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CULTURE | ENTREPRISES | AFFAIRES PUBLIQUES

FORUM D’AFFAIRES DE PARIS - UN TOUR D’HORIZON DES OPPORTUNITÉS D’INVESTISSEMENT EN AZERBAÏDJAN Également dans ce numéro : Le festival Norouz célébré par plus de 500 personnes à Kensington UE-Azerbaïdjan : vers un accord de facilitation des visas ? Le festival Space of Mugham étonne Bakou La Turquie annule la desserte aérienne d’Erevan Un lieutenant et deux soldats tués sur la ligne de contact du Haut-Karabagh

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04 / 2013

www.teas.eu avril 2013


Bienvenue au Cercle Européen d’Azerbaïdjan (TEAS) Le Cercle Européen d’Azerbaïdjan (TEAS, de l’anglais The European Azerbaijan Society) est une organisation paneuropéenne dont l’objet est la promotion de la culture, du commerce et des affaires publiques azerbaïdjanaises auprès d’un public international. TEAS participe par ailleurs activement à la naissance d’un sentiment communautaire parmi les Azerbaïdjanais expatriés. La constitution de TEAS date de novembre 2008. Elle a succédé à la London Azerbaijan Society, créée quatre ans auparavant. TEAS a des bureaux au Royaume-Uni, en Belgique, en France, en Allemagne, et une antenne en Azerbaïdjan. TEAS base ses interventions sur trois axes principaux : • Culture – TEAS fait connaître la culture riche et dynamique de l’Azerbaïdjan à un public international, en organisant des manifestations culturelles et en servant de centre de networking. • Commerce – TEAS compte parmi ses adhérents des entreprises européennes et azerbaïdjanaises. Il sert de plateforme à des organisations afin d’établir des liens et de renforcer les relations commerciales existantes par le biais d’un programme de networking à travers le continent. • Affaires publiques – TEAS entend faire connaître l’Azerbaïdjan et promouvoir le pays auprès des principaux prescripteurs d’opinion, décisionnaires et autres personnalités du monde politique, universitaire et de la société civile. TEAS se fixe plusieurs objectifs : • Établir des liens forts entre des personnalités azerbaïdjanaises et européennes pour aider l’Azerbaïdjan à s’intégrer pleinement dans la famille des nations européennes. • Renforcer les liens entre l’Azerbaïdjan et d’importantes structures économiques, politiques et sociales à travers l’Europe. • Promouvoir l’Azerbaïdjan comme pays moderne, laïque et tourné vers l’Occident, avec un immense potentiel économique et un patrimoine culturel important. • Créer un esprit communautaire entre les Azerbaïdjanais expatriés en Europe. • Sensibiliser l’opinion au conflit persistant au Haut-Karabagh et sur la situation désespérée de ses 875 000 réfugiés et déplacés internes.

Infolettre

TEAS propose les toutes dernières nouvelles, positions et interviews sur tous les aspects de l’Azerbaïdjan, lance une e-infolettre gratuite dont la parution interviendra régulièrement. Pour en savoir plus, inscrivez-vous sur www.teas.eu.

Dates à retenir

Pour plus de renseignements sur tous les événements TEAS : www.teas.eu/upcoming-events 30 avril Projection du film Xoca (Khoja) The Soho Hotel – 4 Richmond Mews, Londres, W1D 3DH Accueil à 18h30 – Projection à 20h00 (projection) – Entrée libre TEAS et le groupe ANS ont organisé une projection gratuite du nouveau film azerbaïdjanais Xoca (Khoja). Ce film raconte l’histoire, située en 1992, d’un jeune couple sur le point de se marier alors que le massacre de Khojaly est sur le point de se produire. La projection de ce film puissant sera précédée de canapés servis avec du vin ou des boissons non alcoolisées. Après le film, le réalisateur Vahid Mustafayev participera à une séance de questions-réponses. Confirmez votre présence au plus tard le 26 avril en écrivant à events@teas.eu.

Soutien et engagement

Retrouvez sur la page Facebook de TEAS toute l’actualité, les manifestations, les campagnes de TEAS et d’autres sujets liés à la communauté azerbaïdjanaise. Vous pouvez cliquer sur « J’aime » à la page http://bit.ly/TEASFB

Adhésions récentes

Adhésion

TEAS propose diverses formules d’adhésion à l’usage des particuliers et des entreprises. Elles donnent droit à divers avantages : publicité, rencontres, voyages à prix réduit et aide à l’obtention de visas. Pour en savoir plus : membership@teas.

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Autres membres sur le site Internet avril 2013

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Politique et actualité

La jeune danseuse Diana Gurbetova de l’École Caspian Khazri incarne l’esprit du Norouz

Le festival ancestral de Norouz célébré par plus de 500 personnes à Kensington

Le 18 mars, plus de 500 Azerbaïdjanais, amis de l’Azerbaïdjan, diplomates et représentants de la communauté diplomatique londonienne, ont célébré le festival ancestral de Norouz à Kensington Town Hall (Londres). Cette fête était organisée par l’Ambassade de la République d’Azerbaïdjan au Royaume-Uni, le Cercle Européen d’Azerbaïdjan (TEAS), le Centre de réintégration psychologique et sociale des jeunes Dirchelish (Renouveau) de Bakou et le Centre de l’amitié et de la culture traditionnelle de l’Azerbaïdjan. La principale partie de la soirée comprenait un vernissage pour une exposition comptant plus de 100 œuvres de jeunes artistes du Centre de réintégration psychologique et sociale des jeunes Dirchelish (Renouveau), dépeignant des légendes azerbaïdjanaises de leur terre natale. Sabina Rakcheyeva (Conseillère artistique et culturelle de TEAS) a d’abord accueilli les invités. L’Ambassadeur de l’Azerbaïdjan au Royaume-Uni, S.E. Fakhraddin Gurbanov, a ensuite souhaité un joyeux Norouz à tous les participants, avant d’expliquer la signification de cette fête dans la culture azerbaïdjanaise. Ce fut ensuite au tour de Lady Borwick (conseillère municipale et adjointe au maire de l’arrondissement de Kensington et Chelsea) d’exprimer son enthousiasme de se joindre aux célébrations de Norouz 2013. Les discours se sont conclus par des commentaires d’Islam Bakhshaliyev (directeur du Centre de Réintégration psychologique et sociales des jeunes Dirchelish) qui a remercié les organisateurs de la manifestation, et a établi des parallèles entre la devise de l’arrondissement royal de Kensington et Chelsea (« Ensemble nous sommes plus forts ») et celle de son organisation. Il a ensuite remis à l’Ambassadeur Gurbanov et à Sabina Rakcheyeva les certificats de son institution. La musique joue un rôle prédominant dans toutes les fêtes azerbaïdjanaises. Babek Tebrizi a chanté quelques chansons traditionnelles pour le public, en s’accompagnant au saz (luth www.teas.eu

Un festival qui rassemble toutes les générations

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Des œuvres de jeunes artistes azerbaïdjanais qui reflètent l’essence de la culture nationale

traditionnel). Farhad Nishat, ténor résidant à Londres, a ensuite interprété une série d’arias d’opéra, en ravissant le public par la pureté de sa voix. La soirée a culminé avec des danses sur une variété de musiques, contemporaines et traditionnelles. Divers mets azerbaïdjanais ont été servis à tous les invités.

d’abord acheminé par le futur gazoduc TANAP (Trans-Anatolian Pipeline) jusqu’à la frontière entre l’Europe et la Turquie. D’après Al Cook, le gisement Shah Deniz (dont les réserves gazières sont estimées à 1 200 milliards de m3) fournira chaque année 10 millards de m3 de gaz à l’Europe.

Bien que les origines de Norouz soient drapées de mystère, antérieures à l’arrivée du christianisme et de l’Islam en Azerbaïdjan, ce festival est généralement reconnu comme célébrant la nouvelle année et le retour du printemps. En Azerbaïdjan, ce festival pour toute la famille est marqué par cinq jours fériés, ainsi que par des actes symboliques tels que la plantation d’arbres, la peinture sur œufs et la confection de pâtisseries telles que la pakhlava. Des pousses de blé (samani) décorent généralement le milieu des tables de fête.

Départ de l’Ambassadeur du Royaume-Uni

Itinéraire de Shah Deniz: décision imminente du consortium

Le consortium Shah Deniz, avec BP à sa tête, est entré dans la dernière phase de son évaluation des deux projets concurrents de gazoducs visant à acheminer en Europe du gaz naturel de la mer Caspienne. Selon Bloomberg, le bureau de BP à Bakou indique que le consortium tranchera à la fin du mois de juin entre l’itinéraire Nabucco West (dont l’actionnaire principal est OMV) et le gazoduc trans-adriatique (TAP/Trans-Adriatic Pipeline) dont les exploitants sont Statoil, EON Ruhrgas et EGL. Les deux projets, qui feront l’objet de décisions juridiquement contraignantes à la fin du mois d’avril, seront accompagnés d’informations techniques, administratives et financières.

Le 18 mars, S.E. Peter Bateman, Ambassadeur sortant du Royaume-Uni en Azerbaïdjan, rencontrait le Président azerbaïdjanais Aliyev, achevant ainsi son mandat diplomatique. Nommé à son poste en janvier 2011, S.E. Peter Bateman avait pris ses fonctions au mois d’octobre la même année. L’Ambassadeur Bateman a indiqué avoir vécu en Azerbaïdjan une période importante de sa vie et s’est engagé à participer au renforcement des relations bilatérales entre l’Azerbaïdjan et le Royaume-Uni. Le Président azerbaïdjanais Aliyev a loué la qualité des initiatives diplomatiques menées en Azerbaïdjan, et a souligné le développement sensible pendant son mandat des relations bilatérales dans certains secteurs d’activité. S.E. Peter Bateman a pour sa part insisté sur la nécessité d’une consolidation de ces relations afin de favoriser la coopération et la sécurité dans la région. Un nouvel ambassadeur sera prochainement désigné.

EN BREF

Une délégation parlementaire du Royaume-Uni à la rencontre des syndicats azerbaïdjanais Une

délégation

interparlementaire

du

Groupe

de

travail

Royaume-Uni-Azerbaïdjan

s’est rendue à Bakou à la rencontre de la Confédération des Syndicats de l’Azerbaïdjan

Le consortium Shah Deniz, en partie détenu par Statoil, Total et SOCAR (State Oil Company of the Azerbaijan Republic), attendait courant avril ses premières offres fermes provenant de clients potentiels européens. Au mois de janvier, Al Cook (vice-président chargé du développement de Shah Deniz chez BP) a indiqué que la production du gazoduc Shah Deniz II, dont le coût total de développement s’élève à 25 milliards de dollars (19,2 milliards d’euros), débuterait en 2018-2019. Le gaz serait

et

de

son

Mehbaliyev.

Président, Organisée

le

député

Sattar

conjointement

par

l’Ambassade de l’Azerbaïdjan au RoyaumeUni et par TEAS, l’entrevue a porté sur les développements

ultérieurs

des

relations

politiques et économiques, notamment dans le contexte du conflit du Haut-Karabagh. Au cours de la rencontre, M. Mehbaliyev a exposé l’histoire du mouvement syndicaliste en Azerbaïdjan et ses perspectives actuelles.

