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Journal trimestriel - mars-avril 2014

Rabah Robert - Lazare © Hélène Bozzi

sommaire p.2-5 : Jeunesse d’Hypérion mes Marie-José Malis p.6-9 : Rabah Robert mes Lazare p.10-11 : Angelus Novissimus mes Alain Béhar p.12-13 : Adishatz/adieu de Jonathan Capdevielle p.14 : Lehrstück! 2014 p.15-16 : Informations pratiques

ÉDITORIAL Pour parachever les dix ans de la Vignette, nous avons la joie et le plaisir d’accueillir deux nouveaux artistes : Lazare qui viendra début avril présenter le troisième volet de son triptyque : Rabah Robert, et Jonathan Capdevielle qui signe avec Adishatz / Adieu sa toute première mise en scène. Nous avons également tenu à la présence de metteurs en scène qui sont, depuis « les débuts », de fidèles collaborateurs. Vous retrouverez ainsi Alain Béhar pour sa dernière création Angelus Novissimus, et Marie-José Malis qui a monté avec les étudiants des Travaux Pratiques Jeunesse d’Hypérion. Enfin, comme chaque année, nous vous proposons d’assister au temps fort de la création étudiante avec le festival « Lehrstück! pièces d’apprentissage ».


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Jeunesse d’Hypérion

x création x

D’après le roman de Hölderlin mise en scène Marie-josé malis — LUN. 17 MARS 20H30 MAR. 18 MARS 19H15 MER. 19 MARS 20H30 JEU. 20 MARS 19H15

× D’après le roman éponyme de Hölderlin × Avec les textes, entre autres, de Saint-Just, Robespierre, Rousseau et les écrits de jeunes gens et ouvriers étrangers . × Adaptation et mise en scène : Marie-José Malis – cie la Llevantina × En collaboration avec : Judith Balso × Lumières : Jessy Ducatillon x Scénographie : Adrien Marès et JeanAntoine Telasco et Babar x Son : Patrick Jammes × Avec : Adina Alexandru, Charlotte Belledent, Hugo Botter, Louise Brinon, Thibaut Chaussinand, Marion CauxFouchault, Olivia Carty, Maxime Chazalet, Robin Charbois, Raphaëlle Grélin, Quentin Gratias, Emilie Hériteau, Paola Juttet, Mike Ladire, Chloé Luis, AnneSophie Mage, Lili Dupuis, Jelena Rosic, Maud Saurel, Sabrina Tabelion et de la compagnie La Llevantina : Pascal Batigne, Isabelle Oed, Luce Le Yannou

La pièce C’est le grand roman de Hölderlin, qu’il écrit en méditation immédiate sur la Révolution française. Il met en scène un jeune homme, un jeune Grec, durant l’occupation de la Grèce par les Turcs au XVIIe siècle. Ce jeune homme voit son pays, la Grèce, l’immense Grèce, devenue un pays servile, et il se demande comment redonner à son peuple la possibilité d’agir sur son destin. Beaucoup pensent que Hölderlin a dressé dans ce texte les tâches de la modernité politique, tâches qui sont encore les nôtres. Il donne à voir une jeunesse moderne qui a perdu le passé, coupée à jamais de l’Antiquité et qui vit sous une époque humiliante et vulgaire, où règnent le calcul et la haine de l’élévation. Ce n’est pas un roman de l’échec de la Révolution. C’est un roman dont les pistes affirmatives n’ont jamais été sondées en plan de conséquences réel. Hölderlin y prend acte d’une chose. Avec la Révolution française, quelque chose s’est passé que l’on croyait impossible. Alors, cela est à jamais possible, de nouveau. C’est ainsi que ce roman est un roman que la jeunesse a toujours ressuscité. Parce qu’il est écrit pour elle, pour qu’un jour la jeunesse soit le vrai temps du monde. — Marie-José Malis

× En coproduction avec la compagnie La Llevantina DURÉE : ENV. 3H — TARIF SPÉCIAL TARIF UNIQUE 5€ 2€ AVEC LE LAISSER-PASSER VIGNETTE

— RENCONTRE AVEC LE PUBLIC le MER. 19 MARS à 13H30 au Théâtre la Vignette Rencontre animée par l’enseignant-chercheur Didier Plassard en présence de la metteure en scène Marie-José Malis. - entrée libre


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FRIEDRICH HÖLDERLIN (1770 – 1843). Repères —

Friedrich Hölderlin est un poète et philosophe de la haute période classicoromantique en Allemagne. Il fait partie de cette génération qui vient après Goethe (qui a été très réticent à donner leur place à ces nouveaux intellectuels). Il est l’ami de Hegel et de Schelling, étudiants comme lui au Grand Séminaire de Tübingen, et avec lesquels on considère qu’il est le fondateur de l’idéalisme allemand. Il est le grand inventeur de la modernité poétique. C’est lui qui assigne à la poésie moderne sa nouvelle destination : prosaïsme, suture à la philosophie, tension prosodique, fragmentation etc. Avec Hölderlin apparaissent les maîtres mots de la modernité artistique. Il est aussi celui qui a essayé de penser dans son temps, et d’en résoudre les tensions, se demandant que faire de l’héritage grec et de l’héritage manqué de la Révolution française. C’est dans cette réflexion profonde sur l’invention de la politique, que Hölderlin déploie sa nouvelle fonction de poète. Hölderlin a fait l’objet d’un nombre vertigineux de lectures et d’appropriations. La plus massive a été l’interprétation de Heidegger, qui fait de Hölderlin le poète par excellence de la nation allemande, de son destin, et du dévoilement de l’Être. Cette interprétation est problématique, car elle a permis d’annexer Hölderlin du côté du nationalisme allemand. C’est à cette interprétation qu’aussi bien Klaus Michael Grüber que Philippe LacoueLabarthe, par exemple, ont essayé d’arracher Hölderlin. Faisant de lui le poète d’une révolution authentique et d’une nouvelle manière de traiter le monde dans l’art. Hölderlin a élaboré une oeuvre d’une intensité exceptionnelle. Devenu précepteur pour gagner sa vie (il avait refusé de devenir pasteur et s’est dès lors, toujours heurté à des problèmes financiers), il obtient un poste dans une maison appartenant à un riche banquier de Francfort. Hölderlin rencontre en la femme de ce dernier, Susette Gontard, qu’il appelle « Diotima » dans ses poèmes et dans son

