Page 1


4

4 8 9

Impressum Humanité, 4e édition 2012 Décembre 2012 ISSN 1664-2015 Photo de couverture et verso: Remo Nägeli Editeur: Croix-Rouge suisse, Rainmattstrasse 10, Case postale, 3001 Berne Téléphone 031 387 71 11, info@redcross.ch www.redcross.ch

Adresse de la rédaction: Croix-Rouge suisse, Rédaction Humanité, Case postale, 3001 Berne, humanite@redcross.ch, www.magazine-humanite.ch Rédaction: Tanja Pauli (rédactrice en chef), Urs Frieden (Santé et intégration), Andreas Häner (Levée de fonds), Isabelle Roos (Corporate Partnerships), Christine Rüfenacht (Santé et intégration), Isabel Rutschmann (Communication), Katharina Schindler (Coopération internationale), Karl Schuler (Coopération internationale)

14

Traduction: Service de traduction CRS Graphisme et impression: Vogt-Schild Druck AG, Derendingen Prochaine édition: février 2013

neutral Imprimé No. 01-12-179258 – www.myclimate.org © myclimate – The Climate Protection Partnership

2

Humanité 4/2012

14

22

16

25

Reportage – Orphelins du sida au Togo Une chance pour Gracia Un avenir cousu de fils d’or Prévenir et aider

CONVICTION – Dialogue intergénérationnel Un «vieillard» porte-parole de la jeunesse

16 RÉALITÉS – A l’école de l’humanité Apprendre en s’engageant 18 ENGAGEMENT – Otto Baumann, bénévole 2 5 Noël D’année en année 22

RÉALITÉS – Cours d’auxiliaire de santé CRS Prendre soin des personnes âgées

25

RÉALITÉS – Biélorussie Infatigables babouchkas

Contributions à la présente édition: Cécile Eisenring, Laurence Jolliet, Markus Mader, Marco Ratschiller, Josef Reinhardt, Beat Wagner, Julia Zurfluh Abonnement: l’abonnement coûte 6 CHF par an et est offert aux donateurs de la CRS. Parution: trimestrielle Langues: français et allemand Tirage: 107000 exemplaires Copyright sur toutes les photos sans indication: Croix-Rouge suisse

18

12 TÉMOIGNAGE – Directives anticipées CRS Pour que la volonté du patient soit respectée

Dons: CP 30-9700-0 Notification de changement d’adresse: par courriel à pf.service@redcross.ch ou par téléphone au 031 387 74 64

12

29 PÊLE-MÊLE En provenance directe du jardin Page jeux/caricature


© CRS, Caspar Martig

Éditorial

Les vraies valeurs Chère lectrice, cher lecteur, Voici Noël, l’époque des cadeaux. En échange de votre don, je ne peux malheureusement rien vous offrir, rien d’autre que mes sincères remerciements et ma promesse que votre geste profite à des personnes dans la détresse. La CRS ne peut pas diffuser la musique de votre choix, pas plus qu’elle ne vous apportera une gloire éphémère à la radio ou à la télévision. Et c’est justement pour cela que, loin du battage médiatique, les véritables héros, ce sont les donateurs comme vous. La CRS a besoin de votre soutien, car même en collaboration avec la Chaîne du Bonheur ou d’autres partenaires, nous devons toujours fournir notre contribution. Vos dons portent d’importants projets d’aide au cours de nombreuses années. Même lorsque les médias se sont depuis longtemps désintéressés de la détresse des hommes, les responsables de projets de la CRS poursuivent leur mission et en rendent compte avec d’autres témoins sur www.redcross. ch, dans les lettres aux donateurs ou dans Humanité. Dans ce dernier numéro 2012, notre magazine vous emmène dans des régions du monde où notre aide reste nécessaire et met en avant tout ce que nous avons déjà accompli ensemble. Chère donatrice, cher donateur, votre humanité et votre solidarité vous honorent. Je vous souhaite un très joyeux Noël en famille et une très bonne année 2013. Avec mes salutations les meilleures,

Markus Mader Directeur de la Croix-Rouge suisse

Humanité 4/2012

3


HumanitĂŠ 4/2012

5


Reportage

T

out est calme dans l’école de Blitta, une petite localité de la Région centrale du Togo. Ce sont les vacances scolaires. Dans une pièce chichement aménagée, quelques enfants sont assis sur des bancs. Parmi eux, Paloulam, 14 ans, et sa sœur Akely, 7 ans. Ils attendent le collaborateur de la Croix-Rouge locale qui doit leur remettre les fournitures pour la prochaine année scolaire. Une bonne raison de se réjouir pour ces enfants, car seuls ceux qui apportent leur matériel peuvent assister aux cours et donc avoir une chance de se former et d’espérer un avenir professionnel. Une communauté de destin Mais ce n’est pas la joie qui transparaît sur les visages de Paloulam et d’Akely. Pas même lorsqu’ils reçoivent les nouveaux cahiers, les crayons, le cartable et le tissu pour l’uniforme. Au contraire, ils sont marqués par le chagrin. Akely sèche furtivement une larme qui coule sur sa joue. Trois jours auparavant, le frère et la sœur ont enterré leur mère, emportée par le sida. Un terrible coup du sort. Depuis que leur mère est tombée malade, ils vivent chez leur grand-père. Leur père travaille au loin et ne revient à la maison que deux fois l’an. Tous les enfants présents dans la salle, et à qui la Croix-Rouge suisse (CRS) permet d’al-

Gracia, 6 ans, paraît mûre pour son âge. Elle aide déjà sa grand-mère.

ler à l’école, partagent le même destin. S’ils sont là aujourd’hui, c’est que leurs parents sont séropositifs, sidéens, déjà morts du sida ou partis travailler dans une grande ville. Tous grandissent dans la pauvreté chez des membres de leur famille et ont à peine de quoi survivre. Ce destin frappe

Tous les enfants qui sont là aujourd’hui grandissent sans leurs parents.

