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Le Journal du Public Février 2011 - N°3

>  « Kiki Van Beethoven »

le nouvel opus d’éric-Emmanuel Schmitt

> Kumps-Cogniaux de retour

avec « L’éthique du Lombric » de Stefano Benni !

Ide - Olivier Massart >Un Patricia couple de théâtre sans aucun « Doute »


édito À vous, les amis, les partenaires, les ambassadeurs, les spectateurs, les amateurs... du Public !

Ce théâtre est ce que vous avez contribué à faire de lui, un lieu d’ouverture, un creuset où se mêlent les genres et les époques, les auteurs et les idées. Nous pensons que les comédiens et metteurs en scène de la Communauté française ont besoin d’espaces qui leur permettent de s’exprimer, de se présenter. Il y a de très grands acteurs en Belgique, on ne le sait pas assez, nous ne le disons pas assez. À l’heure où l’état Belgique se remet en question, les scènes belges sont un miroir des talents de notre diversité culturelle, le terreau de nos talents d’artistes qui contribuent à faire les beaux soirs de nos vies. Les scènes sont le reflet de cette identité bigarrée qui n’a pas d’équivalent. Cette identité reconnue mais tant mise à mal peut être source de fierté, de cohésion. Au Public, nous voulons un théâtre où se croisent et se rencontrent les troupes, les générations, les disciplines. Nous allons continuer à faire les présentations, à mettre les artistes en valeur. Pour cela nous remercions celles et ceux qui nous soutiennent et s’engagent à nos côtés pour contribuer en tant qu’amis, mécènes ou ambassadeurs, à la reconnaissance des artistes. Contribuant aussi à faire en sorte que ce théâtre poursuive son travail pédagogique auprès des plus jeunes, notamment les écoles communales. Nous ne dirons jamais assez combien votre contribution permet de poursuivre nos démarches, de rendre le théâtre et les artistes accessibles au plus grand nombre possible. Mais voici déjà la deuxième partie de la saison : elle s’annonce revigorante et stimulante ! Vous la découvrirez au fil des pages de ce nouveau numéro d’Acte. Nous vous en souhaitons une agréable lecture. Patricia Ide co-directrice Le Journal du Public Février 2011-N°3 Rédacteurs en chef : Patricia Ide et Michel Kacenelenbogen Rédaction : Maryse Dhaene, Patricia Ide, Anne Mazzacavallo et Michel Vanderlinden Conception graphique et réalisation : Olivier Binamé Contacts : Maryse Dhaene et Michel Vanderlinden Impression : jcbgam Photos couverture : Décor «Kiki Van Beethoven» © Isabelle De Beir / éric-emmanuel Schmitt © Catherine Cabrol / Marie-Paule Kumps & Bernard Cogniaux © Isabelle De Beir / Olivier Massart & Patricia Ide © Le Public ACTE, le Journal du Public, est édité quatre fois par an sur papier recyclé. Le Journal est distribué gratuitement au théâtre.

Michel Kacenelenbogen co-directeur


sommaire horizons p 5   8 Le mécénat, indispensable soutien des arts et des artistes. Panorama d’hier à aujourd’hui. à l’Affiche p 10   15 De février à juin 2011, tous les spectacles du Public à Bruxelles événements p 16 Ce que le Théâtre vous propose en plus pour les 3 mois à venir : les Mardis et Invités du Public Chroniques p 17   21 Des articles, portraits, billets d’actualité ou d’humeur. Une autre vue sur le Théâtre à charleroi p 23  25 La programmation du Public à l’Espace Marignan jusqu’en juin 2011 le public en tournée

p 26

Infos pratiques p 27 Toutes les informations et les services qui agrémentent et facilitent vos soirées théâtre !

Chuuuuuuuttttttt !!!!!!! Voici, en toute indiscrétion, un petit dialogue chuchoté dans un couloir du Public :

- Tu es sûr ? - C’est le bruit qui court. Mais c’est encore top secret, hein ! - Ben, mon vieux…. Cyrano !? - Oui. - De Bergerac ? - Tu en connais un autre… ? - Et quoi encore ? - On parle d’un Molière, de Marivaux… Ah ! Et de Romain Gary aussi. - Et le Hitchcock, c’est confirmé ? - Il paraît, oui. - Elle promet, la prochaine saison. Que de grandes œuvres, quoi ? - Et de grands interprètes comme Olivier Massart, Janine Godinas, le retour de Patrick Descamps et plein de jeunes acteurs aussi. Mais motus… - … et bouche cousue.

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Horizons

Pour

l’amour

Art

de l’

P

our commencer, un peu d’histoire : Caius Cilnius Mæcenas (Mécène) était un lettré proche de l’empereur Auguste qui l’employa comme diplomate, administrateur et conseiller. Il a consacré sa fortune et usé de son influence au profit des artistes. Virgile, Horace, Properce, par exemple, bénéficièrent de ses largesses. Les poètes qu’il encouragea lui rendirent ses bienfaits en le louant dans leurs œuvres, faisant ainsi de Mécène le patron des poètes. Ensuite, l’idée de mécénat semble liée, dans l’esprit général, à la Renaissance. Mais le Moyen-âge aussi a connu ses mécènes et beaucoup de cathédrales, de vitraux doivent leur splendeur aux rois, seigneurs, prélats ou groupements de commerçants qui pensaient ainsi racheter leurs péchés et s’ouvrir les portes du paradis. De tous temps, les puissants et les riches se sont entourés d’artistes qui travaillaient à leur gloire. Ainsi Molière bénéficia de hautes protections et Leonard de Vinci, Michel-Ange, Verrocchio et Botticelli ont pu vivre des commandes des grandes familles florentines. Laurent le Magnifique et Ludovic Sforza, sans parler des Borgia et des Strozzi, furent parmi ces grands mécènes de la Renaissance. En France, Georges d’Amboise, François 1er et Jacques Cœur patronnèrent aussi les artistes. Tous contribuèrent ainsi au développement des arts et des techniques. Et des artistes comme Breughel, Dürer, Arcimboldo et le Titien ont eu aussi leurs protecteurs.

Michel-Ange - Chapelle Sixtine, Vatican

Certains mécènes cependant, loin de chercher à se faire glorifier par artistes interposés, ne recherchaient rien d’autre que l’essor des arts et des sciences. Ceux-là ne désiraient la beauté et le progrès que pour le seul amour de l’art. Mais ces mécènes-là sont de plus en plus rares, et le temps est révolu de ces amoureux des arts qui ouvraient leurs portes et leurs cassettes à des peintres, des musiciens, des chorégraphes ou des acteurs pour le seul plaisir d’inonder le monde de beauté et d’offrir aux artistes qu’ils appréciaient le confort de la création sans contraintes. Il y eut bien des troupes de ballets qui furent ainsi « sponsorisées » par tel mécène russe ou des couturiers qui ont dû à des généreux donateurs l’essor rapide de leur carrière. Aux XIXème et XXème siècles, ce sont les grands patrons, américains essentiellement, qui prennent le relais des seigneurs, des papes et des rois. Les Rothschild, Gugenheim, Cartier, le marquis de Cuevas, les de Noailles, et autres Pierre Bergé sont parmi les grands mécènes du siècle passé. Beaucoup ont créé des fondations (Cartier, Ford, Reynolds) qui assurent l’essor de ces activités de mécénat.