roman Hypérion, le grand amour de sa vie. Découvert par le mari, le bonheur de cette relation ne dure pas. Hölderlin quitte Francfort en septembre 1798. Survient alors une période d’intense créativité, avec les grandes élégies et le second volume de Hypérion. Il écrit également des textes philosophiques et une tragédie, Der Tod des Empedokles (La Mort d’Empédocle), restée inachevée. Parmi les grands poèmes de Hölderlin, on peut citer : BrotundWein (Pain et Vin) ; L’Archipel, où l’on voit à l’œuvre le « retour » et le rapport élucidé à la Grèce antique que Hölderlin fait effectuer poétiquement à l’Allemagne de son temps ; Heidelberg et Le Rhin, Germanie, Patmos etc. Peu avant son départ pour la France, Hölderlin déclare : « Maintenant je peux rejoindre une nouvelle vérité, une meilleure vision en grande partie sur nous-mêmes et de ce qui nous entoure, en pensant que j’ai peur de ces choses qui peuvent éventuellement s’associer à moi comme pour l’ancien Tantale, qui a reçu des dieux plus qu’il ne pouvait en digérer. » Après avoir tenu un bref emploi de précepteur à Bordeaux, Hölderlin retourne en 1802 en Allemagne. Ce voyage du « retour », effectué probablement à pied, à travers la France post-révolutionnaire, renferme sa part de mystère et d’inconnu. L’histoire littéraire tend en tous les cas à dater l’éclosion de la « folie » du poète du « retour de Bordeaux ». Hölderlin a appris la mort de Susette Gontard et revient à Nürtingen. Son état de santé se dégrade de plus en plus. Il sera interné de force dans la clinique du docteur Autenrieth à Tübingen en 1806. Les Grands Hymnes de Hölderlin sont écrits entre 1800 et 1803, et des fragments extraordinaires de la grande poésie hymnique sont écrits jusqu’en 1806 environ (la datation devient difficile à ce moment-là). À partir de 1800, Hölderlin traduit : Pindare et Sophocle. Les Remarques sur Œdipe et Antigone sont des textes d’une densité inouïe et d’une importance considérable sur la tragédie et la traduction occidentale du « mythe tragique »

dans le monde moderne. Les trente-six dernières années de la vie d’Hölderlin se déroulent dans l’ombre de la folie, chez le menuisier Ernst Zimmer à Tübingen. Il meurt le 7 juin 1843. Hölderlin rédige encore, de 1807 à 1843, des poèmes portant principalement sur le cycle naturel des saisons, en les affectant de dates fantaisistes : 1748, 1936. C’est seulement à la fin de sa vie, à partir de 1841, qu’il signera du pseudonyme Scardanelli. C.T. Schwab édite après la mort du poète la première édition de son oeuvre (1846). La vie de Hölderlin est remarquable en ceci qu’elle est coupée en deux. Il y a le temps de la production artistique, le temps de l’amour, de la difficulté à vivre, à trouver une place et il y a le temps du retrait dans la fameuse tour de Tübingen, où Hölderlin, réputé fou, a passé plus de la moitié de sa vie, recueilli à l’âge de 37 ans par la famille du menuisier Zimmer qui l’a recueilli jusqu’à la fin de ses jours. Hölderlin, entré ainsi dans le silence au plein temps de sa jeunesse, ne devait quasiment plus écrire, ni établir de contacts avec le monde, sans toutefois mourir de mort violente mais plutôt « errer sous l’impensable » comme il l’avait dit de Œdipe et de l’homme moderne. — Marie-José Malis


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Hölderlin, une figure de la modernité L’EXPÉRIENCE DE HÖLDERLIN, SA MÉDITATION DE CETTE ÉPOQUE DE L’HISTOIRE QU’A ÉTÉ LA GRÈCE, SA MÉDITATION NON MOINS PRESSANTE QUI EST CELLE DE L’ÈRE OCCIDENTALE, LE CONDUISE À CONCEVOIR, DANS LA VIE DES PEUPLES, COMME DANS CELLES DES INDIVIDUS, UNE ALTERNANCE DE TEMPS OÙ LES DIEUX SONT PRÉSENTS ET DE TEMPS OÙ ILS SONT ABSENTS, PÉRIODES DE JOUR, PÉRIODES D’OBSCURITÉ. — Maurice Blanchot 1

Hölderlin avait à sa disposition trois corpus tragiques; après avoir été tenté par Euripide (Les Bacchantes), il n’a retenu que Sophocle, et dans Sophocle il n’a choisi qu’Antigone et Œdipe : Antigone pour le tragique ancien et Œdipe pour le tragique moderne. S’il a fait ce choix, il me semble que c’est, pour l’essentiel, en raison de préoccupations politiques modernes. Œdipe, en particulier, était un personnage qui refaisait surface dans l’histoire, sous la forme du dictateur de la raison. C’était la Révolution française, Robespierre, Saint-Just, puis ensuite Bonaparte. Les traductions de Hölderlin sont contemporaines de la montée en puissance de Bonaparte, qu’il admirait énormément : il était persuadé que Bonaparte avait pacifié l’Europe et réglé le problème, non pas des États-nations, mais celui des maisons royales, qu’il était parvenu à établir une République universelle, c’est-à-dire, si l’on excepte l’Amérique, européenne. Plus tard, il aura peut-être été déçu, mais au moment où il écrit Œdipe, la figure de Bonaparte, du successeur de Robespierre, est encore indécise, mais au bord de la démesure (de l’hybris), et je crois qu’il veut montrer à quel point la tragédie d’Œdipe, de cet homme qui croit tout savoir, qui incarne la raison, et qui voudrait incarner un nouveau droit, une nouvelle justice, une

souveraineté, que cette figure-là est moderne. Jusque dans sa « folie ». […] Quand les Allemands, même à partir de Goethe, dès la fin du XVIIIe siècle, s’emparent du matériau grec, c’est pour parler de l’Allemagne, pas de la situation européenne. Mais, en même temps, c’est universel : le mythe a toujours fonctionné comme un dispositif chargé de procurer une identité à ceux qui y adhèrent, d’une manière ou d’une autre. Et adhérer au mythe, cela veut dire se laisser dicter par lui, consciemment ou inconsciemment, les conduites pratiques de l’existence. Cela ne signifie nullement que le mythe n’est qu’un réservoir de recettes. Il donne aussi des exemples, comme ceux du courage, de la douleur, de la lâcheté, etc. Le mythe donne des sortes de cadres praxiques à l’existence. Il est en réalité, pour une grande part, produit à cet effet. — Philippe Lacoue-Labarthe 2

Danièle Huillet : il faudrait revenir à la question du héros, du « Held », dans le texte de Hölderlin, et repartir de « Heldenarmenzeiten » (les temps pauvres en héros). […] Jean-Marie Straub : il est clair que quand Hölderlin parle de Heroenwelt, il parle de ce moment où les jours saturniens auront lieu, et à ce moment là, l’ultime étape… Danièle Huillet : …Il faudra repenser au passé, alors que jusque-là, il fallait l’oublier. — Danièle Huillet, Jean-Marie Straub 3

J’AI CHOISI HÖLDERLIN À CAUSE DE CETTE FASCINATION QUE LA GRÈCE, LA MÉDITERRANÉE EXERCENT SUR LUI. MAIS IL FAUT ACCUEILLIR CE POÈME COMME UN POÈME. — Jean-Luc Godard 4


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Isolons deux thèses majeures de Hölderlin : - l’effet (le cheminement) de l’insurrection est celui d’un retournement, par quoi se trouve barré le chemin du nouveau ; - le moteur interne du tragique est du côté de l’excès de la loi sur elle-même (...). L’informe s’embrase réactivement, en temps second. Quant au rebelle, il n’a pas de camp. Il est terme algébrique, cause absente retranchée de la Cité. Ceux qui se “dressent les uns contre les autres” sont le trop formel et l’informe - le surmoi et l’angoisse -, figures connexes de l’Un primordial, l’Un du retournement. Nous demandons : quel est le lien entre ces deux thèses ? Il s’agit de la politique sous-jacente à la poétique d’Hölderlin. La modernité possible du tragique est une question politique - comme la question de la théorie du sujet. — Alain Badiou 5

