace mais sans génie.

Darren Aronofsky pendant le tournage de The Fountain

L

’intransigeance artistique absolue du réalisateur est certainement la cause de cette anomalie, tout comme une certaine dose de malchance comme

lorsque Brad Pitt abandonna The Fountain pour aller tourner le péplum Troie (2004) et obligea Aronofsky à revoir le projet à la baisse. La vraie raison cependant, c’est qu’Arnofsky, à l’image de ses personnages, a toujours préféré tutoyer les étoiles plutôt que de les atteindre réellement. C’est même le leitmotiv de toute sa filmographie où les héros sont constamment en quête d’un absolu, d’une perfection inaccessible qui les pousse à se brûler les ailes et se détruire. L’objet de cette quête peut avoir plusieurs formes toujours plus abstraites en avançant dans sa filmographie, et son accession un chemin de croix de plus en plus douloureux. Pi

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Jared Leto et Jennifer Connelly dans Requiem For a Dream

voyait son héros rongé par la folie en cherchant la formule mathématique lui permettant de communiquer avec Dieu. Dans Requiem for a dream, c’est l’illusion d’une existence meilleure qui fait plonger les personnages dans un véritable enfer opiacé. The Fountain est lui guidé par la volonté inébranlable de Hugh Jackman d’enfin guérir sa bien-aimée à travers les siècles. Pour le Mickey Rourke de The Wrestler le but paraît plus tangible (reconstruire sa vie, renouer avec sa fille) mais les circonstances dramatiques le rendront tout aussi insaisissable.

A

ronofsky aura personnellement vécu ce dilemme avec The Fountain qu’il chercha à monter coute que coute et refusant nombre de projet pour finalement

sortir une version plus modeste (pour le projet tel qu’il fut envisagé au départ, une version comics fut éditée à partir du premier scénario) dans un film imparfait mais sans doute son plus touchant et personnel. Cette épreuve douloureusement surmontée allait directement influencer Black Swan (2010) qui ajoutait sa pierre à l’édifice avec ce qui est sans doute la quête ultime et la plus intimement liée à Aronofsky, l’accomplissement artistique. L’objet de la quête est à la fois beau, 80


noble et source d’autodestruction dans chacun des films du réalisateur : le rêve américain nous entraîne dans les affres de la drogue et l’addiction dans Requiem For A Dream (2001), l'amour éternel condamne à des siècles de solitudes The Fountain, la réunion filiale ne saura résister aux affres de la vie avec The Wrestler ou pour Black Swan on va dire l'art c'est la vie. Aronofsky aura brodé et trituré dans tous les sens ce thème où les personnages cherchent la perfection mais n'arrive jamais à surmonter l'énoncé de départ.

Darren Aronofsky avec Natalie Portman pendant le tournage de Black Swan

B

lack Swan aura constitué un changement dans cette optique où l’art est la vie et la plénitude artistique constitue la fin du voyage. Aronofsky use à nouveau

de sa méthode « marteau-piqueur » et multiplie les effets visuels pour nous plonger dans la folie d’une danseuse (Natalie Portman) devant surmonter ses inhibitions pour passer du cygne blanc innocent au plus trouble cygne noir dans l’opéra de Tchaïkovski Le Lac des Cygnes. Cela la mènera au bord du précipice mais l’art comme source et quête de perfection change la donne puisque d'un certain point de vue et ce malgré l’issue tragique c'est la seule héroïne d’Aronofsky qui atteindra son but mais même s’il lui en coutera, avec cette der81


nière phrase parfaite en conclusion « I was Perfect ». Avec ce « happy-end » très particulier ainsi que le triomphe commercial et critique du film (valant l’Oscar de la meilleure actrice à Natalie Portman) Aronofsky semblait avoir franchi un cap.

Mickey Rourke dans The Wrestler

A

vec Noé, il ose enfin la vraie superproduction où il réussira à imposer ses condition (le final cut aurait été obtenu de haute lutte avec la Fox) et dont l’issue

ne condamne plus les héros. Ancré dans un récit mythologique connu de tous, l’accomplissement est tourné vers le futur, reposant autant sur la quête intimiste que sur une paix plus universelle. Après avoir tant reculé pour prendre son envol, Aronofsky et ses héros sont prêts à défier les rayons du soleil.

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TONY haRRISSON Fort d’une carrière dans le cinéma, le théâtre et la télévision, Tony Harrisson incarne le 30 avril prochain Youssouf Fofana, le célèbre chef du «gang des barbares» dans 24 Jours, le nouveau long-métrage d’Alexcandre Arcady qui revient sur l’affaire Ilan Halimi survenue en 2006 au grand désarroi d’une famille désemparée. L’acteur dont la performance promet un tournant de carrière certain a accepté de nous parler de son minutieux travail sur ce personnage.

PAR Dine Delcroix / Photos : François Berthier


Dans le nouveau film d’Alexandre Arcady, tu incarnes Youssouf Fofana, le chef du célèbre «gang des barbares». Ne crains-tu pas d’être longtemps associé à ce rôle de méchant ?

Quelle a été la difficulté majeure de ce rôle ? Une des grandes difficultés était d’avoir presque la totalité de mes scènes en solo. Le personnage est tout seul dans le film

Je m’intéresse à la technique. Que ce

et il ne s’appuie donc pas sur les autres

soit Robert De Niro dans Taxi Driver ou

acteurs pour jouer. J’étais comme dans

Raging Bull ou encore Charlize Theron

une bulle dans laquelle je travaillais à

dans Monster, beaucoup fournissent un

vide en essayant de trouver en moi-même

travail de composition et d’engagement

le ressors pour pouvoir avancer.

et j’appartiens un peu à cette famille de travail. Je n’ai pas voulu aller dans le mimétisme mais plutôt composer un personnage avec mon agressivité et ma nervosité à moi. En quinze ans, j’ai fait

À qui aurais-tu aimé donner la réplique dans

des rôles divers et variés alors je n’ai pas

ce film ?

peur d’être stigmatisé et je pense que le spectateur est assez intelligent pour faire

À Zabou Breitman.

la différence entre le travail d’acteur et l’individu.

Où as-tu puisé toute la colère que requiert une telle interprétation ? Comment as-tu travaillé avec Alexandre Arcady ? Il sait exactement ce qu’il veut mais reste

mon personnage, je me suis alimenté à la

ouvert à des choses auxquelles il ne pense

manière d’un artisan. J’ai pris un maxi-

pas forcément. Je me suis bien entendu

mum d’informations sur l’affaire. Je me

avec lui dans la proposition. La plupart

suis aussi fixé des limites. Par exemple, je

du temps, il a saisi ma capacité à pouvoir

me suis interdit d’aller le rencontrer en

travailler sur le personnage et à proposer

prison. Pour sortir toute cette agressivi-

des choses. Je voulais en faire un vrai per-

té et cette nervosité, je suis allé chercher

sonnage de fiction et on en a justement

ma part de colère que j’ai juste transféré

beaucoup parlé. On a eu une bonne com-

sur une autre personnalité en travaillant

préhension du personnage ensemble. Il

sur le texte.

me donnait des indications que j’arrivais à suivre. On était assez complice. 86

J’ai d’abord fait des recherches. Pour


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Dans la vie quotidienne, es-tu coléreux ? Non, je suis plutôt quelqu’un de patient et de doux. Je n’ai pas une colère

l’union autour d’un thème injuste. L’axe choisi pour le film a tendance à désunir et ce n’est pas ma recherche.

