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INNOVER EN MARTINIQUE

passeport pour l’innovation

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sommaire

Fédérer les volontés et les compétences

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4 Technopole Martinique

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Soutenir l’entreprise innovante

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Huit axes d’innovation stratégiques

28 Environnement et écosystèmes

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42

Énergies renouvelables

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Agriculture, Pêche, Agroalimentaire

Gestion des risques naturels

Chimie et matériaux

78

Technologies de l’Information et de la Communication

86

Recherche médicale

94 98

Remerciements

Organisation

Répertoire général des partenaires

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I N N O V E R E N MA R TI N I Q U E

Fédérer les volontés ET LES COMPÉTENCES.

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n 2009, les TPE et PME martiniquaises affrontent une vraie « tempête économique » dont les causes ne sont pas uniquement conjoncturelles mais, essentiellement, structurelles et financières. Dans ce contexte, l’innovation peut paraître comme une problématique secondaire au regard des urgences de résorption des difficultés de trésorerie, d’approvisionnement, de redémarrage... Au contraire! Deux phénomènes doivent inciter à innover en cette période difficile. Tout d’abord, le renouvellement de l’offre qui va permettre de stimuler une demande atone ; deuxièmement, la crise économique, génératrice de nouveaux besoins. L’innovation et la capacité à s’adapter aux nouvelles conditions de marché seront les clés du développement des entreprises. Créer de nouvelles valeurs ajoutées et savoir se différencier constitueront alors les véritables sources d’amélioration de la compétitivité. Dans le même temps, ces démarches de progrès encourageront, les hommes à donner le meilleur d’eux-mêmes. Sur un territoire comme la Martinique, isolé des grands pôles d’activité économique et de décision dont elle dépend encore trop largement, la valorisation de la créativité et des énergies locales constitue un facteur primordial d’émancipation et de liberté. C’est cette conscience aiguë, partagée par l’ensemble de ses élus, qui avait incité la Cacem à créer le premier CEEI de Martinique (Centre Européen d’Entreprises et d’Innovation). C’est elle qui l’amène aujourd’hui à impulser la première Technopole des Antilles : TECHNOPOLE MARTINIQUE. TECHNOPOLE MARTINIQUE a pour vocation de construire, pour la Martinique toute entière, un système d’innovation en réseau. De permettre ainsi aux mondes de la recherche, de l’enseignement et de l’entreprise d’œuvrer ensemble pour relever les défis de demain. De fournir aux entrepreneurs et professionnels martiniquais les outils, structures et moyens d’exploiter les meilleurs savoir-faire et de concevoir les produits et services qui les rendront crédibles dans le concert économique global. Avec le label Technopole, c’est toute la Martinique créatrice de richesse qui transmet un signal fort : Oui, la Martinique est dans la course ! Grâce à la convergence des ambitions et à la synergie entre acteurs, nous renforcerons l’attractivité de notre région. Et chacun d’entre vous, créateur ou entrepreneur innovant, trouvera auprès de la TECHNOPOLE MARTINIQUE les moyens d’exprimer et de valoriser son talent, pour le plus grand bénéfice du pays et de ses habitants.

Pierre Samot Maire du Lamentin, Président de la CACEM Président du Comité Technopole Martinique 3

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SOUTENIR l’entreprise innovante

I

nnover consiste avant tout à créer et intégrer un avantage concurrentiel durable dans l’une des composantes d’une entreprise. Bien souvent, l’entreprise innovante martiniquaise s’attelle à créer ou adapter des technologies, des produits et des organisations. Elle cherche à se différencier mais également à s’affranchir des contraintes économiques, culturelles et sociétales imposées par l’écosystème insulaire. Soutenir l’entreprise martiniquaise dans ses efforts d’innovation c’est l’aider à relever simultanément ces deux challenges. Malgré les barrières historiques, l’esprit d’entreprise est bien présent dans la culture martiniquaise. «Le taux de création d’entreprises est élevé, supérieur à la moyenne nationale. Cependant, leur taux de mortalité reste important et le tissu entrepreneurial est composé essentiellement de micro entreprises disposant de peu de ressources dédiées à l’innovation.»1 C’est dans ce contexte que la dynamique de territoire coordonnée par TECHNOPOLE MARTINIQUE est lancée. Le jeune entrepreneur, encore trop souvent considéré avec scepticisme, y trouvera les ressources nécessaires à la viabilisation de son projet. «Il y a des projets de qualité, mais ils doivent rassembler plus de personnes pour améliorer leur visibilité.»1 De plus, pour conforter les actions de TECHNOPOLE MARTINIQUE en direction des PMI, «La déclinaison locale de la politique nationale d’innovation connaît une nouvelle orientation. Elle se recentre sur les actions collectives telles que la promotion des TIC, de l’intelligence économique et du développement durable»2 Trop souvent, « les mondes de l’entreprise et de la recherche s’ignorent.»1 Des passerelles, comme ce Passeport pour l’innovation, sont en construction. Imaginer des conventions et modalités de transfert de technologies pour que l’insularité ne soit pas synonyme d’enclavement, contribue également à rapprocher ces mondes. Parmi les enjeux économiques directement liés à cette gageure : réduire le coût d’accès aux technologies exogènes destinées à un marché intérieur de taille réduite et, ainsi, améliorer la compétitivité des productions locales. Au résultat, les démarches innovantes sont réelles en Martinique. Elles émanent de plus en plus du réservoir de compétences locales. Un nombre croissant de jeunes diplômés martiniquais expriment, en effet, le désir de construire leur avenir au pays. Il convient aujourd’hui de détecter ces initiatives innovantes et de les soutenir pour leur permettre d’aboutir en plus grand nombre.

1. Agnès Lezin, Déléguée Régionale à la Recherche et à la Technologie. 2. Caroline Bardi, Déléguée Régionale DRIRE jusqu’en 2008

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Malgré des contraintes économiques et structurelles…

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… de réels atouts

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… et une offre de formation qui s’étoffe

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Soutenir l’entreprise innovante

MALGRÉ DES CONTRAINTES ÉCONOMIQUES ET STRUCTURELLES… Si la Martinique est l’une des régions caribéennes les mieux dotées en infrastructures, le déficit chronique de sa balance commerciale est révélateur d’une dynamique économique fragile. Ainsi, de l’émergence de l’idée jusqu’à la concrétisation du projet, de vraies barrières jalonnent le parcours de l’entreprise innovante. Une situation ultrapériphérique À 7 000 km des centres d’activité de l’Union Européenne, la Martinique souffre des contraintes propres à sa position

ultrapériphérique.

Son

insularité

et

son

éloignement la rendent d’autant plus dépendante des liaisons maritimes et aériennes que ses échanges sont essentiellement tournés vers l’Europe. Si de façon évidente, ces dépendances logistiques sont sources d’accroissement des coûts, elles se traduisent de façon encore plus contraignante dans l’environnement de la PME innovante martiniquaise : dépendance vis à vis des équipementiers, éloignement des grands centres de ressources technologiques. Un marché insulaire étroit Les 400 0003 habitants de l’île n’offrent que de faibles débouchés aux entreprises locales qui n’auraient pas la capacité ou la vocation à se tourner vers d’autres marchés. La mondialisation abaisse les barrières d’entrée. La pression concurrentielle s’accroît, avec une offre dont le renouvellement s’accélère et des consommateurs qui deviennent de plus en plus exigeants. La volonté de se différencier en adaptant ses équipements ou en exploitant de nouvelles sources de valeur ajoutée entraîne alors les décideurs dans un processus d’innovation qui nécessite des temps de maturation incompressibles. Prendre le temps d’innover sur un marché en mutation régulière et aux débouchés a priori limités : voilà l’équation que doit résoudre le chef d’entreprise martiniquais.

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Un foncier rare et coûteux L’accession au foncier constitue bien souvent l’une des clés de réussite d’un projet de développement. Avec ses 1 128 km2, la ressource foncière martiniquaise se raréfie rapidement, et singulièrement en direction de l’entreprise. A titre d’exemple, entre 2000 et 2004, sur un total de 1 142 ha mutés à bâtir, seulement 10,6 % (121 ha) étaient destinés aux zones d’activités. Cette déficience en ressources foncières et les fortes contraintes d’aménagement du territoire se concrétisent, pour l’innovateur, par un coût d’accès prohibitif à l’immobilier d’entreprise et par des surcoûts logistiques en matière de gestion des flux. Des filières peu structurées La Martinique compte aujourd’hui un peu plus de 30 000 entreprises, hors agriculture. C’est 7 500 unités de plus qu’en 1993, dont 3 4264 pour la seule année 2006. Les services concentrent 51 % du total des entreprises. Ils sont suivis par le commerce (27 %), la construction (14 %) et l’industrie (9 %)5. Il faut noter la prédominance d’entreprises individuelles (deux tiers d’entre elles ne comptent aucun salarié) et de PME de petite taille (96 % emploient moins de 10 salariés). Au sein de ce tissu entrepreneurial, plusieurs filières émergent et tentent de fonctionner en véritables systèmes de production locaux. Les exemples des filières de la canne et du sucre, de la banane ou de la transformation du bois, montrent que des démarches d’innovation sont nées de solidarités fondées sur le métier ou sur le développement de services aux clients. Toutefois, dans plusieurs secteurs, la taille des entreprises, l’absence de “locomotives”, l’intensité concurrentielle et le manque de moyens constituent de véritables freins à la structuration de filières et, particulièrement, à l’élaboration de stratégies collectives d’innovation.

3 Estimation Insee 2007 4 Source Insee - Août 2007 5 Source : Antiane Échos N° 69 - Sept. 2007

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Soutenir l’entreprise innovante

… DE RÉELS ATOUTS La Martinique dispose de solides infrastructures éducatives, sanitaires et techniques, d’un réservoir humain jeune, formé et multiculturel, d’une université et d’organismes de recherche de haut niveau. Son tissu économique est dense et actif. Son agriculture et son industrie agro-alimentaire constituent un secteur locomotive. La modernité des infrastructures Compte tenu de l’insularité, le port et l’aéroport constituent des éléments clés du développement économique de la Martinique. Son aéroport international (le 11e au niveau national) est déjà capable d’accueillir la nouvelle génération de très gros porteurs (A380). Récemment modernisées, ses installations portuaires offrent d’excellentes conditions techniques d’accueil aux cargos, paquebots de croisière et pétroliersminéraliers. En outre, les déplacements urbains se verront améliorés par la mise en service d’un transport collectif en site propre (TCSP). A noter également que le réseau Internet à haut débit est en cours de renforcement sur l’ensemble du territoire. L’action publique La contribution significative qu’apporte l’Union Européenne au développement de l’île (674 millions d’euros pour la période 2000-2006) n’empêche pas l’expression sur l’économie martiniquaise, de contraintes fortes liées à l’étroitesse du territoire et du marché, selon les cas. Toutefois, l’influence de la sphère publique sur le systéme d’innovation martiniquais est positive. Elle tente de créer les conditions de l’innovation ou de soutenir le développement de secteurs économiques innovants et structurants (traitement des déchets, transports…) Les collectivités martiniquaises à travers le CPER, les Programmes Opérationnels et la Stratégie régionale de l’Innovation s’impliquent résolument dans une démarche d’amélioration de la compétitivité et de l’attractivité du territoire. Plus de 250 millions d’euros seront consacrés entre 2007 et 2013 à cet enjeu majeur majeur. L’innovation occupera alors une place prépondérante dans la définition et la mise en oeuvre de projets tels que la

valorisation

désenclavement

des

énergies

numérique

du

alternatives, territoire

le ou

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le développement des filières de valorisation locale des déchets. Des synergies en marche Depuis plusieurs années, un nombre croissant économiques

d’institutions, et

de

d’entités responsables

martiniquais s’efforcent de coordonner leurs actions. La création du pôle de recherche agro-environnemental (PRAM) regroupant quatre entités aux activités complémentaires, en est une preuve. L’Université, jadis coupée de tout lien avec l’entreprise, organise aujourd’hui de solides formations professionnalisantes et entreprend des recherches de type opérationnel. Dans tous les laboratoires de l’île, les chercheurs déplorent la difficulté de transmettre les résultats de leurs travaux. Le grand mot est : coopérer. C’est pourquoi des représentants de tous ces univers -recherche, enseignement, entreprises, collectivités, services de l’État- s’associent aujourd’hui au développement de TECHNOPOLE MARTINIQUE dont l’ambition première est de favoriser la synergie des compétences et des ressources. Une biodiversité exceptionnelle Au dire des spécialistes, 80 % de la biodiversité nationale, tant terrestre que marine, se trouvent en Martinique. L’île réunit toutes les typologies existantes de sols. Des dizaines d’espèces d’animaux, de plantes, de poissons, d’algues, de coraux n’existent qu’ici. De lourdes menaces pèsent pourtant sur cette biodiversité, malgré les importants efforts accomplis depuis ces dernières années pour comprendre ces phénomènes et tenter de les endiguer. Particulièrement sensibilisés par certaines pollutions menaçant la santé publique, comme l’affaire du chlordécone, les Martiniquais sont chaque jour plus nombreux à s’intéresser à la protection de leur environnement, à rejoindre ou créer des associations écologiques, à modifier leurs pratiques professionnelles ou leurs comportements privés. Chacun comprend aujourd’hui que la nature martiniquaise est une richesse à préserver. Et il apparaît clairement

qu’en

faisant

de

l’île

un

laboratoire d’exception et un pôle d’attraction unique, la protection et la mise en valeur de la biodiversité pourraient devenir de puissants vecteurs de développement.

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Soutenir l’entreprise innovante

… ET UNE OFFRE DE FORMATION QUI S’ÉTOFFE Face aux mutations rapides de l’économie et à l’accélération des évolutions technologiques, la formation locale de cadres et de spécialistes revêt un caractère vital. Depuis plusieurs années, les structures publiques et privées d’enseignement supérieur et secondaire de Martinique développent une offre de formation de haut niveau, notamment dans les secteurs stratégiques d’innovation. Enseignement secondaire La Martinique dispose de 81 lycées d’enseignement général, professionnel ou technique offrant, notamment, des classes préparatoires aux grandes écoles, ainsi que des formations professionnelles supérieures de type BTS à côté desquelles se développent des formations universitaires. L’enseignement technologique touche plusieurs domaines d’activités professionnelles tels que l’informatique, le bois, l’électronique, la mécanique, la biologie, l’agroalimentaire, la qualité, la biochimie, l’hôtellerie… Enseignement supérieur Université des Antilles et de la Guyane (UAG) L’académie de Martinique compte 8 900 étudiants dans le supérieur, dont environ 1 800 en BTS et 5 400 au sein de l’Université des Antilles et de la Guyane (UAG). Ayant pour vocation d’accueillir les formations scientifiques en sciences formelles et expérimentales, le Département Scientifique Interfacultaire (D.S.I) propose depuis 1999, sur le campus de Schœlcher, une formation informatique bac + 2 et deux licences professionnelles en ingénierie informatique répartie et en communication qui englobe la maîtrise des outils TIC. Etoffant son offre, le D.S.I. dispense, dorénavant, une formation de type Licence STS (Science, Technologie, Santé) qui propose aux étudiants trois parcours : Maths-Info, Sciences Physiques et Biologie de la Santé. Récemment, une

licence de

Mathématiques et Informatique a été créée dans le cadre LMD (Licence Master Doctorat). Elle répond aux besoins de formation des étudiants qui désirent approfondir leurs connaissances tant sous leurs aspects fondamentaux en vue de l’enseignement ou de la recherche, que sous l’aspect de leurs applications (technologies de l’information et de la communication, gestion, applications industrielles). Un Institut Universitaire Technologique (IUT) est également implanté au cœur de l’UAG, afin

de diversifier l’offre d’enseignement technologique supérieur. Il porte

sur plusieurs domaines : Logistique et Transport (voir page 92), Hygiène-Sécurité Environnement.

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SupInfo Martinique Première école d’ingénieurs TIC en Martinique (privée), SupInfo Caraïbe a ouvert ses portes en novembre 2001. Elle dispense une formation d’une durée totale de 5 ans après un Bac S. Elle propose par ailleurs, en partenariat avec de grands acteurs internationaux, des modules d’enseignements spécifiques dans le cadre de la formation continue : réseaux Cisco et Microsoft, systèmes d’exploitation MS-Windows, Linux, MacOS… Ecole de Gestion et de Commerce (EGC Martinique) Seule école de commerce de ce type dans les Antilles françaises, L’EGC est un établissement consulaire de formation supérieure, membre du réseau national des EGC, géré par les Chambres de Commerce et d’Industrie. Elle propose une formation bac+3, labellisée Bachelor professionnel dont le diplôme est visé par le Ministère de l’enseignement supérieur en formation initiale. Un Master en partenariat avec l’IAE de l’université de Bordeaux est aménagé dans le cadre de la Formation Continue, validé en M1 par le DPGA (diplôme de perfectionnement à la gestion des Affaires) et par un diplôme d’état en M2 (mention Administration des entreprises). Elle offre une formation de Responsable Logistique (niveau II au RNCP), en alternance, pour des titulaires de BAC+2 et des stagiaires de la formation continue. Formation professionnelle et continue Le CNAM : Le Centre Régional Associé au Conservatoire National des Arts et Métiers (géré par l’AMAFOCS6), propose depuis 1979 des cycles d’études répondant aux besoins spécifiques de formation des entreprises de la Martinique : informatique d’entreprise, production, techniques économiques et comptables, formations appliquées à la construction, qualité, mercatique - vente… L’AFPA : Elle propose tout un éventail de formations professionnelles et diplômantes (BTS, DU, Licence…) dans des domaines couvrant le BTP (climatisation solaire, notamment), la gestion d’entreprise (management, commerce, contrôle de gestion…) et les technologies de l’information et de la communication (réseaux câblés, support en informatique…). La CCIM : Le Centre de Formation des Apprentis du Tertiaire de la CCIM propose une formation en alternance à de nombreux diplômes professionnels : BEP Vente, Bac Pro Commerce, BTS Management Commercial, BTS Comptabilité Gestion, BTS Informatique de gestion, Diplôme d’Etudes Comptables et Financières (DECF) … La Chambre des Métiers et de l’Artisanat : La CMA Martinique organise de nombreuses formations professionnelles dans un large éventail de secteurs. Plusieurs d’entre elles sont centrées sur l’utilisation et à la mise en œuvre des outils informatiques, notamment une formation diplômante (BMS) incluant la maîtrise des TIC.

6 AMAFOCS : Association Martiniquaise de Formation Continue Supérieure

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TECHNOPOLE MARTINIQUE, l’innovation en synergie

L

’innovation et le développement technologique des PME constituent la pierre angulaire de la politique menée par la CACEM en matière de développement économique. Pour faire de la Martinique un territoire d’excellence et offrir aux entreprises un environnement favorable et dynamisant, la communauté impulse une démarche technopolitaine. Une technopole est avant tout une dynamique de territoire, c’est-àdire la mobilisation et la coordination des acteurs, des ressources et des infrastructures, dans le cadre d’une politique visant au développement du territoire. Elle a pour vocation de soutenir l’innovation et la compétitivité des entreprises en s’appuyant sur des réseaux d’acteurs et de sites.L’ambition de TECHNOPOLE MARTINIQUE est de promouvoir une innovation porteuse des valeurs du développement durable et génératrice de richesses, d’insertion et d’emploi. TECHNOPOLE MARTINIQUE repose fondamentalement sur un concept fédératif qui privilégie le fonctionnement en réseau des acteurs de l’innovation, la multipolarité des sites et celle des thématiques technologiques. Les synergies existant entre les partenaires permettent de couvrir d’emblée l’ensemble des missions technopolitaines qui sont l’ingénierie de projets innovants, l’animation et la mise en réseau des compétences scientifiques et industrielles, l’accueil d’entreprises et la promotion du territoire. Le Pôle Innovation et Entreprise de la CACEM, labellisé en Centre Européen d’Entreprise et d’Innovation depuis 2006, constitue la structure opérationnelle de cette dynamique de territoire. En 2008, RETIS (Association Nationale des Technopoles, CEEI et incubateurs) a officiellement labellisé en Technopole le dispositif animé par la CACEM.Les initiateurs de TECHNOPOLE MARTINIQUE ont d’emblée souhaité faire de celle-ci un outil de développement au service de l’ensemble du territoire. Le label Technopole offre à la Martinique un atout supplémentaire pour relever les défis de demain et concrétiser cette volonté constante d’innover au cœur du tissu économique. La qualification RETIS L’obtention du label national TECHNOPOLE résulte d’une démarche de qualification conduite par RETIS (Réseau Nationale des Technopoles, CEEI et incubateurs). Sur la base d’un dossier de labellisation et d’évaluations périodiques, les auditeurs du réseau s’assurent de la réalité des dynamiques technopolitaines sur les territoires. Au 1er Janvier 2008, RETIS compte 54 Technopoles parmi ses membres.

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Objectifs et enjeux

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Une organisation opérationnelle

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L’ingénierie de l’innovation

Le fonctionnement en réseau

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Chrysalia-CEEI, la pépinière d’entreprises

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Huit axes d’innovation stratégiques

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Accueil d’entreprises et promotion du territoire

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Technopole Martinique

OBJECTIFS ET ENJEUX TECHNOPOLE MARTINIQUE a pour ambition de participer au développement économique de l’ensemble de l’île. En s’appuyant sur les technologies déjà bien affirmées localement et en favorisant la diffusion de celles qui sont encore insuffisamment présentes, elle vise à la constitution de pôles de référence capables d’aider les entreprises à améliorer leur compétitivité. Au quotidien, l’action de TECHNOPOLE MARTINIQUE vise de multiples objectifs : • Soutenir la création d’entreprises innovantes • Accompagner les projets d’innovation d’entreprises en développement • Animer le réseau des acteurs de l’innovation • Identifier et fédérer les entreprises innovantes et technologiques • Participer à l’animation de sites technopolitains du territoire (parcs d’activités, pépinières..) • Favoriser le rapprochement enseignement supérieur-recherche-entreprises • Promouvoir l’entreprenariat auprès des étudiants. Renforcer l’attractivité du territoire Parmi de nombreux critères, l’attractivité globale d’un territoire s’évalue à l’intérêt qu’il suscite auprès des entreprises qui s’y installent, des chercheurs que telle ou telle de ses spécificités intéresse, des créateurs qui viennent y chercher un terrain d’action en même temps qu’une stimulation scientifique, économique, intellectuelle ou artistique. C’est l’un des objectifs de TECHNOPOLE MARTINIQUE que de participer activement, dans les domaines qui sont les siens, au renforcement de l’attractivité et au rayonnement de la Martinique Valoriser la créativité martiniquaise En Martinique, des entrepreneurs, des chercheurs, des ingénieurs, conduisent des projets d’innovations majeures. L’exploitation des propriétés nutritionnelles et organoleptiques des fruits tropicaux dans les aliments de demain, la fouille de données pour aider au diagnostic médical, la conception de nouveaux matériaux à base de fibres de troncs de bananes : autant d’exemples illustrant le potentiel local d’innovation.

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Détecter, laisser éclore et soutenir la croissance de telles innovations issues de la créativité martiniquaise constituent, dès lors, les missions prioritaires des partenaires technopolitains du territoire. Faire émerger des pôles de référence Afin de centrer TECHNOPOLE MARTINIQUE sur les domaines technologiques les plus intéressants pour les acteurs économiques de l’île, une étude a été confiée en 2006 à l’ADIT, Société Nationale d’Intelligence Stratégique. Elle visait à identifier les domaines technologiques présentant, pour le territoire, de réelles perspectives de développement. Une trentaine d’acteurs ont été réunis dans le cadre d’ateliers de travail, d’entretiens individuels et de visites de sites : acteurs de la recherche, de la formation, du transfert technologique et du développement, entreprises et associations professionnelles. Les informations ainsi recueillies ont permis de catégoriser les domaines technologiques présents en Martinique selon leur degré de maturité et leur potentiel d’évolution et de définir huit axes d’innovation stratégiques. Ce sont eux qui guideront TECHNOPOLE MARTINIQUE dans son action visant à faire émerger des pôles de référence susceptibles d’irriguer l’ensemble de l’économie martiniquaise. Allier compétitivité et responsabilité sociale TECHNOPOLE MARTINIQUE a adopté la définition de l’Union Européenne selon laquelle l’innovation est toute démarche de changement susceptible de faire évoluer les savoir-faire de l’entreprise pour la rendre plus compétitive. TECHNOPOLE MARTINIQUE se propose ainsi de soutenir les dynamiques d’innovation des PME martiniquaises, existantes ou en création. Elle s’intéresse plus particulièrement aux innovations touchant la maîtrise de nouveaux savoirfaire, l’évolution des méthodes et des organisations, la création ou l’amélioration de produits et services. Si c’est bien la recherche d’un avantage concurrentiel qui motive principalement les projets d’innovation au sein du tissu martiniquais, la politique mise en œuvre devra aider les chefs d’entreprises à conduire leurs processus d’innovation dans le souci de consolider l’entreprise, de minimiser le risque économique et social et de maîtriser l’impact environnemental de leur développement.