JE SUIS EN TRAIN DE LIRE UN LIVRE QUI ME PASSIONNE : L’HYPÉRION D’HÖLDERLIN IL TRAITE DES PROBLÈMES CONCERNANT LE DEVENIR DES SENTIMENTS ET DES SITUATIONS SPIRITUELLES QUI SONT POUR MOI UNE RÉALITÉ BRÛLANTE. — Pier Paolo Pasolini 6

Celui qui prétend ici que la solidarité peut être une chose facile doit d’abord me montrer comment on pourrait représenter cela. La réalité est notre devoir, sa richesse, sa bizarrerie, ses contradictions. Il n’existe pas de connaissance imaginaire. Cette drôle de tendresse n’existe pas. Apprenez d’abord à connaître l’histoire avant de venir me parler de cette connaissance superficielle. Ce n’est rien d’autre qu’un déni de la réalité. L’amitié est une chose beaucoup plus sérieuse. […] Il y a deux cents ans, Hölderlin dans sa tour en savait bien plus à ce sujet que tous ceux

qui parlent légèrement de solidarité. […] Ce que vous avez à dire et si triste que vous-même n’avez pas à être tristes. Baissez le ton, tout bas, sinon c’est du mauvais Stockhausen. Pensez à Hölderlin : c’est dans le manque qu’il décrit son utopie. C’est dans l’aridité qu’il parle du flot à venir. C’est le SOS le moins bruyant de l’Histoire. Tout ça, ce sont des stations de notre inapaisement. C’est seulement à travers cette folie, à travers ce parcours de lucidité et de l’aveuglement que vous pouvez y arriver, et non par la réflexion. Vous êtes les derniers poètes de notre temps. N’ayez pas peur. N’ayez pas peur de Hölderlin, il savait bien ce qu’il vous ferait dire. […] Par inattention de l’Histoire, il ne serait presque rien resté de cet homme. Il n’a été qu’un moustique qui se jette dans la flamme. Mais vous êtes encore là, comme témoins. — Klaus Michael Grüber 7

1 Maurice Blanchot, « L’itinéraire de Hölderlin », dans L’espace littéraire, Paris, Gallimard, 1955, p. 364-365.

2 Philippe Lacoue-Labarthe, « De Hölderlin à Marx : mythe, imitation, tragédie », Labyrinthe, 22 | 2005, p. 121-133. 3 Jean-Marie Straub, Danièle Huillet, Rencontres avec Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Le Mans, École régionale des Beaux-arts, 1995, p. 60. 4 D’après Godard, entretien avec Jean Collet, 12 septembre 1963, dans Jean Collet et Jean-Paul Fargier, Jean-Luc Godard, Cinéma d’aujourd’hui, Seghers, Paris, 1974, p.135-136. 5 Alain Badiou, Théorie du sujet, Paris, Seuil,

1982, p. 179-180. 6 Pier Paolo Pasolini, « Lettre à Franco Farolfi. Casarsa, août 1940,», Naldini (Nico), P.P Pasolini, Vita attraverso le lettere, Ed. Einaudi Tascabili, Torino, 1994, p. 14. 7 Rolf Michaelis, « Chaque phrase une catastrophe. Nuits de répétitions avec Klaus Michael Grüber sur Empédocle de Friedrich Hölderlin », (trad. Jean-Bernard Torrent) dans Alternatives Théâtrales 52-53.54, 1996/97, p. 21.

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© deniseoliverfierro

Biographie Marie-José Malis, native de Perpignan, est normalienne et agrégée de lettres modernes. Son parcours est jalonné de rencontres et d’expériences qui ont forgé son travail et son approche du théâtre : tout d’abord la lecture et la rencontre avec des œuvres telles que celle de Kantor, Grüber, Vitez… Puis son activité de formatrice dans diverses universités où elle enseigne le jeu et la dramaturgie. Elle crée et dirige une licence professionnelle-théâtre à Perpignan, elle intervient au Théâtre de la Vignette et au Conservatoire de Genève. En 1994, elle fonde la compagnie La Llevantina, la question qui travaille continûment ses mises en scène est celle du devenir du théâtre : comment l’expérience théâtrale, ses qualités propres et uniques, ses conditions matérielles, spirituelles, peuvent être maintenues aujourd’hui pour les spectateurs actuels ? Le choix des textes va avec cette préoccupation : parmi ses travaux les plus récents on peut citer, Le Prince de Hombourg de Heinrich von Kleist (2009), On ne sait comment de Luigi Pirandello (2011) et Le rapport Langhoff (2013). Depuis janvier 2014 elle a pris la direction, avec Frédéric Sacard, de La Commune CDN d’Aubervilliers.


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RABAH ROBERT texte et mise en scène LAZARE — MAR. 1ER AVRIL 20H30 MER. 2 AVRIL 19H15 × Avec : Guillaume Allardi, Anne Baudoux, Benjamin Colin, Bianca Iannuzi, Julien Lacroix, Bénédicte Le Lamer, Mourad Muss et, Giuseppe Molino, Yohann Pisiou × Scénographie, costumes, accessoires : Marguerite Bordat assistée de Anaïs Heureaux × Direction musicale : Benjamin Colin × Lumières : Vincent Gabriel × Chorégraphie et assistanat à la mise en scène : Marion Faure × Conseil artistique : Daniel Migairou Construction du décor : Olivier Berthel × Aide à la construction du décor : Ateliers du Grand T × Régie générale : Laurent Matthias × Régie son : Francisco Arraya × Régie lumières : Vincent Gabriel et Antoine Seigneur × Direction de production, administration, diffusion : Emmanuel Magis, ANAHI assisté de Loreleï Vauclin et d’Eloi Lesbros

Durée : 1h50 × Production Vita Nova. Direction de production, administration, diffusion Emmanuel Magis / ANAHI // Coproduction Théâtre National de Bretagne/ Rennes, Studio-Théâtre de Vitry, Le Grand T/Nantes,Théâtre Jacques-Prévert d’Aulnay-sous-Bois, La Fonderie /Le Mans, ARCADI (Action Régionale pour la création artistique et la diffusion en Ile-de-France). Avec le soutien du Théâtre de Gennevilliers, Centre dramatique national de création contemporaine, de l’Institut Français–ministère des Affaires étrangères et européennes, du Fonds SACD Théâtre et de la DRAC Ilede-France–ministère de la culture et de la communication. Avec le soutien pour l’écriture de Beaumarchais et du CNL.

