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gratuit !

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e g u o r e n i e r lalareine rouge

édito

e où le

e li A , i uo urq o sp l sai e u'i n e t, j eq n e C m . o ir ce m o ur Juste àà ce moment, je ne saisà cpourquoi, Juste Alice t iren m e s e g u o R e n i e R et la Reine Rouge se mirent à courir. Ce qu’il et

c

Dans un c ontext

fai td trouver en ch e air et se en os ren’e st pl le qu’avant, us l’éq aussi simp uip e du Théâtre de Poche (TdP) a choisi de développer de

1871 :

y avait de plus curieux, c’est que les arbres et tous les objets qui

les entouraient ne changeaient jamais de place. Elles avaient beau aller vite, jamais elles ne passaient devant rien.

- Mais, Reine Rouge, nous courons vite et le paysage autour de

lien avec vous.

Conception graphique : BVVVS

Ce journal en est

une.

Nous avons invité plusieurs artistes parte-

naires à contribuer de diverses manières (textes, dessins, peinture…), parfois en lien

nous ne change pas ?

- Non. Ici, vois-tu, nous devons courir pour rester à la même

place. Si on veut aller ailleurs, il faut courir au moins deux fois plus vite que ça.

avec leur prochaine création, parfois en résonnance avec la période du confinement, parfois juste pour le plaisir.

La sélection que vous allez découvrir dans cette édition a été faite en portant une attention particulière à ce que chaque pro-

position pouvait nous dire de la relation : la relation que nous entretenons avec les

autres (inconnu·es, proches…) voire avec

■ Comité éditorial : Le joli collectif / Coordination : Suzanne Copin /

EXP : théâtre de poche / le joli collectif 10 place de la mairie - 35630 Hédé Bazouges - FRANCE

R par l'Union européenne dans le cadre du FEADE artistique au Théâtre de Poche est soutenu emental départ il conse le ne, Le joli collectif, dans le cadre de son projet Bretag de al région il ale des affaires culturelles Bretagne, le conse une (programme LEADER), la Direction région communes du Val d’Ille-Aubigné, la comm de Bretagne romantique, la communauté de d’Ille-et-Vilaine, la communauté de communes de diffusion artistique. al nation Office , l’Onda cles : specta s / Impression : Atimco - Combourg de Hédé-Bazouges et pour la diffusion de certain

nouvelles façons d’être en

nous-mêmes, la relation que nous pouvons tisser avec des personnages de fiction, ou encore les relations internes à une

nous

société,

la

dévelop-

notre environgéographie…

relation pons

nement,

que

avec

sa

Vous retrouverez dans cette première

édition les participations de 8 artistes : Sofia Teillet, Vincent Collet, Marion Le

Guerroué, Diane Rabreau, Pamina de Coulon, Enora Boëlle, Cécile Fraysse, Marion Delabouglise.

2020 :

Après un long temps de réflexion d’un

siècle et demi, Alice, à bout de souffle, réa-

lisa que pour « aller ailleurs », elles n’étaient pas obligées de cou-

rir deux fois plus vite. Mais que selon les propriétés physiques de ce monde, s’arrêter produisait aussi un déplacement.

- Mais, Reine Rouge, si l’on s’arrête, cela nous emmène donc aussi ailleurs !

- Oh mais quelle réflexion intéressante Alice, continue à m’en parler autant que tu veux mais tout en courant, répondit la Reine en broyant imperceptiblement la main d’Alice. ■

La scène de la Reine Rouge est extraite de De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll. Sofia Teillet en a écrit cette suite. Elle présentera son spectacle De la sexualité des orchidées au mois de mars.


« il faut tenter de comprendre la pression vers l’homogénéité » Après la création des spectacles Aveugles et Antigone, le

c’est ce qu’il s’est passé. Après beaucoup d’opposition de la part

Marie-Lis Cabrières, Vincent Collet, Fanny Fezans et Vincent

semaines avant la fin de l’exploitation. Dans cette histoire, j’ai

groupe d’acteurs-chercheurs du joli collectif constitué de Voisin poursuit son exploration de nos rapports au pouvoir dans ce dernier volet de la trilogie, décliné en 7 voyages.