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Technopole Martinique

UNE ORGANISATION OPÉRATIONNELLE Comité TECHNOPOLE MARTINIQUE, l’instance d’orientation Au cœur du dispositif, le Comité TECHNOPOLE MARTINIQUE fédère les partenaires de l’innovation, signataires de la charte technopolitaine, et les partenaires financiers. Véritable organe de gouvernance, il est composé d’une vingtaine de membres appartenant aux domaines de la recherche et de l’enseignement, des collectivités territoriales, de l’entreprise et des milieux socio professionnels. Au-delà de son rôle prioritaire qui est de définir les grandes orientations de TECHNOPOLE MARTINIQUE, ce Comité constitue un lieu d’échange, de réflexion et d’information des acteurs de l’innovation. Il veille à la valorisation et à la meilleure exploitation du label et offre les ressources pour la maturation de projets coopératifs d’innovation. Un pôle, deux structures Pour concrétiser ses orientations, TECHNOPOLE MARTINIQUE dispose d’un outil opérationnel fondamental : le Pôle Innovation et Entreprise de la CACEM. Il comprend le service d’ingénierie de l’innovation ITECCEEI et la pépinière d’entreprises CHRYSALIA-CEEI. Officiellement labellisé en 2006, Centre Européen d’Entreprises et d’Innovation (CEEI), ce pôle opérationnel est aujourd’hui organisé pour assurer la présence de la technopole à tous les moments de la vie de l’entreprise innovante : Ante création • Evaluation et validation des concepts technologiques, première analyse des risques… • Fonction incubation sur le site de la pépinière CHRYSALIA-CEEI avec l’accompagnement par les Conseillers Innovation d’ITEC-CEEI Création • Hébergement des entreprises en création au sein de locaux adéquats • Mise à disposition de services logistiques et bureautiques partagés • Accompagnement des projets innovants

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Développement • Accompagnement des projets en développement : pré diagnostics, ingénierie de l’innovation, mise en relation avec les ressources technologiques et financières… Implantation • Création de nouvelles zones d’activité technopolitaines … • Implantation au sein de parcs d’activités existants, • Insertion des PME au sein d’Hôtels d’entreprises

La qualification CEEI Les Centres Européens d’Entreprise et d’Innovation (CEEI) sont des organismes de soutien aux PME et aux entrepreneurs innovants. Ils sont reconnus par la Commission Européenne sur la base d’une certification de qualité qui permet l’obtention du label européen ECBIC (European Community Business & Innovation Centers). Investis d’une mission d’intérêt public, ils ont pour vocation de contribuer au développement régional et local en offrant aux PME innovantes toute une gamme de services intégrés d’orientation et d’accompagnement de projets. Le 29 Novembre 2006, la commission de labellisation de l’EBN (European BIC Network ou Réseau européen des CEEI) a officiellement labellisé en CEEI l’ensemble du Pôle Innovation et Entreprise de la CACEM, ITEC et Chrysalia réunis.

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Technopole Martinique

LE FONCTIONNEMENT EN RÉSEAU Organisée sur le mode fédératif, TECHNOPOLE MARTINIQUE assure la mise en réseau des compétences scientifiques et industrielles disponibles en Martinique mais également en France et en Europe. Elle participe à la sensibilisation du territoire aux problématiques d’innovation, met en place des partenariats au bénéfice des entreprises et anime son réseau de partenaires. Un vaste réseau de compétences… TECHNOPOLE MARTINIQUE assoit son action sur un vaste réseau de compétences, en et hors Martinique : Recherche et enseignement BRGM, Carbet des Sciences, CEMAGREF, CHU, CIRAD, CRI-M, CTCS, DRIRE, DRRT, IFREMER, INSEE, IRD, IUT Logistique et Transport, OSEO INNOVATION, PARM, PRAM, Rectorat de la Martinique, UAG. Organismes consulaires et professionnels AMPI, CCIM, CGPME, CHAMBRE D’AGRICULTURE, CMA,MEDEF. Administrations et collectivités ADEM, ADEME, Préfecture, Sécurité Sociale, CAESM, CCNM, Conseil Général de Martinique, Conseil Régional de Martinique. Partenaires et réseaux extérieurs AFNOR GROUPE, FCBA, CETIM, EBN, Ile-de-France Technologies, INPI, Pôle Plasturgie de l’Est, RETIS… … tourné vers les entreprises désireuses d’innover Autour des projets d’innovation d’entreprises, TECHNOPOLE MARTINIQUE mobilise ses réseaux pour mettre en place les partenariats appropriés. Le chef d’entreprise bénéficie ainsi de l’appui de centres de ressources couvrant un large éventail de domaines : mécanique, biologie, agroalimentaire, bois, qualité, marketing de l’innovation… Avec l’appui des acteurs du réseau, TECHNOPOLE MARTINIQUE organise ou participe chaque année à de nombreuses actions destinées à promouvoir l’innovation, l’esprit d’entreprise et les savoir-faire technologiques.

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L’animation du réseau Les acteurs qui composent le réseau TECHNOPOLE MARTINIQUE ont souvent exprimé le besoin d’apprendre à mieux se connaître et déploré leur difficulté à communiquer avec l’entreprise. Pour satisfaire ces demandes et dynamiser l’effet réseau nécessaire à son bon fonctionnement, TECHNOPOLE MARTINIQUE a décidé la réalisation de deux nouveaux outils :

• Le Passeport « Innover en Martinique » C’est l’objet que vous avez sous les yeux. Portant un éclairage sur la situation et les enjeux de l’innovation en Martinique, il vise surtout à améliorer la connaissance réciproque des acteurs de l’innovation et à faciliter leur identification par les entreprises. Edité à 1 000 exemplaires, il est diffusé auprès des partenaires du réseau TECHNOPOLE MARTINIQUE, des chercheurs, des chefs d’entreprises, des collectivités et des administrations. • Le site portail des acteurs de l’innovation Point d’entrée et espace de collaboration privilégié du réseau TECHNOPOLE MARTINIQUE, ce site portail remplira deux rôles clés : facilitateur pour la mise en réseau et outil de traçabilité de la vie du réseau. La réalisation du site s’effectue en cohérence avec le Passeport « Innover en Martinique ».

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Technopole Martinique

ITEC-CEEI, L’INGÉNIERIE DE L’INNOVATION Qu’il s’agisse d’aider une entreprise existante à se moderniser ou de soutenir la création d’une entreprise nouvelle, il convient de trouver le meilleur équilibre entre marché, technologie, organisation et compétences. Pour y parvenir, ITEC-CEEI déploie une gamme de services qui couvrent l’ensemble du processus d’innovation et permettent d’élaborer, pour chaque cas, une solution sur mesure. L’innovation dans toute sa composante économique L’innovation, au sens large, c’est tout ce qui peut apporter un avantage concurrentiel à l’entreprise. Cette définition structure l’ensemble des services d’accompagnement personnalisés déployés par ITEC-CEEI auprès des entreprises innovantes, en création ou en développement. Les deux objectifs visés L’action d’ITEC-CEEI vise deux objectifs fondamentaux : - aider les entreprises à identifier et à maîtriser les risques liés à l’innovation, - mobiliser les meilleures ressources humaines, technologiques et financières nécessaires à la maturation et à la mise en œuvre du projet. Qu’il s’agisse de la mise au point de produits, de la réimplantation d’unités ou du management de ressources technologiques, ITEC-CEEI déploie son intervention dans le cadre d’une démarche structurée : DÉTECTION —> ÉVALUATION —> ACCOMPAGNEMENT —> SUIVI Un vaste champ d’intervention En quinze ans, ITEC-CEEI est intervenu dans toutes les filières technologiques clés de l’économie

martiniquaise.

décembre

2008,

a

40

délivré

par

De

exemple,

prestations

janvier

à

ITEC-CEEI

d’ingénierie

de

l’innovation et suivi 33 projets de PME innovantes. 40% de ces prestations concernaient de jeunes entreprises en démarrage, les 60% restants, le développement d’entreprises existant depuis plus de deux ans. Les types d’innovations traités se répartissaient quasi équitablement entre

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innovations produits, innovations technologiques et innovations méthodes. Ces interventions touchaient un large éventail de secteurs : agroalimentaire ; bois, mécanique et matériaux ; chimie et plastiques ; énergie et environnement ; électronique, multimédia, NTIC, logistique… Des prestations sur mesure Avec l’appui d’un large réseau de professionnels de l’innovation, ITEC-CEEI offre aux PME et TPE martiniquaises toute une gamme de prestations personnalisées selon la nature et la maturité de leurs projets.

D = HJG;=KKMK <  A FFG N 9LA G F ÉVALUER LE CONCEPT

PRÉ-DIAGNOSTIC PLAN D'AFFAIRES

MOBILISER LES HOMMES ET LES FINANCEMENTS

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IDÉES ?

Vous avez une idée

VEILLE TECHNOLOGIQUE

De l'idée au projet

Étudier les faisabilités

MISSIONS D'EXPERTISE TECHNOLOGIQUE

Développer

MOBILISATION DES COMPÉTENCES

Innover durablement

Produit sur le marché Audits / indices de satisfaction

PROMOTION DES TECHNOLOGIES DE L'ENTREPRISE

Promouvoir l’esprit d’innovation Fort de sa connaissance du terrain et de son intégration à un vaste réseau local, national et européen, ITEC-CEEI mène de nombreuses actions destinées à promouvoir l’innovation et l’esprit d’entreprise : - organisation d’espaces de sensibilisation et d’échanges autour des technologies clés, - organisation de la coopération territoriale inter-entreprises (actions collectives, appui aux filières…) Photo : BF2004

- promotion du label CEEI en relation avec le réseau national RETIS et le réseau européen EBN.

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Technopole Martinique

CHRYSALIA-CEEI, LA PÉPINIÈRE D’ENTREPRISES La création d’entreprises est particulièrement dynamique en Martinique mais leur taux de mortalité à trois ans avoisine les 75 %. Parmi les causes d’échec, les porteurs de projets font ressortir le manque d’accompagnement de l’entrepreneur. C’est pourquoi la CACEM a intégré dans son programme de développement économique la réalisation de la pépinière d’entreprises Chrysalia. Un investissement conséquent La pépinière a représenté un investissement initial de 3 071 334 € subventionné à hauteur 51 % par l’État, la Région et l’Europe. Les objectifs qui lui ont été assignés s’articulent autour de deux grands axes : favoriser la pérennité de projets par un accompagnement de qualité et favoriser l’émergence de projets innovants qui contribueront au développement des zones d’activités du territoire. Pour ce faire, la pépinière dispose, au sein de l’Agora de la ZAC Etang Z’abricots, d’un bâtiment de 1 115 m² offrant 700 m² de surface locative (30 bureaux), 2 salles de réunion équipées, un cybercafé et une salle de reprographie. Son animation est confiée à une équipe de trois personnes : un directeur, une chargée de mission et une assistante. Une forte demande Depuis sa création, Chrysalia-CCEI a reçu 1 500 demandes de créateurs d’entreprises, 200 ont été reçus sur dossier, 23 ont été agréés7. La pépinière héberge aujourd’hui 21 entreprises recouvrant quatre grands types d’activités : l’audiovisuel et la communication (5), les TIC (8), le consulting (6) et les services aux entreprises (2). Leurs responsables ont entre 24 et 45 ans. Les femmes représentent 43 % de l’effectif. L’une de ces entreprises compte plus de 10 emplois, deux autres entre 4 et 10. Un accompagnement attentif Chrysalia porte tous ses efforts sur l’accompagnement qualitatif. Il s’étend sur les trois années que dure contractuellement le séjour du jeune entrepreneur à la pépinière. Intégré dès son arrivée par un pot d’accueil réunissant tous ses pairs, le nouvel arrivant bénéficie chaque année de trois entrevues formelles

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avec l’équipe d’animation. Elles ont pour objet de déceler les sources des difficultés qu’il rencontre et de définir avec lui les solutions possibles. Elles aboutissent le plus souvent à sa mise en relation avec l’interlocuteur adéquat, qu’il s’agisse de procéder à une augmentation de capital, de solliciter une subvention ou de résoudre un problème de développement technologique. «Dans tous les cas, la décision appartient au chef d’entreprise, déclare Jean-Philippe Dersion, Directeur de Chrysalia-CEEI, nous accompagnons, nous n’assistons pas.» Ces entrevues sont complétées, chaque fois que nécessaire, par des réunions de travail organisées à la demande de l’entrepreneur. Un lieu d’échange et de convivialité La pépinière est un véritable lieu d’échange pour l’entrepreneur innovant. Le nouvel arrivant s’y trouve entouré d’anciens qui ont été confrontés aux mêmes difficultés que lui et qui les ont déjà résolues. L’ambiance club d’entreprises est d’autant plus dynamisante que les solutions sont parfois disponibles à l’intérieur même de Chrysalia. Outre les rencontres informelles et quotidiennes à la cafeteria, les entrepreneurs sont régulièrement réunis, au sein de rencontres thématiques, autour d’experts de tous domaines : finances, organisation, logistique… Ils sont présents, sur le stand de Chrysalia, aux expositions et manifestations auxquelles participe la pépinière. Celle-ci les aide à répondre, seuls ou en groupe, aux appels d’offres publics ou privés. Le suivi à la sortie Lorsqu’il quitte la pépinière au bout de trois ans, Chrysalia aide l’entrepreneur à définir ses besoins immobiliers et à trouver l’endroit où s’installer : zone d’activités, immeuble de bureaux, hôtel d’entreprises… Il continue de bénéficier de l’accompagnement logistique de Chrysalia, d’un entretien de suivi annuel et se trouve invité aux actions collectives. Cet environnement et ce suivi, adaptés à la phase de démarrage de l’entreprise innovante, permettent à l’entrepreneur de gagner en expérience et en maturité. Au sortir de la pépinière, il est bien armé pour conduire le développement de son entreprise et assurer sa pérennité.

7 Pour faciliter l’accès des demandeurs à la pépinière, une fonction incubation a été créée en 2008. Elle est mise en œuvre avec l’appui des Conseillers Innovation d’ITEC-CEEI.

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Technopole Martinique

ACCUEIL D’ENTREPRISES & PROMOTION DU TERRITOIRE La rareté des espaces destinés à l’implantation de nouvelles entreprises et leur coût prohibitif sont des freins majeurs au développement économique martiniquais. Par l’aménagement de nouvelles zones d’activités et le développement de pépinières d’entreprises, les intercommunalités impliquées dans la dynamique technopolitaine s’attachent à accroître la capacité et la qualité d’accueil d’entreprises innovantes. En s’appuyant sur ces nouveaux espaces et par une démarche de labellisation, TECHNOPOLE MARTINIQUE contribue au renforcement de l’attractivité du territoire. De nouvelles zones d’activités Parmi les projets de zones en développement en Martinique, la CACEM a acquis, de 2001 à 2004, plus de 50 ha de terrains destinés à accueillir de nouvelles zones d’activités. Ce programme représente environ 213 000 m² de surface constructible, cessibles aux entreprises après aménagement.

Les

premiers

lots

seront

commercialisés en 2009. A moyen terme, plus de 3 000 emplois sont attendus. L’objectif premier est d’offrir aux entreprises des parcs d’activités qualifiés leur permettant de s’inscrire dans une démarche de développement durable et d’amélioration du cadre de vie : récupération et traitement des déchets et des effluents, maîtrise de l’énergie, accès aux personnes à mobilité réduite, signalétique, mobilier urbain, éclairage public… Un réseau de pépinière d’entreprises… Avec un recul de trois ans, les résultats de la pépinière CHRYSALIA-CEEI

mettent

en

évidence

la

pertinence

de

la démarche dans le contexte économique martiniquais : 21 entreprises y sont déjà hébergées pour un effectif total de 50 emplois.

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Aujourd’hui émergent de nouvelles pépinières sur plusieurs territoires, notamment le Nord Martinique. Des échanges en cours entre CHRYSALIA-CEEI

et

d’autres

acteurs

institutionnels tels que la CCNM, amorcent la synergie entre les pépinières en projet de l’île. Attractivité du territoire La labellisation en Technopole, c’est l’émergence d’un phare économique qui distingue la Martinique parmi les régions européennes et renforçe l’attractivité de son territoire. C’est aussi la reconnaissance des efforts consentis par les entreprises et tous les acteurs de la recherche et du développement qui, ensemble, construisent un système d’innovation en réseau pour la Martinique. Pour transformer cette dynamique en véritable atout, les services et l’image de Technopole Martinique doivent être partagés et mis en valeur par chacun de ses partenaires. C’est pourquoi TECHNOPOLE MARTINIQUE met d’ores et déjà en œuvre une stratégie de labellisation. Elle vise à construire la «marque» TECHNOPOLE MARTINIQUE et, par une signalétique différenciée, à permettre son appropriation et sa diffusion par tous les acteurs du territoire : entreprises, partenaires, pépinières et zones d’activités. Ainsi sera créée et véhiculée une image commune de l’innovation en Martinique qui rejaillira positivement sur chacun de ces acteurs et sur l’ensemble du territoire.

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TECHNOPOLE MARTINIQUE Huit secteurs d’innovation stratégiques

L

e recensement des compétences et savoir-faire présents sur le territoire a mis en évidence deux familles de technologies particulièrement importantes pour la Martinique. Les premières sont sectorielles, comme les technologies agricoles et agro-alimentaires, les technologies environnementales, la transformation du bois, la construction mécanique, les technologies médicales ou la gestion des risques naturels. Les secondes sont transversales et intéressent un grand nombre de secteurs d’activité sinon tous. Ce sont, par exemple, les TIC, le génie logistique, l’assurance qualité, la formation ou la communication scientifique.

6

TECHNOPOLE MARTINIQUE, à travers le Passeport pour l’Innovation, offre un éclairage rapide de la situation actuelle et des perspectives dans huit secteurs d’innovation stratégiques.

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Agriculture - Pêche Agroalimentaire

42 54

62

Environnement & écosystèmes

Énergies renouvelables

68

Gestion des risques naturels

Chimie & matériaux

78

Technologies de l’Information et de la Communication

86

94

Organisation

Recherche médicale 27

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Secteurs stratégiques 1. AGRICULTURE - PÊCHE - AGROALIMENTAIRE

L

es agro-ressources tropicales sont au cœur des domaines technologiques locomotives pour la Martinique. L’agriculture martiniquaise se caractérise par une concentration de la production autour de deux filières principales : la banane et la canne à sucre, qui couvrent les deux tiers de la surface cultivable totale. Structurée autour du PRAM et du CTCS (Centre Technique de la Canne et du Sucre), la recherche agronomique est axée sur les aspects de diversification et de différenciation ainsi que sur la mise au point de systèmes de productions alternatifs, notamment en matière d’usage des pesticides. «Nous recherchons des systèmes de production qui préservent l’environnement», déclare ainsi Anne Rizand, Présidente du PRAM jusqu’en 2008, «et nous travaillons aussi sur l’aval en recherchant des variétés et des méthodes qui influent favorablement sur la qualité des produits finis.» La mise en valeur des productions locales est l’objectif premier du PARM (Pôle Agroalimentaire Régional), acteur de l’innovation en matière de transformation agroalimentaire. Son action s’exprime, notamment, par la formulation de recettes, la mise au point ou l’optimisation de process et le transfert de technologie. Dans tous ces domaines, l’innovation rencontre de nombreux obstacles. Marc Morell, Directeur du Centre IRD (Institut de Recherche pour le Développement) Martinique-Caraïbe, souligne «la difficulté à transférer les résultats de la recherche, à les faire sortir du laboratoire pour les insérer dans le contexte régional ou international.» Pour Patrick Quénéhervé, Directeur de recherche à l’IRD, «il existe, en Martinique, un problème de renouvellement des chercheurs de formation scientifique.» Bien qu’exerçant dans la filière très structurée de la canne à sucre, Patrick Bellassée, Directeur du CTCS, insiste sur «les importants efforts de formation qui restent à accomplir.» La plupart des acteurs soulignent ainsi la nécessité de renforcer les liens entre la recherche et le terrain, notamment par le biais de programmes d’expérimentation, de formation et d’information. Une problématique face à laquelle, selon Anne Rizand, «TECHNOPOLE MARTINIQUE facilitera l’intégration des innovations dans les différentes filières et la diversification sur le marché local.»

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Tanja S

Agriculture

PĂŞche & aquaculture

34 36 41

Transformation agroalimentaire

Les partenaires innovation du secteur

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Agriculture – Pêche - Agroalimentaire

AGRICULTURE L’agriculture contribue pour 5% environ au PIB de la Martinique. La banane est le premier secteur agricole de l’île. Elle occupe un tiers de la surface agricole utile (SAU), fournit 41 % de la valeur agricole finale et génère 14 000 emplois directs et indirects (8 % de la population active). La canne à sucre arrive au second rang avec 3 600 hectares cultivés8 (10 % de la SAU) et près de 4 000 emplois. Les productions maraîchères et fruitières (25 % de la SAU), ainsi que l’élevage, sont majoritairement tournés vers le marché local. L’agriculture martiniquaise s’est engagée depuis plusieurs années dans le développement d’une offre de qualité. Cette volonté est manifeste dans le secteur de la banane, où 80 % des expéditions entrent dans la catégorie extra, et dans celui du rhum où la Martinique a pu obtenir, parmi tous les producteurs mondiaux de rhum, l’unique Appellation d’Origine Contrôlée : l’AOC Rhum Agricole Martinique. Connaissance des sols Les sols évoluent constamment sous l’effet des facteurs naturels et des pratiques agricoles. L’objectif majeur des recherches menées par le laboratoire de pédologie de l’IRD (intégré au PRAM) est d’acquérir une connaissance amont du milieu «sol». Ces études portent, notamment, sur la structure des sols de la Martinique, leurs caractéristiques chimiques et biologiques, et leur capacité à fixer le carbone et à retenir et relarguer les polluants. En fournissant aux agriculteurs les clés d’une gestion durable de la ressource limitée et fragile que représente le sol, elles visent à leur fournir les moyens d’optimiser leurs systèmes de culture et à leur permettre de vivre de leur activité dans le respect de l’environnement. Parmi les projets en cours : - Caractérisation de la diversité des sols de la Martinique - Etude des relations entre structure des sols, fixation du carbone et rétention-relargage des polluants - Simulation et calcul des propriétés physico-chimiques non mesurables - Référentiels et bases de données des résultats d’analyses sols et plantes. Techniques culturales : objectif zéro pesticide Réunis au sein du PRAM, les laboratoires du Cemagref, du Cirad et de l’IRD travaillent de concert pour permettre la conception de systèmes de culture limitant l’usage des pesticides. Qu’il s’agisse de lutter contre les maladies des

cultures

ou

contre

leurs

parasites,

la

priori-

té est donnée à des méthodes naturelles innovantes, respectueuses de l’environnement et de la santé du

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consommateur : jachères, rotations culturales, lutte biologique, utilisation de vitroplants, de plantes assainissantes… Ces efforts ont déjà permis de diviser par trente les quantités d’intrants chimiques dans les cultures bananières martiniquaises : une douzaine de traitements par an en Martinique contre un traitement par jour en Amérique Centrale. Le PRAM dispose en outre du seul laboratoire français de nématologie tropicale. Il permet l’identification, le dénombrement et la lutte contre ces vers submillimétriques qui parasitent les bananeraies et de nombreuses autres cultures jusqu’à les détruire totalement (goyavier, par exemple). Parmi les projets en cours : - Evaluation des performances et impacts des systèmes de culture bananière. - Conception de prototypes de systèmes de culture durables. - Alternatives à la lutte chimique contre les nématodes. - Evaluation des méthodes de piégeage des charançons. Recherche variétale Depuis sa création, le CTCS assure la sélection et la diffusion de variétés de canne adaptées aux différents terroirs et aux conditions de production de la Martinique. La culture de variétés à fort potentiel sucrier et aux qualités rhumières compatibles avec le cahier des charges de l’AOC est un élément essentiel pour le revenu du planteur comme pour la performance technologique des unités de transformation. Parmi les projets en cours : - Acclimatation et sélection de variétés de canne en fonction de leurs performances agronomiques, de leur résistance aux maladies et de leur potentiel industriel (50 à 100 variétés par an). - Confection d’un herbier de référence des adventices des cannes en vue de l’élaboration d’un programme de désherbage. - Constitution et entretien d’une collection de variétés anciennes de cannes cultivées en Martinique.

