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Entretiens du Terroir en Valloire oire ... Signes d’avenir, pétris par l’hist ... les savoir-faire en Valloire

ANNEYRON QUADRIE et Pant.

Pour les ENVELOPPES SEULEMENT

ACTES des Entretiens ...

Anneyron (Espace Plantay)

jeudi 23 avril 2009 - 18h / 21h


Les textes que vous allez lire sont la transcription (réalisée par Sylvain Chartier, stagiaire “Terroir”) d’interventions orales, ils en gardent la fluidité ou la répétition, pour ne pas risquer d’en altérer le sens. Les interventions de ces Entretiens ont été classées sous les signes des Anciens Grecs : terre, feu, eau, air ; dans lesquels les humains construisent et expriment leurs savoir-faire. Les chercheurs expriment les leurs dans le lien entre les signes. Bonne lecture !


POURQUOI LES 2EMES ENTRETIENS DU TERROIR EN VALLOIRE ? INTERVENTIONS DES OFFICIELS............................................................................................................. 5 Alain GENTHON, Maire d’Anneyron et Vice président du Conseil Général........................... 6 Pierre BOCQUET, Directeur de la Maison Familiale Rurale d’Anneyron.................................. 8 Eric BARRAUD, Animateur, Terroirs et Cultures.................................................................... 9 Freddy MARTIN ROSSET, Président de la Communauté de Communes Rhône Valloire........ 10

I

Signes de terre.................................................................................................................................. 13 L’art de l’arboriculteur Faire venir le fruit au goût de terroir.................................................................. 14 Le fruit de la passion, l’invention de variétés . .................................................. 19 L’art du maçon de galets : La construction du temps . .................................................................................. 24

II

Signes de FEU...................................................................................................................................... 27 L’art du vigneron : Le vin entre terre et ciel . .................................................................................... 28 L’art du tonnelier : De la fûtaie au fût ............................................................................................... 31 L’ART DU CHERCHEUR.......................................................................................................................... 37 L’histoire des hommes, travail de mémoire Intervention de Alain Nicolas

III

Signes d’EAU........................................................................................................................................ 41 L’art des maroquiniers : Du cuir au galet, l’eau fluide de l’unité ............................................................. 42 L’art des vanniers : Tresser l’osier, tisser des liens ................................................................................ 44

IV

Signes d’AIR ........................................................................................................................................ 49 L’art de la langue : Le patois, une langue, une histoire, un monde . ...................................................... 50 L’ART DU CHERCHEUR.......................................................................................................................... 55 Espaces et histoires des savoir-faire Intervention de Claire Delfosse

V

CONCLUSION

. ............................................................................................................................. 58

ANNEXES

. ............................................................................................................................. 63


ENTRETIENS DU TERROIR ! OUI MAIS : TERROIR ?

Planète terroirs : 2005, une charte et une définition internationale du terroir adoptée aux Rencontres Internationales UNESCO

Un Terroir est un espace géographique délimité, défini à partir d’une communauté humaine qui construit au cours de son histoire un ensemble de traits culturels distinctifs, de savoirss et de pratiques, fondés sur un système d’interactions entre le milieu naturel et les facteurs humains.

Les savoir-faire mis en jeu révèlent une originalité, confèrent une typicité et permettent une reconnaissance pour les produits ou services originaires de cet espace et donc pour les hommes qui y vivent. Les terroirs sont des espaces vivants et innovants qui ne peuvent être assimilés à la seulle tradition.


, re d’Anneyron ENTHON (mai G n ai Al ), re irs et Cultu e Valloire). ué général Terro mmunes Rhôn RRAUD (délég unauté de Co m BA m ic Er Co ), la on de yr t FR d’Anne , présiden T (directeur M aire d’Epinouze Pierre BOCQUE TIN ROSSET (m AR M dy ed Fr ), éral Conseiller Gén

POURQUOI LES 2EMES ENTRETIENS DU TERROIR EN VALLOIRE ? INTERVENTIONS DES OFFICIELS

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Je voudrais dire un petit peu l’importance que revêt cette thématique du territoire et du terroir qui, à mon avis, est fondamentale. La MFR y travaille dessus depuis plusieurs années, autour du fruit et du territoire. La notion de territoire est fondamentale, Robert Castel, un sociologue, a fait des recherches là-dessus. Il se posait la question de savoir ce qu’est l’existence humaine et à partir de quel moment on est reconnu comme existant ?

Alain gENTHON

Maire d’Anneyron Vice président du conseil général

D’abord, je voudrais remercier les organisateurs de ce travail, de cette manifestation : la MFR, je voudrais remercier et saluer François Subrain président de l’Union Nationale des Maisons Familiales et Rurales. C’est un grand honneur pour nous de te recevoir ici à Anneyron mon cher François. La dernière fois que tu étais venu tu étais président de l’organisation régionale, c’est la première fois que tu viens en tant que président de cette grande famille nationale. Je veux également saluer les élus nombreux dans la salle. Ceux de l’Ardèche, de l’Isère et de la Drôme des gens représentants du terroir.

Interventions des officiels

Pendant toute la période du Moyen âge on était reconnu comme existant par rapport à la confrérie humaine parce que l’on appartenait à un lieu parce que l’on appartenait à un territoire c’est ce qu’il a appelé “le grand intégrateur“. Cela me permet de dire : “je fais partie de la société”. Et puis à l’époque de la révolution industrielle il y a eu une crise de société et l’apparition d’un nouveau grand intégrateur,

ce grand intégrateur étant devenu le travail et l’appartenance à la société.

A partir de ce moment là, s’est faite la notion de travail : on est de telle entreprise, on est de tel secteur professionnel, on est agriculteur… Cette notion de grand intégrateur aujourd’hui est en plein effritement du fait que l’intégrateur “travail “est en difficulté, que l’on a connu des grandes périodes de difficultés économiques, de chômage, du fait que le “papy boum” fait qu’un certain nombre de personnes sont en train de sortir de la relation sociale et de l’existence par rapport au travail. Elles sont en train de se poser la question de ce fait là de l’appartenance humaine, de la reconnaissance humaine : comment exister et par rapport à quel type de relation à la société ? Nous sommes sûrement en train de vivre ensemble l’émergence d’un nouveau grand intégrateur. Peut être serat-il à plusieurs facettes, peut être que l’on va réintroduire la notion d’appartenance au territoire, la notion de liens et de réseaux associatifs. La notion économique, la notion de travail va bien sûr rester. Je trouve que la thématique de réflexion ici est particulièrement pertinente par rapport à l’évolution de notre société et par rapport à ces crises successives et à cette notion de besoin que l’on a tous d’appartenir à une société humaine pour exister. Le deuxième élément qui m’est ap-

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paru important, c’est ce que Bernard Pecqueur, un autre sociologue, avait exposé ici il y a quelques années et qu’il avait développé dans ses recherches universitaires autour de la notion de développement local. Parce qu’il y a des territoires où les hommes produisent de la richesse, il y a des territoires où il y a de la dynamique, il y a des territoires où il y a de l’évolution, du territoire et également des territoires où il y en a moins. Tout cela est bien lié à l’activité des êtres humains et Bernard Pécqueur s’est interrogé sur « qu’est ce qui fait du développement dans tel ou tel secteur ? ». Sans vouloir reprendre sa démonstration qui serait assez longue, un des éléments fondamentaux pour Pecqueur est la notion de réseau. Il a montré par exemple que dans la vallée de l’Arve il y a tout une évolution autour de l’industrie mécanique et autour du décolletage parce qu’il y a eu du réseau, les gens se sont parlés, ils ont cherché des complémentarités. Parce qu’il y a eu des concurrences et que ces concurrences ont été jouées dans un contexte de lien entre les acteurs du terrain, l’activité économique et le territoire . Dans la zone dans laquelle on est, le travail que vous faites ici autour de la Maison Familiale, cette présence nombreuse ici, ces bouteilles de jus de fruit sur les tables montrent que cette notion de réseau fonctionne ici, autour du fruit, ce n’est pas le maire de Bougé Chambalud ici présent qui va me dire le contraire. Autour du fruit il y a du développe-

Interventions des officiels

ment, l’histoire du fruit ici a concerné des générations de travailleurs saisonniers, des agriculteurs, des entreprises en amont, des entreprises en aval des gens qui savent transformer. On a des entreprises qui aujourd’hui savent faire des sorbets, des glaces, des purées… Donc cette notion de réseau a fonctionné et dans le contexte économique dans lequel on est, on a besoin des collectivités, mon cher Freddy (Freddy Martin Rosset, ndlr),

on a besoin d’encourager ces réseaux parce que la richesse de l’activité économique n’est jamais donnée, elle n’est jamais acquise, elle est à construire.

Donc cette initiative est particulièrement importante. Tous ces réseaux que je signalais tout à l’heure autour des fruits, il me semble qu’aujourd’hui on arrive à les élargir. Je suis très heureux qu’il y ait ces tonneaux, ce pan de l’activité mon cher Claude (Claude Desrieux, ndlr) ou la restauration M. Galliffet... tous ces secteurs d’activités autour du bien vivre, bien vivre et terroir.

Je terminerai en vous disant que ce matin j’étais avec les responsables de l’entreprise Revol, la semaine prochaine j’ai rendez vous avec les responsables de l’entreprise Jars. Une autre particularité de notre territoire est que partout en France, le secteur de la céramique s’est effondré et on est en France la zone géographique où il y a le plus d’entreprises de céramique aujourd’hui bien vivantes qui ont des projets, je peux vous les citer : Jars à Anneyron, Revol je vous l’ai cité tout à l’heure, Céralep à St-Vallier, Novocéram à Laveyron, Fayol à Tain l’Hermitage… Il y a un enjeu qui fait qu’autour de la céramique, peut être que les élus vont travailler à partir de la méthode mise en place ici, l’élargir encore un peu sur les arts de bien vivre comme il y aurait les arts de la table avec la céramique. Transférer la méthode que vous avez mis au point ici, la transférer sur la filière spécifique de la céramique, en tout cas pour nous élus il faut qu’on s’inspire de votre démarche pour faciliter la mise en place de cette synergie et de ces réseaux d’acteurs autour de la céramique parce que cela représente des enjeux en terme d’emploi et dans le contexte mondial dans lequel on est, je terminerai la dessus,

le retour au terroir et au territoire est certainement l’apparition du nouveau grand intégrateur. Merci beaucoup.

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ANNEYRON Pierre BOCQUET

Directeur Maison Familiale Rurale Anneyron

Merci Alain, à mon tour de vous remercier pour votre participation, je veux remercier tous les partenaires qui permettent à la MFR d’Anneyron de mettre en place cette dynamique en commençant par la CC Rhône Valloire, le Conseil général, la Région Rhône Alpes qui sont les partenaires financiers et qui soutiennent notre démarche de Pôle ressource, j’en reparlerai après. Je remercie aussi l’association Terroirs et Cultures puisque c’est aussi l’association qui est représentée ici par Eric Barraud, qui a initié cette démarche d’Entretiens du terroirs et sur laquelle on s’appuie pour mettre en place ces animations qui permettent d’échanger sur des thématiques et entre autre ce soir sur des savoir-faire en Valloire. Alors pourquoi la Maison familiale d’Anneyron est-elle à l’initiative de cette démarche ?

Interventions des officiels

Il faut savoir que l’ensemble de l’enseignement agricole a des missions, parmi celles ci il y a le développement local et cela, c’est une particularité qui existe à Anneyron où, depuis 6 ans on a mis en place un Pôle ressource. C’est en lien avec l’action du Conseil régional Rhône Alpes qui demande à ce que les établissements de l’Enseignement agricole ou de l’Education nationale, soient des « pôles ressource » sur leur territoire. Au sein de ce Pôle ressource on a confié un certain nombre de travaux à un chargé de mission : Jacques Deplace, ici présent et qui sera l’animateur de la soirée, Il aura, entre autres, comme mission d’essayer de faire émerger des projets sur la Valloire à partir de particularités de ce territoire .Cela a déjà donné lieu aux premiers Entretiens du terroir à Moras en 2008. Ces Entretiens s’appuyaient sur le patrimoine qui est très important, est très présent sur la Valloire, et qui est source d’initiatives. Au niveau de ces 2èmes Entretiens on s’est dit qu’il fallait aller plus loin et s’appuyer plus sur les acteurs locaux. Nous sommes donc partis sur des savoir faire multiples comme vous pourrez le voir tout à l’heure. Je crois que ce qui est important au travers de cette démarche c’est d’essayer de faire se rencontrer les personnes, les acteurs que ce soient des

agriculteurs, des artisans, des commerçants ou des industriels, de faire rencontrer tous ces acteurs avec les collectivités locales de façon à construire l’avenir puisque c’est un peu le thème de ces deuxièmes entretiens. Ces signes d’avenir sur lesquels l’économie locale et les acteurs locaux devront s’appuyer. Je crois que ce qui est important pour nous en tant qu’organisme de formation c’est d’être à l’origine de cette démarche dans la mesure où cela nous permet de la réintégrer dans les missions premières de formation.

Ceci permet de faire toucher du doigt à nos élèves quels que soient leur âge, leur niveau de formation et leur domaine de formation, ce rôle qu’ils ont à jouer en étant acteur que ce soit par leur emploi ou que ce soit comme acteur économique direct pour les futurs agriculteurs qui s’installent. Je vous remercie d’être présent. Je remercie également François Subrain d’avoir fait le déplacement, c’est un honneur pour la Maison familiale de l’accueillir non pas dans les locaux de la Maison familiale mais nous ne sommes pas très loin. J’espère que tu vas pouvoir apprécier cette soirée et qu’avec ton équipe vous pourrez repartir dans le Beaujolais avec des idées et essayer de construire un projet : “les pierres dorées” puisque c’est l’association représentée par ton collègue. Merci

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Eric BARRAUD Animateur Terroirs et Cultures

Merci à tous, comme je suis un peu l’étranger de l’étape je vais me présenter pour dire que je suis Eric Barraud, délégué général de l’association Terroirs et Cultures, association basée à Montpellier et qui travaille sur de nombreux terroirs de France et notamment la Valloire. A ce titre là, je voulais juste vous dire que je suis très heureux de voir une salle qui est l’expression des savoir faire et du travail de toute l’équipe locale ici et qui témoigne de la réalité de ce que l’on a voulu faire en 2003 en créant le concept des Entretiens du terroir. Vous voir tous réunis ici permet de comprendre que le concept est intéressant et qu’il permet de faire vivre les territoires et le terroir et c’est exactement ce en quoi on voulait agir lorsqu’on a créé l’association avec Dominique Chardon, son président et d’autres acteurs de terroirs autour de chercheurs, et vous en verrez d’ailleurs ce soir.

Interventions des officiels

Ce concept de terroir pour servir, et c’est en cela que j’ai beaucoup apprécié vos discours, l’économie locale et le développement local, c’est dans cet esprit que l’on veut agir à travers la défense locale du terroir. Je crois que ce que vous faites dans la Valloire et ce que l’on a commencé à faire ensemble va dans ce sens. On est en train de tracer un chemin et redonner de la fierté aux acteurs sur le territoire. Alors l’argumentaire vous l’avez donné je ne vais pas y revenir dessus. Je voudrais juste signaler une chose par rapport à la Valloire et par rapport à la notion de réseau que vous avez évoqué tout à l’heure. Vous le savez et je l’avais évoqué l’an dernier pour ceux qui ont participé aux précédents Entretiens du terroir,

notre association est parrainée par l’UNESCO. Nous pensons que faire une approche terroir c’est faire de l’économique s’appuyant sur des ressources et s’appuyer sur des ressources c’est forcément préserver les ressources qui sont sur ce terroir et notamment la diversité biologique et culturelle qui est facteur de développement et donc de valeur ajoutée.

Ce qui est en lien avec ces questions d’identités évoquées tout à l’heure. Nous avons plaidé la cause auprès de l’UNESCO qui nous a parfaitement accueillis depuis 2003 et avec laquelle nous avons écrit une définition du terroir. Vous pourrez la retrouver sur internet (et aussi dans la brochure de compte-rendu, ndlr). Cette année nous avons voulu faire un pas de plus avec eux puisqu’on a décidé de

lancer un réseau de “terroirs du monde” pour la recherche et le développement. C’est un grand mot mais qui signifie tout simplement que l’on a repéré 6 terroirs du monde autour de la Méditerranée : un en Albanie, un dans le Péloponnèse en Grèce, un autour de Chefchaouen au Maroc et trois en France (Aubrac, Dentelles de Montmirail, Valloire) pour essayer de voir quels étaient les éléments de caractérisation du terroir et quels étaient les facteurs qui permettaient de réaliser une approche de terroir réussie et à contrario quels étaient les facteurs qui pouvaient constituer un blocage. Parmi ces 6 terroirs et compte tenu du travail que l’on avait fait avec vous et avec tous les savoir faire qu’il y a ici, nous avons bien entendu choisi la Valloire.

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Pendant 3 mois de préparation, on a donc mobilisé un certain nombre d’Universités et en ce qui concerne la Valloire vous avez Sylvain Chartier de l’ENITA de Clermont Ferrand, qui est là pour 4 mois et qui va travailler sur le terroir de la Valloire. Il va, comme je vous le disais, déterminer quels sont les éléments de caractérisation du terroir (voir annexes).

L’objectif est d’essayer de repérer quels sont les facteurs clés qui permettent de développer des approches de terroir qui à nos yeux sont sources de développement économique.

Vous allez le voir pendant quelques mois, faites lui bon accueil. Cette approche est très locale et ça c’est l’esprit Terroirs et Cultures, on est avec vous sur le local et on s’intéresse au global et je peux vous assurer que le terroir de la Valloire on le valorise à l’UNESCO et aussi au plan national pour montrer qu’il y a des gens qui cherchent. Alors il n’y a pas de réponse facile, pas de réponse toute faite, on ne les a pas non plus et ce soir on va faire un petit bout de chemin. Bonne soirée

Interventions des officiels

QUADRIE et Pant.

les ENVELOPPES FreddyPour MARTIN ROSSET SEULEMENT

Président Communauté de Communes Rhône Valloire

Juste un petit mot, pour vous dire mesdames et messieurs bien le bonsoir, pour dire que pour

la Communauté de communes Rhône Valloire, la Maison familiale est un partenaire en tant que fer de lance de l’agriculture locale

et nous travaillons ensemble à travers un dénominateur technique commun qui s’appelle Jacques Deplace.

Il est tout à fait normal que nous soyons à vos côtés dans ce genre de travail car qui dit terroir dit territoire. Nous sommes un territoire communautaire d’un petit peu plus de 20000 habitants et à ce niveau là évidemment un certain nombre d’espérances s’ouvrent. Les différents domaines d’intervention qui sont les nôtres sont bien évidemment nombreux.

Il y a l’agriculture bien sûr mais il y a aussi l’activité économique, artisanale et industrielle, il y a l’habitat, il y a le tourisme qui est transversal, nous sommes forcément totalement impliqués dans ce domaine. Tout simplement je voulais vous dire que c’est toujours avec grand intérêt que nous suivons ce travail, nous l’accompagnons, après Moras la millénaire l’an dernier, cette année Anneyron la seulement bicentenaire mais l’industrieuse.

Cette année Anneyron c’est plus de 1000 emplois ! Bonne soirée à tous.

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Pendant que nous parlons … et nous allons continuer à parler et pas seulement à parler, vous avez nos vanniers qui travaillent sur le côté discrètement. Cela nous indique bien que nos paroles ne peuvent êtres entendues que s’il y a aussi du silence. Parole et silence c’est ce qui permet de construire le bien commun. Vous avez sous les yeux le programme de la soirée avec un classement de différents savoir faire qui vont être exprimés. Vous allez voir apparaitre toute l’équipe de préparation. C’était, en effet, une préparation collective avec beaucoup de bonheur et cette préparation aboutit à la présentation ce soir de certains savoir faire. Il y en a d’autres qui ont surement été oubliés, il y en a d’autres surement qui participeront demain mais nous allons tenter de faire la présentation en quelque 10 interventions. Si vous comptez par rapport au temps, vous percevez que cela va être assez difficile à tenir. Nous sommes habitués …il y a des musiciens dans la salle, il y a des agriculteurs, il y a des potiers, il y a des maroquiniers, il y a des vanniers il y a des savants de la langue et ils savent qu’il faut mettre tout cela en musique. Il y a quelque chose qui nous réunit, c’est la composition d’une partition commune en clef de sol, nous sommes sur un sol et la clef de sol va nous permettre, accord majeur ou mineur, de gérer les paroles successives avec des temps assez limités, ce qui va rendre délicat les interventions. Je serai chargé de mettre du lien si besoin et, de mettre parfois un peu de limite au temps sans trop en mettre. Pour cela, vous allez nous aider en calant votre respiration au tempo des intervenants. Nous allons commencer, à tout seigneur tout honneur, par les signes de terre car il y a 4 signes repérés, les 4 signes des anciens Grecs : la terre, l’eau, le feu et l’air. Quatre, certes, et puis le 5ème signe : l’humain, qui fait le lien entre ces 4 qu’il habite de ses savoir-faire. jacques DEPLACE

MFR Anneyron, Communauté de communes Rhône Valloire, animateur des Entretiens.

