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Littérature Vie et mort des langues / réalisé par Paule Zajdermann. - Son et lumière, La Cinquième, 1998. - Vidéo, couleur et noir et blanc, 26 min. x 4 La série "Vie et mort des langues" comprend 4 films de 26 minutes sur des langues qui ne sont plus parlées, mais qui continuent d’exister par l’écrit, et sont encore lues. Filmés en plan fixe, quatre auteurs qui ont construit leur œuvre à partir de ces langues, Jean Bottéro pour l’akkadien, Jean-Pierre Vernant pour le grec, Pascal Quignard pour le latin et Rachel Ertel pour le yiddish, proposent une approche narrative de leurs travaux. Jean Bottéro, notamment nous apparait plus comme un conteur qu’un professeur. Des cartes, des mots, des textes, des extraits de films, des photos, des tableaux et des prises de vue réelles apparaissent en arrière-plan. Ces incrustations s’imposent parfois au premier plan et laissent les auteurs en voix off, de façon à ne jamais perdre la continuité du discours et à éviter le commentaire. Chaque auteur, qui a au préalable évoqué son engagement personnel, parle de la naissance des langues, de leur évolution historique, politique ou sacrée, met en évidence leur héritage, leur influence, et traite de leur avenir et de leur modernité dans notre société. Pour chaque auteur, une bibliographie sélective de 3 à 4 titres est proposée au générique de fin. Domaine de classement : Linguistique et littérature. 800 H ZAJD La Bête dans la jungle / réalisé par Benoît Jacquot. - Ina, La Sept, Groupe TSE, 1988. - 16 mm, couleur, 95 min. La nouvelle d'Henry James, adaptée pour le théâtre par James Lord, a été mise en scène par Alberto Arias dans une traduction de Marguerite Duras. Elle est interprétée par Delphine Seyrig et Sami Frey et filmée par Benoît Jacquot. Dans un salon fin de siècle, un homme et une femme se retrouvent régulièrement pour dîner et converser ensemble. L'homme évoque souvent la crainte qui l'habite qu'un jour une bête surgira du néant pour le dévorer. Les années passent sans que les choses ni les conversations ne changent, sans que l'amour qu'ils semblent éprouver l'un pour l'autre paraisse trouver sa réalisation, jusqu'au moment où l'attente de vivre trouve son inéluctable conclusion. Domaine de classement : Littérature anglophone du 19e s. 82+.34 JAME Jean-Michel Déprats traduit Shakespeare / par Henry Colomer. - Europimages FMP, La Sept/Vidéo,Centre G.Pompidou, 1993. - Vidéo, couleur, 26 min. Ce film est le premier d'une collection, Traduire, consacrée à de grands traducteurs contemporains, chacun abordant un aspect particulier de la traduction. "L'idée directrice de cette collection est de partir d'une simple page (un poème, un extrait d'une scène de théâtre) et de l'examiner "à la loupe", de façon à faire apparaître les questions-clefs de la traduction au fil du texte, en allant du particulier vers le général, et non l'inverse. Il s'agit donc de carnets de route de traductions en cours, ou assez récentes pour avoir laissé une empreinte vive dans la mémoire du traducteur." (Henry Colomer)Jean-Michel Déprats a dirigé l’édition des œuvres complètes de Shakespeare pour la Bibliothèque de la Pléiade ; ses traductions sont utilisées par des metteurs en scène comme Bernard Sobel, Georges Lavaudant, Jean-Pierre Vincent, Serge Noyelle, Stéphane Braunschweig... Dans ce film, c'est la Scène du chaudron de Macbeth (IV, 1) qui est choisie comme point de départ et exemple par Jean-Michel Déprats. Cette scène est montrée d'abord dans le texte original (mise en scène de Jack Gold pour la BBC), puis, au cours du film, on voit comment le metteur en scène Serge Noyelle et ses comédiens s'approprient et travaillent le texte traduit par Jean-Michel Déprats, enfin la scène du chaudron est filmée telle qu'elle a été montée au Théâtre de Châtillon, en 1993. Ces scènes illustrent et ponctuent l'analyse de Jean-Michel Déprats. Avec Shakespeare, le traducteur est confronté à un texte qui semble réunir toutes les difficultés : rédigé dans une langue archaïque, incroyablement concise et elliptique, il est aussi écrit par un acteur, pour des acteurs, et donc destiné à être compris par le spectateur dans l'instant même où se déroule l'action théâtrale. Jean-Michel Déprats justifie son interprétation des textes de Shakespeare et ses choix par une démonstration claire et élégante. Il prouve qu'il possible de recréer un rapport vivant, passionné, avec les grandes œuvres du passé. Ce film fait partager le plaisir d'une lecture soutenue, attentive, curieuse. Domaine de classement : Littérature anglophone du 16e s. 82+.31 SHAK DE Le Mythe Kafka / réalisé par Karel Prokop. - AMIP, France 3, avec la participation de la Direction du livre et de la lecture, 1995. - Vidéo, couleur et noir et blanc, 45 min. La construction de cette évocation filmée de Kafka suit de façon chronologique la biographie de l'écrivain, racontée en voix off et illustrée par différents documents, photographies, manuscrits, films d'archives de la Prague d'avant-guerre et de rares fragments d'entretiens (Max Brod, l'ami de toujours qui révéla son œuvre, une nièce, fille de sa sœur préférée). Les éléments essentiels, par ailleurs largement connus, de cette vie sans événements majeurs sont confrontés à des extraits de la Lettre au père qui en orientent l'interprétation, révélant une grande tension intérieure. En conclusion, est rapidement évoqué l'immense retentissement de l'œuvre de Kafka, où beaucoup voient la prémonition des totalitarismes du vingtième siècle. Mais cette œuvre, la lit-on vraiment ? Dérangeant quelque peu les idées reçues, les interventions critiques de Marthe Robert, appuyées sur une longue fréquentation de l'auteur, constituent finalement le point le plus éclairant de ce document de facture un peu conventionnelle, et invitent à une véritable découverte de l'écrivain Kafka dont l'œuvre résiste avec son mystère. Domaine de classement : Littérature germanique du 20e s. 83+.4 KAFK