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Horizons Le mécénat est donc la promotion et le développement des arts et des lettres, des sciences ou autres domaines par des commandes à des artistes ou des soutiens que leur procure le mécène, que celui-ci soit une personne privée, une entreprise ou une organisation. Aujourd’hui le mécénat ne touche pas que les milieux culturels, il s’applique aussi à d’autres sphères: recherche et développement, éducation, ONG, sport, etc. Mais en fin de compte, le mécénat culturel est peu développé, contrairement aux actions visant l’environnement ou la recherche par exemple. Le mécénat est donc avant tout le fait d’entreprises qui lient leur image à telle ou telle création et qui encouragent les arts et les artistes en tablant sur une retombée directe ou indirecte en termes d’image. Heureusement ces entreprises, ces dirigeants existent et ils contribuent grandement au retentissement et à la diffusion de la culture. En Belgique, ils sont même récompensés annuellement par des prix, les Caïus, qui mettent ainsi à l’honneur telle ou telle société ayant œuvré dans le développement et la valorisation d’activités et d’œuvres artistiques. Ils sont décernés depuis 1989 par l’asbl Prométhéa qui tend à rapprocher le monde des arts et celui de l’entreprise.

Des entreprises s’associent aussi aux États pour de grands travaux culturels. Ainsi en France, certaines rénovations du Louvre ou de Versailles doivent beaucoup à de grands groupes. Mais aussi à des particuliers, des groupements, des collectivités qui ciblent, plus modestement mais tout aussi utilement, le sauvetage de telle statue, l’entretien d’une partie de parc, la restauration d’un tableau. L’existence de certains musées et l’enrichissement de leurs collections relèvent souvent plus du mécénat ou du sponsoring que de l’aide de l’État. D’autre part, le mécénat environnemental prend aussi de plus en plus d’importance dans ses activités de soutien. La Belgique aussi a ses mécènes et un des derniers exemples marquants de ce que le mécénat peut offrir au public est la précieuse rénovation de la Villa Empain par la Fondation Boghossian qui a rendu son lustre original à ce bijou de l’art nouveau. D’autres grands mécènes cèdent à l’état ou à des musées des collections privées qui deviennent alors accessibles au plus grand nombre. Le mécénat est devenu pragmatique et souvent calculé en termes de retombées. Cependant, il y a encore des amateurs d’art, des « amis », des artistes qui à leur manière et à leur échelle encouragent la création. Ces particuliers généreux et souvent anonymes lèguent des collections d’œuvres d’art, des bibliothèques entières, voire des bâtiments.

Villa Majorelle, de la fondation Pierre Bergé, Marrakech. Photo © Vassilia van der Heyden

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Horizons

Ils désirent sauvegarder et pérenniser l’art et la culture et les ancrer dans la cité. Ils aident ainsi, à des degrés divers, de nombreuses institutions, y compris des théâtres, car ils ont le souci moral d’aider les arts et de propager la beauté et la culture. Le Public peut compter aussi sur ces « amateurs d’art », au sens premier d’amoureux des arts. Ainsi les « Ambassadeurs » du Public qui ouvrent leur porte à des amis et des voisins pour que des artistes puissent venir leur parler de leur métier, de théâtre, de la saison qui s’annonce et répondre à toutes les questions. Il y a aussi les « Partenaires », commerçants, entreprises, qui offrent à leurs clients, comme un cadeau culturel, des places de théâtre. Il y a enfin les « Amis du Public » qui marquent à chaque occasion leur attachement au théâtre. Ils sont de tous les événements et apportent leur soutien au Public dans tous les bons et les moins bons moments. Mais ce soutien prend parfois des formes étonnantes et Le Public héberge depuis quelques années l’incroyable bibliothèque que lui a confiée Marc Liebens. Une belle démarche qui nous permet de bénéficier d’une documentation exceptionnelle. En signe de remerciement pour l’aide si précieuse de tous ces fous de théâtre, nous leur avons consacré une joyeuse soirée de Noël le 18 décembre dernier. *(v. -70 av. J.-C. - 8 av. J.-C.) ** source : Wikipédia Nos remerciements à Prométhéa (Madame Moreau) pour les documents et les précieux renseignements relatifs au mécénat en Belgique francophone.

Frank O. Gehry - Musée Guggenheim, Bilbao Photo © Jacques Palut

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Horizons Pour rejoindre les « Amis du Public », les « Ambassadeurs » ou les « Partenaires » rien de plus simple, il suffit d’en faire la demande. Pour les Amis du Public, choisissez librement le montant de votre soutien pour être automatiquement inscrit. Une attestation pour une déduction fiscale vous sera envoyée pour les dons à partir de 40€. Pour tout renseignement, il suffit de s’adresser au théâtre ou d’envoyer un e-mail à nele.quaghebeur@theatrelepublic.be Henri Lederhandler est depuis des années le Président des « Amis du Public ». Il nous trace en quelques lignes l’histoire et le pourquoi du comment des « Amis ».

Photo © Le Public

Il y a environ 7 ou 8 ans, Michel Kacenelenbogen, dont je suis un ami de longue date des parents, m’a approché pour me faire part de son désir de créer les « Amis du Public » à l’instar de ce qui se faisait dans d’autres institutions. J’ai immédiatement apporté mon concours à cette idée de créer une association qui soutiendrait toutes les initiatives du théâtre et dont les membres, moyennant une petite cotisation, marqueraient leur attachement aux objectifs du Public. Michel m’a alors proposé d’en être le président, ce que j’ai accepté. Plus que jamais, en ces temps d’incertitude budgétaire, je crois qu’il est essentiel de soutenir moralement et financièrement le monde culturel et en l’occurrence un théâtre actif et de qualité. Tous ceux qui le désirent peuvent rejoindre les « Amis » et ainsi soutenir Le Public et bénéficier aussi de certains avantages, comme être conviés en priorité à la présentation de la nouvelle saison et à tous les événements organisés par le théâtre: Lectures, Invités et Mardis du Public et autres manifestations ponctuelles. à part une assemblée générale annuelle, l’ambiance est plutôt informelle et amicale, mais je crois cependant qu’afin d’attirer de nouveaux membres, « Les Amis du Public » devraient améliorer leur structure et déterminer à quelles initiatives du théâtre ils souhaiteraient se voir associer plus particulièrement. Nous pourrions ainsi établir un programme d’activités correspondant à leurs souhaits.

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S’abonner

c’est

malin !

Abonnement « Quand le théâtre fait son cinéma ! » 3 spectacles* au prix de 50 € (au lieu de 66 €)

Box-Office de David Mamet (Petite Salle du 08/02 au 26/03/11) Doute de John Patrick Shanley (Salle des Voûtes du 22/03 au 07/05/11) Un fil à la patte de Georges Feydeau (Grande Salle du 10/05 au 25/06/11)

Abonnement du Mercredi : 5 spectacles au choix* pour 50 € (au lieu de 110 €)

Offre "découverte"

Abonnement 3 spectacles + 1 dîner à 75 € (au lieu de 91 €) Spectacles à choisir* dans le programme de saison + 1 dîner au Resto du Public (menu : entrée - plat - dessert / hors boissons) avant ou après un des 3 spectacles de votre choix *Sous réserve des disponibilités lors de la réservation

au Théâtre Offrir des soirées c’est

original et sympa !

