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Jean-François Le Grand : “Fiers de nos paysans” P 2 Ça gaze pour la Meuh Cola

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25 fevrier 2012 - www.lamanchelibre.fr

ELEVAGE

TEMOIN

Un cheval “tout-terrain”

Portrait de Jean-François Bouillon, 

Le cob normand, star de la région PAGE 6

“Un métier d’avenir” PAGE 7

de l’agriculture

La Manche fait salon

La ferme manchoise s’installe pour la première fois  de façon importante au salon de l’Agriculture à Paris, du 25 février au 4 mars 2012.


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SALoN/DE L’ AGRICULTURE LA PARoLE du PRéSIdENT Jean-François Le Grand rappelle l’importance de l’agriculture pour la Manche.

“20 350 emplois” INTERVIEW

Pour la première fois, la Manche est présente au Salon de l’Agriculture. ■■ Pourquoi amener la Manche au Salon de l’Agriculture ? “C’est vrai que c’est une première pour le Conseil général de la Manche de venir ainsi au Salon de l’Agriculture. Ce secteur représente tout de même 20 350 empois directs. Les produits issus de l’agriculture sont valorisés à hauteur d’un milliard d’euros et nous avons 11 000 exploitations présentes sur notre territoire. Nous devons être fiers de notre agriculture. C’est en rentrant d’une visite au Salon il y a quelques années que nous nous sommes posés la question des actions que nous pourrions engager pour promouvoir notre agriculture. A nos yeux, il n’était pas possible de le faire sans la Chambre d’agriculture de la Manche.” ■■ Pourquoi ne pas s’intégrer à l’organisation de la BasseNormandie ?

“Nous avançons tous dans la même direction ; ensemble pour la promotion et la valorisation de l’agriculture et de ceux qui la font. Nous avons d’ailleurs travaillé en ce sens avec la chambre régionale d’agriculture, celle de la Manche, mais aussi l’institut régional de la qualité agroalimentaire de Normandie pour la préparation de notre espace au sein du Salon. Toutefois, il nous apparaissait nécessaire de faire part des spécificités et des spécialités de la Manche dans un espace dédié.”

La disparition des terres agricoles

■■ En quoi le Conseil général peut-il influer sur le monde agricole ? “Nous n’influons pas stricto sensu. Les axes que nous accompagnons sont au nombre de sept et reprennent l’intégralité des grande thématiques agricoles : installation des jeunes, amélioration des revenus, prise en compte de l’environnement, agriculture biologique, utilisation partagée du territoire, organisation du travail, promotion de l’agriculture et de ses produits. C’est notre politique départementale votée en 2010 et pour laquelle nous nous engageons jusqu’en 2014. A ce titre le conseil général est un véritable partenaire.”

Nous devons être fiers de notre agriculture !” Chaque année, Jean-François Le Grand se rend au Salon de l’Agriculture pour vanter l’excellence des produits manchois.

■■ Quelle est la part de l’agriculture dans le budget du Conseil général ? “L’agriculture représente un budget important pour une collectivité comme la nôtre. Nous y consacrons 50 millions d’euros chaque année. C’est une activité économique à part entière et nous devons donc y prêter la plus grande attention. C’est d’ailleurs pour cela que nous travaillons en parfaite intelligence avec la Chambre d’Agriculture. Ce choix politique a pu nous être reproché dans le passé, mais nous ne le regrettons pas.”

La chambre d’agriculture de la Manche, ici représentée par son président Rémi Bailhache, à gauche, est un partenaire important du Conseil général présidé par Jean-François Le Grand.

■■ Quelle vision avez-vous de l’agriculture manchoise de demain ? “Plurielle. Chacun devra pouvoir y trouver sa place. Cette agriculture de demain sera, j’en suis persuadé, encore plus attentive aux questions de production et d’environnement. Une agriculture raisonnée, qui entretient des rapports de “bon voisinage” avec ses territoires limitrophes, notamment

urbains. A nous aussi, politiques, de savoir lui laisser suffisamment d’espace et ainsi limiter la disparition des terres agricoles, nous devons préserver et protéger notre agriculture.” ■■ Quelles actions spécifiques voudriez-vous mettre en avant ? “Pendant le salon, je crois que nous serons très attentifs aux scolaires,

6 établissements de la Manche nous rendrons visite. C’est là aussi l’occasion d’ouvrir les esprits et pourquoi pas les vocations. Les métiers agricoles sont parmi les plus nobles : le travail de la terre, sa culture, le façonnage des paysages, les élevages, les travailleurs de la mer. A nous aussi de donner l’envie aux plus jeunes de s’engager vers une filière productrice d’innovations.”

■■ La ferme Manche Surface

L’agriculture manchoise met en valeur 465 000 hectares de surfaces agricoles sur les 599 000 hectares de surface totale du département.

Bocage

La Manche est le dernier bocage préservé de l’ouest. Bois et forêts couvrent 7% du territoire, mais le maillage des haies et des talus court sur 78 000 kilomètres. La Manche est un département exemplaire en matière de bocage. Il est d’ailleurs considéré comme un des plus importants de tout le grand ouest. Ce paysage sera mis en valeur au salon de l’agriculture.

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Exploitations

La Manche compte environ 11 000 expoitations. 5400 sont des exploitations professionnelles et 5900 sont

des exploitations de complément. La surface moyenne d’une exploitation professionnelle est de 71 hectares.

Productions 85% des exploitations manchoises produisent du lait. Le quota moyen est de 317 000 litres. 7% des exploitations sont orientées vers la viande bovine, la plupart du temps, c’est l’élevage de vaches nourrices, dites allaitantes. 5% sont orientées vers les légumes. Elles sont surtout situées le long des côtes, ouest et Val de Saire. Elles produisent des choux, des poireaux, des carottes et des salades.


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sALoN/DE L’ AGRICULTURE PRoMoTIoN Conseiller général délégué à l’agriculture,

Philippe Ripouteau attend beaucoup de ce salon.

“Accompagner les jeunes agriculteurs” INTERVIEW

La présence de la Manche au salon de l’agriculture ne doit rien au hasard. ■■ Vous êtes le conseiller général délégué à l’Agriculture, en quoi cela consiste-t-il ? “Faire l’interface du conseil général dans les instances et organisations agricoles et, en interne, préparer les modifications des politiques agricoles.” ■■ Quels sont les axes forts de la politique du Conseil général de la Manche en matière agricole ? “Lors du dernier recensement agricole, la Manche est arrivée en tête des départements agricoles de France. Cela nous donne donc des obligations. “Nous avons fait le choix d’accompagner les installations de jeunes agriculteurs, en partenariat avec la chambre d’agriculture. Aujourd’hui,

dans ce domaine, le contrat est rempli. Nous menons également une politique forte d’accompagnement des agriculteurs sur la base des valeurs d’avenir, d’attractivité, de compétitivité et d’innovation.”