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04

Politique et actualité

L’Azerbaïdjan d’hier, d’aujourd’hui et de demain à l’honneur

L’Azerbaijan Society of City University organisait la soirée Azerbaijan’s Past, Present and Future (L’Azerbaïdjan hier, aujourd’hui et demain). 70 personnes y ont assisté, dont plus d’une moitié de nonAzéris. Après un accueil chaleureux autour d’un thé accompagné de pakhlavas, Ayseba Umutlu (Présidente de l’Azerbaijan Society of City University) a d’abord souligné l’importance du pays sur la scène internationale. S.E. Fakhraddin Gurbanov (Ambassadeur de l’Azerbaïdjan au Royaume-Uni) lui a succédé pour retracer l’histoire du pays, en insistant sur les progrès notables accomplis par la République démocratique d’Azerbaïdjan et notamment son essor économique depuis l’acquisition de son indépendance en 1991. Il a ensuite exposé les fondements du développement économique du pays, en revenant notamment sur l’oléoduc BakouTbilissi-Ceyhan (BTC) et le gazoduc BakouTbilissi-Erzurum (BTE). L’Ambassadeur Gurbanov a conclu son propos en situant l’Azerbaïdjan sur l’échiquier international, à l’OSCE, au sein du Partenariat oriental de l’Union européenne, et son siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies en tant que membre non-permanent. Emil Agazade (Chef des relations avec les médias de TEAS) a ensuite situé l’importance stratégique du pays, ses relations avec les pays limitrophes, et l’essor de son secteur pétrolier. Il convient selon lui d’envisager

avec confiance le développement du pays. Enfin, Mark Elliott, auteur, entre autres livres de voyage, d’Azerbaijan: With Excursions to Georgia (L’Azerbaïdjan et quelques incursions en Géorgie) a illustré, au moyen de photographies prises dans de nombreuses régions du pays, une vision du pays née de ses expériences sur place depuis sa première visite en 1994. Akshin Shahbazzade (sociétaire de l’Azerbaijan Society of City University) a conclu cette série d’interventions sur le thème du développement économique de l’Azerbaïdjan. La soirée s’est achevée à l’issue d’une séance de questions et réponses vivante et détendue.

La Cité éternelle accueille la jeunesse

550 étudiants venus de 45 pays assistaient à Rome au Forum international de la jeunesse azerbaïdjanaise, intitulé Azerbaïdjan 2020 – Regard vers l’avenir. L’événement était organisé conjointement par le Forum international des étudiants et des diplômés azerbaïdjanais à l’étranger (ASAIF) et par l’Ambassade d’Azerbaïdjan en Italie. Fort du succès des éditions précédentes qui s’étaient tenues à Londres, Paris et Dubaï, le forum a encore pris de l’ampleur cette année. Azad Rahimov (Ministre de la Jeunesse et des Sports de l’Azerbaïdjan), a établi un parallèle entre la crise de l’économie italienne et la forte croissance de l’Azerbaïdjan, en partie imputable à la richesse de son sous-sol. M. Rahimov indiquait par ailleurs que « les jeunes Azerbaïdjanais se lançaient souvent

dans la vie active vers 24-25 ans, mais qu’à l’inverse, celle-ci démarrait encore souvent à l’issue du secondaire, vers 17 ans », et qu’on recense actuellement 51 universités en Azerbaïdjan. Ramin Hakimov (Président de l’ASAIF) a pour sa part rappelé l’objet de l’ASAIF : « L’ASAIF est une organisation nongovernmentale (ONG) forte de 13.000 sociétaires. Sa mission est de veiller au bien-être des étudiants azerbaïdjanais. Quant au Forum, il entend être un espace de partage d’informations et d’expériences vécues à l’étranger, et d’ouverture de débats relatifs aux problèmes qui touchent l’Azerbaïdjan, mais destinés aux étudiants qui n’y vivent pas. Nous entendons aussi promouvoir efficacement l’Azerbaïdjan en rapprochant les étudiants ou les jeunes ayant étudié à l’étranger, en servant de plate-forme d’échange et en fournissant des outils de promotion en ligne, en facilitant le dialogue entre les jeunes et les représentants de l’État. Nous veillons également à développer la toute nouvelle Association Italie-Azerbaïdjan ». Lors de l’ouverture du Forum se sont également exprimés Elnur Aslanov (Chef du département d’analyse politique et d’information de l’administration présidentielle azerbaïdjanaise), Gulu Novruzov (vice-ministre de l’Éducation de l’Azerbaïdjan), Vagif Sadigov (ambasseur de l’Azerbaïdjan en Italie), Paola Casagrande (directrice de l’Association Azerbaïdjan-Italie) et Manuela Traldi (directrice de la Chambre de commerce italo-azerbaïdjanaise).

EN DIRECT DE BRUXELLES Le 5 mars, le bureau belge du Cercle Européen d’Azerbaïdjan (TEAS Belgique) a organisé une réunion des parties prenantes de haut niveau au Parlement européen de Bruxelles, en coopération avec le député européen des Pays-Bas Hans Van Baalen (Alliance des Libéraux et des Démocrates pour l’Europe). D’autres députés européens y participaient, ainsi que Farah Gozalova (directrice adjointe de l’Ambassade de l’Azerbaïdjan auprès de l’UE) et Luc Devigné (expert du Directorat général pour le commerce à la Commission européenne). La réunion visait à favoriser les échanges et à compléter les informations dont disposent les parties prenantes à l’un des champs politiques les plus ambitieux. Les participants ont apprécié le caractère ouvert et fructueux des discussions relatives à l’état actuel et futur des relations commerciales entre l’UE et l’Azerbaïdjan.

avril 2013

Roman Huna (Directeur de TEAS Belgique) : « Étant l’un des blocs commerciaux les plus importants du monde, l’UE a tout à fait intérêt à développer ses relations commerciales avec l’Azerbaïdjan. En organisant cette rencontre, TEAS cherche à favoriser l’essor de cette coopération commerciale. Il est important que les députés européens soient tenus au courant de l’évolution de la société azerbaïdjanaise, et le Groupe des Amis de l’Azerbaïdjan du Parlement européen est le mieux placé pour le faire ». Hans Van Baalen (député européen) : « L’UE souhaite activement un renforcement de ses relations commerciales, ainsi qu’une meilleure intégration à l’UE par sa Politique européenne de voisinage, qui sert de cadre à la collaboration entre l’Azerbaïdjan et l’UE, mutuellement avantageuse. Ceci est particulièrement intéressant dans le cas de l’Azerbaïdjan, qui est l’économie la plus importante du Caucase du Sud ». Farah

Gozalova a ajouté : « L’UE est devenue le principal partenaire commercial de l’Azerbaïdjan, qui représente plus de 46 % de son commerce extérieur total ces dernières années. Cette relation possède un grand potentiel de développement. Quoi qu’il en soit, l’Azerbaïdjan continuera à être un partenaire commercial fiable de l’UE. » Conclusion de Luc Devigné : « Le commerce et l’investissement vont, à mon avis, servir de catalyseur à un accroissement de la coopération entre l’UE et l’Azerbaïdjan. Il faut que l’UE maintienne ses efforts visant à aider l’Azerbaïdjan à adhérer à l’Organisation mondiale du commerce. L’Azerbaïdjan se classe parmi les partenaires commerciaux les plus intéressants pour l’UE, et il existe à l’avenir d’autres formidables possibilités de renforcement des relations commerciales, au profit des deux parties. » E-mail : belgium@teas.eu

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Culture

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La projection était précédée d’un trio mugham emmené par Shirzad Fataliyev (au balaban)

Avant-première à Berlin d’un documentaire sur le jazz azerbaïdjanais

Le 23 mars, le documentaire réalisé par Klaus Bernhard, Sari Gelin – Fair-haired Bride: Jazz and Mugham in Azerbaijan (La promise aux cheveux blonds : jazz et mugham en Azerbaïdjan) a été présenté en avant-première à l’Astor Film Lounge de Berlin lors d’une soirée co-organisée par le Forum AllemagneAzerbaïdjan, E-ON, la SOCAR et l’Ambassade d’Azerbaïdjan en Allemagne. Il a pour thème principal le mugham, une forme de jazz née en Azerbaïdjan dans les années 1960, et dont le pianiste Vagif Mustafazadeh est l’une des figures les plus célèbres. Le nouveau documentaire a été produit par la société de production audiovisuelle Das Apartment, le Ministère azerbaïdjanais de la Culture et du Tourisme, et par le studio Salname en Azerbaïdjan. Assistaient à la projection quelques figures notables de la diaspora azerbaïdjanaise en Allemagne : S.E. Paviz Shahbazov (ambassadeur d’Azerbaïdjan en Allemagne), Naiba Shrinova, Parviz Yazdani, Reyhan Gasimova, Samira PatzerIsmailova (présidente du Congrès européen de l’Azerbaïdjan), et des membres du Centre de coordination pour les Azerbaïdjanais en Allemagne (KAD). La projection était précédée d’un trio mugham emmené par Shirzad Fataliyev (au balaban) qui a interprété quelques pièces de musique folklorique, dont Sari Gelin. Le réalisateur Klaus Bernhard a ensuite présenté son film, en expliquant qu’il s’agissait du tout premier film sur le mugham destiné au public occidental. Le film démontre adroitement la prégnance du mugham dans la culture azerbaïdjanaise. Il explique le rôle d’une ville comme Chouchi (dans la région du Haut-Karabagh occupée par l’Arménie), où sont nés de nombreux musiciens et compositeurs de mugham. Bakou y est ensuite présentée comme la capitale du jazz sous l’Union Soviétique depuis les années 1930, malgré la clandestinité imposée par le régime. Le jazz y est d’ailleurs devenu le symbole de la libération de l’oppression culturelle à la mort de Staline. Le film donne la parole à de nombreux musiciens renommés du mugham et du jazz-mugham www.teas.eu

(dont Vagif Mustafazadeh, décédé en 1979, dans une séquence d’archive) : le chanteur de mugham Alim Qasimov, la chanteuse de jazzmugham Sevda Alekperzadeh, le pianiste de jazz Salman Gambarov, S.E. Herbert Quelle (ambassadeur d’Allemagne en Azerbaïdjan) et le saxophoniste Rain Sultanov. Pour Sevda Alekperzadeh, « Le mugham est un pan culturel incontournable pour tous les Azerbaïdjanais ». Salman Gambarov estime que « l’importance du mugham n’est pas seulement musicale, la dimension poétique étant également essentielle en musique ». Rain Sultanov remarque enfin que « les Azerbaïdjanais sont très doués pour la musique, avec une présence remarquée dans des orchestres et des ensembles du monde entier, mais restent très influencés par le mugham. » Le film sera en principe diffusé ultérieurement par une chaîne de télévision culturelle allemande.

et l’histoire. J’espère que ces photos vous intéresseront tous, et que vous déciderez d’en apprendre davantage sur le pays, voire de vous y rendre en voyage. » Marc Fiedler (propriétaire de la galerie Epicentro Art) : « Cette exposition remarquable se déroule dans les nouveaux locaux d’Epicentro Art, à Berlin-Mitte. C’est le cœur de la scène artistique berlinoise, où l’art se produit dans la ville. Je suis ravi que ma galerie ait été choisie pour accueillir ces merveilleuses images. » Une sélection d’images de l’exposition peut être consultée sur www.teas.eu/azerbaijan-through-the-lens. L’exposition fera le tour des principales villes européennes dans lesquelles TEAS a des bureaux, et arrivera au Parlement européen de Bruxelles le 24 juin. Ses prochaines étapes seront Prague et Bratislava.