© Hélène Bozzi

LA PIÈCE J’ai cherché longtemps le titre, je m’en suis tenu à Rabah Robert parce qu’il est l’évocation de deux pays séparés, loin et si proches. La France, un pays soudé à un autre, l’Algérie, qui tantôt disparaît tantôt apparaît à la surface. Ce projet est le dernier volet du triptyque commencé avec Passé - je ne sais où, qui revient et Au pied du mur sans porte. On retrouve les mêmes personnages mais d’une pièce à l’autre, quelque chose en eux a changé. Il s’agit pour moi d’ajouter des rapports nouveaux, d’unir diverses parties, de répéter des signes afin que l’œuvre se réfléchisse à l’infini. — Lazare, avril 2012

x ce spectacle est présenté avec le soutien de l’Onda Office national de diffusion artistique


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SUR LA DÉCOLONISATION —

PAR FRANTZ FANON

La mise en question du monde colonial par le colonisé n’est pas une confrontation rationnelle des points de vue. Elle n’est pas un discours sur l’universel, mais l’affirmation échevelée d’une originalité posée comme absolue. Le monde colonial est un monde manichéiste. Il ne suffit pas au colon de limiter physiquement, c’est-à-dire à l’aide de sa police et de sa gendarmerie, l’espace du colonisé. Comme pour illustrer le caractère totalitaire de l’exploitation coloniale, le colon fait du colonisé une sorte de quintessence du mal. La société colonisée n’est pas seulement décrite comme une société sans valeurs. Il ne suffit pas au colon d’affirmer que les valeurs ont déserté, ou mieux, n’ont jamais habité, le monde colonisé. L’indigène est déclaré imperméable à l’éthique, absence de valeurs, mais aussi négation des valeurs. […] Parfois ce manichéisme va jusqu’au bout de sa logique et déshumanise le colonisé. À proprement parler, il l’animalise. Et de fait, le langage du colon, quand il parle du colonisé est un langage zoologique. […] Cette démographie galopante, ces masses hystériques, ces visages d’où toute humanité a fui, ces corps obèses qui ne ressemblent plus à rien, cette cohorte sans tête ni queue, ces enfants qui ont l’air de n’appartenir à personne, cette paresse étalée sous le soleil, ce rythme végétal, tout cela fait partie du vocabulaire colonial. […] le colonisé sait tout cela et rit un bon coup chaque fois qu’il se découvre animal dans les paroles de l’autre. Car il sait qu’il n’est pas un animal. Et précisément, dans le même temps qu’il découvre son humanité, il commence à fourbir ses armes pour la faire triompher. […]

La décolonisation est la rencontre de deux forces congénitalement antagonistes qui tirent précisément leur originalité de cette sorte de substantification que sécrète et qu’alimente la situation coloniale. Leur première confrontation s’est déroulée sous le signe de la violence et leur cohabitation – plus précisément l’exploitation du colonisé par le colon – s’est poursuivie à grand renfort de baïonnettes et de canons. Le colon et le colonisé sont de vieilles connaissances. Et, de fait, le colon a raison quand il dit « les » connaître. C’est le colon qui a fait et qui continue à faire le colonisé. Le colon tire sa vérité, c’est-à-dire ses biens, du système colonial. La décolonisation ne passe jamais inaperçue car elle porte sur l’être, elle modifie fondamentalement l’être, elle transforme des spectateurs écrasés d’inessentialité en acteurs privilégiés, saisis de façon quasi grandiose dans le faisceau de l’Histoire. Elle introduit dans l’être un rythme propre, apporté par de nouveaux hommes, un nouveau langage, une nouvelle humanité. La décolonisation est véritablement création d’hommes nouveaux. Mais cette création ne reçoit sa légitimité d’aucune puissance surnaturelle : la « chose » colonisée devient homme dans le processus même dans lequel elle se libère. — Frantz Fanon, Les damnés de la terre (1961), dans Œuvres, Paris, La découverte, 2011, p.452-457.


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rabah robert Propos recueillis par Daniel Migairou

© Hélène Bozzi

LAZARE, BIOGRAPHIE Né en 1975 à Fontenay-aux-Roses, Lazare écrit et met en scène ses propres textes (Orcime et Faïence, Cœur Instamment Dénudé, Purgatoire, Les morts ne sont pas morts, Les cendres sont germes, Inua et le trypique Passé je ne sais où qui revient, Au pied du mur sans porte, Rabah Robert). Initialement formé au Théâtre du fil (Protection Judicaire de la jeunesse / Aide sociale à l’Enfance), il intègre de 2000 à 2003 l’École du Théâtre National de Bretagne dirigé par Stanislas Nordey. En tant que comédien, il a travaillé sous la direction de Claude Merlin, Josef Nadj, Pascal Kirsch, Ivan Stanev, Bénédicte Le Lamer et Stanislas Nordey. Il a également joué au cinéma dans Mr Morimoto et Chose rose Loula de Nicolas Sornaga (2007 et 2009), ainsi que dans Page Blanche d’Armel Roussel (2011). Il réalise aussi des improvisations, seul ou accompagné de musiciens, où il mêle poésie spontanée, récits noirs, chutes et drames instantanés. Depuis 2006, il dirige la compagnie Vita Nova et sera, à compter de la saison 2014-2015, artiste associé à La Commune CDN d’Aubervilliers.

Rabah Robert part d’un principe assez simple, le père qui est mort est là avec les autres sur le plateau, il est l’absent toujours présent. La mère, qui avait pris des cachets dans Au pied du mur sans porte, parle de la maladie de la mélancolie. Dans cette nouvelle pièce, on va essayer de voir quels sont les systèmes de pensée qui mènent à la violence. J’avais évité ce thème sur Passé - je ne sais où qui revient, et là, j’ai trouvé un moyen de le traiter, en passant par des clowns, des personnages comme les chapeliers, qui évaluent, jugent, créent des modes de fonctionnement qu’ils diffusent, communiquent, transportent et transmettent. Les chapeliers, ce sont des virus. Des maladies qui aliènent les modes de fonctionnement. Ils sont le virus du libéralisme le plus total, ces maladies qui arrivent dans les maisons, au cœur d’une famille, par le biais d’une faiblesse et qui engendrent des comportements. Je me suis posé la question du but de la colonisation : est-ce une immense affaire commerciale, d’expropriation, de razzia, de vol ? Et aujourd’hui, ne pourrait-on pas parler d’une forme de colonisation économique, une forme de colonisation par l’abêtissement ? Artaud dit : « Un esprit qui dort est envahi par d’autres esprits ». Qu’est-ce que c’est que de ne pas être sujet ? Pour être sujet quand on est colonisé, que ce soit par l’économie, que ce soit par la pensée, ne faut-il pas passer par la violence ? C’est une question, je n’ai pas de réponse. Le colon, c’est aussi le père. Avec la mort du père, se pose la question de notre plénitude à chacun de nous, et de ce que l’on va faire de notre vie. Être colonisé, c’est percevoir l’astre qui hante nos prisons à travers les barreaux, percevoir le monde, les couleurs, les mouvements, et cet appel à se créer avec le monde qui va. Dans cette pièce, Ouria, environnée de violences, se met à peindre comme Vincent Van Gogh, alors qu’elle est femme de ménage et ne connaît rien à