Mettre en valeur le terroir ■■ Qu’attendez-vous de la présence de la Manche au salon de l’Agriculture ? “Le salon de l’agriculture, c’est mettre en avant, en valeur des acteurs du territoire de la Manche. Sur le stand de la Manche, il y aura les cultures, les pratiques agricoles et maritimes, mais aussi le tourisme vert. Sa présence offre une autre vision de l’agriculture. Les produits issus de l’agriculture seront présents également. Tout cela contribue à valoriser ce qu’est la Manche aux yeux des visiteurs. “Nous aurons un vaste stand de 80 mètres carrés, accueillant, et ouvert de deux côtés. Nous y organiserons chaque jour des dégustations des produits du terroir. “Une quarantaine de producteurs

nous suit dans cette démarche. Et nous proposerons ainsi une bonne cinquantaine de produits différents.” ■■ Quels sont à vos yeux les produits du terroir emblématiques de la Manche ? “C’est le lait bien évidemment. Notre département assure 5 à 6 % de la production laitière nationale, ce n’est pas rien ! C’est un produit tellement important pour nous que nous allons mettre en place, sur notre stand, deux animations qui y seront liées. “Un bar à lait permettra aux visiteurs de déguster le lait de Normandie. Sont également prévues des démonstrations de fabrication de beurre de baratte. “Il ne faut pas oublier que beaucoup de visiteurs du salon viennent d’Ile de France. Les produits issus du lait, comme la crème et le beurre, sont incontournables chez nous. “Enfin, je voudrais absolument mentionner tout ce qui vient de la mer. Ces produits représentent un élément fort de notre identité gastronomique.”

Nous sommes le premier département agricole de France”

Philippe Ripouteau au Salon de l’Agriculture de 2011. Il admire ici les moutons de race normande.

■■ Promouvoir l’agriculture, c’est promouvoir un terroir, et donc un territoire. Le salon de l’Agriculture est-il l’occasion d’attirer des visiteurs dans le département de la Manche ? “C’est effectivement une partie de la démarche. Nous aurons d’ailleurs une double démarche. A l’égard des personnes extérieures à la Manche et en direction des Manchois, en particulier des élèves. En

ce qui les concerne, nous allons accueillir de nombreux scolaires sur le stand du Département, en provenance de collèges de la Manche. Pour les personnes qui ne connaissent pas encore la Manche, nous organisons conjointement avec le comité départemental de tourisme un jeu le temps du Salon de l’Agriculture. Les lauréats se verront offrir un séjour d’une semaine pour six personnes dans la Manche.”

Des Jeux mondiaux pour la Normandie En 2014, les Jeux équestres mondiaux auront lieu en BasseNormandie. C’est la première fois qu’ils seront organisés en France et le choix de la Normandie comme terre d’accueil du plus grand événement équestre mondial est naturel, quand on sait que c’est la première région équine française. Fabien Grobon est le directeur du groupement organisateur. “C’est tout simplement le plus grand événement sportif français d’ici à l’euro de football en 2016”, confie-t-il pour résumer l’importance de la manifestation. Plus de deux ans avant la compétition (du 24 août au 7 septembre 2014), seize personnes travaillent déjà autour de lui sur ce projet et l’équipe va grossir au fur et à mesure que l’événement approchera.

Des retombées directes et indirectes Sept des huit disciplines prendront corps dans la capitale régionale. La Manche aura aussi sa part du gâteau, puisque la discipline d’endurance (160 km en boucle) offrira une compétition d’exception en baie du Mont-Saint-Michel. Sans compter que Saint-Lô, qui dispose d’infrastructures équestres de qualité, accueillera une discipline en démonstration lors de ces jeux : le horse-ball.

Quel sera l’apport d’un tel événement pour la région ? Il y a déjà l’apport direct. “40 millions d’euros vont être réinvestis dans la région. Dans la Manche, on table déjà sur 1,5 million d’investissement”, explique Fabien Grobon. Pendant les quinze jours de compétition, on attend 1 000 cavaliers et 500 000 spectateurs. Restaurateurs et hôteliers vont donc se frotter les mains. Mais il y a aussi les retombées indirectes, qui n’ont pas de prix. 500 000 spectateurs, dont 60 % de “non Normands”. 60 nations seront représentées et 1 200 journalistes sont attendus pour relater les compétitions auprès de plusieurs centaines de millions de spectateurs dans le monde entier. Bref, en terme de communication et de promotion du territoire, l’apport de cet événement est inestimable et pourrait laisser des traces pour longtemps. C’est toute l’ambition d’une organisation qui, au-delà de l’organisation d’un événement sportif, vise un vrai projet de développement territorial. “C’est un projet décliné en trois temps : quinze jours de fête, quinze mois de mobilisation et quinze ans d’héritage”, résume Fabien Grobon. “L’engouement permettra de créer une dynamique sans précédent et sera un déclic pour un certain nombre de projets”. Les organisateurs espèrent ainsi que le parcours d’endurance en baie du MontSaint-Michel vivra après les jeux. Et que dire du Centre de promotion de l’élevage saint-lois qui, rénové, s’en trouvera pérennisé. La Normandie n’est pas prête de perdre son leadership équestre…

Le Normandy Horse Show est un des rendez-vous équestres régionaux incontournables. Rien à voir cependant avec ce qui se profile en 2014. Un événement planétaire qui rejaillera sur toute la région et la filière équine.

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SALON/DE L’ AGRICULTURE Bio, le succès au bout du chemin

A force de travail et de passion, Hubert Angot a pris le virage bio. Une petite vache rieuse et toute verte qui gambade une herbe à la bouche. Tel est le logo de la marque laitière “le bonheur est dans le pré”. Une petite marque bio née chez Hubert Angot, l’exploitant de la ferme du Val Pépin, près de Saint-Sauveur-le-Vicomte. Avec 70 vaches normandes et 116 hectares de prairie (dont 40 dans le marais), Hubert Angot est parvenu à force de travail, d’imagination et d’obstination à animer une exploitation qui fait travailler six salariés, qui fournit de nombreux collèges, lycées et cuisines centrales du Cotentin et qui attire tous les vendredis après-midi et samedis matin plusieurs dizaines de consommateurs venus faire le plein de produits bio.

“L’eau, c’est la vie” Outre les produits laitiers issus de la ferme, Hubert Angot et son épouse proposent en effet toute une gamme de produits bio dans une épicerie ouverte au public. Le succès est tel que l’agriculteur

REPERES

■ Historique A 24 ans, Philippe Lebossé a repris l’exploitation familiale en 1989 en GAEC avec sa mère. Il s’est ensuite associé durant neuf années avec un autre agriculteur. En novembre 2008, il s’est installé à son compte sous la forme d’une EARL avec son épouse Emmanuelle comme conjointe associée.

■ Trois activités L’EARL de la Roselière compte près de 180 animaux, dont une cinquantaine de vaches laitières, une cinquantaine de génisses et également une cinquantaine de taurillons. Chaque année, l’exploitation est autorisée à produire 350 000 litres de lait. En plus de ces deux activités, les époux Lebossé produisent du Poiré.

