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développé AveC

THIeRRY BReUIl

3 fois Champion de franCe, Champion du monde par équipe de Trail 2011.

ACCROCHE Crampons de 5 mm stabilité en devers - débourrage facilité Talon rainuré pour plus de stabilité - efficacité en propulsion


L’APPEL DES SENS EDITO

Au marteau bretté, à la boucharde, les hommes ciselaient, taillaient, échafaudaient dans le silence des grands causses. De ce travail rude mais vital, ils nous ont légué baumes, abris, fortins, canaules, chapelles, ermitages, faïssas… une histoire, notre histoire. Pas la grande histoire, non, celles des pauvres gens, pastres vivant de quelques caprins vautrés dans le migou. Accrochés à ces flancs de causses où l’hiver le vent d’autan hurle sa souffrance. Deux siècles plus tard, les Templiers cheminent ainsi de baumes en baumes, à la découverte de ces vestiges. Sur ces étroits sentiers bâtis au cordeau où la pierre souvent bloquée à sec joue de fragiles équilibres. C’est notre richesse, la richesse des Templiers, notre terroir que les hommes et femmes, dans leur survie, nous ont laissé comme preuves d’un passé rural à découvrir, à préserver. Les Templiers nous rapprochent de ce passé pour vivre aujourd’hui à quelques encablures de notre confort quotidien, des escapades mesurées. Nous y croisons éleveurs, chasseurs, dénicheurs d’un petit rien. Nous y sommes en conquête avec nous mêmes, en découverte, en compréhension de ces lieux d’une infinie sagesse. Enigmatique et poétique lorsque, à deux pas d’une falaise vertigineuse, le vide, l’horizon, le lointain s’offrent à vous, rien que pour vous. Sur les Grands Causses, il y a comme un appel. De mille voix, d’une seule voix, comme une attirance à s’échapper, à fouiner, à cheminer. Pour s’approprier l’instant d’une pensée ce territoire fouetté, balayé, caressé de mille mélodies. C’est un pays qui a du sens, c’est un pays aux quatre sens, c’est un pays qui donne du sens à nos pas, notre souffle, nos pensées. Il faut en profiter. — Gilles Bertrand — LE MAGAZINE DES TEMPLIERS Editeur : Eldorun - 11 impasse du Rajol - 12100 MILLAU - Directeur de Publication : Gilles Bertrand - Direction Artistique : Arnaud Sauveplane Monochrome - Rédaction : Gilles Bertrand et Odile Baudrier - Photos : Gilles Bertrand - Roland Thievenaz - Port Folios : Gilles Bertrand - Régie Publicitaire : PAC Communication - Impression : CEE - Date de parution : septembre 2015 - Ne peut être vendu


LA COMPTA DES TEMPLIERS

1995

C’est l’année de création des Templiers sur le Larzac, premier trail organisé en France. Une épreuve née en s’inspirant des grands trails américains. Cette course est lancée pour soutenir au Tchad un orphelinat et un centre de PMI. Depuis 220 000 euros ont été versés à Betsaleel. Les bénévoles de cette ONG sont présents chaque année dans l’organisation.

850

Tel est le nombre de bénévoles présents au sein d’associations locales mobilisées pour le succès de la course.

2000

Comme le nombre de participants pour la Belle de Millau au profit de la Lutte contre le cancer, l’épreuve marche course qui renforce l’identité solidaire des Templiers. Avec cette année un départ somptueux sur le place du Mandarous.

60

5h20’

Et oui, ils ne seront que 60 privilégiés à disputer la première édition de la Solitaire des Templiers. Un lieu de départ inconnu, un parcours inconnu, en totale autonomie, comme un retour aux sources du trail. C’est le temps de course le plus court enregistré sur les Templiers lors de la seconde édition qui avait vu la victoire de Patrick Michel. Le temps le plus long a été enregistré en 2004 par Olivier Bulle vainqueur de l’édition anniversaire en 6h 49’. L’an passé, Benoit Cori s’impose en 6h 36’. Depuis 20 ans, les parcours ont constamment évolué. Chez les femmes, le temps le plus court est de 6h 08’ par Corinne Favre en 1995 et le plus long est de 8h 37’ par Kenza Pedrero en 2008.

300

Heures ont été nécessaires pour la réfection d’un sentier au programme des Templiers 2015. Trailers mais aussi randonneurs, chasseurs et contemplatifs vont en profiter.

4

Continents disputeront le match France against the World dans le cadre des Templiers. L’Europe et la France, l’Asie avec le Japon, l’Afrique avec l’Afrique du Sud et les Etats Unis. Soit 50 coureurs internationaux.

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8

Fois, Karine Herry s’est imposée sur les Templiers. Elle possède le plus grand nombre de victoires, de 1998 à 2006. Chez les hommes, Thomas Lorblanchet pointe en tête avec 4 victoires.


250

2500 femmes viennent colorer les pelotons de l’ensemble des 14 courses inscrites au programme des Templiers. Sur la course phare du dimanche, elles représentent 8% du peloton, sur les Troubadours, elles sont en masse avec 60% des effectifs et sur la Monna Lisa, elles représentent 45%.

1200

Coureurs au départ de l’Endurance Trail, l’épreuve la plus longue du programme des Templiers bat tous les records de participation. Un Ultra qui a trouvé son public sur un format idéal en fin de saison et disputé sur un parcours extraordinaire proposant l’intégralité de tous les grands panoramas des Grands Causses.

4

Coureurs sont toujours en lice pour le plus grand nombre de participations. Pierre Batisse, de Toulouse, JeanClaude Belet de Séverac le Château, Christian Vignaud, de Perpignan et Pascal Moreau, de la Drôme ont disputé et terminé l’intégralité des 20 premières éditions.

1

Seul coureur a réussi à s’imposer à la fois sur les Templiers et sur l’Endurance Trail. Il s’agit du Suisse Christophe Jacquerod, vainqueur des Templiers en 2005, mais aussi couronné sur l’Ultra en 2004.

10

Heures, c’est le Graal. Terminer les Templiers en moins de 10 heures, c’est le must, on rentre le gotha. L’an passé, ils n’étaient que 194 sur 2000 finishers dont 15 femmes à finir cette grande boucle à une moyenne de 7,5 km. Cela prouve toute la difficulté et la technicité de cette course.

4 40000 Entrées sont enregistrées au Salon du Trail pour lequel 130 exposants sont présents Un chapiteau de 2500 m2 est installé pour accueillir ce salon international.

Comme le numéro de dossard qui sera porté par Benoit Cori le vainqueur de l’édition 2014. Le dossard 2 sera porté par l’américain Alex Nichols, classé 3ème l’an passé.

Fois seulement, les Templiers ont été remportés par des coureurs étrangers. L’Espagnole Nuria Picas s’est imposée trois fois en 2012, 2013 et 2014. Quant au Népalais Dawa Sherpa et le Suisse Christophe Jacquerod, ils ont partagé la première place du podium en 2005 en 6h 30’. En 2013, le podium féminin fut 100% étranger avec Nuria Picas (Espagne), Emelie Forsberg (Suède) et Lizzy Hawker (GB).

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BERGER

LES CAUSSES ET LES CÉVENNES, L’AGRO-PASTORALISME CLASSÉ PAR L’

En 1995, Patrick Renard, le premier vainqueur des Templiers, avait eu le privilège de recevoir un Sac de Berger de la main de son concepteur, Jean-Pierre Romiguier. Le créateur, évidemment coiffé de son ineffable chapeau noir, avait remis au coureur cette superbe pièce conçue dans la tradition du sac de berger. Sa forme remonte au 17ème siècle, il est encore utilisé par les bergers transhumants du sud de la France, Jean-Pierre Romiguier le fabrique en mariant cuir souple et cuir épais, et en l’agrémentant d’une bouclerie en laiton massif, pour un usage dans toutes les circonstances d’une vie moderne. C’est au début des années 80 que Jean-Pierre Romiguier a installé son atelier artisanal du cuir à Layrolle, entre Causses et Cévennes. Il y emploie maintenant une dizaine de personnes, occupées à produire divers articles, entre la maroquinerie, les bottes, les vêtements, tous en cuir et peau lainée. Depuis 2008, cette démarche très qualitative s’est vue distinguée avec le label “Entreprise du Patrimoine Vivant” décerné à l’atelier du Sac du Berger, un hameau en plein milieu de la forêt…

UNESCO

ECO EVENEMENT

LE SAC DU

TERROIR

Le Festival des Templiers est une épreuve à label Eco.Run garantissant une organisation s’inscrivant dans une démarche environnementale, éthique et durable. La volonté de bâtir une organisation respectueuse de l’environnement a imprégné le Festival des Templiers dès la création de l’épreuve. Les premières problématiques tournaient autour des déchets laissés dans les chemins par les coureurs, et pour les sensibiliser, il avait été proposé de faire signer à chacun une “Charte du Trail”, liste de bonnes conduites à respecter, pour une évolution en toute harmonie. Au fil des années, se sont ensuite imposés des axes importants : une bonne gestion des déchets avec un tri sélectif sur les divers points de ravitaillement, un marquage du parcours avec des traceurs éphémères pour restituer le plus rapidement possible des sentiers indemnes, une communication de l’évènement privilégiant les supports électroniques, des impressions sur papier provenant de forêts gérées durablement, par des imprimeries labellisées Imprim.Vert, comme pour les textiles. Et point déterminant pour inscrire un tel évènement dans le futur, les tracés des parcours des différentes épreuves du Festival s’effectuent dans le respect de l’environnement et des divers acteurs du milieu naturel. Le Festival des Templiers s’inscrit ainsi en accord avec la charte des éco-évènements définie par le Parc Naturel des Grands Causses.

