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Le Journal du Tandem Arras-Douai #1

Novembre–Décembre 2013


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Portrait. Ayo Agenda. Les Rendez-vous à ne pas manquer à suivre. Ces artistes qui montent… Rencontre avec Tina Satter et Lola Arias événement. Les Multipistes, temps fort des arts de la piste Point de vue. Une petite histoire du cirque Coulisses. Les artistes en résidence En bref.

Directeur de la publication Gilbert Langlois Responsable de la publication Amandine Haegelin Graphisme Altstudio Impression Imprimerie Vincent Tirage 20 000 ex. © Photo couverture : Luke Stephenson

Voici le premier numéro de AND, le nouveau bimestriel du TANDEM, Scène nationale Arras-Douai, fruit du rap­ prochement de l’Hippodrome de Douai et du Théâtre d’Arras. À travers des entretiens, des reportages, des analyses, AND vous apporte des éclairages sur les spectacles, les événements qui composent désormais la vie culturelle et artistique du projet TANDEM. Portfolios, portraits et textes d’artistes (interprètes, metteurs en scène, chorégraphes, musiciens, plasticiens, écrivains ou cinéastes…) rythment ces parutions. AND porte également un regard sur la scène artistique française, européenne et internationale. « Je ne serais sans doute jamais devenu l’un des plus célèbres cracheurs de feu d’Amérique si le Grand Flamo ne s’était pas fait exploser ce soir-là, juste devant le chapiteau des Incroyables Attractions de Krinko&Co. » Ainsi débute Mémoires d’un avaleur de sabres, autobiographie romancée de Dan Mannix, parue en 1951, et récemment retraduite. Passionné de magie depuis l’enfance, le jeune Dan rejoint une étonnante troupe de forains qui sillonne les États-Unis. En quelques mois, l’apprenti forain devient tour à tour cracheur de feu, avaleur de sabres, fakir, spécialiste de l’évasion et télépathe. Ceux qui voudront se plonger dans cet ouvrage y trouveront une somme de savoureux détails sur la vie sous chapiteaux, sur la compagnie des maîtres de l’illusion, sur l’épreuve de la scène et de ses dangers. Ils pourront prolonger l’expérience « in vivo », en parcourant les 7 spectacles des Multipistes, notre temps fort des arts du cirque, qui, cette année, a lieu du 2 au 18 décembre, et auquel nous consacrons une large place dans de ce premier numéro de AND. Dans l’attente du plaisir de vous accueillir sur nos scènes d’Arras et de Douai, je vous souhaite une très agréable lecture. Gilbert Langlois, directeur


© Photo : Kate Barry

Portrait. Ayo

En 2006, un premier album Joyful et son titre phare Down on my Knees avaient propulsé Ayo en nouvelle icône soul. à 34 ans, la voici avec Ticket to the World, un 4e album plus urbain qu’elle présentera le 14 novembre sur la scène de l’Hippodrome.

Beauty Soul DouaiHippodrome • 14 novembre, 20:00 Tarif normal : 25 € Tarif réduit : 20 €

Vous aimerez aussi

ArrasThéâtre • 22 novembre Oxmo Puccino

08 décembre Roberto Fonseca

DouaiHippodrome 30 novembre Keziah Jones

Après avoir présenté tout l’été sur Arte le programme Summer of Soul, Ayo revient avec un 4e album (sorti chez Motown, le 7 octobre), qui mêle astucieusement soul, folk et hip hop. Avec Ticket to the World, la jeune femme ne chante plus ses maux à elle, mais ceux du monde. Dans le titre Fire, elle raconte les manifestations qui ont secoué Londres ; dans Ticket to the World, l’impossibilité de voyager et l’emprisonnement. Elle reprend même à son compte le titre I Wonder de Sixto Rodriguez, l’hymne du mouvement contre l’Apartheid en Afrique du Sud. La musique comme passeport pour le monde et pour la liberté, donc, et une révolution dans un gant de velours pour celle qui dit que « la musique, ce n’est pas forcément de l’amusement, ça peut aussi être une arme contre les injustices. » Rien d’étonnant quand on sait qu’Ayo, fruit des amours d’un père nigérian et d’une mère tzigane, admire particulièrement le grand Fela Kuti, l’inventeur de l’afrobeat, et véritable icône au Nigéria depuis sa mort en 1997. « J’aime le message de sa vie. Sa musique s’accompagnait d’une philosophie qui disait que les Africains ne doivent pas vivre avec une mentalité d’esclaves et qu’ils sont capables de gérer

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leur propre continent en se battant contre la corruption et les régimes autoitaires. » Comme lui, elle aime le mélange d’influences issues du brassage. Rythmiques hip hop par-ci, touches créoles par-là, flow rutilant ou ambiance groovy, si les ritournelles mélancoliques n’ont aucun secret pour elle, les morceaux musclés font aussi partie de son répertoire. Quant aux textes, ciselés, ils la révèlent dans toute sa fraîcheur, une fraîcheur restée intacte malgré le million et demi d’albums vendus partout dans le monde, en l’espace de 5 ans. Une préoccupation commerciale que la douce et pétillante Ayo ne goûte guère. « La musique est un instrument divin, c’est ma religion. Pour moi, chaque disque est un succès et je me considère comme très chanceuse d’avoir des gens qui achètent mes albums et qui viennent me voir en concert. Tout ça est une bénédiction. Le reste, c’est du bonus. » Une belle artiste en somme, humble et délicate, que l’on aura plaisir à recevoir.

1980 Naissance d’Ayo, de son vrai nom de Joy Olasunmibo Ogunmakin, à proximité de Cologne. 2002 Assure les premières parties d’Omar et de Cody Chesnutt. 2005 Devient maman d’un petit Nile, fruit de son union avec le chanteur reggae allemand Patrice. 2006 Joyful, et son tube planétaire Down on my Knees. 2013 Enregistre son quatrième opus Ticket

to the World à New-York, où elle retrouve le producteur de son premier disque, Jay Newland.