la peinture. Un contrepoint, une forme de révolution par l’individu. Dans Rabah Robert, il est question de révolution. Et après le changement tant espéré, le retour à l’ordre, la récupération par les généraux prenant le pouvoir et spoliant le peuple. Quand je vois JR le dealer dans Au pied du mur sans porte, je ne suis pas loin de voir un des clowns de Rabah Robert. JR dit qu’il veut partir, s’en aller, fuir à travers les arbres, et je pense à différents corps, le corps de l’imaginaire, le corps de l’écriture qui est un corps aérien, qui peut, d’une légère poussée, s’envoler et partir dans l’imaginaire, dans la pensée. Et un autre corps, qui est un corps plus lourd, de résistance, de dureté, de mur, qui est le corps aussi de Rabah Robert. Par moments, c’est ce que veut voir Libellule de son père. Les enfants prennent comme fantasme leur père. Le père n’étant plus là, le manque crée la pensée. Chacun des enfants a un fantasme de ce qu’a été son père : Oustiti veut le voir comme un homme très galant et élégant à l’ancienne ; le fils veut le voir avec les mitraillettes. Ouria, la mère a toujours été, dans mes pièces, une figure, une sorcière qui, dans un pot de cendres, fait renaître le feu. Elle a toujours eu un rapport à l’art qui était justement un art assez sauvage, proche d’une Médée. […] Elle est un contrepoint important. J’ai choisi deux points très opposés : Ouria et Van Gogh. J’aurais pu prendre un autre peintre moins connu. Mais la puissance rythmique de son geste me semble essentielle. La mère vit un passage à la conscience : dans mes pièces, bien que sa vie soit très dure et qu’elle travaille réellement, elle est souvent prisonnière dans un monde d’enfants, et là, il y a cette prise de conscience. […] Les personnages arrivent toujours d’un endroit pour arriver à une fin, un ailleurs. La tension des corps fait exister la situation sur un objet, un objet imaginaire ou un objet concret. Il n’y a pas de parole sans qu’il y ait le corps avant. Je demande au corps de


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l’acteur d’ouvrir des temps de l’ordre de l’imaginaire, de les ouvrir comme étant un espace habitable. Par exemple, je dis à l’acteur : « Maintenant, tu marches sur l’eau ». Ce qui m’intéresse, c’est qu’il marche sur l’eau, qu’il le fasse en temps réel avec nous, que ça passe par son corps tout en parlant d’autre chose. Dans Alice au pays des merveilles, Alice aide la reine à mettre un chandail et la reine dit : « Maintenant, je vais bientôt me piquer ». Elle pleure, elle crie : « Je saigne ! », elle ne s’est pas encore piquée. Et le corps rentre dans une espèce d’intensité sans qu’elle se soit piquée, et bien plus tard, parce qu’elle s’est excitée, elle se pique. Au théâtre comme dans cette scène d’Alice, le temps peut être devancé par une énergie. Le geste vient, et après on dit ce qui a eu lieu, on peut jouer avec le temps, le changer, le déformer, le sceller. La question du temps est souvent posée dans ce théâtre-là : temps d’existence, temps des mémoires, temps du maintenant, temps impossible. Le temps impossible est lié au temps du rêve ou à des choses qui ne devraient pas être là, mais se trouvent là. Dans Au pied du mur sans porte, Loula morte d’une overdose ne devrait pas être là, mais elle est là avec un corps, un corps que Libellule a créé, une vision de Libellule. Ce qui m’intéresse, c’est de rentrer dans des temps de perception. Dans mes pièces, les personnages sont des ensembles, ils ressemblent à une page d’écriture où tout est déjà presque déterminé par des mouvements. Est-ce que, finalement, ce sont des monologues ? Je ne crois pas. Ils tissent un terrain ensemble, les corps donnent l’espace dans leurs enjeux à eux, leur enjeu personnel d’acteur et de personnage. Ce à quoi j’aspire dans Rabah Robert, c’est de travailler sur du temps réel. La fiction naît du corps, le réel est tissé de fiction. C’est parce que mon corps rentre dans un endroit précis, ou une forme ou un mouvement, que se crée de nouveau du réel. […] Dans Passé, je ne sais où qui revient il y a un crime qui n’a pas été dénoncé, vengé, une figure de grand-père, qui serait comme le père d’Hamlet, mais qu’on ne voit jamais. Et le meurtre du grand-père en 1945 à Guelma marque le passage à un nouvel âge. Il y a eu la Seconde guerre mondiale, et un nouvel ordre commence à s’installer. Ce meurtre du grand-père fait que sa fille Ouria, la mère de Libellule, ne va pas à l’école, n’a pas

l’éducation qui permet de distiller la violence autrement, de comprendre les systèmes pour ne pas être utilisé par eux. Suite à quoi, son fils ne va pas à l’école et a de très grandes difficultés. Du grand-père, il n’y a que des traces, des stigmates, on ne parle pas de son absence. Il n’est pas là. « Le pays de ma mère s’éloigne et je me rapproche de rien » : les gens se retrouvent sans histoire et sans repères, pris dans des grands ensembles, des tours, cette histoire qui n’a pas été racontée les met au pied du mur de situations où, désormais, ils sont acculés. Dans Rabah Robert, on remonte jusqu’aux grottes enfumées par les troupes françaises lors la conquête de l’Algérie : l’homme alors atteint l’extrémité de la méchanceté, une chose de l’ordre de l’innommable. Qui parle ici, qui écrit aussi l’histoire ? Par quoi mon corps est constitué ? Quand j’ai commencé à écrire Passé - je ne sais où qui revient, j’ignorais l’histoire de ma mère et elle parlait déjà en moi, à travers moi. Ce n’est pas moi qui parlais, c’est le temps, l’épaisseur du temps, la matière du temps de l’archéologie qui fouillait en moi des mémoires cachées de bêtes ignobles. Dans Rabah Robert, Oustiti sa fille part dans un monde parallèle, elle ne comprend pas comment cela fonctionne pour elle aujourd’hui dans le monde et elle va remonter jusqu’aux grottes, à l’époque des enfumades. Elle ne comprend pas cette assignation à n’être que ce qu’elle représente, un fragment de la société coupé des multiples possibilités d’exister avec les autres et toutes les pensées. À un moment, ça explose et Oustiti comprend qu’elle est reliée à des choses plus anciennes. Dans Passé je ne sais qui revient, après avoir rêvé de l’incendie en 1945 de la maison de sa mère, Libellule se noie dans le temps, dans la mer, où, il est relié à une nature première, à une force première, qui est de l’ordre aussi des affects, qui fait aussi notre animalité. L’espace théâtral est un espace des mémoires, un corps mémoire, un territoire très vaste. Pour moi, les trois pièces, Passé-je ne sais où, qui revient, Au pied du mur sans porte, et Rabah Robert, traversent une partie cachée de l’Histoire de France. Je ne raconte pas l’Histoire de France, je raconte les trous. Qu’estce qu’on fait des trous ? Comment on vit quand il y a des trous ? À travers l’histoire de cette famille, on revisite ces temps. Comment on fait aujourd’hui