En juillet 2019, un premier film est produit « Bretagne ro-

mantique, les contours du sujet » et en septembre 2020, un second module est lancé dans le Canton de Genève. Les quatre explorateurs repartiront dans les prochains mois en

Belgique, en Grèce, au Québec, en Nouvelle-Calédonie et au Japon à la recherche de ce sentiment de justice.

Lors d’un premier voyage exploratoire en mars 2020, Vincent Collet rencontre à Tokyo Yohey Suda, avocat en droit international et Megumi Wada, avocate de Carlos Ghosn. Il y est

question de la construction du rapport entre le collectif et l’individu, de droit international, de l’affaire Carlos Ghosn et de la place des minorités, autant de sujets qui résonnent d’un bout à l’autre du globe. Extraits :

des artistes, l’exposition a été rouverte, seulement une ou deux senti la tendance de placer l’avis du public « en général » devant le droit d’expression d’un individu.

C’est une pression de la part des avocats, des artistes, des juristes et des journalistes qui a permis la réouverture. Il y avait une par-

tie du public qui manifestait clairement contre la fermeture de cette exposition.

Auparavant, ce type de manifestations, pour défendre la liberté

d’expression, avaient moins d’impact. Mais dans le cas de Nagoya c’est devenu plus important que par le passé.

Il y aurait donc une progression dans la défense par l’opinion publique de ses droits d’expression ? YS : D’une certaine manière oui, il y a un progrès. Dans le sens où les artistes, les juristes sont devenus plus conscients de la nécessité de défendre les droits de l’individu, les droits fondamentaux.

Mais dans le même temps, il y a des mesures que l’on peut considérer comme de la censure qui se mettent en place. Par exemple,

cette année il y aura une exposition à Hiroshima, mais déjà les autorités essaient d’installer une sorte de comité qui surveille la

sélection des œuvres. Comme le contre-pouvoir pour la défense des droits fondamentaux se renforce, le pouvoir lui aussi devient

plus fort. L’année 2020 est une année assez importante pour la liberté des artistes.

Comment expliquez-vous le fait que le rapport de force se cristallise dans plusieurs endroits ? YS : Je pense que l’autorité lit et comprend l’avis de la majorité de la population. Et malheureusement l’avis de la majorité de la

population souvent ne comprend pas la liberté, le droit fondamental des individus. C’est peut-être dû au fait que le Japon n’est

pas un pays occidental, du fait que l’individualisme n’est pas bien fondé dans la société, d’une manière profonde.

En Occident, l’individualisme est devenu une sorte de « gros mot », associé aux excès du capitalisme et à un égoïsme, alors qu’ici j’ai l’impression que c’est l’inverse : ce mot symbolise la défense de la liberté de l’individu. Est-ce que la question de la défense des droits de l’individu est compliquée au Japon ? YS : Je pense que la pression de l’opinion publique constitue un élément assez important pour la mise en œuvre de la loi au Japon. Et j’ai senti cette tendance notamment pendant le festival

d’art contemporain qui s’est déroulé [en 2019] à Nagoya. Il y a eu une controverse à cause de certaines œuvres exposées ju-

gées trop « polémiques ». À cause de la pression des hommes

politiques et d’une partie du public, l’exposition a été fermée. Il s’agissait d’une véritable atteinte, d’une sorte de censure que j’ai

jugée inacceptable. Normalement la liberté d’expression ne peut être limitée, sauf dans le cas où celle-ci porte atteinte, et d’une manière imminente, à la sécurité. Ce n’était pas le cas et pourtant

YS : Je pense qu’en Europe occidentale, après la révolution, après la lutte contre la monarchie, l’individualisme est devenu une

sorte de norme, mais qu’on est allé trop loin, et qu’il s’agit au-

jourd’hui d’effectuer un recul, dans le bon sens, pour remettre en place des limites, une solidarité, faire la balance entre l’indivi-

dualité et les solidarités. Il faut passer par l’individualisme avant

de prendre du recul et de mélanger les deux éléments, mais le Japon n’a vécu aucune période permettant l’essor de l’individualisme au cours de son histoire comme en Europe.

Lors de l’affaire Carlos Gohn, la garde à vue telle qu’elle est pratiquée au Japon a été perçue comme une épreuve complexe et très loin des standards internationaux. Est-ce qu’ici, cela a été critiqué de la même façon ?


