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AGENDA FEV/AVR 09 AGENDA FEV/AVR 09 AGENDA FEV/AVR 09 AGENDA FEV/AVR 09 AGENDA FEV/AVR 09

SPECTACLES/RENCONTRES WASSER, WIND UND STAHL Collectif de La Dernière Tangente

sam 31/01 à 22h SALLE J. FORNIER

D’OÙ VIENS-TU MON PETIT ? de Gérard Guillaumat m.e.s Jean-Louis Hourdin

en collaboration avec Art Danse Bourgogne

du mer 25 au sam 28/03 PARVIS ST-JEAN

LES ENFANTS* de Edward Bond, m.e.s Jérôme Hankins projet éducatif - Collège Les Lentillères

CABARET DE L’ÂNE* JEAN-GUY LOMBO CHANTE L’AMOUR avec Jean-Guy Lombo et Gérard Cabrul jeu 2/04 à 21h L’ASSOMMOIR (pl. E. Zola, Dijon)

mar 3 et ven 6/02 à 19h SALLE J. FORNIER

FORMATION - ÊTRE LÀ direction Sébastien Foutoyet en partenariat avec la Fédération des Foyers ruraux de Côte d’Or sam 7, dim 8 et dim 15/02 SALLE J. FORNIER

FORMATION - LES HUIT FACES DU THÉÂTRE FACE 6 - Jean-Marc Bezou : Univers sonores lun 9/02 à 19h PARVIS ST-JEAN

L’HOMME QUI PENCHE de Thierry Metz, m.e.s Marc Feld du jeu 12 au sam 14/02 SALLE J. FORNIER

en collaboration avec Itinéraires singuliers LA CHARRUE ET LES ÉTOILES de Sean O’Casey, m.e.s Irène Bonnaud

du mar 7 au sam 11/04 PARVIS ST-JEAN

DES UTOPIES ? textes et m.e.s Oriza Hirata, Sylvain Maurice, Amir Reza Koohestani du mar 14 au ven 17/04 PARVIS ST-JEAN

EN TOURNÉE

L’AGENDA DES ENFANTS

EN MANTEAU ROUGE, LE MATIN... HAMLET - CABARET DE MATTHIAS LANGHOFF

Ô EAUX (4 ans et +) conception, marionnettes, jeu Sophie Talabot

du 4 au 6/02 Théâtre national de Bordeaux du 10 au 27/02 Théâtre national de Strasbourg

Un conte écologique et citoyen accueilli en collaboration avec le Festival À Pas contés. sam 14 à 10h et 14h30, dim 15 à 15h, lun 16 à 10h

LES BONNES de Jean Genet m.e.s Elisabeth Hölzle

et 14h30, mar 17 à 10h CELLIER DE CLAIRVAUX

LE COLLECTIONNEUR D’INSTANTS (8 ans et +) de Quint Buchholz, m.e.s Jacques Nichet

La rencontre entre un petit garçon et un peintre qui, un jour, part en lui laissant les clés de son atelier. mar 17 à 14h30 et 19h30, mer 18 et jeu 19 à 19h30 PARVIS ST-JEAN

du 11 au 14/02 atheneum, le 19/02 Joigny, le 21/02 Venarey-les-Laumes, FESTIVAL GIBOULÉES DE FEMMES le 7/03 Coulanges-lèsNevers

LA CHARRUE ET LES ÉTOILES de Sean O’Casey, m.e.s Irène Bonnaud du 3 au 15/03 Théâtre 71 de Malakoff, les 17 et 18/03 Théâtre de Sartrouville, du 24 au 27/03 Nouveau Théâtre de Besançon, du 1 au 9/04 Théâtre du Nord Lille, du 21/04 au 2/05 La Comédie de Genève

du mer 4 au ven 20/02 PARVIS ST-JEAN

LES DISPUTES DU PARVIS* LA QUESTION DU NATIONALISME IRLANDAIS avec Gerry Feehily, auteur, et Irène Bonnaud

HORAIRES DES SPECTACLES

lun 16/02 à 18h30 PARVIS ST-JEAN

(sauf mention particulière)

L’ÉCOLE DES GÉNIES de Miklós Hubay, m.e.s Sébastien Foutoyet

lun, mer, jeu à 19h30, mar, ven à 20h30, sam et dim à 17h

Quint Buchholz

du mar 3 au sam 7/03 SALLE J. FORNIER

FORMATION - CHEMINS D’ACTEUR direction Agnès Dewitte, Bob Villette

ATELIER DE DÉCOUVERTE THÉÂTRALE JE VAIS L’DIRE À LA MER

* entrée libre

du lun 9 au ven 20/03 SALLE J. FORNIER

Christian Jehanin dirige l’École départementale de théâtre de l’Essonne.

ET TA SŒUR ? TENTATIVE D’AUTOÉVALUATION EN FORME D’OPÉRETTE de Pierre Ascaride, m.e.s Estelle Savasta

Il propose un atelier autour de la mer, ce « moteur de l’imaginaire ». ouvert aux jeunes de 11 à 15 ans, tarif 30 inscription : J.-M. Pietropaoli 03 80 68 47 47

du mer 11 au sam 14/03 PARVIS ST-JEAN

du 20 au 24 avril, de 14h à 18h PARVIS ST-JEAN

Ce plat traditionnel du Royaume-Uni se compose d’un filet de poisson frit servi avec des frites dans du papier journal.