Nous commençons par les signes de terre,et encore une fois à tout seigneur, tout honneur : les Arbos de Moras qui jouent un rôle très important dans ces Entretiens du terroir, ils en étaient le centre lors des premiers Entretiens du terroir … le chemin, le sillon continuent à être tracés. 11


18H 18H30

Accueil des participants … Accueil par Alain Genthon (maire Anneyron) Présentation des Entretiens et des partenaires : Freddy Martin Rosset (CC Rhône Valloire), Pierre Bocquet (MFR Anneyron), Eric Barraud (Terroirs et Cultures) Interventions : expressions de savoir-faire Animation Générale : Jacques Deplace (MFR Anneyron et CC Rhône Valloire) I - Signes de terre L’art de l’arboriculteur : Faire venir le fruit au goût de terroir (Arbos de Moras) Le fruit de la passion, l’invention de variétés (Robert Arnaud - Epinouze) L’art du maçon de galets : La construction du temps (Baptiste Rozier - Claveyson) II - Signes de feu L’art du vigneron : L’art du tonnelier :

Le vin entre terre et ciel (Jean Delobre - Bogy) De la fûtaie au fût (Guillaume Lacroix, Claude Desrieux - Moras)

L’art du chercheur L’histoire des hommes, travail de mémoire : Intervention de Alain Nicolas (anthropologue, Credo Marseille). III - Signes d’eau L’art des maroquiniers : L’art des vanniers :

Du cuir au galet, l’eau fluide de l’unité (Laure Mulliez - Lens Lestang) Tresser l’osier, tisser des liens (Françoise Demoulin - Moras, Emilie Rouillon - Sarras)

IV - Signes d’air L’art de la langue :

Le patois, une langue, une histoire, un monde (Jean-Claude Staville - Anneyron)

L’art du chercheur Espaces et histoires des savoir-faire : Claire Delfosse (Géographe, Université Lyon 2 Laboratoire Etudes Rurales). L’art de l’interprète du “bien manger”. Recettes “légumes et fruits de terroir” : Jean Jacques Galliffet (Auberge de la Valloire, Epinouze)

21H

Buffet “terroir” en chansons … avec la joyeuse chorale de l’association Horizons (Anneyron) et les produits paysans de la Drôme des Collines …

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I

SIgNES DE TERRE

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L’ART DE L’ARBORICULTEUR

Faire venir le fruit au goût du terroir : Arbos de Moras Elle a été créée dans le but de promouvoir le savoir faire des arboriculteurs de la commune et des environs accompagnant les différentes manifestations comme la Fête de la poire et les Entretiens du terroir.

L’association à pour objectif de mettre en valeur les goûts et les savoir-faire de tous les arboriculteurs, notamment à travers la Morassienne que vous aurez l’occasion de goûter par la suite, à travers M. Galliffet avec ses recettes dont le gratin morassien, la poire farcie, qui a su mélanger l’année passée la poire et la vanille et qui certainement nous aidera l’année prochaine à accueillir le Mexique et le chocolat.

Hervé MIACHON

Président des Arbos de Moras

joris MIACHON jean François VIgNAT Didier CONjARD

L’art de l’arboriculteur

Je vais présenter l’association des Arbos de Moras qui est née en février 2006 et qui regroupe tous les arboriculteurs de la commune et quelques sympathisants.

Je laisse maintenant la parole au plus jeune des futurs arbos de Moras, je laisse la parole à Joris Miachon.

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Bonsoir à tous je vais vous expliquer l’histoire de la poire dans la Valloire et plus particulièrement à Moras.

transports de plus en plus performants pour transporter la marchandise. Cet élan a permis à la France, à la région, au département d’être les premiers producteurs de fruits en Europe en pêches, en pommes, en fraises et en abricots …

Une nouvelle dynamique se prépare avec l’arrivée de 4 jeunes formés à la MFR qui veulent faire de la poire le produit phare de leur développement.

Les plus vieux vergers en production aujourd’hui datent de 1860 avec une seule … Aujourd’hui après plusieurs crises de surproduction et des problèmes savariété : la William. Tout de suite après la première guerre mondiale, deux passionnés de l’arboriculture dont un ingénieur agronome détectent les qualités du terroir et commencent à mettre en place une gamme de variétés nouvelles avec des nouvelles techniques de palissage dont le “croisillon lyonnais”. C’est l’occasion de remercier ces deux personnes M. Armand Vidault et M. Daniel Miachon.

Autour des années 50, les agriculteurs deviennent petit à petit des arboriculteurs avec la disparition de l’élevage et l’apparition du fruit, entre autres la pêche, la poire et la pomme et tous les petits fruits. Ce changement s’est fait en collaboration avec les écoles d’agricultures, nouvellement installées, telles que la MFR d’Anneyron. Ce changement s’est fait aussi avec la mécanisation ou encore les moyens de

L’art de l’arboriculteur

nitaires comme la sharka sur le pêcher, l’abricotier et le feu bactérien sur poiriers, pommiers, l’arboriculture dans la Valloire n’a malheureusement pas été épargnée mais,

malgré ces difficultés la poire dans la Valloire reste quand même une référence régionale voire nationale.

Tout à l’heure je parlais des deux personnes qui ont amené la poire à Moras : Daniel Miachon qui est mon arrière arrière grand père et maintenant je vais laisser la parole à Jean François Vignat qui est le petit fils de Albert Vidault.

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Je suis le descendant d’Albert Vidault comme cela a été dit tout à l’heure. M. Vidault est venu à Moras par amitié avec ton grand père.

Je vais vous parler justement des techniques culturales que les arboriculteurs, depuis plus d’une centaine d’années, essaient de développer ; des techniques pour entretenir leurs arbres. Sur l’écran à côté, vous voyez défiler des photos depuis tout à l’heure : ce sont des photos de vergers existants qui montrent l’entretien de tous les arboriculteurs au fil de l’année.

Mon grand père diplômé de l’école nationale d’horticulture de Versailles faisait des conférences à Moras et dans d’autres villages. C’est ce que l’on appelait à l’époque Vous pouvez voir défiler les photos de nos deux vergers “l’école d’hiver”. plus que centenaires qui C’est-à-dire que pendant les soirées existent toujours et sont d’hiver, il réunissait les gens dans la toujours productifs, ce qui salle de la mairie afin de leur apporter montre un petit peu la quales techniques de taille et de formation lité du travail qui est fait des poiriers notamment mais aussi de tous les autres arbres fruitiers car il tout au long de l’année par agissait sur le Rhône, la Loire, la Drôme les agriculteurs et tout au et l’Ardèche. long des différentes générations qui sont passées. Parmi tous les villages qu’il rencontrait, et bien Moras grâce à l’amitié de ton grand père l’a interpellé. C’est comme ça qu’en 1926 il a planté ses premiers poiriers. Voilà la petite histoire de l’arboriculture fruitière à Moras. Et puis bravo à tous ces jeunes qui veulent bien continuer. Moi-même j’aurais pu le faire mais j’ai abandonné pour des raisons économiques de l’époque. Je suis dans l’industrie mais, comme je l’ai dit tout à l’heure, sympathisant des arboriculteurs... ...Je laisse la parole à Didier Conjard.

L’art de l’arboriculteur

Je ne vais pas vous donner toutes les différentes techniques qui existent aujourd’hui, ce que je veux simplement que vous reteniez dans ce petit exposé, c’est que les arboriculteurs, leurs techniques, évoluent et qu’aujourd’hui on voit apparaître de nouvelles techniques qui interpellent un peu souvent les gens. Ainsi, on a vu cet hiver les poiriers se couvrir d’argile tout autour de Moras, cela a suscité beaucoup de réflexions mais c’est simplement de l’argile qui

est pulvérisée sur les arbres pour éviter qu’un petit prédateur : le psylle vienne pondre et endommager la qualité des produits qui seront présentés au consommateur.

On évolue moins vite que certains voudraient mais on continue quand même d’améliorer nos techniques et d’être plus performants, d’essayer dans le sens du vent et d’utiliser beaucoup moins de produits phytosanitaires. Nous essayons de réfléchir un petit peu mieux à comment avoir un verger équilibré et un verger où puissent se développer les auxiliaires pour avoir moins de produits de traitement phytosanitaires. On peut citer d’autres techniques qui permettent quand même d’éviter ces traitements : par exemple la pose de diffuseurs qui évitent de traiter le carpocapse, ce qui permet de limiter encore les insecticides. On peut citer les lâchers d’Anthocoptes qui est une toute petite punaise qui vient manger d’autres prédateurs. Tout au long de l’année, l’arboriculteur a pour mission de regarder ce qui se passe sur son verger, de faire des comptages et d’être très précis dans l’analyse de ce qu’il fait pour ensuite gérer au

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mieux les applications de produits phytosanitaires. Vous voyez donc défiler des vergers de poires sur le diaporama, mais c’est vrai pour l’ensemble des productions arboricoles du secteur c’est-àdire que c’est vrai pour la pomme, pour la pêche pour l’abricot…

je dirais que la philosophie aujourd’hui des arboriculteurs c’est pas de traiter, ca leur fait pas toujours plaisir, c’est de l’argent dépensé et c’est pas toujours très intéressant à faire.

Mais pour obtenir un fruit de très haute qualité, il faut quand même assurer un minimum de travail et c’est ce que font tout au long de l’année les producteurs avec leurs différentes techniques culturales. Pour revenir un petit peu à la poire, je veux simplement vous citer 3 variétés qui sont aujourd’hui produites sur Moras et que vous connaissez certainement.

L’art de l’arboriculteur

Il y a la William qui va pour partie à la distillerie et que vous pourrez goûter tout à l’heure, elle fait partie intégrante de la recette de la Morassienne, il y a la Comice aussi qui est une poire qui a un niveau d’exigence très élevé en terme de qualité. C’est une poire que l’on retrouve souvent sur les étales de fruitiers spécialisés ou à Paris et puis la Passe crassane qui est une poire d’hiver. Elle finit la saison en terme de conditionnement, c’est une poire que vous avez souvent reconnu par le biais d’une petite capsule de cire qui est apposée sur la queue du fruit. Donc la Passe crassane c’est un fruit qui malheureusement aujourd’hui ne peut plus être plantée chez nous à cause du feu bactérien dont on va voir une photo … voila ! C’est une maladie qui malheureusement pénalise assez fortement le développement des fruits à pépin et notamment la poire mais que les arboriculteurs essaient de contenir. Je vous parlerai assez rapidement du travail de conditionnement et de commercialisation qui est fait suivant les arboriculteurs soit dans des coopératives soit au sein même de l’exploitation. Ce travail a pour but de conditionner entre 3000 et 6000 T de fruits tous les ans, ce qui est quand même relativement important et qui donne beaucoup de travail à l’ensemble des saisonniers et des arboriculteurs. Ces fruits sont ensuite distribués dans l’ensemble de la France et même à l’export; une partie qui va à la transformation. On

peut raisonner sur des chiffres qui ne sont pas très précis mais la région absorbe 30% des volumes produits sur la Valloire, une autre partie est destinée à l’ensemble du territoire national et une petite partie d’environ 15% va à l’exportation. Cela ne tient pas compte des fruits qui sont transformés et qui partent dans l’ensemble du monde. Je pense que dans la salle il pourrait y avoir des personnes qui s’exprimeraient plus longuement sur ce sujet. Le conditionnement c’est quelque chose d’assez important dans la poire car on ne peut pas cueillir à maturité, on cueille un fruit qui est encore vert, on le rentre dans des frigos. Il s’affine assez lentement et tout au long du processus d’affinage, on gagne un taux de sucre assez important, ce qui fait un peu la caractéristique de nos vergers sur la Valloire et notamment sur le coteau le long de Moras jusqu’à Albon je dirais.

La qualité des fruits est reconnue et mesurée, notamment par un taux de sucre et sur ce coteau on a des fruits qui ont une excellente qualité avec un taux de sucre très élevé. Voila pour ce qui est des aspects de techniques culturales … et je redonne la parole à Hervé Miachon

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Bon maintenant vous le savez tous : la poire de la Valloire est la meilleure !

Nous sommes conscients d’avoir un fruit excellent et c’est pour cela que nous organisons la Fête de la poire tous les 2 ans.

La troisième édition (en 2008) c’était la poire associée à la vanille. En effet, le territoire c’est la poire dans la Valloire mais le monde est plein de territoires. L’année prochaine en 2010, au mois de septembre, pour la 4ème édition nous aurons la joie d’accueillir le cacao du Mexique car c’est grâce aux Incas que nous avons du chocolat sur nos tables.

On voit que les arboriculteurs qui nous parlent de la poire, ils ont la pêche !… Vous vous attendiez à ce jeu de mot facile, je me suis sacrifié pour le faire. Mais c’est pour permettre une transition avec la suite.

La pêche vous le savez a été décimée par un virus qui s’appelle la sharka. Elle a pourtant largement contribué à l’histoire de notre terroir dans notre territoire et ses traces dans l’histoire sont évoquées par Robert Arnaud ici présent dans la salle. Nous sommes allés faire une entrevue, - en patoisanglosaxonon appelle ça une interview… - donc, nous avons fait une entrevue avec Hervé Miachon et Piet De Haas que vous entendrez dans quelques extraits de l’enregistrement … que nous avons coupé un peu pour que cela rentre dans les temps … Nous allons écouter maintenant Robert Arnaud qui nous parle de l’histoire du pêcher à travers celle de son père et de la création de variétés

L’art de l’arboriculteur

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Le fruit de la passion, l’invention de variétés … Toute la vallée, c’était pas en pêchers, la Valloire était en céréales, la pêche était sur le plateau de Beaurepaire à Bougé et Chanas, c’est le même plateau, avec des moraines frontales du glacier, c’est pour ça qu’on a des cailloux, la pêche se plaisait bien dans le caillou mieux que dans la terre, ça faisait la qualité. Dans la terre elle venait mais la qualité n’était pas la même.

… je faisais la pépinière, je voyageais pas mal dans le Midi voir de plus gros producteurs que nous, on avait les journées fruitières professionnelles à Avignon avec un tas de personnes qui étaient dans le coup de la pêche et de tout, des producteurs importants qui cherchaient des nouvelles variétés.

La qualité c’était le goût Parce que les anciennes, plus personne avant tout, j’avais des variétés, au début des variétés locales, la présentation, fallait pas qu’elle soit véreuse, à partir du mois d’août ça craignait le ver, la couleur, la grosseur … enfin, la qualité gustative ça comptait, quand on allait au marché de Chanas avec les anciennes variétés (puis après avec les nouvelles : la Mouslene, l’Antre de Chanas, c’était des producteurs de Chanas qui avaient trouvé ça, à Chanas il y avait du pêcher !

Robert ARNAUD Arboriculteur retraité Epinouze

Il y avait les variétés Guilloud … y avait les Gaillard, 11, 22, 5 c’était des obtenteurs de la région, la Rouge Julien de Bougé, c’était une variété locale

n’en voulait, quand il y a eu les variétiés américaines, en 1955-60 j’étais descendu à Cabannes, domaine Noel, à l’époque c’était un réputé ; M. Manguin aussi, président de la pomologie que j’avais connu aux “journées fruitières”, il faisait visiter les vergers. Il m’avait fait visiter, il m’avait donné des greffons, il m’a dit “si vous voulez des nouvelles variétés, les variétés en général américaines, pêches jaunes : Cardinal, Dixy Red, Jerseyland, tous ceux à qui j’en ai fait planter, ils livraient à la coopérative Rambertfruits, sur Chanas, St Rambert … la meilleure gustative la Red haven en chair jaune, la Southland, une tardive, je vous les ai données en ordre de maturité.

Entretien avec Robert Arnaud (réalisé le 6 avril chez lui à Epinouze), extraits.

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Parallèlement, il est arrivé les blanches américaines la Red Win, Daisy (j’en avais 2 ha), la Robine, j’en ai jamais eu, c’était une précoce, une autre aussi mais le nom m’échappe, des blanches ; là-dessus l’Arnaud 3 blanche très demandée fin août. “ elle était allongée avec une face plus colorée que l’autre, on l’emballait couchée”.

L’Arnaud 3, elle colorait du tonnerre ! Et c’était bon ! “A 8 h du matin tu mangeais ça à la rosée, sous l’arbre !” À l’époque il y avait aussi la pêche Vedette abricotée, une jaune, Elberta, jaune tardive colorée.

Robert ARNAUD et Hervé MIACHON Une passion partagée

Mon père faisait des semis. Moi et mon frère, on semait des noyaux de Vedette abricotée (une jaune genre Elberta plus tardive), qui ont donné l’Arnaud 3 blanche, les arbres s’étaient pollinisés entre eux …

C’était pas par hypridation, mon père semait tous les ans des noyaux, il avait une collection de variétés ! Que les gens n’ont pas connu, toutes tirées de l’Arnaud 3 : la 5, la 6, la 13, la 15 … c’était des variétés similaires, précoces ou tardives, malheureusement il n’a pas pu les protéger, est arrivée la Micchelini italienne, avec le grand baratin des officiels d’Italie, qui a supplanté toutes les variétés … Arnaud 5 c’était des arbres très vigoureux, vous faisiez 80-100 kg sur un arbre, il fallait les tailler en vert, les mettre au soleil, au 15 août on effeuillait,là c’était un semis, une branche de A3 par A7 (photo fin août 1966) il avait dû la polliniser celle-là !Ça c’était mon père, l’agriculteur au chapeau, il vivait pour les pêchers …

Entretien avec Robert Arnaud (réalisé le 6 avril chez lui à Epinouze), extraits.

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J’étais un des premiers à faire l’irrigation avec les tourniquets : avec 2 forages, l’un à 60 m, l’autre 30, j’arrosais par dessus tandis que mon père faisait une raie légère le long du rang à gauche à droite, avec le cheval. Il ne nivelait pas, c’est pas comme à Manosque, mais par ruissellement, il déversait avec la citerne en haut du champ, mon père avec la pelle et deux ouvriers ils guidaient l’eau, qu’elle ait le temps de s’arrêter, c’était pas bien plat, ils arrivaient à sauver les récoltes, les fruits ça endurait mais … il avait 2 ha de pêchers en face de Lachal, il charriait l’eau avec sa citerne, son Fiat …

Il mettait les pêchers en quinconce dans la vigne, un pêcher tous les 15 m … les arbres faisaient 80, 100 kg, c’était tout manuel, avec un brancard comme pour porter les morts, on appelait ça un “bayard”, il fallait deux costauds, ils sortaient les pêches à gauche et à droite, on pouvait pas passer dans les rangs.

Quand j’ai pris la ferme, avec mon frère, on a arraché ça, le vin ne se vendait plus, c’était en hybride, à 8°, alors on est parti en plantation pêchers seuls, il y avait moitié moins de main d’œuvre, on avait les arbres en gobelets, à part l’Arnaud 3 qu’on laissait monter, trois marches simplement et on cueillait.

Moi, je n’ai pas créé de variétés mais j’étais à l’affût des variétés modernes qui se vendaient. Avec les variétés américaines, c’était pas question de rendements, mais de mode, comme pour les habits ; la Red haven, était bonne, mi-saison, les premières étaient bonnes mais après … tous les fruits qui sont pas au soleil, les premières cueilles c’est meilleur, après il n’y a pas assez de soleil. Mon père mettait 7-8 personnes pour effeuiller pour les mettre au soleil, moi je taillais en vert. Malgré tout le dessous ça se vendait moins, tous les fruits d’été c’est pareil.

Joseph Prudent ARNAUD Un homme solaire, créateur de pleine terre

Entretien avec Robert Arnaud (réalisé le 6 avril chez lui à Epinouze), extraits.

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L’inventeur et son invention “… il multipliait avec les noyaux ?” C’était de l’hybridation sans en être, il a pollinisé pour quelques-unes des variétés, la 15, l’Arnaud 3 est venue

par semis de hasard, pêche jaune qui donne une pêche blanche L’Arnaud 3, les gens du midi venaient la voir en 1962-63, mr Souty de l’INRA est venu, mon père n’a pas voulu faire de brevet d’obtention, pas déposé de brevets, les gens venaient prendre les greffons, producteurs et pépiniéristes.

Saison de fruit : art de la taille et contraintes de production. “il y avait un trou variétal dans la saison, comblé par l’Arnaud 3”. Il y avait en variété jaune ancienne, la J.H. Hale, l’Arnaud 3 arrivait au bon moment, une époque où il y avait beaucoup de jaunes, mais il y avait la blanche Cazeneuve, légèrement amère pas colorée, l’Arnaud 3 était meilleure, il faut le dire , juteuse, en qualité elle était bonne à part les dessous d’arbre, comme pour tous les fruits, sauf en espaliers pas trop épais, pour les pêchers il fallait faire les gobelets il y avait toujours un coin qui était à l’ombre. Il fallait faire la taille longue, avec ces variétés vigoureuses, si vous taillez traditionnel, j’ai retrouvé une lettre dans ses affaires : il y en a qui rouspétaient parce qu’ils disaient qu’elle ne produisait pas, il les avait invités pour voir, ils

taillaient ça en petites branches, ils laissaient pas assez de bois, mais il fallait beaucoup de bois pour la récolte, on taillait “long”, il y avait des branches avec 7-8 fruits dessus … … Parlons pas de l’effeuillage, pour la coloration et la qualité il faut tailler en vert, à partir du 10 août il fallait tailler les branches de l’année, qui étaient dessus, qui faisaient de l’ombre, sans trop en enlever … … Mon père plantait 4 (sur le rang) sur 5 (entre les rangs) mais ce n’était pas suffisant pour l’A3, il fallait au moins 5 sur 5, tous les vergers que j’ai fait après, j’ai fait 5 sur 5 même avec les américaines, moins vigoureuses, on arrivait aux mêmes tonnages, 3040 T / ha, avec l’Arnaud 3 on arrivait à 40 T.

