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La mort en face

Reporters

En décembre 2009, opéré du dos à Paris, Johnny part pour Los Angeles, où son état se dégrade vite. Hospitalisé, il délire et ne cesse d'invoquer son père : «Quand je l'ai enterré dans le petit cimetière de Schaerbeek, plus de quinze ans avant ce putain de coma, j'étais seul derrière le cercueil. Et moi, quand j'ai failli mourir, je me suis senti seul aussi. C'est peut-être pour ça que j'appelais mon père ?» Après trois semaines de coma, il

Au sujet de David : «Je ne crois pas aux fils à papa qui réussissent. Il faut en avoir bavé. Il faut comprendre les gens». Il évoque aussi ses inquiétudes pour sa fille Laura : «Je ne sais pas comment lui dire que je l’aime.»

David et Laura Le rocker «admire» son fils, mais estime que «le musicien ne sait pas vraiment quoi faire de son talent». «Mon fils est un grand artiste. Mais le problème de David, ce sont ceux qu'il n'a pas eus. Il a été heureux. Moi, j'avais envie, j'avais faim. On ne peut pas être élevé dans le confort et avoir la rage au ventre. Je ne

Gérard Depardieu : «Le seul type plus épuisant que moi, une plaie ouverte, tout entier tourné vers l'autodestruction.»

Isopix

crois pas aux fils à papa qui réussissent. Il faut en avoir bavé.» Et à propos de sa fille Laura, il avoue ne pas savoir «comment lui dire que je l’aime». Le chanteur se fait plus tendre quand il évoque les mères de ses enfants, qu’il a «toujours su choisir» : Sylvie Vartan, Nathalie Baye et surtout Laeticia, à qui il rend un vibrant hommage. «C’est tellement injuste ce qu’on a pu dire sur elle. Elle est tout sauf la description minable qu’on en a fait dans ces journaux qui salissent, qui médisent, qui prédisent, qui vendent en supposant l’âme des gens.»

Léon Smet, le père du rocker, est décédé le 8 novembre 1989. «S’il ne nous avait pas abandonnés, ma mère et moi, alors que je n'étais qu'un bébé, je ne serais jamais devenu Johnny Hallyday.»

Les excès Johnny Hallyday n'a jamais rien caché de ses excès. Dans son autobiographie, il explique que l'alcool l'aidait à vaincre sa timidité maladive. Il raconte aussi une soirée avec Gérard Depardieu durant laquelle le comédien s’effondre la tête dans une soupière après avoir consommé du brown sugar, un dérivé de l'héroïne. «Ce mec est fou. C’est le seul type plus épuisant que moi. C’est ça, Gérard, la surenchère. L’escalade amusée du désespoir.»

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premières boums, comme Eddy Mitchell, le pote de toujours, «mon ami en or». «On s'est battus comme des fous parce que je lui avais piqué des vinyles..., explique Johnny. «Une bonne bagarre, ça crée des liens.» Un jour, Hallyday invite son copain chez lui. Ils écoutent des disques américains dans sa chambre, tandis que sa tante Desta hurle derrière la porte : «Jean-Philippe, ne lui fais pas entendre tes disques, il va vouloir devenir chanteur et te piquer ton travail !»

évoque son réveil : «Autour de moi, il y avait Laeticia bien sûr, mais aussi Line Renaud et Charles Aznavour. C'est assez étrange que les deux êtres qui m'ont mis au monde dans ce métier aient été là. J'y vois un signe. Je n'avais plus de voix. Je ne parlais pas… J'ai fait une grave dépression. J'ai vraiment souffert, je n'étais plus rien, une ombre, un vieillard, un type que je n'aimais pas, que je ne reconnaissais pas dans le miroir.»

Nicolas Sarkozy : «Un homme que j'aime en dehors de son appartenance politique. Il aurait été socialiste, ça aurait été mon pote aussi.»

bien. C'était juste des chanteurs. Maintenant c'est la kermesse. C'est formidable parce que c’est pour une bonne cause, mais ce n’est plus l’esprit de départ. Et puis tout le monde veut y être, je ne me sens plus utile.»

Les Enfoirés

La politique

«J'ai fait les quatre premiers concerts des Enfoirés. C'était

Dans l'ouvrage, Johnny Hallyday considère que la

gauche «pousse à la médiocrité». «Je n'aime pas les sociétés d'assistés», assure le Taulier, qui dit avoir «une sensibilité de droite». «Je me suis toujours demandé pourquoi aux États-Unis, quand t'as une belle voiture, les mecs te disent formidable. En France, on te traite de voleur. Sale mentalité pour un pays dont j'ai porté les couleurs, qui a bien voulu faire de moi son emblème quand c'était nécessaire. Je me suis senti trahi, accusé à tort, sali.» Cathy GINFRAY

À lire «Dans mes yeux», Johnny Hallyday et Amanda Sthers, Éd. Plon, 200 pages, 18,90 €.

14 • Télépro 14 février 2013

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