3 questions

à Marion Le Guerroué, coordinatrice des résidences d’artistes du projet de coopération européenne. MW : Au Japon, cette critique a surtout été le fait des avocats. Et

Quel lien fais-tu entre ton expérience en tant que productrice et ton

ces critiques internationales ont été vécues pour nous comme la

nouveau poste au Théâtre de Poche ?

ventive. Malheureusement, le public ne s’intéresse pas particu-

Depuis 10 ans, je produis des spectacles et ai la chance d’aller dans différents

concentrer l’attention du monde entier sur notre système et c’est

de nos spectacles, on est souvent de passage. À l’inverse, quand on vient en

possibilité de faire évoluer les lois du pays sur la détention prélièrement à ces questions, mais l’affaire Carlos Gohn a permis de très important... Le système juridique est très différent ici. Parfois

des citoyens sont détenus pendant plus d’un an avant leur procès,

tout en étant innocents, sans pouvoir communiquer avec leur fa-

mille, c’est tellement stressant. Et le pire c’est pour les étrangers qui n’ont pas de visa et ne peuvent être libérés sur caution car la loi ne le leur permet pas. Parfois pour quelques grammes de marijuana, c’est insensé !

YS : (…) Malgré toutes ces recommandations et critiques de la communauté internationale, le Japon ne bouge pas. Je pense que

le manque de connaissance, même parmi les juristes sur le droit international, est une part importante du problème. Très peu de

juges prennent en compte les droits de l’homme dans leurs décisions malgré les recommandations de divers comités au sein des Nations Unies qui surveillent leur mise en œuvre. (…)

théâtres en France et au-delà. Quand on vient dans un lieu pour la diffusion

résidence, on vient une semaine, parfois deux. On découvre un lieu où on va

travailler, où on va vivre, dormir, on rencontre une équipe, on découvre une ville et rarement ses habitant·es.

Il y a deux ans, j’ai eu la chance d’être accueillie en résidence au TdP et j’ai eu un coup de foudre pour cet endroit ! Le TdP m’est apparu comme un

des meilleurs endroits que j’avais fréquenté pour une résidence : le cadre

de Hédé est apaisant, les habitant·es très accueillant·es, le théâtre est facile et modulable, notre logement – en gîte – était bien agréable et l’équipe du

théâtre était vraiment super avec nous. Elle avait su nous laisser tranquille pour travailler et à la fois être là pour nous soutenir.

Un an plus tard, quand on a imaginé ce poste de coordinatrice de résidences d'artistes, c’était évident pour moi que c’était le lieu idéal pour imaginer des résidences innovantes et de qualité.

En quoi va constituer ce projet de résiPar exemple il y a une convention à l’ONU qui vise à diminuer

dences innovantes ?

l’état a signé cette convention, les propos jugés discriminants, no-

La première intention sur ce projet de

de la liberté d’expression.

avec « des théâtres amis ». Fort de partager

l’incitation à la haine vis-à-vis des minorités. Au Japon, alors que tamment vis-à-vis des Coréens, ne sont pas criminalisés au nom

Mais c’est un peu contradictoire, puisque vous disiez que la liberté d’expression elle-même pouvait être réduite dans le cadre de cette exposition pour satisfaire l’opinion publique ? YS : C’est contradictoire je sais bien. Il y a des éléments où la li-

berté d’expression n’est pas respectée et d’autres où elle devient un argument.

Est-ce que dans les deux cas, le point commun ce ne serait pas une importance démesurée de la doxa, le sens commun ? YS : Je crois qu’il y a moins de tolérance dans la société japonaise pour ce qui est différent, une pression pour l’homogénéité. Dans l’exemple des paroles qui incitent à la haine à l’encontre des Co-

coopération était de se mettre en connexion des valeurs, des pratiques, des envies, on s’est réunis à 3 : le TdP, la Balsamine (Bruxelles) et le Grütli (Genève) pour créer ce projet de résidences européen. Nous allons

chacun inviter des artistes étrangers sur nos territoires. Nous tâcherons de les

accueillir au mieux ; cela se traduira autant

par l’achat de couteaux qui coupent pour la cuisine des

logements que par essayer de travailler nos retours cri-

tiques sur l’artistique. Plus spécifiquement, au TdP, il s’agira

de réaliser, sur notre territoire, des résidences dans des lieux

non théâtraux (entreprise, ferme, espace naturel) en association avec les ha-

bitant·es. Nous tenterons, à travers ces résidences, de créer une autre relation au territoire.