2 chèques CADEAU Le chèque « Dîner-Spectacle » pour 2 personnes à 85 € ( au lieu de 94 € )  2 places pour un spectacle à choisir parmi les 8

spectacles de la saison*

2 dîners (menu : entrée - plat – dessert/ hors boissons) au Resto du Public avant ou après le spectacle

Le chèque « Découverte » à 75 € ( au lieu de 91 € ) Abonnement 3 spectacles à choisir* dans le programme

de saison + 1 Dîner ( menu : entrée - plat - dessert / hors boissons ) au Resto du Public avant ou après un des 3 spectacles de votre choix

*Sous réserve des disponibilités lors de la réservation

Infos/Réservations : 0800/944 44 - www.theatrelepublic.be


à l’Affiche

Une saison en vie

!

Ldu ’éthique lombric  de Stefano Benni

Marie-Paule Kumps & Bernard Cogniaux Photo © Isabelle De Beir

Du 02/02 au 12/03/11

Entre Boris Vian et Woody Allen, il choisit le rire comme riposte au cynisme du monde contemporain !

Salle des Voûtes - Création Avec Bernard Cogniaux et Marie-Paule Kumps Mise en scène Sylvie De Braekeleer

Une langue inventive et moqueuse : c’est délirant, jouissif, génial et personne n’est épargné. Ses personnages déconcertants, comiques ou pathétiques bouleversent parfois, émeuvent toujours.

Marie-Paule Kumps et Bernard Cogniaux vous racontent des histoires, plein d’histoires ! .... Des histoires signées Stefano Benni, l’un des auteurs contemporains italiens parmi les plus étonnants, les plus intéressants; un auteur en colère, inventif et drôle ! Benni s’amuse des codes de nos vies modernes, y répond par ses mots aussi légers que perspicaces et parvient à réveiller, le temps de quelques chroniques, nouvelles ou fables, notre envie de résistance, notre imagination et nos espoirs d’enfants.

Voilà un auteur que Bernard Cogniaux et Marie-Paule Kumps devaient rencontrer, eux qui s’amusent tant à nous parler du monde d’aujourd’hui avec ironie et fantaisie, pour taper avec le marteau du rire sur les clous de la pensée... !!

Entrez dans un monde fantastique et loufoque, vivez des situations désopilantes et abracadabrantes ! En virtuose, l’auteur jongle et invente des univers à la fois invraisemblables et étrangement familiers. Il raconte un monde où la naïveté, la fantaisie, la poésie, ont cédé le pas au cynisme, au réalisme plat, à la rentabilité.

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Une création et production du Théâtre Le Public.

La girafe La girafe a le cœur éloigné de la tête elle est tombée amoureuse hier et elle ne le sait pas encore Stefano Benni


à l’Affiche Février  Mars 2011

Box-office de David Mamet Du 08/02 au 26/03/11 Petite Salle - Création Avec Nina Drecq, Francis Lombrail et Philippe Sivy Mise en scène Anne Bourgeois Un grand producteur, Bobby Gould, et son associé Charlie Fox vont décider du film qui doit faire d’eux des hommes riches. L’arrivée de Karen, jeune intérimaire convaincue que le cinéma peut changer le monde, va engager un véritable combat entre les deux hommes : le charme et l’évidente pureté de la jeune femme réveillent en Bobby Gould les rêves de jeunesse d’un cinéma militant et humaniste. Charlie Fox, lui, est aveuglé par l’angoisse de l’inaccomplissement. Alors, ambition commerciale ou idéal artistique ? Une question qui pourrait bien affecter leur vie entière ! L’auteur à l’humour ravageur dissèque sans concession l’âme et les comportements de ses personnages : il les place face à des circonstances qui les obligent à lutter pour justifier leurs choix,

les renvoyant même à l’idée d’une responsabilité divine... Mais, au final, la lutte est bien plus subtile, bien plus éprouvante et plus belle que celle qui oppose simplement « le bien au mal ». Sous des allures de comédie aux dialogues fulgurants, l’auteur mène une réflexion aiguë sur le conflit qui oppose la raison, autrement dit l’argent, à l’art. Un tableau de la fragilité de l’homme face à ses convictions, qui laisse ses personnages désoeuvrés, aussi misérables que puissants ! C’est intelligent, nerveux et drôle ! Une création et production du Théâtre Le Public et du théâtre du lucernaire.

Aux hommes de bonne volonté de Jean-François Caron

Du 09/02 au 05/03/11 Grande Salle - Création Avec Patricia Ide, Nabil Missoumi, Audrey Riesen, Bernard Sens, Réal Siellez et Philippe Vauchel Mise en scène Vincent Goethals

Nabil Missoumi

Photo © Marianne Grimont

Jeannot est mort à 14 ans. Il laisse à sa famille un testament et quelques objets fétiches. Par l’entremise d’un notaire très ordinaire et du testament qui ne l’est pas, Jeannot le rebelle exprime sa révolte. Celle d’un jeune garçon pas reposant pour un sou, qui crie à sa famille son manque d’amour. Crever l’abcès de la pleutrerie des sentiments, de la couardise du coeur, de la lâcheté de l’âme est en somme sa dernière volonté ! « Je manke damour tou lè jour, je sui come sa, je sui an manke damour ». Jeannot inscrit sa révolte dans le texte même de ses dernières volontés. Son testament a l’orthographe délibérément anarchique car sa rébellion avait atteint les fondements de son être ! Servis par une mise en scène d’une grande intensité, les comédiens s’engagent tout entiers dans les mots de Jeannot et de sa famille pour donner corps et âme à ce jeune amoureux fou de la vie.

Texte superbe d’un auteur canadien, qui tombe à pic en ces temps d’incertitudes, et qui nous murmure que l’avenir sera amoureux,... ou ne sera pas. Dans une langue crue sans complaisance, Jeannot et sa famille nous offrent un spectacle pas ordinaire, et poussent le cri de révolte de toute une génération qui s’asphyxie dans des contraintes, des normes et des perspectives d’avenir trop étroites ; c’est un appel (urgent) à la liberté pour tous les hommes de bonne volonté. Une création et coproduction du Théâtre Le Public, du Théâtre de Namur et de Théâtre en Scène, avec la participation du Centre des Arts scéniques.

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mars > avril 2011

à l’Affiche Mars  Avril 2011

KVan iki Beethoven

Nicole Valberg

Photo © Isabelle De Beir

d’éric-Emmanuel Schmitt Du 08/03 au 30/04/11 Grande Salle - Création Avec Nicole Valberg Mise en scène Daniela Bisconti

L’aventure d’une femme, Kiki, la soixantaine rayonnante, qui va, grâce à un masque de Beethoven découvert par hasard dans une brocante, changer sa vie ainsi que celle de ses trois amies. Une fable sur la jeunesse perdue, les émotions refoulées, les secrets ensevelis. Un vrai trajet initiatique : grâce à la musique de Beethoven qui sert de clé, les quatre femmes vont ouvrir des portes intérieures essentielles, celles qui les coupaient de leur véritable histoire, celles qui les protégeaient de leurs chagrins ou de leurs sentiments.

