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de Lot et Garonne N° 78 août-septembre 2009

L’

enseignant

Revue bimestrielle Directeur de publication : Sylvain PICARD CPPAP n° 0911S07981 Imprimé par nos soins

Section départementale de Lot et Garonne 14 rue Jean Terles 47000 AGEN Tél : 05.53.48.12.12 Port : 06.08.42.70.42 Fax : 05.53.48.12.13 Mél. : 47@se-unsa.org Web : http://sections.se-unsa.org/47/

AGEN CTC

Rentrée de crise 1 Edito 2 SE-UNSA 47 3 Rentrée Actualités

4 Brèves

5 1er degré

C’est bien à une rentrée de crise à laquelle nous allons être confrontés. Malheureusement, toutes les prévisions vont dans le même sens avec un chômage de 10% attendus à la fin de l’année 2009, et cela malgré une légère augmentation de la production au deuxième trimestre. Un chômage qui frappe toutes les catégories mais principalement les jeunes qui devraient être 650.000 à chercher un emploi en cette rentrée 2009. Sur l’emploi public, les rentrées se suivent et se ressemblent. C’est toujours « massacre à la tronçonneuse » 35.000 suppressions de poste en 2010 après 30.000 en 2009 et 23.000 en 2008.

6 2nd degré

Pour l’éducation, alors que cette rentrée s’annonce déjà très difficile, c’est vers une suppression de 16000 postes que l’on se dirige; alors que la tendance démographique est à la hausse.

7

C’est dans ce monde-là et ce contexte que nous devrons développer, avec vous, notre action syndicale.

Adhésion

8 Adhésion

Rejoignez-nous, adhérez au SE-UNSA ! Sylvain PICARD, Secrétaire départemental


LE SE-UNSA 47

Vos représentants dans le département : > Toutes les étapes importantes de votre carrière s’effectuent

sous le contrôle des commissaires paritaires, dans le premier comme dans le second degré. N’hésitez pas à contacter les élus du SE-UNSa 47 pour toute question relative à votre carrière : 05.53.48.12.12 ou 47@se-unsa.org Le bureau départemental du Syndicat des Enseignants du Lot et Garonne est composé de : · Sylvain PICARD, secrétaire général · Alain BROUSSE, trésorier et responsable du secteur « 2nd degré » · Stéphanie GOMIS, responsable du secteur 1er degré · Cécile FAGET, responsable du secteur « début de carrière » Nous assurerons des permanences les lundi après-midi, mardis matin et jeudis toute la journée. Les autres jours, nous sommes en classes, mais vous pouvez nous laisser un message au 06.08.42.70.42. Nous pouvons vous recevoir le mercredi sur rendez-vous. Vous pouvez également contacter notre fédération UNSA-Education au 06.71.65.54.11

Les publications du SE-UNSA 47 : > Outre les dossiers

publiés au niveau national et disponibles sur simple demande auprès de la

section (cf ci-dessous), et vu la rapidité de l’actualité, le SE-UNSA 47 vous informe chaque semaine via la lettre en ligne diffusée dans chaque école et auprès des adhérents qui nous ont donné leur courriel. Pensez-y ! Notre site internet est actualisé plusieurs fois par semaine : articles thématiques, compte-rendu d’instances...

>> Lettre d’information numérique

>> site internet : http://sections.se-unsa.org/47/ >> guides PE,TZR, PLC, PLP, EPS, IUFM, ASH, CPE, calendrier, agenda, guide ASH, guide maternelle n°79 • août-septembre 2009 • l’enseignant du Lot et Garonne