Est-ce qu'il est possible de participer à ce projet ? Ça commence

réens, cela ne bouge pas parce qu’ils sont une minorité. L’art pose

quand ?

rent de la majorité et c’est pour cela que l’autorité vise à limi-

Oui bien sûr ! Si vous avez envie d’expérimenter avec nous et que vous êtes

tenter de comprendre la pression vers l’homogénéité dans cette

seront possibles : participer à l’atelier critique, accueillir des artistes dans

aussi un problème car il expose un point de vue politique difféter cette liberté d’expression. Pour résoudre ce paradoxe il faut société.

Est-ce que le travail que vous faites aurait alors pour objectif de lutter contre l’homogénéisation ? YS : Moi oui, en tant que membre du Comité du barreau pour la

défense des droits de l’homme. Oui et je dirais que même s’il peut s’agir de Français au Japon que je défends par exemple, il s’agit d’une lutte pour défendre les minorités. ■

curieux·ses de découvrir un projet artistique autrement, plein de choses

votre logement, inviter à diner une équipe, proposer qu’un·e artiste vienne travailler dans votre lieu de travail... Tout est possible ! Et ça commence en octobre !

Tout au long de la saison 20-21, des artistes belges et suisses seront accueilli·es au TdP et ailleurs sur le territoire de la Bretagne romantique et du Val d’Ille-Aubigné. Rendez-vous à la page agenda pour connaître les premières dates auxquelles vous pourrez rencontrer Lucile Choquet avec Jusque dans nos lits et Silvio Palomo & Justine Bougerol avec Terrain Vague.


dans le cahier de... Pamina de Coulon sera sur scène en

là. Je me suis rendu compte que dans les

Ruins, troisième volet, d’une vaste re-

gence climatique, de tout ce qui est déjà

novembre dans son spectacle, Palm Park cherche transdisciplinaire qu’elle a appelée FIRE OF EMOTIONS.

Nous avons voulu vous partager ici des notes de recherche pour son spectacle.

Nous vous les proposons en regard d’une de ses réflexions :

« Il suffit de parler de plantes et de pol-

lution pour qu’on se retrouve l’étiquette

écologie collée dans le dos, en soi ce n’est

pas grave mais ça m’inquiète qu’on s’arrête

médias, on ne parlait que des effets de l’urmort, déjà parti, déjà foutu ou presque,

ce qui ne crée qu’un sentiment d’impuissance. Je choisis alors de parler de ces

quelques

conseils lectures sur la marche et le départ Enora Boëlle sera en résidence à l’école Les Petits Capellos (La Chapelle aux Filtzméens) dans le cadre de son projet Sac à dos. Elle vous confie ici une bibliographie commentée en lien avec ce nouveau thème de recherche artistique.

conséquences en les reliant à leurs causes,

Nous avons tous eu des « révélations » pendant l’étrange

s’agripper afin de faire face à ces causes,

de ressentir un besoin irrépressible de solitude. Ce besoin

et de proposer des prises auxquelles

face à la violence industrielle du capita-

lisme globalisé qui nous a tant éloigné des processus qui servent à nous nourrir, et ainsi à nous défendre. »*

*extrait d’un entretien pour MaCulture, site d’informa-

période des mois de mars, avril et mai 2020. La mienne fut m’étant impossible à satisfaire pendant la période de confinement, je l’ai assouvi dans le projet de créer une nouvelle forme artistique : Sac à dos. Pour ce faire, je me suis plon-

gée dans tout type de littératures : romans adultes, ados et albums illustrés jeunesse. Il y était question de départ, de marche et de solitude.

tion sur le spectacle vivant.