Le matériel scolaire offert à Paloulam et Akely ne les console pas: ils ont perdu leur mère trois jours auparavant. 6

Humanité 4/2012

de nombreux enfants au Togo, petit pays d’Afrique occidentale où 250 000 personnes sont séropositives. Gracia, 6 ans, ira elle aussi à l’école de Blitta et reçoit aujourd’hui ses fournitures scolaires de la Croix-Rouge. Comme elle habite un endroit reculé, Lucien Lokou les lui apporte chez elle. La fillette est tout excitée de voir arriver dans la rue l’homme vêtu d’un t-shirt blanc orné


Reportage manque de tout, elle est là pour sa petite-fille. Contre la discrimination Grâce au travail de sensibilisation fourni par les bénévoles Croix-Rouge, Yolo

ba et à Gracia des denrées alimentaires de base et des articles d’hygiène de la CRS. Dans quelques années, quand Gracia sera à l’école secondaire, la CRS paiera aussi ses frais de scolarité. Yolo Abiba lui en est éternellement re-

Abiba, malgré sa maladie, a conservé sa place au sein de la société et de sa famille. Sans cet engagement contre la stigmatisation des séropositifs, elle et sa

Un travail de sensibilisation pour éviter l’exclusion des séropositifs

petite-fille seraient marginalisées. Ce qui causerait un grand tort à Gracia: personne ne jouerait avec elle, personne ne les aiderait, elle et sa grand-mère. De plus, les bénévoles Croix-Rouge ont rendu Yolo Abiba attentive aux risques d’infection et lui ont expliqué les

connaissante, elle qui sait à quel point être scolarisée est essentiel pour l’avenir de sa petite-fille. «C’est un immense cadeau pour moi que Gracia puisse aller à l’école grâce à la Croix-Rouge. Elle mérite un futur meilleur», dit-elle. Mais

d’une croix rouge. Tel un enfant attendant ses cadeaux de Noël, elle trépigne d’impatience. Personnes séropositives et familles monoparentales Gracia serre contre elle les fournitures scolaires et court vers sa grand-mère. Ensemble, elles parcourent le livre de lecture. «Regarde, ce sont les lettres que j’apprendrai en deuxième classe!», explique Gracia. La fillette grandit sans ses parents. Ils cherchent du tra­ vail à 300 km de là, à Lomé, la capitale du Togo. Tous deux sont séropositifs. La grand-mère de Gracia, Yolo Abiba, est elle aussi porteuse du VIH. Elle est entrée en contact avec du sang in­ fecté en utilisant pour sa pédicure la même lame de couteau que la mère de Gracia. Le traitement qu’elle suit a empêché le sida de se déclarer. Bien que les circonstances soient difficiles et qu’elle

Un four en torchis protège le feu et sert de cuisinière à Yolo Abiba.

importants. Elle peut compter sur leur

Gracia ne pense pas encore à l’école secondaire. Elle se réjouit plutôt que la vie reprenne à l’école de Blitta, d’autant que cette année, comme elle entre en deuxième classe, elle ne sera enfin plus la benjamine.

soutien indéfectible en toutes circons-

➥ redcross.ch/togo

précautions à prendre au quotidien pour protéger sa petite-fille, qui est séronégative. Pour Yolo Abiba, les bénévoles CroixRouge sont devenus des interlocuteurs

tances. Ils aident la grand-mère à se procurer les médicaments du ministère de la Santé et l’exhortent à les prendre régulièrement et sans interruption. En outre, les bénévoles donnent à Yolo AbiHumanité 4/2012

7


Reportage

Kodjo Debolema

Un avenir cousu de fils d’or Deux machines à coudre et un fer à repasser: c’est avec ce simple équipement que Kodjo Debolema, 23 ans, a ouvert son propre atelier de couture l’an passé au Togo. La Croix-Rouge suisse (CRS) soutient cet orphelin du sida depuis qu’il a 12 ans et a mis à sa disposition le matériel qui lui a permis de lancer son activité indépendante. Texte: Isabel Rutschmann   photos: Remo Nägeli

Au Togo, comme les écoliers ne reçoivent que le tissu pour faire leur uniforme, les tailleurs sont très demandés.

K

odjo Debolema n’a pas vraiment le temps de papoter. Empilées à côté de la machine à coudre, des étoffes en quantité attendent d’être transformées en vêtements. Les pièces que le tailleur a déjà confectionnées – chemises élégantes, blouses traditionnelles colorées et brodées avec art, pantalons à pinces et

«C’est à la CRS que je dois tout.» blazers – sont suspendues au mur. Kodjo Debolema a du pain sur la planche. Les vacances scolaires s’achèvent dans deux semaines, et il doit coudre de nombreux uniformes d’ici là. «Les affaires marchent très bien», remarque-t-il tout en actionnant du pied sa Singer, une antiquité à nos yeux. «Mais pour la CRS, je peux 8

Humanité 4/2012

faire une pause et prendre le temps de raconter mon histoire. C’est à elle que je dois tout!», dit-il en nous présentant son empire d’un vaste geste. Son empire, c’est un atelier de couture installé dans une petite hutte de Sotouboua, au cœur du Togo. Une table, deux machines à coudre, un fer à repasser carburant au charbon et une chaise, un matériel de base que la CRS a donné au tailleur pour qu’il lance son affaire. Le jeune homme ambitieux avait saisi au vol cette chance inespérée. Car cet avenir qui s’ouvrait devant lui n’avait rien d’une évidence: alors qu’il avait 11 ans, son père est mort du sida, et sa mère, qui parvenait à peine à nourrir ses cinq enfants, ne pouvait bien sûr leur payer ni l’écolage ni les fournitures scolaires. Des frais que la CRS a pris en

charge. Après la classe, Kodjo Debolema se rendait dans l’atelier de son oncle où il a pu se familiariser avec le monde de la couture. Voyant que cette activité lui plaisait, il a appris le métier. La CRS l’a ensuite aidé à poser la première pierre de son propre commerce. Depuis, il doit honorer une trentaine de commandes par mois, qui l’occupent à plein temps. Il parle aujourd’hui d’agrandir sa petite entreprise et de construire sa propre maison. Il soutient sa mère financièrement et s’imagine parfaitement fonder une famille dans un futur proche. Il aimerait aussi former des apprentis: «La Croix-Rouge m’a soutenu. Je lui en suis très reconnaissant. A mon tour maintenant de rendre la pareille et d’aider les autres.» Allez, assez bavardé. Kodjo Debolema se remet à sa vieille Singer. Le pantalon doit être fini avant ce soir.

➥ redcross.ch/togo

L’antique machine à coudre de la CRS fonctionne sans électricité.


Reportage

Afassou Tao et Sandrine Atchota, formés par la Croix-Rouge au travail de sensibilisation, ont toute la confiance des habitants.