LE BAL DE LA CONTEMPORAINE dir. musicale Pablo Cueco, dir. artistique Philippe Arrii-Blachette

pour 4 personnes préparation 15 mn

CABARET DE L’ÂNE AUTOUR DE BRASSENS* avec Félicien Juttner jeu 19/03 à 21h LE CAPPUCCINO

(132 rue Monge, à Dijon)

sam 4/04 à 17h SALLE J. FORNIER

VOIE OUVERTE* présentation du DVD avec Christine Bertocchi et Géraldine Toutain

FORMATION - PRISE DE CONSCIENCE PAR LE MOUVEMENT, MÉTHODE FELDENKRAIS animé par Jacques Fornier

ven 20/03 à 18h PARVIS ST-JEAN

FORMATION - LES HUIT FACES DU THÉÂTRE FACE 7 - Gérard Guillaumat : Parcours d’un comédien lun 23/03 à 19h PARVIS ST-JEAN

du lun 6 au jeu 11/04 et du lun 20 au ven 24/04 (18h-22h) SALLE J. FORNIER

TRAVERSES* projet éducatif et artistique avec les 2de option théâtre de Bourgogne lun 6, mar 7 et jeu 9/04 SALLE J. FORNIER

EN PRATIQUE Renseignements, réservations : 03 80 30 12 12 - www.tdb-cdn.com TARIFS Des formules sur mesure adaptées à vos envies : • avec les abonnements, des spectacles au prix de 13 € à 6 € • avec la carte tribu, 10 places à 10 €/à utiliser librement • avec la formule môme, 16 € pour un enfant et son accompagnateur • hors abonnements, plein tarif 18 € réduit** 13 € carteculture 5,5 € - groupes scolaires 8 €, -12 ans 7 €, séance scolaire 4 €

AU FOUR ET AU PARVIS par Mathieu Munier FISH’N CHIPS TOPS BEST OF IRISH

Ingrédients : 800g de filet de cabillaud pour la pâte à frire 1 verre de bière 1 verre de farine 1 pincée de sel 2 œufs

L’ A R T I STE TI ENT À LA FO IS DU SAVAN T ET D U BRIC OLEUR - CLAU DE LÉV Que se passe-t-il dans un I-STRA USS, L A PEN théâtre ? « Il faut qu’on sente, SÉE SA UVAGE demandait Bertolt Brecht

à sa troupe, que de nombreux artistes sont ici à l’œuvre en Théâtre Dijon Bourgogne tant que collectif (« Ensemble ») Parvis Saint-Jean pour présenter ensemble au public des histoires, des idées, des tours de force. » Cette harangue du metteur en scène et écrivain allemand nous rappelle les bases du métier. Des artistes rassemblés pour fabriquer des histoires : le bruit et la fureur du Cabaret-Hamlet forgé par la troupe de Matthias Langhoff résonnaient encore sous les voûtes du Parvis que deux nouveaux spectacles se préparaient. Avec l’École des génies du Hongrois Miklós Hubay présenté par la compagnie SF, nous avons ouvert le théâtre à une jeune équipe Bourguignonne. Au Parvis, Irène Bonnaud, notre metteur en scène associée, a lancé avec ses complices son troisième chantier à Dijon en s’attaquant à la Charrue et les Étoiles de l’Irlandais Sean O’Casey. Ces artistes et bien d’autres, artisans, techniciens, administratifs, ils sont nombreux qui travaillent à ces spectacles. Vous les découvrirez dans ce deuxième numéro de l’Acteur public. Mieux même, vous les rencontrerez en passant les portes du Théâtre Dijon Bourgogne. Ils vous embarqueront dans leurs histoires, ils donneront chair à des idées, bousculeront parfois les vôtres, vous donneront sûrement envie d’en échanger à la sortie des spectacles. Et vous apercevrez peut-être quelques uns des « secrets » cachés derrière les tours de force qui font la magie du théâtre. C’est cela que nous avons envie de partager, ensemble. François Chattot

- Séparer le blanc des jaunes d’œufs - Mélanger le verre de bière, la farine et les 2 jaunes d’œuf - Monter les 2 blancs d’œufs en neige avec une pincée de sel - Mélanger délicatement à la spatule les deux préparations - Passer les filets de cabillaud dans la pâte obtenue - Faire frire a 160°C pendant 3 à 4 minutes À servir avec des frites maison arrosées de vinaigre de malt et une bière irlandaise.

SALLES Parvis Saint-Jean, rue Danton salle Jacques Fornier, 30 rue d’Ahuy, Dijon

Le Bar du Parvis est ouvert avant et après chaque représentation.

Utopies, mode d’emploi Des Utopies ? Avant la venue à Dijon de ce spectacle, l’Acteur public a posé « la » question à Alain Renault, jeune retraité, ancien du TDB et militant de toujours. Billet d’humeur en

p.7 Avez-vous la plaquette de saison ? Demandez-la au Parvis ou téléchargez-la sur le site du TDB, www.tdb-cdn.com

Le Parvis

entre terre et ciel

Edmond Vullioud, Dan Artus, Anne-Laure Luisoni en répétition © V. Arbelet

En Chantier

Le Parvis se met au vert pour accueillir une fresque irlandaise réaliste et populaire. L’artiste associée au TDB, Irène Bonnaud, met en scène la Charrue et les Étoiles de Sean O’Casey, épopée de vies minuscules où la petite histoire croise la grande, les chansons irlandaises le rock des 80’s et le comique la tragédie. Avant la première le 4 février, En Chantier dévoile le travail en cours. Suivez le guide.

p.4-5

acteur, directeur du Théâtre Dijon Bourgogne

** tarif réduit (sur justificatif) : demandeurs d’emploi, étudiants, -26 ans, groupes, familles nombreuses, carte Cezam, passeport loisirs Quetigny Attention, tarifs spéciaux pour Le Bal de la contemporaine et Ô Eaux

ACCUEIL, BILLETTERIE Parvis St-Jean, rue Danton, 03 80 30 12 12 du lun au ven de 13 à 19h, le sam de 11 à 16h et une heure avant chaque représentation.

D U

D I J O N

Ce journal ne peut être vendu séparément - (Communiqué)

P.O.M.P.E.I. de Caterina Sagna

L J O U R N A

E T H É Â T R

O G N E B O U R G

Théâtre Dijon Bourgogne Parvis Saint-Jean

Au Four et au Parvis, la recette de Mathieu Munier Le cuisinier Mathieu Munier mitonne un cabillaud version gaélique. Recette so Irish en

p.8

Les SF, théâtre tout-terrain

Guillaumat, provocateur d’imaginaire

Les SF sont une jeune compagnie Bourguignonne. En résidence au TDB cette saison, l’équipe apporte sa générosité vivifiante et son appétit d’action. Détail en

Avec ses mots ou ceux de Boby Lapointe, Gérard Guillaumat transmet sa passion du verbe. Il la porte au théâtre, là où il retrouva l’usage de la parole perdu en déportation. Portrait en