■ Du champagne Revenu complémentaire non négligeable, la production de Poiré, aussi appelé “le champagne normand”, nécessite beaucoup de main-d’œuvre pour ramasser les poires des 300 poiriers de l’exploitation, auxquels il faut ajouter 1,5 ha de basse-tiges, assurer le suivi des cuves et mettre en bouteille.

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Hubert Angot donne à ses 70 normandes du foin en provenance de ses hectares de prairie. Une herbe séchée par ses soins qui assure une meilleure qualité du lait et une production de près de 6000 litres de lait par vache.

travaille actuellement sur un agrandissement de sa boutique dès cet été. Pourtant, quand Hubert Angot reprend en 1986 la ferme familiale,

le jeune agriculteur est bien décidé à appliquer ce qu’il a appris au lycée agricole et à se lancer dans une exploitation intensive de ses terres

et de son cheptel. Travailleur, il y parvient rapidement. Ses vaches produisent jusqu’à 7 000 litres de lait par an chacune et deux d’entre

elles se distinguent même parmi les meilleures du département. Quant à ses terres, recouvertes de maïs et de céréales, elles absorbent sans rechigner tous les engrais en vogue à l’époque. Jusqu’au jour où, en 1992, face à l’eau limpide des marais qui bordent sa ferme, Hubert Angot décide de tout remettre en cause. “Je voyais bien que mes engrais étaient en train de polluer l’eau du marais et l’eau c’est la vie !”. Un an plus tard, contre l’avis de tous et malgré les sarcasmes, il prend le virage de “l’agriculture durable”. “Mon principe était simple : respecter l’environnement, être autonome et économe”. Simple mais pas évident. Humainement d’une part pour résister aux pressions extérieures, physiquement d’autre part pour soutenir une nouvelle manière de produire avec moins de maïs, moins de “véto” mais pas moins de travail. En 1998, Hubert Angot donne un nouveau coup de barre à son exploitation en devenant une ferme Bio. Il abandonne alors totalement le maïs, construit de ses mains un séchoir à foin en 2005, ouvre en 2008 un atelier de transformation et se met à produire crèmes, fromage blanc et yaourts distribués dans le Cotentin. Le résultat d’une passion, et de beaucoup de travail.

“Rechercher la meilleure qualité du lait est un combat permanent” Éleveur à temps plein, Philippe Lebossé cherche à souffler un peu. Un grand bol de café et trois épaisses tartines l’attendent. Il est 11 h, et Philippe Lebossé, éleveur à Saint-Cyr-du-Bailleul, près de Barenton, s’accorde une pause après avoir passé sa matinée à traire ses vaches puis a paillé et alimenté son troupeau. A 17 h, il remet ça jusqu’à 20 h 30. Entre deux, ce jeune papa d’un petit garçon, marié à Emmanuelle depuis 2009, case le reste de ses occupations : une réunion de la cuma, des parcelles à entretenir, une clôture à redresser, les cuves de Poiré à vérifier… “Mais ce sont les vaches qui prennent le plus de temps”, concède-t-il. “Sept jours sur sept et 365 jours par an”.

Collier électronique Elles lui demandent également une attention toute particulière. Soumis à un quota annuel de production de lait – 350 000 litres -, Philippe Lebossé ne gagne pas davantage d’argent en produisant plus mais en produisant mieux. “Nous sommes payés sur la qualité du lait en fonction de critères techniques et sanitaires”, explique-t-il.

Malgré les contraintes, “je prends un véritable plaisir à faire ce travail”, confie Philippe Lebossé, avec son épouse Emmanuelle et leur fils Samuel.

Parmi les matières premières les plus contrôlées, le lait fait l’objet d’une batterie de contrôles. A l’EARL de la Roselière, il est analysé

tous les trois jours avec, au minimum, la transmission de quatre rapports par mois sur sa qualité. Cette recherche d’une meilleure

qualité est devenue “un combat permanent” pour Philippe et Emmanuelle Lebossé. Pour éviter la prolifération de cellules causées par des mammites, réduisant la qualité du lait, l’éleveur doit veiller à une bonne alimentation de son troupeau, à son bien-être et à ses conditions d’hébergement. Après mûre réflexion, le couple a donc décidé d’investir dans un distributeur automatique de concentrés qui, grâce à une puce électronique intégrée au collier de la vache, va donner à l’animal la bonne quantité de nourriture. Pour le conseiller dans ses choix ou pour tenter de trouver des solutions à ses difficultés, Philippe Lebossé a intégré depuis deux ans le Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (CIVAM) du Mortainais. Il s’agit d’une association d’agriculteurs qui se retrouvent, échangent et partagent, chez les uns et les autres, pour progresser ensemble dans leur activité. “Nous partageons une même vision : celle de vivre décemment de notre métier sans aller à la course à l’investissement”. Pour s’offrir un peu de répit les dimanches et au moins une semaine par an, les époux Lebossé recherchent un vacher pour les seconder. “C’est important d’avoir un équilibre de vie et de sortir la tête de l’exploitation”.


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SALON/DE L’ AGRICULTURE “Avec ses yeux doux, elle a séduit le jury Deux fois vainqueur, le Gaec de la Séline sera de nouveau présent à Paris.

phées décernés à des bêtes de son élevage en témoigne. “L’alimentation joue un rôle mais le plus important se situe au niveau génétique. On procède à une sélection de vaches dans notre cheptel. Il faut ensuite choisir le bon taureau. Le reste se passe par mère porteuse. C’est toujours un pari”, explique brièvement l’éleveur. “C’est là où le facteur chance joue”.

Située à Rauville-la-Bigot près de Saint-Sauveur-le-Vicomte, dans le Cotentin, l’exploitation familiale du GAEC de la Séline possède un pedigree peu commun : une de ses vaches a reçu deux fois le Premier prix du concours général agricole de la grande championne de la race normande. Utah Beach, la médaillée en 2009 et en 2011 a tout d’une battante et fait honneur à ses racines. Là où ses concurrentes produisent en moyenne 8 000 litres de lait en 305 jours, Utah Beach en donne 14 000. La taille de l’animal, ses mamelles et son doux regard ont réussi à conquérir les jurys. Elle est la Normande la plus titrée de France. Sa performance a même permis au GAEC de remporter le trophée Force Manche 2011 remis par le Conseil général pour le rayonnement de son exploitation.

Capitale : la relève

En cinq ans, le GAEC de la Séline et Emmanuel Mouchel ont remporté un nombre de prix assez impressionnant.