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pour être ensemble, travailler ensemble ? Puisque je suis là, comment je fais maintenant ? Le bateau pour l’Algérie, c’est comme le train dans Rabah Robert, un espace transversal. On traverse le temps, on quitte un endroit où l’on représentait quelque chose de particulier, vers un autre endroit où l’on va de nouveau représenter quelque chose de particulier. Dans cet interstice, cet entre-deux, les gens se promènent sur le bateau avec leurs petites mains, leurs petites antennes, leurs oreilles, s’écoutent, se regardent, se croisent, c’est assez beau. Les racines sont dans les pas que l’on fait. Comment ne pas être esclave de l’histoire, réinventer, faire des bonds dans l’existence, ne pas se laisser manipuler par tous les champs d’oppression, par les gens qui attendent que l’on crée de la haine pour se servir de nous, et nous enfermer là, maintenant. Encore Hamlet : « Je suis ici, dans ce royaume, comme enfermé dans une noix ». À la fin de la pièce, Libellule reproche à son père d’avoir fait la révolution pour rien. Rabah Robert va répondre que la lutte n’est pas finie, qu’il y a toujours des champs de résistance à créer. La guerre n’est pas seulement au moment où il y a la guerre, elle est tout le temps. Libellule, lui, se bat d’abord avec la langue. C’est la bataille que j’ai, moi, entre la poésie et le fait de ne pas avoir été à l’école, une lutte perpétuelle. D’où la confrontation des langues dans mon écriture. Ce n’est pas un être qui écrit, ce sont des êtres qui parlent. J’aime un théâtre monde. — Lazare, octobre 2012


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angelus novissimus

x création x

Correspondance Alain Béhar / Vincenzo Susca, extraits croisés

Mise en scène et scénographie : Alain Béhar Compagnie Quasi — MAR. 15 AVRIL 20H30 MER. 16 AVRIL 19h15 × Texte : Alain Béhar et Vincenzo Susca × Conception hypermédia, architecture du réseau et vidéo des vrais gens : Quentin Destieu, Sylvain Hugu et et Yvan Chabanaud pour M2F × Dessin et graphismes des lieux virtuels et personnages “animés” : Karin Andersen, Benoit Delbrouck × Lumière : Marie Christine Soma × Avec : en cours (6 interprètes) × Production : Cie Quasi (Languedoc-Roussillon, France) × Partenariat : M2F Aix-en-Provence, Le Bois de l’Aune, Marseille Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture, Le Théâtre du Périscope à Nîmes, La Chartreuse de Villeneuve-lesAvignon, Le Théâtre dans les Vignes de Cornèze, Le LAC de Sigean, Sortie Ouest à Béziers, le TMT à Marjevols, les Scènes Croisées de Lozère, Le Théâtre de l’Échangeur à Bagnolet, le Studio Théâtre de Vitry (en cours) La compagnie Quasi est conventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles Languedoc-Roussillon, subventionnée par la Région Languedoc-Roussillon et le département de l’Aude

CE SPECTACLE EST PROGRAMMÉ DANS LE CADRE DE LA RÉUNION PLÉNIÈRE DE PRINTEMPS DE L’IETM CO-ORGANISÉE PAR RÉSEAU EN SCÈNE LANGUEDOCROUSSILLON ET LA RÉGION LANGUEDOC-ROUSSILLON ET SOUTENUE PAR L’ONDA ET L’INSTITUT FRANÇAIS. + d’infos : http://ietm.org/fr/content/ ietm-montpellier-2014

Notre ange (chacun de nos anges) ne tournerait plus le dos au futur, n’essayerait pas non plus de chercher des lendemains qui chantent… plus d’abstraction, plus d’idéal, plus de transcendance, c’est la pensée des sens qui le guiderait… Seul, il n’est pas, et rien n’existe plus sinon en tant que regret et simulacre. Quel « autre » et quels « ailleurs » pourraient le faire sortir de la mélancolie d’une expérience impossible ? Comment savourer le festin obscène du monde ? Depuis plusieurs années les créations de la compagnie Quasi poursuivent à la fois un jeu et un questionnement autour des mutations « ontologiques » liées à l’usage (aux usages) des vecteurs, médias et technologies dites nouvelles dans nos socialités diverses. Il n’y a plus de fascination pour la technique rendant possible la coprésence de personnes à distance, l’augmentation, l’interaction réalité/virtualité… c’est devenu « naturel » pour tout le monde et nous en jouons. Nous habitons simplement cette nature aussi. Comme l’autre, il est possible de la représenter. Cet ange a l’air triste, sur son nuage de déplacement et de communication, mais c’est une tristesse de façade. Probablement pour avoir l’air à l’arrêt comme les autres au premier niveau – ditil, en ricanant – nostalgique en conformité d’un temps généalogique où la présence aurait été plus pleine et homogène, l’origine inscrite à l’indélébile de branche en branche sur l’arbre de la connaissance, aux racines rassurantes et à la profondeur bornée. À propos d’apparence, cet ange parle de pureté. Le charabia des anges est d’une instabilité chronique. Pour autant qu’il y ait un enjeu technique conséquent, il ne s’agit pas ici de prouesses mais d’usage et des usagés. De solitude, de solitaires et de communauté de solitaires. Ici ce sont tous des anges. Séparés, réunis.

[…] Il y a trois actes, pour trois acteurs et leurs avatars à la fois seuls et ensemble dans trois lieux différents, deux personnages « virtuels », des lieux, des paysages, des objets et des amis « connectés » d’ailleurs, et chaque soir un « étranger » dans chaque lieu qui frappe en fin de compte à la « vraie » porte. « Mort à la réalité, vive la nouvelle chair ! ». Plus rien à annoncer, pas de message définitif à transmettre de toute urgence, plus de bonté malmenée à sauver du désastre, rien à punir par procuration etc., etc.… mais la liberté pour quoi faire ? C’était à la fois leur drame et leur très grande légèreté : il fallait d’autres intervalles à exténuer et des cases vides. Un territoire immatériel à reconquérir et une suite accidentelle toujours réversible de rencontres aussitôt disparues. Paraître en disparaissant, c’est la classe, dit une dame, émue, à Rome. […] Plus d’humains sur la scène qui ne soient pas quelque chose de moins et de plus que l’homme. Voici des anges hybrides, un peu animaux, un peu cyborg, un peu divins. Les comédiens sans masques d’un univers qui est la consécration du fake, où le simulacre est plus réel que le réel. …Chacun seul chez soi pour ainsi dire et à la fois ensemble dans un endroit commun, intercalé, une maison composite dans une ville promise, intermédiaire, seulement imaginée – seulement ? – sans doute, une zone d’autonomie temporaire. Ensemble avec les autres anges nous oscillons, des tours vers le centre et inversement, entre l’exil et le royaume, pour ainsi dire… Par l’image, la lumière, le son / la voix Streams audio et vidéo, téléphones, smartphones, mails, tchats, SMS, blogs, Skype…


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BIOGRAPHIES ALAIN BÉHAR Après avoir monté différents auteurs du répertoire et de la littérature, il se consacre depuis 1998 à la mise en scène de ses propres textes, tout en intervenant dans divers contextes de formation. Sur l’invitation de Didier-Georges Gabily, il bénéficie en 1996 d’une résidence d’écriture à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, d’où naîtra Monochrome (1999). Suivront Bord et bout(s) (2000) et Tangente (2001), issue d’un séjour aux Balkans grâce à l’obtention d’une bourse de la Villa Médicis. Ses recherches, tant textuelles que scéniques, s’inscrivent à la croisée de plusieurs disciplines (théâtre, arts plastiques, chorégraphie, etc.). Depuis 2003, il a créé cinq pièces avec la compagnie Quasi, dont le théâtre la Vignette a soutenu différentes créations, notamment Des fins, (épilogues de Molière) (2005), Manège (2007) Mô (2010) et Até (2011).