RENTREE

Rentrée 2009 : ne rajoutons pas à la crise celle de l’éducation Cette rentrée est marquée par l’arrivée de Luc Chatel rue de Grenelle. Il succède à Xavier Darcos qui durant deux années a brutalisé l’Ecole en imposant des réformes mal fagotées, trop souvent élaborées dans la précipitation et l’improvisation. Cette période s’est aussi caractérisée par un dialogue social restreint et rugueux. Le nouveau ministre a affiché sa volonté de renouer le dialogue avec les enseignants. Au-delà des déclarations, le SE-UNSA attend des actes confirmant les intentions. La publication, durant l’été, des décrets sur la mastérisation ne va pas dans ce sens. D’ores et déjà, la grippe A fait la Une de l’actualité scolaire. Luc Chatel communique beaucoup en direction de l’opinion publique et des familles. Cela n’a rien de choquant s’agissant d’une question de santé publique. Mais il devient urgent que les enseignants soient, sans délai, destinataires d’informations et de consignes sur la conduite à tenir dès le jour de la rentrée. Dans les écoles, la rentrée se fait avec un affichage de 500 postes supplémentaires pour accueillir 17.000 élèves de plus. Or, depuis 3 ans, l’exécution du budget montre que la totalité du plafond des emplois n’est pas utilisée accroissant ainsi, en catimini, les économies budgétaires. C’est la scolarisation des enfants de deux ans qui est frappée de plein fouet : elle s’établit aujourd’hui à 18,4% contre 36% en 2000 et ne couvre désormais même plus les besoins dans l’éducation prioritaire. Dans le second degré, ce sont 6000 emplois qui passent à la trappe dont 3000 moyens de remplacement. Cela se traduit par des alourdissements d’effectifs et une nouvelle diminution de l’offre éducative alors que la démographie scolaire indique une augmentation importante des effectifs dans les collèges (+16.300 élèves). Dans cette situation, l’annonce de 16.000 suppressions dans le budget 2010 est catastrophique. Cette politique budgétaire va à rebours de la vague démographique que connaît notre pays. Coté éducatif dans le premier degré, les enseignants restent au mieux dubitatifs, au pire hostiles à une avalanche de réformes (aide individualisée, stage de remise à niveau, nouveaux programmes, évaluations…) dont ils ne voient ni le sens, ni l’utilité pour leurs élèves, notamment les plus en difficulté. Dans le second degré, c’est d’abord le lycée professionnel qui connaît les plus grands changements à cette rentrée avec l’entrée en application de la réforme du bac pro en 3 ans. Elle se traduit surtout par une optimisation de la gestion des moyens en rationalisant les structures et les capacités d’accueil. En clair, ces réductions se font au profit des formations en apprentissage hors du service public d’Education. Le collège, pour sa part, voit arriver de nouveaux programmes et le nouveau Diplôme National du Brevet. Le socle commun de connaissances et de compétences y fait une timide apparition. Cependant, le futur DNB propose , dans une véritable « usine à gaz », de concilier évaluation traditionnelle et évaluation des compétences acquises, semant la confusion là où il fallait fixer clairement l’objectif de la réussite de tous.

À ces constats s’ajoutent des dossiers importants qu’il va falloir traiter :  la réforme du lycée : elle ne peut se faire dans l’urgence. La concertation la plus large doit prévaloir.

L’annonce de Luc Chatel d’une réforme opérationnelle en septembre 2010 obère déjà la réussite du projet.  la mastérisation : le SE-UNSA attend la concertation annoncée par les deux ministres. L’enjeu de la professionnalisation de la formation reste essentiel ainsi que celui de l’avenir des IUFM.  la revalorisation du métier d’enseignant : elle est annoncée depuis plus de deux ans…et toujours rien. Pour le SE-UNSA, elle ne peut pas se résumer à une revalorisation des jeunes enseignants mais devra proposer de nouvelles perspectives de carrière à tous nos collègues. En période de crise, il faut cesser d’aller à contre courant du nécessaire investissement dans l’éducation et la formation. Pour le SE-UNSA, il y donc a urgence à changer de cap !

n°79 • août-septembre 2009 • l’enseignant du Lot et Garonne


ACTUALITE

Recrutement des enseignants: l'UNSA Education dénonce la publication précipitée des décrets

