Issuu on Google+

Forte de son expérience de kinésithérapeute, l’auteur répond aux nombreuses questions que se posent les parents et les professionnels de la petite enfance : le passage par le quatre pattes est-il important ? Faut-il aider le bébé à se mettre debout ou à marcher ? Doit-on s’inquiéter d’un petit retard d’installation de la marche ? Comment faire face à un bébé en difficulté ? Elle propose des conseils pour la vie quotidienne, pour le choix du matériel et des objets à mettre à disposition, mais aussi des jeux moteurs simples, faciles à partager, afin de donner au tout-petit toutes les chances d’être à l’aise dans son corps avant de savoir marcher. Les nombreux dessins et photos rendent l’ouvrage dynamique, vivant et pédagogique : au service de tous les enfants, qu’ils soient en bonne santé ou qu’ils présentent une pathologie, il a pour objectif d’inciter l’entourage familial et professionnel à mieux observer les tout-petits, à s’émerveiller devant leurs exploits moteurs, mais aussi à agir au bon moment en cas d’inquiétude. Michèle Forestier est kinésithérapeute à Voiron, dans l’Isère, depuis plus de trente-cinq ans. Elle a exercé dans un établissement accueillant des enfants porteurs de handicap, puis en activité libérale et se consacre désormais à l’accompagnement du développement moteur des bébés. Préface du professeur Jean-Charles Picaud

www.editions-eres.com Imprimé en France ISBN : 978-2-7492-1450-4 Prix : 23 €

De la naissance aux premiers pas

Stimulés ou pas, tous les bébés en bonne santé parviennent à marcher, sans que l’on ait besoin de leur apprendre. Toutefois, l’attitude des personnes qui les entourent peut favoriser ou freiner l’installation d’une bonne motricité.

Michèle Forestier

De la naissance+7-168x24 27/07/11 12:51 Page1

Michèle Forestier

De la naissance aux premiers pas Accompagner l’enfant dans ses découvertes motrices


De la naissance-CH0a2-01-08-11 01/08/11 12:50 Page6

Sommaire 11

Préface de Jean-Charles Picaud

13

Introduction

17

L’éveilàlavie

21

1.Laconstructiondelamotricité Les possibilités motrices Cheminement vers la position debout Analyse des mouvements Quelques repères

37

2.Phasestatique.Lespositionsàplatausol (jusqu’à6mois) état de la motricité au moment de la naissance Sur le dos Sur le côté Sur le ventre

61

3.Phasedynamique.Lespremiersdéplacements(de5à10mois) Les retournements à partir de 5 mois (passages dos-ventre et ventre-dos) Les roulés-boulés Les déplacements par glissement - Le ramper vers l’arrière - Le pivot - Le ramper vers l’avant Le quatre pattes - L’installation à quatre pattes - La marche à quatre pattes

87

4.Découvertedelaverticalité(après8mois) La position assise - L’installation et la sortie de la position assise - La position assise tenue Les positions à genoux - À genoux assis - À genoux dressés - Le « chevalier servant » La position debout - L’installation en position debout et la redescente - La position debout tenue


De la naissance-CH0a2-01-08-11 01/08/11 12:50 Page7

117

5.L’explorationdel’espace.L’escalade Le franchissement d’obstacles La descente du canapé ou du lit La montée et la descente des escaliers Autres petits exploits

141

6.Lamarche Les conditions nécessaires à la marche Les déplacements debout avec appui des mains La marche autonome Jeux moteurs Ce qu’il faudrait éviter Problèmes rencontrés L’âge de la marche

159

7.Intérêtd’unbondéveloppement Autonomie Connaissance du corps, bien-être corporel Connaissance de l’espace Travail des yeux Richesse des découvertes Travail des membres supérieurs Alternance des appuis, dissociation des ceintures Confiance en soi, concentration Sécurité, travail de l’équilibre Meilleure relation parent-enfant « Entrer en relation » Bien-être global