Contre le VIH au Togo

Prévenir et aider La Croix-Rouge suisse (CRS) combat la propagation du VIH dans des contrées défavorisées du monde, comme la Région centrale du Togo. Sensibilisation, prévention, conseils et prise en charge: c’est une lutte ardue contre le virus, mais aussi contre l’exclusion des séropositifs et de leurs proches. Texte: Isabel Rutschmann   photo: Remo Nägeli

A

u Togo, le combat de la CRS contre le sida s’appuie sur un réseau local de bénévoles Croix-Rouge. Quand ceux-ci interviennent dans les villages, ils peuvent compter sur l’attention des habitants. Leur mission n’en est pas aisée pour autant. A l’aide d’illustrations et de matériel de démonstration, ils informent et sensibilisent. Personne ne détourne les yeux lorsque l’un d’entre eux explique sur un pénis en bois comment utiliser un préservatif. Bien au contraire, hommes et femmes participent sans gêne et mettent en scène un petit spectacle où tous s’amusent. Les images illustrant les risques d’infection, les maladies sexuellement transmissibles et les mesures de prévention suscitent

elles aussi des discussions animées. La prévention met l’accent sur l’abstinence, la fidélité et la protection. Les bénévoles vendent des préservatifs à prix réduit et invitent les habitants à se faire dépister.

Les bénévoles Croix-Rouge, s’ils prônent la fidélité et l’abstinence, expliquent aussi comment utiliser correctement un préservatif. Mais l’engagement de la CRS va bien au-delà de la simple prévention: des bénévoles se rendent au domicile de sidéens et s’occupent d’eux. Une attention toute particulière est accordée aux femmes en-

ceintes, qui sont incitées à se soumettre aux contrôles effectués dans le cadre des soins prénataux. Des personnes séropositives se retrouvent régulièrement dans des groupes d’entraide. Elles s’encouragent et se soutiennent mutuellement en s’échangeant des conseils, voire en mettant sur pied une activité qui leur procure un revenu d’appoint. Une vingtaine de femmes ont par exemple reçu des semences de la CRS pour cultiver des céréales, à partir desquelles elles fabriquent une farine enrichie en nutriments qu’elles vendent à des hôpitaux. La zone d’intervention de la CRS dans la Région centrale du Togo concerne 170 villages où vivent quelque 320 000 personnes.

➥ redcross.ch/sida Humanité 4/2012

9


Une attente: que vous soyez toujours aussi rapides pour me sauver la vie.

L’Allianz Helpbox® peut sauver des vies! Plus de sécurité pour toute votre famille: en cas d’accident grave, l’Allianz Helpbox® alerte les secours immédiatement et automatiquement.

Demander conseil dès maintenant

Allianz Helpbox® www.allianz-suisse.ch

Allianz Suisse est partenaire officiel de la Croix-Rouge suisse (CRS). Joignons nos forces pour protéger et pour aider.

humanite_Spital_4c_180x270_f.indd 1

15.10.12 11:26


en bref

Soutien à la CRJ sur le green En septembre, Canon a organisé un tournoi international de golf dans la région de Sempach. L’occasion pour des golfeurs professionnels et des clients de Canon de lever 2500 CHF en faveur de la CroixRouge Jeunesse (CRJ). Canon soutient les projets de jeunesse de la Croix-Rouge suisse depuis plus de six ans.

L’Alarme Croix-Rouge en toute discrétion On peut désormais utiliser l’Alarme CroixRouge avec la montre suisse Limmex. Cette montre élégante permet de déclencher un appel d’urgence à la centrale Croix-Rouge, qui organise alors les secours adéquats. L’Alarme Croix-Rouge est soutenue par Allianz. Pour en savoir plus:

➥ alarme-croixrouge.ch

Des secouristes japonais formés par REDOG Après le séisme qui a dévasté le Japon en mars 2011, des équipes cynotechniques s’étaient rendues sur place pour rechercher des survivants. Aujourd’hui, les formateurs de REDOG transmettent leur savoir à des maîtres-chiens japonais. Forte d’une longue expérience, la Société suisse pour chiens de recherche et de sauvetage, qui fait partie de la Chaîne suisse de sauvetage, est un prestataire de formation à la localisa-­

tion de victimes reconnu dans le monde entier. En sa qualité d’organisation humanitaire de bénévoles, REDOG est tributaire d’une aide financière pour des missions particulières de cette nature. C’est Swiss Re, qui soutient REDOG depuis 2010, qui a rendu possibles ces formations au Japon. Les équipes de chiens de recherche peuvent être mobilisées via le numéro d’urgence 1414.

➥ redog.ch

© Bourbaki-Panorama

Consultation gratuite relative à votre testament

Idée d’excursion Il y a plus de 140 ans, la Croix-Rouge suisse effectuait sa première mission d’envergure sur le territoire national. Plongez en plein hiver 1871 au Val-deTravers avec le panorama Bourbaki de Lucerne, qui dépeint l’arrivée en Suisse des 87 000 soldats épuisés du général Bourbaki. Depuis l’an dernier, une exposition permanente met en lumière de nouveaux détails saisissants de cette fameuse peinture panoramique. Saurez-vous localiser la Croix-Rouge du premier coup d’œil? Informations complémentaires et horaires d’ouverture:

➥ bourbakipanorama.ch

Vous envisagez de faire figurer la CroixRouge suisse (CRS) dans votre testament? Inscrivez-vous à l’une de nos consultations gratuites, proposées dans les principales villes de Suisse! Un spécialiste vous y exposera toutes les options à votre disposition, par exemple le legs d’une partie de votre fortune à la CRS au profit d’une cause spécifique qui vous tient particulièrement à cœur. Nous répondrons volontiers à toutes les questions que vous vous posez sur vos dernières volontés. Vous disposerez ainsi d’un testament valide, inattaquable et conforme à vos attentes. En couchant la CRS sur votre testament, vous contribuez à notre action en faveur d’un monde plus humain, tendez la main aux

générations futures et nous permettez de poursuivre notre engagement auprès des personnes dans le besoin, comme nous le faisons depuis bientôt 150 ans. Pour fixer un rendez-vous ou commander notre guide gratuitement et sans obligation, merci de prendre contact avec nous par téléphone ou par courriel.