éric-Emmanuel Schmitt

Photo © Catherine Cabrol

Un monologue drôle, original, émouvant qui passe élégamment du rire aux larmes. La force de Beethoven s’adjoint à la poésie de Schmitt pour créer une œuvre insolite qui célèbre l’humanisme, le courage. Un véritable Hymne à la Joie. Daniela Bisconti Photo ©  J-C Wolff

Nicole Valberg

Photo ©  Isabelle De Beir

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Une création et production du Théâtre Le Public.


Doute

à l’Affiche Mars   Avril 2011

 de John Patrick Shanley

Du 22/03 au 07/05/11 Salle des Voûtes - Création Avec Patricia Ide, Caroline Kempeneers, Olivier Massart et Babetida Sadjo Mise en scène Michel Kacenelenbogen

Patricia Ide & Olivier Massart Photo © Le Public

Dans une école catholique du Bronx, le Père Flynn assume les fonctions de professeur de sport. La directrice le soupçonne d’entretenir des rapports ambigus avec un pensionnaire de l’établissement. Cherchant à l’éloigner du jeune garçon, elle tente de convaincre sa mère et la jeune Soeur James de la culpabilité du prêtre. Mais ces accusations sont-elles fondées ? On dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu ? Mais qui a allumé l’incendie ? « Doute », c’est l’histoire exponentielle d’une rumeur, celle qui ravage la vie des personnes autour d’elle, celle qui s’attaque à des sujets sensibles, celle qui tue. Plus que jamais, dans une société qui jongle sans cesse entre détournement de l’infor-

mation et légitimation des rumeurs, la dynamique, les interrogations et les constats que pose cette pièce sont d’actualité : la problématique, toute shakespearienne, de la rumeur et de la relativité de la vérité, questionne l’individu, sa relation avec les autres et la place qu’on décide d’accorder à cette Vérité. Et surtout, la pièce met le doigt sur un doute essentiel, le seul qui puisse freiner une rumeur, qui soit réellement humain et qui permette la remise en question : le doute de s’être trompé sur ses doutes. Servie par une troupe en quête de vérité ! Une création et production du Théâtre Le Public.

Au bout du rouleau de Manon Pulver

Du 06/04 au 07/05/11 Petite Salle - Accueil Avec Claude-Inga Barbey et Pascale Vachoux Mise en scène Daniel Wolf Créé avec succès la saison dernière, « Au bout du rouleau » est une comédie de l’épuisement à la causticité hilarante. Dans un improbable salon de coiffure self-service, deux femmes s’affrontent, se livrent, se manquent dans une consumation existentielle et explosive. Claude-Inga Barbey et Pascale Vachoux interprètent ces belles au bord de la crise de nerfs pour notre plus grand bonheur. Une création et coproduction de La Comédie de Genève-Centre dramatique en collaboration avec la Cie Théâtre des Beaux Jours et le soutien de la République et canton de Genève pour la tournée.

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à l’Affiche Mai   Juin 2011

Un fil

à la patte  de Georges Feydeau Du 10/05 au 25/06/11 Grande Salle - Création Avec Muriel Cocquet, Christelle Cornil, Isabelle Defossé, Beatrix Férauge, Thierry Janssen, Sandrine Laroche, Olivier Massart, Fred Nyssen, Guy Pion, Real Siellez, François Sikivie,… Mise en scène Michel Kacenelenbogen

Fernand de Bois d’Enghien est venu déjeuner chez sa maîtresse, la chanteuse Lucette Gautier, avec la ferme intention de rompre : Il va en effet se marier avec une autre… Mais l’annonce de son mariage est déjà passée dans le Figaro : il doit à tout prix en empêcher la lecture à tous les amis réunis chez Lucette ! L’histoire se complique quand la mère de sa fiancée débarque et engage Lucette à venir chanter chez elle…pour les fiançailles de Fernand avec sa fille ! Vous voyez le genre ?... Pauvre Fernand, couard, menteur, hypocrite, superficiel, mais tellement charmant, qui se retrouve cul par-dessus tête, complètement dépassé par les évènements, les femmes, les importuns….

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Un spectacle qui dézingue joyeusement la petite et la grande bourgeoisie (et les autres) qui ne pensent qu’à l’argent et au… (mais non on l’a pas dit !). Un vaudeville féroce où tout est question d’argent : l’argent et l’amour, l’argent et le pouvoir, l’argent et l’inertie, l’argent et le qu’en dira-t-on ? ... l’argent, encore l’argent, toujours l’argent !! Mais grâce à la mécanique implacable de Feydeau et à une brochette d’acteurs épatants, l’argent, c’est promis, cette fois- ci, c’est pour en rire ! une création et coproduction du théâtre Le Public, du théâtre de l’Eveil, du théâtre de Namur et du théâtre de La Place, avec l’aide du centre des Arts Scéniques.


à l’Affiche Mai  Juin 2011

Printemps dans un jardin de fous d’Henri-Frédéric Blanc

Du 11/05 au 25/06/11 Petite Salle - Accueil Avec Alain Eloy Mise en scène Christian Leblicq Alain Eloy Photo © Hypothesarts

Monsieur Jeuf Côtelette, militant pour la farce qui cache les sentiments de paix et d’amour, vient nous conter l’histoire de quelqu’un qui, pour une fois, renonce à jouer à ce grand jeu tragique et théâtral qu’est la guerre: il feint la folie afin de fuir la boucherie de la guerre pour laquelle l’armée l’envoie prendre un ticket. Il s’estime trop jeune poussière pour retourner à la poussière . D’ailleurs, la poussière, il ne la supporte pas ! C’est pour cela qu’il a tapissé son espace d’une impressionnante collection de balais, conscient qu’en période de conflit, un appelé a davantage intérêt à se faire passer pour fou plutôt que de se faire pincer pour désertion.

« Printemps dans un jardin de fous », c’est la politique du « gai-désespoir » ! L’esthétique subversive d’Henri-Frédéric Blanc mène au rire puis à la provocation, à l’ironie ou à l’absurde, au jeu et à la destruction, à l’audace, au rêve, à l’imagination et encore à la vitesse, la beauté, la dérision. Ici l’insolite, là le cocasse, l’inconscient ou l’inspiration, ailleurs l’euphorie, l’enthousiasme mais également la tendresse et enfin le hasard. à voir, absolument ! Une production Hypothésarts – créé Au Théâtre de l’Ancre de Charleroi, avec le soutien du théâtre de la place des martyrs.

La confusion des sentiments de Stefan Zweig

Du 17/05 au 25/06/11 Salle des Voûtes Avec Muriel Jacobs, Nicolas d’Oultremont et Pierre Santini Mise en scène Michel Kacenelenbogen Après un triomphe à Paris, la saison passée, le spectacle clôture avec émotion notre saison en vie. « Seule la passion qui trouve son abîme Sait embraser ton être jusqu’au fond ; Seul qui se perd entier est donné à lui-même. »

S. Zweig Un jeune étudiant, que les études universitaires rebutent et qui préfère courir les filles, rencontre un vieux professeur charismatique, qui lui donne le goût des études…et provoque entre eux une confusion des sentiments. Qu’est-ce qui se cache derrière cette amitié intellectuelle, derrière cet intérêt de ce vieux professeur pour son jeune élève ? Jusqu’où peut conduire une passion commune pour un travail intellectuel, qu’y a-t-il chez ce vieil homme et son étrange épouse que le jeune homme ne voit pas ?