Depuis quatre ans, le territoire des Causses et Cévennes a le privilège d’être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, en vue de préserver les paysages exceptionnels façonnés par l’agro pastoralisme durant trois millénaires. Le site ainsi mis en valeur s’étend sur plus de 300.000 hectares, sur un territoire situé entre Lodève, Ganges, Alès, Mende et Millau. Dans la zone des Grands Causses entourant Millau, cette labellisation par l’UNESCO vise à distinguer ce cadre façonné au fil des siècles par les bêtes ovines et bovines, en vue de la production de viande et de fromage, notamment pour la production Roquefort en ACO, depuis 1925, et aussi Salakis et tomes fermières, ainsi que la production de viande. Les villages et les grandes fermes en pierre situées sur les terrasses profondes des Causses reflètent l'organisation des grandes abbayes à partir du XIe siècle, et cet important patrimoine bâti demeure visible dans le site exceptionnel de la ferme de Roujarie sur le Causse Noir à proximité de St André de Vézines. Les coureurs du Grand Trail des Templiers passent à proximité immédiate de cette superbe construction en pierres du Causse Noir et au toit citerne en lauzes.

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LE MONDE

AU PIED DES CAUSSES JASMIN

Sylvain Court. Pour la deuxième année, le Grand Trail des Templiers servira de cadre à un match “France against the World”. Une initiative s’inscrivant dans la continuité des grands matchs mis sur pied en athlétisme à Philadelphie pour les “Penn Relays”, en cross à Dublin pour le Cross International ou en course sur route à Atlanta pour la “Peachtree Road Race”. Avec la volonté d’une confrontation des meilleurs Français face aux autres nations. Pour 2015, les teams étrangers arriveront des Etats-Unis, du Japon, d’Afrique du Sud, sans oublier aussi une équipe d’Europe formée par plusieurs nationalités (Angleterre-Finlande-SuèdeEspagne-Suisse-Pologne). Au total près d’une cinquantaine de coureurs, tous soucieux de bien figurer sur cette épreuve, connue et reconnue dans le monde entier.

SYLVAIN

COURT

Sylvain Court sera le chef de file de l’Equipe de France. Le militaire de Mérignac a été sacré Champion du Monde de trail ce printemps, et il reviendra sur le Grand Trail des Templiers qu’il connaît bien pour l’avoir disputé à de multiples reprises dans le passé, avec des résultats très conséquents. Dès sa première participation, en 2010, Sylvain Court avait terminé 7ème, et à nouveau en 2012. L’année suivante, il butait à la porte du podium, avec la 4ème place et il avait enfin connu le bonheur de terminer 2ème l’année dernière. Une victoire aux Templiers serait bien sûr une apothéose après son titre mondial !

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NUNIGE

Jasmin Nunige retrouvera pour la 2ème année le Grand Trail des Templiers, au sein de l’équipe d’Europe. Elle a encore étoffé son gros palmarès cet été, avec une 6ème victoire sur la Swissalpine K78 fin juillet, ponctuée d’une 6ème place au scratch ! Fin août, elle a remporté l'UltraVasan K90 en Suède, organisé sur le circuit de la Vasaloppet. Dans le passé, cette talentueuse Suissesse a brillé sur marathon, et en ski de fond. Elle a ainsi été sélectionnée aux JO de Lillehammer en 1994 et aux Mondiaux de Thunderbay en 1995, elle s’est ensuite orientée vers des distances beaucoup plus longues avec à la clé une 3e place à la Transjurassienne en 2005. Désormais elle réussit autant sur route qu’en trail, en 2013, elle a ainsi porté son record à 2h 39’.

Jasmin Nunige.

LE TEAM

AFRIQUE DU SUD

L’Afrique du Sud détache une équipe officielle pour disputer le Grand Trail des Templiers, encadrée par le Président du Trail Running du pays, et par Nick Bester, ancien coureur de très haut niveau, il a terminé 3ème des Comrades en 1988. La qualité sera au rendez-vous de ce team, on retrouvera les deux premiers hommes et deux premières femmes du Champion d’Ultra Trail d’Afrique du Sud 2015, avec Andre Joubert Calitz et Eric Ngubane, 1er et 2ème, et côté féminin Nicolette Griffioen et Su Don-Wauchope, qui évoluera aux côtés de son mari, Iain.


LES

BENJAMINS

LES BENJAMINS

Ashley Erba et Jared Hazen seront les benjamins de ce match, âgés respectivement de 19 et 20 ans. Les deux Américains brillent déjà sur les grandes épreuves outre atlantique. Jared Hazen a débuté sur le 100 miles, la distance fétiche aux Etats-Unis, dès ses 18 ans. Cet ancien pistard et crossman évoluait à un bon niveau dans l’équipe de son lycée à Titusville en Pennsylvanie, mais il a pris le virage du trail très jeune, totalement séduit par ses entraînements sur les chemins. Après un détour dans le Wyoming, où il a exercé la fonction de gardien de maison dans le Teton National Park, et désormais installé dans le Colorado, à Colorado Springs, il brille sur les trails US, avec, en juin dernier, une très marquante 3ème place dans la fameuse “Western States”, une référence aux Etats-Unis. Ashley Erba arrive, elle aussi du Colorado, elle y est étudiante à l’Université de Boulder. Pour elle, le trail est venu un peu par accident : il y a trois ans, elle s’affirmait encore comme une pistarde d’un bon niveau sur 5000 mètres, mais des blessures répétées ont mis fin à sa carrière en stade. Ashley découvrait alors le trail d’une manière originale, en servant de “pacer” à sa mère, avant de dévoiler son grand talent avec de nombreuses victoires, comme cette année au Lake Sonoma 50 miles ou Moab’s Red Hot 55 km. Ces deux grands adolescents ne dissimulent pas leur grande excitation à venir découvrir le Grand Trail des Templiers, et à s’y frotter à une élite mondiale d’une telle qualité…

Ashley Erba. Les Américains en Lice Alex Nichols - Jareh Hazen - Paul Hamilton (tous les trois de Colorado Springs) - Jared Burdick Ashley Erba - Cassandra Scallon Hillary Allen (toutes les trois de Boulder) - Jodee Adams Moore (de Seattle) - Nicole Studler (de Dallas au Texas)

Jared Hazen.

JONAS

BUUD

Jonas Buud retrouve le Grand Trail des Templiers pour la deuxième fois. A 40 ans, le Suédois compte un palmarès très dense, avec un record sur marathon à 2h 22’, sur 100 km à 6h 28’57” établi cette année lors du Mondial qu’il remporte après avoir terminé second deux fois en 2010 et 2012. En 2013 il terminait second aux Comrades Marathon en Afrique du Sud. Côté trail, il s’est d’abord illustré au Swiss Alpine Marathon, où il compte 8 victoires depuis 2007, à l’Ultra Trail du Mont Blanc qu’il a terminé 2ème en 2012. Dans son pays, en Suède, il s’est également illustré sur l’Ultravasan, la Vasaloppet version trail, dont il a remporté la première édition, en 2014, et qu’il vient à nouveau de dominer avec une 2ème victoire. Jonas Buud profitera de sa participation aux Templiers pour visiter la France, il effectuera un road trip en famille, dans un camping car, entre Paris et Nice, puis direction Millau pour disputer l’épreuve ! Le magazine des Templiers 2015 - 7


ALEX NICHOLS

EN DIRECT DU COLORADO Alex Nichols a brillé sur les Templiers l’année dernière, en prenant une belle 3ème place. L’Américain de Denver reviendra cette année depuis le Colorado pour une nouvelle participation, accompagné de sa compagne.

— Photo R.T. — Vous avez participé au Grand Trail des Templiers l’année dernière. Quel a été votre sentiment à propos de cette course ? Je suis plutôt tourné vers la course de cette année. Je pense que le niveau de compétition sera encore plus élevé, et c’est ce qui m’intéresse. Je m’entraîne vraiment dur, et j’espère être prêt pour un tel plateau d’athlètes ! Qu’est ce qui vous a le plus surpris lors de votre venue l’année dernière ? J’ai été très étonné du nombre de participants durant le week-end du Festival à Millau. Je n’avais jamais disputé un évènement aussi important. J’ai été spécialement impressionné par le départ de la course et par la fête pour l’arrivée du dernier coureur. Cela demeure un évènement très mémorable ! Quelle est la différence la plus importante entre ce trail et les trails aux Etats-Unis ? La plus grosse différence pourrait bien être le parcours. Il est très rare qu’une course aux Etats-Unis offre un tour complet d’une zone. Nous avons beaucoup de règles dans les parcs qui limitent parfois l’endroit où une course peut passer. Cela a souvent pour conséquence un parcours très ennuyeux. Mais aux Templiers, le trail traverse une zone très grande et ne répète pas les mêmes sections. C’est vraiment unique !

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Les paysages des Templiers sont-ils similaires à certains paysages américains ? Les paysages pourraient être comparés à certaines parties de l’Est des Etats-Unis, comme la Caroline du Nord et la Virginie. Il y a des zones montagneuses mais elles ne présentent pas d’altitudes supérieures à celle de la ligne des arbres. Dans le Colorado où je vis, les trails montent à des altitudes beaucoup plus élevées et souvent au-delà de la ligne des arbres. Etait-ce plus difficile pour vous l’année dernière de disputer cette épreuve sans connaître le parcours ? L’année dernière, la chose la plus difficile a été de ne pas savoir quel type de terrain le circuit allait emprunter. Je pouvais voir sur la carte de la course qu’il y avait beaucoup de changements d’altitude, mais je ne savais pas si ce serait technique ou rocailleux. J’avais eu aussi des conseils sur la difficulté de la deuxième moitié de la course, alors j’avais une idée assez précise de ce qui m’attendait. C’était très utile d’entendre des autres coureurs que la seconde partie serait aussi difficile ! Qu’espérez-vous pour cette année ? J’espère que l’équipe US fera une belle course, mais je sais que ce sera difficile de gagner le titre par équipe comme nous l’avons fait l’année dernière. A titre personnel, j’espère améliorer mon résultat de l’année dernière, maintenant que je connais mieux la course et que je suis prêt pour les deux dernières montées !