La peinture sur verre d’Ulvi Pepinova s’expose Plus de 200 personnes au vernissage de l’exposition de Berlin

L’Azerbaïdjan à travers l’objectif fait étape à Berlin

Après un succès public remarquable à Paris (800 visiteurs en dix jours), l’exposition photographique de TEAS, L’Azerbaïdjan à travers l’objectif a poursuivi sa tournée européenne à Berlin. Le 4 avril, plus de 200 diplomates, célébrités et membres de la société berlinoise ont afflué à l’Epicentro Art, situé dans le quartier dynamique de BerlinMitte. Cette édition de l’exposition présentait 55 photos sur les Azerbaïdjanais, leur culture, les paysages et l’architecture contemporaines. Étaient présents S.E. Parviz Shahbazov (ambassadeur de l’Azerbaïdjan en Allemagne) et Lionel Zetter (directeur de TEAS). Shahin Namati-Nasab (directeur de TEAS Allemagne) expliquait dans son mot de présentation que « l’exposition L’Azerbaïdjan à travers l’objectif a été montée afin de présenter les différentes facettes de la nation, en ciblant particulièrement la nature, l’art

Artiste azerbaïdjanaise basée à Londres, Ulvi Pepinova est née à Bakou et a grandi à Moscou et en Turquie. Artiste polyvalente, elle s’est spécialisée dans la peinture sur verre à base de pigments spéciaux qui lui permettent de créer des effets saisissants. Ses œuvres ont été exposées pour la première fois à Londres en 2008 et lors de festivals artistiques à Moscou et à Londres. En juin 2012, deux œuvres d’Ulvi Pepinova ont été exposées à la Maison centrale des Artistes de Moscou (la plus grande galerie d’art contemporain de Russie) lors d’une exposition intitulée Vertices – In the Hands of the Sky (Dans les Mains du ciel). Les minerais naturels et les images de la Terre prises de l’espace comptent parmi ses principales sources d’inspiration. Ulvi Pepinova montrera prochainement ses œuvres dans le cadre de son exposition d’un soir (le 23 mai) intitulée Glass Buta and Spacious Dreams, axée sur son travail du cristal buta, symbole décoratif très répandu dans la culture de l’Azerbaïdjan et des pays voisins. Adresse de l’exposition : The Blanchard Room, The Hollywood Arms, 45 Hollywood Road, Chelsea, Londres SW10 9HX à partir de 19 h 00. Merci de confirmer votre présence au plus tard le 20 mai par e-mail à l’adresse u.pepinova@gmail.com. Entrée libre. avril 2013


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Culture – Le Festival « Le Monde du Mugham »

Alim Qasimov, irrésistible et extraordinaire d’intensitéintense

Le mugham en fête en Azerbaïdjan Par Neil Watson

Le troisième Festival international du mugham, intitulé Le Monde du mugham s’est tenu en Azerbaïdjan du 9 au 19 mars 2013. Les concerts ont eu lieu sur plusieurs sites à Bakou, et dans plusieurs villes d’Azerbaïdjan, dont Gabala, Lankaran et dans la République autonome de Nakhchivan. Parallèlement au festival, un symposium scientifique était organisé ainsi qu’un concours de mugham (catégories vocale et instrumentale). Les mélomanes avertis ont pu s’en régaler dans des lieux aussi divers que l’Église luthérienne du Sauveur de Bakou (aujourd’hui Halle de la Musique de Chambre et de l’Orgue, érigée en 1899 et récemment rénovée), ou le Centre international du mugham, construction en forme de tar inaugurée en 2009. Largement consacré au mugham d’Azerbaïdjan, le festival réserve au fil des années une place de plus en plus importante au makam, cette musique classique protéiforme des mondes turc et moyenoriental, et même du sous-continent indien. En trois jours de festival, j’ai eu la chance d’assister aux premières interprétations du concours de mugham, auquel participaient des chanteurs et des musiciens venus d’Inde, du Tadjikistan, de Turquie, du Turkménistan et d’Ouzbékistan, mais aussi à des concerts au Centre international du mugham avec des artistes venus cette fois d’Égypte, d’Inde, du Koweït et de Turquie. Également au programme du festival, un « concert-conférence » a permis à Jeffrey Werbock (président de la Mugham Society of America) de raconter cette musique qui l’accompagne depuis plus de 40 ans en illustrant son discours de mesures jouées au tar, au kamancha et à l’oud. J’ai toujours été frappé par l’enthousiasme non feint du peuple azerbaïdjanais pour cette forme de musique ancienne. Comme on pouvait assister gratuitement aux éliminatoires du concours de mugham, j’ai observé une assemblée à forte proportion d’enfants et d’adolescents très calme, avec un respect réel de la musique et de ses interprètes. Lors des concerts au Centre international du mugham, le public applaudissait allègrement les solos instrumentaux ou vocaux, accompagnant même en rythme les passages où la musique se faisait plus rapide et intense. À chaque concert, le public a été conquis, ce qu’il a fait savoir par de nombreuses ovations debout.

avril 2013

J’ai eu la chance d’arriver sur place le 15 mars au soir, la veille du concert des « Parisiens » Aïcha Redouane (au chant) et Harib Yammine (au chant et au daf), accompagnés par trois membres de leur collectif Al-Advar, dont Salah el-Din Sayed Refead Muhamed au ganun (instrument à cordes proche de la cithare). Après un avoir lancé un appel a cappella en direction d’Allah, Aïcha a interprété la mise en musique d’un poème soufi du 14e siècle à l’introduction au ganun d’une complexité saisissante. La chanteuse a fait étalage d’une parfaite maîtrise de son souffle sur les notes soutenues. Elle explique que « le mugham est comme un arbre dont les racines spirituelles sont profondes et dont les branches abritent de nombreuses nations. C’est une musique infiniment expressive, la mélodie de l’amour, avec un grand A. La poésie soufie prêche le respect universel pour les peuples du monde entier, et de la vie sous toutes ses formes. » La formation a enchaîné avec une interprétation toute aussi passionnée de la mise en musique d’un autre poème soufi. La deuxième partie du concert a fait salle comble. Alim Qasimov, le plus célèbre chanteur de mugham d’Azerbaïdjan dans le monde, était accompagné par sa fille Ferghana, Zaki Valiyev (au tar), Rauf Islamov (au kamancha), Rafael Asgarov (au balaban) et Javidan Nabiyev (au nagara). Ils n’ont donné qu’un seul morceau, le mugham Bayati Shiraz, mise en musique d’un gazal du poète Muhammed Fuzuli. Superbes dans leurs chemises de soie couverts de symboles buta, Alim et Ferghana ont livré une interprétation aux accents éminemment emphatiques. Là aussi, les chanteurs contrôlent leur souffle de façon remarquable, avec d’étonnants vibratos et des passages à deux voix qui propulsaient aussitôt l’interprétation vers des sommets d’intensité. La soirée s’est terminée sur une performance ethnojazz du pianiste azerbaïdjanais Afgan Rasul et de son trio au Centre de jazz de Bakou, à l’occasion du 73e anniversaire de la naissance du pionnier du jazz-mugham, Vagif Mustafazadeh.

Niriyya Huseynova (à gauche) et Ravana Arabova, éblouissantes de virtuosité vocale

Le 17 mars, trois ensembles se sont succédé. Le premier était emmené par un chanteur de raga indien aux performances vocales étonnantes, Meeta Pandit, lequel était accompagné de Gyan Singh (au tabla), Murad Ali (au sarangi), Dharam Nath Misra (à l’harmonium), et Abha Pandit (au tanpura). Meeta Pandit a ouvert en chant modal l’interprétation de Raag Kafi, ponctuée de poignants dialogues entre le tabla et le chanteur. La musique, par l’accélération progressive de son tempo, a littéralement emporté le public. Leur ont succédé des invités de dernière minute, un ensemble venu du Koweït et composé de 14

chanteurs habillés de magnifiques robes noires et de keffiehs blancs. Leur interprétation a débuté par un chant de dévotion au cours duquel ils s’accompagnaient d’un petit tambour. Riche de ses jeux de mains, de pieds, et de rythmes complexes à douze temps, l’œuvre réservait aussi des passages de danse et de sauts à deux pendant lesquels le reste de la formation imprimait le rythme au moyen de percussions en terre cuite et d’une grosse caisse, pour un effet de contraste rythmique saisissant. La soirée s’est terminée sur Shushtar Mugham, mise en musique de gazals composés par Muhammed Fuzuli et Mirza Alakbar Sabir. Deux chanteuses (Nuriyya Huseynova et Ravana Arabova) étaient accompagnées par un sextuor de mugham. La voix tremblante et maîtrisée de Ravana Arabova a conquis un public également sensible aux dialogues entre le tar et le kamancha et à l’accélération progressive du tempo. Les deux chanteuses donnaient l’impression de se « provoquer » l’une l’autre à grand renfort de séquences épatantes de virtuosité. Le joueur de tar, Valeh, a lui aussi épaté le public par son niveau technique. La dernière soirée s’est ouverte sur une représentation de Bozlak and Semah par l’Anadolu Voices Ensemble (Turquie) qui a fait apparaître l’évidence des ressemblances entre le mugham azerbaïdjanais et le makam turc. Le chanteur principal, Ismail Altunsaray, s’accompagnait au saz. Dans un premier morceau joué seul, il est à créditer d’une magnifique progression rythmique sur son instrument et d’une superbe élévation de sa voix à fort vibrato. Les autres morceaux étaient interprétés par Misirli Ahmet (au darbukah), Jafer Nazlibash (au kamancha) et Murat Berber (au ney). La deuxième partie mettait à l’honneur les chanteuses azerbaïdjanaises Nazaket Teymurova et Vafa Vazirova, accompagnées par un ensemble mugham de douze musiciens. La troupe a interprété le mugham Humayun, mise en musique de gazals composés par Khurshidbanu Natavan et Aliagha Vahid. Un ciel de sonorités sombres et mystérieuses se dégage peu à peu et laisse du champ à deux chanteuses à l’unisson, dont on détachera malgré tout Nazaket Teymurova, à la voix théâtrale capable d’incarner le sentiment humain de la tristesse. Plus tard, Shirzad Fataliyev a joué des phrases au balaban reprises comme l’écho par Nazaket Teymurova, et plus tard par Aliagha Sadiyev, au tar, au cours d’une superbe montée en cadence du tempo. Le duo livré par les deux chanteuses restera le point culminant de l’interprétation, devant un public dans un état proche de la transe. En seulement trois jours de présence au Festival international du mugham, j’avoue avoir été ravi par la qualité et la variété des performances. Vivement la prochaine édition dans deux ans !

Pour plus d’informations : www.mugham.az

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Profil d’entreprise – Mozaik / Caspian Oil and Gas en fête

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PROFIL D’ENTREPRISE : MOZAIK PRINTING AND DESIGN

Mozaik Printing and Design est l’un des principaux fournisseurs de solutions d’impression de Bakou. L’entreprise propose des prestations globales allant de la conception à la livraison. Son important catalogue de services et de produits propose l’impression numérique sur offset, la reprographie grand format et la conception graphique. Mozaik met l’accent sur la prise en compte et la compréhension des attentes de ses clients, et propose des solutions correspondant à ses besoins. Les prestations, d’un niveau exceptionnel, se doublent de livraisons rapides et ponctuelles.

Pour Mozaik, chaque client est un partenaire commercial. Une collaboration étroite est assurée en vue de réaliser des produits de qualité supérieure qui conditionnent la réussite dans un environnement économique devenu très compétitif. Le souci constant de la qualité et le lien permanent assuré avec ses clients a permis à Mozaik de proposer les solutions imprimées les plus souples et le meilleur rapport qualité/prix du marché azerbaïdjanais. La réussite de Mozaik s’explique par l’utilisation de technologies dernier cri qui lui autorisent des prestations de qualité supérieure. Mozaik est aujourd’hui reconnue comme une société majeure dans le secteur de l’impression de qualité et de la conception graphique, à l’usage des entreprises azerbaïdjanaises.

Travailler chez Mozaik, c’est comprendre que chaque client a ses exigences, et qu’il faut les satisfaire, que ce soit à Bakou ou depuis l’étranger. C’est aussi être capable de les traiter en azerbaïdjanais, en anglais, en russe et en turc, avec un souci de qualité élevé et constant, et de lui fournir des devis dans les plus brefs délais. C’est enfin être capable de d’assurer un suivi et de fournir des conseils avisés aux différentes étapes de la prestation. TEAS a rencontré le directeur général de Mozaik Printing and Design, Bill Wardwell. Quelle est la spécialité de votre société ? Mozaik propose des solutions d’impression de très haute qualité, des délais de traitement irréprochables et un service après-vente du meilleur niveau. Quels sont les points forts de Mozaik Printing ? Mozaik se distingue par la qualité de son service après-vente, de ses prestations et par sa ponctualité. Quels sont vos objectifs ? Pour Mozaik, seule compte la qualité du résultat. Il satisfaire le client, quel qu’il soit, et satisfaire ses attentes, quelles qu’elles soient. Par ailleurs, le client peut s’attendre au même niveau de qualité et de service en cas de prestation commandée de chez eux ou en nos locaux ici à Bakou.

Pourquoi l’Azerbaïdjan ? L’Azerbaïdjan connaît une période de croissance économique soutenue dans le secteur nonpétrolier, et l’une de ses priorités est d’attirer les investissements de sociétés étrangères. Or Mozaik, par sa compréhension des attentes de chacun, excelle dans un tel marché-cible. Qu’est-ce qui a renforcé votre désir de vous implanter en Azerbaïdjan ? Mozaik est né de la volonté de proposer sur le marché azerbaïdjanais nos solutions d’impression et d’accompagnement surmesure. Nos clients potentiels reçoivent leurs devis sous quelques heures, car nous savons qu’ils ont besoin de produits imprimés de la meilleure qualité dans les meilleurs délais. La main d’œuvre azerbaïdjanaise est-elle compétente selon vous ? Le marché du travail est bien pourvu en maind’œuvre qualifiée et expérimentée, y compris dans les métiers manuels.

