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HACHIMIYA AHAMADA

Cinéaste franco-comorienne née le 06 août 1976 à Dunkerque. Après avoir expérimenté quelques petits portraits documentaires au sein d’un atelier vidéo dunkerquois Ecole de la Rue, elle suit une formation dans la section Réalisation à l’Insas (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle et de la Diffusion) à Bruxelles. Elle en sort diplômée en 2004. En 2008, elle réalise son premier court métrage de fiction ‘La Résidence Ylang Ylang’ sur l’île de la Grande Comore. Ce film a été présenté à la Semaine Internationale de la Critique à Cannes


« Ne cours pas après la poésie. Elle pénètre toute seule par les jointures. » Notes sur le cinématographe - Bresson

Entre deux photogrammes, une faille. Une faille qui trahira toujours. A travers cette fêlure, le cinéma reste un outil de dévoilement de l’Autre et de Soi. Il révèle aussi le rapport du cinéaste à l’Autre. Derrière un canevas scénaristique, derrière une histoire : le film devient singulier lorsqu’il fait ressurgir ce qui est de l’ordre de l’impalpable ou de l’invisible. Quoique l’on cherche à raconter, la véritable histoire se découvre dans un plan ou dans un autre. C’est le sujet caché, sous-jacent et semi-autobiographique de l’auteur : ce ‘Rosebud’ enfoui en lui comme chez le personnage Citizen Kane. C’est en ça que je trouve le Cinéma intéressant et c’est ce que j’aime rechercher chez les autres cinéastes de différentes contrées : par la faille on crée un style (la forme), un discours poétique mais aussi inconsciemment cette faille devient le réceptacle du Soi. Entre deux photogrammes, nous apprenons à nous connaître. Il y a ce que ne dit pas le synopsis ou la continuité dialoguée. Il y a ce que l’autre nous dévoile devant la caméra. En documentaire et en fiction surtout, il y a ces moments de magie où le Soi survient à point nommé sans que l’on sache pourquoi. Des moments rares. Une harmonie entre le couple filmeur-filmé. Pendant l’acte de filmer, on enregistre les silences imprévus, les postures incontrôlés de l’acteur et les accidents du Réel. Ces gestes fragiles qui aident à mieux donner à voir l’Autre. Il n’est plus un personnage mais il devient une connaissance ou même un voisin. Un être sur lequel on aime se projeter dans son quotidien. Dans mon acte de filmer très intuitif, je m’interroge toujours sur ‘ suis-je dans le ‘Nous’ juste ? Ai-je fait une image juste de ce ‘Nous’? Pour mes nouvelles pages cinématographiques à venir, ces questionnements seront d’autant plus forts que je mesure mon éloignement géographique, les difficultés à monter les dossiers et le temps qui passe. Avec le cinéma naissant aux Comores, nous connaissons-nous vraiment ? Derrière ces lois collectives qui régissent nos vies individuelles, le cinéma permettra t-il de lever le voile sur notre ‘Soi’ dissimulé? D’enfin nous percevoir à travers cette faille située entre deux photogrammes ?


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Mahmoud Ali Ahmed


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MOUNIR ALLAOUI Né en 1980 à Nantes (France). Comme vidéaste, il est davantage intéressé par la présence des corps, le son de la voix, l’inscription du personnage dans l’espace que par le témoignage lui-même, Mounir ALLAOUI réalise un travail vidéographique décalé du sujet documentaire. Il en va ainsi dans Mhaza Kungumanga, où l’artiste confronte le récit d’une conteuse comorienne avec la parole politique, à la veille des élections présidentielles aux Comores et dans Hors/Diego Garcia où il filme de manière subjective le discours, rôdé pour les médias, des réfugiés politiques des îles Chagos à l’île Maurice. Son travail a été présenté à Latitudes 2003 – Terres de l’océan Indien (Hotel de ville de Paris), au FRAC de Basse-Normandie, dans des festivals à La Réunion, à Marseille et à l’Artothèque de La Réunion. Il a également signé plusieurs articles sur le cinéma dans le quotidien Témoignages (La Réunion) et La Gazette des Comores (Comores). Depuis 2008, dans le cadre du partenariat entre l’Ecole Supérieure d’Art de la Réunion et l’Institut de recherche des langues et cultures d’Asie et d’Afrique (ILCAA) de l’Université nationale des langues et civilisations étrangères de Tokyo (Japon), il mène un travail mêlant anthropologie et vidéo. Mounir ALLAOUI dirige aussi depuis 2010 la rédaction de la revue Mondes du cinéma publiée par l’éditeur lettmotif.