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N°2 - 30 JANVIER 2009 - JOURNAL PARAISSANT CHAQUE TRIMESTRE


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LE PORTRAIT

LES BRÈVES DU PARVIS

Guillaumat, provocateur d’imaginaire À plus de 85 ans, le comédien Gérard Guillaumat continue à transmettre son amour des poètes. Un plaisir qu’il partage deux fois au TDB, en mars avec l’histoire de sa renaissance au théâtre et, en juin, à travers une célébration passionnée et vive de Boby Lapointe. Pour rencontrer Gérard Guillaumat, il faut se rendre à Cluny. Traverser la petite ville au patrimoine architectural religieux incroyable. Boire un café place du Marché, en attendant le comédien. De là, partir en sa compagnie pour Massilly. La rencontre se fera chez le metteur en scène Jean-Louis Hourdin, car, comme l’explique Guillaumat, « depuis Boby dit, j’ai joué surtout avec Jean-Louis et il est donc normal qu’il soit présent ». L’homme est de ceux pour qui la fidélité dans le travail a un sens et toutes ses collaborations sont fondées sur l’idée « d’une famille de comédiens qui jouent ensemble, réunis par une seule pensée transcendante ». Celui qui a travaillé avec Charles Dullin, Jean Dasté, Roger Planchon, et, depuis une dizaine d’années,

Hourdin, explique d’ailleurs, « avoir toujours fait partie d’une troupe ». Avant d’ajouter malicieusement : « pourtant, aujourd’hui, je fais des spectacles seul... » Mais Guillaumat n’oublie pas que « le théâtre est l’art de la contradiction » et se moque avec légèreté de ces paradoxes. Car si le comédien se concentre aujourd’hui sur les récitals, la rencontre avec une équipe artistique est bien toujours là. Ainsi pour Boby dit, Guillaumat est accompagné au plus près de son texte par Victor Zucchini à l’accordéon. Un spectacle ou le comédien célèbre sa passion pour Lapointe : « J’aime son écriture, les sujets qu’il traite et tous ses jeux de mots. Il a un langage unique, comme Brassens, c’est un poète avec sa propre grammaire. »

Gérard Guillaumat © DR

L’interprète des poètes Cette passion pour la grammaire des poètes, le récital la transmet au mieux. Le « format » a d’ailleurs trotté longtemps dans l’esprit de Guillaumat. « En Angleterre, j’ai vu le comédien Emlyn

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Williams lire les contes de Charles Dickens et cela m’a enthousiasmé. Sa présence et sa connaissance du texte étaient tellement fortes qu’il sollicitait l’imagination du public. Provoquer l’imaginaire est pour moi la plus belle chose du monde. Cela donne un sens à votre vie d’être quelqu’un qui peut parler au nom des poètes, donner leur langue... » Transmettre, avec « juste ce qu’il faut de chaleur », sans dénaturer le propos des auteurs. Voilà certainement la raison pour laquelle le comédien garde à ses côtés sur scène les textes - « la présence de l’auteur » et se refuse « à les apprendre par cœur, de peur de trop jouer ».

Renaissance par la parole Si la question de la langue est centrale chez Gérard Guillaumat, elle remonte à un traumatisme terrible. Déporté en camp de concentration lors de la Seconde Guerre mondiale, le jeune homme revient « malade » de la parole. Il doit au théâtre

son ré-apprentissage de la langue : « après la guerre je bégayais. Un jour, j’ai accompagné un ami à un cours d’art dramatique chez Charles Dullin. Les voir tous travailler sur la façon de s’exprimer m’a intéressé, et j’ai tenté l’audition. J’ai donc fait du théâtre pour réapprendre à parler. » Une histoire que Guillaumat a un jour décidé de porter à l’écrit. Intitulé D’où vienstu mon petit ? le récit est devenu, avec la complicité de Jean-Louis Hourdin, un spectacle. Le seul écrit par Guillaumat, qui dit « ne pas avoir envie d’écrire autre chose, il n’y a que cela, et c’est tout. J’aime ce sujet parce que je dis pourquoi j’ai commencé à faire du théâtre. Et en fin de compte, dire « la grammaire » pour un comédien c’est aussi réapprendre à parler ». Caroline Châtelet

Gérard Guillaumat est l’auteur et interprète de D’où viens-tu mon petit ? (Parvis Saint-Jean, du 25 au 28/03) et l’interprète de Boby dit (Parvis Saint-Jean, du 17 au 20/06) Il animera la 7e des “Huit Faces du théâtre”, un parcours-découverte autour des spectacles et du TDB (Parvis Saint-Jean, le 23/03)

Solidarité

Dans le cadre du compagnonnage avec le Festival Itinéraires singuliers, l’Homme qui penche de Thierry Metz mis en scène par Marc Feld joue du 12 au 14/02 à la salle Jacques Fornier. Le dispositif Culture à l’hôpital propose divers ateliers et rencontres autour de ce spectacle. + d’infos : Festival Itinéraires singuliers, 03 80 41 37 84. Grâce à l’audiodescription, un groupe de spectateurs malvoyants a pu assister à une représentation de Hamlet à Dijon. Le TDB prolonge ce dispositif pour la Charrue et les Étoiles (17/02). Avec le soutien de la fondation Orange. + d’infos : Anne-Marie Lebeslé, 03 80 68 47 47.

À L’ÉPREUVE DES ENFANTS Le TDB a proposé à Jérôme Hankins, traducteur et metteur en scène de la pièce, d’embarquer deux classes d’élèves de troisième et d’adolescents du voyage du collège Les Lentillères de Dijon dans un travail sur les Enfants de Edward Bond, avec leurs professeurs et les comédiens Chantal Joblon et Fred Egginton. Créée en 2000 dans un collège anglais, les Enfants raconte comment un jeune garçon, Joe, se voit confier par sa mère une étrange mission qu’il acceptera d’accomplir. Les conséquences seront dévastatrices. Joe sera contraint à la fuite et à l’errance avec un groupe d’amis. Il devra affronter un monde apocalyptique qui le changera à jamais. En nous mettant face à notre propre responsabilité, Bond nous renseigne sur nousmêmes, notre relation à l’autre et au monde. L’histoire des Enfants, dans sa radicalité même, nous amène à espérer ce qui est pour l’auteur un monde « juste encore à faire ». Bond a voulu que la pièce puisse s’adapter à des situations différentes et laissé aux interprètes une grande liberté d’improvisation et d’adaptation. Chaque présentation naît donc de la rencontre unique entre ce texte et les porteurs d’un projet. Edward Bond est né en Angleterre où il vit actuellement. Il est l’auteur d’une cinquantaine de pièces, scénarios, poésies, livrets d’opéra et essais. Deux présentations publiques auront lieu Salle J. Fornier les 3 et 6 février à 19h. Entrée libre, réservation indispensable, + d’infos : 03 80 30 12 12. En présence de Edward Bond (sous réserve). Jeanne-Marie Pietropaoli