Mozaik Printing and Design, 92 Samed Vurgun Street, Baku AZ1022, Azerbaijan Tel: +994 0125965401 Website: www.mozaikprinting.com

CASPIAN OIL AND GAS FÊTE SON 20E ANNIVERSAIRE le Président Aliyev se rend tous les ans à la cérémonie d’inauguration. L’Exposition et Conférence internationale Pétrole et gaz de la Caspienne est parrainée depuis sa création par le Ministère azerbaïdjanais de l’Industrie et de l’Énergie et par la Compagnie nationale pétrolière de la République d’Azerbaïdjan (SOCAR).

L’Exposition et Conférence internationale Pétrole et gaz de la Caspienne (Caspian Oil and Gas Exhibition and Conference), organisée par le Groupe ITE et par Iteca Caspian, fête son 20e anniversaire. Cet événement, le plus important consacré à l’énergie dans la région caspienne, aura lieu du 4 au 7 juin au Centre des expositions de Bakou. L’événement a gagné en reconnaissance au cours de ces deux décennies. Il s’agit de la principale manifestation en son genre de l’Azerbaïdjan, doublé d’un forum incontournable de ce secteur d’activité. Il vise à rapprocher les professionnels et les décideurs du secteur du monde entier et à présenter les dernières technologies en matière d’extraction et de traitement du pétrole et du gaz, de transport, de logistique, et de services. Preuve de l’importance de la manifestation,

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Pas moins 40 % de la surface d’exposition de l’Exposition et Conférence internationale Pétrole et gaz de la Caspienne est consacrée à des entités de première importance telles que la SOCAR, BP, OMV, Total, la Statoil, Petkim, TPAO et RWE. Des représentations nationales émanant d’Allemagne, de Chine et de Russie figurent au rang des participants réguliers. Le sponsor principal de l’Exposition et Conférence internationale Pétrole et gaz de la Caspienne est la SOCAR, et le sponsor d’or est BP Azerbaïdjan. Parmi les autres sponsors, citons Azfen-Tekfen, Azeri MI Drilling Fluids, Bos Shelf, la Compagnie des forages en mer Caspienne, Caspian Marine Services, Cross Caspian Oil and Gas Logistics, Global Energy Azerbaijan, McDermott Caspian Contractors, Inc., et Nobel Oil. La Conférence Pétrole et gaz de la Caspienne aura lieu les 5 et 6 juin à l’hôtel Jumeirah Bilgah Beach. Des décideurs de l’industrie du pétrole et du gaz y exposeront leurs idées en matière

de diversification énergétique et de coopération internationale en vue d’une plus grande efficacité dans l’extraction, leurs nouveautés (plateformes offshore, foreuses et pipelines offshore), et les nouveaux projets d’extraction et d’acheminement du pétrole et du gaz dans la région de la mer Caspienne. Plus de 500 délégués sont attendus à la conférence. Le sponsor principal de la conférence est la SOCAR, et le sponsors d’or est BP Azerbaïdjan. Parmi les autres sponsors, citons Caspian Geophysical JV, Conoco Phillips, Cross Caspian Oil and Gas Logistics, Wartsila, Statoil, Nexans et Nobel Oil. Les organisateurs ont également prévu d’autres événements spéciaux à l’occasion de ce 20e anniversaire. La conférence est un rendez-vous incontournable pour le secteur des hydrocarbures

To find out more, contact Svetlana Hajiyeva Tel: +994 12 404 10 08 e-mail: prmanager@iteca.az websites: www.caspianoilgas.az www.oilgasconference.az

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Paris Business Forum Report l’occupation du Haut-Karabakh et des sept régions adjacentes par l’Arménie pendant les deux dernières décennies. L’Azerbaïdjan est également un pays où le multiculturalisme fonctionne réellement. Il présente de réelles opportunités pour les entreprises françaises, à la fois dans les secteurs énergétique et non énergétique ».

Natig Madatov (Directeur Général délégué de l’Azerbaijan Export and Investment Promotion Foundation – AZPROMO) et Vanessa Raine (Coordinatrice économique de TEAS)

Tour d’horizon des opportunités d’investissement au Forum de Paris

événement va renforcer les relations entre l’Azerbaïdjan et les entreprises privées en France. Il enverra un message fort aux actuels et potentiels partenaires économiques. La France est le deuxième plus grand partenaire des investissements directs étrangers de l’Azerbaïdjan, après le Royaume-Uni. Le pays a le PIB le plus élevé dans la région du Caucase et attache une grande importance à son partenariat avec la France. Quelques grandes entreprises françaises sont aujourd’hui présentes en Azerbaïdjan, y compris Total et GDF Suez dans le secteur de l’énergie, Veolia, en ce qui concerne les solutions environnementales, et Bouygues et Vinci dans le secteur des infrastructures ».

Fort du succès des deux forums de Londres organisés en 2011 et 2012, le Cercle Européen d’Azerbaïdjan (TEAS) a décidé d’organiser ce premier rendez-vous économique francoazerbaïdjanais dans la capitale française. Plus de 170 personnes issues des pouvoirs publics azerbaïdjanais et français, du monde des affaires, de la société civile, et des médias y participèrent. De nombreux orateurs originaires des deux pays se sont succédé.

Son Excellence Pascal Meunier (ambassadeur de France en Azerbaïdjan) : « L’Azerbaïdjan tente de développer son autonomie dans un environnement géopolitique difficile. Les entreprises azerbaidjanaises sont dynamiques et présentent de nombreuses opportunités. L’Azerbaïdjan vient de lancer Azerspace-1, son premier satellite de télécommunications, avec la compagnie française Arianespace. Le pays est en train d’investir 1 milliard d’euros pour fournir l’internet à haut débit à tous ses habitants et met l’accent sur l’importance des technologies de l’information et des communications dans la diversification de son économie. En 2015, l’Azerbaïdjan accueillera les premiers Jeux Européens, nécessitant la construction de stades et d’infrastructures ».

Les différentes opportunités offertes par l’Azerbaïdjan à la fois dans le secteur des hydrocarbures et les secteurs non pétroliers ont été présentées, le 14 mars dernier, lors du Forum d’affaires TEAS 2013 qui se tenait à l’Hôtel de l’Industrie (Siège de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale) dans le 6e Arrondissement de Paris.

Le Forum s’est ouvert sur un mot de Jean Perrin (Président de la Chambre de Commerce France-Azerbaïdjan et Premier Ambassadeur de France en Azerbaïdjan de 1992 à 1996) : « Quand on visite Bakou aujourd’hui, on peine à imaginer les difficultés matérielles du passé. C’est aujourd’hui une capitale en plein boom traversée par de superbes voies rapides, joliment illuminée et sûre de jour comme de nuit. Ce Forum entend aider l’Azerbaïdjan à bâtir un futur qui repose sur une vision de progrès, afin de créer des richesses avec la participation d’entrepreneurs étrangers. Un futur qui implique aussi l’industrie azerbaïdjanaise, son agriculture et quiconque souhaite la réussite et la durabilité de toute démarche entreprise. » Voici quelques extraits des interventions des différents orateurs. Son Excellence Elchin Amirbayov (ambassadeur d’Azerbaïdjan en France) : « Nous espérons que cet

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Lionel Zetter (Directeur de TEAS) : « L’importance de l’Azerbaïdjan sur la scène internationale s’est accrue durant la dernière décennie. Le pays possède des réserves pétrolières et gazières, mais offrent également des opportunités dans les secteurs des TIC, l’agroalimentaire et le tourisme ». Nathalie Goulet (Sénateur et vice-présidente du Groupe d’Amitié France-Caucase au Sénat) : « Je me rends régulièrement en Azerbaïdjan depuis plus de 15 ans. L’Azerbaïdjan est certainement un partenaire de l’Europe. Le pays s’est développé rapidement, en dépit de

Les investissements sont les bienvenus La première séance avait pour sujet le cadre juridique et institutionnel pour les investissements. Elle était présidée par Daniel Patat (Chef du Service économique pour le Sud Caucase et le Turkménistan à l’Ambassade de France à Bakou). Voici quelques extraits des interventions des différents orateurs. Natig Madatov (Directeur Général délégué de l’Azerbaijan Export and Investment Promotion Foundation – AZPROMO) : « L’Azerbaïdjan représente 80 % du PIB du Sud Caucase, et la part du secteur non-pétrolier va croissant dans l’économie nationale (environ 60 %). Le pays est la 46e puissance économique mondiale, mais la 1re de tous les pays de la CEI. L’Azerbaïdjan s’efforce de simplifier ses procédures de création d’entreprises et cultive un climat de libéralisme favorable à l’investissement. En Azerbaïdjan, les secteurs de l’agriculture, de la transformation alimentaire, des TIC, de l’énergie hydroélectrique, du tourisme, de la chimie et de la gestion des déchets font partie des secteurs réceptifs aux investissements extérieurs dans le pays par l’intermédiaire d’AZPROMO. » Ilham Aliyev (Directeur Général délégué de The Azerbaijan Investment Company – AIC) : « L’AIC a été créée pour promouvoir le développement du secteur non-pétrolier, soutenir les investissements extérieurs et le champ de l’expertise internationale. Nous offrons notre soutien aux entreprises capables de proposer des produits compétitifs, des systèmes opérationnels adaptés aux normes internationales de reportage. L’AIC représente un pool d’investissement de plus d’un 1 milliard de dollars, et tous les investisseurs bénéficient de conseils stratégiques de repli. L’AIC est à même de devenir votre prochain partenaire ». Paul-Henri Forestier (Directeur Régional de la Banque Européenne de la Reconstruction et du Développement [BERD] pour le Caucase, la Moldavie et la Biélorussie) : « Nous sommes partenaires dans le secteur non-pétrolier (dont la croissance en 2013 est de 10 %), et nous participons à 130 projets ouverts en Azerbaïdjan. Les investissements étrangers, qu’ils proviennent de France ou d’autres pays, sont essentiels et amenés à s’intensifier dans la mesure où l’économie azerbaïdjanaise sera de plus en plus ouverte. L’un de nos projets principaux en cours de construction est le site de production de ciment et de clinker d’Holcim à Bakou ».

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Paris Business Forum Report président du groupe d’études de l’énergie au Sénat) : « La France a épuisé ses ressources et doit s’alimenter auprès de diverses sources pour éviter de dépendre d’un seul fournisseur. Pour l’heure, TOTAL et GDF Suez sont actifs en Azerbaïdjan, et la France est en mesure d’entreprendre l’acheminement de ressources énergétiques azerbaïdjanaises. Par ailleurs, la France se doit de passer un cap afin d’attirer les investisseurs azerbaïdjanais, à l’image de la Suisse ». Kamala Muradova (Directrice du bureau CIFAL de Bakou) présidait la session consacrée aux projets d’infrastructure

James Hogan (Partenaire du Cabinet d’avocats Dentons Salans FMC et SNR et Vice-président de la Chambre de Commerce France-Azerbaïdjan) : « Depuis son indépendance, l’Azerbaïdjan a adopté un cadre légal permettant d’accueillir les investissements étrangers et s’est doté d’un code civil en 2000. L’Azerbaïdjan fait partie des signataires de la Convention des sentences arbitrales de New York et Washington. Les entreprises d’Azerbaïdjan sont intéressées par le transfert de technologie et de compétences. Le pays s’est aussi doté de lois relatives aux Zones économiques spéciales (ZES) et a simplifié ses régimes d’imposition afin d’encourager l’investissement ». Jacques Attali (Professeur, Président et fondateur de la BERD de 1991 à 1993, Président et fondateur de PlaNet Finance, et Conseiller spécial auprès du Président de la R��publique) sur l’importance du financement des projets : « La microfinance est essentielle pour amorcer le développement du secteur non-pétrolier. L’Azerbaïdjan doit une bonne partie de sa richesse au pétrole, mais l’économie azerbaïdjanaise doit aussi envisager l’ère post-énergétique et chercher à créer une économie équilibrée. Je soutiens l’entrée de la Turquie dans l’UE, que j’estime de nature à favoriser le rapprochement entre l’Azerbaïdjan, sa nation sœur, et l’Europe. Les entreprises françaises ont les moyens d’aider leurs homologues azerbaïdjanaises du génie civil. De son côté, l’Azerbaïdjan doit prouver qu’on peut s’y implanter facilement, qu’on peut y faire des affaires. Les entreprises françaises doivent impérativement participer de façon active à la vie économique de ce pays ». Au nom de la sécurité énergétique de l’Europe Le sujet de l’importance croissante de l’Azerbaïdjan dans le concert des nations productrices d’hydrocarbures et en tant que pays de transit pour les ressources énergétiques en provenance d’Asie centrale s’est imposé de lui-même. Le pays aura une importante carte à jouer dans le Couloir méridional d’oléoducs, lequel garantira la sécurité énergétique de l’Europe à moyen terme. Ladislas Poniatowski (sénateur et co-