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Viviane BELLAIS Née en 1958 à Sada de mère mahoraise et de père anjouanais Dès son plus jeune âge, elle créé déjà ses poupées, leurs robes, leurs lits, etc.. A l’adolescence, elle s’intéresse aux macramés et elle confectionne des sacs, des barrettes … Elle se remet à la création en 1998. 1999 : exposition au musée du Louvre à Paris 2000, débute un conte de fée car elle assure entièrement les accessoires de la Haute Couture de Christian Lacroix ; Les années suivantes, elle continue à réaliser des éléments pour la Haute Couture de Christian Lacroix et Emanuel Ungaro En 2004, Elle étend son champ de création en créant un personnage en tendeurs pour la promotion des produits de la marque MasterLock. En 2006, Elle créé des personnages dont un en sarments pour la St Vincent Tournante (la fête des vignerons) en Bourgogne. En 2007, Christian Lacroix organise une exposition au musée contemporain « le Grand Hornu » en Belgique : quelques unes de ses créations sont choisies pour paraître dans ce lieu prestigieux. 2007, dernier défilé d’Emanuel Ungaro où elle créé le bustier de la robe de mariée 2009, Christian Lacroix lui demande de participer en tant que créatrice d’accessoires à son dernier défilé Haute Couture De retour dans son île depuis le début 2012, elle compte s’investir dans le développement de l’art et de l’artisanat en accompagnant les structures existantes et en créant une école d’art et d’artisanat.

De l’infiniment petit à l’infiniment grand Le bijou est un miroir de l’âme. Chacune de mes créations est le reflet de mes aspirations. Partant de perles infiniment petites, mon inspiration prend tout son temps pour concrétiser mes états d’âme du moment. Je puise parmi les techniques et modèles, chinés tout au long de mes voyages en Afrique, Polynésie et métropole, les idées qui font de chaque bijou une œuvre unique. Mes années passées auprès de grands couturiers ont été riches de partage, d’enrichissement personnel grâce à la rigueur des « maîtres » et le plaisir de leurs clients de pouvoir contempler mes œuvres. Cette école de la Haute Couture est avant tout celle de la modestie et de l’humilité car si le travail n’est pas parfait aux yeux du « maître », il ne vaut rien ! Cette qualité des finitions et la diversité des modèles réalisés m’ont amené à rechercher toujours plus loin des ouvertures sur des mondes nouveaux de la création.


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JACK BENG-THI D’origine africaine et vietnamienne par son père et indienne par sa mère, Jack Beng-Thi est né à l’Ile de La Réunion en 1951. Après des études à l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse et à l’Université de Paris VIII, de 1970 à 1978, il parcourt différents pays d’Europe et d’Amérique latine. Résident à la Cité des Arts de Paris, il mène une réflexion et une recherche dans l’es- pace dramatique des corps ; une quête identitaire qui trouve sa résonance dans des installations plastiques qui métissent des matériaux, terre, bois ,fibres végétales ... et transcendent des mémoires individuelles et collectives. La photo (image -trace documentaire ) sert de base à sa création. A partir des années 2000 un tournant décisif s’opère dans ses oeuvres : lors des biennales d’Uppsala en Suède (The last thermométric image of the primitive forest), et de Cuba (Periferia) Jack Beng-thi utilise de manière intime la photographie, qui devient le médium principal des ses créations, traces légères, précieuses et symboliques qui assurent dans la confrontation au réel une prise de position politique dans le fonctionnement chaotique du monde. Autoportrait (Réunion), La chute meurtrière des anges (Haïti). Les contenus artistiques et culturels des projets NUR, en Espagne (Natures utopies et Réalités), sa rési- dence à Espacio C à Santander en 2001, introduit le marquage de l’image photographique par des signes graphiques et des traces diverses . . . L’utilisation nouvelle de l’image vidéo, médium qui inscrit le mouve- ment total du sujet dans une immédiateté ,une expression subite, souveraine et fulgurante vient témoi- gner d’un acte de conscience à lecture multiple, lié au contexte transculturel du monde moderne. En 2010 réalise avec la complicité de son manager Orlando Britto Jinorio des îles Canaries une rétrospective « Cartographie de la Mémoire » dans sa ville natale du Port en réunissant 5O oeuvres réalisées à la Réunion et dans de nombreux pays du monde.


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collectif callcamart

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Mab ELHAD Poète Calligraphe, auteur de Kaulu la mwando/Parole Première aux Editions Komédit à Paris, publié dans l’Introduction à l’Anthologie de Carol Beckette aux Editions L’harmattan, en 1998;puis dans «Les îles rebelles»2005; et Poète, slameurs, conteurs et autres...2008 par l’UDIR de La Réunion, Mab Elhad a participé à plusieurs Festivals de poésie comme le FIPIA (Festival International de Poésie Itinérant en Afrique), aux Comores, Madagascar, ou au FIPO(Festival Inter-régional de Poésie) organisé par l’Union pour la Défense de l’Identité Réunionnaise. Il a éffectué une tournée littéraire et artistique à Marseille, dans le cadre du projet’’ Iyara’’MAb Elhad est récipiendaire de plusieurs prix de poésie aux Comores. Pour ce qui est de l’art, il s’adonne aussi à la Calligraphie, aux Calligrammes et à la photographie Artistique. Il a exposé à plusieurs reprises à l’Alliance Franco comorienne où il a été le Secrétaire Général, puis à l’île de la Réunion où il a reçu le trophée de l’UDAR(Union des Artistes de la Réunion)