Une pièce très forte et très émouvante, où l’attachement passionné et douloureux de deux êtres s’évoque à travers l’œuvre de Shakespeare : Shakespeare qui distribue les cartes et qui secoue le jeu. Shakespeare, miroir de nos intimités les plus folles, les plus noires, les plus fortes, les plus généreuses, les plus amoureuses. Stefan Zweig, Shakespeare et Thierry Debroux ( auteur de l’adaptation ) nous écrivent pour nous dire que tout est possible… pour le meilleur et pour le pire ! Une création et coproduction DU THéâTRE LE PUBLIC et DU THéâTRE MOUFFETARD.

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événements Les Mardis du Public Pour aller plus loin, pour anticiper le plaisir et la découverte du spectacle, pour se rencontrer et débattre avant les représentations… Mardi 15 février 2011 à 18h00.

Aux Hommes de bonne volonté :

Crise d’ado ou crise d’adulte ? Relations et médiations entre parents et adolescents. Mardi 26 avril 2011 à 18h00.

Doute :

«Pas de fumée sans feu ? La rumeur en question…»

Entrée libre. Réservations vivement recommandées au 0800/944.44

Les Invités du Public éric Russon fait les présentations : Si le monde du Théâtre vous interpelle ou vous passionne, l’animateur de l’émission « 50° Nord » met sur la sellette un artiste de la Communauté française et lui pose vos questions. Venez voir, le médiateur est épatant et nos artistes ont du talent !

Ne manquez pas notre prochain rendez-vous : Samedi 19 mars 2011 de 18h00 à 19h30.

Bernard Cogniaux : Présenter Bernard Cogniaux relève du catalogue à la Prévert : acteur, auteur, en scène-

metteur, professeur, musicien plus qu’amateur, conteur, découvreur, révélateur, improvisateur… et raton laveur. Seul ou avec Marie-Paule Kumps, en gourmet-gourmand de mots qu’il est, il offre aux spectateurs de petits délices de théâtre, mitonnés au quotidien de sa poésie. En début de saison, il signait au Public la mise en scène de « Sincèrement » et nous offre maintenant « L’éthique du lombric » de Stefano Benni avec Marie-Paule Kumps. Venez voir et entendre ce fin gastronome de théâtre, il est le convive d’éric Russon qui l’interrogera sur son trajet et ses passions. Photo © Cassandre Sturbois

L’école en scène Lundi 23 mai 2011 à 14h00 et 19h00 : « L’école en scène » Après « Moi je,… », « Voyages,… » et « C’est pour rire,… », les élèves de notre commune et leur animateur Hakim Louk’Man se réjouissent de vous retrouver pour vous présenter leur nouveau spectacle, fruit de leurs ateliers-théâtre de l’année 2010-2011 ! « L’école en scène » est un projet de collaboration entre l’École Henri Frick, le Lycée Guy Cudell, la Commune de Saint-Josse-TenNoode et le Public.

Entrée libre. Infos et réservations au 0800/944.44

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Chroniques

Paroles

d’Actrices Nos actrices ont un talent immense ! Elles nous offrent soir après soir, des moments de force, d’humour et d’émotions. Voici, pour quelques-unes, ce qu’elles pensent de leur métier, comment elles le vivent et le souhaitent. La parole est à nos actrices, ces grandes dames de notre Théâtre.

Jacqueline Bir dans L’Allée du Roi Photo © Fabrice Gardin

17 Le Journal du Public / N°3 - Février 2011


Chroniques

Janine Godinas Même si « l’ici » change de seconde en seconde, de latitude en latitude, et de longitude en longitude, l’actrice reste le «maintenant» de l’acte théâtral. Elle ne cesse d’explorer, de creuser et d’approfondir. Instrument de son art, il lui faut être archer et boîte de résonnance de son vécu, de son expérience, et aussi faire résonner l’Histoire, l’histoire, l’horreur, la douleur, la beauté, le bonheur, le nouveau sorti de l’ancien, la révolte jaillie Photo © G. Focant de l’injustice, le rire sorti de l’angoisse, l’angoisse née de la mort, l’amour pour vaincre la mort. Elle est porteuse de sens, elle devrait être la philosophie parlée, la joie retrouvée. Elle est l’écume née de la vague de fond qui racle le chemin initiatique du vivant. être actrice, c’est aussi établir un lien de réalité avec le public, raviver sans cesse la sensation d’être au milieu des gens, se demander ce que cela signifie d’être là, dans cet espace donné, devant ces spectateurs-là. être actrice, c’est tout simplement ma vie.

Jacqueline Bir Être actrice ? Bonne question que je ne cesse de me poser. Voici quelques réponses. Aller jusqu’au bout de sa passion, se donner à corps perdu dans ce travail si exigeant, ouvrir son cœur, ouvrir ses veines, transmettre ses émotions, chercher à donner la quintessence, Photo © J. Pohl le meilleur de soi, le plus enfoui, livrer ses doutes, élever le débat, se délecter des plus beaux textes, les habiter, les partager. Oser tout – Être femme, Être homme – transcender le réel, se livrer tout entier, se cacher, se surprendre, être simple, être vrai, être tout, être rien. Prendre un plaisir infini à tendre vers son idéal… En somme une vie – une vie toute simple.

Jo Deseure Sous le signe de l’enchantement… Magie d’une loge où les fées de « Soudain l’été dernier » menaient avec leur baguette une symphonie endiablée. Cinq actrices se maquillant, pose de bigoudis, crêpage, coiffage, les créatures se laissant coiffer par leurs sœurs, échange de recettes en tous genres, onguents, massages, nourritures intellectuelles, érotiques, terrestres, chants, rires, visites tendres de nos compagnons d’à côté, de notre metteur en scène, murs se couvrant peu à peu d’images suaves, de textes inopinés, deux heures de pur échange dans ce gynécée de 15m², alchimie bienheureuse. L’aventure théâtrale est comme le jardinage et la cuisine : le lieu d’une alchimie complexe où la transformation s’opère sous le signe de l’amour. Sans cela, le sacré de la représentation, de la floraison ou du repas Photo © G. Focant partagé, n’opère pas. Cet endroit-là du théâtre comme rituel sacré me passionne. Toute notre énergie est concentrée vers l’accomplissement du spectacle. à l’heure de la représentation, c’est dans ce partage avec chacun d’entre vous, public, que cette énergie d’amour se transmet et allume entre vous et nous un feu particulier qui ne peut se nommer, un lien sacré. Et que nos vies soient le théâtre de l’amour !