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Ce qui a provoqué la réaction d’Ilham Nasirov (Directeur délégué du Département Investissement de la SOCAR/Compagnie nationale pétrolière de la République d’Azerbaïdjan). Il a confirmé le probable intérêt de l’Azerbaïdjan pour un renforcement de la collaboration entre la France et l’Azerbaïdjan. Il a ensuite expliqué le niveau d’implication de GDF Suez et TOTAL dans la recherche d’efficacité de l’exploitation en Mer Caspienne, évoquant notamment le développement de Shah Deniz II. Kevin Boyne (conseiller technique au sein

(de g. à d.) Ladislas Poniatowski (sénateur et co-président du groupe d’études de l’énergie au Sénat), Kevin Boyle (Conseiller technique chez TOTAL), et Catherine Mantel (Directrice de projets Russie/CEI chez GDF Suez) ont discuté de l’importance croissante des volumes d’énergie fournis par l’Azerbaïdjan à l’Europe

de Total) : « Total s’est implanté pour la première fois en Azerbaïdjan en 1999, lorsque la société a obtenu une participation dans l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui transporte maintenant plus d’un million de barils de pétrole chaque jour au port de Ceyhan. Nous détenons également une participation de 10% dans le projet Shah Deniz. Lorsqu’il entrera en service en 2018, Shah Deniz 2 aura une production annuelle de 16 milliards de mètres-cube, en plus de 8 milliards de mètres-cube de l’étape 1. Total possède 40% de participation dans le champ d’Absheron, qui contient 350 milliards de mètres-cube de gaz. » Catherine Mantel (directrice de projets Russie/CEI pour GDF Suez) : « Nous avons une participation de 20% dans le développement d’Absheron. L’Azerbaïdjan est important pour l’Europe qui a besoin de diversifier son approvisionnement en gaz ». Jacques Attali a exposé le rôle possible de la France dans la diversification de l’économie

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azerbaïdjanaise : « Nous devons montrer aux entreprises françaises que l’Azerbaïdjan saura les accueillir, y compris dans les secteurs de la banque et du génie civil ». Ce qu’a répété André Reichardt (Sénateur du BasRhin, 1er Vice-président de la Région Alsace et Président de l’agence de développement économique Alsace International), qui a attiré l’attention sur les opportunités dans le secteur agricole. Les TIC en plein essor En février 2013, l’Azerbaïdjan a lancé son tout premier satellite de télécommunication. Azerspace–1 inaugurant au passage le programme spatial du pays. Rashad Nabiyev (président et directeur exécutif d’Azercosmos) : « Les TIC sont amenées à jouer un rôle prépondérant dans la diversification de l’économie azerbaïdjanaise, et nous avons fait de 2013 l’Année des TIC. Les recettes tirées de ce secteur ont progressé de 25 % en 2012. Le pays est d’ailleurs en train de mettre en place des services gouvernementaux dématérialisés. L’an dernier, le secteur des TIC a accueilli 414 millions de dollars d’investissement (318 millions d’euros), et l’on s’attend à un doublement des investissements étrangers et nationaux tous les trois ans. « Suite à ce lancement, un satellite d’observation sera lancé en 2015, et Azerspace-2 décollera en 2016. Le développement de l’infrastructure spatiale est un des exemples de l’importance croissante des TIC, faisant preuve de la volonté de diversification économique. À ce jour, les liens établis avec des entreprises françaises se limitent au lancement du satellite mené en coopération avec Arianespace depuis son pas de tir en Guyane ». Jacques Breton (Vice-Président et Directeur commercial d’Arianespace) : « La communication joue un rôle déterminant dans tous les secteurs économiques. Nous avons travaillé avec l’agence spatiale azerbaïdjanaise Azercosmos, qui m’ont confirmé que les installations françaises de lancement de satellites comptent parmi les meilleures au monde ». L’agroalimentaire, l’eau et l’assainissement Rashad Majidov (Directeur de la Coopération internationale au Ministère de l’Agriculture de la République d’Azerbaïdjan), a exposé la nature essentielle de son secteur : « En tout, 38 % de la population active d’Azerbaïdjan travaille dans l’agroalimentaire (fruits, légumes, pommes de terre et fruits rouges). La production agricole est presque entièrement privée et est amenée à renforcer à la diversité de l’économie nationale. Des nouvelles méthodes de propagation sont en cours d’introduction, et les récoltes de céréales et de légumes ont déjà doublé en volume. Le secteur bénéficie de quelques exemptions fiscales, notamment en ce qui

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concerne l’achat d’équipement agricole et de production en provenance de pays occidentaux. »

Kocherli Hasanov (Vice-président d’Azersu, chargé des Opérations) présidait la session consacrée au secteur de l’eau et de l’assainissement

Kocherli Hasanov (Vice-président Operations pour Azersu), a présenté les opportunités potentielles du secteur de l’eau et de l’assainissement : « La rénovation du réseau d’eau potable de Bakou va bientôt débuter. Les canalisations sont en cours de remplacement dans de nombreuses régions d’Azerbaïdjan. Des chantiers Azersu sont en cours à Sumgait et dans d’autres villes, et nous procédons à l’évaluation de la qualité de la distribution d’eau à Bakou. L’ensemble du réseau sera en principe remplacé à l’horizon de 2035. » Haji Huseynov (Spécialiste en infrastructure de l’ECSSD pour la Banque mondiale) : « Nous avons entrepris la mise en place d’un programme d’amélioration de la qualité de l’eau dans 12 régions qui bénéficiera à 300.000 personnes. Il prévoit l’installation de canalisations et la mise en service, fin 2013, de réseaux à Siyazan, Shabran, Agsu et Ismayilli fin 2013 ». Philippe Deparday (Adjoint au Directeur Europe à la Direction International de La Sade) : « Depuis 2010, Sade participe à l’installation de services d’assainissement à Siyezen et Shabran. Nous utilisons les meilleures techniques de forage pour installer 400 kilomètres de canalisations, et nous construisons quatre stations de pompage et sept réservoirs. » Diane d’Arras (Directrice Générale adjointe Eau Europe & Membre du Directoire de l’IWA International Water Association / SUEZ Environnment) : « L’Azerbaïdjan avait un besoin urgent d’une politique de gestion de l’eau. Une proportion importante de la population rurale d’Azerbaïdjan est dépourvue d’un accès quotidien à l’eau potable. Il faut forger des partenariats solides avec des entreprises étrangères pour que la qualité de l’eau acheminée dans chaque foyer soit la même que dans la plupart des pays développés.” Les infrastructures au cœur des préoccupations La rénovation, l’extension et le développement des infrastructures de transport constituent un autre chantier immense dans ce pays en plein essor et où des efforts considérables ont déjà été déployés ces dernières années afin notamment d’améliorer et développer le réseau routier et ferroviaire. Ce qu’a souligné

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Kamala Muradova (directrice du bureau CIFAL de Bakou), qui présidait la session : « La qualité des infrastructures est d’une importance primordiale pour l’Azerbaïdjan. Le pays, plus que jamais tourné vers l’occident, poursuit sa modernisation. Les entreprises nationales et étrangères doivent donc collaborer pour atteindre cet objectif. Citons l’exemple d’AKKORD, une entreprise azerbaïdjanaise qui a acquis une dimension internationale et qui collabore déjà avec des entreprises françaises ». Alain Balan (ancien Président de l’Association Française des Tunnels et de l’Espace Souterrain – AFTES) : « L’Azerbaïdjan occupe une position géostratégique importante. Parmi les grands chantiers en cours de développement, citons celui du métro de Bakou, qui rassemble à lui seul une dizaine d’entreprises françaises. Le métro de Bakou sera construit sous le patronage d’une entreprise commune (jointventure) entre AKKORD et Bouygues. Les entreprises françaises de BTP sont prêtes à transférer certaines compétences, liées notamment à la construction de gratte-ciel, de tunnels et de parkings automobiles à plusieurs étages. » Ce que confirme Hadji Huseynov (spécialiste des infrastructures pour l’ECSSD, Banque mondiale), citant l’exemple du développement de d’une ligne ferroviaire de 348 kilomètres (Bakou-Tbilissi-Kars) qui sera terminée en 2017.

Jacques Attali (Président et fondateur de PlaNet Finance) a expliqué l’importance de la microfinance dans le secteur non-pétrolier

Samir Gasimov (directeur du Département des Relations juridiques et internationales et membre du conseil d’administration d’AKKORD) : « AKKORD est la plus grosse entreprise de BTP d’Azerbaïdjan, bien que sa création ne remonte qu’à 2005. Elle a ouvert des chantiers en Afghanistan en 2011, et est présente en Géorgie, en Allemagne, au Kazakhstan, en Ouzbékistan, en Ukraine et en Turquie. AKKORD est également un fournisseur de premier plan de matériaux de constructions (béton précontraint, sable, gravier et briques). À Bakou, AKKORD possède une usine de production de marbre et de granit. « La cimenterie de Gazakh est en cours de construction, et sa capacité de production sera d’un million de tonnes à la mi-2013 et passera à 3 millions tonnes après l’installation de la deuxième ligne de production. Le développement du métro de Bakou est le fruit d’une joint-venture entre AKKORD et Bouygues. La station 28 Mai vient d’être

achevée, et deux sections importantes sont sur le point de l’être. 50 stations devraient ouvrir en 2015. » Hosni Bouzid (directeur régional de Vinci CGP), a exposé les domaines d’intervention de son entreprise, en citant notamment des chantiers ouverts, tels que la ligne de TGV Tours-Bordeaux, et en insistant sur l’expertise en matière de conception et de construction d’autoroutes, de voies ferrées, de parkings automobiles à plusieurs étages, d’aéroports et de stades. Il souhaite que Vinci puisse exporter vers l’Azerbaïdjan sa compétence en matière de travaux publics. Jean-Denys Arnal (directeur commercial chez Bouygues Travaux Publics) : « Nous avons participé à la construction de plus de 20 kilomètres de tunnels pour le métro de Bakou. Pour réussir dans ce pays, il nous fallait un partenaire local de très haut niveau. AKKORD, en plus de répondre à nos attentes, partage notre approche. Ainsi, au fil du temps, les ingénieurs français sont remplacés par du personnel recruté sur place. » Les rencontres B2B de l’aprèsmidi ont connu un vif succès

André Ohnheiser (directeur Région Europe du Sud/Méditerranée de SYSTRA) : « SYSTRA est l’une des principales entreprises françaises d’ingénierie dont la philosophie est de transformer des idées en project concrets. Cela fait cinq ans que nous sommes implantés en Azerbaïdjan, notamment pour l’installation de nouvelles ligne de métro à Bakou. SYSTRA participe également à des projets de lignes ferroviaires au Turkménistan et au Kazakhstan, et espère aider l’Azerbaïdjan à développer un système ferroviaire capable de supporter des trains roulant à plus de 200 km/h. » La deuxième partie de la journée a été dédiée aux rencontres B2B où plus de 20 entreprises ont pu avoir la possibilité de discuter de sujets d’intérêt commun et de coopération, dont beaucoup seront suivis à Bakou. Parmi les entreprises ayant participé aux sessions, citons AZPROMO, AIC, la Banque Mondiale, AKKORD et la SOCAR pour l’Azerbaïdjan, et pour la France : Crédit Agricole, le Groupe Daher, Total, Air Liquide et Alstom.