MISS DOURBIE A L’ENVIE

Elle a creusé, creusé, creusé cette petite rivière née dans les vasques du Lingas au pied de l’Aigoual. Une Dourbie impétueuse, docile, sinueuse, gracile. Elle a creusé, creusé, creusé, cette rivière en se gonflant des eaux de la Brévinque et du Trévezel, filant droit pour verser des eaux claires dans un Tarn alangui. La Dourbie s’est ainsi encastrée dans une gorge profonde, le Boffi la domine, le Rajol la toise, le Pompidou la cajole de ses hautes falaises rectilignes, le Caoussou lui sert de vigie. Tout comme Pépissou et sa tour de gué. La Dourbie s’est ainsi laissée dévorer par ces rious secs, ces valats, ces recs ravinant flancs et terrasses sans vergogne. Profondes entailles sculptées, découpées, rabotées. Le temps fait son oeuvre. La Dourbie des hommes également, ces petites gens d’autrefois, qui eux aussi ont creusé, sculpté, raboté ce paysage râpeux mais savoureux. Jeu de baumes, jeu de survie dans cette rocaille, cette caillasse, ces chaos où l’écho de votre voix renvoie à votre solitude. Il faut prendre de la hauteur pour admirer cette vallée de la Dourbie. A l’envie. — Port-folio Gilles Bertrand — Merci à Cédric, futur coureur de la Solitaire, pour sa disponibilité. Il est habillé par Kalenji, et chaussé de la XT5, le nouveau modèle Kiprun Trail très performant de Kalenji, développé avec Thierry Breuil.

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Sur les grands causses, nous avons tous des coins de paradis. Organiser, c’est justement partager des carrés, des triangles, des parcelles de bonheur. Alors il est temps de plonger. Miss Dourbie s'offre à l’envie.

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Végétale, minérale et sculpturale, Miss Dourbie est de buis et de bruit. A nu, enveloppée. Dénudée sous canopée, Miss Dourbie vole au vent. Elle prend le temps, elle s'échappe. Ça dérape, elle décape, elle décampe, elle vous tente. Miss Dourbie, tentation, pulsion, passion.

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Miss Dourbie est coquine, elle est maline. Elle cache son jeu.Tournicote, fricote, tricote. Chemin espiègle, sinueux, piÊgeux, de racines que l'on arrache comme des canines.

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Jeu de quilles, jeu de mécréants, Vent d’autan, vent méchant, Palais aux quatre vents, Palais de braise sur charbon ardent, Châteaux de rocs et de ruines, Châteaux de feu et glorieux, Causse, toundra et taïga, Riou sec, rec à jamais sec Un silence de cathédrale Cathédrale des cinq sens Regard lointain, horizon de brume Regard lointain, horizon de fortune Hiver orfèvre, été de fièvre De tout temps, le Causse prend son temps — Photos Gilles Bertrand —

CHAUD FROID SUR LES CAUSSES

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LE GR DES TEMPLIERS SUR LA TRACE DES CAUSSENARDS Le Causse Noir, grand plateau découpé par trois grandes vallées, le Tarn majestueux et ses deux affluents intrépides, la Jonte et la Dourbie. Depuis six ans déjà, le Grand Trail des Templiers est revenu aux sources du trail en s’installant sur le territoire des Grands Causses pour proposer un parcours technique, sauvage, dans un environnement préservé et chargé d’une histoire liée à l’agro-pastoralisme. — Texte et photos Gilles Bertrand —

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Cette grande boucle, cette circumnavigation sur les flancs et au cœur même des Grands Causses s’est modelée au fil des éditions. Comme une pièce de bois précieux que l’on cisèle, que l’on polie. Pour s’approcher du plus beau, du plus spectaculaire des spectacles visuels que peuvent offrir les Causses Noir et Causse du Larzac. Pour cheminer de fermes en fermes, ces grandes propriétés caussenardes telles que Puech Margue, La Roujarie, le Pompidou, pour tirer des caps de village en village, de château en château, Montméjean, citadelle oubliée, La Roque Ste Marguerite illuminé au débouché du Riou Sec. Pour sentir et s’imprégner de la solitude des lieux, lorsque l’on migre au dessus des “quilles” du Rajol, lorsque l’on traverse le chaos de Roquesaltes, lorsque, plein ouest, on prend le vide de plein fouet à l’aplomb des falaises du Pompidou. Ce n’est pas tout, en discutant avec les anciens, avec agriculteurs, chasseurs, en consultant les livres anciens, en étudiant les vieilles cartes telles celles éditées en 1885 par Martel, un pionnier, un dénicheur des causses, il a été permis de retrouver une jasse, des lavognes, de vieilles baumes encastrées sous falaise, grottes et stèles, rochers aux formes évocatrices, arbres séculaires. Les Grands Causses offrent ainsi toutes leurs richesses, naturelles et patrimoniales, pour le bonheur des coureurs à la recherche de sensations, curieux de s’imprégner d’une histoire rurale qui vous porte, qui vous transporte. Le succès du Grand Trail des Templiers s’est fondé sur cette beauté à savourer, à surveiller, à préserver d’un territoire que l’homme a dompté, et façonné avec une telle abnégation qui ne laisse pas insensible.


MODE EXTREME

Vautour d’or La grande boucle, en solo, l’Intégrale soit 75 km, un grand défi extrême pour trailer confirmé – 3400 m+

MODE RANDO TRAIL

Vautour d’argent (2 étapes)

> Millau - St André de Vézines : 34 km – 1200 m+ > St André de Vézines - Millau - 41 km – 2200 m+

PEYRELEAU

Vautour de bronze (3 étapes)

> Millau - Peyreleau : 22 km - 600 m+ > Peyreleau - La Roque Ste Marguerite : 22 km - 900 m+ > La Roque Ste Marguerite - Millau : 31 km - 1900 m+

LA ROQUE STE MARGUERITE

DÉPART ARRIVÉE MASSEBIAU

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PIERREFICHE DU LARZAC


LA ROUJARIE

ST ANDRÉ DE VÉZINES

Aujourd’hui, comme le GR 20 en Corse créé en 1972, comme le fameux Tour du Mont Blanc, pour ne citer que ces deux joyaux de la randonnée, le GR des Templiers sur la base du parcours des Templiers, peut s’offrir à l’année aux trailers et aux randonneurs. Un sentier permanent d’itinérance, à la portée de tous. En mode extrême, en mode rando. Rustique, sportif mais aussi contemplatif. Sur les traces des grands coureurs de trail qui tentent chaque année de conquérir la fameuse couronne de lauriers du vainqueur mais aussi sur les traces des “caussenards”, ces hommes et femmes qui accrochés aux flancs des ravins ont construit ce paysage, ces sentiers défiant la pente, ces terrasses, ces refuges que les vautours contemplent en tournoyant dans le ciel aspirés par les vents chauds. Des milliers de coureurs ont défié à travers les Templiers, cette nature disséquée, le GR des Templiers en circuit de référence dans la communauté des trailers et des randonneurs se prépare désormais à accueillir celui et celle à la recherche de l’authentique, d’un esprit qui souffle sur les Grands Causses. L’esprit des Templiers tout simplement !

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LES SPOTS TEMPLIERS

Voici les 4 spots que nous avons sélectionnés. 4 lieux offrant chacun une technicité particulière pour des entraînements précis, mais dont le but essentiel est de découvrir tous les charmes des Grands Causses. — Texte et photos Gilles Bertrand —

LE SPOT VERTICAL

Le Pic des Agudes C’est l’une des rares montées où l’on peut aligner 500 mètres positifs. Le départ se fait sur route par la D 192 sur 600 mettre avant de bifurquer à droite pour emprunter le chemin grimpant à Liaucous. Une fois ce beau village médiéval traversé, on attaque la “vraie” montée sur le causse de Sauveterre marquée par de très nombreux petits virages très serrés. Au sommet, lorsque l’on débouche sur la grande piste, prendre celle-ci sur 800 mètres pour franchir la limite des 900 m d’altitude. > Distance : 3,180 km > Dénivelé : 510 m+ - entre 400 et 910 m d’alt. > Point de départ : bifurcation D 192 (direction Liaucous) et D 907 (direction Le Rozier) > Point d’eau : à Liaucous (au dessus de l’église)

D 192 E

Liaucous D 907

DÉPART

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ARRIVÉE


ARRIVÉE Pouncho GR 62

Massebiau D 991

D 809 LE RIM TO RIM

Larzac - Pouncho d’Agast Cette expression anglophone symbolise les liaisons entre les deux rebords d’une profonde vallée, la plus connue d’entre elle est bien sûr le Rim to Rim du Grand Canyon du Colorado. Ce Rim to Rim que nous avons sélectionné vous propose de relier le Larzac au sommet du causse Noir qu’est la Pouncho d’Agast. Le must est de réaliser l’aller et retour. Au départ de Pontensac, on s’engage dans une descente très roulante pour rejoindre Massebiau dans le ravin du Roubelier. Puis on grimpe sur le flanc du Causse Noir par le sentier du Rocher Troué puis le sentier de la grotte des Faux Monnayeurs. Passé la barrière rocheuse, on grimpe comme pour les Templiers par le GR Sud pour “taper” la Pouncho.