Entretien avec Robert Arnaud (réalisé le 6 avril chez lui à Epinouze), extraits.

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Cette taille en vert que décrivait M. Arnaud, vous la retrouverez dans la brochure de compte rendu que nous allons faire par la suite et que vous recevrez ( j’en profite pour le rappeler pour ceux qui ne l’auraient pas fait, laissez nous vos adresses). Lorsqu’on produit des connaissances il faut les diffuser, les transmettre. M. Arnaud grand merci pour cette transmission …

Robert Arnaud, un arboriculteur dans le siècle. sur prunier, en face les pêchers étaient sur franc, ils ont moins duré”.

L’irrigation, c’est aussi question d’enracinement, il fallait irriguer modérément Mais à Moras, c’est plus mais souvent, gros terrain, le pêcher franc craint «l’asphyxie racinaire», les pêchers étaient plantés sur franc il est fait pour le terrain “persica sylvestris” tandis que ceux caillouteux, le coin idéal qui mettaient du pêcher comme à Ca- c’était St Rambert, les petits bannes, là-bas c’était de l’alluvion de la Durance, il mettait sur prunier mais cailloux. En ce moment avec l’inconvénient c’est qu’il y avait des re- la sharka, il est resté plus de jets sur le rang. … À Moras mon père, pêchers, à Epinouze aussi, les premiers pêchers qu’il avait plantés plus qu’en Valloire. …

… Toujours dans les signes de terre tout à l’heure nous avons parlé des moraines frontales, les glaciers ont laissé quelques traces, quelques traces arrondies qui sont parfois associées au minéral, le minéral est associé à l’animal, nous verrons ca un petit peu plus loin dans les signes de l’eau. Mais pour l’instant c’est M. Baptiste Rozier qui est convoqué à monter les murs de galets et qui va nous présenter sa passion, son métier de maçon de galets.

Entretien avec Robert Arnaud (réalisé le 6 avril chez lui à Epinouze), extraits.

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L’ART DU MAÇON DE gALET

La construction du temps Aujourd‘hui on aurait tendance à dire que ce sont des matériaux écolo mais pour bâtir une maison avec des pierres sans angles avec nos galets c’est moins rigolo. Bonsoir à tous, moi aussi il me faut mon petit papier, je suis meilleur à monter des murs excusez moi ! Voilà, Baptiste Rozier, artisan du patrimoine bâti, fils, petit fils de maçon installé dans la vallée d’à côté Claveyson. Comme disait un journaliste je suis tombé dedans quand j’étais petit. Je me présente devant vous pour vous parler ou plutôt vous compter les mérites de ces chers cailloux comme on les nomme galets.

Baptiste ROZIER Claveyson

Depuis les origines de la construction les galets avaient une grande place dans le Nord de la Drôme car ils sont solides, très faciles à manipuler et on les trouve en quantité dans les champs ; ils n’ont pas besoin de transformation et avec le galet il n’est plus question de transport et des incidences de son coût de trajet.

L’art du maçon de galet : la construction du temps

Essayez d’empiler des galets arrondis : au mieux on fait un gros tas ou pour les plus malchanceux, ils vous dégringolent sur les pieds, c’est pour cela qu’il vous faut beaucoup de patience pour bâtir un mur avec ce matériau.

On commence par la cueillette dans les champs, puis vient ensuite le moment le plus important dans la construction : le tri des galets, il faut les choisir selon leur dimension et surtout leur forme : allongé pour maçonner à plat, en forme d’assiette pour créer un appareillage en forme d’épi.

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Ce travail préparatoire réalisé, on peut alors bâtir le mur non sans avoir à faire les fondations préalables. Tout travail de maçonnerie de galet commence par une chaîne d’angle en brique dans un terrain argileux ou en pierre de taille. Puis on implante les cordeaux : 2 fils placés l’un au dessus de l’autre reliant les 2 chaînes d’angles. Ceci va nous permettre de dégauchir le bout du galet.

L’art du maçon de galet : la construction du temps

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En parallèle on prépare le mortier de pose : une gâchée avec du sable de rivière et de la chaux hydraulique naturelle, pour maçonner les galets il faut une plasticité bien ferme du mortier, car c’est un matériau très lourd et qui n’absorbe que de très peu le mortier. C’est pour cela que l’on distingue très bien les boudins de mortiers. De plus la maçonnerie de galet nécessite une importante quantité de mortier, les galets sont posés sur une épaisse semelle de mortier en laissant la tête des galets apparente. Pour assurer la tenue du galet en parement, un ruban supérieur de mortier est écrasé à la truelle, il permet l’ajustage et est renforcé lors de la pose du rang suivant. Pour la finition, les joints sont raclés à fleurs à l’aide d’une truelle pour ne laisser apparaître que les têtes.

Où trouve t-on des maçonneries de galets ? Le galet est employé dans l’antiquité pour les constructions et à partir du moyen âge dans les édifices tels que les églises, chapelles ou couvent et autres prieurés mais la principale utilisation reste rurale : fermes, bâtisses, granges, murs et est grandement liés à notre terroir du nord de la Drôme.

Baptiste merci ! Vous avez vu apparaître les galets en forme d’épis ou on dit parfois en arête de poisson, vous voyez qu’entre la terre et l’eau il y a quand même un rapport permanent, qui a traversé les siècles. ...entre la terre et l’eau nous allons passer par le feu … le feu … le feu de la passion ce sont toutes les personnes qui sont intéressées par un métier pour transformer, pour construire, mais pour certains on peut les associer plus directement au feu, au feu du soleil par exemple comme peut l’être le vigneron qui produit son vin entre terre et ciel. Donc je convoque sous le cosmos Jean Delobre, vigneron à Bogy et vous savez Bogy c’est pas bien loin, c’est juste de l’autre côté du Rhône, comme si le Rhône, ce fleuve nord-sud, se mariait à un est-ouest entre Drôme et Ardèche pour couvrir toutes les orientations du monde … Jean Delobre, vigneron

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II

SIgNES DE FEU

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L’ART DU VIgNERON

Le vin entre ciel et terre Rêveries sur la notion de terroir Associer un vigneron à des Entretiens sur le terroir sera pour beaucoup une évidence tant le monde du vin communique sur ce terme et se l’est approprié. Personnellement je suis de plus en plus sceptique sur cette association. Bien sur je m’émerveille devant nos coteaux prestigieux d’architecture paysanne et véritables témoins de cette notion de terroir, mais quand je découvre que la viticulture « moderne » est la première consommatrice de produits chimiques de synthèse, la référence permanente du vin au terroir me laisse un gout amer… Quand je découvre la définition du « terroir » proposée par « Terroir et Culture » le scepticisme devient profond questionnement ! C’est donc ce questionnement que je souhaite partager avec vous. Sans la moindre valeur scientifique, juste une réflexion.

mencement, loin des notions de rentabilité, de productivité, d’économie de gestion, de chiffre d’affaire. Mais plutôt alors un développement local, une organisation collective, un esprit collectif même, laissant à chacun et chaque chose trouver sa place : là le maïs, le blé, le paysan ; là l’herbe, les vaches, les chèvres, l’éleveur ; là les légumes, le maraicher ; là les pêchers, les poiriers, les abricotiers, l’arboriculteur ; ici l’argile et le potier, les carrières de pierres ou de sable, l’artisan, le commerçant… Et le sang des hommes qui a tant besoin du sang de la terre, et le vin qui sait si bien élever l’esprit a naturellement, ou par défaut, trouvé sa place sur ces coteaux verticaux.

Tout n’a surement pas du être idyllique dans la mise en place de ce décor, et les choses se sont sans doute bien compliquées quand, petit à petit, l’économie et la réussite ont pris le dessus sur l’Esprit de groupe, jusqu’à bousculer cette harmonie locale, jusqu’à Oui, en tant que vigneron, je suis tou- bousculer l’ordre du monde jours émerveillé devant ces coteaux même.

jean DELOBRE Vigneron à Bogy

chargés de ceps, puis de grappes ; par ces murettes… Et toujours la même question : Pourquoi ? Pourquoi ce travail titanesque ? Alors je me laisse aller à imaginer ce que c’était au com-

L’art du vigneron : Le vin entre terre et ciel

Alors était-ce là une évolution du milieu, du terroir, une nouvelle adaptation ? Ou bien au contraire, un éclatement, une désorganisation ?

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La biodynamie… de la tradition à la modernité Les fondements de l’agriculture biodynamique ont été énoncés pour la première fois en 1924 par Rudolf Steiner à la demande d’agriculteurs polonais pour répondre à des problématiques de production. En effet ce fils de pasteur autrichien considéré comme un penseur original, voire inspiré pour certains, n’avait de cesse de réconcilier, chez l’homme, ses aspirations spirituelles et terriennes. Fondateur de l’Anthroposophie ou « Sagesse de l’Homme », il avait déjà beaucoup travaillé sur des sujets comme la santé, l’éducation, l’architecture… Là il s’attaquait aux problèmes de l’agriculture a travers sa vision personnelle des choses dans un cycle de conférences appelées : « Le cours aux agriculteurs, ou les fondements spirituels de la biodynamie ». Pour lui, la ferme devait être un organisme agricole très autonome et diversifié, la vache comme un animal sacré de par ce qu’elle peut donner pour nourrir l’homme mais aussi pour nourrir le sol, et enfin, comme il l’avait déjà développé pour la santé humaine, le soin aux animaux et aux plantes devait se faire avec l’aide des plantes ou des minéraux naturels en fonction de qua-

lités propres : chercher ce que la nature met à notre disposition pour contrer ou atténuer les effets négatifs d’un ou plusieurs facteurs de production ; ou, à l’inverse, dynamiser le développement d’une culture avec notamment une approche d’ordre énergétique. Bref nous sommes bien loin de l’approche scientiste et technologique de l’agriculture… Fi donc des perfusions de tout poil apportées aux cultures. Fi des équations du type : Humidité + chaleur + contaminations primaires = Mildiou.

Mais plutôt : Quelles pratiques pour un développement harmonieux de mes cultures, de mes animaux ; pour mon développement propre, pour celui de mes clients, par une alimentation saine, énergétique, vitalisant…

Vivifié par l’utilisation du compost, des préparations biodynamiques (à base de bouse de vache par exemple), vivifié par des interventions opportunes. Et des soins naturels aux cultures grâce aux propriétés propres de quelques plantes complices : - l’ortie pour stimuler la croissance, parce que c’est dans l’esprit de l’ortie que ce lien à l’azote, au fer. - la prêle des champs pour atténuer le mildiou et les champignons, parce que c’est dans son esprit que de contrer les effets de la lune et ses forces d’eau (nous l’utiliserons donc quand la lune se situe au plus prés de la terre). - la valériane, et sa douceur et sa chaleur enveloppante sera précieuse en période de gel. - l’argile viendra cicatriser les plaies de la grêle. - la silice, une fois chargée des forces estivales et dynamisée apportera lumière et chaleur pour un effet de croissance et d’accumulation des sucres…

C’est donc dans cette considération de l’essence des parasites et des qualités intrinsèques de certaines plantes que la biodynamie prend sa dimension spirituelle, avec Concrètement : La bonne toujours une vision globale culture au bon endroit, sur plutôt qu’un regard fracun sol vivant et vivifié. tionné.

L’art du vigneron : Le vin entre terre et ciel

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Et le terroir dans tout ça ? Au sein de cet organisme agricole, l’autonomie remplace vite et bien tout intrant extérieur de fertilisant et le lien de la culture au sol est donc total, l’homme retrouve sa place d’acteur et de décideur, avec des pratiques adaptées au contexte local. Ainsi la biodynamie se révèle être une démarche qui redonne à la notion de terroir agricole toute sa splendeur ! Cependant, dans les faits, la réalisation individuelle de cet organisme agricole n’est pas toujours facile, ni même toujours possible. Elle peut ne pas être judicieuse avec la structure de la ferme : pas facile de faire de l’élevage en plein coteau de St-Joseph ! Doit-on tout abandonner pour autant ? Surement pas !

De par ses fondements, l’originalité de sa démarche, sa vision globale et son ouverture sur le Monde, l’agriculture biodynamique peut aussi être une alternative de réflexion pour organiser des complémentarités entre productions et producteurs, pour que chacun se sente bien à sa place, pour associer les consommateurs, et ainsi redonner sa splendeur au terroir social et humain pour redécouvrir une véritable conscience collective.

L’art du vigneron : Le vin entre terre et ciel

Et on est bien entre la lumière et la matière qu’étudient beaucoup les physiciens et aussi entre la matière et l’esprit et au fond est ce que l’esprit du vin peut se retrouver dans le tonneau ? C’est une question que nous pouvons poser à Guillaume Lacroix et Claude Desrieux qui vont vous présenter leurs savoir faire de tonneliers…

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L’ART DU TONNELIER

de la fûtaie au fût Bonsoir, Un petit peu de bois pour vous montrer ce que l’on utilise en tonnellerie. Nous représentons la tonnellerie de Moras en Valloire. Mon compagnon Guillaume, vous parlera de la fabrication des tonneaux proprement dite et je vais vous parler du bois que l’on utilise pour faire ces tonneaux. Revenons un peu en arrière : vous savez tous que les tonneaux ont été inventés il y a longtemps ; certains l’attribuent aux Gaulois dans les années 200 à 300 avant notre ère, d’autres l’attribuent aux Etrusques dans les années 500 à 600 de notre ère. Cette origine là est peut être plus acceptable dans la mesure où ce sont les Etrusques qui ont enseigné aux Gaulois l’art de faire du vin et vraisemblablement ils ont aussi enseigné aux Gaulois l’art de faire des tonneaux.

Claude DESRIEUX

Tonnelier à Moras en Valloire

Mais les tonneaux à cette époque là étaient fait dans des essences de bois variées

L’art du tonnelier : De la fûtaie au fût

puisque les tonneaux servaient à différentes utilisations aussi bien pour tenir des solides que des liquides, ca servait pour de la farine, des poissons séchés, pour toutes sortes de choses et bien sûr aussi pour du vin. Les tonneaux à cette époque étaient faits souvent avec des bois résineux, des peupliers. Si une tonnellerie a perduré à Moras en Valloire c’est essentiellement grâce au châtaignier dont nous sommes ici extrêmement riches que l’on appelle le châtaignier sauvage du Dauphiné. C’est un bois absolument exceptionnel, il est certainement sous valorisé et sous estimé. Il y a eu une action Leader+ (action d’un programme de l’Union Européenne) sur les châtaigniers des Chambarans mais il y a certainement des choses à trouver pour valoriser au mieux ces châtaigniers. Donc ce châtaignier a été utilisé par ma famille essentiellement pour faire des tonneaux et des bacs à plantes ensuite. Mais aujourd’hui 99% des fûts qui servent à l’élevage des vins ou des alcools sont faits en chêne. L’élevage des vins et alcools est fait en chêne, pas du chêne de la région d’ici qui pousse un peu trop rapidement, les terrains sont riches. La croissance de ces arbres est trop importante pour être utilisée en tonnellerie donc les bois utilisés proviennent essentiellement de forêts et de futaies au nord de la Loire on trouve les bassins sur le Limousin l’Allier, la Nièvre, la Bourgogne, les chênes du Morvan, des Vosges, du Bassin parisien : la forêt de Fontainebleau par exemple.

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Ces chênes poussent essentiellement sur des sols pauvres, ce qui permet aux arbres de pousser lentement et de s’étirer dans des futaies gérées par l’ONF (Office National des Forêts), extrêmement bien gérées bien sûr. Ces arbres, ces sujets, sont choisis par les techniciens de l’ONF et ils sont quelque part « coucounés » et protégés en faisant des taillis sous futaies même avec d’autres essences de bois qui ne présenteraient pas les qualités suffisantes pour être étirées. Dans ces futaies la lumière manque, les bois sont obligés de s’allonger et c’est ainsi que nous avons des arbres de tout premier ordre.

Effectivement, comme vous pouvez le voir, bon je l’ai choisie, celle là est effectivement très tordue. Par contre ce bois vaut deux à trois fois plus cher que s’il était bien droit parce qu’il a été fendu dans le fil du bois, ce qui présente 2 avantages : d’une part on limite les risques de casse au moment du cintrage quand on va plier le boi. Une douelle pliée comme ça, on va la mettre dans le bon sens on va pas s’amuser à la mettre à l’envers .

L’autre avantage est que la fibre étant respectée de haut en bas, le vin ne va pas Les chênes français sont connus et re- fuir et passer à travers. connus comme étant les plus beaux d’Europe et même du monde puisque l’on trouve bien du chêne américain mais il n’a pas les mêmes propriétés. Là je vous parlerai seulement du chêne français.

Si l’arbre qui était courbe avait été scié, la fibre du bois aurait été traversée et aurait laissé le vin ou l’alcool à travers. Quand bien même il n’y aurait pas de fuite il y aurait de toute façon une oxydation trop importante, c’était la raison pour laquelle on l’utilise comme ça.

pédonculé. Maintenant il y a eu une autre voie depuis la dernière glaciation, une voie qui est partie de Sicile et d’Italie des Calabres ou des Pouilles et qui est remonté ici et qui a peuplé l’Est de la France puis qui est remonté un peu vers les pays Nordiques, c’est la « voie italique ». Cette voie-là est essentiellement avec du chêne rouvre qui est une de ces 2 essences de bois utilisées en tonnellerie : le chêne pédonculé et le chêne rouvre. Il y a encore une autre voie qui est partie des Balkans et qui est remontée ici. Elle a peuplé ce que l’on appelle le bois de Slavonie et qui est venu un peu sur l’Est de la France mais qui a aussi peuplé les pays de l’Europe centrale et orientale. Nous trouvons ainsi de très beau bois en Ukraine, en Biélorussie, en Russie et en particulier dans le Caucase.

Ces deux bois ont des caractéristiques différentes selon Pour vous montrer comment utiliser ce la voie ibérique et la voie chêne, je vous ai apporté ce morceau de bois que nous en tonnellerie on Ce bois, on le trouve en France princi- Italique. appelle une « douelle ». Ce bois là a été fendu, on appelle ça du « merrain », il est fait par des merrandiers : ce sont des gens qui ne font que ça et qui ne travaillent que pour des tonneliers et qui fendent le bois dans le sens, le fil du bois. Souvent j’ai des amis qui viennent et qui regardent les piles de bois chez moi et qui disent : « Dis donc t’achètes le bois au rabais toi il est tout tordu ! ».

palement selon 2 axes puisqu’on a 2 essences de bois particulières. Si l’on partage la France du Nord au Sud, nous avons sur la partie Ouest du bois qui a été colonisé après la dernière glaciation par ce que l’on appelle la « voie ibérique ». Cette colonisation, ce peuplement s’est fait dans ce sens là et est venu peupler l’Ouest de la France et est monté jusqu’aux Iles britanniques. C’est un chêne essentiellement

L’art du tonnelier : De la fûtaie au fût

Les bois venant de la voie Ibérique sont considérés comme ayant un petit peu plus de caractère c’est-à-dire des bois avec un tanin un peu plus présent, des bois qui vont s’adresser à des vins plus structurés. Les bois venant de la partie Italique c’est-à-dire chênes rouvres sont avec des tannins un peu plus doux, un peu plus soyeux. Donc en

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partant de cette réflexion là dans la Tonnellerie Vallaurine qui est maintenant la nouvelle entité à Moras en Valloire, Vallaurine venant de Vallis Aurea bien sur et bien nous sommes partis de ce constat là pour déterminer là où l’on allait mettre les fûts. Or dans la vallée du Rhône, notre ami Jean (Jean DELOBRE, vigneron, ndlr) nous en a parlé tout à l’heure, nous nous apercevons essentiellement dans les Côtes du Rhône septentrionaux que nous avons. Nous avons une différence aromatique, différence dans les vins rive droite : Côte rotie, St Joseph, Cornas et sur la rive gauche : Crozes Hermitage et Hermitage. Pourtant nous avons le même cépage pour le rouge sur la rive droite et sur la rive gauche. D’un côté les Côte rôtie, les St Joseph vous connaissez le relief beaucoup plus abrupt, une exposition haut le vent et des vins qui sont très structurés qui ont beaucoup de matière que je qualifierais de plus masculin. Sur la rive gauche au contraire, la vallée du Rhône s’élargit à Tain l’Hermitage, l’exposition est au couchant, c’est toujours de la Syrah mais les sols sont un peu différents, il y a peut être un peu plus de calcaire et là on va avoir des vins qui vont être plus sur le fruit qui vont être plus sur ce côté que je qualifierais de féminin. Et bien nous avons décidé de créer un fût rive droite et un fût rive gauche. Donc un fût rive droite avec cette population ibérique qui va s’adresser à ce type de vin avec

beaucoup de matière et beaucoup de structure et un fût rive gauche qui va s’adresser justement à des vins un peu moins structurés et qui vont êtres plus aromatiques et plus fruités. Donc bien sur il peut y avoir des interactions entre les deux. Enfin voilà c’est une présentation un peu sommaire de la manière dont on a organisé les choses aujourd’hui par rapport au bois.