Agenda

Les Rdv à ne pas rater

Afrobeat/funk

Keziah Jones

stage musique

La Caravane des amateurs

DouaiHippodrome 30 novembre, 20:00 Voir page 15

Avec le Surnatural Orchestra ArrasThéâtre 16 + 17 & 23 + 24 novembre Voir page 14

Musique classique

Trio Les Esprits

théâtre

Seagull (Thinking of You)

Adam Laloum, Mi-Sa Yang, Julien Laferrière / Beethoven, Dvořák ArrasThéâtre 01 décembre, 17:00 Voir page 05

Tina Satter ArrasThéâtre 15 & 16 novembre, 20:00 Voir page 06

Jazz

El año en que nací

Roberto Fonseca ArrasThéâtre 08 décembre, 17:00

Lola Arias DouaiHippodrome 21 & 22 novembre, 20:00 Voir page 07

Festival des arts du cirque

Les Multipistes Avec Pierre Rigal, les filles sexy du Cabaret New Burlesque, Scorpène, Mathurin Bolze et Hedi Thabet…

R ap

Oxmo Puccino

DouaiHippodrome et ArrasThéâtre Du 02 au 18 décembre Voir page 08

ArrasThéâtre 22 novembre, 20:00

Danse

Théâtre

The Roots

Belgrade

Kader Attou

Angélica Liddell & Julien Fišera

DouaiHippodrome 26 novembre, 20:00 + Stage hip hop le 24 novembre

ArrasThéâtre 16 & 17 décembre, 20:00 Voir page 05

musique

The Need for Cosmos Samuel Sighicelli ArrasThéâtre 28 novembre, 20:00

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© Photo : William Nadylam

À suivre

CES ARTISTES QUI MONTENT, QUI MONTENT… Adam Laloum

Vladislav Galard

Pianiste

Comédien

Il faut croire le journaliste Gilles Macassar, de Télérama, lorsqu’il écrit : « à 26 ans, Adam Laloum est un pianiste « lancé », mis sur orbite par sa victoire, en 2009, au concours Clara-Haskil – la célèbre pianiste roumaine aurait reconnu comme l’un des siens cet interprète farouche qui, à son instar, semble à chaque concert à la fois se briser et se reconstruire, osciller entre bonheur et frustration, abandon et réserve. Du plus modeste au plus huppé, les festivals se l’arrachent ; pas une semaine sans que son nom s’affiche sur une salle de concerts. » La nouvelle génération du piano français s’est en tout cas découvert en Adam Laloum un magnifique ambassadeur. Vous aurez le privilège de l’entendre en compagnie de deux de ses camarades du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, dont Victor-Julien Laferrière (nouveau petit prodige du violoncelle, nommé comme Révélation soliste instrumental de l’année aux Victoires de la musique classique 2013), quelques jours seulement avant le premier concert de leur trio au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.

Révélé par le metteur en scène Sylvain Creuzevault dans Notre Terreur puis dans Angelo, Tyran de Padoue de Christophe Honoré, Vladislav Galard ne cesse d’enchaîner les projets, au théâtre, à la télé ou au cinéma (il sera à l’affiche du prochain film de Philippe Garrel). Aussi bon comédien que musicien (il fait partie du quintet Naima depuis 2000), ce jeune homme, entré au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique en 2001, est très sollicité par la jeune garde théâtrale. Vous le verrez dans l’adaptation de Petit Eyolf de Jonathan Châtel mais aussi dans Belgrade, dont Julien FiŠera lui confie le rôle principal. Une partition d’envergure pour ce jeune artiste aussi fin que viscéral.

ArrasThéâtre • 01 décembre, 17:00 Trio Les Esprits

ArrasThéâtre • 16 & 17 décembre, 20:00 Belgrade

Hassan Razak

© Photo : Carole Bellaiche

Sa silhouette longiligne, sa voix posée, presque douce, font d’Hassan Razak un jeune homme discret. Et pourtant, c’est surexposé qu’il est apparu au dernier Festival d’Avignon, courant les théâtres du Off comme les cours du In. Grandi à Joffre, la banlieue tout sauf chic d’Avignon, Hassan Razak s’est passionné très tôt pour les ateliers théâtre du quartier. Et s’il est sur le devant de l’affiche, c’est à force de travail et de persévérance, cultivant sa singularité à travers la technique des percussions corporelles avec Mourad Bouhlali, son alter ego. Ensemble, ils ont fondé la compagnie Onstap et monté le projet Parce qu’on va pas lâcher (300 représentations à ce jour !), dans lequel ils reviennent sur leur parcours, les embûches, leur détermination. Le voilà aujourd’hui enseignant en théâtre, danse, percussion corporelle à l’Ecole du cirque de Rosny notamment, collaborant avec Guy Alloucherie ou le Cirque du Soleil, et partageant l’affiche avec Pierre Rigal. De quoi faire pâlir ceux qui ne croient pas que le théâtre peut changer la vie. DouaiHippodrome • 02 & 03 décembre, 20:00 Bataille

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© Photo : D.R.

Chorégraphe/ Metteur en scène


Rencontre

Saluée par le New York Times comme la « star montante du théâtre indépendant », Tina Satter s’est rapidement fait remarquer pour ses univers scéniques quasi exclusivement féminins. Avec son collectif Half Straddle, elle offre une relecture aussi personnelle que girly de La Mouette de Tchekhov.

TINA SATTER Comment vous est venue l’idée de Seagull (Thinking of You) ?

J’ai vu une production de La Mouette à Broadway en 2009, avec Kristin Scott Thomas et Carey Mulligan. Je suis restée obsédée par ce spectacle et par cette phrase : « I love the lake the way a seagull does ». J’ai alors eu envie d’écrire, comme une suite, à ce que j’avais ressenti. La première mouture faisait 5 pages et j’ai mis un an et demi, entre les lectures de l’œuvre, des lettres de Tchekhov, de biographies, à écrire l’intégralité de Seagull (Thinking of You). Ce n’est pas vraiment une adaptation de la pièce originale, c’est plutôt un prolongement de mon expérience. C’est comme si j’avais mis le tout dans une boule à neige et que j’avais secoué très fort. Mais l’on retrouve tout de même les personnages principaux de la pièce de Tchekhov : Nina, Masha, Trigorin, Treplev, Irina Arkadina, et un dernier personnage où se mêle à la fois Dorn et Sorine.