D 809

DÉPART Potensac

> Distance : 8,5 km ou 17 km pour l’aller et retour > Dénivelé : 490 m+ ou 980 m+ (pour l’AR) > Point de départ : Potensac (Larzac) > Point d’eau : Massebiau (face à la petite route du pont)

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L’ETOILE DES TEMPLIERS

La Monna Lisa puissance 3 Vous vous voulez faire des bosses et améliorer votre capacité à mieux courir (ou marcher) en côte, voici le spot pour enchaîner des bosses et 1000 mètres positifs en 3 ascensions. Au départ du village du Monna, 3 côtes s’offrent aux coureurs, grimpant toutes au-delà des corniches du Causse Noir. Elles ont chacune leur particularité, la plus à l’Est pour travailler la durée, la centrale pour travailler la puissance, la plus à l’ouest pour son côté technique et ses relances. Bien entendu, on ne travaille pas seulement en côte mais aussi en descente pour se faire un pied “caussenard”. > Distance : 3,1 km + 1,6 km + 1,6 km de montée soit un total de 13 km pour l’ensemble de la séance > Dénivelé : 1000 m+ soit 410 m+ + 285 m+ + 305 m+ > Point de départ : Le Monna (à 6 km de Millau par la D 991, dans la vallée de la Dourbie) > Point d’eau : au Monna (aire de jeu enfants)

ARRIVÉE EST

ARRIVÉE CENTRALE GR 62

ARRIVÉE OUEST

DÉPART Monna

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Le Truel

D 907

Vase de Sèvre Capluc Le Rozier

Vase de Chine D 996 Ermitage St Michel

DÉPART ARRIVÉE Peyreleau

Champignon Préhistorique AU ROYAUME DES VAUTOURS

Le Balcon du vertige C’est LE spot rando-trail préféré de l’organisation des Templiers. Avec pour axe central, la vallée de la Jonte et de part en part, ces falaises majestueuses du causse Méjean et du causse Noir. Un circuit portant bien son nom car, une fois au sommet des plateaux, on chemine uniquement sur les rebords de falaises. Sensations garanties et panoramas grandioses. Cela débute par l’ascension de Capluc pour rejoindre le GR 6 conduisant au Vase de Sèvre et Vase Chine ainsi qu’au Pas du Loup. Puis belle descente sur le village du Truel. Passé la Jonte (sentier à droite de la passerelle) on longe ce torrent jusqu’à retrouver le chemin grimpant à l’ermitage St Michel. Une halte est obligatoire pour admirer sur son éperon rocheux les ruines de cet édifice défiant le vide. Puis on s’engage sur le sentier tout en balcon, versant causse Noir, pour rejoindre le Champignon Préhistorique avant de basculer dans la descente très technique sur Peyreleau. > > > >

Distance : 16 km Dénivelé : 1200 m+ Point de départ : mairie de Peyreleau Point d’eau : au village du Truel Le magazine des Templiers 2015 - 33


DES BAUMES AU COEUR

Au cœur des Grands Causses, nichées dans une falaise, au creux d’une fissure, fermant une grotte par quelques pierres taillées, les baumes, habitats sommaires d’autrefois sont de véritables trésors à découvrir, à s’approprier mais à préserver. — Texte et photos Gilles Bertrand - Illustrations Arnaud Sauveplane —

POTENSAC St Martin du Larzac

LES BAUMES

LA BAUME DES

Baumes Au départ de Potensac, il s’agit à la fois d’une découverte du Larzac et plus particulièrement du hameau des Baumes. Cette liaison par le GR 71 débute par un cheminement très symbolique puisque l’on emprunte une magnifique bouyssière. Il s’agit d’un sentier bordé de buis qui autrefois offrait une protection au grand vent pour ceux et celles cheminant de ferme en ferme. Puis on rejoint le village de St Martin du Larzac avant de gagner la ferme des Baumes abritant un majestueux édifice sous roche et fortifié avec ses deux donjons. Cette baume encastrée dans une paroi rocheuse est l’un des joyaux du Larzac qui a fait l’objet d’une restauration pour lui redonner toute sa beauté minérale. On peut durcir cette rando-trail en accédant à Potensac après avoir grimpé le ravin du Roubelier au départ du pont de Massebiau dans la vallée de la Dourbie. 34 - Le magazine des Templiers 2015


ST MARCELLIN

MYTHIQUE ET MYSTIQUE

St Marcellin

Au départ de Liaucous (ou du Rozier), ce circuit conduit au site remarquable de St Marcellin en empruntant le GR Tour du Méjean. La montée est régulière sur les flancs ouest de la vallée du Tarn pour rejoindre le village troglodyte d’Eyglazines. On grimpe alors sur le causse pour redescendre ensuite dans le cirque de St Marcellin donnant accès au site éponyme. Vestige d’une baume rupestre que l’on considère comme l’ancien château des lieux, son église restaurée, le site mérite le recueillement avant de redescendre dans la vallée.

Eyglazines

Vieux caussenards, randonneurs aux jambes noueuses qui ont connu les heures glorieuses de l’Alpina, spéléos en quête d’un souffle puissant et désormais trailers dénicheurs de curiosités, qui ne s’est pas laissé séduire par la “chasse” aux baumes, ces habitats sommaires le plus souvent cachés sous falaise où autrefois, bergers, chasseurs, charbonniers, sabotiers et bûcherons utilisaient comme habitat temporaire ou parfois sédentaire.

D 907 D 192 E LIAUCOUS

Dans la vallée du Tarn, sur les rebords des gorges de la Jonte, en surplomb de la Dourbie, de très nombreux vestiges existent et font l’objet de simples randonnées où parfois de véritables expéditions à la recherche improbable de ces abris de fortune que la nature a dévorés. La baume se cache, se laisse désirer, à l’abri des regards, loin de tout, souvent unique vestige d’une économie de subsistance que les historiens datent du Vème au XIXème siècle. Elle capte encore l’attention car ces constructions nichées le plus souvent sous falaises ou bien pour fermer une cavité, sont énigmatiques. Car il y a si peu pour tenter de comprendre la vie d’autrefois dans ces lieux de désolations, souvent arides, perchés loin du premier bourg, reliés à la vie de ces villages par un maigre sentier parfois taillé dans le rocher, accrochés à de fortes pentes qui font désormais le bonheur des trailers. Il y a mystère, solitude, recueillement, fantasmes à cheminer ainsi à la conquête de ces espaces de vie qui imposent le respect. Le dénuement le plus total pour nos aïeux, privés d’eau, dans le froid ou la chaleur, dans l’insécurité des lieux hantés par un petit peuple de défroqués, de ventres mal nourris et de gueux. Le magazine des Templiers 2015 - 35


SUR LES TRACES DE

Jean Grin

CHAMPIGNON PRÉHISTORIQUE

La Vaysse

Ce parcours peut se décliner de multiples façons soit en restant uniquement sur le causse Noir dans le domaine forestier de l’ONF soit en provenance de Peyreleau en s’offrant le ravin de Malbouche à grimper. Cette rando trail permet de découvrir trois sites au départ de la chapelle de St Jean des Balmes : le Champignon Préhis-torique au pied duquel on devine les vestige d’un petit abris de berger, une magnifique baume esseulée, perdue au plus profond de cette forêt (elle ne porte pas de nom) et bien entendu la Vaysse répertoriée pour avoir été le refuge de l’ogre Jean Grin. Découverte hivernale oblige pour renforcer l’effet fantasmagorique.

ST JEAN DE BALMES

D 29

Parfois dans le vertige des lieux, il y a cet instant très furtif de la découverte. Etre en contact avec un passé qui ne laisse que des questions. Pas de cadastre, pas de registre notarié, pas de plans de construction, peu ou voir aucun indice, sans aucune inscription de datation, rien pour espérer comprendre cette vie si austère d’autrefois. Juste un nom, la Baume des Paillasses, la Baume Jasse des Hérans, la Baume du St Amans…cette histoire rurale nous laisse des centaines de vestiges et tant de questions ou bien une seule : “comment vivre en de tels endroits ?”. Baume de défense pour se protéger des épidémies ou des brigands, baumes fortifiées, ce sont les plus élégantes comme celle de St Firmin dans la vallée du Trévezel, baumes utilitaires, parfois à vin ou lieu d’affinement pour le fromage, également conçue comme pigeonnier tel celui de Montméjean mais le plus souvent baume jasse comme dans le ravin de la Millière du Douls pour accueillir le pâtre et son maigre troupeau. Ces habitats n’ont aucune grandeur. Ils ne touchent pas à la magnificence des cités Templières. Mais de pierres taillées rudement au marteau bretté, ces refuges parfois rupestres sont des lieux de dévotion et de sagesse. 36 - Le magazine des Templiers 2015

Un livre de chevet à lire, à dévorer avant de partir vous-même à la conquête des Baumes : Les baumes, abris sous roche et troglodytes. Cet ouvrage réalisé sur une vie de recherche par Alain Bouviala explique, récence, décortique l’histoire des baumes. C’est bien entendu une invitation au voyage, à courir autrement. Aux éditions Les Adralhans.


Lieu de halte dans le silence des lieux. Comme seul au monde à caresser la pierre vaguement dégrossie et déchaussée de son logis. Des restes de poudre, parfois une encadrure de fenêtre, au linteau coffré. C’est à peine si l’on peut glisser la tête. Jambages polies par le temps où les gongs sont restés miraculeusement scellés à la roche. Parfois les vestiges d’un four à pain comme à la Clapade. Pour caresser du doigt le creux noirci de l’orifice. Les baumes appartiennent à cette histoire d’une France oubliée, l’histoire du bas peuple. Une histoire qui se délite avec le temps. Combien de sites ont été pillés, combien de baumes ont été sauvagement fouillées, combien d’édifices se sont écroulés, pourtant témoins de notre passé, sans que cela n’émeuve personne. Ces baumes sont des petits trésors à découvrir, à s’approprier mais à préserver.