18 Le Journal du Public / N°3 - Février 2011


Chroniques

Christelle Cornil être actrice, c’est peut-être ouvrir des portes et toucher des sensibilités, pour leur permettre de s’épanouir et de se transformer. C’est un peu comme un acte d’amour, une mise à nu pour laisser la place à autre chose que soi, à une pensée différente, à un regard neuf. Il faut de la générosité, et de l’humilité. Parce que la vérité n’est nulle part et qu’il n’y a rien à trouver. On joue des pirates, des princesses, des amoureuses, des femmes bafouées, des femmes fortes, des femmes enfant, des laides, des drôles, des casse-pieds, des sympathiques, des hystériques. On reste toujours soi-même. Mais chaque personnage que l’on aborde, chaque femme que l’on incarne, chaque émotion qui s’exprime à travers nous, s’inscrit là, quelque part, au fond de nos cellules. C’est un peu ça, l’idée… Accueillir en son sein une multitude d’êtres différents, riches et humains, et apprivoiser l’autre, l’inconnu. être actrice, c’est ma façon intime et personnelle de comprendre le monde qui m’entoure, d’apprendre à ne pas le juger, et de l’accepter tel qu’il est, en toute confiance, et en pleine conscience. C’est ce que je cherchais, et… C’est ce que j’ai trouvé…

Photo © M. Rosereau

Florence Crick

Photo © C. Louergli

Babetida Sadjo

Si on prenait le temps d’écouter ou de raconter toutes les histoires du monde, On n’aurait pas le temps de se faire la guerre. À cet instant précis pour moi, être actrice, c’est s’oublier le temps d’une histoire, oublier ce qu’on devait faire, oublier ce qu’on a à faire, c’est s’oublier ; le temps pour l’autre, le spectateur, de se reconnaître ou de se poser sa question. Pour moi, être actrice ici et maintenant, c’est se trouver un lieu de sécurité pour dire, pour dire l’indicible, pour raconter à l’autre son histoire en une phrase qui lui fait écho, ou tout le texte, ou en un geste du personnage qu’on porte dans le ventre, comme un enfant dont on accouche par la bouche.

être actrice maintenant, et dire ce que j’attends de mon métier, je ne peux pas en parler sans évoquer mon autre activité : je suis infirmière depuis 15 ans à l’institut Bordet, où je soigne quotidiennement des patients atteints de cancer et j’aime constater à quel point la comédienne et l’infirmière se Photo © I. Debeir bousculent et s’enrichissent, se soutiennent et s’équilibrent, les deux métiers agissent continuellement comme des vases communicants, fluides d’émotions, de vibrations qui s’écoulent, se distillent, se distribuent et se déposent, et lorsque je m’évade de Bordet pour faire l’actrice, ce sont la lourdeur, la rigueur hospitalière, la douleur et la mort, qu’à la fois je quitte et ramasse, un précieux fagot que j’emporte, un fardeau d’histoires qui m’aident et me nourrissent, jetées sur scène en pâture à mes personnages. Et, à l’inverse, je me rends compte à quel point l’actrice a offert à l’infirmière, ce que j’appellerais - une audace relationnelle et émotionnelleavec les patients dont je prends soin, une disposition, un engagement particulier auprès d’eux. Le métier d’actrice est devenu, maintenant qu’il vient régulièrement me chercher dans ma vie d’infirmière, une sorte de privilège indispensable à mon équilibre, à ma vie. Cette double vie professionnelle me comble totalement.

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Chroniques

Magali Pinglaut

Photo © B. Sottiaux

être actrice, c’est croire en les mots du poète dramaturge. C’est rester poreuse à eux et aux réactions des spectateurs, au plus intime de soi, le temps du spectacle. être actrice me permet d’éclairer une petite part de quelque chose que je ne connais pas, en moi et chez les autres. C’est un métier d’exigence, dur et terrible. C’est aussi le métier de rencontres magnifiques. Mes camarades de plateau, fraternité fidèle et secrète, parfois… Les spectateurs, pendant, après la représentation. Sur le plateau je dis la poésie et la brutalité du monde. Dans une langue fragile et sacrée. être actrice, c’est côtoyer l’instinct et le contrôle absolu. C’est se délester du poids de quelque chose qu’on donne aux autres. Quelque chose de mystérieux, sourd, profond et joyeux. C’est aller à la rencontre de l’humanité : la philosophie, la poésie , la peinture , la musique, etc. Immense...

Isabelle Defossé

Photo © D. Pierre

Faire quelque chose, face à l’immensité, face à l’absurde immensité. Jouer le jeu. Trop de joie, trop de colère. Des mots autres, justes, pour dire le monde et raconter son histoire, y prendre part, la transmettre, ne pas oublier, se tenir et se soutenir, créer un mouvement, même infime, même invisible. Bouger, oser y croire, oser croire qu’on se transformera, que l’on transformera. Tenter d’approcher l’autre, le différent. Caresser sa plainte, miroir de ses gouffres et de ses luttes, clown de ses terreurs. Les reconnaître, s’y reconnaître, s’y plonger. Et leur donner une voix, une existence, un sens... Pour donner du sens à tout cela... Et puis en rire, aussi, beaucoup, parce que j’adore ça.

Patricia Ide Comment je vis mon métier d’actrice ? Un peu particulièrement, puisque je suis à la fois au four et au moulin, sur les plateaux et dans les coulisses, dans les bureaux et dans les loges... Aider à la fabrication, initier des projets, provoquer des rencontres, lire, voir... être au service, entièrement au service. J’épie les opportunités, j’essaie d’être attentive aux attentes, de comprendre les désirs, de saisir les imaginaires. À ce poste d’observation, les actrices je les côtoie de près; ce sont souvent des aventurières, passionnées bien sûr mais persévérantes. À la fois elles rêvent, elles inventent, elles puisent en elles la force d’y croire, de créer malgré les temps plus qu’incertains, et les périodes en creux. Entre projets reportés, projets rêvés, projets bouts de ficelles, la crèche et les répétitions, elles façonnent au mieux leur vie d’artiste : elles sont inventives, attentives, têtues, exigeantes, parce que le théâtre exige cela. Ici le métier se vit de l’autre côté Photo © B. Sottiaux du tapis rouge et de la reconnaissance, alors ici c’est le travail bien fait avec humilité, c’est la constance, l’obstination et l’humour. Ici on reste solidaire même si on est 100 pour un rôle. Ici il n’y a aucune sécurité, c’est sans filet et c’est à cela qu’elles consacrent leur vie. Les actrices, je leur lève mon verre et tire mon chapeau, entre douceur et coup de gueule, pour moi elles sont la persévérance, je dirais même l’opiniâtreté et aussi la fidélité, au delà de tous les clivages, et les incompréhensions qu’on rencontre. Cela fait d’elles de grandes dames fortes et belles et indépendantes malgré tout. Les actrices, telles que je les côtoie, me donnent le goût de la liberté.