évidente mais j’ai une nervosité en moi, comme tout le monde. Te souviens-tu de ta réaction lorsque tu as eu vent de ce fait divers en 2006 ? Ton entourage proche a-il déjà eu l’occasion

Oui. En 2006, je voyageais beaucoup

de te voir aussi énervé que ton personnage

car je travaillais avec Peter Brook et on

dans le film ?

était en tournée internationale pour une

Non, je ne lui souhaite pas (rires).

pièce de théâtre. J’avais appris cette nouvelle juste avant de rentrer en France. J’ai grandi dans une banlieue où il y a une communauté juive très importante et j’avais des copains de confession judaïque. Je faisais le chabbat avec eux et

Pour son prochain long-métrage en tant que

on avait aussi un ami musulman... Notre

réalisateur, Richard Berry a également choisi

génération n’a jamais eu de problèmes

de parler de l’affaire Ilan Halimi mais tu as

avec les religions. Quand j’ai entendu

refusé de participer à ce projet. Pourquoi ?

qu’on pouvait tuer un individu unique-

Car le discours du scénario attisait la haine plus que

ment à cause de sa confession religieuse, j’ai ressenti de la peine pour lui et pour sa mère. J’ai été choqué par cette non-acceptation de l’Autre. Cela aurait pu arriver à n’importe qui. Cette histoire m’a touché autant que toutes ces histoires qui montrent à quel point l’injustice peut être faite et à quel point l’humain peut parfois être barbare. Tout cela existe encore aujourd’hui à travers les guerres et à travers d’autres injustices. Il y a un gros travail à faire pour luter contre ces choses.

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Es-tu engagé dans le lutte contre la discri-

Le film d’Alexandre Arcady repose sur le

mination ?

livre co-écrit par Ruth Halimi, la mère de la

Je fais partie d’une association qui lutte contre la discrimination, qu’elle soit re-

victime et Émilie Frèche, une jeune écrivain. As-tu lu cet ouvrage publié en 2009 ?

ligieuse, sexuelle ou liée à un handicap.

Oui, c’est la première chose que j’ai faite.

Je m’engage à ma manière afin de mon-

J’ai lu ce livre en même temps que le scé-

trer de façon pragmatique ce que je peux

nario du film. Je suis très curieux.

faire au jour le jour pour essayer de faire évoluer les mentalités.

As-tu rencontré des membres de la famille de la victime ? Aujourd’hui, soit plus de huit ans après ce drame, as-tu le sentiment que les choses ont

Non, je n’ai pas eu l’occasion de le faire

changé ?

mais je sais que la famille a été contactée

Les choses ont beaucoup avancé en ce

participer au choix des acteurs qui ont

qui concerne les lois mais moins au ni-

joué dans le film.

et il me semble que la mère d’Ilan a pu

veau des mentalités. Les mentalités sont un peu comme des montagnes et il faut beaucoup de force pour les bouger. L’Etat essaye de faire en sorte de proposer des lois qui rentrent dans le code

La nature des motivations du crime fait encore

moral des personnes mais on a vu der-

débat, aujourd’hui. Quel est ton point de vue ?

nièrement la montée du Front National qui n’a jamais fait un score aussi élevé

Je m’appuie sur ce qui s’est passé. Que

que lors des dernières élections munici-

ceux qui croient que ce n’est pas un acte

pales. Ce serait donc mentir de dire que

antisémite regardent le film et ils ont

les choses ont évolué. On a tout pour

auront toutes les clés pour répondre à

coexister ensemble mais il faut des liens

cette question. Pour moi, c’est bien de

pour apprendre à connaître l’Autre.

cela qu’il s’agit. La loi l’a reconnu et les preuves le confirment.

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GOLSHIFTEH FARAHANI

par BEN CALLENS / Photos : FRANçOIS BERTHIer

La jeune comedienne d’origine iranienne Golshifteh Farahani au parcours singulier et parsemé d’embûches, s’est toujours battue pour son honneur et pour la cause des femmes. A l’occasion de la sortie du film de Hiner Saleem, My Sweet Pepperland, nous avons pu la rencontrer. Elle nous évoque sans détour le tournage difficile du film dans les montagnes lointaines du Kurdistan, ses relations avec le réalisateur et le personnage principal du film, sa nomination aux Césars, son amour pour la musique et son exil parisien...


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Combien de temps a duré le tournage de ton

En fait on s’en aperçoit pas vraiment

nouveau film, My Sweet Pepperland ?

jusqu’au moment où l’on habite là-bas.

Cinq, six semaines environs… On l’a tourné en décembre 2012 et il est apparu au festival de Cannes cinq mois plus tard… Et il est déjà sorti dans pleins de pays je crois. Moi j’ai été tout le temps en voyage et je n’avais aucune idée de ce qui se passe. Ca me parait bizarre de parler de ce film, j’ai l’impression que son histoire est déjà finie ! J’étais déjà allé en Iran mais dans ce Kurdistan actuel, non. C’était la première fois mais cela ressemble beaucoup, même si la langue n’est pas tout à fait la même. C’est comme le Français-Italien, les mêmes racines mais deux langues complètement différentes. Mais on se débrouille !

Probablement aussi pace que l’on est concentré sur le tournage. Le village où l’on a tourné se situe au bout du monde, avec de la boue partout, des poules et des vaches… Mais d’un autre côté, tu y vois des voitures super sophistiqués, comme des Porsche. Cela donne des contrastes surréalistes. C’était impressionnant de voir toutes ces voitures de sport à ras des sols, c’était le show off ! Par contre, dans toutes les maisons, les habitants ont, soit un pistolet, soit une Kalashnikov… C’est pour eux comme avoir un service à thé ! C’est ainsi car ce peuple a connu la guerre pendant tant d’années que, quand elle s’est terminée, ils ne savaient pas quoi faire. Leur vie n’a plus aucun sens ! On a même l’impression qu’ils se cherchent des raisons pour se battre, même entre

Comment s’est déroulé le tournage ? C’était très

eux. Des vrais gladiateurs !

impressionnant, on voyait

un pays en train de se reconstruire. C’est rare de pouvoir voir un pays dans cette phase de son histoire comme les EtatsUnis à l’époque des Westerns. La loi et le droit se mettent en place même si l’on se rend compte que c’est encore un peu bordélique. Le pays et son paysage sont vraiment impressionnants et pour moi qui ai travaillé en Kurdistan d’Iran, c’était beaucoup de nostalgie aussi.

Te sens-tu proche de ces « femmes rebelles » qui vivent dans la montagne et qui viennent chercher des médicaments auprès de ton personnage ? Oui, ces femmes font parties du PKK, le Partiya Karkerên Kurdistan (Parti des travailleurs du Kurdistan), qui est une milice militaire. Ce ne sont pas vraiment des pacifistes, elles ont des fusils et provoquent des explosions quand même ! Je suis en adéquation avec ce que dit mon

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Connaissais-tu la situation de ce pays en re-

personnage dans le film, moralement, je

construction où les régions sont gouvernées

suis avec ces femmes mais je ne veux pas

par des « seigneurs » autoproclamés ?

participer à leur combat.


Veste en fourrure rose GIORGIO&MARIO, robe AZZEDINE ALAIA, boucles d’oreilles, bague et manchette ISABELLE MICHEL, chaussures AZZEDINE ALAIA


Du coup, on a la sensation que ce rôle a été

ce pays est ainsi. Il est vraiment génial et

écrit pour toi, non ?

on peut dire qu’il travaille vraiment ins-

Oui c’est souvent le cas, je joue une

tinctivement.

femme qui veut se libérer ! Je pense que quelque part, il pense à moi. On a déjà travaillé ensemble, on se connaît bien… Mais il faudrait lui demander à lui ! C’est la deuxième fois que je travaille avec lui.