D 110

LONGUIERS

LA BAUME DU

Heran

Baume du Heran

L’accès peut s’effectuer soit du plateau, soit de la vallée de la Dourbie, c’est au choix, l’option plateau au départ du hameau de Longuiers est plus aisée car le dénivelé est plus faible. Cet habitat se cache à mi pente dans le ravin de Langouyre, profonde entaille sur les flancs du causse Noir. Cette baume est l’une des plus imposantes que l’on puisse admirer avec cette immense voûte rocheuse barrée par un mur de protection correctement conservé. Le lieu est très humide, un choix judicieux pour garder les troupeaux de caprins.

D 991

LANGOUYRES

Le magazine des Templiers 2015 - 37


A VOUS DE TROUVER

Au jeu de baume Trois coups de cœur, la baume de la Clapade, la baume de St Firmin ainsi que la baume du Rajol. A vous de chercher, de “chiner” dans ces travers des gorges de la Dourbie pour débusquer au détour d’une falaise ces abris sous roche témoins d’un passé rural oublié. > LA BAUME DE LA CLAPADE Un indice : elle se cache en contre bas de la chapelle de la Clapade sur le plateau du Larzac, versant ravin de Laumet. > LA BAUME DU RAJOL Un indice : elle se cache en contre bas des falaises du Rajol dominant le village de la Roque Ste Marguerite. > LA BAUME DE ST FIRMIN Un indice : elle se cache non loin du village de Trèves sur les premiers contreforts du petit causse des Canayère.

38 - Le magazine des Templiers 2015


LE BALCON DU VERTIGE Les vautours de la Jonte réintroduits dans les années 70 offrent un spectacle féérique. Dans le ciel bleu azur, volant parfois comme des fusées, planant le plus souvent dans les airs chauds tourbillonnants. Puis trouvant refuge dans chaos, failles, fissures ou bien en position de guet sur des éperons rocheux. Ils sont les géants, les seigneurs du Balcon du Vertige. — Photos Gilles Bertrand —

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SION — PAS

SE CAUS

SION — PAS

C LARZA

PASSION —

p.50 EN VRAI CAUSSENARD p.52 LE MENUISIER DES CAUSSES p.54 LES ARTISTES DES TEMPLIERS SION — PAS

BOIS

p.56 L'ŒIL DES CAUSSES p.59 LA RÉINTRODUCTION DU GYPAÈTE BARBU p.60 “ON FAIT DU BON LAIT”

SION — PAS

UR VAUTO


EN VRAI

CAUSSENARD Thierry Breuil, vainqueur du Grand Trail des Templiers en 2009, s’affirme comme un inconditionnel de l’épreuve, il la disputera pour la 10ème fois cette année. Il connaît mètre par mètre son parcours, qu’il retrouve chaque année en septembre pour un long week-end d’entraînement et de reconnaissances. Il en dévoile tous les charmes et toutes les difficultés ! — Texte Odile Baudrier - Photos Roland Thievenaz et Gilles Bertrand —

LES CHEMINS

RÉHABILITÉS

Thierry a noué avec les chemins des Templiers une relation très particulière, pour des raisons multiples. Et en particulier pour le travail de réhabilitation des sentiers mené au fil des années par l’équipe organisatrice : “J’aime l’idée que la course réhabilite d’anciens chemins, cela nous relie à l’histoire et c’est très intéressant de conserver un lien avec le passé. Pour moi, c’est important !”

LA SECTION

PEYRELEAU/ST ANDRÉ DE VÉZINES

La section entre Peyreleau et St André de Vézines compte parmi les préférées de Thierry Breuil. Parce qu’on aperçoit au loin “Roquesaltes”, avec ses magnifiques quilles, souvent dans la lumière. Il apprécie d’autant plus cette perspective qu’il sait que le parcours se dirigera plus tard vers ce site, après être passé par St André de Vézines. Et il avoue que l’arrivée sur Roquesaltes lui suscite à chaque fois les mêmes pensées : “Les formes sont tellement différentes, on peut y voir des objets, des visages. Cela amène à se poser des questions sur la terre à d’autres époques. On se demande si les océans sont venus jusqu’ici pour façonner ces rochers !” 50 - Le magazine des Templiers 2015


LA DESCENTE SUR

MONTMEJEAN

Thierry adore la descente sur Montméjean, sublime village perché situé au-dessus de la Roque Ste Marguerite dans la pente du Causse Noir. Il y apprécie la beauté des maisons, le chemin en terrasse, qui fait le tour de la ravine, le cours d’eau au loin : “C’est magique !” Et il rit en évoquant la grue orange qui trône près d’une maison en travaux : “Chaque année, je me dis que le gars qui fait les travaux n’avance pas vite !”

LA DESCENTE DU

SION — PAS

SE S U A C

RIOU SEC

Ce chemin creux tracé dans le cours d’eau à sec lui apparaît toujours superbe, et lui procure un sentiment contrasté : “Il ne dure qu’un kilomètre, mais on l’a impression qu’il est interminable tellement il demande de l’attention. Les cailloux sont glissants. Tu te sens enfoncé dedans. C’est aussi dur que joli !” Et Thierry s’amuse à retrouver à chaque fois la vieille carcasse de voiture à l’entrée du chemin, et un peu plus loin, une palette bien en évidence pour fermer l’accès à une propriété….

LES FALAISES APRÈS

PIERREFICHE

Côté Larzac, Thierry s’anime en évoquant la partie située sur le bord des falaises, qu’on retrouve environ 5-6 km après le ravitaillement de Pierrefiche : “On aperçoit le Viaduc de Millau tout au fond, tout petit, puis de plus en plus proche. Le précipice est impressionnant, on a l’impression qu’il y a 200 mètres de vide, avec tout en bas, la rivière. C’est très beau !” Tellement, qu’à chaque reconnaissance, Thierry et tout son groupe s’arrêtent ici pour quelques photos.

L’ARCHE DE

ROQUESALTES

Un autre endroit symbolique qu’il affectionne particulièrement est celui de l’arche. Un lieu très original avec cet arc en pierre situé juste après le chaos rocheux de Roquesaltes, et qu’il a toujours immortalisé par des photos dans toutes ses reconnaissances passées, avec Sylvain Court, Romuald de Paepe…

LA SECTION APRÈS

LE POMPIDOU

Après la ferme du Pompidou, se dessine une nouvelle portion que Thierry a beaucoup appréciée l’année dernière, avec ces cairns, ces branches en bois mises en place par l’organisation pour dessiner le chemin. Même si elle présente de vraies difficultés : “C’est hyper technique. Il faut être hyper vigilant, il y a beaucoup d’herbe et de cailloux. La fatigue accentue la difficulté.”

LA CÔTE DE

MASSEBIAU

C’est la côte fétiche de Thierry Breuil ! Lors de son week-end entraînement/reconnaissances, il l’effectue 3 à 4 fois. Il l’a choisie car elle permet d’affronter la plus grosse difficulté située le plus loin dans la course, et parce qu’elle est également la plus longue côte de tout le parcours. En la répétant, il mémorise tous ses détails, pour mieux l’aborder ensuite durant la course. A l’entraînement, il l’avale en alternant marche/course, et le jour J, ce ne sera que de la marche. A l’entraînement, il faut environ 17 à 18 minutes pour atteindre le sommet de la bosse. Soit une séance d’une durée totale de 2h 30 environ, avec 30’ de footing d’échauffement, 4 montées puis redescentes, et 20’ de footing de récupération. Une méthode efficace pour affûter le physique et aussi forger le mental. Et il avoue : “Je la connais par cœur !”

LE FINAL

DU GRAND TRAIL DES TEMPLIERS

L’ultime section, entre le Cade et l’arrivée à Millau, s’affirme comme une partie très difficile à gérer. Elle oblige à passer une première bosse vers la barre rocheuse, puis une deuxième bosse, sous le site du parapente, vers la Pouncho. Cet enchaînement est difficile, d’autant qu’en fin de course, la fatigue est forte. De plus, dans le cas de chaleur, elle s’effectue à découvert sous le soleil, et cela ajoute. Pour une distance de moins de 10 km, il faut compter 1h30 environ, même lors des reconnaissances. Et il avoue : “C’est un final très éprouvant !” Le magazine des Templiers 2015 - 51