8 Source : CTCS

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Photo : Johnjim

Agriculture – Pêche - Agroalimentaire

A G R I C U LTU R E Les enjeux de la filière bananière consistent aujourd’hui à produire plus propre et visent des créneaux de commercialisation nouveaux. L’innovation variétale mise en œuvre par le PRAM, est, en ce sens, une alternative prometteuse. L’émergence de nouvelles variétés pourrait offrir une véritable rentabilité au marché local et à l’export, notamment pour des bananes exemptes de traitements chimiques. Parmi les projets en cours : - Recherche de gènes de résistance à la cercosporiose jaune et noire et de tolérance aux nématodes parmi les variétés sauvages - Création et évaluation de nouveaux hybrides de bananiers - Amélioration des hybrides actuels et intensification des croisements. Diversification maraîchère et fruitière Les cultures maraîchères sont des pivots de la diversification agricole aux Antilles. Leur développement ne pourra être assuré qu’avec le contrôle des ravageurs et maladies qui vivent dans le sol. Le laboratoire de phytopathologie du PRAM travaille principalement sur le contrôle et la lutte contre la bactérie Rsol, endémique aux Antilles et responsable du flétrissement bactérien de ces cultures. Parmi les projets en cours : - Caractérisation des populations de Ralstonia solanacearum (Rsol) - Lutte intégrée contre le flétrissement bactérien en cultures maraîchères.

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Paradoxalement, alors que l’importation de fruits est très élevée en Martinique (près de 20 Kg par habitant et par an), le riche patrimoine fruitier local est sousexploité. L’Unité de production fruitière intégrée du Cirad met à la disposition des pépiniéristes de nombreuses espèces et variétés d’arbres fruitiers : agrumes, manguier, goyavier, abricotier pays, pomme cannelle, litchis… Parmi les projets en cours : - Valorisation de nouvelles variétés d’ananas - Évaluation d’hybrides de mandarines sans pépin. Valorisation des sous-produits agricoles Les bagasses de canne à sucre sont, depuis longtemps, partiellement valorisées en tant qu’aliments d’élevage. Il pourrait en être de même des écarts de triage9 des cultures bananières à condition qu’une filière soit mise en place entre les cultivateurs et les éleveurs (petits ruminants) et arboriculteurs (amendement des vergers)10. Les troncs de bananiers constituent une ressource potentielle pour la fabrication de papier. D’autres déchets sont également valorisés par compostage ou transformation méthanière.

9 Rebuts non exploitables commercialement 10 Source : PRAM-publications, nov.2002

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Agriculture – Pêche - Agroalimentaire

PÊCHE ET A QUACULTURE La pêche et l’aquaculture offrent de nombreuses potentialités en Martinique : des sites appropriés, des températures favorables, un marché fortement consommateur (7 500 tonnes de poissons sont importées chaque année). L’île est dotée de 8 ports de pêche principaux et de 16 autres petites infrastructures équipées avec l’aide du FEDER et de l’IFOP11. En 2007, la flotte comprenait environ 1 200 bateaux enregistrés, dont 99,5% de moins de 12 mètres. La flotte au large comptait 6 navires exploitant surtout le vivaneau sur le plateau guyanais. L’île compte 1 300 pêcheurs professionnels déclarés (+ 30% depuis 1993). L’aquaculture s’y développe, notamment depuis une quinzaine d’années. La totalité des produits de la pêche est commercialisée sur le marché local. IFREMER 12, un centre de recherche et d’expertise La délégation IFREMER des Antilles est installée en Martinique, dans la baie du Robert, depuis 1970. Elle concentre ses activités sur le développement durable de la pêche en mer et sur l’aquaculture tropicale marine. Ses travaux ont permis d’aider au redéploiement de l’activité halieutique vers les ressources du large par la pêche sur les dispositifs concentrateurs de poissons (DCP) et de créer des fermes aquacoles locales. Son domaine de compétence couvre la Martinique et la Guadeloupe. Certaines actions sont conduites en coopération avec les pays de la Caraïbe. Un système d’informations halieutiques est en cours de mise en place en Martinique et en Guadeloupe. Il sera géré par l’Ifremer à la demande de la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture (DPMA). La station du Robert abrite deux laboratoires régionaux : le laboratoire Ressources halieutiques et le laboratoire Aquaculture. Ses installations comprennent des bassins d’élevage à terre, des cages d’élevage en mer et une écloserie expérimentale pour la pisciculture. Les recherches conduites par l’Ifremer visent à soutenir une démarche de gestion intégrée des ressources vivantes marines dans une perspective de développement durable. Des travaux sont réalisés par l’Observatoire du milieu marin martiniquais (OMMM) et l’Ecole pratique des hautes études (EPHE) sur l’expérimentation de récifs artificiels pour favoriser le repeuplement. Aquaculture : des développements initiés en Martinique Au début des années 1980, une première action menée conjointement par l’ADAM, l’ISTPM13 (institut ayant précédé l’Ifremer) et l’UAG a porté sur l’évaluation des potentialités aquacoles de certaines espèces locales. Parallèlement,

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Photo : Delgado

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la première ferme privée d’élevage de poissons marins AQUAMAR s’est lancée dans l’élevage du bar européeen dans la baie du Robert. Cette activité a dû être arrêtée quelques années plus tard en raison de problèmes pathologiques. En 1985, des Martiniquais regroupés au sein de l’ADAM14 ont introduit dans l’île l’ombrine tropicale, communément appelée loup des Caraïbes. Un partenariat avec l’Ifremer a débouché en 1993 sur la maîtrise zootechnique du cycle biologique de cette espèce. A l’heure actuelle, c’est cette espèce qui constitue la majeure partie de la production aquacole martiniquaise avec une production annuelle représentant environ 1 % de la consommation locale des produits de la mer. Par la suite, l’ombrine a été introduite à Mayotte (1999) et à la Réunion (2000) où elle fait également l’objet d’élevage en cage flottante. A l’heure actuelle, 12 exploitations produisent de l’ombrine aux Antilles et commercialisent chacune de 5 à 20 tonnes par an15. Les prévisions tablent sur un doublement de la production dans les deux années qui viennent. En Martinique, l’ombrine est généralement commercialisée entière, écaillée et parfois éviscérée vers la restauration mais aussi auprès de certaines GMS et sur quelques marchés ; la transformation du produit tend à se développer et présente un potentiel commercial intéressant. Aquaculture d’eau douce : le handicap du chlordécone Axée essentiellement sur l’écrevisse, l’aquaculture d’eau douce était assez importante dans les années 90 avant de quasiment disparaître suite à des difficultés d’exploitation (pathologies, manque de géniteurs). La pollution (au chlordécone notamment) a entraîné la fermeture de 7 des 13 exploitations martiniquaises. L’ADEPAM16, créée en avril 1997, a relancé l’activité. Regroupant une vingtaine d’adhérents, elle dispose de deux écloseries fournissant des alevins de Saint-Pierre (Oréochromis hybride) et des post-larves de chevrettes (écrevisses). Cinq tonnes de chacune de ces espèces sont produites chaque année en Martinique. L’ADEPAM a également créé, en collaboration avec le Lycée Professionnel Agricole du Robert, une unité associant la production de saint-pierre et la culture en aquaponie (circuit fermé) de la laitue. Parmi les projets en cours : - Recherche sur la gestion génétique des reproducteurs pour sécuriser l’aquaculture de l’ombrine, - Etude de l’impact des rejets de l’aquaculture sur l’environnement marin, - Etude sur la contamination au chlordécone des organismes marins, - Recherche génétique et technique sur les possibilités aquacoles du cobia, - Etude des possibilités de diversification de la pisciculture marine martiniquaise. 11 IFOP : Instrument Financier d’Orientation de la Pêche du DOCUP 12 IFREMER : Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer 13 ISTPM Institut scientifique et technique des pêches maritimes 14 ADAM Association pour le Développement de l’Aquaculture en Martinique 15 Source : Ifremer 16 ADEPAM Association pour la Défense des Producteurs Aquacoles Martiniquais

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Agriculture – Pêche - Agroalimentaire

TRANSFORMATION AGROALIMENTAIRE La transformation agroalimentaire occupe une place de choix dans le panorama industriel de la Martinique. Elle regroupe 38 % des entreprises industrielles, emploie 45 % des effectifs salariés industriels et réalise près de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel17. Structuré autour de cinq filières principales (sucrerie & distilleries, fruits & légumes, boissons, industrie du lait, aliments pour animaux), le secteur rassemble des entreprises dotées, pour la plupart, d’un outil de production moderne. Elles développent une offre diversifiée et de qualité pour répondre aux attentes des consommateurs locaux. Les plus performantes d’entre elles se positionnent également sur des marchés à l’export. L’utilisation de nouveaux conditionnements, une meilleure intégration des exigences nutritionnelles, l’amélioration de la connaissance des fruits tropicaux, la diversification vers la quatrième gamme, autant de pistes d’innovation déjà mises en œuvre par les services Recherche et Développement des entreprises locales. Différents acteurs les accompagnent pour stimuler et concrétiser ces démarches d’innovation et de développement technologique. Dans la filière sucre & rhum, l’innovation s’appuie en particulier sur les ressources technologiques du CTCS. ITEC-CEEI a pour sa part, au cours des deux dernières années, apporté son concours à une quinzaine de projets innovants dans un large éventail de filières agroalimentaires (chocolaterie, confiserie, légumes surgelés, transformation de la viande et du poisson…). Enfin, depuis 2003, l’innovation agroalimentaire en Martinique a été renforcée par la création du PARM qui développe à la fois une action de transfert de technologie et des activités de recherche et développement. Un laboratoire au service de la qualité et de la recherche La vocation agronomique initiale du CTCS s’est progressivement élargie vers l’aval de la filière canne. Son laboratoire de technologie rhumière et sucrière constitue aujourd’hui un outil unique dans la Caraïbe. Spécialisé dans le contrôle de la qualité des productions de l’île, il met son expertise au service des professionnels de la filière canne-sucre-rhum, les aidant à améliorer leurs productions et à les adapter aux exigences de leurs marchés comme aux nouvelles réglementations. Depuis la matière première jusqu’aux produits finis, aucune phase des processus d’élaboration n’échappe à sa vigilance : contrôle des cannes, moûts, vins, vinasses et bagasses ;

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analyses des eaux et des rejets ; analyses des rhums et des sucres dans le cadre du suivi de fabrication des distilleries et de la Sucrerie du Galion ; analyses sensorielles.… Mutualisant des moyens qui seraient hors de portée des entreprises, le laboratoire du CTCS est également à même de proposer de nombreuses prestations à la demande telles que conseil, analyses spécifiques, suivi métrologique des équipements et formations techniques. Parmi les projets en cours : - Analyse des pertes en sucres au cours du process de fabrication - Recherche de levures performantes pour l’amélioration du rendement alcoolique - Caractérisation du processus de vieillissement du rhum Le Pôle Agroalimentaire Régional de la Martinique (PARM) Pour impulser le développement des productions du secteur agroalimentaire, le Conseil Régional s’est engagé dans la création du PARM. La collectivité a mobilisé d’importants moyens financiers pour doter cette structure de ressources technologiques performantes : • une halle technologique alimentaire de 250 m², • un laboratoire d’analyses physico-chimiques et micro biologiques, • une salle d’analyses sensorielles équipée de 14 cabines, • des équipements pilotes et analytiques. Le PARM a engagé en 2003 son premier programme d’actions concertées auprès des filières du secteur agroalimentaire. Ses projets sont fondés sur des réponses à des besoins en matière de R&D, d’assistance et de conseil technologique. Des prestations de services sont aussi réalisées à la demande d’entreprises ou de porteurs de projets du secteur. Le PARM mène également des actions de sensibilisation à l’innovation. Il a ainsi organisé en 2007 et 2008 les séminaires «Innover sur l’axe nutrition et santé» et «Enjeux et maîtrise de la mise en œuvre des emballages plastique.» Parmi les projets en cours : Dix-sept projets concernant la reformulation de recettes, l’optimisation de process ou le transfert de technologie.

17 Sources AMPI, Insee

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Agriculture – Pêche - Agroalimentaire

T R A N S FO R M ATIO N A G R O A LI MENTAI RE La démarche en réseau de TECHNOPOLE MARTINIQUE contribue, par l’apport de compétences, outils et méthodes, à la pérennisation économique de projets innovants. Dans le domaine agroalimentaire, deux exemples en témoignent : les Chocolats fins Lauzéa et les Surgelés SOCOPGEL. Frères Lauzéa : quand la Martinique fait la pige aux chocolats belges Diplômé d’une école de commerce, Thierry Lauzéa se découvre une passion pour le chocolat au sein du Groupe Mars (Mars, M&M, Twix…). En 2003, il achète une petite enrobeuse et commence à produire, en amateur, pour sa famille et ses amis. Après un stage à Niort, auprès des meilleurs ouvriers de France, il ouvre avec son frère un laboratoire à Fort-de-France puis, profitant de la disponibilité d’un local familial au Lamentin, il décide d’y implanter l’ensemble de son activité. Soucieux de réussir cette nouvelle implantation, il sollicite les conseils d’ITEC-CEEI qui bâtit avec lui un projet structuré. Il s’agit de créer un véritable laboratoire et d’innover en fabriquant ce que les autres ne veulent ou ne savent pas faire. Le projet englobe l’ensemble du processus de production, depuis la définition et l’implantation des machines jusqu’aux plans de nettoyage quotidien. Les Conseillers Innovation d’ITEC-CEEI mobilisent alors les compétences du PARM qui recommande un investissement lourd pour permettre le travail du chocolat et celui du sucre cuit (pâtes de fruits). ITEC-CEEI participe à la recherche de financement et le projet s’exécute, en 2006, selon le schéma prévu avec le PARM. «Nous produisons aujourd’hui 5 tonnes de chocolats fins par an pour un chiffre d’affaires de 300 000 €», déclare Thierry Lauzéa qui a installé un nouveau point de vente directe à Didier. «Ma plus grande fierté, déclare-t-il, est d’avoir inversé le flux des cadeaux chocolat. Autrefois on rapportait ceux-ci de métropole, aujourd’hui on les remporte de Martinique.» Le succès de cette production repose grandement sur l’innovation en matière de parfums, à la fois locaux et inédits : goyave, rhum, schrub, gingembre mais aussi patate douce et giraumon. Attentifs à l’amélioration permanente de leurs produits, Thierry et Jimmy Lauzéa poursuivent leurs recherches dans le sens des qualités gustatives. Ils viennent à nouveau de solliciter le concours d’ITEC-CEEI et du réseau TECHNOPOLE MARTINIQUE, pour la création d’un nouveau laboratoire encore plus performant. «Nous n’avons pas les moyens de créer un service de R&D. Pour nous, TECHNOPOLE MARTINIQUE offre donc un appui indispensable. Nous nous sentons moins seuls et ça nous pousse à rester en ébullition.»

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Parmi les projets en cours : - Création d’un nouveau laboratoire - Innovations produits - Nouveaux conditionnements. Surgelés tropicaux SOCOPGEL : une première mondiale Dès les années 90, pour offrir de nouveaux débouchés à ses adhérents, la coopérative maraîchère SOCOPMA commence à s’intéresser à la congélation des légumes tropicaux. Après de nombreux essais, une chaîne de congélation est créée et les premiers produits congelés sont commercialisés à partir de 1995 (ignames, dachines, fruits à pain, christophines puis, à partir de 1998, ti-nains, papayes, bongos, giraumons, patates douces…). «Dès 1996, nous avons envisagé de créer une unité de surgélation.

Compte

tenu

de

la

lourdeur de l’investissement, il fallait, d’une part, le dimensionner à la taille de notre marché et, d’autre part, l’adapter à la surgélation des produits tropicaux -légumes, fruits et racinesce qui n’existait encore nulle part. La surgélation exige en effet de porter les produits à -18°C à cœur et

de

maintenir

cette

tempéra-

ture jusqu’au client.» Pour rationaliser sa démarche, la SOCOPMA fait alors appel à ITEC-CEEI qui la met en contact avec le CRITT Ile-de-France et un bureau d’études spécialisé. Des voyages sont entrepris en France et en Italie. Plusieurs dizaines de kilos de légumes martiniquais sont emportés pour tester les techniques de découpe, de pelage et de surgélation, pour évaluer les coûts de traitement et pour orienter les choix technologiques. Le projet prend forme. Un investissement de 12 MF est décidé. ITECCEEI monte les dossiers de financement avec SOCOPGEL, la filiale de SOCOPMA créée à cette occasion. L’usine est installée avec le concours financier du département, de la région et de l’Europe (ODEADOM).

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Agriculture – Pêche - Agroalimentaire

T R A N S FO R M ATIO N A G R O A LI MENTAI RE Employant 20 salariés, elle produit 450 T/an de surgelés tropicaux qui sont commercialisés en Martinique et en Guyane (chiffre d’affaires : 1,6 M€). Depuis 2002, un système de suivi rigoureux assure la traçabilité des produits depuis l’agriculteur jusqu’au client final. «Cette année, nous avons embauché un responsable qualité et nous avons repris contact avec ITEC-CEEI pour nous aider à mettre en place la qualification ISO 2200018 et moderniser la ligne de production.» Parmi les projets en cours : - Évolution de l’outil de production : nouvelles machines, automatisation pour améliorer la productivité et lutter contre les troubles musculo-squelettiques (TMS) du personnel (canal carpien, notamment) - Innovations produits - Nouveaux conditionnements pour la grande distribution.

18 Nouvelle norme relative au Management de la sécurité des denrées alimentaires

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Agriculture – Pêche - Agroalimentaire

L E S PA R T E N A I R E S I N N O V AT I O N D U S E C T E U R (coordonnées complètes pages 98 à 102) AGRICULTURE • CTCS Centre Technique de la Canne et du Sucre • Chambre d’Agriculture • PRAM Pôle de Recherche Agro-environnemental de la Martinique - CIRAD Centre de Coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement - CEMAGREF Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement - IRD Institut de Recherche pour le Développement - INRA Institut National de la Recherche Agronomique PÊCHE ET AQUACULTURE • ADAM Association pour le Développement de l’Aquaculture en Martinique • ADEPAM Association pour la Défense des Producteurs Aquacoles Martiniquais • CERAAM Centre régional d’applications aquacoles de Martinique • IFREMER Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer TRANSFORMATION AGROALIMENTAIRE • AFNOR GROUPE Association Française de Normalisation • CRITT Chimie Environnement Ile-de-France • CTCS Centre Technique de la Canne et du Sucre • ITEC-CEEI Ingénierie de l’innovation (Technopole Martinique) • PARM Pôle Agro-alimentaire Régional de Martinique

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Secteurs stratégiques 2•ENVIRONNEMENT & ÉCOSYSTÈMES

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a biodiversité de la Martinique et son environnement participent à la richesse de ce milieu insulaire tropical. Malheureusement, de nombreux facteurs se conjuguent pour en menacer les équilibres. Sur cette île de faible taille, la densité de la population est la plus élevée de France hors région parisienne (363 habitants au km2 pour 93 habitants au km2 en métropole). La seule conurbation de Fort-de-France concentre 43 % des habitants de l’île. Par ailleurs, les bassins versants sont de petite taille et souvent très pentus. La pluviosité à laquelle est soumise l’île est importante variant de 1 500 à 7 000 mm/an selon les endroits. Ainsi, les écoulements de l’eau à la surface du sol et dans les cours d’eau entraînent un transfert rapide des sédiments et des polluants vers la mer et parfois de graves inondations. Les services de l’État, les collectivités territoriales et les divers centres de recherche scientifique se sont très tôt alarmés de cette situation, mais chacun à son niveau. Ce qui, pour Marc Morell19, a posé problème car “dans ce domaine, tout est interdépendant et il convient de développer une approche régionale intégrée.” C’est le cas depuis quelques années avec de grands programmes territoriaux tels que le SDAGE20, les Contrats de Baie de Fort-de-France et du Marin ou la GIZC21 du Robert. Enfin, la consommation locale de la population engendre la production annuelle de 350 000 tonnes de déchets dont la gestion constitue un défi permanent sur ce territoire insulaire. TECHNOPOLE MARTINIQUE a son rôle à jouer dans la mise en œuvre de “modes de développement écologiques favorables à la compétitivité et à l’emploi”, tels que proposés par le récent Grenelle de l’environnement. Pour Pascal Saffache22, elle permettra aussi de “mettre enfin autour d’une même table des gens qui ont beaucoup à faire ensemble mais qui, trop souvent, ne se connaissent pas.”

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19 Marc Morell : Directeur du Centre IRD MartiniqueCaraïbe 20 SDAGE : Schéma Directeur D’Aménagement et de Gestion des Eaux 21 GIZC : Gestion Intégrée de Zone Côtière 22 Pascal Saffache, Président de l’UAG, membre du conseil scientifique de l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques, du Parc Naturel Régional de la Martinique et du Comité IFRECOR

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L’approche territoriale

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Photo : gnmills

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La problématique de l’eau

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Photo : fcarrero99

Le traitement des déchets

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Les partenaires innovation du secteur

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Environnement & écosystèmes

L’APPROCHE TERRITORIALE Dans le domaine de l’environnement, tous les paramètres sont peu ou prou interdépendants. Sur un même espace délimité par sa topographie, les phénomènes naturels, les activités humaines et l’écologie des divers biotopes constituent un système complexe, siège d’interactions permanentes qui mettent en jeu des chaînes de causalité multiples. En terme environnemental, aucun problème ne peut être exclu de son contexte. Pour le résoudre, il importe d’en comprendre les causes mais aussi de bien mesurer les conséquences des solutions envisagées. Seule une approche territoriale globale, réunissant des spécialistes de nombreuses disciplines, est à même d’éclairer les élus dans leurs décisions. La GIZC23 du Robert, le projet PARAGE24 ou encore les Contrats de baies, sont autant d’exemples d’une telle approche visant à concilier le respect du milieu et le nécessaire développement économique du territoire. Un vaste projet multidisciplinaire La baie du Robert est un plan d’eau semi-fermé de 6,5 km de long sur 3 de large. Parsemée d’herbiers, de mangroves et de petits récifs, elle présente une grande diversité de biotopes où se reproduisent de nombreuses espèces marines (poissons, crustacés, oursins…). Plusieurs études ont relevé sur ces écosystèmes des signes de dégradations liées à un phénomène combiné d’eutrophisation et d’envasement. Les causes principales en sont l’agriculture, le développement urbain, avec les rejets d’eaux usées, la surpêche et la fréquentation touristique des îlets. En sortie de baie, le renouvellement des eaux est limité par la faible largeur des passes. La baie est l’exutoire de petits bassins versants25 de 23 km² sur lesquels on trouve des zones agricoles, un habitat concentré au niveau du bourg et diffus sur les mornes du bassin, et un pôle d’activités industrielles, artisanales et portuaires en bordure littorale. Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD) de la ville du Robert prévoit la mise en valeur de la baie à travers trois grands types d’actions : l’aménagement des espaces littoraux, la protection de l’environnement côtier et le développement des activités économiques et touristiques. C’est dans ce cadre que prend place le projet de GIZC-Baie du Robert qui réunit, autour des services de la mairie : Etat, Préfecture, Services déconcentrés, Conseil Général, Conseil Régional, experts et usagers du milieu littoral, ainsi qu’une équipe scientifique multidisciplinaire : IFREMER, UAG–CRPLC, UAG-GEODE, IMPACT MER, PRAM-CEMAGREF, SAFEGE… Une approche similaire est mise en œuvre pour la baie du Marin - Sainte Anne.