➥ Téléphone: 031 387 72 83 Courriel: laurence.jolliet@redcross.ch

Humanité 4/2012

11


témoignage

Directives anticipées CRS

Pour que la volonté du patient soit respectée Grâce aux directives anticipées Croix-Rouge, chacun peut avoir la certitude de bénéficier du traitement médical qu’il souhaite même s’il n’est plus capable de s’exprimer. Dès l’an prochain, le corps médical aura l’obligation légale de respecter les volontés fixées dans ce document. Beatrice Gehri, responsable des directives anticipées CRS dans le canton de Soleure, explique pourquoi il est important de réfléchir très tôt à ses choix. interview: Christine Rüfenacht   photos: Roland Blattner

Beatrice Gehri, y a-t-il une bonne raison d’établir des directives anticipées?

Rédiger des directives est une manière d’assumer ses responsabilités – c’est moi qui décide comment je souhaite vivre et mourir. Avec l’entrée en vigueur du nouveau droit sur la protection de l’adulte le 1er janvier 2013, les médecins auront l’obligation de vérifier si le patient possède 12

Humanité 4/2012

«Les directives anticipées épargnent à la famille des décisions difficiles.» des directives et, le cas échéant, de les appliquer. S’il n’y en a pas, la famille du patient ou de la patiente doit décider. Les directives permettent donc aussi de proté-

ger ses proches de décisions difficiles. On évite de plus que toute la famille discute de ce qui est bon pour le patient et finisse par-dessus le marché par se disputer. Justement, comment s’assurer de l’efficacité de ses directives anticipées?

Afin que le corps médical puisse appliquer les directives anticipées, elles doivent être


témoignage La conseillère explique les traitements médicaux et leurs conséquences.

correctement formulées et irréprochables d’un point de vue juridique, éthique et médical. Il ne doit pas y avoir de contradictions ou de demandes auxquelles un médecin ne peut répondre. Pour être complètes, les directives anticipées devraient contenir les situations dans lesquelles elles sont applicables, l’échelle personnelle de valeurs, le nom d’une personne de confiance et l’indication de l’acceptation ou du refus d’un traitement. Il faut être conscient que l’élaboration de directives exige une réflexion approfondie. L’idéal est de se faire conseiller par un spécialiste, ce qui est possible auprès de la CRS.

à PROPOS Les directives anticipées CRS La Croix-Rouge suisse propose un service-conseil pour la rédaction de directives anticipées CRS. A partir de janvier 2013, le formulaire pourra aussi être rempli en ligne sur le nouveau site Internet. Ce formulaire peut être vérifié par un spécialiste et conservé au centre de dépôt CRS. Le dépôt des directives donne lieu à des invitations régulières à les actualiser. Toutes ces prestations sont proposées à un tarif abordable.

➥ directives-anticipees.ch ou Quel est l’avantage des ser-

tél. 031 960 75 75.

vices-conseils de la CRS?

Discuter des directives avec une personne de confiance constitue souvent une aide précieuse. Celle-ci peut aussi participer à l’entretien avec le conseiller CRS.

On trouve rarement dans son entourage des proches sachant de quoi il retourne, prêts à prendre le temps de discuter ou de rédiger des directives. Le conseiller CRS est neutre. C’est une personne de confiance à qui l’on ose poser toutes les questions et donc une aide précieuse. Un entretien permet au client de connaître ses besoins, ses attentes et donc de définir ce qu’il veut. Ensuite, le conseiller rédige les directives. On est donc assuré d’avoir des directives personnalisées de qualité. Quand s’appliquent les directives anticipées?

Les directives s’appliquent uniquement lorsque le patient ou la patiente n’est plus capable de discernement. Et ce n’est pas toujours dans les moments où il est question de vie ou de mort. Elles sont par exemple utiles lorsqu’un malade souffrant d’Alzheimer entre dans une institution. Grâce à elles, le personnel soignant sait ce qui est important pour cette personne, par exemple le contact avec la nature, et peut en tenir compte. Par ailleurs, il est clair qu’en cas d’accident de la route, la première chose à faire n’est pas de trouver des directives. La priorité est donnée aux premiers secours. Comment s’assurer que ses directives seront disponibles au cas où?

Ne conservez pas vos directives à la maison sans en informer quelqu’un. Il peut aussi arriver quelque chose pendant les vacances. C’est pourquoi on peut déposer ses directives anticipées CRS auprès de la Croix-Rouge suisse, où elles seront disponibles 24h/24. De surcroît, les détenteurs sont périodiquement invités à actualiser leurs directives. Ils ont ainsi la possibilité de vérifier si le contenu correspond toujours à ce qu’ils veulent. Beatrice Gehri Directrice du centre régional de la Croix-Rouge à Granges (SO), Beatrice Gehri, 59 ans, est responsable des directives anticipées CRS. C’est elle qui a mis en place la prestation dans son canton avec une équipe de conseillers. Humanité 4/2012

13


conviction

L

«Plus jeune, j’avais une approche éminemment romantique de l’âge et du vieillissement.» de l’âge et du vieillissement. J’ai même eu les larmes aux yeux en regardant le documentaire Que sera, qui raconte la vie d’un EMS bernois accueillant également une crèche. Mais j’ai aussi été échaudé par certains épisodes. Invité à me produire lors du vernissage de l’exposition Sechsundsechzig à Liestal (BL), j’ai été accueilli par un public composé majoritairement de seniors qui se bouchaient les oreilles d’un air désapprobateur. Décidant d’en rester là, j’annonçais mon dernier morceau lorsqu’une femme s’est levée en criant: «Non, ça suffit!» Un véritable cauchemar… Une autre fois, j’ai voulu offrir mon aide à un EMS à titre bénévole. Au téléphone, tout

Greis aux côtés du conseiller national Matthias Aebischer lors de la Conférence nationale de la CRS

se passait bien jusqu’à ce que je leur donne mon nom, Greis. Croyant à une blague, mon interlocutrice a immédiatement raccroché. Je n’ai jamais retenté le coup. J’ai pris beaucoup de plaisir à participer au dialogue intergénérationnel. Le public a été très réceptif. Je ne connaissais que vaguement Matthias Aebischer, et j’ai beaucoup apprécié le fait qu’il ne récite pas simplement le programme de son parti, mais qu’il défende sa propre opinion. Quant à Leni Robert, que je rencontrais pour la première fois, je me rappelle la sympathie que je lui portais durant ma jeunesse. Non pour son rôle politique de directrice de l’instruction publique du canton de Berne – à l’époque, je n’y comprenais pas grand-chose –, mais plutôt en raison de son nom, facilement prononçable pour le Romand fraîchement débarqué en terres alémaniques que j’étais alors. Je me réjouirais de participer à nouveau à une telle manifestation. Et pourquoi pas dans quelques années en tant que représentant d’une génération plus âgée, histoire de mesurer l’évolution de mes positions?

