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PLASTIC

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SURGERY

TRANSSEXUELS DOSSIER SPECIAL DOCTEUR MUKWEGE SA CROISADE CONTRE "LE VIOL DE GUERRE" CHIRURGIE SOUS HYPNOSE ADOLESCENTES SOS POITRINES

CHIRURGIE ESTHETIQUE RECONSTRUCTRICE / ART / MODE / GASTRONOMIE


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Le magazine de la chirurgie plastique reconstructrice et esthétique des chirurgiens plasticiens qualifiés.

Les articles de chirurgie de ce magazine ont pour rédacteurs les 987 chirurgiens qualifiés en France par le Conseil National de l'Ordre des Médecins dans la spécialité : Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. À chaque parution, suivant les thèmes du magazine, plusieurs articles seront sélectionnés et publiés. Chacun des 987 chirurgiens pouvant ainsi s'exprimer à tour de rôle s'il le souhaite. Suivant les recommandations du Conseil National de l'Ordre des Médecins, nous ne publions aucune photo de cas cliniques. Les photos et schémas de ce magazine sont des illustrations non contractuelles des articles des chirurgiens.


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ors de la rédaction de l'acte de naissance d'un nouveau-né, les services de l'état-civil indiquent sur ce document le sexe de l'enfant. Si ce sexe vient à être modifié, comme tel est le cas pour certaines personnes transsexuelles, survient une discordance entre la mention du sexe initialement enregistrée dans l'acte de naissance et celui qui caractérise la personne concernée.

Par la sénatrice Maryvonne Blondin Sénatrice du Finistère (Bretagne)

La réassignation du genre Une législation inadaptée

Or l'acte de naissance sert notamment de base à l'établissement des documents d'identité où figure, dans ce cas, la mention d'un sexe biologique initial qui n'est pas le sexe acquis par l'adulte transsexuel. Suivant l'exemple de la Suède qui a voté la première loi sur le sujet en 1972, de nombreux États ont adopté des dispositions législatives afin de déterminer les règles applicables à la procédure de modification de la mention du sexe à l'état civil. L’Allemagne est la première nation européenne, en août 2013, à reconnaître un troisième genre à la naissance (« indéterminé »).

Maryvonne Blondin, sénatrice du Finistère, membre de la délégation aux droits des femmes et membre de la délégation française au Conseil de l'Europe, s’est particulièrement investie dans la résolution du problème administratif que crée la réassignation du genre et la modification du sexe à l'état civil.


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MADAME BLONDIN, POUR QUELLE RAISON VOUS ÊTES-VOUS INTÉRESSÉE À CE PROBLÈME ? En tant que membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, j’ai examiné le rapport d’Andreas Gross sur les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, ce qui a abouti à la résolution 1728 d’avril 2010, très souvent citée par les associations de défense des droits des personnes « trans ». Ayant également connaissance de la situation complexe de personnes de mon département en situation de transition identitaire, j’ai posé une question orale au Ministre de la Justice de l’époque pour connaître la position de la France sur ce sujet et l’état actuel du droit en matière de changement de la mention du sexe à l’état civil. Celui-ci m’a annoncé qu’une circulaire venait d’être adressée aux parquets (circulaire du 14 mai 2010), les invitant à émettre un avis favorable aux demandes de changement de sexe à l'état civil dès lors que les traitements hormonaux ayant pour effet une transformation physique ou physiologique définitive, éventuellement accompagnée d'opérations de chirurgie plastique, ont entraîné un changement de sexe irréversible. Cette circulaire est malheureusement loin d’être appliquée partout et n’a pas abouti à une harmonisation des pratiques des différentes

juridictions en la matière. Dès lors, j’ai participé en 2011 aux travaux initiés par la députée Michèle Delaunay qui ont abouti au dépôt d’une proposition de loi en décembre 2011, non examinée par le Parlement. J’ai donc décidé, avec Michelle Meunier (sénatrice de la Loire-Atlantique), de relancer la démarche au Sénat. Nous avons d’ores et déjà auditionné de nombreuses associations qui ont toutes apporté leurs témoignages ainsi que des propositions d’aménagement de la proposition de loi Delaunay. Nous allons prochainement auditionner les experts médicaux, paramédicaux et juridiques sur ce sujet.

QU’AVEZ-VOUS RETIRÉ DE CES TÉMOIGNAGES ? Qu’il existait en France de nombreuses difficultés, malgré la présence d’équipes spécialisées. A l’inverse, d'autres pays peuvent être montrés en exemple.


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QUEL PAYS VOUS PARAÎT LE MIEUX ARMÉ, EN MATIÈRE DE LÉGISLATION ? Assurément l’Argentine. Le changement d’état-civil y est beaucoup plus facilité, à travers une simple déclaration auprès d’un officier d’état civil. Il n’est pas nécessaire de faire appel à un juge. Toute personne de plus de 18 ans peut demander la modification de la mention de son sexe (et celle de son prénom) dès lors que celle-ci est contraire à son identité de genre. Nous avons demandé aux services du Sénat de comparer les différentes législations existantes en la matière : Royaume-Uni, Suède, Danemark, Espagne, Pays-Bas, Portugal, l’Uruguay, Argentine et Australie. Nous avons désormais une base de travail qui va nous permettre de rédiger un texte de loi qui, nous l’espérons, sera adopté par le Sénat puis par l’Assemblée nationale.

CETTE INITIATIVE PROVIENT-ELLE DU PARTI SOCIALISTE, DONT VOUS ÊTES MEMBRE ? Le Parti socialiste est favorable à cette démarche mais j’ai proposé ce travail en tant que parlementaire, membre du groupe socialiste du Sénat.

• L’âge minimum pour le changement varie de 18 à 21 ans (au Danemark). • En général, un délai d'observation de deux ans est nécessaire • Dans certains pays, le changement est réversible (après cinq ans en Uruguay), ou au contraire irréversible (Royaume-Uni) • Dans certains pays, l’opération chirurgicale n’est pas nécessaire pour demander le changement (Argentine, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Uruguay). Des certificats médicaux certifiés attestent que la pulsion sexuelle de l'intéressé entraîne des souffrances mentales considérables ou une détérioration de la sociabilité, résultant de la dysphorie de genre (discordance entre sexe biologique et identité sexuelle) • La saisie d'un magistrat est obligatoire aux Pays-Bas, en Uruguay, en Northern Australia (Darwin) • Un certificat médical n’est pas obligatoire en Argentine, au Danemark ni en Western Australia ; seuls des témoignages concordants sont exigés • Dans la quasi-totalité des cas, le nouvel acte de naissance ne mentionne pas la modification • Un organisme spécifique est quelquefois dédié (Conseil de réassignation du genre en South Australia et Gender Recognition Panel au Royaume-Uni) • En général, les dispositions ne concernent que des personnes non mariées • L'Australie et le Danemark permettent l'obtention d'un passeport sur lequel figurent les cases « M », « F » et « Autre »)


7 Jean-Pierre Jumez et Domnique Le Coz edito 15

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Sénatrice Maryvonne Blondin, Sénatrice du Finistère (Bretagne) La réassignation du genre

17 D Marie-Françoise Guillou-Garnier jeunes filles en pleurs 23 Dr Vincent Auchane, Dr Sylvain Perelmuter opérations sous hypnose 27 D Jean-Louis Goin traitement cutané en complément du lifting 33 D Franck Benhamou augmentation naturelle des seins ou implants mammaires, que choisir ? 39 D Denis Mukwege le chirurgien de l’espoir 43 Pr Philippe Caix la beauté naturelle

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50 Oleg Dou photographe russe 59 Liza Fetissova Une galerie russe À Paris 66

Rebecca Ayako l’innocence et la violence

DOSSIER SPÉCIAL : TRANSGENRE Tolérance L’Allemagne ouvre la voie 73

75 Dr Dorian Sandre-Banon l’indispensable compagnon de route 81 D Bernard Cordier, Psychiatre d’un genre, l’autre 87 D Sophie Boulon, Psychiatre une approche personnalisée 93 D Patrick Bui Féminiser le visage 97 Dr Claude Fugain la voix au chapitre 105 D Vlad Negulescu la touche finale 111 D Sylvie Poignonec le menton, le sexe et l’harmonie 115 Marie Edith Cypris les limbes et la chrysalide 121 Helen Bailey, Architecte comment rendre le campus vivable pour les transsexuels ? 127 Dr Romain Weigert une geste pour l’état civil

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131 MODE : Effervescence au pays du soleil levant

de la tradition à l’émancipation

les dents noires, origines de la gothique lolita ?

147 D Richard Abs les vénus se voudraient callipyges 153 Dr Christelle Santini une nouvelle vie pour l’abdomen 159 D Sarah de Babeche le traitement des brûlures 165 Laurence Levasseur la chirurgie des âmes r

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173 TORAYA : Le prestige japonais à Paris 182 LEXIQUE 186 Anne-Marie Chauvergne REGARDS CROISÉS 200 Annuaire des chirurgiens plasticiens qualifiés en france


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Durée de la société : 99 ans. Actionnaires : Anne-Marie CHAUVERGNE, Présidente. Dominique LE COZ, Directeur général.

DÉPÔT LÉGAL

Septembre 2011 - ISSN 2118-4941 TOUS DROITS RÉSERVÉS FRANCE ET ETRANGER. TEAM SURGERY DÉCLINE TOUTE RESPONSABILITÉ POUR LES DOCUMENTS FOURNIS. LA RÉDACTION ET L’ÉDITEUR NE SONT PAS RESPONSABLES DES TEXTES, ILLUSTRATIONS ET PHOTOS PUBLIÉS QUI N’ENGAGENT QUE LEURS AUTEURS.


La simulation 3D avant une intervention : ĂŞtre certain de ne pas se tromper !


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PRENDRE EN MAIN SON DESTIN Le 1er octobre, comme le lui permet la loi belge, Nathan demandait à être euthanasié : il ne supportait pas son corps d’homme reconstitué, lui qui pourtant fuyait son corps de femme originel. S’il en fallait une preuve, on voit ici qu’une erreur de « programmation » peut engendrer des souffrances incommensurables. À tel point que la perspective effrayante de chirurgies lourdes, d'hormonothérapies interminables, de soutiens psychologiques et psychiatriques lancinants… cette masse de procédures paraît mineure aux yeux de la personne mal dans son genre. Dans diverses régions du Pacifique ou d’Asie, les transsexuels sont depuis toujours intégrés à la société, alors que l’Occident est seulement en train de découvrir le problème. C’est ainsi qu’aux États-Unis, des toilettes « ni, ni » s’ouvrent un peu partout dans les universités et les aéroports et qu’en Allemagne, une loi promulguée en septembre permet la réassignation du sexe dans l’état-civil dès le plus jeune âge. En France, l’évolution de la médecine n’attend pas l’évolution des lois pour venir au secours d’êtres en détresse : dans ce dossier exceptionnel, nous découvrons les efforts considérables engagés par le milieu hospitalier – assortis de la grande prudence qu’exige une dysphorie de genre dont on ne connaît pas les clés. Sauf pour les patients (car il faut bien les appeler comme tels) mineurs, qui, chez nous, sont écartés de toute thérapie : la volonté de s’identifier au sexe opposé peut très bien s’inverser avec l’âge. D’autres cultures médicales n’affichent pourtant pas ce souci, qui répondent sans discuter aux demandes émanant d’êtres angoissés ou de leurs parents. On opère d’abord, on discute après. Cela n’empêche qu’en France, une fois lancé, le processus semble être en mesure de tout régler : transformation du visage, du corps, de la pilosité, de la voix… Enfin, presque tout : car, sur les mains, la chirurgie ne peut rien ! Or une femme gracile dotée de battoirs ou un homme bien charpenté pourvu de doigts effilés conserveront à jamais cette mémoire d’une autre vie. Sachant que leur décision entraînera des mutilations irréversibles, les médecins, les chirurgiens, les psychologues et les intéressés hésitent souvent. Les lignes de la main peuvent leur indiquer la voie du sexe. Jean-Pierre Jumez

ENTREZ DANS LA TROISIÈME DIMENSION ! La France regroupe mille chirurgiens plasticiens qualifiés, dont la mission dépasse largement le simple « confort esthétique » : la reconstruction après cancer, les grands brûlés, ou la réparation après maladies telles la méningite foudroyante (voir TEAM Surgery N°2). L’action humanitaire fait partie intégrante de leur vie, et l’on ne compte plus les nombreuses missions réalisées à travers le monde pour sauver des enfants après un tremblement de terre ou sur les zones de guerre. La recherche, volet important de l’activité des chirurgiens, permet de limiter les séquelles et d’aborder les interventions avec plus de sérénité. Aider le patient à prendre la bonne décision! Grâce à l'animation 3D, les progrès techniques réalisés ces dernières années dans la simulation des photos de patients, sont une réelle innovation qui permet de mieux cerner – voire de limiter – la demande du futur patient : complexé par son menton fuyant, un jeune homme consulte un chirurgien plasticien, lequel lui propose une simulation 3D ; au vu du résultat, le praticien lui déconseille toute intervention. De nombreuses jeunes femmes (trop jeunes) envisagent une augmentation ou une réduction mammaire. Dans la majorité des cas, les chirurgiens, grâce à la simulation 3D, les incitent à renoncer et au passage les rassurent sur la petite bosse sur le nez qui ajoute à leur charme. Team Surgery vous ouvre les portes d'un monde souvent méconnu du grand public, la troisième dimension de la chirurgie plastique... Dominique Le Coz


Plaisir, satisfaction et subjectivitĂŠ


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Par le Pr Philippe Caix

La beauté naturelle

L

a beauté est un concept difficile à cerner. Le beau, c’est le sentiment que l’on a de l’objet contemplé, cette émotion qui apporte plaisir et satisfaction. Ce sentiment est profond, mais reste le fruit d’une perception totalement subjective. La beauté naturelle est celle que la nature nous confère – à l’opposé de la beauté artificielle qui s’appuie sur un geste humain complémentaire. La beauté est une notion philosophique, naturaliste et matérialiste.


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ARCHITECTURE Chez la femme, l’aspect relationnel ou social de la beauté s’exprime essentiellement au niveau de la tête et du cou. L'élément constitutif de l'architecture du visage est le nerf trijumeau, celui que les chirurgiens appellent le « V » (qui fait partie des cinq nerfs qui se sont développés à partir des nerfs branchiaux des vertébrés inférieurs). C'est autour du trijumeau que se construisent les trois étages du massif facial : supérieur, moyen et inférieur. Le trijumeau est l’infrastructure autour de laquelle viennent se répartir les viscères dans les différentes zones. ÉVOLUTION DE L'INTELLIGENCE HUMAINE La notion de beauté faciale reflète l’évolution de l’intelligence humaine. On le voit dans l’histoire de l’art. Les arts primitifs avaient une vision de la beauté différente de la nôtre. Dans nos sociétés occidentales, la beauté subit encore une sorte d’impérialisme de l’ère gréco-romaine. On distingue trois types de beautés : • La beauté statique • La beauté dynamique • La beauté émotionnelle BEAUTÉ STATIQUE La beauté statique est directement issue du classicisme gréco-romain. Polyclète, repris par Praxitèle, en a défini les canons, allant même jusqu’à énoncer certaines proportions. Ainsi, la tête est censée représenter un septième de la hauteur du corps. La Renaissance voit des peintres comme Dürer schématiser la morphologie faciale. Si l'on se base sur des modèles tel le profil de Néfertiti, on voit que la construction faciale suit un schéma simple de répartition par tiers à partir de la racine des cheveux (comme évoqué ci-dessus). C’est cette notion de beauté statique qui s’appuie sur : • La pureté des contours • La symétrie des moitiés • L’harmonie des proportions

NOMBRE D’OR

SANS EXAGÉRATION

C’est le sculpteur Phidias (500 av JC) qui a établi le rapport de 1,618 entre la grande et la petite longueur pour une facture équilibrée (figure). Ce que l'on nomme le nombre d'or. Il s’en inspira pour élaborer la statue d’Athéna au Parthénon. C’est ce nombre auquel ont recours les sculpteurs, mais aussi les peintres et les architectes pour établir des proportions harmonieuses, tout comme… les ingénieurs aéronautiques (Concorde, Mirage…). Le profil, toujours en se basant

Le front doit être large et haut, sans exagération, d’où l’importance de la zone d’implantation des cheveux. Un front grand et haut est toujours plus beau qu’un petit front. Le nez joue évidemment un grand rôle. L’angle naso-frontal et l’angle naso-labial doivent être compris entre 100° et 110° (voir figure). L’angle sous-applical doit aussi faire l’objet de toutes les attentions. Il faut repérer le point sous-applical et le point sus-applical, puis déterminer l’angle idéal entre les deux. Un petit creux au niveau de l’encellure nasale confère au nez cet air enfantin qui ramène une certaine jeunesse.

sur le trijumeau, se répartit en proface, mésoface et métaface. C’est la mésoface (la partie intermédiaire) qui subit le vieillissement le plus apparent. On peut schématiser la magie de la construction faciale par des données orthogonales (voir figure). Il sera facile, à partir de ces lignes, de distinguer les sujets cisfrontaux (menton en arrière) des transfrontaux, ces derniers (mentons avancés) étant nettement plus présents dans les défilés de mode.

Les lèvres sont importantes. En orthodontie, on sait très bien qu’une légère proéminence (3 mm) de la lèvre supérieure par rapport aux dents est souhaitable. Il suffit d’observer le sourire gingival de Julia Roberts, qui est légendaire. Le menton est arrondi, avec un sillon labiomentonnier marqué et un angle cervico-mentionnier bien déterminé (voir figure). On voit donc que, dans cette perspective statique, le visage idéal est équilibré, beau et harmonieux. Mais il est immobile ! Néfertiti ou Carole Bouquet (dans Chanel N°5), c’est bien, mais ce n’est pas suffisant ! Car la vraie beauté, ce n’est pas cela.

LE SOURIRE DE JULIA ROBERTS

LA VRAIE BEAUTÉ EST DYNAMIQUE La vraie beauté est dynamique. C'est ce que l'on nomme le charme. Il faut qu’un visage bouge. Nous entrons dans le registre de l’esthétique de l’expression faciale : le sourire, le regard. C'est à partir de la ligne des yeux que l'on peut répartir les rôles (le cou ayant son importance). On s’aperçoit, par exemple, que le canthus latéral situé plus haut que le canthus médial (voir figure) procurera un regard de biche, qui est par ailleurs lié aux mouvements des sourcils. La femme le sait bien, qui les dessine soigneusement au cours de sa séance de maquillage.


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LA CISELURE DU SOURCIL

BEAUTÉ ÉMOTIONNELLE

On en distingue trois parties : • La tète du sourcil (qui doit être basse) • Le corps du sourcil (ne doit pas être trop haut) • La queue du sourcil (qui doit être relevée) On connaît ces visages froncés qui sont le résultat d'une réaction de la zone glabellaire, c'est-à-dire la zone centrale du visage, celle située entre les deux sourcils. C’est tout le danger du Botox qui donne un regard figé souvent très mal perçu. Une hypertonie de l’orbiculaire, avec ses fibres circulaires, va abaisser la queue du sourcil avec les années, en même temps que le chantus latéral, le résultat étant un regard fatigué. N’oublions pas que le regard que l’on a sur les autres va inévitablement se poser sur le sourire caractéristique généré par le modiolus de la

Reste la beauté émotionnelle, qui n’est ni statique, ni dynamique. C'est un visage que l'on croise et qui émeut, sans raison apparente. Léonard de Vinci a beaucoup travaillé le sujet. Il a essayé de comprendre l’eumorphie (l’équilibre des formes) et la morphologie normales. Mais attention, ce que l'on appelle « normal », c'est la moyenne, ce qui ne signifie pas le beau.

commissure latérale. Il faut raisonner sur la commissure des lèvres, l’intersection musculaire étant tirée vers le haut par le grand zygomatique, et latéralement par le risorius de Santorini (c’està-dire celui qui donne son sourire à la Joconde). Il faut éviter la contraction des muscles alentour qui pourrait créer une ride d'amertume s'opposant donc au sourire habituel. LE MUSCLE DU SOURIRE Il existe un lien direct entre le regard et le sourire par l’intervention de l’orbiculaire inférieur, qui est en réalité le muscle du sourire. En effet, ce muscle mobilise la graisse malaire, dont l’ascension donne cet effet de lifting naturel. Pour l’entretenir, souriez le plus souvent possible! Pour ce qui concerne le cou, son vieillissement se remarque par l’apparition de bandes platysmales qui, par leur contracture permanente, traduisent l’âge de la patiente. La beauté dynamique, c’est donc le charme du visage. Un petit mouvement des lèvres et des paupières suffit à charmer un interlocuteur...

LÉONARD DE VINCI La beauté provient, d’après Léonard de Vinci, de l’alternance du rythme tridimensionnel des courbes faciales et des volumes. Son idée est que le visage présente, par rapport aux sourcils, un rythme des courbes faciales (voir figure), à savoir celles de l’orbite, de la graisse malaire, de l’ovale du visage. C’est sur ce rythme des courbes faciales que le peintre s’est basé pour établir une notion de beauté émotionnelle. Le volume et la lumière jouent également un rôle déterminant. La photogénie, c’est la prise de la lumière. La peau doit être parfaite, évidemment. Les volumes des pommettes et des lèvres font aujourd’hui l’objet de la technique des fillings, dont il ne faut pas abuser, sous peine d’aspect caricatural, voire ridicule. L’ÊTRE AIMÉ EST BEAU La beauté émotionnelle est bien connue des artistes. Picasso avait dit que « le canon de la beauté, c’est celui de la femme que j’aime ». Ce qui révèle que la beauté est à l’intérieur de celui qui regarde. La beauté émotionnelle est bien traduite par les grands peintres, même s’ils ne respectent pas les canons statiques. Botticelli peignait des femmes avec de trop grands fronts ; Giacometti représentait des personnages trop allongés ; Botero, des caractères trop gros… Pour revenir à Picasso, la beauté émotionnelle c’est, dit-il « l’émotion que peut créer un artiste ». Il avait déstructuré les visages dans le cubisme. Et pourtant, ce qu’il voulait, c’était créer une émotion chez celui qui regarde.

LA BEAUTÉ ABSOLUE N’EXISTE PAS On peut conclure que la beauté absolue n’existe pas. Elle varie selon les cultures, les époques et les lieux, les géographies ou les sociétés. La beauté naturelle est liée à la nature, comme si la nature était toujours performante. Pourtant, elle n’est pas toujours bonne mère ! Elle a des accidents justifiant la chirurgie plastique qui est censée la reprendre, cette nature. L’esthétique, c’est le sens du beau. Mais ce n’est pas une science ! Les jugements resteront toujours subjectifs. LA RÉUSSITE, C’EST CE QUI NE SE VOIT PAS La chirurgie esthétique voudrait amener le patient vers le beau. Mais la réussite de la chirurgie esthétique, c’est celle qui ne se voit pas, tellement le résultat s’intègre dans le visage de manière naturelle, et donc parfaite. La patiente est satisfaite, l’entourage est satisfait, et alors, le chirurgien est satisfait. La beauté naturelle, c’est celle que la nature a faite au départ. On veut respecter – et surtout pas modifier – l’œuvre de Dieu…


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Par le Dr Marie-Françoise Guillou-Garnier

À

un moment crucial de leur développement, nombreuses sont les adolescentes qui souffrent en silence. Un simple défaut, une simple anomalie (congénitale ou non) dans le développement de leur poitrine peuvent créer une angoisse telle que, non seulement leur jeunesse est en partie gâchée, mais qu’en plus des traces psychologiques profondes perdureront tout au long de leur vie. Leur vulnérabilité est d’autant plus grande que les magazines féminins créent une véritable norme. Pourtant, leur problème n’est pas de se conformer à la

Jeunes filles en pleurs

Jeunes, plus ou moins heureuses

mode, mais tout simplement de vivre normalement. On ne peut donc parler en la circonstance de chirurgie « de confort », mais bel et bien de chirurgie réparatrice, celle qui remettra sur un chemin épanoui des jeunes filles qui pouvaient à tout jamais en être écartées. Quand on sait qu’il suffit d’une simple intervention, quelquefois légère, l’hésitation n’est pas de mise.


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QUE SE PASSE-T-IL PENDANT L’EXAMEN ?

Dr GUILLOU-GARNIER, QUELLES SONT LES ANOMALIES LES PLUS FRÉQUENTES ? On a essentiellement affaire à des jeunes filles qui se plaignent de seins trop volumineux (hypertrophies ) ou trop petits (hypotrophie) – voire absents (aplasie) –, à des asymétries plus ou moins marquées, à des malformations diverses (seins tubéreux), ou quelquefois à des mamelons ou à des seins surnuméraires (polythélie et polymastie).

La jeune fille est, en général, accompagnée de sa mère, mais il est important, pendant l’examen, de la voir seule. Certains cas sont suffisamment bénins pour que des propos convaincants suffisent à la rassurer et lui permettent d’enterrer ses craintes. Une certaine asymétrie, par exemple, peut-être tout à fait normale (cette particularité touche une adolescente sur quatre). Certains cas d'hypertrophie peuvent n'être que la manifestation d'un surpoids (auquel il faudra tout de même s'attaquer, mais par des moyens classiques). En revanche, il peut arriver que la jeune fille se laisse grossir pour justement noyer le regard. Elle souffre en réalité d’un défaut qu’il faudra corriger pour lui permettre de retrouver son équilibre. Enfin, d'autres cas justifient une intervention rapide en vue d'alléger une souffrance évidente (hypertrophie majeure douloureuse, aplasie, seins tubéreux…)

À QUEL ÂGE LES JEUNES FILLES DOIVENT-ELLES VENIR CONSULTER ? Le sein prend sa forme définitive trois ou quatre années après l’apparition des premières règles. Donc, une intervention sur cette zone peut être beaucoup plus précoce que sur d'autres zones pour des jeunes filles réglées précocement (le nez par exemple n'est pas stabilisé avant 18 ans). Et plus on traite le problème tôt, plus on évite une jeunesse et un parcours scolaire affectés par un complexe ou une souffrance muette. N'oublions pas la cruauté des regards pendant les cours de sport ou dans les vestiaires.


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L’INTERVENTION EST-ELLE TECHNIQUEMENT DIFFÉRENTE SUR UNE JEUNE FILLE ? Avant tout, il faut bien informer sur la période de cicatrisation qui peut être longue et donc de créer une nouvelle source de soucis à la jeune fille. En effet, la période pubertaire expose à un risque d’hypertrophie cicatricielle. Il faut donc prévoir des patchs de silicone pendant quelques mois. On aura aussi parfois recours à un traitement médical (avant la cure de certaines hypertrophies mammaires juvéniles très précoces). Dans les hypertrophies modérées avec une peau élastique, on peut proposer une technique de réduction de la base mammaire par voie sousmammaire stricte (avec toutefois l'obligation de porter un soutien-gorge nuit et jour pendant trois mois).

Pour les hypotrophies, on proposera des prothèses de plus petit volume que chez l'adulte. Cette augmentation peut aussi se faire par lipostructure (transfert graisseux), technique idéale si la patiente présente par ailleurs un excès graisseux (abdomen ou cuisse). L‘avantage est triple : Des cicatrices quasi invisibles, une évolution dans le temps qui suit les variations de poids, la non-nécessité de réintervention comme dans les augmentations par prothèses. Mais l'inconvénient de taille est actuellement la non-prise en charge de la lipostructure par la Sécurité sociale De même, pour les asymétries, on favorisera l’augmentation par transfert graisseux du sein le plus petit (car le sein opéré évoluera comme l’autre sein en cas de variation de poids, ce qui évitera une réintervention). D’une manière générale, dans la mesure où l’adolescente a une longue vie devant elle, il faudra l’informer sur les conséquences financières de la pose d’implants (réintervention tous les 15 ans en moyenne avec un coût non négligeable à chaque fois) afin de prendre une décision en fonction de son avenir proche, mais aussi lointain.

AU FINAL ? Malgré les difficultés inhérentes à leur risque cicatriciel et parfois à leur manque de maturité, ces interventions chez les adolescentes leur permettent un passage plus facile à leur vie de femme et leur donne une assurance non négligeable pour leur réussite scolaire


Un allègement considérable de l’anesthésie


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Opérations sous hypnose Par le Dr Sylvain Perelmuter Médecin anesthésiste réanimateur

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SÉDATIFS INFINIMENT MOINS PUISSANTS

'hypnose est un sommeil superficiel induit par suggestion d'un tiers ou influence personnelle, qui réduit la vigilance et entraine une détente physique et psychologique. C'est un état de conscience particulier (sans être un état de sommeil), encore mal défini et connu

L'anesthésie sous hypnose est une technique de plus en plus utilisée pour réduire les risques et les effets secondaires d'une anesthésie classique. Elle est utilisée conjointement avec des sédatifs infiniment moins puissants qu'avec une anesthésie générale et l'on parle d'hypno sédation. La Clinique Esthétique du Grand Lyon propose cette méthode depuis de nombreuses années, sous la direction du docteur Perelmuter. Ce médecin anesthésiste expérimenté a été formé à Rennes dans les années 70. La qualité de sa

depuis la plus haute antiquité. Elle revêt auprès du grand public une apparence magique entre attraction et crainte. Sa nature profonde n'est toujours pas complètement dévoilée mais ses manifestations sont de mieux en mieux comprises par les chercheurs.

formation s'est constamment approfondie avec l’évolution spectaculaire de sa spécialité (en moins de 20 ans, les risques ont été divisés par 10), mais il s’est parallèlement très vite intéressé à l’hypnose. Cette technique est utilisée depuis environ deux siècles dans le domaine médical, mais elle a trouvé un élan scientifique grâce à une spécialiste belge, aujourd’hui de réputation mondiale : le professeur Marie-Elisabeth Faymonville.


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Dr PERELMUTER, CETTE TECHNIQUE EST-ELLE RÉSERVÉE AUX OPÉRATIONS DE CHIRURGIE PLASTIQUE ? IMPLANTS, LIFTINGS, RHINOPLASTIES OU PLASTIES MAMMAIRES

Non, j’interviens aussi sur d’autres types d’opérations. Dans le domaine plastique, l’hypnose se pratique surtout à l’occasion de la pose d’implants, de liftings, de rhinoplasties ou de plasties mammaires.

REMPLACE-T-ELLE L’ANESTHÉSIE CLASSIQUE ? L’hypnose évite les sédations trop lourdes et constitue une anesthésie de complément. Elle renforce la procédure dans les interventions locales. Nous la proposons effectivement pour remplacer l’anesthésie générale dans certaines indications.

COMMENT PROCÉDEZ-VOUS ? CE N’EST PAS UN ENDORMISSEMENT MAGIQUE Il ne s’agit en aucun cas d’un endormissement magique comme on voudrait souvent le faire croire. En réalité, l’hypnose relève d’un phénomène tout à fait naturel et spontané que chacun possède. Le meilleur exemple est un enfant « dans la lune » : physiquement, il est présent, mais il pense à autre chose ; son esprit divague, il est ailleurs. Il suffit donc de favoriser le déclenchement de cette divagation. On parle de transe hypnotique spontanée.


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LA TRANSE DU CHAMANISME ? Non, nous ne parlons pas ici de transe par incantation. La transe hypnotique est un phénomène tout à fait calme, qui n’a rien de surnaturel. Ce phénomène est physiquement vérifié, puisque l'on en observe les répercussions sous imagerie médicale : le cerveau fonctionne, mais autrement. Certaines zones cérébrales sont activées alors que d’autres sont inhibées. La technique commence par l’induction de la transe : détachement par fixation de la pensée du patient sur un sujet agréable (souvenir). ON DISSOCIE LE CORPS DE LA PENSÉE On dissocie alors le corps de la pensée, en faisant quelquefois appel à la parole, qui peut renforcer le phénomène. L’entretien de la transe utilise des techniques spécifiques comme la technique de la réification (associer une couleur, une forme ou une matière à certains éléments). On modifie ainsi la perception de la douleur en la comparant, par exemple, à une sphère et en demandant à l’imagination du patient d’en réduire la taille, ce qui entraîne symétriquement une diminution de la douleur. Cela nous permet de pratiquer des interventions parfois longues (jusqu’à 4-5 heures).

QUE SE PASSE-T-IL, EN RÉALITÉ ? Lorsque le patient entre sous hypnose, il y a une modification au niveau de la perception sensorielle. Un peu comme au cinéma ou lors d’un concert : ce que l’on voit ou ce que l’on entend fait oublier toute réalité, fût-elle douloureuse. La notion de douleur s’estompe, tout comme la notion de temps.

PROMENADE SENSORIELLE Le patient est détaché de ce que l'on est en train de lui faire ; son esprit reste fixé sur un paysage, une odeur, un goût. On l’emmène dans une promenade sensorielle (en forêt par exemple), et cette promenade se prolonge jusqu’à la fin de l’intervention. À moi d'ajuster la profondeur de la promenade en fonction de la situation clinique. Pour terminer la séance, on ne va bien sûr pas « réveiller » le patient, mais on va le faire gentiment sortir de la forêt, et c’est lui-même qui reprendra conscience à la fin de la balade sylvestre. C’est la phase dite d’ « éveil ».


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DONC, VOUS N'ENDORMEZ PAS. Non. Comme on le voit, la technique consiste, avant l’administration d’un anesthésique local, à provoquer une distraction de l’esprit, de manière à modifier la perception. Je crée une diversion : le patient se concentre sur un autre sujet que l’intervention qu’il est en train de subir. Peu à peu, le patient se détache de son environnement jusqu'à devenir hyperconcentré sur le sujet « de diversion ». Il est alors sous sédation naturelle ! RÉCUPÉRATION BIEN PLUS RAPIDE On associe des médicaments de sédation anesthésique « à la demande » ; Mais grâce à l'hypnose, les doses peuvent être considérablement réduites. L’avantage, par rapport à l’anesthésie générale ou aux sédations poussées, c’est une récupération plus rapide en post opératoire ; c’est aussi une autre façon d’envisager son intervention, ce qui, en chirurgie esthétique, attire de nombreux patients

LE CHIRURGIEN EST ÉVIDEMMENT ASSOCIÉ À CETTE TECHNIQUE ? Tout à fait. Il opère, moi je supervise l'anesthésie. Il s’agit d’un travail d’équipe. Mais évidemment, le chirurgien et les infirmières doivent être habitués à cette méthode. Un grand calme est exigé de la part de l’équipe et si le chirurgien veut demander quelque chose au patient, il passe par moi.

CETTE TECHNIQUE S’APPLIQUE-T-ELLE À TOUS ? NOUS AVONS BESOIN DE LA COOPÉRATION DU PATIENT Non, elle ne concerne que les patients disposés à coopérer car leur participation fait partie du jeu. N’oublions pas que le patient est actif tout au long du processus. C’est lui qui en assure le succès. En consultation, je cherche donc à créer la complicité et la confiance du patient qui me permettront de donner une suite favorable au projet. Il faut écarter, bien sûr, ceux qui viennent avec des idées préconçues ou des aspirations ésotériques sur le sujet. Et bien évidemment ne retenir que les interventions qui relèvent de cette technique. L’évaluation de la durée de l'intervention est importante sachant qu'il est possible de conserver le patient dans un état second pendant plusieurs heures (comme pour un lifting). En moyenne, un tiers seulement des patients de la clinique ont recours à cette technique. Je ne cherche pas à convaincre ceux qui envisagent cette procédure, mais de les accompagner.

LE SUCCÈS EST-IL GARANTI ? SUCCÈS ASSURÉ Oui, car de toutes les façons, nous sommes dans des conditions d’anesthésie générale et, à tout moment, une anesthésie « classique » peut prendre le relais ; Mais en pratique, je n'ai eu à endormir qu'une seule patiente en l'espace de six ans et environ 150 patients opérés sous hypno sédation.

QUEL EST L’AVANTAGE ? Les doses de sédatifs sont considérablement réduites (de deux à dix fois). Et surtout, la grande satisfaction des patients ; les impressions et ressentis sont recueillis systématiquement après intervention sous hypnosédation, et le taux de satisfaction atteint plus de 99 %.

ON FAIT DONC DES ÉCONOMIES ? Malheureusement non, puisque je dois rester en permanence au contact du patient, ce qui arithmétiquement limite les interventions auxquelles je participe. Il m’est difficile d’en assurer plus de trois par jour, dont je sors évidemment épuisé, car la concentration doit être permanente. En revanche, on économise les produits et le temps, sans oublier la qualité de récupération des patients !


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LE POINT DE VUE DU CHIRURGIEN À PROPOS DE L’HYPNOSÉDATION • Proposition d’une solution intermédiaire entre l’anesthésie locale pure et l’anesthésie générale pour les récalcitrantes à cette dernière. • Technique supérieure à la neuro-leptanalgésie en termes de coopération active de la patiente durant l’intervention – réponse aux ordres simples tel que « tournez la tête ! » lors d’un lifting. Autres arguments : les patientes récupèrent plus vite et sont moins ensuquées • L’absence de perte de conscience rassure les patientes qui désirent conserver la maitrise de la situation, s’assurer qu’elles sont bien opérées par leur chirurgien et que les événements autour d’elle se déroulent normalement • De même, cette vigilance relative permet à la patiente de suivre les étapes d’un geste important pour son avenir et semble améliorer l’appréciation positive du résultat. Elle réalise le temps, l’énergie et la concentration nécessaires pour répondre à sa demande • Le temps d’intervention est transformé en temps de voyage agréable « …c’est géant / c’est top / c’est incroyable ! … ». Ceci renforce la complicité indispensable entre patiente et équipe chirurgicale. • Lors des liftings ou rhinoplasties, l’absence de sonde d’intubation ou de masque laryngé permet une grande liberté de mouvement autour de la face. • L’absence de discussion entre membres de l’équipe opératoire oblige chacun à se concentrer au maximum sur le geste et ses diverses étapes. • L’offre de cette technique d’anesthésie est un vrai argument de différenciation par rapport à la concurrence et il arrive souvent que la patiente vienne à nous pour notre anesthésiste-réanimateur. Situation inconnue dans les autres cliniques…

Par le Dr Vincent Auchane

Le Dr Vincent AUCHANE exerce à Lyon depuis 1992. Il est président de l'Association des cliniques esthétiques de France. Il est spécialiste de l’augmentation mammaire, du rajeunissement facial mais aussi de la rhinoplastie. Le Dr Auchane est expert près la Cour d'appel de Lyon.


Une mĂŠthode prometteuse


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Par le Dr Jean-Louis Goin

Traitement cutané en complément du lifting

L

e lifting atténue les effets du vieillissement sur le visage. Il s’attaque en particulier aux stigmates que sont le relâchement cutané et la perte des volumes (car la graisse fond avec le temps). Mais si « tirer » la peau est un geste aujourd’hui bien maîtrisé, l’ajustement volumétrique et le rendu naturel de la peau restent une partie délicate de l’intervention. Le Dr Goin s’intéresse depuis longtemps à cette étape finale du lifting et y apporte des améliorations.


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Dr GOIN, QUELLE EST LA NOUVEAUTÉ DE VOTRE MÉTHODE ? On s’était déjà aperçu que la simple traction de la peau ne suffisait pas à obtenir un lifting satisfaisant. Il fallait aussi augmenter les volumes sous cutanés, en particulier au niveau de la zone malaire, de la région suborbitale, des joues ou du menton. Car c’est essentiellement là qu’il faut compenser les volumes affectés par le vieillissement. Naturellement, cette question est identifiée depuis longtemps et les praticiens y répondent en injectant en profondeur des lipocytes, c’est-à-dire de la graisse autologue (prélevée sur une autre partie du corps). On arrive ainsi à compenser les vides par cette méthode naturelle, stable, simple et confortable. Mais, une fois les volumes reconstitués, reste un problème : le lissage final de la peau qui ne doit en aucun cas être gondolée. C’EST À CET ASPECT DES CHOSES QUE JE ME SUIS ATTAQUÉ.


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QUELLE EST VOTRE TECHNIQUE ?

RÉSULTAT ?

Auparavant, les canules d'infiltration utilisées (dites « de Coleman ») permettaient d'assurer l'apport volumétrique souhaité, ce que l'on appelle le lipofilling. Le seul problème était justement le lissage de la peau, car des grumeaux sous-

Les résultats sont très intéressants : on gagne en efficacité (au niveau des rides péribuccales, on traite par exemple les commissures et les

cutanés avaient tendance à affecter la texture de la peau, problème qui se résolvait par un traitement complémentaire au laser. Alors, afin de mieux napper la graisse sous la peau et d’éviter ces irrégularités, j’ai conçu de nouvelles canules très différentes de celles utilisées jusqu’alors. Ces nouvelles canules multi-sorties sont beaucoup plus fines et surtout disposent d'orifices dont le diamètre diminue au fur et à mesure qu'ils se rapprochent de l'extrémité. Ces multiples orifices sont latéraux, alors qu’auparavant ils se limitaient à deux et étaient terminaux. Ces canules sont reliées à un pistolet qui contrôle le débit et le volume de graisse injectée. L’angle de pénétration de la canule est également modifié : on pénètre le derme beaucoup plus en biais. Naturellement, il a fallu élaborer un jeu de canules de tailles différentes, afin de répondre aux besoins (qui varient d’une zone à l’autre) de la manière la plus précise possible. Une peau élastique ne se traite pas comme une peau brulée par le soleil.

lèvres avec le même geste). La finition est spectaculaire. Les rides s’effacent mieux. Les œdèmes et les ecchymoses sont beaucoup moins nombreux. Et surtout, on observe une réhydratation naturelle de la peau. Autrement dit, cette opération qui au départ se voulait esthétique devient en réalité thérapeutique !

Les rides importantes ne se traitent pas comme les sillons : il faut injecter une quantité plus ou moins importante de lipocytes pour obtenir une régression satisfaisante. Et au niveau des muscles corrugateurs, zone particulièrement délicate, la technique est encore différente.

DOIT-ON REDOUTER DES TRACES ? Pas du tout ! Les points d’injection disparaissent très vite.


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LA MÉTHODE OBÉIT-ELLE À DES GESTES PRÉCIS ? J’ai mis des années à comprendre quelle était la meilleure approche en fonction des zones spécifiques. La patte d’oie est particulièrement difficile car toute irrégularité sous-cutanée est immédiatement visible. Ce qui est visible ne doit surtout pas être… risible. Mais une fois que je suis parvenu à maîtriser la technique à ce niveau, j’ai pu facilement étendre le procédé aux zones para-orbitaires, puis aux joues, au menton, aux sillons et aux micro-rides. Grâce à cette technique, je puis aussi injecter un volume plus important de graisse (jusqu'à 60 cm3), tout en la répartissant de manière beaucoup plus homogène et en évitant tout problème du granulage. Le résultat est triple : • Un visage beaucoup plus lisse et naturel • Une peau rajeunie car mieux irriguée par un tissu sous-jacent adapté • Un résultat beaucoup plus durable

QUELLES SONT LES ZONES CONCERNÉES PAR VOTRE MÉTHODE ? Essentiellement les zones ressenties comme disgracieuses : rides frontales, pattes d’oie.

CETTE TECHNIQUE EST UTILISÉE PENDANT L’INTERVENTION MÊME ? Absolument, mais elle a un inconvénient, c’est qu’elle prolonge nettement sa durée : de 60 à 90 minutes supplémentaires. Mais évidemment, compte tenu de la fiabilité accrue et surtout de la durabilité du résultat, cet investissement en temps s’avère fort intéressant.

VOUS ÊTES LE SEUL À PRÉCONISER CETTE MÉTHODE ? Une équipe de confrères à Marseille est sur la même piste, ainsi que deux structures aux États-Unis.


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Augmentation naturelle des seins ou

implants mammaires, que choisir ?

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urant des décennies, les femmes qui désiraient plus de volume dans leur poitrine n'avaient qu'une option : les implants mammaires. Aujourd'hui, grâce à des avancées significatives dans la lipoaspiration, la thérapie cellulaire et le transfert de graisse, la chirurgie esthétique apporte des alternatives, telles le lipofilling ou la liposculpture, méthode plus naturelle que la pose d’implants. Par le Dr Franck Benhamou


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QU'EST-CE QUE L'AUGMENTATION MAMMAIRE NATURELLE? TRANSFERT DE GRAISSE L'augmentation mammaire naturelle par transfert de graisse (lipofilling ou liposculpture) commence par une liposuccion. On prélève les tissus adipeux des zones du corps stockant la graisse non désirée (fesses, hanches, cuisses...), puis on prépare ensuite les adipocytes par centrifugation. On procède alors à la réinjection au niveau des seins de ces cellules par micro canules spécifiques, selon des volumes prédéfinis. Cette autogreffe de cellules est injectée sous forme de microgouttelettes dans la poitrine. Les cellules permettent la survie de la matière grasse par la création de nouveaux vaisseaux sanguins, qui fournissent l'oxygène pour le nouveau tissu. Les résultats se stabilisent quelques mois après l’intervention car jusqu’à 30% de la graisse injectée disparaît.

POURQUOI CHOISIR L’AUGMENTATION MAMMAIRE NATURELLE ?

QUELS AVANTAGES PEUT-ON DONC VOIR À UNE AUGMENTATION NATURELLE DE LA POITRINE PAR INJECTION DE GRAISSE PLUTÔT QUE PAR IMPLANTS MAMMAIRES ? UN ASPECT NATUREL Tout d'abord, un aspect naturel à la vue et au toucher. Ensuite l’absence totale de corps étranger, pas d’implants, pas de produits, vos propres tissus sont simplement replacés au bon endroit. De ce fait, il y a moins de risques de complications qu'avec des prothèses, pas de rejets ni de problèmes de cicatrisation. L'augmentation mammaire naturelle n'entraîne pas de perte de sensation dans les seins ni au niveau des mamelons et n'interfère pas avec la mammographie ou l'allaitement. Atout supplémentaire : le corps est sculpté sur mesure. SILHOUETTE HARMONISÉE

AUCUNE INCISION La procédure ne nécessite aucune incision dans la poitrine, il n'y a donc pas de cicatrices ni de perte de sensations.

La poitrine devient plus volumineuse, la silhouette est harmonisée et les amas de graisses disparaissent définitivement. L’augmentation mammaire par transfert de graisse s’avère donc être la solution idéale pour une patiente qui désire une augmentation légère des seins (de une ou deux tailles de bonnet).


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POURQUOI PRÉFÉRER LES IMPLANTS?

l’important est donc d’adapter ses choix à sa morphologie

Ces nouvelles avancées et techniques en chirurgie plastique, bien qu’efficaces et novatrices ne remettent cependant pas en cause l’efficacité des prothèses mammaire. La pose d'implants mammaires est plus définitive et plus précise, et peut s'appliquer à toutes sortes de personnes, même celles qui ne disposent pas par exemple, d'assez de masse graisseuse pour procéder à un transfert de graisse. POUR UN CHANGEMENT RADICAL : LES IMPLANTS Les implants mammaires en gel de silicone continueront d'être la meilleure solution pour les femmes désirant un changement radical de la taille de leur poitrine. En effet ils permettent de choisir la taille, la forme, la cicatrice, pour un résultat stable et sur mesure. Les techniques et les technologies étant de plus en plus évoluées, ont réussi à obtenir des résultats très naturels à l'aide des prothèses anatomiques. Comme pour toute chirurgie, l’important est donc d’adapter ses choix à sa morphologie, sa personnalité, ses goûts, ses espérances… L’AVIS D’UN CHIRURGIEN QUALIFIÉ Ce qui peut être l’intervention idéale pour une personne peut se révéler être inadéquat pour une autre. Une consultation avec un bon chirurgien est toujours nécessaire pour vous guider et vous détailler les procédures, les interventions et évaluer les risques. De manière générale, pour un résultat discret et une harmonisation de la silhouette, vous préférerez une augmentation par transfert de graisse, pour celles qui désirent un réel changement de la poitrine, les prothèses mammaires restent la solution magique.


Viols dans la rĂŠgion des Grands Lacs


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Le chirurgien de l’espoir

L

e Dr Denis Mukwege* a fait ses études de médecine au Congo et au Burundi, puis sa spécialisation en gynécologie à Angers. En 1989, il est retourné dans sa ville natale de Bukavu (région des Grands Lacs) pour y exercer normalement sa profession. C’est en 1996 que les contrecoups du conflit rwandais atteignent cette région (qui auparavant était un véritable paradis naturel sur terre), avec des conséquences terribles : destruction de l’hôpital (hôpital général de Panzi) et surtout viols et mutilations sexuelles atroces et systématiques. Portant secours à des milliers de femmes, sa vie professionnelle s’est alors transformée. Jusqu’au 25 octobre 2012 où, grâce à l’intervention in extremis de ses voisins, il échappe miraculeusement à un attentat à son domicile, dont le gardien est assassiné. Après deux mois passés en Europe et aux États-Unis, il est de retour à Bukavu où nous l'avons interviewé par téléphone.

Par le Dr Denis Mukwege*

* Lauréat de la fondation Jacques Chirac novembre 2013 * Distinction: Right Livehood septembre 2013 (Nobel alternatif) * Prix Olof Palme, * Prix des droits de l'homme des Nations unies, * Prix des Droits de l'homme, * Chevalier de la Légion d'honneur, * Prix Van Goedart aux Pays-Bas, * Prix Roi-Baudoin


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VOUS DEVEZ ÊTRE DÉMORALISÉ ? Si je l’étais, je serais resté en Europe où j’ai pu, grâce à Dieu, respirer pendant quelques semaines. Non, en ce qui me concerne, je crois à la paix, je crois qu’il est possible de bâtir une nation sans violence. C’est pour cela que je suis revenu.