Le facteur chance Pourtant cette première médaille était un peu inattendue pour son éleveur, Emmanuel Mouchel. “C’était ma première participation

au salon de l’agriculture.” Quand on l’interroge sur sa méthode, la réponse est sans surprise. “C’est le fruit de 30 ans de travail et de

sélection où on essaie toujours d’obtenir les meilleurs croisements. Déjà mon grand-père s’y intéressait”. Emmanuel Mouchel suit la

même voie “J’ai cette passion et ça m’a poussé à tenter les concours agricoles”. Dans le bureau du Gaec, l’étagère remplie de prix et tro-

Pointage : ils repèrent l’animal parfait Kevin et Alexis ont appris les rudiments du pointage au lycée agricole de Thère… On pourrait croire que les concours de pointage sont une tradition vieillissante pour comices agricoles en voie de ringardisation. Mais il n’en est rien. Le pointage, c’est le talent qu’ont certains de savoir détecter avec soin les qualités et les défauts d’un beau et bon bovin. Cette expertise-là peut se baser sur un instinct de qualité, au départ. Mais surtout, la science du pointage s’exerce, à force d’entraînement. Kevin Person, de Saint-Samson-de-Bonfossé et Alexis Letourneur, de La Haye d’Ectot, sont deux jeunes gens bien de leur temps. Etudiants en BTS production animale, au lycée agricole de Thère, près de Pont-Hébert, leur établissement leur a donné les bases du pointage. Et ils se sont pris au jeu, jusqu’à devenir passionnés. Car ils ont bien compris que maîtriser l’art du pointage sert plus qu’à prendre part à des compétitions amicales en milieu rural ! En effet, savoir repérer des bêtes de grande valeur est le meilleur moyen d’avoir tous les atouts en main pour constituer un troupeau avec beaucoup de potentiel ou améliorer

REPERES

■ Critères savants

et appuis qui seraient susceptibles de provoquer une boiterie handicapante ? Le corps et le bassin sont-ils robustes et bien équilibrés, avec un squelette et une musculature sans problème, pour favoriser les vêlages des petits veaux ? La ligne est-elle harmonieuse ? Les mamelles sont-elles bien proportionnées, avec des trayons bien implantés ? Ces derniers points sont tout particulièrement indispensables quand il faut déterminer si une vache est apte à être souvent et facilement traite.

Bon sens et réflexion

Kévin Person et Alexis Letourneur ont l’œil. Ils savent mieux que d’autres repérer les qualités et les défauts d’un bovin. Ils sont “pointeurs” .

un troupeau existant grâce à des croisements judicieux. Des races à viande (Limousine, Charolaise…) aux races laitières (Prim’Holstein,

Normande…), le pointage s’applique à toutes. Quelques fondamentaux sont à analyser : y a-t-il des défauts des membres, jarrets

Pour les concours, reste à dresser la candidate pour qu’elle ne panique pas devant le jury et le public. “Il faut les habituer à marcher au pas à côté de nous. Elle doit être calme sur le ring et vraiment taper à l’œil”. Cette année, le GAEC sera à nouveau présent au Salon pour encadrer la relève d’Utah Beach : Capitale. À cinq ans, cette nouvelle arrivante produit déjà 11 000 litres en deuxième lactation. Elle a passé les pré-inscriptions en décembre dernier et fait partie de la quarantaine de bêtes retenues par l’organisme de sélection de la race. À Paris, elle rencontrera ses concurrentes venues de tout le grand ouest de la France. Il ne reste plus qu’à souhaiter à Capitale de rentrer les cornes victorieuses dans le Cotentin.

Quand une vache est réellement excellente dans les évaluations, elle aura peut-être la chance (qui sait ?) de concourir avec les meilleures de sa catégorie, au salon de l’agriculture ! Dans l’immédiat, Kevin et Alexis comptent bien continuer à s’exercer au pointage, pour le plaisir. Mais il n’est pas du tout sûr qu’ils deviennent chef d’exploitation agricole, à court terme. L’un et l’autre expliquent qu’ils se voient bien “technico-commercial, par exemple dans l’aliment pour bétail”. Encore une fois, ils ont bien compris qu’avoir un troupeau “au top” en terme de particularités et de métabolisme est la base la plus importante, pour un éleveur…

Les principaux points morphologiques pris en compte pour évaluer l’animal sont la mamelle, le corps, le bassin et les membres. A l’intérieur de chacune de ces catégories, toute une série de critères plus affinés sont ensuite passés en revue.

■ Les bases au lycée Le lycée agricole de Saint-Lô Thère a pris l’habitude, chaque année, d’organiser un concours de pointage rassemblant plus de 250 lycéens, étudiants et apprentis. Dans un tel vivier de personnalités intéressantes, on peut détecter les aptitudes des meilleurs !

■ Contacts Le lycée de Thère accueillait encore, fin 2011, la finale départementale de pointage, avec tous les participants qualifiés précédemment lors des concours d’arrondissement ou lors des concours organisés par les établissements d’enseignement agricole. Renseignements détaillés au 02 33 77 80 76.

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sALON/DE L’ AGRICULTURE

Le Cob normand : l’étalon de la région par excellence Le Cob Normand allie les allures hautes et actives des chevaux de notre région, ainsi que la fougue des pur-sang anglais. Le Cob normand est un cheval de traction légère, issu du croisement de deux races. Le Carrossier normand, cheval d’attelage, l’un des meilleurs au monde, croisé avec le trotteur Norfolk (ou carrossier de Yorkshire), puis, au XIXe siècle, avec le pur-sang anglais, contribuant à affiner la silhouette du cheval. De ce mélange subtil est né le Cob normand : un cheval étoffé, harmonieux et bien équilibré, compact, sans être lourd, idéalement adapté aux terrains parfois marécageux du bocage normand.

Un excellent cheval d’attelage Le Cob normand, très répandu dans la circonscription de Saint-Lô, voit sa population augmenter durant l’Occupation, au cours de la deuxième guerre mondiale, afin de pallier l’absence des hommes pour les travaux agricoles. A l’inverse, les lendemains industriels menacent tous les chevaux de trait français. Le Cob normand échappe cependant à l’alourdis-

sement de son espèce, en vue de finir dans nos assiettes, grâce à son rôle de reproducteur pour le Selle français, race nationale destinée aux sports équestres, héritage de son croisement avec le pur-sang. En 1944, Monsieur de Laurens de Saint-Martin, directeur du haras de Saint-Lô, a su développer une synergie autour de la passion équine, avec notamment l’essor des Sociétés Hippiques Rurales. Cette race récolte maintenant le fruit de ces efforts, car, sans que le cheval se soit allégé, son poids n’a pas augmenté de plus de 300 kg en l’espace de 50 ans. Le Cob Normand a su donc garder toute sa vigueur et sa légèreté : “Son élégance et son influx en font le meilleur représentant des races de Trait françaises en attelage. Ce sont là ses meilleurs atouts à l’exportation en Belgique, mais aussi en Italie et en Allemagne”, explique Jean-Loup Danvy, du syndicat national des éleveurs et utilisateurs de chevaux Cob normand, “En attelage de loisir ou de compétition, en randonnées montées ou utilisé en ville ; le Cob normand est un cheval sportif, mais à la fois calme et sûr.”