Je crois surtout qu’Half Straddle est comme une équipe de football féminin ou comme d’anciennes copines de lycée qui se posent en permanence des questions sur la vie, l’art, la sexualité. Dans sa pièce, Tchekhov donne à voir la vie intérieure de ses personnages féminins… Le moment de l’adolescence chez les filles, ce qu’elles traversent à ce moment-là, me passionne. Par exemple, Masha est pour moi comme l’illustration du mal-être adolescent : elle fait du skate board, porte du rouge à lèvres noir, un peu à l’image de Mercredi dans la Famille Adams. La pièce parle aussi de ceux qui essayent d’être auteurs ou acteurs, des rapports parents-enfants, de l’amour et de la dépendance d’avec l’autre. Du rapport ambigu et complexe de Trigorin avec le succès. Tout ce que nous sommes susceptibles de vivre, chacune, au sein d’une compagnie de théâtre. Pour ce qui est du collage, oui, je crois que j’adore ça, d’autant plus que c’est la première fois que je m’inspire de la pièce d’un autre pour un spectacle. J’ai pris des pans entiers de la version originale de Tchekhov, les ai réécrits et suis venue parfois y intercaler des passages de sa correspondance. On y a ajouté des parties chantées, pour lesquelles on a utilisé des extraits de chansons d’un groupe de métal russe féminin, Arkona. Ce sera votre première tournée en Europe ?

Oui, c’est la première fois qu’on va montrer notre travail hors des États-Unis et c’est très excitant !

Qui est Tina Satter ?

À 38 ans, la dramaturge et metteur en scène new-yorkaise crée des pièces de théâtre, des performances live, des concerts et des vidéos au sein de sa compagnie Half Straddle. Avant de créer Seagull (Thinking of You) en janvier dernier, sa pièce In the Pony Palace / Football a été nommée dans le Top 10 des spectacles 2011 du Paper Magazine et lui a valu de faire partie des « 2011 Off-Off Broadway Innovators to Watch » de Time Out Magazine. Elle développe son travail en résidence dans différents lieux de la culture new-yorkaise tels que le Kitchen ou le New Museum. © Photo : D.R.

ArrasTheatre • 15 & 16 novembre Seagull (Thinking of You)

Vous procédez par collage : de différents textes, de musique ? Est-cela qui pourrait définir votre théâtre ?

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Rencontre

© Photo : D.R.

Le théâtre de l’Argentine Lola Arias questionne la frontière entre fiction et réalité. Avec El año en que nací, elle signe un étonnant et percutant exercice de théâtre documentaire qui, quarante ans après le coup d’État de Pinochet, met en scène la tentative de toute une génération de se réapproprier son présent.

Vous procédez par collage : de différents textes, de musique ? Est-cela qui pourrait définir votre théâtre ?

LOLA ARIAS DouaiHippodrome • 21 & 22 novembre El año en que nací

Comment vous est venue l’idée d’El año en que nací ?

En 2009, j’ai créé Mi vida despuès, un spectacle au sein duquel un groupe de jeunes gens nés durant la dictature argentine racontaient la vie de leurs parents à l’aide de photos, de documents, de films… À l’occasion d’un atelier effectué à Santiago du Chili, j’ai eu envie d’élaborer une nouvelle pièce sur le même principe. On est remonté jusqu’au coup d’État de Pinochet et on a essayé de répondre à ces questions : À quoi ressemblait mon pays quand je suis né ? Que faisaient mes parents ? Combien y a-t-il de versions de ces événements dont je ne me souviens pas ? Dans Mi vida despuès, on a par exemple le récit de la fille d’un policier qui feuillette, comme les autres, son album de famille, ces photos où on la voit, petite fille, dans les bras de son père moustachu et souriant qui l’emmène à la piscine. Et puis on découvre son secret - son frère est un bébé volé, le fils d’un couple de militants torturés et assassinés…

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Chaque acteur revient sur sa propre histoire familiale et les histoires s’entrecroisent, s’emboîtent, comme les pièces d’un puzzle. On n’est pas dans le témoignage brut ; chaque acteur participe à l’histoire de l’autre, en interprète des personnages. Et puis, on chante, on rit, on danse par moments. Alors, oui, il y a du collage… Mais pour ce qui est de ma conception du théâtre en général, j’aime l’imprévisible, que les acteurs et les spectateurs prennent des risques. Le spectacle est à la fois nourri par des faits réels et par de la fiction. Quand nous avons commencé à jouer la pièce, Viviana, l’une des comédiennes, ne connaissait pas son père et ne savait pas qui il était puisque sa mère a toujours inventé toutes sortes d’histoires pour justifier sa disparition. Lors de la première répétition publique, Viviana racontait que son père était militaire et qu’elle portait son nom. Elle a donné son numéro de téléphone au public afin de pouvoir être contactée si quelqu’un savait quelque chose sur lui. Et quelqu’un l’a appelée pour lui apprendre que son père était policier, qu’il était en prison pour avoir tué deux personnes durant la dictature. Ca ne vous fait pas peur que la réalité rejoigne parfois la fiction ? Si, c’est parfois terrible mais c’est aussi terri-

blement vivant !

Qui est Lola Arias ?

Auteur, metteur en scène, compositeur et actrice, Lola Arias est née en 1976 à Buenos Aires en Argentine. Elle fonde le Postnuclear company, un collectif interdisciplinaire d’artistes argentins. À la frontière entre fiction et réalité, son travail réunit différentes disciplines et convie à la fois des danseurs, des artistes amateurs, des musiciens mais aussi des enfants et des animaux. Avec l’artiste suisse Stefan Kaegi et dans le cadre du collectif allemand Rimini Protokoll, elle a créé de nombreux projets. En parallèle, elle compose et écrit des chansons avec Ulises Conti, enregistre l’album El amor es un francotirador en 2007, et publie des nouvelles, des pièces de théâtre et des poèmes.


événement

De New York à Stockholm, de Paris à Bogota, venez découvrir le meilleur du cirque contemporain. Cabaret, danse, acrobatie, voltige et magie mentale… Souriez, vous allez être émerveillés !