COMBIEN DE CAS DE MUTILATIONS TRAITEZ-VOUS ? En 2011, il y avait eu une certaine accalmie par rapport à l’année précédente. Mais en 2012, les chiffres sont redevenus effrayants : une centaine de femmes pouvaient se présenter chaque jour à l’hôpital.

SEULEMENT DES FEMMES ? Très rarement des hommes. DE 5 À 80 ANS

UNE TRANCHE D’ÂGE EST-ELLE PARTICULIÈREMENT VISÉE ? Dr MUKWEGE, COMMENT EXPLIQUER LE COMPORTEMENT BESTIAL DE CES BANDES ARMÉES ? Je ne saurais répondre à cette question. Je ne vois que les conséquences. Et elles sont terrifiantes. Il s'agit ni plus ni moins que la destruction volontaire et planifiée des organes sexuels féminins. VIOLENCES QUOTIDIENNES

MÊME EN CE MOMENT ?

Absolument pas. Les plus jeunes ont 5 ans, les plus âgées 80 ans. Je le répète : cette barbarie est érigée en système, que ce soit par objets tranchants, produits caustiques ou par balle.

L’HÔPITAL EST-IL SUFFISAMMENT ÉQUIPÉ POUR RÉPONDRE AUX BESOINS ? Oui. Il s’agit de l’hôpital général de la zone. La prise en charge est totalement professionnelle et nous disposons de sept chirurgiens. Mais il faut comprendre que l’approche doit être holistique car il faut tenir compte, évidemment, des mutilations

Oui. Actuellement, les violences se commettent quotidiennement dans la région.

elles-mêmes, mais aussi des leurs conséquences psychiques, économiques et juridiques.

COMMENT LA POPULATION VITELLE CETTE SITUATION ?

CE QUI ÉTAIT UNE IMPROVISATION DEVIENT UNE TECHNIQUE

Les conséquences sont tragiques. Les gens ne croient plus en leur destin. Cette guérilla détruit tout, et surtout anéantit le moral d’un peuple. C’est son but. Il s’agit de faire de ce paradis un enfer dans un but évidemment politique. On a l’impression que plus terrifiantes sont les atrocités, plus les barbares ont voix au chapitre.

ON S’ÉLOIGNE DU DOMAINE DE LA GYNÉCOLOGIE PROPREMENT DITE ?

JE CROIS MALGRÉ TOUT À LA PAIX

Oui, évidemment. Les problèmes de fistules recto-vaginales ou urétro-vaginales qu'entraînent ces mutilations ne répondent à aucune formation classique. Il a fallu dans un premier temps que j’improvise des techniques réparatrices. Aujourd’hui, après les milliers de cas que j’ai traités, j’ai mis au point certaines techniques en matière de fistules qui permettent une meilleure efficacité. J’en ferai une communication scientifique ultérieurement.


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Une centaine de femmes pouvaient se présenter chaque jour à l’hôpital.


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PARVENEZ-VOUS À GUÉRIR TOTALEMENT CES FEMMES ? Dans 90 % des cas, oui. Mais 10 % de ces malheureuses seront incontinentes à vie, que ce soit pour la miction ou la défécation. Autrement dit, elles seront socialement exclues à jamais.

QU’EN EST-IL DE LEUR RÉINTÉGRATION ? Nos services sociaux leur viennent en aide et très souvent, grâce à l’apport un micro-crédit, elles parviennent à s’en sortir. À tel point que, lorsque je me suis réfugié en Europe suite à l'attentat, certaines se sont cotisé pour tenter de payer mon billet de retour. C’est d’ailleurs ce qui m’a décidé à revenir, malgré les risques (je suis obligé de résider en permanence dans l’hôpital). LA RÉDEMPTION PAR LA JUSTICE

Mais la vraie rédemption, ce serait la réparation en justice. Nombre d’entre elles croisent leur(s) violeurs(s), ce qui prolonge le traumatisme. Notre hôpital dispose d’une antenne juridique qui a permis de traîner bon nombre d’agresseurs devant les tribunaux. Mais nombre de ces bandes incontrôlées se terrent dans les pays voisins et sont donc inaccessibles.


Nombre de ces bandes incontr么l茅es se terrent dans les pays voisins


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RECEVEZ-VOUS DE L’AIDE EXTÉRIEURE ? L’Union européenne participe au financement du plateau technique et des médicaments. Mais des professionnels, en particulier de Belgique et d’Angers, viennent épisodiquement nous aider à Bukavu. C'est ainsi qu'une équipe belge de l'école européenne de laparoscopie nous apporte son expérience, ce qui nous est évidemment très utile, car, grâce à cette technique, les interventions deviennent moins invasives et les séjours plus courts. Cela dit, il est évident que nous entrons ici dans le domaine de la chirurgie reconstructrice, et un soutien des spécialistes français – reconnus mondialement dans le domaine de la technique du lambeau – nous serait précieux.


Rebecca Ayoko

interview


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L’innocence et la violence


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TRADITIONNELLEMENT, EXISTE-T-IL EN AFRIQUE, UNE HABITUDE DES MÈRES D’INITIER À LA VIE SEXUELLE LES JEUNES FILLES ? Pas du tout. Dans mon cas, comme pour presque nous toutes, ce n’est qu’à l’occasion de mes premières règles que ma mère m’a donné quelques explications. Et rien d’autre. C’est le contraire de l’Asie, où l’initiation a en général lieu très tôt, préparant (souvent de manière précoce) le terrain psychologique des filles.

DONC, LORSQUE VOUS AVEZ ÉTÉ AGRESSÉE, VOUS NE VOUS DOUTIEZ DE RIEN ? INCOMPRÉHENSION TOTALE Absolument rien ! Je n’avais que 13 ans et lorsque la femme qui m’hébergeait m’a donnée en offrande à son ami alors que j’étais vierge, elle me tenait les mains pendant que la brute officiait. Je ne comprenais rien ; je hurlais et me débattais et au final, je me suis sentie matraquée, et, on le verra plus tard… détraquée.

VOUS AVEZ RACONTÉ LA SCÈNE À VOTRE FAMILLE ? LA HONTE ET L’OPPROBRE Impossible, car, en plus de la honte profondément ressentie, parler serait de surcroît jeter l’opprobre sur la famille !


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MAIS QUE SE PASSE-T-IL LORSQU’UNE ENFANT VIOLÉE SE PLAINT ? De toutes les manières, le sujet reste tabou. La police et la justice n’interviennent jamais, même s’il s’agit d’un inceste. LA JUSTICE AURAIT PU ME SAUVER Si l’agresseur est identifié et solvable, on saisira les sages pour imposer un mariage (qui sera peut-être le nième pour les polygames)

Je n’avais que 13 ans et lorsque la femme qui m’hébergeait m’a donnée en offrande à son ami

ou obtenir un dédommagement (pour racheter l’honneur perdu de la famille). La fille, quant à elle, restant déconsidérée à jamais.

CES VIOLS D’ENFANTS SONT-ILS FRÉQUENTS ? Oui. C’est de la chair fraîche, qui peut même avoir des vertus thérapeutiques : Une vierge était censée guérir du sida en Afrique du Sud, il n'y a pas si longtemps. Des viols « correctifs » sont censés mettre au pas les homosexuelles (l’homosexualité étant bannie dans l’Afrique traditionnelle). Et n’oublions pas que 25% des Sud-Africains admettent avoir violé au moins une fois dans leur vie. Dans les écoles, des autorités viennent tout simplement « faire leur marché ». Dans la rue, une petite vendeuse risque toujours de se faire choper, traîner dans un coin et violée sans même savoir ce qui lui arrive.

SE REMET-ON D’UNE TELLE AGRESSION ? ON SERA TOUJOURS SUR SES GARDES Jamais. Surtout si le crime n’est pas jugé. Je pense en effet que si j’avais vu mon agresseur traîné dans un tribunal, les choses se seraient passées différemment. On est détruit sexuellement. On connaîtra difficilement la fusion amoureuse, qui ne passera que par des hommes d’une douceur extrême. On sera toujours sur ses gardes.


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DE SURCROÎT, UNE FILLE EST NÉE DE CE VIOL ? C’est peut-être le plus terrible, car je n’ai jamais pu lui donner l’amour qu’une mère éprouve envers son enfant. Et, tout comme les gènes, le malheur se transmet. Elle n’a pas une vie épanouie.

EN AFRIQUE OCCIDENTALE ET ÉQUATORIALE, L’EXCISION N’EST PAS PRATIQUÉE ? Non, mais au Bénin, par exemple, on étire le clitoris chaque jour pour lui donner une longueur parfois démesurée.


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COMMENT EST RESSENTIE LA POLYGAMIE ? LA POLYGAMIE EST MAL VÉCUE En général, elle est très mal subie. L’homme renouvelle régulièrement son cheptel et les épouses successives s’entendent en général très mal. Ma mère, fuyant mon père, est tombée dans les bras d’un inspecteur de police, qui, a-t-elle découvert, avait déjà deux épouses, puis qui a, sans vergogne, continué sur cette lancée !

CELA SIGNIFIE-T-IL QU’ENTRE CES BRUTALITÉS ET LES MUTILATIONS, LA SEXUALITÉ DES FEMMES EST SANS ISSUE ? SANS CELA, L’AFRIQUE EST UNE TERRE D’ÉPANOUISSEMENT Pas du tout ! Si elles parviennent à échapper à ces malédictions – et c’est bien sûr la majorité – les femmes africaines vivent une sexualité épanouie, voire exaltante grâce à la très grande liberté sexuelle qui règne sur la majorité du continent. N’oublions pas que, jusque récemment, l’homme africain n’était pas enfermé dans les carcans moraux et religieux de la société occidentale et il vivait de façon beaucoup plus libre et spontanée, état que même les missionnaires n’avaient pas réussi à effacer.


Yves Saint Laurent et ses femmes


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MAIS COMMENT EXPLIQUER L’INCROYABLE BRUTALITÉ DES HORDES DE GUERRIERS DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS QUI COUPENT SYSTÉMATIQUEMENT LES SEINS, DÉCHIRENT LES VAGINS AU POIGNARD OU LES BRÛLENT À L’ACIDE ? L’AFRICAIN SUPPORTE LA FAMINE ET LA POLITIQUE

L’Africain supporte tout : la misère, la sécheresse, la famine, et même la politique ! Il est docile, gentil, serviable. Mais lorsque le trop-plein se produit, il se transforme en diable. Cela n’explique néanmoins pas l’incroyable carnage dans la région des Grands Lacs qui engendre une nouvelle notion : celle de REV (rape with extreme violence) devant laquelle le monde est désemparé.

OÙ EN ÊTES-VOUS, AUJOURD’HUI ? LE REFUGE DE L’ÉGLISE Vous savez, lorsque petite fille, après une fugue à Libreville, ma tante a rempli mon vagin d’un mélange de piment et de gingembre, les dés étaient jetés. Même avec mon incroyable parcours, que l'on pourrait presque qualifier de magique, aucun épanouissement intime n'est à espérer pour moi sur cette terre. Je vis ce qui m’arrive de manière détachée (d’où mon succès, peut-être). Mon équilibre, c’est dans l’église de Dieu que je le trouve. Je suis une catholique fervente.

QUAND LES ÉTOILES DEVIENNENT NOIRES Quand les étoiles deviennent noires est le nom d'une robe qu'Yves Saint Laurent a dédiée à son égérie, Rebecca Ayoko, dans les années 1980. Née dans un village du Ghana, Rebecca, qui aurait pu devenir prêtresse vaudoue aussi bien que bonne sœur, vit dans la rue et se retrouve enfant esclave battue, exploitée, violée, puis mère à treize ans. Dotée d'une incroyable force vitale, elle lutte pour s'en sortir et décider de son destin. Repérée pour son incroyable beauté, Rebecca est élue Miss Côte d'Ivoire et s'envole pour Paris. Elle gravit les échelons du mannequinat, avant de devenir la mannequin vedette d'Yves Saint Laurent. Admiration réciproque, complicité, la relation entre Rebecca et le grand couturier est unique. Mais cette ascension fulgurante, ce succès météorique a un prix. La chute est d'autant plus douloureuse... Trop longtemps cantonnée au rôle qui lui était assigné: « Sois belle et tais-toi ! », Rebecca parle pour la première fois, et nous raconte sa trajectoire insensée, au travers d'un texte qu'elle a porté en elle pendant des années. Éditions Jean-Claude Gawsewitch 19,90 euros


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FUSIONNEL, ASEXUÉ ET ANDROGYNE

OLEG DOU

Photographe russe

O

leg Dou est né à Moscou en en 1983 (donc en Union Soviétique). Son père est un artiste plasticien et sa mère est couturière, il subit très jeune cette double influence de la peinture et de la mode dans un régime encore enchâssé dans son carcan communiste. Très tôt découvre le monde numérique avec la créativité que procurent les logiciels de transformation des images. C’est en 2005 qu’il se procure son premier appareil photo et qu’une rencontre photographique va le conduire vers des recherches esthétiques étonnantes et dérangeantes.


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Un ami lui présente sa ravissante compagne, dont la beauté diaphane et le teint particulièrement clair le captivent. Il lui propose ses services de photographe en herbe. Elle accepte, mais les résultats sont bien loin de l'image « intérieure » qu'Oleg souhaitait réaliser. Pour lui, elles étaient ratées et il fallait les retravailler. Ses essais numériques dépassent très vite la simple étape de retouches pour aboutir à une création très éloignée de l’original. Le portrait n’est plus le portrait de la jeune femme mais une sorte de perception intériorisée. Ce travail surexposé est le point de départ de la libération des inspirations esthétiques et créatrices si originales d'Oleg Dou. Depuis cette époque, ses modèles sont des femmes et des enfants, "êtres" transformés, épurés, sur lesquels le regard du créateur glisse et capte l'essence de leur émotion interne. Tout ce travail aboutit à une vison diaphane du monde. Les images d'Oleg Dou sont dérangeantes, magnétiques : visages sans cils ni sourcils, teint blafard évoquant la fragilité de la porcelaine. Ses visages sont découpés au scalpel puis recomposés. Oleg fait ressortir, par son travail de chirurgien, l'intérieur de l'âme, chacun avec son histoire et son vécu. Il n'y a plus réellement d'hommes et de femmes mais un monde pictural déshumanisé, mi-photo, mi-peinture, totalement original, trouble et limpide. L'art d'Oleg Dou est fusionnel, asexué et androgyne.

La jeune femme, tout d’abord interloquée, finit par comprendre la sublimation qu’Oleg a fait d’elle. Il travaille actuellement sur la porcelaine, matière fragile qui se prête parfaitement à cette vision diaphane du monde.


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Loin de la sécurité qu'offrait le système soviétique de sa naissance, Oleg Dou se projette dans la mondialisation actuelle de la société avec une originalité foudroyante.

Oleg Dou a acheté mon premier appareil-photo en 2005, sans but particulier. Un de ses amis lui a présenté sa compagne. Comme il la trouvait photogénique, Oleg lui a proposé ses services de photographe en herbe. Elle avait une beauté diaphane et un teint particulièrement clair. Elle a accepté de prendre le risque. Malheureusement, les clichés ne furent pas du tout conformes aux attentes de l’apprenti. On peut même dire qu’ils étaient tout simplement ratés ! Seule solution : les retravailler, dans l’espoir de se rapprocher de la réalité du modèle. Mais, là encore, l’expérience manquait. La démesure de retouches éloignait encore plus le cliché du modèle. Le réel devenait fictif !


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Cet incident originel lui permettait de sortir de sa chrysalide. Il pouvait s’envoler.

Mais au final, ces photos « ratées » se rapprochaient du modèle qu’Oleg avait entrevu dans son imagination en découvrant cette jeune fille. Cet incident originel lui permettait de sortir de sa chrysalide. Il pouvait s’envoler. Accessoirement, découvrant ses portraits, la jeune femme a été assez estomaquée, se demandant si elle était une mutante. C’est cet incident initial qui a donné à Oleg Dou la hardiesse de donner libre cours à ses aspirations esthétiques. Aujourd’hui, ses modèles sont des enfants et des femmes qu’il considère plutôt comme objets que comme sujets. Des objets de travail, des objets qui lui permettent d’approfondir ses techniques, des objets sur lesquels son regard glisse et diffracte une émotion qui imprègne l’écran final. Cependant, dans la mesure où il capte l’essence de ces objets, il dit éprouver une grande affinité à leur égard. Son travail sur la porcelaine s’inscrit dans la continuation de son travail car cette matière se prête parfaitement à sa vision diaphane du monde. Un monde pictural deshumanisé, mi-photo mi-peinture, totalement original, à la fois trouble et limpide. fusionnel, asexué, androgyne.


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Une galerie russe a Paris Liza Fetissova


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Liza Fetissova est depuis 2007 la directrice de la galerie RussianTeaRoom, nichée dans le Marais à Paris, spécialisée dans la photographie russe. Elle a organisé une quarantaine d’expositions en France et à l’étranger et a publié deux livres ainsi qu’une douzaine de portfolios.


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LIZA, QUELLE EST LA SPÉCIFICITÉ DE LA PHOTOGRAPHIE RUSSE ? Il faut remonter au mimétisme structurel soviétique. Le corps était alors un instrument de propagande. Le caractère sexuel en était certes sous-jacent, mais il n’était pas primordial. Ses représentations étaient tout à tour tendresse et cruauté, dépression et romantisme. L’accent était mis sur les rapports humains et sur l’environnement. C’est ce que je veux montrer au cours de ma prochaine exposition*. Mais bien sûr, aujourd’hui ma galerie est ouverte à des inspirations internationales.

POURQUOI AUJOURD’HUI ENTRETENIR UNE GALERIE, QUI EST UNE STRUCTURE LOURDE, ALORS QUE DES EXPOSITIONS PEUVENT SIMPLEMENT ÊTRE ORGANISÉES PAR INTERNET ? La galerie est un forum vivant, sensuel, charnel, dirais-je même. Dans une galerie, il y a du mouvement, des rencontres, des réflexions. Des contacts passionnels se nouent. Chaque personne qui pousse la porte d’entrée annonce une nouvelle expérience dont je vais m’enrichir. Les réactions des visiteurs (grand public, professionnels, journalistes…) me confortent ou au contraire aident mes orientations. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on parle très peu affaires, dans une galerie. On se contente de vibrer au rythme de l’art. C’est ce qui permet de rester à la pointe des évolutions contemporaines. Et puis, une galerie qui vit est le ferment d’une réputation qui s’étend. En revanche, l’Internet permet évidemment de débusquer de nouveaux talents.

EN QUOI LA PHOTO ET LA VIDÉO SONT-ELLES D’UNE NATURE DIFFÉRENTE ? La photo n’est absolument pas un arrêt sur image ! En effet, elle provoque un amour spontané, instantané, irréfléchi et souvent irréversible. La vidéo s’étend dans le temps. Elle exige une certaine analyse et repose sur des images, certes, mais aussi sur un scénario. Elle fait donc appel à d’autres structures dans notre cerveau.

POINT DE RENCONTRES PASSIONNÉES, LA GALERIE PERMET ACCESSOIREMENT DE VENDRE PLUS FACILEMENT ! Une vente est certes une joie, mais d’une autre nature…


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DOSSIER SPÉCIAL ...

... TRANSGENRE


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JURIDIQUE LÉGISLATION PSYCHIATRES HORMONES VOIX CHIRUGIES FEMINISATION TEMOIGNAGE FACILITÉS


M.F.X. Masculin-FĂŠminin-Pluriel


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Il convient de rapprocher cette évolution en Allemagne avec le mouvement visant à interdire la circoncision rituelle, là encore pour éviter une procédure irréversible sur une personne qui a un droit manifeste à l’autodétermination (rappelons qu’en France, toute mutilation volontaire sur autrui est passible des assises). L’autodétermination sur son propre corps est de plus en plus considérée comme un droit humain de base.

Tolérance L’Allemagne ouvre la voie

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es législations de l’Argentine, du Danemark et de la Western Australia avaient depuis longtemps pris en considération la dysphorie de genre (discordance entre sexe biologique et identité sexuelle) : une simple déclaration permettait de changer de sexe. Mais surtout, en janvier 2013, les Népalais sont allés plus loin : leur passeport comporte une troisième case « transgenre ». C’est donc sur le modèle himalayen que les Allemands ont

Cette évolution ultra-rhénane suit en réalité un courant culturel en Occident, qui fissure le carcan sexuel ancestral imposé par les religions (dont le clergé ne respectait d’ailleurs pas forcément les préceptes !). Aujourd’hui aux États-Unis, la création de toilettes « unisexes » dans les universités et les aéroports viennent contrecarrer l’intolérance juridique et médicale à l’égard des transsexuels. Dès les premiers mois, les parents sont sommés de choisir

atteint le sommet brumeux de l’identité sexuelle. Une loi promulguée le 1er novembre reconnaît implicitement l’existence d’un troisième sexe nommé « indéterminé ». Elle concerne les enfants qui présentent une ambiguïté sexuelle constitutive, qui rendrait impossible la différenciation des organes génitaux. Cette loi, élaborée par un ensemble de théologiens, d’universitaires et de juristes, évite aux parents concernés de prendre des décisions hormonales et chirurgicales prématurées, les soulageant de décisions douloureuses, lourdes et, évidemment, irréversibles. Autrement dit, la loi vise d’abord à soulager la conscience des parents, et, par ricochet, d’assurer une vie sereine au rejeton, en lui donnant un droit d’autodétermination.

un sexe et d’appliquer les protocoles médicaux et chirurgicaux en conséquence. Le processus étant définitif, la vie d’un individu peut tourner au drame, en sachant que c’est à la puberté que le sexe sera vécu dans sa pureté originelle. En Allemagne, donc, une case « X » s’ajoutera désormais à l’identification de sexe sur les passeports, les « X » ayant la possibilité de cocher l’une ou l’autre case ultérieurement. Il est difficile d’estimer le nombre de nouveau-nés concernés – le flou juridique n’encourageant pas les parents ou les autorités médicales à signaler les cas. Selon certaines estimations, l’ambiguïté du sexe pourrait concerner une naissance sur 2000. En reconnaissant ainsi l’intersexualité, l'Allemagne fait figure de proue en Europe.


Bordeaux : un service transgenre particulièrement performant


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Un geste pour l'état civil

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es travaux de l’équipe du Pr Vincent Casoli au CHU de Bordeaux ont déjà été évoqués dans nos pages. Son collaborateur, le Dr Weigert, est pour sa part à la tête d'une unité spécialement dédiée aux opérations sur les transsexuels, un service qui recouvre les nombreuses facettes qu'exigent de telles transformations majeures. En effet, l’intervention qui va irrémédiablement changer le genre d’une personne est lourde. Et pourtant, elle est ressentie comme une simple étape vers la délivrance par des patients angoissés, tant leur mal-être est profond. Par le Dr Romain Weigert


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Dr WEIGERT, LE SENS HOMME>FEMME EST-IL PLUS SIMPLE QUE LE SENS FEMME>HOMME ? OBJECTIF : URINER DEBOUT ! Même si, à Bordeaux, nous disposons d’un service transgenre particulièrement performant, transformer une femme en homme est très délicat car on ne peut pas tout contrôler. Il faut comprendre que l’objectif pratique que recherche la patiente est d’uriner debout. Nous avons donc affaire à une procédure reconstructrice (la phalloplastie), qui se doit de mettre en place un organe ressemblant le plus possible à un pénis. La référence, au niveau européen, c’est d’implanter un lambeau libre qui sera généralement un morceau de tissu prélevé sur le bras, auquel est associée une artère radiale (pour une bonne vascularisation). On obtient un membre, certes, sanglant et sans érection (puisqu'il n'y aura pas de corps caverneux), mais qui, grâce à la création d'un urètre, relié à l'urètre féminin original, permettre de remplir l'objectif associé à l'état masculin (même si au Portugal, les femmes, traditionnellement, urinaient debout et si dans différents pays du Moyen-Orient et d’Asie, les hommes urinent accroupis !).

IL S’AGIT D’UNE INTERVENTION IMPORTANTE ? LES TECHNIQUES LES PLUS POINTUES L’opération dure effectivement de 6 à 8 heures, et fait intervenir les techniques de microchirurgie les plus pointues. L'anastomose chirurgicale se fait au microscope et traite des vaisseaux très fins et suppose des sutures très fines. Il faut à tout prix se garder des thromboses, qui pourraient entraîner la perte du membre. Une intense surveillance 24/24, par du personnel hautement spécialisé, est nécessaire pendant une dizaine de jours, et le résultat final s’observe en général à partir d’un mois.


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MAIS POURQUOI CE BESOIN D’URINER DEBOUT ? Exclusivement psychologique, ce qui, pour le chirurgien, pose un vrai problème. Nous sommes destinés à régler des problèmes physiques, et nous voici appelés à répondre à une demande exclusivement psychologique, qui ne répond à aucune exigence fonctionnelle.

CHAQUE CAS EST UNE NOUVELLE AVENTURE ? UNE DÉCISION TOUJOURS CONCERTÉE Il faut effectivement s’adapter à chaque cas, tout en essayant de suivre les recommandations de la SOFCEP (Société française des chirurgiens plasticiens), mais aussi des instances internationales (WPATH). Mais la concertation est très grande entre praticiens et aucune décision ne saurait se prendre de manière isolée.


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FAUT-IL SE FAIRE OPÉRER EN FRANCE ? EN FRANCE, JAMAIS SANS LE PSYCHIATRE La chirurgie française de la transsexualité est en pointe, tout comme celle de la Belgique, des Pays-Bas et de la Thaïlande. Ce qui n’existe pas ailleurs, en revanche, c’est la prise en charge par des services psychiatriques spécialisés. En France, on n’obéit pas au patient, mais au psychiatre qui seul peut déterminer si un processus irréversible est souhaitable. L’intérêt final du patient est toujours prioritaire. Si, par exemple, un(e) patient(e) réclame une transition, l'opération ne pourra pas se dérouler avant deux années de suivi psychiatrique. Il faut comprendre que pour nous, chirurgiens, lancer une mutilation inutile nous dégagerait du serment d’Hippocrate ! Cela dit, l’opération – qui fait appel à la fois à la chirurgie artérielle, veineuse et nerveuse –, est totalement prise au sérieux et répond à la même éthique que toute autre opération reconstructrice. La prise en charge hospitalière est d’ailleurs la même.

ET DANS LE SENS HOMME>FEMME ? VAGINOPLASTIE L’ablation est complète, mais les zones érogènes (le gland) sont enfouies, laissant une apparence et une sensation de clitoris. Chez l’homme qui veut devenir femme, la technique est précise, mais nécessite une excellente connaissance pour assurer une reconstruction satisfaisante. L’opération est plus rapide (environ trois heures). La vaginoplastie (création du vagin) se fait à l’aide d’une cavité entre le rectum et la vessie. Cette technique, qui fait appel à une greffe de peau, est aussi utilisée pour les jeunes files victimes d’une malformation. Inutile de préciser qu’il s’agit d’une zone délicate qui ne souffre pas l’erreur, sous peine de complications urinaires ou autres. Les dimensions anatomiques sont fixées par le terrain. En général, on parvient à créer une cavité de 30 à 40 mm de diamètre, pour une longueur qui n'excédera pas 13 cm. LE GESTE IRRÉVERSIBLE On procède évidemment à l'ablation des testicules, le geste le plus définitif puisque le juge s'appuiera sur cette orchidectomie bilatérale (castration) pour établir le nouvel état civil. Le pénis est ensuite évidé, les corps caverneux retirés : mais l’on garde de petits moignons qui peuvent servir à apporter une sensibilité érogène car les corps caverneux en sont le centre. On conserve une partie de l’urètre entouré de corps spongieux et de bandelettes veineuses (pour la vascularisation). Le clitoris est créé à partir du gland. Une fois ces procédures achevées, on invagine le tout dans la néo cavité, puis on crée les grandes et les petites lèvres.


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QU’EN EST-IL DES FONCTIONNALITÉS SEXUELLES ? Pour le « nouvel » homme, en fonction des options choisies, on insère une prothèse pénienne dans le lambeau qui donnera la sensation (psychologique) d’une pénétration. Dans certains cas, on aura pris soin de brancher un nerf sensitif cutané qui sera relié au clitoris que nous aurons laissé en place. L’essentiel du plaisir proviendra du contact de cette zone avec la partenaire. SEX-TOYS Pour la « nouvelle » femme, il lui faudra paradoxalement être sexuellement très active (même en ayant recours à des sex-toys), afin de préserver sa nouvelle anatomie et d’éviter une contraction ou un rétrécissement qui anéantiraient tous ces efforts. D’où un véritable protocole de dilatation que nous établissons, qui peut être assez contraignant, tel le port d’un godemichet pendant plusieurs heures d’affilée. RÉAPPRENDRE À VIVRE D’une manière générale (et comme toujours), ce n’est pas tant l’aspect mécanique qui régit l’intensité du plaisir que l’aspect psychologique. D’où l’importance que nous accordons à la préparation, mais aussi au suivi car, une fois la transformation finalisée, vivre dans un nouveau corps crée une situation totalement nouvelle, à laquelle tous les patients ne s’attendaient pas. Il leur faut donc en réalité réapprendre à vivre.


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Par le Dr Dorian Sandre-Banon

Traitement hormonal des transsexuels

L’indispensable compagnon de route

Dr SANDREBANON, PAR QUEL INTERMÉDIAIRE LES PATIENTS VIENNENTILS VOUS CONSULTER ? Ce sont essentiellement les praticiens (médecins traitants, psychiatres, gynécologues) qui m’adressent des personnes souffrant manifestement de troubles de la personnalité. LE RÔLE MAJEUR DE L’INTERNET Mais je reçois également des jeunes qui, ressentant un certain trouble, font leurs recherches sur Internet, s’essaient à quelques médicaments et comprennent vite que seul un professionnel peut les aider. Il arrive aussi que des associations servent d’intermédiaires car certaines sont très actives (voire, pour certaines un peu fantaisistes). Enfin, nombre d’endocrinologues se désintéressant des transsexuels, qui constituent évidemment des cas à part, je reçois donc également leurs patients.


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ATTAQUEZ-VOUS DIRECTEMENT UN TRAITEMENT HORMONAL POUR LES AIDER À CHANGER DE SEXE ? UNE GRANDE EXPÉRIENCE Bien sûr que non ! Dans un processus aussi complexe, j’ai besoin des conclusions des psychologues ou des psychiatres. Mais il est vrai que mon expertise me permet de mieux interpréter ces conclusions, voire, dans certains cas, de les infléchir. Mais généralement, je les suis.

CEPENDANT, QU’EN EST-IL DE CEUX QUI VIENNENT VOUS VOIR DIRECTEMENT ? Ce qui est raisonnable et ce qui ne l’est pas Je ne vais pas lancer une hormonothérapie sur un colosse de 115 kg qui déclare tout de go qu’il aimerait changer de sexe ! De même, avant d’entamer un traitement sur une jeune femme qui a deux enfants, vous pensez bien que des discussions approfondies, quelquefois difficiles, précèdent toute décision ! Et j’encourage le passage par la case « psy ».


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IL Y A TOUJOURS UNE HÉSITATION AU DÉPART ? Presque la moitié des situations auxquelles je suis confrontée sont bien identifiées. Depuis l’enfance, certaines personnes ont toujours pensé être de l’autre sexe et vivent un véritable cauchemar quotidien. Mais malgré cette assurance, il faut aussi déterminer si la personne veut modifier son SEXE ou changer de GENRE. Autrement dit, il faut distinguer les cas où le problème est la volonté intime ou au contraire la pression sociale, ce qui est très différent.

LE POIDS DE LA LÉGISLATION Ce point est très important car la législation française actuelle ne permet pas de changer de genre sur les pièces d’identité sans changer de sexe (castration pour les uns, hystérectomie pour les autres). Autrement dit, si la législation n’avait pas cette exigence, certaines personnes se passeraient totalement de l’acte chirurgical, considérant que leurs attributs ne regardent qu’eux-mêmes et que le seul drame qu’ils vivent, c’est de se faire appeler « Madame » ou « Monsieur » ! Là encore, seule une réflexion approfondie oriente la décision finale.


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LANCER LA PROCÉDURE Mais lorsqu’une personne, dans son intimité profonde, a depuis toujours ardemment désiré changer de genre. On peut envisager de lancer la procédure, avec, à la clé, la certitude d’apporter le bien-être à une personne qui ne l’a jamais connu.

SENTEZ-VOUS UNE ÉVOLUTION DES MENTALITÉS ? Tout à fait. Le fait que le trouble soit mieux connu (largement grâce à l’Internet) permet de mettre au jour des problèmes qui, auparavant, étaient enfouis. Le sujet met un nom sur ce qui le rend malheureux. À partir de là, les choses deviennent plus simples pour lui, même, on l’aura compris, si le processus qui l’attend est long et complexe. Et surtout, la personne se sent dédiabolisée car elle sait que ses aspirations n’ont absolument rien de pervers. Elle est donc mieux à même de résister aux humiliations, aux moqueries et aux sévices dont elle est l’objet.

VOUS PROPOSEZ DONC DEUX OPTIONS, FORCÉMENT SYMÉTRIQUES ? Il s’agit de faire acquérir une partie des caractéristiques de l’autre sexe, et cela, dans les conditions médicales les plus satisfaisantes. TRANSITION Pour la transition femme>homme, il faut s’assurer qu’il n’existe aucune contre-indication pour le traitement hormonal. Par exemple, dans la mesure où les hormones mâles augmentent la quantité de globules rouges (les performances se voyant augmentées, comme chez certains cyclistes !), il faut s’assurer que le terrain cardio-vasculaire est propice et, par conséquent, bien surveiller la tension. En effet, trop de globules rouges risquent d’oblitérer les artères ! Le foie fait l’objet d’une surveillance particulière car c’est là que les médicaments sont absorbés et traités.

SURVEILLER LES RÉACTIONS DU CORPS Il y a donc un équilibre à trouver pour qu’en même temps, une certaine transformation se produise mais que la santé ne soit pas affectée. Dans le sens inverse, mêmes précautions pour l’administration d’œstroprogestatifs. Il faut trouver le bon dosage qui permettra que la poitrine subisse, certes, une évolution, sans toutefois aller jusqu'à la lactation. TRAITEMENTS SIMPLES À APPLIQUER Dans les deux cas, le traitement en lui-même est assez simple, d’autant que certaines des caractéristiques opposées sont forcément déjà présentes. Pour les FTM (femme>homme), des hormones mâles sont injectées toutes les trois semaines. Les transformations attendues s’ensuivront, plus ou moins marquées dans un délai variable : la voix, le système pileux, la masse musculaire, l’agressivité et enfin la libido. Pour les MTF (homme>femme), le traitement se fait par voie orale (pilules), par voie cutanée (pommades) ou par patches. On peut associer des anti-hormones mâles (antiandrogènes qui font baisser le taux de testostérone) à des œstrogènes et à des progestatifs un peu comme on le ferait pour traiter la ménopause.

LE TRAITEMENT EST-IL LONG ? Ce sont des traitements à vie, qui font l'objet d'une surveillance permanente une interruption bouleverse l'équilibre que l'on a eu tant de peine à trouver, avec de possibles conséquences sur la santé.

LE JEU EN VAUT-IL LA CHANDELLE ? En général, l’endocrinologue travaille de concert avec le psychiatre et le chirurgien. LE SUIVI PERMANENT Le psychiatre peut revoir régulièrement son patient après le passage d’un sexe à l’autre, mais en réalité, le patient satisfait disparaît dans la nature. Le chirurgien, lui, constate le résultat spectaculaire et satisfaisant de son intervention, engrange les témoignages de gratitude et s’intéresse aux cas suivants. Pour l’endocrinologue, c’est différent : il est appelé à suivre en permanence son patient. Et il constate qu’il n’est pratiquement jamais question de retour en arrière, qui reviendrait à dire : Vade retro, satanas !


TranssexualitĂŠ


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Par le Dr Bernard Cordier, Psychiatre

D’un genre, l’autre

«

Ce quelle disoit aymer mieux souffrir que de se remettre en estat de fille, & fut pendue pour des inventions illicites à supplir au défaut de son sexe. » (Montaigne, Voyage en Italie). Aujourd’hui, les transsexuels ont fort heureusement d’autres perspectives que le gibet. Le Dr Bernard Cordier, qui exerce à l’hôpital Foch près de Paris, suit depuis une vingtaine d’années les cas de transsexualité. Son rôle est d’évaluer la nécessité de contrer, par hormonothérapie et par des interventions diverses, un caprice de la nature qui entraîne des souffrances insoupçonnées.


D CORDIER, INTERVENEZ-VOUS AVANT OU APRÈS L’INTERVENTION ? L’ÉVALUATION DU PSYCHIATRE : UN ENJEU MAJEUR En amont, bien sûr, bien avant les endocrinologues ou les chirurgiens, le psychiatre fait une évaluation de l’équilibre psychique et intervient avant le « rééquilibrage physique ». Même s’il arrive que les patients aient déjà subi des interventions esthétiques ou pris des hormones (par Internet ou par prescription). Une intervention au niveau des organes génitaux requiert à chaque fois notre évaluation.

RECEVEZ-VOUS PLUS DE DEMANDES D’HOMMES QUE DE FEMMES ? LES DEUX SEXES SONT CONCERNÉS Non. Dans la consultation, la parité est pratiquement totale. Mais il est vrai que pendant longtemps, on a pensé que seuls les hommes voulaient devenir femmes. Aujourd’hui, la demande est totalement partagée.

LE CHANGEMENT PHYSIQUE DE SEXE EST UNE OPÉRATION LOURDE. LES PATIENTS EN SONT-ILS CONSCIENTS ? DEVANT DE TELLES SOUFFRANCES, L’INTERVENTION EST UNE SIMPLE FORMALITÉ

Par rapport à la souffrance psychologique endurée, l’intervention leur paraît bénigne et ils ne veulent pas anticiper les douleurs physiques qu’ils devront subir en post-opératoire. Il faut comprendre ce qu’est au quotidien le calvaire d’une personne qui se sent dans un autre genre que le sien, véritable malédiction qui a pu débuter dès le plus jeune âge (ce que nous appelons le syndrome transsexuel primaire). L’intervention devient donc pour eux une simple formalité qui leur ouvrira une nouvelle existence.


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MAIS POURQUOI UNE TELLE SOUFFRANCE ? Sans nous en rendre compte, nous sommes très contraints par le genre, tant au plan psychologique que social. Tout est sexué, du matin au soir. Cela commence bien sûr par le choix des vêtements qui répondent à des conventions strictes. Même les fameux tailleurs-pantalons d’Yves Saint Laurent étaient féminisés (ne serait-ce que par les boutonnières inversées). Ce qui veut dire qu’en enfilant un pantalon ou une robe, le transsexuel a l’impression de se déguiser, mais qu’en sélectionnant des habits à son goût, il sera traité de « travelo ». Puis viennent les contacts sociaux. Chaque « bonjour Monsieur » ou « bonjour Madame » est une véritable épreuve, puisque ressenti comme une inversion, voire une agression. Et la journée continue, rappelant chaque seconde à l’infortuné que la vie en société a un caractère entièrement sexué : l’organisation sociale, le comportement ou même le langage (certaines langues, comme le japonais, sont asexuées ?, effectivement le nom qu’il soit féminin, masculin ou neutre ne change pas selon le genre mais attention dans la langue japonaise, les femmes emploient des mots, verbes et expressions différents de ceux utilisés par les hommes. Le problème du genre reste entier.). NOUS SOMMES TRÈS CONTRAINTS PAR LE GENRE De fait, toutes les civilisations ont toujours distingué hommes et femmes, la tolérance étant rarement de mise (sauf à Tahiti, où les raerae forment une véritable caste). Et le genre est rappelé des centaines de fois par jour. On voit donc que ce rappel permanent à Vénus ou à Mars constitue un véritable supplice pour les personnes qui ne s’y reconnaissent pas.

QUELLE EST L’ORIGINE DU PROBLÈME ? LA TRANSSEXUALITÉ RESTE UN MYSTÈRE Dans l’état actuel des connaissances, il n’y a aucun support biologique. Autant l’hermaphrodisme est identifié physiquement, autant la transsexualité reste un mystère. Rien ne semble y prédisposer, pas même la génétique. L’étiologie du transsexualisme est pour le moment une énigme. Pourtant, travaillant sur le sujet depuis un quart de siècle, je suis tenté, par déduction, de penser que le problème est congénital car je constate que le milieu socio-culturel est rarement en cause. La transsexualité touche toutes les couches sociales. Il n’y aucun rapport avec le fait qu’il ou elle ait été habillé(e) de rose ou de bleu. Si le cerveau avait un sexe, j’emploierais la locution d’ « hermaphrodisme mental ».


MAIS LA TOLÉRANCE VARIE SELON LE MILIEU SOCIO-CULTUREL ? Comme à l’égard de toute minorité. Les homosexuels peuvent également souffrir du regard des autres. Mais eux sont en paix avec leur genre. Si le milieu est tolérant, le psychiatre sera consulté assez tôt.

QUEL DIAGNOSTIC ÉTABLISSEZ-VOUS ALORS ? PRUDENCE VIS-À-VIS DE LA PRÉCOCITÉ DES SIGNES Lorsque les signes sont précoces, la plus grande prudence est de mise car il faut bien faire la distinction entre ce qui est passager et ce qui est définitif. Un diagnostic trop hâtif peut orienter la médecine vers une fausse piste, avec des conséquences graves car si le psychiatre n’est pas prestataire de soins, il les oriente. Un traitement hormonal (surtout la testostérone) peut être irréversible (pilosité, voix…). Il suffit de se référer aux championnes soviétiques qui sont devenues barbues et stériles. Il est donc crucial de déterminer si le problème relève d’une simple lubie ou d’un fantasme ou bien si au contraire, il est tel qu’une vie risque d’être brisée, faute de soins. Et les fantasmes peuvent prendre toutes les formes, des plus simples aux plus déviants (s'essayer à l'homosexualité, faire un tour « de l'autre côté », …). Neuf fois sur dix, au cours de la puberté, un garçon efféminé ou une fille « garçon manqué » retrouvent le comportement associé à leur genre. Mais une fois sur dix, le problème est fixe et va en s’accentuant. Le syndrome transsexuel primaire qui est à la fois précoce, profond et constant relève alors d’un traitement à visée thérapeutique. C’est notre rôle que d’établir un diagnostic sûr, sur lequel s’appuiera la chaîne médicale lourde qui va se mettre en branle. En restant, bien sûr, très prudents. Nous nous refusons, par exemple, à interrompre les transformations de la puberté, afin de préserver les caractéristiques non sexuées d’un pré-adolescent (comme cela se pratique dans certains pays).


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EXISTE-T-IL UN SYNDROME TRANSSEXUEL SECONDAIRE ? TRANSSEXUELS PRIMAIRES, SECONDAIRES (ET TERTIAIRES) Et même tertiaire ! Des hommes mariés et pères de famille viennent consulter. Mais souvent, on est face à des fantasmes non assouvis, qui ne relèvent pas d’une thérapie spécifique. Quelques grandspères veulent aussi faire leur coming out avant qu’il ne soit trop tard. Là encore, il s’agit d’établir un diagnostic différentiel, c’est-à-dire d’identifier tout ce qui manifestement ne relève pas d’un phénomène de transsexualité profonde (travestis fétichiste, réincarnation…). Une fois passée cette étape, si le pronostic est clair, il reste néanmoins la question de savoir si le sujet est psychiquement et physiquement capable de supporter le bouleversement hormono-chirurgical qui va s’ensuivre.

QU’EN EST-IL AILLEURS DANS LE MONDE ? En Europe du sud, la médecine est moins consumériste qu’au Nord. Comme on vient de le voir, il ne suffit pas chez nous de venir nous voir et de dire « Docteur, je veux ceci et cela ». Nous pensons d’abord à l’intérêt à long terme de l’individu. Nous sommes en quelque sorte « paternalistes », ce qui n’est pas forcément le cas au Nord de l’Europe. En Iran, curieusement, la thérapie est acceptée, probablement du fait que les homosexuels sont passibles de la peine de mort, alors que les transsexuels sont considérées comme de simples malades… DES MISS TRANS À L’HONNEUR Des concours de beauté « Miss Trans » existent un peu partout dans le monde notamment à Rio et en Thaïlande.

UNE FOIS LE PROCESSUS THÉRAPEUTIQUE ACHEVÉ, LES TRANSSEXUELS QUI ONT FAIT PEAU NEUVE REVIENNENT-ILS VOUS VOIR ? C’est un accord tacite, au moins une fois par an (même si certains ne se conforment pas à cet engagement). Et les résultats sont spectaculaires. Une étude récente montre que 91% des 280 cas traités sur 10 ans ici sont une vraie réussite. Dans quelques cas, la thérapie s’est montrée… trop efficace en ce sens que les caractères virils ou féminins sont manifestement trop accentués. Mais ce sont des cas isolés. Et, s'il fallait une preuve du succès de ces thérapies, il arrive que des couples composés d'une femme et d'un ex transsexuel F-M (opéré avec changement d'état civil) sont acceptés par des CECOS - bénéficiant ainsi d'un don de sperme - et que nombre d'entre eux ont des enfants. Autant de vies sauvées !


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Par le Dr Sophie Boulon, Psychiatre

Une approche personnalisée

L

e Dr Sophie Boulon est psychiatre, praticien hospitalier à temps partiel, au Centre hospitalier Charles Perrens (Bordeaux). Elle travaille de concert avec le CHU de Bordeaux en manière de transsexualisme depuis cinq ans.


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Il est primordial de s'adapter à chaque patient en tenant compte de son environnement...

À Bordeaux, chaque cas est évalué dans sa singularité. Pour le moment, en effet, le monde scientifique en est encore à observer une multitude de parcours sans avoir de réponse quant à l'origine du transsexualisme. En effet, l'aspect « pathologique » du transsexualisme fait encore débat dans la société, entre usagers, sociologues et médecins. Or, même si les pratiques en matière de prise en charge du transsexualisme tendent à s'homogénéiser, il est primordial de s'adapter à chaque patient en tenant compte de son environnement, de son histoire et de sa personnalité. Beaucoup de personnes transsexuelles redoutent un schéma systématique imposé par l’équipe médicale. Elles peuvent être alors tentées de se tourner vers des associations (lesquelles se déclarent parfois comme seules compétentes), de solliciter des équipes à l'étranger (avec les risques afférents de complications particulièrement pénibles - infections, douleurs, dépression post-chirurgie… qu’il faut assumer solitairement) ou se procurer des traitements hormonaux via Internet et ce, sans aucune sécurité ni surveillance. S’ensuit un engrenage quelquefois funeste, et qui aurait pu être évité si le corps médical était réputé ouvert et compréhensif dans le domaine du transsexualisme. Alors que dans un environnement hospitalier, les choses sont faites de manière rigoureuse et les patients sont accompagnés avant, pendant et après, jusqu’à la réintégration harmonieuse dans la société. D'autre part, toute décision de traitement hormono-chirurgical est prise de manière collégiale (chirurgiens, endocrinologues, psychiatres et psychologues).


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Cette ouverture permet de capter la confiance des intéressé(e)s, qui seront moins tenté(e)s de trouver des solutions alternatives plus ou moins risquées et onéreuses. Cependant, une très grande prudence s’impose en matière de préconisation, surtout chez les mineurs. Lancer un processus irréversible ne peut se faire qu’en dernier recours, car nous savons que l’adolescence est une période délicate, ambivalente. Ce n’est que lorsque le jeune patient subit une situation véritablement intenable (souffrance morale importante, risque de suicide) et après une longue période d'évaluation, qu’une décision collégiale peut être envisagée. Actuellement, nous sommes confrontés à un ou deux cas de demandes d'adolescents par an. Nous n’accueillons d’ailleurs pas que les cas précoces. Nous sommes à même de traiter les manifestations tardives en essayant accessoirement de démêler l’incroyable écheveau juridique auquel sera confrontée, par exemple, la personne qui veut rester mariée (avec l’assentiment du conjoint), ou la personne désirant un enfant. Dans l’état actuel des choses, nous recevons trois fois plus d’hommes désirant devenir femme que l’inverse. Nous accueillons également les patient(e) s atteint(e)s du VIH. Grâce à cette ouverture, il y a tout à parier que le problème sera de mieux en mieux cerné et donc que l’on assistera à de moins en moins de manœuvres d’évitement. Nous espérons également qu'une meilleure communication auprès des usagers et des professionnels de santé nous permettra d'améliorer la prise en charge, que ce soit en termes en terme de qualité ou de délai. En somme, en milieu hospitalier, le subjectif est confronté à l’objectif. S’ouvrir aux professionnels permet de poser les bonnes questions. Et le passage par la case « psy » présente un énorme avantage : aucun processus irréversible n’est engagé pendant la période d'évaluation. Donc, si même, pour toutes sortes de raisons, des personnes souffrant de troubles de l'identité de genre redoutent l’approche médicale (d’ailleurs remboursée à 100%), elles peuvent venir nous consulter en toute confiance.