Parle-nous du rôle masculin dans le film joué par Korkmaz Arslan ? Il est vraiment étonnant  ! C’était très bizarre pour moi parce qu’au début du tournage, je ne l’avais même pas remarqué. Et

Quelle complicité existe-t-il entre vous ? Je le connais bien même s’il est très sauvage. A l’image de ces films ou des ces peintures. C’est un vrai artiste. Il a un œil, une signature. A chaque plan, on voit le même Wild que celui visible quand on va au Kurdistan. On comprend pourquoi 96

au fur et à mesure des journées, je l’ai vu et j’ai été très impressionnée par sa présence, et par son intelligence. Il m’a donné beaucoup de choses, et m’a fait découvrir l’amour qu’avait mon personnage en moi. Et il a des yeux perçant. Pour moi, cest un grand acteur qui parle trois, quatre langues. J’espère que les gens vont le remarquer !


Hiner Saleem, le réalisateur du film, t’avais

Le problème c’est que moi, je fais tout

permis d’avoir ta première pré-nomination

au dernier moment. C’est seulement au-

au Césars, avec Si tu meurs, je te tue.

jourd’hui que j’ai choisis ma robe et mon

Etait-ce une reconnaissance pour toi du ci-

agent est en train de se tirer les cheveux

néma Français ?

parce que toutes les actrices ont choisi la

Celle me donne beaucoup de plaisir d’être révélée en France, c’était un grand honneur car j’ai eu l’impression que la

leur depuis déjà plus d’un mois ! Et encore, j’en ai choisi plusieurs, je prendrais la décision au dernier moment…

France était en train de me prendre dans ces bras. Bienvenue ! Avec Hiner j’étais prénommé, dans les seize dernières… Et cette fois ci, je suis nommé avec Syngué Sabour, Pierre de Patience et là il n’en reste que cinq ! Réponse dans deux jours…

As-tu préparé un discours ? Pas du tout  ! Je crois qu’il y a quelque chose de l’ordre du superstitieux… Mais il est vrai que l’on a tendance à préférer croire que l’on ne va pas être choisi pour ne pas être déçu. D’ailleurs, je vais à la cérémonie avec Chiara, onze ans, petite

D’ailleurs, comment on se prépare à cette cé-

fille de Jean-Claude Carrière chez qui

rémonie ?

je vis. On y va pour rigoler, et c’est plus pour elle que pour moi que l’on y va. En

97


Robe CORRIE NIELSEN, boucles d’oreilles MAWI chez L’Eclaireur, escarpins WALTER STEIGER

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plus, on y va pour rigoler, bien manger

La reconnaissance du cinéma Français n’est-

et voir les amis. J’y avais déjà participé

il pas un pied-de-nez à ton pays d’origine,

grâce à une amie, Daphné Roullier, qui

l’Iran ?

m’avait donné une invitation. La cérémonie était un peu ennuyeuse mais le diner après était bien, on avait du champagne, on a bien parlé ! Avant-hier, j’ai assisté à un dîner des producteurs pour le prix Toscane, et je me suis rendu compte en regardant les gens dans la salle que je connaissais tout le monde ! Et pour moi qui ne connaissait personne quand je suis arrivé en France il y a de cela quatre ans, c’est vraiment un bonheur de croiser des gens que j’aime bien. Maintenant, j’ai des amis, c’est touchant !

Oui du point de vue du gouvernement certainement parce que du côté des habitants, on me dit souvent « mais pourquoi tu n’es pas là ? ». Pour le gouvernement, dès que quelqu’un sort du pays, il est mort. Il est mieux qu’elle ne soit plus vue par les autres. Et ils ne sont pas du tout en phase avec le fait que je travaille et que je m’épanouisse en France. Ils préfèreraient que comme tout artiste en exil, que je sois en dépression totale et que je me suicide ! Mais moi je suis ravie et vraiment heureuse d’être en exil ! Quel bonheur !

Connais-tu les quatre autres nommés dans ta catégorie ? Mais je n’ai vu aucun des autres films car cela fait un an et demi que je ne suis pas à Paris. Et puis mon seul problème avec le cinéma français, c’est que je ne retiens

Qu’en est-il de ta situation sur le sol Iranien ? Il n’y a toujours rien de réglé… Mais bon on est bien à Paris, même s’il fait moche aujourd’hui ! (rires).

pas les noms des gens… je ne les enregistre pas… Par exemple, pour ce tournage, ce n’est qu’au bout d’un mois et

N’as-tu jamais eu de regrets d’avoir tourné

demi que je commence à les connaître !

ce film de Ridley Scott, Mensonges d’Etat,

Je ne connais pas trop les films contem-

début de tes problèmes avec ton pays ?

porains non plus, car ma culture va plutôt vers les films plus anciens. Comme le

Mais pas du tout, c’était le cadeau de ma

cinéma de Truffaut, Bresson, Godard. Et

vie ! Cela m’a ouvert pleins de portes.

il est vrai que, quand je suis à Paris, je

Moi je crois vraiment au destin. C’est

vais au cinéma Chistine, voir des films

une valeur très forte en Iran, mais peut-

anciens. Je pense que c’est Adèle Exar-

être moins ici en Occident… J’ai depuis

chopoulos qui va gagner…

retravaillé avec Ridley sur le projet Exodus, et il a été surpris de voir comment j’avais changé en cinq ans et comment 99


je m’étais épanouie depuis mon exil. Je

Paris, j’ai l’impression que l’on est tou-

crois que c’est Paris qui libère spéciale-

jours coupable d’un poids que l’on porte

ment les femmes. Je conseille à toutes les

toute la vie, comme la liberté sexuelle

femmes du monde de venir habiter au

par exemple. Mais il est vrai que quand

moins un an à Paris. La ville libère plein

on découvre l’autre côté de l’Iran, des

de choses en nous.

services secrets, c’est comme quand on marche sur la glace, ça peut casser à tout moment.

Peux-tu nous rappeler le déroulement des choses en Iran suite à ce tournage ? Je suis donc rentrée en Iran et quelques temps après, je devais repartir pour tourner un nouveau film et ils m’ont confis-

Et dévoiler ta poitrine en 2012 sur la vidéo des pré-nominés aux César, était-ce une nouvelle provocation de ta part ?

qué mon passeport à l’aéroport et ne

Je dois bien dire que j’aime provoquer,

m’ont pas laissé repartir. Cela a duré sept

tout le temps. Et je savais que cela allait

mois. Et j’ai du donner une forte somme

faire réagir mais pas à ce point là. Il y a

d’argent pour pouvoir le récupérer...

eu deux choses, d’abord la photo où mon

J’ai compris après que le gouvernement

sein était couvert, que j’ai totalement as-

pensait que c’était un plan de la CIA de

sumé. Puis il y a eu cette vidéo où je

me faire tourner dans le film de Ridley

pensais que le cadre allait être au dessus

pour détruire le visage de l’Iran. Une

de ma poitrine, ce que l’on m’avait certi-

sorte de paranoïa absolue ! Et quand je

fié. Puis après je suis parti en Inde et je

suis ressortie du pays, ils n’arrêtaient pas

ne me suis plus occupé de ça… Cela a été

de m’envoyer des messages pour que je

un gros débat sur Internet et à la fin, cela

rentre et cela a fini de me convaincre de

a fini de manière très positive. Dès qu’un

ne plus rentrer.

tabou est cassé, il est cassé pour toujours. Et j’aime bien casser les tabous.