Wild de Cheryl Strayed a été LE livre d’empowerment par excellence ! L’autrice y raconte sa propre expérience, une marche seule de 3 mois sur le Pacific Crest Trail à l’ouest des États Unis. Elle a suites d’un cancer,

26 ans quand sa mère meurt des

ce qui la rattache

ce décès tranche brutalement

sens, et plonge dans

le coup de pied au fond

à la vie, elle n’en saisit plus le

l’héroïne. Un sursaut, comme

surface et elle part, seule lourd, sans expérience

de la piscine, la ramène à la

avec un sac à dos dix fois trop

réputé pour sa difficulté. d’être partie, chaussures

de la marche sur ce chemin

À chaque pas elle regrette

ongles un à un, sac à dos

et ses épaules sont meur-

craint les bêtes sauvages dont et pourtant elle continue. Elle volonté, comme si ce voyage

trop petites, elle perd ses trop lourd, ses hanches tries, elle bivouaque,

elle traverse les espaces, dépasse sa propre

était un passage obli-

gatoire vers autre chose, une renaissance, la résilience, une puissance intérieure ?

La lecture de Tracer de Guillaume Nail a été également une très belle découverte. Dans la catégorie littérature ados, ce roman invite à l’échappée, au voyage, pour comprendre, à cet âge critique, les choix qui façonnent une identité, loin

des Snappchat et autres comptes Insta. Emji a 17 ans quand ses parents meurent violement d’un accident de voiture

(oui, encore un livre sur la résilience, mais pour rappel je travaille également sur un spectacle sur la mort ;) ). Trop

jeune pour porter ce fardeau, elle devient l’orpheline de son village et ne supporte pas cette nouvelle étiquette. Après

avoir par hasard vu un reportage sur l’Aubrac à la télé, elle charge son sac à dos et file au petit matin chez son oncle,

accompagnée par sa meilleure amie. Sa route en duo au départ, en solo par la suite, sera celle des épreuves physiques, des rencontres, de la fête, de la sensualité et finalement de la métamorphose de l’enfant vers l’adulte.

2 autres conseils lecture catégorie jeunesse : Le grand

voyage de Rickie Racoon de Gaëlle Duhazé et Partir de Véronica Salinas et Camilla Engman.■ Enora Boëlle / le joli collectif


Cécile Fraysse, peinture 100x75cm Cécile Fraysse est invitée à jouer son spectacle Cactus au Théâtre de Poche au mois de novembre. Elle proposera également deux ateliers à faire en duo parent-enfant dans les bibliothèques de

Hédé-Bazouges et Saint-Thual. Cette artiste plurielle s’est d’abord formée aux arts plastiques et à la scénographie aux Beaux Arts de Rennes et à l'École des Arts Décoratifs de Strasbourg.

Nous lui avons proposé de reproduire ici une de ses peintures, réalisée en lien avec Cactus.


Diane est artiste et péda-

gogue de rue. Nous l’avons rencontrée dans le cadre

de son action avec le GPAS,

groupe de pédagogie et

d’animation sociale.

La pédagogie sociale se défi-

nit comme un art du trajet à

la recherche d’un maximum de rencontres. Sans locaux

d’activités, elle ne fréquente

que les espaces publics. Son pari éducatif : que la diver-

sité des espaces fréquentés, des personnes qui y vivent

et s’y rencontrent, puissent

permettre aux enfants et aux

adolescents de constater qu’il existe de multiples manières d’exister et de concevoir la

société, chemin d’une éman-

cipation possible.

Le Télétour du Monde est

adapté d’une performance

participative qui s’est dérou-

lée pendant une semaine au centre culturel Het

Bos à Anvers en

2014. Il a été re-

lancé pendant le confinement, en

Val d’Ille Aubigné.

Partez en Télétour du Monde

à Hédé (ou plus loin !) et

envoyez-nous vos clichés

de voyages téléphoniques

(dessins / schéma / texte) à : teletourdumonde

@dianegoesforyou.com.

Ils seront publiés dans le

prochain numéro. L’agence du Télétour est ouverte tous les jours non-stop

sauf quand le téléphone est

éteint.

À

VO

U

S

D

E

JO

U

ER

!