De la naissance-CH0a2-01-08-11 01/08/11 12:50 Page8

Sommaire 173

8.L’accompagnementdelamotricité Comment accompagner bébé Les erreurs les plus fréquentes Les idées reçues Les actes de la vie quotidienne - Le sommeil - Les périodes d’éveil - Le change - Le bain - Les repas - Les déplacements Le petit mobilier de bébé, les accessoires - Le tapis - Le parc - Les aides à la position assise - Le petit banc - Les aides à la position debout - Les aides à la marche - Le porteur Les vêtements Les chaussures La société de consommation Quand bébé est gardé à l’extérieur Autres méthodes

215

9.Difficultéstransitoires Causes possibles Comment s’y prendre, dans tous les cas Bébés ne supportant pas la position plat ventre Hypotonie Bébés passifs Hypertonie Membres supérieurs (bras) « raides » Asymétrie, torticolis, plagiocéphalie Malpositions des pieds Dysplasie de hanches Bébés à risque


De la naissance-CH0a2-01-08-11 01/08/11 12:50 Page9

247

10.Difficultéssecondaires Les « mauvaises » habitudes Comment s’y prendre, dans tous les cas Position assise figée Déplacements sur les fesses Marche dépendante de l’adulte Marche sur la pointe des pieds Difficultés liées à une pathologie

275

Conclusion

278 Bibliographie 279

Remerciements


De la naissance-CH0a2-01-08-11 01/08/11 12:50 Page15

Introduction

Pour chacun, comment tirer le meilleur profit de cet ouvrage ? ● Aprèsunelectureglobale, s’en serviraufuretàmesuredel’évolutiondel’enfant, afin que les étapes s’installent dans l’ordre et que les mauvaises habitudes ne se prennent pas. ● L’analyse de chaque étape est accompagnée de « jeux moteurs ». Il nes’agitpasdestimulerlebébé pourqu’il«ailleplusvite»,mais c’estunmoyendejouer,d’entrer enrelationaveclui,àtraversla motricité, afin de lui permettre de profiter au maximum de ses possibilités, au bon moment. Si l’enfant se trouve en difficulté, cette petite gymnastique douce et ludique, pratiquée au fur et à mesure, lui sera d’autant plus utile. ● Les exercices proposés sont adressés aux parents, afin de rendre la lecture plus agréable. Si l’intervention d’un rééducateur peut s’avérer nécessaire dans certains cas, c’estauquotidienquel’enfantconstruitsa motricité, et les parents (ou personnels de la petite enfance) restent les mieux placés pour conduire le petit sur le bon chemin de la marche, en l’observant, en le laissant découvrir seul ses possibilités, mais aussi parfois en l’accompagnant de plus près pour l’aider, si cela s’avère nécessaire. ● Les conseils concernant la vie quotidienne du bébé permettront d’éviter les erreurs qui pourraient gêner la découverte de la « motricité libre ».

● Les chapitres 9 et 10 analysent d’une manière plus précise les problèmes les plus fréquents et proposent des moyens pour tenter d’y remédier. Remarque L’accompagnement, pendant de très nombreuses années, d’enfants porteurs de handicaps très divers m’a montré à quel point il était difficile, pour les parents, de prendre conscience du problème, mais aussi d’être entendus dans leur crainte par les professionnels. L’attitude assez fréquente est d’attendre que le retard se comble et de « faire quelque chose » si ce n’est pas le cas. Ce parcours du combattant, comme ils l’expriment si bien, pourrait être allégé par une meilleure information sur l’évolution et les gestes à mettre en place dès les premiers mois. Compte tenu de la richesse de la prise en charge précoce des difficultés, transitoires ou pathologiques, il ne peut qu’être bénéfique de les prendre en compte très tôt, qu’il y ait ou non un vrai problème. Lamodesteambitiondecelivre estdoncd’aidertouslesenfants, qu’ilssoientenbonnesantéou qu’ils présentent une pathologie,enpermettantàleurentouragefamilialetprofessionnelde mieux les observer, de s’émerveillerdevantleursexploitsmoteurs, mais aussi d’agir au bon momentencasd’inquiétude.