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Annick GONDARD Née en 1960 à Lyon (France), de son adolescence passée en Algérie, Annick Gondard a gardé une fascination forte pour les graphismes des tapis, poteries, bijoux et textiles nord-africains. Nourrie de ces signes et couleurs, elle se crée un langage pictural original, croisant le symbole sous toutes ses formes –signes, pictogrammes, trace, message…- et le figuratif, les couleurs naturelles de la terre et les acryliques, les objets glanés -graines, coquillages- et les paysages. Son séjour mahorais entre 1999 et 2003 lui a fait découvrir une terre riche de cultures croisées, d’influences indiennes, arabes et africaines. Son approche plurielle et ouverte sur l’Afrique et le peuple comorien lui permet alors d’aborder une peinture qui renoue avec sa peinture originelle : l’écriture, le mot reviennen2t pour lier le thème de ses tableaux et traduire de sa touche poétique le monde, son histoire, celle de ces « trois îles plus une », résonnant en elle comme celle des « trois sœurs plus une » qui la renvoie si fortement à son histoire personnelle. Elle aborde alors avec enthousiasme le travail de la terre dont la diversité chromatique l’a toujours fascinée, cette terre mère qui relie les êtres, celle dont on est pétri, qui nous nourrit. Annick Gondard présente ici une série de quatre toiles sur les quatre îles des Comores, unies et pourtant séparées, par l’histoire et la géographie des hommes. Cette entité, morcelée par la forme, dispersée depuis 2003 qu’elle a eu toutes les peines à rassembler, retrouve son unité pour ce court temps d’une exposition dont le thème est au cœur du travail de l’artiste. Le processus de création constitue pour elle la traduction et l’incarnation de la recherche de soi et de sa place dans le monde, la représentation d’une identité culturelle plurielle et rassembleuse, perpétuellement enrichie des destins collectifs et individuels, dans le respect de la Terre.


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Eléonore HAUPTMANN La connaissance de soi « Entre tradition et modernité » Eléonore HAUPTMANN est plasticienne amateur et urbaniste-environnementaliste. Elle s’intéresse tout particulièrement à l’homme et à son environnement. Elle poursuit actuellement ses activités professionnelles à l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine où elle est responsable du Pôle d’Appui Opérationnel. Elle participe également à un réseau européen d’experts sur la participation des habitants et l’écologie urbaine. Dans ce cadre, elle a coécrit avec Nick Wates, sociologue britannique, la concertation citoyenne en urbanisme, un ouvrage sur le community planning. En tant que plasticienne amateur, ses travaux sont accès sur les mondes en transition et sa recherche de lignes épurées. Les femmes entre tradition et modernité constituent l’un de ses thèmes favoris qui la lie particulièrement à la culture comorienne. Sa sensibilité l’amène également à se tourner vers la nature, comme source inépuisable d’inspiration. La « nativité », la « beauté de mondes parallèles » et le « messager du printemps » témoignent autant de sa réflexion que de sa recherche artistique.


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Maféda J’habite à Mayotte, un pays magnifiques, chauds, doux, riches en couleurs, rires et joies pures. Ici lorsque vous avez un enfant on vous appelle par le prénom de votre premier enfant précédé du préfixe « ma » Ainsi dans mon quartier je suis « Maféda » C’est devenu mon nom d’artiste Après avoir obtenu un diplôme de restauration d’œuvre d’art à Narbonne, j’ai continué mes études en faculté d’Arts Plastiques à Montpellier, Bordeaux, Rennes. C’est différents lieux d’études mon permis de concevoir plusieurs approche de l’art. Je crée des tableaux depuis très jeunes, j’ai toujours eu un grand plaisir à poser des couleurs sur une toile un mur ou une feuille. De Fernand POUILLON, architecte, dans « les pierres sauvages » : « Tout artiste agissant, a, dans sa mine de plomb, son pinceau, son burin, non seulement ce qui rattache son geste à son esprit, mais à sa mémoire. Le mouvement qui paraît spontané est vieux de dix ans ! de trente ans ! Dans l’art, tout est connaissance, labeur, patience, et ce qui peut surgir en un instant a mis des années à cheminer. » C’est absolument ce que je ressens, j’écris, je fais des croquis, je pense, je cherche, j’essaie ; puis je peins et lorsque le tableau est comme je le souhaite, souvent il a jailli tel un flash de lumière retranscris dans ma peinture. Cela fait des années que je peins, depuis l’enfance, c’est un besoin, une nécessité pour être en harmonie avec moi-même ; au fur et à mesure des années, je suis partie dans l’abstraction, forme qui me permet de mieux exprimer mes ressentis internes. En regardant en arrière et en réalisant des expositions, je me suis aperçue à travers les mots des spectateurs que j’exprimais une volonté de bonheur, de joie, de lumière que je voulais faire passer à tous. Mon rêve est que tout le monde ait le sourire et soit heureux en regardant mes tableaux. Une utopie, je l’ai comprise en grandissant, mais qui continue à m’habiter : « vouloir que tout le monde accepte l’autre tel qu’il est, sans conflit pour vivre en harmonie ». Je sais que l’on ne peut aimer les mêmes images, les mêmes couleurs, les mêmes personnes, et que peut-être y aura-t-il toujours des guerres, mais je porte en moi l’espoir qu’un jour l’Homme s’ouvrira à l’Autre et acceptera toutes les différences dans une harmonie universelle. Mon harmonie à moi je la cherche dans les couleurs. Les tableaux que j’expose reposent sur l’expression profonde ressentie et traduites à travers les couches de peinture que je dépose sur un support. Ces tableaux évoquent la joie, le bonheur, la plénitude, volcan d’émotions par une myriade de couleurs. Mon objectif est de créer l’harmonie bienfaisante dans le regard de celui qui découvre. Le rouge, symbole fondamental du principe de vie, avec sa force, sa puissance et son éclat, exprime bien évidemment les émotions associées : timidité, plaisir, désir. Pour tenter d’apporter de la cohérence, j’intègre du bleu pour créer de la sérénité, mais aussi de la croyance chez le spectateur.