Retrouvez les interventions et les photos du Forum d’affaires Paris 2013 : www.teas.eu/teas-business-forumparis-2013 Sponsors: Sade, Vinci Grands Projets, AFB Bank, AKKORD, Systra et Astrium. Partenaires médias : BiP, Business News Europe, Le moniteur du commerce international, Open Central Asia magazine, La revue du trombinoscope et Templeton Thorp.

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Personalities – Matthew Gould Matthew Gould a mis en scène la première représentation de My Favourite Madman au Royaume-Uni

Les « folies » d’un azerbaïdjanais jouées à Londres

Matthew Gould, metteur en scène de la première représentation au Royaume-Uni de My Favourite Madman du Professeur Elchin Efandiyev, s’est longtemps consacré à l’écriture et à la comédie musicale. Auteur de nombreuses mises en scène dans le cadre du festival de London Fringe, notamment aux théâtres King’s Head et Old Red Lion, il est à créditer de nombreuses pièces produits dans plusieurs festivals dans les Midlands. Il a remporté le People’s Choice Award (Prix du public) du Preston Fringe Festival grâce à la nouvelle pièce de Ian Winterton, Baby Jesus Freak. Plus récemment, il a mis en scène et chorégraphié la comédie musicale Le Mystère d’Edwin Drood à l’Arts Theatre de Londres, alors que le roman inachevé de Charles Dickens n’avait plus connu la scène depuis longtemps. Fin 2012, il a également mis en scène un nouvel opéra (The Miller’s Wife de Mike Christie) et vient de s’atteler à la renaissance du Jardin secret. TEAS a rencontré Matthew Gould à Londres avant un nouveau cycle de représentations organisé au mois d’avril au Tristan Bates Theatre de Covent Garden. Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre en scène la première représentation au Royaume-Uni de My Favourite Madman ? Sanan Aliyev (président de la Société interculturelle d’Azerbaïdjan – AZICS) m’a demandé de lire la pièce, et de lui dire si j’étais intéressé par sa mise en scène pour Théâtre ALOFF. Le pays d’origine a éveillé mon intérêt. Je ne savais pas grand-chose sur l’Azerbaïdjan, de son histoire, sa culture ou sa politique. J’ai fait mes recherches sur Internet, et j’ai notamment découvert que l’Azerbaïdjan n’était indépendant que depuis

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21 ans. J’ai tout de suite été emballé par l’univers bigarré et loufoque des personnages qui peuplent My Favourite Madman. Comment décririez-vous le théâtre du Professeur Elchin Efandiyev ? Je ne savais pas grand-chose non plus du Professeur Elchin, mais je n’ai pas tardé à comprendre qu’il s’agissait d’un dramaturge à l’œuvre longue comme le bras, et j’ai aussi découvert ses « ancêtres » littéraires. Sa première pièce, qu’il a publiée à 16 ans, a été reprise en plusieurs langues. Je dirais qu’Efandiyev sait accommoder les sensibilités politiques et culturelles avec beaucoup d’habileté. Où situez-vous son œuvre parmi les autres dramaturges de l’absurde du 20e siècle, comme Ionesco, Beckett et Genet ? Efandiyev est venu à l���absurde plusieurs années après Ionesco, Beckett ou Genet. Il est titulaire d’un diplôme en philologie, et auteur d’un mémoire sur l’étude linguistique de documents historiques, qu’il a rédigé à partir de textes littéraires et de registres afin d’en établir l’authenticité et la forme originale. Je me dis que le Professeur a tiré son envie d’apprendre et de créer des œuvres qui repoussent les limites du champ politique et social des exemples très audacieux du passé qu’il avait lui-même étudié.

En fins connaisseurs, les comédiens apprécient l’humour du Professeur Elchin

À qui sont destinées les barbes de la pièce ? L’humour et le côté absurde de la pièce dénoncent pour l’essentiel l’histoire et la

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rhétorique de la domination soviétique avant son effondrement total qui a permis aux anciennes républiques de s’exprimer pour la première fois « de mémoire d’homme ». Quelle est la part de l’expérience soviétique dans son œuvre ? La République Socialiste Soviétique d’Azerbaïdjan a été créée en 1936 lors du Soviet suprême d’Azerbaïdjan. C’était peu avant la naissance du Professeur Elchin. Des élections, les premières depuis 1918, se sont tenues en Azerbaïdjan, et ont « élu » l’indépendance. N’avoir connu que le long joug soviétique a de fortes chances d’influencer une écriture, une créativité. J’espère en avoir la certitude quand je le rencontrerai en personne ! Les références à l’Azerbaïdjan et au monde soviétique posent-ils un problème ? À vous, metteur en scène, ou au public ? À mon sens, la pièce ne pose pas de défis insurmontables. Le Royame-Uni a la chance d’être un pays tolérant et riche de toutes ses cultures. Je pense que la pièce sera accueillie avec enthousiasme et une dose salutaire de curiosité, et rien d’autre.

Les comédiens apprivoisent le script…

Des changements ont-ils été faits pour limiter le nombre de références peut-être peu familières ? Je m’attelle d’abord à présenter la pièce telle qu’on me l’a confiée. Les comédiens m’aideront ensuite à comprendre et à éclaircir certaines particularités sociales ou politiques. Nous aviserons à ce moment-là. Les pièces du Professeur Elchin sont célèbres pour la rapidité de leurs dialogues. Les comédiens en souffrent-ils ? Ce rythme conditionne la tension et l’humour contenus dans la pièce. Cette « musique » et les situations bancales qui l’accompagnent rappellent la farce britannique. À quoi doit s’attendre le public londonien ? À une mise en scène drôle et astucieuse d’une pièce écrite par un dramaturge qu’ils connaissent peu, originaire d’un pays qu’ils connaissent mal. À se dire, en sortant du théâtre, que la comédie humaine est décidément la même partout dans le monde, avec tout au plus quelques différences d’ordre folklorique.

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Personalities – Focus on Khojaly 613 Haut-Karabagh Simon Fraser (vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni) condamne les initiatives visant à la réouverture de l’aéroport de Khojaly

des intérêts stratégiques avec l’Azerbaïdjan, nous redoublons de conviction. Cette attitude n’est pas seulement la nôtre, mais celle de toute la société turque ».

Les co-présidents du Groupe de Minsk de Simon Fraser : « Pas l’OSCE franchissent la de règlement du conflit « ligne de contact » sans volonté mutuelle » Les co-présidents du Groupe de Minsk Simon Fraser (vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni) a commenté la proposition de réouverture de l’aéroport de Khojaly lors d’une rencontre à l’Académie diplomatique d’Azerbaïdjan en rappelant que le règlement du conflit du Haut-Karabagh dépendait toujours de la volonté des deux parties, et que la communauté internationale devait soutenir initiative en ce sens. M. Fraser a révélé avoir abordé le problème à Erevan : « Dans cette situation, chacun doit se garder d’accomplir la moindre action susceptible d’avoir des conséquences imprévisibles ».

La Turquie annule sa desserte aérienne d’Erevan

La Turquie a annulé ses premiers vols réguliers à destination de l’Arménie à quelques jours du tout premier vol, indique-t-on de sources officielle, à la suite de vives pressions en ce sens de l’Azerbaïdjan. Le premier vol reliant la ville de Van, dans l’est de la Turquie, et Erevan, la capitale arménienne, était prévu pour le 3 avril et s’inscrivait dans une démarche de rapprochement encouragée par les ÉtatsUnis. Les autorités turques de l’aviation civile ont ordonné la suspension immédiate des vols à un peu plus d’une semaine du premier vol, alors que les billets étaient en vente. Au Ministère turc des Transports, on confirme la suspension jusqu’à nouvel ordre tout en refusant de donner une quelconque raison. BoraJet, la compagnie privée turque censée assurer ce vol d’une durée de 45 minutes deux fois par semaine, s’est également refusée à tout commentaire. Pour Narekavank Tours, un tour-opérateur d’Erevan qui a passé ces trois dernières années à essayer de monter ce projet avec une agence de tourisme de Van, la raison est purement politique. L’Azerbaïdjan a fait connaître sa vive opposition au projet de desserte aérienne, Ali Hasanov (Vice-premier ministre et Président du Comité d’État sur les questions liées aux déplacées internes et aux réfugiés) y voyant une forme de soutien au « pays occupant » et de caution au prolongement de l’occupation : « Quand de telles initiatives émanent de pays partageant

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de l’OSCE Igor Popov (Russie), Jacques Fauré (France) et Ian Kelly (États-Unis), et l’ambassadeur Andrzej Kasprzyk (Représentant personnel du président en exercice de l’OSCE) se sont rendus en Arménie et en Azerbaïdjan du 18 au 22 mars et du 1er au 6 avril afin de poursuivre leur aide aux parties impliquées pour trouver une solution pacifique au conflit du Haut-Karabagh. Le 9 avril, les co-présidents ont informé du les ambassadeurs du Groupe de Minsk de l’OSCE à Vienne. À Erevan, les co-présidents ont rencontré le Président Serzh Sargsyan et Edward Nalbandian le 21 mars. Ils ont rencontré le Président Ilham Aliyev et le Ministre des Affaires étrangères, Elmar Mammadyarov à Bakou, le 2 avril. À l’occasion de deux déplacements distincts au Haut-Karabagh (les 19-20 mars et 4-5 avril), les co-présidents ont rencontré les autorités de fait. Les co-présidents ont été informés de la situation actuelle de part et d’autre de la « ligne de contact » en la franchissant en deux endroits (déminés) les 4 et 5 avril. Ils ont évoqué les récents incidents de sécurité et la qualité de la vie le long de la « ligne de contact » avec des représentants de l’administration locale. Les co-présidents ont pris note du calme relatif qui a prévalu sur la ligne de contact durant la période de Norouz et de Pâques, et ont exprimé leur espoir que cela se poursuive. Ils ont évoqué la question des vols civils vers et à partir de l’aéroport de Khojaly.

élus municipaux français parmi lesquels Roland Blum (adjoint à la Mairie de Marseille), Jacques Remiller (maire de Vienne), les députés Valérie Boyer, René Rouquet, Guy Teissier et François Rochebloine, les sénateurs Sophie Zhuassen, Philippe Marini et Bernard Fournier et des anciens députés Georges Colombier et Richard Malia. L’ambassadeur Meunier déclare : « Ce groupe d’amitié n’a rien d’officiel, mais une initiative personnelle menée par quelques députés. Je connais les personnes ayant proposé la création du « cercle d’amitié », et je les respecte, mais elles ne sauraient représenter la position officielle de la France. De telles supputations seraient totalement erronées. » L’ambassadeur Meunier a ensuite rappelé aux journalistes l’existence d’un Groupe d’amitié France–Azerbaïdjan très actif. La France occupe la co-présidence du Groupe de Minsk de l’OSCE, chargé de trouve un règlement pacifique au conflit du Haut-Karabagh.

EN BREF Un officier azerbaïdjanais tué Le ministre azerbaïdjanais de la Défense a annoncé le 8 avril, la mort du Lieutenant Shahriyar Bahramgulu Mammadov (25 ans), tué par les forces arméniennes non loin de la « ligne de contact » au village de Kengerli, dans la région d’Aghdam, à 20 h 00 (heure locale). Deux soldats azerbaïdjanais tués par balle Le ministre azerbaïdjanais de la Défense a annoncé la mort de Mekhman Sadygov, tué le 26 mars sur la « ligne de contact » par les forces arméniennes. Le ministre n’a pas souhaité révéler les circonstances de sa mort, qui fait suite au décès présumé d’un autre soldat, dont le nom n’a pas été révélé, dans ces circonstances similaires, le 10 mars. Un général de haut-rang blessé sur la « ligne de contact »

Le général de haut-rang Jeyhun Askerov (armée azerbaïdjanaise) a été touché à la tête

L’Ambassadeur Meunier dénonce un groupe « d’amitié » illégal

Lors d’une conférence de presse, S.E. Pascal Meunier, Ambassadeur de France en Azerbaïdjan, a répété que la France reconnaissait l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan et qu’à l’inverse, elle ne reconnaissait pas l’indépendance du HautKarabagh. Cette précision fait suite à la diffusion par des médias arméniens de la création d’un « Cercle d’amitié » entre la république non reconnue et plusieurs députés, sénateurs et

par un tir de sniper sur la « ligne de contact » dans la région de Gadabay le 26 mars, a annoncé Teymur Abdullayev (Vice-porte-parole du Ministère de la Défense de l’Azerbaïdjan). Le même jour, le Colonel Eldar Sabiroglu (Porte-parole du Ministère de la Défense de l’Azerbaïdjanais) avait révélé que les forces azerbaïdjanaises avaient repoussé les attaques de forces arméniennes les 25 et 26 mars. Démission du ministre arménien des affaires étrangères E. Nalbandian

Selon Novosti Armenia et le journal Avangarde, Edward

Nalbandian

(Ministre

des

Affaires

étrangères de l’Arménie) va quitter son poste pour devenir Ambassadeur de l’Arménie en France. Il sera remplacé par le chef de l’administration présidentielle, Vigen Sargsyan (37 ans).