Pour que l’on se rende compte, qu’est-ce

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qu’une femme a le droit de faire à Paris

As-tu une certaine nostalgie de ton pays

qu’elle ne peux pas faire en Iran ?

d’origine ?

Moi je pense que c’est l’inverse, il faut

Oui, mes proches me manquent profon-

parler des choses que les femmes ne

dément. C’est comme un enfant qui est

peuvent pas faire ici qu’elles peuvent

mort, la douleur est toujours là mais on

faire en Iran ! (rires). Moi je n’ai jamais

accepte. Ce n’est pas la peine d’y penser

été aussi libre que quand j’étais en Iran.

tout les jours car il y a toujours quelque

Cette liberté, c’est la liberté d’esprit. A

chose qui nous rappelle une partie de


Ensemble top et jupe AZZEDINE ALAIA, montre reverso JAEGER LECOULTRE, bottines ouvertes à lanières GIUSEPPE ZANOTTI

notre pays, que ce soit les odeurs, les

C’est mon grand amour, je l’ai découvert

saisons… Il vaut mieux ne pas rajou-

en Inde il y a dix ans. C’est très difficile

ter à cela, car on peut vite tomber dans

de s’en procurer un car il n’est pas com-

la noirceur et la déprime. D’ailleurs,

mercialisé. En plus, c’est difficile à fabri-

au Père Lachaise, tu trouves pleins de

quer car il y a un secret de fabrication.

tombes de poètes ou d’écrivains Iraniens

Je suis allée en Suisse à Bernes tapé sur

qui se sont suicidés. Il faut toujours être

la porte des gens qui le fabrique pour

vigilant et être conscient de ne pas tomber

leur dire que je voulais avoir un hang,

de l’autre côté. C’est un travail sur soi.

et que je ne quitterais pas l’endroit tant qu’ils ne m’en avaient pas donné un ! Ils m’ont dit que je devais leur envoyé

Peux-tu nous parler de cet instrument que l’on voit là, dans ton salon, le Hang, dont tu joues à merveille dans le film ?

un courrier, ce que j’ai fait en insistant chaque mois, pendant un an, jusqu’à ce qu’ils acceptent de m’en fabriquer un ! Depuis je voyage avec partout et j’effraie tout le monde dans les aéroports quand

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ils voient un truc bizarre comme ça en

Tu as participé à l’album de Steve Shehan,

métal !

Hang With You, n’as-tu pas envie un jour de te revenir à ces premiers amours et sortir un album ?

Hinner Saleem a intégré l’instrument dans le film parce qu’il savait que tu en jouais ? Non, il a vu déjà l’instrument parce que je l’avais emmené au Kurdistan pour le tournage et il a trouvé ça génial. Il a donc décidé de l’intégrer au scénario, exactement comme il avait fait sur où on avait été dans un appartement où il y avait un

Oui je dois le faire depuis longtemps mais il faut du temps de disponible pour cela. Environ 6 mois. Il faut se concentrer. En fait, la musique c’est ma vraie profession et j’ai pas envie de faire n’importe quoi. C’est vraiment en moi et je peux même avouer que j’ai étudié les notes dès l’âge de 4 ans même avant l’alphabet !

piano. Il m’avait demandé de jouer un morceau, et la scène s’est retrouvé dans le film.

Pour conclure cet entretien, peux-tu nous donner ta philosophie de la vie ?

D’ailleurs, dans ta biographie, on peut lire que tu as longtemps étudié le piano avant de prendre la décision un jour de tout arrêter pour faire du cinéma… C’est le cinéma qui m’a choisi et c’est la musique qui m’a laissé ! En fait, je faisais le Conservatoire à Téhéran et j’avais un professeur qui était très dur avec moi. Et moi je n’étais pas l’élève model capable de jouer 7-8 heures par jour… Moi c’était plutôt une demie heure par semaine  ! Avoir un don ça n’a pas que du bon parce ce du coup j’apprenais vite

Il faut embrasser les choses de la vie avec une énergie positive et toujours essayer de regarder la moitié pleine du verre. Et même si le verre paraît entièrement vide, il y a toujours un peu d’humidité à l’intérieur. On peut toujours trouver quelque chose de bien dans une situation merdique. On se doit de toujours être content et satisfait en s’ouvrant vers de belles choses. C’est une philosophie de j’ai trouvé en Inde ou en Orient, de l’autre côté de la planète. Etre en paix avec soi-même et avec le monde, et écraser son égo.

mais sans travailler.

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Golshifteh est maquillée par Camille Lutz, coiffée par Gregory MasTROSTEFANO et habillée parTatina Dumabin, assistée de Marvin Latournald

Ensemble veste tailleur et jupe MAXIME SIMOENS, trench en soie blanc MICHEL KLEIN, montre reverso JAEGER LECOULTRE, bague ISABELLE MICHEL, escarpins en python vert MUSETTE


LOAN CHABANOL Par Anthony Verdot-Belaval / PHOtos : FraNçois Berthier

2014 sera l’année de Loan Chabanol. L’actrice, originaire d’Albi, est en passe de conquérir Hollywood. Au programme : Fading Gigolo avec Woody Allen et The Third Person de Paul Haggis. Rencontre avec cette frenchy très chanceuse qui fait des merveilles au pays de l’Oncle Sam.

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L’année 2014 va être synonyme de grand

pas être à la hauteur. Finalement, je me

saut hollywoodien. Comment se sent-on à

suis amusée avec l’improvisation et j’ai

l’aube d’une année aussi décisive pour votre

même découvert un amour pour cela.

carrière?

Woody est tellement drôle, intelligent et

C’est un sentiment tellement étrange. J’ai la pression et à vrai dire, je suis même terrifiée. Je me sens comme un nouveau né. Je vais devoir tout apprendre en peu de temps. Je refuse par contre de pen-

charmant qu’il m’a fait sentir comme à la maison sur le plateau de tournage. Je le sais : je suis très chanceuse. Dans ce film, je partage également l’affiche avec John Turturro et Sharon Stone.

ser où cela va me mener. Toute manière, ce serait une erreur. Je ne peux pas prévoir si les gens vont aimer mon travail. Je préfère vivre les moments au jour le jour et apprécier l’instant. Concernant l’exposition médiatique, à contrario, je n’ai aucune appréhension. J’étais mannequin bien avant d’être actrice. Je suis donc habituée à cette dynamique.