Créée en juillet 2010, la Société française d'études et de prise en charge du transsexualisme (SoFECT) a pour objet de réunir les professionnels de la prise en charge en France des problèmes relatifs à l’identité de genre, dans un but de recherche, d'enseignement, de formation, d'information, d'organisation, de coordination, d'évaluation et d'amélioration de cette prise en charge, dans le respect du code de déontologie médicale et de la législation française. A côté de professions non médicales telles que psychologues, sociologues ou juristes, la SoFECT rassemble de façon transversale tous les spécialistes médicaux concernés par la prise en charge du transsexualisme, en particulier : psychiatres, endocrinologues, chirurgiens plasticiens, urologues et gynécologues. Tous sont expérimentés dans la prise en charge du transsexualisme, qui existe en France depuis la fin des années 1970.


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Un enjeu social


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Féminiser le visage E

x-président de la Société française des chirurgiens esthétiques plasticiens (SOFCEP), le Dr Patrick Bui s'est intéressé au vieillissement facial en fonction des modifications volumétriques, publiant des recommandations en matière de complémentarité des traitements médicaux et chirurgicaux. Formé à la chirurgie cranio-faciale à l'hôpital Foch (près de Paris), il a travaillé sur les morphotypes squelettiques masculins et féminins, mais aussi multiethniques. Il enseigne à Paris V et partage son activité libérale entre son cabinet médical et l’Hôpital américain de Paris où il dirige l’unité de chirurgie plastique et esthétique. Le monde entier s’y bouscule car il y propose une spécialité rarissime : la féminisation du visage au naturel, ce qui répond manifestement à un besoin thérapeutique (pour les transsexuels), mais aussi à un besoin cosmétique pour certaines femmes. Par le Dr Patrick Bui


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Dr BUI, POURQUOI VOUS ÊTRE ORIENTÉ VERS CETTE SPÉCIALITÉ ? Le mystère de la beauté a toujours passionné le monde de la philosophie, de la littérature et… de la chirurgie. Témoins en sont les multiples ouvrages consacrés – à toutes les époques et dans toutes les langues – à ce sujet. Umberto Eco, après son « Histoire de la Beauté » (2004), vient même de publier une deuxième saison : « Histoire de la Laideur » ! LA BEAUTÉ EST FÉMININE Or, la beauté est associée au sexe féminin. Féminiser un visage, c’est la quête du Graal, c’est la recherche de l’évanescence, à l’ombre des jeunes filles en fleurs. C’est un mystère dont on cherche les clés. Mais ce sont aussi, fort heureusement, des caractéristiques que l’on peut identifier et, le cas échéant, réparer. C’est au contact des transsexuels que j’ai compris cet enjeu et que j’ai pu matérialiser cette recherche. En effet, ces personnes en souffrance permanente ne pourront pas retrouver une vie sociale équilibrée sans un visage totalement cohérent avec leur personnalité profonde.

TRANSFORMATION ANATOMIQUE, MAIS AUSSI MORPHOLOGIQUE La première étape est évidemment la transformation anatomique, qui va leur permettre de se réconcilier avec eux-mêmes. Mais, pour qu’ils se réconcilient avec leur entourage, il leur faudra aussi subir une transformation morphologique, sous peine d’être assimilés à des transformistes de cabaret. Pour des rapports sociaux apaisés, les transsexuels doivent présenter à leurs interlocuteurs un visage véritablement féminin, et si possible – cela va sans dire – beau.


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ALORS, COMMENT REND-ON UN VISAGE « FÉMININ » ? Une réparation harmonieuse commence par le squelette, se prolonge par les parties molles, et se termine par la peau.

POUR LE SQUELETTE ? HOMME ET FEMME : À CHACUN SA STRUCTURE Déjà, des caractères morphologiques objectifs doivent être pris en compte. La structure d’un visage féminin n’est pas la même que celle d’un visage masculin (ce qui est valable pour l’homme, mais aussi pour certains animaux, dont le gorille [figure]). Commençons par les volumes osseux : Les bosses supra-orbitaires sont plus volumineuses chez l’homme, les orbites sont plus larges, l’angle du nez est plus fermé. La mâchoire inférieure est plus large et plus carrée, tout comme le menton. En outre, les gencives sont recouvertes par les lèvres.

ET EN CE QUI CONCERNE LES PARTIES MOLLES ? Les os ne sont effectivement pas seuls à déterminer les volumes : la graisse est moins présente chez l’homme, les muscles sont plus larges, la fossette mentonnière est plus affirmée, la peau est plus épaisse, l’implantation des cheveux n’est pas la même (plus basse, en forme de M, et parée de deux golfs symétriques chez l’homme). Chez la femme, cette implantation est courbée. [Figure]. Les sourcils n’ont pas le même positionnement ni la même forme. En effet, le sourcil masculin est plus horizontal, un peu au-dessous du rebord orbitaire supérieur. Il est droit et épais. Alors que le sourcil féminin se trouve à peine au-dessus du rebord orbitaire supérieur. Il est aussi plus fin et plus arqué. [figure]. Les cils sont plus longs chez la femme, la pilosité étant, évidemment, différente. Le cartilage thyroïde (« pomme d’Adam ») est plus proéminent. RELIEFS PLUS DOUX D’une manière générale, le visage féminin offre des reliefs plus doux et présente des courbes plus harmonieuses [figure]. C’est en réalité la structure osseuse qui sert d’assise à ces différences morphologiques, permettant d’attribuer son sexe au visage.


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VOUS ALLEZ DONC ANALYSER TOUTES CES DONNÉES ? Bien entendu. Mais, comme on s’en doute, au terme d’une préparation qui s’étend sur de longs mois, et cela, en fin de traitement endocrinologique, qui aura déjà déclenché des transformations visibles des parties molles.

DES PHOTOS EN 3D L’analyse des critères squelettiques est clinique mais également radiologique. Un bilan complet est établi, en particulier grâce à un scanner en 3D. Le bilan morphologique, pour sa part, passe par des photos en 2D et en 3D – grâce à des équipements dont très peu de structures dans le monde sont équipées. [figure] Le mode de vie est également passé au crible (vie privée, vie sociale, vie professionnelle). Les aspirations profondes de l’intéressé(e) sont aussi discutées. Une fois ces étapes franchies, on passe au morphing grâce à des logiciels spécialisés, qui permettront de faire des projections sur les résultats. S’ensuit un dialogue duquel sortira une proposition qui tiendra compte de ce qui est à la fois souhaitable, raisonnable et… possible.


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ON PEUT ALORS INTERVENIR ? Oui, et ce, sur trois zones distinctes. TROIS ZONES D’INTERVENTION Tout d’abord, la féminisation fronto-orbitaire et nasale pour la partie supérieure [figure]. Il peut s’agir d’un remodelage, associé soit à une ovalisation du cadre orbitaire par ostectomie (réduction des volumes osseux), soit à un ajustement de la zone fronto-orbito-nasale. Le geste se fait par voie coronale, c’est-à-dire par incision intracapillaire. Mais ici, on peut aussi prévoir une incision précapillaire de manière à obtenir un avancement du scalp et ainsi une réduction de la hauteur du front golfé. C'est ce que l'on appelle le « scalp advancement ». L’implantation des cheveux est en effet généralement plus basse, et, comme on l’a vu, de forme différente chez l’homme. On peut aussi effectuer un lifting fronto-temporal, ce qui aura pour effet de féminiser les sourcils et leur apportant une forme plus caractéristique. Puis vient la partie médio-faciale [figure]. Parfois, on allonge légèrement le squelette pour donner une apparence plus féminine. On remonte légèrement la lèvre supérieure (« lip lift »), en créant de surcroît un ourlet par injection de graisse. Le nez masculin étant généralement plus affirmé, on effectue une rhinoplastie de féminisation. Reste la partie inférieure, qui vise à modifier les angles de la mâchoire et à adoucir le menton [figure].

CETTE PROCÉDURE NE S’ENVISAGE QUE POUR LES TRANSSEXUELS ? Certaines femmes supportent mal leur aspect « garçonne », qui peut être inné ou acquis, car le squelette se masculinise en vieillissant. L’arcade orbitaire s’épaissit, la zone sourcilière devenant alors plus saillante [figure]. L’os alvéolaire se réduit, créant un recul de la lèvre supérieure. La graisse devient moins dense, les tissus mous fondent, durcissant les traits. Il est donc possible de les radoucir, de reféminiser un front subissant un vieillissement disgracieux du fait d’une partie osseuse plus volumétrique. LA VANITÉ N’EST PAS LE SEUL ENJEU Car il ne faut pas oublier que, dans le domaine esthétique, il n’y a pas que des problèmes de vanité. Il y a la souffrance du regard des autres. Et il y a les enjeux professionnels pour certains métiers particulièrement exposés (show business, barreau, politique…). Mais l’objet véritable de la féminisation d’un visage est de lui conférer un aspect normal (sans être banal), féminin bien sûr, et surtout… parfaitement naturel.


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la courbe du cou


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Par le Dr Claude Fugain*

La voix au chapitre

E

n matière d’identité sexuelle, la pomme

d’Adam (visible) et la hauteur de la voix (audible) sont deux signes qui « ne trompent pas ». Si un foulard ou un col roulé peuvent cacher cette pomme que l’on ne saurait voir, modifier la hauteur de la voix relève d’un registre complexe.


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CRUCIAL Le traitement de la voix répond donc à un enjeu majeur. Pour le Dr Fugain, qui a aidé des centaines de transsexuels à retrouver leur harmonie vocale : « Une seule chose doit être évitée : le ridicule !». Pour Mme Fugain, cette transformation nécessaire doit tout d’abord sortir du champ de l’évaluation psychiatrique car, au contraire des autres procédures qu’engage la réassignation du sexe, la rééducation de la voix n’est pas irréversible. Si, donc, comme cela arrive parfois, la patiente s'apercevait que sa volonté de changer de sexe

« Allô Monsieur, je vous écoute ! ». Sans le savoir, l’interlocuteur a blessé le transsexuel qui l’appelle, et qui, envers et contre tous, EST femme.

n'était qu'une simple lubie, elle pourrait ramener sa voix à l'état antérieur - ayant au passage acquis une expérience enrichissante ! Cette souffrance peut donc être soulagée dès que la patiente en ressent la nécessité, sans qu'il soit besoin d'attendre la longue évaluation qui peut la faire traîner pendant de longues années. De surcroît, ce seul élément peut à lui seul favoriser une insertion sociale, et donc éviter des dérives potentielles (prostitution, drogue…).

LES ŒSTROGÈNES NE CHANGENT PAS LA VOIX Au départ, c’est la testostérone qui, à la puberté, a épaissi les cordes vocales et ce, de manière définitive. Autrement dit, si une hormonothérapie peut modifier la voix d’une femme en augmentant cette masse musculaire (par apport de testostérone), elle n’a aucun effet sur une voix d’homme (car les œstrogènes n’ont aucune influence sur les cordes vocales). Pour agir sur une voix d’homme, il convient donc de chercher des solutions.

Allô Madame, je vous écoute !


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TROIS PARAMÈTRES Trois paramètres déterminent la voix : • L’intensité • La hauteur • Le timbre L’intensité n’étant évidemment pas liée au sexe, ce sont sur les deux autres paramètres que le phoniatre interviendra. La hauteur de la voix est déterminée par la fréquence des vibrations émises au niveau des cordes vocales. Chez les hommes, cette fréquence varie entre 80 et 120 vibrations par seconde, alors que chez les femmes, elle se situe entre 160 et 200 vibrations par seconde. C’est la masse des cordes vocales qui détermine ces fréquences.

L’AFFRONTEMENT DES CORDES VOCALES Le timbre, c’est tout à fait autre chose : il résulte d’abord de l’affrontement des cordes vocales, bien sûr, mais aussi des caisses de résonance naturelles qui créent les harmoniques, ces dernières venant enrichir le spectre original de la voix. Ces espaces se succèdent, jouant chacun leur rôle en matière de timbre : L'hypopharynx, l'auro-pharynx, le nasopharynx ainsi que les cavités buccale et nasale. Or, l’agencement de ces caisses de résonance n’est pas le même chez l’homme que chez la femme. Autrement dit, même si un homme atteint le registre d’une femme (disons, 160 hertz), le timbre qui en résultera ne sera malgré tout pas ressenti comme étant féminin car ses caisses de résonance sont plus larges et agencées différemment, d’où des timbres spécifiques : l’articulation se faisant plus en arrière, on obtiendra une voix qui donnera toujours l’impression d’être une voix d’homme car les harmoniques seront plus graves. À note égale, le basson ne sonne pas comme la flûte, la contrebasse comme le violoncelle, la guitare comme un ukulele…


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LE COMPORTEMENT

DOIT ÊTRE COHÉRENT AVEC LA VOIX Autrement dit, pour donner l’impression d’être une femme, il ne suffit pas de parler « aigu ». Une voix de tête serait contreproductive, puisque ridicule, justement ce que l’on veut éviter à tout prix ! Le but de la rééducation est donc d’atteindre un registre plus aigu, mais qui restera mélodieux. Grâce à une voix de poitrine haute, il est possible d’arriver épisodiquement à une fréquence de 140 à 150 hertz, ce qui nécessite toutefois un effort permanent. Le patient devra donc rester vigilant dans les situations sociales qui l’exigent (en particulier au téléphone).


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ON NE PEUT PAS TOUJOURS FEINDRE Or, on ne peut pas toujours feindre. Ce travail du timbre – qui, lui, entraînera une modulation plus constante de la voix – est primordial. Ce timbre se joue dans les 18 centimètres qui séparent les cordes vocales des incisives et des lèvres, c’està-dire cette caisse de résonance fort complexe, ténue, mais au rôle déterminant. Or, on sait que plus la résonance se déporte vers l'avant, plus les harmoniques sont aiguës. C’est donc par une articulation spécifique que l’on agit naturellement sur le timbre. On fait jouer la position des lèvres, de la langue, des muscles glottaux et des muscles nasaux. En ne travaillant que la seule hauteur de la voix, on aurait fait fausse route car la caractéristique dominante de la féminisation, c'est le timbre. Par analogie, on pourrait dire que pour être femme, il ne suffit pas de porter une jupe. Encore faut-il présenter le déhanchement en conséquence ! Singer le féminin est tout simplement grotesque. Même problématique pour la hauteur et le timbre. Mais le travail de la voix est aussi psychologique car l’élocution d’une femme n’est pas la même que celle d’un homme ; l’articulation est moins heurtée chez la femme. Ce travail est de surcroît comportemental car il concerne aussi le corps et le geste, tout comme dans les techniques propres au théâtre et à l’opéra. Ce sera au phoniatre de donner les orientations en conséquence.

LA MICROCHIRURGIE EN DERNIER RECOURS Pourtant, si par malheur, la rééducation ne suffisait pas, alors il faudrait intervenir de manière chirurgicale sur les cordes vocales. Mais attention ! Nous tombons dans le domaine de l’irréversible : la hauteur et le timbre seront irrémédiablement affectés. Il n’y aura pas de retour possible. Il conviendra donc, en l’occurrence, d’attendre le bilan psychiatrique avant de prendre une telle décision. La microchirurgie de la hauteur est aujourd’hui bien maîtrisée, bien que très délicate car, si une hormonothérapie a déjà été enclenchée, cette zone est fragilisée. Le geste consiste à rapprocher les deux cartilages (cricoïde et thyroïde), et d’ainsi tendre les cordes vocales. C’est la technique mise au point par un chirurgien japonais (« technique de Hisseki »), qui permet, après quelques mois, d’obtenir une voix plus haute et plus claire : on peut « gagner » de 30 à 60 hertz (au-delà, on obtiendrait un timbre légèrement métallique). On voit donc que le phoniatre est bien équipé pour accompagner le transsexuel dans son sinueux parcours. Et quelle n’est pas sa satisfaction quand, enfin, au bout du fil, sa patiente s’entend répondre : « Allô Madame, je vous écoute !».

*Chargée de l’unité de la voix à l’hôpital FOCH (en région parisienne)


Changement d’apparence : l’harmonisation de la poitrine


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La touche finale

L

a chirurgie esthétique « de confort » donne un coup de pouce à la nature, rectifiant ou améliorant

Par le Dr Vlad Negulescu,

certains traits ou certaines formes. En matière de transsexualité, cette chirurgie exerce toutefois un rôle plus étendu : elle rend à la personne – qui, par malchance, avait subi à la naissance une fausse programmation – un équilibre entre la conscience profonde de son identité et son apparence. Autrement dit, dans ce cas précis, elle vient non pas en complément, mais au secours de la nature ! À partir du moment où une personne rentre dans un processus de changement de sexe, son parcours est très complexe, mais très bien codifié. Sa reconstruction passe par une reconnaissance par la Sécurité sociale (prise en charge de tous les traitements et des interventions qui s'y réfèrent), puis par une hormonothérapie, par un accompagnement psychiatrique et, finalement, par de multiples interventions, aboutissant à un changement du sexe devant l'état civil. Restera, une fois l'essentiel accompli, une dernière étape essentielle sur le plan de l'apparence : la poitrine.


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DR NEGULESCU, MANIFESTEMENT, DEUX CAS DE FIGURE SE PRÉSENTENT ? Qui paraissent symétriques, mais qui ne le sont pas vraiment. SEUL LE CRITÈRE ESTHÉTIQUE EST PRIS EN COMPTE D’abord, la transformation femme>homme qui pourrait sembler plus simple, puisqu’il s’agit d’une intervention s’apparentant à une mastectomie – procédure, sommes toutes, assez classique. En effet, dans le domaine du cancer du sein chez la femme, nous disposons de techniques parfaitement codifiées pour réaliser une mastectomie (enlever le sein malade). Pourtant, à y regarder de plus près, l’approche est sensiblement différente. En effet, dans la mesure où seul le caractère esthétique est en jeu (et non plus la nécessité thérapeutique), une très grande attention est portée à l’apparence finale.

À cet égard, trois cas de figure se présentent, en fonction de la morphologie initiale : • Seins menus • Seins normaux • Seins volumineux À cette contrainte de volume, s'ajoute celle du degré de la ptose. Plus le sein sera affaissé, plus il nécessitera des procédures supplémentaires en vue d’obtenir un résultat cosmétique satisfaisant.

POUR CETTE PROCÉDURE FEMME>HOMME, COMMENT SE DÉROULE L’INTERVENTION ? D’une manière générale, on essaye de rendre les éventuelles cicatrices le plus discrètes possible ; on intervient donc plutôt par le bas du sein, de manière à ce que la cicatrice soit cachée dans le sillon sous-mammaire (ou plutôt ex-mammaire puisque la poitrine aura disparu !).

DÉCALAGE DU MAMELON Pour les petits seins, la solution est assez simple car on considère que le mamelon n’est pas trop décalé par rapport à sa position finale. Il n’est donc pas nécessaire de s’attarder sur son repositionnement. On incise sous l’aréole, l’on passe sous la peau pour enlever la glande. En fin d’intervention, si nécessaire, une petite incision au niveau supérieur permettra simplement de remonter le mamelon à la hauteur voulue. Les cicatrices resteront discrètes, car elles se situent à la jonction entre l’aréole et la peau du thorax. Pour les seins de taille normale, il faudra souvent ajouter une liposuccion pour compléter la réduction et porter une attention particulière à la position de l’aréole qui sera davantage décalée que pour les petits seins. D’autant que les mamelons, ne l’oublions pas, sont positionnés plus haut chez l’homme que chez la femme. L’incision supérieure sera donc plus importante de manière à enlever plus de peau au-dessus du mamelon afin de le remonter et ainsi atteindre une position plus « masculine ». L’excès de peau sera donc absorbé par la cicatrice circulaire autour du mamelon.


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DISSYMÉTRIE À noter que chaque sein subira une procédure différente, car plus les seins sont volumineux, plus on observe une dissymétrie qu'il conviendra de rectifier à la faveur de l'opération. .souvent, lors d'excès de peau importants, on peut être amené à utiliser une cicatrice sous-mammaire, qui est plus longue mais beaucoup plus discrète car logée dans un pli naturel de la peau. En ce qui concerne la composante cutanée, l’on tient compte d’une équation simple : plus on enlève de peau, plus les cicatrices seront importantes. Il faut donc prendre en compte la rétraction naturelle espérée pour limiter au maximum cette résection.

ET POUR LES SEINS VOLUMINEUX ? PLAQUE ARÉOLO-MAMELONNAIRE Pour les seins volumineux et ptosés, la solution est souvent de découper la PAM (plaque aréolomamelonnaire) en greffe de peau libre et de la regreffer, une fois la réduction terminée. On s’affranchit alors des problèmes anatomiques. C'est ce que l'on appelle la technique de Thorek (connue en chirurgie des seins très volumineux) où le mamelon et son aréole sont prélevés en début d'interventions puis greffées (greffe de peau) à leur bonne place en fin de procédure. La perte de sensibilité est alors inévitable.

ET L’ARÉOLE ? Dans tous les cas, reste effectivement le problème de la surface aréolaire, qui est bien sûr plus large chez la femme, et qu’il faut donc réduire. Pour cette réduction du complexe aréolo- mamelonnaire, on va adapter les procédures classiques dans la mesure où, habituellement, les interventions sur le sein correspondent à un besoin de reconstruction et non de réduction de cette zone. Une technique appelée « round block » permet de faire une incision circulaire (péri-aréolaire) qui réduit la circonférence, avec une cicatrice très peu visible. Il peut y avoir des plis (comme des rayons de soleil), mais ceux-ci sont pratiquement toujours absorbés par l’élasticité cutanée. À terme, la sensibilité se remet en place, même si une légère paresthésie peut persister.

ET DANS LE SENS HOMME>FEMME ? DIMENSIONS THORACIQUES PLUS IMPORTANTES CHEZ L’HOMME Il s’agit alors d’une mammoplastie habituelle d’augmentation, avec implant mammaire classique. À la nuance près que les dimensions thoraciques sont plus importantes chez l'homme. La prothèse devra donc avoir une base beaucoup plus large que chez la femme. Mais une fois cette particularité prise en compte, la procédure est très simple.

QUEL EST LE DEGRÉ DE SATISFACTION DU/ DE LA PATIENT(E)? Incroyable, car même si cette chirurgie n’est qu’un épiphénomène par rapport à tout ce que vient de subir la personne, cette touche finale est vécue comme la fin définitive d’un cauchemar.


GĂŠnioplastie


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Le menton, le sexe et l’harmonie

L

e Dr Sylvie Poignonec est membre de la Société française de chirurgie plastique et esthétique de la face et du cou. Elle est une experte reconnue qui participe à de nombreux congrès internationaux, en particulier sur le traitement palliatif des paralysies faciales

Par le Dr Sylvie Poignonec


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SAILLANT OU FUYANT

RECUL

L’étude des proportions du visage peut, dans certains cas, conduire à conseiller un complément chirurgical (profiloplastie) pour obtenir un meilleur équilibre physique du visage, dont le menton est une pièce maîtresse. Un menton saillant (macrogénie) dénote une apparence plutôt masculine, volontaire, affirmée, alors qu’à l’inverse, un menton fuyant (microgénie) reflète une personnalité plus effacée. D’une manière générale, c’est en tirant une ligne verticale entre le front et le menton que l’on détermine le positionnement du menton, qui ne doit pas se trouver en retrait ni dépasser la ligne. Une malformation à ce niveau peut engendrer des souffrances psychologiques dès l’adolescence. Mais, sauf exception, aucune intervention – mis à

À l'inverse, le vieillissement peut entraîner un amaigrissement avec recul du menton, essentiellement dû à une résorption osseuse, ce qui peut donner un profil d'oiseau disgracieux. Une bonne hygiène bucco-dentaire est indispensable et les implants sont aussi utiles pour stabiliser le maxillaire. Il faudra peut-être envisager une intervention sur la structure même du menton. Tout commence avec un bilan radiologique complet qui permettra de déterminer la cause réelle du recul de l’os maxillaire. Si ce bilan montre un recul important, une ostéotomie couplée à un traitement orthodontique peut apporter une réponse satisfaisante (génioplastie d’avancement).

part un traitement orthodontique – n’est envisageable avant l’âge de 18 ans. DOUBLE MENTON Pour ceux qui s’empâtent en vieillissant (essentiellement les hommes), un double menton peut créer une gêne, tant au plan affectif qu’au plan professionnel. Pour redynamiser le visage, une nouvelle technique de lipolyse par laser (un faisceau sous la peau qui augmente la capacité de rétraction cutanée), associée à une lipo-aspiration classique donne d’excellents résultats. Cette petite intervention s’effectue sous anesthésie locale dans un environnement hospitalier en ambulatoire. On introduit le faisceau et la canule dans de minuscules incisions sous les lobes et sous le menton. Il suffira de conserver un petit pansement caché sous un foulard, que l'on enlèvera après cicatrisation. Plusieurs mois seront quand même nécessaires pour que la tension de la peau retrouve son équilibre, car la rétraction des fibres collagènes est très lente.


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ORTHODONTISTE ET CHIRURGIEN SE CONCERTENT Une concertation approfondie s’engage alors entre le patient, l’orthodontiste et moi-même pour bien déterminer les enjeux. Il faut savoir en effet qu’une intervention à ce niveau est délicate car il s’agit d’une région très innervée et, évidemment, très visible. La position des racines dentaires sera étudiée avec attention, de même que l’articulé (la jonction des dents supérieures et inférieures). Seuls des praticiens très expérimentés peuvent conduire une telle intervention. Il faut d’ailleurs disposer d’un outillage très particulier (microplaques et microvis). Cette opération, appelée génioplastie, consiste à décoller une partie de l’os maxillaire puis de la replacer plus avant. On accède à cette zone par la voie vestibulaire (à l’avant des dents inférieures), ce qui évite une cicatrice externe. Naturellement, un soin particulier est porté sur l’émergence des nerfs, de manière à éviter tout inconvénient ultérieur (endormissement local).


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PROTHÈSE Si les bilans font apparaître une trop grande complexité pour une génioplastie, une prothèse en silicone peut être envisagée. Là, la procédure est beaucoup plus simple. On rajoute tout simplement un petit fragment synthétique à l’os, sous anesthésie locale. Cette procédure peut venir en complément d’une rhinoplastie et permettra de rétablir l’harmonie du visage. On peut aussi insérer des implants dans les angles, ce qui permettra d'augmenter l'aspect volontaire du maxillaire. À noter toutefois que dans certains cas, heureusement assez rares, les patients tolèrent mal ce corps étranger. NOUVELLES TECHNIQUES De nouvelles techniques sont en train de faire leur apparition, en particulier la réinjection de graisse. Ici, pas de douleurs, pas de risques, pas d’intolérance. Mais on ne peut déterminer la durée du résultat car la graisse peut « tenir » quelques années ou seulement quelques mois. Tout dépend du métabolisme et des variations pondérales. Cela dit, une nouvelle séance sous anesthésie locale est très facile pour remettre les choses en place ultérieurement.


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RÉDUCTION Réduire une mâchoire proéminente est possible par simple résection (y compris sur les côtés carrés) qui atténue les lignes trop marquées. À noter que nombre d'Asiatiques se font injecter du Botox dans les muscles masséters tous les six mois pour obtenir ovale plus affiné (les muscles sont alors moins saillants). À LA FAVEUR D'UN LIFTING Lorsqu’un lifting est envisagé, le menton doit toujours être étudié de très près car il joue un rôle déterminant dans l’harmonie générale du visage. Une légère avancée du menton (par prothèse ou par apport de graisse) peut considérablement optimiser le résultat, sans créer de tension excessive sur les tissus. MENTON EN GALOCHE Le menton en galoche, qui, dans les cas les plus sérieux, donne un aspect de « sorcière », peut apparaître avec l’âge. À ce jour, il n'existe pas de méthode ayant une efficacité parfaite, car il s'agit d'une augmentation des tissus mous, la proéminence étant recourbée vers l'avant. TRANSSEXUELS Pour les transgenres dont le visage n’est pas suffisamment sexué, une ostéotomie de l’angle mandibulaire peut finaliser l’harmonie du faciès. UN RÔLE CRUCIAL Aujourd’hui, l’apparence n’est plus seulement un moyen de s’intégrer socialement. Elle devient un outil de revendication d’une personnalité vraie et authentique. Le menton joue à cet égard un rôle qui, bien que peu remarqué, est bel et bien crucial.


TĂŠmoignage


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Les limbes et la chrysalide

M

arie Édith Cypris est aide-soignante. Elle a exercé en

maison de retraite, à l'hôpital et en cliniques privées. Ancienne DJ, elle reste passionnée par cette activité, qui à ses yeux est bien plus qu'un hobby pour écervelés. Son parcours pour retrouver le sexe auquel elle était apparentée ressemble à un saut d’obstacles, qui s’est étalé sur presque trente longues années.

Par Marie Edith Cypris*

*Le nom de plume « Cypris » fait allusion à l'une des dénominations d'Aphrodite et au dernier stade du développement larvaire de certains crustacés, la cyprine étant évidemment un nom dérivé.


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À 18 ans, les dés étaient jetés. CE TROUBLE EST-IL DÛ À UN ABANDON MANIFESTE DE VOS PARENTS ? LES CAUSES RESTENT INDÉTERMINÉES On ne connaît pas l’origine de cette pathologie qu’est la transsexualité, mais certains médecins lui attribuent des causes factorielles plutôt que structurelles. L’environnement familial a peut-être quelque chose à voir avec le sentiment du rejet de soi-même, voire de son sexe. Mais, pour le moment, rien ne permet de l’affirmer.

VERS QUEL ÂGE AVEZVOUS RESSENTI LE BESOIN DE CHANGER DE SEXE ? BESOIN IMPÉRATIF Le phénomène s’est révélé de manière progressive, à partir de 12 ans. À 18 ans, les des étaient jetés : je voulais impérativement, et sans ambiguïté aucune, changer de sexe.

VOUS ÉTIEZ POURTANT UN GARÇON À PART ENTIÈRE ? GARÇON À PART ENTIÈRE, MAIS… Tout à fait. Mais ce que l’on nomme les pollutions nocturnes étaient accompagnées de rêves et de fantasmes manifestement « invertis ». Dans mon for intérieur, je rêvais d'être une femme et je savais que je ne trouverais jamais mon équilibre autrement. Mais évidemment, je ne pouvais pas imaginer l’incroyable fossé qui allait séparer mon désir de la réalité.

C’EST-À-DIRE ? LE PARCOURS DU COMBATTANT En Argentine, il suffit d'une déclaration et de deux ou trois témoignages pour que l'état civil soit modifié en quelques semaines. Pour moi, c’est en 1979 qu’a commencé mon odyssée. Elle s’est achevée en… 2007.

MAIS POURQUOI ? D’une part, il y a une injonction mentale, dont l'axe de l'intention est maintenu rigide dans la durée. Il s’agit d’une nécessité vitale de changement, qui ne pose aucun problème d’ordre personnel. UNE PATHOLOGIE INTERSTITIELLE Mais, d'autre part, il y a la société et ses édiles, en particulier le corps médical. À cette époque (avant l'Internet), les pathologies étaient encore plus compartimentées que maintenant, et la transsexualité ne correspondait à aucune case. Ce qui sortait de la « grille » posait problème. La médecine hospitalière éludait donc le problème et me renvoyait de service en service. Ce n’est que par mes fréquentations nocturnes à Paris que j’ai rencontré des cas similaires, prenant ainsi connaissance d’un carnet d’adresses de praticiens qui acceptaient de prescrire des hormones. Mais tout cela était empirique et bricolé, si bien que les doses pouvaient constituer de véritables poisons. La situation était à peu près la même qu’avant la légalisation de l’IVG : sous le manteau, l’anarchie.


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Moi, j’allais de l’avant. MAIS ENTRE 1979 ET 2007, LA SITUATION AVAIT ÉVOLUÉ ? ÉQUILIBRE IMPOSSIBLE Oui, mais… moi aussi ! Et pas forcément dans le bon sens. Subissant la pression psychologique, sociale et médicamenteuse, j’ai craqué à plusieurs reprises, allant d’une dépression à l’autre. Ma situation professionnelle s’est est évidemment ressentie, puisque j’ai été tour à tour boulangère, DJ, chômeuse, mendiante, bonne à tout faire, assistante de vie, et finalement aide-soignante.

VOUS EMPLOYEZ LE FÉMININ, MAIS VOUS ÉTIEZ UN HOMME ! Dehors, oui. Dedans, non.

ALORS, D’OÙ PROVENAIENT LES BLOCAGES ? ERREUR DE LA NATURE

AUTRE CHAUSSE-TRAPE

Le problème de la transsexualité a généré tout un militantisme associatif qui n’a pas vraiment servi la cause des intéressés [voir l’article de Mme Blondin]. En effet, l’ « erreur de la nature » présente de nombreuses facettes, souvent contradictoires. Alors que le vrai transsexuel exige réparation – tout simplement –, il existe toute une palette de « transgenres » : ceux qui considèrent l’autre sexe comme un terrain de jeu mieux adapté à leurs fantaisies ou ceux qui mettent sur le dos du sexe des problèmes qui en sont totalement éloignés. D’où un brouillard opaque auquel

Mais lorsque finalement les institutions ont daigné se pencher sur le problème, et donc sur moi, à leurs yeux, je n'appartenais malheureusement plus à la case « transsexuelle » ; je tombais dans une autre chausse-trape : le cas social. Que voulez-vous, faire partie d’une population interstitielle, c’est une calamité dans une société dont les structures sont figées. Si bien que, quand finalement, en 1991, une équipe officielle s’est penchée sur mon cas et m’a suivie pendant trois longues années, il a été décrété que, du fait de mes syndromes

s’est heurté l’administration hospitalière (de concert avec la Sécurité sociale).

dépressifs, je ne pouvais aboutir dans mes démarches ! En 2000, j’ai tout recommencé, mais là encore, les nouveaux venus, sans aucun doute dans le but de me protéger, hésitèrent encore pendant… sept ans. C’est donc en 2007 que j’ai pu, physiquement et légalement, changer de genre.


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Les autres prenaient l’avenir à reculons. N’AVEZ-VOUS PAS SOUFFERT DE CE PARCOURS CHIRURGICAL TRÈS LOURD ? UN PARCOURS PSYCHOLOGIQUE BEAUCOUP PLUS SIMPLE QU’IL N’Y PARAÎT J’ai travaillé pendant un moment comme aide-soignante dans une clinique esthétique. Je vous assure que mon cheminement était beaucoup plus simple que celui des cas cosmétiques auxquels j’ai assisté. Moi, j’allais de l’avant. Les autres prenaient l’avenir à reculons.

QUELS SONT VOS RAPPORTS AVEC VOTRE ENTOURAGE ? Les problèmes ne sont, ni plus, ni moins, que ceux qu’éprouvent les gens dans le métro ou au travail.

AUCUN REGRET ? L’HARMONIE RETROUVÉE Entre 1979 et 2007, j’ai vécu émotionnellement, physiquement et socialement dans des limbes. Depuis ma libération, je suis aussi épanouie – même dans ma vie la plus intime – que la plus heureuse des femmes.


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Si le transsexualisme n'est plus une maladie mentale, la transsexualité, terme qui s'y substitue aujourd'hui, ne nous éclaire pas davantage sur ce qu'est cette inexplicable affection. Alors même qu'« affection» devient obsolète pour parler de ce qui désormais serait un « droit» de l'homme et de la femme à changer de sexe. L'écart est patent entre pathologie et fantaisie, entre souffrance et caprice. Interrogeant son expérience, l'auteur croise les points de vue d'universitaires et de transsexuels pour parvenir à une synthèse atypique. Sans complaisance et avec un regard neuf sur les questions des troubles d'identité de genre, elle dispense des séries de questions souvent inédites. Elle nous interroge et nous interpelle sur les bouleversements qui pourraient signer l'abolition des genres.

Éditeur : PUF Collection : Souffrance et Théories Prix : 26 euros


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Par Helen Bailey, Architecte

Comment rendre le campus vivable pour les transsexuels? HELEN BAILEY, COMMENT EST VENUE L'IDÉE DE CRÉER DES FACILITÉS POUR LES TRANSSEXUELS ? L'université réfléchissait depuis longtemps à ce problème, mais elle ne disposait pas de statistiques qui auraient permis de prendre les décisions en conséquence. Tout ce que nous savions, c'est que, tant parmi les étudiants que les enseignants, la population homosexuelle représente environ 10%, et que, parmi cette population, on compte un nombre non négligeable de transsexuels dont les souffrances sont encore bien pires que celles de la communauté homosexuelle. Et pour la NTU, chaque étudiant doit bénéficier d’un confort lui permettant de réussir ses études


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QUELLES MESURES? Ce qui aurait dû être évident pour tout le monde: Tout d'abord, les toilettes: imaginez le drame pour une personne forcée de fréquenter les toilettes du sexe opposé ! C’est pourtant assez facile de transposer! Dès que nous avons pris conscience de ce problème simple et basique, nous avons établi un plan de 40 installations sanitaires pouvant être remodelées en toilettes « unisexes » individuelles

EST-CE SUFFISANT? Nous hébergeons environ 36 000 étudiants, ce qui signifie que ce nombre est évidemment insuffisant. Cependant, l'effet psychologique sera énorme pour les personnes concernées. Ils n'hésiteront pas à marcher quelques minutes pour éviter tout embarras.

COMMENT ALLEZ-VOUS ÉTIQUETER CES INSTALLATIONS? Probablement «famille» ou «individuel», mais cela n'a pas encore été décidé.

QUELLES AUTRES MESURES SONT MISES EN ŒUVRE? Les dortoirs. Les missions ont donné des maux de tête incroyables aux responsables. Comment peuton attribuer un lit à une personne du sexe opposé à celui prévu ? Quel est l'impact psychologique sur le transsexuel en permanence mal à l’aise ? Donc, nous sommes en train d’étudier des compartiments spéciaux consacrés à ces personnes ayant des besoins spéciaux.

VOUS ÊTES LE PREMIER CAMPUS AMÉRICAIN À PRENDRE EN CONSIDÉRATION LES TRANSSEXUELS? Je ne sais pas, mais je sais que nous sommes à la pointe de ces efforts en faveur du bien-être des transsexuels.


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Recommandations faites aux praticiens (aux Etats-Unis) 1. Faites savoir que les transsexuels sont les bienvenus dans votre consultation (au besoin, avec un message dans les documentations présentées dans votre salle d’attente) 2. Adressez-vous à ce patient comme n’importe quel autre patient 3. N’oubliez jamais d’utiliser le genre adéquat en vous adressant à un transsexuel 4. Si vous n’êtes pas sûr, posez simplement la question 5. Mettez en place des règles précises pour que le patient soit respecté 6. Evitez toute question relevant de la curiosité 7. Un transsexuel ne doit en aucun cas être un champ d’expérimentation 8. Si ce n’est pas nécessaire à la procédure que vous envisagez, ne posez jamais de question sur l’anatomie intime du patient 9. Ne jamais divulguer d’informations sur son statut 10. Initiez-vous aux aspects spécifiques de ces patients.

L’université diffuse les sites pouvant aider LES transsexuels dans leur vie personnelle et leurs démarche (en anglais) ORGANISATIONS DÉDIÉES AUX LESBIENNES, GAYS, BI ET TRANS (LGTB) GLAD - https://www.facebook.com/groups/gladatunt/?fref=ts FMLA - http://www.facebook.com/groups/16087018510/?ref=ts&fref=ts RAGE - http://www.facebook.com/groups/dentonradicalalliancegenderequality/?ref=ts&fref=ts COLLEGE DEMOCRATS http://www.facebook.com/CollegeDemocratsofUNT?ref=ts&fref=ts Trans*-related resources • THE SELF MADE MEN IS A TOOL USED TO SERVE THE TRANSGENDER MALE COMMUNITY. http://www.theselfmademen.com • TRANSITION-RELATED FUNDRAISING PROJECTS. http://trans-itionfundcollective.tumblr.com • AN FTM PHOTOSHARE SITE. http://www.transbucket.com • ADVICE ON LIFE FOR THE MODERN TRANS MAN. http://artoftransliness.tumblr.com • TRANSGENDER RESOURCES AND NEEDED SUPPORT. http://t-r-a-n-s.tumblr.com SITES RELIGIEUX DÉDIÉS AUX LESBIENNES, GAYS, BI ET TRANS • A SITE ABOUT HOMOSEXUALITY AND THE BIBLE. http://hoperemains.webs.com • A DOCUMENTARY THAT EXPLORES THE IMPASSIONED RELATIONSHIP BETWEEN HOMOSEXUALITY AND THE BIBLE. http://www.fishoutofwaterfilm.com SITE DÉDIÉ AUX ASPECTS LÉGAUX http://transgenderlawcenter.org


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MODE EFFERVESCENCE AU PAYS DU SOLEIL LEVANT

Des tatamis aux podiums ! Il n’y a qu’une Geta…


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GEISHAS

KAWAII


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DE LA TRADITION à L’EMANCIPATION

L

geishas (« personnes d'art ») sont des dames de compagnie éduquées dont le rôle est de divertir les Japonais de classe sociale aisée. Il en reste aujourd’hui moins de deux cents.


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DE LA GEISHA TRADITIONNELLE À LA LOLITA ARTIFICIELLE Kawaii est un mot japonais désignant ce qui est considéré comme mignon, innocent, pur, doux, adorable, simple et authentique. Un bébé peut être kawaii. Le terme peut également s’appliquer aux moments heureux de la vie d’une femme. C’est dans les années 70 que les adolescentes ont inventé un nouveau style d’écriture à l’aide de crayons mécaniques qui dessinaient des traits très fins, par opposition à l’écriture traditionnelle japonaise. L’écriture était scandée de traits plus épais, de smileys et de lettres latines. Malgré l’interdiction imposée par de nombreuses écoles, le style s’est propagé dans le monde de l’édition, puis dans le monde de la mode. C’est ainsi que Hello Kitty a connu un succès foudroyant, entraînant dans son sillage les grandes marques de la mode. Les femmes se sont alors réclamées de l’innocence et de la fraîcheur d’un style underground issu des ados, lui- même issu des traditions. Une façon de rajeunir sans chirurgie esthétique en détournant le maquillage de la geisha traditionnelle pour un style Lolita artificielle. Le show biz et les couturiers s’emparent de ce phénomène. C'est le cas de Mariah Carey, Cameron Diaz, John Galiano pour Dior, Zara, qui vont créer un style vestimentaire pour des poupées bien réelles.

Pour la jeune japonaise cela devient un art de vivre au quotidien, une façon de s’émanciper de la société traditionnelle japonaise trop conventionnelle. Ce refus de passer à l’âge adulte et de rentrer dans le « moule ». Le proverbe japonais, « Le clou qui dépasse appelle le marteau » est tout à fait représentatif d’un esprit ancestral dans lequel la créativité et l’individualisme n’ont pas leur place. Le mouvement Kawaii va alors prendre une ampleur considérable, avec la création de nombreux genres de Lolitas.


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MAQUILLAGE ET IDENTITÉ ! Il est difficile de savoir ce qui se cache derrière le maquillage d’une Geisha. Les Kawaii, en s’inspirant de cet art ancestral, ont réussi à se créer une identité propre loin de l’anonymat de leurs aînées. Le laboratoires de cosmétiques ne s’y sont d’ailleurs pas trompé en créant une multitude de produits adaptés. Shisheido, Shu Umera, Yojiya sont les sanctuaires de la cosmétique japonaise.


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LE RÔLE ESSENTIEL DU MAQUILLAGE Le maquillage de la Geisha traditionnelle, dont le rôle est essentiel, évolue avec l’expérience : très lourd au départ – l’apprentie se nomme alors « maiko » – il s’amenuise lors de l’intronisation. Lors de son apprentissage, la maiko recouvre son visage de blanc. La lèvre inférieure est en partie empourprée, alors que la lèvre supérieure est laissée blanche, ce qui donne un côté boudeur et provocateur. En effet, un simple trait suffit à modifier l’expression du visage. Mais au cours de la deuxième année de formation, la lèvre du haut commence à être rougie. Enfin, lors de l’intronisation de la geisha, qui a dépassé la fraicheur des premières années, le maquillage devient plus sobre.


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L’ÂGE ET LE MAQUILLAGE

SUBTILES COMPOSITIONS

Dans ses premières années, seule la lèvre du haut est maquillée tandis que celle du bas reste blanche. Autrement dit, le maquillage des lèvres est inversé... La lèvre du haut devient de plus en plus empourprée tandis que la lèvre inférieure est surlignée au crayon, sans que le trait suive la courbure de la lèvre, ce qui crée cet effet surprenant pour les

La composition du rouge à lèvres est spécifique et la teinte diffère en fonction de la maturité de la personne. Il est en réalité une dispersion de pigments dans une substance fondamentale solide (ensemble de protéines sur lesquelles se fixent des sels minéraux), faite à base de cire et d'huile, dans laquelle on ajoute des substances, comme le

Occidentaux. Ce changement n’est pas anodin car il correspond à la maturité acquise par l’ancienne apprentie et souligne sa beauté, en limitant les artifices.

bisabolol, la lécithine, des antioxydants et même des arômes. La différence des températures de fusion et de solidification de chacun de ces composants permettra d'obtenir un panel de produits variés.

TOUTES SORTES DE CIRES Le choix des cires reste extrêmement important pour le résultat car il modifie sa texture. On utilise des cires animales comme la cire d'abeille et la lanoline, des cires végétales comme celle de candellila, de riz ou de carnauba, des cires minérales comme l'ozkorite, la ceresine et la microcristalline et enfin des cires synthétiques comme celle de triglycérides, de polyéthylène et de ricin hydrogène. Leurs points de fusion font varier la souplesse et la plasticité, ce qui va permettre une différence dans la texture finale du rouge à lèvres ainsi que dans sa couleur.


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DE LA COUPE AUX LÈVRES L’expression des lèvres est la résultante de l’action de nombreux muscles : orbiculaire des lèvres (labial), élévateur commun de l'aile du nez et de la lèvre supérieure, élévateur propre de la lèvre supérieure, canin, petit zygomatique, grand zygomatique, buccinateur, risorius, triangulaire des lèvres, carré du menton, muscle de la houppe du menton… Intensifier le rouge à lèvres sur un endroit précis revient à en souligner l’expression. Il convient donc de bien nuancer son application, de manière à donner un résultat clair ou foncé.


LES MUSCLES DU VISAGE

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LÉGENDE DES MUSCLES DU VISAGE 1 / FRONTAL 2 / ORBICULAIRE DES PAUPIÈRES 3 / RELEVEUR SUPERFICIEL 4 / PETIT ZIGOMATIQUE 5 / GRAND ZIGOMATIQUE 6 / MASSÉTER 7 / CARRÉ DU MENTON 8 / MENTONIER 9 / TEMPORAL 10 / PYRAMIDAL 11 / RELEVEUR DE FROND 12 / BICCUNATEUR 13 / RISORIUS 14 / ORBICULAIRE DES LÈVRES 15 / TRIANGULAIRE DE LÈVRES


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Les dents noires, origines de la Gothique Lolita ?

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e detsushi est une coutume consistant à se noircir les dents, venue peut-être du SudEst asiatique mais qui a été adoptée au moins dès le début de l'époque Heian au Japon, en particulier par les aristocrates. Un roman du XIème siècle, le Genji-Monogatari, de Murasaki Shikibu y fait allusion. Le hagurome, une pâte très souple composée d'une poudre de fer dissoute dans du thé ou du vinaigre associé à une noix de galle (fushi) était utilisée jusqu'à la période Meiji (1868-1912). Cette coutume ne somme ”ohaguro” ; elle est aussi connue sous les noms de KANETSUKE, FUSHIMIZU, TSUKEGANE ou encore HAGUROME.


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L’ÉVOLUTION DE L’OHAGURO. Durant l’ère Heian (794 à 1185), l’ohaguro était pratiqué par les hommes comme par les femmes membres de l’aristocratie, de la noblesse ainsi que de la famille impériale et certains de leurs suivants. Les dents étaient noircies suite à la cérémonie du mogi pour les jeunes filles (de 12 à 14 ans) et du genpuku pour les jeunes hommes (de 11 à 17 ans). Cette cérémonie marquait l’entrée dans l’âge adulte. La pratique de l’ohaguro change à la fin de l’ère Muromachi (1333-1574), lorsque le Japon traverse une vague de turbulences, période dite du "pays en guerre" (le "sengoku " 1467 à 1573). Il se démocratise, même s’il est majoritairement utilisé au sein de l’aristocratie. Si les hommes ne souffrent aucune exception à sa pratique, son usage se restreint chez les femmes. Les femmes mariées, non mariées mais âgées de plus de plus de 18 ans, les geishas et les femmes du monde flottant (quartier des plaisirs) se devaient de noircir leurs dents. Les petites gens ne se noircissaient les dents que lors des cérémonies importantes (mariage, funérailles, fêtes, …). A l'époque d'Edo (1603-1868), les dents noircies signalaient que les femmes avaient atteint leur maturité (13 ans), puis finit par indiquer le statut de femme mariée. MODERNISATION = DENTS BLANCHES En 1868, l’Empereur Meiji retourne sur le trône. Le Japon entre alors dans un important mouvement de modernisation. Le système féodal est aboli, les anciens titres de noblesses supprimés, et la pratique de l’ohaguro interdite le 5 février 1870. Son usage tombera alors progressivement en désuétude. Il est de nos jours possibles de voir quelque survivance de cette coutume dans le maquillage des geishas et de certains acteurs de kabuki (théâtre). DE NOIRS DESSINS De nombreuses raisons sont avancées pour expliquer la pratique de l’ohaguro. Esthétisme d’une époque, rang social, vertus de la personne ainsi fardée, message à destination d’autrui (pour les femmes mariées)… On peut aussi avancer que l’encre enduite sur les dents avait la réputation d’avoir un effet bénéfique sur la denture.