Mastérisation : remise des rapports Marois et Filâtre Le recteur Marois et le président Filâtre viennent de remettre à Valérie Pécresse et Luc Chatel leurs rapports respectifs. Chacun a travaillé de son coté et aborde donc la question de la mastérisation sous des angles très différents mais au fond complémentaires. L’un et l’autre pointent l’extrême complexité de la mise en œuvre de cette réforme de la formation des enseignants. Leurs questionnements, les différents scenarii qu’ils proposent, montrent à l’évidence que la concertation la plus large doit se poursuivre. Elle devrait permettre d’aboutir à un projet définitif fiable pour améliorer la formation disciplinaire et professionnelle des futurs enseignants. Sans remettre en cause le principe même de la mastérisation, les deux rapporteurs soulignent que des questions essentielles devraient pouvoir encore évoluer. C’est le cas de l’articulation concours-master qui constitue le cœur du dispositif. Pour le SE-UNSA, la place des épreuves d’admissibilité en M1 ou M2 doit encore pouvoir être mise sur la table sans tabou, sans dogmatisme. Dans cette optique, la nécessité de suspendre les projets de décret reste d’actualité. Il en va de même de l’organisation des stages de 108 heures pour les étudiants en master, comme le démontre le rapport Marois. Le volume et les conditions même de leur organisation se heurtent à une réalité complexe qu’il convient de prendre en compte. Là encore la réflexion doit être poursuivie sans apriori. Enfin, d’autres sujets doivent faire l’objet de discussions : - le nécessaire cadrage national des masters - l’élaboration d’un indispensable référentiel de compétences rénové et d’un référentiel de formation - la conception des contenus de concours qui ne doivent pas être redondants avec ceux des masters et doivent permettre d’évaluer les aptitudes des candidats à enseigner - la situation particulière des PLP Sur tous ces sujets, le SE-UNSA est disponible pour travailler dans le cadre de la concertation annoncée par les ministres. Il s’attachera à y faire des propositions assurant la cohérence entre les formations des différents corps d’enseignants. Attaché à l’unicité du métier d’enseignant, le SE-UNSA veillera à ce que la différenciation des formations ne conduise pas à un décrochage, notamment entre les formations des premier et second degrés.

Les décrets modifiant les conditions de recrutement des enseignants viennent d’être publiés. À quelques modifications de forme près, ils correspondent aux projets de textes auxquels l’UNSA s’était opposée, tant au Comité technique paritaire ministériel qu’au Conseil supérieur de la fonction publique. La fédération UNSA Éducation dénonce cette publication précipitée des décrets qui ne prend pas en compte, notamment, les analyses du rapport Filâtre. Les promesses ministérielles de dialogue après sa publication sont restées un vain mot. La fédération UNSA Éducation le regrette profondément. Elle continuera à agir pour la préservation de la qualité de la formation et l’indispensable remise à plat des décrets que les réalités universitaires et professionnelles imposeront à terme. Le combat pour la formation des enseignants continue.

Calendrier scolaire : Les calendriers scolaires pour les années 2010-2011, 2011-2012, 20122013 sont parus au bulletin officiel au mois de juillet. Plus d’info sur http:// www.education.gouv.fr/cid28961/ mene0914826a.html

Grippe A : Le 18 août, Luc Chatel a présenté à la presse, son plan « pandémie grippale » pour la rentrée scolaire. Le SE-UNSA entend bien l’enjeu d’une telle communication à destination de l’opinion publique et des familles, de nature à favoriser une prise de conscience et une vigilance collectives. Mais c’est avec scepticisme que le SE-UNSA a accueilli cette campagne qui oublie curieusement les personnels de l’Education, pourtant principaux acteurs de terrain. Ce dossier, le SE-UNSA le suit avec attention depuis le début. Il n’acceptera pas que la confusion qui a régné dans les écoles de Paris et Toulouse avant l’été se reproduise. Cette question de santé publique doit évidemment être traitée avec sérieux et efficacité. C’est le sens de nos interventions auprès du ministère. En effet, hormis la campagne de prévention sur les « gestes barrières », de nombreux sujets demandent absolument à être précisés pour éviter que la confusion s’installe. Les enseignants ont le droit d’avoir des informations claires sur la pandémie et des consignes lisibles et applicables. n°79 • août-septembre 2009 • l’enseignant du Lot et Garonne


1ER DEGRE

Les enseignants évaluent les nouveautés de l’année écoulée Dès son arrivée au pouvoir, le Président a engagé une réforme de l’école, réforme censée diviser par trois en cinq ans le nombre d’élèves en échec.

cette question. 53% des sondés jugent le dispositif inefficace mais 43% pensent qu’il peut avoir un impact positif sur la réussite des élèves. D’après les commentaires des enseignants et leur ressenti subjectif, l’aide semble efficace concernant la mis en confiance de certains élèves et l’établissement d’un rapport privilégié enseignant/ enseigné. Elle semble inefficace concernant le traitement de la difficulté scolaire en revanche.