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Mouniri M’baé (Moniri) Mouniri M’baé (Moniri) est né le 7 février 1973 à Antananarivo ( Madagascar) de parents Comoriens,d’une fratrie de onze frère et sœurs . A 8 ans ,il quitte la Grande Île pour aller vivre a la Réunion. Il découvre le dessin tardivement, à l ‘age de 14 ans et se passionne définitivement pour le 9é art .c’est ainsi qu’il rejoint a 17ans l ‘équipe du cri du Margouillat, première revue de bandes dessinée de l océan Indien. C’est au milieux de futur illustres auteurs de bandes, dessinées tels que Michel Faure ,Tehem,li-an ,Huo -Cha o-Si, Appollo qu’il fait ses premiers pas dans le monde de la BD ..Bac en poche ,il quitte la douceur de son ile pour une faculté d’arts plastiques, a Montpellier, pour y obtenir son deug. La morosité des cours théoriques dispensés dans sa faculté le pousse a tenter sa chance pour une nouvelle aventure. C’est ainsi qu’il se retrouve aux Beaux arts d’Angoulême ou il peut allègrement assouvir sa passion du dessin. La capitale de l image va devenir durant 17 sa ville d’adoption. Moniri collabore a Tcho Magazine et Je Bouquine avec ses séries « Little Momo » ou « Double Pote » pour le comptes des éditions Glénât et Bayard .Parallèlement durant ces années, il multiplie les expos,les ateliers et enseigne les arts plastiques a diverses écoles de la région. Infatigable voyageur, et amoureux des gens,il anime régulièrement des ateliers BD un peu partout en Europe. C’est un voyage au Mali ,ou il a vécu 6 mois ,qui va déterminer une nouvelle orientation dans son travail. Propulsé,par hasard, professeur de bandes dessinée au Conservatoire des Arts et métiers Multimedia Balla Fasseké Kouyaté ,il y fait la connaissance du plasticien Abdoulaye Konaté,directeur de l établissement. Il tombe amoureux de l’Art Africain et de ses nombreux artistes. Sans le savoir , cet homme va considérablement influencer son travail en l’orientant sur des artistes majeurs comme Ousmane Sow ou Malick Sidibé.Fort de cette expérience africaine le travail artistique de Moniri M’baé s’articulera pour toujours et a jamais sur la questions des origines et la quête identitaire. Moniri M’baé est retourné vivre a La Reunion fin avril 2012.


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MYRIAM OMAR AWADI Artiste franco-comorienne née à Paris en 1983, elle vit et travaille à La Réunion. Elle obtient un DNAP à Brest avant de soutenir son DNSEP à l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de La Réunion où elle enseigne l’expression du volume jusqu’en juin 2011. Elle se consacre aujourd’hui entièrement à sa pratique plastique et à ses projets de résidence. Suivit par la galerie Béatrice Binoche depuis 3 ans, elle participe, ces deux dernières années, aux plus grande foires d’art contemporain que sont l’Indian art fair (Inde), la Joburg art fair (Afrique du sud) et le salon Drawing Now Paris.

Ne rien faire, juste attendre. Brasser de l’air, pisser dans un violon, se tourner les pouces ou marcher de long en large, c’est être inactif, inerte et cela « ne se fait pas ». La démarche de Myriam Omar Awadi se situe précisément là, dans cette activité négative et consiste, en quelque sorte, à prendre à la lettre ces actes improductifs qui illustrent dans le langage courant l’expérience de l’attente. Son travail s’appuie sur plusieurs mediums (dessin, céramique, installation, vidéo, photo…), d’où découlent tout un inventaire de gestes, de mouvements répétitifs, de motifs chorégraphiques qui, plutôt que de combler le vide de l’attente, le génère. Autant d’actes insensés qui s’inscrivent dans une volonté d’épuiser le temps jusqu’à ce que la fin de l’attente ne soit plus une fin en soi, une volonté de “ne rien faire” et dont la seule finalité, s’il y en a une, est de créer quelque chose qui se rapprocherait d’un espace littéraire, un territoire invisible permettant une expérience du temps autre que celle qui nous est infligée par nos sociétés dont toute l’organisation est basée sur le travail actif et productif.