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UN NÉCESSAIRE RITUEL Afin de pouvoir s’enduire les dents de teinture noire, un nécessaire particulier fut élaboré au cours des siècles. Certains ensembles, en laque recouverte de feuilles d'or, sont de véritables objets d'art. Ce nécessaire se compose d’un large récipient (sorte de petite bassine nommée mimidarai) sur lequel repose une sorte de plateau rectangulaire (watashigane). Sur ce plateau sont disposés un bol, dans lequel la décoction était faite, ainsi qu’une sorte de « petite théière » contenant le « kanemizu » (composant liquide de l’encre). Pour être complet cet ensemble comprend en plus des petites boites carrées conservant le fushi (composant poudré de l’encre), un ou plusieurs pinceaux, utilisés pour appliquer l’encre sur les dents. INSPIRATION POUR COMMERCIALISATION ! Plus de dents noires ! Qu’à cela ne tienne… les groupes de cosmétiques ont inventé le noir à lèvres. Et voici nos gothiques Lolitas, et leurs cousines les Elegant Ghotic Aristicrats, à nouveau sur le devant de la scène. Le Japon n’a pas la même notion du gothique que nos sociétés occidentales. Pour les Japonais, ce style ne représente ni la noirceur de l’âme, ni la tristesse. C’est tout simplement une façon de s’amuser en affirmant son identité. Ces Lolitas d’une autre époque que les Geishas sont recouvertes de froufrous, de jupes en dentelles, de corsets, de perruques blanches ou roses, d’ombrelles fluo, de walkman à pompons, de bas déchirés, de dessous chic et érotiques qui font tourner la tête à toute une nation. Le réveil est parfois douloureux pour les traditionnalistes, mais la relève du monde levant, à n’en pas douter, est bien là.


Silhouette


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Par le Dr Richard Abs

Les vénus se voudraient callipyges

L

e Dr Abs est un spécialiste qui, après un parcours très varié et de nombreux voyages (y compris au Bangladesh pour de la chirurgie humanitaire), applique une méthode originale pour compenser des fesses inexistantes ou peu gracieuses.


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L’absence de relief crée souvent un véritable complexe...

Dr ABS, LES FEMMES SONT-ELLES SEULES CONCERNÉES ? SIX FEMMES POUR UN HOMME Pas seulement. Une intervention sur les fesses concerne les deux sexes. Mais il est vrai que pour les femmes, la demande est de plus en plus importante, sans rattraper encore les interventions cosmétiques sur les seins. Dans ma pratique, la chirurgie de la silhouette concerne six femmes pour un homme.

À QUEL ÂGE SE PRATIQUE L'INTERVENTION ? Le plus important de la demande se situe entre 25 et 30 ans ; le deuxième « pic » entre 45 et 50 ans.

QUELS SONT EN RÉALITÉ LES PROBLÈMES ? FESSES ANTÉVERSÉES Pour différentes raisons, le bassin est basculé vers l’avant, il n’y a donc pas de relief (fesses antéversées). Par conséquent, les fesses sont plates (même si elles sont musclées). Ce phénomène atteint tout aussi bien les sportifs que les danseurs, d’ailleurs. L’absence de relief crée souvent un véritable complexe, un peu comme pour les seins. Mais elle peut aussi créer un problème professionnel (danseurs, mannequins, acteurs, patineurs…). Il arrive aussi que l'intervention soit envisagée uniquement par coquetterie (l'épreuve du jean), que ce soit pour les femmes ou pour la communauté homosexuelle. On veut éviter la fesse « triste ».

DONC, IL S'AGIT PLUS D'UN LUXE QUE D'UNE NÉCESSITÉ. PROFIL PLAT Au contraire. Toutes les personnes qui viennent consulter ont véritablement un profil plat et en souffrent.


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POURQUOI LA CHIRURGIE MAMMAIRE EST-ELLE BEAUCOUP PLUS DEMANDÉE ? Longtemps, l’intervention sur le fessier a eu mauvaise réputation car la technique était peu maîtrisée en France. Mais elle était très répandue en Amérique latine. C’est d’ailleurs au cours d’un séjour au Brésil que j’ai compris les enjeux. À l'époque, sur la plage de Copacabana, tout le charme des Cariocas résidait dans le postérieur ! Ironiquement, on cherchait à réduire les seins et à augmenter les fesses, alors qu’aujourd’hui – influence occidentale oblige – c’est le contraire ! VARIATIONS ETHNIQUES Mais au Brésil, j’ai pu aussi observer les différences anatomiques entre les différentes ethnies qui peuplent ce pays, ce qui m’a permis de réfléchir aux options esthétiques. En France, n’oublions pas que le seul modèle « exotique » que l’on connaissait était la célèbre vénus callipyge* au Musée de l’homme (aujourd’hui rendue à l’Afrique du Sud). De retour en Europe, j'ai pressenti que l'on s'intéresserait à plus ou moins long terme à cette partie de la silhouette.

mon rôle est de trouver un juste équilibre

QUELLES SONT LES « TENDANCES » ? On remarque que chaque ethnie présente des spécificités. Ainsi, les Africains ont des fesses plus rondes, aussi bien de face que de profil, alors qu’en Europe, les garçons ne « débordent » pas sur les côtés. UN JUSTE ÉQUILIBRE Bien sûr, mon rôle est de trouver un juste équilibre, en particulier de faire en sorte que les fesses ne ballotent pas. Je cherche aussi à satisfaire les femmes qui sont plutôt à la recherche de formes rebondies, pour ajouter du « sex appeal » à leur silhouette. Dans l’inconscient collectif, les seins généreux, signes d’une femme fertile, sont en effet associés à des fesses rondes et une taille de guêpe (silhouette « en sablier »). Les fesses seraient, pour leur part, un encouragement à la fertilisation ! Symétriquement, le profil d’une femme enceinte provoque un découragement à la reproduction. La silhouette en sablier recouvre en réalité un appel inconscient.


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L'ABSENCE DE FESSES EST-ELLE STRUCTURELLE OU ACCIDENTELLE ? SILHOUETTE PRÉPUBÈRE Une période d’amaigrissement intense peut entraîner une perte importante de relief. De même, le vieillissement entraîne un retour à une silhouette prépubère. Ces ptoses sont alors difficiles à traiter car on ne peut envisager un lifting des fesses.

QUELLES SONT LES TECHNIQUES ? On sait refaire les seins, on sait creuser la taille, mais on sait moins rectifier les fesses. Pourtant, la technique est simple et s’inspire souvent de la prothèse mammaire. Mais il y a un avantage ici : on ne pratique qu’une seule ouverture pour introduire les prothèses de gel. Cette technique a été mise au point au Mexique et diffusée par un chirurgien de São Paulo. Je l’ai introduite en France en animant régulièrement des ateliers. POSITION ASSISE La prothèse est insérée dans l’épaisseur même du muscle grand fessier et, du fait de l’épaisseur de la paroi de la prothèse, la cohésion du gel est mieux protégée en cas de choc. De surcroit, on ne s’assied pas sur le gel, ce qui évite une trop forte sollicitation. C’est plutôt en position allongée qu’il faudra éviter des chocs intempestifs. En Argentine, on a tendance à insérer des prothèses derrière le muscle, mais l'inconvénient est que l'on ne peut apporter que de légers appoints à cet endroit.

LE GESTE EST-IL ISOLÉ ? L’intervention sur la fesse est une opportunité pour y associer d’autres gestes : ainsi, une lipoaspiration sur la culotte de cheval ou l’abdomen, lorsque c’est possible, permet de récupérer les lipocytes et de les réimplanter au niveau des fesses, diminuant ou éliminant le recours à une prothèse. L’avantage étant évidemment d’éviter la présence d’un corps étranger. Toutefois, il faut comprendre qu’une transplantation autologue restera discrète, et ne pourra conférer un caractère de « bombe » à la silhouette. LA LIPOSUCCION MISE À PROFIT Si les couches graisseuses sont absentes, on peut avoir recours à des injections d'acide hyaluronique. Cette technique permet d’éviter les risques liés aux implants fessiers. Elle a de surcroit l'avantage de se faire sous anesthésie locale par simples injections. On peut l’utiliser comme première approche, avant d’aller plus loin.

QUELLE EST LA DURÉE DE CES IMPLANTS ? Le matériau étant résorbable assez rapidement (un à deux ans), il faut évidemment savoir qu’un suivi sera nécessaire. Mais pour les professionnels ayant besoin d'un book ou passant une audition, le procédé est très intéressant car très rapide et sans conséquence.


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Plastie abdominale


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Par le Dr Christelle Santini

UNE NOUVELLE VIE POUR L’ABDOMEN

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a plastie abdominale

traite les ventres abîmés, qui entraînent des handicaps physiques ou psychologiques. Elle peut se pratiquer après les grossesses, en particulier après les accouchements répétés ou après la naissance de jumeaux ou après une perte de poids importante. Pour éviter tout besoin de ré-intervention, cette chirurgie n’est envisageable qu’après la dernière grossesse prévisible.


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L’ABDOMINOPLASTIE EST-ELLE UNE INTERVENTION STANDARD ? Il existe des critères stricts de prise en charge de cette intervention qui peut être à visée reconstructrice ou tout simplement esthétique. THÉRAPEUTIQUE, MAIS QUELQUEFOIS PLASTIQUE Elle est reconstructrice lorsqu’elle est pratiquée après une perte de poids si importante que le tablier de peau abdominal arrive à recouvrir le pubis (la peau ne parvient pas à se rétracter), et que la patiente est victime de problèmes récurrents (mycoses). D’un autre côté, certaines femmes, après un amaigrissement ou une grossesse , réclament cette intervention tout simplement pour enlever une petite bouée. Associé à l’apparition de vergetures, l’excès de peau les gêne à tel point qu’elles viennent consulter. Seul un geste cutané est envisagé, de manière à ne pas affecter d’éventuelles grossesses. L’intervention est alors moins lourde.

COMMENT L’INTERVENTION SE DÉROULE-T-ELLE ? MINI-LIFTING ABDOMINAL étude de Durer Pour une intervention « reconstructrice », on propose une dermo-lipectomie abdominale, c'est-à-dire que l'on enlève l'excès de peau associé éventuellement à une réparation musculaire. La technique préconisée est celle dite de « Le Louarn et Pascal » : plastie abdominale avec haute tension supérieure. Cette technique permet le transfert de la tension maximale de la région sus pubienne à la zone située au niveau de l’estomac et du nombril. Les résultats sont excellents et l’incidence des complications sont très rares par rapport à la technique classique. On décolle la peau de l’abdomen en avant des muscles jusqu’au cartilage xyphoïde (sternum). On abaisse ensuite le lambeau cutané, qui est maintenu par des points de haute tension à côté de l'ombilic. On incise au-dessus du pubis d’une hanche à l’autre. On passe au-dessus des muscles avec un bistouri électrique pour obtenir un grand décollement. Le but est de rabaisser au maximum la cicatrice abdominale, ce qui donc permettra ultérieurement une vie sociale normale (même à la plage).


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COMMENT TRAITE-TON UN DIASTASIS ? GAINER LA CEINTURE ABDOMINALE Ici, la procédure est différente. Le but est de suturer les grands droits l'un à l'autre, de manière à éviter toute récidive. On gainera ainsi la sangle abdominale. La procédure implique, de toutes les manières, un décollement de la peau pour atteindre et suturer l’aponévrose des grands droits, les rendant ainsi solidaires. Mais lorsque le diastasis est léger et qu’il n’y a pas de déformation, l’intervention n’est pas nécessaire.

LE DERME RETROUVET-IL UNE APPARENCE NORMALE ? POINTS DE CAPITON

LES TISSUS SOUS-JACENTS CICATRISENT NATURELLEMENT On sectionne ensuite ce qui est en trop, c’est-à-dire ce que nous aurons déterminé au cours des consultations. En fin d’intervention, on suture. L’hospitalisation aura duré deux jours. Reste à attendre la cicatrisation, qui se déroule en général sur une quinzaine de jours. Cependant, pour bien fixer les tissus, la patiente portera une gaine pendant 4 à 6 semaines. Elle retrouvera alors un ventre bien plat.

CE SEUL GESTE SUFFIT DONC À RÉGLER LE PROBLÈME ? UNE SILHOUETTE DE FEMME ENCEINTE Il arrive aussi, après ces grossesses, que la patiente souffre d’un écartement des muscles grands droits, ce que l’on appelle les « abdos ». La ligne blanche (ligne médiane de l’abdomen) se distend. Normalement, après la grossesse, elle se rétracte. Mais dans certains cas, la rétraction ne s’effectue pas. Les viscères poussent alors vers l’extérieur et l’on retombe dans une silhouette de femme enceinte ! Il s’agit d’un phénomène appelé diastasis. Là encore, il faudra intervenir pour « réparer » la paroi musculaire abdominale.

En ce qui concerne la peau, la vigilance est de mise car le décollement est délicat. Un geste trop rapide peut en effet provoquer des hématomes ou des séromes (poches de lymphe). Pour prévenir ce risque, on pose des points de capitons, dont le nombre est déterminé en cours d’intervention (en général une dizaine). Il s’agit de limiter l’espace mort qui pourrait, dans le pire des cas, se remplir de sang pendant l’intervention ou subséquemment se remplir de lymphe. Une fois ces précautions prises, le derme retrouve une apparence normale. Les points de capiton permettent de diminuer les conséquences post opératoires. Ces points correctement placés évitent la formation de collection lymphatique dans les suites opératoires et diminuent les complications. L’apparence de la peau reste donc naturelle.

étude de Durer


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DES COMPLICATIONS SONT-ELLES À REDOUTER ? NE PAS RESTER ALLONGÉE TROP LONGTEMPS La complication la plus redoutée est la phlébite qui, compte tenu de la durée assez longue de l’intervention (1h30 à 2h) est susceptible de se produire. Pour prévenir tout risque, on administre des anticoagulants après l'opération et on impose des bas anti-thrombose. De même, on encourage un lever précoce, de manière à ne pas laisser les gens immobiles pendant trois ou quatre jours.

ET SI D’AUTRES ZONES QUE L’ABDOMEN SONT AFFECTÉES ? Selon le cas, nous pouvons conseiller une simple liposuccion ou, au contraire, si le problème est massif, un body lift. BODY LIFT Il s’agit alors d’une plastie abdominale circulaire améliorée, pour les gens qui ont perdu énormément de poids, et qui donc souffrent d’un excès cutané circulaire. Le but est de retirer une bande de peau à 360 degrés, et en même temps de remodeler les fesses et la partie supérieure et externe des cuisses. Deux lambeaux graisseux sont enfouis pour regalber les fesses et l’on effectue une liposuccion de la face externe de la cuisse. On retend ensuite la peau de la cuisse. L’intervention peut durer de 5 à 6 heures. La préparation est évidemment minutieuse et soigneusement calculée.


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RESTERONT QUAND MÊME DES CICATRICES ? LES TATOUAGES AU SECOURS DES CICATRICES C’est vrai, mais aujourd’hui les tatouages viennent opportunément à notre secours ! Selon l'importance de l'intervention, elles seront soit invisibles (zone sus-pubienne), soit bien placées (autour du nombril). Mais pour le body lift, on ne pourra éviter une cicatrice circulaire qui n’est pas forcément la bienvenue, mais qui est, sommes toutes, mineure par rapport à une silhouette retrouvée !

QU’EN EST-IL DES VERGETURES ? Les vergetures situées dans la zone sous ombilicale peuvent être éliminées lors de la plastie abdominale. Le traitement des vergetures est difficile. Mais il faut savoir que, dans la mesure où elles sont en réalité de petites cicatrices, leur résorption est impossible.

AU FINAL ? RETROUVER PLAISIR À S’HABILLER Après quelques semaines, certaines femmes retrouvent un ventre plat. Elles peuvent perdre jusqu’à plusieurs tailles. Elles peuvent à nouveau trouver plaisir à s’habiller. C’est simple : je ne connais pas une patiente qui regrette l’intervention !


Br没lure de la peau


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Par le Dr Sarah de Babeche*

Le traitement des brûlures

A

ncien chef de clinique, le Dr Sarah de Babeche, en plus de la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, se spécialise dans la chirurgie des brûlés, un domaine particulièrement vaste puisque toutes les parties du corps sont susceptibles d’être touchées.

*Chirurgienne au Centre hospitalier Léon Binet à Provins


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QUELLES SONT LES PROCÉDURES, EN MATIÈRE DE BRÛLURES? Dr DE BABECHE, EXISTE-T-IL UN CURSUS SPÉCIFIQUE POUR LE TRAITEMENT DES BRÛLURES ? Ce n’est pas une spécialité en soi. Il s’agit d’une compétence de la chirurgie, mais plus spécialement de la chirurgie reconstructrice. Le praticien oriente ensuite son parcours en fonction des services auxquels il est appelé. En ce qui me concerne, j’ai connu cette branche de la chirurgie à l’hôpital Trousseau, où j’ai exercé dans le service des grands et des petits brûlés. UNE BRÛLURE N’EST JAMAIS ANODINE

QUELLE DIFFÉRENCE ENTRE LES DEUX ? La brûlure n’est pas une maladie, mais elle n’est jamais anodine. Elle est toujours brutale, plus ou moins grave, souvent dramatique. Tout dépend en réalité de la profondeur et de l’étendue des lésions, de l’âge de l’accidenté et de la proximité ou non d’un orifice naturel ou d’un pli articulaire.

POURQUOI ? Graves conséquences lorsque les orifices sont touchés Par exemple, une petite brûlure autour de l’orifice buccal peut s’avérer très grave. Les cicatrices, selon leur importance, vont créer une rétraction affectant l’ouverture ou venant en gêner la fonction. La respiration ou même la vue peuvent être affectées si les brûlures concernent le nez ou les yeux. C’est d’ailleurs le cas de ce danseur du Bolchoï, qui est devenu presque aveugle après le jet d’acide dont il a été victime récemment.

On distingue trois étapes principales, le but étant de préserver la vie à tout prix : le traitement immédiat selon le diagnostic, la procédure de mise en œuvre de la cicatrisation et la gestion des cicatrices. PLUSIEURS ÉTAPES À cela, s'ajoute une quatrième étape : le suivi psychologique du patient. Le diagnostic lui-même se base sur deux niveaux : La barrière cutanée (qui est effondrée) : l’évaluation en surface est rapide car visible et on lui attribue un degré sur une échelle (généralement l’échelle de Wallace) ; un faible degré entraînera en général une cicatrisation spontanée. Il n’en va pas de même avec les traumatismes en profondeur et sur les structures intermédiaires Des lésions viscérales peuvent exister selon les facteurs déclencheurs (agents chimiques, liquides bouillants…). On peut même constater de véritables carbonisations suite à un incendie ou à un choc électrique. Les risques de complications sont évidemment majeurs et le danger infectieux omniprésent. La conjugaison des deux niveaux entraîne évidemment des risques de lésions supplémentaires qui aggravent encore le diagnostic.


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LES TRAITEMENTS ONT-ILS ÉVOLUÉ ? Aujourd'hui, les progrès de la réanimation et de la chirurgie sont tels que l'on sauve beaucoup plus de patients qu'auparavant ; le corollaire étant malheureusement l'augmentation des handicaps lourds. ON SAUVE AUJOURD’HUI BEAUCOUP PLUS DE PATIENTS Par conséquent, au moment du diagnostic, on doit aussi prendre en compte les répercussions à long terme de toutes les options auxquelles nous aurons recours.

PAR QUOI COMMENCE-T-ON ? On pare au plus pressé (sédation, ventilation, prévention des thromboses, traitement initial des brûlures, interventions chirurgicales urgentes – y compris amputation lorsque nécessaire) et surtout prévention des infections. Ensuite, toutes les options sont possibles car la brûlure peut concerner toutes les branches de la médecine et de la chirurgie, tant les cas sont variés et compliqués.


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QUELLE PEUT ÊTRE LA DURÉE D’UN TRAITEMENT ? TRÈS LONGUE RÉÉDUCATION Très variable, mais en tout cas plusieurs mois, sans compter la rééducation. Le port de vêtements de contention peut s’étaler sur deux ans ou plus. Cette étape peut être compliquée car la douleur vient souvent empêcher son bon déroulement.

QUELLES SONT LES CAUSES DES BRÛLURES ? Chez 90 % des enfants, les causes sont d’origine domestique. Elles sont le résultat d’un défaut (quelquefois impardonnable) de surveillance. Les circonstances sont infinies. L’enfant peut poser les mains sur un insert de cheminée, la porte d’un four ou sur le tuyau d’échappement d’une moto ; il peut subir un retour de flamme près d’un barbecue, il peut mettre le feu aux vêtements ou aux cheveux de sa sœur s’il joue avec des allumettes ou un briquet… MANQUE DE SURVEILLANCE IMPARDONNABLE Chez l’adulte, il y a les accidents bien sûr, qu’ils soient domestiques ou extérieurs – incendies, accidents de la route, explosions, radioactivité… Mais les brûlures peuvent aussi provenir d’agressions diverses, d’actes rituels (pour « évacuer le diable ») et, dans des cas heureusement plus rares, d’immolations. On reçoit aussi les victimes d’agressions conjugales (eau ou huile bouillante, acide…).


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CES AGRESSIONS CONJUGALES CONCERNENT PLUTÔT LES FEMMES ? AGRESSIONS CONJUGALES Non, c’est partagé. Et ces gestes peuvent entraîner de graves conséquences car il faut garder à l’esprit que, quelles que soient les causes, il y aura des séquelles : soit mineures (prurit, pigmentation, cicatrices, fripures) ; soit majeures (ostéomes, mutilation des extrémités, doigts en boutonnière, épithélioma…).

COMMENT ÉVITER TOUS CES DRAMES ? La prévention, évidemment. En particulier chez les enfants. Il faut comprendre qu'une simple inattention peut briser une vie (mois ou années perdus, handicap, difficulté d'intégration sociale…). Et, bien sûr, au niveau hospitalier, il faut encore renforcer les structures spécialisées qui, on l’aura compris, sont forcément très lourdes et qui, de ce fait, représentent un coût considérable pour la collectivité.


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Par Laurence Levasseur

La chirurgie des âmes D

irectrice artistique, metteur en scène, chorégraphe, écrivaine, Laurence

Levasseur (chevalier des Arts et des Lettres) manie avec une étonnante habileté l'univers des lettres et du corps. Après une immense carrière de danseuse-chorégraphe, elle a fondé la Mission Culture France/Asie centrale : LÛLÎSTAN*, avant de devenir directrice adjointe de l'Institut français de Kaboul.


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CERTES, MAIS LES RIVAGES QUE VOUS AVEZ CHOISIS SONT PARTICULIÈREMENT TOURMENTÉS ! Plus les êtres sont abîmés, plus les peuples sont pétris de déchirures, plus l'art prend sa valeur d'éveilleur et de décloisonnement. L’actualité de ces terres lointaines m’a poussée dans mes retranchements et ont sollicité le meilleur de moi-même.

Laurence Levasseur

MANIFESTEMENT, VOUS AVEZ CHOISI DES ZONES CONFLICTUELLES POUR VOTRE ACTION ? Après une très belle carrière en France et sur les scènes du monde entier, j'ai eu soif de nouveaux défis, ce que m'ont offert les zones de conflits en me permettant de m’immerger dans d'autres cultures, forcément en ébullition. L'art retrouve alors sa fonction initiale : éveiller l'esprit, construire l'individu et son esprit critique, le situer dans son actualité. En reconstruisant la culture, il s'agit de reconstruire les voies navigables de la pensée, les âmes en suspend, en sursis, et redresser les parts manquantes à la dignité de l’être. L'ART, VECTEUR DE RÉCONCILIATION

DES ARTISTES MUSELÉS Le cheminement passe par la cicatrisation des blessures spirituelles et, hélas, souvent physiques (tortures, immolations ou autres sévices parfois plus insidieux encore). Cette démarche en soi n'a rien de révolutionnaire : la médecine a depuis longtemps reconnu les effets bénéfiques d'une pratique artistique sur certains patients. La seule différence ici tient dans le fait que je travaille non pas avec des patients mais avec des artistes professionnels par trop longtemps muselés ; muselés par leur environnement ou par leur propre terreur de s’exprimer.


VOUS ÊTES BIEN FORCÉE D'ACCEPTER DES COMPROMIS ? LES TRÉFONDS DE L'IMAGINAIRE POUR ÉVITER LES COMPROMIS

QUELLES SONT CES SITUATIONS INCONNUES ? La guerre, le joug des pouvoirs religieux et tribaux, la censure traditionnaliste... Quels que soient les sinistres imprimés sur ces populations, mon message en faveur de l'émancipation des artistes et du public se doit de passer. Ce défi incommensurable s'accompagne d'une intensité émotive sans égal, force le sang froid et la compassion. Rien à voir avec une quelconque standing ovation à Paris ou à New York.

Bien au contraire ! Rien n'est négociable au niveau de la pensée artistique. Il n'y a pas de compromissions. Il faut certes trouver des solutions pour contourner les interdits. Mais ces solutions existent toujours : elles se terrent dans les tréfonds de l'imaginaire. Ces interdits me rendent réactive, créative. Le vrai défi est de pouvoir redonner la parole aux artistes tout en activant la compréhension et l’acceptation de son entourage social ; tout passe par un dialogue constant dans lequel les postures offensives ou provocatrices par imposition n’ont pas leur place.

MAIS POURQUOI L'ASIE CENTRALE ? En 2000, une jeune femme ouzbek qui avait suivi ma master class à Paris m'avait demandé de participer à la construction de l'art contemporain dans son pays. Depuis mon enfance, je rêvais de ces terres lointaines, de l'immensité des steppes et je voulais rencontrer ces populations dont nous ne savions que peu de choses. Un peu plus tard, j'étais là-bas sur l'invitation de l'ambassade de France et je découvrais ce vaste chantier.


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CET ART, C'EST LA DANSE ? LE FRANÇAIS, LINGUA FRANCA DU BALLET J'ai commencé par la danse contemporaine pour répondre au besoin du terrain qui, dans sa grande majorité, ne connaissait que le ballet classique. Très vite j'en suis venue au théâtre qui, lui aussi, demandait un renouvellement de sa forme par l'apport de nourritures extérieures. Et enfin, j'ai mis en place des programmes musicaux, cinématographiques, d'arts plastiques et d'arts du cirque de style contemporain.

Chaque auteur possède un esthétisme particulier déterminé par son style et l'univers de son écriture. Il est donc certain que j'apporte à

Heureusement, toutes les infrastructures mises en place par l’URSS pour le ballet étaient encore opérationnelles. La langue du ballet étant le français, j'ai pu me mettre très rapidement au travail. Et la danse contemporaine faisant appel à la théâtralité, les danseurs et les comédiens ont immédiatement entrevu le champ des possibles.

ces régions mon propre esthétisme, que ce soit d'une manière consciente ou inconsciente. J'y relie un concept d’harmonisation entre soi et l'actualité. L'esthétisme est mouvement, celui du temps, celui de l'âme aussi.

VOUS EXPORTEZ VOTRE ESTHÉTISME, EN SOMME ?


L'ESTHÉTISME, LA CHIRURGIE DE L'ÂME ? UNE CHIRURGIE, FACTEUR DE RÉCONCILIATION

Cette chirurgie esthétique rebat les cartes, mais ne fige pas. Elle laisse le temps œuvrer à partir d'un corps réconcilié avec lui-même. Il y a en effet une certaine symétrie avec mon action actuelle. L'art peut permettre à l'individu de se reconstruire et de retrouver sa dignité.

ET EN AFGHANISTAN ? Les stigmates de 40 années de conflits sont immenses. Les tentatives de suicide par immolation sont un véritable fléau (comme dans certains pays voisins). À la clinique des grands brûlés de Samarkand en Ouzbékistan, j'ai rencontré une dizaine de femmes, toutes ex-immolées, sauvées in extremis. Elles avaient pu survivre à leurs brûlures, dans des souffrances que nul ne peut imaginer. Si leur corps avait l'aspect d'une « peau de rhinocéros », les visages dans leur ensemble avaient été réparés. Mohira était l'une de ces patientes, prostrée depuis quatre ans. Je suis restée assise auprès d'elle plusieurs heures, attendant un signe de sa part ; soudain, elle a posé sa main sur la mienne et m'a dit très faiblement « je vais tout vous dire » ; et elle a parlé, décrit précisément l'horreur de sa vie d'esclave qui l'avait conduite à la brûlure terminale. À Kaboul, la Chaîne de l'Espoir rend à la vie des quantités d'enfants mutilés, ce qui est reçu comme une véritable bénédiction.


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ET VOTRE VIE À KABOUL ? NE PAS ÊTRE AU MAUVAIS ENDROIT AU MAUVAIS MOMENT Nous citons souvent cette règle d'or « ne pas être au mauvais endroit au mauvais moment ». Nous sommes tous conscients (Afghans et internationaux) que tout peut s'arrêter en une seconde mais nous n'en parlons jamais ouvertement. En juin dernier alors que je me rendais à ma répétition avec mon chauffeur, j'ai reçu un coup de fil d'un ami afghan : « Ne venez pas ! ». Peu après, une bombe explosait au moment et à l'endroit où ma voiture aurait dû passer… Je vis, travaille, rencontre toutes les couches sociales afghanes, m'immerge totalement pour faire grandir ce dialogue dont ils ont tant besoin. Les Afghans apprécient ma compassion et nos échanges. Ce peuple est en souffrance permanente mais aussi en reconstruction permanente. Lorsque je vois leurs souffrances, mes soucis me paraissent bien insignifiants.

VOS ARTISTES SONT PLUTÔT DES GARÇONS ? Toutes mes équipes artistiques afghanes (théâtre, musique, cinéma et arts plastiques) sont mixtes excepté celle du cirque ; mais ce n'est qu'une question de temps. Je viens tout juste de commencer ce chapitre et j'ai bon espoir que les choses évoluent dans le bon sens.

MAIS ON SAIT QUE LES TALIBAN INTERDISAIENT TOUTE FORME D'ART ? Depuis la fin du régime taliban, les écoles et les universités sont de nouveau ouvertes ; et quand les murs n'ont pu être redressés, des tentes les remplacent. Nous avons également à l'université de Kaboul le département des Beaux-Arts qui gère les études universitaires en théâtre, musique et arts plastiques.

COMMENT UNE FEMME PEUT SÉDUIRE EN BURQA ? SÉDUIRE EN BURQA Souvenez-vous qu'à la cour du roi de France, une femme laissait dépasser le bout de son soulier… Un léger déhanchement, une cheville discrètement exposée, un œil émeraude cerné de khôl derrière un grillage, un parfum qui exhale au-delà de la bure… autant de subtilités qui échappent à l'homo occidentalus, mais qui relèvent bel et bien de la sensualité universelle.

ET CHEZ L'HOMME ? L'homme afghan est digne. Son port altier le rend charismatique ; une esthétique fort différente de la nôtre mais une esthétique ô combien puissante.


和菓子 wagashi


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TORAYA Le prestige japonais à Paris. L'ART DES WAGASHI AU SERVICE DU PALAIS !


Les Japonais ont un sentiment de respect et de vénération pour la nature. « Seul l’invisible est japonais ». Cette maxime de Mishima peut s'appliquer aux secrets de fabrication des wagashi, véritables œuvres d’art des saisons, dont s'inspire encore aujourd'hui, la création de ces pâtisseries dont l’origine remonte à plusieurs siècles. « La même rivière coule sans arrêt, mais ce n'est jamais la même eau. De-ci, de-là, sur les surfaces tranquilles, des taches d'écume apparaissent, disparaissent, sans jamais s'attarder longtemps. Il en est de même des hommes ici-bas et de leurs habitations ». Kamo no Chômei exprime dans ces phrases la grande sensibilité des Japonais au temps qui passe, au rythme de la nature et des saisons. Cette sensibilité s’exprime également dans la création de la pâtisserie japonaise et tout particulièrement dans la conception des wagashi. Le raffinement de ces gâteaux est tout particulièrement associé à la nature, aux animaux et aux plantes. Parmi les tôgashi les plus connus, on trouve le tôshi en forme de branche de pécher et le baïshi en forme de celle du prunier. Les cinq sens sont inextricablement mêlés dans cette création originale et raffinée qui nous amène également vers une méditation sur la beauté éphémère de la nature au fil des saisons.

AU MOINS CINQ SIÈCLES D’EXISTENCE ATTESTÉS Des archives écrites témoignent que Toraya (« Tora »= tigre, « Ya » = enseigne), la plus prestigieuse pâtisserie traditionnelle japonaise, fournissait déjà la maison impériale à Kyoto il y a… cinq siècles. Il est d’ailleurs probable que la maison soit bien plus ancienne. Elle appartient à la famille Kurokawa depuis 17 générations ! Aujourd’hui encore, Toraya fournit la famille impériale en wagashi (« Wa » = ancienne désignation du Japon, le mot resté pour désigner ce qui est typiquement japonais par opposition à ce qui est occidental yô, « Kashi » = pâtisserie), alors que les yōgashi (pâtisseries occidentales) sont considérés comme produits exotiques.


LA PÂTISSERIE FRANÇAISE : EXOTIQUE Aujourd’hui, Toraya reste La pâtisserie de prestige au Japon. On se rend dans ses 80 boutiques ou « corners » (petites officines) pour sélectionner le gâteau adéquat pour un cadeau qui honorera au plus haut point celle ou celui qui le recevra. La pâtisserie, en effet, n’a pas du tout la même signification au Japon qu’en Europe. Les Européens recherchent un assemblage savant et calibré de saveurs, flattant le palais et caressant les papilles pour amener l'amateur de douceurs au septième ciel des paradis sucrés les yeux fermés. Au Japon, la recherche visuelle et esthétique du gâteau compte autant que le goût ! La pâtisserie suppose avant tout l’implication visuelle des formes et des couleurs, symboles de la poésie des saisons. L'œil est ouvert et la pâtisserie a un sens. La conception d'un wagashi se fait dans l'instant, en fonction des saisons et d’innombrables facteurs culturels. Une des spécialités, les namagashi (« nama » = frais ), créés avec les fruits frais de la saison, en harmonie avec la nature, il annonce par le choix des fruits l’arrivée du printemps ou la chaleur de l’été.


VARIÉTÉS INFINIES Toraya répertorie plus de 3000 gâteaux ! Les variétés de namagashi sont infinies. Chaque gâteau englobe une histoire et devient la représentation symbolique de légendes et de faits historiques. La richesse culturelle évoquée est immense, ce qu’un Occidental ne peut soupçonner en les découvrant, un Japonais la saisira au premier coup d'œil. Le haruto nari (promesse du printemps) est une composition ébouriffée du mois de janvier/ février annonçant l’arrivée du printemps. La partie jaune représentant les adonis qui poussent sur la terre brunie de l’hiver (d’où l’association des deux couleurs jaune et marron). L'Adonis du printemps symbolise le renouveau de la nature après l'hiver et sa victoire sur la mort : c’est un symbole de force. Le gâteau anticipe la saison.


EN EUROPE, LE CHOIX DES INGRÉDIENTS EST ILLIMITÉ. L’Europe et le Japon ont chacun une grande diversité d’ingrédients. Cependant, la préférence des Japonais s'oriente vers des choix plus diététiques que le beurre ou la crème. Les wagashi sont composés en général trois éléments : - AZUKI : sorte de pois (ou haricot), Phaseolus angularis, cultivés au Japon (sur l’île d’Hokkaidô principalement) depuis le Ve siècle AD. Rouges ou blancs, ils sont utilisés dans la cuisine japonaise soit simplement bouillis, soit pour en faire des pâtes sucrées (yôkan), en gelée, confits (amanattô), en soupe, etc. C’est la base de nombreux wagashi sous la forme de pâte riche en fibres, le an. - AGAR-AGAR OU KANTEN : gélifiant extrait de diverses algues rouges - SUCRE : wasambon-tô provenant de l’extraction traditionnelle de la canne à sucre cultivée sur l’île de Shikoku.


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PÂTISSERIE DIÉTÉTIQUE En Europe, la pâtisserie n’est en aucun cas associée à un régime diététique ! Au Japon, là encore, c’est le contraire. L’azuki est considéré comme un produit diététique. L’azuki rouge, en particulier, est deux fois plus riche en polyphénols que le vin rouge. La pâtisserie japonaise n'est pas qu'un symbole visuel, c'est aussi un facteur de force et de longévité. C’est en 1980 que le pont s’est établi entre le Japon et la France, à quelques pas d’Hédiard et de Fauchon : Toraya ouvrait rue Saint-Florentin son unique établissement à l’étranger, encore à l'heure actuelle. Il circulait en effet à cette époque un flux gastronomique entre les deux pays. Les grands chefs ouvraient des restaurants à Tokyo. Une école telle le Cordon Bleu accueillait un très grand nombre de pâtissiers japonais, venus s’initier aux yōgashi à Paris.

UNE INTERVENTION ESTHÉTIQUE Un maître pâtissier, détenteur d’une énorme expérience, officie aujourd’hui dans la cuisine parisienne. L’équipe de Toraya est quasi exclusivement japonaise. Dans la cuisine, les personnes qui assurent la fabrication des gâteaux sont japonaises. Le travail est en effet très minutieux. Par exemple, chaque vermicelle composant le haru tonari est déposé minutieusement à l’aide de baguettes pour rejoindre sa destination, soigneusement délimitée. Chaque geste est en réalité une intervention esthétique. La création d'un wagashi est aussi méticuleuse et pleine de sens que la création d'un jardin zen. DESSILLER LE CLIENT Et dans la salle, afin d’ouvrir les papilles parisiennes à l’expérience qui se prépare, le personnel de Toraya énonce le contexte de chaque gâteau, forçant le client, pour bien profiter de l’expérience, à… ouvrir les yeux !

TORAYA 10, Rue St-Florentin, 75001 Paris Tél : +33(0)1 42 60 13 00 Fax : +33(0)1 42 61 59 53 www.toraya-group.co.jp E-Mail : f-toraya@toraya-group.co.jp


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Wakaba Kage

Sakura Mochi

A L’OMBRE DES FEUILLES * créé en l’an 7 de l’ère Taishô (1918)

DÉLICE DE CERISIER * créé en l’an 7 de l’ère Taishô (1918)

Les Japonais aiment citer des métaphores poétiques, les kigo, qui résonnent du charme de chaque saison. Le kigo « Kingyô » (Poissons Rouges) est lié à l’été. Il évoque le plaisir que l’on a à les regarder nager dans leur aquarium ou dans un lac, lorsque leurs jolies couleurs chatoient et que la chaleur estivale nous parait soudain moins ardente. Le Wakaba Kage est un gâteau transparent en gelée d’agar-agar, dans lequel un poisson rouge en pâte nerikiri (mélange d’azuki blancs et farine de riz gluant) se cache à l’ombre des feuilles vertes qui ornent la surface de l’eau.

Aujourd'hui comme hier, les Japonais raffolent de la saveur et de l'arôme subtils de ce gâteau de printemps célébrant les cerisiers en fleurs. Agréablement parfumé, il constitue un plaisir gourmand attendu avec impatience chaque année. Le Sakura Mochi une fine crêpe de farine de riz, fourrée d'azuki rouges en purée, lovée dans une authentique et délicieuse feuille de cerisier, légèrement salée.


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Kankoubai

Aruji Gusa

À L’AUBE DU PRINTEMPS * créé en l’an 7 de l’ère Meiwa (1770)

CHRYSANTHÈME IMPÉRIAL * créé en l’an 40 de l’ère Meiji (1907)

Au Japon, la fleur de prunier annonce l’arrivée du printemps. Dans la fraîcheur de l’hiver, chacun de ses pétales se revêt d’un rouge vif et éclatant, premiers signes avant-coureurs de la belle saison. Façonné telle une fleur de prunier aux pétales bien arrondis tout en azuki blancs, le Kankôbai, au coeur d’azuki rouges en morceaux, nous transporte délicatement vers la douceur des beaux jours.

Le chrysanthème à 16 pétales est l’emblème de l’Empereur au Japon. C’est un très ancien symbole solaire rappelant l’origine de la lignée impériale. Fièrement dressé sur sa tige, il a des allures de grand seigneur, d’où son surnom de « Kusa no Aruji », maître et seigneur de toutes les fleurs. Tout en pâte d’azuki blancs, le Aruji Gusa est telle une fleur de chrysanthème, avec son cœur jaune d’or, cerné de fins pétales carmin, avec une exquise petite feuille verte, ourlée sur le côté.


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ABDOMINOPLASTIE OU PLASTIE ABDOMINALE : opération de chirurgie plastique reconstructrice ou esthétique de la partie moyenne ou inférieure de la paroi abdominale. En éliminant la peau relâchée ou détériorée, elle permet de retendre un revêtement sain pour reconstituer un état correct de la paroi. ACIDE HYALURONIQUE : polysaccharide, constituant naturel du derme, dont il assure l’hydratation par captation de l’eau.

AGÉNÉSIE : absence de développement totale d’un tissu, d’un organe ou d’un membre au cours de la vie embryonnaire, due à une anomalie génétique. ALLOGREFFE : greffe réalisée entre deux individus d’une même espèce mais génétiquement différents. ANASTOMOSE : communication créée entre deux conduits (vaisseaux sanguins, viscères creux ou filets nerveux) chirurgicale ou pathologique. APLASIE : arrêt congénital ou insuffisance de développement d’un tissu ou d’un organe (absence totale de développement d’un organe = agénésie).

LEXIQUE


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LEXIQUE

AUTOLOGUE (AUTOGREFFE OU GREFFE AUTOLOGUE) : transfert d’un tissu ou d’un d’organe (fragment ou totalité) d’une région à une autre d’un même organisme. BLÉPHAROPLASTIE : chirurgie plastique réparatrice des paupières présentant des aspects gênants ou disgracieux. Le but d’une blépharoplastie est de supprimer chirurgicalement et de façon durable les anomalies cutanées et graisseuses sans altérer le bon fonctionnement des paupières.

BODYLIFT : intervention de chirurgie esthétique majeure par laquelle un excès de peau associé ou non à une surcharge graisseuse est retiré sur la totalité de la circonférence de la taille pour rétablir une harmonie morphologique la plus proche possible de la normale. CALLIPYGE : qui a de belles fesses fortement développées. CAPITON : en anatomie, amas graisseux sous cutané. CARCINOME : variété de tumeur maligne (extension façon anarchique et tendance à la généralisation) développée aux dépens d’un épithélium de revêtement (peau et muqueuses) ou d’un tissu glandulaire. (ancienne dénomination : épithélioma). CLITORIS : petit organe érectile richement innervé et irrigué de l’appareil génital externe de la femme situé à la partie antérieure de la vulve, sa structure est identique à celle du pénis : corps caverneux ; corps spongieux ; gland recouvert d’un capuchon. CLITORIDECTOMIE : ablation du clitoris

COLLAGÈNE : glycoprotéine (protéine combinée à des sucres). C’est une macromolécule fibreuse représentant chez l’homme environ un tiers des protéines de l’organisme (fibres du tissu conjonctif). Son rôle est double : il confère aux différents tissus dans lesquels il se trouve résistance, souplesse, élasticité et, en association avec l’élastine et d’autres protéines, il fait partie de la matrice extracellulaire responsable de la cohésion des tissus et des organes. DIASTASIS : écartement anormal de pièces anatomiques normalement jointives et parallèles DYSPHORIE : en médecine, état de malaise, d’angoisse donnant le sentiment d’être en mauvaise santé. (antonyme : euphorie)

ENDOGÈNE : qualifie tout ce qui a pour origine l’organisme lui-même. Son contraire est « exogène ». ÉPIGASTRE : région supérieure et médiane de l’abdomen, située entre le rebord chondro-costal et en avant de l’estomac, en un creux appelé creux épigastrique (région déprimée sauf chez l’obèse). C’est une notion clinique plus qu’une définition anatomique. EXCISION : ablation des organes sexuels externes féminins, soit en partie, soit en totalité. L’excision prends trois formes : l’ablation de tout ou partie du clitoris ; l’enlèvement du clitoris et des petites lèvres ; l’infibulation dans laquelle, après ablation du clitoris, des petites et grandes lèvres, les bords restants de la plaie sont suturées.

EXOGÈNE : qualifie tout ce qui a une origine extérieure à l’organisme. Son contraire est endogène GREFFE CUTANÉE DE PEAU MINCE : prélevée au rasoir, le plus souvent sur les cuisses et les fesses (mais aussi thorax, abdomen, dos, cuir chevelu). La cicatrisation de la zone de prélèvement est spontanée car le derme n’est pas touché. La peau prélevée est utilisée soit en bandes continues, soit en filets.


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GREFFON : c’est un fragment de tissu ou d’organe, ou un organe entier, transplanté à un patient receveur après prélèvement chez lui-même ou chez un donneur.

HERMAPHRODISME : forme de reproduction sexuée, caractérisée par la présence des deux sexes, mâle et femelle, chez un même individu. HÉTÉROGREFFE : greffe pratiquée entre deux individus d’espèces différentes.

HYMEN : membrane souple, séparant le vagin de la vulve, se rompant lors du premier rapport sexuel. Il est normalement perforé au centre pour permettre le passage du sang menstruel. HYPERTROPHIE MAMMAIRE : augmentation excessive du volume des seins avec cône mammaire surdimensionné et plaque aréolomamelonnaire descendue, regardant vers le bas. HYPNOSE : sommeil superficiel, induit par suggestion d'un tiers ou influence personnelle, qui réduit la vigilance et entraine une détente physique et psychologique.

IMPLANT : matériel naturel ou artificiel (appareil, médicament, tissu synthétique) pouvant être inséré dans l’organisme pour remplacer un organe malade ou améliorer son fonctionnement, traiter certaines affections, diffuser des médicaments ou des hormones, remodeler la silhouette.

LEXIQUE

GREFFE CUTANÉE DE PEAU TOTALE : toute l’épaisseur de la peau est prélevée ce qui nécessite une suture ultérieure.. De bien meilleure qualité que la greffe cutanée de peau mince, elle est plutôt utilisée pour le visage et les mains. Les zones de prélèvement sont situées le plus près possible de la zone receveuse pour le visage (couleur de la peau). Les autres zones utilisées sont les régions inguinales et sus pubienne, la face interne du bras.

HYPNOSÉDATION : combinaison de l'hypnose et de la sédation consciente intra-veineuse, nécessite une étroite collaboration entre l'équipe soignante et le patient HYPOPLASIE MAMMAIRE : réduction de la glande mammaire se traduisant par une insuffisance du volume des seins pour la morphologie de la patiente. Elle existe d’emblée ou fait suite à une grossesse ou un amaigrissement.

INFIBULATION : ou excision pharaonique car pratiquée dans l’Antiquité en Egypte. Après ablation du clitoris, des petites et grandes lèvres, les bords restants de la plaie sont suturés (épines d’acacias, fils chirurgical) avec maintien d’un orifice résiduel (par un drain) pour le passage de l’urine et du sang menstruel. INTERSEXUALITÉ : peut se définir par la présence, chez un même individu appartenant à une espèce à sexes séparés, de caractères sexuels intermédiaires entre le mâle et la femelle. Par opposition à l'hermaphrodisme qui est au sens précis du terme une forme de reproduction sexuée, l'intersexualité est le résultat d'une anomalie de la différenciation sexuelle. Les intersexués sont souvent désignés sous le terme plus vague d'hermaphrodites accidentels. LAMBEAU : fragment de peau ou de muscle restant uniquement solidarisé avec ses tissus d’origine par un pédicule vasculaire permettant au chirurgien de le faire pivoter vers la zone à greffer. Cette technique permet d’utiliser en une seule intervention un large greffon. Elle est très utilisée pour le traitement de la calvitie. LIFTING : intervention dont le but principal est la suppression des rides conséquence du

vieillissement cutané. Elle concerne le visage et le cou où la distension de la peau retentit sur l’esthétique du visage mais aussi des membres (face interne des bras et des cuisses). LYMPHE : liquide organique blanchâtre et translucide dont la composition est proche de celle du plasma (protéines, lipides) et qui contient également des cellules (lymphocytes). Elle est issue du sang et joue un rôle dans la fonction immunitaire. Elle s’accumule dans le secteur interstitiel (entre tissus et capillaires sanguins) et circule dans les vaisseaux lymphatiques.


185

MALAIRE : qui se rapporte à la joue. Os malaire : os de la face participant à la constitution de l’orbite et dont le relief correspond à la pommette.

LEXIQUE

MAMMOPLASTIE OU PLASTIE MAMMAIRE : intervention chirurgicale visant à remodeler ou reconstruire le sein en fonction de la morphologie, de la silhouette de la patiente et de ses souhaits pour aboutir à deux seins harmonieux le plus possible symétrique et d’aspect naturel. MASTECTOMIE OU MAMMECTOMIE : opération chirurgicale consistant en l’ablation du sein (glande mammaire, fuseau de peau et aréole) pour traiter une tumeur maligne. Le terme de mammectomie est courant mais incorrect.