15


De la naissance-CH0a2-01-08-11 01/08/11 12:50 Page29

1. La construction de la motricité

Les réactions de protection

L’intérêt des enroulements

Appelées également réactionsparachute, elles protègent l’être humain en cas de chute : la tête et le haut du corps se redressent, les bras se projettent pour les soutenir. Elles sont de deux formes.

Les enroulements permettent autout-petitderassemblerses brasversl’axeducorps, c’est-àdire vers l’avant, et conditionnent de ce fait sa capacité à saisir. Il peut ainsi se toucher les mains, les mettre à la bouche, attraper un objet et ensuite le passer d’une main dans l’autre. Il fait le lien entre les parties gauche et droite de son corps.

● Les réactions automatiques. Elles sont innées, font partie de la maturation neurologique normale et sont présentes chez tous les enfants en bonne santé. ● Les réactions acquises par les différents exercices pratiqués au cours de l’évolution motrice : l’appui sur les bras à plat ventre, tous les déplacements au sol et l’installation en station assise puis debout, au cours desquelles le bébé repousse un support avec ses bras. (L’enfant qui a pris l’habitude de s’accrocher ou de se tirer saura moins bien se protéger.)

De la même façon, enrelevantses piedsetenlesattrapant,ilrelie le bas et le haut de son corps. Cela le conduit également à engager les premiers déplacements en basculant sur le côté, puis sur le ventre.

29


De la naissance-CH0a2-01-08-11 01/08/11 12:51 Page53

2. Phase statique. Les positions à plat au sol

InTéRêT C’est à partir de la position à plat ventre que le bébé va se déplacerets’asseoir:c’estlafondationsurlaquellereposetoute laconstructiondelamotricité. ● Sur le ventre, bébé apprend à connaître les limites antérieures de son corps et de ses membres à travers le contact avec le sol ; ● il renforce la musculature du cou, des épaules, du dos et des fesses, ce qui l’aidera à maintenir plus tard les positions verticales : assise, à genoux, debout ; ● il découvre les appuis sur ses coudes et ensuite sur ses bras tendus, indispensables pour repousser le sol afin de se dresser vers la verticalité et se protéger ; ● il peut attraper sans peine les objets à sa portée, les observer, jouer avec, les passer d’une main à l’autre, reprendre ce qui lui échappe. Ilmanipuleaisément grâce au soutien sur ses coudesquilibèresesmains;

53


De la naissance-CH4-01-08-11 01/08/11 13:09 Page97

4. Découverte de la verticalité

CE qu’IL fAudrAIt évItEr Poser un bambin assis au sol avant qu’il ne soit prêt est l’erreur la plus fréquente et celle qui a le plus de conséquences néfastes pour le devenir moteur du bébé. Il a tant de choses à découvrir avant ! Ce n’est pas parce que votre tout-petit tient son dos bien droit, lorsque vous le tenez dans vos bras ou le posez sur le tapis, qu’il est prêt. dans tous les cas, un bébé ne devrait pas être laissé assis seul sur un tapis s’il ne sait pas comment sortir de cette position. De plus, il doit être très désagréable de se trouver en équilibre instable, de vouloir attraper un jouet et de basculer sur le côté, sans avoir la possibilité de se protéger avec ses mains, … c’est pourtant ce que vivent beaucoup de tout-petits. Le bébé ne devrait rester assis seul sur le tapis que s’il est capable de : • se retourner du dos sur le ventre et du ventre sur le dos ; • maintenir sa tête et de jouer à plat ventre en appui sur ses coudes ; • ramper ; • s’installer à quatre pattes ; • s’y installer sans l’aide de quelqu’un. On installe souvent le bébé assis, avec des coussins autour de lui pour qu’il ne se fasse pas mal en cas de chute, pour lui permettre de moins s’en97


