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L’ÆNTRE THÉÂTRE² L’ACTE


QUE SE CACHE-T-IL DANS CET ÉNIGMATIQUE ÆNTRE

Dans ÆNTRE il y a Antre – la tanière des animaux sauvages, leur « reposée », comme il se dit dans le langage de la chasse – ce lieu de disparition, obscur et mystérieux où la bête se cache et nous épie. Il y a aussi Entre : un monde entre deux, entre humanité et animalité : « ils dorment et nous veillons » écrit Diderot dans l’article « animal » de l’Encyclopédie en précisant que ce serait là la seule différence entre nous les Hommes et eux les Animaux … Alors tentons « d’entrer » dans cet antre ( comme le E entre dans le A : Æ) de l’animal et laissons notre imaginaire divaguer au grè de nos rencontres.

Le va et vient entre les dieux, les animaux et les hommes est incessant dans la mythologie grecque, - comme dans toutes les mythologies les transformations de l’un à l’autre se font allègrement, laissant entendre au fond qu’il n’y a pas fermeture absolue entre les êtres vivants, qu’ils soient hommes ou bêtes ; la croyance en la métempsychose facilitant aussi ces passages et conduisant à traiter l’animal avec un certain respect.

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QUE SE CACHE-T-IL DANS CET ÉNIGMATIQUE ÆNTRE

L’animal vit mais n’existe pas dira Heidegger

«Les oreilles de Descartes n’entendent pas le vil vivant qui sue, saigne, salive, pleure, gémit, hurle, et ne parle toujours pas»(Élisabeth de Fontenay)

Nous avons perdu ce contact primitif avec la nature, les éléments, les animaux, les plantes. Nous nous sommes nous-mêmes en quelque sorte « déifiés », mettant à notre service tous les autres êtres vivants, les « chosifiants ». L’animal perd son statut d’intermédiaire, perd son aura, perd tout sacré. Loin de nous par l’esprit mais proche par la matière - chair et sang - la science s’empare de son corps. Examine, observe, découpe, dépèce – à vif pendant longtemps. Souffre-t-il ? Non affirme Descartes. Il n’est que pure mécanique ; instinct sans intelligence. Toutes les expériences sont possibles à mener sur son corps. Il ne proteste pas. Jusqu’à la manipulation actuelle des embryons pour la création de chimères… Ainsi de Totem il devient bête de somme. Il est à notre disposition, au service de l’humanité.

« les créatures privées de raison ont eu à subir la raison » ( Adorno)

L’Homme parle, l’Homme se tient debout, l’Homme pense, l’Homme sait qu’il va mourir. L’animal se tait. Et ce « silence des bêtes » - pour reprendre l’expression d’Élisabeth de Fontenay - n’est-il pas en lui-même le plus grand des mystères? Nous tentons dans notre ÆNTRE de faire taire les bruits du monde et de nous mettre à l’écoute de ce silence: un autre monde s’ouvre alors à nous, un monde qui crie, chuinte, feule, barrit, craque, hurle, croasse, braie, crisse, siffle et chante aussi... un univers sonore primitif, celuilà même d’où notre langage est issu. Quand nous baissons la garde, justement dans le sommeil, l’animal nous regarde. Et ce regard porte une force très ancienne qui remonte au commencement du monde.

« Que nous dit alors l’animal dans ce silence où il se tient ? Que nous dit ce silence même ?» Citation de Benoît Goetz parlant du livre d’Élisabeth de Fontenay : « Le silence des bêtes »

« Une hirondelle vaut une pensée ou est exactement comme une pensée que nous devrions avoir. » JeanChristophe Bailly « Le parti pris des animaux »

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À L’ÉCOUTE DU REGARD DE L’ANIMAL...