Dante, de l'Enfer au Paradis / réalisé par Thierry Thomas. - Ina, Arte France, Mikros Image, 2006. - Vidéo, couleur, 73 min. Thierry Thomas propose une lecture originale de la première partie de la Divine Comédie de Dante, faite d’entretiens avec des lecteurs, amateurs de l’œuvre, et d’un parcours au sein d’une iconographie abondante. Celle-ci, inspirée de nombreuses gravures, peintures, sculptures (Giotto, Botticelli, Blake, Delacroix, Doré, Rodinà) est mise en scène et animée dans un décor créé en trois dimensions. L’ambition de ce film est à la fois de transmettre la beauté du poème et de comprendre ses résonances dans la vie des hommes, aujourd’hui et au cours des siècles. Le réalisateur, suivant l’ordre des chants, dans les pas de Dante et de Virgile, nous décrit l’univers fantastique de l’Enfer, cercle après cercle, jusqu’au neuvième et dernier, tandis que Jacqueline Risset, traductrice de la Divine Comédie en français, livre ses précieux commentaires, aux côtés d’une dizaine d’historiens ou d’érudits qui apportent des clés indispensables à la compréhension de cette œuvre. Celle-ci reflète les débats politiques et religieux de l’époque où il fut composé, mais sa lecture nous saisit encore puissamment aujourd’hui : une part des entretiens, la part la plus intime, est constituée de l’évocation d’imagessouvenirs que suscitent les mots du poème. Domaine de classement : Littérature italienne médiévale. 85+.2 DANT L'Exilé / réalisé par Henry Colomer. - Arte France, Artline Films, Bibliothèque nationale de France, musée d'Orsay, 2002. - Vidéo, couleur, 52 min. Le film commence en 1851 : Victor Hugo, déjà célèbre, couverts d'honneurs, est banni pour sa résistance au coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte. Il s'exile à Bruxelles, puis à Jersey, et enfin à Guernesey, jusqu'en 1870. A partir de l'œuvre graphique de Victor Hugo, mise en relation avec des photographies (grande passion de l'exil) et de larges citations extraites des œuvres écrites pendant cette période, Henry Colomer compose une fresque à la fois éblouissante et sombre de ces années d'exil, une sorte de "Hugo par lui-même", vu de l'intérieur, dans sa maturité. Le traitement graphique des dessins met en valeur les clairs obscurs, les oppositions entre ombres et lumière, tandis qu'en voix off sont lus des textes qui opposent la lutte de la démocratie contre les ténèbres de l'obscurantisme. Des morceaux lyriques (la description des barricades de 1851, celle des cachots des condamnés à mort, la vision du "mur des siècles", la description de la pieuvre, énigme du mal dans "Les Travailleurs de la mer"...) s'opposent à des textes plus intimes sur des images de Hauteville House à Guernesey, évoquant les nuits dans la proximité de l'Océan, l'écriture, le souvenir, la mort. La musique, la voix, le ton, le rythme des lectures du comédien (Jacques Fornier) forment une composition musicale qui permet d'entendre réellement le "souffle", le phrasé caractéristique des textes de Victor Hugo. Domaine de classement : Littérature française du 19e s. 84+.34 HUGO CO Victor Hugo : exil / réalisé par Axel Clévenot. - Ex Machina, France 5, Ina, Memento Production, RTBF, Sceren/CNDP, 2002. - Vidéo, couleur et noir et blanc, 57 min. En s'appuyant sur des rapports de police et des notes diplomatiques, ainsi que sur de nombreux extraits des textes de Victor Hugo lus en voix off, Axel Clévenot retrace l'exil de l'écrivain de 1851 à 1870. Les textes sont illustrés par des images tournées en décor réel, notamment à Jersey et Guernesey, par des mises en scène dans des décors créés à la palette graphique, inspirés des dessins de Victor Hugo, dans lesquels évoluent des acteurs incrustés par infographie, ainsi que par des dessins, encres, manuscrits, photographies. Le réalisateur a voulu opposer deux points de vue, l'œil du policier et le regard du visionnaire, donnant à voir deux conceptions opposées de l'ordre social et politique d'une époque. Contrairement au film d'Henry Colomer sur le même thème, qui donnait à entendre le souffle des textes de Victor Hugo, dans celui-ci, à visée pourtant plus didactique, on peine à entendre la voix de Hugo, noyée dans la musique et le flux du commentaire et des images. Le travail de création des décors (Jean-Damien Charrière) est considérable, mais le parti pris du réalisateur d'utiliser des comédiens en costumes n'échappe pas à une certaine imagerie d'Epinal. Domaine de classement : Littérature française du 19e s. 84+.34 HUGO CL Sand, le réel et l'utopie / réalisé par Anne Lainé. - Via Appia Films, Films de l'Arlequin, France 3 Limousin PoitouCharentes, 2006. - Vidéo, couleur, 52 min. «Je tenais à faire un film personnel sur George Sand qui, bien qu'ayant vécu à un autre siècle, me semble très contemporaine. Pour évoquer la pertinence de ses idées aujourd'hui, il me fallait trouver une écriture qui me permette de la rendre proche et vivante. J'ai choisi d'explorer un de ses romans méconnus, Le Péché de Monsieur Antoine, qui expose ses idées politiques et polémiques, ainsi que sa proposition utopique d'un monde meilleur. Sand y préfigure les conséquences de l'explosion industrielle sur le monde rural. Elle décrit le capitalisme naissant dans un conflit qui oppose un père et son fils concernant l'installation d'une usine importante sur la rivière, rivière que le père entend dompter à son profit, et nous parle avant l'heure