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NAMASKAR

Décembre 2014

N° 62

BULLETIN DE LIAISON DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE HATHA YOGA 7, Rue de Plaisance - 75014 Paris - Tél. : 01 45 44 02 59 - Fax : 01 42 84 28 30 www.ff-hatha-yoga.com - Courriel : ffhy.secretariat@wanadoo.fr

ÉDI TORIAL Chaque être humain se construit avec l’aide d’autres êtres humains. Les parents, les professeurs, les différents éducateurs qu’il côtoie dans sa vie lui transmettent leur expérience et leur savoir.

Stage d’Amiens - 26 au 29 Juin 2014

Ces transmissions individuelles sont soutenues par une transmission collective assumée d’un héritage commun. Ainsi, la science du Yoga s’estelle toujours transmise de maître à disciple (guru sisya parampara). Pour la fédération, Shri Mahesh, s’appuyant sur l’héritage de l’hindouisme, en a fait une synthèse de spiritualités communes à notre civilisation. Cet héritage est celui de toute sagesse. Au sein de la FFHY un axe de vigilance consiste à savoir comment léguer à notre tour. Un socle commun de connaissances décliné dans un programme d’étude, en lien avec les textes traditionnels et ceux de Shri Mahesh, fondent notre enseignement. Tout l’art de nos cadres est de faire de ces savoirs transmis oralement ou par écrit, des outils de construction identitaire forts, articulés autour du sentiment d’appartenance à une école de Yoga traditionnel. Donc, de permettre aux élèves-professeur d’intégrer ce qui est donné par les anciens et de s’en différencier sans le déformer pour exister. Se rencontrent ici : les vertus de la contrainte et l’exigence de liberté propre à chacun. La fédération a un monde à rendre ‘‘commun‘‘ par une transmission qui ne soit pas une inculcation. Elle se doit de chercher à inscrire des savoirs comme des saveurs, une culture commune, telle un sillon laissé par la charrue des anciens, le tout dans un sentiment de confiance afin d’aider ses adhérents à s’inscrire dans l’histoire des hommes, les reliant aux autres tout en étant libéré de toute filiation.

Brigitte NEVEUX Présidente de la F.F.H.Y.

SOMMAIRE 5

Portrait

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Culture

Sur le tapis

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En lien avec la tradition

À l’écoute de

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En documentation

B.K.S. Iyengar

Yoga Mudrâ Asana Bénarès

Le musée Guimet

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Le Bharata Natyam

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Publications

Convocation à l’Assemblée Générale de la F.F.H.Y du 11 Janvier 2015 Nous vous invitons à assister à l’Assemblée Générale de la F.F.H.Y. qui se tiendra le dimanche 11 janvier 2015, Salle de l’Horticulture, 84 rue de Grenelle - 75007 Paris, à partir de 13h30. Les membres actifs recevront individuellement l’ordre du jour et les membres utilisateurs (élèves, élèves-professeur, adhérents individuels) pourront le consulter sur le site de la F.F.H.Y. : www.ff-hatha-yoga.com Merci de vous munir de votre carte d’adhérent 2014/2015.

‘‘Le chemin qui conduit à la sérénité passe par le contrôle de l’esprit et par la pratique constante de ce contrôle’’, Shri Mahesh, L’Inde notre héritage