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Personalities – Focus Haut-Karabagh on Khojaly 613

Les États-Unis renouvèlent leur appel à la paix

Un public londonien nombreux et multiculturel attendu pour Xoca

Le film Khojaly bientôt projeté à Soho

Fort du succès de l’avant-première réservée aux membres de la diaspora azérie de Londres en février à la BAFTA, le poignant Xoca (Khoja) sera projeté à destination d’un public international le 30 avril. La projection du nouveau film azerbaïdjanais est organisée par TEAS et le groupe ANS. Réalisé par Vahid Mustafayev, ce film raconte l’histoire d’Aliakbar et de Gunel, un jeune couple sur le point de se marier à Bakou le 25 février 1992. Alors que le conflit arméno-azerbaïdjanais au sujet du Haut-Karabagh bat son plein, Aliakbar, officier de renseignements, a été posté dans sa ville, Khojaly, située au Haut-Karabagh. Alors qu’il se prépare à partir pour Bakou, il devient évident que les Arméniens sont sur le point de cerner Khojaly et qu’il doit donc rester pour protéger ses habitants. La projection de ce film puissant sera précédée de canapés servis avec du vin ou des boissons non alcoolisées. Suite à ce film, Vahid Mustafayev participera à une séance de questions / réponses. Confirmez votre présence au plus tard le 26 avril en écrivant à events@teas.eu.

Au cours d’une conférence de presse à Washington, Patrick Ventrell (porte-parole du département d’État américain) a répété que les États-Unis maintenaient leur engagement dans la recherche d’un règlement pacifique avec les parties impliquées dans le conflit du Haut-Karabagh : « Nous faisons parties des coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE et à ce titre, nous maintenons notre engagement aux côtés des parties impliquées dans la recherche d’un règlement pacifique du conflit ». Cette remarque fait suite à une question posée à M. Ventrell au sujet de discussions menées en Turquie au sujet du conflit du Haut-Karabagh entre John Kerry (Secrétaire d’État des États-Unis) et Ahmet Davutoglu (Ministre turc des Affaires étrangères). « Les États-Unis appellent toutes les parties à s’abstenir de tout usage de la force ou de toute menace de cette nature », poursuitil. Interrogé sur un possible réchauffement des relations entre la Turquie et l’Arménie, M. Ventrell a répondu que les autorités américaines abordaient régulièrement la question avec leurs interlocuteurs turcs. L’année 2013 marque le 20e anniversaire de la rupture des relations diplomatiques entre la Turquie et l’Arménie. La frontière entre les deux pays a été fermée en solidarité avec l’Azerbaïdjan en raison de l’occupation illégale par l’Arménie du Haut-Karabagh et de sept provinces limitrophes, et pour condamner l’utilisation du terme « génocide » en référence à la mort de nombreux Arméniens en Turquie en 1915.

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Bruxelles, Dennis Sammut (directeur de LINKS / Réseau londonien d’information sur les conflits et la construction des États) a soumis à l’UE un plan d’action en dix points sur la question de l’Azerbaïdjan. L’un de ces dix points : « L’Union Européenne (UE) doit affirmer avec plus de clarté ses positions sur le Haut-Karabagh. Bien qu’il soit d’usage de soutenir une solution pacifique, sous la bienveillance du Groupe de Minsk de l’OSCE et conformément aux Principes de Madrid, l’UE doit toutefois apporter les nuances qui s’imposent dans l’intérêt d’une meilleure compréhension de ses propres valeurs. »

Un grand journal suisse adopte le point de vue azerbaïdjanais

L’influent Die Wochenzeitung a publié un article du journaliste André Widmer sur le conflit du Haut-Karabagh. L’Ambassade d’Azerbaïdjan en Suisse explique que l’article traite de la situation actuelle à proximité de la « ligne de contact » dans les villages d’Alkhanli et d’Ashaghi (district de Fuzuli) et d’Hasangaya (district de Terter). Il y décrit les conditions de vie des villageois, les risques encourus par la population en raison des violations des cessez-le-feu, et la destruction totale des infrastructures et l’occupation du territoire. L’article s’attarde sur l’occupation de 62 colonies de la région de Fuzuli, et sur la mort de Fariz Badalov, un garçon de neuf ans abattu par un sniper arménien en 2011 alors qu’il jouait dans son jardin. Plus loin, le journaliste suisse décrit les conditions de vie et les difficultés rencontrées par les PDI. L’auteur souligne également le rôle de médiation du Groupe de Minsk de l’OSCE, et livre le point de vue d’experts qui craignent la reprise de la guerre.

Le nouvel ambassadeur russe en Arménie Deux civils arméniens promet de s’occuper Zannier salue le rôle rapatriés Deux civils arméniens (Karyan Durmus et Anahid du Haut-Karabagh central de l’Azerbaïdjan Hamazasovna), qui avaient pénétré en territoire azerbaïdjanais, ont été rendus à l’Arménie le 20 mars après quatre jours de captivité. Ilaha Huseynova (Directrice de la communication de la délégation du CICR Comité International de la Croix Rouge en Azerbaïdjan), a indiqué que les ressortissants arméniens ont été remis aux autorités arméniennes sur la route reliant les villes de Gazakh (Azerbaïdjan) et Ijevan (Arménie), sous les auspices du CICR.

Firudin Sadigov (Chef du Groupe de travail de la Commission d’état de l’Azerbaïdjan aux prisonniers de guerres, otages et personnes disparues) a indiqué que les civils arméniens ont été remis non loin du village de Bala Jeferli. L’opération s’est déroulée sans incident. « L’Azerbaïdjan prouve ainsi que des prisonniers et des otages peuvent être rapatriés en peu de temps. L’Azerbaïdjan a toujours respecté les principes humanitaires », a-t-il commenté.

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L’analyste politique arménien Sergey Minasyan estime qu’Ivan Volynkin, le nouvel ambassadeur russe en Arménie, va poursuivre le renforcement des relations bilatérales russo-arméniennes : « L’ex-émissaire Vyacheslav Kovalenko a joué un rôle-clé dans la signature de l’accord russoarménien de 2010. Kovalenko a par ailleurs été informé en détail sur le problème du HautKarabagh », explique-t-il. M. Minasyan explique que l’Ambassadeur Volynkin sa focalisera sur les liens stratégiques, politiques et économiques entre l’Arménie et la Russie, et au règlement du conflit du Haut-Karabagh.

Haut-Karabagh : Sammut demande à l’UE d’être plus claire

Au cours d’une table ronde intitulée Azerbaijan and the EU: The Road Ahead (Azerbaïdjan-UE : Feuille de route) au Centre Politique Européen de

Au cours d’une visite à Bakou, Lamberto Zannier (secrétaire de l’OSCE) a reconnu le rôle important de l’Azerbaïdjan dans la région et sa contribution majeure aux mandats de l’OSCE : « L’OSCE joue un rôle majeur dans la résolution de toutes les questions qui concernent l’Azerbaïdjan. Ainsi, le Groupe de Minsk sur le conflit du Haut-Karabagh. Les actions entreprises par le bureau de l’OSCE en Azerbaïdjan sont couronnées de succès depuis de nombreuses années, et nous réfléchissons actuellement à la meilleure manière de poursuivre notre activité. « Je suis venu pour discuter de pistes à suivre, et le dialogue portera sur la méthode qui nous permettra à notre coopération d’entrer dans une nouvelle dimension. L’Azerbaïdjan a émis une proposition, elle sera discutée. Il ne s’agit pas d’évaluer ce que nous faisons, mais de réfléchir à ce que nous ferons. »

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Personalities – Maxime Gauin Motivé par des principes reposant sur la rigueur de la recherche historique, l’historien français Maxime Gauin a fini par épouser les points de vue turc et azerbaïdjanais

Maxime Gauin – La voix d’un universitaire en écho au point de vue turc

Le parcours universitaire de Maxime Gauin (né à Agen en 1985) a débuté par une licence d’histoire à l’Université de Bordeaux-III. Il décroche ensuite sa première année de Master en Histoire contemporaine de l’École Normale Supérieure de Lyon (diplôme délivré par l’université de Lyon-II) puis sa deuxième à l’Université de ParisI-Sorbonne. Il est actuellement doctorant au département d’histoire de l’Université Technique du Moyen-Orient d’Ankara. M. Gauin a été publié dans de nombreuses publications universitaires telles que l’International Review of Turkish Studies (Université d’Utrecht – Pays-Bas), la Review of Armenian Studies (AVIM – Ankara), la Review of International Law and Politics (USAK) et a signé des tribunes dans les journaux turcs Hürriyet Daily News, Today’s Zaman et Star Açık Görüş. M. Gauin vit actuellement à Ankara. TEAS l’a rencontré à Londres à l’occasion de son intervention intitulée Méthodes de propagande arménienne depuis 1972 lors de la conférence Relations turco-arméniennes organisée à la London School of Economics (LSE) par la Fédération des Associations Turques du Royaume-Uni. Comment est né votre intérêt pour les relations entre l’Arménie et la Turquie ? J’ai commencé à m’intéresser à l’histoire de la Turquie vers 13-14 ans. Sans surprise, j’ai été vite amené à me pencher sur la « question arménienne ». Je méconnaissais alors l’histoire de l’Arménie, et j’essayais surtout de ne pas me laisser influencer par aucune propagande, d’où qu’elle vienne. Ma curiosité a été piquée au vif en 2006, vers la fin du mandat de Jacques Chirac à la Présidence de la République. Un projet de loi visant à pénaliser le refus de qualifier de « génocide » la tragédie vécue en 1915 par les victimes arméniennes était alors voté par l’Assemblée Nationale avant d’être rejeté par le Sénat. Le Président Sarkozy a ensuite laissé le projet de loi dans les tiroirs avant de le ressortir en 2012, peu avant l’élection présidentielle, espérant ainsi pouvoir compter sur les voix quelques 300.000 membres de la diaspora arménienne établis en France. À la charnière des années 2006 et 2007, j’ai lu le livre de Günter Lewy, The Armenian Massacres in Ottoman Turkey: A Disputed Genocide (Le Massacre arménien en Turquie ottomane : un génocide contesté), une œuvre majeure et avril 2013