MICROGREFFES : permettent de réduire l’importance des interventions sur le cuir chevelu et des cicatrices résiduelles. Une petite bande de peau est prélevée puis débitée en fragments de un à trois cheveux (microgreffe) ou quatre à huit cheveux (minigreffe) qui seront implantés dans la zone à traitée. Il faut deux interventions de microgreffes au moins pour obtenir une bonne densité de cheveux. NÉOFORMATION : développement d’un tissu nouveau de structure normale ou anormale (formation tumorale). NEUROLEPTANALGÉSIE : en médecine, technique anesthésique associant un neuroleptique et un analgésique. ORCHIDECTOMIE : en chirurgie, ablation d’un ou deux testicules.

PHALLOPLASTIE : chirurgie du sexe masculin (allongement et/ou augmentation de la taille du pénis, création d'un pénis, circoncision)

OSTÉOTOMIE : en chirurgie, section chirurgicale d'un os afin de modifier son axe, sa taille ou sa forme. PÉDICULE : faisceau formé par les vaisseaux, les nerfs, les canaux excréteurs, etc. qui relient un même organe ou une même région au reste de l’organisme.

PROFILOPLASTIE : intervention de chirurgie plastique esthétique consistant à modifier l’apparence du visage en transformant plusieurs structures anatomiques combinées (nez, menton, front, pommettes) ou en modifiant le volume du menton. PROTHÈSE MAMMAIRE OU IMPLANT

MAMMAIRE : structure qui permet d’augmenter le volume du sein lors d’une intervention de plastie mammaire de reconstruction. Les prothèses mammaires utilisées à l’heure actuelle en France sont pré-remplies de gel de silicone. PTOSE MAMMAIRE : se caractérise la position trop basse du sein, fréquemment « déshabité » dans sa partie supérieure avec affaissement de la glande mammaire et distension de la peau. Elle existe soit d’emblée soit après un amaigrissement important soit à la suite d’un allaitement. RÉSECTION : ablation chirurgicale d’un fragment d’organe ou de tissu à la suite d’une infection, d’un traumatisme, d’une tumeur. RHINOPLASTIE : chirurgie plastique réparatrice du nez corrigeant des aspects disgracieux d’origine congénitale, traumatique.

TRANSGENRE : vient de l'anglais TransGender pour désigner un être humain ne rentrant pas dans la définition binaire du genre masculin ou féminin et adoptant l'apparence et le mode de vie de l'autre genre sans changer de sexe. TRANSSEXUEL, ELLE : personne qui a changé de sexe.


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Par Anne-Marie Chauvergne

REGARDS CROISÉS "DES DISSONANCES RÉSULTE LA PLUS BELLE HARMONIE". Héraclite

Le monde est diversité mais vivre dans le monde en se sentant différent est, la plupart du temps, source de souffrance. A la lecture de ces livres ou en regardant ces films, une question un peu dérangeante et iconoclaste peut bruler les lèvres : « Pourquoi n’y aurait-il que deux sexes ? ». Vous ne trouverez pas la réponse, si réponse il y a, seulement des regards tolérants, interrogateurs, discrets et sensibles. Dans ce choix très variés de livres et de films, le fil d’Ariane est une réflexion sur la différence aussi bien dans l’identité sexuelle que dans la passion amoureuse.

Pour réellement prendre conscience de ces vies, sans doute une grande découverte pour beaucoup de monde, il nous faut le biais de l’écriture d’un romancier inspiré ou la vision d’un cinéaste curieux et inventif. En les suivant, nous allons marcher sur les traces de personnalités attachantes, au cœur de leurs vies tourmentées et petit à petit mieux cerner et comprendre leurs réalités quotidiennes et le sens qu’ils arrivent, malgré tout, à donner à leur vie.

Peu de lieux ou de civilisations accueille avec tolérance et respect, ceux ou celles qui se sentent différents dans leurs corps. Parfois, cette différence sera sacralisée, la peur se transformant en force et pouvoir pour aider le commun des mortels à intercéder auprès des forces supérieures. Mais la plupart du temps, c’est du mépris et un rejet pur

Romans et films se répondent pour confectionner un maillage de regards croisés sur la frontière flottante des identités sexuelles, sur la puissance d’attrait de la chirurgie esthétique pour ne faire qu’un corps avec l’être aimé, transformer son corps en

et simple. Le temps de la douleur est long avant d'arriver, parfois, à trouver un équilibre.

un objet de passion pour l’autre ou simplement fuir son passé.


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LA FEMME AU MASQUE DE CHAIR ABOUT FACE DONNA LEON (2009) Donna Leon, romancière américaine, vit depuis plus de vingt ans à Venise. Elle transmet sa passion pour cette cité si particulière par l'intermédiaire de son héros, le commissaire Guido Brunetti, que nous suivons au fil des romans. A travers ses enquêtes, comme une carte du tendre, Donna Leon ouvre les portes cachées de l'ancienne cité des Doges, son quotidien, ses drames et ses joies vues de l’intérieur. Mais chaque livre est aussi un moyen de dénoncer lucidement les travers et les maladies qui gangrènent La Sérénissime et plus généralement l’Italie. Cette fois-ci la gangrène pourrait toucher la famille de la femme du commissaire, Paola, fille d’un aristocrate

5 livres

vénitien. Dans ce dix huitième opus, le commissaire va mener une double enquête, classique, celle du meurtre d’un patron d’une société de transport routier et personnelle, celle que va lui demander de mener Franca Marinella, femme séduisante et lettrée, sur le piratage informatique des affaires de son richissime mari. La particularité de Franca est son visage : défiguré et paralysé. Par quoi ? Accident ? Intoxication ? Agression ? Chirurgie esthétique mal faite ? Peut-être tout cela réuni… ou alors quelque chose de terriblement plus banal pouvant toucher n’importe qui en milieu hospitalier ? Les deux enquêtes vont se rejoindre pour décrire une implication de la Mafia dans le transport de déchets toxiques et la quasi impossibilité de rester réellement honnête dans la société industrielle italienne. Engrenage infernal et terrible chantage vont enfermer Franca, « la femme au masque de chair » dans une situation inextricable. Dans ce livre Donna Leon dénonce l’impunité dont jouissent les industriels peu scrupuleux, la difficulté de mener des enquêtes jusqu’à leur terme et les condamnations souvent loin des réels dégâts occasionnés à la population ou à la nature. Elle dénonce la mafia associée avec un capitalisme débridée et mondialisée entrainant un délabrement moral, économique et social de l’Italie voire de l’Europe. C’est un roman peut-être plus politique et psychologique que policier, dense dans lequel les personnages sont tout en finesse et psychologie. Elle parle de gens cultivés, solitaire dans leur souffrance, éprouvant un profond désir de découvrir l’envers des choses afin de faire apparaître les secrets de l’âme humaine.


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Les œufs sont le symbole de la fécondité, de l’ovule fécondé par le spermatozoïde mais aussi de ces milliers d’ovules non fécondés qui disparaitront dans le néant. Les œufs au sens propre, seront l'objet d’une scène délirante et fantastique. Nous sommes à Tokyo, Natsuko, 30 ans, vit seule dans un tout petit appartement. Elle va accueillir pour trois jours sa sœur ainée Makiko accompagnée de sa fille Midoriko. Trois femmes, deux générations et leurs angoisses dans la société actuelle du Japon et par extension dans notre société contemporaine. Le langage est vigoureux, direct, ironique, cru aussi bien dans la narration de la sœur cadette que dans le journal de sa nièce. Chacune son rythme et ses tourments. C'est sous ce double regard que les relations de ces femmes vont nous être exposées, décortiquées, mises à nu. Midoriko écrit et ne veut plus parler depuis six mois. Crise d'adolescence et seul moyen, à son avis, de lutter contre la transformation de son corps avec la puberté. Son journal est le terrain de toutes ses souffrances : mémoire d'un père inconnu, apparition des premières règles, maternité future… Une grande sensualité un peu surréaliste naitra entre les deux sœurs à l'occasion d'un bain public et, contrairement à l’attitude japonaise, réservée et pudique malgré la nudité collective, les deux femmes vont se mettre à détailler joyeusement et vigoureusement les différentes anatomies féminines. Les seins, les corps font l'objet d'analyses critiques sans fausse pudibonderie. Il se dégage de cette scène une brutale interrogation sur le corps de la femme qui devient étrange et inquiétant à force de détails.

SEINS ET ŒUFS CHICHI TO RAN DE MIEKO KAWAKAMI (2008)

Makiko est venue à Tokyo parce qu’elle veut une augmentation mammaire. Pourquoi ? Solitude d’une mère seule et angoissée par le temps

Mieko Kawakami, est une jeune femme aux talents multiples, diplômée de philosophie moderne, musicienne dans un groupe de rock (trois albums), actrice et romancière. Elle a été élue Femme de l’année en 2008 par le magazine Vogue Japan et a reçu le prix Akutagawa

qui passe, désir profond et intense de changement, le salut ne pourrait-il pas venir de la transformation de son apparence ? Modifier son corps serait alors un accès au bonheur et elle échapperait à la haine de soi qui s’est installée insidieusement ?

(prix littéraire prestigieux à l'origine de la découverte de nombreux jeunes auteurs japonais) pour ce deuxième

Mieko Kawakami nous fait découvrir avec beaucoup d’humour

roman « Seins et œufs ».

une intimité japonaise doublée d'une réflexion très personnelle sur la chirurgie esthétique sans cliché

Ce bref roman pose avec originalité des questions

et sans tabou. Dans la chaleur de cette grande ville,

pertinentes sur la place des femmes dans le monde

ces trois femmes vont essayer, avec difficultés,

moderne, sur la féminité, la solitude et la souffrance

de franchir les barrières de leurs solitudes pour s’écouter,

dans la relation mère/fille. A travers un court moment de la vie de trois femmes liées par le sang, deux sœurs et

partager au delà des générations leurs fantasmes et leurs personnalités. Ce roman parle de la femme et de la féminité

la fille de l’une d’elle, la romancière saisit dans toute sa

avec beaucoup de tendresse, de délicatesse et d’émotion

complexité la difficulté d’exprimer son amour. Fantasmes

à l’image des dernières phrases prononcées par Natsuko :

et dérives de la féminité, réflexion originale sur le désir

« Je me regarde : d'où ça vient, tout ça ? Où ça va ? Aucune

de changement physique et sur l’origine de la vie tout

idée. Mon corps est là à flotter, coupé par le cadre du miroir,

simplement.

indistinctement, éternellement là. »


189

Anthropologues, chorégraphes, plasticiens, éditeurs spécialisés dans le libertinage, journalistes, critiques d’art, romancières et modèles callipyge ont été réunis pour parler

Le voyage continue avec la

avec cœur et passion, sans tabous

représentation des fesses et ce

de la beauté cachée des fesses. Pourquoi les fesses ? Comme l’explique si bien les auteurs dans leur introduction : « Au commencement, il y a les fesses : elles sont partout. Dans la peinture, la photographie, le cinéma, au musée, dans la rue ou sur la plage, dans les blagues grivoises et le langage courant aussi bien que dans les mots du désir. »

proverbe africain : « Les fesses c’est la femme ». De la Vénus hottentote aux vénus préhistoriques, des femmes de Niki de Saint Phalle à Joséphine Baker les auteurs nous livrent un panorama des fesses célèbres. Sans pour autant occulter les drames comme celui de Saatjie Baartman, avec ses fesses proéminentes, exposée comme bête de foire en Europe de son vivant puis, après sa mort au Musée de

Bien évidemment ce livre ne se

l’Homme à Paris. Triste exemple

veut pas une étude approfondie

de l'asservissement des femmes

sur ce vaste sujet mais il englobe une vision des fesses, le propre de l’Homme, qui traverse les sexes, les

LA FACE CACHÉE DES FESSES DE CAROLINE POSSON & ALLAN ROTHSCHILD (2009)

Fesses, trône adoré de l’impudeur, Fesses, dont la blancheur divinise encor la rondeur, Triomphe de la chair mieux que celui par le visage. » Paul Verlaine A l'origine, « La face cachée des

Edward Lucie-Smith : « Le Louvre

très libre voire libertine des fesses

est sans doute le musée le plus sexy

par l’image et par le texte, toujours

Le livre est devenu une sorte de prolongement facétieux et intellectuel

du monde, voire le plus pervers du monde. ». Hommes et femmes nous

comme un écho. Loin d'être un

montrent leurs nudités captées par

ouvrage scientifique sur les fesses

des artistes aux crayons vigoureux

mais plutôt un petit ovni qui de façon

et aux pinceaux caressants.

terriblement sympathique et sans crier gare nous amène à réfléchir et,

Tous les sujets sont abordés des

après l'avoir refermé, prolonger notre

femmes nues des maisons closes

quête de savoir.

aux fesses masculines qui attirent

Portes ouvertes sur l’origine

dit Raymond Queneau qu’ils sont

fesses » est un documentaire diffusé sur ARTE en décembre 2009.

fesses au musée et comme le dit

époques et les continents. Vision

très bien choisis et qui se répondent « Chute des reins, chute du rêve enfantin d’être sage,

dans un monde masculin. N’oublions pas la représentation des

le regard pour vérifier, comme le étymologique du mot « fesses », cela nous donne à voir et à lire

« aussi bien de fesses que de face. » ; sans oublier les fesses

du film. Deux regards croisés, l’un

d’étonnants propos sur ce thème

gay et lesbiennes et les fesses

féminin l’autre masculin pour nous

qui aboutissent à cette remarque

d’aujourd’hui sur la plage, dans la

parler des fesses, objets de fantasmes, de beauté et de désirs à travers une très belle iconographie et un choix judicieux de textes complémentaires

fort judicieuse de Buffon : l’espèce humaine ». Voilà qui est dit et le livre d’aborder les fesses de l’époque préhistorique…

humoristiques, libertins, philosophiques ou scientifiques.

mode ou la publicité.

« Les fesses n’appartiennent qu’à Le livre se termine par un petit tour en enfer et cette conclusion sur un sujet inépuisable : « Il y a une beauté de la noirceur qui est inséparable Et puis, le grand sujet, celui qui fait parler depuis la nuit des temps :

« La patrie, l'honneur, la liberté, il n'y

« Fesses d’hommes et fesses

a rien : l'univers tourne autour d'une

de femmes, exploration à hauteur

paire de fesses.»

de notre sujet entre Occident

Jean-Paul Sartre

et Japon. ».

des fesses. Il y a une incomparable beauté à ce que cette région soit quand même un peu infernale et interdite. Puisque c’était le vase illicite d’autrefois. Et encore aujourd’hui ». Jean-Luc Henning


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Trente trois chapitres pour exposer la vie tragique de Lolo à l’oreille attentive mais impuissante d’un psychiatre.

LOLO DE ALMA BRAMI (2013)

C'est une femme-enfant en proie à une recherche forcenée de l'amour et d’une reconnaissance publique et familiale, qui sera transformée en objet manufacturé

Le livre d’Alma Brami est une

par des opérations chirurgicales multiples.

biographie fictive où rien n’est vrai

Cette femme est comme une luciole fascinée par les

au sens strict du terme mais où la

fausses lumières de spectacles douteux et elle va s'y

finesse de l’analyse psychologique rend tout plausible. Qui est Lolo ? Une femme blessée, en détresse physique et psychologique que nous allons apprendre à connaître et à aimer au fil des entretiens qu’elle va avoir avec son psychiatre. Lolo,

bruler les ailes en essayant d'en récupérer quelques miettes de reconnaissance. Lolo est un corps devenu lourd, monstrueux qu’il faut travailler et retravailler pour obtenir cet objet de fantasmes masculins. Ce corps est terrifiant, il pèse physiquement et moralement. Le poids des seins de 3 kg chacun ne permet plus des nuits normales, la souffrance est omniprésente tout au long du texte et s'associe à une

vraie et romanesque est, en

prise régulière de médicaments pour la calmer. Et ce rêve

réalité, une jeune femme aux

récurrent de Lolo qu’il existe un endroit où, enfin, le corps

seins hypertrophiés, icône érotico

sans poids redeviendra aussi léger qu’un fantôme…

porno d’un monde frelaté des années 1990, elle a été retrouvée morte à 37 ans, le 5 mars 2000, sur son lit, foudroyée par un surdosage médicamenteux. Lolo, transformée par de multiples

Peu à peu, l'image inversée d'une autre Lolo se dessine au fil des pages. Au delà du corps destiné à la prostitution et aux films X, plus ou moins manipulé par un mari terriblement ambigu et douteux, indispensable et destructeur, Alma Brami nous ouvre

interventions chirurgicales pour ne

des portes de réflexion.

plus ressembler qu’à une poupée

Et Lolo restera seule avec ses rêves brisés, son besoin

gonflable à la poitrine monstrueuse s’appelait Eve Geneviève Aline Vallois et son nom de spectacle était Lolo Ferrari.

d’enfant et sa souffrance jusqu’à la mort libératrice. « J'ai du désespoir, du désespoir en quantité. Je suis tout au bout, je sais pas vraiment de quoi, au bout de moi. Je rêve que tout s'arrête, d'un coup. Ne plus avoir à penser à comment je respire, dans quelle position je

Le livre est un portrait tendre et douloureux d'une femme que l'on

m'allonge. J'en ai marre de me porter, je suis trop lourde, encombrante. J'aimerais qu'on me dégonfle.»

pourrait mépriser au premier abord pour ses excès mais la personnalité que l'on découvre dans ce livre est complexe et attachante. Alma Brami réussi à nous faire rentrer dans la peau de Lolo et nous tournons les pages avec un intérêt

Tout est dit, Lolo a fait confiance pour guider sa vie à sa mère qui lui a choisi à son mari, à son mari qui a choisi de la transformer en poupée de silicone et à son psy qui lui ne dira rien mais lui donnera la liberté de choisir ses mots pour raconter sa vie, jusqu’à ses derniers jours. Cette prise de conscience par la parole sera fatale à Lolo.

croissant pour cette femme unique dans l’exposition de sa souffrance. Unique ? Peut-être pas tout à fait.

C'est un beau et sombre roman de réflexion sur la manipulation des corps. Le bonheur peut-il être au bout du scalpel ? Pas de réponse, de simples portes ouvertes.


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Roman et conte tout à la fois pour parler de ce monde occulte où la vie est éphémère et le désespoir à fleur de peau. Nous ne sommes pas loin des écrivains occidentaux comme Jean Genet ou Pier Paolo Pasolini mais certaines descriptions de cette sombre désespérance sont proches de Charles Dickens. Ainsi débute le roman. Nous sommes au cœur de Taipeh,

Nos « garçons de cristal » cherchent

capitale de Taïwan, petite île à

dans la moiteur de la nuit des hommes

l’ombre de son Gargantua de voisin,

d’âge mûr qui voudront bien les payer,

la Chine. Au cœur de cette cité

le temps d’une étreinte. Le parc c’est

moderne (l'action se situe dans

la nouvelle famille de ces garçons,

les années 70), entre misère et

c’est le cercle protecteur. Le monde

prostitution de petits êtres fragiles et meurtris essaient de survivre avec les moyens du bord. Leur État c’est

est moderne mais les histoires sont anciennes, les légendes et les mythes viennent des profondeurs de l’âme

un jardin, plus exactement tous

chinoise. Les garçons sont imprégnés

les jardins de la ville où ces jeunes

des histoires de cape et d’épée qui les

garçons abandonnés ou rejetés par

envoutent, ils les vivent parfois et elles

leur famille, fugueurs ou incompris, vont se retrouver dans la pénombre protectrice. Ils s’y livrent à la prostitution en se

deviennent partie intégrante de leurs propres légendes comme l’histoire du Dragon qui va poignarder l’ami trop aimé afin de lui voler son cœur.

soumettant aux anciens qui leur

Il y a aussi la générosité d’un vieux

donnent des repères de survie.

monsieur, Monsieur Fu, qui a perdu

Raconté à la première personne par un des leurs, Aqing, ce roman est bouleversant, il dépeint un monde

son fils. Jeune officier, qui après avoir été surpris avec un soldat, s’est suicidé parce que son père l’a repoussé.

occulte où des jeunes gens tout à la

Il va tendre une main secourable à tous

fois corrompus, pervers et fatalistes

les garçons livrés aux incertitudes

ont un immense besoin de tendresse

du jardin public.

le temps

GARÇONS DE CRISTAL (NIE TZU) DE BAI XIANYONG (1995)

d’une pause. Aqing a été chassé

A la fin du livre, le cercle se referme et

par son père : « Il y a trois mois et

Aqing, dans la nuit froide du Nouvel An,

dix jours, par un après-midi radieux,

va prendre sous son aile protectrice un

Bai Xianyong vit depuis 1963 entre Taïwan et les

père m’a chassé de la maison. Dans

toute jeune garçon maigre et esseulé

Etats-Unis où il enseigne le chinois à l’université de

la ruelle éclatante de blancheur sous

dans un jardin public. Ils prendront leur

Santa Barbara. L'adoption de la modernité américaine

le soleil, pieds nus, je me sauvai

élan en partant ensemble au pas de

lui a offert un moyen d'échapper à l'atmosphère

jusqu’au coin de la rue, détalant

course sur l’avenue Loyauté et Piété

traditionnelle confinée de Taïwan. Bai Xianyong explore

comme s’il en allait de ma vie, et me

les thèmes existentiels comme celui des individus

retournai : père, qui me poursuivait,

abandonnés, privés de tout secours. Il touche par

était juste sur mes talons. »

exemple à certains fondements de la société traditionnelle

Filiale vers un futur éclairé d'un petit espoir. L’humanité survie avec lucidité. Le lecteur est envouté par ses

comme dans « Garçons de cristal » un roman qui se

Ce roman de Bai Xianyong parle

passe dans la communauté homosexuelle.

crûment mais avec tact et douceur

« garçons de cristal » et leurs errances nocturnes nous font oublier la vie

de la prostitution masculine et de

industrieuse de la cité lorsque le jour se

« Notre royaume ne connaît que la nuit noir. Il ignore le

l’homosexualité. Tragique beauté

lève. Toute une humanité vit et s’anime

jour. Dès que le ciel s’éclaire, notre royaume se cache,

de ces corps jeunes, livrés à un

car c’est un Etat on ne peut plus illégal : nous n’avons ni

amour vénal sans avenir et à une

gouvernement ni constitution. Nul ne nous connaît ni ne

pauvreté sans espoir. Mais le rêve

nous respecte. »

n’est pas interdit.

dans ces pages. Et, progressivement, se dessine un portrait en creux de la société chinoise, une sorte d’eau-forte à la manière de Goya.


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Et c’est un vrai voyage initiatique auquel nous convie la romancière pour découvrir et voir grandir Wayne que l’on va maintenir dans le domaine masculin à coup d’hormones mais qui va préférer le dessin à la chasse, aimer la nage synchronisée et la géométrie et se lier d’une profonde et tendre amitié pour une jeune fille. Wayne se sent différent au fur et à mesure qu’il grandit,

ANNABEL DE KATHLEEN WINTER (2013)

physiquement et psychologiquement. Il se croit porteur d’une maladie sans nom. Et Thomasina sera là, toujours à ses côtés pour l’aider à franchir les étapes de la reconquête de son identité féminine toujours présente

« La beauté nourrie de curiosité et

à l’intérieur. Thomasina, sorte de marraine aimante et

d’intelligence n’a pas de sexe. » « Annabel » est un magnifique roman

attentionnée, qui a reporté toute la souffrance de la perte

poétique, sensible et pudique sur

de sa fille et de son mari dans une vie ouverte au monde

le thème de l’intersexualité et de la

et à ses possibles.

différence. Bien mieux qu’un essai qui aurait le regard et la froideur

Ce sera difficile et douloureux. Thomasina porte en elle la

clinique de l’analyste, c’est par le

colère de voir l’ignorance de sa double identité sexuelle

biais du roman que Kathleen Winter

tourmenter Wayne : « Pourquoi les adultes croient-ils les

aborde avec lucidité et tolérance la

enfants incapables d’entendre la vérité ? ». Dire la vérité

difficile éclosion d’un être humain

n’est pas si simple. Car le monde n’est pas forcément

que la nature a doté de deux sexes

près à admettre que Wayne est aussi Annabel. Wayne-

viables (l’intersexualité résulte

Annabel passera par des moments très difficiles avant

d’une anomalie de la différentiation

de trouver sa propre voie, simple et délicate, grâce

sexuelle, il n’y a pas si longtemps on

à l’aide de Thomasina et de ses parents qui l’aiment

utilisait le terme d’hermaphrodite).

profondément même s’ils n’ont pas toujours su comment s’y prendre.

Dans le territoire du Labrador (province canadienne de Terre-

« Il comprend, à bord de ce train, qu’il n’est pas si

Neuve et Labrador), en 1968, un

différent de son père. Son père qui, cet hiver, va remonter

enfant va naitre dans un couple où

sa ligne de trappe pour explorer des territoires sans nom,

le mari, Treadway, est trappeur et

tandis que lui partira à la découverte d’un monde qui est

sa femme, Jacinta, gère la maison

« Cet enfant est très bien comme ça. Il y a de la place

pendant les longues absences de

pour tout le monde sur cette terre ». Voilà comment

aussi magnétique et aussi vaste que le Labrador. »

son homme lors de la saison de

Thomasina voit les choses.

Ce roman de Kathleen Winter nous ouvre grand les

trappe. Cet enfant a deux sexes.

Treadway, son père, dont l’esprit est sensible à la

portes de la tolérance, tout en nuance et crédibilité.

Lors de sa naissance une seule

nature, percevant la présence invisible des animaux,

personne, en dehors de ses parents connaitra la vérité : Thomasina qui

« Annabel » est aussi un roman de la liberté des grands

décodant les traces, identifiant les espèces d’un

espaces et de la condition féminine, sans militantisme

simple coup d’œil veut qu’un choix soit fait. Homme

mais avec douceur et humanisme. Il faut écouter et lire

fait office de sage-femme, terme qui

ou femme, il faut trancher. Ce sera homme et son

cette musique des mots pour apprendre et découvrir

lui conviendra doublement, elle est

nom sera Wayne. Mais Thomasina, secrètement le

avec délicatesse le monde mal connu des intersexués.

aussi une femme pleine de sagesse.

baptisera, au fond de son cœur du prénom de sa fille

Thomasina a perdu sa fille Annabel

disparue, Annabel car elle refuse ce choix définitif de

et son mari, noyé dans la rivière peu

la part masculine au détriment de l’identité féminine

de temps avant la naissance. Cet enfant, tout à la fois garçon et fille est

du petit être venu à la vie, sans que celui-ci puisse décider.

accueilli avec amour par sa famille.

Jacinta, sa mère, hésitera toute sa vie, sentant

Treadway et Jacinta sont des êtres

confusément à travers tout l’amour qu’elle porte à son

humains simples et exceptionnels

enfant qu’il a et aura toujours deux identités.

confrontés à un enfant unique et

Tous les deux sont blessés, ne sachant pas toujours

double tout à la fois.

choisir les mots, mais l’amour qu’ils portent à Wayne sera leur meilleur allié dans les moments décisifs de la vie de leur enfant.


193

« Le lézard noir » est un film réalisé en 1968 par Kinji Fukasuku dont le scénario s’inspire d’un roman d’Edogawa Rampo de 1934. Miwa y interprète la diabolique héroïne criminelle, « le lézard noir », experte en déguisement et va connaître dans cette interprétation un succès phénoménal. Mishima a adapté ce roman pour l’écran en restant attaché à une littérature populaire riche de frissons et de cruauté. Ce film va rester à l’affiche au Japon pendant deux ans. Miwa marquera les esprits, elle devient une égérie de nombreux artistes dont Yukio Mishima. Akihiro Miwa, homme en habits de femme, est devenu la première personnalité publique au Japon à assumer son

MIWA,

A LA RECHERCHE DU LÉZARD NOIR FILM DOCUMENTAIRE DE PASCAL-ALEX VINCENT (2010)

homosexualité et son androgynie. Il aime passionnément la France jusqu’à interpréter les chansons d’Edith Piaf sur scène mais aussi Aznavour et Reggiani. Sa voix est masculine, grave et profonde et jamais Miwa ne recherchera la stricte imitation d’un timbre féminin.

Pascal-Alex Vincent, réalisateur et scénariste français

5 dvd

passionné par le cinéma classique japonais dont il

Le féminin pour cette artiste n’est jamais associé à la faiblesse ou à la préciosité mais à la force.

contribue très efficacement à la diffusion en France,

"Le faire semblant de sa vie quotidienne, écrit Mishima

a consacré en 2010, un documentaire centré sur un

à son propos, était le support du faire semblant de ses

acteur japonais unique et fascinant : Akihiro Miwa. Mais ne devrait-on pas dire une actrice japonaise ? Qui est-elle ? Qui est-il ?

représentations sur scène. Voilà, Masuyama en était convaincu, ce qui faisait le véritable onnagata. L'onnagata naît de l'union illégitime du rêve et de la réalité."

Homme ou femme, Miwa défie les questions de genre. Miwa a fait le choix de n’apparaître définitivement que sous une forme féminine.

A travers cette réflexion nous pouvons apprécier Miwa comme la descendante de la tradition culturelle japonaise, figure moderne de l’onnagata. Frontière flottante entre

Akihiro Maruyama, né à Nagasaki le 15 mai 1935,

les identités sexuelles, le kabuki a donné ses lettres de

échappa au feu nucléaire qui ravagea sa ville natale.

noblesse au jeu des acteurs masculins qui interprètent

C’est un jeune homme aux traits fins, frêle et androgyne qui s’aperçu très vite qu’habillé en femme, il déchainait les passions et devint dans les années 1960 le symbole de la femme fatale au cinéma.

des rôles de femmes (onnagata). Au début du XVIIème siècle, afin d’enrayer la diffusion de la prostitution par le biais du théâtre, les femmes n'avaient plus le droit de monter sur scène.

Ce documentaire retrace à travers une longue interview,

Le brouillage des repères masculin/féminin va permettre

les cinquante années de la vie de cette artiste,

l’éclosion de figures androgynes associant tout à la fois

star hors du commun, véritable idole populaire au Japon

le trouble, le fantasme et l’attirance. L’onnagata est une

et principal ambassadeur de la chanson française.

figure respectée même vénérée. Mais l’homosexualité

C’est en robe rouge coquelicot et cheveux blonds,

n’est pas une obligation même si l’onnagata conserve

totalement femme, qu’il/elle évoque toute sa carrière qui a débuté en 1957, habillé pour peu de temps encore en garçon.

une apparence féminine en dehors de la scène. Ce documentaire permet de découvrir une personnalité attachante et ambigüe, manipulant les genres, travesti

Chanteur adulé de chansons réalistes engagées,

au visage masculin mais incarnation de la femme fatale,

présentateur de télévision, écrivain, comédien de théâtre

précurseur des personnalités androgynes transgenres :

underground, acteur de cinéma de la nouvelle vague, doubleur de films de Miyazaki (Le château ambulant et

David Bowie ou Boy George. En conclusion, voilà comment se définit Miwa :

Princesse Mononoké), acteur chez Takeshi Kitano.

« Je ne me considère ni comme un homme, ni comme

Miwa est une personnalité aux talents multiples,

une femme. J’ai dépassé ce stade. Je me vois comme

transcendant le genre et les disciplines, aussi bien populaire qu’underground.

un bosatsu, une divinité bouddhique. C’est la façon idéale d’approcher le cœur de l’Homme.»


194

Terranova (Laurent Lucas) va y découvrir un jeune et délicat transsexuel brésilien, Tiresia qui va incarner l’objet de son désir trouble. Pour assouvir cette étrange passion plus esthétique et poétique que directement sexuelle, Terranova va enfermer Tiresia chez lui. Prisonnière du seul regard de son geôlier fasciné, Tirésias est un célèbre devin de la Grèce antique, le plus fameux de tous : le devin aveugle de Thèbes. Selon la légende, il fut transformé en femme pour avoir tué la femelle d’un couple de serpents en train de s’unir. Il ne

Tiresia dépérit et sans sa prise d’hormones régulières, les traits féminins disparaissent pour retrouver leur virilité d’origine. Le réalisateur

put reprendre son sexe que sept ans plus tard, après

a choisi deux acteurs pour incarner

avoir tué le serpent mâle. Par la suite, au cours d’une

Tiresia, une femme (Clara Choveaux)

dispute, Zeus et Héra firent appel à ses services pour les départager sur le sujet de leur querelle : Héra soutenait contre Zeus que les femmes en amour avaient moins

et un homme (Thiago Telès) ce qui, par leur ressemblance étrange, trouble le spectateur.

de plaisir que les hommes. Tirésias, ne pouvant mentir, affirma que l’amour donnait aux femmes dix fois plus de plaisir qu’aux hommes. Héra frappa Tirésias de cécité car il avait révélé le secret des femmes. Par compensation, Zeus lui accorda le don de prophétie. Tirésias devint l’oracle de Thèbes, celui qui annonça à Œdipe son funeste destin.

Nous sommes à l’opposé du film d’Almodovar, « La piel que habito », où la volonté de vengeance d’un chirurgien transforme un homme en femme. Ici, comme dans un conte, la double nature de Tiresia ne résiste pas au traitement de l’enfermement,

La mythologie de ce mythe, comme d’ailleurs de la plupart des mythes grecs, c’est la diversité des versions. Dans ce film, Bertrand Bonnello a choisi de synthétiser plusieurs versions pour développer trois grands motifs : 1/ La métamorphose de l’identité sexuelle 2/ La perte de la vision avec la destruction physique des yeux 3/ Le don de prophétie ou la vision intérieure

TIRESIA DE BERTRAND BONNELLO (2003)

yeux puis l’abandonnera dans la forêt. Et c’est au plus profond de cet abandon et de cette déchéance que la lumière viendra d’une femme, Anna, âme pure qui va prendre soin du corps martyrisé de Tiresia.

L’œuvre réalisée est construite en deux parties centrées

Devenu aveugle notre héros déchu a

sur l’aveuglement. Elles vont se répondre en menant

développé des dons de prophétie qui

notre personnage de l’ombre vers la lumière, Pour son troisième long métrage,

redevenant un être hybride non regardable, Terranova lui crèvera les

de l’enfermement physique et psychique vers la

vont le faire connaître. Inquiet de ce phénomène, le clergé en la personne

Bertrand Bonnello a choisi d’adapter

délivrance et la rédemption. Les premières images du film

du Père François interprété par le

le mythe grec de Tirésias au cinéma

montrent le magma en fusion : le monde est régi par des

même acteur que Terranova, va

en le transposant dans le monde

forces naturelles indomptables, complexes et fascinantes.

rencontrer et affronter ce devin.

d’aujourd’hui. Son travail est dans la continuité de l'œuvre du cinéaste

L’action de Tirésia se situe dans le Bois de Boulogne

italien Pier Paolo Pasolini. Pasolini,

(la forêt, la nuit) et dans une maison de banlieue,

Bertrand Bonnello développe l’obsession du double : miroir du

avait transposé les mythes anciens

espace clos à l’opposé de l’espace ouvert du bois.

d’Œdipe et de Médée au cinéma en

La nuit venue dans le Bois de Boulogne un ballet de

avec le transsexualisme de Tiresia,

les utilisant pour faire résonner dans

phares éclaire des chairs nues de femmes/hommes.

ambigüité de la nature du désir, sans

le monde moderne des pensées

Au cœur de la forêt, dans la nuit, sans repère spatio-

anciennes. Voilà des mythes inventés

film à travers ses acteurs mais aussi

oublier l’opposition complémentaire

temporel va se jouer une symphonie inachevée de

entre souillure et sainteté, entre chair

il y a plus de trois mille ans qui nous

relations brutales mues par un désir exacerbé par la

et esprit. Tirésia est en même temps

parlent toujours avec une grande

vision fugitive de ces corps dénudés dans la lumière

la version contemporaine du mythe

proximité et qui constitue le cœur

violente des phares.

de Tirésias et la recherche d’une

Dans ce jeu de lumière, la première étape se joue :

autre vérité, le mystère intime de

d’une sagesse antique appliquée à notre monde moderne.

la quête d’un corps pour assouvir des désirs.

l’homme lié au sacré.


195

Eastwood regarde et raconte la confrontation de deux mondes, de deux générations aux intérêts totalement aux antipodes. Celle de Franck, homme cynique, solitaire, installé dans la société, préoccupé par la conservation de son pouvoir de séduction physique et social et celle de Breezy, jeune fille pleine de vie, sur la route, guitare à la

BREEZY DE CLINT EASTWOOD (1973)

main, pour voir l’océan Pacifique. Les deux personnages sont filmés avec émotion,

La très longue filmographie de Clint

tendresse et pudeur, on suit avec passion la naissance

Eastwood montre l’attachement de

et l'évolution des liens vers un amour qui va les amener à

ce réalisateur à trouver des sujets

se regarder l’un à l’égal de l’autre, sans peur du ridicule,

très variés mais qui tous s’attachent

pour tisser, envers et contre tout, des liens de couple.

aux êtres humains avec beaucoup

Franck aura la révélation d’un véritable amour partagé

de tendresse, de sensibilité et

pour Breezy.

d’amour. Le paysage américain n’est jamais absent non plus et la route fait

Ni l’un ni l’autre n’aurait dû se rencontrer, lui le célibataire

parfois jeu égal avec les hommes. Ici

froid et sans attache, elle insouciante et malgré tout à la

ce n’est pas la route au sens propre

recherche permanente d’affection à travers des relations

dont il est question mais plutôt l’itinéraire d’une jeune fille, Breezy,

sans lendemain. Breezy apporte un souffle de vie et d’amour à Franck.

dont le nom signifie aussi bien désinvolte qu’enjoué ou jovial.

Le film est sans réel début ou fin, c’est juste une traversée, un moment privilégié que surprend la caméra

Nous sommes sur la côte Ouest des

pour nous montrer l’aventure d’un homme et d’une

Etats-Unis, Breezy (Kay Lenz), jeune

femme. Le maillage du film fait traverser à cet amour

hippie nomade et libre comme l’air,

les regards désapprobateurs, les barrières sociales et

va croiser la vie d’un quinquagénaire aisé et divorcé, Franck Harmon (William Holden), agent immobilier de

l’ensemble de la société du début des années soixantedix de la côte ouest : mouvement hippie et bohème, monde du travail et bonne société californienne.

son état. Sur cette trame simple et traditionnelle, Eastwood va jouer sa

Le mélodrame est évité, malgré l’inévitable question du

propre partition humaniste et sans

temps qui passe, du vieillissement inexorable. Le film est

frontière de l’amour qui transcende

joyeux, naïf, mélancolique et plein d’optimisme. La leçon

la différence d’âge.

de vie intimiste et romantique du cinéaste pour savoir profiter du temps qui nous est offert. Le regard de Clint Eastwood est aussi pétri d’un idéalisme politique, d’une utopie pour une société fondée sur l’échange et il défend, sans porter de jugement, la possibilité de vivre librement une histoire d’amour avec une grande différence d’âge. L’Amérique a été construite sur de tels idéaux, elle a été le territoire de femmes et d'hommes qui ne pouvaient pas vivre librement et dignement en Europe ou dans le monde et elle doit maintenir cette liberté. Ce film est une métaphore des idéaux de tolérance auxquels le réalisateur est attaché.


196

Dorénavant, Christiane adopte le masque blanc, comme visage, plus personne ne saura ce qu’il cache et elle part seule, dans la forêt, habillée de sa robe blanche (virginale), une colombe blanche à la main. Sous le masque blanc que va porter Christiane, non seulement la destruction physique est à l’œuvre, mais également la dégradation Défigurée à la suite d’un grave accident de voiture,

psychique.

Christiane (Edith Scob), fille d’un célèbre et très respecté chirurgien esthétique, le professeur Génessier (Pierre

Ce film est d’une beauté plastique

Brasseur), vit dans la vaste demeure familiale recluse,

envoutante par l’utilisation poétique

solitaire et désespérée, visage caché par un masque

du noir et blanc avec une maitrise

blanc anonyme. Son père ne pense qu’à trouver le

époustouflante. Le spectateur est

moyen de lui reconstruire son visage et pour ce faire,

attiré dans cet univers onirique,

mène des greffes expérimentales (hétérogreffes) sur des

lyrique, monstrueux et triste qui

jeunes femmes dont les visages ressemblent à celui de sa fille avant l’accident. Il est aidé par sa fidèle assistante, Louise (Alida Valli).

dégage une beauté formelle sans réelle épouvante. C’est ce qui fait la force de ce chef d’œuvre,

Les filles sont sacrifiées et en un instant, leur identité leur

l’horreur est suggérée, parfois

est arrachée. La victime endormie ignore l’ignominie, elle

montrée mais avec des audaces

a le visage enlevé et elle perd la vie par la froide volonté

cinématographiques qui la

d’un autre. George Franju dira du professeur Génessier

transforme en poésie de l’effroi,

que le chirurgien "n’est guidé que par des mobiles humains, l’amour paternel et la vanité professionnelle… C’est beaucoup plus terrifiant comme cela." (Cahiers du cinéma, n°149, 14)

en cauchemar éveillé. Le film est lent, étrangement sobre, très ambiguë sur les sentiments ressentis par le spectateur pour les personnages.

Le visage de Christiane n’apparaît que fugitivement, il est masqué la plupart du temps. On le voit avant

Il n’y a pas vraiment d’angoisse mais un subtil et lent phénomène

l’opération, de façon floue et après, avec la face greffée

de terreur archaïque qui se dégage

qui va rapidement se nécroser. Christiane n’existe qu’à

des lieux et des êtres. Nous ne

travers les yeux de son père ou de son assistante, tous

sommes pas loin d’un cinéma

les miroirs de la maison sont voilés de noir et interdits de

surréaliste, les interprétations sont

reflets. Le visage de Christiane alterne dramatiquement

multiples. Tout est suggestion dans

entre destruction et beauté volée, éphémère et putride.

ce film, dans un plan fugace ou un discret déplacement de caméra,

Cependant les tentatives pour reconstruire le visage de sa fille sont décevantes, les cadavres de jeunes femmes

LES YEUX SANS VISAGE DE GEORGE FRANJU (1960)

défigurées sont de plus en plus nombreux. La police est alertée et une enquête est ouverte. Les mailles du filet se resserre autour de l’étrange chirurgien. Christiane,

"Les yeux sans visage",

de soumise va basculer dans une violence libératrice en

c’est dans l’œuvre qu’il faut voir et non dans ce qui est montré directement. "Les yeux sans visage" est un film de réflexion sur tous les visages, de la beauté parfaite à

extraordinaire film de George Franju,

libérant la dernière captive sur la table d’opération puis en

l’horreur absolue, du portrait peint

tourné en noir et blanc en 1959, offre

assassinant Louise et dans une rébellion finale, en libérant

ou photographié au masque de

une fascinante réflexion sur le visage,

les chiens servant de cobayes sur son père. Le dernier

la défiguration, le masque, le maquillage.

plan du chirurgien montre son visage avec un œil en moins, tel un grotesque Œdipe.

l’acteur, du visage matière douce au toucher à la froideur du masque blanc…


197

THE BALLAD OF GENESIS AND LADY JAYE FILM DOCUMENTAIRE DE MARIE LOSIER (2011) Un homme et une femme, une histoire d’amour transfigurée au sens propre par la chirurgie esthétique pour retrouver sa moitié dans l’autre et vice versa. Genesis Breyer P-Orridge est un musicien britannique, figure mythique de la scène underground, créateur de musique expérimentale et industrielle de Throbbing Gristle (1975) à Psyche TV (1981). Lady Jaye est une jeune artiste performeuse qui exerce en tant que dominatrice dans un donjon. En 2000, ils se rencontrent à New York et c’est le coup de foudre qui se conclut par un mariage. L’aventure hors du commun va prendre forme, comme l’explique Genesis : "Au lieu d’avoir des enfants, qui sont la combinaison de deux personnes en une, on s’est dit qu’on pouvait se transformer en une nouvelle personne." Ce film retrace cette folle histoire : un projet fou, nait le jour de la St Valentin en 2003, pour sceller leur amour absolu, ils vont s’imposer des séries d’opérations de chirurgie esthétique (implants mammaires, etc.) pour se fondre l’un dans l’autre, masculin et féminin créant ainsi un corps identique, sorte d’individu hermaphrodite. Cette genèse d’un corps transgenre, ils lui donneront un nom : la pandrogynie. Ils vont s’habiller et se coiffer à l’identique. Ils vont vivre leur vie comme un œuvre d’art. Marie Losier, jeune réalisatrice passionnée par les artistes d’avant-garde américains dont elle fait les portraits à travers ses documentaires, va suivre cette opération de transformisme unique en son genre pendant sept ans,

D’où vient cette idée de re-création

jusqu’à la mort de Lady Jaye en 2007. La réalisatrice suit

extrémiste et irréversible d’un corps

toute cette transformation avec des montages d’archives,

unique ? Genesis est un personnage

des films familiaux, des extraits de concerts, des

atypique qui va très tôt introduire

interviews de proches, des mises en scène personnelles

dans son art une réflexion sur le

de ses personnages, des séquences oniriques sur un

genre. Il poursuit cette quête sur

rythme anarchique et bouillonnant, introduisant ses

lui-même et sa femme, au-delà des

propres réflexions sur ce concept d’amour fou. Ce film

frontières du corps. Expérience unique,

est découpé au scalpel puis remonté comme les corps

fantasmatique, filmée avec folie et

de Genesis et Lady Jaye pour essayer d’approcher au

passion ! Le film est dédié à la mémoire

plus près de cette performance. Quinze années de travail,

de Lady Jaye disparue mais qui

de collaboration et d’amitié entre Marie Losier et le couple

continue à exister non seulement dans

Genesis/Lady Jaye ont abouti à cet étrange film racontant

la mémoire et sur la pellicule mais dans

la genèse de la transformation physique du couple et la

la propre chair de Genesis.

naissance du projet artistique.

La mémoire dans la peau !


198

Tout commence par une évasion de la prison de St Quentin d’un homme enfermé pour le meurtre de sa femme. Mais Vincent Parry n’est pas coupable, c’est un innocent derrière les barreaux. Tout l’accuse et il a été condamné. Evadé, traqué par la police, il veut faire justice lui-même et retrouver le coupable. Dans ce chemin de croix il va rencontrer une femme, Irene Jansen qui décide de l’aider en souvenir de son père injustement condamné autrefois. Ce film noir est optimiste et attachant car l’entraide viendra simplement des gens qu’il va rencontrer sur son chemin, du chauffeur de taxi au chirurgien esthétique. Le film se terminera sur une issue subtile et romantique où la promesse d’un amour futur nous éloigne du désespoir d’une société injuste. La principale originalité du film est dans l’utilisation par le réalisateur d’un procédé de caméra subjective. Pendant les 30 premières minutes le corps du héros est fragmenté : des mains ou des pieds, une ombre, un reflet et sa voix, ce sont les seuls éléments que nous verrons de Vincent avant sa « renaissance » par l’opération de chirurgie esthétique. Pendant tout ce début, le regard du spectateur va épouser, la plupart du temps, celui du personnage principal. C’est un jeu subtil du réalisateur de créer un fossé entre l’être physique et sa représentation. Nous cernons une personnalité par le miroir déformant des regards posés sur lui : amitié, haine, peur, amour. Le mystère se créé. Ce n'est qu'après cette intervention que la voix aura un visage pour le spectateur. Nous passons de la déshumanisation de notre personnage dans un environnement hostile que nous voyons à travers ses yeux ou par les regards que les protagonistes posent sur lui à une vision plus classique d'un film. Il y a cependant une étape entre l’homme sans visage et le nouvel individu né sous le scalpel du chirurgien, c’est le

LES PASSAGERS DE LA NUIT DE DELMER DAVES (1947)

silence d’un visage sous les bandelettes en attente de la cicatrisation. Et maintenant c’est par son seul regard que Vincent va exister avant de se reconstruire totalement

Delmer Daves va réunir le couple mythique Humphrey

et d’apparaître sous les traits d’Humphrey Bogart, une

Bogart/Lauren Bacall dans un San Francisco brumeux

heure après le début du film. Son enquête pour prouver

où un homme, innocent du meurtre de sa femme, est

son innocence pourra commencer. De la prison où la vie

traqué par la police et doit parallèlement enquêter pour

d’un homme est réduite à celle d’un numéro à une vie de

prouver son innocence. Ce film noir mais lumineux est

fuyard libre mais ayant retrouvé une nouvelle identité.

filmé d’une façon très originale. Le réalisateur a fait une

Le réalisateur a réussi à créer un personnage fascinant au

mise en scène de toute beauté, en décor naturel, avec

corps fragmenté où la caméra voit littéralement par ses

une interprétation de haut niveau pour raconter un polar original sur la notion d’identité.

yeux au début du film et qui va se métamorphoser en un être réel, récupérant son existence.


199

BAMBI FILM DOCUMENTAIRE DE SÉBASTIEN LIFSHITZ (2013) Une vie unique faite de détermination, de volonté pour devenir une véritable femme, ce qu'elle a toujours su avec certitude. Marie-Pierre Pruvot alias Bambi est née homme le 11 novembre 1935

Grâce à ce très beau documentaire,

sous le nom de Jean-Pierre Pruvot,

Sébastien Lifshitz nous entrons dans

dans le village d'Isser, département

la vie de Bambi, un véritable roman.

de la grande Kabylie, en Algérie.