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EZIDINE SAID HASSANE

Bachelier en 2003 aux Comores Parti à La réunion la même année, Effectué quelques expositions à l’Université de la Réunion Chargé de la communication de 2006 à 2011 à la Coordination de Saint Denis – La Réunion Diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de la Réunion en 2011 Participe au Festival International du Film d’Afrique et des îles en 2007 et en 2011 Echange artistique - Afrique du Sud et Mozambique Installation in-situ au Mozambique 2010 intitulé : Anéngé Filmographie - Msafara, en trois temps (Réalisateur) - Msafara (Réalisateur) 8’00 - Terra incignita (Réalisateur) 32’04. - Partir (Réalisateur) 2’30 - Moroni café (Réalisateur) 2’30 - Moroni pluie (Réalisateur) 2’30 - Le noir (Réalisateur) 2’30 Participé dans - Médina aux Comores: état des lieux (Encadreur technique pour l’EMC) 14’00 - L’autre Rwanda de Saidali Said Mohamed (Montage) 24’00 - Safari de Said Ali (Montage)


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Mohamed SAÏD OUMA Mohamed SAÏD OUMA est depuis 2011 délégué général du Festival International du film d’Afrique et des Iles dans la ville du Port à l’Ile de la Réunion. Il est par ailleurs réalisateur et scénariste. Il a travaillé comme journaliste durant plusieurs années en Angleterre.

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La connaissance de soi extrait du film Mongozi …Il y a le temps, la temporalité, il y a eu ton temps. Il y a le temps social comorien. Je ne le connais pas. Toi oui. Tu sais celui d’attendre que le temps passe. Mais c’est une attente féconde. Des alliances naissent dans cette attente. Des séparations, des trocs, des terrains sont vendus, d’autres arrachés ou spoliés. Il y a aujourd’hui le temps de ceux qui tiennent les murs. Tes enfants. Mes petits cousins de sang, de langue, de ville, de pays. Tes rejetons tiennent tous les murs. Les murs des cités françaises, les murs de l’université des Comores qui tangue, des cases en tôles des quartiers malfamés de Moroni, de Mutsamudu, de Mamoudzou, des mosquées des villages qu’on nettoie que le vendredi par manque de moyens. Des bidonvilles à perte d’esprit, à en perdre la vue, à en perdre la notion d’espoir. Des noms exotiques pour le premier port vers l’enfer. L’enfer est ici... Les cheikhs, nous expliquent qu’il faut s’écarter du DOUNIA pour rester dans le DIN. Comment leur donner tort ? L’enfer sonne bien : Asgaraly, Kaweni, Sahara, Caltex, Balbala, Sharpeville, Trenchtown, Gaza, La Casbah, Le Chaudron, Sarcelles, La Courneuve, Hackney, Queens et tant d’autres… J’y ai trainé mes savates deux doigts, mes baskets, à la poursuite de l’âme errante. J’ai respiré leur air, croisé ses habitants pollués par la vitesse, le rythme. En quête. Pour la Quête de soi. Ces enfants, ces wanantsi sont si nombreux aujourd’hui. Tu serais dépassé par l’ampleur de la tâche. Ton sang coule, c’est un liquide invisible. Monte dans les métros. Agresse du regard. Se laisse caresser par procuration, par la brise des îles. Le soi est devenu un morceau de rap. Ton visage un morceau de tissu. Tu deviens l’autre rêvé. Tu es le mythe.


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SAID CHECK (SEDI) SAID SOIHILI Né le 12 novembre 1980 à la maternité de Moroni (Comores), vit et travaille à Rennes (Bretagne- France). Initié à la peinture par les artistes Ibrahim Said Bacar et Mahamoud Mhadji, tous deux de Moroni. Il est sélectionné pour les Premiers jeux de la CJSOI (commission de la jeunesse et des sports de l’Océan indien) en 1995 qui se déroulaient a l’Ile Maurice, pour la discipline culturelle (dessin et fresque). Il obtient un Certificat d’Etude d’Art Plastique à l’école supérieure d’art de Lorient et réalise de nombreuses expositions collectives dans des leìeux tels que la Médiathèque de Lorient, Phares et balises au port industriel de Lorient. CHARTES POUR TOI MA FLEUR Tu es né pour vivre. Tu iras au primaire, collège, lycée, à l’université, et tu deviendras une vraie personne. Tu seras ton propre chef de ta petite fleur mais choisi le moment et le bon. Arrivé a ta puberté, tes parents se chargent de t’expliquer comment ca marche avec les garçon. Ton experience t’amenera à savoir comment faire plaisir à ton petit ami, et lui, se charge de te rendre la pareille avec tes souhaits et tes envies fantasmatique. La seul chose qu’ on te demande, c’est d’utiliser les moyens de protection necessaire comme le preservatif, la pillule ou autres! Rien ne t empechera de jouir à ton grés et de prendre du plaisir comme tu le voudras. Pour attirer les garçons ou autres, tu feras attention à comment t’habiller. Je te conseille les strings et les petites jupes fendues. Après c’est à toi de voir. Car le sexe n’a pas d’ obstacle. C’est tout cela être une femme occidentale. CHARTES POUR TOI MA FLEUR Tu es née pour servir à tes prochains. Tu iras à l’école primaire, collège, lycée et peut être en études supérieures pour ne pas être ignorante. Sans oublier le Coran. En grandissant, tu deviendras une femme. Tu feras attention à ta petite fleur. Tu sauras faire la cuisine, et tu sauras t’habiller correctement. Arriver à ta puberté, tu songeras à respecter tes oncles, tes grands frères et tous symbôles masculins. Au mariage, tu respecteras ton mari, et mettre de côté tout vice sexuel. Ton plaisir ne doit pas être reclamer ni évoquer. Ce n’est même pas la peine de penser aux preservatifs et aux pillules contraceptives. Ton mari saura te rendre heureuse bien evidemment. Ton esprit restera saint. Sauf si tu es banni par ton entourage.