SION — PAS

BOIS

LE MENUISIER DES CAUSSES

L’entreprise Boissière et fils est une PME innovante. Sa spécialité : la maison bioclimatique à ossature bois. A la tête de cette PME familiale installée à Azinières, un nom connu des marathoniens et des trailers, Frédéric Boissière qui entre chantiers, contrats, clients et projets innovants, trouve encore le temps de chasser la victoire sur les courses locales. Portrait. — Texte et photos Gilles Bertrand — La zone artisanale Les Clapassous se distingue sur fond d’éoliennes battant l’air frais du Lévezou. Au loin, deux toits émergent, un clair, un sombre pour les deux ateliers construits presque contigüs, un travaillant le fer, l’autre le bois. D’ailleurs presque rien ne les sépare, juste quelques madriers, quelques barres de fer posés au sol pour aller de l’un à l’autre. Dans la cour de l’entreprise Boissière et fils, un charpentier et Florian l’ingénieur travaillent sur un projet de toilette phyto-épuration pour le compte de la société Letrône basée à Rodez. La forme cubique et élancée de ce gros bloc emmailloté de noir intrigue. A l’intérieur, les deux techniciens prennent des cotes, le bois dégage une bonne odeur, Frédéric Boissière en dirigeant d’entreprise décontracté, leur adresse quelques mots. L’ambiance est studieuse. Dans la cour, autre intrigue, une vaste structure s’élève du sol. Là aussi, sous un soleil ardent, les effluves de bois s’évadent. Elle aussi est cubique, dotée d’une vaste terrasse, nom de code, le “carré de vie”. “Il y a trois ans, l’architecte-designer Jacques Pierrejean est arrivé avec une idée. Aujourd’hui, le prototype voit enfin le 52 - Le magazine des Templiers 2015


jour.” explique le jeune entrepreneur qui, il y a peu, avait troqué son polo bleu ciel décontracté pour un costume plus conventionnel. Devant élus et clients potentiels, il levait le voile sur cette “construction” à énergie zéro destinée aussi bien à l’export que pour des aménagements en milieu naturel. Frédéric Boissière se voyait agriculteur, il possède même un bac pro filière porcine, il se voyait bien coureur cycliste, un stupide accident a mis fin à ses rêves, finalement, ce fils de menuisier est devenu lui aussi un homme à caresser le bois : “Je voyais mon père galérer, à 20 ans, j’ai donc décidé de suivre un CAP, en apprentissage chez mon père et je passe un bac gestion comptabilité en deux années. J’avais décidé de l’accompagner”. Mais avec Marie son épouse, Frédéric voit plus loin que par le simple chambranle d’une porte. Ensemble, pendant une longue année, les manches retroussées, le jeune couple construit sa propre maison, face à l’église d’Azinières. Une première que cette maison bioclimatique bâtie avec pour unique matériau, le bois : “Ce fut le démarrage. Mon père avait tenté la même chose en 1987 mais ça n’avait pas marché. Il était trop en avance sur son temps”. A ce jour, la maison témoin à ossature bois des jeunes mariés a fait des petits pains et compte déjà 100 réalisations soit 15 à 20 projets par an menés par la vingtaine de salariés de l’entreprise.

Dans son bureau niché au sommet d’un vaste atelier, au mur, des plans, des graphiques, des “premiers prix” comme “l’artisan de l’année 2012”, des certifications comme l’ENVOL, première étape avant l’ISO 14001. Frédéric Boissière tourne les pages d’un épais dossier où chacune des réalisations est consignée. Du sur mesure, sans plan type avec le désir de s’adapter aux clients, à leur budget, à leur envie, pour construire ou rénover la maison d’une vie. Avec ce bois noble, “que du bois de pays” insiste celui qui, très rapidement, s’est positionné face aux enjeux environnementaux. Circuit court, essences locales, certifications, recyclage des déchets, empreinte carbone, relation employeur et salariés, c’est ce qu’il explique à ses clients, aux élus ou bien lorsqu’on le sollicite pour décortiquer son métier d’entrepreneur engagé pour son territoire face aux étudiants des IUT dans le cadre de sa mission avec le Centre des Jeunes Dirigeants de l’Aveyron dont il est le président. Frédéric Boissière est donc un homme pressé, stressé ? Oui il l’avoue mais assume : “Il faut prendre des risques et croire en ce que l’on fait. On ne calcule pas, tu sens les choses. Alors on s’accroche et on y va”. Il s’exprime comme un entrepreneur, il parle comme un coureur qui a déjà disputé le marathon en 2h 53’. Les mêmes mots lorsqu’il explique sa passion pour la course à pied. Comme pour beaucoup, il s’agit d’un exutoire, pour justement baisser le curseur du stress qui ronge les décideurs. Pour s’apaiser, pour trouver des idées, en grimpant, en dévalant les coteaux qui émergent au-delà de St Beauzély, de l’abbaye de Comberoumal au château de Castelnau Pégayrols. Il ajoute “Ça me libère du quotidien car tout gravite autour du travail. La nuit, tu ne fermes pas l’atelier. Alors le sport, cela me fait sortir de l’entreprise”. Il s’enfonce dans les bois, parfois seul dans la nuit, dans cette vallée encaissée de la Muse. Seul le halo de la frontale lui éclaire ses pas. Le bois sec craque sous ses pieds. D’immenses châtaigniers ventrus se découpent dans le noir comme des monstres. Il sait de quoi leur parler. Le magazine des Templiers 2015 - 53


LES ARTISTES DES TEMPLIERS Tisser un lien entre une création artistique locale et les Templiers s’est imposé comme une évidence dès les débuts de l’épreuve. Pour soutenir des artistes soucieux de vivre à Millau et alentours et les impliquer dans un monde du sport, souvent inconnu pour eux. Pour magnifier les performances des meilleurs coureurs du Grand Trail des Templiers et de l’Endurance Trail par ces pièces originales et uniques.

CHRISTIAN CHARRE LES CÉRAMIQUES EN GRÈS

Les céramiques de Christian Charre trônent chez les différents vainqueurs du Grand Trail des Templiers depuis plus de 15 ans. Chaque automne, le potier s’applique à créer des grands plats en grès que les trois meilleurs coureurs adorent lever vers le ciel, pour un ultime effort après des heures passées sur les chemins. Christian Charre peaufine ses belles créations dans son atelier installé à Mostuéjouls, au cœur de la Vallée du Tarn, juste en face le parcours arpenté par les coureurs des Templiers entre Millau et Peyreleau. Le métier de potier s’est imposé à Christian Charre, à l’origine plutôt scientifique, avec son DUT de génie climatique. Cet Aveyron-nais d’adoption s’est formé par lui-même, et a beaucoup travaillé pour apprendre à maîtriser le travail de l’émail, et être capable de produire des pièces personnalisées en accord avec son parcours. Plusieurs voyages au Maghreb, au Mali, en Tunisie ont nourri sa créativité qu’il dévoile aussi dans un autre domaine, celui des percussions. Ce passionné distille son savoir faire dans des cours de musique, ainsi que dans des stages de poterie pour tous.

54 - Le magazine des Templiers 2015


ELEONORE WEISS

CHRISTOPHE LIRON

Le Larzac est le territoire d’Eleonore Weiss, elle a choisi Lodève, contrefort sud du Larzac pour son atelier, et La Couvertoirade commme lieu de vie, aux côtés de son compagnon et de ses deux enfants. La jeune artiste trouve son inspiration dans cet environnement, qu’elle décrit par ces quelques mots : “espaces steppiques, chaos de pierre au relief ruiniforme, mer de cheveux d'anges balayés par les vents... de vastes horizons animent mon processus de création, où l'homme est le grand absent”. Paradoxalement, puisqu’Eleonore Weiss avait débuté par des études d’ethnologie. Mais le Larzac lui a tendu les bras, et Eleonore a opté pour la profession de potière dans la continuité de la pratique de la céramique qui avait bercé toute son enfance. Après quelques années à fabriquer des pièces utilitaires, sa créativité s’est orientée vers un travail plus artistique pour concevoir des œuvres uniques, en argile, et entièrement façonnées à la main. Eléonore multiplie les expositions et marchés à travers la France, pour y dévoiler ses pièces exceptionnelles associant le végétal et le minéral, dans une nouvelle démarche impulsée à travers divers voyages.

En plein cœur de Millau, l’atelier de Christophe Liron dévoile toutes les facettes de la personnalité de cet artiste, aux multiples talents, poète, plasticien, capable de travailler la peau, le bois, le métal, la pierre… Son matériau originel est la peau, elle est présente dans les créations imaginées pour le Festival des Templiers, il gaine des plaques de bois en peaux d’agneau, et y appose un sceau spécialement dessiné pour l’épreuve, en terre cuite sigillée, qu’il dore à la main de deux cavaliers sur la même monture, habillés des tenues Templiers. Christophe Liron s’est aussi distingué par ses “Mustoff’s”, statuettes sculptées en peau d’agneau, conçues durant ses longs séjours au Maroc, symbolisant la tenue des moines capucins de Millau. La poésie s’affirme comme une autre clef de voûte du parcours de Christophe Liron, il compte de nombreuses publications poétiques à son actif, depuis sa première distinction, le “Prix poétique François Fabié” obtenu en 1969. Il a sillonné la France pour des expositions, et ses œuvres trônent aussi dans “Passage à l’art”, une galerie d'exposition avec résidence d'artistes à Millau. Il organise également à Millau le Festival des Arts et Métiers d'Art chaque hiver, un outil pour la promotion de l’art contemporain.