Sept nouveautés : la réduction du nombre d’heures de classe et la suppression du samedi matin, les nouveaux programmes, l’aide personnalisée, l’accompagnement éducatif dans les écoles de l’éducation prioritaire, les stages de remise à niveau et les évaluations nationales en CE1 et CM2. Tout au long de l’année, de nombreux collègues nous ont fait part de leur désarroi, de leur fatigue et de celle de leurs élèves. Dans le même temps, le Ministre s’est félicité d’une école enfin remise en marche grâce à des programmes recentrés sur l’essentiel, un accompagnement éducatif,  Stages de remise à niveau des stages de remise à niveau, de Tout comme pour l’aide nouvelles évaluations et une aide individualisée, les effets des personnalisée qui « donnent stages de remise à niveau satisfaction à tous ». pendant les vacances semblent Qui croire ? Le SE-Unsa a lancé une difficiles à évaluer. Près d’un tiers enquête* à destination des des collègues n’ont pas d’avis et enseignants pour dresser un bilan. une courte majorité (50%) estime Voici les résultats. que ces stages sont inefficaces.  Nouveaux programmes Seuls 7% des enseignants ont 76% des enseignants estiment constaté une amélioration du que les nouveaux programmes niveau des élèves. 2008 ne constituent pas un  Accompagnement éducatif progrès par rapport à ceux de 64% des enseignants n’ont pas 2002. Est-ce à dire qu’ils d’avis. Seuls 10% des collègues constituent un recul ? estiment que le dispositif a un  Réduction du temps scolaire impact positif. Cela était prévisible 68% des collègues n’approuvent puisque ce dispositif ne concerne pas la réduction du nombre que les écoles de l’éducation d’heures de classe appliquée à prioritaire… et ne sera pas tous les élèves. généralisé à cette rentrée, faute  Semaine de quatre jours de moyens ! Si 19% des collègues estiment  Evaluations nationales CE1 et que la semaine de quatre jours CM2 est favorable à la réussite des 76% des collègues estiment que élèves, 54% pensent le contraire. les évaluations de CE1 et de CM2  Aide personnalisée ne sont pas un outil efficace pour Les avis sont très partagés sur la régulation de l’action

pédagogique auprès des élèves. 6% sont convaincus du contraire. En effet, telles qu’elles sont conçues, ces évaluations sont un bilan des acquis en fin de cycle II ou d’école primaire. Elles n’ont pas une fonction diagnostique en raison de leur conception (pas d’analyse fine des résultats) et de leur situation dans le temps (pas en début d’année scolaire). Mettre en place des remédiations immédiates dans ces conditions n’est pas chose possible.  Conditions de travail Une large majorité (77%) considère que toutes ces nouveautés n’ont pas eu d’impact positif sur les conditions de travail. L’empilement de ces mesures, sans concertation de la profession et de ses représentants, sans bilan fait de l’existant, traduit le souci du ministère de communiquer dans l’opinion par annonces médiatiques plutôt que de rechercher une réelle amélioration de la performance des élèves et du système éducatif. Preuve en est la disparition programmée des réseaux d’aide… Le président a voulu réformer seul contre tous. A chacune des étapes de sa réforme, il est resté sourd aux protestations qui se sont élevées de toutes parts. Se sentant probablement porté par la grâce pédagogique, il a fait le choix d’ignorer l’expérience et l’analyse des praticiens de terrain. Aujourd’hui les enseignants et leurs élèves en paient le prix fort. * Près de 1800 collègues, dont 54% de syndiqués, nous ont donné leur avis sur les nouveautés de l’année scolaire 2008/2009.