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Simone Saint-Ange Céramiste - Plasticienne 2005 : Formation au CNIFOP (Centre National d’Initiation, de Perfectionnement de Poterie et du grès), à Saint-Amand en Puisaye.

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Principales expositions personnelles : • 2006 : Centre PAGARET – Rémire-Montjoly - Guyane • 2008 : SEMA actuel INMA (Institut National des Métiers d’Arts) – Viaduc des Arts Paris Principales expositions collectives : • 2008 : « Carnaval en lumière » - l’E.N.C.R.E. (Ensemble Culturel Régional) – Cayenne - Guyane • 2006 : « La fête du pain » – Rémire-Montjoly - Guyane « LA CONNAISSANCE DE SOI » L’idée de la connaissance de soi me ramène spontanément à la femme en général et à celle que je suis censée le mieux connaître. De préférence, je la conçois dans une mise en scène de sculptures ou encore dans le cadre de panneaux décoratifs. L’image de l’homme occupe dans son univers une place secondaire. La terre me renvoie à mes origines sur le plan intellectuel et à mon enfance sur le plan tactile. Un autre élément non négligeable, le feu, me rappelle sans cesse mes limites en tant qu’être humain et m’oblige à rester humble face à une technique qui nécessite beaucoup de rigueur. Je privilégie la terre papier pour son aspect polyvalent et nouveau. Mon travail est éclectique. Je débute toujours sur du papier par des annotations, des esquisses inspirées par une parole, une rencontre, un éclat de rire, une musique, une sensation etc… (que je m’empresse d’oublier au contact de la terre !). Les techniques varient selon les réalisations. Une devise ? : « Travailler sérieusement sans se prendre au sérieux, dans un grand éclat de rire, ».


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OLIVIER ZELGER Courte biographie : Je suis né le 19 mars 1979 à Colmar en Alsace. J’exerce le métier de professeur d’histoire-géographie depuis l’année 2003. Actuellement je travaille et je vis à Mayotte, petite île de l’Océan Indien, au collège de Doujani (banlieue de Mamoudzou) Parcours photographique : Je fais de la photo depuis une quinzaine d’années. J’ai longtemps pratiqué la photo argentique en noir et blanc. Je faisais mes tirages moi-même dans des laboratoires associatifs. Je garde une certaine nostalgie de ces heures passées dans le noir à peaufiner des tirages, à jouer à l’apprenti chimiste avec les différents révélateurs . . . J’ai depuis toujours photographié exclusivement en noir et blanc. La photo couleur ne me correspond pas. En passant au numérique il y a quelques années, je n’ai pas changé. Je me suis habitué à cette nouvelle façon de concevoir l’image monochromatique. Certes avec un ordinateur on ne sent pas les produits chimiques mais réaliser un beau noir et blanc reste très compliqué. Je travaille des thèmes très divers. En effet je réalise des photos de nus, de mode ou de reportage. Le point commun est bien évidemment l’humain. J’ai toujours énormément de mal à faire des photos sans une présence humaine. Le portrait est mon domaine de prédilection. Prix et récompenses : - 1er prix au criterium national jeunesse (meilleur jeune photographe amateur français) organisé par la FPF en 2001, 2003 et 2004. - Prix de la ville de Pontivy en 2003 et 2004 - Nombreuses fois publié et finaliste du plus grand concours de photo amateur du monde organisé par le magazine « PHOTO » (dernières publications janvier 2010 et janvier 2011) - Deuxième prix au concours organisé par « France liberté » en 2010 - Troisième prix au concours organisé par l’association « la danse dans tous ses états » novembre 2011. Expositions : - Galerie F-16 à Colmar en 2000. - Maison de l’étudiant à Mulhouse en 2001 - Château de Pontivy en 2003 - Bibliothèque de Pontivy en 2004 - Galerie Vallès à Paris en 2004 - Villa Fleck à Ingersheim en 2005 - Bibliothèque de Lunéville en 2006 - Bibliothèque Départementale de prêt de Mamoudzou en 2010 et 2011 - Festival International du film Africain à Tsararano en 2010 et 2011. - Les rencontres d’Arles, section off, en juillet 2011. - Festival d’art Contemporain des Comores en juin 2012. - Visa pour l’image, section off, Perpignan en septembre 2012.