Éducation

Traverses initie des rencontres entre comédiens, professeurs et élèves de seconde option théâtre. Les 10 classes des 9 lycées concernés ont travaillé sur Hamlet de Shakespeare et ont vu la mise en scène de Matthias Langhoff. Le stage final animé par professeurs et comédiens aura lieu les 6, 7 et 9/04 à la salle Jacques Fornier en présence de François Chattot. + d’infos : Jeanne-Marie Pietropaoli, 03 80 68 47 47. En écho au Bal de la contemporaine le TDB propose à certains élèves du Conservatoire de Dijon un atelier de pratique artistique. Dirigés par le musicien Pablo Cueco, les participants deviendront meneurs de bal lors des représentations du 4/04 et 24/06 à Dijon. + d’infos : TDB, 03 80 30 12 12. En janvier 2009 le TDB a renouvelé sa convention avec le lycée Hilaire de Char-

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Agnès Dewitte et Bob Villette, il aura lieu du 9 au 20/03 à la salle Jacques Fornier. + d’infos : Jeanne-Marie Pietropaoli, 03 80 68 47 47.

Modes d’envies

Membre du collectif Tous d’ailleurs, le TDB collabore à la manifestation Modes de vie. Jusqu’au 10/02, musiques, rencontres, expositions et spectacles essaiment à Chenôve, Dijon, Longvic et Quétigny. + d’infos : Modes de vie, 03 80 66 16 57.

Double jeu

Avant sa venue au Festival Théâtre en mai, We are la France joue à l’atheneum du 6 au 8/04. Mise en scène par Benoît Lambert sur des textes de Jean-Charles Massera, la pièce réunit les comédiens Guillaume Hincky et Élisabeth Hölzle. + d’infos : atheneum : 03 80 39 52 20.

tournée Lad’Idem

Jérôme Hankins et Edward Bond - Rencontres européennes de théâtre au TDB en nov 2005 - © V. Arbelet

donnay de Chalon-sur-Saône et signé celle le liant au lycée Montchapet de Dijon. Ces documents formalisent les multiples actions menées avec ces établissements scolaires. + d’infos : TDB, Jeanne-Marie Pietropaoli, 03 80 68 47 47.



Cabaret hivernal

À 21h au Cabaret de l’âne, les artistes investissent les bistrots dijonnais. Félicien Juttner joue au Cappuccino (132, rue Berbisey, à Dijon) son récital Autour de Brassens le 19/03 et l’inénarra-

Édité par le Théâtre Dijon Bourgogne Directeur de la publication François Chattot Rédaction Caroline Châtelet, François Chattot, Ivan Grinberg, Florent Guyot, Sophie-Aude Picon, Jeanne-Marie Pietropaoli, Nicolas Royer, Carole Vidal-Rosset Crédits photographiques Vincent Arbelet, Philippe Bretelle Illustrations Quint Buchholz, François Chattot, Claire Le Gal Réalisation tempsRéel, Dijon Impression Le Bien Public, Dijon (21)

ble Jean-Guy Lombo chante l’amour avec Gérard Cabrul à l’Assommoir (48, rue Monge, à Dijon) le 2/04. (entrée libre) + d’infos : TDB au 03 80 30 12 12.

Édition

Dans le cadre du Pôle ressources éducation artistique et culturelle (PREAC), Christine Bertocchi a mené en 2008 le stage Voie ouverte. Cet atelier se prolonge avec la coédition d’un DVD par le TDB, Musique Danse Bourgogne, le Conseil général/Voix de Côte d’Or, le CDDP de l’Yonne,

l’association D’un instant à l’autre et le CRDP Bourgogne. Présentation le 20/03 à 18h au Parvis Saint-Jean en présence de Christine Bertocchi et Géraldine Toutain (entrée libre). Ce DVD ainsi que Faire avec le réel, autour du Roi Lear, sont en vente à la librairie du Parvis. + d’infos : TDB, 03 80 30 12 12.

Idem collectif réunit Élisabeth Hölzle, Laure Mathis, Hortense Monsaingeon et Aline Reviriaud. Soutenue par le TDB, la compagnie part en tournée en Bourgogne avec les Bonnes de Jean Genet. Élisabeth Hölzle sera également en juin à la Courneuve pour la reprise de sa mise en scène de Jean la Chance de Bertolt Brecht. + d’infos : Idem collectif, A. Reviriaud 06 61 56 78 23, A. Renault 06 72 72 48 21.

Chemins en jeu

Chemins d’acteur est le prochain atelier destiné aux professionnels du spectacle. Dirigé par les comédiens

Le Théâtre Dijon Bourgogne est subventionné par

Les Bonnes - Laure Mathis et Aline Reviriaud © V. Arbelet

Le Théâtre Dijon Bourgogne remercie ses partenaires

La librairie Grangier

Le Théâtre Dijon Bourgogne collabore avec L’Opéra Dijon, ABC Association Bourguignonne Culturelle, Art Danse Bourgogne, Le Festival Why Note, l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Dijon, le Festival Itinéraires Singuliers, le Cinéma Eldorado, le CRDP Bourgogne


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EN CHANTIER Le Parvis entre terre et ciel

« Un théâtre à la vitalité extraordinaire »

Alors que les tumultes d’Hamlet résonnent encore, le Parvis ne désarme pas. Irène Bonnaud prend le TDB d’assaut avec la Charrue et les Étoiles, fresque réaliste où les chansons se mêlent au tragique et la légèreté aux luttes armées. Avant que la tournette du décor n’égrène les mouvements pour la première le 4 février, En Chantier s’invite au Parvis. elet bacher © V. Arb Martine Scham rnard Escalon, Be ni, iso Lu Visite guidée du travail d’Irène et de son équipe Anne-Laure : Dan Artus, En répétition sur une pièce à l’énergie collective et aux dramaturges poputhèmes universels. 80-1964) est l’un des grands uteur Sean O’Casey (18 ment dans * L’a