➥ redcross.ch/conf12

à PROPOS Conférence nationale de la CRS Tous les ans depuis 2003, la CRS organise une conférence nationale. L’Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle a déterminé le thème de sa 10e édition. C’est ainsi que le 20 septembre 2012 à Berne, une centaine d’experts se sont penchés sur l’objectif «Vieillir, un projet d’avenir – vers une nouvelle solidarité entre générations». Le dialogue intergénérationnel avec le rappeur Greis – intermède entre les exposés et les ateliers – a été suivi avec intérêt.

Photo: www.greis.ch

orsque la Croix-Rouge suisse m’a invité à intervenir lors de sa Conférence nationale à Berne, j’ai accepté avec une joie teintée d’appréhension. En effet, un débat intergénérationnel est plus interactif qu’un concert. Il ne s’agit pas uniquement de se produire face au public, mais aussi d’écouter, de réagir et d’improviser. Freestyle, quoi! Du haut de mes 34 ans, je représentais la jeunesse. De son côté, le conseiller national PS Matthias Aebischer, 45 ans, incarnait la génération précédente. Quant à l’ex-responsable politique Leni Robert, elle personnifiait une tranche d’âge antérieure: à 76 ans, elle a plus du double de mon âge. Heureusement, la préparation s’est avérée aisée. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures! Il suffisait de puiser dans ses expériences, son ressenti, bref, sa manière d’appréhender la vie. Evidemment, on m’a tout d’abord interrogé sur l’origine de mon nom de scène, Greis («vieillard» en allemand). C’est bien simple, la trouvaille remonte à un cours sur les pléonasmes à l’école. Monter en haut, prévoir à l’avance, etc. J’ai voulu provoquer en faisant un peu le contraire, d’où cette idée de jeune vieillard. Le lien intergénérationnel est un thème qui m’est familier. Et pas seulement en raison de mon statut d’artiste indépendant qui m’oblige aujourd’hui déjà à me débattre avec l’AVS. Plus jeune, j’avais une approche éminemment romantique

Greis Greis, Grégoire Vuilleumier dans le civil, est né en 1978 à Lausanne. Il figure parmi les meilleurs artistes de la scène hip-hop suisse. Titulaire d’un master de l’Université de Zurich en journalisme, science politique et histoire économique, il partage sa vie entre Berne et Bâle. Humanité 4/2012

15


engagement

Cette année aussi, Otto Baumann, 80 ans, participera activement à 2 5 Noël.

Otto Baumann, bénévole 2 5 Noël

D’année en année Otto Baumann a appris au sein de sa section de samaritains que l’action 2 5 Noël était à la recherche de bénévoles. C’était il y a quinze ans, peu après son départ à la retraite. Depuis, cet ancien chef d’expédition fait partie des précieux bénévoles qui aident chaque année la Croix-Rouge suisse (CRS) à décharger, déballer et trier quelque 70 000 colis. interview: Tanja Pauli   photos: Otto Baumann et Josef Reinhardt

18

Humanité 4/2012


engagement Combien de temps consacrez-vous à l’action 2

5

Noël?

Avant, je m’engageais deux à trois jours par semaine, du début janvier à la fin février. Maintenant, un peu moins. Il faut dire que j’ai fêté mon huitantième anniversaire cet automne. Mais si la santé suit, je reviendrai cette année encore. J’y prends plaisir, c’est une belle initiative. Souvent, je me demande qui aura la joie de recevoir tel ou tel cadeau. En début d’année, vous laissez donc tout tomber pour 2 x Noël?

Pas du tout. Mes autres hobbys, je les garde pour le reste de l’année. Je m’occupe notamment de l’entretien de nichoirs pour l’association de protection de la nature et des oiseaux de Muri-Gümligen, mais cette activité n’a rien d’urgent. En 1997, lors de mon départ à la retraite, j’ai décidé de ne jamais répondre «Je

«Lors de mon départ à la retraite, j’ai décidé de ne jamais répondre que je n’ai pas le temps.» n’ai pas le temps». Pour l’instant, j’ai tenu parole. Ma femme me dit toujours: «Tant que ça te plaît, vas-y!»

tellement remplis qu’il faut les porter à deux.

à PROPOS

La marchandise envoyée est-elle

2 5 Noël C’est la 16e édition de 2 5 Noël, une initiative de la Croix-Rouge suisse, de La Poste Suisse et de SRG SSR. Du 24 décembre 2012 au 12 janvier 2013, La Poste Suisse expédie gratuitement les colis adressés à la CRS pour l’opération 2 5 Noël. La CRS veille à distribuer la moitié des dons à des personnes dans le besoin en Suisse et l’autre moitié en Europe de l’Est. Idéalement, un colis se compose comme suit: pâtes, riz, huile, conserves, sucre, farine, fruits secs, dentifrice, brosses à dents, savon, shampooing, blocs-notes, cahiers, feutres, crayons, gommes, etc. Les denrées alimentaires doivent avoir une durée de conservation de 6 mois au moins. Qui souhaite plutôt offrir un paquet-cadeau trouvera des informations sur Internet:

généralement utile et de qualité?

Oh oui! On reçoit de nombreux paquets remplis avec attention: on sent alors que la personne a réfléchi à ce qu’elle y mettait. Ils contiennent des aliments et des objets d’usage courant spécialement achetés pour l’occasion. J’ai l’impression qu’avant, les gens envoyaient plus souvent de la camelote qu’aujourd’hui. Quel est votre meilleur souvenir de vos quatorze éditions de 2

5

Noël?

C’est un souvenir très personnel. J’avais un professeur de classe que j’adorais. Il s’appelait Karl Stocker et avait écrit un livre d’histoires en dialecte intitulé Dr Morgestärn que j’ai longtemps recherché en vain. Il est épuisé, me disait-on toujours. Quand soudain, il y a deux ans, j’ai mis la main dessus à l’entrepôt de la CRS à Wabern. Je n’arrivais pas à y croire! Je me suis alors permis de demander si je pouvais le garder. Car les règles sont très strictes: les bénévoles n’ont le droit d’emporter aucune marchandise, pas même les aliments dont la date de péremption est échue.