De la naissance-CH4-01-08-11 01/08/11 13:09 Page107

4. Découverte de la verticalité

La position debout L’installation en position debout et la redescente Pour parvenir à la position debout ou la quitter, le travail accompli par les jambes est très largement complété par celui des bras qui, là encore, a toute sa place. Dans un premier temps, l’enfant utilise ses bras et ses mains qui prennent appui sur un support horizontal d’abord assez bas (environ vingt centimètres), puis plus élevé, comme la table basse ou le canapé lorsque le bébé a plus de force pour pousser sur sa jambe. Ces passages se feront ensuite avec appui contre un support vertical (le mur, par exemple), celuici ne servant alors qu’à maintenir l’équilibre, enfin uniquement à l’aide du sol lorsque l’enfant sera sur le point de faire ses premiers pas.

La montée s’effectue, à partir de la position du « chevalier servant », grâce à une bascule du corps vers l’avant et en prenant appui sur les mains. Le tout-petit répartit l’effort entre les bras et les jambes. Il repousse le sol avec son pied, tend son genou et pose l’autre pied à côté. Cela demande de la force dans les jambes, constitue un bon exercice de musculation, et renforce davantage les muscles que le simple fait de se tenir debout. Grâce à cette bascule, il se protégera aussi plus spontanément en posant ses mains devant lui s’il perd l’équilibre.

107


De la naissance-CH5-01-08-11 01/08/11 13:39 Page120

Ce QuI Peut gêner L’enfant

À vous de Jouer !

dans son déveLoPPeMent

● Difficulté à basculer le poids du corps sur un genou pour libérer l’autre, à dissocier les mouvements.

● Faiblesse des appuis sur les bras.

● Difficulté à maintenir la tête relevée. ● Difficultés à fléchir les hanches, les jambes restent raides.

120

● Posez sur le passage de votre bout de chou, en travers d’une porte, par exemple, un petit matelas ou un rondin en mousse (comme ceux utilisés dans les piscines), vous lui donnez ainsi l’occasion de passer par-dessus spontanément de nombreuses fois. ● Asseyez-vous sur le tapis, jambes tendues et écartées, vos deux pieds touchant un mur, posez votre bébé assis au milieu, son jouet préféré de l’autre côté : il se tournera pour prendre appui sur ses bras et passera par-dessus votre jambe pour aller chercher son jeu. Au besoin, aidez-le à fléchir sa hanche pour que le genou se soulève. Veillez à ce que ses bras soient bien tendus afin qu’il ne tombe pas en avant. Cet exercice est très utile pour lui apprendre à gérer les basculements vers l’avant. Vous pouvez le faire également par-dessus vos deux jambes serrées, votre dos ou sur celui de ses frères ou sœurs.


De la naissance-CH6-01-08-11 01/08/11 13:43 Page148

Jeux moteurs Vous n’avez pas besoin « d’apprendre » à marcher à votre tout-petit : il découvrira ce mode de locomotion tout naturellement. Rappelez-vous qu’il ne le fera avec assurance que lorsqu’il pourra se relever seul au milieu d’une pièce à partir du sol. Vous pouvez cependant jouer avec lui, sans le toucher, alors qu’il s’est mis debout à l’aide d’un support, en n’intervenant que pour le stimuler par vos compliments…, ou le protéger. L’important est qu’il éprouve des sensations dans les mouvements, les appuis, les déséquilibres, et qu’il les gère tout seul.

148

● Contre la table basse ou le canapé : posez à portée de sa main un objet dont il a très envie, ou tout simplement, placez-vous à quelques centimètres de lui et amusez-vous à vous éloigner un peu, il se fera un plaisir de venir vous rejoindre en se déplaçant sur le côté ; il s’exercera ainsi à « caboter » et à franchir les angles. ● De la même façon, faites-le passer d’un support à l’autre : c’est lui qui décidera de lâcher quand il se sentira assez solide. Imaginez un petit circuit avec des chaises plus ou moins éloignées, disposées en désordre, avec les meubles, les tables, afin qu’il s’exerce seul. Tant qu’il ne se sentira pas assez sûr, il se remettra à quatre pattes entre deux supports. Peu à peu, il prendra de l’assurance et effectuera un parcours plus long debout.