« J’ai appris que ce n’était pas facile de marcher seul dans le village » Depuis septembre 2019, 30 jeunes Mineurs

devenir...

il l’a invité et lui a donné un nom,

Hédé-Bazouges. Ils et elles sont arrivé·es

avec quelques objets, et beaucoup de

On a assisté à la journée d’un homme céliba-

sources.

on s’est raconté·es

Non Accompagnés (MNA) sont logé·es à

seul·es sur le territoire français, sans resLe Département prend en charge ces adolescent·es dans le cadre de sa mission de protection de l’enfance.

confiance,

on s’est présenté·es

on s’est offert nos mondes.

La gestion du foyer de Hédé-Bazouges a été

Et puis aussi on s’est donné des

teuil. Ensemble, l’équipe du TdP et l’équipe

et puis on ne s’y est pas retrou-

confiée à la fondation Les Apprentis d’Audu foyer développent un projet visant,

entre autres, à faciliter leur accueil dans la

rendez-vous vé·es

commune. Parmi les rendez-vous organisés,

alors on a commencé à se

du TdP, a proposé des ateliers pendant une

et puis des fois on s’est

Marion Delabouglise, artiste partenaire semaine, au début des vacances d’été.

Du 6 au 10 juillet, le Théâtre de Poche et le foyer se sont rencontrés, et j’en étais ! Il y a eu : des jeux,

du BOOOOOOING... ZAP... PAN

et des CHA – YA – YOOOOOOO On a compté en rythme et en corps

on a écrit une chorégraphie « jaune » avec de la mayonnaise, un drapeau belge, un lion, de

la peinture, un tournesol, un maillot jaune, le soleil et un poussin ! On a rigolé

on a fait des grimaces et des bruits, on a fait un peu n’importe quoi on a fait un voyage méditatif,

senti nos racines qui traversaient le plancher du théâtre,

et laissé respirer les arbres que nous sommes.

et il est apparu. taire,

on a vu quelqu’un prendre sa douche dans

une cuillère en plastique, et se protéger avec un arrosoir de plage,

on a vu quelqu’un piler le manioc dans un bol tibétain,

et arroser l’univers...

« Parce que si je ne le fais pas personne ne le fera pour moi, et il faut bien que ça pousse pourtant... »

chercher

On a parlé de territoires, on m’a présenté la

trouvé·es

et je m’y suis invitée. Moi, intervenante, inter-

jamais vraiment là où on pensait

et c’est là, juste, que peut naître l’acte

Liberté, la Paix, le Respect et la mer en Guinée prète, comédienne,

je me suis fondue dans ce qu’ils écrivaient,

et cela a changé la texture de ces mots en moi. J’ai été traversée.

artistique

On m’a dansé le danger de la Méditerranée,

de nos rencontres

et le bus pour Rennes.

et l’Europe, la protection, la solitude, le foyer

aussi bien sur

Des morceaux de vie sont apparus,

théâtre,

qui sont sortis à ce moment-là,

le plateau du

que sur des chaises

au soleil devant l’entrée du foyer,

des bouts de parcours,

parce que nous avions convié tout autour de moi, 102 spectateur·ices imaginé·es, ici, là, à Hédé.

ou dans un endroit

Oui il fallait vous savoir pour

calme,

créer, il fallait ces sièges dans

cette plate forme reculée,

lieu de ressourcement, de nature,

« on a le droit d’être là ? »

à peine à 100 mètres du lieu

de vie, après le chemin com-

l’attente de vous, un jour.

Le plateau du théâtre a reçu cela,

dans la bienveillance,

en son sein.

Il en est enrichi.

munal, et elle n’avait pas encore

Je suis intervenante au théâtre, ça veut dire

nos souvenirs,

je me suis demandée pourquoi...

et cette semaine j’ai rencontré des personnes

et puis sur quelqu’un qui n’était pas là,

de marcher seul dans le village,

qui habitent le territoire et des ponts au-delà,

On a conduit, on a pétri du pain et coupé des

oignons, on a voyagé, dans nos imaginaires et on a pilé, on a tiré dans un ballon à moins que ce fut un souvenir

on s’est réchauffé·es autour d’un feu imaginé, mais dont la chaleur fut réelle

on a vu apparaître une ville, Kasso, et un jardin,

on a raconté l’histoire d’une graine,

d’où elle venait, ce qu’elle pourrait

été découverte

j’ai appris que ce n’était pas facile quand on vient de loin, et qu’on ne peut pas l'oublier