Temps fort des arts du cirque Du 02 au 18 décembre

© Photo : Pierre Grosbois

L

ulti M es

pistes


© Photo : Eric Deniset

Création

Bataille Hassan Razak & Pierre Rigal Née à l’occasion du dernier Festival d’Avignon et de ses fameux Sujet(s) à Vif, cette rencontre inédite entre le chorégraphe Hassan Razak, spécialiste de la percussion corporelle, et Pierre Rigal, est un régal de drôlerie et de virtuosité. Le principe des « Sujets à Vif » proposés par le Festival d’Avignon est simple : provoquer la rencontre entre deux artistes d’univers très différents, pour créer une proposition d’une demi-heure, au ton souvent décalé, au carrefour de la danse, du théâtre, du cirque, de la création musicale et de la performance. S’ils ne se connaissaient pas auparavant, Hassan Razak et Pierre Rigal ont relevé le défi, allié leurs talents et mélangé les genres pour offrir une pièce de 30 minutes, savoureuse et pimentée. Pas tout à fait rassasiés, les voilà en résidence durant deux semaines à l’Hippodrome afin de présenter, pour la première fois, la version longue de ce travail. Sous la houlette de Pierre Rigal, Bataille propose une confrontation dansée entre Pierre Cartonnet, acrobate et interprète fétiche de David Bobee, et Hassan Razak. Les deux interprètes livrent une bataille jubilatoire autour de la relation dominé-dominant ; ils se jaugent, se provoquent, cognent, s’esquivent, stylisent le geste jusqu’à l’absurde, jouent de l’effet comique pour mieux embrasser les pulsions de vie et de violence. Entre danse contact, acrobatie et percussion corporelle, voilà le duo (trio) qui multiplie à l’infini les jeux d’illusions et d’opposition. De l’amour à la haine, de la franche camaradie à une virile et bêbête rivalité… Et nous, d’en rigoler ! DANSE, ACROBATIE, PERCUSSION CORPORELLE

DouaiHippodrome • 02 & 03 décembre, 20:00 Tarif unique : 8 €

C’est inventif, déshabillé et même politique, elles savent comment ensorceler sans vulgarité, et c’est énooooorme ! Télérama Nouveau show / COPRODuction tandem Arras-Douai

Cabaret New Burlesque Kitty Hartl & Pierrick Sorin Rencontre au sommet entre l’artiste vidéaste français Pierrick Sorin et les beautés du cabaret américain révélées par Mathieu Amalric dans son film Tournée. Diablement sexy, elles sont les reines de la danse du ventre, du déhanchement suggestif, du tassel twirling (qui consiste à faire tournoyer à toute vitesse des pompons accrochés au bout des seins), de l’œillade appuyée. Derrière l’effeuillage séducteur, le burlesque sexy ou la tendre provocation, se dégage une belle série de portraits, explosant d’autodérision et d’insolente liberté. Ici, point de nymphettes aux mensurations politiquement correctes, point de soumission affichée aux mâles dominants. Revendiquant leur âge et leurs formes, sans complexes et même avec délectation, elles font éclater, de leur présence excentrique et forcément too much, tous les codes en vigueur. À ce cabaret nouvelle version, Pierrick Sorin apporte sa magie à la Méliès, ses astuces et ses effets spéciaux trafiqués à vue. De quoi rendre encore plus piquant ce cocktail rock’n’roll de beauté délurée et d’humanité XXL. CABARET, MUSIQUE LIVE

ArrasThéâtre • 04 & 05 décembre, 20:00 Tarif normal : 25 € Tarif réduit : 20 € Navette au départ de Douai le 05 décembre

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Jeunes Talents Cirque Europe 2013 / dès 7 ans

dès 12 ans

Clockwork

Castor & Pollux

Sisters

Cecilia Bengolea & François Chaignaud

La relève du cirque acrobatique arrive tout droit de Suède, avec un trio ébouriffant qui croise les disciplines et défie la pesanteur. La Compagnie Sisters réunit trois jeunes acrobates – un Français, un Espagnol et un Danois, tous issus de l’école de cirque de Stockholm. Sélectionnée dans le cadre des « Jeunes Talents Cirque Europe 2013 », leur première création, Clockwork, est nourrie de quelques obsessions : la recherche du timing parfait, la synchronisation totale des corps, la dépendance physique et mentale des uns envers les autres, trois corps qui n’en font qu’un. Comme l’horloge qui a besoin de chacun de ses engrenages pour fonctionner, ils inventent une danse complexe où jambes, bras, torses et têtes s’unissent dans l’envol et la vitesse. Au mât chinois, à la roue allemande, à la corde ou sur un fil, ils créent des images inédites : jonglage de têtes, ballet vertical, tournoiement de planches. Un spectacle à 100 à l’heure, où les Sisters prouvent qu’ils carburent à l’énergie, à l’imagination et à l’humour.

Empruntant aux techniques du cirque, les chorégraphes Cecilia Bengolea et François Chaignaud signent une chorégraphie stellaire, à la bizarrerie revendiquée, où vous allez faire basculer votre fauteuil de spectateur et ouvrir les yeux ailleurs qu’à l’ordinaire. Allongés sur scène, les spectateurs découvrent au-dessus de leurs têtes une chorégraphie vertigineuse. Alliant virtuosité et sensualité, six corps réunis par le biais d’élingues et de poulies rejouent la légende de Castor et Pollux, les jumeaux mythiques nés de pères différents. La tragédie de Castor et Pollux, naît de l’inégalité des deux frères devant la mort : fils de Léda et de Tyndare, roi de Sparte, Castor est simple mortel là où Pollux, également fils de Léda mais enfant de Zeus, jouit de l’immortalité. Castor trouvant la mort au combat, Pollux plaide sa cause auprès de son père. Le déséquilibre de leur condition est alors rétabli au prix d’une séparation définitive : les jumeaux sont condamnés à séjourner alternativement, sans jamais se croiser, sur l’Olympe et aux Enfers. Sur scène, tendus entre la puissance et l’extrême vulnérabilité, les deux corps suspendus dépendent de quatre manipulateurs qui manient les câbles comme les dieux grecs orchestrent le destin.