très éclairante publiée en 2005. J’ai aussi lu le bref article de feu Gilles Veinstein, titulaire de la Chaire d’Histoire turque et ottomane au Collège de France, intitulé Trois questions sur un massacre et publié dans L’Histoire en avril 1995. J’ai alors commencé à mesurer le fossé qui existait entre une histoire « officielle » servie par les médias et ce que la recherche historique permet de qualifier de faits. Et j’ai multiplié mes lectures et mes recherches sur le sujet. En 2008, j’étais étudiant à Lyon quand a éclaté non loin de là, à Villeurbanne, l’affaire Sirma Oran, du nom d’une candidate du parti des Verts aux élections municipales de Villeurbanne. Entre les deux tours, sommée de condamner publiquement le génocide arménien pour figurer sur une liste d’union avec le maire sortant, et soumise à de nombreuses menaces et pressions, Sirma Oran avait fini par retirer sa candidature. Ayant fait partie des commentateurs de l’affaire, mon nom avait circulé sur un forum arménien, ce qui m’a valu à mon tour des menaces, y compris de mort, et j’ai dû contacter le modérateur pour lui demander la suppression de ces messages. Par ailleurs, il y a deux ou trois ans de cela, lors d’une réunion publique tenue à Villeurbanne à propos de l’affaire Sirma Oran, M. Nissanian, conseiller municipal de Lyon et membre de la Fédération Révolutionnaire Arménienne (FRA-Dashnak), m’a assimilé aux fascistes du gouvernement de Vichy qui envoyaient les Juifs au camp d’Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale. Par chance, le mari français de Sirma Oran, a réalisé un enregistrement de l’intégralité de la réunion, utilisé comme preuve par la suite. J’ai intenté à M. Nissanian un procès qui s’est terminé par sa condamnation en 2010. Sans le savoir, M. Nissanian a renforcé mon envie profonde de diffuser et de rétablir la vérité. En plus d’être insultants, ses propos étaient totalement contre-productifs pour la cause arménienne. Quand avez-vous commencé à saisir la force de la propagande arménienne en France ? En 2006, dans les semaines précédant le vote du projet de loi sur le « génocide arménien ». J’estimais par principe que légiférer sur l’histoire et bâillonner la liberté d’expression était une erreur. Ma religion n’était pourtant pas faite quant au partage des torts. À Lyon, pendant mon procès, j’ai pu également saisir l’importance de la propagande arménienne. J’estime toutefois qu’elle a baissé d’un ton en France au cours des six dernières années. Ce que j’explique en premier lieu par les objectifs irréalistes imposés par les organisations arméniennes à leurs activistes, et notamment la ratification de la loi sur le « génocide arménien », de toute évidence anticonstitutionnelle et contraire à tous les principes philosophiques et académiques. De nombreux activistes arméniens ont ressenti de la démotivation, voire de la réticence à la poursuite de leur « lutte ». Ils veulent vivre, travailler et mener une vie normale. Il convient par ailleurs de tenir compte des conséquences

de l’assimilation. Il s’est écoulé près d’un siècle depuis l’arrivée en France des nombreux réfugiés Arméniens. N’oublions pas l’opposition de nombreuses personnes d’origine arménienne à la perpétration d’actes terroristes commis en leur nom, bien que les intéressés n’aient rarement condamné publiquement de tels actes. Il est indéniable que le succès de la propagande arménienne en France repose davantage sur l’absence de toute initiative turque visant à lever toute ambigüité sur les évènements de 1915, plutôt que sur l’efficacité supposée d’une stratégie arménienne. Les entités turques ont du mal à comprendre que nous vivons à l’ère du lobbying. En 1984, François Mitterrand (Président de la République française), Adnan Bulak (Ambassadeur de la Turquie en France) et le cabinet d’avocats Logide ont signé un accord visant à changer de stratégie et à tenir compte de l’histoire. L’un des principaux avocats du cabinet étant titulaire d’un doctorat en histoire délivré par l’Université d’Oxford, l’accent a pu être mis sur la vérité historique.

M. Sarkozy recevant M. Sargsyan (Président de l’Arménie)

N’excluons pas d’autres facteurs, comme l’arrivée en France de travailleurs pauvres et peu qualifiés qui ont constitué l’essentiel de l’immigration turque dans les années 1970 et 1980. Leur condition socio-économique était bien inférieure aux personnes ayant quitté la Turquie pour l’Allemagne ou les États-Unis. La situation était encore différente au RoyaumeUni, où la majorité des Turcs venaient de Chypre et parlaient déjà anglais dès leur arrivée. Aux États-Unis, les migrants avaient souvent connu le lycée ou l’université. En Allemagne, les « ouvriers invités » étaient souvent très qualifiés. En France, la communauté turque parlait très peu de son pays au plan politique. 30 ou 40 années plus tard, nous avons affaire à une autre génération. Avec la disparition rapide de la première génération de Franco-Arméniens, dont les parents ont émigré en 1915, le lien immédiat s’estompe au fil du temps. De plus, l’assimilation des Franco-Arméniens dans la culture française dominante explique en grande partie l’affaiblissement de l’activisme arménien en France. En 1960, les responsables arméniens craignaient que l’assimilation ne détruise le sentiment identitaire. Aussi, pour assurer l’unité de la communauté arménienne, ils décidèrent de trouver un ennemi commun et de s’en prendre aux Turcs. Les Arméniens comptent de moins en moins d’activistes. En début d’année, un tribunal parisien a condamné Laurent Leylekian, ancien directeur de la Fédération euro-arménienne pour la justice et la démocratie (un lobby Dashnak qui www.teas.eu


Personalities – Maxime Gauin Maxime Gauin (à droite), Méthodes de propagande arménienne depuis 1972 – Conférence sur les Relations turco-arméniennes à Londres. À sa droite (de droite à gauche sur la photo), les conférenciers Tadeusz Swietochowski, Andrew Mango, et Patrick Walsh (Photo : Dogan Kemanci)

opère au niveau de l’Union européenne). Il a été condamné à verser une amende de 7 500 € pour diffamation à l’encontre de Sirma Oran dans son éditorial de France–Arménie (Lyon) en janvier 2010, intitulé Martz attaque, dans lequel il accuse Sirma Oran de faire partie d’un « Empire négationniste qui mène une stratégie à long terme » (comprendre : l’État turc), de saboter les institutions démocratiques (et surtout les « structures politiques et sociales ») de l’Union européenne. Malgré une défense assurée par un ancien avocat parisien, il a été condamné. En 2008, l’Appel de Blois, lancé par des historiens célèbres contre les lois mémorielles, s’est traduite par une approche plus rationnelle de l’histoire. La contribution du juge parisien en charge de l’affaire Oran contre Leylekian a été particulièrement importante. Évoquant un passage d’un article de Laurent Leylekian dans lequel ce dernier indique qu’il « refuse de s’adresser aux Turcs tant qu’ils n’auront pas reconnu le Génocide arménien au plan constitutionnel », il a eu ce commentaire : « M. Leylekian, les débats sont rares entre gens du même avis. » Ceci donne à penser qu’en France, la population turque est désormais fondée moralement et éthiquement à défendre sa cause de façon rationnelle. Ce procès me semble très important, dans ses attendus et sa conclusion qui selon moi, va dans le bon sens. Où et comment avez-vous lancé vos recherches ? Je me suis documenté aux Archives diplomatiques du Ministère des Affaires étrangères à La Courneuve, à Paris, et à Nantes. J’ai aussi fréquenté le Service historique de la Défense à Vincennes. Aux États-Unis, j’ai mené des recherches complémentaires à la Bibliothèque du Congrès à Washington (D.C.) et aux Archives nationales de College Park, dans le Maryland. Je me documente actuellement à la British Library. Mon objectif est de pousser mes recherches traitant de la question arménienne et de parvenir à un point de vue objectif. Vous avez contesté publiquement le nombre d’Arméniens déportés en Syrie en 1914. Qu’en est-il exactement ? Boghos Nubar, de la Délégation nationale arménienne à Paris, a écrit au Ministre français des Affaires étrangères en décembre 1918. Il indique dans sa lettre que 600.000 à 700.000 Arméniens ont gagné la Syrie, dont 300.000 « disparus » (pour ne pas dire « morts »). Ce chiffre ne tient pas compte des pertes subies par les Arméniens, qui s’élèvent à 150.000 personnes rien que pendant la déportation russe (19151916). Ces pertes s’expliquent en partie par la malnutrition, les épidémies et le froid extrême. Un www.teas.eu

document des Archives françaises indique que, selon les statistiques arméniennes officielles, 50.000 Arméniens ottomans sont morts à cause d’épidémies ayant touché l’Arménie en 1918 et 1919. En tenant compte des pertes essuyées lors d’autres conflits, j’estime à 600.000 ou 650.000 le nombre des victimes arméniennes ottomanes. Pendant la Première Guerre mondiale, on estime à 700.000 le nombre d’Arméniens ayant quitté la Turquie pour la Syrie et d’autres pays limitrophes. J’ai découvert au fil de mes recherches que la disparition de plusieurs communautés arméniennes s’explique par la politique menée par les nationalistes arméniens et grecs des années 1919 à 1922. Les Turcs, qui étaient alors en pleine guerre d’indépendance, ont voulu retenir leur population chrétienne, y compris les Arméniens. Des documents trouvés aux Archives françaises, et recoupés par

Il est quasiment impossible qu’une nouvelle loi sur le « Génocide arménien » soit présentée à l’assemblée pendant la présidence de François Hollande

d’autres aux Archives américaines, le prouvent. Fuyant la Cilicie (dans la province d’Adana), en 1921 et 1922, environ 60.000 artisans et commerçants arméniens ont quitté le pays, en dépit de garanties turques de non-persécution à la suite de pressions émanant de la diaspora arménienne. Le gouvernement grec a envoyé des bateaux pour que les Arméniens puissent s’en aller. L’armée grecque et les volontaires arméniens optèrent finalement pour la politique de la terre brûlée à l’été 1922, contraignant à la fois les Grecs et les Arméniens à quitter l’Anatolie occidentale. En France, vous vous êtes opposé à la proposition de loi sur le « Génocide arménien ». Comment qualifiez-vous les évènements de 1915 ? Aucun terme précis ne peut décrire des événements dont la dimension tragique est incontestable. La période a été marquée par une violence extrême. Entre les groupes de bandits, les tribus arabes ou kurdes, les épidémies et les maladies, les Arméniens étaient on ne peut plus exposés à la mort. Mais je ne parlerais certainement pas de « génocide ». Y a-t-il selon vous un risque que le projet de loi renaisse sous la présidence de François Hollande ? C’est très peu probable. Les attendus de la

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décision du Conseil Constitutionnel contiennent des clauses relatives à la liberté d’expression qui empêchent toute possibilité d’un nouvel examen du projet de loi. Par ailleurs, la Turquie ayant renforcé sa crédibilité au plan international à l’occasion de la crise syrienne, il serait très imprudent de déclencher une nouvelle guerre diplomatique. Votre intervention porte sur les Méthodes de propagande arménienne depuis 1972. Qu’est-ce qui, selon vous, en fait l’année de la renaissance du terrorisme arménien ? La FRA a créé une nouvelle branche terroriste au Congrès Mondial de Vienne en 1972. Cette décision est même actée dans le procès-verbal. Le premier acte de terrorisme (l’assassinat de deux diplomates turcs en Californie) a eu lieu en janvier 1973. Fort heureusement, la période terroriste des années 1970 et 1980 est derrière nous. Il convient toutefois de rester sur nos gardes : Gaïdz Minassian (Guerre et terrorisme arméniens, Paris, Presses universitaires de France, 2002) indique qu’en 1985–86, quand le terrorisme Dashnak a été mis hors d’état de nuire, le groupuscule a fusionné avec le PKK (bras armé du Parti des travailleurs du Kurdistan). La FRA a toujours apporté son soutien verbal au PKK. La co-présidence française du Groupe de Minsk de l’OSCE peut-elle laisser espérer des avancées dans le conflit du Haut-Karabagh ? Cela dépendra en partie de l’approche qu’adoptera le gouvernement français, mais aussi des stratégies de l’Azerbaïdjan et de la Turquie. L’Arménie doit comprendre qu’elle a tout à gagner d’une sortie du conflit. La population arménienne vit hors d’Arménie pour plus de moitié. L’absence de relations diplomatique entre l’Arménie et deux de ses voisins (la Turquie et l’Azerbaïdjan) le rend plus dépendant de la Russie et de l’Iran. Laurent Leylekian (ancien directeur de la Fédération euro-arménienne pour la justice et la démocratie) a perdu son procès pour diffamation contre Sirma Oran et devra verser 7 500 €

Quelle évaluation faites-vous de l’état actuel des relations entre la France et l’Azerbaïdjan ? Le développement des relations bilatérales sous la présidence de François Hollande est sur de bons rails, contrairement à ce que nous avons connu sous le mandat de Nicolas Sarkozy. N’oublions pas que l’Europe traverse une période de crise ponctuée de risques de pénurie de pétrole et de gaz. La France a tout intérêt à entretenir de bonnes relations avec un pourvoyeur d’énergie à l’économie prometteuse, qui plus est pays de transit pour le pétrole et le gaz, et qui propose une interprétation modérée de l’islam.

Pour écrire à Maxime Gauin, e-mail: gauin.maxime@wanadoo.fr

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