La voix est douce, claire, les mots sont précis pour nous offrir 77 ans

Sébastien Lifshitz va nous raconter cette vie extraordinaire dans un documentaire intimiste et lumineux.

de vie hors normes. Bambi quitte son Algérie natale en tant qu'homme mais avec la certitude absolue

Ce film a été remarqué à Berlin où il a

d'être femme. Le réalisateur tenait

été récompensé par le Teddy Award

absolument à revenir sur les traces

du Meilleur film documentaire.

de ces origines et il a confronté les souvenirs de Bambi avec la réalité

Quel parcours singulier et original que celui de Bambi, femme élégante, fine et pleine de charme ! Bambi quittera sa terre natale africaine grâce à une tournée du

actuelle et, quand elle revient sur les lieux de son enfance, l'émotion est là. Bambi s'exprime dans une belle langue française, celle qu'elle a

cabaret Le Carrousel de Paris à

enseignée pendant des années, c'est

Alger. Le spectacle des travestis

aussi une femme qui a beaucoup

lui montre la voie à suivre et le mur

filmé les différents moments de sa vie

qu'elle doit abattre pour se libérer

en super-8. Nous retrouvons dans

de la prison d'une identité masculine

le film, grâce à un montage délicat

qu'elle ne reconnaît pas

et plein d'attention, une remontée

A Paris elle commencera une vie de

chronologique du fil de sa vie.

meneuse de revue au Carrousel et chez Madame Arthur (1953) qu'elle poursuivra pendant vingt ans en devenant une figure emblématique de la nuit parisienne avec Coccinelle, Capucine et Ute.

Bambi est une personnalité peu connue du grand public mais une icône dans le milieu des transsexuelles où elle incarne la volonté de devenir ce que l'on est au fond de soi-même à une époque

Sortie de scène après l'obtention du bac à 33 ans (puis étude à la

où le mot transsexuel n'existait pas. Elle a été une pionnière qui a su

Sorbonne, Licence, Maitrise, Capes).

prendre des décisions essentielles

Bambi devient professeur de lettres

lui permettant de se libérer de son

(en 1974) pendant vingt-neuf ans,

corps et de son identité d'origine.

jusqu'à l'âge de la retraite. De sa

Son opération de changement

fragilité initiale, Bambi va se forger

de sexe aura lieu en 1958 et

une force exemplaire. Elle exprime

jamais pendant toutes ces années

ainsi ce choix de carrière: "Pour moi,

d'enseignante, son état de femme

c'était essayer de montrer qui on est, ce qu'on veut au plus profond de soi."

ne sera mis en doute. D'ailleurs, Marie-Pierre Pruvot est une femme, c'est tout.


200

LIENS UTILES : Portail des chirurgiens plasticiens qualifiés en France www.chirurgiens-plasticiens.info Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique www.plasticiens.org Ministère de la Santé et des Sports www.sante.gouv.fr Conseil National de l'Ordre des Médecins www.conseil-national.medecin.fr Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique www.sncpre.org

Annuaire des chirurgiens plasticiens qualifiés en france 01 / LAYDEVANT Jean-Pierre - CLINIQUE CONVERT - 62 avenue de Jasseron - 01000 BOURG EN BRESSE - 04 74 50 60 40 • 02 / CHAMPEAU Françoise - 1 rue du Bastion de la Bergerie - 02200 SOISSONS - 03 23 55 88 48 • 03 / CROUZET Cédric - 39 avenue Max Dormoy - 03100 MONTLUÇON - 04 70 08 71 00 • ROGISSART Frédérique - 9 rue du Parc - 03200 VICHY - 04 70 98 11 14 • 06 / ALEMANNO Pierre - CLINIQUE SAINT JEAN - 92 avenue du docteur Maurice Donat - 06800 CAGNES SUR MER - 04 92 13 53 13 • ASSOULINE Alex - 165 Promenade des Anglais - 06200 NICE - 04 93 96 02 03 • AUDION Michel - 48 rue Giofredo - 06000 NICE - 04 93 62 33

53 • BALAGUER Thierry - HÔPITAL ST ROCH - PÔLE CHIR REP & OSTÉOARTICULAIRE - 5 rue Pierre Devoluy - BP 1319 - 06200 NICE CEDEX 1 - 04 92 03 38 57 • BAUERSACHS Eva - 88 boulevard de Cimiez - Villa Della Vista - 06000 NICE - 04 97 03 28 29 • BERRET Michel - CLINIQUE DU PALAIS - 25 avenue Chiris - 06130 GRASSE - 04 97 01 15 61 • BESINS Thierry - CLINIQUE SAINT GEORGE - 2 avenue de Rimiez - 06100 NICE - 04 93 81 76 32 • BOUCQ Denis - SELARL MOZART - 17 bis avenue

Auber - 06200 NICE - 04 93 82 82 00 • BOURGEON Yveline - CENTRE MEDICO CHIRURGICAL MEYERBEER - 31 rue Meyerbeer - 06200 NICE - 04 93 88 20 20 • BOURSAULT-HILL Catherine - 13 square Merimee - 06400 CANNES - 04 93 99 13 85 • BUFFET Michel - CLINIQUE SAINT GEORGE CENTRE ESTHETIQUE - 2 avenue

Rimiez - 06100 NICE - 04 93 27 22 60 • CAMUZARD Jean Francois - 10 boulevard Joseph Garnier - 06100 NICE - 04 93 84 08 91 • CASEY Richard - 127 rue d'Antibes - 06400 CANNES - 04 93 38 83 25 • CHIGNON SICARD Bérangère - HÔPITAL SAINT ROCH - SERVICE CHIRURGIE PLASTIQUE - 5 rue Pierre Devoluy - BP 1319 - 06006 NICE

CEDEX 1 - 04 92 03 33 33 • CISOTTO Jacques - 87 bd Carnot - 06400 CANNES - 04 92 59 10 10 • CORNIL Christophe - 1 rue Longchamp - 06200 NICE - 04 93 82 82 11

• CORRAL Henri-Paul - CLINIQUE DU BELVÉDÈRE - 28 boulevard Tzarewitch - 06000 NICE - 04 92 07 76 06 • COSTINI Bernard - EDEN PALACE II - 145 rue d'Antibes -

06400 CANNES - 04 92 98 17 20 • COUREAU Gerard - CLINIQUE SAINT GEORGE - 2 avenue de Rimiez - 06100 NICE - 04 93 53 26 77 • DAVID Sylvain - HÔPITAL SAINT ROCH, SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE ESTHÉTIQUE ET RÉPARATRICE - 5 rue Pierre Dévoluy - 06000 NICE • DE LANGERON Nicolas - BAT A - PAVILLON DE

CONSULTATIONS - 53 avenue des Alpes - 06800 CAGNES SUR MER - 04 97 10 29 89 • DECAILLET Jean-Marc - CLINIQUE SAINT GEORGE - 2 avenue de Rimiez - 06000

NICE - 04 93 27 22 60 • DELMAR Henry - 90 boulevard du Cap - 06160 JUAN LES PINS - 04 93 67 01 01 • DREANT Nicolas - 35 avenue Jean Médecin - 06200 NICE - 04 92


201

03 38 57 • DURLACHER Didier - INSTITUT ARNAULT TZANCK - avenue docteur Maurice Donat - 06700 ST LAURENT DU VAR - 04 92 27 55 55 • FIGL Andrea - LE PALACE ENTÉE F - 4 rue Alphonse Karr - 06000 NICE - 06 73 32 24 26 • GARZON Jean Marc - IPOCA - 33 boulevard d'Oxford - 06400 CANNES - 04 92 98 40 13 • GENTIL Stéphane

- 2 rue du Congrès - 06000 NICE - 04 93 16 80 10 • GIORDANO Philippe - 9 rond-point Duboys - d'Anger - 06400 CANNES - 04 93 39 18 61 • HACQUIN François - 39 rue

Rossini - 06000 NICE - 04 93 87 18 05 • HEMBERGER Ursula - 39 boulevard Gambetta - 06200 NICE - 04 93 37 46 66 • IHRAI Tarik - Centre ANTOINE LACASSAGNE - 36

avenue de Valombrose - 06189 NICE CEDEX 2 - 04 92 03 14 37 • KLIFA-CHOISY Marie - VILLA LE PHALENE - 2 avenue Anatole France - 06000 NICE - 04 92 09 97 19 • LASSUS Claude - 37 promenade des Anglais - 06200 NICE - 04 93 88 48 51 • LAVEAUX Christophe - CENTRE MONTSINERY - 2160 avenue Jean Michard Pelissier - 06600 ANTIBES - 04

92 95 66 48 • LEBRETON Élisabeth - HÔPITAL SAINT ROCH PÔLE CHIR REP & OSTÉOARTICULAIRE - 5 rue pierre Devoluy - BP 1319 - 06006 NICE CEDEX 1 - 04 92

03 38 94 • LETERTRE Philippe - SELARL MOZART - 17 bis avenue Auber - 06000 NICE - 04 93 82 82 00 • LEVY Joël - CLINIQUE SAINT GEORGE CENTRE ESTHÉTIQUE - 2 avenue de Rimiez - 06000 NICE - 04 93 88 00 40 • MARTINAGE Aurélien - CLINIQUE ESTHÉTIQUE ST GEORGE - 2 avenue de Rimiez - 06100 NICE - 04 93 27 22 60 • MEDARD DE CHARDON Victor - EDEN PALACE II - 145 rue d'Antibes - 06400 CANNES - 04 93 68 86 68 • MODSCHIEDLER Thomas - 19 rue Rossini - 06000 NICE - 04

93 87 53 19 • MONTEIL Marie-Catherine - HÔPITAL SAINT-ROCH - 5 rue Pierre Dé voluy - 06006 NICE - 04 92 03 29 60 • MONTES DE OCA Leopoldo - CLINIQUE MOZART - 17 avenue Auber - 06000 NICE - 04 93 82 82 00 • NORAT Frederica - HÔPITAL SAINT ROCH - 5 rue Pierre Devoluy - 06000 NICE - 04 92 03 38 53 • POCHET François - 59 boulevard de Cimiez - 06000 NICE - 04 93 53 10 00 • RENAUD Fabrice - CRS WILSON - 26 avenue Gaston Bourgeois - 06600 ANTIBES - 04 92 93 56 50 • ROSTANE Soraya - 27-29 avenue Jean Médecin Europole - 06000 NICE - 04 93 16 15 64 • ROUANET Frédéric - 57 boulevard de Cimiez Palais Tony Pin - 06000 NICE - 04 92 26

70 30 • SABATIER Henry - CLINIQUE SAINT GEORGE - 2 avenue de Rimiez - 06100 NICE - 04 93 87 83 66 • SEGALL Jean-Jacques - 10 avenue Felix Faure - 06000 NICE - 04 93 62 50 50 • SEMERIA Éric - CLINIQUE SAINT JEAN - 81 avenue du docteur Donat - 06800 CAGNES SUR MER - 04 92 13 53 13 • VEDRINE-FEYS Nathalie - LES EMPEREURS A - 6 rue Spitaleri - 06000 NICE - 04 93 82 00 07 • VOLPEI Charles - 88 bd de Cimiez villa Bella Vista - 06000 NICE - 04 93 87 66 65 •

10 / HAMATI Mazhar 11 /

- 8 rue Voltaire - 10000 TROYES - 03 25 78 15 10 • HENRYON Gilles - POLYCLINIQUE DES URSULINES - 17 rue Raymond Poincare - 10000 TROYES - 03 25 43 45 59 •

DUMONT Richard - 15 rue Marty - 11000 CARCASSONNE - 04 68 47 97 62 • MAUDHUIT François - APPARTEMENT 11 RESIDENCE VERGERS DE SEPTIMANIE BATIMENT A - 83 avenue Jean Camp - 11100 NARBONNE - 04 68 43 92 28 •

13 / ABS Richard - 1 boulevard Lord Duveen - 13008 MARSEILLE - 04 91 76 14 60 • AMAR

Élisabeth - 429 rue Paradis - 13008 MARSEILLE - 04 91 32 10 10 • AMAR Olivier - LE MÉRIDIEN ST GINIEZ - 26 avenue de Mazargues - 13008 MARSEILLE - 04 91 71 49

50 • AMAR Roger Elie - LE MERIDIEN - 26 avenue de Mazargues - 13008 MARSEILLE - 04 91 71 49 50 • ANKRI Alain - 427 rue Paradis - 13008 MARSEILLE - 04 91 71 99

33 • AUBERT Jean-Pierre - 454 rue Paradis - 13008 MARSEILLE - 04 91 77 31 31 • AUDIFFRET Caroline - 490 rue Paradis - 13008 MARSEILLE - 04 91 29 00 10 • BARDOT Jacques - HÔPITAL DE LA CONCEPTION - SCE CHIRURGIE PLASTIQUE/REPARATRICE - 147 boulevard Baille - 13385 MARSEILLE CEDEX 05 - 04 91 38 35

48 • BERWALD Christian - 279 avenue du Prado - 13008 MARSEILLE - 04 9116 22 52 • CASANOVA Dominique - AP-HM HÔPITAL NORD SERVICE DE CHIRURGIE MAXILLO-FACIALE - chemin des Bourelly - 13915 MARSEILLE - 04 91 96 88 55 • CHATEAU Francois - CLINIQUE GÉNÉRALE DE MARIGNANE - avenue du General Raoul Salan

- 13700 MARIGNANE - 04 42 78 45 00 • CILIRIE Kolia - TOUR HEMILYTHE - 150 avenue Georges Pompidou - 13100 AIX EN PROVENCE - 04 42 93 02 93 • COATMELLECDUGUY Nathalie - BÂTIMENT HEMILYTHE - 150 avenue Georges Pompidou - 13100 AIX EN PROVENCE - 04 42 38 34 66 • COURBIER Regis - 454 rue Paradis - 13008

MARSEILLE - 04 91 77 30 30 • DARMANI Roger - CENTRE MEDICAL - 22 rue Montgrand - 13006 MARSEILLE - 04 91 54 92 82 • DEGARDIN-COULOMB Nathalie -

HÔPITAL DE LA CONCEPTION - SCE CHIRURGIE PLASTIQUE/REPARATRICE - 147 boulevard Baille - 13385 MARSEILLE CEDEX 05 - 04 91 38 30 00 • DELLA VOLPE Céline - IMMEUBLE LE MONTESQUIEU - 13 rue Roux de Brignoles - 13006 MARSEILLE- 04 91 42 59 03 • DESOUCHES Christophe - CENTRE MÉDICAL ALLIANCE - 5

boulevard Notre Dame - 13006 MARSEILLE - 04 91 55 00 00 • DREANT Jean Christian - VILLA CHANTECLER - 240 avenue des Poilus - 13012 MARSEILLE - 04 91 06 06 06 • ECHINARD Christian - 155 avenue du Prado - 13008 MARSEILLE - 04 91 79 00 29 • EMRAM Alain - L'ELDORADO - 24 place Castellane - 13006 MARSEILLE - 04 91 53

10 08 • FAVARGIOTTI Luigi - 165 rue Paradis - 13006 MARSEILLE - 04 91 53 47 01 • FELIX Maurice - VILLA LUCIA - boulevard Michelet 300 2 boulevard Luce - 13008

MARSEILLE - 04 91 71 91 45 • FISZEL Alain - 122 bis cours Gambetta - 13100 AIX EN PROVENCE - 04 42 38 59 28 • FOGLI Alain - CHATEAU BERGER - 281 corniche John

F. Kennedy - 13007 MARSEILLE - 04 91 59 14 89 • FORLI BAURAND Louise-Valerie - RÉSIDENCE LES CYCLADES - 12 allée de la Désirée - 13009 MARSEILLE - 04 91 26 70 33 • FOSSATI-FRANCESCHINI Christelle - 18 rue d'Hozier - 13002 MARSEILLE - 04 91 56 43 54 • GAUJOUX François - 173 rue Paradis - 13006 MARSEILLE - 04

91 81 10 10 • GERMAIN Frédéric - LE VELASQUEZ - 3 rue Daumier - 13008 MARSEILLE - 04 96 10 00 82 • GUINARD Didier - HÔPITAL DE LA CONCEPTION SERVICE PROFESSEUR LEGRE - 147 boulevard Baille - 13005 MARSEILLE - 04 91 38 22 44 • HAUTIER KRAHN Aurelie - SCE CHIRUR PLASTIQUE CENTRE DES BRÛLÉS

HÔPITAL DE LA CONCEPTION - 13385 MARSEILLE CEDEX 05 - 04 91 38 35 55 • JAUFFRET Jean-Luc - LE VELASQUEZ - 3 rue Daumier - 13008 MARSEILLE - 04 96

10 00 80 • KERTESZ Petronella - RESIDENCE VAL DE CUECH - 55 avenue Julien Fabre - 13300 SALON DE PROVENCE - 04 90 56 69 95 • KEVORKIAN Bernard - 429

rue Paradis - 13008 MARSEILLE - 04 91 22 50 60 • LATIL François - 20 rue du 4 Septembre - 13100 AIX EN PROVENCE - 04 42 38 27 47 • LAVIE Antoine - 12 Allee de la Desirée - 13009 MARSEILLE - 04 91 41 71 05 • LEGRE Regis - CHU CONCEPTION CHIRURGIE PLASTIQUE - 147 boulevard Baille - 13005 MARSEILLE - 04 91 38 22 44 • MAGALON Guy - HÔPITAL DE LA CONCEPTION - 147 boulevard Baille - 13385 MARSEILLE - 04 91 94 07 89 • MARCHADIER Albertine - I.E.M.C.E.P. LE MONTESQUIEU

- 3 rue Roux de Brignoles - 13006 MARSEILLE - 04 91 32 91 32 • MARINETTI Christian - 163 rue Paradis - 13006 MARSEILLE - 04 91 81 90 88 • NIDDAM Julien - HÔPITAL

DE LA CONCEPTION SCE CHIRURGIE PLASTIQUE/REPARATRICE - 147 boulevard Baille - 13385 MARSEILLE CEDEX 05 - 04 31 38 35 55 • PELLAT Jean-Luc -

CLINIQUE MONTICELLI - 88 rue du Commandant Rolland - 13008 MARSEILLE - 04 91 71 77 17 • PELLETIER Marie-Laure - IMMEUBLE LE FALLEN - 4 avenue Fallen - 13400

AUBAGNE - 04 42 18 71 60 • PERCHENET Anne-Sophie - HÔPITAL DE LA CONCEPTION PR MAGALON - 147 boulevard Baille - 13385 MARSEILLE CEDEX 05 - 04 91

94 07 89 • PIQUET Mathieu - 8 avenue Malherbe - 13100 AIX-EN-PROVENCE - 04 42 52 63 11 • POEUF Benoit - 317 boulevard du Redon - 13009 MARSEILLE - 04 91 17 17 77 • POISSONNIER Stéphanie - 30 rue Emeric David - 13100 AIX EN PROVENCE - 04 42 27 12 33 • ROUBAUD Marc - LES DEMEURES DU GRAND PRADO - 13

allees Turcat Mery - 13008 MARSEILLE - 04 91 79 87 77 • SALAZARD Bruno - CLINIQUE LA CIOTAT - 8 avenue Frédéric Mistral - 13600 LA CIOTAT - 04 42 08 73 94 • SAMSON Philippe - CLINIQUE MONTICELLI - 88 rue du Commandant Rolland - 13008 MARSEILLE - 04 91 71 77 17 • THION André - 490 rue Paradis - 13008 MARSEILLE

- 04 91 29 00 11 • TIZIANO Jean-Paul - LABORATOIRE BIOTIC PHOCEA - 150 rue de Crimée - 13003 MARSEILLE - 04 91 53 54 00 • TOMEI Frédéric - 317 boulevard du

Redon - 13009 MARSEILLE - 04 91 17 17 59 • TRANIER Thierry - 59 rue Jean Mermoz - 13008 MARSEILLE - 04 91 77 68 42 • VOINCHET Véronique - VENDÔME ROTONDE BÂT A - 90 avenue Napoléon Bonaparte - 13100 AIX EN PROVENCE - 04 42 27 49 56 • ZALTA Rémi - IMMEUBLE LE GOYA - 11 boulevard du docteur Rodocanachi 13008 MARSEILLE - 04 91 77 69 12 •

14 / COMPERE Jean-François - CHU CÔTE DE NACRE - avenue Côte de Nacre - 14033 CAEN CEDEX 9 - 02 31 06 49 00 • IODICE


202

Antonio  - CHU COTE DE NACRE - avenue Côte de Nacre - 14033 CAEN CEDEX 9 - 02 32 06 31 06 • LABBE Daniel - 4 place Fontette - 14000 CAEN - 02 31 50 17 90 • LOUIS Marie Yolande - CAC FRANÇOIS BACLESSE - 3 avenue du Général Harris - 14000 CAEN - 02 31 45 50 11 • RIGOT-JOLIVET Muriel - 4 place Fontette - 14000 CAEN - 02 31

86 56 55 • ROFFE Jean-Luc - 28 fosses St Julien - 14000 CAEN - 02 31 86 58 43 • SERGENT Bernard - POLYCLINIQUE DU PARC - 20 avenue Guynemer - 14000 CAEN - 02 31 82 81 15 •

15 / COLLIN Jean Francois - CENTRE MEDICO CHIRURGICAL - 83 avenue Charles de Gaulle - 15000 AURILLAC - 04 71 45 45 45 • 16 / ABDELNOUR 17 / BRABANT Bruno - SEL BBCE - 10 place de

Riad - CENTRE CLINIQUE - 2 chemin de Fregeneuil CS 42510 SOYAUX - 16025 ANGOULÊME CEDEX - 05 45 69 66 06 •

Verdun - 17000 LA ROCHELLE - 05 46 00 77 99 • CHALAYE Jean-Claude - CENTRE HOSPITALIER DE SAINTONGE - 11 boulevard Ambroise Paré - B.P. 326 - 17108 SAINTES CEDEX - 05 46 95 15 16 • CHEKKOURY-IDRISSI Hassan - 144 rue de la Boule - 17100 SAINTES - 05 46 93 57 65 - 05 46 74 04 04 • ELBAZ Murielle - 3 rue Villeneuve -

18 / DREYFUS Alain - CH. JACQUES COUR - 145 19 / QUILLOT MarcAndre - RESIDENCE LE LOUVRE - 2 boulevard Edouard Lachaud - 19100 BRIVE LA GAILLARDE - 05 55 17 03 28 • 21 / BENSA Pierre - 19 place Darcy - 21000 DIJON 17000 LA ROCHELLE - 05 46 00 43 00 • RIVET Denis - 4 avenue Jean Guiton - 17000 LA ROCHELLE - 05 46 00 43 88 •

avenue François Mitterrand - 18020 BOURGES CEDEX - 03 80 29 37 57 • MALIDOR Daniel - 8 rue Jean Baffier - 18000 BOURGES - 02 48 20 36 91 •

- 03 80 45 57 93 • BONNET Florent - 19 place Darcy - 21000 DIJON - 03 80 45 57 93 • DHONT Franck - 1 cours Général de Gaulle - 21000 DIJON - 03 80 28 78 32 • DUVERNAY Alain - UNITÉ DE CHIRURGIE PLASTIQUE, RECONSTRUCTRICE ET ESTHÉTIQUE HOSPICES CIVILS DE BEAUNE - CENTRE HOSPITALIER PHILIPPE LE BON - avenue Guigone de SALINS - BP 40104 - 21023 BEAUNE CEDEX - 03 80 29 37 57 • GUYENNE Christine - 12 rue Jean Renaud - 21000 DIJON - 03 80 30 29 88 • MALKA Gabriel - CHU LE BOCAGE SERVICE CHIR MAXILLO-FACIALE PLAST REP - 2 boulevard Mal de Lattre de Tassigny - BP 77908 - 21079 DIJON CEDEX - 03 80 29 30 31 • MICHOT Jos-Mari - 26 boulevard de Brosses - 21000 DIJON - 03 80 30 63 82 • PENIN Michel - LE CLARIDGE - 22 avenue de la 1ère Armée - 21000 DIJON - 03 80 50 04 57 • ROBE Nicolas - 13 boulevard de Sévigné - 21000 DIJON - 03 80 30 86 36 • ROCHE Matthieu - 22 boulevard de Brosses - BP 1519 - 21000 DIJON - 03 80 29 30 31 •

22 /

AFKHAMI-AGHDA Fatemeh - POLYCLINIQUE DU LITTORAL - BP 304 - 58 rue Lafayette - 22000 ST BRIEUC - 02 96 62 60 27 • LE TRAON Gilles - POLYCLINIQUE DU

24 / KASSOUMA Julien - CLINIQUE FRANCHEVILLE - 34 bd de Vésone - 24000 PÉRIGUEUX 25 / ELIAS Bahir-Edouard - SERVICE ORTHO-TRAUMA-PLASTIQUE HÔPITAL MINJOZ - 25030 BESANCON - 03 81 66 82 42 • GARNIER

LITTORAL - BP 304 - 58 rue Lafayette - 22003 ST BRIEUC - 02 96 62 60 27 • - 05 24 13 20 77 •

Dominique - 9 rue Moncey - 25000 BESANCON - 03 81 81 28 38 • HARBON Sylvain - 9 bis rue Klein - 25000 BESANÇON - 03 81 81 84 67 • MEYER Christophe - HÔPITAL JEAN MINJOZ - 3 boulevard Alexander Fleming - 25030 BESANCON - 03 81 66 82 34 • MONNIER Jerome - 70 Grande Rue - 25000 BESANCON - 03 81 52 67 17 • PAUCHOT Julien - CHU JEAN MINJOZ - 3 boulevard Alexander Fleming - 25030 BESANCON - 03 81 66 82 85 • RICBOURG Bernard - CHU JEAN MINJOZ CHATEAUFARINE - 3

boulevard Alexander Fleming - 25030 BESANÇON CEDEX - 03 81 66 83 56 • SPICAROLEN Thierry - SERVICE DE CHIRURGIE MAXILLO FACIALE CHIRURGIE PLASTIQUE CENTRE HOSPITALIER ANDRÉ BOULLOCHE - 25200 MONTBELIARD - 03 81 91 60 91 • TROPET Yves - CHU JEAN MINJOZ - 3 boulevard Alexander Fleming - 25030 BESANCON CEDEX - 03 81 66 82 42 •

26 / BRUN Alexandre - 3 place jean Etienne Championne - 26000 VALENCE - 04 75 78 49 40 • CARLE Emmanuelle - LE

GASCOGNE - 25 avenue Felix Faure - 26000 VALENCE - 04 75 55 88 44 • NOURI Kadda - CENTRE HOSPITALIER - quartier Beausseret - 26200 MONTELIMAR - 04 75 53 41

01 • RAHME Jean - LE CAPITOLE - 44 avenue Victor Hugo - 26000 VALENCE - 04 75 81 25 25 •

27 / BOEDEC-LECHOWSKI Corinne - CLINIQUE PASTEUR - 58 28

boulevard Pasteur - 27000 EVREUX - 02 32 38 96 28 • EL AYOUBI Louay - CLINIQUE BERGOUIGNAN - 1 rue du docteur Bergougnian - 27000 EVREUX - 02 32 31 44 44 •

/ ROUVE Pascal - CLINIQUE SAINT FRANCOIS - 2 rue Roland Buthier - 28300 MAINVILLIERS - 02 37 18 41 00 • ROUVEROUX Claire - CLINIQUE ND DE BON SECOURS - 9 bis rue de la Croix Jumelin - 28000 CHARTRES - 02 37 20 16 35 •

29 / BOLOORCHI Armand - POLYCLINIQUE DE KERAUDREN - 375 rue Ernestine de Trémaudan - 29200

BREST - 02 98 34 90 05 • CARRE Jean-Louis - CHU MORVAN SERVICE DERMATOLOGIE - 5 avenue Foch - 29609 BREST CEDEX 2 - 02 98 22 33 15 • CHARDEL-VAN HAAFTEN Korinne - CLINIQUE DU GRAND LARGE - 37 rue saint Vincent De Paul - 29200 BREST - 02 98 34 37 11 • FAVIE Alain - POLYCLINIQUE DE KERAUDREN - 375

rue Ernestine de Tremaudan - 29200 BREST - 02 98 34 90 05 • FLOCH Nancy - LE FORUM - 2 rue Ledantec - 29000 QUIMPER - 02 98 10 35 00 • GASNIER Paul - CHRU HÔPITAL CAVALE BLANCHE SERVICE DE CHIRURGIE - boulevard Tanguy Prigent - B.P. 824 - 29609 BREST CEDEX 2 - 02 98 34 25 11 • GRANGIER Yann - CLINIQUE DE L'OCEAN - 2 rue Pitre Chevalier - 29000 QUIMPER - 02 98 95 22 00 • HU Weiguo - CHRU HÔPITAL CAVALE BLANCHE - boulevard Tanguy Prigent BP 824 - 29609 BREST CEDEX 2 - 02 98 34 72 73 • VALENTIN Stanislas - CENTRE CONSULTATIONS PASTEUR - 34 rue du Moulin a Poudre - 29200 BREST - 02 98 31 33 50 •

30 / CHERIF

Mohammed - GHU CAREMEAU SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE - place du professeur Robert Debré - 30029 NIMES CEDEX 9 - 04 66 68 32 73 • GOMIS Robert - PARC KENNEDY BAT. B - 285 rue Gilles Roberval - 30900 NIMES - 04 66 04 88 22 • LE BARAZER Martin - RES LES BUREAUX DE LA TOUR ROMAINE - 61 rue des Tilleuls - 30900 NIMES - 04 66 70 26 80 • LEFEBVRE Philippe - 1 rue de l'Ecluse - 30000 NIMES - 04 66 76 04 63 • MERLIER-MIERMONT Christine - 1 rue de l'Ecluse - 30000 NIMES - 04

66 76 04 63 • MOUGENOT Alain - 7 rue Monjardin - 30000 NIMES - 04 66 76 11 18 • REY Philippe - RES LES BUREAUX DE LA TOUR ROMAINE - 61 rue des Tilleuls - 30900 NIMES - 04 66 29 24 33 • SAUNIERE Dominique - CHU CAREMEAU SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE - place du professeur R. Debré - 30029 NÎMES CEDEX 09 - 04

66 68 32 73 •

31 / BARO Jean-Paul - CLINIQUE ST JEAN LANGUEDOC - 20 route de Revel - 31400 TOULOUSE - 05 61 23 70 30 • BELHAOUARI Lakhdar - 3 allee Jules

Guesde - 31000 TOULOUSE - 05 61 25 66 75 • BENAROUS Jean-Jacques - 5 boulevard Lazare Carnot - 31000 TOULOUSE - 05 34 41 32 00 • BODNAR Martial - 25 rue Alsace Lorraine - 31000 TOULOUSE - 05 62 27 92 36 • BOUTAULT Franck - CHU PURPAN SERVICE CHIRURGIE MAXILLO FACIALE PLACE Dr BAYLAC - tri service arrivée 40031 - 31059 TOULOUSE CEDEX 9 - 05 61 77 23 97 • BRAVI Serge - CLINIQUE DES CEDRES SERV CHIR PLASTIQUE - route de Mondonville Château d'Alliez - 31700 CORNEBARRIEU - 05 62 13 30 37 • CHAVOIN Jean-Pierre - HÔPITAL DE RANGUEIL CHU TOULOUSE SERV CHIRURGIE PLASTIQUE - avenue Jean Poulhes - TSA 500

32 - 31059 TOULOUSE CEDEX 9 - 05 61 32 27 42 • CHOISNARD Stéphane - CLINIQUE DES CEDRES SERV CHIR PLASTIQUE - route de Mondonville Château d'Alliez 31700 CORNEBARRIEU - 05 62 13 32 53 • CLOUET Michel - 54 allée des Demoiselles - 31400 TOULOUSE - 05 61 53 80 80 • DULY Thierry - CLINIQUE D'OCCITANIE - 20

avenue Bernard IV BP 304 - 31603 MURET - 08 26 30 88 88 • EL MAGHRABI Hussein - HÔPITAL RANGUEIL - SERV CHIRURGIE PLASTIQUE - avenue Jean Poulhes - TSA 500 32 - 31059 TOULOUSE CEDEX 9 - 05 61 32 27 42 • FABIE-BOULARD Aurelie - CLINIQUE ST JEAN LANGUEDOC - 20 route de Revel - 31077 TOULOUSE CEDEX 4 - 05 61 54 97 80 • FOUCRAS Lionel - CLINIQUE SARRUS-TEINTURIERS - 49 allées Charles de Fitte - 31076 TOULOUSE - 05 67 77 51 36 • GANGLOFF Dimitri - INSTITUT CLAUDIUS REGAUD - 20-24 rue du pont St Pierre - 31052 TOULOUSE CEDEX 3 - 05 61 42 42 42 • GARRIDO-STOWHAS Ignacio - CENTRE CLAUDIUS REGAUD - 24

rue du pont St Pierre - 31000 TOULOUSE - 05 61 42 42 42 • GROLLEAU RAOUX Jean Louis - CHU RANGUEIL SCE CHIRURGIE PLASTIQUE - 1 avenue professeur Jean Poulhes - 31000 TOULOUSE - 05 61 32 29 63 • GUILHEM Fabre - CLINIQUE ST JEAN LANGUEDOC - 20 route de Revel - 31077 TOULOUSE CEDEX 4 - 05 61 54 90 56 • HEMOU Jean-Didier - 6 place Saint Etienne - 31000 TOULOUSE - 05 61 55 33 00 • HEZARD Lionel - 54 allée des Demoiselles - 31400 TOULOUSE - 05 61 53 80 80 • JOLY-FRADIN Nadine - CLINIQUE ST JEAN LANGUEDOC - 20 route de Revel - 31077 TOULOUSE CEDEX 4 - 05 61 54 92 94 • JOUGLA Éric - CLINIQUE DES CEDRES SERV CHIR


203

PLASTIQUE - route de Mondonville Château d'Alliez - 31700 CORNEBARRIEU - 05 62 13 31 31 • LAFFITTE Frédéric - HÔPITAL DE RANGUEIL CHU TOULOUSE SERV CHIRURGIE PLASTIQUE - avenue Jean Poulhes - TSA 500 32 - 31059 TOULOUSE CEDEX 9 - 05 61 32 27 42 • LAVIGNE Bruno - 54 allee des Demoiselles - 31400 TOULOUSE - 05 61 53 80 80 • MANEAUD Michèle - CLINIQUE LAFAYETTE - 21 rue Lafayette - 31000 TOULOUSE - 05 61 21 99 04 • MERESSE Thomas - HÔPITAL RANGUEIL SERV CHIR PLASTIQUE - avenue Jean Poulhes - TSA 500 32 - 31059 TOULOUSE CEDEX 9 - 05 61 32 27 42 • PESSEY Jean-Jacques - HÔPITAL LARREY CHU TOULOUSE SERVICE ORL - 24 chemin de Pouvourville - TSA 30030 - 31059 TOULOUSE CEDEX - 05 67 77 17 88 • RAMPILLON-FOUQUET Florence - POLYCLINIQUE DU PARC - 105

rue Achille Viadieu - 31078 TOULOUSE CEDEX 4 - 05 62 71 67 17 • SABOYE Jacques - 54 allées des Demoiselles - 31000 TOULOUSE - 05 61 53 80 80 • SOUBIRAC Laurent - 9 rue du Languedoc - 31000 TOULOUSE - 05 61 32 62 23 • SOUQUET Jean-René - POLYCLINIQUE DU PARC - 105 rue Achille Viadieu - 31078 TOULOUSE CEDEX 4 - 05 61 36 65 26 • VACHAUD Michel - CLINIQUE DES CÈDRES - 31700 CORNE BARRIEU - 05 62 13 31 31 • VASSE-CACHIA Dominique - CLINIQUE DE L'UNION boulevard de Ratalens - B.P. 24336 Saint Jean - 31243 L'UNION CEDEX - 05 61 37 87 37 • WAGNER Aude - CCPE - 54 rue des Demoiselles - 31400 TOULOUSE - 05 61 53 80 80 • WALTER MALAURIE Valerie - POLYCLINIQUE DU PARC - 105 rue Achille Viadieu - 31078 TOULOUSE CEDEX 4 - 05 61 36 69 74 •

33 / ALFANDARI Bruno - 62

cours de l'Intendance - 33000 BORDEAUX - 05 56 44 13 44 • ATTALI Jean-Pierre - 250 route du Cap Ferret - 33950 LEGE CAP FERRET - 05 56 48 94 94 • AZENCOT Armand - CABINET DE CHIRURGIE ESTHETIQUE DU GRAND THÉÂTRE - 5 rue de Conde - 33000 BORDEAUX - 05 56 79 02 02 • BAKHACH Joseph - 31 rue de Lyon - 33000 BORDEAUX - 05 56 52 92 20 • BALLANGER-BOUHANA Astrid - POLYCLINIQUE JEAN VILLAR - avenue Maryse Bastie - 33520 BRUGES - 05 56 57 93 84 • BARON Jean-François - POLYCLINIQUE BORDEAUX NORD AQUITAINE - 15 rue Claude Boucher - 33077 BORDEAUX - 05 56 22 18 08 • BOILEAU Roland - 56 allée des Tulipes 33600 PESSAC - 05 56 46 48 48 • BOUDARD Philippe - 45 avenue Bel Air - 33200 BORDEAUX - 05 56 02 67 28 • BOVET Jean-Louis - CLINIQUE JEAN VILLAR - av.

Maryse Bastié - 33523 BRUGES - 05 56 57 93 84 • CAIX Philippe - CHU PELLEGRIN - SERVICE MAXILLO-FACIALE PLASTIQUE RÉPARATRICE- place Amélie Raba Léon 33076 BORDEAUX - 05 57 57 15 13 • CASOLI Vincent - HÔPITAL PELLEGRIN - place Amélie Raba Léon - 33076 BORDEAUX - 05 56 79 55 31 • CASTEDE Jean-Claude - HÔPITAL PELLEGRIN TRIPODE SERVICE DES BRULES - place Amelie Raba Leon - 33000 BORDEAUX - 05 56 79 55 31 • CIPRIAN Isacu - C.H.U. BORDEAUX SERVICE BRULES - place Amélie Raba Léon - 33000 BORDEAUX - 05 56 79 55 31 • COURTOIS Ivan - POLYCLINIQUE JEAN VILLAR - avenue Maryse Bastié - 33520 BRUGES - 05 56

57 93 84 • DE LUCA Laura - CHU PELLEGRIN C.F.X.M. SERV BRÛLÉS ET CHIR PLAST - place Amélie Raba Léon - 33076 BORDEAUX CEDEX - 05 56 79 56 79 • DELONCA Denis - CENTRE DE CHIRURGIE ESTHETIQUE DES QUINCONCES - 2 place des Quinconces - 33000 BORDEAUX - 05 56 79 20 00 • DROSSARD Guillaume

- 14 rue Montesquieu - 33000 BORDEAUX - 05 56 48 94 94 • FALKENRODT Franck - CLINIQUE TIVOLI - B.P. 114 - 220 rue Mandron - 33000 BORDEAUX - 05 57 19 04 44 • GARDET Hélène - CABINET DE CONSULTATION DU GRAND THÉÂTRE - 5 rue de Conde - 33000 BORDEAUX - 05 56 79 77 10 • GOIN Jean-Louis - CLINIQUE TOURNY - 68 rue du Palais Gallien - 33000 BORDEAUX - 05 56 51 17 03 • GRINFEDER Christophe - 59 avenue Carnot - 33200 BORDEAUX - 05 57 19 04 44 • GUEROULT JeanMichel - CLINIQUE TOURNY - 68 rue du Palais Gallien - 33000 BORDEAUX - 05 56 01 55 72 • GUIMBERTEAU Jean-Claude - 56 allee des Tulipes - 33600 PESSAC - 05 56

46 48 48 • ISACU Cipprian - C.H.U. BORDEAUX SERVICE BRULES - place Amélie Raba Léon - 33076 BORDEAUX - 05 56 79 55 31 • LALANNE Philippe - POLYCLINIQUE BORDEAUX RIVE DROITE 4 PAVILLONS - 24 rue de Cavailles - 33210 LORMONT - 05 56 94 47 36 • LEGAILLARD Philippe - CLINIQUE TIVOLI - 59 avenue Carnot - 33200 BORDEAUX - 05 57 19 04 44 • LEMIERRE Guillaume - POLYCLINIQUE JEAN VILLA - avenue Maryse Bastié - 33520 BRUGES - 05 56 57 93 84 • NOEL Xavier - 68 rue du

Palais Gallien - 33000 BORDEAUX - 05 56 01 55 73 • PANCONI Bruno- 56 allée des Tulipes - 33600 PESSAC - 05 56 46 48 48 • PASQUET Jean - RESIDENCE LA RIVIERA - 222 boulevard de la Plage - 33120 ARCACHON - 05 56 83 19 79 • PELISSIER Philippe - SERVICE CHIRURGIE PLASTIQUE HÔPITAL PELLEGRIN TONDU - place Amélie Raba Léon - 33076 BORDEAUX - 05 56 79 55 48 • PINSOLLE Vincent - SERVICE CHIRURGIE PLASTIQUE HÔPITAL DU TONDU - place Amélie Raba Léon - 33076 BORDEAUX - 05 56 79 55 48 • REAU Anne-François - CABINET CHIRURGICAL FOCH - 68 rue du Palais Gallien - 33000 BORDEAUX - 05 56 01 55 74 • ROUSVOAL Aurelien - AESTHETICS - 4 avenue Carnot - 33200 BORDEAUX - CAUDERAN - 05 57 29 29 29 • SAWAYA Elias - CH FR XAVIER MICHELET SCE CHIR PLASTIQUE MAINS - place Amélie Raba Léon - 33076 BORDEAUX CEDEX - 05.56.79.55.48 • SCHUHMACHER Bernard - CENTRE CHIRURGICAL FOCH - 68 rue du Palais Gallien 33000 BORDEAUX - 05 56 51 17 03 • SIBERCHICOT Francois - CHU PELLEGRIN SERVICE DE CHIRURGIE MAXILLO-FACIALE ET STOMATOLOGIE - place Amélie Raba

Léon - 33076 BORDEAUX CEDEX - 05 56.79.55.33 • TESSIER Richard - 4 avenue Carnot - 33200 BORDEAUX - CAUDERAN - 05 57 29 29 29 • WEIGERT Romain - CHU PELLEGRIN SERVICE CHIRURGIE PLASTIQUE - place Amelie Raba Leon - 33076 BORDEAUX CEDEX - 05 56 79 55 48 •

34 / AGHAI Farhad - 4 rue Charles Amans place

de la Comédie - 34295 MONTPELLIER - 04 67 58 08 79 • AMARA Bouali - CLINIQUE CLEMENTVILLE - 25 rue de Clementville - 34000 MONTPELLIER - 04 67 06 90 69 • ARNAUD Bernard - LANGUEDOC MUTUALITÉ UNION AMBULATOIRE - 88 rue de la 32 éme - 34264 MONT PELLIER CEDEX 2 - 04 67 22 85 07 • BARON Jean-Luc - LE JARDIN DU CENTRE BAT. A - 60 rue de l'Acropole - 34000 MONTPELLIER - 04 67 13 81 40 • BONNEFON Alain - 612 avenue d'Occitanie - 34090 MONTPELLIER - 04 67 52

38 78 • BOUSQUET Philippe - 16 avenue d'Assas - 34000 MONTPELLIER - 04 67 52 79 99 • BROSSARD Jean-Jacques - 4 place Jean Jaures - 34500 BEZIERS - 04 67 28 10 35 • CAMMAN François - CENTRE MEDICAL ALBERTINI - 13 impasse Roumanille - 34500 BEZIERS - 04 67 30 07 47 • CANDON Bernard - FONT TROUVE - 2040

avenue du Pére Soulas - 34090 MONTPELLIER - 04 67 14 00 20 • COMBESCURE Christian - 4 rue Charles Amans - 34000 MONTPELLIER - 04 67 58 96 62 • COMTE Josette - RÉSIDENCE DE LA PERRUQUE - 60 avenue Albert Dubout - 34000 MONTPELLIER - 04 67 64 10 19 • DELOCHE Michel - EN RETRAITE AVEC PETITE ACTIVITE LIBERALE - 7 rue du Jeu de l'Arc - 34000 MONTPELLIER - 04 67 92 69 96 • DOMERGUE Sophie - CHIRURGIE MAXILO FACIALE HÔPITAL LAPEYRONIE - 191 avenue du

Doyen Gaston Giraud - 34295 MONTPELLIER CEDEX 5 - 04.67.33.82.34 • FASSIO Eric - 15 avenue Ecole Agriculture - 34000 MONTPELLIER - 04 99 23 13 28 • GARY-BOBO Alain - 9 rue de la République - 34000 MONTPELLIER - 04 67 92 47 77 • JORQUERA Franck - LE JARDIN DU CENTRE BATIMENT A - 60 rue de l'Acropole - 34000 MONTPELLIER - 04 67 13 81 40 • LAMARCHE Jean-Pierre - 4 rue Charles Amans - 34000 MONTPELLIER - 04 67 58 15 49 • MARTINETTO Jean-Pierre - 3 avenue

du Pont Juvénal - 34000 MONTPELLIER - 04 67 02 86 94 • MATEU Jacques - 9 rue de la République - 34000 MONTPELLIER - 04 67 92 47 77 • MEZIANE Jaafar - LE JARDIN DU CENTRE BATIMENT A - 60 rue de l'Acropole - 34000 MONTPELLIER - 04 67 13 81 40 • OTMAN Sami - HÔPITAL LAPEYRONI SERVICE DES BRÛLÉS - 191

avenue du doyen Gaston Giraud - 34295 MONTPELLIER CEDEX 5 - 04 67 33 82 25 • PATY Éric - CENTRE COMMERCIAL LA CROISEE - avenue de l'Europe - 34830 CLAPIERS - 04 67 55 42 76 • PRUD'HOMME Alexandre - CENTRE MEDICAL ALBERTINI - 13 impasse Roumanille - 34500 BEZIERS - 04 67 30 07 47 • TEOT Luc - HÔPITAL LAPEYRONIE SCE DES GRANDS BRULES - 371 avenue Doyen Gaston Giraud - 34000 MONTPELLIER - 04 67 33 82 31 •

35 / AILLET Sylvie - HÔPITAL SUD - 16 boulevard

de Bulgarie - BP 90347 - 35203 RENNES CEDEX 2 - 02 99 26 71 68 • CHEVRIER Stéphane - C.H.P. ST GREGOIRE - 6 boulevard de la Boutière cs 56816 - 35768 ST GRÉGOIRE CEDEX - 02 99 23 33 23 • HEUSSE Jean Laurent - CHRU ANNE DE BRETAGNE CHIRURGIE PLASTIQUE - BP 90347 - 35203 RENNES CEDEX 2 -

02.99.28.43.21 • LONCLE Loïc - CABINET MEDICAL - 1 boulevard Sevigne - 35700 RENNES - 02 99 84 01 05 • MANISE Olivier - 3 impasse de la Vigie - 35400 SAINT MALO


204

- 02 99 19 88 77 • MIARD François - CENTRE HOSPITALIER PRIVÉ SAINT GRÉGOIRE - 6 boulevard de la Boutière cs 56816 - 35768 SAINT-GRÉGOIRE - 02 99 23 33 23 • PEREZ Michel - CENTRE HOSPITALIER PRIVÉ - 6 boulevard de la Boutière cs 56816 - 35768 SAINT-GRÉGOIRE CEDEX - 02 99 23 33 23 • ROSTANE-RENOUARD Dénia - CABINET DE CONSULTATION - 1 boulevard de Sevigné - 35700 RENNES - 02 99 84 08 24 • WATIER Éric - CHR HÔPITAL SUD SERV CHIR PLASTIQUE - 16 boulevard de

36 / WYART Alain - CENTRE HOSPIATLIER - 33 rue Saint Lazare - 36300 LE BLANC - 02 54 28 28 37 / DE MORTILLET Stéphane - POLE SANTÉ LÉONARD DE VINCI - 1 rue du professeur A. Minkowski - CP 10 - 37175 CHAMBRAY LES TOURS CEDEX - 02 47

Bulgarie - BP 90347 - 35203 RENNES CEDEX 2 - 02 99 26 71 68 • 28 •

25 22 00 • DUPEYRON Franck - 3 place de la Cathédrale - 37000 TOURS - 02 47 48 03 93 • FAUGON Henri - 2 allée du Manoir - 37000 TOURS - 02 47 05 38 46 • FORME Nathalie - CHRU TROUSSEAU CHAMBRAY - avenue de la République - 37170 CHAMBRAY LES TOURS - 02.34.37.89.55 • GOGA Dominique - C.H.R.U. TROUSSEAU CHAMBRAY CHIRURGIE MAXILLO-FACIALE - avenue de la République - 37170 CHAMBRAY LES TOURS - 02 47 47 46 40 • GUILLOU-GARNIER Marie-Françoise - POLE SANTÉ LÉONARD DE VINCI - 1 rue du Professeur A. Minkowski - CP 10 - 37175 CHAMBRAY LES TOURS CEDEX - 02 47 61 42 55 • RICCI Karine - 2 allee du Manoir - 37000 TOURS - 02 47 05 38 46 • ROUIF Michel - 30 boulevard Heurteloup - 37000 TOURS - 02 47 64 49 80 •