DouaiHippodrome • 06 & 07 décembre, 20:00 Tarif normal : 20 € Tarif réduit : 12 €

www.lestroiscoups.com

DANSE, VOLTIGE

DouaiHippodrome • 10 décembre, 20:00 Tarif unique : 8 €

Création 2013 / dès 10 ans

Quien Soy? Compagnie El Nucleo Pour cette nouvelle création, El Nucleo, exceptionnel duo de porteurs-voltigeurs colombiens, convoque sur scène l’acrobatie, la danse contact, la vidéo, la magie nouvelle et la musique. Ils se sont rencontrés il y a douze ans à Bogota où ils ont créé des spectacles de cirque qu’ils jouaient dans la rue. Depuis, Edward Aleman et Wilmer Marquez se sont formés en France au Centre National des Arts du Cirque, ont joué ensemble au théâtre dans le Roméo et Juliette de David Bobee, mais ils ont gardé ce goût immodéré de moments de spectacles bluffants partagés avec le public en toute simplicité. Dans Quien Soy?, ils nous montrent, avec une virtuosité inouïe, de l’énergie à revendre, un sens du public incroyable, combien l’homme a besoin de ce lien qu’il noue avec l’autre et qui repose sur la confiance… Essentielle dans le porté acrobatique. VOLTIGE, DANSE CONTACT, MAGIE NOUVELLE, VIDéO

ArrasThéâtre • 10 & 11 décembre, 20:00 Tarif normal : 20 € Tarif réduit : 12 € © Photo : Sophie Colleu

mât chinois, roue cyr, roue allemande, corde molle, danse acrobatique, musique live

Une valse qui tantôt s’élève à plusieurs mètres de hauteur et tantôt vient presque nous frôler, bouleversant au passage notre conception de l’espace scénique et de ses délimitations.

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© Photo : Christophe Raynaud De Lage

Ali + Nous sommes pareils à ces crapauds… Mathurin Bolze, Ali et Hedi Thabet Avec la complicité de la Cie MPTA, les mains, les pieds, la tête aussi, nous vous convions à une soirée cirque exceptionnelle, déclinée en trois propositions : Le Vide / essai #7, suivie de deux spectacles à la croisée du cirque, de la danse et de la musique, fruit des échanges artistiques entre Mathurin Bolze, Hedi et Ali Thabet. Ali est née de l’amitié entre Mathurin Bolze et Hedi Thabet, jeune jongleur belgo-tunisien réchappé à 20 ans d’un cancer des os et désormais unijambiste. Ce duo les réunit autour de quatre béquilles, une lampe, une chaise et un morceau de rembétiko clandestin. Une pièce façonnée dans l’urgence du cirque, en écho à la nécessité d’être ensemble et dont surgissent des images époustouflantes de beauté. Initiée par Hedi et Ali Thabet, la seconde proposition emprunte son titre au poète René Char*. Ensemble, ils empruntent les divers chemins des dualités de l’amour. Face à eux, un orchestre composé de quatre musiciens, grecs et tunisiens, marie la période classique du rembétiko grec au répertoire populaire tunisien de Cheikh El Afrit. Un somptueux morceau de cirque qui raconte surtout la fraternité et déjoue tous les tracés, toutes les frontières… Nous sommes pareils à ces crapauds à été nommé « Meilleur Spectacle » aux Prix de la Critique 2013.

Création 2013 / dès 12 ans

à l’envers

DANSE, ACROBATIE, MUSIQUE LIVE

DouaiHippodrome • 13 & 14 décembre, 20:00 Tarif normal : 20 € Tarif réduit : 12 € Navette au départ d’Arras le 13 décembre La soirée sera précédée de Le Vide / essai # 7, du circassien Fragan Gehlker et du violoniste Alexis Auffray, un spectacle autour de la corde (des cordes) qui interroge la notion de vertige.

* « Nous sommes pareils à ces crapauds qui dans l’austère nuit des marais s’appellent et ne se voient pas, ployant à leur cri d’amour toute fatalité de l’univers. » in Feuillets d’Hypnos.

Scorpène C’est bluffant, troublant, intelligent, érudit sans être professoral, élégant, fascinant. La Voix du Nord

Oubliez vos a priori, abandonnez vos certitudes et prêtez-vous aux expériences mentales de Scorpène. Avec lui, la réalité n’est qu’une vue de l’esprit… Ce n’est pas un magicien comme les autres. Il ne fait pas seulement des tours qui nous laissent pantois. Il ne cherche pas seulement à nous mystifier, à nous épater. Il veut nous troubler et espère nous dévoiler une réalité à laquelle nous n’avions pas accès. Mentaliste, ancien champion d’échecs, Scorpène nous embarque dans des expériences de magie mentale inédites, en lien avec les rêves, le cosmos et la « langue des oiseaux ». Avec À l’envers, il propose un voyage hors du temps, invitant à une étrange hypnose verbale, où les sons les plus imperceptibles guident notre inconscient pour se jouer de notre conscient, où l’invisible devient visible. Un spectacle ludique et époustouflant qui tourne autour d’interrogations existentielles. De quoi sommes-nous vraiment certains ? Sommes-nous réellement libres ? Preuve qu’avec la magie, « l’âme agit »… MAGIE MENTALE

DouaiHippodrome • 17 & 18 décembre, 20:00 Tarif normal : 20 € Tarif réduit : 12 €

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s to i r e

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d u c ir qu e

© Photo : Mario del Curto

Une p e


Point de vue

Le monde est peuplé de sages-femmes, de plâtriers, de fleuristes et, désormais, de circassiens 1. Un mot ténébreux dont personne, à part les gens du spectacle, ne sait vraiment à quoi il correspond mais qui témoigne d’une véritable révolution dans le monde du cirque depuis une trentaine d’années. Car le circassien est l’équivalent du comédien dans le nouveau cirque, cette discipline protéiforme qui se nourrit de toutes les autres et ne veut plus désormais se cantonner à une succession de numéros spectaculaires sous chapiteau. Petit coup d’œil dans le rétroviseur pour tenter d’y voir plus clair...