Ensuite, nous vous retrouverons dans The Third Person de Paul Haggis avec une nouvelle fois un casting incroyable : Mila Kunis, James Franco, Adrian Brody... Comment avez-vous obtenu le rôle de Sam dans ce film très attendu ? Une nouvelle fois j’ai eu une chance incroyable. J’ai d’abord envoyé une vidéo puis j’ai été convoquée pour une audition

Il y aura d’abord Fading Gigolo en avril

par Paul Haggis, lui-même. Une semaine

avec entre autre le grand Woody Allen. Pour

plus tard j’avais le rôle. Je n’y croyais pas !

un premier tournage, vous deviez avoir le

Je m’attendais tellement à rien en ten-

tournis ?

tant cette audition... Peu de temps après,

Jouer avec Woody Allen c’est bien entendu impressionnant. Surtout pour un premier film ! Il aime l’improvisation et n’hésite pas à changer plusieurs éléments dans une même scène, sans prévenir personne. Je devais être prête et investie à chaque instant. J’avoue, au départ, j’étais angoissée et je ne pensais

le tournage a commencé. Je suis devenue Sam, la petite amie de James Franco. C’est un personnage très intéressant car elle ne juge personne. Elle ne se laisse pas envahir par ses névroses, elle est très élevée spirituellement. J’ai du beaucoup travailler sur ce rôle. Sam est une femme introvertie. Je suis plutôt l’inverse, j’ai 111


l’habitude pour ma part d’extérioriser.

d’un ami à elle qui souhaite réaliser un

Mais je me suis aperçue qu’avec une di-

court-métrage. Il cherche des acteurs

rection incroyable comme celle de Paul

pour un tournage à Paris le mois pro-

Haggis tout devient plus facile.

chain. J’envoie mes publicités... Je suis choisie et je me retrouve dans son premier film. C’est un beau souvenir évidem-

Avez-vous toujours eu en tête l’envie de réaliser ce rêve américain ?

ment. J’ai appris beaucoup de choses, mais je ne pouvais pas abandonner mes cours à New-York. Je vais toujours au

J’ai commencé à travailler en France au

bout des choses que je commence. J’ai

début de ma carrière de mannequin. Mais

du faire des choix et j’ai pris la décision

très vite, je désire plus. Alors en 1999,

de repartir pour les Etats-Unis. Mais dans

mon agent et moi décidons de tenter

l’avenir, je ne fermerai jamais la porte au

l’aventure américaine et de nous instal-

cinéma français.

ler à New-York. Au démarrage, c’est un fiasco. Je ne corresponds pas aux critères de la mode outre-Atlantique. Je m’ennuie et je reviens en France souvent. En 2010, tout change. Je tourne mes premières

Retour en arrière. A quoi ressemble l’enfance de Loan Chabanol dans la région Albigeoise ?

publicités et les Etats-Unis commencent

Je suis née à Paris et non dans le sud. Ce

à s’intéresser à moi. C’est à ce moment

n’est qu’à l’âge de 6 ans que nous quit-

que je décide de faire une transition. Je

tons la capitale pour la région albigeoise.

prends des cours d’Actor Studio à New-

C’est un endroit merveilleux auquel je

York pendant un semestre puis je prends

pense souvent encore aujourd’hui: le

des cours du soir. Le « rêve » américain

paysage, le soleil, les odeurs... Dans ce

est né surement à cet instant-là. Même

beau décor, ma mère a élevé seule mes

si je me suis toujours sentie proche de

deux frères et moi. J’ai perdu mon père

cette culture.

très jeune. Ma mère a du se battre pour nous. Nous n’avions pas grand chose mais nous ne manquions jamais d’amour.

Et pourtant, vos débuts dans le cinéma se feront en France dans un court-métrage intitulé Love Collection. Ca ne vous a pas donné envie de continuer l’aventure au coeur du cinéma français ? Oui, c’était à l’époque où j’étais chez Lee Strasberg pour mes cours d’Actor Stu112

dio. Une amie me parle alors du projet

Elle était présente à chaque instant et nous a inculqué des valeurs humaines et spirituelles très importantes. Encore aujourd’hui, nous sommes tous les 4 très proches. Je vais les voir, ils viennent me voir. Nous sommes une vraie famille !


Top Carven Montre « Première » Chanel Horlogerie.


Robe Chanel

114


Bien avant le cinéma vous avez été manne-

Vous êtes également une amoureuse de l’art.

quin dès l’âge de 16 ans. Avez-vous vu cette

Vous aimez dessiner depuis votre plus jeune

carrière comme un tremplin ?

âge. D’où vous vient cet amour et cette fibre

J’ai énormément appris dans le monde

artistique ?

du mannequinat. Sur le plan personnel,

Au départ, avant d’être mannequin, je

j’ai réussi à travailler sur ma timidité ma-

désirais faire du dessin. J’étais bonne en

ladive. Côté professionnel, cet univers

arts plastiques à l’école. Je collection-

m’a également ouvert des portes. Il y

nais les 20 ! Je rêvais même de faire les

avait juste un bémol. J’ai toujours sou-

Beaux Arts. Quand j’ai commencé à faire

haité être reconnue pour ce que je suis

du mannequinat à Paris, je me suis ins-

réellement et non pour un simple visage.

crite à l’Ecole du Louvre pour prendre

C’est difficile dans ce milieu... Mais je

des cours d’Histoire de l’Art. Résultat, à

reste reconnaissante envers le manne-

chaque fois que je me retrouvais en pé-

quinat car je sais très bien que je n’aurais

riode de creux, je me demandais si ce

pas la vie que j’ai aujourd’hui sans cette

n’était pas réellement mon vrai métier.

carrière passée.

Aujourd’hui, je continue encore à dessiner. J’ai exposé à Brooklyn en septembre dernier et j’ai publié un ouvrage illus-

En 2009, vous entrez au Cours Florent puis comme nous l’avons déjà évoqué au Lee Strasberg de New-York. Etait est-ce un

tré pour les enfants intitulé « Real ET ». Cette passion est essentielle à ma vie et à mon bien-être.

moyen d’atténuer ou même d’effacer votre image de top model ? Le Cours Florent était une erreur. J’ai fait un stage de trois semaines puis j’ai

Si je ne me trompe pas, vous écrivez également...

arrêté l’expérience. Je n’étais pas faite

En effet, oui. Je suis une vraie touche à

pour toute cette théâtralité. Pour le Lee

tout. J’écris des poèmes. J’ai vraiment

Strasberg, c’est tout autre chose. Je ne

commencé lorsque je suis allée pour la

voulais pas effacer mon image de top

première fois au Vietnam, le pays d’ori-

model, je souhaitais simplement me re-

gine de mon père. Après ce voyage, je me

trouver, réaffirmer mon identité. J’avais

suis sentie différente. Je ne l’ai presque

besoin de trouver qui j’étais avec de vrais

pas connu et je me retrouvais sur ses

rapports humains sans la superficialité

terres. Mes poèmes ont pour source ces

du monde de la mode. Après plusieurs

sentiments d’amour et de nostalgie.

années de mannequinat, j’ai eu l’impression qu’une partie de moi avait été laissée de côté donc je suis passée à l’action. 115


Aimeriez-vous un jour monter sur les

que je suis la première à tenter l’inverse :

planches ?

c’est à dire une carrière aux Etats-Unis

C’est un rêve ! La scène c’est le vrai test. Pour moi, on n’est pas acteur, si on ne peut pas jouer au théâtre. J’aimerais jouer des comédies surtout mais pour-

avant même d’être connue en France. En ce moment, je travaille beaucoup pour gommer totalement mon accent français. C’est ma prochaine mission.

quoi pas des drames. J’ai déjà des auteurs fétiches comme Henrik Ibsen ou bien encore Tennessee Williams. C’est torturé, difficile mais tellement intéressant à jouer. J’espère qu’un jour j’aurais la possibilité de jouer de tels rôles.

Projetons-nous un instant en 2015. Quelle serait votre année rêvée ? Vu que je ne peux prévoir ce qu’il va se passer à la sortie de mes deux films, c’est une question difficile. J’espère sincèrement continuer sur la lancée de 2014 et

A l’aube de cette année à venir, avez-vous

faire ce que j’aime encore et toujours.

des repères ?