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Le projet PARAGE Lancé en 2006, le projet PARAGE est destiné à faciliter la gestion du domaine foncier et la planification rurale aux Antilles et en Guyane. Il repose sur la caractérisation et le suivi des dynamiques agricoles par l’analyse d’images satellitaires. Cette méthode apporte une connaissance actualisée des activités agraires. Elle permet d’établir les diagnostics environnementaux nécessaires à la mise en application des dispositions réglementaires en matière de gestion des espaces et des ressources. En Martinique, le projet sera concentré sur la mesure de l’impact des activités agricoles et la vulnérabilité à l’érosion sur le Bassin versant de la Baie du Robert. Parmi les études en cours - sédimentation des fonds (IMPACT MER), - érosion sur le bassin versant (CEMAGREF), - anthropologie et perception du littoral par les populations (CRPLC ), - modélisation de la baie (SAFEGE). Le Pôle d’Excellence Rurale du Gros-Morne Ce pôle s’inscrit dans la dynamique engagée par la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux. Il figure parmi les 379 projets innovants, ainsi labellisés et financièrement aidés. Ceux-ci, visent à soutenir les initiatives et les projets innovants des territoires ruraux, renforcer la coopération entre les partenaires et favoriser la création d’emplois. Ainsi, il s’agit de promouvoir les richesses naturelles, culturelles et touristiques, valoriser les bio-ressources, développer l’offre de services et l’accueil de nouvelles populations, atteindre l’excellence technologique pour des productions industrielles, agricoles ou artisanales... Pour Philippe Vourch, Directeur de l’usine Denel et acteur important du projet, l’intérêt est de «concentrer, dans une même zone géographique, plusieurs entités publiques et privées, autour de la filière fruits : un espace naturel aménagé (Les jardins du Gros-Morne), un atelier de transformation des fruits en purée et une usine de fabrication de jus.» Ce projet, qui a mobilisé les énergies d’acteurs publics (la Ville du Gros-Morne) et privés (Usine Denel et producteurs de fruits), devrait se concrétiser complètement vers la fin de l’année 2009. Parmi les développements en cours - modernisation de l’usine Denel - réalisation de l’atelier de transformation des fruits.

23 GIZC : Gestion Intégrée de Zone Côtière 24 PARAGE : occuPation Agricole des Régions Antilles Guyane : un support spatialisé pour l’évaluation de son impact sur l’Environnement 25 Bassin versant : portion de territoire délimitée par des lignes de crête, dont les eaux alimentent un exutoire commun : cours d’eau, lac, mer, océan, etc.

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Environnement & écosystèmes

PRÉSERVER ET VALORISER LA BIODIVERSITÉ La Martinique se situe au cœur de l’un des 35 «hotspots» mondiaux répertoriés par la communauté scientifique internationale pour la richesse de leur biodiversité et les risques importants qu’elle encourt à court terme. Les menaces qui pèsent sur la biodiversité de l’île concernent l’ensemble des écosystèmes terrestres et marins ainsi que leur flore et leur faune. Elles résultent pour l’essentiel de l’anthropisation des espaces (pression démographique, urbanisation non maîtrisée, pollutions de toutes natures) mais aussi, parfois, des dégradations liées aux phénomènes naturels (érosion, glissements de terrains, ondes tropicales et cyclones, changements climatiques …). Le Contrat de Projet État-Région-Département pour la période 20072013 prévoit de consacrer 12 M € à la préservation des ressources naturelles et de l’environnement. A son échelle, en rapprochant l’entreprise et la recherche, TECHNOPOLE MARTINIQUE se propose de stimuler la concrétisation de projets industriels innovants, complémentaires des actions institutionnelles et territoriales en faveur de la biodiversité et de l’environnement. Espèces animales et écosystèmes en danger Dans un rapport de 2004, la DIREN27 mentionne la disparition de onze espèces d’animaux vertébrés et souligne la dégradation des écosystèmes menaçant la survie de plusieurs espèces strictement endémiques à l’île. Sur les 396 espèces d’arbres recensées en

Photo : Enbrut

Martinique, 120 sont devenues rares ou très rares. Les forêts du centre et du Sud, qui abritent un quart des essences ligneuses et la moitié des oiseaux, sont très menacées. La zone maritime littorale ne l’est pas moins. Selon l’IFRECOR28, 80 % des écosystèmes coralliens se trouvent aujourd’hui à différents stades de dégradation et, pour la seule période 2005 - 2006, on évalue à 30 % en moyenne la perte en corail vivant sur les récifs de Martinique. D’autres sites particulièrement remarquables, comme la ZNIEFF29 de Sainte Luce, sont également menacés par une fréquentation balnéaire importante, et du fait de leur accessibilité aisée depuis la plage. Un nouveau «laboratoire vivant» pour l’ONF 30 Martinique Comme l’a souligné le Grenelle de l’environnement «la très grande majorité de la diversité biologique nationale se situe dans les collectivités d’outre-mer». Les forêts martiniquaises, par exemple, rassemblent à elles seules près de 400 essences ligneuses contre une centaine seulement en métropole. L’étendue des surfaces qu’il

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gère en Martinique (15 500 ha de forêts publiques) confère à l’ONF une responsabilité particulière dans la préservation de cette biodiversité. Elle s’est concrétisée, entre autres, par son appui à la mise en place du parc régional, des réserves naturelles et des ZNIEFF de Martinique. Suite aux conclusions du Grenelle de l’environnement, l’ONF Martinique s’est vu confier une nouvelle mission d’expertise et de conseil qui vise à l’identification et à la protection des espèces sauvages et des habitats naturels. Les pré études ont été effectuées en 2008, en collaboration avec l’UAG. Elles ont abouti à un ambitieux projet : la création d’un réseau de 40 «placettes» de surveillance et de mesure intensive. «Ce réseau constituera pour nous un véritable laboratoire vivant. Il nous permettra de détecter les changements à long terme dans le fonctionnement d’une grande variété d’écosystèmes forestiers et de mieux comprendre les raisons de ces changements. Son implantation débutera courant 2009.»31 TRAMIL : un regard scientifique sur la médecine traditionnelle Nos grand-mères le savaient, pour faire tomber la fièvre, rien de tel qu’une infusion de fleurs d’atoumo avec un filet de rhum et un peu de miel. Contre les diarrhées, il y a la goyave et contre les rhumatismes, le gommier rouge macéré dans le rhum avec du bois d’Inde… C’est pour préserver ce savoir sur l’usage populaire des plantes médicinales que des scientifiques de toute la Caraïbe ont créé le programme Tramil en 1987. Son objectif est de valider scientifiquement l’efficacité des plantes médicinales pour les soins de santé primaires et de diffuser leur usage. Très actif en Martinique où il regroupe médecins, pharmaciens, universitaires et chercheurs de l’INRA, le réseau Tramil s’est notamment manifesté lors de la Fête des Sciences 2008 par plusieurs conférences sur la préparation des plantes et par la diffusion d’un guide d’utilisation, «Rimed Raziè», réalisé en collaboration avec Archipel des Sciences. Parmi les projets en cours - Poursuite de l’inventaire des ZNIEFF (ONF-DIREN) - Mise à l’étude de projets de réserves marines régionales - Révision de la Charte du Parc Naturel Régional (Conseil Régional) - Initiative Agenda 21 de la Martinique (Conseil Général) - Projet européen NETBIOME : réseau de recherche sur la biodiversité tropicale et subtropicale pour le développement durable des Régions Ultra Périphériques - Mise en place d’un réseau de 40 placettes pour le suivi à long terme des écosystèmes forestiers. 27 Direction Régionale de l’ENvironnement 28 IFRECOR Initiative Française pour les Récifs CORalliens 29 ZNIEFF Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique 30 ONF, Office National des Forêts 31 Yves Ducos, Directeur Régional de l’ONF

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Environnement & écosystèmes

LA PROBLÉMATIQUE DE L’EAU L’eau est un élément essentiel à la vie des hommes comme à celle des écosystèmes. La Martinique n’en manque pas, qui reçoit chaque année quelque deux milliards de mètres cubes de pluies. Mais celles-ci sont inégalement réparties dans l’espace et dans le temps, de sorte que les disponibilités en eau ne correspondent pas toujours aux besoins. Un autre problème résulte de l’hydrologie particulière de l’île. Ses bassins versants se caractérisent par un temps de réponse32 très court —inférieur à deux heures— dû à leurs faibles surfaces et à leur forte déclivité. “Les eaux de ruissellement qui entraînent les polluants de surface ne laissent pas aux écosystèmes le temps de se régénérer.”33 A cela s’ajoute le fait que moins de la moitié des foyers martiniquais sont raccordés à un réseau d’assainissement satisfaisant. L’ensemble de ces trois facteurs constitue l’épineuse équation martiniquaise de l’eau que les autorités s’attachent à résoudre depuis la mise en chantier du SDAGE34 en 1992. Une ressource très irrégulière Les ressources de la Martinique en eaux souterraines sont mal connues et peu exploitées. La quasi totalité de la consommation locale (94 %) repose sur le prélèvement d’eaux de surface. Sur les deux milliards de m3 de précipitations annuelles, un quart (soit 500 millions de m3) s’écoule dans les rivières. Cela devrait largement suffire à satisfaire des besoins qui s’élèvent à 43,5 millions de m3 pour les usages domestiques et à 20 millions de m3 pour l’agriculture et les industries. C’est sans compter avec l’irrégularité de la ressource. Les statistiques de Météo France relèvent une moyenne de 90 mm de pluie par mois pour la période du carême (janvier-juin) contre 265 mm/mois pour la période dite cyclonique (août-décembre), soit un rapport de 1 à 3. Aux périodes sèches du carême, qui ramènent les cours d’eau à leur étiage, correspondent les plus fortes demandes : celle de l’irrigation agricole et celle de la consommation domestique qui peut atteindre jusqu’à 450 litres par habitant et par jour35. Au cours du carême 2008, certaines rivières du nord et du centre de l’île (Lézarde, Blanche, Absalon et Galion) ont vu leurs débits chuter pendant près de deux semaines en dessous du seuil nécessaire à l’alimentation normale du territoire36. Un assainissement mal maîtrisé Moins d’un Martiniquais sur deux est raccordé à un réseau d’assainissement. Les quelque 240 000 habitants non raccordés utilisent des systèmes autonomes, souvent

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défaillants, ou rejettent directement leurs eaux usées dans le milieu naturel. Celles-ci sont responsables à 70 % de la contamination des eaux douces en matières organiques qui entraînent leur eutrophisation37. Contamination à laquelle s’ajoutent celles des pesticides agricoles, des matières organiques rejetées par l’industrie agroalimentaire et des matières en suspension issues de l’érosion et de l’activité des carrières. Se pose ainsi un double problème. Celui, d’une part, de la qualité de l’eau distribuée et de son prix compte tenu des traitements nécessaires. Celui, d’autre part, de la dégradation des écosystèmes aquatiques, terrestres et marins. L’impulsion donnée par le SDAGE mobilise aujourd’hui l’ensemble des administrations et des collectivités. Elles ont entrepris, chacune à son niveau ou en commun, de remédier à cette problématique essentielle pour l’avenir de la Martinique. Parmi les initiatives les Communautés d’Agglomération martiniquaises mettent en œuvre les SPANC38 , services publics chargés du diagnostic et du contrôle des installations d’assainissement non collectif. Une innovation : les stations d’épuration sur lits filtrants Dans le cadre du développement d’un village écologique, la SCI HORIZON étudie, en partenariat avec le SICSM39, la mise en place d’un nouveau système de traitement des eaux usées. Il s’agit d’une station d’épuration équipée de filtres sur lit de roseaux permettant d’améliorer la qualité des effluents en sortie. Son intérêt réside dans sa simplicité, sa robustesse, son faible coût d’exploitation et de maintenance et son aspect esthétique. La mise en œuvre de cette technologie, qui connaît actuellement un grand développement dans le monde, constituerait une grande première en Martinique. Parmi les autres projets en cours : - Réactualisation du SDAGE (ODE, DIREN, Comité de Bassin) - Protection des captages (Conseil Général) 32 Durée observée entre une précipitation pluvieuse et son déversement en mer. 33 Marc Morell, Directeur du Centre IRD Martinique-Caraïbe 34 SDAGE : schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux 35 Consommation moyenne annuelle totale : 281 l/h/j ; domestique : 178 l/h/j (source DIREN). 36 Source : site portail Inf’eau du Conseil Général, situation hydrologique au 26 mai 2008 37 Eutrophisation : excès de substance nutritive entraînant une prolifération de végétaux nuisibles mais aussi de bactéries pouvant conduire à l’asphyxie du milieu 38 SPANC : Service Public d’Assainissement Non Collectif 39 SICSM : Syndicat Intercommunal Centre et Sud Martinique

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Environnement & écosystèmes

LE TRAITEMENT DES DÉCHETS La production de déchets a fortement augmenté en Martinique au cours des dernières années. En 2005, tous types de déchets confondus, elle représentait 385 247 tonnes40, soit près d’une tonne par habitant, dont 421 kg pour les seules ordures ménagères (20 % de plus qu’en métropole). La petite taille du territoire, son insularité et la fragilité de nombre de ses écosystèmes font de la gestion de ces déchets un problème crucial pour la préservation de l’environnement. Et si «la gestion des déchets est globalement satisfaisante et structurée en Martinique (…) , des progrès restent à faire concernant la valorisation des déchets ménagers et la gestion de certains déchets industriels spécifiques».41 La collecte sélective Dans le cadre de la réglementation sur l’obligation de tri et de valorisation, la collecte sélective des ordures ménagères s’est mise en place progressivement en Martinique : depuis avril 2000 sur le territoire de la CACEM, juillet 2001 sur celui de la CCNM et avril 2004 à la CAESM. Réalisée tout d’abord par l’installation de points d’apport volontaires, elle se développe actuellement en porte à porte. Ainsi, après avoir expérimenté ce système sur trois circuits tests, la CACEM entreprend sa généralisation. «A l’horizon 2012, 80 % des habitants de la communauté seront équipés des poubelles à couvercles jaunes destinées aux emballages.»42 De plus, depuis juin 2006, la déchèterie de Chateauboeuf a ouvert ses portes aux particuliers. Ils peuvent désormais y déposer de nombreux types de déchets qui sont ensuite orientés vers les filières de traitements adaptées : encombrants, gravats, ferrailles, déchets végétaux, déchets dangereux, huiles de vidange, batteries, piles usagées, déchets d’équipements électriques et électroniques (D.E.E.E), etc. Un programme de communication est mis en œuvre, notamment par le CCSTI43, pour informer la population, l’encourager à utiliser l’ensemble de ces équipements et réduire ainsi le nombre de dépôts sauvages dans l’île. De nouvelles filières de collecte et de valorisation Associées au développement de la collecte sélective, les mises en service de l’UIOM44, en 2002, et du CVO45 du Robert, en 2005, ont représenté un tournant décisif dans le traitement et la valorisation des déchets en Martinique. De plus, de nombreuses filières de valorisation voient progressivement le jour. Il en est ainsi pour les déchets électriques et électroniques, les véhicules hors d’usage, les vieux pneus, les

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emballages carton, les piles et les déchets du BTP. Deux projets ont, par ailleurs, été lancés récemment en ce qui concerne le verre et le recyclage des boues des stations d’épuration. Enfin, un centre de stockage de déchets ultimes (CSDU) est en cours d’installation au Robert. Il devrait être entièrement opérationnel à fin 2011. Valorisation du plastique : le projet SIDREP 46 Forte de sa connaissance du marché du PET et de ses contraintes, Matières Plastiques Martiniquaises (MPM), une PME de Ducos, lance un nouveau projet situé à la croisée des enjeux de l’innovation et du développement durable. Il vise à créer en Martinique une unité de transformation et de re-commercialisation de matières plastiques issues de la collecte. Cette unité transformera les bouteilles de polyéthylène, récupérées dans les centres de recyclage, en granulés de matière plastique réutilisable. Deux types de granulés seront produits. Le premier, au grade alimentaire, peut être réutilisé dans la fabrication de bouteilles d’eau minérale ou de jus de fruits ; le second dans celle de produits et contenants non alimentaires.

40 Source : ADEME 41 Agenda 21 du Conseil Général 42 Nade Renard, Directrice de l’Evironnement à la Cacem 43 CCSTI-Carbet des Sciences : Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle 44 UIOM : Unité d’Incinération des Ordures Ménagères 45 CVO : Centre de Valorisation Organique, voir page 57 46 SIDREP : Société Industrielle de Recyclage des Plastiques.

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L E T R A I T E M E NT D E S D É C HETS Valorisation énergétique des déchets : l’UIOM, 30 GWh/an L’Usine d’Incinération des Ordures Ménagères de la CACEM exploite deux lignes de combustion traitant chacune 7 tonnes/h de déchets ménagers pour une capacité nominale de 112 000 tonnes/an. Le traitement mixte-combiné des fumées garantit un niveau de rejets atmosphériques inférieur aux exigences des normes françaises. La construction de l’usine résulte d’un transfert de technologie et constitue la première adaptation mondiale de ce procédé d’incinération aux conditions du milieu tropical humide. D’une puissance nominale de 6,7 MW, elle fournit actuellement une puissance électrique totale de 4 MW qui s’est traduite, en 2006, par la fourniture de 30 GWh au réseau EDF. «Une étude de financement est actuellement en cours pour l’installation d’une troisième ligne de four qui permettrait de doubler cette performance.» L’UIOM dispose également, en toiture, d’une centrale photovoltaïque de 5.000 m². Mise en service depuis le 1er juillet 2008, elle produit une puissance supplémentaire de 569 KW crête. Parmi les projets en cours : - Ouverture de nouvelles déchèteries (4 aujourd’hui, objectif 11 en 2010) - Mise en service d’une 3e ligne de four pour l’UIOM - Mise en service d’un incinérateur de déchets dangereux - Création du Centre de Stockage des Déchets Ultimes au Robert - Projet DASRI (Déchets de Soins) de la Direction Sanitaire et Sociale - Création de 3 nouveaux centres de transfert, - Étude d’un projet d’incinérateur pour les déchets hydrocarburés et les déchets d’abattoirs. - Création du parc technologique environnemental ECOSITE de la CACEM regroupant des activités centrées sur la protection de l’environnement.

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L E S PA R T E N A I R E S I N N O V AT I O N D U S E C T E U R (coordonnées complètes pages 98 à 102) • ADEME Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie • CACEM Direction de l’Environnement • CAESM Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud Martinique • CCNM Communauté de Communes du Nord Martinique • CCSTI-Carbet des Sciences Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle • CRPLC (UAG) Centre de Recherche sur les Pouvoirs Locaux de la Caraïbe • DIREN Direction Régionale de l’Environnement • DRIRE Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement • GEODE (UAG) Centre de Recherche en Géographie - Développement - Environnement de la Caraïbe • IFRECOR Initiative Française pour la Conservation des Récifs Coralliens • IFREMER Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer • IUT Dept Hygiène Sécurité Environnement (UAG) • ODE Office Départemental de l’Eau • OMMM Observatoire du Milieu Marin Martiniquais • PRAM Pôle de Recherche Agro-Environnemental de la Martinique - CEMAGREF Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement - CIRAD Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique - IRD Institut de Recherche pour le Développement • SMITOM Syndicat Mixte de Traitement des Ordures Ménagères • ONF Office National des Forêts • PNRM Parc Naturel Régional de la Martinique • Entreprises contractantes

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Secteurs stratégiques 3• ÉNERGIES RENOUVELABLES

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our son énergie, la Martinique dépend presque totalement des hydrocarbures. Ils représentent 100% de ses transports et 97 % de sa consommation électrique. Chaque Martiniquais libère ainsi chaque année dans l’atmosphère 5,2 tonnes de CO2 soit 1,4 tonne de carbone. Au regard de cette très forte dépendance au carbone, les énergies renouvelables satisfont moins de 3 % de la consommation énergétique (une directive européenne préconise un taux de consommation en énergies renouvelables de 20% à l’horizon 2020). Pour Jean-Michel Bordage, Directeur Régional de l’ADEME, “le véritable enjeu du futur concerne les transports en commun et les changements d’habitudes, car plus de la moitié des 700 000 TEP47 importées chaque année dans l’île concernent des produits routiers.” L’évolution de la consommation électrique des ménages croît au rythme moyen de 4 % par an. Face à cette situation, l’ADEME, la DIREN, l’opérateur national et les collectivités territoriales conjuguent depuis plusieurs années leurs efforts pour encourager les économies d’énergie et le développement d’énergies renouvelables. Avec, en ligne de mire, l’objectif visé par le Grenelle de l’environnement : “Faire des DOM une vitrine de l’excellence climatique en visant 50% d’énergies renouvelables en 2020 et en prenant des mesures adaptées pour réduire la consommation d’énergie.”48 Parmi les ressources potentielles en énergies renouvelables ou alternatives utilisables en Martinique, on trouve les énergies solaire, éolienne et géothermique. La maîtrise des dépenses et la valorisation énergétique des déchets contribuent également à minimiser la demande en énergie fossile.

47 TEP : Tonne Equivalent Pétrole 48 Source : Grenelle de l’environnement, préambule de la Réunion interrégionale du 17 octobre 2007 à Fort-de-France

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56 Valorisation des déchets organiques

Maîtrise des dépenses

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Energie solaire

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Energie éolienne & géothermique

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Autres ressources énergétiques

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Énergies renouvelables

MAÎTRISE DES DÉPENSES Le kilowatt le moins coûteux est celui qu’on ne dépense pas. En Martinique, les équipements et solutions économes en énergie ne représentaient, en 2003, que 10 % à peine du parc installé.49 Il existe donc un important gisement constitué par les économies encore réalisables, au moins pendant les deux décennies à venir. Des freins à lever L’enquête 2003 du PRME50 révèle que la mise en œuvre des actions de maîtrise de la dépense énergétique auprès de la population martiniquaise se heurte à deux obstacles principaux : le coût d’acquisition élevé des produits économes en énergie et le manque d’information. Depuis une dizaine d’années déjà, la Région et l’ADEME ont développé, conjointement avec EDF, de nombreuses actions de communication institutionnelle et des campagnes de promotion visant à déclencher l’achat de produits économes. Des actions efficaces Soutenues par une forte médiatisation (affichage, presse, audiovisuel et PLV), ces actions se sont concrétisées par : • la vente à prix réduit de 800 000 lampes basse consommation, • l’installation de plus de 14 000 chauffe-eau solaires, • l’asservissement au tarif de nuit de 3 350 chauffe-eau électriques, • la distribution à moitié prix de 30 000m2 de matériaux d’isolation thermique, • l’équipement de 2 000 foyers martiniquais en réfrigérateurs de classe A+/A++ et le recyclage de leurs anciens appareils énergivores, • l’équipement de plusieurs dizaines d’industries en systèmes d’optimisation énergétique • des actions de sensibilisation, d’environ 8000 élèves de cycle 3, par le biais d’ateliers animés par le Carbet des Sciences pour le compte du PRME, dans le cadre d’une exposition intitulée «L’Energie, je maîtrise». De 1997 à 2007, il a ainsi été possible de réduire de 53 MW le pic de la demande électrique du soir -l’équivalent de la production des 3 turbines à combustion de la centrale de la Pointe des Carrières- et d’effacer 61 GWh de l’ardoise énergétique de l’île -équivalents à la consommation annuelle de 46 000 habitants.