La Piste aux étoiles

Ne plus tourner en rond

1768, Londres. Philip Astley, cavalier émérite et sujet du roi d’Angleterre, vient d’acquérir un champ et, dans un cercle de 13 mètres de diamètre (on vous laisse chercher sur Google le pourquoi des 13 mètres), propose des acrobaties équestres au public. Fort de son succès outre-Manche, Astley débarque en France, se produit devant Marie-Antoinette et ouvre un lieu, rue Faubourg du Temple à Paris, où se succèdent déjà les numéros qui feront les beaux jours du cirque traditionnel : voltigeurs, acrobates, jongleurs, illusionnistes et intermèdes clownesques. Chose étonnante, le cirque n’est pas, à ce moment-là, un art populaire. Parce qu’eux-mêmes cultivent l’art équestre, ce sont les grands bourgeois qui viennent admirer les chevaux, les numéros de voltige et de clowns (qui seront muets jusqu’en 1864, la parole n’étant autorisée qu’aux acteurs de théâtre). Dès la seconde moitié du 19e siècle, les cirques en dur commencent à fleurir dans les villes, à Paris, Amiens, Troyes ou Douai. On y fait du trapèze volant (l’invention de Léotard, un Français, date de 1859 et fait le tour du monde), les ménageries, avec l’essor du colonialisme, y rivalisent d’exotisme, et les dompteurs entrent dans la cage pour se confronter aux fauves. Ce sera au final sous l’influence des Américains, que le cirque tel qu’on le connaît apparaît : un cirque itinérant, sous chapiteau implanté aux abords des villes, au montage et démontage duquel la population assiste. Avec Barnum, l’affaire fleure bon le gigantisme : il n’y a plus une seule piste mais trois et l’on a son propre train pour acheminer de ville en ville les hommes, les animaux, le matériel. Le plus drôle, quand on y pense, c’est qu’en 1952 et 1954, sortent respectivement sur les écrans deux films sur le cirque, à des années-lumière l’un de l’autre : Sous le plus grand chapiteau du monde, de Cecil B. DeMille et La Strada de Fellini. Si Anthony Quinn et Giulietta Masina rendent hommage aux hobos, ces saltimbanques sans le sou et plein de poésie qui ressemblent étrangement aux artistes de rue du Moyen-Âge, le roi du péplum dépeint un univers entré de plain-pied dans l’ère industrielle, dont on pressent qu’il pourrait bien s’éteindre faute d’avoir grossi trop vite. Un monde dans lequel certains artistes ne vont bientôt plus se reconnaître et auquel ils vont vouloir redonner une dimension plus humaine…

Dans les années 70, crise (pétrolière) oblige, le cirque va peu à peu redevenir plus simple et plus intime. On choisit de s’éloigner de la forme circulaire, de pénétrer les théâtres ou de redescendre dans la rue ; on abandonne les animaux sauvages, et le titre d’un des spectacles du Cirque Plume a valeur de manifeste : No animo mas anima. La volonté est alors de développer un spectacle complet, qui fait sens, dans lequel la notion même de numéro tend à disparaître et où les artistes de cirque, qui jusqu’alors ne parlaient pas, vont se mettre à incarner des personnages. En 1978, le cirque quitte le Ministère de l’Agriculture pour rejoindre celui de la Culture et, en 1985, est inauguré le Centre National des Arts du Cirque qui change lui aussi la donne et permet enfin de rendre accessible la transmission à ceux qui n’ont pas grandi sous un chapiteau. Les circassiens sont nés ! Décomplexés et impatients d’imposer au monde des arts de la scène leur univers. En 1995, c’est une petite révolution au Festival d’Avignon. Pour la première fois de son histoire, il accueille un spectacle de cirque, Le Cri du Caméléon, spectacle de la septième promotion du Centre National des Arts du Cirque, mis en scène et chorégraphié par Josef Nadj. Dès lors, la danse, le théâtre, la musique, la vidéo, voire l’architecture ou les arts plastiques vont beaucoup influencer ce que l’on appellera désormais les « arts du cirque ». À tel point que le cirque contemporain va même tirer parti de l’inutilité de la prouesse acrobatique, voire de son ratage, pour la mettre au service d’un discours de l’absurde, profondément humain. De L’Immédiat de Camille Boitel au Bataille de Pierre Rigal et Hassan Razak (voir page 9), l’humour et l’énergie du désespoir en deviennent des éléments essentiels. Dans le même temps, les chorégraphes et les metteurs en scène vont faire appel à des circassiens pour renouveler leur dramaturgie, à l’image de David Bobee qui invite Edward Aleman et Wilmer Marquez, fondateurs de la compagnie El Nucleo (voir page 10), sur le plateau de son Roméo et Juliette. Brassage et éclatement des formes, perpétuelle innovation, le cirque contemporain, définitivement émancipé, se refuse à tourner en rond.

1. Pour briller en société, vous pourrez toujours dire à qui veut l’entendre que les Circassiens sont aussi un peuple du Nord-Ouest du Caucase, dont Lawrence d’Arabie fait mention à de nombreuses reprises dans son livre, Les Sept Piliers de la sagesse.

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LE CIRQUE AU CINEMA

On ne saurait trop vous conseiller de revoir : Le Cirque, Charlie Chaplin (1928) Freaks, Tod Browning (1932) Les Gens du voyage, Jacques Feyder (1938) Sous le plus grand chapiteau du monde, Cecil B. DeMille (1952), avec Charlton Heston La Strada, Federico Fellini (1954), avec Anthony Quinn et Giulietta Masina Lola Montès, Max Ophüls (1955), avec Martine Carol et Peter Ustinov Trapèze, Carol Reed (1956), tourné au Cirque d’Hiver avec Burt Lancaster, Gina Lollobrigida et Tony Curtis Le Plus Grand Cirque du monde, Henry Hathaway (1964), avec John Wayne, Rita Hayworth et Claudia Cardinale Elephant Man, David Lynch (1980) Les Ailes du désir, Wim Wenders (1987), avec Bruno Ganz et Peter Falk De l’eau pour les éléphants, Francis Lawrence (2011), avec Robert Pattinson


Coulisses

Parce que nos salles permettent à de nombreux artistes de travailler, d’écrire, de danser, de créer, parce que nous encourageons leur présence sur l’ensemble du territoire, petite revue de détails des artistes en résidence ou en action sur l’Artois-Douaisis durant les mois de novembre et décembre.