L’ARTISTE DU LARZAC

PLASTICIEN ET POÉTE

SION — PAS

E

ARGIL

Le magazine des Templiers 2015 - 55


SION S A P —

UR O T U A V

L’ŒIL

DES CAUSSES La Ligue Pour la Protection des Oiseaux Grands Causses est installée dans le village de Peyreleau et a pour mission la réintroduction et la conservation des vautours. Thierry David est l’un des techniciens qui, au quotidien, sur le terrain, est impliqué dans ce dispositif notamment dans celui de réintroduction du gypaète. Rencontre en bord de corniche sur un métier de passion et de solitude. — Texte et photos Gilles Bertrand —

56 - Le magazine des Templiers 2015


Ça coince, ça grince, ça tangue, mais la Kangoo s’enfonce à petite allure au cœur d’une forêt sombre où la lumière filtre en biseau, en faisceau. Nous passons un cairn de belle facture puis sur un replat. Nous nous garons. Thierry David endosse son sac à dos, prend jumelle et longue vue sur l’épaule et se dirige déjà vers un éperon d’observation. Le ciel est d’un bleu immaculé, la brume de chaleur n’a pas encore de prise pour délaver l’horizon. Du fond de vallée, une rumeur, celle des quelques voitures qui empruntent la petite route longeant la rivière. De la canopée, une légère brise caresse la cime des pins et des petits chênes. Dans le ciel, une bondrée apivore tournoie sur notre droite. Thierry saisit au vol ses jumelles, il observe quelques instants ce petit rapace décliner des arabesques. Il précise : “c’est un oiseau qui se nourrit de guêpes”. Puis il règle

sa longue vue Leica. Il fait le point. Dans l’œilleton, le nid d’un vautour moine posé sur la faitière d’un pin est très distinctif. A droite dans le feuillage, un jeune vautour moine est aux aguets. Un autre, en quelques battements d’ailes, survole brièvement la scène. Thierry David est technicien LPO. Un métier de l’ombre, un métier de solitude, un métier de patience à observer chaque recoin de falaise, à détecter les nouveaux nids, à passer au crible le moindre interstice creusé dans le karst d’une taille suffisante pour qu’un couple de vautours puisse y établir son nid, à observer un vallon, un ravin, à identifier le moindre indice, un arbre “épluché”, du duvet accroché aux branchages, signes distinctifs qu’un vautour moine a choisi son domicile. C’est un métier de passion ? C’est à peine s’il faut poser la question. Nous dominons un cirque rocheux majestueux, au loin une ruine Le magazine des Templiers 2015 - 57


se devine sur son éperon, les falaises s’échappent avec fureur au-dessus de la ligne de végétation, le spectacle est enchanteur. Face à cet immense théâtre de verdure, la réponse s’impose sans mot dire. Il cite un seul exemple : “Parfois tu es là, pendant quatre heures, tu es très concentré pour que rien ne t’échappe. Mais rien ne se passe. La nuit arrive, on se décourage et là, tu vois arriver un vautour moine. Il y a une très forte excitation”. Certes son père était originaire du Millavois, mais rien ne prédisposait Thierry David à s’installer sur les Grands Causses. Il a bourlingué, sa passion pour l’ornithologie le conduisant de massif en massif. Mais c’est au Maynial dans les Gorges du Tarn qu’il se fixe, une longue décade comme gardien de gîte, point de départ pour des sorties naturalistes. Et lorsqu’en 2005, la LPO Grands Causses qui instruit les programmes de réintroduction et de conservation des populations vautours, recrute un nouvel agent, le poste lui revient. Le territoire de Thierry David se redéfinit et se découpe autour du triangle Tarn, Jonte et Dourbie. Première mission, intégrer le programme vautour moine. Ce rapace a disparu des Causses, notamment le site de Peyreleau depuis 1906. En 1992, la réintroduction du “moine” est actée et jusqu’en 2004, la liberté est offerte à 53 oiseaux. Aujourd’hui, une vingtaine de couples se reproduit sur les Causses. Il le dit plusieurs fois dans cette rencontre comme si les regrets flottaient non loin de sa conscience : “Je ne suis pas éthologue”. Car à observer ainsi au jour le jour, au fil des saisons et des années, ces colonies de vautours, à voir filer comme des mirages ces rapaces au vol majestueux, à s’inviter d’une certaine façon au festin des vautours fauve lorsque l’on organise les placettes, à surveiller comme une sage femme les incubations, à en perdre le sommeil, on veut comprendre, on veut percer le mystère de ces oiseaux devenus emblématiques des

58 - Le magazine des Templiers 2015

Grands Causses. Pourquoi ces vols trans-Europe, pourquoi le choix de tel lieu de nidification, pourquoi et comment s’organisent ces vols amoureux, pourquoi ces gestes de tendresse lorsque mâles et femelles dandinent du bec, comment s’organise l’entraide lorsque dans les vents thermiques, se préparent les repas nécrophages ? Autant de questions qui ne trouveront peut-être jamais de réponse pleines et franches de la part des chercheurs. Thierry David, entre rêveries, poésie et imagination, reste dans la pratique d’un métier de terrain qui à 80% de son temps de travail, le conduit sur ces éperons d’observation. Lecture de bagues, cartographie des nids, surveillance de l’incubation et de l’élevage du poussin, puis du premier envol du jeune vautour, sans oublier le relationnel avec les éleveurs fournissant les carcasses d’ovins et de caprins, ressource alimentaire pour les vautours. Aujourd’hui, cet homme de terrain qui aime l’explication didactique, est également impliqué dans le programme de réintroduction du gypaète barbu que l’on reconnaît par son cercle orbital rouge, ses moustaches noires, sa longue queue cunéiforme et son plumage orangé sur le ventre. Les jeunes gypaètes sont de grands voyageurs. Les Grands Causses ont ainsi été choisis pour créer un corridor entre Alpes et Pyrénées avec l’espoir qu’une réintroduction locale de ce rapace “barbu” aux côtés du “fauve”, du “moine” et du percnoptère puisse réussir. Un projet palpitant qui donne du sens à la mission de Thierry David. Car c’est ainsi qu’il voit son travail de technicien. Au-delà d’une passion, il s’agit d’une mission partagée par l’ensemble de l’équipe de Peyreleau conduite par Raphaël Néouze le directeur. Un métier de liberté “pour conserver notre passion et notre efficacité” justifie-t-il. Dans le souffle et le sillage de ces oiseaux majestueux, mystérieux. Des petits noms leur sont donnés, Basalte, Jacinthe, Larzac… Ils balisent les cieux surplombant les Grands Causses. Il y a de quoi s’y perdre.


Jeune Gypaète barbu, Larzou, lâché en 2013 en Aveyron. — © Raphaël Néouze - LPO Grands Causses —

LA RÉINTRODUCTION DU

GYPAÈTE BARBU Un projet de réintroduction qui vise à renforcer la population française de Gypaètes barbus a vu le jour en juin 2012. Depuis, ce sont sept jeunes gypaètes qui ont été lâchés dans les falaises de la Jonte (Lozère), ou dans la vallée du Trévezel (Aveyron).

Les Grands Causses, au sud du Massif Central, rassemblent tous les atouts pour mener à bien cette opération de lâcher de Gypaètes barbus. Situés entre les Alpes et les Pyrénées, ils constituent le site idéal pour construire un “pont” reliant ces deux massifs où vit déjà le Gypaète. L’habitat et les ressources alimentaires sont adéquats pour accueillir une population de gypaètes. Ce territoire génère également une aérologie favorable à la présence d’oiseaux planeurs et possède de nombreux sites de falaises propices à la nidification du Gypaète. Avec sa présence, les Grands Causses représentent l’un des sites les plus complets en matière de grands rapaces et d’espèces patrimoniales. Enfin, un savoir-faire et une expertise ont déjà permis de réintroduire avec succès les vautours fauves et moines. Ces réintroductions ont également permis le retour spontané du Vautour percnoptère sur ce secteur. En 2015, 2 jeunes Gypaètes ont été réintroduits : Larzac, un mâle né en mars 2015 au Centre d’élevage de Haringsee (Autriche) et Cazals, une femelle née en mars 2015 au Zoo de Liberec (République Tchèque). L’arrivée de ces “casseurs d’os” vient compléter la cohorte des vautours européens, véritables équarisseurs des Causses. Grâce aux balises GPS posées sur leur dos, il est possible de suivre quotidiennement leurs déplacements sur : http://rapaces.lpo.fr/gypaete-grands-causses.

Ce projet d’exception est porté par l’antenne Grands Causses de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), en partenariat avec le Parc national des Cévennes et le Parc naturel régional des Grands Causses. Cette action d’envergure internationale est soutenue par la Vulture Conservation Foundation et s’inscrit dans le cadre du Plan National d’Actions en faveur du Gypaète barbu. LES LÂCHERS SONT MIS EN ŒUVRE SELON LA MÉTHODE DITE DU “TAQUET” De jeunes gypaètes, élevés en captivité dans le cadre d’un réseau international de zoos et de centres d’élevage, ont été placés dans une cavité aménagée en une aire de nidification artificielle, à l’âge de 90 jours, soit un mois avant leur envol. Ces oiseaux, encore non volants, peuvent ainsi s’imprégner de l’environnement qui les entoure et s’attacher à ce site de lâcher. L’objectif est qu’ils identifient ce site comme étant leur lieu de naissance et reviennent nicher dans la région lorsqu’ils seront adultes dès l’âge de 8 ans. Un documentaire de 26 minutes est disponible en version française et anglaise. En vente sur la boutique en ligne de la LPO. (Réalisation : Jérémy MATHIEU)

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“ON FAIT DU BON LAIT” En 1993, Marie Anne Dufour, ingénieur chimiste, originaire du Nord, s’installe sur le Larzac. Elle s’intègre, elle s’enracine et devient cinq ans plus tard fermière à Pierrefiche du Larzac. Aujourd’hui, en Gaec, elle gère avec son exploitation à l’ancienne, pour produire avec ses 300 brebis, du “bon lait” destiné à la fabrication du Roquefort. Rencontre à La Borie, un jour de vent d’autan. — Texte et photos Gilles Bertrand — Chez les Dufour, on ne se plaignait pas. La mère avec sa marmaille de neuf enfants dans les jupes, le père paysan et ses quinze vaches produisant pour le compte de Yoplait. Une vie dédiée au labeur et au labour, à Ennevelin, dans un petit coin du Nord de la France. Une vie à serrer des dents, une vie à se serrer la ceinture, Pierre, le père assurant même sans broncher un second emploi comme ouvrier chez Agfa. Les enfants ont vite compris que leurs saluts ne passeraient que par les études. L’un est devenu dentiste, l’autre directeur de travaux chez Eiffage, Marie Anne, l’une des trois filles deviendra quant à elle ingénieur chimiste chez Celio à Lyon après d’honorables études. En tournicotant une mèche de cheveux, elle précise : “Nous, on voulait se sortir de là”. Je lui souffle le mot “partir”, elle répète “Oui, c’est ça, partir”. 60 - Le magazine des Templiers 2015


A Pierrefiche du Larzac, Marie Anne Dufour est encore présentée comme l’ingénieur. Comme celle qui a tout quitté pour s’installer et vivre ici, dans ce village qui s’est construit autour d’une vaste plaine que l’on appelle le “champ du seigneur”. Un village d’irréductibles chasseurs, de vieux gars et de vielles familles qui parfois, se regardent en chien de faïence. Un village à part, quelque part, fouetté et flagellé lorsque le vent d’autan s’égare plein Nord. On dit facilement “au bout du monde”, construit curieusement ici et là, autour de son église, à l’aplomb du ravin des Gours et d’une colline dévorée par les pins grimpant vers les Privats.