Il faut bien savoir que le tonneau aujourd’hui n’est plus considéré comme un lieu de stockage uniquement mais bien comme un outil d’élevage, un outil de maturation des vins dans les tonneaux et le bois apporte évidemment des arômes particuliers que certains aiment et d’autres moins mais quand il est utilisé intelligemment il va venir souligner les capacité du vin et non les cacher. C’est pour cela qu’il ne faudra pas sur un vin très souple et très gouleyant mettre un fût rive droite de manière intempestive à 100% qui va passer par-dessus le vin et qui va cacher le vin. Ce n’est pas le but de la tonnellerie de faire ça.

L’art du tonnelier : De la fûtaie au fût

Le but de la tonnellerie c’est d’être au service du vin, au service des viticulteurs, de leur apporter un outil avec lequel ils vont pouvoir souligner les caractères propres au vin. Quelque part on a bien réussi l’élevage sous bois d’un vin quand on est incapable de dire s’il est passé ou pas dans le fût. Donc ça passe par des fûts neufs ,d’un an, deux ans, par des assemblages avec du vin qui est resté en fût ou des choses comme ça. Maintenant cet apport aromatique est fait par l’essence et l’origine du bois. Il est fait également et en grande partie par la fabrication elle-même selon le degré de chauffe des fûts selon la manière dont on l’aura travaillé, comment on aura fait sécher le bois aussi. On va encore apporter des notes différentes dans cet apport boisé dans le vin et c’est pour ça que je vais laisser la parole à Guillaume qui est le nouveau responsable de production de l’atelier de tonnellerie. Il a fait son tour de France, il est extrêmement compétent pour vous parler de la fabrication des tonneaux.

La genèse du tonneau, la genèse du vin…

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Une fois que l’on a cintré le tonneau il y a une partie très importante pendant cette chauffe, et les vignerons en sont très conscients, c’est le temps que l’on va prenBonsoir tout le monde, dre pour torréfier le bois et La tonnellerie c’est une présentation ce temps, en fonction de la du bois et comment l’arbre pousse et durée, va donner différents des caractéristiques régionales on va arômes ... dire. Je vais vous parler plus précisément de la fabrication. Vous pouvez suivre en même temps le diaporama. Les douelles sont parfois cintrées on a tout un travail. Maintenant en comparaison avec le début du siècle, on s’est équipé de machines qui permettent de travailler le bois , ce qui nous fait gagner du temps et de la pénibilité mais il reste toujours un savoir faire qui reste nécessaire et qui n’est pas remplaçable encore par la machine.

guillaume LACROIX Tonnelier

Il y a tout le travail du bois... là vous voyez, le bois est brut, on a une planche. On va évider les planches douelles et les jointer pour leur donner leur forme, on va ensuite les monter pour obtenir un tonneau mais vous voyez il n’est pas fermé on a tout un travail de chauffe où l’on va devoir cintrer le tonneau.

L’art du tonnelier : De la fûtaie au fût

C’est donc après en fonction du client, du vigneron que l’on va choisir les temps de chauffe, ils vont varier pour atteindre même une heure parfois et l’on va brunir le bois. En fait c’est cet effet de chaleur qui va dégrader le composant du bois et transformer la lignine en composés aromatiques. Donc si l’on fait une chauffe légère qui va durer une demi-heure on va avoir un boisé très marqué puisqu’on va dégrader très peu de matière et on va avoir vraiment un arôme de bois très important. Une chauffe moyenne celle que l’on va faire le plus souvent puisque c’est celle qui correspond le mieux au vin on va dégrader donc ses composants en matière vanillée, en goût d’amande grillée et des aromes très légers. Des chauffes fortes qui vont durer 1h avec des feux importants, là on va obtenir des arômes épicés, fumés. Suivant les régions, suivant le vin,

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suivant les cépages, nous tonneliers auront le devoir de conseiller, de dialoguer avec le vigneron pour déterminer ce qui sera l’idéal pour son vin suivant les régions et les terroirs comme on a pu le voir avec Claude, on ne va pas prendre les mêmes temps de chauffe. Ca c’est le gros de notre travail, c’est vraiment la chauffe. C’est pareil pendant cette chauffe si on ne mène pas bien nos feux, on va avoir des défauts qui peuvent être créés, c’est vraiment une attention, on passe du temps à la chauffe, on en prend soin et c’est vraiment quelque chose…

D’ailleurs on est bien content dans nos ateliers quand on chauffe parce que par moment on pourrait presque se croire dans une boulangerie : on a des arômes de pains grillés… Arrivé à 10-11h ça nous donne bien faim d’ailleurs hein… Voila pour la chauffe, ensuite vous allez voir on a tout un travail, puisque c’est pas le tout d’avoir chauffé notre tonneau, il va falloir qu’on le rende étanche maintenant. Donc on va préparer les extrémités, on va faire nos fonds et puis on va poser nos fonds. Aussi il faut être attentif, il faut que le bois soit bien choisi, tout au long de notre fabrication on va être attentif au fil du bois, aux défauts qu’il peut y

avoir pour être sûr de ne pas avoir de problèmes d’étanchéité derrière. Donc ça c’est pour la tonnellerie, ensuite le métier de tonnelier n’est pas exclusivement consacré aux tonneaux comme vous voyez celui là.

On va faire d’autres contenants beaucoup plus importants qui vont être des cuves et des foudres, c’est un métier que l’on n’appelle plus vraiment de la tonnellerie, on appelle ça de la foudrerie, c’est le même principe on va dire mais avec des techniques un peu différentes. Donc on va monter les tonneaux, ça c’est une cuve qui devait faire environ 60 hectos, on a le même principe, on va monter nos douelles et il va falloir aussi qu’on chauffe, moins pour donner des arômes mais plus pour que les douelles se collent les unes aux autres et qu’on ait une bonne étanchéité. Avec le même principe on va faire nos fonds, les assembler et on obtient une cuve finie comme vous pouvez le voir.

c’est le foudre et le foudre en fait c’est un gros tonneau mais un très gros tonneau C’est le même principe que la tonnellerie, mais là, c’est la manutention qui est différente, le travail est différent mais on a quand même cette période de chauffe. Le feu est très important, sans le feu, on ne sait pas faire…. Voilà, là on est en train de poser un fond de foudre, on arrive à un foudre terminé posé sur un socle, qui va faire très joli dans une cave et qui va bien sur faire un vin qui sera succulent. D’ailleurs on va en goûter un tout à l’heure qui va être fort agréable. Voilà pour le métier de la tonnellerie et puis après il y a des travaux qui sont beaucoup plus…

On va dire que c’est l’amour du métier quoi, c’est quelque chose qui est très peu vendable puisqu’il faut y passer du temps, souvent c’est l’amour Ça c’est un travail. Après, dans la fou- du métier qui fait faire réalidrerie il y en a un autre que vous avez ser ces pièces là. dû voir dans la région puisque c’est pas mal utilisé dans la vallée du Rhône,

L’art du tonnelier : De la fûtaie au fût

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Voilà, voilà en gros ce qu’est le métier de la tonnellerie et j’espère que ça a pu vous permettre de vous rendre compte un petit peu plus de ce qu’était notre métier. Merci

Voila nous étions bien sous le signe du feu et je n’avais jamais pensé qu’existait la foudrerie. Les coups de foudre nous voyons bien qu’ils sont sujets à des fabrications fort intéressantes avec, ici, l’intrication entre le travail du bois et sa qualité… … l’intéraction entre le vin et le bois … … Nous sommes fabriqués par les échanges que nous avons les uns avec les autres. C’est un peu le sens des savoir faire et du terroir. Nous allons maintenant changer, apparemment, de registre, de mode de savoir faire.

Quel est l’art du chercheur ? La racine du mot est circare qui a donné le cercle, la circonférence. Certains pourraient croire qu’un chercheur ne fait que tourner en rond et parfois on dit au chercheur : « mais que trouvez-vous, vous qui cherchez ? » … mais bien orgueilleux celui qui peut dire : « je cherche et toujours je trouve ».… … Alain Nicolas, anthropologue chercheur…

L’art du tonnelier : De la fûtaie au fût

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L’ART DU CHERCHEUR

L’Histoire des hommes, travail de mémoire Bonsoir et merci aux organisateurs d’avoir pensé à organiser ce genre de manifestation. Ce que j’ai entendu des savoir faire de ceux qui m’ont précédé intéresse beaucoup l’anthropologie et l’archéologie. Je suis à la fois archéologue et anthropologue, venant de prendre ma retraite de conservateur en chef du patrimoine, j’ai dirigé plusieurs musées de diverses sortes. Le hasard, s’il existe, a fait que je me suis remis à l’archéologie. Cela dit, pour me situer un peu, il y a une difficulté à chaque fois dans les sciences humaines pour définir des concepts comme celui de «culture» par exemple, terme très vaste et flou.

Alain NICOLAS

anthropologue chercheur au Centre de Recherche d’Etudes et de Documentation sur l’Océanie (Marseille)

L’anthropologie est une discipline pluridisciplinaire c’està-dire qui regroupe plusieurs disciplines et notamment l’archéologie, la linguistique, l’anthropologie physique, l’ethnographie et, plus récemment, bien d’autres savoir faire de scientifiques.

L’art du chercheur : L’histoire des hommes, travail de mémoire

L’anthropologue travaille sur les gens, sur le vivant. L’archéologie est avant tout une technique, c’est la technique qui donne accès aux traces laissées par les gens d’un lieu, d’un territoire, dans un passé plus ou moins lointain. L’archéologue sait faire beaucoup de choses et je vais revenir là-dessus, parce que le vivant change tout le temps sinon il ne serait pas vivant. L’anthropologue va ainsi remettre souvent en cause ses conclusions, en même temps que change le vivant qu’il a étudié, alors que l’archéologue travaille sur le mort qui ne change donc plus. Je dirai pour faire vite que les découvertes en archéologie sont plus définitives qu’en anthropologie. Un territoire, un terroir c’est avant tout une géographie. D’où l’importance en archéologie de l’étude des lieux, de l’hydrographie, du relief, du climat et bien sûr de la géographie humaine : le peuplement à l’intérieur de limites topographiques. L’approche de l’idée archéologique de terroir démarre donc sur une géographie accompagnée de géologie, puis sur le temps un peu moins long qui est celui de la préhistoire et puis sur ce temps du passé plus ou moins récent. Il s’agit par conséquent de faire le lien à travers le temps entre la géographie

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d’un territoire et sa population, si possible actuelle. Pour illustrer cette démarche, une anecdote. Il y a quelques années, dans un village de Grande Bretagne, s’est passé une histoire plus ou moins policière, si je ne m’abuse, mais les circonstances exactes ne sont pas très importantes, un meurtre disons. Scotland Yard s’est lancée dans une étude ADN de toute la population du village parce que le suspect était forcément un villageois : premier chapitre. Et, chapitre 2, il y avait en même temps au dessus de ce village, dans une grotte, une fouille archéologique qui concernait le paléolithique supérieur, c’est-àdire un site de gens qui avaient vécu là 25000 ans avant ceux d’aujourd’hui. Tous les habitants du village ont fait l’objet d’un prélèvement de sang, on a analysé leur ADN et, dans le village, il y avait une personne qui avait le même ADN que les ADN du Paléolithique Supérieur qui avaient été analysés sur les restes humains trouvés dans la grotte au dessus. Cela veut dire que pour au moins un habitant, sauf si celui-ci était parti et revenu et il s’est avéré que ce n’était pas le cas, Il y avait au moins un habitant qui habitait sur ce même terroir depuis 25000 ans... On peut ainsi supposer, dans le cas de ce village anglais, une permanence du peuplement primaire. C’est une idée intéressante, me semble-t-il, cette permanence vraisemblable...

Qu’est-ce que les archéologues peuvent documenter de spécifique à un terroir ? Pas ses limites, ses frontières, son espace, son biotope : l’archéologie n’apporte que des éléments d’évaluation de ce problème. Par exemple un matériau de construction, en l’occurrence les galets roulés. Aussi bien pour le néolithique à Moras en Valloire et pour l’âge de bronze, la question qui s’est posée c’est de savoir si les gens du néolithique utilisaient déjà les galets roulés comme matériau de construction, et avec quelle technique ? Apparemment oui puisqu’on a retrouvé une petite partie d’une cabane du néolithique, il semblerait bien que le galet était utilisé à cette époque mais on sait pas trop comment. On connaît mieux technologiquement les galets utilisés dans les murs celtiques ou gaulois. La poterie, les archéologues aiment ça! On est capable de faire des typologies extrêmement fines. C’est-à-dire qu’à partir d’un vase et même parfois d’un fragment de vase, un archéologue va pouvoir dire : «C’est une poterie qui vient de tel ou tel endroit à une date précise». Savoir faire de potiers : y a-til eu transmission des formes des vases à travers les siècles ?

L’art du chercheur : L’histoire des hommes, travail de mémoire

On peut aussi documenter les objets métalliques. On parle d’âge du fer qui est le mieux adapté comme métal par rapport aux autres qui les ont précédés. On peut analyser des outils. Par exemple pour l’âge de bronze, on connaît parfaitement les outils comme les faucilles, parce que la plaine de la Valloire était déjà à l’époque du néolithique une terre agricole : il y a presque 6000 ans, on cultivait déjà dans la plaine de la Valloire du blé, et on a retrouvé des silex avec des traces de gluten qui s’est fossilisé sur le silex. On a ainsi pu trouver quelle était la variété de blé qui était cultivée il y a 6000 ans. Il y a aussi les faucilles en bronze dont on connaît très bien la typologie. Evidemment, les outils ont évolué, mais les agriculteurs actuels cultivent-ils encore cette variété de blé néolithique ? Sans doute pas, pour des raisons de rendement ?... Une autre chose que les archéologues peuvent documenter et qui touche au territoire : ce sont les rites funéraires. Généralement ce sont des inhumations à Moras au Néolithique. A la fin de l’âge de bronze, vers - 800, est arrivé un nouveau mode opératoire qui est l’incinération. L’incinération dans les urnes que l’on attribue à un peuple dit «des « Champs d’urnes ». Cette civilisation a traversé la France au Bronze Final. Une des nombreuses questions sans réponse : les 4 villages successifs de Moras, celui du Néolithique, celui de

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l’Age du Bronze, celui du Moyen-Age et l’actuel sont sur la face Nord de la colline depuis toujours. On suppose et déduit plusieurs réponses, évidemment, mais cette permanence est malgré tout surprenante. Savez-vous pour quelle raison, alors que la face sud de la colline est bien plus accueillante ? On a retrouvé dans nos fouilles des noyaux d’abricots et de pêches, et des intervenants agriculteurs ont parlé de pêchers et d’abricotiers : continuité ? Autres savoir faire, ceux des bûcherons et des bâtisseurs de maisons en bois. Les archéologues ne s’arrêtent évidemment pas au terroir et cherchent des rapprochement avec d’autres populations, proches et lointaines dans l’espace et dans le temps. Une autre anecdote qui, en fait, est bien loin d’en être une, mais que je vous livre telle quelle aujourd’hui, pendant mes vingt minutes de paroles. La fin de l’âge de bronze correspond à un abattage massif de forêts pour construire des habitations tout en bois et pas seulement en galets ou en torchis. On s’est rendu compte grâce à une étude anglaise que tous les gens de cette époque attendaient les éclipses totales de Lune pour abattre massivement les arbres. On faisait ça dans toute l’Europe. Que reste-t-il de ces savoir faire qui exigeaient de fortes relations avec l’astronomie car il fallait bien sûr prédire les éclipses totales de lune ? Autre chose. Les sociétés d’éleveurs au Néolithique : à Moras on a du mouton,

du bœuf, de la chèvre et du cheval. A l’Age du Bronze aussi.

Il faut dire l’importance archéologique des noms de lieux, ce que l’on appelle la toponymie. Dans le territoire de Moras, dans la Valloire, certains noms de lieux sont pré indoeuropéens, c’està-dire qu’ils ont au moins 6500 ans. Dans les noms de lieux de votre terroir, il y a les noms d’origine indo-européenne et puis il y a les noms qu’on ne sait pas dater mais que l’on donne comme préceltiques c’est-à-dire grosso modo avant les gaulois. Ensuite il y a tous les noms Gaulois, gallo-romains, médiévaux et bien plus récents qui arrivent ensuite. Cet aspect aussi relève de la permanence ou non permanence des liens qui vous relient à ceux qui vous ont précédés : vous vivez avec ces noms au quotidien ! Qu’est ce qu’ils mangeaient ces gens là ? Apparemment les morassiens du Néolithique aimaient bien bouffer puisque nous avons mis au jour un foyer en pierre avec des galets qui servaient pour poser un vase à fond rond dans lequel on faisait mijoter un ragoût que l’on a fait analyser : c’était donc un ragoût de mouton avec du blé qui cuisait dans un vase.

L’art du chercheur : L’histoire des hommes, travail de mémoire

Pour terminer, je vais conclure sur une note polémique : mes collègues pensent que le terroir de Moras a été abandonné pendant au moins 2700 ans, entre le Néolithique Chasséen (-3700) et la fin de l’Age du Bronze (vers -800). Cela me semble invraisemblable et impossible. D’après eux, quand les gens de l’Age du Bronze arrivent à Moras, il n’y a personne... Le terroir serait un désert depuis 2700 ans, à moins que «ces gens-là» n’aient laissé aucune trace visible. Non, je pense que certains sont restés en place, probablement des agriculteurs, et que les habitants actuels, du moins peutêtre quelques uns et quelques unes, sont les descendants de ces hommes et de ces femmes de l’Age de la Pierre Polie. Ambiance … On entend dans la salle résonner la sonnerie d’un téléphone portable …

L’archéologie n’est qu’un savoir faire parmi d’autres : elle donne simplement quelques éclairages sur les assises humaines de la problématique passionnante et novatrice que vous menez. Merci

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Les travaux d’Alain NICOLAS sur le site de Moras en Valloire ont fait l’objet d’un article récent de la revue Sciences et Avenir n°757 (mars 2010)

On vient de s’apercevoir que, sur le temps long, la sonnerie du présent était audible, on sent bien que les historiens travaillent sur la mémoire, la mémoire est présente. Elle est à raconter et sur ce territoire on sent comme une respiration, il y a des gens qui viennent, qui mangent du mouton et puis les moutons disparaissent et puis il y a même des gens qui disparaissent et vous avez indiqué que l’on nommait les lieux et bien nous nous existons aussi en nommant les lieux où nous habitons. Dans tous les récits de création du monde, on trouve que quelque chose existe dès que l’on peut le nommer. C’est très important de travailler sur le nom …. Nous allons entrer dans le fleuve … on ne se baigne jamais dans le même fleuve disait Héraclite, comme si nous changions en même temps que lui … travail de l’eau, travail des hommes, travail du temps … nous entrons en signe d’eau Sous le signe d’eau nous allons rencontrer, du cuir au galet, fluide de l’unité : Sylvain, Laure Mulliez en leurs savoir faire de maroquiniers et dans la foulée pourrait-on dire Françoise, Emilie, André vont nous tresser l’art des vanniers.

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III SIgNES D’EAU

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L’ART DES MAROQUINIERS

Du cuir au galet : l’eau, fluide de l’unité Grâce à cette initiative on va essayer de mettre des mots sur nos savoirs alors qu’on fait surtout du « faire ». Tout à l’heure Jacques a parlé de coups de foudre et bien notre entreprise, notre histoire a commencé avec un coup de foudre, on était très romantique à l’époque.

Sylvain lui a été formé pendant 6 mois avec un sellier de la région de Saumur, la ville du Cadre Noir, la ville du cheval, de l’harnachement, donc il a eu une formation de tradition on va dire et moi j’étais plutôt tourisme, j’avais fait une formation en tourisme et une licence d’histoire de l’art et puis nous nous sommes installés comme créateurs dans la région en 1981.

Laure et Sylvain MULLIEZ

maroquiniers à Lens Lestang

L’art des maroquiniers

Cet atelier a été construit délibérément à la campagne à Lens Lestang pour animer, créer des emplois loin des centres urbains et des zones industrielles… Dans la mouvance des années 70-80 on pouvait monter son entreprise avec peu de formation, on pouvait vendre sur des marchés ce que l’on créait, on

a fait des expos à Grenoble, à Nîmes, on a même fait la foire du Moyen âge à Moras. Il y avait beaucoup d’artisans créateurs et le public aimait acheter des produits authentiques. Nous avons embauché nos premiers salariés pour répondre à la demande et nous avons construit un atelier de 150 m². Autodidactes nous nous sommes formés seuls aux rouages de la petite entreprise, nous n’avons pas une entreprise héritée des générations passées, nous avons pu nous organiser comme nous en avions envie. Les choses les plus difficiles : les crises, on en a connu, comme ne le chantait pas Bashung « ma petite entreprise a connu des crises et en connaitra encore » pour continuer d’exister elle doit s’adapter à la mondialisation et au flux très tendu de la production.