Le Cob normand est né du croisement entre le Carrossier normand, cheval d’attelage, et le trotteur Norfolk. Au XIXe siècle, le cheval a hérité des caractéristiques du pur-sang, en faisant un cheval compact, sans être lourd.

En Basse-Normandie, trois fermes vivent l’expérience d’un “Lit au Pré” “Un Lit au Pré” permet aux fermiers de diversifier leur activité. “Nous proposons aux gens de ralentir dans des lieux privilégiés, des fermes actives de petite taille”, explique le fondateur et directeur général d’un “Lit au Pré”. Ce nouveau tourisme rural se veut gagnant-gagnant entre le paysan, le porteur d’affaire et les hôtes. “Il nous semble important que l’opération soit vertueuse, que les revenus soient partagés avec les fermiers.” Créé en 2003 par Guillaume Wibaux, le concept d’un “Lit au Pré” apporte aux exploitants un complément de revenu intéressant.

Un partenariat de cinq ans renouvelable lie la ferme et “Un Lit au Pré”. “Nous investissons de 150 000 à 200 000 euros par ferme partenaire, de son côté le fermier met sur la table environ 20 000 euros”, explique Guillaume Wibaux. “Nous fournissons le matériel, nous nous occupons de la communication et de tout l’administratif. Le fermier assure l’accueil et l’entretien, c’est le minimum

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Photo Un lit au Pré

Le fermier n’est pas un G.O.

“Un Lit au Pré” propose un hébergement haut de gamme sous tente, de façon rustique, dans des fermes à taille humaine situées dans des lieux d’exception.

car il doit avant tout faire tourner sa ferme. Ce n’est pas un Gentil Organisateur. 99 % des fermiers choisis n’ont jamais fait de tou-

risme.” Le revenu des fermiers ? “Ils perçoivent sur une saison d’avril à octobre de 15 000 à 25 000 euros.” Ce concept assez récent en

France a d’abord fait ses preuves aux Pays-Bas avec pas moins de treize fermes, et en Angleterre avec vingt-sept exploitations. “En

France, nos sites sont essentiellement dans le Nord.” Six fermes ont adhéré au concept, et trois se situent en Basse-Normandie : la ferme de la Moricière, près de Sartilly, dans la Manche, la ferme de la Folivraie près d’Omaha Beach dans le Calvados et celle du Moncel dans le Pays d’Ouche, à l’est du département de l’Orne. “Le Lit au Pré” est à cheval entre la chambre d’hôte et le camping traditionnel. Le nombre d’hébergement est limité à six. Les visiteurs vivent dans de grandes tentes pouvant accueillir une famille avec trois enfants. A l’intérieur, tout le confort rustique est là : poêle à bois pour se réchauffer et cuisiner, des lits clos, superposés, une table à manger…, etc. Mais pas de télévision, ni de radios, ni d’accès internet. Le Lit au Pré, c’est la coupure dans le temps pour vivre au rythme de la ferme. La nourriture ? Chaque ferme dispose d’un cellier où le fermier et d’autres exploitants locaux vendent leurs productions. Les hôtes se servent, notent sur un cahier ce qu’ils prennent et payent à la fin du séjour. “90 % de notre clientèle est familiale et en majorité citadine, dont beaucoup d’étrangers.” Selon Guillaume Wibaux, ces touristes viennent retrouver le rythme de “la campagne.” Prix du rêve : entre 300 et 400 euros le week-end et jusqu’à 650 euros la semaine.


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sALON/DE L’ AGRICULTURE “Il y a possibilité de réussir dans ce métier !” Rencontre avec Jean-François Bouillon, un jeune président plein d’optimisme pour sa profession ! “Le Salon de l’Agriculture (du 25 février au 4 mars) reste l’occasion de faire déguster nos produits locaux aux visiteurs. Nous avons en plus la chance d’avoir beaucoup de produits régionaux labellisés AOC qui attirent des entrepreneurs chinois ou même américains”, explique Jean-François Bouillon, président des Jeunes Agriculteurs (moins de 35 ans) de la Manche. “Pour nous agriculteurs, le Salon est également l’occasion de voir toutes les innovations, en génétique animale ou en matériel, et de réfléchir éventuellement à l’avenir de nos exploitations.”

Fourmi plutôt que cigale

“Ce que je veux, c’est donner de la perspective aux jeunes, leur donner de l’ambition, qu’ils regardent droit devant”, explique Jean-François Bouillon, président des Jeunes Agriculteurs de la Manche.

“Aujourd’hui, pour être agriculteur, il faut avoir l’esprit d’entreprise : ne pas espérer faire 35 heures ou avoir un salaire fixe. Peut-être encore plus dans la Manche, où 90 % des agriculteurs possèdent des exploitations laitières. Avec la traite, il n’y a pas le choix, elle se fait deux fois par jour, 365 jours par

an : c’est la nature…”, poursuit-il. “Qu’est-ce qui démotive le plus les jeunes aujourd’hui ? Ce sont les marchés ! Il y a 50 ans, lorsque vous étiez producteur, vous vendiez à une coopérative. Aujourd’hui, ce système est complètement abrogé et nous sommes directement liés aux marchés. Si je souhaite acheter 10 tonnes de granulés, il est parfois préférable d’attendre deux semaines”, ajoute le président, “Ce qui peut être frustrant avec le lait, contrairement au blé, que l’on peut stocker et vendre le jour où le marché est porteur, c’est que le lait est un produit frais qui doit partir tous les deux jours : même à perte, on doit traire les vaches !” Il relative toutefois : “La situation n’est cependant pas alarmiste : en 2010, dans le département, il y a eu 90 nouvelles exploitations, et 128 l’an dernier ! 150 à 200 jeunes, motivés et qualifiés, recherchent actuellement une exploitation. Je veux leur dire qu’il y a possibilité de réussir dans ce métier. Bien sûr, il y aura des hauts, mais aussi des bas… Il faut juste être plus vigilant : être plus fourmi que cigale…”

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• Photos : Giorgio Soldi, Francis Cormon.

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SALON/DE L’ AGRICULTURE Florette a conquis l’Angleterre et l’Espagne

Florette est le leader européen des légumes frais prêts à l’emploi. La Manche assure l’essentiel de la production légumière de BasseNormandie avec des bassins de production dans le Val de Saire, sur la côte ouest (les fameuses carottes de Créances, notamment), ainsi que dans la région du MontSaint-Michel. Voilà pourquoi la société Florette, leader européen des légumes de la quatrième gamme (les légumes frais en sachet prêts à l’emploi) s’est implantée dans ce département, très exactement à Lessay, à l’ouest du département, à proximité immédiate des zones de production. Florette est une partie de la branche légumes du groupe coopératif Agrial, en même temps que la marque commerciale de l’entreprise Soléco (Société légumière du Cotentin).