n°79 • août-septembre 2009 • l’enseignant du Lot et Garonne


2ND DEGRÉ

Collège : nouveaux programmes de la rentrée 2009 > Idées fortes sur les programmes des disciplines scientifiques. « Le socle commun de connaissances et de compétences recouvre en mathématiques la quasi totalité des champs du programme, la différence entre le programme proprement dit et le socle commun résidant surtout dans le degré d’approfondissement et dans l’expertise attendue ». A l’issue de ses études au collège, l’élève doit s’être construit une première représentation globale et cohérente du monde dans lequel il vit. Il doit pouvoir apporter des éléments de réponse simples mais cohérents aux questions : « Comment est constitué le monde dans lequel je vis ? », « Quelle y est ma place ? », « Dans la continuité de l’école primaire, les programmes du collège privilégient pour les disciplines scientifiques et la technologie une démarche d’investigation. » > Un accent concernant le français. Un nouveau programme qui marque un certain retour à la « tradition ». 6e : Plus de documents d’accompagnement mais des « ressources pour faire la classe ». Discrètement, une révolution pédagogique s’opère sans avoir été annoncée : la disparition des documents d’accompagnement des nouveaux programmes. Comme l’indique le compte-rendu des animations proposées par les IA-IPR de Lettres de l’académie. de Paris : « C’est bien pourquoi, dans le cadre du plein exercice de la liberté pédagogique, il n’y aura pas de documents d’accompagnement. » Cependant, des ressources en ligne apporteront des éclairages scientifiques sur des thèmes, des notions ou des problématiques ; des bibliographies et des sitographies, simples et commentées ; une lecture croisée des programmes des différentes disciplines en vue de mettre en oeuvre des projets pluridisciplinaires, notamment en histoire des arts ». Pour la classe de 6e, ces ressources recommandent un certain retour au récit. « Il convient de donner une place au récit proprement dit ». > L’enseignement de l’histoire des arts a été voulu par le Président de la République afin de « transmettre à tous les élèves les bases culturelles fondamentales leur permettant de connaître et d’aimer l’histoire, la langue et le patrimoine littéraire et artistique de notre pays ». L’enseignement de l’histoire des arts ne constitue pas une nouvelle discipline mais représente un quart du programme d’histoire et la moitié des programmes d’éducation musicale et d’arts plastiques. Il est également mis en œuvre dans le cadre des enseignements scientifiques et techniques. « L’enseignement de l’histoire des arts est un enseignement de culture artistique partagée. Il concerne tous les élèves. Il est porté par tous les enseignants. Il convoque tous les arts. » « Aux trois niveaux du cursus scolaire, Ecole primaire, Collège, Lycée, l’histoire des arts instaure des situations pédagogiques transdisciplinaires. » Notre avis Il est à noter l’impasse volontaire faite sur les « documents d’accompagnement » de ces nouveaux programmes au profit de « documents ressources » laissés à l’initiative des académies. Cette option est justifiée par le respect de la liberté pédagogique des enseignants. En la matière la « liberté pédagogique« a bon dos. S’il est utile de disposer de « documents ressources », il eut été aussi utile de pouvoir se référer à des documents d’accompagnement. Le « débrouillez-vous vous même » semble être la maxime du Ministère en la matière. L’accent mis sur le travail pluridisciplinaire en équipe, avec notamment l’enseignement de l’histoire des arts, supposerait une aide renforcée des équipes enseignantes, un accompagnement professionnel des différents acteurs concernés. Non seulement on ne la voit pas venir mais au contraire celle-ci est sérieusement mise à mal par la politique de suppressions de postes. Les ambitions affichées pour le collège se heurtent à la dure réalité dans les établissements. Une fois encore, le dévouement des collègues, leur investissement pour la réussite de leurs élèves sur lesquels table le Ministère suffira-t-il à redresser la situation sur le terrain ? Les « bons collèges » situés dans les zones plutôt favorisés rempliront à coup sûr l’essentiel des objectifs mais qu’en sera-t-il des établissements situés dans les zones difficiles, affaiblis davantage par la suppression de la carte scolaire ?

Réforme du lycée Dans son interview au Monde daté du 26/08, Luc Chatel a fait quelques annonces concernant la réforme du lycée. Il confirme qu’elle « entrera comme prévu en vigueur à la rentrée 2010 » et promet de présenter « l’architecture » du nouveau lycée « courant septembre ». Le ministre prend appui sur les préconisations du rapport Descoings. En guise de concertation, il se contentera des contributions écrites «sur leurs accords ou désaccords avec ces propositions » qu’il a demandé aux organisations syndicales enseignantes et lycéennes et aux associations de parents. Sur le fond, le ministre affiche l’ambition de « rendre le lycée plus juste ». Il souhaite « faire du lycée un lieu de vie. » et passer « d'un système d'orientation subi à un système choisi et réversible », mais sans plus de précisions. Pour le SE-UNSA, ces louables intentions ne suffiront sans doute pas à transformer réellement lycée pour mettre fin aux logiques de hiérarchisation des voies et des séries qui minent actuellement les choix d’orientation des élèves. Par ailleurs, le calendrier retenu compromet le sérieux de la réflexion et de la mise en place des nouveautés. Enfin, comment envisager sereinement une réforme quand dans le même temps, le ministre assume la suppression de 49 400 postes d'enseignants depuis 2001.

n°79 • août-septembre 2009 • l’enseignant du Lot et Garonne


AUTORISATION DE PRELEVEMENT J’autorise l’établissement teneur de mon compte à prélever sur ce dernier, si la situation le permet, tous les prélèvements ordonnés par le créancier désigné ci-dessous. En cas de litige sur un prélèvement, je pourrai en faire suspendre l’exécution par simple demande à l’Etablissement teneur de mon compte. Je règlerai le différent directement avec le créancier.

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L'enseignant n°78  

journal du SE-UNSA du Lot et Garonne

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