ARTISTES EN RéSIDENCE Pierre Rigal et Hassan Razak La version courte de Bataille, créée pour le Festival d’Avignon, a suscité l’enthousiasme de l’équipe du Tandem ! Forts de cette première expérience ensemble, Pierre Rigal, Hassan Razak et Pierre Cartonnet ont eu envie de pousser plus loin l’aventure. Ils investissent les murs de l’Hippodrome du 18 au 30 novembre pour faire de ce projet un spectacle intégral, présenté en avantpremière les 2 et 3 décembre. Le Surnatural Orchestra et la Caravane des amateurs Si vous pratiquez la musique en amateur, que vous avez envie d’intégrer un projet un peu fou et que vous souhaitez découvrir une autre façon de faire de la musique, participez à une aventure artistique hors norme avec le Surnatural Orchestra ! En amont de leur concert du 22 janvier au Théâtre d’Arras, ces musiciens hors pair vont vous initier aux secrets du soundpainting, technique d’improvisation musicale, et vous partirez ensuite en « tournée » dans tout l’Arrageois. • •

Samedi 16 et dimanche 17 novembre 2013 Samedi 23 et dimanche 24 novembre 2013 (samedi 10h-13h et 14h-18h et dimanche 10h-13h) Stage gratuit pour tous à partir de 10 ans, pour musiciens et chanteurs ayant une pratique musicale de deux ans minimum. L’assiduité aux 2 week-ends est obligatoire. Inscriptions : 03 21 71 76 35 ou par mail : antonin.simon@ theatredarras.com

Gregory Maqoma et les chanteurs du Complete Quartet Ouvrez l’œil et prêtez l’oreille ! Complice de la saison France-Afrique du Sud organisée par l’Institut Français, le Théâtre d’Arras a la chance de recevoir le 20 novembre Exit/Exist, spectacle du chorégraphe sud-africain Gregory Maqoma où ce dernier partage le plateau avec quatre chanteurs exceptionnels. Ils séjourneront à Arras jusqu’au 25 novembre et nous réservent quelques surprises dans la ville.

Mohamed El Khatib C’est quoi réussir aujourd’hui ? L’auteur et metteur en scène Mohamed El Khatib, que l’on accueillait l’an dernier avec Sheep, a exploré la question avec une dizaine de jeunes issus de foyers. Du 28 au 31 octobre, ils ont écrit puis porté à la scène leurs mots. Le projet se poursuit par un atelier d’écriture mené au Centre Educatif fermé de Liévin. Depuis 2007, ces ateliers d’écriture menés en partenariat avec la Protection Judiciaire de la jeunesse dans le cadre du programme de lutte contre l’illettrisme permettent à des jeunes de vivre une expérience inoubliable de création. Guy Alloucherie Rencontres, spectacles, ateliers, labos : Guy Alloucherie et la Cie HVDZ traversent la saison 2013-14, avec de nombreux rendez-vous. Après la Veillée, projet participatif mené dans le quartier de Dorignies à Douai ils ont posé leurs valises à l’Hippodrome pour la création de leur dernier spectacle : Aimer si fort. L’occasion également pour Guy Alloucherie et les membres de la Compagnie HVDZ de rencontrer le public à travers des répétitions ouvertes et des temps de discussion. Après trois représentations, le spectacle part en tournée dans la France entière… Ça philosophe ! Du 28 septembre au 13 octobre, Grégoire Ingold et sa compagnie Balagan Système ont répété au Théâtre d’Arras leur pièce La République de Platon, présentée en février.

Retrouvez l’interview qu’a accordée cet ancien élève d’Antoine Vitez à Radio PFM sur www.radiopfm.com/ecoute-des-emissions/tumultes

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En bref

PENSE-BÊTE DERNIèRE MINUTE L’année 2013 sonne le grand retour de Keziah Jones, l’inventeur du Blufunk et virtuose de la guitare. Avec Captain Rugged, dont la sortie est prévue le 4 novembre, le Nigérian nous promet un cocktail explosif d’afrobeat, de rock, de funk avec même un peu d’électro. Toujours aussi charismatique, une prestance incroyable, Keziah Jones s’est offert le luxe, pour faire découvrir ses nouveaux morceaux, de faire la première partie des Rolling Stones à Hyde Park (Londres) devant 65 000 personnes en juillet, célébrant ainsi les 50 ans du groupe mené par Mick Jagger, au beau milieu d’une pléiade de stars. Pour l’heure, Keziah dit de cet album à paraître que c’est son projet le plus ambitieux, un concept-album centré sur la figure de Captain Rugged, un super-héros « qui se cache en chacun de nous. On le croise partout : dans les rues de Paris, de Londres. Il nettoie les rues au petit matin, il conduit le bus, il fait la manche dans le métro, c’est un réfugié politique… Il fait le sale boulot. Il est tout ça à la fois… et je veux montrer ce type aux Français et au reste du monde. » C’est donc en costume de Captain Rugged que vous le découvrirez le 30 novembre à l’Hippodrome, un moyen pour lui d’évoquer les thèmes qui le touchent : l’immigration, l’aliénation mais aussi les voyages dans l’espace, la magie, les super-pouvoirs, la sorcellerie africaine… Une roman graphique accompagnera la sortie de l’album, qui décrira Lagos (la capitale du Nigéria dont est originaire Keziah) après l’apocalypse. « À cause de la corruption, la ville part dans tous les sens et tout foire, il y a des immeubles qui s’écroulent, des ruines. C’est le chaos, on est au milieu de nulle part. L’idée m’est venue avec mon ami Native Almagri (un célèbre graffeur, ndlr). Il m’a accompagné à Lagos et il a commencé à dessiner ce qu’il voyait. J’ai juste adoré et je me suis dit que ce serait vraiment super d’en faire un roman qui serait complémentaire avec ma musique. » A lire, à écouter et à éprouver en concert, donc.