Je veux réaliser mes propres projets et

Je pense à Marion Cotillard en ce moment. Elle a réussi à merveille la transition France – USA, tout comme Juliette Binoche quelques années plus tôt. Elles ont énormément travaillé pour arriver à cette carrière incroyable. Mais c’est vrai

continuer à travailler avec les autres s’ils le souhaitent. Je viens de co-écrire un court-métrage avec Karina Taira, une réalisatrice américano-japonaise. Je serai également la muse d’un artiste qui sera exposé à Los Angeles en 2015. Bref, je ne compte pas attendre mon destin !

Stylisme : Hermione Harbas MAke up : Emilie Peltier hair : quentin guyen assistant photo : Martin lagardère

116


Robe Lyubov Escarpins Christian Louboutin Boucles d’oreille Vhernier


PAUL SCHRADER Par dINE DELCROIX / PHOTOS : FRANçOIS BERTHIER

Véritable légende vivante, le réalisateur américain Paul Schrader a expérimenté l’autofinancement pour son dernier long-métrage , The Canyons, qui met en scène la sulfureuse Lindsay Lohan aux côtés de l’acteur porno James Deen sur un scénario du célèbre auteur Bret Easton Ellis, son premier pour le cinéma. Pour nos lecteurs, le réalisateur a accepté de revenir sur le tournage de ce thriller controversé et de nous livrer quelques anecdotes bien croustillantes...

Par Dine Delcroix / Photos : François Berthier

118


Pourquoi avez-vous choisi de dater l’ac-

tendu parler, mais elle n’est pas em-

tion du film jour après jour à l’écran ?

ployable car elle n’est pas capable

Je voulais entrecouper les scènes par ces images de cinémas fermés et j’ai trouvé une excuse pour le faire.

Dans quel but vouliez-vous montrer ces lieux inactifs ? J’ai toujours vu le film comme un film de l’ère post théâtrale. J’avais envie de souligner que les films sortent de moins en moins aux cinémas, raison pour laquelle beaucoup d’entre-eux ferment définitivement. Cela a aussi un lien avec les personnages de l’histoire. Ils font un film mais ne lui prêtent pas beaucoup d’importance.

En quoi était-ce difficile de travailler avec Lindsay Lohan ? C’est une fille à problèmes. Même si elle perçoit son propre intérêt et qu’elle souhaite agir à son avantage, elle n’y parvient pas. Tu penses qu’elle peut changer parce qu’elle arrive à te le faire croire mais tu réalises finalement que tu ne peux rien faire pour l’aider.

d’assurer. Par conséquent, elle ne peut pas travailler. Pour assurer, il lui faudrait peut-être plus d’argent.

Quel était son comportement durant le tournage ? Elle était constamment et inutilement dans le drame. Elle faisait de la plus simple situation une torture émotionnelle. Elle était tout le temps en retard... Elle est toujours à fleur de peau et n’arrive pas à instaurer une discipline dans sa vie. C’est épuisant pour elle et pour ceux qui l’entourent.

Pourquoi avez-vous décidé d’autofinancer le film ? L’économie du film étant en train de changer, j’ai proposé à Bret, l’auteur, qu’on le paye nous-mêmes et on l’a fait. Lui, un de nos amis et moi-même avons investi 30.000 dollars chacun et nous avons obtenu 170.000 dollars via une plate-forme de financement collaboratif qui s’appelle Kickstarter. Tout le monde repartait avec 100.000 dollars. Même la promotion s’est faite via les réseaux sociaux.

Pourquoi l’avoir choisie ? Elle a un grand charisme et elle voulait faire le film lorsqu’elle en a en-

121


La distribution des rôles était-elle déjà

Avez-vous déjà rencontré ce type de per-

faite à ce moment-là ?

sonnes au cours de votre vie ?

Non, il n’y avait que mon nom et ce-

Non, mais j’ai lu et entendu des

lui de Bret, au départ.

choses à leur sujet. Le père d’Amanda Brooks qui joue le rôle de Gin s’appelle Joe Brooks et c’était un

Comment avez-vous convaincu l’auteur Bret Easton Ellis d’écrire son premier scénario original pour vous ?

violeur. Il a kidnappé ses enfants et il s’est donné la mort. Je n’ai jamais rencontré une telle personne mais je pense pouvoir les flairer.

Nous nous connaissons depuis longtemps. Pour lui, c’était un défi. Il avait une idée en tête et il écrit très vite. Nous avons tout simplement pensé que ce serait bien de faire ce film.

Pour le rôles secondaires, vous avez eu l’idée d’auditionner les gens sur Internet. Comment s’est déroulée la sélection ? Nous avons commencé à Paris. Les

Christian, le personnage principal du film, évolue dans le milieu du cinéma. Avez-vous des points communs avec lui ?

gens nous envoyaient leurs vidéos. Nous avons reçu 650 auditions du monde entier. Nous disions la vérité : «Venez par vos propres moyens

C’est un riche gamin qui produit un

à Los Anges, 100 dollars la journée,

script qu’il n’a pas lu pour un film

votre propre transports, votre propre

censé se tourner dans un endroit où

maquillage, votre propre coiffure et

il n’a pas envie d’aller. Il passe son

vous devrez faire du nu et simuler du

temps sur Internet. Je n’ai pas vrai-

sexe». Tout était dit donc nous pou-

ment de points communs avec ce

vions ainsi gagner du temps.

personnage (rires). Était-ce difficile de les convaincre de Selon vous, quel est le plus psychopathe des personnages de l’intrigue ?

jouer des scènes de nudité ? Non car la description était dans l’an-

Christian ! C’est le genre de person-

nonce. J’avais besoin d’acteurs qui

nages que Bret aime créer. Il a l’air

puissent faire de la nudité dans une

sain alors qu’il ne l’est pas.

scène de sexe à quatre mais sans réclamer plus d’argent. J’ai demandé à James Deen s’il connaissait des gens

122


et ils m’a ramené deux de ses amis.

Dans une des scènes du film, James Deen

Lindsay n’avait encore jamais tourné

se livre à un rapport sexuel de groupe

nue.

qui l’amène à expérimenter le sexe avec un autre garçon. Une première dans sa carrière ?

Nolan Gerard Fun, qui joue le rôle de Ryan est l’un des seuls acteurs à ne pas apparaître nu à l’écran... Il voulait pourtant faire une scène de nu avec Lindsay mais ce n’était pas dans le script. Il a été go-go dancer dans un club gay alors il n’aurait pas

James Deen est effectivement acteur dans le porno hétérosexuel et il ne voulait pas faire la scène gay au départ car il avait peur que cela n’entache son image de marque. Il est allé d’ailleurs allé demander son avis à Bret mais celui-ci lui a ri au nez (rires).

été gêné (rires). Le film a été plutôt bien reçu en France James Deen, qui incarne le rôle principal est acteur porno à l’origine. Comment avez-vous décidé de lui offrir son premier rôle au cinéma ? James n’a pas vraiment de désir de faire du cinéma. C’était l’idée de Bret. Bret tweete énormément. Lorsqu’il travaillait sur le script, il a tweeté qu’il était en train de donner vie à un personnage inspiréepar l’acteur porno James Deen. Ce dernier a vu le tweet et a répondu qu’il était impatient de lire le script. Ensuite, ils ont déjeuné ensemble et nous lui avons fait faire un essai qui s’est avéré concluant. J’ai compris plus tard que Brett avait aimé les deux facettes de James Deen dont la carrière est axée sur deux types de pornos : le porno tendre et le porno violent.