« Je marche jamais seul. Quand on est à

2 ou 3 c’est pas pareil. On sent moins les regards. »

Ces regards on les a imaginés à côté de moi,

dans les gradins du théâtre,

où un acteur a fait exister le vide,

que je suis extérieure et viens ponctuellement,

de deux structures voisines,

de l’humanité dans les réajustements,

de la vie dans des prénoms des risques dans les expériences,

de la créativité au-delà de nos zones de confort,

de la confiance dans un « ça m’a fait du bien ce que j’ai fait là, je vous remercie ». ■

Marion Delabouglise / directrice artistique de Goûter la consoude – une parole qui délie les langues


agenda octobre > décembre 2020

aveugles,

pépé bernique

cactus

Pour la première rencontre de cette saison,

Pépé Bernique est l’histoire d’une relation entre

Cactus est un conte initiatique à voir dès 2 ans

inhabituel !

qu’il lui conte pour illustrer les grandes ques-

musique.

ou comment se donner du courage pour agir ensemble vincent collet — le joli collectif V.2 + S.3 octobre › 19:30

nous vous donnons rendez-vous dans un lieu Avez-vous déjà entendu parler de l’histoire des Aveugles ? C’est un groupe de personnes, perdu en forêt, qui cherche comment en sortir. Quoi de

mieux que de se retrouver justement dans une forêt pour être les témoins de cette aventure ? À partir de 14 ans.

marina le guennec — collectif les becs verseurs S.17 › 20:30 + D.18 › 15:00 octobre

Cécile Fraysse — Cie AMK Me.4 › 10:00 + 14 :00 + S.7 › 17:00 + D.8 › 11:00 novembre

une petite fille et son grand-père, des histoires tions de la vie. Sur scène, deux comédiennes

l’incarnent : l’une dessine, fabrique des objets,

C’est l’histoire d’un louveteau né sans dents

de ce qui est construit par la première.

trouver sa place parmi ses congénères.

ne parle pas, pendant que l’autre se fait la voix

À partir de 7 ans. Avec le festival Marmaille › Lillico, Scène conventionnée d’intérêt national en préfiguration. Art, Enfance, Jeunesse.

autour de cactus

à partir de 2 ans à la bibliothèque de Hédé-Bazouges Me.4 novembre › 15:30 à la bibliothèque de Saint-Thual S.7 novembre › 10:00

pamina de coulon — bonne ambiance V.27 + S.28 novembre › 20:30

! its

atelier parent-enfant

un concert

avec les trans S.21 novembre › 20:30

jusque dans nos lits lucile choquet

Seule en scène, Pamina de Coulon questionne

dans ce spectacle notre rapport à l’environnement en évoquant le retour aux jardins, la reprise en main de nos moyens de subsistance et les désirs liés à l’habitat.

Au fond, quel est notre rapport à la terre ? De quelle terre parle-t-on ? À partir de 14 ans.

us vo

rend ez gra tu

fire of emotions : palm park ruins

qui mêle dessins, théâtre de marionnettes et

sortie de résidence - installation visible avant et après Palm Park Ruins. V.27 + S.28 novembre › à partir de 19:00

terrain vague

silvio palomo & justine bougerol sortie de résidence à la ferme de la Palmyre à Dingé V.4 décembre › 19:00

dans une fleur de cactus qui devra grandir et À partir de 2 ans.

pratique ! tarifs — plein tarif : 13 € tarif réduit* : 10 € tarif réduit jeune** : 8 €

*carte de poche, demandeur d’emploi, minima sociaux, intermittent du spectacle, adhérent de l’association Le joli collectif ** étudiants et – de 26 ans

Tarif famille : 8€ / personne pour Pépé Bernique tarif unique : 6 € pour Cactus achetez vos places à l’avance ! — en ligne : www.theatre-de-poche.com par téléphone : 09 81 83 97 20 par courrier : 10 place de la mairie, 35630 Hédé-Bazouges renseignements : billetterie @theatre-de-poche.com le PASS — Avec le pass, accédez à tous les spectacles de la saison à partir de 30€.

Profile for Théâtre de Poche - Hédé

Un journal inhabituel du Théâtre de Poche n°1 - 2020  

Un journal inhabituel du Théâtre de Poche n°1 - 2020  

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