SION — PAS

C LARZA

Elle n’était ni anti-militariste, ni alter-mondialiste (le terme n’existait pas alors) lorsqu’elle pose sa besace sur le Larzac en suivant les pas de son compagnon d‘alors, un ingénieur cuir recruté par une mégisserie Millavoise. Le Larzac, un espace qui prend au coffre, comme un uppercut lorsque pour la première fois vous empruntez la petite route de St Martin tirant droit en bordure du camp militaire. Puech Bourrel, Les Campastes, Les Granayroux surnageant au pied de cette lande asséchée quadrillée par de séculaires buissières. Un espace infini. Au Graniès, le couple trouve de quoi nourrir leur besoin d’espace. Immense corps de ferme caussenarde abandonné, pissant l’eau lorsque les pluies cévenoles se vident sur le plateau. En se frottant les tempes, Marie Anne Dufour ajoute : “On était mégalo”. L’ingénieur a trouvé son petit royaume. De pierres sèches, de cades noueux comme les genoux des petits vieux, de sotchs où l’herbe pousse verte et tendre, de Bories et de jasses abandonnées où l’hiver le vent hullule comme la chouette. La chimiste balaye les éprouvettes et devient caussenarde. Elle survit de petits boulots, l’agnelage à la ferme de l’Hôpital, à garder les chèvres à Lamayou, à gérer la Jasse du Larzac, à faire du fromage au Truel. Elle s’enracine dans une communauté forte de caractère où chacun défend dans son pré carré une certaine idée de la liberté : “Je n’étais pas militante mais je le suis devenue. Je me sens proche d’eux. Je suis adhérente à la Confédération Paysanne. J’étais d’ailleurs avec eux à Amiens pour s’opposer au principe des fermes des 1000 vaches”. Ces fermes industrielles dont la démarche est de produire du gaz et… du lait. Elle précise : “C’est inhumain pour les bêtes”. En 1998, une ferme est à vendre à Pierrefiche. Les frères Flotard, deux vieux célibataires jettent le bâton de berger. Marie Anne le reprend au vol, une longue année de négociation sera nécessaire pour acquérir les bâtiments, le, cheptel, le matériel, une partie des terres et même le… fumier. L’ingénieur s’installe fermière à La Borie. Au village, en sourdine, on dit, on répète : “Elle ne tiendra pas, elle ne réussira pas”. On laisse le campement du Cun à gauche, on passe Lamayou où le troupeau de chèvres se dandine dans la plaine, la route sinueuse s’enfonce dans la forêt des Razes. La ferme de la Borie est la première à droite. Deux bergeries en forme de tunnel, un vieux de corps de bâtiment et son petit escalier de pierres. Le potager, des vélos d’enfants, le quad, les quatre chiens, Clip, Zabou, Caline et Era. Aujourd’hui, c’est à Jean Claude de conduire le troupeau sur le Puech de la Resse. Il est revenu l’œil sombre d’une dispute avec les chasseurs qui ont ouvert les clôtures. Il est en retard. Il prend vite le bâton, le sac de berger en plastique et s’enfonce sur ce large chemin du Calvaire de la Plaine. En Gaec depuis 2011, c’est Marie Anne qui assume habituellement la conduite de son troupeau avec deux de ses chiens. L’une des dernières à cheminer ainsi, seule à travers Causses, l’été en sandales de cuir, son sac sur le dos, son bâton, sa serpette et sa petite scie pour couper la mauvaise herbe, les ronces et épines noires qui parfois contaminent les brebis. Son téléphone aussi pour écouter France Inter, France Culture, sa play list, pour travailler son anglais. Son appareil photo pour capter le présent anodin Le magazine des Templiers 2015 - 61


mais si subtil. Elle marche ainsi, matin et soir, Combebelle, Les Faysses, La Guillette, le Pompidou, “ces noms me parlent”. Elle ajoute : “Je me sens en osmose avec la nature”. Elle grignote la pulpe des grattes cul, elle ramasse les noix, elle mange des cornouilles à même l’arbre, ce petit fruit rouge acidulé “je me nourris de ce que je trouve, des baies de genévrier, du sorbier”. Elle prend le temps, elle tue le temps, sans jamais trouver le temps long. A l’ancienne dans cet univers de plaintes, de complaintes. Elle lit aussi, beaucoup. Sa dernière bonne lecture : “Sept histoires qui reviennent de loin”. Un roman où Jean Christophe Ruffin l’auteur cherche avec ironie des failles, des cassures dans la vie de ces personnages écartelés entre rêves, présent et futur. Vies de rupture comme celle de Marie Anne Dufour devenue entrepreneur, installée sur ces 700 hectares de Causse : “Oui, c’est comme cela que je me sens. C’est de la gestion, c’est de l’investissement pour gagner en confort. Car attention, ici, ce n’est pas le bonheur dans le pré”. Elle pousse les deux battants en tôle de l’une des deux bergeries. Les agnelles ont la tête dans les mangeoires. Au milieu, un bouc est nerveux. Elle surveille deux jeunes brebis mises à l’écart. L’une se redresse, elle boîte. “Nous, on ne pousse pas les bêtes. On fait du bon lait. Nous avons une production classique pour Roquefort. C’est la sécurité”. Au village, les messes basses ne se sont pas toutes noyées dans la mare du Fanguas. Elle restera l’ingénieur venue du Nord. A la bonne saison, elle donne du petit lait pour la recuite à qui le veut. Elle joue du tuba avec le Larzac Pouet Pouet. Elle se plonge dans la généalogie de certaines familles. Elle collectionne les vieilles photos du village. Elle peut dire qui est qui, les anciens, les aïeux qui ont façonné ce paysage et qui ont pâturé avant elle des Mares jusqu’au Paleyrou. Elle dit en portant loin son regard bleu acier : “Je ne sais pas pourquoi je suis attirée par la généalogie, par l’histoire des familles”. Elle se veut de Pierrefiche. Elle est du Larzac.

LA RANDONNEE

ROQUEFORT

Le jeudi 22 octobre, dans le cadre des Templiers, sera organisée la Randonnée Roquefort au départ de la ferme de Marie-Anne Dufour avec visite guidée de l’exploitation agricole dédiée à la production de lait de brebis pour la fabrication du Roquefort. Parcours de 9 km tracé sur le causse avec pause gourmande et dégustation de Roquefort Pour plus d’infos : www.roquefort.fr

62 - Le magazine des Templiers 2015


LE PROGRAMME TEMPLIERS

22 JEUDI

SALON DU TRAIL

> Ouvert de 12h à 19h > Accès gratuit > Distribution des dossards

OCTOBRE

23

SALON DU TRAIL

VENDREDI > Ouvert de 12h à 19h

> Accès gratuit > Distribution des dossards

ENDURANCE TRAIL OCTOBRE > 1300 coureurs > 100 km et 4300 m+ > Départ : 4h

L’INTEGRALE DES CAUSSES

> 400 coureurs > 62 km et 2600 m+ > Départ : 7h de Mostuejouls et arrivée à Millau

24 SAMEDI

SALON DU TRAIL

> Ouvert de 9h à 19h > Accès gratuit > Distribution des dossards

MONNA LISA TRAIL OCTOBRE > 600 coureurs > 28 km et 1000 m+ > Départ : 11h45

MARATHON DES CAUSSES

> 950 coureurs > 36 km et 1600 m+ > Départ : 12h30

KINDER TRAIL

> 1,5 km et 3 km pour les jeunes > Départ : 14h 30 et 14h 50

> 400 coureurs et randonneurs > 18 km et 540 m+ > Départ : 19h de Peyre - Arrivée à Millau

LARZAC MARATHON TRAIL

> 400 coureurs > 36 km et 1300 m+ > Départ : 7h de Montredon et arrivée à Millau

LA SOLITAIRE DES TEMPLIERS

> 50 coureurs > 60 km et 3000 m+

JUNIOR TRAIL

> Uniquement pour les juniors > 8 km et 270 m+ > Départ : 15h15

ANIMATION CHIENS DE BERGER LA TEMPLIERE

> 600 femmes coureuses et randonneuses > 8 km et 270 m+ > Départ : 15h30

VO2 TRAIL

> 950 coureurs > 17 km et 600 m+ > Départ : 16h

TRAIL DES TROUBADOURS

GRAND TRAIL

LA BELLE DE MILLAU

DIMANCHE DES TEMPLIERS

OCTOBRE

LE TRAIL DU VIADUC

KD TRAIL

> Uniquement pour cadets et cadettes > 8 km et 270 m+ > Départ : 15h15

25

> 100 randonneurs > 9 km et 220 m+ > Départ : 9h

> 2500 coureurs > 75 km et 3000 m+ > Départ : 5h15

> 400 coureurs et randonneurs > 12 km et 500 m+ > Départ : 16h20

> 2000 coureurs - marcheurs > 4.2 km > Départ : 10h30 du Mandarous - Arrivée sous l’arche du Festival des Templiers


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