d'écologie. Elle analyse la bourgeoisie naissante, sa puissance corruptrice ainsi que sa morale étriquée dont les femmes sont les premières victimes. La dureté de la vie paysanne conduit l'écrivain et ses personnages à l'espoir utopique d'une société plus harmonieuse et juste, ne fonctionnant ni sur les profits, ni sur les capitaux. Elle imagine une commune, un monde meilleur où les hommes vivraient égaux et libres dans le partage de la terre, loin du monde des profits et de la concurrence. Dans ce monde règneraient le beau, le bon, la grâce... De Nohant, le lieu d'écriture, à Gargilesse, le décor du roman (dans l'Indre), en passant par la petite usine dans le monde rural de Dun-le-Palestel (dans la Creuse) - où les ouvrières se remettent difficilement du conflit qui les a opposées à la direction du groupe Barbara -, je vais à la rencontre d'amis d'origines sociales très diverses et qui ont tous lu "Le Péché de Monsieur Antoine". Ils mettent en résonance des propos venus du XIXème siècle dans la réalité d'aujourd'hui.» (Anne Lainé). Domaine de classement :


Littérature française du 19e s. 84+.34 SAND LA André Dhôtel / réalisé par Pierre-André Boutang. - FR3, Sodapéraga, 1989. - Vidéo, couleur, 59 min. André Dhôtel, interrogé deux ans avant sa mort, explique comment il en est venu à l'écriture qu'il ne considère pas comme un métier. Passionné par l'errance, le voyage, bien qu'il n'ait guère quitté sa région d'origine, les Ardennes, il évoque aussi Arthur Rimbaud, que son père a connu, et Pierre Loti, dont la lecture a provoqué son goût pour l'évasion. André Dhôtel affectionne la forme du conte et écrit aussi bien pour la jeunesse que pour les adultes. Le film est composé d'entretiens avec l'auteur, de lectures de textes et de séances de travail où, inlassablement, la femme d'André Dhôtel écrit sous la dictée du poète. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 DHOT BO Aragon, le roman de Matisse / réalisé par Richard Dindo. - Mezzo, Les Films d'Ici, Lea Produktion, Cine Manufacture, Télévision suisse romande, 2003. - 16mm, couleur, 52 min. En 1941, au milieu de la guerre, Louis Aragon et Elsa Triolet sont allés voir Henri Matisse à son domicile à Cimiez, au-dessus de Nice, en zone libre. Aragon a 44 ans, Matisse 72. Cela faisait trente ans qu'Aragon rêvait de faire la connaissance de Matisse. A partir de cette visite il commence à écrire des textes sur le peintre pour un livre qu'il appellera "roman". Pour Aragon qui vit dans une semi-clandestinité, Matisse devient le symbole de la France résistante, de la France éternelle, le symbole de la beauté, de la lumière, de l'optimisme français. Ce "roman", Aragon a travaillé dessus pendant 27 ans. Il a été publié en 1971 par les éditions Gallimard. Le film raconte Matisse à travers Aragon, montre des tableaux et des dessins du peintre faits pendant la guerre, les dessins que Matisse a faits d'Aragon et d'Elsa Triolet, des photos de Matisse et de ses modèles. Richard Dindo a filmé à Nice en hiver 2001 les lieux où les deux hommes se sont rencontrés, les ateliers du peintre, ses fenêtres, ses balcons, ses vues sur les jardins, les fleurs, les arbres, le ciel, la mer. Le travail du montage établit un rapport subtil, fluide, dialectique entre les textes, lus par Jacques Weber, et tous ces matériaux. Le rythme mélancolique et poignant en est donné par la musique, et notamment la répétition du thème principal de la Sonate pour violon et piano en la majeur de César Franck. Richard Dindo réussit ici un film à la hauteur de la splendeur des tableaux de Matisse et du texte d'Aragon. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. Art XXème. 84+.4 ARAG MA Artaud Cité : Atrocités / réalisé par André S. Labarthe. - Amip, France 3, 2000. - Vidéo, couleur, 47 min. " Il " est malade, une maladie qui touche à l'essence de l'être et à ses possibilités centrales d'expression, un mal qu'aucun médecin n'arrivera à circonscrire. " Je puis vraiment dire, moi, que je ne suis pas au monde et ce n'est pas une simple attitude d'esprit ". Cette affirmation d'Antonin Artaud fonde la problématique du documentaire : " Antonin Artaud serait-il mort avant d'être né ? C'est une hypothèse qui irrigue, en toute absence de preuve, le film que vous allez voir. Bienvenus dans la crypte. « Un ton de circonstance ». En effet, le documentaire prend vite des allures de procès. Quelqu'un, là, quelque part, tape à la machine à écrire. Les éléments évoqués apparaissent sans fioriture, telles des pièces à conviction, sous l'œil neutre de la caméra : ouvrages cités, extraits cinématographiques ou sonore, cartes postales, un passeport pour évoquer ses voyages, un plan sur l'asile où il fut enfermé. Et, comme pour ajouter à cette mise en scène, un thème aussi obsédant qu'inquiétant court en musique de fond. En 1930, Antonin Artaud livre une ébauche de scénario à la NRF. Il est troublant de constater à quel point les quelques phrases de préambule s'appliquent exactement à la forme de ce documentaire : " On trouvera dans ce film une organisation de la voix et des sons pris en eux-mêmes [à] c'est-à-dire sans concordance avec les faits ; sons, voix, images, interruption d'images, tout cela fait partie du même monde objectif où c'est par-dessus tout le mouvement qui compte ". C'est explicitement ce rapport au monde avec ses discordances, qui pousse le réalisateur à filmer à partir " d'une petite caméra DV qui crache à 8 images/seconde ce qui reste de notre humanité. "Et pour ne pas trahir cette volonté de mimétisme qui sous-tend l'ensemble du documentaire, quelle conclusion serait plus à propos que les derniers mots d'Antonin Artaud : " etc., etc."