Artiste associée... et impliquée Irène Bonnaud est artiste associée au TDB depuis l’arrivée de François Chattot à sa tête, en 2007. Cela signifie pour la metteure en scène une présence au long cours en Bourgogne et une implication réelle dans la vie de la maison. Les Bourguignons ont, ainsi, déjà pu découvrir Music Hall 56 de John Osborne (mars 07) et le Prince travesti de Marivaux (mars 08), créé en décentralisation à Luzy. Lentement, précieusement, les liens se tissent, avec le public d’une part et les artistes d’autre part, la troupe de la Charrue comprenant pour bonne moitié des comédiens de Music Hall 56 et du Prince travesti. Pendant les répétitions, l’équipe se prête avec générosité au jeu des rencontres avec les publics, proposant différentes portes d’entrée dans le théâtre et la langue de Sean O’Casey. Que ce soit un atelier « Miniatures » ouvert à tous, des visites du décor ou encore la distribution de vin chaud, les actions se suivent et ne se ressemblent pas.

Irish Songs

, il s’engage rapide famille protestante pauvre ne d’u u Iss is. nda irla es lair avec l’Armée citoyenne 1916, prenant ses distances En e. anc end dép l’in r pou la lutte il reçoit dès ses prede Pâques. Autodidacte, tion rec sur l’in ne dam con ts. irlandaise, il érature William Butler Yea poète et prix Nobel de litt de ité sal ver mières pièces le soutien du uni asey mêle une de l’Irlande populaire, O’C re ntu pei sa r pou é ébr Cél langue indémodable. thèmes à une énergie de 6 pour l’indépenl’insurrection de Pâques 191 que évo 6) 192 en rite (éc un ap* La pièce vient de s’installer dans ne couple (Nora et Jack) sin et cou ue dance de l’Irlande. Un jeu vag il oncle, un vre où ils hébergent un vie pau r rtie qua n d’u ders ent lea tem des par e et les discours ssé par des rêves d’héroïsm Pou . age sin voi rs du cou gne un ivro ndantiste. Au d’une organisation indépe gs ran les int rejo k Jac , nationalistes s la tragédie. Jack et Nora bascule dan de l’insurrection, la vie de mouiles renvoie au drapeau du * Le titre la Charrue et les Éto . ise nda irla de l’Armée citoyenne vement syndicaliste ouvrier labeur de la lutte des clasLa charrue symbolise le dur de la société capitaliste, ses (retournement du sol futur, récolte lors de la semailles des graines du la beauté et la noblesse maturité), et les étoiles des idéaux ouvriers.

La musique occupe une pla ce importante dans le tra vail d’Irène Bonnaud, elle l’intellectualité de la parole permet « d’aller au-delà de , de montrer les gouffres ém otionnels à l’intérieur même on est dans une compréhen du texte. Avec la musique sion beaucoup plus instin ctive. » Tout en décapant parfois à O’Casey, puisque le vernis vieillot qui colle certaines chansons sont pro posées dans une version con morceaux ont donc été cho temporaine. Les nombreux isis avec soin par Irène Bo nna ud et Sophie-Aude Picon, à la mise en scène, qui comédienne et assistante assure également le tra vail de répétition des cha impressions sur le « work nso ns. Brèves Elle nous livre ici ses in pro gre la ss » : la bière, l’équipe de « Aujourd’hui c’est dimanc Ne jurant plus que par he, vin un de jour de pause, un jour san distribution s répétition. C’est un jou sans les courants d’air qui Charrue brade sa cave. Une r sans chanter à midi, s’insinuent dans le transe le samedi 31/01 lieu a aur ns nso pt du Parvis Saint-Jean, san cha chaud en jour pour reposer sa voix s ital ienne ni tournette, un et sa têt e, pour voir le jour justem sur le marché de Dijon. ent et abandonner un mo rayon de soleil, revoir ceu me crè la t ment son visage à un san nis x réu que k l’on aime, un jour sans Irlande Ze Group, combo roc aux autres, à ceux qu’on enfin, et on se surprend cœur des le era bris , aux à pourtant songer va ion ret rég rou ver demain, avec qui, dep des techniciens uis un mois et demi, on app à vivre. Il y a ceux qu’on con session irlanck bla ne d’u ren s d à travailler et lor naî s t bien, avec lesquels on a déj demoiselle à fait plusieurs spectacles, verts, et tous et chacun, au Parvis. Fans trop 30 20h à et 02 ceu com 14/ x le qu’on a découédi se ens et techniciens, aident dai notre Charrue à tracer son sill on dan sensibles s’abstenir. s la sombre terre d’Irlande qui nous dev ient chaque jour plus fam Feehily sera présent L’auteur irlandais Gerry iliè re. No ra, et Jack, Coucou et Peter, Bessie, Mm pour une Dispute e Gogan et Mollser, Brenna le lundi 16/02, à 18h30, n, Ro sie et son me bar alis ma ion n, nat les du sol n dats anglais, toutes ces du Parvis sur la questio petites étoiles dont l’histo d. se nau rac Bon ire ont ène e dés d’Ir orm ce ais pour nous au son de Fog irlandais. En présen gy Dew, de Galway Races e pour les uré de ass Jac est ket , n ’s tio Gre rip en esc ou de Tipperary, de ces cha Une audiod nsons qui nous rassemble de la représenlors quo ts tidi yan nt enn lvo em ma rs ent teu pour un moment de musiq specta ue autour du piano. 20h30. Avec le souLe spectacle est encore en tation du mardi 17/02 à train de se faire et on dev . nge ine qu’il va bientôt Ora advenir, porté par toutes tien de la fondation ces énergies conjuguées. ait lancé aur rs ffeu coi des al Et en ce jour de ion pause je savoure le plaisir L’Ordre nat de ce moment particulièrem de cheveux pes cou les tre con n itio ent magique où une pét rien n’est fini mais où l’o n sent que le monstre est s comédiens. peu orthodoxes de certain en train de se laisser apprivoiser. » Croquis de scénographie Claire Le Gal