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Chroniques

Audiodescription  écoutez voir… L

e théâtre est un art qui se vit en direct. Ce qui se passe sur scène est unique. Il faut partager ces moments intenses avec les acteurs et le public. Il faut voir et entendre ce spectacle vivant pour en savourer la force, l’intelligence et l’émotion. Il y a des gens qui aiment tant le théâtre qu’ils parviennent à le vivre malgré des difficultés qui pour d’autres paraîtraient insurmontables. Et il y a des gens qui sont prêts à les aider à profiter de ce qui paraît inaccessible. Comme Audioscenic par exemple, une association de personnes impliquées et enthousiastes qui offrent aux déficients visuels la possibilité de vivre le théâtre malgré leur handicap. Née dans les années 70 aux Etats-Unis, l’audiodescription permet aux déficients visuels de bénéficier de commentaires qui les aident à appréhender des choses qui autrement leur seraient difficiles, voire impossibles d’accès. Le système s’est développé ensuite en Angleterre dans les années 80 avant de s’étendre au reste de l’Europe. Ce système de commentaires subsidiaires ne s’applique pas qu’au théâtre, il permet aussi l’accès au cinéma, à l’opéra, aux expositions et musées. J’ai voulu savoir comment faisaient les déficients visuels pour « voir » et vivre le théâtre, et comment on pouvait les aider à partager au mieux ce qui se passe sur scène. Je suis donc allé entendre « Sincèrement ». Et les yeux fermés, au propre comme au figuré, j’ai suivi avant le spectacle les animateurs d’Audioscenic dans la grande salle où un petit récepteur et des écouteurs sont remis aux déficients visuels afin de pouvoir suivre les informations des audiodescripteurs qui ont vu et filmé la pièce afin de préparer au mieux leurs interventions. Ils nous expliquent le canevas du spectacle, la disposition du décor, les caractères physiques des personnages pour que nous puissions « visualiser » au maximum tous les éléments du spectacle auquel nous allons assister, sans jamais en dévoiler trop pour que la surprise de la représentation reste intacte. Durant une heure et demie, j’ai véritablement « vu » Michel Kacenelenbogen et Alain Leempoel jouer « Sincèrement ». étrange sensation que de voir avec les oreilles grandes ouvertes et les yeux fermés. Et j’ai sursauté la première fois qu’une voix discrète m’est parvenue à travers les écouteurs pour me dire au tout début du spectacle : « Paul arpente la scène derrière le rideau rouge entr’ouvert ».

Ces voix, devrais-je dire, car ils sont deux audiodescripteurs à distiller alternativement les éléments qui permettent de mieux suivre la pièce. Installés dans une salle de répétition loin du plateau, ils suivent le spectacle sur écran vidéo et donnent précisément les indications nécessaires. Ni trop, ni trop peu. Car il ne faut surtout pas que trop de commentaires coulent dans les oreilles et viennent noyer le spectateur auditeur. Il ne s’agit pas de décrire le moindre geste ou déplacement, la plus petite mimique, ni les intentions les plus subtiles. On suggère plutôt qu’on explique, on distille l’essentiel pour ne rien rater d’important, mais on laisse toujours l’imagination du spectateur faire le reste. Et tout cela est dit avec des mots choisis, dans un langage concis et j’ose dire littéraire et théâtral, à l’unisson de la pièce. C’est un travail minutieux et patient et attentif. Il faut parfaitement « sentir » le spectacle pour placer l’information au moment précis, dans le silence entre deux répliques des acteurs. J’ai redécouvert « Sincèrement » et j’ai ri à des choses nouvelles, j’y ai trouvé des nuances et des intentions que j’ai comprises autrement. Sans voir les acteurs bouger en scène, je les ai sentis devant moi, jusqu’à les « voir » et à les suivre dans leurs déplacements et leur interprétation. Et c’est une expérience étonnante ! Même si je sais que pour moi elle n’a duré que le temps d’une représentation, je crois pouvoir imaginer que pour celles et ceux qui vivent en permanence dans le noir ou le flou visuel, c’est une opportunité extraordinaire de pouvoir vivre ainsi leur désir de théâtre. Le travail des audio-descripteurs est donc essentiel. Donner ainsi accès à la culture à ceux qui, a priori, éprouveraient des difficultés à en bénéficier, est l’objectif que s’est fixé Audioscenic. C’est une entreprise plus qu’utile et généreuse… Elle est indispensable ! Michel VDL

Pour toute information : Christine Welche - Responsable « Audioscenic » au 0473/549013 ou info@audioscenic.be

www.audioscenic.be 21 Le Journal du Public / N°3 - Février 2011


à l’Affiche à Charleroi

à l’Espace Marignan De l’hiver au printemps KIKI VAN BEETHOVEN

d’éric-Emmanuel Schmitt

Du 10/02 au 19/02/11 Avec Nicole Valberg Mise en scène Daniela Bisconti

L’aventure d’une femme, Kiki, la soixantaine rayonnante, qui grâce à un masque de Beethoven, va changer sa vie ainsi que celle de ses trois amies. Un vrai trajet initiatique : grâce à la musique de Beethoven, les quatre femmes vont ouvrir des portes intérieures essentielles, celles qui les coupaient de leur véritable histoire, de leurs chagrins ou de leurs sentiments. Un monologue drôle, original, émouvant qui passe élégamment du rire aux larmes. Un véritable Hymne à la Joie. Une création et production du Théâtre Le Public.

les combustibles

d’Amélie Nothomb

Du 17/02/11 au 26/02/11 Avec Kim Leleux, Jacques Viala, Marc Weiss Mise en scène Véronique Biefnot

Dans la maison d’un vieux professeur, Marina, étudiante, le Professeur et Daniel, son jeune assistant sont à l’abri de la guerre et de l’hiver. À condition de trouver de quoi alimenter le feu… Vaut-il mieux vivre de la littérature ou la brûler pour s’en réchauffer ? « Les Combustibles », c’est la question posée de la survie en temps de crise et des sacrifices que l’on est prêt à réaliser. La belle écriture de Nothomb mêle l’humour raffiné, le cynisme caustique et l’idéalisme fulgurant. UNE CRéATION DU THÉÂTRE LE PUBLIC.

23 Le Journal du Public / N°3 - Février 2011


à l’Affiche à Charleroi retrospective geneviève damas

Molly à vélo Du 17/03 au 19/03/11 Avec Geneviève Damas Mise en scène Pietro Pizzuti

Photo © D. Pierre

Elle s’appelle Molly Savard, en vrai Marie-Odile. Son parcours est tout tracé, elle sera caissière. Mais dès qu’on lui parle de Carrefour, elle part en roue libre. Non, elle n’est pas prédestinée à être derrière une caisse, c’est sur un vélo qu’elle fera carrière. “Il paraît que depuis Eddy Merckx, on n’avait plus vu ça. “ Création et Production d’Albertine, du Festival de théâtre de Spa et du Centre culturel des Riches-Claires, avec le soutien de la Communauté française Wallonie-Bruxelles et des tournées Art et Vie.

Molly au Château Du 24/03 au 26/03/11 Avec Geneviève Damas Mise en scène Pietro Pizzuti

Photo © D. Pierre

Après les championnats du monde, Molly alias Marie-Odile Savard, descend de vélo et prend quelques semaines de vacances à New York avec son amoureux Pierrot… Un matin, elle reçoit un coup de téléphone de son entraîneur. Il a reçu les résultats des tests sanguins et d’urine effectués avant la coupe du monde… et Molly est « positive ». Le ciel lui tombe sur la tête. Elle décide de tout plaquer. Vélo, boulot et Pierrot. Mais que va-t-elle faire de sa vie désormais ? Damoiselle de château? Un contre-emploi cocasse… Création et Production d’Albertine, du Festival de théâtre de Spa et du Centre culturel des Riches-Claires, avec le soutien de la Communauté française Wallonie-Bruxelles et des tournées Art et Vie.