FORUM SCIENTIFIQUE «L’art est donc un moyen de se connaître et de se construire soi-même. Mais parce l’œuvre est en même temps l’objet d’une réification (Hannah Arendt), par sa permanence, elle entre dans le patrimoine des peuples et leur permet de se penser au-delà de la seule reproduction de la force vitale et de la production répétitive. L’art, « cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge  » (Baudelaire), est le meilleur témoignage de la condition humaine dans sa dignité et dans la connaissance qu’elle peut avoir d’elle-même. Mais mieux qu’un moyen de connaître, l’art comme exemplification de la création humaine en général, reste pour «  l’artifice humain  », tout en aspirant à l’universalité, un moyen singulier de transformation du réel.»

Pourquoi Senghor a détruit les poèmes composés sous l’influence des grands courants poétiques de France pour se mettre à créer en s’inspirant de la prosodie négro-africaine. Ses compatriotes Birago Diop, David Diop, n’ont pas réagi autrement. Les amis de Senghor, Léon-Gontran Damas, qui s’était mis à l’école des langues africaines, Aimé Césaire, dont le style est purement «bambara», ont tous réussi à créer des chefs-d’oeuvre grâce au retour aux sources de la poésie négro-africaine authentique.


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Richard CONTE Né en 1953 Richard Conte est artiste plasticien, professeur des universités à la Sorbonne en arts et sciences de l’art. Il dirige l’Institut ACTE (Arts Créations Théories Esthétiques) Unité mixte de recherche Paris 1 / CNRS. En dehors de la France (Galerie Deborah Zaffman, Paris), ses œuvres sont exposées dans plusieurs pays (Russie, Belgique, Tunisie, Canada, USA, etc.) et sont présentes dans diverses collections publiques et privées. Auteur de nombreux articles sur l’art et la création, il a publié récemment plusieurs ouvrages (Esthétiques du pire, (Actes du premier colloque du Centre Pompidou-Metz) Lienart, Paris, 2011. - Le dessin hors papier, Publications de la Sorbonne, Paris - Du sacré dans l'art actuel, (avec Marion Laval-Jeantet), Paris, Édition Klincksieck, 2008 - Inimages, avec René Passeron et Jean Lancri, Ed. Klincksieck, Paris, 2008. - Pommes libertines, avec Emmanuel Pierrat, Ed. Bernard Pascuito, Paris, 2008.

CRÉER POUR SE CONNAÎTRE Nos œuvres sont-elles le meilleur moyen de connaissance de nous-mêmes? D'un côté ce que je crée m'est à la fois extérieur et étranger par définition; mais d'un autre, ce qui vient de moi m'y renvoie inexorablement. Est-ce alors dans la transaction créatrice plus que dans l'objet, que se déploierait un savoir de ce que je suis ou crois être? Suis-je enfin le père, ou plutôt l'enfant de mes propres œuvres? L’auto-poïétique est l'étude de l'œuvre la plus importante que puisse accomplir un homme et qui serait la reconstruction indéfinie de son être même. Pour l'artiste, la création la plus haute serait en fait la création du créateur. Non seulement "je tire de moi ce que je ne savais pas contenir » (Valéry), mais de plus cette sollicitation constante façonne un moi toujours pluriel car équipé de structures virtuelles aux combinaisons presque infinies. L'esprit de l'artiste doit donc observer sa propre activité pour une meilleure connaissance du processus créatif et d’une connaissance de soi tout à fait particulière se découvrant dans l’instauration même de l’œuvre. L’art est donc un moyen de se connaître et de se construire soi-même. Mais parce l’œuvre est en même temps l’objet d’une réification (Hannah Arendt), par sa permanence, elle entre dans le patrimoine des peuples et leur permet de se penser au-delà de la seule reproduction de la force vitale et de la production répétitive. L’art, « cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge » (Baudelaire), est le meilleur témoignage de la condition humaine dans sa dignité et dans la connaissance qu’elle peut avoir d’elle-même. Mais mieux qu’un moyen de connaître, l’art comme exemplification de la création humaine en général, reste pour « l’artifice humain », tout en aspirant à l’universalité, un moyen singulier de transformation du réel


Isabelle POUSSIER Isabelle Poussier, enseignante et artiste, spécialiste d’art contemporain, de recherche en poïétique, et en didactique pour la formation initiale et continue de formateurs. Titulaire d’un doctorat de l’Université de la Sorbonne à Paris en « arts plastiques et sciences de l’art » et de l’agrégation d’arts plastiques ; Plasticienne travaillant sur des projets à la frontière entre plasticité et écriture, questionnant les relations de l’artiste avec la sphère publique : le lieu, l’espace social, politique ou culturel. Passionnée d’art contemporain, elle enseigne les arts visuels et l’histoire de l’art, notamment contemporain, dans les universités et les écoles supérieures des Beaux-arts en licence et en master, et accompagne les projets artistiques des étudiants et leur mémoire de master. Elle forme les professeurs, tant à leur métier qu’à la préparation des concours, ou les publics d’adultes s’intéressant à l’art et à la création (conférences, ateliers). Elle publie régulièrement ses travaux de recherche et ses créations.