124

alors que la presse américaine n’a pas été très tendre. Qu’est-ce qui déplaît dans cette œuvre, d’après-vous ? J’ai l’impression que les gens ont cherché à attaquer le film pour punir Lindsay Lohan et pour critiquer son comportement en général.


blind truth

RAC

Par Dine Delcroix / Photos : Martin Lagardère

Après avoir produit plus de 200 remixes , RAC alias André Allen Anjos vient de livrer un premier album enrobé d’une pop électronique et truffé de featuring haut de gamme. Intitulé Strangers, le projet est divisé en deux parties respectivement révélées les 3 et 31 mars dernier. L’intégralité de l’album est enfin disponible ce mois-ci, l’occasion pour nous de rencontrer l’artiste pour un petit

Lorsque tu te regardes dans la glace le ma-

pouvoir aller sur Mars pour les vacances.

tin, que te dis-tu ?

C’est ringard (rires).

La plupart du temps, je me dis : «T’aurais jamais dû manger cette pizza, hier» (rires).

Si tu devais emporter une seule chose sur une île déserte, laquelle serait-ce ? Un iPhone doté d’une batterie illimitée

À qui voulais-tu ressembler quand tu étais

et contenant Spotify pour me permettre

enfant ?

d’écouter de la musique.

Quand j’étais enfant, je souhaitais faire partie de la NBA alors je voulais être grand pour être capable de jouer au basket-ball. Musicalement, mes idoles avaient généralement les cheveux longs et portaient des blousons en cuir.

Quel super héros aurais-tu aimé être ? J’ai toujours beaucoup aimé Batman parce qu’il n’a pas vraiment de super-pouvoir. Son histoire est fondée sur la technologie et la volonté.

Si tu avais une baguette magique, que changerais-tu ? J’aimerais vivre assez longtemps pour connaître une époque durant laquelle on pourrait explorer l’espace. J’adorerais 126

Quel pouvoir magique aurais-tu aimé avoir ? Celui de vivre éternellement. Cela effraye beaucoup de gens mais je trouve cela excitant.


Quel prénom aurais tu aimé porter ?

Qui veux-tu épater le plus ?

Je ne sais pas. J’ai toujours aimé mon

J’ai réalisé récemment que la musique

prénom parce qu’il n’est pas très com-

est une chose très égoïste que je fais pour

mun.

moi-même. La musique que j’écris est celle que j’ai envie d’entendre. Bien sûr, j’espère que d’autres personnes l’aime-

Que peut-on entendre comme message d’accueil sur ta boite vocale téléphonique ?

ront mais j’ai surtout envie de progresser pour moi-même.

« C’est le téléphone d’André ! ». Pendant longtemps, à la fac, j’avais un message d’accueil très lourd avec une musique en fond. C’était interminable au point que personne ne me laissait de messages.

Que ferais-tu s’il ne te restait que 24 heures à vivre ? Je les passerais probablement avec ma femme.

Quand et comment as-tu cessé de croire au père Noël ? Je ne sais pas s’il y a eu un moment spé-

De quelle question aimerais-tu avoir la réponse ?

cifique. J’ai réalisé assez jeune que ce

« Quel est le sens de la vie ? ». C’est très

n’était qu’une histoire.

vague mais j’aimerais comprendre beaucoup de choses autour de moi d’un point de vue scientifique.

Que peux tu me dire de négatif sur toi ? J’ai une personnalité qui devient vite dépendante aux choses. Quand je m’inté-

128

Quel a été ton dernier instant de solitude ?

resse à quelque chose, je m’y accroche

Quand je voyage, je me sens seul même

énormément.

si je sais que je suis entouré de gens.

Et de positif ?

As-tu menti pendant cet entretien ?

Je suis perfectionniste. Je passe beau-

J’ai eu de très bonnes questions alors je

coup de temps à travailler sur les détails.

n’ai pas eu besoin de mentir.


129


INTERVIEW PREMIère fois

CHLOe CHARLES Par Dine Delcroix / Photos : Quentin Maignien

Elle a appris la guitare seule il y a quelques années et cela semble avoir largement suffit à cette jeune canadienne pour maîtriser les orchestrations de son premier album, Break The Balance, paru le 23 janvier 2014 en France. Un disque qui porte bien son titre tant il balance avec justesse entre soul, folk et jazz. La chanteuse travaille déjà sur de nouvelles chansons et a choisi la plateforme de financement collectif par les fans, PledgeMusic, pour produire son deuxième album. C’est avec beaucoup d’amusement que Chloe Charles a accueilli nos indiscrétions concernant ses premières fois.

Premier souvenir ? J’avais cinq ans, je vivais à Toronto et je croyais que je pouvais voler (rires). Première voiture ? J’avais 16 ans et c’était une Golf multicolore et très laide ! Premier métier que tu voulais faire ? J’ai toujours voulu être musicienne car j’ai toujours aimé chanter mais je n’en ai parlé à personne avant d’avoir 18 ans. Premier baiser ? J’avais environ 12 ans, j’étais en cinquième et j’étais dans un bus rempli d’écoliers. Il y avait ce garçon qui était en quatrième. Je ne sais pas comment c’est arrivé mais on a échangé un baiser jeune et naïf en essayant de se cacher des autres enfants. C’était ridicule (rires). Premier amour ? J’étais avec un garçon de l’âge 16 ans jusqu’à l’âge de 19 ans. Ma mère l’aimait car il 130


131


se comportait comme son serviteur. Il faisait tout ce qu’elle lui demandait. Quand j’ai rompu avec lui, elle était bouleversée. Première fois ? C’était avec mon premier amour. Ce n’était pas mémorable mais c’était mignon. Je ne le laisserai pas lire cette interview (rires). Premier chagrin d’amour ? Je n’ai jamais eu le cœur brisé. C’est plutôt moi, la briseuse de cœurs. Premier animal de compagnie ? J’ai eu un lapin stupide et salace quand j’avais 6 ou 7 ans. Premier disque acheté ? CrazySexyCool des TLC. Premier film culte ? Donnie Darko de Richard Kelly. Il est parfaitement bizarre pour moi. Je le revois parfois et je l’aime toujours autant. Premier livre culte ? Le Procès de Franz Kafka. Premier prof détesté ? En cinquième, j’avais un professeur de science qui balançait des trucs sur ses élèves. Il ne connaissait pas mon nom mais il m’aimait bien.  Premier prof adoré ? C’était mon professeur principal au cours moyen. J’étais timide et j’ai réussi à vaincre ma timidité grâce à lui. Il est mort d’une crise cardiaque il y a quelques années. Première cuite ? J’avais 12 ou 13 ans et j’étais avec mes copines. Nous avons fait pas mal de trucs stupides comme vaporiser de la laque sur une flamme, par exemple (rires). 133


BLIND blind TEST test

134


ELISA TOVATI PAR DINE DELCROIX / Photos : FRANçOIS BERTHIER

Actrice, chanteuse et compositrice, Elisa Tovati est le parfait exemple d’une pluridisciplinarité réussie. Son quatrième album, Cabine 23 invite au voyage avec une sensibilité charmante qu’elle mettra au profit d’un concert sur la scène parisienne de l’Alhambra le 9 décembre prochain. Pour TheBlindMagazine, l’artiste a accepté de jouer les mannequins le temps d’une séance photos exclusive pour illustrer un BLIND TEST très spontané. Ta Madeleine de Proust ?

Ton secret de beauté ?