Donc au départ pendant 15 ans nous avons affirmé notre style avec des formes, des couleurs très contemporaines, nous vendions sous la marque « Laure et Sylvain Mulliez » par l’intermédiaire de salons professionnels d’abord à Paris, en Allemagne, en Italie et au japon. Nous avons développé un réseau de petites boutiques design dans toute l’Europe du Nord, au Japon, en Australie.

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Nous faisions à peu près à l’époque 2000 sacs par an dont 80% étaient vendus à l’exportation. Les marques connues avec leurs campagnes marketing dans tous les journaux qui leur appartiennent d’ailleurs prenaient de plus en plus de place, les produits fait en Chine étaient mieux faits et moins chers. Notre niche de produits design made in France s’est effondrée. Donc nous nous sommes adaptés à cette mondialisation au flux très tendu de la production.

Nous travaillons maintenant depuis 10 ans pour une marque prestigieuse française. Curieusement nous avons ressorti le savoir faire ancestral de la sellerie de Saumur. Ce travail demande beaucoup d’opérations différentes, de manipulations, de travail à la main : la coupe, le parage, le collage, l’assemblage, la préparation à la table, la couture main, machine, l’arrêt des points, le filetage, l’astiquage, les tranches, les contrôles qualité etc.. Nous sommes maintenant 15 dans notre atelier et chaque personne fait son objet de A à Z, chose très rare dans notre société de rentabilité d’abord. Nous travaillons les déchets de notre société carnivore : la peau des animaux :

L’art des maroquiniers

veaux, vaches, chèvres, agneaux, alligators, crocodiles et autruches.

Paul Gautier les a même fait défiler sur ses mannequins la saison dernière.

Pour tanner le cuir, c’est pour cela que nous sommes dans la catégorie eau, il faut beaucoup d’eau, de chimie aussi, beaucoup de transformation pour qu’il devienne agréable au toucher, à l’odeur, à l’œil. En Inde ceux qui travaillent le cuir sont des intouchables, la caste la plus basse puisque la vache est sacrée et pourtant aujourd’hui le travail de la rivière c’està-dire le travail de transformation : lavage des peaux, etc… qui est très polluant, est fait dans ces pays à mains d’œuvre pas chère, nous polluons loin de l’Europe.

Alors l’avenir maintenant on en sait rien. « Notre savoir faire dont nous n’avions même pas conscience a pris de l’épaisseur grâce aux années, grâce aussi à la sous-traitance et grâce aussi à ces Entretiens du terroir… ».

Nous n’avons pas complètement abandonné notre côté création, nous avons réussi à emballer les galets de nos moraines : les galets façonnés par l’eau. Cette idée a plu à notre donneur d’ordre et nous les emballons dans du cuir avec une couture faite à la mains avec 2 aiguilles. Donc là, nous allions le minéral : c’est un objet sensuel, toujours unique puisque la forme du caillou est unique. Pierre qui relie l’humain à la nature, à la Terre, au minéral. Pierre qui porte la trace du temps, de l’érosion du travail de l’eau. Alors elle devient presse papier ou colliers. Jean

L’entreprise est fragile, elle repose sur un seul client qui lui aussi va sans doute être touché par la crise, sur nous deux qui vieillissons. Est-ce qu’une entreprise de main d’œuvre à rendement faible est transmissible ? Beaucoup de questions se posent mais nous verrons bien. Pour le moment nous continuons de faire notre métier avec sérieux mais sans se prendre au sérieux, nous essayons de garder l’humour malgré la complexité des tâches administratives, de donner une impulsion au travail dans une bonne ambiance. Nous essayons simplement d’apporter de l’humain, du beau et d’être encore des utopistes.

Les utopistes ? c’est utopia, être de nulle part … pourtant on sent bien que ces utopistes sont ancrés dans ce lieu … on sent bien que c’est du solide, du solide lié à l’eau et qui circule y compris pour tresser des liens. Tresser l’osier tisser des liens c’est le titre de la présentation des vannières : Françoise Demoulin et Emilie Rouillon.

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L’ART DES VANNIERS

Tresser l’osier , tisser des liens

Définir ce qu’est la vannerie : c’est le tressage de végétaux en même temps souples et solides pour réaliser une multitude d’objets utilitaires de notre vie quotidienne ..et aussi actuellement,des objets de décorations ou aménagements de jardins. Ces végétaux, sous nos latitudes, sont souvent l’osier (famille des saules), la paille, la ronce, le cornouiller, la clématite, la canne de Provence, également le noisetier, et le châtaignier découpé en lamelles. Dans les pays méditerranéens, ou tropicaux ce peut-être le sparte (alpha), le palmier, le raphia, le rotin et quantité d’autres herbes tropicales.

Françoise DEMOULIN vannière à Moras en Valloire

L’art des vanniers

La vannerie est un art très ancien. Des témoignages nous sont donnés par des sculptures, peintures…témoignages archéologiques .. vanneries conservées par le sec (Egypte ; ou l’eau ..cités lacustres …)

L’univers de la vannerie est extrêmement riche et varié à travers le monde ; par les matériaux utilisés, par les techniques, et la destination utilitaire des objets. Les réalisations sont liées au mode de vie, à la culture des peuples, aux professions … Au 19éme siècle, début 20ème la vie domestique foisonnait d’objets en vannerie. A coté de la production familiale (rurale ou citadine) s’est développé une production industrielle, pour servir de nombreuses professions, transporter les produits aussi bien alimentaires, que textiles … Mais le 19éme siècle est passé et actuellement, il est difficile de vivre complètement de cette production ; au demeurant il y a un noyau encore bien vivant de vanniers dans quelques régions de France notamment en Touraine et Haute-Marne où l’on trouve osiériculteurs, coopératives de vannerie.. et vanniers indépendants. Des manifestations, foires ou festivals permettent aux vanniers de France, et d’autres pays de se rencontrer, d’échanger et de porter à la connaissance du public un artisanat très riche en qualité technique et en créativité. L’Espagne, l’Allemagne, la Belgique … Danemark ont leur grands rendezvous de la vannerie. Pour ma part c’est ce monde qui m’a passionnée et m’a amenée au fil des années (depuis 20 ans ) à acquérir ce savoir-faire soit à l’école de vannerie (Fayl-Billot en Haute Marne ) soit auprès d’un maître vannier.

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Plus qu’une contemplation du passé ce qui m’intéresse est de faire connaître cet art et de le transmettre pour le passer au futur. C’est ainsi que dans le cadre de l’association intercommunale Valloire Loisirs depuis 1990 environ 200 personnes se sont initiées au travail de l’osier et ont réalisé toutes sortes de paniers, corbeilles et autres ouvrages .

C’est une activité qui m’a permis de tisser des liens dans la région et à l’étranger.

Pour moi, la vannerie est un grand symbole du lien …. lien entre les végétaux (le tressage rend les végétaux solidaires), liens du végétal à l’animal (les oiseaux et leur nid ), du végétal à l’homme en effet... la réussite d’un ouvrage dépend de la qualité du végétal qui, elle, est liée directement au sol où il vit, au climat ,la réussite dépend aussi de la qualité du travail de l’homme, de son imagination, de sa technique, de son ouverture sur d’autres savoir faire . On voit l’importance qu’il y a de connaître ces liens et de les considérer ... Et cela, certainement dans n’importe quel métier… Mais c’est aussi un lien de l’homme avec lui-même. Faire de la vannerie çà peut être aussi se retrouver soi-même ..

Parmi les personnes qui se sont initiées à l’Atelier de vannerie, il y a Emilie qui a poursuivit sa formation à l’Ecole Nationale de vannerie l’an dernier en Haute-Marne. Elle va nous dire comment elle envisage l’avenir avec la vannerie .

L’art des vanniers

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Aujourd’hui j’encadre : - des sorties découverte de la vannerie sauvage (…) - des initiations au tressage à travers des thématiques environnementales (….).

Aujourd’hui vannière, je suis avant tout accompagnatrice en montagne et éducatrice à l’environnement et c’est d’ailleurs par ce biais que la vannerie est arrivée à moi. Ainsi, je travaille depuis plusieurs années avec différents publics à la découverte de l’environnement, à travers diverses thématiques et activités, notamment auprès de centres de loisirs, mais aussi de groupes d’individuels ou de familles ainsi que des publics dit sensibles (…).

Emilie ROUILLON vannière à Sarras

L’art des vanniers

Une de mes approches environnementales passe par la découverte des végétaux et de fil en aiguille, ces végétaux sont devenus matière et de matière ils sont devenus objets.

je souhaite amener la vannerie dans les écoles au travers d’un programme pédagogique de plusieurs séances partant du végétal et allant jusqu’à une confection en abordant au fur et à mesure les aspects sociaux, culturels, historiques, culturaux, biologiques des plantes utilisées et des vanneries. La vannerie est un support pédagogique riche permettant d’aborder différents objectifs : Objectifs de savoir : connaissance de la matière, connaissances environnementales, sensibilisation au milieu et aux récoltes responsables et respectueuses … Objectifs de savoir faire : techniques, expérience … Objectifs de savoir être : concentration, attention, maîtrise de soi, persévérance, échanges et patience.

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Elle peut offrir une place importante à la création et à l’expression libre. La vannerie permet d’ouvrir sur l’éducation à l’environnement mais c’est certainement un outil pédagogique important de l’Education PAR l’Environnement.

Cette vannerie était pratiquée, de façon plus ou moins soignée, lors des soirées d’hiver dans le monde rural pour servir les besoins Dans une société de consommation, de la ferme et les besoins matérialiste et souvent superficielle, domestiques. elle ramène des valeurs simples à la portée de tous et permet de s’accorder un moment de répit… La vannerie traditionnelle locale est réalisée sur arceaux de châtaigniers et tressée en éclisses d’osier (c’est-à-dire que les brins sont fendus et émincés avant d’être travaillés). C’est un travail très long pour obtenir un travail de qualité tel que le réalise Monsieur André Fonbonne, ici à côté.

Parallèlement à cette vannerie, il existait des vanniers professionnels qui vendaient leurs services pour la réalisation de vannerie plus spécifiques utilisées par d’autres corps de métier : prenons simplement pour exemple la boulangerie…ou les nacelles de montgolfières ! C’est alors une vannerie sur montants d’osier et tressée en osier rond, c’est-à-dire entier. Les deux techniques ne se concurrençaient pas mais au contraire se complétaient.

Aujourd’hui si la vannerie pratiquée est principalement sur montants, nombre de petites associations préservent et valorisent le savoir traditionnel local à travers la vannerie sur arceaux.

L’art des vanniers

Quelles que soient les techniques utilisées trop nombreuses pour être citées, l’universalité de la vannerie ouvre sur le monde, elle fait le lien entre les pays et les cultures. Je reviens d’ailleurs d’un voyage au Cameroun où j’ai découvert de nouvelles matières et de nouvelles techniques.

La vannerie fait aussi le lien entre les générations (…), et surtout entre l’Homme et la Nature. Elle permet de créer un lien direct avec la nature et de s’ouvrir sur des pratiques respectueuses de soi, des autres et de notre environnement permettant d’avancer modestement mais sûrement vers un avenir plus serein.

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Tresser, tisser, le lien est à inventer et pourtant, il est déjà là … inventer n’est-ce pas étymologiquement « faire venir » c’est ce que le savoir faire permet, comme la sage femme qui permet de mettre au monde le bébé qui vient et qui est inventé… Nous arrivons maintenant dans le quatrième élément, l’air : l’air occupe tout l’espace…Le gaz occupe tout l’espace qu’on lui donne. Il était liquide confiné, concentré, le voilà par effet de température, de pression, le voilà gaz, ses propriétés changent … et nous, changeons-nous dans l’échange ? … L’air, support de notre espace sonore que peut remplir notre parole … et nous parlons, notre langue, maternelle, perçue au sein même de l’origine modèle notre perception du monde … langues du commerce, langues de la fraternié, langues dominantes, langues dominées. On disait, c’était hier, qu’il y avait des sous langues, des patois, traces d’un monde dépassé mais …. Mais les patois sont des langues Jean Claude Staville de l’association Horizons va nous le faire entendre intensément…. en territoire du franco-provençal.

Vannerie, Savoir-faire, langue commune des Terroirs du monde

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IV SIgNES D’AIR

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L’ART DE PARLER

une langue comme rapport au monde Bonsoir, Je m’appelle Jean-Claude Staville, j’habite à Anneyron. Je suis ici parce que j’appartiens à la section PATOIS de l’association Horizons d’Anneyron et on m’a demandé de venir vous parler justement de ce patois, qui est un symbole même du terroir. Je ne suis pas un grand spécialiste, ni un conférencier, mais je suis passionné par cette langue qui est avant tout ma langue natale, berceau de tous mes meilleurs souvenirs. J’ai simplement réuni un certain nombre d’informations que je vais vous exposer en toute simplicité

Alors qu’est ce que le PATOIS : on désigne péjorativement par PATOIS, les langues minoritaires en Belgique, en France, en Italie et en Suisse. Dans certaines régions du Canada, le même phénomène existe, mais le mot PATOIS est rarement utilisé. Ce sont généralement des parlers romans, relevant de la langue d’oïl, de l’occitan, du franco provençal ou encore des parlers gallo-italiques. Plus rarement, on a utilisé le mot PATOIS pour les langues bretonne, catalane ou corse, dans le but de les dévaloriser uniquement et sans que les locuteurs de ces langues n’adoptent généralement ce terme.

Un terme diversement apprécié en linguistique…

jean Claude STAVILLE

association Horizons

En linguistique (et notamment en sociolinguistique), le terme « patois » n’est pas usité par les linguistes qui préfèrent user d’appellations plus précises, car le terme « patois » a pris en France, au fils des siècles, une connotation péjorative dans le cadre d’une hiérarchie entre, d’une part les langues dignes d’être nommées ainsi, et les « parlers locaux et limités » ne pouvant recevoir la noble appellation de langues. Néanmoins il existe des linguistes souvent spécialisés de dialectologie, qui

L’art de parler : une langue comme rapport au monde

utilisent le terme « patois » pour désigner un parler local. Ainsi Henriette Walter ne condamne pas l’utilisation du terme. Je la cite « Le terme de patois en est arrivé progressivement à évoquer dans l’esprit des gens l’idée trop souvent répétée d’un langage rudimentaire… nous voilà loin de la définition des linguistes, pour qui un patois est au départ l’une des formes prises par le latin parlé dans une région donnée, sans y attacher le moindre jugement de valeur : un patois, c’est une langue ».

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Un peu d’étymologie

Patois est un mot qui viendrait de l’ancien français patoier, signifiant «agiter les mains», «gesticuler» puis «se comporter», «manigancer», dérivé de «patte» (au moyen) et du suffixe «oyer». Cette étymologie permet de comprendre en partie la connotation péjorative que comporte ce terme : on patoise quand on n’arrive plus à s’exprimer que par geste.

Comme l’écrit Henriette Walter : « il faut donc bien comprendre que non seulement les patois ne sont pas du français déformé mais que le français n’est qu’un patois qui a réussi ».

Historique du patois franco provencal

En France le terme « patois » est dévalorisant : bien que souvent utilisé par les locuteurs des langues régionales eux-mêmes, le terme résulte en France d’une lente aliénation culturelle par laquelle les autorités voulurent faire croire aux Français parlant une langue autre que le français que leur langue n’en était pas une, qu’elle n’était qu’une déformation locale de la langue française.

La langue française a été reconnue officiellement depuis 1539, date de l’édit de Villers-Cotterêts, de François 1er. Jusqu’au 19ème siècle, le français ne fut parlé que par les gens d’église, les seigneurs, donc par les tout-puissants. Les paysannes et les paysans de toutes les régions parlaient leur patois. Celui de notre région s’appelle le franco provençal. Ce nom lui fut donné en 1873 par le linguiste italien Graziado Ascoli. Ce patois se parle depuis la plaine du Forez, jusqu’à la Suisse Romande et la vallée d’Aoste en Italie, en passant par les Monts du Lyonnais, la Bresse, une partie du Dauphiné et la Savoie.

Ainsi en 1762 le dictionnaire de l ‘académie française le définit ainsi : « langage rustique, grossier, comme est celui d’un paysan ou du bas peuple ».

Dans le patois il y a l’intime relation entre le mot et la chose…

La relation entre français et patois

Cette présentation est depuis plusieurs décennies dénoncée par la plupart des linguistes. Plusieurs observateurs et chercheurs estiment en effet que la désignation d’un parler en tant que « patois » relève d’une forme de discrimination et non d’une analyse linguistique.

Notre patois est un mélange de mots gaulois, de mots latins, de mots germains et d’autres mots apportés par les envahisseurs. C’est bien pour ces raisons que ce patois est un maillon et un lien entre le passé et le présent. Dans le patois il y a l’intime relation entre le mot et la chose, en tenant compte du vécu de la personne qui le cause.

L’art de parler : une langue comme rapport au monde

Lorsqu’on écoute un patoisant, il faut observer ses gestes et sa mimique. Quelquefois lorsqu’on interroge un vieux paysan, afin de connaître le nom d’un outil ou d’un objet, dont il a perdu le nom, alors il suffit qu’il prenne cet outil en main, pour retrouver de suite le nom qu’il avait entendu prononcer par sa grand-mère ou son grand-père. C’est bien pour ça que l’on peut dire que les paysannes et les paysans parlaient et pensaient en patois. Bien des chercheurs ont parcouru nos campagnes pour comprendre les différences de prononciations d’un village à un autre. Ils s’adressaient toujours aux paysannes et aux paysans. Ils en déduisaient ceci : « nous nous sommes aperçus qu’une paysanne et un paysan instruits, mais intelligents et à l’esprit vif, sont de bien meilleurs témoins que ceux qui pensent tout savoir et qui se prennent pour des sommités ». Ce patois a près de 2000 ans d’histoire, car son origine remonte à la conquête de la Gaulle par les Romains. La route autour de laquelle s’est constituée ce patois, est celle qui reliait Rome à Lyon et cette voie se prolongeait dans le Forez afin de rejoindre les Arvernes (L’Auvergne) et continuer la voie d’Aquitaine. Sur toutes ces voies romaines, s’effectuait le passage de l’armée, de l’administration et surtout du commerce.

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Compte-tenu de la lenteur des transports et des nombreuses haltes indispensables, de telles activités et de tels échanges créaient autour de cette voie, une unité économique et sociale. C’est pour cette raison que tous ces gens sédentaires ou de passage, créèrent une langue commune qui est notre patois franco provençal. Voilà grosso-modo, l’explication du territoire géographique où il est parlé.

fants, que l’instituteur nous apprenne à parler français quand on a commencé l’école.

Voilà bien pourquoi il est urgent d’effectuer un sauvetage de ce patois qui est un véritable patrimoine culturel. Paradoxalement notre patois qui n’est presque plus parlé, est étudié à la faculté catholique de Lyon, à l’université Lyon II, à l’université de Saint-Etienne, à l’université Stendhal à grenoble et à l’université de Neuchâtel en Suisse.

Les frontières de ce parler franco provençal sont très souples, car lorsqu’une fille qui était originaire du territoire où l’on parlait par exemple le langue d’Oc, se mariait et venait habiter avec son mari parlant le franco provençal, et bien ! cette femme importait avec elle des mots qui eux se mariaient avec notre patois.

Chaque village a toujours voulu marquer sa différence avec le village voisin. C’est ainsi que tel mot est rajouté au parler courant et ainsi avec le décalage parfois d’une dizaine de kilomètres, la prononciation varie, mais dans la finalité tout le monde parle le même patois et bien sûr se comprend.

Selon certaines études, il semblerait que les différences de prononciation ou de terminaison soient influencées par la nature même du sous-sol. On retrouve ici toute cette notion de terroir Je suis né en 1954 dans une famille de qui nous réunit ce soir. petits paysans ; lorsque j’étais enfant mes parents se parlaient entre eux, en patois, mais comme ils étaient modernes pour l’époque, ils s’adressaient à nous les enfants en français. Ce qui évita, contrairement à d’autres en-

Personnellement je suis né à Beausemblant, où les terres sont lourdes et grasses ; ensuite j’ai vécu dans la région de Saint-Donat où le sol est très souple et composé principalement de sable, et

L’art de parler : une langue comme rapport au monde

bien la prononciation y est légèrement différente ; et enfin je suis venu à Anneyron, où le sous-sol est très caillouteux, et j’y ai trouvé une prononciation encore un peu différente.

Toujours le terroir qui confirme ses origines et sa spécificité, et ancre ses véritables racines jusque dans son patois, sa langue. Le patois est notre langue mère par laquelle se transmet de générations en générations, cette sagesse prudente, ce bon sens qui colle au gens de la terre, cet humour intraduisible et aussi cette simplicité qui n’a pas d’équivalent. Le patois a été façonné par l’histoire et par les êtres humains. Il permet d’écouter la voix de la terre, dans laquelle passe toute l’âme paysanne qui exprime ses vibrations et sa sensibilité.

Depuis très longtemps, le patois a permis aux humbles de s’exprimer. Il a rythmé la vie quotidienne, avec les soins à donner aux gens, aux bêtes et aux cultures.