STIB, Suite de Trajets Infrahumains Balisés Du 31/03 au 02/04/11 Avec Geneviève Damas et Micheline Goethals Mise en scène Janine Godinas

Elles habitent Bruxelles. Elles voyagent en transport en commun. Avec la STIB et De Lijn. Elles ne se connaissent pas mais, chaque matin, elles prennent le même tram. À force, ça crée des liens...C’est sur la plate-forme de cet univers sur roues que Magda et Eva, telles deux accords, vont se battre en duel, entrer en collision pour esquisser une mélodie. Léger, savoureux, vif et généreux, avec deux formidables comédiennes qui croquent deux filles qui croquent la vie comme elle vient !

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UNE CRÉATION ET PRODUCTION D’ALBERTINE, DU FESTIVAL DE THéATRE DE SPA ET DE L’ATELIER THéâTRE JEAN VILAR. Le Journal du Public / N°3 - Février 2011


à l’Affiche à Charleroi

Rain Man

de DAN GORDON

Du 05/05 au 14/05/11 Avec Jean-Michel Balthazar, Maria Del Rio, Pierre Geranio, Damien Gillard, Freddy Sicx et Aylin Yay Mise en scène Michel Kacenelenbogen Jean-Michel Balthazar & Damien Gillard Photo © Bertrand Sottiaux

Au décès de son père, Charlie Babbitt apprend qu’il a un frère... et que ce frère va hériter de l’entièreté des 5 millions de $ que le père a laissés ! Deux hommes que rien ne semblait rapprocher entreprennent le long voyage qui mène à la fraternité : ils vont s’apprivoiser, se reconnaître dans l’autre... Une histoire entre deux êtres fermés au monde et d’où va naître la compréhension et le changement... une histoire de notre époque, une émotion brute, violente, durable. UNE CRéATION ET COPRODUCTION DU THéâTRE LE PUBLIC ET DU THéâTRE DE NAMUR.

Artifices 2 de Jack cooper

Du 26/05/11 au 04/06/11 Avec Jack Cooper,Vincent Respriget et Caroline Braekman Photo © Jack Cooper

Vous avez aimé «Artifices» ? Vous allez adorer «Artifices 2» Il est difficile de parler concrètement d’un spectacle où tout va être surprise... Alors, apprêtez-vous..., à hurler de rire, à vous laisser submerger par l’émotion, à être surpris et impressionnés ...et aussi à participer à cet incroyable spectacle de magie !!!! UNE CRÉATION ET COPRODUCTION DU FESTIVAL BRUXELLONS! ET DE COOPER PRODUCTIONS.

Du mardi au samedi à 20h15 - Ouverture des salles à 20h

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Le Public

en tournée

Scènes de la vie conjugale

D’Ingmar Bergman

Mise en scène Michel Kacenelenbogen / Avec Muriel Jacobs et Alain Leempoel - Au Théâtre de Namur (081/226.026) du 01/02 au 12/02/2011

L’Initiatrice

Muriel Jacobs & Alain Leempoel Photo © Cassandre Sturbois

De Pietro Pizzuti

Mise en scène Guy Theunissen / Avec Babetida Sadjo et Florence Crick - à l’Escale du Nord - Centre culturel d’Anderlecht, le 04 mars 2011 - Au Centre culturel de Seraing, le 05 mars 2011 - Au Centre culturel d’Andenne, le 11 mars 2011 Florence Crick & Babetida Sadjo Photo © Christophe Louergli

Kiki Van Beethoven

D’éric-Emmanuel Schmitt

Mise en scène Daniela Bisconti / Avec Nicole Valberg - à la Maison de la Culture d’Arlon, le 24 février 2011 - Au Centre culturel de l’arrondissement de Huy, le 03 mars 2011 - Au Centre culturel de Spa, le 04 mars 2011

Nicole Valberg

Photo © Isabelle De Beir

Rain Man

De Dan Gordon

Jean-Michel Balthazar & Damien Gillard Photo © Bertrand Sottiaux

Mise en scène Michel Kacenelenbogen / Avec Jean-Michel Balthazar, Maria Del Rio, Pierre Géranio, Damien Gillard, Freddy Sicx et Aylin Yay - Au Wolubilis, du 24 au 26 mars 2011 - Au Centre culturel de Bertrix, le 31 mars 2011 - Au Centre culturel d’Ottignies-Louvain-la-neuve, le 1er avril 2011 - Au Centre culturel de Rochefort, le 02 avril 2011 - à la Maison de la Culture d’Arlon, le 05 avril 2011 - Au Centre culturel de Ciney, le 06 avril 2011 - Au Centre culturel régional de Dinant, le 26 avril 2011 - Au Centre culturel de l’arrondissement de Huy, le 27 avril 2011 - Au Centre culturel de Spa, le 29 avril 2011 - à la Maison culturelle d’Ath, le 30 avril 2011

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Infos

Pratiques

à

Table

Nos restaurants sont ouverts les jours de représentations à partir de 18h30 pour vous accueillir pour l’apéritif. La cuisine du Resto et celle de l’Aparté ouvrent à 19h00. Pour dîner avant le spectacle, au Resto, vous devez passer votre commande avant 19h30. à l’Aparté, vous pouvez le faire jusqu’à 19h50. Réservation souhaitée au 0800 944 44 Vous préférez dîner après votre spectacle ? N’oubliez pas de passer la commande de votre repas à l’accueil restaurant entre 20h00 et 20h30, pour que nous puissions vous assurer un service rapide dès la sortie de votre spectacle.

Nous vous invitons à découvrir le menu du mois et la carte du Resto ainsi que les tapas proposés par l’Aparté, sur notre site www.theatrelepublic.be

Parking et Navette

Accès

Garez votre voiture au Parking Scailquin, rue Scailquin 61 (station Shell)

RUE BRAEMT 64-70, 1210 BRUXELLES

ALLER : une navette Le Public vous embarquera à l’angle des rues Scailquin et Saxe - Cobourg jusqu’au théâtre. Premier départ 18h30 et dernier départ 20h15.

Fléché à partir de la Place Saint-Josse et de la Chaussée de Louvain MÉTRO : Madou ( ligne 2 et 6 ) AUTOBUS : lignes 29 (Hof ten Berg), 63 (Maes), 65 (Bordet)

AU PUBLIC : paiement du parking : 6 €/voiture tout compris. RETOUR : en navette à l’issue de votre soirée spectacle ou restaurant.

THéâtre le PuBlIC

PARKING SCAILquIN

Taxi

P

En collaboration avec les Taxis Verts : 8 € par trajet ( aller ou retour ) dans les 19 communes de Bruxelles.

PLAce MADOU

PLACe St JoSSe

Uniquement sur réservation au 0800/944 44 avant 17h. Paiement du taxi à la billetterie du Public.

En ligne sur www.theatrelepublic.be Acte, le Journal du Public Et bientôt le préprogramme de la saison 2011-2012

27 Le Journal du Public / N°3 - Février 2011


Réalisé avec l’aide de Ministère de la Communauté française – Service du Théâtre

ACTE, le Journal du Public, est édité quatre fois par an sur papier recyclé.

éditeur responsable : Patricia Ide

Rue Braemt 64-70, 1210 Bruxelles Infos/Réservations : 0800/944 44 www.theatrelepublic.be

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http://www.lepublic.be/documents/uploads/home_14_acte3-lepublic-online.pdf

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