De la naissance-CH7-01-08-11 01/08/11 15:26 Page166

Travail des membres supérieurs Les mois qui précèdent la marche sont les seuls moments de la vie où l’être humain utilise l’appui sur les membres supérieurs de manière intensive. Les déplacements au sol mettent en jeu constamment les bras et les mains. Chaque prise d’appui muscle les bras, sollicite les épaules, facilite l’ouverture des doigts et apporte des sensations dans la paume de la main, le poignet bien en extension.

Ce travail se fait essentiellement vers l’extension qui permet les réactions de protection. La flexion des coudes, souvent provoquée lorsque l’on tire l’enfant vers soi en prenant ses mains, ne l’entraîne pas à projeter ses mains vers l’avant en cas de chute. Le tout-petit est privé de toutes ces stimulations si on lui impose d’être assis trop tôt où s’il parvient à la marche sans avoir expérimenté les étapes la précédant : ses épaules et l’extension des bras sont moins sollicités. Ses mains lui servent surtout à manipuler et ne recueillent pas toutes les informations fournies par les prises d’appui dans les différentes positions et le contact avec les sols de texture variée. Autre détail non négligeable : un bébé qui se déplace au sol ne peut pas mettre son pouce dans la bouche, il est trop occupé…

166


De la naissance-CH8-01-08-11 01/08/11 13:47 Page190

Le bain

«

ussis, Porté par lʼeau, je ré plus facilement que e sur mon tapis, à m ntre. ve retourner sur le sition Je choisis alors cette po pour jouer et je ne m’en lasse pas.

lʼeau Jʼéclabousse, je frappe pieds, s me et ins avec mes ma oir jʼapprends à recev ux, des gouttes dans les ye ul mes je récupère tout se couvre déséquilibres, je dé ux pe je e même parfois qu ramper. sous Je suis en sécurité amusé et le regard attentif suis de mes parents. Je isson heureux comme un po me mê ux pe dans lʼeau et je s dire que je vis là me premières leçons de natation !

190

Tous les petits aiment jouer avec l’eau. Ils ont en mémoire la douceur du ventre de leur maman, et le bain leur rappelle cette merveilleuse période. Leurs mouvements sont libres ; ils sont rapidement à l’aise et ceux qui sont en difficulté en tireront profit. Bien sûr, vous ne devez jamais lâcher votre bout de chou du regard ni le laisser sans surveillance, ne serait-ce qu’un court instant. Jusqu’à l’âge de 2 mois environ, une petite baignoire suffit, votre nourrisson a besoin de se sentir bien maintenu par vos bras. Ensuite, couchez-le sur le dos, dans quelques centimètres d’eau, les oreilles immergées (s’il n’est pas sujet aux otites), dans la petite ou la grande baignoire, afin qu’il puisse remuer les bras et les jambes. Les premières fois, posez une main sur lui pour le sécuriser et éviter qu’il ne se retourne brusquement, cela vous rassurera aussi. Un tapis antidérapant limitera le risque de glissade.


De la naissance-CH8-01-08-11 01/08/11 13:48 Page204

Mais en plus de cet aspect concernant la sécurité de l’enfant, il peut compromettre son devenir moteur. Bien sûr, celui qui est déjà très à l’aise dans son corps apprendra à marcher sans problème même s’il l’utilise, et cela n’aura pas de conséquences plus tard. « Juste un quart d’heure par jour, ce n’est pas grave ! » Sans doute, mais inutile ! D’ailleurs, les petits champions du déplacement au sol n’en veulent pas ; ils n’en ont pas besoin et sont plus libres sans cet engin ! Mais pour tous ceux qui qui ont quelque difficulté, cela peut être très gênant. Il ne faut pas s’arrêter au plaisir (provisoire) qu’en retire l’enfant. Certes, il trouve cela très amusant, mais les conséquences gênantes pour l’installation des étapes motrices ne sont pas négligeables. Proposer le trotteur à l’enfant très jeune et le laisser de longs moments à l’intérieur est une erreur encore plus manifeste : ses pieds ne touchent pas toujours le sol, il se fatigue, son dos n’étant pas suffisamment musclé, et il n’a pas l’occasion d’évoluer au sol.