Après avoir mis en scène au TDB Music Hall 56 de John Osborne, le Prince travesti de Marivaux et dernièrement Fanny de Marcel Pagnol à la Comédie-Française, Irène Bonnaud s’attaque à la Charrue et les Étoiles de Sean O’Casey. Pourquoi ? Comment ? Comment avez-vous découvert Sean O’Casey ? Irène Bonnaud : Pour le metteur en scène Peter Zadek, O’Casey est l’héritier de Shakespeare dans le théâtre anglo-saxon. O’Casey réunit des choses dissemblables, dissonantes, et on retrouve dans son écriture le caractère composite de la langue élisabéthaine. Cela produit un théâtre à la vitalité extraordinaire, qui ressemble à la vie. Dans la Charrue, chaque personnage a un idiome et une vision propre de la grammaire anglaise. Le mélange des styles produit quelque chose de sophistiqué et populaire, avec un véritable langage poétique et métaphorique. On sent ici la volonté de faire une tragédie shakespearienne.

A la différence des tragédies de Shakespeare, la pièce ne se construit pas autour d’un personnage central... I.B. : La pièce est polyphonique, elle décrit la vie d’une communauté. Cette vie est constituée de moments de déchirements dûs à des querelles d’ordre religieux, politique et de moments d’entraide. L’un des intérêts de la pièce réside d’ailleurs dans le fait de nous montrer un conflit religieux en plein cœur de l’Europe, et qui perdure encore à l’heure actuelle. En dépit de la signature d’accords de paix, une sorte de haine ancestrale se perpétue en Irlande, provoquant des mécanismes de haine et de vengeance. En parlant de l’Irlande O’Casey parle de choses qui nous tou-

mes Du texte aux auvofillu de ses mises en scène des Irène Bonnaud développe velle rrue marque ainsi une nou fidélités artistiques. La Cha la cosnographe Claire Le Gal et collaboration avec la scé ient erling. Toutes deux appréc tumière Nathalie Prats-B nt me nne il n’y a pas de cloiso un mode de travail où « né, cer rs. Tout le monde est con entre les différents secteu osiplémentaire. » La transp on avance de manière com ne Irè par lue années 1980 vou tion de l’histoire dans les l, Ga Le rice ; pour Claire Bonnaud est mobilisat nde te époque, tout le mo « l’équipe ayant vécu cet on n’est pas bloqué par une réagit plus facilement, et r torique. » L’utilisation pou image de reconstitution his urs sie permet de figurer plu le décor d’une tournette « ettant le mouvement. » espaces, tout en transm bien « que l’image soit La double exigence étant positif alimente le jeu des satisfaisante et que le dis comédiens. » struisent au fil du travail Côté costumes, ils se con habille les comédiens et Nathalie Prats-Berling er sans attendre dans « dès le premier jour. Rentr giner le personnage. la matière les aide à ima achent, le costume fait Ils avancent avec, s’y att partie de leur chair ».

chent directement. Bien des conflits qui se développent aujourd’hui se fondent sur des haines religieuses, ethniques... Il y a une imbrication forte de la petite et de la grande histoire ? I.B. : Il n’est pas question que de l’insurrection, mais des relations familiales, de comptoir, de voisinage, etc. Il y a tout ce qui compose la vie, y compris dans son côté comique, tendre, ou romantique. O’Casey décrit des milieux populaires mais sans se complaire dans l’esthétisme de la pauvreté ou de la misère. Ce qui l’intéresse c’est l’énergie que les gens ont pour vivre. Il montre également comment sphères privée et publique sont des concepts abstraits. Les rapports intimes sont ici traversés de conflits plus vastes. La Charrue et les Étoiles a été peu montée en France, est-ce important pour vous ? I.B. : J’aime travailler de grandes pièces peu entendues. C’est important de trouver des textes forts qui ne sont pas toujours les mêmes et qui nous aident à comprendre lemonde dans lequel on vit. Certains auteurs sont englués dans le pittoresque qu’ils ont pu produire et c’est le cas de O’Casey. Il est très lu, étudié, et joué en Irlande, mais, du coup, il est aussi usé par ça : au fil du temps, une imagerie un peu vieillotte et consensuelle s’est mise en place, alors que la Charrue a fait scandale à sa création !

de Sean O’Casey La Charrue et les Étoiles e en scène Irène d & Christophe Triau, mis nau Bon texte français Irène musicale Sophiemise en scène et direction Bonnaud, assistante à la Nathalie Pratses tum cos , Gal ie Claire Le Aude Picon, scénograph ever, création nt-S uillages Catherine Sai Berling, coiffures et maq Victor Dos éo vid et ière lum ie rég Levy, lumière et vidéo Daniel Jean-Marc son e régi ou, et Jean-Marc Bez Santos, son Alain Gravier eau Christophe plat e régi d, nar Ber phe isto Bezou, régie générale Chr ilien Malause à la mise en scène Em Boisson, assistant-stagiair séna Marie Favre, Bouab, Bernard Escalon, avec Dan Artus, Assaad , Sophieacio Pal an aure Luisoni, Rom Adeline Guillot, Anne-L her, Edmond bac am Sch e rtin Ma si, Aude Picon, Roland Sas nçois Chattot Vullioud et la voix de Fra gne, Parvis Saint-Jean, rgo au Théâtre Dijon Bou 09 tournée à partir de mars du 4 au 20/02/09 et en

Pourquoi scandale ? I.B. : L’insurrection est un échec, réprimée si durement qu’elle devient une sorte de mythe national. Mais en accédant à ce statut de mythe, elle participe au retournement de l’opinion publique irlandaise, qui conduit au final à l’indépendance du pays. Ayant vécu l’insurrection, O’Casey en montre toutes les contradictions et les apories. Il est très critique vis-à-vis de son propre camp et ne conforte pas le public dans la rhétorique de la révolution, du martyre et du sacrifice à l’œuvre dans l’engagement nationaliste... O’Casey n’est pas complaisant, il décape toute cette mythologie de façon radicale et l’une de nos préoccupations consiste à retrouver cette radicalité. Comment vous y prenezvous ? I.B. : La meilleure façon de donner à entendre les enjeux fondamentaux de la pièce sans édulcorer son propos est d’avoir un cadre qui rappelle le monde contemporain. En situant l’action dans l’Irlande des années 1980 on conserve le contexte et la situation du pays, tout en ouvrant sur le monde d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas de faire un documentaire sur l’insurrection, mais de voir comment la pièce nous aide à réfléchir sur notre temps. Certaines situations peuvent rappeler d’autres endroits, Sarajevo, Bagdad, Gaza, etc.