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Certains mots patois ont une nuance et une subtilité qui sont intraduisibles. Les mots patois expriment aussi les avatars ou les joies de la vie quotidienne. Ses intonations sont un écho qui vient de très loin. Chaque génération y a apporté à sa façon, sa verve et sa truculence, en s’exprimant dans un langage pittoresque. Voilà bien pourquoi il ne faut pas laisser mourir notre patois franco provençal, et en particulier celui du terroir de la Valloire. Pour parler parfaitement ce patois, il faudrait le pratiquer quotidiennement ; c’est ce que nous essayons de faire dans notre section patois qui fait partie de l’association HORIZONS, à Anneyron. Les jours de la semaine en patois ont une origine très ancienne ; en voici la liste. Lundi Dilun = jour de la Lune Mardi Dimar = jour de Mars Mercredi Dimecre = jour de Mercure Jeudi Dijeu = jour de jupiter Vendredi Divendre = jour de vénération Samedi Dissande = jour du sabbat Dimanche Diemanche = jour de la résurrection

GROYE Y LOU RENA rcha Ina groye, si in’ ôbre pe umôge Tenié dian son bé in fro icha Métre Réna, pe l’odeu al ngôge Li tin a po pré qu é la groye, « é, bonjou Madaume la que vou sian juye ! Que vou sieu bravoune, môge San menti, si vutron ra umôge Se rapourte a vutron pl z’eute de que lu boué » Vou serio lou fénix du a e se siantan pléne de jou A queu lu meu , la groy voua, E preu montro sa béla se bareulo sa toume U l’ire in large bé é lés « Ma bouna daume, Lou réna l’atrope é li di Aprenove que tou flateu que l’écoute Vi u dépan de que l’étié ina toume de chiére » n bia veu son les la e Qu ze La groye, touta vregougnu la reprendrion pli Jirove, in brison tâ, que

Je vous propose maintenant d’entendre un peu de ce beau patois de notre terroir ; je vais vous réciter en patois, une petite fable de La Fontaine, à savoir « Le corbeau et la renard » que tout le monde connaît. Vous pourrez suivre sur l’écran

L’art de parler: une langue comme rapport au monde

Voilà ; j’espère vous avoir éclairé sur cette belle langue de notre terroir, où la plupart d’entre nous puisent leurs origines ; je suis fier à mon modeste niveau de pouvoir la faire survivre encore quelque temps ; Merci de votre attention.

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Et bonjour madame la grouille…. Qui tenait en son bec un fromage, lequel ? Nous arrivons peut-être à le savoir pendant ce deuxième temps des chercheurs en leur savoir-faire. Il y a, parait-il, en France 1000 variétés de fromages. Là on a vu qu’il pouvait y avoir 1000 langues qui expriment la diversité et la richesse de notre espace, de notre territoire, je ne sais pas s’il y a 1000 fromages dont Claire Delfosse est la spécialiste, elle n’est pas spécialiste de tous les fromages, serait-elle même arrivée à tous les goûter ? Mais elle est capable d’en parler et, notamment, parler des savoir faire paysans et pas seulement dans l’art des fromages … … la parole à Claire Delfosse, géographe

Routes d’aujourd’hui ... chemins d’Histoire

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L’ART DU CHERCHEUR

Espaces et histoires des savoir-faire On sait que le géographe s’interroge sur les liens entre le milieu naturel, les hommes et les sociétés qui y vivent. La géographie c’est aussi l’art de la limite, de la frontière, du découpage. Et quand on parle de terroir, on parle tout de suite de limites. Mais que sait-on des savoir-faire ? Selon les ethnologues et les anthropologues, c’est la part informelle de l’acte technique, ce qui ne s’écrit pas, ce que l’on apprend par apprentissage, les aptitudes, les tours de main, les capacités à anticiper le résultat. Les savoirfaire font appel aux différents sens : le toucher, la vue… Avec ces définitions, le géographe est-il compétent pour parler de savoir-faire ? Oui, car le géographe s’intéresse au développement local, à ce qui distingue un territoire et ses hommes. Or, aujourd’hui, on dit que les savoir-faire appartiennent au patrimoine rural ; patrimoine qui contribue à la constitution d’une identité locale et qui peut être mobilisable pour le développement local.

Claire DELFOSSE

professeur de géographie Université Lyon2, Laboratoire d’Etudes rurales

Revenons sur la question des limites. Personnellement j’ai essentiellement abordé ce lien entre limite, savoir-faire et territoire à travers l’étude des fromages.

L’art du chercheur : Espaces et histoires des savoir-faire

En effet, le fromage est souvent pris en exemple pour illustrer la diversité de la France et la personnalité de ses régions. Les différentes techniques de traitement de la matière première que constitue le lait débouchent sur une grande variété de produits et s’organisent selon des aires très différenciées. Les géographes ne pouvaient rester indifférents à une telle distribution spatiale. Mais, leur répartition par grandes familles (fromages à pâte molle, fromage à pâte, fromage à pâte persillée, pâte pressée cuite, pâte pressée non cuite) ou par taille ne s’explique-telle que par les conditions naturelles ou par l’éloignement des marchés de consommation, c’est-à-dire des grandes villes ? Ne peut-on faire intervenir aussi des facteurs culturels ? On pourrait ainsi ne pas considérer la simple répartition de types ou de familles, mais voir comment des faits techniques peuvent faire système et ainsi générer ou révéler des limites que l’on peut qualifier de culturelles. Ainsi, lorsque le fromage entre de plain pied dans l’économie de marché, à la fin du XIXème siècle, des systèmes de production fromagers produisent des limites.

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En effet, parallèlement aux spécialisations régionales agricoles et à la naissance de l’industrie agro-alimentaire, des systèmes de production fromagère conquérants s’affirment (autour du brie, du camembert, du roquefort et du gruyère). Autour de ces fromages, on va voir apparaître des limites relativement fortes. Je me suis intéressée à un département où deux systèmes s’étendent et s’affrontent : la Haute - Marne avec la production de brie au Nord et la production de pâtes pressées cuites au Sud

Pourquoi dire que c’est une limite culturelle ? On se rend compte aussi que le fromage produit dans le nord du département dans des entreprises privées, est fait avec du lait issu de vaches hollandaises, la vache de plaines du Nord. En revanche les fromages à pâte pressée cuites sont produits dans des entreprises coopératives, des petites fruitières qui peuvent être achetées par des Suisses, le lait est issu de races de vaches bien spécifique à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, des races de type suisse (schwitz aussi appelée brune des Alpes, simmenthal également appelée tâchetée de l’Est).

formant une vraie frontière, une vraie limite et il s’est On a ainsi deux systèmes avéré que cette limite était différents de production de fromages et de savoir-faire. aussi culturelle. Ceux-ci ne s’imbriquent pas Elle est liée à l’immigration de fromagers suisses qui se sont arrêtés à la moitié de la Haute Marne, ils ont contribué à l’extension de l’aire de production des fromages à pâte pressées cuite dans ce qu’on appelle l’Estcentral, mais il se sont arrêtés, passant par le Jura, la Haute-Saône des plateaux, au milieu du département de la Haute-Marne. Là, ils se sont heurtés à l’extension d’un autre système fromager celui du brie, ils sont arrivés à une paysagère, architecturale, foncière, et linguistique….

c’est-à-dire que, soit on est « patemolliste » (celui qui fait des fromages à pâte molle de type brie), soit on est un « gruyériste » celui qui fait des fromages à pâte pressée (gruyère, emmental). Si un spécialiste du gruyère est embauché dans une usine de brie, c’est pour faire du gruyère. Les modes de fabrication requièrent des qualités physiques différentes. Il faut pouvoir porter, retourner une meule de gruyère ou d’emmental, porter le caillé… ; les fromagers sont alors des hommes. En

L’art du chercheur : Espaces et histoires des savoir-faire

comparaison, le brie est un petit fromage et ce sont des femmes qui sont à la fabrication. Les modes de transmission des savoir-faire sont également différents : les fruitiers sont formés dans des écoles de fromageries, il y en a dans l’Est très tôt en France en Suisse, alors que pour le brie, il n’y a pas d’école c’est au sein de la famille ou de l’entreprise que l’on apprend. Le rapport à la qualité, à la matière première et à l’innovation n’est pas le même. Le fromager suisse goûte le lait à chaque fois qu’il arrive et il le refuse s’il ne convient pas. Le gruyère est un fromage qui s’affine longtemps, il faut donc que le lait soit de très bonne qualité ; une grande rigueur est demandée aux agriculteurs de ce système. Le brie est un fromage qui s’affine très peu par rapport au gruyère, le rapport au lait et à la qualité n’est pas le même. En revanche les industriels du brie, très vite, veulent maîtriser les problèmes de qualité de lait. Ils s’adressent aux élèves de Pasteur et travaillent sur les innovations techniques ; ils ont ainsi suscité les travaux et la mise au point de procédés permettant la pasteurisation du lait en vue de sa transformation en fromage. On a bien une culture technique, des savoirs faires différents et des positions par rapport à l’innovation à la matière première qui se distinguent.

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Il y a des savoir-faire locaux de reconnaissance de la qualité : recettes de cuisine, des savoir d’utilisation et de transformation qui appartiennent à un territoire et à Au premier abord, on pourrait croire ses hommes.

Si l’on parle des savoir-faire et de leur lien à l’espace, il faut évoquer leur dimension collective.

que cette dimension collective se limite à une catégorie professionnelle, les fromagers ainsi qu’aux agriculteurs et les éleveurs de lait.

En fait, on se rend vite compte que ces savoir-faire sont aussi partagés au-delà du groupe technique, parce qu’il y a des paysages induits par ces productions qui sont reconnus et intériorisés par l’ensemble de la population. Et puis il ne faut pas oublier en termes de savoir-faire et de produits afférents qu’il y a aussi des habitudes de consommation.

Il y a une familiarité entre le consommateur et le produit, une connaissance de ses caractéristiques qui peut faire le lien entre la ville et la campagne aussi et qui peut générer des limites subtiles et rarement faciles à cartographier. Ces savoir-faire rattachés à un produit peuvent contribuer au maintien du produit, voire nécessiter une relance. Dans le cadre des relances de production, le géographe va s’intéresser à l’évolution des savoir-faire, des ruptures et voir comment on peut réapprendre d’anciens savoir-faire, voire d’en réinventer.

Ces relances de production accompagnent les projets de développement local.

L’art du chercheur : Espaces et histoires des savoir-faire

Un terroir, un système de savoir-faire qui s’entrecroisent. Merci au géographe d’avoir décrit la terre dans la diversité et ces échanges ne concernent pas un seul produit mais plusieurs qui se mêlent ; cela a fait partie des discussions de préparation autour de ce projet. Nous sommes bien dans le thème, le géographe qui écrit la terre nous a appris la diversité. Dorénavant quand le corbeau va lâcher son fromage de brie et lorsque le renard va le prendre, nous allons goûter les fromages en goûtant la culture qui est derrière, que nous allons peut être découvrir. On s’approche de la fin et vous devez commencer à avoir faim. Je vais proposer la conclusion au président de la communauté Rhône Valloire. J’ai appris par M. Arnaud, que Fernand Alfred Martin Rosset a été un créateur de variété de pêche et voila pourquoi je le nomme pour que M. Freddy Martin Rosset vienne conclure ce tableau. La Communauté de Communes Rhône Valloire va venir terminer ce qu’avait commencé la Maison Familiale, Terroirs et Cultures, les Arbos de Moras qui essayent de donner une appréciation de ce territoire pour le bien commun.

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C’est formidablement enrichissant quand sur une terre comme celle-ci allie tous ces savoir faire, j’ai parlé de territoire tout à l’heure, or un terroir c’est un territoire où il y a de l’humain.

Voila merci Jacques, je sais pas si tu me fais un cadeau parce que les estomacs commencent à se creuser, je vais essayer d’être bref et de pas vous faire souffrir. Jacques vous avait présenté ces Entretiens du terroirs avec les signes des Grecs. Moi je voudrais peut-être vous apporter la conclusion par degrés car la synthèse c’est pas simple !

Freddy MARTIN ROSSET

Président Communauté de Commune Rhône Valloire

Conclusion

Il y a plusieurs degrés. Le premier degré : égoïste affectif par rapport à cet être qui m’est cher et j’ai beaucoup pensé à lui ici. Quelque part quand on vit depuis un demi siècle en Valloire il y a quelque chose que l’on retrouve ce soir qui fait partie de son passé. On voit aussi des savoir-faire mesdames messieurs, on voit des gens qui aiment ce qu’ils font, on voit des gens qui se découvrent, on se découvre les uns les autres c’est ca aussi la société humaine.

Au deuxième degré je vais peut être revenir à ce que disait Alain Genthon au début. Sans remonter au Néolithique de notre ami Nicolas surtout qu’ils sont partis, les gens se reconnaissaient parce qu’il venaient d’un pays comme nous l’a dit Alain tout à l’heure. Certainement d’une manière un petit peu plus rudimentaire en moins spécialiste que vous ne l’êtes mais ces savoir-faire c’était son quotidien à l’homme, il faisait son mur en galet, il faisait ses récipients avec la vannerie. Il cultivait ses arbres il avait besoin de la vannerie pour cultiver ses fruits pour se nourrir, il cultivait son vin, il faisait ses tonneaux, il alliait tout ca et c’est l’histoire d’un territoire. Bon alors puisqu’on a parlé aussi de communauté de commune et

qu’on est là aussi en accompagnateur, je voudrais dire qu’on a su créer un projet touristique qui est sur le fruit mais qui peut allier toute chose.

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Moras, le terroir millénaire qui va être fêté dignement cette année avec tout ce qu’était Moras autrefois. On a une richesse médiévale, on en parlait avec un des participants, on a peut être des choses à valoriser, notre terroir et Terroir et Cultures c’est savoir faire, c’est l’échange.

On parle aussi beaucoup d’un chose qui s’appelle un SCOT : un Schéma de COhérence Territoriale. On est en grande discussion dessus, c’est essayer de tracer l’avenir, on a des réunions passionnées sur le sujet pour essayer de prévoir l’avenir. Il faut savoir que c’est très difficile car au bout de 5 ans on est dans le brouillard,

On en est là aussi et on a peut être une belle histoire alors il faut essayer de pas à raconter et à faire arriver se fermer de portes et d’essayer de pas faire de bêtises auprès de nous. où d’en corriger certaines. Pour l’instant j’ai tendance à dire qu’on est trop discrets quand on parle de nos affaires : Hervé, Moras, le millénaire. Le poirier est un arbre qui se fait presque aussi vieux, il date d’il y a 1000 ans quoi. D’autres c’est pareil, je pensais à la présentation de la tonnellerie. En Italie, le tonneau est né à l’endroit où la vigne a rejoint le châtaigner c’est-à-dire ou ici ou en Italie. Je ne vois pas un Italien dire vous savez c’est de l’autre côté les Allobroges là bas de l’autre côté des Alpes, je suis sûr que lui, il le donne aux Etrusques. Là on a peut être quelque chose à faire. Troisième degré c’est bâtir l’avenir et madame la géographe l’a dit tout à l’heure, on a besoin des savoir faire.

Ces savoir faire ils nous aident à avoir une identité, on a à bâtir l’avenir, entre élus. Conclusion

Le cœur du débat il est aujourd’hui, il y a la main de fer ou le gant de velours, je suis plutôt un partisan de la deuxième méthode et là aussi on se retrouve parce que je vois aussi mon ami le maire de Bougé Chambalud, nous avons partagé la même école mais nous sommes dans des départements différents. On peut parler de VillersCotterets (Edit par lequel François Ier imposait l’usage du français dans les documents administratifs) mais moi je voudrais parler de 843, vous savez le partage entre les petits fils de Charlemagne (traité de Verdun). Ce jour là, on a dit, le Royaume c’est de l’autre côté du Rhône, de ce côté ci c’est l’Empire. On est resté la dessus, quelques centaines d’années plus tard, le Dauphin a séparé Anjou et Albon et depuis Bougé Chambalud vit au milieu de la Valloire et donc l’Isère. Remettons un

petit peu de liens dans tout ça comme disait Robert Arnaud, la Moraine elle va de Beaurepaire à Chanas, c’est le même pays, donc quelque part on à bâtir un territoire, on a à bâtir l’avenir, le galet c’est aussi un projet qui participe au SCOT. Je me souviens d’un chargé de mission avec un délicieux accent irlandais, il nous disait que l’enjeu ce n’est pas les lotissements venus pousser à tour de bras chez nous car le prix de l’immobilier avait explosé. C’était les mêmes, on les retrouvait à Quiberon, on les retrouvait à Bayonne, à Strasbourg. Ici on est le pays du galet, j’ai une directrice de cabinet qui vient de plus au Sud et elle est tombée amoureuse des galet et du pizet, moi je n’en suis pas tombé amoureux, je suis né dedans.

Demain que notre architecture ressemble à quelque chose comme ça, c’est ça aussi bâtir le futur avec le passé. Alors, je vous l’ai dit tout à l’heure et je parlais de la liaison du territoire, on est un territoire de passage, on n’est pas un territoire replié, les gens se rencontrent et ils partent.

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Notre culture, c’est une adjonction de cultures qui se sont rencontrées comme M. Nicolas l’a évoqué. Mais on a aussi avec ce partage de 843 et ce qui s’est suivi, on est en bout de tout. Je sais pas si vous avez suivi ce qui s’est passé avec le rapport Balladur (pour la réforme territoriale), je ne sais pas ce que ça va donner mais nous allons voir. Je pense qu’il y aura des propositions sans foutre les choses en l’air, je pense qu’il y a quelque chose qui va émerger qui vont être les métropoles avec au Nord la métropole Lyonnaise. Si je suis là, c’est que je pense que notre avenir n’est pas de finir comme pôle excentré de l’agglomération lyonnaise. Au sud est en train de se mettre en place un métropole autour de Valence, il y en aura une autour de Montélimar, leur jeu c’est peut-être avec leurs voisins Ardèche, Drôme, Isère. Le devenir d’Annonay, il est dans la vallée, de l’autre côté le pays Pompérois aussi.

On a peut être quelque chose d’autre cohérent à faire devenir ici, ce à quoi je vous convie à œuvrer en votre compagnie ici. La qualité des Entretiens du terroir et la qualité du public attentif qu’il y avait, cela démontre qu’il y aura automatiquement une 3ème partie et on compte dessus.

Conclusion

Nous voilà arrivés au terme de ces Entretiens, prêts à se retrouver autour du buffet qui associe produits paysans et préparations culinaires de Jean Jacques Galliffet de l’Auberge de la Valloire qui va nous les présenter en vidéo, ne pouvant être présent ce soir. Mais attention, ne vous collez pas au buffet, allez découvrir aussi l’exposition très intéressante préparée par Irénée Mure sur l’art des gens du fleuve autour du bac à traille de Champagne … laissez traîner vos oreilles autour de la chorale sympathique et dynamique de l’association Horizons et ses chants traditionnels de la vie rurale … Pour le palais, voici une rapide présentation des artisans du plaisir : Jean jacques Galliffet a présenté quelques recettes …” Jean Jacques Galliffet a présenté quelques recettes, qui seront présentes sous forme de petites verrines sur les tables au fond. Vous aurez aussi du saucisson, charcuterie de Françoise Ducros et Patrick Graillat de Bathernay, juste à côté, Claire Delfosse a dit qu’il fallait des limites de temps en temps, comment a-t-on pu franchir la limite et aller chercher des charcuteries de l’autre côté de la Galaure ? du fromage de chèvre de Christophe Bruyat, du fromage de brebis, Armelle et Vincent Cheval de La Motte de Galaure. Alain Nicolas nous l’a dit tout à l’heure, les brebis sont parties depuis 2000 ans mais voyez-vous il en reste. Nous aurons des jus de fruits : Hervé Miachon de Moras, la famille Baron Ferme des Allégrets, Anneyron. Le vin de Jean Delobre dont les vignes sont sur Peyraud dans notre belle Communauté de communes Rhône Valloire. On voit bien que le territoire de projet n’est pas le territoire administratif et c’est très intéressant. D’ailleurs comme vous pouvez le remarquer il n’y a pas de poste frontière autour des 14 villages de la Communauté de communes Rhône Valloire ce qui est plutôt bon signe, nous avons les trois boulangers d’Anneyron qui ont fait des pains un peu spéciaux que vous allez découvrir : Longueville, Servient et la Petite Viennoise, que les gens d’Anneyron reconnaitront. Ai-je oublié quelqu’un ? La Morassienne, la décoration et toutes les fleurs ont été faites par toute l’équipe autour de Françoise Demoulin, les fleurs ont été apportées par Patrice et Gilles Morgue. On a vu aussi André Fombonne, n’hésitez pas à aller voir les artisans et les expos qu’ils ont amené plutôt que de rester collés au buffet même s’il est formidable. Avant de se séparer je dois vous dire qu’il y a tout un groupe qui a porté ce projet, il y a des gens plus visibles que d’autres et les gens plus visibles que d’autres ne doivent pas laisser croire que ce sont eux qui font tout. Tout le monde a fait et c’est un bonheur de continuer de faire car ... nous continuerons. Donc laissons la parole à Jean Jacques Galliffet (vidéo)

60


L’ART DE L’INTERPRÈTE DU BIEN MANgER

Recettes « Légumes et fruits du terroir » Laver les fruits et légumes, les raper Caviar d’aubergine aux fraises de pays ensemble. Assaisonner sel, poivre du Ingrédients : 3 aubergines, 2 oignons, 3 gousses d’ail, 1 dl d’huile d’olive, une pincée de safran, sel, poivre, 2 feuilles de basilic, 300g de fraise (pas trop mures).

jean jacques gALLIFFET Auberge de la Valloire à Epinouze

Eplucher les aubergines et les tailler en petit dès dans une casserole. Ajouter les oigons émincés, l’ail haché et l’huile d‘olive. Rissoler 2 minutes et ajouter les aubergines et le safran. Assaisonner et cuire 10 minutes a couvert. Ajouter le basilic haché. Une fois cuit, le caviar d’aubergine doit être moulé en verrine et refroidi. Couper les fraises en petits dès et les assaisonner avec sel, poivre et huile d’olive. Disposer la préparation sur les verrines. Servir aussitôt.

jean jacques galliffet Méli-mélo Vallé Auréa n’a pas pu être présent ce soir, il nous présente en vi- Ingrédients : 2 courgettes, 3 carottes, 2 déo quelques-unes de ses pommes, 5cl d’huile d’olive, 1 citron, 1 brin de persil, sel, poivre, une cuillère à recettes ... soupe de vinaigre.