La cuisine ashkénaze. Dès qu’une saveur

Le bicarbonate de soude. Avec un père

correspond à ce que j’ai gouté dans mon

dentiste, les dents ont une importance

enfance chez ma grand-mère, je suis

majeure pour moi. En appliquant un peu

renvoyée à une mémoire senorielle in-

de bicarbonate de soude sur la brosse

croyable.

à dent et en frottant fort, on fait partir toutes les tâches.

Le film qui raconte ta vie ? Les Quatre Fille Du Docteur March parce

Ton antistress ?

qu’on est trois filles dans la famille et

La bouffe. Quand je suis stressée, je

que notre père est docteur (rires).

compense !

Ton livre de chevet ?

La tendance mode que tu détestes ?

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

Toutes ces publicités où les hommes

ou Le joueur d’échecs de Stefan Sweig.

sont des animaux et où les femmes les

J’adore cet auteur !

traitent comme des chiens en laisse. Je n’aime pas ce côté sado-masochiste un peu limite qui dénigre l’être humain. 135


Le détail chic pour toi ? Les chaussures.

Ta série du moment ? Ce n’est pas très original mais je viens de finir Homeland.

Ta chanson pour te sentir bien ? En ce moment, c’est Happy de Pharrell Williams.

Ton proverbe fétiche ? « Gérer, c’est prévoir ».

L’insulte que tu préfères ? C’est dans La Vérité Si Je Mens quand José Garcia dit «Nikoumouk». Je ne la dis pas mais je la trouve très drôle (rires).

Le compliment qui t’énerve le plus ? 136


« Quel courage ! ». On s’en fout d’avoir du courage dans la vie. Le propos n’est pas là car je pense que les femmes sont en général très courageuses.

Le pays où tu pourrais immigrer ? N’importe quel pays du monde, pourvu que je puisse emmener ma tribu avec moi au sens large, c’est à dire mes parents, mes sœurs, mon amoureux, mes enfants... J’ai beaucoup voyagé dans ma vie et j’ai réalisé que ce n’est pas le lieu qui importe mais les gens qui peuplent ce lieu.

Un autre métier qui t’aurait plu ? Tous les métiers du monde me plaisent et c’est pour cela que j’ai choisi celui-là. Le cinéma me permet de faire plein de métiers différents. J’aurais aimé être hygiéniste dentaire, chef pâtissière, décoratrice, productrice... Chaque film me permet de changer de personnage et c’est plaisant de pouvoir avoir plusieurs vies en une.

Qui inviterais-tu à ton dîner idéal ? J’inviterais des gens de ma vie privée à qui je n’ai pas eu le temps de dire au revoir correctement. Je pense que pour passer à autre chose, il faut avoir régler ses problèmes. On a toujours


des regrets de ne pas avoir dit les choses

Je n’ai honte de rien mais, récemment,

aux gens, de ne pas avoir revu les gens

j’ai acheté Big Bisou de Carlos.

ou d’être resté sur un malentendu avec les gens.

Le talent que tu aimerais avoir ? Le défaut que doit avoir une personne pour te séduire ?

J’ai toujours vu mon père médecin et il n’y a rien de plus beau que de pouvoir soulager quelqu’un en souffrance donc

Le défaut importe peu. Par contre, la qualité,

j’aimerais pouvoir aider les gens, les sou-

c’est d’être lucide par rapport à ses défauts. On

lager.

peut excuser beaucoup de choses aux gens à partir du moment où ils sont conscients de leurs défauts. On a tous des failles.

La question qu’on ne doit pas te poser ? « Tu pèses combien ? » (rires). Là-dessus, Le cadeau que tu rêves d’offrir ?

je réponds : « je ne sais pas car je ne me pèse pas » et c’est vrai.

Offrir plus de mon temps, plus de mon écoute, plus de mon amour, plus de mes connaissances... Pouvoir utiliser tout ce que j’ai au maximum pour les gens autour de moi. Réussir à sentir quand quelqu’un a besoin de moi et être présente quand il faut l’être pour ne pas avoir de regrets.

Le disque que tu as honte d’avoir acheté ?

Stylisme : Jessy Cotineau Make up : Elvire Thuot Hair : Sadek L.

138


MODE

PHOTOGRAPHE : FRANCOIS BERTHIER ASSISTE DE MARTIN LAGARDERE STYSLISME : TATIANA DUMABIN ASSITEE DE MARVIN LATOURNALD MAQUILLAGE: CAMILLE LUTZ


Natalya Veste à plumes rouge et parure ON AURA TOUT VU Sandales à brides bijoux GIUSEPPE ZANOTTI


Veste ballon corseté CLARISSE HIERAIX Col fourrure MAXIME SIMOENS Jupe tutu noire REPETO Boucles d’oreilles Maison OSCAR CARVALLO Pochette BERNARD DELETREZ Bottines SCHUTZ


Robe et body à col bijoux ON AURA TOUT VU Manchette et bague ISABELLE MICHEL Escarpins RAPHAEL YOUNG


Veste en fourrure GIORGIO&MARIO Choker collar en cuir ZANA BAYNE pour MISE EN CAGE


Veste ALIBELLUS Jupe-guêpière Lady citron BORDELLE pour MISE EN CAGE Collier et minaudière ON AURA TOUT VU Cuissarde MUSETTE

Gilet avant toi, Bague+collier Forever21, String Bordelle


Robe CAROLINE SEIKALY Bracelet ON AURA TOUT VU


Ensemble soutien-gorge, serre taille porte jarretelles et culotte MILLA LASCIVIOUS chez MISE EN CAGE Parure MAWI Chez L’ECLAIREUR


Robe Daniel Hechter, Serre-tĂŞte Forever 21


Trench MICHEL KLEIN Soutien-gorge GUESS Collier BIJULES


THE END OF WINTER L’actrice Katia Winter, actuellement dans la saison 1 de Sleepy hollow, la série inspirée du film de Tim burton, se devoile dans une série mode qui annonce le debut le l’été... PHOTOS : FRANçOIS BERTHIER STYLE : HERMIONe HARBAS MAKE UP : LORIANE LEGER HAIR : FABIEN MATIGNON


Soutien-gorge Princesse Tam-Tam Cape Fanny Liautard


Manteau Sportmax Code Soutien-gorge Princesse Tam-Tam


Robe BCBG Max Azria Boucles d’oreilles Dior


Robe Azzaro Boucles d’oreilles DIOR


Combinaison Elie Saab


Manteau Sportmax Code Combinaison Sinequanone Boucles d’oreilles Dior


Combinaison Sinequanone Manteau Sportmax Code


Combinaison Sinequanone Boucle d’oreille Dior


Top Tara Jarmon Jupe Sinequanone Boucle d’oreille Dior


Top BCBG Max Azria Jupe Zap Sandales Christian Louboutin Boucle d’oreille Dior


LA FILLE QUI REND BLIND La jeune Lola Bessis vient de réaliser son premier film, Swim Little Fish Swim, à New York. Attendu pour juin 2014 en France, il cartonne déjà en festival. photo : François Berthier


RETROUVEZ THEBLINDMAGAZINE LE MOIS PROCHAIN Numéro #13 SORTIE LE 10 MAI Bouclage 1er MAI

CONTACT & PUB : theblindmagazine@ gmail.com

TheBlindMagazine#12  

Starwalker, Frederic Chau, The Vamps, Darren Aronofsky, Tony Harrison, Kaiser Chiefs, Kyo, Loan Chabanol, Arnaud Ducret, Katia Winter, Elisa...

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