Quelles sont vos activités préférées dans le cadre de 2

5

Noël?

Au fil des années, j’ai touché à tout, et toujours avec le même plaisir: du déchargement des wagons, qui à l’origine étaient remplis à ras bord, jusqu’à l'élimination des boîtes en carton. Au tout début, nous aplatissions à la main les cartons vides à recycler. Désormais, nous disposons d’une presse, que j’ai déjà actionnée moi-même. Concernant la répartition des marchandises, je préfère laisser ça aux femmes, même si j’ai aussi donné un coup de main à l’occasion. Pour cette tâche, il faut avoir le coup d’œil, et les femmes y sont plus habiles. Avec votre expérience, parvenez-vous à deviner le contenu d’un colis?

A vrai dire, non. C’est à chaque fois une surprise, même si je sais par exemple que les paquets lourds contiennent généralement des aliments. Parfois, ils sont

Ce livre vous tenait particulièrement à cœur …

Oui. Pour moi, sa valeur est inestimable, tout comme les expériences faites dans

➥ 2xnoel.ch le cadre de 2 5 Noël. Ce qui me motive le plus, c’est de venir en aide aux plus pauvres. Nous vivons dans la surabondance, alors qu’ailleurs, on se contente de peu. Ça fait plaisir de voir ce que les gens donnent pour les autres, tout en donnant soi-même. Un jour, j’aimerais être présent lors de la distribution des marchandises.

Décharger, déballer, trier, éliminer les cartons – Otto Baumann a déjà touché à toutes les étapes de l’opération. Humanité 4/2012

19


L’argent fait le bonheur (N°15). L’argent fait le bonheur si on peut être présent pour les autres. Swisscanto a ainsi lancé le Swisscanto Swiss Red Cross Charity Fund en coopération avec la Croix-Rouge suisse (CRS). En investissant dans ce fonds, vous faites don de la moitié des revenus qu’il génère pour plus d’humanité. Vous bénéficiez dans le même temps d’un investissement en obligations axé sur la sécurité. Vous obtiendrez des informations détaillées auprès de votre conseiller à la clientèle de la Banque Cantonale ou sur le site www.redcross.ch ou www.swisscanto.ch/15. Les informations publiées dans ce document ne constituent pas une offre. Elles ont un but uniquement informatif. Mise à disposition gratuite du prospectus de vente, du prospectus de vente simplifié, du rapport semestriel et du rapport annuel auprès des Banques Cantonales, de Swisscanto Asset Management SA, Nordring 4, 3000 Bern 25 ou sur le site www.swisscanto.ch.

En coopération avec


en bref

Tentes d’urgence pour climat tropical La CRS s’est procuré 420 tentes solides et légères spécialement adaptées à l’hébergement d’urgence en milieu tropical. Ne nécessitant aucune fixation au sol, ce type de tente convient particulièrement aux espaces urbains. Un matériel que la CRS entrepose avec d’autres biens de secours au Ghana et en Malaisie, afin de réduire les temps d’acheminement en cas de catastrophe. Les tentes ont été testées au Ghana par la gestion internationale de catastrophes (photo).

A qui reviendra le Prix Croix-Rouge 2013? Connaissez-vous une personne ou une organisation dont l’action humanitaire est exemplaire, exceptionnelle et durable? Qui s’engage de manière extraordinaire en Suisse ou à l’étranger en respectant les Principes fondamentaux d’humanité, d’impartialité, de neutralité et de volontariat? Raison pour laquelle, selon vous, elle mérite d’être récompensée? Alors proposez-la pour le Prix Croix-Rouge 2013, doté de 30 000 CHF, en envoyant votre suggestion d’ici le 31 décembre 2012 à l’adresse ci-dessous (de plus amples informations à ce sujet sur www.redcross.ch).

➥ Croix-Rouge suisse, Communication, Case postale, 3001 Berne

Aide d’urgence aux réfugiés syriens La plupart des quelque 200 000 réfugiés syriens en Jordanie vivent dans un logement en location ou chez une famille d’accueil. De nombreuses femmes sont seules avec leurs enfants, les hommes étant souvent restés en Syrie. En plus de la nourriture, les réfugiés doivent payer de leur poche l’eau et l’électricité pour avoir le droit de passer l’hiver dans leur logement. C’est pourquoi la CRS soutient un millier de familles particulièrement vulnérables en leur versant

chaque mois l’équivalent de 220 CHF en espèces. Cette aide financière directe se poursuivra au moins trois mois durant dans les villes frontières d’Ajloun et de Jerash. La CRS distribue également des biens de secours pour l’hiver, et plus de 2000 personnes ont d’ores et déjà reçu des couvertures, des articles d’hygiène ainsi que des ustensiles ménagers. Au total, la CRS affecte, avec le soutien de la Chaîne du Bonheur, 1,3 million de CHF à l’aide aux victimes du conflit syrien.

Rendre la vue par l’achat de lunettes de soleil Liza Andrea Kuster, animatrice et Miss Earth Suisse 2010, soutient depuis des années l’engagement de la CRS contre la cécité liée à la pauvreté. En sa qualité de créatrice pour la marque suisse de lunettes de soleil TN, elle a lancé pour la CRS une édition limitée «Redonner la vue». Dotées d’une monture incassable de haute technologie, d’un filtre UV 100% ainsi que de verres supplémentaires de quatre couleurs différentes, ces lunettes pèsent moins de 28 g et sont climatiquement neutres. Cette édition spéciale sera

vendue à 199 CHF dès la mi-décembre dans la boutique CRS. Pour chaque paire achetée, 50 CHF seront reversés au projet CRS «Redonner la vue» afin de permettre une opération des yeux.

➥ redcross.ch/boutique

Humanité 4/2012

21


réalités

Avec une participante, Catherine Pictet montre comment aider une personne à se lever.