850 personnes à Lessay Fondée dans les années 1980 par Emile Ryckeboer, Florette utilise des légumes frais en provenance de la Manche, mais aussi de Nantes, de la vallée du Rhône, et

REPERES

■ Histoire de famille La Maison trouve ses racines dès 1903, lorsque l’arrière grand-père de Marc Burnouf s’installe en tant que boulanger à La Haye-du-Puits. En 1925, son fils transforme la boutique en boulangeriepâtisserie. Le père de Marc Burnouf a quant à lui créé la biscuiterie du Cotentin, ancêtre de la Maison du biscuit, dans les années 50. Le fils de Marc Burnouf, récemment diplômé, est aujourd’hui aux fourneaux !

■ Au naturel La vingtaine de références fabriquée directement par la Maison du biscuit est garantie sans colorant, sans poudre levante et sans arômes artificiels.

■ 7 jours sur 7 ! La Maison du biscuit, à Sortosville-en-Beaumont, est ouverte 7 jours sur 7, de février à décembre, de 8 h 30 à 19 h. Tél. 02 33 04 09 04. La boutique est aussi présente sur Internet… 24 h sur 24 ! www.maisondubiscuit.fr.

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de l’Espagne, essentiellement pour les productions d’hiver en ce qui concerne ce dernier pays. La fraîcheur des produits est garantie par un délai de moins de 48 heures entre l’arrachage de la salade et sa mise sous sachet. Cependant, la vocation de Florette est européenne, comme l’atteste le fait que cette société, en plus de ses usines françaises, Lessay, l’Isle-sur-la-Sorgue et Cambrai, possède des unités de production au Royaume-Uni, en Espagne, où elle a racheté la marque locale Vega Mayor, et en Italie, Florette Italia. L’idée des légumes frais prêts à l’emploi, révolutionnaire à son époque, devait connaître un succès foudroyant. En 1985, année au cours de laquelle Emile Ryckeboer a vendu son entreprise à la Casam, Florette employait à Lessay 25 personnes, alors qu’aujourd’hui son effectif total sur ce site se monte à… 850 salariés ! Sans compter les emplois induits dans la région liés à la production des salades. Le développement de Florette, dont l’usine de Lessay a démarré en 1987, l’a conduit dès 1991 à exporter ses produits vers la GrandeBretagne. Devant le succès rencontré sur ce marché, l’entreprise a construit sa première usine hors de France à Lichfield près de Birmingham, en 1999. La marche suivante

Le groupe Florette, basé à Lessay, est l’un des fleurons de l’agroalimentaire de la Manche.

a été franchie par Florette en 2001, vers l’Espagne. Faute d’arriver à exporter ses salades dans ce pays, Florette a racheté le leader local

Vega Mayor pour être présent dans la péninsule ibérique. Vint ensuite Florette Italia, approvisionnée par le site de l’Isle-sur-la-Sorgue, dans

le Vaucluse. Aujourd’hui, Florette emploie sur ses cinq sites de fabrication et de conditionnement quelque 2 400 personnes.

Bienvenue au paradis du biscuit ! En 2011, l’entreprise artisanale a attiré près de 500 000 gourmands ! Impossible d’y passer sans s’arrêter ! Vous n’avez qu’à essayer pour voir : rien que de penser aux fameux petits fours financiers et vous êtes déjà garé ! A Sortosville-en-Beaumont, sur la route qui mène de Bricquebec à Barneville-Carteret, il est une véritable caverne d’Ali Baba : j’ai nommé, La Maison du Biscuit, temple manchois de la gourmandise.

600 m2, 3 500 références ! Dirigée par le dynamique et chaleureux Marc Burnouf, l’entreprise familiale a pour ses vingt ans d’existence doublé de volume. D’extérieur, le bâtiment s’est mué en une enfilade de petites maisons à l’ancienne, d’époque 1900. C’était en 2009. “Cela restera dans le même esprit rétro, pas question d’en faire une grande surface”, promettait alors l’artisan pâtissier, au milieu du gigantesque chantier. “L’idée, c’est que les gens qui ne

Impossible de ne pas s’arrêter devant cette petite ruelle d’esprit 1900… à plus forte raison lorsqu’on sait ce qui se cache à l’intérieur !

sont pas d’ici s’imaginent que cette petite rue à l’ancienne date d’avantguerre”, s’amusait le propriétaire. Mission réussie, le résultat est plutôt bluffant ! A l’intérieur, l’endroit est passé de 280 à 600 m 2. Confitures, chocolats, thés et même alcools raffinés… En plus de la vingtaine de biscuits pur beurre fabriquée sur place - petits fours financiers, stars des ventes, mais aussi doigts de dame ou encore Amandines et Gourmandises aux pralines Saint

Genix, parmi les derniers nés - la Maison propose pas moins de 3 500 références d’épicerie fine. Un salon de thé de 300 m2 a également vu le jour pour accueillir les visiteurs. Et on ne vous parle pas de la déco : choisie sur mesure et parfois chinée aux quatre coins du monde. Ici, les yeux sont aussi choyés que les papilles ! Autant d’atouts et de motivation qui ont valu à la Maison du biscuit d’être en novembre 2011 large-

ment récompensée dans le cadre des Trophées Forces Manche. Initiés par le Conseil général, les chambres consulaires du département, et l’Etat, ces derniers mettent à l’honneur les entrepreneurs exemplaires du territoire. Marc Burnouf et son fils Kévin, qui l’a récemment rejoint derrière les fourneaux, ont reçu le prix spécial du jury, notamment en raison de leur participation au rayonnement du territoire de la Manche et de ses savoir-faire.


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SALON/DE L’ AGRICULTURE Dans la Manche, les poireaux sont rois

C’est un des bassins légumiers les plus importants de la région. Zoom sur le Val de Saire, à la pointe nord-est de la Manche. Douceur du climat, richesse naturelle des sols et savoir-faire des maraîchers. Il n’en fallait pas plus pour faire du Val de Saire l’un des bassins de production légumière les plus réputés de la région ! Avec Créances et la Baie du Mont Saint-Michel, les alentours de Quettehou et de Barfleur assurent au département de la Manche le premier rang des départements légumiers normands ! En 2011, la Manche occupait ainsi la dixième place des départements français pour sa surface légumière, d’après les chiffres de la Chambre d’Agriculture de Normandie, qui note qu’une vingtaine d’espèces légumières sont cultivées sur l’ensemble de la région.

La rotation des cultures

La culture légumière fait partie des incontournables de la Manche. Elle n’est pourtant pas toujours bien connue du grand public.

Star des productions de la pointe nord-est du département : les poireaux ! En 2010, plus de 585 000 quintaux de ce légume ont été ramassés dans la Manche, qui, avec 18 % de la production nationale, se hisse au premier rang des producteurs de poireaux dans l’Hexagone.