(Extr. de Ecrivains (tome 2) : Répertoire de films documentaires sur la littérature, Paris, Ed. ministère des Affaires étrangères, ministère de la Culture et de la communication, 2002). Domaine de classement : Littérature française du 20e s. Maladies psychiatrique. 84+.4 ARTA LA Autour de Pinget / réalisé par Ursula Meier. - PCT-cinéma et télévision, Need Productions, Au large de l’Eden, Télévision suisse romande, 2000. - Vidéo, couleur et noir et blanc, 52 min. Portrait en creux de Robert Pinget, réalisé peu après sa disparition en 1997, au travers de nombreux témoignages. Chaque témoin apporte sa vision des faits concernant Pinget et son œuvre et le montage de ces témoignages utilise des procédés renvoyant au style et à la construction même des récits de l’écrivain : répétition, variation, contradiction, inquisition. L’ensemble révèle la complexité de l’homme et les fausses pistes laissées par l’auteur lui-même. Parallèlement à ces témoignages filmés en studio, sont montées des images en 16 mm, en super 8 ou des images d’archives de la famille de Pinget filmées entre 1928 et 1957. Distinctes par leur texture, ces « lectures cinématographiques » accompagnent la lecture de textes de Robert Pinget par la voix de Claude Rich, voix parfois murmurée comme une voix intérieure. La réalisatrice réussit son projet qui était de « s’interroger sur ce vers quoi tend l’écrivain au delà des mots, de décrire cette évolution qui part du quotidien pour déboucher sur la poésie et le retour à l’épure, à l’enfance, au silence. »Avec Nadia Barentin, actrice, Michel Butor, Marie Christine D’Welles, Claude Ollier, Alain Robbe-Grillet, Jean Roudaut, écrivains, Anne-Brigitte Kern, dramaturge, Joël


Jouanneau, Jacques Seller, metteurs en scène, Olivier de Magny, Jean-Claude Lieber, Madeleine Renouard, critiques, Louis Monnier, photographe, Michel Mousseau, décorateur, et Gilles Poissonnet, un voisin en Touraine. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 PING ME Avec André Gide / réalisé par Marc Allégret. - Pantheon, 1952. - 35 mm, noir et blanc, 95 min. Plus qu'un documentaire, c'est presque là un film de famille que réalisa le cinéaste Marc Allégret à la mort d'André Gide, en 1952. D'une complicité de plus de 30 ans, il livre les images intimes : Gide et ses photos d'enfant, Gide jeune homme, Gide et ses petits enfants. En filigrane se dessine l'écrivain, mais c'est l'esprit d'André Gide, et sa présence, que Marc Allégret tente de transmettre ici avant tout. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 GIDE AL Claude Simon / réalisé par Roland Allard. - Ina, La Sept, FR3, 1988. - 16 mm, couleur, 43 min. "Je suis maintenant un vieil homme et, comme beaucoup d'habitants de notre vieille Europe, la première partie de ma vie a été assez mouvementée", disait Claude Simon dans son Discours de Stockholm, en décembre 1985. Révolution espagnole, Seconde Guerre mondiale, camps de prisonniers, évasion, maladies, voyages : de ces composantes, brièvement évoquées, d'une vie "assez mouvementée", le prix Nobel de littérature se refusait à tirer d'autre conclusion que celle-ci : "Je n'ai encore, à soixante-douze ans, découvert aucun sens à tout cela. Comme on voit, je n'ai rien à dire, au sens sartrien de cette expression." Filmer trois journées d'entretiens avec Claude Simon, dans sa maison de Salses, doit tenir compte de cette donnée fondamentale : l'écrivain n'a "rien à dire". C'est cet homme "découvrant à tâtons le monde dans et par l'écriture" dont le film fait le portrait, cet explorateur "d'un paysage inépuisable", passant et repassant, comme la ligne en boucle de l'entrelacs, par des points qui sont autant de carrefours de l'œuvre : le cheval mort de La route des Flandres, les cartes postales d'Histoire, les archives familiales des Géorgiques. Ces images, ces mots, ces objets, qui sont les matériaux des livres : les "corps conducteurs" du courant qui circule dans l'œuvre ; et les seuls repères du voyageur aveugle." (Marianne Alphant et Roland Allard). Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 SIMO AL Cocteau et compagnie / réalisé par Jean-Paul Fargier. - Cinétévé, Ina Entreprise, 2003. - Vidéo, couleur et noir et blanc, 53 min. "S'approcher de Cocteau par l'effet de surface qu'il donne, affiche, entretient même, dans ses relations avec ses contemporains, avec ses proches aussi, plongé dans le tourbillon des mondanités, des élégances puis briser cette surface, faire entrevoir la profondeur, l'abîme, l'homme seul" : le réalisateur manifeste dans sa note d'intention sa volonté d'aller contre la réputation de superficialité attachée à Jean Cocteau, en mettant en œuvre une dialectique de la surface et de la profondeur dans le portrait qu'il prévoit de réaliser. A partir d'une riche iconographie composée de photos, dessins et peintures, d'une sélection pertinente dans les nombreuses archives cinématographiques, télévisuelles et sonores consacrées à Cocteau, des répétitions d'une pièce de théâtre, de prises de vue réelles, et en recourant à la palette graphique qui recrée la vivacité du trait de l'artiste, dont on voit les dessins apparaître progressivement à l'écran, Jean-Paul Fargier propose un portrait vivant dont le commentaire, à la première personne, dit par Daniel Mesguich, est composé d'extraits du Journal, "Le Passé défini", et de morceaux choisis dans la collection de portraits que Cocteau n'a cessé de tracer de tous ses amis et relations. Le film évoque bien l'artiste foisonnant, ses rencontres capitales et témoigne de sa prodigieuse créativité, mais il rend compte aussi de ses interrogations intimes sur la mort, la religion, l'homosexualité, les rêves, le cinéma. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 COCT FA Colette / Yannick Bellon, réal. ; Colette, aut. du texte ; Colette, Maurice Goudeket, Jean Cocteau... [et al.], participants. - Paris : les Films Jacqueline Jacoupy [prod.] : les Films de l'équinoxe [distrib.], cop. 1951. - 1 DVD vidéo monoface simple couche toutes zones (29 min) : 4/3, n. et b. (PAL), son. Filmée à Paris, dans l'appartement de la rue de Beaujolais, Colette s'interroge d'abord avec coquetterie sur le bien fondé d'un projet de film qui lui serait consacré. Immobilisée par la maladie, trônant derrière un bureau couvert d'épreuves corrigées, elle donne la réplique à son mari, Maurice Goudeket, à Pauline qui revient du marché ou à Jean Cocteau, venu la visiter en voisin du Palais Royal, et qui prétend lui arracher son secret sur l'art de ne rien faire. Avec un commentaire puisé dans l'œuvre de Colette qui a ajouté quelques textes de liaison, et dit par elle, sur des photos issues de la collection privée de l'écrivain, Yannick Bellon propose un portrait de l'écrivain. Elle nous fait pénétrer dans quelques-unes des quatorze maisons qu'elle a habitées, à Saint-Sauveur dans l'Yonne, en Bretagne ou en Provence et évoque ainsi son enfance heureuse, la figure centrale de sa mère, le mariage avec Willy, ses débuts d'actrice, son divorce, et sa fille, " une belle enfant, dit Colette, qui me fait encore aujourd'hui la grâce de m'aimer ". Le témoignage de l'acteur Georges Wague complète ce portrait. Film restauré par les Archives du film (CNC). Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 COLE BE


Daniel Pennac, voici des mots / réalisé par Julie Gavras. - Les Films à Lou, Arte France, 2002. - Vidéo, couleur, 72 min. Daniel Pennac est filmé dans son appartement parisien de Belleville ainsi que dans la maison de campagne du Vercors où il se réfugie souvent pour écrire et à Venise. Dans des entretiens très vifs où il se montre confiant et détendu, il évoque ses premiers souvenirs de lecture, rappelle l'élève malheureux qu'il fut, raconte comment il est devenu professeur et est venu à l'écriture : " Je suis typiquement quelqu'un qui est venu à l'écriture par la lecture ".Selon le principe de la collection "Profils", Daniel Pennac nous entraîne aussi dans d'autres univers artistiques. Il découvre au mixage les premières images du film "Balzac et la petite tailleuse chinoise" et rencontre son auteur, l'écrivain et cinéaste chinois Daï Sijie. De courts portraits présentent le dessinateur Jean-Jacques Sempé et le peintre suisse Jürg Kreienbühl. Daniel Pennac rencontre à Venise le décorateur de cinéma, Stefano Secchi, et Yasmina Melaouah, sa traductrice italienne, en Espagne, son traducteur espagnol, Manuel Serrat Crespo. Le chanteur Thomas Fersen est interviewé par un public d'enfants. Toutes ces rencontres nous rapprochent de l'univers de Daniel Pennac et complètent ce portrait. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 PENN GA François Mauriac, un journaliste engagé / un film de Jean Lacouture, réalisé par Gilbert Balavoine. - Zangra Productions, M.M.M., France 3 Aquitaine, 2004. - Vidéo, couleur, 52 min. Le film s'intéresse à l'itinéraire intellectuel et politique de Mauriac et à ses engagements de journaliste. Issu d'une famille bourgeoise, catholique et conservatrice (" J'étais à droite par ma naissance, par mon milieu social, nous étions enfermés dans notre droite ", dit la voix de François Mauriac), plusieurs événements façonnent son parcours : la participation au mouvement de catholicisme social, le Sillon, l'indignation devant l'invasion de l'Ethiopie par l'Italie fasciste en octobre 35, puis face à la Guerre d'Espagne. Le film est ensuite découpé en plusieurs périodes : "Les années noires (1939-1944) ", " Les années d'espoir (1944-1945) ", et "Le temps du Bloc-notes (1952-1970) ". Le contexte politique et intellectuel de ces différents moments est restitué par le journaliste et écrivain Jean Lacouture et par l'historien René Rémond ; l'écrivain Jean Touzot précise notamment l'attitude de Mauriac par rapport à Pétain, Jean Daniel témoigne de sa participation à L'Express, véritable transgression, et le philosophe Francis Jeanson de sa dénonciation précoce de la guerre d'Algérie comme guerre coloniale. Tous sont filmés au domaine de Malagar, la demeure girondine de Mauriac, tout comme Claude Rich qui fait la lecture des articles. Les archives sonores et filmées sont l'occasion d'entendre la voix de Mauriac et de surprendre son expression espiègle, alors qu'il se livre dans un entretien, avec lucidité et sans complaisance. Le film rend compte aussi de sa posture par rapport à l'écriture journalistique. Comme le dit Jean-Claude Guillebaud, il ne la considère pas comme un sous-produit de la littérature : "J'ai pris le journalisme au sérieux, c'est pour moi le seul genre auquel convienne l'expression de littérature engagée. La valeur de l'engagement m'importe ici au même titre que la valeur littéraire, je ne les sépare pas". Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 MAUR LA Jean Reverzy / réalisé par André S. Labarthe. - Archipel 33, la Sept, 1989. - Vidéo, couleur, 26 min. "La caméra balaie la typographie du livre tandis que la voix se lance dans une première tentative de lecture : Chapitre premier... le passage... Chapitre premier. Cette histoire commença un après-midi, loin de la mer."La caméra s'immobilise sur un mot : Polynésie. Dans ce qui ressemble à une salle désaffectée, un homme feuillette un magazine. Un homme sans âge. Il attend. Parfois, il quitte sa chaise, va à la fenêtre ou examine longuement la reproduction d'un tableau de Gauguin punaisée sur le mur. Puis il revient s'asseoir, allume une cigarette et tousse. La voix reprend : "Chapitre premier. Cette histoire...", s'aventure un peu plus loin dans le texte : "je besognais dans une grande pièce meublée d'un bureau, d'un fauteuil...", mais est interrompue par celle du témoin (Charles Juliet), qui nous fait part de sa première visite à l'écrivain : "Je lui avais téléphoné pour prendre rendez-vous et, un soir, il m'a reçu, en fin d'après-midi, alors qu'il n'avait plus de clients..."Comme mu par quelque pressentiment, l'homme qui tousse se lève, s'engage dans un couloir, pousse la porte d'un salon livré à l'abandon. Sur un moniteur télé qui semble ne fonctionner que pour les mouches, une jeune femme nue se caresse doucement la cuisse avant de river son regard sur celui de l'homme qui, maintenant, l'observe. (...).Ainsi, au fur et à mesure que la figure de Reverzy se précise (son métier de médecin, son voyage en Polynésie, sa vocation tardive d'écrivain), la lecture progresse-t-elle, se fortifiant de tout ce qui s'oppose à son cheminement, travaillant sans relâche à remonter le cours d'un fleuve dont l'écriture aurait douloureusement creusé le lit. Vers la fin de sa vie, Jean Reverzy adressait ce conseil à un jeune écrivain qui le consultait : "Vous voulez écrire ? Apprenez à mourir." (André S. Labarthe). Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 REVE LA Jean Starobinski / réalisé par Thierry Thomas. - Ina, Musée du Louvre, 1998. - Vidéo, couleur, 55 min. Jean Starobinski, essayiste et écrivain, critique, historien de l’art et des idées, s’entretient avec l’universitaire Jean-Claude Bonnet, dans le cadre de la collection des Hommes-livres. Cette collection, proposée par Jérôme Prieur, tente depuis dix ans de faire connaître des écrivains vivants, français ou de langue française, parvenus à la plénitude de leur œuvre, mais qui ont été méconnus par la télévision, qu’elle ne leur ait pas accordé la place ou le temps qui leur revient ou qu’eux-mêmes s’en soient délibérément écartés. Ces portraits sont aussi des dialogues et à chaque fois les intermédiaires, cinéastes et interlocuteurs, sont des familiers de l’œuvre capables de communiquer leur passion de lecteur. C’est encore une fois le cas dans ce film, où Jean Starobinski nous accueille chez lui, dans son appartement de Genève, ville où il est né en 1920 et où il a suivi des études de médecine avant de se consacrer à l’écriture.« Un film, écrit le réalisateur, sur un homme qui nous parle, dans son lieu où il vit avec sa femme, depuis de longues années. Rien d’autre ou presque. Cet homme est un écrivain qui a la particularité de n’être pas lui-même, tout à fait certain d’être écrivain, puisqu’il ne cesse d’écrire sur les autres (et quels autres : Montaigne, Montesquieu, Rousseau, Diderot !), de puiser dans leurs œuvres la matière de ses propres ouvrages. »Grâce à des partis pris de réalisation rigoureux, notamment pour le cadre et la lumière, à un montage qui respecte le déploiement de la parole et à


l’utilisation juste de quelques extraits de Webern, ce film rend compte avec précision et intelligence d’une œuvre éblouissante. Sont lus au cours du film des extraits de : Montaigne en mouvement, La Relation critique, Montesquieu, Portrait de l’artiste en saltimbanque. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 Ess. STAR J'appartiens à un pays que j'ai quitté : Colette à Saint-Sauveur en Puisaye, 1873-1891 / un film de Gérard Bonal, réalisé par Jacques Tréfouël. - France 3 Bourgogne Franche-Comté, Les Films du Lieu-dit, 2003. - Vidéo, couleur et noir et blanc, 50 min. A partir de photos, de cartes postales et dans le décor presque intact de Saint-Sauveur en Puisaye où est née Colette, Marguerite Boivin, érudite locale, et Alain Brunet, un des biographes de Colette, évoquent d'abord longuement la figure maternelle de Sido à travers la chronique villageoise et familiale : son arrivée à Saint-Sauveur, un premier mariage malheureux, l'arrivée du nouveau percepteur Joseph Jules Colette avec son passé glorieux de militaire, le second mariage, la naissance des enfants, les difficultés du couple à s'intégrer dans la bourgeoisie locale. Lorsque Colette, dans "La Maison de Claudine", évoque le paradis perdu de son enfance, sa Puisaye natale, le jardin familial, les campagnes et les forêts environnantes, sa mère est morte depuis déjà dix ans. L'écrivain Michel de Castillo souligne à quel point Colette, alors au seuil de la maturité, "possède" sa mère en littérature. Elle en fait une déesse-mère dont elle idéalise le portrait. C'est selon lui une "revanche sur tout ce qu'il y a eu avant". Marie-France Berthu-Couvertin, universitaire, évoque ces années où Colette a fui le milieu familial et ses problèmes et a "déserté" sa mère. Claude Pichois et Judith Thurmann, autres biographes, évoquent l'amour fusionnel entre Colette et sa mère mais aussi la révolte contre la pauvreté, les dettes, les rapports empreints de culpabilité, de reproches et de rancune entre mère et fille. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 COLE Julia Kristeva : étrange étrangère / François Caillat. - Ina, Arte France, Sofilm, 2006. - Vidéo, couleur, 61 min. Linguiste, psychanalyste, critique et romancière, Julia Kristeva, depuis son arrivée en France en 1965, s’est imposée par ses écrits, sa pratique, son enseignement et ses prises de position dans le champ théorique et social. Face à l’impossibilité de cerner dans un film la diversité et la richesse de cette œuvre et de cette personnalité, François Caillat a centré ses entretiens avec Julia Kristeva autour d’une ligne directrice, une formule : «Nous sommes toujours hors de nous-mêmes», qui se décline en «nous sommes des étrangers» ; «nous venons du continent secret du langage» ; «nous n’avons pas de centre». La problématique de l’origine et de l’exil traverse ce film car la question de l’étranger est une réflexion que Kristeva poursuit et reformule sans cesse. La langue et l’archaïsme qui se trouve au fondement de la parole sont aussi un dénominateur commun aux disciplines qu’elle a pratiquées. Julia Kristeva fait corps avec sa pensée et sa parole capte l’attention du spectateur, constamment en éveil. Les entretiens sont filmés à Paris, en Bulgarie où elle a vécu jusqu’en 1965 et dans sa maison de l’île de Ré, où apparaît Philippe Sollers. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. Psychanalyse. Linguistique et littérature. 84+.4 KRIS CA Pascal Quignard / réalisé par Jacques Malaterre. - Arte France, MK2TV, 2001. - Vidéo, couleur, 26 min. Jacques Malaterre accompagne l'écrivain Pascal Quignard dans un voyage au Japon. Il le filme lisant ou écrivant. « Ecrire n'est pas un choix, c'est un symptôme. Ce n'est pas mon métier, c'est ma vie », dit Pascal Quignard. L'image raconte le rituel qui précède l'écriture, les stylos glissés dans l'étui à lunettes, les petites pages pliées glissées dans les livres. Pascal Quignard écrit n'importe où, là où l'envie le prend. Il ne conserve aucun de ses manuscrits. Il les brûle. A Tokyo, il rencontre son traducteur, Kei Takahashi, et il se rend dans l'ouest du pays pour rencontrer l’auteure japonaise Yôko Ogawa. Grâce au voyage, à travers les rencontres, les pèlerinages et les émotions, les moments de complicité avec le réalisateur, se dessine le portrait d'un écrivain secret. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. Géographie du Japon. 84+.4 QUIG MA Pierre Jean Jouve / réalisé par Pierre Beuchot. - Archipel 33, la Sept, 1989. - 16 mm, couleur, 26 min "En 1960, Pierre Jean Jouve publie "Proses". Dans ce court recueil de petits textes, le poète, âgé, solitaire se retourne vers son passé, méditant sur son travail, ses rencontres, ses amours... En exergue, il a placé trois mots : la Voix, le Sexe et la Mort, cette trilogie condensant à ses yeux tout ce qui a occupé sa vie et son œuvre. Nous avons donc imaginé la rencontre du poète et de ses derniers textes." (P. Beuchot). Ce film se présente à la fois comme un voyage à l'intérieur de l'univers fantasmatique de l'écrivain, où se trouvent convoquées images de lieux et figures de femmes, et comme une exploration de son espace littéraire, entre-aperçu à travers la lecture d'extraits de ses œuvres, depuis "En Miroir" jusqu'à "Aventure de Catherine Crachat". En contrepoint de ce paysage visuel, un enregistrement radiophonique restitue la voix de Pierre Jean Jouve s'exprimant sur le métier d'écrire. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 JOUV BE Pierre Michon, un portrait / Sylvie Blum, réal. ; Pierre Michon, participant. - Bry-sur-Marne : INA [prod., distrib.], cop. 2004. - 1 DVD vidéo monoface simple couche toutes zones (1 h) : 4/3, coul. (PAL), son. - (Les hommes-livres)


Pierre Michon s'entretient avec Sylvie Blum dans sa maison d'enfance de la Creuse. Une réelle complicité s'est établie entre la réalisatrice et l'écrivain autour d'une commune admiration pour Faulkner, et notamment "Absalon Absalon", un des textes fondateurs pour Pierre Michon qui lui avait permis d'oser entrer dans la langue. Pierre Michon cite aussi Dostoïevski et Victor Hugo "à l'ombre desquels il se place pour se permettre d'écrire". Ces entretiens sont montés comme une sorte d'abécédaire autour de mots proposés par la réalisatrice sur lesquels Pierre Michon réagit et réfléchit à voix haute. Ce "mouvement de la pensée" est accompagné par des images filmées en super 8 de paysages en mouvement également qui forment une trame sur laquelle se pose, en off, la voix de Pierre Michon, avant de le voir apparaître à l'image. L'auteur des Vies minuscules (1999), de Rimbaud le fils (1991), du Corps du roi (2002) nous livre avec sincérité et pas mal d'humour, humilité et orgueil mêlés, les sources de son écriture liées à des éléments autobiographiques. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 MICH BL Nicolas Bouvier : le hibou et la baleine / réalisé par Patricia Plattner. - Light Night Production, Crittin & Thiébaud (Suisse), RTSR, 1993. - 16 mm, couleur, 57 min. Le hibou et la baleine étaient les animaux totems de l’écrivain suisse Nicolas Bouvier (1929-1998), auteur d'un chef d'œuvre, L'Usage du monde, paru en 1963, par lequel il a commencé sa vie littéraire. Filmé en 1992 dans sa maison de Cologny, près de Genève, il aborde différents thèmes au cours de ces entretiens : l'ici, l'ailleurs, les lectures, les mots, le travail d'écriture, la musique, le rire et les larmes, le temps, la mort. L'iconographie du film (dessins et photographies) est apportée par Nicolas Bouvier ainsi que la musique (enregistrements de musiques des Balkans). Il lit des textes alors inédits, publiés par la suite sous le titre Le Hibou et la baleine. Cette réalisation sobre et intelligente, dont la principale qualité est d’avoir su capter le rayonnement serein de l'écrivain, donne envie de découvrir l’ensemble de son œuvre (dont Chroniques japonaises, Le Poisson-scorpion, Le Dehors et le dedans, Journal d'Aran et d'autres lieux), publiée en France chez Payot dans la collection « Voyageurs », ce qui tend à l’enfermer sous une étiquette « littérature de voyage », dimension à laquelle elle ne se réduit pas. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 BOUV PL Michel Butor, mobile / réalisé par Pierre Coulibeuf. - Ina, Musée du Louvre, Regards Production, 1999. - 35 mm, couleur, 61 min. La collection des « Hommes-livres » est fondée sur le principe d’un long entretien, d’une rencontre avec un écrivain, l’interlocuteur choisi étant un familier de l’œuvre, personne de confiance et amie. Cette fois, avec Michel Butor, la rencontre n’a pas eu lieu, l’écrivain ayant refusé de se prêter au jeu de l’entretien. Confronté à ce refus, le réalisateur a dû inventer une mise en scène et une structure du film inspirée des principales figures stylistiques de l’auteur, suggérant « un univers fondé sur la fragmentation, la répétition et la modification ». Michel Butor est mis en scène, tandis qu’il répond à des questions préparées et que son regard ne croise jamais celui du spectateur, et le questionnement parallèle de Mireille Calle-Gruber, universitaire, auteur de plusieurs livres sur le « nouveau roman », est également mis en scène. Le film permet tout de même d’entendre la voix de Michel Butor, qui est sans doute le meilleur « lecteur » de ses textes. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 BUTO CO Simenon, Maigret et le marquis / un film de Jacques Santamaria, réalisé par Jacques Tréfouël. - France 3 Bourgogne Franche-Comté, Les Films du Lieu-dit, 2003. - Vidéo, couleur et noir et blanc, 502min. En 1922, à l'âge de 19 ans, Georges Simenon, rédacteur à la Gazette de Liège quitte la Belgique pour Paris. Quelques mois plus tard, il est introduit auprès du marquis de Tracy dont il devient le secrétaire particulier. Il le suit dans tous ses déplacements, réside dans les châteaux de Tracy-sur-Loire et de Paray-le-Frésil,, entre la Nièvre et l'Allier, ainsi qu'à Nevers où le marquis est propriétaire du quotidien Paris-Centre. Durant les sept mois que durera l'expérience, Simenon observe un monde dont il ne connaît rien. Bien des personnages croisés à cette époque ressurgiront dans son œuvre. Le monde des affaires, de la bourgeoisie rurale et des aristocrates fourniront au jeune romancier le cadre et l'univers de plusieurs de ses romans : "Monsieur Gallet décédé", "Les Sœurs Lacroix", "Le Cheval blanc"¸ "La Fiancée aux mains de glace", "Deuxième bureau". Le film, monté à la manière d'une investigation policière, montre comment fonctionne le processus créatif du romancier. Les "dictées" de Simenon, confidences enregistrées par l'écrivain sur son magnétophone, et des témoignages comme ceux des fils du marquis de Tracy et du régisseur du château, éclairent un aspect méconnu de la vie de l'écrivain. Avec des interventions de spécialistes de l'œuvre de Simenon, notamment Denis Tillinac, auteur du "Mystère Simenon", illustrées de photos, d'images d'archives et d'extraits de films. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. 84+.4 SIME SA Les Tribulations de Mr Sartre et de Mme de Beauvoir vers le Caucase... / réalisé par Patrick Cazals. - Les Films du Horla, Télévision arménienne, 2002. - Vidéo, couleur, 32 min. Chronique filmée des séjours effectués par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir en URSS et à travers le Caucase, en Géorgie et en Arménie, au cours des étés 1963-1965. Une voix off lit le récit de ces voyages publié par Simone de Beauvoir dans "Tout compte fait", tandis que le réalisateur retrouve les paysages caucasiens et les lieux décrits qui ont peu changé depuis 40 ans. Des témoins racontent des anecdotes de ces séjours méconnus, censurés par les médias soviétiques mais suivis pas à pas par la police politique : Alexandre Toptchyan, écrivain, Mzia Bakradzé, universitaire, Antanas Sutkus, photographe. Domaine de classement : Littérature française du 20e s.


Histoire de la Russie. 84+.4 SART Un chant nègre : Léopold Sédar Senghor / réalisé par Jean-Denis Bonan. - Candela, 2006. - Vidéo, couleur. Portrait du poète francophone et homme d'Etat sénégalais Léopold Sédar Senghor réalisé à l'occasion du centenaire de sa naissance. Le film se présente comme un récit biographique et raconte, par un tissage d'archives filmées et photographiées de lieux, de scènes et de personnages rencontrés aujourd'hui, le combat de Léopold Sédar Senghor, chantre inspiré de la négritude : sa naissance et son enfance à Joal, petite ville du pays Sérère, au bord de l'Atlantique, sa scolarité au collège Libermann de Dakar, puis ses années d'études universitaires à Paris, où en 1935, il est reçu à l'agrégation de grammaire. En février 1940, il est affecté dans un régiment d'infanterie coloniale, fait prisonnier au mois de juin de la même année, puis libéré en 1942 pour raison de santé. En 1945, il est élu député des campagnes sénégalaises. Il publie Femme nue, femme noire qui va devenir une sorte d'hymne de la négritude. En septembre1960, Senghor est élu président de la République du Sénégal. Il le demeurera pendant vingt ans jusqu'à ce qu'il quitte volontairement le pouvoir pour laisser sa place à Abdou Diouf. Il s'installe alors en Basse-Normandie : l'homme de pouvoir s'est effacé derrière le bureau du poète. Tout au long de ce parcours, et qui le jalonnera, les témoignages et les hommages d'artistes et d'écrivains qui l'ont connu, aimé et soutenu dans son combat. Tel le poète mauricien Edouard Maunick ou Doudou Ndiaye Rose, virtuose de la percussion Sabar, ou encore Amadou Lamine Sall, fondateur de la Maison africaine de la Poésie Internationale et l'un des plus importants poètes de l'Afrique francophone contemporaine. Quant à la jeune génération, elle aussi admiratrice du grand poète, elle sera représentée par sculpteur sénégalais Ndary Lo, le danseur Papa Sy et le chanteur Maïssa M'Baye. Visionnaire, Senghor aura exprimé mieux que personne les vertus du métissage, la vocation des cultures à s'interpénétrer et à s'enrichir les unes les autres. Domaine de classement : Littérature française du 20e s. Histoire du Sénégal et de la Gambie. 84+.4 SENG BO

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