49 Étude réalisée à l’initiative du PRME 50 PRME : Programme Régional de Maîtrise de l’Énergie

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VALORISATION DES DÉCHETS ORGANIQUES La production d’énergie à partir des déchets constitue, en Martinique, un important gisement d’énergie renouvelable. Outre la valorisation énergétique des bagasses de canne à sucre, utilisée par les distilleries pour leurs besoins propres, elle concerne la production d’électricité à partir des ordures ménagères traitées par l’Usine d’Incinération des Ordures Ménagères de la CACEM51, et à partir des déchets organiques traités par le Centre de Valorisation Organique du Robert. Bénéficiant de technologies innovantes, celui-ci constitue une grande première dans la Caraïbe. CVO du Robert : la montée en puissance Mis en service en 2005, le Centre de Valorisation Organique du Robert emploie 12 personnes. Il a été conçu pour traiter et valoriser les bio-déchets agricoles et la fraction fermentescible des ordures ménagères. Sa capacité nominale de traitement est de 20 000 tonnes par an pour chacun de ces deux types de déchets. Le fonctionnement du CVO met en jeu un double processus de compostage et de méthanisation. Il résulte de l’adaptation d’un procédé d’origine helvétique aux conditions tropicales et aux caractéristiques de la biomasse disponible localement. La fermentation des déchets produit du méthane qui alimente une turbine à gaz produisant de l’électricité (4 MW crête nominal). La matière organique résiduelle sert à fabriquer un compost réutilisable en agriculture. L’usine ne tourne encore qu’à 20 % de ses capacités, sa montée en régime étant liée, notamment, à la mise en place progressive de la collecte sélective. «De fait, le tonnage de déchets disponibles (5 400 T/an de déchets verts et 3 000 T/an d’ordures fermentescibles)52 est actuellement insuffisant pour faire tourner la turbine à gaz à un régime satisfaisant. Nous étudions actuellement la possibilité de lui substituer une turbine de moindre puissance qui permettrait d’ores et déjà de lancer la production d’électricité à partir du méthane actuellement produit.»53 Par ailleurs, la toiture du CVO a été revêtue de 10 000 m2 de panneaux photovoltaïques. L’électricité ainsi produite est intégralement revendue au réseau. Projets en cours - Doublement de la capacité de l’UIOM de la CACEM - Installation d’une nouvelle turbine au CVO du Robert - Étude d’un cogénérateur bagasse-charbon sur la zone du Galion.

51 Voir page 52 52 Chiffres 2008, source : CVO 53 Alain Renault, Directeur du CVO

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ÉNERGIE SOLAIRE La Martinique bénéficie d’un gisement solaire moyen de 5kWh/m²/jour, relativement constant dans l’année. Cette énergie est exploitée depuis une dizaine d’années : d’une part sous sa forme thermique, avec les chauffe-eau solaires qui représentent un peu moins de 20 % de l’eau chaude sanitaire utilisée ; d’autre part, pour la production d’électricité, avec les capteurs photovoltaïques qui produisaient 16 GWh/an en 2006, soit 1 % de la consommation électrique totale de la Martinique.54 Solaire thermique Sur les 130 000 résidences principales existant en Martinique, la moitié seulement dispose de l’eau chaude. Le Plan Soleil, promu par l’ADEME

de 2000 à

2005, puis le crédit d’impôt accordé aux installations réalisées en faveur du développement durable ont stimulé l’équipement des Martiniquais en chauffe-eau solaires individuels. Plus de 20 000 de ces appareils sont déjà en exploitation dans l’île. Certaines installations de plus grande importance ont également été réalisées. Une clinique s’est ainsi équipée, en 2003, d’un système d’eau chaude sanitaire utilisant un capteur de 60 m² et un ballon de stockage de 4 000 litres. Solaire photovoltaïque Sites isolés L’installation d’un système photovoltaïque autonome est une alternative intéressante pour les maisons isolées dont le raccordement au réseau EDF est soit impossible, soit exagérément coûteux. Mille maisons (le tiers des maisons isolées de Martinique) ont ainsi déjà été équipées d’un capteur (en général 10 m2 pour 1 kW de puissance crête), d’un jeu de batteries et d’un onduleur qui transforme le courant continu en 220 V alternatif. L’installation est subventionnée ainsi que l’appareillage basse consommation exigé par ce type de solution.

Sites raccordés au réseau Il est facile d’installer de vastes surfaces de capteurs sur les bâtiments de grande taille. Depuis 2002, l’obligation faite à EDF de racheter les kWh produits a poussé nombre d’industriels et de propriétaires à doter leurs bâtiments d’installations photovoltaïques raccordées au réseau EDF. Au 1er janvier 2007, l’ensemble de ces installations représentait un total de 2,5 MWc environ.55 Pour l’opérateur, cependant, cette production discontinue, qui varie selon l’ensoleillement et est nulle la nuit, en fait une ressource d’appoint dont on évalue l’apport au réseau

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à 1,8 GWh/an. Une part non négligeable est utilisée pour l’autoconsommation des bâtiments et des usines. L’ADEME relève ainsi une économie annuelle en hydrocarbures importés de 1 400 TEP56 et un rejet atmosphérique de CO2 réduit de 13 000 tonnes par an. Projets en cours : - Mise en service de la centrale photovoltaïque de l’UIOM (600 KWcrête) - Expérimentation d’un système de climatisation solaire (EDF-Conseil Régional) - Poursuite de la politique de subvention de l’ADEME (thermique et solaire).

54 Source : ADEME Martinique 55 Source : EDF 56 TEP : Tonnes Equivalent Pétrole

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AUTRES RESSOURCES ÉNERGÉTIQUES Énergie éolienne Comme l’énergie solaire, l’énergie éolienne varie en fonction des conditions climatiques. En Martinique, deux zones paraissent appropriées aux installations éoliennes : les zones Atlantique sud et nord. Sur la première, la Centrale éolienne de Paquemar mobilise depuis 2005 une toute nouvelle génération de générateurs à puissance accrue et à pales repliables. Première installation au monde de ce type, elle développe une puissance de 1,1 MWc et produit 2,15 Gwh/an. Elle subvient aux besoins énergétiques de 1700 foyers, soit la quasi-totalité des habitants du Vauclin. Sur la zone atlantique nord (Basse-Pointe), un avant-projet est en cours d’étude visant à la création de fermes éoliennes pour une puissance estimée de 40 MWc. Projets à l’étude : - Fermes éoliennes dans le nord Atlantique (40 MW) - Élaboration d’un prototype d’éolienne à pales rabattables. Géothermie 57 En Martinique, les forages réalisés par le BRGM dans la plaine du Lamentin montrent une géothermie à basse énergie (70 à 80°C), insuffisante pour la production d’électricité.58 La géothermie reste néanmoins à l’ordre du jour au travers du projet de centrale Caraïbe Dominique, premier projet de coopération énergétique de la Caraïbe. Cette centrale d’une centaine de mégawatts pourrait être implantée sur le site de Wotten Waven, à la Dominique. Elle partagerait sa production avec la Martinique et la Guadeloupe par le biais de câbles sous-marins. Elle permettrait d’économiser l’émission de 80 000 tonnes de CO2 par an, équivalente à celle de 32 000 voitures. Projet à l’étude - À l’horizon 2013 : identification d’un site d’exploitation pour la production d’électricité et mise en place d’une unité de production de chaleur et de froid sur la plaine du Lamentin.

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Energies de la mer EDF et le Conseil Régional envisagent de faire de la Martinique une vitrine de la technologie «Energie Thermique des Mers» permettant la production d’électricité à partir du gradient thermique de l’océan. Il s’agirait « d’accueillir en Martinique un prototype de centrale de production de 10 MW exploitant l’énergie thermique de la mer, avec l’objectif de développer les énergies non intermittentes ».59 La ressource est abondante, stable et disponible 24 heures sur 24 tout au long de l’année. Elle repose cependant sur une technologie encore expérimentale.

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L E S PA R T E N A I R E S I N N O V AT I O N D U S E C T E U R (coordonnées complètes pages 98 à 102) • ADEME Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie • BRGM Bureau de Recherches Géologiques et Minières • CACEM, Direction de l’Environnement • Conseil Général • Conseil Régional • CCSTI-Carbet des Sciences Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle • DIREN Direction Régionale de l’Environnement • DRIRE Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement • EDF Martinique

57 Géothermie : Etude du régime thermique dans la croûte terrestre et exploitation des flux de chaleur qui en résultent 58 Source : ADEME 59 Source : André KIENER, Directeur de Centre EDF Martinique

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Secteurs stratégiques 4• GESTION DES RISQUES NATURELS

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yclones, séismes, éruptions volcaniques, mouvements de terrain, inondations, houle cyclonique, tsunamis… : la Martinique est exposée à de nombreux risques naturels. Si certains des derniers évènements n’ont eu que peu de conséquences (séisme de novembre 2007), d’autres, comme DEAN en août 2007 ou les fortes pluies de mai 2009, nous ont rappelé notre fragilité face aux aléas naturels. Qu’il s’agisse, en effet, des innombrables bâtiments publics et privés antérieurs aux réglements parasismiques, de la concentration de 160 000 habitants en zones littorales, ou du non respect des précautions élémentaires et des conduites à tenir face au danger, le tableau général inquiète : “A l’évidence, un grand nombre de constructions ne supporteront pas un puissant séisme de subduction, parmi elles des édifices publics nécessaires à la gestion de crise : hôpitaux, casernes des pompiers, écoles, etc..”60 “Une vingtaine de tsunamis ont touché les Petites Antilles au cours des trois siècles passés ; au XXe siècle, le plus spectaculaire a été celui de 1939 causé par l’éruption du volcan sousmarin Kick’em Jenny au large de la Grenade. ” La mémoire collective ne fonctionne pas et il n’existe aucun système d’alerte… La loi impose à chaque commune la publication d’un plan d’évacuation en cas de séisme, aucune mairie ou presque ne l’a fait.”61 “L’aménagement des entreprises, notamment des magasins et entrepôts, ne prend pas en compte les risques sismiques : objets de poids sur de hautes étagères, etc.”62 “Il n’y a pas d’organisation de gestion d’éventuelles crises à grande échelle pour l’ensemble de l’île, en particulier en coopération avec les îles voisines. De tels évènements seraient catastrophiques si certains sites productifs clés (…) étaient touchés : aéroport, port, usine de production électrique, raffinerie…”63 Cependant, conformément à la loi Barnier (1995), des Plans de Prévention des Risques ont été élaborés pour chaque commune martiniquaise (les cartes précises des aléas, enjeux et risques sont consultables par tous sur le site de la DDE). Le département et la région se sont investis dans l’information et la sensiblisation de la population et dans le subventionnement des constructions parasismiques. Reste qu’au regard de la réalité de terrain, les retards à combler sont importants. La dernière mise à jour du SMDE (Schéma Martiniquais de Développement Économique) préconise de faire des risques une opportunité.

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60 Les Antilles françaises : entre risque sismique et stratégies locales, J. Mavoungo et P. Balandier, in Études Caribéennes juillet 2007 61 Pascal Saffache, Président de l’UAG 62 Nathalie Feuillet, Directrice de recherche à l’OVSM 63 Agenda 21 du Conseil Général

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Construction parasismique

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Faire des risques une opportunitĂŠ

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Les partenaires innovation du secteur

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GESTION DES RISQUES NATURELS

CONSTRUCTION PARASISMIQUE Développer les compétences 64 «L’enjeu fondamental de la prévention du risque sismique est de cesser de produire des constructions dangereuses. Pour ce faire, il convient de combler le déficit de professionnels du bâtiment spécialisés en construction parasismique (…). La première étape significative a été franchie avec la mise en place, en 2000, d’une classe délocalisée du DPEA65 de Construction Parasismique66. D’autres acteurs du BTP ont sollicité, depuis, l’aide de la Région. Des stages ont été organisés, avec la Chambre des Métiers pour les entrepreneurs et avec l’AREF-BTP 67 pour les conducteurs de travaux. Les fabricants et négociants en matériaux de construction ont également bénéficié d’un séminaire pour préparer le passage à la nouvelle réglementation européenne en 2007. Outre le financement de la surveillance et de l’étude de l’aléa sismique, le Conseil Général, de son côté, contribue à la sensibilisation croissante du public face au risque. Cette action s’illustre par le biais du Centre de Découverte des Sciences de la Terre, par des brochures d’information et par l’acquisition récente d’un simulateur de tremblement de terre destiné à faire de la prévention parmi les habitants de toutes les communes.» Inciter les Martiniquais A mieux construire leurs habitations Aujourd’hui, un bon nombre de maisons construites en Martinique ne se conforment pas aux règles de construction parasismique PS92, applicables aux bâtiments. La Région a mis en place, en 2003, une prime pour inciter les Martiniquais à recourir à des professionnels qualifiés. Trois ans après, 200 primes avaient été accordées, à comparer aux 3 000 constructions neuves réalisées dans le même temps. Le dispositif a donc été amélioré en 2006 afin de le rendre plus attractif. Le montant de la prime a été porté à 9 000 € afin de couvrir, dans la plupart des cas, la totalité des dépenses supplémentaires. Le plafond de surface a été porté à 150 m² et l’instruction des dossiers a été simplifiée. A mieux se protéger en cas de séisme Le projet « Bouclier nou » vise à assurer la sécurité des écoliers en cas de séisme. Il consiste à mettre en place des poches de survie sous forme de pupitres anti-écrasement. Dans leur partie basse se trouve un plateau destiné à supporter l’écolier et à l’éloigner du sol. Une bouteille d’eau et un petit maillet sont fixés à demeure sous la table. Ils permettent à l’enfant d’attendre les secours et de signaler sa présence. Des essais, réalisés avec une poutre en béton armé de 2 tonnes, lâchée à 1,80 m au-dessus du plateau supérieur, ont démontré l’efficacité de ces pupitres. Leur homologation officielle est en cours au laboratoire du FCBA.

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64 Source : Joseph Mavoungo et Patricia Balandier, « Les Antilles françaises : entre risque sismique et stratégies locales de prévention », Études caribéennes, 7/2007, URL : http://etudescaribeennes.revues.org/document289.html 65 DPEA : Diplôme Propre aux Ecoles d’Architecture 66 En Martinique, l’AMAFOCS-CNAM propose un certificat de compétence en génie parasismique. 67 Association Régionale pour l’Emploi et la Formation – Bâtiment et Travaux Publics

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FAIRE DES RISQUES UNE OPPORTUNITÉ Aux risques naturels sont venus s’ajouter, ces dernières années, les risques industriels et technologiques, les risques sanitaires et les risques environnementaux. En dépit de leur origine différente, tous ces risques ont en commun de nuire à la qualité de l’environnement et de menacer, directement ou indirectement, les hommes. Les études et réflexions communes des acteurs économiques proposent d’intégrer la gestion de l’ensemble de ces risques dans une vision stratégique globale. Elles visent à faire du risque une opportunité de développement. Développer une culture du risque «L’état actuel des pratiques martiniquaises, dans tous les domaines concernant l’environnement et les aléas, impose la nécessité d’éduquer, informer et sensibiliser la population et les acteurs économiques sur les différentes notions de risque. De véritables campagnes d’éducation et d’information devront permettre de développer des comportements mieux appropriés face aux différents risques et de renforcer la vigilance face aux aléas.»68 Cela suppose de fédérer les acteurs concernés (collectivités, chercheurs et entreprises) autour de la notion de risque et de mutualiser les ressources humaines et financières mobilisées. Parmi les initiatives prises, celle de la DIREN et METEO FRANCE : une série d’émissions télévisées, intitulée « KesKonRisk » et traitant des six risques majeurs (cyclones, volcans, séismes, pluies/inondations, tsunamis et mouvements de terrain). Le projet SEISME «L’acuité de la problématique du risque au niveau mondial, le caractère novateur des recherches en ce domaine et l’intérêt des institutions publiques offrent à la Martinique la possibilité de faire du risque une opportunité de développement.»68 C’est le cas des dispositifs de détection de glissements de terrain développés par LMAE69. Ce bureau d’études, installé à Ducos, s’intéresse depuis plusieurs années à la mise en place de systèmes de prévention des risques naturels. Il a notamment mené, au Prêcheur, une expérience de détection de coulées

68 Source : SMDE 69 LMAE : Laboratoire Martiniquais d’Applications Électroniques

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Gestion des risques naturels

F A I R E D E S R IS Q U E S U N E OPPORT UNI T É de lave et d’éboulements à base de systèmes à théodolites. Son nouveau projet, baptisé SEISME, vise à utiliser les systèmes de positionnement GPS existants pour détecter, par triangulation, les glissements de terrain et les mouvements sismiques. Les données seront recueillies par des modules autonomes, puis centralisées, traitées et diffusées auprès des autorités chargées de la protection des populations. La plus grande partie de la Martinique étant classée en ALEA 3, il conviendra d’installer des «cellules» de quatre modules d’observation sur une dizaine de points critiques du territoire. On créera ainsi un réseau permettant de surveiller également de larges zones intermédiaires par recoupement des données de cellules voisines.»Les pré-études ont déjà été réalisées. On en est à la phase de mise en place des financements (OSEO Finance). Les premiers prototypes devraient être testés d’ici à fin 2009.»70 Un partenariat local et international Citons également les actions passées du Conseil Régional dans le domaine : télégestion et télésurveillance des risques naturels pour le suivi des événements sismiques en collaboration avec l’Observatoire de Volcanologie ; mise en place, en collaboration avec Meteo France, dans le cadre du SDAC (Système Départemental d’Annonce des Crues) d’un réseau de stations météorologiques et hydrologiques automatiques... A plus grande échelle, il s’agit de développer une recherche en réseau avec des équipes internationales. En exemple, la perspective de création d’un Centre d’alerte tsunami de la Caraïbes basé à PORTO RICO et relayé en Martinique par METEO FRANCE. «Mais cela nécessitera le déploiement de moyens tels que des marégraphes, des outils de modélisation de la taille des vagues pour établir des cartes de fonds marins, une communication satellitaire.»71 « Le programme CARIBSAT (Système caribéen d’information environnementale) soutenu par le Conseil Régional et coordonné par l’IRD avec une implication forte de l’UAG, appliquera le traitement de l’imagerie satellitaire à une observation

régionale et intégrée

des impacts des évènements météo-marins, des changements climatiques et des actions anthropiques sur les ressources en eau, la dégradation des mangroves, l’érosion du littoral, le blanchiment des récifs coralliens, etc. »72

70 Jean-Michel JOACHIM, Directeur de LMAE 71 Nathalie FEUILLET, Directrice de recherche à l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de Martinique 72 Marc MORELL, Directeur du Centre IRD Martinique - Caraïbe

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Gestion des risques naturels

L E S PA R T E N A I R E S I N N O V AT I O N D U S E C T E U R (coordonnées complètes pages 98 à 102) • ADIL Agence Départementale pour l’Information sur le Logement • AMAFOCS-CNAM • APRM Association pour la Prévention des Risques Majeurs • AREF-BTP Association Régionale pour l’Emploi et la Formation du Bâtiment et des Travaux Publics • BRGM Bureau de Recherches Géologiques et Minières • Chambre des Métiers de Martinique • CCSTI-Carbet des Sciences : Centre de Culture Scientifique Technique et Industrielle • CDST Centre de Découverte des Sciences de la Terre • Conseil Général, service gestion des risques naturels • Conseil Régional • DDE, Direction Départementale de l’Équipement • DIREN Direction Régionale de l’Environnement • DRIRE Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement • IFREMER Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer • IRD, Institut de Recherche pour le Développement • IUT Dept Hygiène Sécurité Environnement (UAG) • MÉTÉO FRANCE • OVSM Observatoire Volcanologique et Sismologique de Martinique • UAG Université Antilles-Guyane

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Secteurs stratégiques 5• CHIMIE ET MATÉRIAUX

S

ous l’appellation Chimie & Matériaux sont regoupées les activités des industries de la chimie (puis des plastiques), des produits minéraux, du travail des métaux et du bois, de la construction navale. Elles regroupent près de 1 200 entreprises (dont plus de 1 000 artisanales), occupent 3 200 personnes et réalisent un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 550 M€. Parfois improprement qualifiées de “traditionnelles”, ces activités se caractérisent, en fait, par un taux de création d’entreprises élevé, une valeur ajoutée importante et une soif d’innovation qu’accentuent l’insularité et la concurrence extérieure. A ce titre, ces secteurs font l’objet d’une attention particulière de la part notamment de la DRIRE -qui a soutenu au cours des derniers mois la mise en place d’outils d’analyse et de gestion dans une dizaine d’entreprises- et de TECHNOPOLE MARTINIQUE -qui a accompagné, au travers d’ITEC-CEEI, une vingtaine de projets technologiques innovants.

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70 Chimie et plastiques

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Travail des mĂŠtaux

73 Produits minĂŠraux

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Travail du bois

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Construction navale

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Les partenaires innovation du secteur

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CHIMIE ET MATÉRIAUX

CHIMIE ET PLASTIQUES «En Martinique, les industries du secteur réalisent un chiffre d’affaires de l’ordre de 55 millions d’euros et emploient environ 300 personnes. Leur activité se répartit entre la chimie (engrais, peintures, produits d’entretien, bougies…) et le travail des matières plastiques (réservoirs, fosses septiques, sacs, contenants divers).73 « L’adaptation des produits au marché est l’un de leurs atouts. Qu’il s’agisse de l’adaptation au goût local de produits de grande consommation (cosmétiques à base de plantes tropicales, par exemple) ou de l’adaptation aux conditions climatiques (peintures, engrais), l’innovation et le marketing sont indispensables aux entreprises pour maintenir leurs parts de marché. On observe également un nombre croissant d’initiatives à haute valeur technologique ajoutée en import-substitution. Des matériaux composites évolués Spécialisée dans les matériaux composites, la société Polyforms souhaitait développer une nouvelle gamme de produits pour le marché de l’assainissement. Les pièces pour réseaux d’assainissement sont jusqu’ici importées et leur fort encombrement entraîne un surcoût important qui limite l’étendue de l’offre. Avec l’aide d’ITEC-CEEI, Polyforms a fait appel aux compétences du Pôle de Plasturgie de l’Est pour évaluer sa capacité technique à réaliser localement ces produits. Cet audit a amené l’entreprise à envisager la technologie d’enroulement filamentaire et un prototype a permis de vérifier la faisabilité technique du procédé. Sollicitée pour accompagner la phase de développement, TECHNOPOLE MARTINIQUE mène actuellement les études sur l’opportunité économique du projet et sur les conditions du transfert de technologie nécessaire. Des technologies innovantes Chez Tubex, c’est la production de gaines pour câbles souterrains qu’on entreprend de localiser. La demande est importante, car il s’agit d’éliminer progressivement les câbles électriques et téléphoniques aériens, à la fois pour les dissimuler aux regards et pour les protéger des risques climatiques. La production, qui a débuté fin 2008, est destinée aux trois départements français des Antilles. Elle concerne la fabrication par co-extrusion de gaines annelées doubles répondant à la très exigeante norme EN50086-2. Elle a nécessité un investissement de 1 M€.

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Photo : _lio

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Innovation et qualité L’entrée en démarche qualité a constitué, pour nombre d’entreprises martiniquaises du secteur, un véritable changement de culture interne. Elles mettent aujourd’hui en avant leur certification qualité : ISO 9001, ISO 14001, etc. La collaboration avec les filières utilisatrices et le respect des nouvelles normes environnementales constituent aujourd’hui les deux grandes voies de développement. C’est le cas, dans la chimie, pour les engrais qui doivent être adaptés constamment aux besoins des agriculteurs et aux nouvelles réglementations, ou encore pour les peintures sans solvant. C’est également le cas dans l’industrie des plastiques, pour la fabrication de bacs de récupération des déchets et les sachets biodégradables. Parmi les projets en cours : - Création d’une entreprise innovante autour d’un nouveau matériau composite issu du recyclage de déchets agricoles (transfert de technologie)74. - Production et lancement d’une nouvelle gamme de sacs entièrement biodégradables.75 - Lancement d’une gamme de stores écrans réalisés dans un tissu ignifuge composé de fils polyester recouverts de PVC.75 - Production et lancement d’une gamme d’engrais adaptés aux espèces cultivées en Martinique (maraîchage, fleurs, arbres fruitiers, gazon…) et destinées aux professionnels et au grand public.75 - Production et lancement d’une toute nouvelle gamme de peintures à l’eau performantes présentant un taux de COV (composés organiques volatils, toxiques pour l’homme et l’environnement) proche de zéro.75 - Création d’une entreprise spécialisée dans la production, la commercialisation et la mise en œuvre d’un système de construction modulaire innovant.75 - Lancement d’une gamme innovante de panneaux isothermes pour la construction de maisons contemporaines ou traditionnelles en dur.