Roland Sassi - Peter Flynn

Dan Artus - Coucou

Sophie-Aude Picon - Rosie Redmond

Anne-Laure Luisoni - Mme Gogan

Roman Palacio - Capitaine Brennan Assaad Bouab - Jack Clitheroe Adeline Guillot - Lieutenant Langon

Propos recueillis C. C. textes Caroline Châtelet et Sophie-Aude Picon Portraits V. Arbelet


COULISSES

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POINTS DE VUE

COULISSES, n.f. pl. - parties du théâtre touchant à tous les alentours de la scène, souvent peu connues du public.

À savourer dans tous les sens

Les SF, THÉÂTRE tout-terrain

Wasser, Wind und Stahl (eau, vent et acier)

Comment un projet de théâtre en mobylettes se transforme-t-il en résidence de création ? Comment la préparation d’une tournée devient-elle l’occasion d’un road-trip dans le Nord ? Comment l’administrateur du TDB a-t-il 30% de cheveux gris en plus depuis cinq mois ? Des réponses (ou pas !) dans cette page consacrée à l’énergique nébuleuse SF...

Rappel des faits Le TDB renforce son soutien aux compagnies régionales. Outre l’accueil ponctuel et les aides à la tournée dont bénéficient plusieurs structures, un lien particulier se tisse tout au long de la saison 08-09 avec les SF. La jeune compagnie, laboratoire théâtral à tendance déglin-

guée, et le TDB se partagent leur outil de travail au sein d’une résidence de création. Ce qui donne lieu à des multiples projets : lectures impromptues, débats, ateliers, spectacles... Mais la rencontre entre une « grosse machine » et une jeune compagnie n’est pas de tout repos. Les frictions

sont obligatoires, les artistes confrontant leurs envies aux réalités d’une institution (cf encadré). Pourtant, le vent frais que les SF font souffler dans la maison de théâtre est loin d’être désagréable. Vivifiant, plutôt, et rappelant toute l’équipe à son rôle premier : accompagner et aider à la mise en

e balançoire Une demoiselle sur un eignante attachée Carole Vidal-Rosset, ens TDB nous donne sa au service éducatif du ies de Miklós Hubay lecture de l’École des gén présentée par les SF. cole niault - L’É Ingrid Reve

© des génies

V. Arbelet

du sa chaussure), Cendrillon (qui a déjà per (elle écrit en letAlice au pays des génies u géant), femme tres géantes sur un tablea femme madone enfant, femme funambule, femme Femme à la posture hiératique, , de sa bottine (sensualité de sa chevelure de fétichiste)… exposée comme un objet le toutes les la gardienne est à elle seu femmes. r triplement C’est que pour le prisonnie iplie les barencagé (la lumière démult sa tenue et reaux en les projetant sur représente elle sur les murs du fond), la Femme le fantasme absolu et de et de la Liberté.

… é faite Femme m’a fait Sauf que cette Libert « Un ventre de femme inquiétante me suscite en réalité une me fem de re nt ve un e naîtr s, échos étrangeté : échos sonore » té er lib ge rendra la ls, voix déformée, monta la est donné : gestue de age L’obscurité s’installe, le vis liste d’un femme sur une surréa image poétique d’une d’une jambe de de tulle mannequin et le éto et ure vel che e, balançoir chaotique semé vent, femme, parcours le par ées lev sou ent blanche lentem tes, de déséquilibres, de intrusion réaliste de chu (lenteur et, dans un même temps, déréglés lique ; fragilité rythmes tal mé ore son s ver uni n d’u accélération puis diée mais extrême lmo psa e squ pre ie lod d’une mé sive des déplacements…). ce d’un ricane- compul aussi inquiétante violen ent la balançoire va trop g silence avant Décidém ment… puis long, très lon corde s’entortille bien de la cellule vite et la rs mu les : ion rat lag la déf eusement… x prisonniers, danger s’abattent, et voilà deu s loupe, brutale- Où est le véritable comme deux insectes sou s. enfer-mement ? ment exposés à nos regard es. iqu hét est x deu Deux univers, en réalité, age est celle traitée La dernière im est son pri la de n atio ent Si la représ is solitudes. Reste au rreaux de fer qui de tro de façon naturaliste (ba teur une liberté, celle me mur avec le specta installent un vrai quatriè cadrer » là où il veut… la gardienne de de « de age l’im r), teu cta spe me déréalisée : prison, à l’inverse, est com

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Miklós Hubay et les SF (Julien Colombet, Sébastien Foutoyet, Reinier Sagel, Romain Nieddu, Ingrid Reveniault) © V. Arbelet

œuvre de projets artistiques. Un dialogue concret, producteur de moments privilégiés avec toutes sortes de publics, élèves, simples passants, groupes de spectateurs, et, peut-être, bientôt vous ?

Et la suite ? En janvier les SF ont joué

l‘École des génies de l’auteur hongrois Miklós Hubay, qui est venu en France spécialement pour l’occasion. Avant la reprise de la pièce en mars prochain, l’équipe continue son travail et prépare activement le Petit Cirque des tribuns, un spectacle en tournée mobylettes avec François Chattot.

À compagnonnage in tensif, résultats (parfois) expl osifs

Description du « SF », par Nicolas

Royer, administrateur du TDB

Le SF est une bête dan gereuse pour un adminis trateur... Le SF ne connaît pas les contraintes “administrati vo-juridico”. Le SF peut décider à 8h d’acheter une mobylette sur internet et à 9h d’aller chercher san s plus attendre la fameus e mobylette à Lille. Toute l’équipe du théâtre est alors mo bilisée, il faut trouver un véhicule, sal arier dans l’urgence les SF, aller à la banque car « ladite mobyl ette s’achète en liquide !!! ». Bref, nous avons vite compris que le SF ne se dompte pas, on peut seulement l’apprivoiser et je dois bien reconnaît re que c’est là son charme...