38 / ANTOINE Patrick - 9 place Paul Vallier - 38000 GRENOBLE

- 04 76 03 38 60 • BETTEGA Georges - HÔPITAL NORD MICHALLON (CHU GRENOBLE) SERVICE CHIR PLAST MAXILLO-FACIALE - boulevard de la Chantourne - BP 217

- 38700 LA TRONCHE - 04 76 76 54 63 • BOZONNET Emmanuelle - MEDICEDRES - 48 avenue de Grugliasco - 38130 ECHIROLLES - 04 38 12 42 42 • BRIX Muriel HÔPITAL NORD MICHALLON SERV CHIR PLASTIQUE - boulevard de la Chantourne - 38700 LA TRONCHE - 04 76 76 75 75 • CORCELLA Denis - CHU - avenue du Maquis

du Gresivaudan BP 217 - 38700 GRENOBLE LA TRONCHE - 04 76 76 54 74 • DARDART Benoit - 3 rue Félix Poulat - 38000 GRENOBLE - 04 76 46 59 59 • DELBAERE Marion - 9 place Paul Vallier - 38000 GRENOBLE - 04 76 03 38 60 • DELEGLISE Dai - 2 boulevard Gambetta - 38000 GRENOBLE - 04 76 46 31 28 • DUROURE Frédéric

- 5 rue Felix Poulat - 38000 GRENOBLE - 04 76 87 23 44 • FAURE Thierry - 5 rue Felix Poulat - 38000 GRENOBLE - 04 76 87 23 44 • FORLI Alexandra - HÔPITAL NORD MICHALLON - SERVICE CHIRURGIE DE LA MAIN - boulevard de la Chantourne - BP 217 - 38700 LA TRONCHE - 04 76 76 75 75 • LEBEAU Jacques - HÔPITAL NORD MICHALLON SERV CHIR PLAST MAXILLO-FACIALE - boulevard de la Chantourne - BP 217 X - 38700 LA TRONCHE - 04 76 76 54 63 • LOURY Julien - 48 avenue de Grugliasco

- 38130 ECHIROLLES - 04 38 12 42 42 • MARTINET Xavier - 3 rue Félix Poulat - 38000 GRENOBLE - 04 76 46 59 59 • MONTANIER Francoise - 18 boulevard Jean Pain - 38000 GRENOBLE - 04 76 16 20 81 • MOUTET François - HÔPITAL NORD MICHALLON UNITÉ CHIRURGIE RÉPARATRICE - boulevard de la Chantourne - BP 217 - 38700 LA TRONCHE - 04 76 76 54 74 • SADEK Hazem - 3 rue Félix Poulat - 38000 GRENOBLE - 04 76 46 59 59 •

41 / FRECHETTE Claude - POLYCLINIQUE DE BLOIS

TOUR DE CONSULTATION - rue Robert Debré - 41260 LA CHAUSSEE SAINT VICTOR - 02 54 44 45 46 • RAGUENET Paulo - POLYCLINIQUE DE BLOIS - 3 rue Robert

Debré - 41260 LA CHAUSSÉE SAINT VICTOR - 02 54 90 65 01 •

42 / CHADOINT François - 1 cours Victor Hugo - 42000 SAINT ETIENNE - 04 77 25 49 31 •

DALMONEGO Vincent - CLINIQUE DU RENAISON - 75 rue du Général Giraud - 42300 ROANNE - 04 77 44 45 00 • SEGUIN Pierre - HÔPITAL NORD - avenue Albert Raimond

- 42277 ST PRIEST EN JAREZ CEDEX - 04 77 12 77 95 • SOULHIARD François - 168 cours Fauriel - 42100 ST ETIENNE - 04 77 41 07 77 •

44 / AUFFRET Pascal

- 60 ter boulevard Lelasseur - 44000 NANTES - 02 40 20 22 06 • BARAER Fabien - CLINIQUE BRETECHE - 3 rue de la Béraudière - 44000 NANTES - 02 51 86 78 02 • BOUCHOT-HERMOUET Bénédicte France - 50 rue Amiral Ronarc'h - 44000 NANTES - 02 40 14 31 62 • CHATEAU Jean-Paul - CLINIQUE JULES VERNE - 2-4 route de

Paris - 44300 NANTES - 02 40 48 15 83 • DUTEILLE Franck - CHU DE NANTES SERV CHIR PLASTIQUE/CENTRE DES BRÛLÉS - 1 place Alexis Ricordeau - 44093 NANTES CEDEX 1 - 02 40 08 73 04 • GOROWITZ Béatrice - 28 boulevard de l'Université - 44600 SAINT NAZAIRE - 02 40 61 98 08 • HEPNER Yves - 3 rue Marceau - 44000 NANTES - 02 40 47 79 78 • HEPNER-LAVERGNE Dominique - 3 rue Marceau - 44000 NANTES - 02 40 47 79 78 • LE FOURN Bruno - CLINIQUE BRETECHE - 3 rue de la Béraudière

- 44000 NANTES - 02 51 86 88 05 • LEBATARD-SARTRE Jean-Yves - CLINIQUE JULES VERNE - 2 route de Paris - 44300 NANTES - 02 40 08 01 16 • LEJEUNE Florence - CLINIQUE BRÉTÉCHÉ - 3 rue de la Béraudière - 44000 NANTES - 02 51 86 88 15 • LOIRAT Yves - CLINIQUE BRETECHE - 3 rue de la Béraudière - 44000 NANTES - 02 51

86 86 02 • MARTIN Gaelle - CHU SERVICE DES BRULÉS SECTEUR DE CHIR PLASTIQUE IMMEUBLE J MONNET - 30 boulevard Jean Monnet - 44093 NANTES CEDEX 1 - 02.40.08.73.04 • MARTINET Laurent - CLINIQUE JULES VERNE - 2 route de Paris - 44300 NANTES - 02 40 48 15 83 • PERROT Pierre - CENTRE DES BRULES IMMEUBLE JEAN MONNET - 44093 NANTES CEDEX 1 - 02 40 08 33 33 • TALMANT Jean-Christian - CLINIQUE JULES VERNE- 2 route de Paris - 44300 NANTES - 02

40 20 39 41 • TALMANT Jean-Claude - CLINIQUE JULES VERNE - 2 route de Paris - 44300 NANTES - 02 40 20 39 41 •

45 / DANTON Anne - CLINIQUE DE

L'ARCHETTE - 83 rue Jacques Monod - 45160 OLIVET - 02 38 51 60 70 • GRENIER DE CARDENAL Damien - 5 rue du Vieux Marché - 45000 ORLÉANS - 02 38 42 71 46

• NABOULSI Samir - CLINIQUE DE LA PRÉSENTATION - 64 bis rue des Fossés - 45400 FLEURY LES AUBRAIS - 02 38 65 39 79 • REMY Roger - C.H.R.O. - 1 rue porte Madeleine BP.6709 - 45100 ORLEANS - 02 38 51 44 44 • ZIMMANN François - CLINIQUE DE L'ARCHETTE QUARTIER DU LARRY - 83 rue Jacques Monod - BP 109 - 45160 OLIVET CEDEX - 02 38 51 60 70 OU 02 38 51 60 74 •

46 / CAPDEVILLE-CAZENAVE Pierre - 28 boulevard Gambetta - 46000 CAHORS - 05 65 23 92 94 • 47

/ DUCOURS Jean-Luc - CLINIQUE ESQUIROL-ST HILAIRE - 1 rue du docteur et madame Delmas - BP 19 - 47002 AGEN CEDEX - 05 53 69 97 97 • DUPOIRIEUX Laurent - CLINIQUE DU MARMANDAIS - 71 avenue Jean Jaures - 47200 MARMANDE - 05 53 76 17 57 •

49 / BAYLET Gérard - POLYCLINIQUE DU PARC LA CHAUVELIERE

- avenue des Sables - 49300 CHOLET - 02 41 63 43 27 • DARSONVAL Vincent - CHU D'ANGERS CHIR RECONSTR TRAUMAT SCE CHIRURGIE PLASTIQUE - 4 rue Larrey

- 49033 ANGERS CEDEX 01 - 02 41 35 46 27 • FERNANDEZ Luc - 142 av de Lattre de Tassigny - 49100 ANGERS - 02 41 87 63 33 • HUBAULT Pascale - CHU D'ANGERS

CHIR PLAST RECONSTR - 4 rue Larrey - 49033 ANGERS CEDEX 01 - 02 41 35 46 27 • LOZE Sylvie - 142 avenue de lattre de Tassigny - 49000 ANGERS - 02 41 87 63 33 • PAYEMENT Guy - 142 av de Lattre de Tassigny - 49000 ANGERS - 02 41 87 63 33 •

50 / DE SAINT JORRE Geoffroy - CLINIQUE HENRI GUILLARD - 3 bis rue de la Croute

- 50200 COUTANCES - 02 33 47 43 11 • KALUZINSKI Éric - POLYCLINIQUE DU COTENTIN - avenue du Thivet - 50120 EQUEURDREVILLE HAINNEVIL - 02 33 78 50 30 •

51 / BAUQUEL Jean - POLYCLINIQUE LES BLEUETS ENTRÉE 44 - 24 rue du Colonel Fabien - 51100 REIMS - 03 26 02 52 01 • ROULLE Philippe - 5 boulevard de la

Paix - 51100 REIMS - 03 26 47 95 17 • SANDRE Jérôme - 38 bis rue de Courlancy - 51100 REIMS - 03 26 77 20 10 • TIGUEMOUNINE Jean - 5 boulevard de la Paix - 51100 REIMS - 03 26 47 95 17 • VERZEAUX Émile - 5 boulevard de la Paix - 51100 REIMS - 03 26 47 95 17 •

54 / BENYACOUB Nordine - 31 rue du Haut Bourgeois - 54000

NANCY - 03 83 30 40 40 • BIDEAUX Jean Christian - CENTRE D'AFFAIRES DES NATIONS - 23 boulevard de l'Europe - 54500 VANDOEUVRE LES NANCY - 03 83 56 24

35 • CHASSAGNE Jean-François - CHU DE NANCY HÔPITAL CENTRAL SERV DE CHIR PLAST DE LA FACE - 29 boulevard de Lattre de Tassigny - CO 34 - 54035 NANCY CEDEX - 03 83 85 16 01 • DAP François - CENTRE CHIRURGICAL EMILE GALLE - 49 rue Hermite - CS 5211 - 54052 NANCY CEDEX - 03 83 65 65 30 • DAUTEL Gilles - HÔPITAL DE BRABOIS (CHU) HÔPITAL D'ENFANTS CHIR. INFANT - rue du Morvan - 54511 VANDOEUVRE LES NANCY CEDEX - 03 83 15 46 93 • FYAD Jean-Pascal

- 17 place de la Carrière - 54000 NANCY - 03 83 30 28 91 • GOFFINET Laetita - HÔPITAL BRABOIS DES ENFANTS - SOS BRÛLÉS-ENFANTS - rue du Morvan - 54511 VANDOEUVRE LES NANCY CEDEX - 03 83 15 46 81 • GOSSET Jessica - 20 rue Isabey - 54000 NANCY - 03 83 28 42 82 • MAXANT Philippe - CLINIQUE AMBROISE


205

PARE - rue Ambroise Paré - 54100 NANCY - 03 83 95 54 00 • MAYOT Denis - 37 rue Julie Victoire Daubie - 54100 NANCY - 03 83 35 02 79 • MERLE Michel - MEDIPOLE GENTILLY - ST JACQUES -13 rue Blaise Pascal - 54320 MAXEVILLE - 03 83 93 50 93 • PABST Andre - 6 boulevard Charles V - 54000 NANCY - 03 83 30 53 02 • PUJO Julien - HÔPITAL CENTRAL - CHIR. MAXILLO-FACIALE - 29 avenue de Lattre de Tassigny - CO 34 - 54035 NANCY CEDEX - 03 83 85 13 07 • SAURY Philippe - 20 rue Isabey - 54000 NANCY - 03 83 28 42 82 • SERRIERE Nathalie - 106 a boulevard Emile Zola - 54520 LAXOU - 03 83 27 81 73 • SIBILLE Pierre - 20 rue Isabey - 54000 NANCY - 03 83 28

42 82 • SIMON Étienne - C.H.R.N. - 29 avenue marechal lattre de Tassigny - 54000 NANCY - 03 83 85 13 07 • STRICKER-KRONGRAD Christophe - 20 rue Isabey - 54000 NANCY - 03 83 28 42 82 •

56 / DALEM Anne Michele - CLINIQUE MUTUALISTE DE LA PORTE DE L'ORIENT - 3 rue Robert de la Croix - 56324 LORIENT CEDEX - 02

97 64 80 00 • DELAHAYE Jean-François - CLINIQUE MUTUALISTE DE LA PORTE DE L'ORIENT - 3 rue Robert de la Croix - BP 745 - 56100 LORIENT - 02 97 64 81 63 • DEMANT Jean-Pierre - CLINIQUE DE LA PORTE DE L'ORIENT - 3 rue Robert de la Croix - 56324 LORIENT - 02 97 64 81 63 • VERGOTE Thierry - CLINIQUE OCEANE - 9 place de la République - 56000 VANNES - 02 97 01 36 94 •

56

/ ABOU AL TOUT Yasser - CENTRE HOSPITALIER ROBERT PAX - 2 rue René Francois Jolly - 57211

SARREGUEMINES CEDEX - 03 87 27 33 10 • APROSIO Christiane - SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE ET BRÛLÉS CHR BONNECOURS - 1 place Vigneulles - 57000 METZ - 03 87 55 31 34 • AUBERT Serge - CLINIQUE NOTRE DAME - 3 rue Paul Albert - 57100 THIONVILLE - 03 82 82 82 82 • BABA AISSA Mohamed - HÔPITAL NOTRE DAME DE BON SECOURS SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE ET MAXILLO FACIALE - 1 place Philippe de Vigneulles - 57000 METZ - 03 87 55 36 48 • BAHE Laurent - CLINIQUE CLAUDE BERNARD - 97 rue Claude Bernard - 57070 METZ - 03 87 39 67 02 • FABERT Gerard - 3 chemin du Linkling - 57180 TERVILLE - 03 82 88 09

46 • FIONI Luciano - CHR BEL AIR - rue du Friscaty - BP 60327 - 57126 THIONVILLE CEDEX - 03 82 34 57 00 • GIOVANNINI Uberto - HÔPITAL MATERNITÉ DE METZ - SER CHIR PLASTIQUE - 1 place Sainte Croix - 57000 METZ - 03 87 34 51 66 • GIROT-CHARDONNAL Joelle - CHR METZ HÔPITAL BON SECOURS - 1 place Philippe de

Vigneulles - BP 81065 - 57038 METZ CEDEX 01 - 03 87 55 36 45 • HAMPEL Christophe - CLINIQUE AMBROISE PARÉ - 21 route de Guentrange - 57100 THIONVILLE - 03 82 82 27 11 • HUTTIN-MARQUELET Christine - CLINIQUE SAINT NABOR - 3 rue Maillane - BP 90159 - 57504 ST AVOLD CEDEX - 08 25 13 57 57 • JACOB Yves HÔPITAL-CLINIQUE CLAUDE BERNARD - 97 rue Claude Bernard - 57072 METZ - 03 87 39 67 00 • KHAIRALLAH Grégoire - CHR HÔPITAL BON SECOURS SERVICE CHIR - 1 place Philippe de Vigneulles - B.P. 81065 - 57038 METZ CEDEX 01 - 03 87 55 36 48 • MELEY Michel - CHR METZ - HÔPITAL BON SECOURS - 1 place P. de Vigneulles

- BP 81065 - 57038 METZ CEDEX 01 - 03 87 55 36 45 • SELLAL Sandrine - HÔPITAL CLINIQUE CLAUDE BERNARD - 97 rue Claude Bernard BP 45050 - 57000 METZ - 03 87 39 67 02 •

59 / ABBOUD Marwan - CLINIQUE DU VAL DE SAMBRE - 162 route Mons - 59600 MAUBEUGE - 04 75 41 99 55 • ANSARI Fouad - VILLA MALO

- 31 rue Wisse Morne - 59240 DUNKERQUE - 03 28 23 77 23 • AUVRAY Guillaume - CABINET ARCHIMED - 21 rue des Meuniers - 59810 LESQUIN - 03 20 16 03 16 • BILTERYS Luc - CENTRE HOSPITALIER - avenue Desandrouin - BP 479 - 59322 VALENCIENNES CEDEX - 03 27 14 33 33 • BONAFOS Guillaume - CLINIQUE SAINT AME

- rue Clemenceau - 59552 LAMBRES LEZ DOUAI - 08 26 30 17 17 • CAPON Alexandre - 15 place Richebe - 59000 LILLE - 03 28 04 51 54 • CHAMBON Éric - CLINIQUE DE LA LOUVIERE - 71 rue de la Louviere - 59800 LILLE - 03 20 12 09 23 • COEUGNIET Edouard - CHR HÔPITAL ROGER SALENGRO SCE CHIR PLASTIQUE RECONSTRUCTRICE

- rue Emile Laine - 59037 LILLE CEDEX - 03 20 44 59 62 • DEBAERE Pierre-Alain - 56 boulevard Carnot - 59000 LILLE - 03 20 74 05 70 • DUMORTIER Renaud - 36 rue d'Inkermann - 59000 LILLE - 03 20 54 75 15 • ELIA Andre - 15 place Richebé - 59800 LILLE - 03 20 55 05 56 • FEVRIER Patrick - 23 boulevard de la Liberte - 59800 LILLE - 03 20 54 66 33 • GAHAGNON Thomas - CABINET ARCHIMEDE CHIRURGIE PLAST RECONSTR ET ESTHÉTIQUE - 21 rue des Meuniers - 59810 LESQUIN - 03 20 16 03 16 • HOUZE DE L'AULNOIT Stéphane - 21 rue des Meuniers - 59810 LESQUIN - 03 20 16 03 16 • LAURENT Frédéric - 6 rue de Lille - 59100 ROUBAIX - 03 20 66 14 87 • LAURENT Frédéric - 182 boulevard Clemenceau - 59700 MARCQ EN BAROEUL - 03 20 66 14 87 • LEPS Patrick - CABINET ARCHIMEDE CHIRURGIE PLAST RECONSTR ET ESTHÉTIQUE - 21 rue des Meuniers - 59810 LESQUIN - 03 20 16 03 16 • MARTINOT-DUQUENNOY Veronique - HÔPITAL ROGER SALENGRO - SCE CHIRURGIE PLASTIQUE - boulevard professeur Emile Laine - 59037 LILLE CEDEX - 03 20 44 59 62 • MELLUL Joseph - 146 rue de Paris - 59800 LILLE - 03 20 15 23 33 • PATENOTRE Philippe -C.H.R. - 2 avenue Oscar Lambret - 59000 LILLE - 03 20 44 56 59 • PELLERIN Philippe - HÔPITAL ROGER SALENGRO SCE CHIRURGIE PLASTIQUE - boulevard

prof Emile Laine - 59037 LILLE CEDEX - 03 20 44 49 03 • RAOULT Stéphane - 43 rue des Meuniers - 59810 LESQUIN - 03 20 55 30 80 • SCHOOFS Michel - S.E.L. DU Dr SCHOOFS - 43 rue des Meuniers - 59810 LESQUIN - 03 20 38 46 65 • VANRENTERGHEM Luc - 195 bd de la Liberte - 59800 LILLE - 03 20 63 23 08 • WOLBER Alexis - 56

boulevard Carnot - 59000 LILLE - 03 20 51 57 50 •

60 / AMARIS Silvia - 86 bis rue de Paris - 60200 COMPIEGNE - 03 44 85 01 57 • BERARD Philippe - 7 rue Villeret -

60300 SENLIS - 03 44 32 12 44 • BRUNAIS Bernard - 9 rue de Gouvieux - 60500 CHANTILLY - 03 44 58 95 80 • GARSON Sebastien - 7 impasse de la Passerelle - 60300 SENLIS - 03 44 28 29 59 •

62 / DINH DOAN THAI SON Gerard - CENTRE M.C.O COTE D'OPALE - route de Desvres - 62280 ST MARTIN BOULOGNE - 03 21 99 11

11 • HODIN-HARDY Élisabeth - 17 place de la Préfecture - 62000 ARRAS - 03 21 23 57 23 • LE PENDEVEN Ronan - 17 place de la Préfecture - 62000 ARRAS - 03 21 23 57 23 • MORTIER Patrick - 17 place de la Préfecture - 62000 ARRAS - 03 21 23 57 23 •

63 / BITONTI - GRILLO Cosima - 6 place Gaillard - 63000 CLERMONT FERRAND - 04

73 36 26 26 • CLAISE Jean-Marc - CLINIQUE DE LA CHATAIGNERAIE - rue de la Chataigneraie - 63110 BEAUMONT - 04 73 40 80 41 • EMERING Chantal - CHU HOTEL DIEU - SERV CHIR PLAST RECONSTR - boulevard Leon Malfreyt - BP 69 - 63003 CLERMONT-FERRAND - 04 73 75 01 02 • JANNY-PEYRONIE Martine - CLINIQUE DE LA CHATAIGNERAIE - rue de la Chataigneraie - 63110 BEAUMONT - 04 73 40 80 71 • LAMBERT Frédéric - CENTRE RÉPUBLIQUE - 99 avenue de la République - 63100 CLERMONT-FERRAND - 04 73 99 40 70 • LANDREAU Francois-Regis - 14 avenue Julien - 63000 CLERMONT FERRAND - 04 73 35 25 68 • MALPUECH François - CLINIQUE DES CEZEAUX - 44 rue des Meuniers - 63000 CLERMONT FERRAND - 04 73 27 89 00 • MONDIE Jean-Michel - CHU HOTEL DIEU - SERV CHIR PLAST RECONSTR - boulevard Leon Malfreyt - BP 69 - 63003 CLERMONT-FERRAND - 04 73 75 01 02 •

64 / BIALEOKO Daniel - 4 place Royale - 64000 PAU - 05 59 27 38 27

• EVENS Fabian - RES IRIONDO - 6 avenue Maréchal Foch - 64100 BAYONNE - 05 59 59 24 08 • GENIN ETCHEBERRY Thierry - PALAIS THERMAL - 79 avenue de la Marne - 64200 BIARRITZ - 05 59 22 22 51 • GEORGIEU Nicolas - 44 avenue Marechal Foch - 64100 BAYONNE - 05 59 20 03 06 • OUADAH Amadeo - RESIDENCE IMPERATRICE - BAT B1A - 49 avenue Reine Victoria - 64200 BIARRITZ - 05 59 03 19 21 • PERES Jean-Marc - PALAIS THERMAL - 79 avenue de la Marne - 64200 BIARRITZ - 05 59 22 22

52 • PISTRE Vincent - CENTRE HOSPITALIER CÔTE BASQUE - 13 avenue interne Jacques Loëb - 64100 BAYONNE - 05 59 44 34 54 • POTTECHER-MOSSER Brigitte POLYCLINQUE DE NAVARRE - 8 boulevard Hauterive - 64075 PAU CEDEX - 05 59 30 12 37 • RIBIERE Jérôme - PALAIS THERMAL - 79 avenue de la Marne - 64200 BIARRITZ

65 / MOUSSU Michèle - 5 rue Dembarrere - 65000 66 / CANIZARES François - SITE MEDICENTRE AVICENNE - 20 rue Avicenne - 66330 CABESTANY - 04 68 08 20 61 • KLERSY François

- 05 59 22 22 50 • VIDAL Laurent - LES JARDINS DU PALAIS - 62 avenue Dubrocq - 64100 BAYONNE - 05 59 59 11 89 • TARBES - 05 62 34 67 35 •

- 21 ESPACE MÉDITERRANÉE - avenue Général Leclerc - 66000 PERPIGNAN - 04 68 35 91 91 • LANFREY Étienne - MEDICENTRE AVICIENNE - 20 rue Avicienne - 66330 CABESTANY - 04 68 35 91 94 • MASUREL Thierry - LE MARILYN - 37 boulevard J.F. Kennedy - 66100 PERPIGNAN - 04 68 50 79 34 • MAZZIOTTA Robert - 23 rue Georges

Franju - 66000 PERPIGNAN - 04 68 35 32 58 • MELKA Joël - CLINIQUE ESTHÉTIQUE MLK - 3 rue Edmee Mariotte - 66100 PERPIGNAN - 04 68 66 64 50 • PAYROT Claude


206

- CENTRE HOSPITALIER MAL JOFFRE - 20 avenue du Languedoc - 66000 PERPIGNAN - 04 68 61 64 21 •

67 / BARATTE Alexandre - HÔPITAL CIVIL - H.U.S. - 1 place

de l'Hôpital - BP 426 - 67091 STRASBOURG CEDEX - 03 88 11 67 68 • BEAU Catherine - ARS D'ALSACE CITE ADMNISTRATIVE GAUJOT - 14 rue du Marechal Juin - 67084 STRASBOURG CEDEX - 03 88 76 76 76 • BLEZ Patrick - 1 rue du Conseil des Quinze - 67000 STRASBOURG - 03 88 45 69 49 • BLUCHER Gerald - 5 quai du Maire Dietrich

- 67000 STRASBOURG - 03 88 14 09 09 • BODIN Frédéric - 1 place de l'Hôpital - 67091 STRASBOURG - 03 88 11 61 97 • BOLLECKER Vanessa - 3 allée de la Robertsau - 67000 STRASBOURG - 03 88 16 00 89 • BRETON Jean-François - 5 quai du maire Dietrich - 67000 STRASBOURG - 03 88 35 16 09 • CURIC Laura - CENTRE DE CHIR ORTHOP ET DE LA MAIN - 10 avenue Achille Baumann - BP 80096 - 67403 ILLKIRCH CEDEX - 03 88 11 67 68 • GRAUZAM Roland - 65 allée de la Robertsau - 67000 STRASBOURG - 03 88 37 03 31 • GROSU Oana - 45 rue Goethe - 67000 STRASBOURG - 03.88.45.65.65 • HIMY Serge - 3 allée de la Robertsau - 67000 STRASBOURG - 03

88 16 00 89 • KADOCH Vanessa - 14 rue Boussingault - 67000 STRASBOURG - 03 88 35 16 09 • LOREA Patrick - CENTRE DE CHIRURGIE DE LA MAIN - 2-4 rue Sainte Elisabeth - 67085 STRASBOURG - 03 88 35 45 00 • MARIANO Andre - 1 rue du conseil des Quinze - 67000 STRASBOURG - 03 88 45 69 49 • MARIN-BRAUN François CLINIQUE DU DIACONAT - 4 rue Sainte Elisabeth - 67085 STRASBOURG - 03 88 35 45 00 • MATHONNET Dominique - 6 rue du Maréchal Joffre - 67500 HAGUENAU - 03 88

73 16 92 • MULLER Guy-Henri - 45 rue Goethe - 67000 STRASBOURG - 03 88 45 65 65 • PREVOST Pascal - CLINIQUE ST FRANCOIS - 1 rue Colome - 67500 HAGUENAU - 03 88 90 70 70 • RIVERA Juan Carlos - 4 rue Saint Maurice - 67000 STRASBOURG - 03 88 45 65 72 • RODIER-BRUANT Catherine - HÔPITAL CIVIL - SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE - 1 place de l'Hôpital - B.P. 426 - 67091 STRASBOURG CEDEX - 03 88 11 62 92 • ROSENSTIEL Marc - 29 boulevard d'Anvers - 67000 STRASBOURG - 03 90 41 07 41 • STRICHER Fabrice - 31 rue Geiler - 67000 STRASBOURG - 03 88 44 16 88 • WILK Astrid - HÔPITAL CIVIL - BP 426 - SERV.CHIR.MAXILLO-FACIALE

- 1 place de l'HÔPITAL - 67000 STRASBOURG - 03 88 24 87 88 •

68

/ ANDREOLETTI Jean-Baptiste - SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE - HÔPITAL EMILE

MULLER - BP 1370 - 68070 MULHOUSE - 03 89 64 61 94 • ANTZ Dominique - 4 rue du Jura - 68100 MULHOUSE - 03 89 31 72 31 • BECK Mehdi - CH DU MOENCHSBERG - EMILE MULLER - SERVICE CHIR PLASTIQUE - 20 rue du dr Laennec - 68051 MULHOUSE CEDEX 1 - 03 89 64 64 64 • CAHN Christine - LE CLOS DE THANN - 2 rue du 4ème Bataillon de Chasseurs à pied - 68000 COLMAR - 03 89 41 80 40 • NASTASA Mihaela - CH DU MOENCHSBERG - EMILE MULLER - SERVICE CHIR PLASTIQUE - rue du dr Laennec - 68051 MULHOUSE CEDEX 1 - 03 89 64 61 94 • RINGENBACH Patrick - CENTRE HOSPITALIER EMILE MULLER - SERVICE CHIR PLAST RECONSTR ET ESTH - 20 avenue dr René Laennec - BP 1370 - 68070 MULHOUSE CEDEX - 03 89 64 61 94 • ROLLAND Herve - 8 du Président Roosevelt - 68200 MULHOUSE - 03 89 42 55 66 • SCHUFFENECKER José - 6 boulevard Alfred Wallach - 68100 MULHOUSE - 03 89 54 92 00 •

69 / AKNIN Joël - 84 boulevard des Belges

- 69006 LYON - 04 72 44 38 86 • AUCHANE Vincent - CLIIQUE ESTHETIQUE DU GRAND LYON - 909 route d'Anse - 69380 AMBERIEUX - 04 74 600 600 • BAYOL Jean Charles - 88 boulevard des Belges - 69006 LYON - 04 78 94 32 61 • BELFKIRA Fouad - 39 cours Vitton - 69006 LYON - 04 78 89 86 66 • BEZIAT Jean Luc - GROUPEMENT HOSPITALIER NORD - HÔPITAL DE LA CROIX ROUSSE - 03 grande rue Croix Rousse - 69317 LYON CEDEX 04 - 04 72 07 17 21 • BLANCHARD Patricia - CLINIQUE MUTUALISTE E ANDRE - 107 rue Trarieux - 69003 LYON - 04 72 41 34 32 • BOUILLOT André - 50 rue de la République - 69002 LYON - 04 78 42 87 91 • BRAYE Fabienne - HÔPITAL EDOUARD HERRIOT - CENTRE DES BRULES - 5 place d'Arsonval - 69437 LYON CEDEX 03 - 04 72 11 75 92 • BRETON Pierre - CENTRE HOSPITALIER LYONSUD - 165 chemin du Grand Revoyet - 69310 PIERRE BENITE - 04 78 86 19 37 • CALLE Céline - 9 place des Jacobins - 69002 LYON - 04 78 42 55 46 • CHEKAROUA Kaled - CLINIQUE DU VAL D'OUEST - 39 chemin de la Vernique - 69130 ECULLY - 04 72 19 33 97 • CHICHERY Armelle - 15 quai Général Sarrail - 69006 LYON - 04 72 37 74 52 • COMPARIN Jean-Pierre - CLINIQUE DU VAL D'OUEST - 39 chemin de la Vernique - 69130 ECULLY - 04 72 19 34 76 • CORNIGLION Michel Raymond - 63 boulevard des

Belges - 69006 LYON - 04 78 89 76 33 • CRASSAS Yves - 26 avenue Foch - 69006 LYON - 04 78 94 99 19 • DELAPORTE Thomas - 13 ter place Jules Ferry - 69006 LYON - 04 37 24 94 59 • DELAY Emmanuel - 50 rue de la République - 69002 LYON - 04 72 56 07 06 • DESSAPT Bernard - ESPACE BROTTEAUX - 13 ter place Jules Ferry - 69006 LYON - 04 37 24 94 51 • DUMONT Thomas - CENTRE LYON BROTTEAUX DE CHIRURGIE PLASTIQUE - 13 ter place Jules Ferry - 69006 LYON - 04 37 24 94 58 • DURAND Pierre-Marc - CLINIQUE DU PARC DE LYON - 155 boulevard Stalingrad - 69006 LYON - 04 72 44 87 12 • FAGHAHATI Shahla - plateau d'Ouilly - 69655 VILLEFRANCHESUR-SAÔNE - 04 74 09 28 06 • FIERE Anne - 16 rue Auguste Comte - 69002 LYON - 04 78 37 06 01 • FLAMANS Brice - CLINIQUE DU PARC LYON - 155 ter boulevard de

Stalingrad - 69006 LYON - 04 72 44 87 12 • FOYATIER Jean-Louis - CLINIQUE DU VAL D'OUEST - 39 chemin de la Vernique - 69130 ECULLYY - 04 72 19 34 74 • GARNIER Benoit - 13 ter place Jules Ferry - 69006 LYON - 04 37 24 94 53 • GASTON Erick - 31 rue Antoine Péricaud - 69008 LYON - 04 72 78 58 50 • GIFFON Hugues - 38 rue Malesherbes

- 69006 LYON - 04 78 93 97 79 • GLIKSMAN Jérémy - CLINIQUE DU PARC - 155 boulevard Stalingrad - 69006 LYON - 04 72 44 87 12 • GOUDEAU Morgan - 61 rue Pierre Corneille - 69006 LYON - 04 72 74 90 08 • GOUNOT Nicolas - 12 rue du Président Carnot - 69002 LYON - 04 37 24 94 54 • HERZBERG Guillaume - HÔPITAL EDOUARD HERRIOT - PAVIL M - 5 place d'Arsonval - 69003 LYON - 04 72 11 78 15 • JACQUIN François - 13 rue Garibaldi - 69006 LYON - 04 78 93 13 19 • LACROIX Pierre - HÔPITAL EDOUARD HERRIOT - CENTRE DES BRULES - 5 place d'Arsonval - 69437 LYON CEDEX 03 - 04 72 11 75 92 • LASSERRE Guillaume - 120 ancienne route de Beaujeu Arnas

- BP 71- 69563 VILLEFRANCHE-SUR-SAÔNE - 04 69 17 70 07 • MARTIN Éric - INFIRMERIE PROTESTANTE - chemin du Penthod - 69300 CALUIRE ET CUIRE - 04 72 11 68 30 • MICHEL Alain - CABINET MÉDICAL - 6 place des Célestins - 69002 LYON - 04 78 71 75 27 • MOJALLAL Ali - HÔPITAL EDOUARD HERRIOT - PAVILLON I - 5 place d'Arsonval - 69437 LYON CEDEX 03 - 04 72 11 75 92 • NEGULESCU Vlad - 26 avenue Marechal Foch - 69006 LYON - 04 78 37 01 01 • NIFOROS René - 55 bis boulevard des Belges - 69006 LYON - 04 78 93 95 55 • ODDOU Laurent - 3 boulevard des Brotteaux - 69006 LYON - 04 78 52 07 30 • PAPALIA Igor - 15 quai Général Sarrail - 69006 LYON - 04 72 37 73 90 • PARADOL Pierre Olivier - 48 bd des Belges - 69006 LYON - 04 78 17 10 70 • PASCAL Jean-François - 13 quai du Général Sarrail - 69006 LYON - 04 78 24 59 27 • PAULUS Christian - 5 rue Chambovet - 69000 LYON - 04 72 34 57 95 • PIERREFEU-LAGRANGE Anne-Claire - 37 place Bellecour - 69002 LYON - 04 78 38 72 30 • RIVOALAN Frédéric - 88 boulevard des Belges - 69006 LYON - 04 72 69 42 54 • ROCHE Michel - 152 rue Duguesclin - 69006 LYON - 04 78 52 45 60 • SAINTE-ROS Gilles - CLINIQUE ESTHÉTIQUE LYON TÊTE D'OR - 88 bd des Belges - 69006 LYON - 04 72 44 92 13 • SOUCHERE Bruno - 101 rue Garibaldi - 69006 LYON - 04 72 61 12 28 • TOROSSIAN Jean-Marc - 67 avenue Foch - 69006 LYON - 04 37 47 81 81 • TOUSSOUN Gilles - CENTRE LEON BERARD - 28 rue Laennec - 69008 LYON - 04 78 78 28 28

• VAN DER STEGEN Damien - 77 rue de la République - 69002 LYON - 04 72 41 82 23 • VAUDAINE Pierre-Jean - 31 rue Antoine Pericaud - 69008 LYON - 04 72 78 58 50 • VEBER Michael - 42 cours Franklin Roosevelt - 69006 LYON - 04 78 41 49 19 • VITALE Gilbert - 88 boulevard des Belges - 69006 LYON - 04 78 93 57 72 • VOULLIAUME Delphine - SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE ET BRÛLÉS - CENTRE HOSPITALIER SAINT-JOSEPH SAINT-LUC - 20 quai Claude Bernard - 69365 LYON - 04 78 61 88

63 • WEILL Éric - 42 cours Franklin Roosevelt - 69006 LYON - 04 72 41 96 86 • ZILLIOX Remy - HÔPITAL EDOUARD HERRIOT - place d'Arsonval - 69003 LYON - 04 78 75 21 61 •

70 / BANNEROT Hélène - 2 rue du docteur Gaston Vichard - 70000 VESOUL - 03 84 75 59 26 • 71 / BRICHE Daniel - 16 rue du Marechal de Lattre de Tassigny - 71100

CHALON SUR SAONE - 03 85 97 26 60 • CHANTEREAU Pascal - CENTRE MEDICAL NICOLAS DE PONTOUX - 8 allee Saint Jean des Vignes - 71100 CHALON SUR SAONE - 03 85 97 81 88 • KORTING Oliver - CLINIQUE VAL DE SAÔNE - 44 rue Ambroise Paré - 71000 MACON - 03 85 23 24 30 • MOREL Fabienne - POLYCLINIQUE


207

DU VAL DE SAONE - 44 rue Ambroise Paré - 71000 MACON - 03 85 23 23 30 • VAN ZELE Dirk - 6 bis rue Saint-Georges - 71100 CHALON SUR SAONE - 03 85 48 02 44 •

72 / DURAND Jean-Louis - 74 avenue du Général de Gaulle - 72000 LE MANS - 02 43 76 96 00 • GROSLIERE Dominique - POLE SANTÉ SUD - 36 rue de Guetteloup 72100 LE MANS - 02 43 78 40 85 • LAURENT Bruno - 67 avenue F. Mitterrand - 72000 LE MANS - 02 43 87 86 88 • 73 / DELGOVE Laurent - 5 rue Général Ferrié - 73000 CHAMBERY - 04 79 85 63 96 • HENRY Jean-François - 15 boulevard de la Colonne - 73000 CHAMBÉRY - 04 79 33 17 26 • RENARD Max - 4 rue Claude Martin - 73000 CHAMBÉRY - 04 79 33 39 70 •

74 / BOTTERO Luc - 28 rue Royale - 74000 ANNECY - 04 50 51 00 07 • CHASTENET DE CASTAING Guillaume - 39 avenue du Parmelan

- 74000 ANNECY - 04 50 51 66 06 • PEGORIER Olivier - S.E.L. - 12 place de l'Hotel de Ville - 74100 ANNEMASSE - 04 50 37 28 67 • PIQUILLOUD Gael - Centre Hospitalier Alpes Leman 558 Route de Findrol - BP 20500- 74130 CONTAMINE SUR ARVE - 01 42 15 41 32 • POUPON Muriel - CABINET MEDICAL DES ARAVIS ZA ARGONNAY - 645 route de Champ Farçon - 74370 ARGONAY - 04 50 09 00 21 • SALLAZ Lionel - 16 rue Marc Courriard - 74100 ANNEMASSE - 04 50 37 81 48 • SPITALIER Philippe - CABINET MEDICAL DES ARAVIS - ZA ARGONNAY - 645 route de Champ Farçon - 74370 ARGONAY - 04 50 02 96 90 •

75 / ABECASSIS Marc - 6 place de la République Dominicaine

- 75017 PARIS - 01 49 23 00 81 • ABOUDARAM Thierry - 7 rue Bayard - 75008 PARIS - 01 40 75 09 09 • ABRAHAM Sylvie - 16 rue Greuze - 75016 PARIS - 01 47 27 30 00 • ACHARD-VERDOUX Élisabeth - 60 avenue Paul Doumer - 75016 PARIS - 01 45 04 71 00 • AHARONI Claude - 15 rue Spontini - 75116 PARIS - 01 45 05 18 89 • AIACH Gilbert - 76 avenue Raymond Poincaré - 75116 PARIS - 01 45 53 57 57 • ARNAUD Éric - 34 avenue d' Eylau - 75116 PARIS - 01 53 57 87 65 • ASCHER Benjamin - 11 rue Fresnel

- 75016 PARIS - 01 40 70 00 33 • ATHMANI Bachir-6 place République Dominicaine - 75017 PARIS - 01 43 80 81 79 • AUCLAIR Éric - 138 boulevard Exelmans - 75016 PARIS - 01 47 43 43 43 • AZIZA Richard - 13 avenue d'Eylau - 75116 PARIS - 01 53 70 93 93 • BADIE-MODIRI Behzad - 13 rue de Berne - 75008 PARIS - 01 45 20 00 31 • BAJER Benjamin - PLACE DE LA BASTILLE - 1 rue Saint Antoine - 75004 PARIS - 01 42 02 23 53 • BARAF Patrick - 51 avenue Montaigne - 75008 PARIS - 01 42 56 30 82 • BARRY DE LONGCHAMP Françoise - 43 rue de Bellechasse - 75007 PARIS - 01 45 55 87 46 • BATCHVAROVA Zdravka - 160 bis rue de l'Université - 75007 PARIS - 01 45 56 97 80

• BAUDELOT Sylvain Pierre - 4 avenue Emile Acollas - 75007 PARIS - 01 47 83 99 93 • BAUX Serge - 9 rue Quatrefages - 75005 PARIS - 01 43 37 13 14 • BECKER Corinne - HÔPITAL EUROPÉEN G POMPIDOU - 20 rue Leblanc - 75015 PARIS - 01 56 09 34 51 • BELLAICHE Philippe - 6 rue de Sontay - 75016 PARIS - 01 40 67 93 93 • BELLAVOIR Alain - SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE - HÔPITAL SAINT JOSEPH - 185 rue Losserand - 75674 PARIS - 01 44 12 37 71 • BELLITY Philippe - 29 Avenue Hoche - 75008 PARIS - 01 49 53 00 00 • BENADIBA Laurent - 7 rue Le Sueur - 75116 PARIS - 01 47 20 40 07 • BENELLI Louis - 105 rue Jouffroy d'Abbans - 75017 PARIS - 01 44 17 95 10

• BENHAMOU Franck - 12 avenue d'Eylau - 75116 PARIS - 01 58 05 11 26 • BENNACEUR Selim - 12 avenue Claude Vellefaux - 75010 PARIS - 01 42 02 27 23 • BENOUAICHE Laurence - 8 rue de Solferino - 75007 PARIS - 01 44 49 43 15 • BENSOUSSAN Avner - 104 rue Saint Dominique - 75007 PARIS - 01 45 50 30 90 • BERDAH Yaël - 60 avenue

Diéna - 75116 PARIS - 01 47 20 15 41 • BERGERET-GALLEY Catherine - 36 rue de Penthievre - 75008 PARIS - 01 42 89 62 02 • BERTIERE Marie-Noelle - 6 avenue Mac Mahon - 75017 PARIS - 01 47 66 00 79 • BICHET Jean-Christophe - 126 boulevard Saint Germain - 75006 PARIS - 01 46 22 46 22 • BIESSY Romain - CLINIQUE GEOFFROY SAINT HILAIRE - 59 rue Geoffroy Saint Hilaire - 75005 PARIS - 01 44 08 40 00 • BINDER Jean-Philippe - 6 rue Puvis de Chavannes - 75017 PARIS - 01 55 25 40 80 • BLANCHET Béatrice - 42 avenue Paul Doumer - 75116 PARIS - 01 45 04 49 95 • BODIN Bernard - 87 avenue Raymond Poincare - 75116 PARIS - 01 47 27 19 71 • BON Marc-Henri - 16 rue

Spontini - 75116 PARIS - 01 45 53 02 02 • BONNET François - 7 ter avenue de Saint-Mandé - 75012 PARIS - 01 43 42 54 05 • BONVALLOT Thierry - 5 villa Boileau - 75116 PARIS - 01 56 53 58 58 • BOOLAUCK Serge Jocelyn - 60 avenue Victor Hugo - 75116 PARIS - 01 40 72 89 11 • BOUABID Hocine - 242 boulevard Saint-Germain - 75007 PARIS - 01 53 63 02 73 • BOUCHENE Houria - 16 quai d'Orléans - 75004 PARIS - 01 40 51 75 17 • BOUHANNA Alexandre - 28 avenue Hoche - 75008 PARIS - 01 45 63 57

29 • BOUHANNA Éric - CABINET MEDICAL - 14 rue Theodore de Banville - 75017 PARIS - 01 47 54 95 16 • BRICOUT Nathalie - 96 avenue Victor Hugo - 75116 PARIS - 01 47 27 67 77 • BRUN Bernard - 54 avenue Kléber - 75116 PARIS - 01 56 26 56 04 • BUI QUY MINH Patrick - 33 rue du Champ de Mars - 75007 PARIS - 01 44 42 01 50 • BUIS Jacques - JARDIN DU RANELAGH - 31 boulevard de Beausejour - 75116 PARIS - 01 42 88 08 58 • BUISSON Thierry -14 rue Cimarosa - 75116 PARIS - 01 47 04 83 03 • BZOWSKI Alain - 6 rue de l'Alboni - 75016 PARIS - 01 45 25 44 00 • CAMBLIN John - 10 avenue de l'Opéra - 75001 PARIS - 01 42 96 02 03 • CANNISTRA Claudio - HÔPITAL BICHAT-CLAUDE BERNARD - SERV CHIR PLAST ET REPARATRICE - 46 rue Henry Huchard - 75018 PARIS - 01 40 25 80 80 • CANTALOUBE Daniel - CLINIQUE MILAN

- 17 rue de Milan - 75009 PARIS - 01 44 63 47 00 • CARAVEL Jean-Baudoin - 35 rue Marbeuf - 75008 PARIS - 01 45 55 46 46 • CARIOU Jean-Luc - CLINIQUE RONDPOINT DES CHAMPS ÉLYSÉES - 61 avenue Franklin d. Roosevelt - 75008 PARIS - 01 53 77 25 88 • CERCEAU Marianne - 30 avenue President Wilson - 75016 PARIS - 01 56 28

91 11 • CHAOUAT Marc - HÔPITAL SAINT LOUIS - 1 avenue Claude Vellefaux - 75475 PARIS CEDEX 10 - 01 40 19 35 70 • CHERIF-ZAHAR Kamal - 6 rue Jean d'Estrees 75007 PARIS - 01 42 65 50 65 • CHOUARD Claude - 10 boulevard Flandrin - 75016 PARIS - 01 45 04 31 69 • CHOUKROUN Lionel - 15 rue Chateaubriand - 75008 PARIS - 01

42 89 50 00 • CHOUT Philippe - CLINIQUE MILAN - 17 rue de Milan - 75009 PARIS - 01 47 64 11 34 • CHRETIEN Bertrand - 8 rue de Solférino - 75007 PARIS - 01 47 05 36 51 • CLAOUE Emmanuel - CLINIQUE ALPHAND - 12 avenue Alphand - 75016 PARIS - 01 45 00 15 08 • CLAUDE Olivier - 7 rue de Sontay - 75116 PARIS - 01 45 01 64 16 • CLAVERIA Gustavo - 242 boulevard Saint Germain - 75007 PARIS - 01 53 63 09 38 • CLOUGH Krishna - 7 avenue Bugeaud - 75116 PARIS - 01 45 63 00 00 • COHEN HAIM Victor - 20 bis rue Daru - 75008 PARIS - 01 47 64 51 91 • CONSTANTINESCU Georgiana - GPE HOSP ARMAND TROUSSEAU-ROCHE GUYON - CHIRURGIE MAXILOFACIALE - 26 avenue du dr Arnold Netter - 75571 PARIS CEDEX 12 - 01 44 73 69 35 • CORNETTE DE ST CYR Bernard - 15 rue Spontini - 75116 PARIS - 01 47 04 25 02 • COUTURAUD Benoit - 6 rue Puvis de Chavannes - 75017 PARIS - 01 44 40 02 35 • CRESTINU Jacques - 11 rue Barbet-de-Jouy - 75007 PARIS - 01 45 55 58 56 • CUCCHIARA Vittorio - CENTRE MÉDICAL CHARCOT - 256 rue de Belleville - 75020 PARIS - 01 43 64 66 22 • CUMBO Peter - 51 avenue Montaigne - 75008 PARIS - 01 41 87 02 97 • CUMINET Jérôme - 87 avenue Raymond Poincare - 75116 PARIS - 01 47 27 19 71 • DALLASERRA Myriam - 16 rue Euler - 75008 PARIS - 06 18 33 74 28 • DANON Henri