© Karin Andersen

… et l’écriture : Nous sommes dans le carnaval, nous sommes le carnaval, un soulèvement de la chair sans frontière d’espace et de temps. Nous sommes dans l’écran. Nous sommes dans la troisième dimension. Dans l’ivre consistance des larmes. « C’est drôle ». « C’est drôle ? ». L’Angelus novissimus est le héros du quotidien, le visage de l’instant où tout – hier, demain et aujourd’hui – conflue. Mélancolique et enchanté, érudit hors lettres et naïf, il ne regarde plus derrière lui, il ne caresse non plus l’utopie de demain. Fils / fille de la mode et des luxes, superficiel par profondeur, en quelque sorte. Il est là, ici et maintenant. Et pourtant, il n’arrive pas à toucher le

présent. Seul, il n’existe pas. La réalité lui échappe sans que… Nous n’avons pas encore vu le spectacle du spectacle qu’en fera le Théâtre des données, sur un serveur dédié, coupé de la régulation des flux. —

VINCENZO SUSCA Est maître de conférences en sociologie de l’imaginaire à l’Université PaulValéry (Montpellier III), au sein de l’IRSA (Institut de Recherches Sociologiques et Anthropologiques). Il est également chercheur au Centre d’étude sur l’actuel et le quotidien de la Sorbonne (Paris) et directeur éditorial des Cahiers européens de l’imaginaire (CNRS Éditions). Ses publications les plus récentes sont Joie Tragique. Les formes élémentaires de la vie électronique (CNRS éditions, Paris, 2011), Récréations, Galaxies de l’imaginaire postmoderne (CNRS Éditions, Paris, 2009, avec C. Bardainne) et À l’ombre de Berlusconi. Les médias, l’imaginaire et les catastrophes de la modernité (L’Harmattan, Paris, 2006).


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ADISHATZ/ADIEU conception et interprétation JONATHAN CAPDEVIELLE — VEN. 18 AVril 20H30 SAM. 19 AVril 19H15 × lumière : Patrick Riou × régie générale et régie son : Christophe Le Bris × collaboration artistique : Gisèle Vienne × regard extérieur : Mark Tompkins × assistance audio : Peter Rehberg × assistant artistique pour les tournées : Jonathan Drillet × administration, production, diffusion : Bureau Cassiopée – Léonor Baudouin, Manon Crochemore x Avec la participation d’ECUME, ensemble choral universitaire de Montpellier – direction musicale Sylvie Golgevit – avec : Paco Lefort, Jean-Luc Martineau, Pierre-Yves Bruzzone, Olivier Strauss, Benoit Vuillon. x Remerciements à : Aurélien Richard, Mathieu Grenier, Tibo Javoy et Ya Basta, pour l’enregistrement et mixage des choeurs sur “pitaladyfacegalaxymix”, Jean-Louis Badet, et à Barbara Watson et Henry Pillsbury. x Avec l’aide de DACM et l’équipe technique du Quartz, Scène Nationale de Brest x production déléguée Bureau Cassiopée x coproduction Centre Chorégraphique National de Montpellier Languedoc Roussillon dans le cadre de ]domaines[ (FR), Centre Chorégraphique National de Franche-Comté à Belfort dans le cadre de l’accueilstudio (FR) et BIT Teatergarasjen, Bergen (NO). x Avec le soutien du Centre National de la Danse pour la mise à disposition de studios.

© Alain Monot

CE SPECTACLE EST PROGRAMMÉ DANS LE CADRE DE LA RÉUNION PLÉNIÈRE DE PRINTEMPS DE L’IETM CO-ORGANISÉE PAR RÉSEAU EN SCÈNE LANGUEDOC-ROUSSILLON ET LA RÉGION LANGUEDOCROUSSILLON ET SOUTENUE PAR L’ONDA ET L’INSTITUT FRANÇAIS. LA PIÈCE Adolescent, outre mes exercices d’imitateur, j’apprenais et chantais fréquemment des “tubes” et principalement ceux de Madonna. En 2007 sur invitation du festival Tanz im August à Berlin, j’ai constitué un répertoire « Madonnesque » associé à d’autres hits de discothèque mais aussi à des chants traditionnels Pyrénéens. Ce tour de chant a été chanté a capella à Berlin puis dans différents lieux, de manière spontanée, rendant ainsi l’objet très intuitif. À partir de ce point de départ, j’ai souhaité travailler sur l’écriture d’une pièce, dans laquelle le matériau chanté et l’imitation sont intégrés et articulés sous forme d’autoportrait. Convoquant le registre de l’autofiction, sorte de documentaire sous forme de confession qui met en évidence l’itinéraire d’un personnage entre vie réelle et vie fantasmée ou rêvée, cette pièce est écrite à partir de chansons, de conversations, qui évoquent comme des carnets intimes, les racines ou la famille. — Jonathan Capdevielle


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BIOGRAPHIE : JONATHAN CAPDEVIELLE —

© Alain Monot

Est né en 1976 à Tarbes en France et vit à Paris. Après ses études de théâtre à Tarbes entre 1993 et 1996, il intègre l’École supérieure Nationale des arts de la marionnette. Collaborateur de Gisèle Vienne depuis ses premières mises en scènes, il est interprète au sein de toutes ses pièces, dont Kindertotenlieder, Jerk et Éternelle idole. En septembre 2006, il crée avec Guillaume Marie We are accidents waiting to happen au Palais de Tokyo. En 2007, il crée la performance-tour de chant Jonathan Covering au Festival Tanz im August à Berlin, point de départ de sa création Adishatz/Adieu qui a été présentée en novembre 2009 au Centre Chorégraphique National de Montpellier Languedoc-Roussillon dans le cadre d’un ]domaines[ et en janvier 2010 au festival C’est de

la Danse Contemporaine du Centre de Développement Chorégraphique Toulouse / Midi Pyrénées. Durant le mois d’avril de la même année, il se fait interprète de la pièce radiophonique de Yves-Noël Genod et Nathalie Quintane, Marseille massacre dans le cadre des ateliers de création radiophonique de France Culture. En novembre 2011, il présente Popydog, créé en collaboration avec Marlène Saldana au Centre National de la Danse – Pantin. En août 2012, sur une proposition du festival Far° - festival des arts vivants de Nyon (Suisse) il propose Spring Rolle, un projet in situ avec deux interprètes, Jean-Luc Verna et Marlène Saldana. —


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Lehrstück - pièces d’apprentissage est un temps fort consacré aux projets théâtraux étudiants qui mûrissent pendant l’année universitaire.