, alors que les SF répètent, le metteur en scèn e François Tang uy est de passage à D ijon. Ils se croi se nt par hasard, échang ent quelques m ot s et de là naît une invitation à ré sidence en décembre à la Fonderie au Mans, lieu du théâ tre du Radea u. Un moment intens e vécu intimem en t par chacun d’eux. Témoignage d’ Ingrid Reveniault : « Le premier sp ectacle de théâtre que j’ai vu de ma vi e c’est le Chant du bo uc du Radeau. J’a vais quinze ans, j’é tais en A3 théâ tre. Je n’ai rien co mpris mais je suis ressortie boul eversée. Il y a eu un déclic. Un choc . Tanguy, le R ad eau, pour moi c’est ma colonne vertébrale. C’ était donc hyper émouvant d’al ler là-bas, j’a i eu quasiment les larmes aux yeux toute la semaine. »

La Compagnie SF c’est : Sébastien Foutoyet, metteur en scène et comédien, Julien Colombet, Ingrid Reveniault, Reinier Sagel, comédiens, Romain Nieddu, scénographe à venir : L’École des génies reprise du 3 au 7/03 Être là - atelier dirigé par Sébastien Foutoyet les 7, 8 et 15/02 Le Petit Cirque des tribuns tournée mobylettes en juin Lecture au Musée des Beaux-Arts le 24/04 (renseignements, Musée des Beaux-Arts de Dijon, 03 80 74 53 59)

textes : C.C., C. V.-R., N.R.

équipe. Dans Wasser, Wind und Stahl on retrouve donc le peintre Bernard Garo (rassembleur du collectif) en train de peindre en direct, accompagné au saxophone par Eric Fischer, pendant que le comédien Patrick Loterman dit des textes du poète Dominique Brand, et que la danseuse Satchie Noro exécute sa chorégraphie devant les vidéos de Zacharie Dangoin... et beaucoup d’autres surprises... Voilà l’étonnant fil conducteur des arts et des artistes qui se déploie tout au long de la représentation pour nous offrir une narration poétique époustouflante, où tous les sens des spectateurs sont convoqués.

texte et illustration François Chattot, Wasser, Wind und Stahl Collectif de la Dernière Tangente (Parvis Saint-Jean, du 7 au 11/04)

Autour de la venue des Utopies ?, le point de vue d’Alain Renault* Porter des utopies me semble totalement indispensable

Une résiden ce émaillée de « hasards merveilleux » En juillet

En ce moment même, au Centre Georges Pompidou à Paris, le titre d’une exposition consacrée au designer et architecte britannique Ron Arad annonce : No Discipline. Souvenez-vous du cycle Dehors consacré à Yves Chaudouët en 2008, c’était aussi une variation sur l’artiste comme généraliste explosant les frontières entre disciplines : peintre, graveur, sculpteur, photographe, dramaturge, metteur en scène... Le Collectif de la Dernière Tangente, invité pour la première fois à Dijon lors du Festival 2007 avec Temps morts, présente cette année une nouvelle création, Wasser, Wind und Stahl. Ce collectif décline une approche artistique très pragmatique : « attraper » la question de la discipline par un autre bout. Chaque artiste est un artisan confirmé dans sa discipline, et c’est l’ensemble, le collectif ainsi réuni, qui imagine, compose et construit l’œuvre en

Cela relève de l’organique, ça passe dans les veines et pas seulement dans l’intellect. L’utopie n’est pas réservée à des doux rêveurs mais a, au contraire, partie liée avec le militantisme et l’engagement. C’est la nécessaire flamme dont on a besoin pour rester debout et défendre ce en quoi l’on croit. Tous mes engagements qu’ils soient politiques, militants, associatifs, professionnels se sont construits sur la conviction que les utopies d’aujourd’hui doivent être les réalités de demain... Lorsque Jean Macé à la fin du XIXe siècle invente la Ligue de l’Enseignement et l’Education Populaire, lorsqu’il dit « Faites lire ceux qui ne lisent pas, faites penser ceux qui ne pensent pas et faites des hommes des citoyens » c’est à l’époque totalement utopique ! Mais petit à petit, grâce aux engagements de tous au

quotidien, cela devient possible même si parfois nos réussites sont à la hauteur de la peine engendrée par nos échecs.

qui divise pour rassembler constitue selon moi l’un des rôles essentiels du théâtre, de tous temps. En nous montrant la déformation du monde, les artistes nous transmettent des émotions et nous amènent ainsi à des prises de conscience majeures.

Les artistes jouent un rôle essentiel dans cette mise en actes des utopies Prenons l’exemple de la décentralisation culturelle : quand, dans les années 50, Jacques Fornier vient frapper à la porte de la maison de Jacques Copeau à Pernand-Vergelesses et qu’il joue sur les places de village, qui aurait cru que ça fonctionnerait ? Mais ça a marché ! Et maintenant c’est à nous de continuer à animer et à transmettre cette flamme, comme nos pères et nos grands-pères nous l’ont transmise.

Le théâtre est un lieu où prennent forme nos rêves Dans le spectacle des Utopies ? Oriza Hirata, Amir Reza Koohestani et Sylvain Maurice inventent

propos recueillis par C.C.

© Philippe Bretelle

une tour de Babel franco-irano-nipponne. Les différences de cultures entre les peuples, souvent à l’origine de conflits, deviennent pour eux un moyen d’échanges : plutôt que de s’affronter, on se rencontre. Le geste qui consiste à partir de ce

*Alain Renault est président de la Ligue de l’Enseignement de Côte d’Or, de l’ARTDAM, de l’association d’insertion par l’économie Jade Services, de la compagnie de théâtre Idem Collectif. Il est responsable syndical en Bourgogne pour la fédération du spectacle CGT et militant politique. D’octobre 1974 à décembre 2006 il a travaillé au TDB, où il occupait le poste de responsable des relations publiques.

Des Utopies ? textes et mises en scène Oriza Hirata, Sylvain Maurice, Amir Reza Koohestani (Parvis Saint-Jean, du 14 au 17/04)

L' acteur public N°2  

Le journal du Théâtre Dijon Bourgogne - n°2

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