ATELIER Autour d’En Corps de Laurent Dupont Atelier arts plastiques (pour les 4-6 ans) Musée de la Chartreuse de Douai Mercredi 27 novembre, de 10:00 à 11:30 Inscriptions : 03 27 71 38 80

ATELIER Autour d’En Corps de Laurent Dupont Atelier éveil à la danse pour parents et enfants, à partir de 4 ans DouaiHippodrome • Mercredi 27 novembre, de 16:45 à 17:45 Gratuit / Inscriptions : apichard@hippodromedouai.com

LE LIVE DE RADIO PFM Radio PFM (99.9) rediffusera le concert de Winston McAnuff et Fixi. Vendredi 15 novembre, 21:00

STAGE DANSE HIP HOP Autour de The Roots de Kader Attou DouaiHippodrome • Dimanche 24 novembre, de 14:30 à 18:30 Ouvert à tous, à partir de 15 ans. Tarif : 10 € / Inscriptions : apichard@hippodromedouai.com

ciné-droit Avant-première de Tel père, tel fils Hirokazu Kore-eda Cinéma de l’Hippodrome Jeudi 5 décembre, 20:30 Projection suivie d’un débat animé par Fanny Vasseur, maître de conférence en droit privé et Naoko Seriu, ingénieur de recherche au CNRS (Dans le cadre du OFF du Festival international du film d’Arras) RENCONTRE Avec le réalisateur Marie-Dominique Dhelsing Pierre Rabhi, au nom de la terre Cinéma de l’Hippodrome Mardi 3 décembre, 20:30 (en partenariat avec l’association Colibri et l’Union écologique de Flers en Escrebieux)

1 place offerte pour le spectacle de votre choix (pour les 20 plus rapides, dans la limite des places disponibles) à ceux qui nous diront le pourquoi des 13 mètres ! Envoyez-nous votre réponse, en n’oubliant pas de donner vos nom et prénom, à contact@theatredarras.com

DouaiHippodrome • 30 novembre Tarif normal : 20 € Tarif réduit : 12 €

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INFORMATIONS PRATIQUES Réservations sur place et par téléphone ArrasTheatre 7, place du Théâtre 62000 Arras Rens. / Rés. : 03 21 71 66 16 Du mardi au vendredi de 13h30 à 18h30 et le samedi de 11h à 12h30 et de 13h30 à 18h30 DouaiHippodrome Place du Barlet BP 10079 59502 Douai Cedex Rens. / Rés. : 03 27 99 66 66 Du mardi au vendredi de 13h30 à 18h45 et le samedi de 14h à 18h45 Ou par internet www.tandem-arrasdouai.eu — Abonnement  à partir de 5 spectacles, jusqu’ à 40% de réduction sur les spectacles Chéquier spectacles  40 €, pour ceux qui aiment la souplesse et la liberté ! Tarifs cinéma de l’Hippodrome Tarif normal : 6,40 € Tarif adhérent : 4,40 € Chéquier cinéma : 41 €


Janvier Mardi 07

Qudus Onikeku

Qaddish

20:00

Arras

Danse

Mercredi 08

Joël Pommerat

Une année sans été

20:00

Douai

Théâtre

Création

Jeudi 09

Joël Pommerat

Une année sans été

20:00

Douai

Théâtre

Création

Vendredi 10

Swann

Concert Club #2

20:00

Arras

Musique

Mardi 14

Jonathan Capdevielle

Adishatz / Adieu

20:00

Arras

Théâtre

Mercredi 15

Jonathan Capdevielle

Adishatz / Adieu

20:00

Arras

Théâtre

Vendredi 17

Éric Legnini & Vincent Segal, Hugh Coltman, Mamani Keita

20:00

Douai

Musique

Mardi 21

Arnaud Anckaert

Constellations

20:00

Douai

Théâtre

Mercredi 22

Arnaud Anckaert

Constellations

20:00

Douai

Théâtre

Mercredi 22

Surnatural Orchestra

20:00

Arras

Musique

Vendredi 24

Kubilai Khan investigations

Tiger Tiger Burning Bright

20:00

Douai

Danse

Mardi 28

Mélanie Leray

Contractions

20:00

Douai

Théâtre

Mercredi 29

Mélanie Leray

Contractions

20:00

Douai

Théâtre

Samedi 01

Teatro Milagros

Sur la corde raide

18:00

Arras

Marionnettes

Mardi 04

Teatro Milagros

Sur la corde raide

20:00

Douai

Marionnettes

Mardi 04 au samedi 08

I.Darras, J.Tenret A.Limbos & B.Senny

Irregular + Silence

Dans les communes

Marionnettes

Mardi 04

Grégoire Ingold

La République de Platon

20:00

Arras

Théâtre

Création 2014

Mardi 05

Grégoire Ingold

La République de Platon

20:00

Arras

Théâtre

Création 2014

Vendredi 07

Sanseverino

20:00

Arras

Musique

Mardi 11

DeLaVallet Bidiefono

Au-delà

20:00

Douai

Danse

Création 2013

Mardi 11

Blandine Savetier

Love and Money

20:00

Arras

Théâtre

Création 2014

Mercredi 12

Blandine Savetier

Love and Money

20:00

Arras

Théâtre

Création 2014

Jeudi 13

Jonathan Châtel

Petit Eyolf

20:00

Douai

Théâtre

Vendredi 14

Christophe Moyer

Oblique

20:15

MAC Sallaumines

Théâtre

Mardi 18

Raphaëlle Boitel

L’Oublié(e)

20:00

Douai

Cirque

Mardi 18

Marcel, Rami & Bachar Khalifé

20:00

Arras

Musique

Mercredi 19

Raphaëlle Boitel

20:00

Douai

Cirque

Février

L’Oublié(e)

www.tandem-arrasdouai.eu Le Théâtre d’Arras et l’Hippodrome de Douai sont subventionnés par la Ville d’Arras, la Ville de Douai, le Ministère de la Culture et de la communication, le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, le Conseil général du Nord et le Conseil général du Pas-de-Calais.

Création 2013

Création 2013


AND - Novembre / Décembre 2013