« Tous les regards, de tout ce qui vit, regardent vers l’ouvert. Seuls nos yeux, comme tournés à l’envers, tel un cercle de pièges, empêchent toute issue. L’au-delà du cercle, nous ne le connaissons qu’à travers le regard des bêtes. Car dès la plus tendre enfance, nous orientons le petit d’homme vers les ombres derrière lui, et non vers l’ouvert,

Rencontrer le regard d’un animal est une expérience singulière - «dont le premier effet est de nous mettre sous les yeux, à travers un regard qui n’est pas le nôtre, qui n’est pas humain et ne le sera jamais, l’existence d’un autre regard et à travers lui l’existence de l’altérité comme telle... C’est donc que le monde est et peut-être regardé autrement...»* Ce regard nous essayons de le capter dans notre ÆNTRE

si profond dans l’expression des bêtes. Libre sans la mort » Rilke 8 ème Élégie

* Jean-Chistophe Bailly, Le Parti pris des animaux.

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… ET DE LA FEMME.

Car ce sont des femmes qui sont les auteures et les interprètes de cet étrange cirque. Cinq « officiantes » pour un rituel inventé de toutes pièces ; une sorte de méditation légère et profonde, lumineuse et sombre, animale et … féminine.

Les spectateurs qui entrent dans cet Antre pénètrent en quelque sorte à l’intérieur d’un secret - jamais dévoilé - en suspens - celui d’une certaine appréhension de l’intime, du profond de la vie, du mystère du vivant, par des femmes.

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QUE SE TRAME-T-IL DANS L’ÆNTRE ?

Les spectateurs pénètrent à l’intérieur d’une bulle blanche et s’installent sur des chaises. Les actrices sont déjà là, en jeu. Elles dérivent sur ce continent inconnu du tout possible, en suspension au-dessus du vide ; cet espace immatériel du rêve; que nous percevons pourtant comme plus vrai que le réel de l’éveil. Celle-là devient un arbre. L’espace scénique bascule dans le mystère de cette transformation. Des bois flottés aux formes étranges, des racines de vigne suffisent à créer une forêt, qu’un travail de lumière et d’ombres permet de décupler. Les spectateurs sont plongés dans un univers archaïque, magique, pré-humain. Une actrice improvise un chant… Mais cet univers magique ne perdure pas. Nous allons traverser les millénaires et entrer directement en contact avec la réalité de notre monde d’aujourd’hui; celle de la mainmise de l’homme sur la nature: mise au pas, mise en ordre, mise à ses pieds.Entre les ombres et les sons se forme alors un personnage de cauchemar.

Ici rien ne s’installe jamais ; point d’autre logique que celle des associations d’idées, comme dans le rêve où s’entrechoquent de façon apparemment absurde les situations les plus incongrues. Et pourtant à travers ce chaos d’images que fabrique notre cerveau des signes nous sont adressés, des révélations nous sont faites, des découvertes se trament. Surgissent alors, un cheval dompteur, des femmes renardes, des savants fous, une louve, un rat, une vache conduite à l’abattoir, des moutons musiciens, une colombe toute en plume blanche et en chair véritable…et des Hommes redoutables et (ou) grotesques. Les « numéros » se succèdent au centre ou à la périphérie - comme au cirque - notre cirque intérieur qui rejoint le grand cirque du monde.

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ÆNTRE

Le jeu : de l’onirique au burlesque Une attention particulière est accordée à la qualité du jeu des comédiennes qui doit rester dans cet entre-deux du rêve et du réel- avec une grande souplesse dans des changements d’état et les passages d’une situation à l’autre.

Espace scénique Un grand cercle avec une double rangée de sièges pouvant accueillir une centaine de personnes.

Les masques, les costumes, les projections, les sons vont renforcer les moments de « rêve », les moments de poésie pure portés par le jeu des actrices.

Un vélum blanc ferme ce cercle à l’extérieur.

Certaines séquences basculent dans le loufoque, révélant sous une forme burlesque la folie des Hommes dans leur volonté de puissance sur l’ensemble du vivant.

Sur le vélum des projections (des ombres) à certains moments; elles sont réalisées à l’aide d’un dispositif de lanternes magiques placées au-dessus du cercle.

Bien au delà d’un plaidoyer pour la cause animale, il s’agit d’une tentative pour réouvrir une dimension de notre être propre que le quotidien a obstrué.

Un espace vide au centre, une arène comme dans un cirque.

Des enceintes entourent le cercle et permettent la circulation du son.