Au menu des produits phares également : la carotte, le chou-fleur, la laitue ou encore les navets potagers et les autres choux, deux catégories dans lesquelles la Manche - et tout particulièrement le Val de Saire - arrive encore une fois en tête avec respectivement 16 % et 15 % de la production nationale. Les maraîchers manchois, réunis au sein du Groupement des producteurs de légumes de la Manche (GPLM) ont fait figure de pionniers dans la mise en place de pratiques respectueuses de l’environnement et de démarches de qualité, avec la rotation des cultures, l’apport limité d’engrais ou de produits phytopharmaceutiques ou la traçabilité des légumes, de la graine au produit fini. Améliorer la qualité des produits, protéger les cultures et optimiser les techniques : la Basse-Normandie dispose dans le Val de Saire, à Gatteville-Phare, d’une station d’expérimentation légumière et horticole, la Société d’Investissement et de Développement pour les Cultures Légumières de BasseNormandie, plus connue sous le nom de Sileban.

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sALON/DE L’ AGRICULTURE Les enjeux de l’ostréiculture de demain

Malgré la crise, les ostréiculteurs manchois gardent confiance en l’avenir.

l’ouest du département, produisent essentiellement des huîtres de demi-élevage, qu’ils vendent à d’autres secteurs comme celui de la baie des Veys, qui termine l’élevage. D’un point de vue strictement économique, les professionnels ont évidemment souffert des mortalités qui dans certains bassins comme à Blainville-sur-Mer, à l’ouest, ont pu décimer jusqu’à 80 % du cheptel.

Comment venir à bout des mortalités successives qui depuis 2008 frappent durement l’ensemble des bassins ostréicoles, à commencer par ceux de la Manche ? Même s’ils ne peuvent pour l’instant répondre à cette question, et laissent aux scientifiques le soin de la leur apporter le plus rapidement possible, les ostréiculteurs ne perdent pas confiance.

80 % de pertes

La Manche est un leader C’est que la Manche a réussi, alors que l’ostréiculture ne s’y est développée que depuis le début des années 1970, à représenter pas moins de 21 % de la production nationale d’huîtres. Comment ? Pour des raisons liées à la fois à la température de l’eau et aux courants forts de Normandie, les professionnels utilisent du naissain, les petites huîtres, originaire d’autres régions comme le bassin d’Arcachon. Même si le captage naturel fournit l’essentiel du naissain ostréicole,

Les recherches sur les causes de la mortalité des huîtres creuses se poursuivent activement. Ici, des ostréiculteurs et des chercheurs à Bricqueville-sur-Mer.

les écloseries-nurseries d’huîtres, à l’image de la Satmar à Gattevillephare, la plus grande d’Europe, constituent une part non négli-

geable d’approvisionnement pour les ostréiculteurs normands. Les caractéristiques des secteurs ostréicoles, principalement la quan-

tité de nourriture présente, ont entraîné des spécialisations par bassin de production. Les professionnels de la Côte des Isles, à

Cependant, comme les amateurs d’huîtres sont restés tout aussi nombreux la baisse des quantités proposées sur le marché a pu être compensée par des prix en hausse, parfois de 20 %. A quoi se sont ajoutées des aides des diverses collectivités territoriales. Il n’en reste pas moins que ce sont surtout les jeunes ostréiculteurs qui ont été le plus touchés par cette surmortalité et que, pour eux, l’avenir passe tout autant par une meilleure organisation de la profession que par une réponse efficace aux phénomènes de mortalité. C’est pourquoi ils fondent de nombreux espoirs dans le tout récent Centre de référence sur l’huître, placé sous la responsabilité du professeur Michel Mathieu, de l’Université de Caen.

Pêche : Cherbourg retrouve le moral La pêche manchoise reprend des couleurs avec le Carpe Diem III. A son arrivée dans le port de pêche de Cherbourg, vendredi 2 décembre 2011, le chalutier “Carpe Diem III” a fait l’objet de toutes les curiosités et de toutes les attentions. Rien d’étonnant à cela puisqu’il était attendu avec une réelle impatience au moment où un autre chalutier, ancien ruban bleu de la flottille locale, le “Fred Eric Jacky”, avait définitivement quitté le port peu de temps avant en direction de Boulogne-sur-Mer. Ce dernier navire, en outre, représentait à lui seul 15 % des apports de la criée qu’il pouvait ainsi mettre en position difficile. Motif supplémentaire de réjouissance : cela faisait 16 ans que le port de pêche du Nord-Cotentin n’avait pas accueilli un bateau de cette importance. Sixième chalutier de la flottille de pêche cherbourgeoise, le “Carpe Diem III” possède un équipage de six marins, qui auparavant étaient tous sur le “Fred Eric Jacky”. Le patron est Stéphane Bonnemains, 37 ans, également copropriétaire du bateau avec un des membres d’équipage, Bruno Varin, 42 ans.

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nouvelle à Cherbourg. Jusqu’alors, l’ensemble de la pêche de toute la flottille était trié à terre. Avec l’arrivée du nouveau chalutier, le centre de marée local espère bien atteindre les 6 000 tonnes d’apports annuels. Un montant qui lui permettrait de se maintenir parmi les dix premières criées de France.

6 000 tonnes d’apports annuels

Le Carpe Diem III est le sixième chalutier hauturier de la flottille cherbourgeoise.

Construit en 2000 le “Carpe Diem III” a l’avantage supplémentaire d’être le plus jeune navire de la flottille locale. Il mesure 22,50 mètres

de long, 7,2 mètres de large et son tirant d’eau est de 3,6 mètres. Sa configuration un peu particulière devrait permettre à son équipage

de trier et de mettre en casier à bord une partie de la pêche. Une évolution de plus en plus courante dans les halles à marée, mais toute

Pour Marc Delahaye, le directeur de la criée cherbourgeoise, l’activité que va apporter le Carpe Diem III va permettre de fidéliser les acheteurs et de conforter toute une filière, notamment les différentes coopératives du port de pêche. Depuis qu’il a commencé à travailler, le nouveau chalutier pratique le chalut de fond et effectue des marées de quatre jours en Manche ouest de façon à privilégier la fraîcheur des produits pêchés : cabillaud, lieu, bar, julienne, dorade, limande, encornet, seiche. En dépit de la conjoncture morose de la pêche, les deux armateurs gardent confiance en l’avenir, moyennant un rythme de travail soutenu et une bonne gestion, indispensable quand on sait que l’investissement nécessaire à l’achat de leur bateau s’est monté à un million d’euros environ.


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sALON/DE L’ AGRICULTURE Ça gaze pour la Meuh Cola ! La Meuh Cola… voilà un produit 100 % normand ! Et qui a la cote… Fabrication locale… distribution nationale. En trois ans, cette limonade au cola estampillée Normandie s’est taillé une jolie place sur le marché et s’étend aujourd’hui hors de la sphère régionale. Vous la trouverez au Havre, à Rouen et même au-delà, à Lille, Lyon et Toulouse ! Le succès est grandissant. Les chiffres sont parlants : 50 000 bouteilles produites la première année, 150 000 aujourd’hui. Et l’an prochain, il devrait y en avoir le double.