L’art de l’interprète du bien manger

moulin, jus de citron et huile d’olive. Mélanger. Server frais. Décoration : pluche de persil

Tartare de tomate fraîche à la marmelade de pomme crue Ingrédients (8 pers. - 2 verrines / pers.) : 5 tomates fraîches, 1 dl d’huile d’olive, 1 cuillère à café de concentré de tomate, 1 brin de persil, 3 feuilles de gélatine, 2 pommes, 1 citron, 2 gousses d’ail.

Laver les pommes et tomates. Mixer les tomates avec l’huile d’olive, l’ail et le persil. Mettre à ramollir les feuilles de gélatine dans l’eau froide. Les incorporer dans la préparation. Chauffer l’ensemble pour fondre la gélatine. Mouler dans les verrines. refroidir pour le durcissement. Râper les pommes et les assaisonner sel, poivre, huile d’olive, jus de citron. Disposer cette préparation sur les verrines de tomate. Servir aussitôt.

61


Lignes, parallèles d’un espace-temps, se croisent tradition et modernité, non pas successives mais entremêlées, tourbillon de la complexité. Nous ne vivons pas seulement dans une époque, nous les inventons chaque jour toutes à la fois, inscrites en nous comme traces indélébiles qui nous inspirent création toujours renouvelée de l’expérience vivante, qui nous paralysent cristallisation nostalgique d’un paradis perdu. Lignes de la main qui modèle l’avenir le cuir répond à la pierre le bois à l’osier le fruit à la racine gestes humains, empreintes d’humanité. Lignes de l’esprit qui souffle sur nos braises désirs d’être et de lier, désirs de relier intelligence du monde. Les savoir-faire se croisent sur un territoire en un tempo spécifique, résurgence, émergence, en chaque parole, en chaque geste, à chaque pas, nous inventons les possibles d’un terroir les possibles du monde. Lignes d’un espace-temps qui ne nous appartient pas mais qui dépend aussi de nous. Secquaj El Epdac, Paysan berbère


V ANNEXES

Les Entretiens du Terroir en Valloire : liens d’un jour, TRACES DU temps, pistes d’avenir.

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ANNEXE 1 LA VALLOIRE, TERROIR DU MONDE : UNE EXPÉRIMENTATION INTERNATIONALE

La MFR d’Anneyron a poussé de façon volontaire, en lien avec la Communauté de communes Rhône Valloire, l’inscription de la Valloire dans l’expérimentation de Réseau des terroirs du monde mis en place actuellement par Terroirs et Cultures.

Sylvain CHARTIER

«Chercheur en Valloire» MFR Anneyron

Annexes

Celle-ci s’est faite en partenariat avec l’Institut d’Agriculture Méditerranéenne, Sup’Agro Montpellier et l’Enita Clermont-Ferrand autour de la tentative de repérer les facteurs favorables à l’émergence de terroirs. Le choix d’étude s’est porté sur 6 terroirs du large pourtour méditerranéen : en Albanie, dans le Péloponnèse (Grèce), Chefchaouen (Maroc où aura lieu le prochain Forum international Planète Terroirs en avril 2010), Aubrac, Dentelles de Montmirail et Valloire.

L’étude est faite par des étudiants( stages de 5 mois) des écoles d’ingénieurs précitées. Sur la Valloire, c’est Sylvain Chartier de l’Enitac (Enita Clermont Ferrand) qui s’est attelé à la tâche, s’immergeant rapidement dans la préparation et la réalisation des Entretiens du Terroir à Anneyron (avril 2009. Son travail a été «encadré» du côté universitaire par Virginie Baritaux (Enitac), et du côté «territoire» par Jacques Deplace chargé de mission Pôle Ressources de la MFR Anneyron (et animateur Commission Agriculture de la CC Rhône Valloire). Cette étude a conduit à un mémoire confronté - à l’automne 2009 - aux productions des autres étudiants chercheurs sur les 5 autres terroirs pour en tirer quelques leçons sur les facteurs d’émergence d’un terroir. En voici un dense résumé.

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Processus de construction de la problématique et des entrées d’analyse pour l’étude Terroir sur la Valloire

roir ïeutique d’un ter La Valloire: ma du Monde eau des terroirs rés en en se mi Projet de

Phase 1. Entretiens du terroir, élémen t clé d’activation et d’imprégnati on Vecteur de valeur et d’identité

Les Entretiens du Terroir

Moyen de communication et de lien

Entrée et moyen d’imprégnation pour le projet d’étude terroir sur la Valloire

Organisation du territoire

Caractéristiques physiques

•A la croisée de 3 Drôme, départements (la re) l’Ardèche et l’Isè

du Nord •Vallée glaciaire de la Drôme

communes •Communauté de (CCRV) Rhône Valloire usif pour (territoire non excl l’étude terroir)

à la •Vallée transversale vallée du Rhône ons •A cheval sur 4 cant

Le Travail de retranscription et d’organisation de la manifestation et le lien de la grille d’analyse T et C ont mis en lumière le rôle central de la poire dans la démarche de développement territorial .

Caractéristiques humaines

Ancrage historique, producteurs de poires particulièrement dynamiques, Moras en Valloire : ville patrim oniale où sont produites la majori té des poires de la Valloire

sur la •21000 habitants CCRV aine « Fruit •Dynamique hum torielle territoire» multisec ociation de (MFR; CCRV ;Ass imoine) producteurs, patr

Phase 2. Une problématique pour définir l’objet de recher

che Comment autour d’un fruit (la poire de la Valloire) peut s’agré ger un projet de développement territo rial activant d’autres biens autou r de la notion de terroir?

s

•Identité en cour d’activation

Phase 3. Choix des filtres d’analyse et recueil d’information

Drôme des •Syndicat mixte Collines

CCRV) •160km² (pour la entre 120 •Altitude variant m et 502m nce •Climat d’influe océanique continentale et au •Riche en eau (rése ortant) hydrologique imp Sud de •Plaine la plus au naise la périphérie lyon

ographique •Croissance dém entre 1999 forte (+2% / an axes et 2005) des avec ante •Zone pass on européens e tourné de communicati •Bassin Nord Drôm ,) les pôles (A7, Rhône, TGV vers le Nord et ne, de d’emploi de Vien ue istiq tour nce Lyon •Concurre Roussillon et de territoires importante des , Pilat, Alpes) se voisins (Vercors •Population de clas it identitaire moyenne •Arboriculture=tra e, riqu te rurale (ancrage histo •Espace à dominan al) de 3000 économique, soci ( 2 villes de plus V) sur la CCR

Grille d’analyse des terroirs

Typicité Moyen d’activation des ressour ces Dynamique humaine et institut ionnelle en cours

Choix des outils du recueil d’infor mations et de compréhension

Compilation de données bibliogra phiques et de données technico économi ques

Pôle « Fruit Territoire » e MFR

C A, DRAF, SEFRA

Guides d’entretiens en lien avec la grille T et C

ENITAC,INRA

Entretiens semi directifs (Asso, Elus, Prod, OP, Tech)

1

l’étude ultats issus de L’analyse des rés

2009 lundi 12 octobre

2

1

lundi 12 octobre 2009

2

ou à activer. Nous ources actives un enté par des ress rentes observations faites, torial est alim au diffé loppement terri terroir et des entant un écho Un projet de déve le biais des Entretiens du arche terroir (prés dans une dém par sé, ables recen activ s -ci). ent avon celui rces Projets et ressou ources probablem et les hommes présents sur ress de nes mble Humai ense par lui voisines Agricolesen interaction é s forg oniale et ires ir Patrim imenta terro r agroal Naturelles idéal du facteu

ver Ressources à acti

Poire

Palais ives Association des Cheval à Hauter La pêche Arbos de Moras de re la sur la Architecture (Fait partie de l’histoi ( promotion de Eau abondante l’a galets de la Valloire et Usine LAFUMA poire) Valloire (liée à l’origine e jusqu’au ( Groupe Association Moras la vallée enrichi de re crise La glaciai années 60. international en valeur sanitaire de la sharka d’articles de sports (valorisation le ge (virus) a décimé de nature)(ancra patrimoine) pêcher) local de verger drômois historique local) Approvisionnement restauration Magasin d’usine Artisans produits pour la ntation 000 La poire (impla accueillant 500 ( Tonnellerie de Moras en ie, collective= Village an ire) er Chanas sécula visiteurs par Valleurine, vanner Potentiel paysag Rhône Pluriel sur Valloire de la ge JARS Auber paysagère avec ire, [unité (village milléna par (Usine céramique Valloire) -vallée délimitée ) ayant une haut de gamme des coteaux importance MFR d’Anneyron avec en le Via Rhôna -Arboriculture L’arboriculture historique dans e du lac nt Circuit velotouristiqu un paysage évolua général Dauphiné) Léman à la Mer au fil du cycle des r à la Méditerannées Ogier arbres ( couleu rie Distille Valloire floraisons,….)] es Rhône Manth CC de é Prieur Chapoutier et cteur (Produ r le négociant en vin)(sure) Revol n La tour d’Albo flanc sud du territoi (Usine céramique ) haut de gamme

•Agrégation d’acteurs •Réflexion sur une offre «touristique» •Projet d’insertion de la Valloire (par Moras) au réseau des Sites Remarquables du Goût

terroir en Entretiens du Valloire

Patrimoine en 2008

Atouts •Appropriation de la démarche terroir par un nombre croissant d’acteurs locaux •Destin lié des arboriculteurs (tradition communautaire liée à une productio n localisée sur un village) •Animateur créateur de lien avec une vision globale

Mais finalement … un terroir en Valloire ?

Contraintes

Tour d’Albon, élément du patrimoine historique

•Producteurs de poire avec des logiques commerciales différentes (ventes directes, par coopérative, par le biais d’expédit eurs) •Mésentente «historique» entre des familles de producteurs •Ambitions politiques possibles de récupération du projet •Institution territoriale devant articuler le projet terroir avec «son» projet «touristique» Arborescence.

Des vergers séculaires

Maïeutique ou culture d’un terroir en Valloire?

A l’heure actuelle la démarche terroir concerne un ensemble d’acteurs autour d’un noyau composé d’une association de producteurs, d’un chargé de mission, d’un village: Moras en Valloire. En lien avec la définition on peut définir un terroir en Valloire comme il est décrit ci contre.

3

3

Annexes

Structuration d’une offre touristiq ue faisant écho aux productions tradition nelles de ce territoire

•Les ressources existent, les acteurs existent mais il faut qu’elles soient activées et que tous les effort soient mis en œuvre dans un bon sens. •Se pose la question de la gouverna nce des projets et les jeux d’acteurs à réguler notammen t par l’appropriation du projet par les différents acteurs institutionnels (office du tourisme, CCRV).

élément du Mur en galets… patrimoine

2009 lundi 12 octobre

Réhabilitation d’éléments du patrimoine

•Coopération entre la dimensio n territoriale CCRV et les producte urs par l’intermédiaire d’un organisme de formation à vocation de développement local: la MFR d’Anneyron. •Un acteur multisectoriel d’animati on reconnue par les 3 acteurs principaux (institutionnel, technique et productif s)

2009 Savoir-faire en

plus en n et adhésion de rs) /Appropriatio (+20% de spectateu Succès croissant e rtant plus impo de l’extérieur Reconnaissance de la sur la Valloire poire produite e Poir dynamique Fête de la Prémisses de la oire s du goût à Moras en Vall Sites Remarquable

Boucles de randonnées

Dynamique humaine et institut ionnelle en cours

Perspectives: la question d’appropriation, Les jeux d’acteurs,

des e sur des indic Savoie) et sur ). La typicité se fond pour la Poire de ur claire recherchée e 10° demandés uleuse et coule e poireUne poire reconnue à défaut d’être en moyenne contr (texture peu gran démarquer d’un dires d’experts sa capacité à se qualifiables de gamme de cetteconnue cette poire est ement haut de er la typicité de tionn poire fond posi va le cette qui par Ce vée ercialise capacité est prou Lhorme comm r; expéditeur moyenne. Cette ONA 100% saveu ien de onal). poire (filière POM et depuis comb s fines à l’internati elle est produite poirier est un auprès d’épicerie le contexte où e de vergers de fondée aussi par enair est cent ité ure typic est un élément Sa ceint ire. La typicité Valloire avec sa en Vallo s la Mora dans s. n temp de cette productio élément d’ancrage ressource. vation de cette moteur de l’acti

ources Activation de ress

Projet Arborescence

Vers un possible panier de biens (artisanat, distillerie, chemins de randonn ées)

Industrielles

ice d’un projet produit au serv rix de sucre La typicité d’un ités mesurés (12°B ateurs de qual témoignages

2

Synthèse des résultats, concl usion et Moras en Valloire perspectives

Croquis de synthèse d’un possible

lundi 12 octobre 2009

terroir en Valloire

4

4

65


ANNEXE 2 MORAS ET LA POIRE DE LA VALLOIRE : SITE REMARQUABLE DU gOÛT ? UN PROjET RASSEMBLANT DE MULTIPLES ACTEURS DU TERRITOIRE

e de la Valloire

Moras et la poir

able du goût ?

: un Site remarqu

Moras … et la poire de la Valloire

Moras et la poire de la Valloire

: un Site remarquable du goût

?

Moras en Valloire,

… un site remarquable

e …et de la Valloir

ras en Valloire Mairie 26 210 Mo

rgé de mission MFR

ues Deplace (cha

Animation : Jacq

du goût ?

Anneyron et CC

Rhône Valloire)

:

avec l'appui de :

Le chemin vers un site remarquable du goût ? Un projet en construction … Note dʼintention

au 5/12/2009 - 1

Un Site remarquable du goût est un "label" accordé par une associat ion nationale en convention de partena riat avec plusieurs ministères (Agricult ure, Tourisme, Culture, Environnement). Il n'écessit e pour son agrément de remplir certaine s conditions de qualité autour d'un produit phare.

Note dʼintention au 5/12/2009 -

Annexes

2

66


e de la Valloire

Moras et la poir

able du goût ?

: un Site remarqu

t est demandé : e” ! la “poire de la Valloir

ire pour lequel l’agrémen

1. Le produit alimenta

Lens Lestang, les communes de as, sʼétend sur ant nord des n, centrée sur Mor ouest sur le vers estuctio prod ntée de orie e La zon eyron. Elle est e, St Sorlin, Ann (Bonchrétien s iam Manthes, Epinouz Will la de ur de taille”. (voir cartes) rses variétés. Auto crassane (en voie coteaux “de Man on recouvre dive né du), la Passe et Cette dénominati la Comice (Doyen continuité fruitière a s, y il moi te s inan ieur nt dom le sur plus sʼéta n uctio William's), largeme prod dont la étés tile vari sub … leur on) (cou s dispariti qualités intrinsèque risée par son oire est liée à ses paysagère. granuleuse) valo la poire de la Vall in La spécificité de élevé, texture peu el et à un terra , taux de sucre multi générationn doré faire le ir et savo bré au iliales, entre l'am de structures fam de côte, …). exploitation au sein argileuse, exposition nord, flanc fertile, particulier (terre

Moras et la poire de la Valloire

2. Le patrimoine lié au produit … en quelqu

: un Site remarquable du goût

?

es déclinaisons.

Le patrimoine paysager … en de

multiples points de vue …

… en voiture …

Il est présent, visible depuis la D1 (est-ouest) liant la vallée du Rhône au sud de lʼéchangeur de Chanas (Le Creux de la Thine sur lʼA7) à Anneyron et Beaurepaire. … en train … Il est visible depuis la ligne TGV (nord-sud) qui croise la D1 entre St Sorlin et Moras, avec un temps de contemplation limité (cependant avec une vitesse relative ment réduite en proximité de la gare de St Marcel les Valence )

Remarques.

e afin dʼavoir des ité a été débattu Sur la poire … liés à cette spécific variétés … notons qu'en plus de fectuer des tests en ses diverses La possibilité dʼef oire Vall la de e un défendre la Poir ot (docteur) r le produit dans arguments pour rencontrons la Guy t être un atout pou ns ci-dessus, nous des SRG, ceci peu sier de candidature. Les conditio celles nommées pas dʼexigences llèle du dos para … Même sʼil nʼy a ? en é elles men parc étés ? quelles rités et peut donc être vari ps icula lles tem part e que ? les xièm er deu ratoires dʼaffiner et de valid long de lʼannée établir : quels labo pourrait permettre dʼétudes seront à tout au à grande échelle pourrait sʼétaler Une dégustation n les variétés cela «  unique  ». Selo dite e poir e producteurs, des de cett (âge par ex) des et de la qualité 2010. fait du nombre mercialisation … com de Un état précis sera es mod , des ers, des variétés surfaces en verg ent fertile et un terre particulièrem . … de la Valloire eur qui évoque une correspond bien à la couleur du qui  » est un nom port dʼor lloire ent ée « Va Vall nom ion Le être vigilant au mom ent lʼappellat  » en il faudra cependant qui rappelle égalem station « Valloire véritable terroir, e, histoire, terroir… confondu avec la oire rime avec Poir être t Vall peu mot qui Le  » . fruit lloire on sur le nom « Va faire une de la communicati lʼutiliser pour en problème, savoir Savoie. t qui peut poser ir pallier ce poin savo faut Il n. 9-3 force, une distinctio tention au 5/12/200

Note dʼin

… à pied …

Nous pouvons faire un “zoom” sur les vergers de tous âges (jusquʼà vieux), au travers des saisons dans 150 ans pour les plus lʼexpression des différentes variétés (floraison, fruit, couleurs dʼautomne…) Il peut se laisser entraîner à en décrypter les différentes mises en forme : l'espalier, le croisillon lyonnais,la palmette … … en entrant dans certains vergers , le promeneur peut découvrir des aux arbres avec une poire en formatio bouteilles accrochées n à lʼintérieur, prête bientôt à accueill ir lʼalcool … savoir-faire inscrit dans le paysage de la distilleri e Ogier … Le paysag e peut être apprécié, effectivement, par les promeneurs : des boucles de randonnée mises en place par la Comm unauté de commu nes Rhône Valloire liées à la grande boucle de la Drôme des Collines sont aujourd ʼhui en voie de dynamisation dans le cadre des “Chemins de lʼarborescence”. Deux boucles au moins (58 et 69 sur Manthes et Moras) traversent les vergers en vue de la colline de la Madone. Un “carrefour des poiriers” pourrait y être nommé. Les élèves de la Maison Familiale et Rurale d'anneyron en ont fait un petiti livret d e découverte Avec la Tour d'Albon et le Belvédè re de Mantaille, la colline de la Madone au-dessus de Moras est l'un des trois sites d'obser vation sur le territoire : panoram ique sur les vergers et la plaine.

… en vélo …

Ce territoire de la poire est sur le parcours "viaRhône" du Léman certes,celui du fleuve mais aussi à la mer, qui est, une exploration cycliste avec ses haltes et ses havres de paix le long des berges, au cœur des vergers .

Note dʼintention au 5/12/2009 -

Annexes

4

67


e de la Valloire

Moras et la poir

able du goût ?