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Les comédiennes, auteures et interprètes Avec

Rajae Idrissi Carol Larruy Diane Launay Marie-Angèle Vaurs Maude Marguerite Val Mise en scène et scénographie

Marie-Angèle Vaurs Réalisation des masques de l’espace scénique et affiche

Michel Mathieu

Régie et création lumière

Alberto Burnichon Images et lumière Basile Robert Création musicale et sonorisation

Sébastien Cirotteau Création des costumes

Sabrina Marietta & Amélie Goillot Production

Jean-Paul Mestre Contact scolaire

Héloïse Lafon

Photos (de répétition), graphisme et communication

Yohann Allais-Barillot

DE QUELQUES LECTURES... Jean-Christophe Bailly : « Le versant animal» « Le Parti pris des animaux » Diderot : « le rêve de d’Alembert »- « les animaux dénaturés » Eric Baratay : « Le point de vue animal : une autre version de l’histoire » Dino Buzzatti : « Bestiaire magique » Élisabeth de Fontenay : « Le silence des bêtes » « Sans offenser le genre humain » - « Quand un animal te regarde » Jacques Derrida : « L'animal que donc je suis » Vinciane Despret : « Penser comme un rat » Vinciane Despret Isabelle Stenger : « Faiseuses d’histoires » Kafka « Terrier » David Garnett : «La femme changée en renard» Alain Leygonie : « Les animaux sont-ils bêtes » Ovide : « Les Métamorphoses» Pascal Picq Michel Serres : « Qu’est-ce que l’humain » Plotin : « De la Nature, de la contemplation et de l’Un » Rilke « Les Élégies à Diuno » Vercors : « Sylva : La Renarde changée en femme » Jean Baptiste Jeange de Vilma : « Philosophie animale »

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Les comédiennes, auteures et interprètes

Maude Marguerite Val Comédienne, performeuse Maude Val débute sa formation à Biarritz auprès de la compagnie des Chimères dirigée par Marie Boucaret En 2008, elle intègre la formation "vers un acteur pluriel" du théâtre 2 l’Acte. Plasticienne, elle réalise des performances visuelles, des portraits sonores. Elle poursuit une série de créations courtes et déambulatoires dans des lieux publics collaborant avec des musiciens improvisateurs. En tant que comédienne elle a joué avec la compagnie Lovena– elle a également travaillé sous la direction de Jean-Yves Michaux et joué dans les Schlingueries spectacle burlesque créé au RING Elle organise des sessions d expérimentations théâtrales en mer méditerranée à bord d’un voilier .

Rajae Idrissi Elle a suivi plusieurs formations de théâtre : avec Envers Théâtre (clown et burlesque essentiellement) – avec La Krysalid et avec le Théâtre 2 l’Acte. Elle anime des ateliers de théâtre en direction d’enfants et d’adultes. En tant que comédienne elle a joué dans : Phèdre de Sarah Kane (Théâtre Krysalid), Le Clown Métaphysique et Les Bonnes . Depuis 2010 elle participe aux principales créations du Théâtre 2 l’Acte. Elle joue en solo « Rosel » de Harald Mueller – mise en scène M. Mathieu

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Les comédiennes, auteures et interprètes Carol Larruy Après une formation initiale aux Beaux Arts de Montpellier, Carol Larruy suit pendant 2 ans l’atelier Gérard Philippe à St Denis (dirigé par Daniel Mesguich et Philippe Duclos), puis différents stages. En tant que comédienne, elle a joué notamment dans : - « L’anneau du Nibelung » de Wagner direction D. Mesguich à Nice puis à Paris - Lucrèce Borgia au Théâtre Gérard Philippe à Paris – Catastrophe de Samuel Beckett et Intérieur de Maeterlink dans des mises en scène de Jean-Damien Barbin) – Contes d’hiver – d’après Shakespeare au Théâtre de Fontenay aux Roses – On ne badine pas avec l’amour de Musset avec la troupe de l’Escouade à Rouen. Elle tourne pendant 2 ans sur les scènes nationales de Normandie avec la troupe de l’Escouade. Depuis 2010 elle participe aux principales créations du Théâtre 2 l’Acte. Elle joue en solo « La Chambre de G.H. » d’après « La Passion selon G ;H ; » de Clarisse Lispector – mise en scène M. Mathieu