- 56 avenue Victor Hugo - 75016 PARIS - 01 45 02 11 22 • DAOUD Ghattas - 14 avenue Carnot - 75017 PARIS - 01 44 09 07 03 • DARDOUR Jean-Claude - 47 rue de Spontini - 75116 PARIS - 01 47 04 25 88 • DE BABECHE Sarah - 124 rue de la Pompe - 75116 PARIS - 01 46 59 04 75 • DE FRAHAN Olivier-Henry - 15 rue de l'Amiral d'Estaing - 75016 PARIS - 01 47 27 08 04 • DE TADDEO Pierre - 51 avenue Raymond Poincare - 75116 PARIS - 01 45 53 95 93 • DEFFRENNES Dominique - 2 rue de St Pétersbourg - 75008 PARIS - 01 43 87 92 52 • DERHY Jacques - 16 rue du Docteur Finlay - 75015 PARIS - 01 40 59 61 62 • DERHY Yohann - 36 avenue Hoche - 75008 PARIS - 01 53 89 09 40 • DIACAKIS Richard - 54 avenue Kléber - 75116 PARIS - 01 56 26 00 24 • DINER Patrick - MAISON DE SANTÉ DES - SOEURS AUGUSTINES - 29 rue de la Santé - 75013 PARIS - 01 45

35 16 66 • DIVARIS Marc - 32 avenue Georges Mandel - 75016 PARIS - 01 45 53 40 14 • DUMAS Laurent - 12 avenue Carnot - 75017 PARIS - 01 46 47 40 99 • DUNET Éric - 22 avenue Carnot - 75017 PARIS - 01 47 63 33 12 • DURON Jean Brice - 76 avenue Raymond Poincaré - 75116 PARIS - 01 45 53 57 57 • EL HADDAD Robert - 18 rue Théodore de Banville - 75017 PARIS - 01 47 66 88 47 • ERMISCH Christiane - 129 boulevard Richard Lenoir - 75011 PARIS - 01 43 70 50 43 • FACCHINI Flavio - HÔPITAL SAINT ANNE- 1 rue Cabanis - 75014 PARIS - 01 45 65 80 00 • FAIVRE Jean-Marie - 33 rue Nicolo - 75016 PARIS - 01 45 04 10 89 • FANZIO Paolo Maria - CLINIQUE JOUVENET

- 6 square Jouvenet - 75016 PARIS - 08 25 74 34 74 • FERRAND Jean-Yves - SELARL CABINET MÉDICAL DR FERRAND - 52 boulevard Malesherbes - 75017 PARIS - 01 47 20


208

03 03 • FIRMIN Francoise - CLINIQUE BIZET - 24 rue Georges Bizet - 75116 PARIS - 01 40 69 35 10 • FITOUSSI Alfred - 18 rue Pierre et Marie Curie - 75005 PARIS - 01 44 40 20 02 • FITOUSSI Hubert - 6 place de la République Dominicaine - 75017 PARIS - 08 20 20 20 55 • FLAGEUL Gérard - 59 avenue Franklin Delano Roosevelt - 75008 PARIS - 01 42 25 02 09 • FLAISLER Thierry - 92 avenue Niel - 75017 PARIS - 01 47 66 94 32 • FOURNIER Pierre - 55 boulevard de Strasbourg - 75010 PARIS - 01 47 70 66 56 • FRANCHI Gérald - 6 rue De Puvis de Chavannes - 75017 PARIS - 01 44 40 00 98 • FRECHE Charlie - 9 rue Villebois Mareuil - 75017 PARIS - 01 45 74 71 97 • GARCIA Philippe - 64

avenue de la Motte Picquet - 75015 PARIS - 01 43 06 39 43 • GAUCHER Sonia - SERVICE DES BRULÉS - HÔPITAL COCHIN - 27 rue du Faubourg Saint Jacques - 75014 PARIS - 01 58 41 26 52 • GEISSMANN Olivier - 25 boulevard Lannes - 75116 PARIS - 01 45 03 42 14 • GHOLAM Dimitri - CLINIQUE GEOFFROY ST HILAIRE - 59 rue Geoffroy St

Hilaire - 75005 PARIS - 01 43 37 13 14 • GLICENSTEIN Julien - 63 boulevard des Invalides - 75007 PARIS - 01 47 34 91 10 • GODDIO Anne-Sophie - 1 place d'Iéna - 75016 PARIS - 01 47 20 65 13 • GOSSEREZ Olivier - CLINIQUE ELYSÉE MONTAIGNE - 3 rue Marignan - 75008 PARIS - 01 40 69 47 47 • GOUDOT Patrick - HÔPITAL PITIÉ SALPÉTRIÈRE (AP-HP) STOMATO/CHIR. MAXILLO FACIALE - 47 BOULEVARD DE L'HÔPITAL - 75013 PARIS • GRANIER Jean-Paul - 27 rue de Tocqueville - 75017 PARIS - 01 42 27 22 12 • GUEDON Charles - HÔPITAL BICHAT- CLAUDE BERNARD - SERV CHIR PLAST ET REPARATRICE - 46 rue Henry Huchard - 75018 PARIS - 01 40 25 77

51 • GUERO Stéphane -15 rue Gay Lussac - 75005 PARIS - 01 47 55 40 40 • GUICHARD Sephane - 34 avenue d'Eylau - 75116 PARIS - 01 40 69 36 67 • GUIHARD Thierry - 33 rue de la Tour - 75016 PARIS - 01 40 72 58 58 • HADDAD Gilbert - 43 rue Spontini - 75116 PARIS - 01 47 27 00 64 • HADJEAN Emmanuel - 2 rue Saint-Peters - BOURG 75008 PARIS - 01 43 87 41 96 • HAGEGE Jean-Claude - 18 avenue Mac Mahon - 75017 PARIS - 01 47 66 77 05 • HAINSDORF François - 12 avenue Montaigne - 75008 PARIS - 01 47 23 48 48 • HALABI Armand - 26 rue Sebastien Mercier - 75015 PARIS - 01 53 90 96 47 • HALIMI Laurent - 6 place de la Madeleine - 75008 PARIS - 01 40 17 01 01 • HAMZA Hafedh Foued - 90 avenue de Villiers - 75017 PARIS - 01 42 25 29 68 • HAROUCHE Élie - 29 rue de Sèvres - 75006 PARIS - 01 40 49 00 25 • HASBELLOUIBENSENANE Soraya - 5 square Opera Louis Jouvet - 75009 PARIS - 01 44 12 37 71 • HENNEBERT Hugues - 12 avenue du Président Kennedy - 75016 PARIS - 01 55 74 09 00 • HILLIGOT Patrice - 10 rue Quentin Bauchart - 75008 PARIS - 01 47 20 54 52 • HORAY Pascal - 146 rue de l'Université - 75007 PARIS - 01 47 05 70 05 • HORN Gary - 85 rue

Pierre Demours - 75017 PARIS - 01 53 32 50 87 • HUGENTOBLER Jean-Pierre - 7 rue George Ville - 75016 PARIS - 01 45 03 38 28 • KAPRON Anne-Marie - 74 rue Rodier - 75009 PARIS - 01 42 85 10 34 • KARCENTY Bruno - 3 avenue du Pont Wilson - 75016 PARIS - 01 45 25 61 50 • KASSAB Stéphane - 18 avenue Pierre 1er de Serbie - 75016 PARIS - 01 44 40 20 21 • KNIPPER Patrick - 16 boulevard La Tour-Maubourg - 75007 PARIS - 01 45 51 47 47 • KRON Cédric - 82 boulevard de Courcelles - 75017 PARIS - 01

45 62 85 00 • KTORZA Thierry - 25 rue Raynouard - 75016 PARIS - 01 44 05 13 15 • LACHERE Anne - 50 avenue Raymond Poincaré - 75116 PARIS - 01 40 55 88 88 • LAFARGE-CLAOUE Béatrice - CLINIQUE PERGOLESE ALPHAND - 12 Avenue Alphand - 75016 PARIS - 01 45 00 10 88 • LAFAURIE Patrick - 8 avenue Alphand - 75016 PARIS - 01 55 37 90 37 • LALANNE Bruno - 4 rue Tronchet - 75008 PARIS - 01 47 42 20 35 • LALO Jacques - CLINIQUE CHIRURGICALE VICTOR HUGO - 5 bis rue du

Dôme - 75016 PARIS - 01 53 65 53 60 • LATOUCHE Xavier - 25 avenue Bosquet - 75007 PARIS - 01 46 22 92 22 • LE DANVIC Michelle - 11 boulevard Saint Germain - 75005 PARIS - 01 43 54 12 98 • LE LOUARN Claude - 59 rue Spontini - 75116 PARIS - 01 45 53 27 17 - 01 45 53 27 16 • LE MASURIER Perig - 33 rue de La Tour - 75016 PARIS (METRO PASSY / TROCADERO) - 01 40 72 58 58 • LEANDRI Richard - 76 avenue de Wagram - 75017 PARIS - 01 40 54 78 44 • LECOINTRE François - 136 bis rue Blomet

- 75015 PARIS - 01 40 45 37 11 • LEMAIRE Thierry - 3 rue Anatole de la Forge - 75017 PARIS - 01 48 88 99 42 • LEPAGE Christophe - 78 rue de La Faisanderie - 75116 PARIS - 01 40 72 88 87 • LEVAN Philippe - 50 avenue Raymond Poincaré - 75116 PARIS - 01 40 17 91 37 • LEVY Claude - 73 bis boulevard Exelmans - 75016 PARIS - 01 40 74 06 06

• LEVY Patrick - 30 avenue President Wilson - 75016 PARIS - 01 53 70 41 70 • LEZY Jean-Pierre - CENTRE MEDICAL TROCADERO - 36 bis rue Nicolo - 75116 PARIS - 01 40 72 28 88 • LOUAFI Adel - 1 avenue de Lowendal - 75007 PARIS - 01 53 59 90 24 OU 09 70 46 78 59 • LUMBROSO-BELLAICHE Michèle - 59 avenue de la Grande Armee - 75016 PARIS - 01 45 00 37 57 • MALADRY David - 36 avenue Théophile Gautier - 75016 PARIS - 01 42 88 18 68 • MALEK Rene - CNQAOS - 36 boulevard Haussmann - 75009 PARIS - 01 47 70 64 38 • MAMLOUK Karim - 20 rue du Louvre - 75001 PARIS - 01 47 20 25 50 • MARCHAC Daniel - 130 rue de la Pompe - 75116 PARIS - 01 47 27 44 31 • MATTEOLI Bertrand - CLINIQUE DE LA MUETTE - 46 rue Nicolo - 75116 PARIS - 01 40 72 33 33 • MAYER-OTETEA Georgette - 124 rue de la Faisanderie - 75116 PARIS - 01 42 27 24 42 • MEAU François - 4 rue Victor Considérant - 75014 PARIS - 01 43 35 26 32 • MENARD Philippe - HÔPITAL PITIE SALPETRIERE ENTRÉE 83 - 47 boulevard

de L'hôpital - 75013 PARIS - 01 42 16 12 77 • MIMOUN Maurice - HÔPITAL SAINT LOUIS - CPRE/TRAITEMENT DES BRÛLÉS - 1 avenue Claude Vellefaux - 75475 PARIS CEDEX 10 - 01 42 38 50 39 • MITZ Vladimir - 176 boulevard Saint Germain - 75006 PARIS - 01 45 44 29 00 • MOLE Bernard - 15 avenue de Tourville - 75007 PARIS - 01 45

51 85 85 • MONTEIL Jean-Paul - 1 avenue Claude Vellefaux - 75010 PARIS - 01 42 49 99 64 • MONTONERI Sebastiano - 2 avenue Bugeaud - 75016 PARIS - 01 45 02 13 75 • MOOKHERJEE Robin - 10 rue de Sèvres - 75007 PARIS - 01 42 22 92 20 • MOTTIER Nicolas G. - 38 rue Beaujon - 75008 PARIS - 01 44 09 00 09 • NACASCH Gerard 124 rue de la Pompe - 75116 PARIS - 01 45 53 27 23 • NAHON Pierre - 108 boulevard de Courcelles - 75017 PARIS - 01 47 66 11 11 • NEGRIER Bernard - 2 rue Saint-Petersbourg - 75008 PARIS - 01 43 87 37 66 • NEGRO Donatella - 174 boulevard Haussmann - PARIS 75008 - 01 45 14 59 22 • NICOLAU Pierre - 15 avenue de Tourville - 75007 PARIS - 01 49 53 93 93 • OGER Patrice - 19 rue Oudinot - 75007 PARIS - 01 40 61 11 00 • OHANA Jacques - 20 avenue Montaigne - 75008 PARIS - 01 40 69 47 57 • OHANA Sydney - 6 square Pétrarque - 75016 PARIS - 01 53 70 05 05 • OLIVIER-MASVEYRAUD Frédérique - 14 avenue Kléber - 75116 PARIS - 01 43 29 66 50 • OUAKIL Franck - CLINIQUE MOZART - 2 rue du Docteur Blanche - 75016 PARIS - 01 55 30 00 60 • PACHET Corinne - GPE HOSP SAINT JOSEPH - 185 rue Raymond Losserand - 75674 PARIS CEDEX 14

- 01 44 12 77 43 • PARANQUE Armand - 31 avenue Victor Hugo - 75116 PARIS - 01 45 02 18 92 • PARASKEVAS Antoine - CLINIQUE ELYSÉE MONTAIGNE - 3 rue de Marignan - 75008 PARIS - 01 42 84 21 38 • PASSY Pierre - 36 bis rue Nicolo - 75116 PARIS - 01 40 72 28 88 • PECORELLI Maria-Elisa - 242 boulevard Saint Germain - 75007 PARIS - 01 53 63 08 33 • PERRAULT DE JOTEMPS Muriel - 34 avenue d'Eylau - 75016 PARIS - 01 56 90 03 43 • PERROT-BASSOUL Marie-Christine - CLINIQUE BIZET

- 12 rue de Chaillot - 75116 PARIS - 01 58 12 04 19 • PETIT François - 184 rue de l'Université - 75007 PARIS - 01 47 07 54 59 • PETOIN Sylvain - 6 avenue Mac Mahon - 75017 PARIS - 01 42 27 24 42 • PICOVSKI David - 2 avenue Van Dyck - 75008 PARIS - 01 58 05 11 25 • PLOT Éric - 23 rue de Saint Petersbourg - 75008 PARIS - 01 40 82 62 92 • PLOT Serge - 23 rue de Saint Petersbourg - 75008 PARIS - 01 45 01 75 11 • POIGNONEC Sylvie - 28 rue de Ponthieu - 75008 PARIS - 01 45 63 13 20 • POIRIER Fabrice - 49

avenue Foch - 75016 PARIS - 01 45 05 54 38 • PORTALIER Bernard - 124 rue de la Pompe - 75016 PARIS - 01 45 53 27 23 - 01 45 53 38 40 • PULVERMACKER Benjamin - 9 bis boulevard des Filles du Calvaire - 75003 PARIS - 01 42 72 55 56 • RAJAONARIVELO Natalie - 18 avenue de Friedland - 75008 PARIS - 01 42 89 00 39 • REAL Jean-Paul - 178 rue de Courcelles - 75017 PARIS - 01 42 27 24 42 • REVOL Marc - HÔPITAL SAINT LOUIS (AP-HP) - SERV CHIR PLAST ET RECONST - 1 avenue Claude Vellefaux - 75475 PARIS CEDEX 10 - 01 42 49 96 64 • RHEIMS Dominique - 17 rue du Cirque - 75008 PARIS - 01 42 65 65 00 • RIVES Jean-Michel - 28 rue Bayard - 75008 PARIS- 01 44

17 00 00 • ROUQUETTE Rémi - 3 rue Magellan - 75008 PARIS - 01 56 64 16 19 • ROY Pascal - 4 rue st Florentin - 75001 PARIS - 01 42 60 95 55 • RUNGE Marc - 2a avenue de Ségur - 75007 PARIS - 01 53 96 81 81 • SABBAH Georges - 92 boulevard de Courcelles - 75017 PARIS - 01 47 63 52 12 • SAFFAR Philippe - INSTITUT FRANCAIS DE LA CHIRURGIE DE LA MAIN - 5 rue du Dome - 75016 PARIS - 01 53 65 53 53 • SAGLIER Jacques - 29 rue de la Santé - 75013 PARIS - 01 43 37 00 33 • SANTINI Christelle - 47


209

rue Spontini - 75116 PARIS - 01 45 50 18 13 • SAOUMA S. - 100 avenue Paul Doumer - 75016 PARIS - 01 45 25 25 55 • SARFATI Frédéric - 242 rue de Rivoli - 75001 PARIS - 01 47 03 39 90 • SARFATI Isabelle - 7 avenue Bugeaud - 75016 PARIS - 01 45 63 01 02 • SECHAUD Jean-Louis - 61 avenue de la Grande Armée - 75016 PARIS - 01 44 05 05 74 • SEKNADJE Paul - 8 rue Decamps - 75016 PARIS - 01 47 55 16 17 • SELINGER Rami-Issachar - 147 avenue Malakoff - 75016 PARIS - 01 45 00 15 70 • SELLAM PhilippeLazare - 18 rue Duphot - 75001 PARIS - 01 42 96 63 47 • SEROUSSI Deborah-Eve - 9 bis bd des Filles du Calvaire - 75003 PARIS - 01 42 72 55 56 • SERVANT Jean-Marie - HÔPITAL SAINT LOUIS CHIRURGIE PLASTIQUE - 1 rue Claude Vellefaux - 75475 PARIS - 01 42 49 96 61 • SILVESTRE DE SACY Vincent - 37 bis rue de Ponthieu - 75008 PARIS - 01 53 89 03 15 • SITBON Éric - 89 avenue de Villiers - 75017 PARIS - 01 40 53 06 17 • SLAMA Marc - 11 avenue d'Eylau - 75116 PARIS - 01 44 05 95 40 • SMARRITO Stéphane - 78 avenue de la Faisanderie - 75116 PARIS - 01 42 72 23 83 • SMATT Vlado - 76 avenue Raymond Poincaré - 75016 PARIS - 01 47 27 16 60 • SORREL-DEJERINE Éric - 22 rue Alphonse De Neuville - 75017 PARIS - 01 47 66 14 70 • SOUSSALINE Michel - 242 boulevard Saint Germain - 75007 PARIS - 01 53 63 01 00 • TAGLIERO Bernard

- 4 rue de l'Arcade - 75008 PARIS - 01 53 30 04 30 • TASSIN Xavier - 10 rue du Dôme - 75016 PARIS - 01 56 68 07 46 • TCHAKERIAN Arnold - 32 boulevard des Invalides - 75007 PARIS - 01 40 62 94 00 • TREVIDIC Patrick - 7 rue de Sontay - 75116 PARIS - 01 45 01 64 15 • TULASNE Jean-François - 26 avenue Kléber - 75116 PARIS - 01 45 00 72 20

• VAILLAUD Nicolas - 15 rue Spontini - 75116 PARIS - 01 44 09 71 53 • VAN TROY Aurore - SCI GYNECOLOGIE NATION - 11 place de la Nation - 75011 PARIS - 01 40 19 35 73 • VAZQUEZ Marie-Paule - HÔPITAL TROUSSEAU - 26 avenue du dr A. Netter - 75571 PARIS - 01 44 73 69 35 • VIAL Philippe - 12 avenue Carnot - 75017 PARIS - 01 42 27 24 42 • WLODARCZYK Bogdan - 358 rue de Vaugirard - 75015 PARIS - 01 45 30 05 70 • ZAKINE Gilbert - 33 rue de la Tour - 75016 PARIS - 01 40 72 58 58 • ZAZURCA Frédéric - 7 rue Gounod - 75017 PARIS - 01 42 27 24 42 • ZERBIB Robert - CAB. GROUPE - 60 avenue Victor Hugo - 75016 PARIS - 01 45 02 18 18 • ZLOTO Richard - 32

boulevard de Courcelles - 75017 PARIS - 01 47 63 01 22 • ZWILLINGER Nicolas - 2 rue Pierre Demours - 75017 PARIS - 01 45 74 12 25 •

76 / AUQUIT AUCKBUR Isabelle

- CHU CHARLES NICOLLE - SERVICE CHIRURGIE PLASTIQUE - PAVILLON FÉLIX DÉVÉ - 1 rue de Germont - 76031 ROUEN - 02 32 88 66 21 • BAUDOUIN Catherine CLINIQUE DU CÈDRE - 950 rue de la Haie - 76235 BOIS GUILLAUME - 02 35 59 59 80 • BERARD Virginie - CLINIQUE DE L'EUROPE - 4 rue Octave Crutel - 76100 ROUEN - 02 32 18 13 85 • COQUEREL BEGHIN Dorothée - CHU CH NICOLLE - SERVICE CHIRURGIE PLASTIQUE - PAVILLON FÉLIX DÉVÉ - 1 rue de Germont - 76031 ROUEN CEDEX - 02 32 88 89 90 • DELAUNAY Emmanuel - CLINIQUE DE L'EUROPE - 61 boulevard de l'Europe - 76000 ROUEN - 02 32 18 12 67 • DENIS Marie-Helène CLINIQUE SAINT HILAIRE - 2 place Saint Hilaire - 76000 ROUEN - 02 35 52 33 78 • KONTER Michel - HÔPITAL PRIVÉ DE L'ESTUAIRE - SERV CHIR PLAST RECONSTR ET ESTH - 505 rue Irène Joliot Curie - BP 90011 - 76620 LE HAVRE - 02 35 55 68 54 • LECA Jean-Baptiste - CLINIQUE MATHILDE - CHIRURGIE PLASTIQUE ET ESTHÉTIQUE - 7 boulevard de l'Europe - BP 1128- 76175 ROUEN CEDEX - 02 32 81 11 55 • LOISEL Dominique - 29 rue Lord Kitchener - 76600 LE HAVRE - 02 35 42 09 08

• MILLIEZ Pierre-Yves - CHU CH NICOLLE - SERVICE CHIRURGIE PLASTIQUE - PAVILLON FÉLIX DÉVÉ - 1 rue de Germont - 76031 ROUEN CEDEX - 02 32 88 87 60 • NWACHUKWU Godwin Ifeanyi - CH DE DIEPPE - CHIRURGIE PLASTIQUE ET RECONSTRUCTRICE - avenue Pasteur - BP 219 - 76202 DIEPPE CEDEX - 09 60 45 71 39

• PAUME Patricia - CLINIQUE SAINT ANTOINE - 696 rue Robert Pinchon - 76230 BOIS GUILLAUME - 02 35 12 61 79 • PÉRIGNON David - CLINIQUE SAINT ANTOINE - 696 rue Robert Pinchon – 76230 BOIS GUILLAUME - 02 35 12 61 61 • PIECHAUD Jacques - CLINIQUE ORMEAUX - 36 rue Marceau - 76600 LE HAVRE - 02 32 74 33 08

• SURLEMONT Yves - 696 rue Robert Pinchon - 76230 BOIS GUILLAUME - 02 35 12 61 61 • TRAN QUAN Jim - CLINIQUE DES ORMEAUX - 36 rue Marceau - 76600 LE HAVRE - 02 35 47 31 47 •

77

/ DUPUIS Pascal - VILLA ST PIERRE - 25 rue de l'Arbre Sec - 77300 FONTAINEBLEAU - 01 60 42 39 01 • MARCAL Serge -

POLYCLINIQUE ST JEAN - 41 avenue de Corbeil - 77000 MELUN CEDEX - 01 64 14 30 00 • TAVERA Eric - CLINIQUE SAINT BRICE - rue des Parmailles - 77160 ST BRICE - 01

64 60 39 00 •

78

/ BINDER Jean-Philippe - 32 avenue de BRIMONT - 78400 CHATOU - 01 55 25 40 80 • CHAUSSARD Aude - 7 bis rue de la Porte de Buc - 78000

VERSAILLES - 01 30 21 53 61 • DE LATAILLADE Arnaud - 25 boulevard de la Reine - 78000 VERSAILLES - 01 39 07 20 30 • DELCAMPE Pascal - HÔPITAL PRIVÉ DE VERSAILLES - CLINIQUE DE LA MAYE - 49 rue du Parc de Clagny - 78000 VERSAILLES - 02 32 88 81 46 • KRASTINOVA-LOLOVA Darina - CLINIQUE DU CHATEAU DE LA MAYE - 49 rue du Parc de Clagny - 78000 VERSAILLES - 01 39 43 17 09 • MARTINAUD-DEPLAT Catherine - C.M.C. DE L'EUROPE - 9 bis route de Saint Germain - 78560 LE PORT MARLY - 01 39 17 22 22 • MENAGER Gérard - 25 boulevard de la Reine - 78000 VERSAILLES - 01 39 07 20 30 • RAULO Claude - CLINIQUE DE L'EUROPE - 9

bis route de Saint Germain - 78560 LE PORT MARLY - 01 39 17 21 00 • SERRA Marc - 5 rue d'Angivilliers - 78000 VERSAILLES - 01 39 51 66 69 • VENDROUX Jean - 5 rue d'Angiviller - 78000 VERSAILLES - 01 39 51 66 69 •

79 / BEHBAHANI Éric - POLYCLINIQUE INKERMANN - 84 route d'Aiffres - 79000 NIORT - 05 49 34 26 09 • 80

/ CARTON Sophie - HÔPITAL NORD - SERV CHIR PLASTIQUE - place V. Pauchet - 80000 AMIENS - 03 22 66 83 09 • COUVREUR Dominique - POLYCLINIQUE DE PICARDIE - SERV CHIR PLAST REP ET ESTH - 49 rue Alexandre Dumas - 80000 AMIENS - 03 22 95 25 25 • DEVAUCHELLE Bernard - CHU NORD - place Victor Pauchet 80054 AMIENS CEDEX 1 - 03 22 66 83 25 • FONTET Patrick - 16 place René Goblet - 80000 AMIENS - 03 22 80 10 00 • LEVE Laurence - 26 rue Millevoye - 80000 AMIENS - 03 22 33 37 37 • PERIGNON David - CHU NORD - SERV CHIRURGIE ESTHÉTIQUE - place Victor Pauchet - 80054 AMIENS CEDEX 1 - 03.22.66.80.00 • ROBBE Micheline - CHU D'AMIENS - HÔPITAL NORD - SERV CHIR PLAST RECONST ET ESTHÉT - place Victor Pauchet - 80054 AMIENS CEDEX 1 - 03 22 66 83 09 • ROSE Jean-Christophe - 26 rue Millevoye - 80000 AMIENS - 03 22 33 37 37 • SINNA Raphaël - CHU D'AMIENS - HÔPITAL NORD - SERVICE DE CHIRURGIE ESTHETIQUE

81 / FRESCO Marc - CLINIQUE CLAUDE BERNARD - 1 rue du Père Colombier - 81000 ALBI CEDEX 09 - 05 82 / COUSTAL Benoit - CLINIQUE CROIX SAINT MICHEL - 40 avenue Charles de Gaulle - 82017 MONTAUBAN CEDEX - 05 63 21 33 21 • 83 / CHABAUD Michel - LA RESERVE - 237 avenue de la Libération - 83150

- place V. Fauchet - 80054 AMIENS CEDEX 1 - 03 22 66 83 09 •

63 77 78 45 • VILLEDIEU René - POLYCLINIQUE DU SIDOBRE - chemin Saint Hippolyte - 81100 CASTRES - 05 63 71 84 84 •

BANDOL - 04 94 63 65 12 • CHERIF-CHEIKH Pierre-Yves - 363 rue Frédéric Mistral - 83600 FREJUS - 04 94 53 83 83 • FAVOLI Patrice - LE GRAND HÔTEL - 165 place

de la Liberté - 83000 TOULON - 04 94 91 84 00 • FERLAUD Christian - L'OCTOGONE - 250 boulevard des Martyrs de la Résistance - 83300 DRAGUIGNAN - 04 94 67 20 25 • FYON Catherine - 165 place de la Liberté le Grand Hôtel - 83000 TOULON - 04 94 91 84 00 • HAAKMEESTER Serge - 152 avenue Maréchal Lyautey - 83700 ST RAPHAEL - 04

94 83 21 21 • ISSELIN Jacques - CLINIQUE NOTRE DAME DE LA MERCI - 215 avenue du Maréchal Liautey - 83700 ST RAPHAEL - 04 94 51 52 80 • KASSAB Bernard - LE MEDICIS - rue Valdeck Rousseau - 83700 SAINT RAPHAËL - 04 94 40 52 06 • MILLET Bernard - LE CAPITOLE A - 415 avenue de Port Fréjus - 83600 FREJUS - 04 94 40 11 28

• PAULHE Philippe - CLINIQUE SAINTE MARGUERITE - avenue A. Godillot - 83400 HYERES - 04 94 12 55 94 • PERICHAUD Patrick - CLINIQUE SAINT ROCH - 99 avenue Saint-Roch - 83000 TOULON - 04 94 18 89 03 • ROCHEBILIERE Arnaud - 13 boulevard de Strasbourg - 83000 TOULON - 04 94 91 59 06 • THOMAS Christian - CENTRE DE LA MAIN - 525 avenue Francois Cuzin - 83000 TOULON - 04 98 00 11 30 • TOLEDANO Élie - CENTRE DE LA MAIN - 525 avenue François Cuzin - 83100 TOULON - 04 98

00 11 36 • VOCHE Philippe - CLINIQUE NOTRE DAME DE LA MERCI - 215 avenue du Maréchal Lyautey - 83700 ST RAPHAEL - 04 94 40 20 59 •

84

/ BARTOLIN

Caroline - 50 rue Berthy Albrecht - 84000 AVIGNON - 04 32 40 40 10 • CHABAS Jean Francois - BOULEVARD SAINT MICHEL - 4 avenue Pièrre Semard - 84000 AVIGNON - 04 90 82 98 41 • DUCHE Renaud - ZAC VAL DU SOLEIL - la Gaffe de Guerre - 84700 SORGUES - 04 90 39 75 00 • GINOUVES Philippe - LES MARCHES DU PALAIS - 4


210

avenue Pierre Sémard - 84000 AVIGNON - 04 90 82 98 41 • JALLUT Yves - Z.I de Courtine 50 rue Berthie Albrecht Immeuble Convergence - 84000 AVIGNON - 04 32 40 40 10 • MOREL Mederic - SELARL DE MEDECIN MMC - 21 place Crillon - 84000 AVIGNON - 04 90 25 08 95 • NIVESSE Dominique - CENTRE MÉDICAL EQUINOXE BÂT B

- 3 rue Rigoberta Menchu - 84000 AVIGNON - 04 90 85 42 96 • PONS Virginie - APPARTEMENT 35 - 72 place Maurice Bouchet - 84300 CAVAILLON - 04 32 50 23 28 • VASSEUR Christele - 95 chemin du Pont des Deux Eaux - 84000 AVIGNON - 04 90 82 83 23 •

85

/ BODIN Helène - CENTRE HOSPITALIER DEPARTEMENTAL -

SERVICE MAXILLO FACIALE - rond-point les Oudairies - 85000 LA ROCHE SUR YON - 02 51 44 61 20 • BODIN Helène - CHD LES OUDAIRIES - SERVICE MAXILLO FACILALE - boulevard Stephane Moreau - 85925 LA ROCHE SUR YON CEDEX 9 - 02 51 44 61 61 • CAYE Nicolas - 303B RÉSIDENCE LE PRIMYON - 14 place de la VENDÉE

- 85000 LA ROCHE SUR YON - 02 51 44 44 32 • HERMAN Denis - CHD LES OUDAIRIES - SERVICE ORL - boulevard Stéphane Moreau - 85925 LA ROCHE SUR YON CEDEX 9 - 02 51 44 61 22 • LEBAUD Philippe - CHD LES OUDAIRIES - SERVICE STOMATOLOGIE - boulevard Stéphane Moreau - 85925 LA ROCHE SUR YON CEDEX 9 - 02 51 44 61 20 • VAN HEMELRYCK Thierry - CENTRE AESTHETIC SMILE AND PREVENTION - 1 rue de la Maisonnette - 85100 LES SABLES D'OLONNE - 02 51 32

82 68 •

86 / DAGREGORIO Guy - CHU LA MILETRIE - SERV CHIR PLAST RECONSTR - 2 rue de la Milétrie - BP 577 - 86021 POITIERS CEDEX - 05 49 44 43 03 •

GAULT Xavier - 26 boulevard Aristide Briand - 86100 CHATELLERAULT - 05 49 90 09 68 • HUGUIER Vincent - CHU LA MILETRIE - CHIR PLASTIQUE ET RECONSTR

- 2 rue de la Miletrie - 86000 POITIERS - 05 49 44 43 03 • MESSAOUDI Raphael - CHU LA MILETRIE-POLE MEDIPOOL SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE - 2 rue de la Miletrie - B. P. 577 - 86021 POITIERS CEDEX - 05 49 44 43 03 • RENAULD Vincent - ESPACE MÉDICAL RABELAIS - 130 route de Nouaillé - 86000 POITIERS - 05 49 30 03 14 • SAIVEAU Michel - CLINIQUE DU FIEF DE GRIMOIRE - 38 rue Fief de Grimoire - 86000 POITIERS - 05 49 42 29 00 •

87

/ ADENIS Jean-Paul - C.H.U.

DUPUYTREN LIMOGES - 2 avenue Martin Luther King - 87042 LIMOGES CEDEX - 05 55 05 62 63 • BARON Yves - CLINIQUE DES EMAILLEURS - 1 rue Victor Schoelcher 87038 LIMOGES - 05 55 50 28 61 • LEANDRIS Marc - CLINIQUE DU COLOMBIER - 92 avenue Albert Thomas - 87100 LIMOGES - 05 55 12 56 16 •

88 / NAJEAN

Denis - CLINIQUE LA LIGNE BLEUE - 9 avenue du Rose Poirier - 88000 EPINAL - 03 29 68 60 60 • NAUDI Gilles - CH REMIREMONT - 1 rue Georges Lang - 88200 REMIREMONT - 03 29 23 41 41 • SERBU Maria Simona - CENTRE HOSPITALIER JEAN MONNET EPINAL - 3 avenue Robert Schuman - BP 590 - 88021 EPINAL CEDEX - 02 99 26 71 68 •

91 / BARE Alain - HÔPITAL PRIVE PARIS ESSONNE - 12 boulevardd Pierre Brossolette - 91290 ARPAJON - 01 60 80 19 62 • BENELLI Louis Charles

- HÔPITAL PRIVÉ D'ATHIS MONS SITE CARON - 111 rue Caron - 91200 ATHIS MONS - 01 45 57 58 21 • BERDAH Stéphane - INSTITUT HOSPITALIER JACQUES CARTIER - 6 avenue du Noyer Lambert - 91300 MASSY - 01 60 13 60 60 • FOURNIER Eloïse - INSTITUT HOSPITALIER JACQUES CARTIER - 6 avenue du Noyer Lambert - 91300 MASSY - 01 60 13 60 60 • KUNTZ Paule - HÔPITAL PRIVE DU VAL D'YERRES - 31 avenue de l'Abbaye - 91330 YERRES - 01 69 49 74 00 • LAXENAIRE Arnault - CTRE HOSP. PRIVE CLAUDE GALIEN - 20 route de Boussy Saint Antoine - 91480 QUINCY SOUS SENART - 01 69 39 90 53 • STERN André - HÔPITAL PRIVE D'ATHIS MONS SITE CARON - 111 rue Caron - 91200 ATHIS MONS - 01 69 57 58 21 •

92 / BEY Eric - HÔPITAL PERCY - 101 avenue Henri Barbusse - BP 406 - 92141 CLAMART - 01

41 46 60 00 • BRACHET Michel - HÔPITAL PERCY - 101 avenue Henri Barbusse - BP 406 - 92141 CLAMART - 02.98.53.65.30 • BUSTAMANTE Katia - CENTRE CHIRURGICAL DES PRINCES - 31 rue des Princes - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 46 99 22 15 • DABOS Nadine - 109 bis avenue Charles de Gaulle - 92200 NEUILLY SUR SEINE - 01 46 40 05 17 • DUHAMEL Patrick - HÔPITAL PERCY - 101 avenue Henri Barbusse - BP 406 - 92141 CLAMART - 01 41 46 60 00 • DUHOUX Alexandre - HÔPITAL PERCY - 101 avenue Henri Barbusse - BP 406 - 92141 CLAMART - 01 41 46 60 00 • ESTEBAN Maria-Cristina - HÔPITAL PRIVE D'ANTONY - 1 rue

Velpeau - 92160 ANTONY - 01 46 74 37 10 • FOSSAT Sébastien - HÔPITAL PERCY - 101 avenue Henri Barbusse - BP 406 - 92141 CLAMART - 01.41.46.60.00 • GOUET Odile - 6 rue Pasquier - 92300 LEVALLOIS PERRET - 08 20 23 56 37 • GZAIEL Dany - 3 avenue Desfeux - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 46 21 21 21 • HADDAD Delphine - 93 boulevard de la République - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 46 21 10 64 • LAKHEL Anne - HÔPITAL PERCY - 101 avenue Henri Barbusse - BP 406 92141 CLAMART - 01 41 46 60 00 • LEVET Yann - 13 rue le Corbusier - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 41 31 31 31 • MASSON Jean - CLINIQUE AMBROISE PARÉ - 2 rue Léon Bloy - 92340 BOURG LA REINE - 01 45 36 51 01 • MATHIEU Alexandre - 3 avenue Desfeux - 92100 BOULOGNE - 01 46 21 21 21 • MILLET François Gilles - 10 rue Sadi Carnot - 92600 ASNIERES SUR SEINE - 01 47 93 79 93 • MITROFANOFF Marc - CENTRE CHIRURGICAL DES PRINCES - 31 rue des Princes - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 46 99 22 15 • MORAX Serge - 169 avenue Achille Peretti - 92200 NEUILLY SUR SEINE - 01 55 62 13 90 • NADEL Louis - CLINIQUE IECEP - 10 rue Anna Jacquin - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 46 05 83 53 • PRADET Gerard - CLINIQUE LA MONTAGNE - 53 rue Victor Hugo - 92400 COURBEVOIE - 01 56 37 55 00 • ROSSARIE Raphaële - 84 rue Marius Aufan - 92300 LEVALLOIS-PERRET - 01 47 57 91 96 • SOUDANT Jacques - CLINIQUE PIERRE CHEREST - 5 rue Pièrre Cherest - 92200 NEUILLY SUR SEINE - 01 46 41 86 86 • STAUB Gregory - 10 rue anna jacquin - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 46 05 81

91 • STAUB Sylvain - 10 rue Anna Jacquin - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 46 05 86 00 • VACHER Christian - HÔPITAL BEAUJON - 100 boulevard du General Leclerc - 92110 CLICHY - 01 40 87 56 71 • VAN LANDUYT Koenraad - CLINIQUE HARTMANN - 1 bis rue des Dames Augustines - 92200 NEUILLY SUR SEINE - 01 46 39 89 29 • WALKIEWICZ Eliza - CENTRE CHIRURGICAL DES PRINCES - 13 rond point Andre Malraux - 92100 BOULOGNE BILLANCOURT - 01 46 99 22 00 • WEISS Waldemar - CENTRE DE CHIRURGIE ESTHETIQUE PARIS-OUEST (CCEPO) - 53 rue Victor Hugo - 92400 COURBEVOIE - 01 49 97 79 12 • BANNIER Marc - 5 avenue

Charles Floquet - 93150 LE BLANC MESNIL - 01 48 65 14 13 •

93 / BENZAKEN Jack - 49 avenue Thiers - 93340 LE RAINCY - 01 43 00 28 28 • LEYDER Patrick -

HÔPITAL R.BALLANGER - SERV CHIR PLAST RECONSTR. ET ESTH./ MAXILLO-FACIALE - boulevard Robert Ballanger - 93602 AULNAY SOUS BOIS CEDEX - 01 49 36

71 02 • PIEDIMONTE Andrea - chemin Robert Ballanger - 93600 AULNAY SOUS BOIS - 01 49 36 72 79 • VINCELET Francoise - CENTRE HOSPITALIER INTERCOMMUNAL ANDRÉ GRÉGOIRE - 56 boulevard de la Boissiere - 93100 MONTREUIL SOUS BOIS - 01 49 20 30 40 •

94 / ACHOUCHE Josue - POLYCLINIQUE LA CONCORDE - 90

rue Marcel Bourdarias - 94140 ALFORTVILLE - 01 45 18 28 28 • ALAMDARI Alireza - CLINIQUE GASTON METIVET - 48 rue Alsace Lorraine - 94100 ST MAUR DES FOSSES - 01 49 76 76 81 • BARREAU-POUHAER Lise - INSTITUT GUSTAVE ROUSSY - 39 rue Camille Desmoulins - 94800 VILLEJUIF - 01 42 11 42 11 • COHEN-JONATHAN Paul - CLINIQUE CHIRURGICALE - 22 rue de la Petite Sausaie - 94400 VITRY SUR SEINE - 01 45 73 35 24 • COTHIER-SAVEY Isabelle - CLINIQUE DE BERCY - 9 quai de

Bercy - 94220 CHARENTON LE PONT - 01 48 93 96 53 - 01 69 72 81 82 • FAIN Jacques - HÔPITAL - 78 rue du General Leclerc - 94270 LE KREMLIN BICETRE - 01 45 21 21 21 • FARAMARZ Franck - CLINIQUE GASTON METIVET - 48 rue Alsace Lorraine - 94100 SAINT MAUR DES FOSSES - 01 49 76 76 81 • GERBAULT Olivier POLICLINIQUE ESTHETIQUE MARIGNY VINCENNES - 3-5 cours Marigny - 94300 VINCENNES - 01 53 66 30 30 • HADJEAN Thierry - 4 place Pierre Semard - 94130 NOGENT-SUR-MARNE - 01 41 95 23 06 • HERMEZIU Oana - 51 avenue Mal de Lattre de Tassigny - 94000 CRETEIL - 01 69 48 48 13 • HIVELIN Mikael - CHU HENRI MONDOR - SCE CHIRURGIE PLASTIQUE - 51 avenue de Lattre de Tassigny - 94010 CRETEIL CEDEX - 01 49 81 25 33 • KOLB Frédéric - INSTITUT GUSTAVE ROUSSY

- 39 rue Camille Desmoulins - 94805 VILLEJUIF CEDEX - 01 42 11 42 11 • LANTIERI Laurent - HÔPITAL HENRI MONDOR - SERVICE DE CHIRURGIE PLASTIQUE - 51 avenue du Marechal de Lattre de Tassigny - 94010 CRÉTEIL - 01 49 81 25 33 • PETRA Adina Daniela - INSTITUT GUSTAVE ROUSSY - DÉPARTEMENT DE CHIRURGIE - 39


211

rue Camille Desmoulins - 94805 VILLEJUIF CEDEX - 01 42 11 42 11 • RIMAREIX Francoise - INSTITUT DE CANCÉROLOGIE - 39 rue Camille-Desmoulins - 94805 VILLEJUIF - 01 42 11 43 84 • SEBASTIEN Caroline - 27 avenue de Paris - 94300 VINCENNES - 01 43 74 46 67 •

95 / BURIN DES ROZIERS Bruno - CENTRE HOSPITALIER DE

GONESSE - 25 rue Pierre de Theilley - BP 30071 - 95503 GONESSE CEDEX - 01 34 53 20 80 • CARTIER Sylvain - CENTRE HOSPITALIER DE GONESSE - SERV CHIR MAXILLO-FACIALE - BP 71 - 25 rue Bernard Février - 95500 GONESSE - 01 34 53 20 80 • DURAND Jean-Marc - CENTRE HOSPITALIER - 69 rue du Lieutenant Colonel Prudhon

- 95100 ARGENTEUIL - 01 34 23 26 66 • FOURNIER Daniel - 8 rue de Montmoréncy - 95100 ARGENTEUIL - 01 30 75 33 54 • FOUSSADIER François - CLINIQUE SAINTE MARIE - 1 rue Christian Barnard - 95520 OSNY - 01 34 20 96 96 • JOUSSET Catherine - CLINIQUE CLAUDE BERNARD - 9 avenue Louis Armand - 95120 ERMONT - 01 30

72 33 33 • LAHBABI Malic - RESIDENCE DE L'ISLES BATIMENT A - 19 avenue de Paris - 95290 L'ISLE ADAM - 01 34 69 23 66 • LORENCEAU Bernard - 1 rue Christian Barnard - 95520 OSNY - 01 30 32 11 22 • N'GUYEN Ngoc Thong - 7 rue de l'Arrivée - 95880 ENGHIEN LES BAINS - 01 34 17 51 94 • OXEDA Pascal - CLINIQUE CLAUDE BERNARD - 9 avenue Louis Armand - 95120 ERMONT - 01 30 72 33 25 • SZALAY Michel - CGMPN - 3 place de Londres - BP 10201 - 95703 ROISSY CHARLES DE GAULLE

97/ BIEDER Lionel - CLINIQUE SAINTE MARIE - ROUTE DE CLUNY - 97233 SCHOELCHER - +335 96 70 47 97 • 200 / PEDINIELLI 201 / RIAH Younes - 11 avenue Marechal Sebastiani - 20200 BASTIA - +334 95 32 35 80 • ROCCA Antoine - 11 avenue Maréchal Sébastiani - 20200 BASTIA - +334 95 32 35 80 • 971 / COUPPEY Bertrand - CLINIQUE LES EAUX CLAIRES - MOUDONG SUD JARRY - 97122 CEDEX - 01 48 64 98 03 •

Jean - 2 cours Grandval - 20000 AJACCIO - +334 95 21 24 47 •

Baie Mahault - GUADELOUPE - +335 90 97 63 32 • MUTAFTSCHIEV Nicolas - CENTRE ESTHETIS - MORNE BERNARD - Moudong Nord - 97122 Baie Mahault GUADELOUPE - +335 90 83 47 02 • RIAHI Richard - CENTRE ESTHETIS LIEU DIT MORNE BERNARD - Moudong Nord - 97122 Baie Mahault - +335 90 83 47 02 •

972

/ BRIAND Etienne - LA MÉDICALE DE CLAIRIÈRE - 6 rue Hibiscus - 97200 FORT DE FRANCE - +335 96 42 48 26 • DELPIERRE Jean - Route de Didier, 12 impasse de la Houssaye, résidence des Jardins d’Aurélia - 97200 FORT DE FRANCE - +335 96 64 06 63 • DODEA Vasile Florin - HÔPITAL P.ZOBDA QUITMAN - La Meynard - 97261 FORT DE FRANCE CEDEX - +335 96 55 21 21 • LACOTTE Bertrand - CHU FORT DE FRANCE - SCE GYNECOLOGIE-OBSTRÉTIQUE - dr Sainte Rose - BP 632 - 97261 FORT DE FRANCE CEDEX - +335 90 52 25 25 • SIMON Philippe - CENTRE HOSPITALIER GENERAL LOUIS DOMERGUE - rue Eugène Fotier - 97220 LA TRINITÉ - +335 96

66 46 31 •

974 / DELARUE Pierre - 11 rue Roland Garros - 97400 ST DENIS - +332 62 41 49 00 • GONCALVES José - 11 rue Roland Garros - 97400 SAINT DENIS 978 / HULARD Olivier - CLINIQUE LES ORCHIDÉES - PARC L’OASIS - 30 rue Lénine BP 1006 - 97826 LE PORT - +332 62 43 19 91 • JAILLANT

+332 62 41 49 00 •

Christophe - 38 route de Savannah - 97460 SAINT-PAUL REUNION - +332 62 59 54 18 • KOLBE Roland - 52 rue Caumont - 97410 SAINT PIERRE DE LA RÉUNION - +332

980 / COMMARE Didier 987 / BLANQUART Bernard - CLINIQUE CARDELLA - BP 295 - 98713 PAPEETE

62 25 87 88 • VALENTI David - CLINIQUE DES ORCHIDEES - 30 avenue Lénine - 97420 LE PORT - LA RÉUNION - +332 62 90 56 50 • HOUSTON PALACE - 7 avenue Princesse Grace - 98000 MONACO - +377 92 16 73 92 •

CEDEX - +68 46 04 00 • HAILAUD Yves-Marie - IMMEUBLE VAIMOANATEA - rue Venus - quartier Paofai - 98713 PAPEETE CEDEX - +68 958 38 38 • SERRA Cyrille IMMEUBLE VAIMOANATEA - 1er étage - rue Vénus - quartier Paofai - 98714 PAPEETE - +68 977 78 18 • TAGLIANA Philippe - IMMEUBLE VAIMOANATEA - rue Venus - quartier

Paofai - 98714 PAPEETE - +68 958 38 38 •

988

/ BARBIEZ-BEJEAN Monique - PORT PLAISANCE - 10 rue J. Garnier - 98800 NOUMEA - +687 26 32 05 • DE

GRESLAN Michel - 25 rue Richard Bernier - 98800 NOUMEA - +687 27 73 71 • LEFORT Thierry - 19 rue Jules Ferry - 98800 NOUMEA - +687 78 45 52 •

CH

/

AGHAHOSSEINI Hélène - 17 avenue de la Dole - 1005 LAUSANNE (CH) - +41 21 32 36 666 • BALI David - CENTRE HOSPITALIER DU CENTRE DU VALAIS - rue St Charles

14, CP 504 -3960 SIERRE - +41 27 603 78 50 • PREVOT Marianne - Chemin de Beausoleil, 24 - 1206 GENÈVE (CH) - +41 22 731 78 19 • TREPSAT Frank - PALACE HILTON - quai du Mont Blanc 19 - 1201 GENEVE (CH) - +41 22 716 51 51


Pomme d'adam !

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