EN COMPLÉMENTARITÉ AVEC LA MANIFESTATION “IN VITRO” PROPOSÉE PAR LE CROUS DURANT LA MÊME PÉRIODE, NOUS PRIVILÉGIONS LES TRAVAUX ARTISTIQUES S’INSCRIVANT DANS UNE DÉMARCHE D’APPRENTISSAGE, DE FORMATION ET DE RECHERCHE. VOUS POURREZ AINSI DÉCOUVRIR LES SPECTACLES ISSUS DU DÉPARTEMENT D’ÉTUDES THÉÂTRALES : LES MASTERS PRATIQUES AINSI QUE LE SPECTACLE ENCADRÉ PAR LES ENSEIGNANTS DU DÉPARTEMENT AVEC TOUS LES ÉTUDIANTS DE LICENCE 3.

CALENDRIER* — L’ORESTIE — d’Eschyle ATELIER-PROJET L3 DU DEPARTEMENT D’ÉTUDES THÉÂTRALES MAR. 29 AVRIL À 21H et MER. 30 AVRIL À 19H15

du MAR. 29 avril au MER. 28 mai

— CATÉGORIE 3.1 — de Lars Loren MISE EN SCÈNE : LEA CHIKITOU MASTER II ÉTUDES THÉÂTRALES MER. 14 MAI À 19H15 et JEU. 15 MAI À 21H

TARIF UNIQUE 2 € PAR SPECTACLE GRATUIT AVEC LA CARTE LAISSEZ PASSER VIGNETTE

— DES MITES ET DES HOMMES — d’après “Médée” d’Euripide MISE EN SCÈNE : PALOMA LOPEZ MASTER I ÉTUDES THÉÂTRALES MER. 14 MAI À 21H et JEU. 15 MAI À 19H15

Programme détaillé à partir de mi-avril + d’infos : www.theatrelavignette.fr

— L’INATTENDU — de Fabrice Melquiot MISE EN SCÈNE : CHLOE PEJAC MASTER II ÉTUDES THÉÂTRALES MER. 21 MAI À 19H15 et JEU. 22 MAI À 21H — LE THÉÂTRE AMBULANT CHOPALOVITCH — de Lioubomir Simovitch MISE EN SCÈNE : CHARLOTTE BELLEDENT et LISE-DELHIA CHEMSSEDDOHA MASTER I ÉTUDES THÉÂTRALES MER. 21 MAI À 21H et JEU. 22 MAI À 19H15 — LA VIE MENTALE D’UN FRUIT — de Ghérasim Lucas MISE EN SCÈNE : SONIA FRANCO ET FABIEN GAUTIER MASTER I ÉTUDES THÉÂTRALES MAR. 27 MAI À 19H15 et MER. 28 MAI À 21H — LITTORAL — de Wajdi Mouawad MISE EN SCÈNE : JEAN-YANN VERTON MASTER I ÉTUDES THÉÂTRALES MAR. 27 MAI À 21H et MER. 28 MAI À 19H15

*ce calendrier est susceptible de modifications


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calendrier & infos pratiques

— MARS— jeunesse d’hypérion (création) d’après le roman de hölderlin adaptation et mise en scène Marie-josé Malis compagnie la llevantina collaboration à l’écriture judith balso

§ Lun. 17 mars 20h30 § mar. 18 mars 19h15 § mer. 19 mars 20h30 § jeu. 20 mars 19h15 tarif spécial: 5 €/ 2€ avec le LPV

Concert de l’ONM § Lun. 24 mars 19h15

— AVRIL / MAI — rabah robert touche ailleurs que là où tu es né

texte et mise en scène de lazare

§ Mar. 1er avril 20H30 § Mer. 2 avril 19h15 PROJECTION catherine d’après les clôches de bâle d’aragon Mise en scène d’antoine vitez

§ Lun. 7 avril 19h15

angelus novissimus (création) mise en scène et scénographie alain béhar compagnie quasi

§ mar. 15 avril 20h30 § Mer. 16 avril 19h15

adishatz/adieu

conception et interprétation jonathan capdevielle

§ VEN. 18 avril 20h30 § SAM. 19 avril 19h15

festival lehrstück!

pièces d'apprentissage

§ fin avril à fin mai (programme détaillé mi-avril)

• BILLETTERIE •

• E N C A R T E Z-V O U S ! •

• La billetterie est ouverte • Le soir des représentations 1h avant le début du spectacle. (hors vacances universitaires) En semaine, du lundi au jeudi de 14h à 18h - bâtiment H bureau 101

Avec le Laissez-Passer Vignette, venez voir tous les spectacles pour 2 € la représentation ! Accédez gratuitement aux projections, aux concerts et aux spectacles Lehrstück ! Pièces d’apprentissage. Désormais, vous pouvez planifier vos soirées à l’avance, en réservant dès l’ouverture de saison, sur place à la billetterie ou sur notre billetterie en ligne !

• Modes de règlement • CB, espèces, Chèque (à l’ordre de l’agent comptable de l’Université Paul Valéry) • Quand réserver ? • Le plus tôt possible à l’ouverture de la saison avant que les spectacles ne soient complets ! • Où et comment réserver ? • Sur place, par téléphone 04 67 14 55 98 ou par mail resa.theatre@univmontp3.fr • Où et comment acheter une place ? • Sur place ou sur le site internet du théâtre : www.theatrelavignette.fr • TA R I F S G É N É R A U X • Plein tarif 14 € Tarif réduit* 10 € Tarif super réduit** 5 € Open / concerts – tarif unique 5 € Lehrstück ! / projections – tarif unique 2 € * tarif réduit : étudiants, moins de 25 ans, personnel UPV, demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minimas sociaux, abonné d’un des 6 théâtres* de l’agglomération, de la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau, groupes de + 10 personnes ** tarif super réduit : Lycéens, scolaires, partenaires : nous contacter

• C A R T E L A I SSE Z PA SSE R • Le Laissez-Passer Vignette évolue ! § Laissez-Passer Vignette 30€ + 2€ par spectacle § Laissez-Passer UPV* 20€ + 2€ par spectacle § Laissez-Passer étudiant 10€ + 2€ par spectacle § Laissez-Passer Musique** 10 € * tarif réduit : personnel UPV, moins de 25 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minimas sociaux, sur présentation d’un justificatif **Avec le Laissez-Passer Musique, accédez gratuitement à tous les concerts et bénéficiez d’un tarif réduit pour les spectacles de théâtre !

• Comment s’abonner ? • • Venez remplir un formulaire à la billetterie, réglez sur place par CB, espèces ou chèque. • Ou rendez-vous sur notre billetterie en ligne, achetez votre Laissez-Passer, et récupérez-le le soir du premier spectacle auquel vous assistez.


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Théâtre la Vignette Université Paul-Valéry Montpellier III Route de Mende 34 199 Montpellier Cedex 5 Accueil & billetterie T 04 67 14 55 98 bâtiment H – bureau 101 resa.theatre@univ-montp3.fr www.theatrelavignette.fr

Rabah Robert - Lazare © Hélène Bozzi

Edité par le Théâtre la Vignette - Université Paul-Valéry Montpellier III Directeur de publication : Nicolas Dubourg Rédaction : Noëmie Charrié Conception : Denise Oliver Fierro Impression : Imp’act Imprimerie - mars 2014 Licences d’entrepreneur de spectacle : 1-1063683 / 2-1006318 / 3-1006319


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