Cours d’auxiliaire de santé CRS

Prendre soin des personnes âgées La formation d’auxiliaire de santé CRS prépare à prendre soin des personnes âgées, malades ou handicapées. Les futurs auxiliaires y reçoivent les clés pour comprendre les besoins particuliers de ces personnes et y répondre avec respect, douceur et patience. texte: Christine Rüfenacht   photos: Thierry Parel

22

Humanité 4/2012


réalités chapitre sensibilise les futurs auxiliaires, dans leur majorité plutôt jeunes, aux changements physiques qui s’opèrent en vieillissant, à la difficulté de les gérer, aux conséquences d’une entrée à l’EMS ou encore aux diverses sources d’anxiété. Une formation pratique Favoriser l’autonomie, proposer une aide appropriée et être attentif aux besoins de la personne soignée constituent les piliers du travail de l’auxiliaire de santé. Les formatrices CRS encouragent en particulier le respect du rythme des gens âgés. «Les auxiliaires ne sont pas là pour se dépêcher, ils sont là pour

«Les auxiliaires ne sont pas là pour se dépêcher, ils sont là pour s’occuper du résident.» s’occuper du résident», explique Catherine Pictet, formatrice à la Croix-Rouge genevoise depuis 20 ans, qui insiste beaucoup sur les notions de «respect, de douceur et de patience». La force de la formation réside sans aucun doute aussi dans son aspect pratique. A chaque journée de cours, les participants répètent les gestes justes: aider une personne à se lever sans lui faire mal et en préservant son propre dos, l’installer dans son fauteuil roulant,

À PROPOS Les tâches de l’auxiliaire de santé CRS Une partie de la formation est consacrée aux pathologies les plus courantes chez la personne âgée. On y enseigne les symptômes, les causes, les traitements usuels et surtout les tâches de l’auxiliaire dans ce contexte précis. Pour ce qui est des problèmes de vertige, par exemple, elles sont les suivantes: – Prendre au sérieux les déclarations de vertige de la personne soignée – Lui laisser suffisamment de temps pour se lever si elle est restée couchée ou assise longtemps – Avant de lever la personne, remonter la tête de lit – Faire faire de petits exercices de mobilisation avant de se lever (bouger les jambes et les pieds, s’étirer, respirer profondément, regarder droit devant en se levant) – Prévenir les chutes, rassurer

C

ent vingt heures de théorie et douze jours de stage pratique. C’est ce qu’il faut pour obtenir le certificat d’auxiliaire de santé CRS. Entièrement axée sur les personnes âgées, cette formation fournit toutes les bases né­ cessaires au travail en institution, à domicile ou en milieu hospitalier. Au programme: communication avec la personne soignée, mesures d’hygiène et de sécurité, soins d’hygiène et habillage, soins à la personne en fin de vie et à la personne décédée, sexualité, alimentation, élimination, respiration, mobilité, sommeil et vieillissement. Ce dernier

Des jeux de rôle permettent de mieux comprendre la personne dépendante. Humanité 4/2012

23


réalités beaucoup d’entre eux ont déjà une expérience pratique, et ils s’entraident volontiers. Dans son cours, Catherine Pictet accorde aussi beaucoup d’importance à la communication. Elle insiste pour que les futurs auxiliaires s’expriment clairement, sans infantiliser la personne âgée. Sans oublier la communication non ver-

La communication par le toucher et les gestes est très importante aussi.

Ne pas oublier de serrer les freins lorsqu’on s’appuie sur le déambulateur pour se lever.

faire sa toilette au lit, l’aider à s’alimenter, etc. Toujours sous l’œil expert de la formatrice. Et des participants. Car

bale, par exemple par le toucher, qui est d’autant plus importante que bon nombre d’auxiliaires sont de langue étrangère. «A la fin du cours, les participants sont prêts à se confronter à la réalité et à travailler», explique Catherine Pictet. «C’est une des raisons qui font que les auxiliaires de santé sont très appréciés par les EMS!»

➥ redcross.ch/auxiliaires

Qui sont les futurs auxiliaires? Environ 4500 auxiliaires de santé CRS sont formés chaque année par les 24 associations cantonales Croix-Rouge. Portraits de trois personnes actuellement en formation à Genève. Stéphane Zanone, 42 ans Droguiste à la recherche d’un emploi, Stéphane Zanone s’est lancé dans la formation d’auxiliaire après un stage dans un EMS. Il s’y est beaucoup plu. Il faut dire qu’il a le contact facile et s’intéresse de près à tout ce qui touche à la santé. Il espère améliorer ses chances sur le marché du travail. «On m’a conseillé de refaire un CFC, mais à 42 ans, je suis bien trop vieux! Je préfère une formation plus courte, qui me permettra de travailler rapidement», dit-il.

24

Humanité 4/2012

Ana Correia Pires, 25 ans Maman d’une petite fille, Ana Correia Pires, âgée de 25 ans, n’a pas encore eu l’occasion de boucler une formation. Mais cela ne va pas tarder. Cette jeune femme volontaire s’est fixé pour objectif de décrocher un CFC d’assistante socio-éducative en passant par la case auxiliaire de santé. Ana Correia Pires est toujours prête à donner un coup de main, surtout aux gens âgés, qu’elle aime et respecte. Durant un stage en EMS, elle a constaté à quel point on avait besoin d’elle. «Au début, j’avais peur de faire la toilette, mais après, je me suis dit: Si je ne lave pas cette personne, qui le fera?»

Isabella Dias, 29 ans Comme beaucoup d’autres dans sa volée, Isabella Dias a déjà de l’expérience dans la prise en charge de personnes âgées, mais à domicile. Elle apprécie la formation, qui lui permet d’avoir des réponses précises à toutes ses questions. Grâce à son certificat, Isabella Dias espère décrocher un poste dans un EMS, qui lui ouvrira les portes vers une formation plus poussée. Et puis, elle est «fatiguée» de l’accompagnement à domicile. A 29 ans, elle est maman de trois enfants. Pour l’instant, elle n’a ni le temps, ni les moyens financiers de se lancer dans une formation professionnelle.


réalités

P

«

our vous aussi, un petit verre de vod­ ka?» Difficile de dire non quand pareille proposition vous vient d’une ancienne médecin! D’autant plus quand ses habitudes de consommation – modérée – ne semblent pas avoir eu la moindre incidence sur sa santé physique et mentale: à 78 ans, Nina Shumik se porte comme un charme, elle rayonne même. Aux côtés de six autres babouchkas tout aussi énergiques, elle s’engage, depuis son départ à la retraite il y a 14 ans, au sein du service de visite de la Croix-Rouge dans la petite ville de Chtchoutchine. En dehors des heures qu’elle passe au domicile de malades âgés ou de personnes handicapées, elle reste beaucoup chez elle à coudre et tricoter pour eux des cadeaux utiles. On compte ainsi dans toute la Biélorussie quelque 700 bénévoles d’âge avancé qui assistent, conseillent et rendent régulièrement visite à des seniors