: un Site remarqu

… s Jules vu l'enfant du pay pas seulement de l'accueil et de de la Thine n'a urd'hui un site actif voisin du Creux aujo es il est ome il land e, rodr d'Ar yett L'aé ries Lafa par le marquis sur le toit des Gale e de que l'air exploré aérienne en form Vedrines se poser es du plus léger vol … réminiscenc lon" … montgolfière "bal en ols surv l'apprentissage au des Et pourquoi pas y a deux siècles. poire terrestre …

… ou par les airs

orique. correspond des Terreaux) qui ge dont lʼun (celui rg médiéval. ers autour du villa s les fossés du bou ceinture de verg dan une ins a y jard Il les r talle XVème siècle dʼins s lʼévolution des à une tradition du poire sʼinscrit dan du La culture de la sistance : la crise centrées sur la sub e qui nes san pay res cultu durement la vign qui 0-1880) touche "chemin de fer" phylloxéra (187 Le e. alièr céré culture e) va accompagnait la is Lyon Marseill décennie 1850 (Par socie au train pour s'intalle dans la s'as . oriculture : le fruit Rambert d'Albon St bouleverser l'arb de gare la e, le itale depuis ine sur Epinouz alimenter la cap Le pêcher dom . ées ann des autour Moras. XX ème siècle sur poirier autour de pe au début du La poire se dévelop ers grâce à des très petits verg de e tant Vidault, exis une base ues (Armand niers emblématiq ndent à Joseph répo initiateurs, pion qui … sur Moras n inouze, cho dʼEp Mia et iel oss Dan tin-R ou Alfred Mar ) (voir Prudent Arnaud en plein XX ème étés de pêche en annexes). 9 200 n créateurs de vari eyro du terroir Ann ours ns touj etie ts Entr dan cen aits extr s des e vivace par leur sont Leur souvenir rest transmis ou qui leur uments quʼils ont actifs, par les doc

Le patrimoine hist

associés.

vation. Il y , patrimoine, inno à la fois tradition mple la Marguerite des savoir-faire courantes : par exe autour de 1860, sions concernent peu smis hui tran urdʼ Ces urbanne variétés, aujo s spécimens de horticulteur à Ville a encore quelque nue par mr Marillat, on lyonnaise. présente ici, obte dans la grande régi Marillat (encore création de variétés de ode péri ond à la de dans la gran alentours, corresp ue "La rs de moras et ses ort (cf article Rev e des arboriculteu pement de l'exp sation sur la poir amique ciali leop dyn spé dév e le La hès et synt ier est une poir n de l'agriculture le satio sur milieu erni et trée s mod phase de étés humaine boriculture cen terroir" alliant soci noble, 1952). L'ar géographie"/ Gre de constitution d'un tives. innovation, base et créa s ition tion trad erac e entr nt d'int processus permane naturel dans un

Moras et la poire de la Valloire

?

Le patrimoine oral : la parole des Anciens… Un travail mené par lʼassociation Moras en Valeur sera entrepris afin de collecter et de réaliser un inventaire de lʼensem ble des éléments dʼhistoire, de patrimo ine et dʼoutils autour de la poire (au cours dʼune soirée avec les Morassiens). Lʼévocation du cirage des queues de poire (protection contre lʼoxydat qualité), et de la dorure sont des ion, symbolique de éléments possibles de cette mémoir e de savoir faire. Le patrimoine culinaire. La confiture “poire orange courge” , si elle fait appel à un produit que nous pouvon s qualifie r dʼexotique, semble faire partie dʼune tradition locale. La poire utilisée dans cette soupe est dite "chapelan", elle est associée à la courge "barbar ie" , alliance pour le moins stimulante ! Une tradition : après la cuisson du pain, les habitants appportaient leurs poires "chapelan" pour une cuisson utile au goût et à la conserv ation.

Il semble er” ou “fruitier”. mûrit en “compoti cueille “vert” et qui est un fruit qui se e une main poir où La ers s. aussi dans les verg en tassur les lques exemplaire s le village mais ou exister encore que ts sont visibles dan r les mettre au fond de la raie tenaires) cen Les murs en gale es pou ts ferm s gale aine use cueillait les dʼhabitat (dans cert d'œuvre courage gré à la vie rurale -érosion ?). complètement inté riétés, utilité anti prop bordures . Il est de ion arat terre (sép ou de travail de la

Le patrimoine bâti

Note dʼintention

: un Site remarquable du goût

Bientô t installé e dans la traditio n, lʼinnov ation permanente de lʼAuberge de la Valloire (chef JJ Galliffet, Epinouze) permet de découvrir désormais la poire tout au long du repas, de lʼentrée au dessert.

au 5/12/2009 - 5 Une tradition festive qui sʼinsta

lle.

Une Fête de la poire a été mise en place par une association créée à lʼoccasion : les Arbos de Moras … … qui, désorm ais, rassem blant des producteurs des différentes commu nes de production de la poire, va se dénommer Arbos de Moras et de la Valloire. Les éditions 2004, 2006, 2008 ont rassemblé chacune autour de 2 000 personn es. Retrouvant les anciens métiers et matériels, mis en scène vivante … installant la poire au cœur des repas proposés par les restaurants (ci-dessus dans la salle des fêtes)… … invitant à sa table de terroir la vanille de Madagascar (09/200 8) et demain le chocolat du Mexique (09/2010) déjà présent dans l'assiette …

Note dʼintention au 5/12/2009 -

Annexes

6

68


e de la Valloire

Moras et la poir

able du goût ?

: un Site remarqu

la Poire. Il sera directement lié à riche mais non un patrimoine très Il existe en Valloire de lʼoffre touristique. ers au trav eau de la poire détaillé et valorisé à la vie rurale, berc la proche, associé as qui rythmait rer un patrimoine de lʼéglise de Mor et Nous pouvons repé lières … cloche ” … pisciculture béa : icole ” “agr ique ent raul imoine “hyd ale pas seulem soci ion ulat notamment patr (rég r lʼirrigation pou lʼeau de distribution La de préservation. qualité de lʼeau. lʼobjet dʼactions poire nʼa pas fait dépasse le cadre ou associé à la de valorisation qui lié n nt ine, actio ane imo une perm à patr Ce à un accueil as correspond t être ouverture biennale - à Mor ici, ponctuel ; il peu Fête de la Poiregrand public y est, du il cue Lʼac l. loca ours … à organiser. par une famille touj le ieurs générations Moras depuis plus urine). Elle exprime ie est installée sur ent tonnellerie valla ré et eller mig mm up tonn réce e La uco enu ont bea est dev que ses membres ellerie Desrieux l. présente (la tonn lement locales, puis du paysage, du chataîgnier loca es, certes pas seu iculture, lʼagr de he souvenir de vign proc est savoir-faire la vannerie, du cuir, vendu ailleurs. Elle ortant autour de e récent - est imp … savoir-faire – mêm n, 23 avril 2009) eyro Ann Le patrimoine de , oire Vall en etiens du Terroir du galet (voir Entr

Remarque.

re, lʼair et lʼeau …

Moras entre la pier

patrimoine et lien

social.

Moras et la poire de la Valloire

3. Le nom du site : Moras en Valloire.

: un Site remarquable du goût

?

À défaut de définir un site plus précis sur la commune même : Maison ancien des Terreaux ? … cʼest le de la poire ? Verger village lui-même qui est candidat “Site remarquable du goût”. Ses caractéristiques historiques ont été illustrées lors du Milléna ire 2009 (voir affiche et texte joints en annexes) qui a mobilisé les habitants de lʼensemble des communes du mandement dont la mention écrite la plus ancienn e connue à ce jour date de 1009. Ces communes : Moras, Lens Lestang, Manthes, Epinouz e, St Sorlin … se retrouvent aujourd ʼhui dans le secteur de production de la poire. Remarque. Le nom choisi nʼimplique pas ignoran ce de la valorisation globale du territoire qui sʼexprime aussi bien dans le de la Valloire projet Arborescences initié par la Communauté de communes Rhône Valloire que dans lʼinititati ve de la MFR dʼAnneyron autour des Entretiens du terroir en partenariat avec Terroirs et Culture s, association internationale pour le développement des terroirs du monde (voir plus loin la liste – non exhaustive – des partenaires du Site Remarquable du goût).

Moras, côté histoire et … côté nord-es t

Note dʼintention

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Note dʼintention au 5/12/2009 -

Annexes

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e de la Valloire

Moras et la poir

able du goût ?

: un Site remarqu

graphique du territoire.

4. La délimitation géo

la poire de production de s as, comme celui question 1 ci-dessu de son centre Mor précisé dans la se définit, autour est toire toire terri terri Le Ce Valloire”. ais “poire de la ences projet Arboresc nommée désorm le t don e vast exe). réseaux et ensemble plus (voir carte en ann Valloire trace les ègre dans un communes Rhône Le terrritoire sʼint Communauté de touristique) de la ent complexe sem croi (développement le ue indiq goût remarquable du les contours. territoire du Site La délimitation du touristique) e zone (voir offre possible dans cett

ée boucles de randonn paysage par les bon au x inscrits dans le on. De la Tour dʼAl … t notamment ceu cours de réalisati gne en t mpa son Réseaux : ce son Cha ique de le alét trail lʼanimation, la sign à la pile du bac à x côtés dont les thèmes, Valloire des deu Lachal (Epinouze) , du château de communes Rhône ceux de prieuré de Manthes sont ceux de la Communauté de en vergers dont : ce Valoux très dense s de tour nne Con Etie St de ent la commune is ou du Rhône (notamm ins du Roussillona pirer” avec les vois , par lʼéchangeur de poiriers). tours peuvent “res n Nord Sud : lʼA7 hanges : ces con Pilat. pée du dʼéc euro x x ceu axe Lieu c d uver ave au gran r se connecter qui peuvent se retro me terroir de la Galaure pou drome. territoires ?) du territoire com bien nommée Isar visibilité (identité une per elop Chanas ou lʼaire dév s participent à “pays” Drôme des Réseaux et contour r étude Sylvain Chartier). e les territoires e. (voi re pour dʼéchanges entr autour de la poir de grande envergu oire, plate-forme monte un projet se Voir aussi la Vall (où iel Plur e et Rhône Vert ). che ctive Ardè , Collines auration colle ent local de la rest lʼapporvisionnem

Remarque.

Note dʼintention

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Moras et la poire de la Valloire

5. Les acteurs du projet.

: un Site remarquable du goût

?

Le noyau initiateur. Sous la double “présidence” des associations : Arbos de Moras et de la Valloire et Moras en valeur, le groupe de préparation est constitué de : Maison Familiale et Rurale dʼAnney ron (établissement de formation), (Epinouze), Distillerie Ogier (Moras) Auberge de la Valloire , Mairie de Moras, Communauté de Communes Rhône Valloire (par Commissions Agriculture, Tourism e-Culture), Office de Tourisme de la Valloire. Un appui technique et de réseau est fourni par Terroirs et Cultures et AFRAT (établissement de formation basé à Autrans en Vercors) La participation de la propriétaire du gîte rural “Clos de la madone ” à la séance de travail symbolise lʼintégration des héberge urs locaux qui ne sont pas seulem ent des accueillants passifs mais des vecteurs de connaissance et de découverte du territoire. Ce sont les acteurs qui vont initier la constitution dʼune associa portage de la candidature “Site remarq tion (voir statut) de uable du goût”.

devant le prieuré de Manthes un

Lʼélargissement (acteurs intégrés

Sollicitation sera faite :

jour d'exploration

ou associés)

- à lʼensemble des hébergeurs sur le territoire du Site et voisins : campin tables et chambres dʼhôtes … (voir gs, hôtels, gîtes, liste OT Valloire)) - à lʼindustrie agro-alimentaire locale … même si son approvisionnem encore limité. ent local en fruits est - aux restaurateurs, artisans et comme rçants de Moras et des autres commu aux artisans dont le savoir-faire sʼinscrit nes … bien dans lʼhistoire et le territoire (voir Entretiens du Terroir Anneyron 2009) : vannerie, cuir, maçonnerie galets… - aux industriels locaux liés au territoire par leur genèse ou leur implantation -…

Note dʼintention au 5/12/2009 -

Annexes

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e de la Valloire

Moras et la poir

able du goût ?

: un Site remarqu

du : Lafuma acteur nce “touristique” 000 c les sites dʼafflue Hauterives (130 fait, approfondi ave facteur Cheval à les Le lien peut être ?), Palais idéal du res ramssées sur an / pier les eurs c visit ave les (100 000 «palais» aient de maîîtriser territoire Valloire côté Galaure, son s côté» Valloire tent tion facteur construit, par son imagina ent où les paysan visiteurs / an) : le Cheval faisant vivre née, au même mom de … ers … le facteur chemins de sa tour mon verg s du leur res de cultu stitution cence des (à Lapeyrouse galets pour la con une sorte dʼarbors s et de la poupée imoine mondial, he Musée de lʼour des bribes du patr fait avec le proc … le lien peut être le patrimoine) … ou e . poir la ue) c istiq ave tour ort direct ors … (voir offre Mornay, sans rapp rel Régional du Verc il … ou le Parc Natu autour de lʼaccue arrage du projet riculteurs rait assurer le dém dev ation entre arbo urs acte des essite la coordin néc qui La mobilisation ce , née lic sur toute lʼan nts … organisé du pub distillerie, restaura dégustations …), emblant (accueil vergers, constitution rass est en voie de ée) ourn uit-j “touristique” (circ … Un produit essus. ci-d rits déc urs acte quelques-uns des

Remarque.

Lien local … lien

global

Moras et la poire de la Valloire

6. La gouvernance du projet.

: un Site remarquable du goût

?

Lʼanimation actuelle est assurée par les associations : Arbos de Moras et de la Valloire, Moras en valeur avec lʼappui techniq ue dʼun chargé de mission de la MFR Anneyron et de la CC Rhône Valloire. La constitution de lʼassociation porteuse de la candidature est correspondant de lʼassociation lʼétape suivante. Le nationale des SRG sera désigné par elle (son président par exemple, mais pas obligatoirement ).

Remarque. La visite prévue sur le site de Nyons et son oliveraie (un samedi probablement) donnera, si nous de janvier 2010 y prenons garde, de précieuses indications sur le processus et ses contraintes. Cela nʼempêche pas de réfléchi r dès maintenant à la méthod e de travail collectif, notamment celle des réunions (modes , prise de paroles, compte-rendus , répartition des tâches …). La grande variété des acteurs , de leurs tempos (tempis !) particuliers et de leurs représentations, nécessite la constru ction dʼun langage commun pour commune autour dʼobjectifs commu une compréhension ns aux déclinaisons spécifiques pour chaque catégorie dʼacteurs. Cela devrait permettre de bien définir les étapes suivant es et leur phasage, comme le rôle de chacun.

De la table au verger … ou lʼinverse

Note dʼintention

… déclinaisons dʼun Site remarq

uable du goût

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Un projet à suivre …

Note dʼintention au 5/12/2009 -

Annexes

12

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ANNEXE 3 LA VALLOIRE À PARIS : UNE AMBASSADE DE TERROIR.

Le Ministère de l’agriculture est sis rue de Varenne, mais en ce 9 décembre, nous aurions pu le placer rue de Valloire … Le theme de la soirée : “Agriculture, alimentation, mondialisation” sous forme de table ronde animée par Dominique Chardon, president de Terroirs et Cultures. Le buffet était organisé autour de la poire de la Valloire (fruits et jus) qu’accompagnaient charcuterie et fromages (chèvres, brebis) de Valloire et Galaure, et le St Joseph du côté ardéchois. Un franc succès pour les produits “terroir” et la délegation de Valloire. Celle-ci, répondant à la diversité des produits, exprimait la variété des acteurs du développeemnt local : Hervé et Diane Miachon pour les Arbos de Moras, Aurélien Ferlay pour la commune de Moras et la Communauté de communes Rhône Valloire, Jacques Deplace chargé de mission MFR Anneyron et CC Rhône Valloire!

En effet à l’occasion de l’Université “Saveurs et Savoirs” organisée pour sa 7ème edition par la Sopexa et Terroirs et Culture, les produits de la Valloire (et de la Galaure) étaient presents lors du buffet qui suivait la rencontre d’une cinquantaine de participants.

Conclusion

Grâce à l’appui de Terroirs et Cultures (son president et son délégué general Eric Barraud) la délégation était reçue par le chef de cabinet du ministre Bruno Lemaire. Ce dernier; étant en reunion avec les représentants des pêcheurs. Au nom des Arbos de Moras et de la Valloire, Hervé Miachon offrait un panier de produits au ministre …

comme une ébauche de la construction d’un Site remarquable du goût. Le retour en voiture dans la nuit fut difficile pour Hervé et Diane mais avec la fierté d’une action utile au terroir de Valloire et à son fruit d’exception! La Valloire était à Paris … demain, Paris et l’Europe en Valloire … nous pouvons en faire le pari ! Notre terroir en vaut la peine !

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ANNEXE 4 UNE VISITE AU SITE REMARQUABLE DU gOÛT : NYONS ET SON OLIVERAIE.

et en ce samedi 13 mars 2010... nous étions en visite .. au Site remarquable du goût à Nyons La Scourtinerie, fabrique artisanale de scourtins.

Accueillis par Francis Kornprobst, président de l’Association nationale des Sites remarquables du goût : Luce et Bernard Conjard, Monique Berut, Sylvain Chartier, José Colombo, Odile et Piet de Haas, Claudette et Jacques Deplace, Claude Desrieux, Caroline Fanget, Aurélien Ferlay, Lucile Felix, Jean Jacques et Martine Galliffet, Michel Gentil, Hervé Miachon, Raphaël Ogier, Arnaud Vallet, Jerome Vallet, Jean François Vignat… ambassadeurs de la Valloire et de ses acteurs : Arbos de Moras et de la Valloire, Moras en Valeur, Maison Familiale et Rurale d’Anneyron, Commune de Moras et Comunauté de communes Rhône Valloire, Office de Tourisme de la Valloire, Auberge de la Valloire, Distillerie Ogier

Annexes

Maintenant on fabrique toujours des scourtins mais ce sont des dessous de plat, des tapis … C’est le petit-fils de Ferdinand Fert qui continue aujourd’hui à innover dans la tradition. C’est lui qui nous accueille et nous fait découvrir cette histoire qui se poursuit.

Un scourtin est un filtre dans lequel on met la pâte d’olive qui sera pressée. Ferdinand Fert, tisserand de métier, met au point la première machine à fabriquer des les scourtins en 1892. Avec le terrible gel de 1956, les oliviers sont détruits. Coopérative du Nyonsais Elle se trouve place Olivier de Serres (clin d’œil au grand agronome ardéchois). Son président Patrick FLORET nous a fait visiter l’installation très moderne de transformation de l’olive de Nyons (avec une AOC qui recouvre 54 communes, 350 producteurs et une seule variété : la tanche). Le lieu offre une gamme de produits du pays autour

73


Rencontre avec Franck Dozol, moulinier.

de son produit phare (une excellente huile d’olive que nous dégustons), un musée de l’olivier.

Domaine Rocheville. Une famille propose aux visiteurs une gamme de produits et de services. Les produits : du vin, des olives et de l’huile, des fruits … dans une boutique très écologique qui accueille des produits du terroir. Des services : un sentier de découverte qui serpente dans les vignes et les vergers.

Repas de midi au Restaurant “d’un goût à l’autre”: Un repas autour d’un plat centré sur l’olive en différentes préparations accompagnées par une cuisse de canard … et un dessert où l’olive évidemment toujours présente s’exprimait glacée ou sucrée …

Annexes

L a rencontre se passe dans les vergers en terrasse … “avec leurs mains dessus leurs têtes, ils avaien monté des murettes jusqu’au sommet de la colline” … le jeune moulinier nous expose les exigences de qualité du métier, inscrites depuis des générations … et qui résiste à la pression (!) de la quantité qui tend à tropfaire monter la production (et descnedre le prix ?) … la cueillette manuelle garde son intérêt et résiste encore à la généralisation du filet. Il est 16 h 18… par un “iphone”en direct sur le cosmos nous apprenons la mort de Jean Ferrat …tristesse … pourtant que la montagne est belle !

NB : Les photos jointes sont de Sylvain CHARTIER … qui s’en trouve donc absent.

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‌ et demain ...


ernational 3ème Forum Int

...les chemins du terroir continuent à s’ouvrir...

et ilité, Terroirs ités, Durabilité « Diversité » nt Développeme –

er 2 juin 2010 31 mai – 1 et

Maroc Chefchaouen – associations organisé par les

Et

nnel et financier l’appui institutio Avec l’ du Ministère de

l’Agriculture et

ime - Maroc

de la Pêche marit

culture et de la

entation, de l’Agri

de ll’Alim et du Ministère

Pêche - France 5 avril 2010

0

Forum Planète Terroirs Chefchaouen (Maroc)

lundi 31 mai, mardi 1er et mercredi 2 juin 2010 C’est la troisième édition de ce Forum international qui rassemble des acteurs de terroirs d’une vingtaine de pays sur les 5 continents”. Les deux précédentes avaient eu lieu en Aubrac (2006), aux Dentelles de Montmirail (2008).

Entretiens du Terroir en Valloire (3ème édition)

samedi 18 septembre 2010 en fin d’après-midi … le lieu reste encore une surprise … qui pourrait passer le Rhône ! Le thème : “Paysages de Valloire, expressions de terroir” … en lien avec la Fête de la Poire,

Fête de la Poire (4ème édition) - Moras en Valloire

dimanche 19 septembre 2010 par les Arbos de Moras et de la Valloire La poire y sera associée au chocolat du Mexique !

Marchés au village de l’été organisés par la Communauté de Communes Rhône Valloire

Notez-le sur vos agendas ! Crédit photos : Bernard BALLESTER (Dauphiné Libéré) - Eric BARRAUD (Terroirs et Culture) - Stéphanie CAPDEBOSCQ (MFR d’Anneyron) - Sylvain CHARTIER (MFR d’Anneyron) - Françoise DEMOULIN - Jacques DEPLACE (MFR d’Anneyron) - Claude DESRIEUX - Guillaume LACROIX - Laure MULLIEZ - Emilie ROUILLON - Baptiste ROZIER - Maurice THOMAS (Moras en Valeur). Création et Impression : IDC Imprimerie - ANDANCETTE - 04 75 03 04 91


Actes Entretiens du Terroir  

2ème Entretiens du Terroir

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