Diane Launay En complément de ses études universitaires elle a suivi différents cours de pratique théâtrale : « Le laboratoire de l’Acteur » au théâtre de la Digue avec Sébastien Bournac et Claude Bardouil, puis la formation professionnelle « Acteur Pluriel » dirigé par le Théâtre2 l’Acte, et les ateliers « Protée » dirigés par Michel Mathieu. Elle pratique et enseigne également le chant. Elle a écrit et mis en scène plusieurs créations : « Claustrophonia » - Mon désir est sans visage – Aurélia S solo performance autour du désir féminin.- « Les oiseaux de proie #1- Lucrèce Borgia » Elle travaille régulièrement en tant que comédienne avec la compagnie du Théâtre2 l’Acte et également avec : les Enfants du Paradis, les 3T, le Collectif Cocktail . Elle a récemment initié une collaboration artistique avec Serge Pey.

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Les comédiennes, auteures et interprètes

Marie-Angèle Vaurs Elle a suivi la formation dispensée au sein du Théâtre 2 l’Acte dès les années 70: influences de Grotowsky, du Living Théâtre, de l’Open Théâtre, du Bread and Puppet Par la suite de nombreux stages sont venus enrichir et diversifier sa formation initiale . En tant que comédienne, elle a joué dans la plupart des créations du Théâtre2 l’Acte dont : “ Les Bonnes” de Jean Genet ; « Molly Bloom“ de Joyce, « Médée” et « Les Phéniciennes » d’Euripide - “Ballade pour réveiller les feux”; « Le Principe de Légassov » et « Onze voies de fait » de Bernard Noël. « Le Numéro d’Équilibre » d’Edward Bond Elle a également travaillé sous la direction de Jean-Pierre Tailhade : « Maman », « Parlez-moi d’amour », « L’Échange » de Paul Claudel, « Perceval » d’après les Vagues de Virginia Woolf ; « Les Braises » d’après le roman de Sandor Maraï Elle a réalisé plusieurs spectacles en tant que metteur en scène dont : “Loup Noir” d’après un texte de Jan Laurens Siesling, spectacle pour enfants. « Pas Bouger » d’Emmanuel Darley « Deux jambes, deux pieds, mon œil » de Monique Enckell , pour enfants « L’Entonnoir » sur un scénario de Nicolas Réveillard et Quentin Siesling « L’Ébloui » de Joël Jouanneau Elle enseigne à l’université Toulouse Mirail et intervient dans des lycées ou collèges.

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Les comédiennes, auteures et interprètes Basile Robert : Musicien et plasticien sonore, Basile Robert a une formation en électronique et informatique. Il travaille au sein du GMEA ( groupe de musique électroacoustique d’Albi) et s’est spécialisé depuis quelques années dans la génération de sons acoustiques produits à partir de mouvements asservis. Technicien, régisseur polyvalent son/ lumière il est également créateur sonore. Il dirige des ateliers pédagogiques en lycées ( à Nantes, St Nazaire, Albi) Il crée ses propres projets artistiques - installation sonore et concert - dont « Abracad’arbre - - avec Rasko Zivkovic : Magic Toys et Bankal Balkan et dernièrement Électrik Botanik Ensemble à la Médiathèque Cabanis de Toulouse

Sébastien Cirotteau La multiplicité de ses pratiques s’appréhende à la manière d’un patchwork sonore. Du documentaire à l’improvisation musicale, de la création pour le spectacle à l’installation électroacoustique, il tisse au fil du temps une trame où l’écoute, active et partagée, se révèle sensible au monde et à ses multiples. Trompette, phonographie, électronique et dispositifs de diffusion sont quelques-uns des éléments de construction de cette poétique du sonore. Il se produit régulièrement en solo ou avec des musiciens dans de nombreux lieux et festivals dédiés à la création contemporaine en France et à l’étranger. Il est également engagé dans la diffusion des musiques libres (Collectif Sonofages) et la pédagogie. Il a publié une dizaine de disques.

© Anne_Lefevre

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Théâtre2 l’Acte, Le RING 151 route de Blagnac 31200 Toulouse France T: 33 (0)5 34 51 34 66 @: contact@theatre2lacte.com W: www.theatre2lacte.com

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Æntre - Théâtre2 L'Acte - Dossier artistique