204

● C’est une illusion d’indépendance : • Si son jouet tombe, il ne peut le ramasser.

• Il n’a pas le choix de sortir de cet appareil quand il en a assez. • Les possibilités de jouer sont limitées à des allées et venues. ● Le youpala : • donne au bébé une mauvaise image de la marche, ce n’est pas un bon moyen pour l’entraîner à marcher : - Il est assis dans la culotte et se déplace en remuant ses jambes et non pas en s’appuyant dessus. - Il ne peut pas transférer le poids du corps d’un pied sur l’autre ; cela le prive de l’alternance des appuis. - Il n’apprend pas à s’équilibrer puisqu’il lui suffit de s’asseoir sur la culotte quand il est fatigué ;


De la naissance-CH10-01-08-11 01/08/11 20:30 Page261

10. Difficultés secondaires

Comment s’y prend-il ? Plusieurs modes de déplacement peuvent être utilisés par l’enfant :

● Il prend appui sur un bras, se penche du même côté et utilise le pied pour avancer, l’autre pied faisant balancier.

● Il essaie de partir vers l’avant, mais se retrouve bloqué par ses jambes. Il glisse alors sur ses fesses en faisant de petits sauts, avec ou sans l’aide des bras. Les pieds sont joints et servent d’appui, sur leur face externe. ● Beaucoup plus rarement, il s’aide de l’assis plage alterné, les deux pieds joints propulsant le corps une fois par la droite, une fois par la gauche.

● Il essaie de partir sur le côté, mais il n’arrive pas à passer pardessus sa jambe. Il prend appui sur ses deux bras pour se propulser vers l’avant, un pied entre ses mains.

261


Forte de son expérience de kinésithérapeute, l’auteur répond aux nombreuses questions que se posent les parents et les professionnels de la petite enfance : le passage par le quatre pattes est-il important ? Faut-il aider le bébé à se mettre debout ou à marcher ? Doit-on s’inquiéter d’un petit retard d’installation de la marche ? Comment faire face à un bébé en difficulté ? Elle propose des conseils pour la vie quotidienne, pour le choix du matériel et des objets à mettre à disposition, mais aussi des jeux moteurs simples, faciles à partager, afin de donner au tout-petit toutes les chances d’être à l’aise dans son corps avant de savoir marcher. Les nombreux dessins et photos rendent l’ouvrage dynamique, vivant et pédagogique : au service de tous les enfants, qu’ils soient en bonne santé ou qu’ils présentent une pathologie, il a pour objectif d’inciter l’entourage familial et professionnel à mieux observer les tout-petits, à s’émerveiller devant leurs exploits moteurs, mais aussi à agir au bon moment en cas d’inquiétude. Michèle Forestier est kinésithérapeute à Voiron, dans l’Isère, depuis plus de trente-cinq ans. Elle a exercé dans un établissement accueillant des enfants porteurs de handicap, puis en activité libérale et se consacre désormais à l’accompagnement du développement moteur des bébés. Préface du professeur Jean-Charles Picaud

www.editions-eres.com Imprimé en France ISBN : 978-2-7492-1450-4 Prix : 23 €

De la naissance aux premiers pas

Stimulés ou pas, tous les bébés en bonne santé parviennent à marcher, sans que l’on ait besoin de leur apprendre. Toutefois, l’attitude des personnes qui les entourent peut favoriser ou freiner l’installation d’une bonne motricité.

Michèle Forestier

De la naissance+7-168x24 27/07/11 12:51 Page1

Michèle Forestier

De la naissance aux premiers pas Accompagner l’enfant dans ses découvertes motrices


De la naissance aux premiers pas