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Art contemporain et insularité : le cas de la Réunion Je propose de chercher comment et jusqu’à quel point les territoires et la construction identitaire des insulaires (iléité) influent sur la création artistique aujourd’hui. Ceci en gardant néanmoins à l’esprit que ce n’est pas le territoire qui fait l’homme, mais bien plutôt le contraire. En effet, pour forger les identités, on a toujours recours et besoin de mythes fondateurs qui nourrissent l’imaginaire et la création artistique, et forgent la cohésion du groupe. La Réunion est une île française certes, mais aussi créole et aux apports culturels nombreux qui s'entremêlent dans une interculturalité spécifique. Qu’en est-il aujourd’hui, à l’ère de la globalisation, d’internet et du multiculturalisme, qu’en est-il dans l’art contemporain ? Nous passerons du ressentiment à la singularité interculturelle, en questionnant la quête des racines et le déplacement géographique, par un regard porté sur les oeuvres des artistes insulaires. On pourra notamment s’intéresser à l’expérimentation du concept d’iléité au sens large par des artistes tels que Thierry Fontaine, Laurent Zitte et d’autres. L’école des beaux arts de la Réunion sera prise comme observatoire de la jeune création. L’iléité participe à l’univers de la représentation et de la métaphore, elle ne concerne pas le fait mais la vision, et c’est justement celle d’artistes réunionnais qui sera au centre de nos interrogations à travers leurs pratiques artistiques, qu’elles soient tournées vers l’ailleurs ou parfois même plutôt « insularistes. » Enfin, on pourra faire une incursion plus large vers des artistes ayant une démarche interculturelle (Chen Zhen ou Gilles Barbier). L’intérêt porté depuis quelques années aux oeuvres dites « exotiques » sera aussi un angle d’attaque du sujet. Je propose donc un voyage en images dans des oeuvres contemporaines, à l’aune de ces questions


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Makhily GASSAMA

Professeur de lettres sénégalais, Makhily Gassama a été directeur du Centre d’Études des civilisations à Dakar, conseiller culturel du président Léopold Sédar Senghor, ministre de la Culture et ambassadeur du Sénégal. - Membre de plusieurs jurys littéraires - Animateur de l’émission «Un livre par semaine» de Radio Sénégal - Critique littéraire pour différentes revues - Créateur et animateur de l’émission littéraire «Regards» de la Télévision nationale du Sénégal «Des sources de la poésie africaine de langue française des précurseurs».

Il s’agit de montrer comment nos premiers poètes de langue française, après avoir tenté d’imiter les poètes de l’Hexagone (ils n’avaient alors produit que des oeuvres médiocres), ont fini par aller aux sources négro-africaines de la poésie; cette démarche salutaire leur a permis de réaliser des chefs-d’oeuvre. Comment? La communication tentera de répondre à cette question en s’appuyant sur des exemples concrets. Léopold Sédar Senghor avait alors détruit l’ensemble des poèmes qu’il avait composés avant d’entreprendre des recherches sur la poésie «sérère», celle de son canton, comme thèse complémentaire à sa thèse principale de doctorat, qui portait sur les langues soudanosahéliennes. En étudiant la poésie «sérère», L. S. Senghor s’était rendu compte que nous, nègres, avons bien une poésie qui n’a rien à envier à la poésie d’Europe, d’Amérique, d’Asie ou à celle du monde araboberbère. Il s’était rendu compte que cette poésie est non seulement chargée des valeurs universelles des poésies qui se sont imposées au monde moderne, mais qu’elle comporte aussi des caractéristiques qui lui sont particulières. La communication examinera avec minutie ces traits caractéristiques. Pourquoi Senghor a détruit les poèmes composés sous l’influence des grands courants poétiques de France pour se mettre à créer en s’inspirant de la prosodie négro-africaine. Ses compatriotes Birago Diop, David Diop, n’ont pas réagi autrement. Les amis de Senghor, Léon-Gontran Damas, qui s’était mis à l’école des langues africaines, Aimé Césaire, dont le style est purement «bambara», ont tous réussi à créer des chefs-d’oeuvre grâce au retour aux sources de la poésie négro-africaine authentique. Il est important de retenir que l’immense succès remporté par l’œuvre du romancier ivoirien Ahmadou Kourouma réside essentiellement dans l’exploitation judicieuse, voire savante, de la rencontre de deux langues: la langue française et la langue «malinké»


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