Une boisson solidaire La Meuh Cola est née dans la tête d’un Granvillais taquin, Sébastien Bellétoile : “J’adore parodier les grandes marques. Et puis je trouve que les Normands ne se valorisent pas assez, l’autodérision est une façon de s’assumer”. Un humour au service de valeurs plus sérieuses et bien ancrées. “Le terme exact pour définir ma boisson est solidaire”, précise-t-il. Il entend par là une dose de bio, un peu d’équitable et un goût de la pe-

tite entreprise à taille humaine. Début 2009, ce trentenaire, alors au chômage, commence à s’intéresser aux sodas régionaux qui fleurissent partout en France. Bientôt associé à un producteur de cola basque, qui lui cède une partie de son stock, le Granvillais teste les premières bouteilles étiquetées Meuh Cola sur les festivals, à l’été 2009. Convaincu du potentiel du soda, Sébastien Bellétoile décide d’en faire son activité principale et s’attelle à une refonte radicale de la recette. Il vise une boisson moins chimique, conforme au cahier des charges du label Agriculture Biologique. En avril 2010, il crée sa société, Sollibules.

De nouvelles limonades Dans un local de Saint-Pair-surMer, près de Granville, il a installé une véritable petite fabrique, où il élabore sur place la Meuh Cola 100 % Normande. Mais les demandes sont si fortes qu’il y a parfois ruptures de stock. Dès mars 2012, le limonadier aura ses propres machines et pourra être complètement autonome en fabrication. “On va pourvoir prendre notre envol”. Sébastien Bellétoile va également sortir de nouvelles boissons pour étendre sa gamme : la limeuhnade

Avec la Meuh Cola, Sébastien Bellétoile est devenu un véritable ambassadeur de la Basse-Normandie. Ses produits s’exportent aujourd’hui à Rouen, Le Havre et même à Lille, Toulouse et Lyon.

bio et un cola de couleur rose, conçu à partir de marc de raisin. Un breuvage riche en polyphénols (antioxidants), qui a tout pour

plaire. L’avenir semble radieux pour Sollibules, qui surfe parfaitement sur la vague et qui fait figure de porte-drapeau de la Manche. Des

bouteilles de Meuh Cola seront d’ailleurs présentes sur le salon de l’agriculture, à Paris. Site internet : http://la-meuh.fr.

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• Photos : Fotolia, Jérôme Houyvet.

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sALON/DE L’ AGRICULTURE

Le salon en pratique Quelques trucs pour une visite réussie du Salon de l’Agriculture. Le salon de l’Agriculture, c’est où ?

Le Salon International de l’Agriculture, SIA pour les intimes, se tient au parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris. Il occupe les pavillons 1, 2, 3, 4, 7.1 et 7.2.

C’est quand ?

Le SIA est ouvert du samedi 25 février au dimanche 4 mars 2012. Il est ouvert tous les jours de 9 h à 19 h sans interruption. Une nocturne est prévue le vendredi 2 mars jusqu’à 23 h. Les entrées seront possibles jusqu’à 22 h 30.

Combien ça coûte ?

L’entrée du salon est de 12 € en plein tarif. Les enfants de 6 à 12 ans paient 6 € et c’est gratuit pour les moins de 6 ans. Les étudiants, sur présentation de leur carte, ont droit à une entrée à 6 €. Les personnes à mobilité réduite et leur accompagnateur paieront 9 € chacun. Pour les groupes entre 15 et 49 personnes, l’entrée individuelle est de 10 €. Elle descend à 9 € pour les groupes de plus de 50 personnes. Pour la nocturne du vendredi 2 mars, un billet spécial à 6 € est en vente à partir de 19 h.

Le stand de la Manche, où est-il ?

Dans le Hall 7.2, le hall des régions de France. Le stand est à l’emplacement K32. Juste à côté de l’Irqua Normandie, l’institut de la qualité gastronomique régionale. Le plus simple pour y aller directement, c’est d’utiliser l’entrée de gauche de la place de la porte de Versailles (porte A) et de passer entre les pavillons 3 et 4. Le pavillon 7 est au fond. Un petit train peut même vous y conduire rapidement et gratuitement !

Le pavillon 1 du salon attire chaque année une foule importante. Les animaux plaisent toujours autant ! Pour en profiter au maximum, mieux vaut choisir de le visiter pendant les heures creuses.

Comment j’y vais ? C’est à Paris, dans un quartier où il est difficile de se stationner. La meilleure solution est donc d’emprunter les transports en commun. La SNCF propose d’ailleurs des tarifs préférentiels du 25 février au 1er mars sur le réseau Grandes Lignes. Le code de cette offre est : EV13. Renseignez-vous dans les gares. Reste ensuite à prendre le métro. La porte de Versailles est accessible depuis les lignes 12, station Porte de Versailles, et c’est direct depuis les gares Montparnasse et Saint-Lazare. La ligne 8, station Balard, permet aussi d’aller au salon.

Je ne veux rien manquer

En tramway, qui dessert les boulevards des Maréchaux. Une station à retenir : porte de Versailles sur les lignes T2 et T3. En bus. Deux lignes arrivent au Salon : la ligne 39 (Balard ou porte d’Issy) et la ligne 80 (porte de Versailles). A Paris, il y a le Vélib, ces vélos en libre-service. La porte de Versailles dispose de trois stations Vélib à proximité : rue Ernest Renan, Boulevard Victor et square Desnouettes. Pour les inconditionnels de la voiture, depuis l’autoroute A13, prendre le périphérique extérieur (rester à droite en entrant dans Paris) et sortir à Porte de Sèvres ou Porte de Versailles.

Le pavillon 7 héberge les régions de France.

Dans l’absolu, tout est à voir. Le pavillon des régions permet de déguster toutes sortes de produits. Les pavillons 1 et 4 accueillent l’élevage et ses filières. Les concours agricoles se déroulent dans le pavillon 1. Le pavillon 2 est celui de la beauté et de la mode au naturel, du jardin et du paysagisme. Le pavillon 3 accueille les agricultures et délices du monde. On y retrouve également les services et les métiers de l’agriculture. Le pavillon 4 est aussi celui où se trouve le tourisme rural, vert et équestre.

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ACCÈS VISITEURS

Pour encore mieux suivre le salon et toutes ses aventures, Tendance Ouest s’installe au cœur de l’Espace Manche. Pendant toute la durée du Salon de l’Agriculture, la première radio de Normandie organise une émission quotidienne, du dimanche 26 février au vendredi 2 mars, de 12 h 06 à 12 h 30. Le journaliste Thibault Deslandes sera sur place et accueillera à chaque fois plusieurs invités qui viendront parler de “leur” salon. La radio proposera également de multiples reportages inédits.

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Pas simple de se déplacer sur le salon. Des plans sont disponibles sur place.

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Dossier spécial Salon de l'Agriculture