73 Source : Monographie de l’industrie en Martinique - 2007 74 Source : DRRT 75 Source : PIL Magazine de l’industrie martiniquaise N°1 – Juillet 2008 (AMPI)

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CHIMIE ET MATÉRIAUX

TRAVAIL DES MÉTAUX «L’industrie martiniquaise des équipements mécaniques regroupe 376 entreprises (dont 341 artisanales), réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 100 M€ et emploie 1 200 personnes.»76 Trois sous-secteurs dominent : la menuiserie métallique, la fabrication d’armatures, treillis et tôles, et la mécanique générale. En dix ans, le nombre d’entreprises de plus de 10 salariés a doublé et le chiffre d’affaires du secteur a été multiplié par trois. Certaines de ces entreprises disposent d’un équipement qui permet des réalisations complexes et adaptées aux fortes contraintes imposées par notre environnement (risques sismiques, humidité et salinité de l’air…). L’adaptation aux contraintes locales Très exposé aux aléas du marché local du BTP, le secteur a subi de plein fouet le ralentissement des mises en chantier de logements sociaux. C’est pourquoi plusieurs entreprises importantes ont mis en oeuvre une démarche qualité. L’objectif étant d’obtenir les qualifications nécessaires pour répondre aux appels d’offre du secteur public dans le respect des nouvelles normes de construction parasismiques. Dans le cas des treillis soudés, par exemple, ces normes exigent une résistance minimale à l’arrachement des soudures et imposent son autocontrôle par les producteurs. Innovation et transferts de technologie Du fait de leurs faibles capacités en R&D, les entreprises martiniquaises du travail des métaux sont très intéressées par le transfert des technologies innovantes. En témoigne, notamment, l’adoption par l’une d’elles de la technologie de découpe au jet d’eau de pièces métalliques : l’eau sous très haute pression (2 000 à 4 000 bars), additionnée d’un abrasif de granularité micrométrique, est injectée à travers une buse en saphir à une vitesse de 600 à 900 m/s soit 2 à 3 fois la vitesse du son. Un exemple de diversification Spécialiste en tuyauterie, chaudronnerie et construction métallique, la société SAVE applique aujourd’hui sa maîtrise du travail des métaux à la construction navale. Son premier prototype, une vedette rapide polyvalente à coque tout aluminium, a été lancé en décembre 2008 après certification par le bureau Veritas. Dans le cadre de la construction navale, l’aluminium, matériau inaltérable et léger, offre plusieurs avantages : une excellente durabilité dans le temps, un entretien facilité, une amélioration des performances en mer Parmi les projets en cours : - Transfert de technologie pour la fabrication de pièces de réseaux d’assainissement. - Réimplantation d’une unité de construction métallique exploitant la technologie innovante de découpe au jet d’eau. 72

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76 Source : Monographie de l’industrie en Martinique - 2007

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CHIMIE ET MATÉRIAUX

PRODUITS M INÉRAUX Ce secteur représente un tiers de l’industrie martiniquaise des biens intermédiaires. Employant 700 personnes pour un chiffre d’affaires annuel de 100 MÐ, il regroupe trois grands métiers : l’extraction de minéraux, la production de ciments et de béton et la fabrication d’éléments de construction.77 Un secteur stratégique L’activité d’extraction s’est nettement concentrée ces dernières années : 15 sites exploités en 2006 contre 23 en 2000. Les matériaux produits, commercialisés en Martinique et dans une quinzaine de pays voisins, représentent 55 % des exportations martiniquaises dans la Caraïbe.78 Implantée depuis 1970, la cimenterie de Fort-de-France produit 4 types de ciments. Les trois quarts de cette production sont vendus en vrac aux sociétés qui commercialisent du béton prêt à l’emploi. Une vingtaine d’entreprises de toutes tailles se partagent le marché des éléments de construction : parpaings, blocs, poteaux, planchers, poutres en béton précontraint, carreaux, briques, tuiles, etc. Ces produits répondent aujourd’hui aux normes de construction parasismique et paracyclonique et bénéficient, pour la plupart, de certifications «NF Produits». Développement durable : une triple voie d’innovation Souci constant des professionnels du secteur, la lutte contre la pollution constitue une voie majeure d’innovation organisationnelle. Dans ce domaine, la Martinique s’illustre brillamment. «L’engagement des entreprises locales en matière de management environnemental est particulièrement dynamique. Il dépasse ce qu’on observe en métropole et dans les autres DOM.»79 En témoignent l’attribution du Prix Inter-Entreprises80 2008, décerné aux Carrières Gouyer, certifiées ISO 14001 depuis juin 2007 et le renouvellement de cette certification obtenue dès 2006 par les Sablières Modernes de Saint-Pierre. Outre l’environnement, ces entreprises se sont également attelées aux deux autres éléments du tryptique du développement durable (l’économie et le social) par l’obtention de la certification QSE (Qualité Sécurité Environnement).77 Parmi les projets en cours : - Extension de la qualification environnementale à tous les sites des Sablières Modernes et des Carrières Gouyer, - Etude de l’impact socio-économique du transport par voie maritime des produits d’extraction. 77 Source : DRIRE 78 Source : PIL N° 1 & 2 (AMPI) 79 Hervé Ross-Carré, AFNOR GROUPE 80 Prix décerné chaque année par la DIREN, l’ADEME, l’ARACT et l’IEDOM

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CHIMIE ET MATÉRIAUX

TRAVAIL DU BOIS «Les 550 entreprises martiniquaises du secteur se répartissent pour moitié dans l’industrie du bois proprement dite (fabrication de charpentes, menuiseries, scieries) et pour moitié dans celle de l’ameublement. Ce sont, pour 96 %, des entreprises artisanales dont près de la moitié n’occupent que le chef d’entreprise et n’ont aucun salarié. La restructuration de la filière du meuble en mahogany pourrait permettre à de nombreuses petites entreprises de survivre et de se développer, si les efforts actuellement menés (rachat d’une scierie par la coopérative) étaient couronnés de succès. Il ne pourrait y avoir de perspectives importantes de développement de cette filière sans une réorientation de la production vers une clientèle dotée d’un pouvoir d’achat suffisant. Une politique de promotion et de renforcement de l’identité martiniquaise devrait également soutenir le développement de la filière. A côté de ce secteur traditionnel, sont apparues depuis dix ans des unités fondées sur des niches de production, soit en import substitution, soit sur des process innovants.»81 Mobilier : l’innovation stylistique Pour faire face au développement de grandes surfaces de meubles importés, à l’évolution de la consommation et à la baisse du pouvoir d’achat, le secteur de la fabrication de meubles s’efforce d’innover en matière d’essences utilisées et de design. En 2007, la Coopérative Martiniquaise du Bois a ainsi entrepris, avec l’accompagnement d’ITEC-CEEI et du FCBA, d’aider les PME martiniquaises à définir une nouvelle collection de meubles adaptés à leurs savoir-faire et répondant à la fois aux attentes du marché local et du marché européen. Il s’agissait, tout en améliorant la maîtrise d’outils tels que les logiciels de Dessin Assisté par Ordinateur, de créer un style et des formes alliant les tendances du marché européen aux codes esthétiques créoles. L’objectif final étant de distribuer ces nouveaux meubles à l’export par le biais de la coopérative. Industrie du bois : la diversification Au cours des dernières années, de nombreuses entreprises se sont créées, témoignant du dynamisme du secteur martiniquais du bois en termes de modernisation et de diversification. C’est le cas par exemple : - D’une unité de fabrication de portes techniques et de panneaux dont le placage est réalisé à partir d’essences de bois local, - D’une unité de fabrication de bardages, lambris, parquets et lames de volets en bois, 74

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- D’une société spécialisée dans la fabrication, la réparation, le recyclage et la transformation des palettes. Ces

entreprises

récentes

se

caractérisent par l’utilisation de machines à commande numérique et de logiciels de DAO. La maîtrise de ces technologies leur ouvre de solides perspectives de développement. Tradition et haute technologie Le commerce figure au premier rang des activités en Martinique. C’est pourquoi, à la faveur d’un licenciement économique, Fabrice Jacquier n’a pas hésité à créer sa propre entreprise d’agencement de magasins : INOVMAG CARAÏBES. Maîtrisant toutes les techniques traditionnelles, le jeune chef d’entreprise n’en est pas moins adepte des technologies nouvelles. Pour assurer un haut niveau de productivité et de qualité, il s’équipe de machines à commandes numériques, embauche des collaborateurs expérimentés et se lance dans une approche innovante du métier : travailler en partenariat étroit avec ses clients et leur apporter son expérience en matière d’ergonomie, de gestion de l’espace, des couleurs et de l’éclairage. Avec l’aide d’ITEC-CEEI, INOVMAG a récemment entrepris un projet de réorganisation de sa production, intégrant de nouvelles techniques de montage.

81 Source DRIRE

75

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CHIMIE ET MATÉRIAUX

CONSTRUCTION NAVALE Bénéficiant des lois de défiscalisation, le secteur de la construction et de la réparation navale constitue désormais, en Martinique, un secteur industriel porteur. Il a triplé son chiffre d’affaires entre 1994 et 2004. Son taux de marge et sa rentabilité brute d’exploitation figurent parmi les meilleurs de l’industrie et son ratio valeur ajoutée/salarié atteint le niveau record de 80,8 K€.82 Le développement des infrastructures de plaisance et la maîtrise technologique de l’ensemble des professionnels du secteur leur ouvrent des perspectives très favorables, même si le coût de la main-d’oeuvre locale constitue un handicap certain vis-à-vis de la concurrence des îles voisines. Construction : des produits innovants La construction de bateaux se développe en Martinique. Cette croissance concerne essentiellement les bateaux de plaisance. Elle s’appuie sur l’innovation en matière de plans comme de choix technologiques. Le catamaran à voile « Punch 1250 » a été construit à 16 unités. Un autre catamaran de 17 m vient de recevoir son homologation. Un prototype monocoque de 8,80 m offrant plusieurs possibilités de motorisations est actuellement à l’étude ainsi qu’un système de propulsion à hélice tirante.83 Réparation : des perspectives importantes La croissance de la marina du Marin et la création de la future marina de de l’Etang z’abricot (1 000 anneaux) ouvrent des perspectives de développement considérables aux principaux métiers de la réparation navale : peinture, travail du plastique et du bois, mécanique, voilerie, électricité, électronique, soudure… Au Marin, par ailleurs, une entreprise de voilerie (14 salariés) a su développer, en partenariat avec la plus grande voilerie française, un véritable artisanat high-tech alliant technique des matériaux et niveau de finition irréprochable. Elle entretient, entre autres, les voiles du Club Med2 et équipe de voiles en mylar certaines yoles du Tour de la Martinique. Parmi les projets en cours - Lancement d’un catamaran de 17 m en matériaux composites, - Mise au point d’un prototype de bateau monocoque de 8,80 m offrant plusieurs possibilités de motorisations (in-Board, hors-Bord, transmission ligne d’arbre ou Z-drive), - Etude d’un système de propulsion à hélice tirante destiné à réduire la consommation énergétique et les émissions polluantes.

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Chimie et matériaux

L E S PA R T E N A I R E S I N N O V AT I O N D U S E C T E U R (coordonnées complètes pages 98 à 102) • AFNOR GROUPE Association Française de NORmalisation • AMPI Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie • CMA Chambre des Métiers et de l’Artisanat de la Martinique • CETIM Centre Technique des Industries Mécaniques • CSTB Centre Scientifique et Technique du Bâtiment • CGPME Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises • DRIRE Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’environnement • DRRT Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie • FCBA Institut Technologique Forêt-Cellulose-Bois-Ameublement • ITEC-CEEI Ingénierie de l’innovation (Technopole Martinique) • OSEO INNOVATION • POLE PLASTURGIE DE L’EST

82 Source : DRIRE 83 Source : PIL (AMPI)

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Secteurs stratégiques 6• TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

A

u début de l’année 2009, les dernières estimations évaluaient à 24 000 le nombre d’abonnés connectés à Internet en bas débit en Martinique. Au niveau des foyers ces estimations donnaient un taux d’équipement de 60% alors que 45% d’entre eux pouvaient avoir accès à une offre haut débit. Ces bons taux d’équipement et de raccordement des ménages s’observent aussi pour les entreprises de Martinique. Ils devraient s’améliorer sous l’effet des efforts importants actuellement fournis, tant par les opérateurs que par les collectivités locales, en termes de structures, d’équipements, de qualité de services, d’usages et de formations.Au-delà des infrastructures et services de télécommunication et d’information, le secteur des TIC recouvre, dans ce passeport pour l’innovation, les services de l’audiovisuel (télévision, vidéo, cinéma, jeux) ainsi que l’électronique embarquée. Il s’agit là d’un secteur d’activité revêtant, au sein du tissu économique martiniquais un caractère stratégique fort pour plusieurs raisons. Parmi celles ci : la nécessité de réduire les délais et les distance, la recherche permanente d’interactivité, l’amélioration de la traçabilité, le pilotage en temps réel des processus de production... Dans sa version projet du 24 avril 2007, le programme opérationnel FEDER 2007-2013 pour la Martinique constate que “le cadre institutionnel au développement des TIC a peu évolué et n’a pas donné les résultats escomptés. (…) l’obstacle récurrent qui constitue un frein à la résorption de la fracture numérique en Martinique demeure, d’une part la non disponibilité du haut débit et d’autre part le coût prohibitif des infrastructures pour les entreprises.” Les choses avancent rapidement avec le troisième raccordement récent de la Martinique au réseau Internet mondial et avec l’installation en cours du réseau haut débit qui couvrira l’ensemble de l’île à fin 2009. Pour les acteurs de l’innovation, les prochains défis à relever consisteront à accompagner les PME et TPE dans leur mutation numérique. En point de mire, l’émergence et la maîtrise de nouveaux services, tout en intégrant les ressources et les compétences adéquates.

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I N N O V E R E N MA R TI N I Q U E

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Réseaux : le haut débit partout

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L’e-économie en marche

84

Multimédia : la “kreyol touch”

85

Les partenaires innovation du secteur

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Technologies de l’Information et de la Communication

RÉSEAUX : LE HAUT DÉBIT PARTOUT L’infrastructure est l’élément de base d’un réseau. L’augmentation des débits de transfert de données indispensable au développement des nouveaux usages gros consommateurs de bande passante comme par exemple la vidéo (visiophonie, télévision, VOD) a renforcé au niveau mondial, la fracture entre les zones les mieux équipées en infrastructure et les autres. Dotées d’une population au niveau de vie hétérogène, d’une géographie difficile, d’une répartition de la population désavantageuse au regard du déploiement d’infrastructures de télécommunications, les petites Antilles accusent un certain retard. C’est pourquoi la Région Guadeloupe a initié la construction du câble sous-marin GCN84 qui raccorde la région à l’Internet mondial via Porto Rico. Construit dans son prolongement, le câble MCN85 ouvre à la Martinique son troisième accès au réseau mondial. Dès la fin 2009, toutes les institutions et entreprises de l’île pourront en tirer profit grâce à l’installation en cours d’un réseau fibre optique à haut débit. 2007-2009 : le Réseau Haut Débit Martiniquais Le 27 février 2007, le Conseil Régional a signé la délégation de service public accordant au groupement Martinique Numérique86 la

réalisation

et

l’exploitation

du

Réseau

Haut

Débit

Martiniquais (RHDM). Desservant l’ensemble du territoire et connecté en sortie aux 3 câbles sous-marins atterrissant dans l’île, il raccordera les hôpitaux, les administrations, les établissements d’enseignement secondaire et universitaire ainsi que les centraux téléphoniques NRA desservant les abonnés. Son installation, qui a débuté courant 2007, devrait s’achever en 2009 et offrir aux particuliers des services innovants à prix satisfaisants et aux entreprises le très haut débit assorti de services à valeur ajoutée.

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Internet, l’épineux problème du prix La disponibilité de l’internet haut débit (adsl jusqu’à 8 Mbits/s) est aujourd’hui équivalente à ce qu’elle est en métropole (97,4 % de la population). «Mais la position utrapériphérique de l’île est génératrice de surcoût : en France, les échanges sont à 80 % locaux ; en Martinique, ils sont à 98 % transatlantiques. Les tarifs d’abonnement prennent donc en compte la location de bande passante sur les câbles internationaux.»87 Ce problème de continuité territoriale devra sans doute être levé dans l’avenir, ne serait-ce que partiellement, par un abondement conjoint de l’État, de l’Europe et des collectivités. Réseaux 3G+ : le haut débit mobile Installé dans l’île entre avril et novembre 2008, le réseau 3G+ touche déjà 70 % de la population (90 % d’ici à 2 ans). Il connaît un succès rapide. «L’intérêt de pouvoir accéder en tout lieu au Net, au mail et à toutes ses données personnelles sans avoir à transporter son ordinateur n’a pas échappé aux Martiniquais. (…) La visiophonie et la télé HD sont aussi très demandées.»87 Parmi les projets en cours : - Déploiement du réseau haut débit martiniquais (RHDM) - Projet Téresa (UAG) qui doit permettre la mise en réseau, sur la plaque régionale Renater, des 81 collèges et lycées de l’île.

84 GCN : Global Caribbean Network 85 MCN : Middle Caribbean Network 86 Société associant Mediaserv, LDCom et Sogetrel 87 Rodrigue Roch, Orange Caraïbes

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Technologies de l’Information et de la Communication

L’E-ÉCONOMIE EN MARCHE Les TIC prennent une place importante dans le développement économique martiniquais. Un des enjeux majeurs, souligné par le SMDE88, est de faire entrer concrètement l’entreprise martiniquaise dans l’ère de l’e-économie via, notamment, le développement des téléservices et du télétravail, la création d’une plate-forme d’exportation des compétences locales et la mise en place, au service des entreprises, d’une organisation opérationnelle réunissant tous les acteurs du développement. Au-delà des infrastructures et du cadre général créé par l’initiative publique, il est clair, en effet, que les locomotives de l’innovation sont bien les centres de ressources et les entreprises. Les quelques exemples qui suivent illustrent la vitalité de ces acteurs. L’exemple du télé enseignement Dès 2003, la distance entre les différentes unités de l’UAG et celles de ses partenaires extérieurs a commencé à poser problème. «A cette date, la réforme PCEM89 a multiplié par trois le nombre d’étudiants en 1e année de médecine. Nous étions confrontés à la nécessité d’assurer un enseignement de qualité sur des sites distants et de garantir aux étudiants des conditions de stricte égalité lors des concours. Avec une pression d’autant plus forte que la pyramide des âges nous oblige à compenser rapidement, dans les trois départements, le nombre important des départs en retraite de médecins et spécialistes paramédicaux.»90 La solution conçue par le CRI-M a entraîné la mise en place d’un nouveau processus organisationnel qui a mobilisé le concours actif des personnels enseignants. Réalisée en collaboration avec la société martiniquaise GJJ.com, pionnière en matière de visio-conférence, la plate-forme de télé enseignement met en œuvre un système de téléprojection sur grand écran assorti d’une gestion optimisée des contenus multimédia : son de haute qualité, image et vidéo HD, interactivité… Outre l’enseignement médical, elle est également utilisée par plusieurs unités de l’UAG, Grimaag et DSI, notamment. Le CRI-M étudie la possibilité de l’utiliser comme support de formations à l’export : «Dans un premier temps, nous visons la Caraïbe francophone.»90 Electronique : des systèmes autonomes innovants Le LMAE91 de Ducos est spécialisé dans la conception, la réalisation et la maintenance de systèmes électroniques autonomes. Il peut s’agir de plates-formes communicantes telles le système de supervision en temps réel de la circulation, installé pour le Conseil Général. Il peut aussi s’agir de systèmes embarqués,

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I N N O V E R E N MA R TI N I Q U E

comme les tachygraphes ou les taximètres qui équipent, respectivement, certains poids lourds et taxis de la Martinique. Le

laboratoire

d’attention

au

porte

également

développement

de

beaucoup systèmes

destinés aux personnes à mobilité réduite (systèmes domotiques

télécommandés,

monte-escaliers,

dispositifs d’aide à la conduite…) ainsi qu’aux dispositifs de surveillance des risques sismiques et climatiques (voir page 65). Quand la recherche dynamise l’entreprise Le GRIMAAG92 a une double vocation de recherche et d’enseignement. Spécialisé dans les domaines du traitement mathématique des données, il développe des recherches qui se situent à la pointe de l’innovation (analyse de flux de données, systèmes distribués, mise au point d’algorithmes, datamining, knowledge management…) et qui débouchent sur des applications d’entreprise (marketing, relation client, gestion d’approvisionnements…). «Nous cherchons à créer une passerelle entre recherche, innovation et intérêt pour les entreprises. Elles possèdent des trésors d’information que nous les aidons à valoriser.»93 Sur ces bases, le GRIMAAG dispense des formations professionnalisantes. Vers un téléguidage intelligent des touristes RD Géo est spécialisée dans les systèmes embarqués de géo-localisation de véhicules. Ils permettent au gestionnaire de flotte de connaître en temps réel la position de chaque véhicule, de communiquer avec le conducteur et d’optimiser les tournées. Sur le même principe, l’entreprise conduit actuellement, en collaboration avec le CEREGMIA94, une recherche particulièrement innovante appliquée au tourisme. «L’idée est d’équiper les voitures de location en systèmes communicants et de traiter informatiquement les données recueillies de manière à pouvoir orienter chaque touriste vers les sites correspondant à ses centres d’intérêt. Cette recherche répond à la nécessité actuelle de redynamiser le tourisme dans l’île.»95

88 Schéma Martiniquais de Développement Economique 89 PCEM : Premier Cycle d’Etudes Médicales 90 Olivier Portecop, Directeur du CRI-M, Centre de Ressources Informatiques Martinique (UAG) 91 Laboratoire Martiniquais d’Applications Electroniques 92 GRIMAAG, Groupe de Recherche en Informatique et Mathématiques Appliquées des Antilles-Guyane (UAG) 93 Jean-Emile Symphor, Directeur du GRIMAAG 94 CEREGMIA, Centre d’Etude et de Recherche en Economie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée (UAG) 95 Erol Elizabeth, RD Géo

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Technologies de l’Information et de la Communication

MULTIMÉDIA : LA «KREYOL TOUCH» A la charnière du technique et de l’artistique, le multimédia regroupe un ensemble de technologies numériques traitant l’image réelle ou virtuelle et le son sur tous types de supports physiques (CD, DVD, imprimés) ou immatériels (radio, télévision, internet). Les productions multimédias sont destinées aussi bien à l’information et à la communication publicitaire ou institutionnelle qu’à la diffusion culturelle et aux loisirs. C’est par excellence l’endroit où les talents peuvent s’exprimer dans toute leur diversité et où les créateurs locaux ont d’ores et déjà commencé à imposer une véritable kreyol touch. Parmi ces créateurs innovants, on trouve par exemple deux jeunes sociétés hébergées à la pépinière d’entreprises Chrysalia-CEEI. Carambole Studio, un son nouveau Créé en 2003, Carambole Studio est spécialisé dans la création sonore (création musicale, spots radio, illustration sonore

de

spots

publicitaires

et

de

films),

la

post

production (animations, voix off, effets spéciaux, infographie…) et la conception de CDRoms et DVDRoms. «Cette année, nous avons fait porter l’essentiel de nos efforts sur le passage au son en 5+1 (qualité home cinéma) et sur l’image haute définition. Nous co-produisons aussi une émission sur RFO. Elle est maintenant déclinée en version mobile et accessible aux abonnés équipés d’un mobile 3G/3G+.»96 (www.carambolestudio.com) GPRodStudio, la puissance en images Née de la volonté et de l’expérience d’un jeune entrepreneur avant-gardiste, GPRODSTUDIO est une société de postproduction spécialisée dans l’image de synthèse. Elle met sa créativité artistique et son expertise au service de projets tels que publicités, films institutionnels, vidéo-clips, DVD et courts-métrages. «L’image 3D est très gourmande en puissance. Nous investissons actuellement dans une informatique à base de processeurs quadri-cœur 64 bits. Elle nous permettra d’accélérer les temps de traitement et de répondre plus rapidement

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à nos clients.»97 A plus long terme, plusieurs types de développements sont envisagés : remplacer les photographies traditionnelles par de l’image 3D ; développer des outils logiciels spécifiques ; développer l’activité de créations publicitaires auprès de sociétés spécialisées. (http://gprodstudio.com)

Technologies de l’Information et de la Communication

L E S PA R T E N A I R E S I N N O V AT I O N D U S E C T E U R (coordonnées complètes pages 98 à 102) • ADEM Agence de Développement Économique de la Martinique • AFPA Association pour la Formation Professionnelle des Adultes • AMPI Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie • ARACT Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail • CAP-TIC (Caisse des Dépôts et Consignations) • CCIM Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique • CEREGMIA Centre d’Etude et de Recherche en Economie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée (UAG) • CHRYSALIA-CEEI pépinière d’entreprises (Technopole Martinique) • Conseil Général de la Martinique • Conseil Régional de la Martinique • CRI-M Centre de Ressources Informatiques de la Martinique (UAG) • GRIMAAG Groupe de Recherche en Informatique et Mathématiques Appliquées des Antilles-Guyane (UAG) • ITEC-CEEI Ingénierie de l’innovation (Technopole Martinique) • OPEN IT Martinique, Association Professionnelle des TIC • SUPINFO Ecole Supérieure d’Informatique

96 Pablo Rosine, gérant de Carambole Studio 97 Gregory Mansuela, gérant de GProdStudio

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Secteurs stratégiques 7• ORGANISATION

I

nnover c’est rompre avec le quotidien.” 98 Cette forte évidence concerne à la fois la créativité technologique ou sociale et ce qui détermine le fonctionnement même d’une entreprise, à savoir son organisation. Tout en préservant leurs facteurs clés de succès, les PME martiniquaises cherchent ainsi à se créer un avantage concurrentiel reposant sur des innovations organisationnelles fortes et perceptibles par le marché. Elles visent à faire évoluer les styles de management, à créer des espaces de communication, à mieux maîtriser les flux et, en fin de compte, à mieux vendre. Plusieurs initiatives locales illustrent cette démarche. A l’université, par exemple, une unité du CRPLC99 explore les contributions du droit dans les dynamiques territoriales de l’outre-mer. Sous l’impulsion de sa directrice, l’ARACT100 Martinique invente des méthodes d’analyse, des procédures sociales, un métier et des formations directement applicables en entreprise et dupliquées dans « l’hexagone » et à l’étranger. Dans le domaine de la logistique, l’IUT propose aux jeunes Martiniquais des formations axées sur la notion entrepreneuriale d’avantage concurrentiel. Avec le concours d’AFNOR GROUPE, enfin, l’ADEM, ITEC-CEEI et les organisations professionnelles assurent une promotion de la démarche qualité.