EN LIEN AVEC LA TRADITION

Le Bharata Natyam

Le Bharata Natyam est la danse classique de l’Inde du Sud-Est, originaire du Tamil Nadu. Cette danse est d’essence divine. Ce sont les dieux qui ont demandé à Brahma de créer un divertissement audible et visible, commun à toutes les castes de la société. Brahma créa donc un cinquième Véda, le transmit au sage Bharata qui rédigea alors un traité le Natya Shastra, entre le deuxième siècle avant et le deuxième siècle après Jésus-Christ. Natya voulant dire théâtre, la danse est une partie du théâtre. C’est Shiva qui ajouta pour embellir le spectacle l’enseignement spécifique de nritta, la danse pure, révélant son aspect dynamique, viril et puissant nommé Tandava. Il confia à son épouse Parvati l’enseignement de l’aspect gracieux, charmeur et délicat nommé Lasya. Cependant Brahma prit soin de justifier sa création d’un Natya-Veda auprès des titans et des démons afin qu’ils ne se sentent pas lésés et ne troublent pas les représentations. Depuis plus de deux mille ans, le Natya Shastra écrit par Bharata à la suite d’une révélation divine, fait toujours autorité dans le monde artistique. Ainsi le nom de l’auteur du traité, Bharata, est rappelé, dans le mot Bharata Natyam. Les trois premières syllabes de ce nom évoquent : Bhava : l’état d’âme, Raga : le code musical, Tala : le rythme. Sur le plan technique l’apprentissage du Bharata Natyam repose sur la maîtrise des différents hasta, des adavu, de l’abhinaya conduisant au rasa. Les hasta Ce sont les gestes de la main. Depuis la tradition védique, la gestuelle symbolique des mains joue un rôle essentiel dans les rituels religieux. Les arts de la sculpture, de la peinture et de la musique leur ont donné le nom de mudrâ en référence aux rituels propres aux religieux et aux yogis. Ceux-ci cherchent par la méditation à unir l’âme individuelle au soi universel (atman). C’est pourquoi la pratique contemporaine du Bharata Natyam a identifié le langage des mains aux mudrâ, même si les hasta de la danse présentent un vocabulaire beaucoup plus étendu que celui des mudrâ propres aux rituels des temples.

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Photos : Dominique Guillemain d’Echon ©

Rappelons que la racine du mot mudrâ est mud signifiant plaisir. C’est pour satisfaire ce plaisir que les danseuses se consacrent totalement à leur art. La main doit renforcer le pouvoir de la parole sacrée (mantra) et de l’intention mentale (bhavana). Elle scelle l’action rituelle puisqu’elle renferme dans le geste l’intensité d’un état intérieur. Le mot mudrâ, littéralement ‘‘sceau’’, prend tout son sens dans la pratique du yoga lorsque le yogin renferme le souffle à l’intérieur de son corps par la tenue de sa mudrâ et la justesse de sa posture (maha mudrâ). Les adavu Ils combinent pas et gestes sur une rythmique très précise. Le mot adavu vient de la langue tamoule adal : dansé et de adiladu : pas de danse. Ils proviennent des 108 karana (postures idéales) définis dans le Natya Shastra dont on peut admirer les représentations sculptées dans les temples de Chidambaram et de Tanjore notamment. L’abhinaya Il inclut toutes les manières de se tenir, de marcher, les positions, les attitudes, tous les mouvements du corps et du visage. Ce mot est composé du préverbe ‘‘abhi’’ : vers et de la racine ni transporter, conduire, guider. C’est l’abhinaya qui porte le sens jusqu’au spectateur, l’amenant à éprouver l’émotion esthétique rasa. Le rasa Il est le but suprême du Bharata Natyam. C’est le sentiment du plaisir esthétique, sorte de ravissement surnaturel. Il est dérivé de la racine ras : goûter, savourer et signifie saveur. Le rasa est donc goûté et se traduit par un enchantement de nature psychique. Le spectateur qui perçoit, éprouve et apprécie le rasa est nommé rasika. ‘‘ Cet art du spectacle apportera un repos et un soulagement bienvenus à tous ceux qui sont peinés, épuisés, déprimés, malheureux ou engagés dans une discipline ardue. Il n’y a pas de maxime, pas de connaissance, d’art, de métier, de sagesse, d’acte de valeur ni de yoga qui ne se trouve présent dans cet art du spectacle’’, affirme Brahma. Depuis plus de 20 ans, cet art nourrit et éclaire ma vie. Maya Danseuse de Bharata Natyam et professeur de Hatha yoga

Ouvrage ‘‘ Lumière de l’Inde du sud, voyage dansé au cœur des temples ‘‘ - Maya Éditions Degeorge - Novembre 2009 www.natyamaya.net


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Revue de presse harmotonique  

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