98 Danielle Laport, Directrice de l’ARACT Martinique et Déléguée Régionale de l’ANACT 99 CRPLC : Centre de Recherche sur les Pouvoirs Locaux dans la Caraïbe 100 ARACT : Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail

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Management & gestion de production

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DÊmarches de progrès

92 Logistique

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ORGANISATION

MANAGEMENT ET GESTION DE PRODUCTION L’organisation est autant une affaire d’hommes que de structures. En abordant l’entreprise sous l’angle humain, l’ARACT apporte une vision innovante qui contribue à sa performance économique par la compréhension des enjeux sociaux. L’organisation concerne également la dimension logistique liée au processus de production. Technopole Martinique, avec le soutien du CETIM101, aide des PME à adopter des techniques performantes en matière de gestion des flux industriels. L’innovation à hauteur d’homme Organisme paritaire appartenant au réseau ANACT, établissement public102, l’ARACT Martinique se consacre à l’amélioration des conditions de travail sous leurs aspects matériels, organisationnels et sociaux. Son travail vise notamment à développer la concertation dans les pratiques managériales et à impliquer les salariés dans les décisions de l’entreprise. Il repose sur la mise en place de «compromis de coexistence» prenant en compte le rapport inégal existant dans la société et dans l’entreprise. Ses actions, innovantes par essence, se traduisent par un changement d’organisation mais surtout de regard et d’habitudes : «En Martinique, la plupart des conflits durs relèvent moins de questions de rémunération que de considération.»103 Responsabilité sociétale des entreprises La société marchande privilégie l’efficacité économique de l’entreprise, souvent aux dépens de sa responsabilité sociale et environnementale. Pour l’ARACT, les deux notions sont indissociables, les conditions de travail constituant la dimension sociale du développement durable. Apparaît ainsi la notion de responsabilité sociétale qui conduit à promouvoir, au sein des organisations publiques et privées, la pratique de comportements «sociétalement responsables». Anticipant sur la future norme ISO 26000104, l’ARACT Martinique a édité, en collaboration avec l’AFNOR GROUPE, un guide permettant l’intégration du développement durable dans les politiques d’entreprises sur la base d’un référentiel rigoureux. La méthode est en cours de test à la Mairie du François. Parmi les innovations - Création avec le CNAM d’une Licence en Sciences du Travail et de la Société débouchant sur la fonction de Chargé des Conditions de Travail et du Développement Durable, métier créé par l’ARACT. - Création avec l’UAG et l’Université Paris 12 Val-de-Marne d’une Licence de Management de Dispositifs de Projet et d’Organisation à destination des militants des organisations syndicales et patronales et membres des IRP. 88

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Gestion des flux industriels La gestion des flux intéresse toute entreprise manufacturière devant recourir à des manutentions inter-postes. A l’initiative d’ITEC-CEEI, le CETIM est intervenu dans ce domaine auprès d’une PME martiniquaise fabriquant des sacs papier et plastique : «Dans l’impossibilité de s’étendre, cette entreprise était confrontée à un problème de place. Ses ateliers et son entrepôt étaient encombrés. Elle souhaitait réorganiser sa production et se doter d’un meilleur système de manutention-stockage. Notre intervention se limitant à trois jours, nous avons choisi d’élaborer, sur un des trois ateliers, une solution reproductible sur les deux autres. La première analyse révélait de nombreux goulots d’étranglement entre les divers postes de production et, en amont et en aval, des stocks importants de matières premières et de produits finis. Ceux-ci représentaient, dans certaines références, jusqu’à 6 mois voire un an de livraisons. Une cartographie du processus de fabrication et l’analyse comparée du carnet de commande et des plannings de fabrication nous ont conduit à repenser l’organisation générale, en remontant des besoins du client jusqu’à l’approvisionnement en matières premières. Nous nous sommes assurés de la possibilité d’approvisionner par containeurs mixtes au lieu de conteneurs complets dans chaque référence. En doublant le nombre de rotations, nous avons pu ainsi diviser par deux le stock de matières premières. Et en adaptant la taille des campagnes de production aux besoins client, nous avons pu supprimer une grande partie des stocks intermédiaires d’encours. Résultat : une production en quasi flux tendu, un gain de place de l’ordre de 30 % et une immobilisation financière réduite de 140 K€. L’outil méthodologique a été modélisé sous forme d’applications Excel, aisément utilisables en interne.»105

101 CETIM : Centre Technique des Industries Mécaniques 102 Dépendant du Ministère du Travail et de l’Emploi 103 Danielle Laport, Directrice de l’ARACT Martinique et Déléguée Régionale de l’ANACT 104 Cf. 1ers États-Généraux de la Responsabilité Sociétale : ISO 26 000, une révolution silencieuse ? Paris, Oct. 2008 105 Gabriel Péru, Conseiller en Management Industriel et Logistique - CETIM.

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ORGANISATION

DÉMARCHES DE PROGRÈS Comme le souligne le Programme Cadre pour l’Innovation et la Compétitivité de l’Union Européenne106, l’essor des entreprises, dans l’industrie comme dans les services, dépend de leur capacité à mener de front trois challenges : s’adapter rapidement au changement, exploiter tout leur potentiel d’innovation et proposer des produits de qualité. Au sein de l’économie martiniquaise, les exigences croissantes des clients, l’évolution rapide de la réglementation et la forte pression concurrentielle conduisent les PME à innover dans leur organisation et leur mode de management. Elles manifestent un intérêt croissant pour les démarches de progrès visant à l’amélioration continue de la qualité des produits et de la satisfaction des clients, mais également à une meilleure maîtrise des impacts de leurs activités sur l’environnement. La plupart des organismes attachés au développement se sont impliqués dans la promotion des normes qualitatives et environnementales. C’est le cas, notamment, de l’ADEM, avec la création en 1997 du Prix Qualité Martinique, mais aussi de l’AMPI, de la CCIM, de la CMA, du PARM, d’ITEC-CEEI, de la CACEM… Les normes, principaux outils de progrès «En matière de démarche qualité, la Martinique témoigne d’un dynamisme exemplaire qu’on ne trouve plus en métropole ni même dans les autres DOM. Il résulte, en grande partie, de l’implication active d’acteurs locaux tels que l’ADEM, la CCIM et la CACEM.»107 Près d’une entreprise martiniquaise sur cinq et de nombreuses administrations locales sont ainsi certifiées ISO 9001-2000 ou en cours de démarche qualité. Applicable à l’industrie, aux services et aux administrations, ce système de gestion de la qualité oblige à fournir un produit conforme aux réglementations et à accroître la satisfaction client par un processus d’amélioration continue. On constate également une nette volonté de progression en ce qui concerne les normes sectorielles ISO 22 000 (unique norme reconnue au niveau international pour la sécurité des aliments) et OHSAS 18001 (norme internationale sur la santé et la sécurité au travail). Il en va de même pour la qualification environnementale. Fin 2008, 16 entreprises martiniquaises108 étaient ainsi certifiées ou en cours de certification ISO 14001. Cette norme, qui vise à l’amélioration permanente de la performance environnementale des entreprises, porte notamment sur la gestion des ressources, le recyclage et la valorisation des déchets, et la maîtrise des risques.

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Vers une plate-forme permanente de progrès «L’AFNOR GROUPE étudie actuellement, avec la DRIRE Martinique, un projet de plateforme autour de l’innovation organisationnelle (ISO 9001). Elle prévoit un cadre de rencontres et d’interventions sur 3 ans. Nous en sommes à la phase de mise en place des financements. Nous avons par ailleurs signé avec la CACEM une convention de coopération. Elle vise à promouvoir les démarches de progrès auprès des entreprises par l’organisation de séminaires et de rencontres individualisées.»107

106 cf. Stratégie de Lisbonne 107 Hervé Ross-Carré, AFNOR GROUPE (Association Française de NORmalisation) 108 Source : ADEM

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ORGANISATION

LO GI ST I Q U E «La logistique prend en compte l’ensemble des maillons -achats, entreposage, distribution- que les entreprises martiniquaises sont habituées à traiter séparément.»109 Dans la bataille économique à laquelle elles sont confrontées chaque jour, «le problème est de livrer le client au meilleur coût, certes, mais surtout au bon moment et si possible chez lui. La demande évolue à la vitesse de l’information. Aujourd’hui, le client voit un produit à la télévision et il le veut tout de suite. Pour bénéficier d’un avantage concurrentiel, il faut proposer les prix les plus compétitifs dans les délais les plus courts. C’est tout l’enjeu de la logistique.» L’insularité est la première contrainte. Dans la chaîne qui va du fournisseur au client, de nombreux éléments sont extérieurs à la Martinique. «L’approvisionnement est long et présente de nombreuses ruptures de charge qui sont autant de risques de dégradation et de perte.»110 Le second problème est l’immaturité logistique des entreprises. Rien de vraiment anormal : «La logistique est une science jeune. Nous comptons sur Technopole Martinique pour nous aider à sensibiliser les entreprises car il s’agit d’un enjeu capital pour l’économie locale.»109 De la recherche à l’entreprise L’IUT Gestion logistique et Transport de l’UAG présente l’originalité d’être animée par des professeurs-chercheurs disposant tous d’une solide expérience professionnelle en entreprise. Leurs enseignements comme leurs recherches sont axés sur des problématiques concrètes : élargissement des gammes et des sources d’approvisionnement, économies d’échelle, avantage concurrentiel, compétitivité… Le diplôme préparé (DUT équivalent L2) est une formation professionnalisante. Il a pour objectif de former des étudiants généralistes capables d’occuper les fonctions de logisticien ou de responsable des transports de personnes (urbain, interurbain, tourisme) ou de marchandises (transports routier, maritime, aérien). Les jeunes diplômés sont immédiatement opérationnels. Le taux de réussite est excellent : 95 %. Les deux tiers des diplômés poursuivent leurs études (licences pro Management & Qualité, formations privées, Licence et Master en logistique), le plus souvent en métropole car il n’existe encore que très peu d’emplois en Martinique pour les BAC+5. Parmi les innovations : - L’adaptation du DUT au contexte local (plus d’international, moins de ferroviaire) tout en préservant sa conformité à la maquette nationale. - La participation à la création et à l’enseignement, en alternance, d’un Master 1 de Responsable Logistique au sein de l’Ecole de Commerce et de Gestion (2008).

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Une prise de conscience des enjeux En Martinique, de nouvelles activités de conseil et de service ont émergé autour des cinq pôles de compétence fondamentaux de la logistique : les achats, le stockage-entreposage, la gestion des stocks, le transport et les systèmes d’information. Cela traduit une prise en compte croissante de la logistique dans la stratégie des TPE. «Le plus souvent, l’entreprise ignore qu’elle a des problèmes logistiques. La meilleure approche consiste à traiter un élément concret, la démarque en distribution, par exemple, et à vérifier que la solution se traduit bien par une amélioration de la marge. L’entrepreneur est alors convaincu et on peut aller plus loin.»110 L’exiguïté et l’insularité de la Martinique contraignent à imaginer des outils logistiques adaptés. Par exemple, nombre d’entreprises martiniquaises ne peuvent s’équiper elles-mêmes d’un entrepôt qui leur permettrait de stocker leurs produits frais dans les conditions réglementaires et de les livrer au fur et à mesure de leur vente. Cette constatation a incité un jeune entrepreneur à créer, à leur intention, un service d’entreposage frigorifique sous douane. Basé sur le nouveau port de commerce de Fort-de-France, il assure le stockage et la préparation des commandes en température négative (-25°C). Chaque palette est dotée d’un code barres qui la suit tout au long de son utilisation. Le client peut suivre ainsi, en temps réel, l’évolution de son stock et les mouvements de ses produits.

ORGANISATION

L E S PA R T E N A I R E S I N N O V AT I O N D U S E C T E U R (coordonnées complètes pages 98 à 102) • ADEM Agence de Développement Économique de la Martinique • AFNOR GROUPE Association Française de NORmalisation • AMPI Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie • ARACT Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail • CCIM Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique • CETIM Centre Technique des Industries Mécaniques • CMA Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Martinique • CRPLC Centre de Recherche sur les Pouvoirs Locaux de la Caraïbe (UAG) • CHRYSALIA-CEEI Pépinière d’entreprises (Technopole Martinique) • EGC École de Gestion et de Commerce de Martinique • ITEC-CEEI Ingénierie de l’innovation (Technopole Martinique) • IUT Dept Gestion Logistique & Transport (UAG) • IUT Dept Hygiène Sécurité Environnement (UAG)

109 Fabien François-Haugrin, Directeur du Dpt Gestion Logistique & Transport - IUT 110 Xavier Malleret, gérant de Flexilog

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Secteurs stratégiques 8• RECHERCHE MÉDICALE

M

aladies tropicales (dengue) ou génétiques (drépanocytose), parasitoses, prévalence de certaines pathologies (cancers, affections à virus HTLV1 et HIV, hypertension, diabète, obésité…) : les Antilles présentent un ensemble de spécificités qui en font un terrain très particulier au regard de la recherche médicale. En Martinique, plusieurs services du CHU de Fort-de-France conduisent depuis longtemps des recherches innovantes. Activité, désormais stimulée par la création toute récente de la Délégation à la Recherche Clinique et à l’Innovation (DRCI). En terme d’innovation, le CHU a initié plusieurs projets d’envergure régionale ou internationale, notamment en matière de télémédecine. Dans un tout autre domaine, la meilleure connaissance de la biodiversité devrait ouvrir, dans un proche avenir, un vaste champ d’exploration concernant l’exploitation de la grande variété de plantes terrestres et aquatiques en pharmacie et phytothérapie.

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La DRCI, un nouvel élan pour l’innovation

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La recherche hospitalière

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Les partenaires innovation du secteur 94

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I N N O V E R E N MA R TI N I Q U E

LA DRCI, UN NOUVEL ÉLAN POUR L’INNOVATION Créées par décret en 2006, les DRCI ont pour mission de stimuler et de soutenir les efforts de recherche et d’innovation au sein des Centres Hospitaliers Universitaires. Leur rôle est déterminant puisque la dotation recherche des CHU est désormais indexée sur leur activité réelle de recherche ; activité évaluée chaque année selon la méthode impact factor qui attribue à chaque parution scientifique émanant de l’établissement une note affectée d’un coefficient dépendant du prestige international de la revue qui la publie. Selon le Pr Didier Smadja, coordinateur de la DRCI, «l’innovation correspond à une forte demande de la base. Les jeunes médecins ont été formés pour la recherche et ils veulent en faire. La Faculté s’était beaucoup investie dans l’enseignement, elle doit maintenant développer la recherche.» La DRCI du CHU de Fort-de-France est animée par une équipe comprenant le coordinateur (Pr Smadja), un praticien hospitalier, un méthodologiste, un assistant de recherche clinique et un technicien d’études cliniques. Supervisée par le Conseil Scientifique de l’hôpital, elle travaille en coordination étroite avec le Centre d’Investigation Clinique dirigé par le Pr Raymond Césaire. Plusieurs services sont mis à la disposition des chercheurs pour leur permettre de mener à bien leurs projets : analyse méthodologique et statistique, investigation clinique, monitorage (préparation et dépôt des dossiers), expertise réglementaire, juridique et éthique. Les thèmes de recherches privilégiés concernent les maladies cardiovasculaires (en particulier les AVC), la dengue, la drépanocytose et les leucémies et myélites à virus HTLV1. Parmi les projets d’avenir : - Travaux séroépidémiologiques visant à rechercher un vaccin contre la dengue, - Recherche sur les myélites à HTLV1 en collaboration avec l’INSERM et l’INRA - Recherche sur les biométériaux à base de corail - Recherche sur les méthodes thérapeutiques pour les pathologies vasculaires cérébrales et les affections à virus HTLV1.

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LA RECHERCHE HOSPITALIÈRE Le Centre Hospitalier Universitaire de Fort-de-France comprend quatre établissements : l’hôpital Pierre Zobda-Quitman, l’hôpital Victor Fouche, l’hôpital Albert Clarac, le Centre Emma Ventura. Etablissement de 1 300 lits, il reçoit chaque année environ 40 000 malades. Plusieurs services (neurologie, virologie-immunologie, traumatologie, urgences…) conduisent des activités de recherche axées sur l’innovation. Parmi celles-ci : ISIS : quand l’intelligence artificielle sauve des vies Le projet ISIS111 est destiné à rendre immédiatement compréhensibles les multiples données issues des patients en réanimation. Il utilise un moteur d’intelligence artificielle pour interpréter ces données et fournir aux équipes soignantes, à partir des bases de connaissances existantes, des outils d’aide à la décision thérapeutique. Ce projet constitue une avancée importante car il permet de limiter la perte d’information et d’améliorer la qualité de la prise en charge du patient. L’outil technique est d’ores et déjà opérationnel. On en est à la phase d’amélioration de l’interface en fonction des protocoles du service et des remarques de ses utilisateurs. Cofinancé par l’Union Européenne (FEDER), l’ARH, le CHU et la Région Martinique, ce projet de recherche est déployé au CHU de Fort-de-France par le Dr Hossein Mehdaoui. Les pathologies étudiées sont, dans un premier temps la traumatologie cranio-cérébrale grave et de manière plus globale les pathologies entraînant une souffrance cérébrale aiguë chez les patients hospitalisés en réanimation. Un dossier médical unique pour les urgences Pour la première fois en France, les services d’urgence médicale de la Martinique se sont dotés, dès 2005, d’une solution innovante à la disposition du corps médical, même en milieu extra hospitalier : un dossier médical unique et informatisé, partagé par l’hôpital et les unités mobiles du SMUR. Ce système, baptisé NEWTON, repose sur un réseau sans fil qui leur donne accès au dossier médical informatisé de tout patient déjà passé par le CHU. Les équipes terrain peuvent ainsi, sans perdre une minute, adapter leur intervention au tableau clinique du malade ou de l’accidenté. Parmi les projets en cours - Le Centre de diagnostic ante – natal - La téléconsultation en neurochirurgie avec le CH de Cayenne - Le projet international de télépsychiatrie ISLANDS conduit avec 6 pays européens (Autriche, Espagne, Grèce, Irlande, Suisse, Rép. Tchèque) - La plate-forme régionale de santé (PFR s@nté 972): système informatisé de dossier médical unique, commun à tous les établissements de soins publics et privés de Martinique, et accessible à tous les professionnels de santé (projet initié par l’ARH). 96

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111 ISIS : Intelligent Survey for Information Systems

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RECHERCHE MÉDICALE

L E S PA R T E N A I R E S I N N O V AT I O N D U S E C T E U R (coordonnées complètes pages 94 à 102) • ADERM - Association de Dermatologie pour l’Enseignement et la Recherche en Martinique • AMEREN - Association Martiniquaise d’Etude et de Recherche en Neuropsychologie • AMREC : Association Martiniquaise pour la recherche épidémiologique sur le cancer • ARH : Agence Régionale de l’Hospitalisation • Carribean Society of Myology, recherche sur les maladies neuromusculaires dans la Caraïbe • Centre Caribéen de la Drépanocytose «Guy Mérault» • Centre d’Investigation Clinique Epidémiologique (CHU) • Centre Hospitalier de Basse-Terre • CHU de Fort-de-France • CHU de Pointe-à-Pitre • CID Centre Intégré de Drépanocytose, Hôpital du Lamentin • DRCI Délégation à la Recherche Clinique et à l’Innovation (CHU) • DRRT Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie • ECM Epidémiologie Clinique et Médecine (CHU) • EPMM Epidémiologies des Parasitoses Tropicales en Guyane et aux Antilles Françaises • GEREMM. - Groupe d’Etudes et de Recherche en Endocrinologie et Maladies Métaboliques et Réseau Diabète de Martinique • GREPOT Groupe de Recherche en Pathologies Ostéoarticulaires Tropicales • GRPNC Groupe de Recherche en Pathologies Neurosensorielleset cognitives (CHU) • INSERM Institut National de la Recherche Médicale • Ligue de cancérologie de la Martinique (http://www.martinique-cancer.org) • PHATMAH Pharmacogénétique et abords thérapeutiques des maladies héréditaires (CHU) • SMERTHA - Société Martiniquaise d’études et de recherches sur l’hypertension artérielle. • SMUR : Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (CHU)

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RÉPERTOIRE

d e s a c t e u r s de l’innovation en Martinique A

ADAM Association pour le Développement de l’Aquaculture en Martinique Pointe Lynch 97231 LE ROBERT TEL. : 05 96 65 41 79 FAX : 05 96 65 24 41 ADEM Martinique Agence de Développement Économique de la Martinique Imm. Foyal 2000 - 3e étage est Place Lafcadio Hearn rue Gouverneur Ponton 97200 FORT DE FRANCE TEL. 05 96 73 45 81 FAX : 05 96 72 41 38 Email : adem@sasi.fr Web : www.adem-martinique.org ADEME Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie 42, rue Garnier Pagès 97200 Fort-de-France TEL : 0596 635 142 FAX : 0596 706 076 Email : : ademe.martinique@ademe.fr Web : www2.ademe.fr

ARACT Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail Immeuble la Verrière 20 avenue des Arawaks 97 200 FORT-DE-FRANCE TEL. : 05 96 66 67 60 FAX : 05 96 66 67 61 Email : aract-martinique@anact.fr Web : www.martinique.aract.fr

ADIL Agence Départementale pour l’Information sur le Logement Rue du Commerce - Résidence de la Pointe Immeuble Collier Choux - Pointe Simon 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 71 48 45 FAX : 05 96 70 41 28 Email : adil.97@wanadoo.fr Web : www.adilmartinique.org

AREF-BTP Association Régionale pour l’Emploi & la Formation du BTP Immeuble «Les Amandiers» Voie n°1 Z.I. de la Lézarde 97200 LE LAMENTIN TEL. : 05 96 51 51 02 FAX : 05 96 51 51 39 Email : nfortunee.arefantillesguyane@gfcbtp.fr Web : www.aref-antillesguyane.com

ADIT Agence pour la Diffusion de l’Information Technologique 2 rue Brûlée 67000 STRASBOURG TEL. : 03 88 21 42 42 FAX : 03 88 21 42 40 Email : info@adit.fr Web : www.adit.fr

AFPA Association pour la Formation Professionnelle des Adultes 6, Avenue des Arawaks 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 75 06 06 FAX : 05 96 75 03 16 Email : lzamant@afpa.mq Web : www.afpa-martinique.fr

AMPI Association Martiniquaise pour la Promotion de l’Industrie Centre d’Affaires Californie II Bât. Pierre - 2ème étage 97232 LE LAMENTIN TEL. : 05 96 50 74 00 FAX : 05 96 50 74 37 Email : industrie@ampi.mq Web : www.industriemartinique.com APRM Association pour la Prévention des Risques Majeurs Immeuble Panorama Boulevard de la Marne 97200 FORT-DE-FRANCE TEL. : 0596 61 18 87 FAX : 0596 61 62 20 Email : aprm@wanadoo.fr

ADEPAM Association pour la Défense des Producteurs Aquacoles Martiniquais SCI Les Hauts de Californie Bât. C local C7, 1er étage 97232 Le Lamentin Tél/fax : 05 96 64 90 45 E-mail : adepam_mq@hotmail.com

AFNOR GROUPE Association Française de NORmalisation 11, rue Francis de Pressensé 93571 LA PLAINE SAINT-DENIS Cedex Tél. : 01 41 62 80 05 Fax : 01 49 17 90 00 Email : region.iledefrance@afnor.org Web : www.afnor.fr

AMAFOCS-CNAM Association Martiniquaise pour la Formation Continue Supérieure Campus universitaire de Schoelcher BP 7216 97274 SCHOELCHER cedex TEL : 0596 61 10 26 FAX : 0596 61 29 04 Email : cnam@martinique.univ-ag.fr Site Internet : : www.univ-ag.fr/cnam

ARH MARTINIQUE Agence Régionale de l’Hospitalisation Rue Piétonne des Villages de Rivière Roche BP 690 - 97264 Fort de France TEL. : 05 96 42 77 55 FAX : 05 96 50 71 72 Email : arh972-secretariat-direction@sante.gouv.fr

B

BRGM Bureau de Recherches Géologiques et Minières Villa Bel Azur, 4 lot. Miramar Route Pointe des Nègres 97200 FORT-DE-FRANCE TEL. : 05 96 71 17 70 FAX : 05 96 63 21 15 Email : jp.comte@brgm.fr Site Internet : www.brgm.fr

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I N N O V E R E N MA R TI N I Q U E

C

CACEM Communauté de Communes du Centre de la Martinique Immeuble Cardinal - Chateauboeuf Est - BP 407 97234 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 75 82 72 FAX : 05 96 75 87 06 Email : contact@cacem.org Site Internet : www.cacem.org CAESM Communauté d’Agglomération de l’Espace Sud Martinique Lotissement Frangipaniers 97228 SAINTE-LUCE TEL. : 0596 62 53 53 FAX : 0596 62 56 01 Email : caesm@sud972.net Site Internet : www.sud972.net CAP-TIC (Caisse des Dépôts et Consignations) Espace Européen 21 avenue de l’Europe Schiltigheim 67013 STRASBOURG Cedex TEL. : 03 90 208 308 FAX : 03 90 208 309 Email : info@cap-tic.fr Site Internet : www.cap-tic.fr CCIM Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique 50, rue Ernest DEPROGE 97200 FORT-DE-FRANCE TEL. : 0596 55 28 00 FAX : 0596 60 66 68 Email : cabinet@martinique.cci.fr Site Internet : www.martinique.cci.fr CCNM Communauté de Communes du Nord Martinique 39, lotissement la Marie 97225 MARIGOT TEL. : 0596 53 50 23 FAX : 0596 53 60 12 Email : ccnm.contratpays@wanadoo.fr Site Internet : www.ccnm.fr

CERJDA Centre de Recherches Juridiques en Droit des Affaires UAG - BP 7209 97275 SCHOELCHER Cedex TEL. : 0596 72.73.72 FAX : 0596.72.73.73 Email : cerjda@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www.univ-ag.fr/cerjda/ CERAAM Centre régional d’applications aquacoles de la Martinique Rue Gaston Deferre 97200 Fort-de-France TEL. : 05 96 61 09 08 CEREGMIA Centre d’Etude et de Recherche en Economie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée UAG - B.P. 7209 - 97275 Schoelcher Cedex TEL. : 05 96 72 74 00 FAX : 05 96 72 74 03 Email : fred.celimene@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www.ceregmia.eu CETIM Centre Technique des Industries Mécaniques 52, Avenue Félix-Louat BP 80067 60304 SENLIS Cedex TEL. : 03 44 67 30 00 FAX : 03 44 67 34 00 Email : sqr@cetim.fr Site Internet : www.cetim.fr CFE Centre de Formalités des Entreprises 2, rue du temple - Morne Tartenson 97200 FORT-DE-FRANCE Tel. : 0596 71 32 22 Fax : 0596 70 47 30 CGPME Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises 13 quartier Vieux Moulin Didier 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 0596 70 05 72 FAX : 0596 70 05 16 Email : secretariat@cgpme-martinique.org Site Internet : www.cgpme-martinique.org

CCSTI Carbet des Sciences (Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle) Immeuble S2P Centre Dillon Valmenière 97200 Fort-de-France TEL. : 05 96 59 75 02 FAX : 05 96 59 75 08 Email : carbet-des-sciences@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www.carbet-sciences.net

Chambre d’Agriculture de la Martinique Place d’Armes - BP 312 97286 LE LAMENTIN cedex 2 Tél : 0596 51 75 75 Fax : 0596 51 93 42 Email : chambagr@ais.mq Site Internet : http://paris.apca.chambagri.fr/apca/ data/adresse/tr0972.htm

CDST Centre de Découverte des Sciences de la Terre Habitation Périnelle - Route du Prêcheur 97250 Saint-Pierre TEL. : 0596 52 82 42 FAX : 0596 78 29 70 Email : cdst@cg972.fr ou bien CDST@cgste.mq ? Site Internet :http://cdst.e-monsite.com

CMA Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Martinique 2 Rue du Temple Morne Tartenson BP 1194 97249 FORT-DE-FRANCE TEL. : 05 96 71 32 22 FAX : 05 96 70 47 30 Email : cmm972@wanadoo.fr Site Internet : www.cma-martinique.com

CEMAGREF Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement Cemagref / P.R.A.M. Quartier Petit Morne BP 214 97285 LE LAMENTIN Cedex 2 TEL. : 05 96 42 30 12 FAX : 05 96 42 30 10 Email : info@cemagref.fr Site Internet : www.cemagref.fr/informations/Presentation/Implantations/Martinique

CHRYSALIA-CEEI (CACEM) pépinière d’entreprises de Technopole Martinique Centre d’affaires AGORA BAT B ZAC Étang z’abricots 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 0596 38 07 71 FAX : 0596 39 10 29 Email : jean-philippe.dersion@cacem-mq.com Site Internet : www.cacem.org Centre Hospitalier Universitaire de Fort-de-France (CHU) Centre Hospitalier La Meynard 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 55 20 00 FAX : 05 96 75 50 60 99

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D CIRAD Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique Cirad / P.R.A.M. Quartier Petit Morne BP 214 97285 LE LAMENTIN Cedex 2 TEL. : 05 96 42 30 00 FAX : 05 96 42 31 00 Email : dir-reg.martinique@cirad.fr Site Internet : www.pram-martinique.org

DDE Direction Départementale de l’Équipement Pointe de Jaham – B.P.7212 97274 SCHOELCHER Cédex TEL. : 05.96.59.57.00 FAX : 05.96.59.58.00 Email : dde-martinique-usagers@equipement.gouv.fr Site Internet : www.martinique.pref.gouv.fr/pages/ dde.html

Conseil Général de la Martinique 20 avenue des Caraïbes 97200 FORT-DE-FRANCE TEL. : 05 96 55 26 00 FAX : 05 96 73 59 32 Email : vincent@cg972.fr Site Internet : www.cg972.fr

DIREN Direction Régionale de l’Environnement 4 bd Verdun 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 71 30 05 FAX : 05 96 71 25 00 Email : diren@martinique.ecologie.gouv.fr Site Internet : www.martinique.pref.gouv.fr/pages/ diren.html

Conseil Régional de la Martinique Rue Gaston Defferre - BP 601 - Cluny 97200 FORT-DE-FRANCE Tel. : 0596 59 63 00 Fax : 0596 72 68 10 Email : service.communication@cr-martinique.fr Site Internet : www.cr-martinique.fr CREDIST Centre de Recherche et d’Etudes dans les Disciplines de la Communication et de l’Information Scientifique et Technique UAG Campus de Schoelcher Tél 05 96 72 75 14 Email : Bruno.Ollivier@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www.univ-ag.fr/credist/ CRI-M Centre de Ressources Informatiques de la Martinique (UAG) Bâtiment du CUR Campus de Shoelcher BP 7209 97275 MARTINIQUE TEL. : 0596 72 73 25 FAX : 0596 72 73 29 Email : crim@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www2.univ-ag.fr/UAG/ CRITT Chimie Environnement Ile de France (Centre Régional pour l’Innovation et le Transfert de Technologie) 3, Rue Brissac 75004 Paris TEL. : 01 44 61 72 00 FAX : 01 44 61 72 10 Email : contact@crittce-idf.fr Site Internet : www.crittce-idf.fr CRPLC Centre de Recherche sur les Pouvoirs Locaux de la Caraïbe (UAG) Faculté de droit et d’économie BP 7209 97275 SCHŒLCHER Cedex TEL. : 0596 72 74 18 FAC : 0596 72 74 19 Email : crplc@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www.univ-ag.fr/crplc CSTB Centre Scientifique et Technique du Bâtiment 4 avenue du Recteur Poincaré 75782 Paris Cedex 16 TEL. : 01 40 50 28 28 FAC : 01 45 25 61 51 Email : secretariatcti@reseau-cti.com Site Internet : www.cstb.fr/le-cstb/missions-et-metiers.html CTCS Centre Technique de la Canne et du Sucre Petit Morne 97 232 LE LAMENTIN TEL. : 05 96 51 28 08 FAX : 05 96 51 09 26 Email : ctcs@ctcs.mq Site Internet : www.ctcs.mq

DRIRE Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement 31 rue Professeur Raymond Garcin 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 70 74 74 FAX : 05 96 63 36 13 Email : drire-antilles-guyane.972@industrie.gouv.fr Site Internet : www.martinique.pref.gouv.fr/pages/ drire.html DRRT Délégation Régionale à la Recherche et à la Technologie 31 route de Didier BP 458 97205 FORT DE FRANCE CEDEX TEL. : 05 96 70 74 84 FAX : 05 96 63 36 13 & 05 96 70 74 85 Email : drrt.martinique@recherche.gouv.fr

E

EBN European BIC Network (Réseau européen des CEEI) Avenue de Tervueren, 168 B 1150 BRUXELLES BELGIQUE TEL. : +32 2 772 89 00 FAX : +32 2 772 95 74 Email : ebn@ebn.be Site Internet : www.ebn.be EGC École de Gestion et de Commerce de Martinique 30, route de l’union Didier 97200 FORT-DE-FRANCE TEL. : 0596 64 58 63 FAX : 0596 64 50 07 Email : contact@egc-martinique.com Site Internet : www.egc-martinique.com EDF Martinique Pointe Carrière 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 59 20 00 FAX : 05 96 60 29 76 Email : marie-george.dicotr@edfgdf.fr Site Internet : www.edf.fr FCBA Institut Technologique Forêt-Cellulose-BoisAmeublement 10, Avenue de Saint-Mandé 75012 Paris TEL. : 01 40 19 49 31 FAX : 01 44 74 49 58 Email : ameublement@fcba.fr Site Internet : www.fcba.fr

F

GEODE Centre de Recherche en Géographie, Développement, Environnement de la Caraïbe (UAG) UAG B.P. 7207 97275 Schoelcher Cedex TEL. : 05 96 72 75 02 FAX : 05 96 61 18 69 Email : geode@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www.univ-ag.fr/geode/

G

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I N N O V E R E N MA R TI N I Q U E

GRIMAAG Groupe de Recherche en Informatique et Mathématiques Appliquées des Antilles-Guyane (UAG) UAG B.P. 7209 97275 Schoelcher Cedex TEL. : 05 96 72 73 40 FAX : 05 96 72 73 62 Email : tsgrimaag@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www.univ-ag.fr/grimaag/

I

IFRECOR Initiative Française pour la Conservation des Récifs Coralliens Observatoire du Milieu Marin Martiniquais 3 Avenue Condorcet 97200 Fort de France TEL. : 05 96 39 42 16 FAX : 05 96 71 96 42 Email : contact@ommm.org Site Internet : www.ommm.org IFREMER Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer Pointe Fort 97231 LE ROBERT TEL. : 05 96 65 11 54 FAX : 05 96 65 11 56 Email : communication@ifremer.fr Site Internet : www.ifremer.fr INPI Institut National de la Propriété industrielle ZI Jarry 22 rue Chapelle 97122 BAIE MAHAULT (Guadeloupe) TEL. : 0 820 213 213 Permanence Martinique : 05 96 55 29 51 Email : guadeloupe@inpi.fr Site Internet : www.inpi.fr INRA Institut National de la Recherche Agronomique voir PRAM INSU/CNRS Institut National des Sciences de l’Univers/CNRS 3 rue Michel-Ange BP 287 75766 Paris Cedex 16 TEL. : 01 44 96 40 00 Email : philippe.chauvin@cnrs-dir.fr Site Internet : www.insu.cnrs.fr IPGP Institut de Physique du Globe de Paris 4, place Jussieu - Case 89 75252 Paris Cedex 05 TEL. : 01 44 27 24 30 FAX : 01 44 27 33 73 Email : soulier@ipgp.jussieu.fr (relations industrie) Site Internet : www.ipgp.jussieu.fr IRD Institut de Recherche pour le Développement 3500 route de Moutte 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 39 77 39 FAX : 05 96 50 32 61 Email : martinique@ird.fr Site Internet : www.mq.ird.fr ITEC-CEEI (CACEM) Ingénierie de l’innovation (Technopole Martinique) CACEM-DGA DÉVELOPPEMENT Les hauts de Californie 97232 LE LAMENTIN TEL. : 0596 70 62 92 FAX : 0596 50 73 41 Email : gilles.gestel@cacem-mq.com Site Internet : www.cacem.org

IUT Dept Gestion Logistique & Transport (UAG) Campus de SCHOELCHER - BP 7209 972275 SCHOELCHER Cedex TEL. : 05 96 72 73 65 FAX : 05 96 72 73 62 Email : fabien.francois-haugrin@martinique.univ-ag. fr Site Internet : www.univ-ag.fr/iutglt IUT Dept Hygiène Sécurité Environnement (UAG) Campus universitaire – BP 7209 97275 SCHOELCHER CEDEX TEL. : 05 96 72 73 65 FAX : 05 96 72 74 47 Email : odile.francois-haugrin@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www2.univ-ag.fr/ MEDEF Mouvement des Entreprises de France Domaine Montgeralde BP 344 rte Chateauboeuf 97258 FORT DE FRANCE CEDEX TEL. : 05 96 75 42 50 FAX : 05 96 75 29 91 Email : info@ medef-martinique.fr Site Internet : www.medef-martinique.fr

M

MÉTÉO FRANCE Service Régional Météorologique de la Martinique Aéroport Aimé Césaire BP 379 97288 Le Lamentin Cedex 02 TEL. : 05 96 57 23 23 FAX : 05 96 57 23 83 (UTC -4) Email : martinique@meteo.fr Site Internet : www.meteo.gp OMMM Observatoire du Milieu Marin Martiniquais 3 Avenue Condorcet 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 39 42 16 FAX : 05 96 71 96 42 Email : contact@ommm.org Site Internet : www.ommm.org

O

ODE Office Départemental de l’Eau 7, avenue Condorcet BP 32 97201 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 48 47 20 FAX : 05 96 63.23.67 Email : contact@eaumartinique.fr Site Internet : www.eaumartinique.eu ONF Office National des Forêts, Martinique 78, route de Moutte BP 578 97207 FORT DE FRANCE cedex TEL. : 05 96 60 70 70 FAX : 05 96 63 56 67 Email : dr.martinique@onf.fr OPEN IT Martinique Association Professionnelle des TIC Bât. F3 Artidivers ZAC Rivère Roche 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 0696 35 78 94 FAX : 0596 42 94 02 Email : contact@openit972.org Site Internet : www.openit972.org OVSM Observatoire Volcanologique et Sismologique de Martinique Fonds Saint Denis 97250 SAINT-PIERRE TEL. : 05 96 78 41 41 FAX : 05 96 55 80 80 Email : unntoc@ipgp.jussieu.fr Site Internet : www.ipgp.jussieu.fr

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OSEO INNOVATION Etablissement Public pour le soutien à l’innovation c/o AFD - ZAC Bouillé 1, Bd Général de Gaulle 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 59 44 73 FAX : 05 96 59 44 88 Email : antenne.martinique@oseo.fr Site Internet : www.oseo.fr

P

PARM Pôle Agro-alimentaire Régional de Martinique Habitation Petit Morne 97232 LE LAMENTIN TEL. : 05 96 42 12 78 FAX : 05 96 42 12 92 PNRM Parc Naturel Régional de la Martinique Rue Henri Stehlé Domaine de Tivoli 97200 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 64 42 59 FAX : 03 87 92 92 92 Pôle Plasturgie de l’Est Saint-Avold BP 50207 57506 SAINT-AVOLD Cedex TEL. : 03 87 92 93 94 FAX : 03 87 92 92 92 Site Internet : www.ppe.asso.fr PRAM Pôle de Recherche Agro-Environnemental de la Martinique Quartier Petit Morne - BP 214 97285 LE LAMENTIN Cédex 2 TEL. : 05 96 42 30 00 FAX : 05 96 42 31 00 Email : pram@cirad.fr Site Internet : www.pram-martinique.org

R

RETIS réseau des technopoles, CEEI et incubateurs français Technopole de l’Aube BP 601 10901 TROYES Cedex 09 TEL. : 03 25 83 21 88 FAX : 03 25 83 21 80 Email : info@retis-innovation.fr Site Internet : www.retis-innovation.fr

S

SMITOM MARTINIQUE Syndicat Mixte de Traitement des Ordures Ménagères Résidence la Roseraie, quartier Mansarde 97231 LE ROBERT TEL. : 05 96 65 53 34 FAX : 05 96 65 74 07 Email : smitom.mq@wanadoo.fr SUPINFO Ecole Supérieure d’Informatique Immeuble les Bosquets ZI Mangles Acajou 97232 LE LAMENTIN TEL. : 05 96 39 79 79 FAX : 05 96 50 47 41 Email : info@supinfo.com Site Internet : www.supinfo.com

T

TECHNOPOLE MARTINIQUE C/O CACEM-DGA DÉVELOPPEMENT – ITEC-CEEI Immeuble Cardinal - Chateauboeuf Est - BP 407 97234 FORT DE FRANCE TEL. : 0596 70 62 92 FAX : 0596 50 73 41 Email : gilles.gestel@cacem-mq.com Site Internet : www.cacem.org

U

UAG Université Antilles-Guyane UAG B.P. 7209 97275 SCHOELCHER Cedex TEL. : 05 96 72 73 01 FAX : 05 96 72 73 02 Email : psaffach@martinique.univ-ag.fr Site Internet : www.univ-ag.fr

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r e m e r c iem e nt s

I N N O V E R E N MA R TI N I Q U E

De nombreux responsables de la recherche, de l’enseignement, de l’entreprise, des organisations consulaires, des collectivités locales et des services décentralisés de l’État ont apporté leur concours et leurs lumières aux rédacteurs de ce «Passeport de l’innovation». Qu’ils soient tous remerciés pour leur collaboration et la qualité de leur accueil, en particulier :

Guy ALLONGOUT (Professeur-chercheur, Dpt Gestion Logistique et Transport-IUT), Caroline BARDI (Déléguée régionale DRIRE jusqu’à 2008), Sarah BAZIN (Directrice de l’OVSM), Fabrice BECK (Service Maîtrise des Dépenses d’Énergie Centre EDF-Martinique), Patrick BELLASSEE (Directeur du CTCS), Jacques BERTRAND (Directeur Délégué Antilles de l’IFREMER), Jean-Michel BORDAGE (Directeur Régional de l’ADEME), Patrick CATHERINE (Administrateur du CCSTI), Christian CHABRIER (Directeur Régional du CIRAD), Richard CRESTOR (Président de l’AMPI), Philippe DARIUS (Service Maîtrise des Dépenses d’Énergie Centre EDF-Martinique), Brigitte DOPPIA (Conseiller Aquacole – ADEPAM), Yves DUCOS (Directeur Régional de l’ONF), Erol ELIZABETH (Gérant de RD Géo), Nathalie FEUILLET (Directrice de recherche à l’OVSM), Fabien FRANÇOIS-HAUGRIN (Directeur du Dpt Gestion Logistique et Transport-IUT), Jean-Noël DE GRACE (Chef du Service Régional Météorologique de la Martinique), Philippe HUNEL (Professeur-chercheur au GRIMAAG), Jean-Michel JOACHIM (Gérant LMAE), André KIENER (Directeur de Centre EDF-Martinique), Danielle LAPORT (Directrice de l’ARACT et Déléguée Régionale de l’ANACT), Thierry LAUZEA (Chocolats Lauzéa), Agnès LEZIN (Déléguée Régionale DRRT), Xavier MALLERET (Gérant de Flexilog), Grégory MANSUELA (Gérant de G-Prod Studio), Marc MORELL (Directeur du Centre IRD Martinique-Caraïbe), Marie-Claude PASTUREAU (Directrice de l’EGC Martinique), Gabriel PERU (Conseiller en Management Industriel et Logistique - CETIM), Myriam PHAZIAN-ROTIN (Directrice Générale de SEEN Environnement), Claude POMPIERE (Président de la CCIM), Olivier PORTECOP (Directeur du CRI-M), Françoise PRUDENT (Gérante de Possibles SARL), Patrick QUENEHERVE (Directeur de recherche à l’IRD Martinique-Caraïbe), Jocelyn QUIATOL (Responsable de Production - Socopgel), Nade RENARD (Directrice de l’Environnement – CACEM), Alain RENAULT (Directeur d’usine - CVO), Lionel DE REYNAL (Président du CCSTI), Anne RIZAND (Directrice régionale du CEMAGREF et Directrice du PRAM jusqu’à 2008), Rodrigue ROCH (Directeur Régional France Telecom-Orange Martinique), Pablo ROSINE (Gérant de Carambole Studio), Hervé ROSS-CARRE (Responsable Action Régionale Nord-Ouest - AFNOR GROUPE), Pascal SAFFACHE (Président de l’UAG), Christophe SIMONIN (Directeur du CCSTI), Pr Didier SMADJA (Délégué à la Recherche Clinique et à l’Innovation au CHU), Jean-Emile SYMPHOR (Directeur du GRIMAAG), Nicolas VIDOT (Professeur-chercheur au GRIMAAG), Dr. Laurent VILLAIN-COQUET (Chef de service du SAMU - CHU DE Fort-de-France). 103

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d’activité économique et de décision dont elle dépend, la valorisation de la créativité et des énergies locales constitue un facteur primordial d’émancipation et de liberté. Lancée en septembre 2008 à l’initiative de la Communauté d’Agglomération Centre Martinique (Cacem), TECHNOPOLE MARTINIQUE a pour vocation de construire, pour la Martinique toute entière, un système d’innovation en réseau. De permettre ainsi aux mondes de la recherche, de l’enseignement et de l’entreprise d’œuvrer ensemble pour relever les défis de demain. Visant à faciliter cet indispensable rapprochement, le présent “Passeport pour l’Innovation” répertorie les principaux acteurs de l’innovation en Martinique. Dans le même temps, il porte un éclairage synthétique sur la situation martiniquaise actuelle et laisse entrevoir les perspectives qui s’ouvrent dans les secteurs économiques innovants de l’île.

Crédits : Conception rédaction : Christian Fauguet - Direction artistique : Stéphane Dehaumont - Photos : Jean-Christian Grinevald, Christian Fauguet, Cacem, Pram, Stock.Xchng Impression : Berger-Bellepage RCS Fort-de-France B 444 566 368

Sur un territoire comme la Martinique, éloigné des grands pôles

Immeuble Cardinal Chateauboeuf Est - BP 407 97234 FORT DE FRANCE TEL. : 05 96 75 82 72 FAX : 05 96 75 87 06 www.cacem.org

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