à PROPOS Des paysages magnifiques, un quotidien accablant Cinq fois la taille de la Suisse, 9,5 millions d’habitants à peine: ainsi pourrait-on résumer la géographie biélorusse. La capitale Minsk abrite à elle seule 1,7 million de personnes, les forêts couvrant le tiers d’un territoire parsemé de marais et sillonné de fleuves et rivières à l’état naturel. La Biélorussie est l’héritière d’une histoire tragique. A eux deux, le stalinisme et l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale ont coûté la vie à des centaines de milliers de personnes. Après l’effondrement de l’URSS, le pays est officiellement devenu indépendant en 1991. Dans les faits toutefois, il dépend grandement de son puissant voisin russe d’un point de vue politique comme économique. La population, soumise à un régime autoritaire, subit en outre les conséquences d’une forte inflation. Le chômage a augmenté, et beaucoup de Biélorusses en âge de travailler quittent le pays.

26

Humanité 4/2012

isolés et tributaires de soins. Ce faisant, elles soulagent les infirmières des services d’aide et de soins à domicile, qui peuvent dès lors consacrer plus de temps à la prise en charge médicale. Une vie marquée par les coups durs Dans son appartement au confort soigné, Nina nous raconte son histoire. Quelques années à peine avant le terme de sa carrière de médecin de laboratoire, son fils et sa belle-fille ont péri dans un accident de la route, laissant derrière eux deux enfants en âge d’aller à l’école. Trois mois après, alors qu’elle venait de prendre en charge ces derniers, son mari, également médecin, mourait d’un arrêt cardiaque. Désormais, les petits-enfants sont adultes: Nina peut consacrer plus de temps à son engagement, entre autres à une réunion hebdomadaire qui fait office de séance de formation continue et au cours de la-

quelle les sept bénévoles partagent leurs expériences. «Nous sommes comme une famille, nous nous soutenons. Et en aidant des malades qui vivent dans la solitude, nous donnons aussi plus de sens à notre vie», souligne Nina, l’aînée du groupe de babouchkas, dont la plus jeune a 20 ans de moins qu’elle. Mélodie de langues Nous accompagnons Nina chez Yva-Everina Yoch, où nous tombons sur l’infirmière des services d’aide et de soins de la Croix-Rouge: deux fois par semaine, celle-ci rend visite à sa menue patiente, cardiaque, et lui prodigue des soins. C’est grâce à cette assistance médicale, mais plus encore aux visites régulières de Nina Shumik, que la vieille dame peut continuer, à 85 ans, à vivre dans son appartement. A son tour, Yva-Everina, de sa voix sonore, nous raconte son histoire. Veuve, sans enfants, elle a travaillé plus de


réalités

Trois questions Christine Rutschmann Responsable de programmes CRS pour l’Europe de l’Est, Christine Rutschmann, 52 ans, est infirmière de formation et titulaire d’un master en santé publique. Elle travaille à la CRS depuis 1990. Comment décririez-vous la Biélorussie? Les gens, s’ils sont réservés, sont très fiers et incroyablement hospitaliers. Même ceux qui n’ont pas assez, chose qu’ils n’avoueront jamais, vous serviront toujours une soupe. Après la crise de 2008, la misère a explosé. En hiver, les plus pauvres doivent choisir entre se chauffer ou manger.

La foi, ses collègues de la Croix-Rouge, la certitude de soulager les plus défavorisés: voilà ce qui procure de l’énergie et de la joie de vivre à Nina Shumik, bénévole CroixRouge. 40 ans comme employée de service dans le même restaurant, ce dont elle tire une fierté certaine. Dans ses jeunes années, elle a vécu quelque temps en Pologne, où habitent toujours deux de ses frères et sœurs. C’est de là, comme nous l’explique l’interprète, que vient

«Nous donnons plus de sens à notre propre vie.» cette mélodie dans sa voix, les accents de sa langue maternelle biélorusse se mêlant aujourd’hui encore d’expressi­ons polonaises. Comme chez toutes les personnes âgées ici, le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, particulièrement cruelle dans les deux pays, est toujours très présent dans son esprit. Un dernier rayon de soleil Mais la relation entre les deux femmes va au-delà de ces douloureux souvenirs: avec Nina, c’est un peu du quotidien et

du monde extérieurs qui entrent dans l’appartement d’Yva-Everina. Entre les deux, un lien de confiance s’est établi. «Après les longues journées de solitude et les nuits sans sommeil, les visites de Nina sont un rayon de soleil», confirme l’octogénaire. En plus des discussions autour du thé, Nina l’aide à faire le ménage et à entretenir le jardinet, dont la vue, dit-elle, la ravit tout l’été durant. Ouvrant la fenêtre de son appartement, au premier étage, elle nous montre les tournesols, ils sont en fleur. Mais bientôt, ils faneront, rappelant la fugacité de la vie. Yva-Everina Yoch est elle aussi au soir de sa vie. Comme celle de beaucoup d’autres ici, son existence aura été surtout faite de privations. Heureusement, d’infatigables babouchkas comme Nina Shumik veillent à ce qu’un rayon de soleil vienne en illuminer les derniers instants.

➥ redcross.ch/bielorussie

Politiquement, la Biélorussie fait débat. Pourquoi s’y engager? Nous soutenons la Croix-Rouge biélorusse, qui dispose de trop peu de moyens et ne peut collecter de dons. La CRS lui apporte son savoir-faire. L’objectif ici n’est pas de former uniquement du personnel soignant professionnel, mais aussi des bénévoles. Il y a urgence. On estime que 20% de la population est dépendante de l’aide sociale, et le pays compte plus d’un million de personnes handicapées ou âgées livrées pour la plupart à elles-mêmes. Quel est l’impact de votre action? Nous ne voulons pas être une goutte d’eau dans l’océan, mais déclencher un vrai raz-de-marée! L’idée, c’est de montrer à l’Etat qu’il peut améliorer la situation par des mesures simples. Dans certains villages, il ne reste plus que des personnes âgées qui n’ont pas forcément l’habitude qu’on les assiste. Nous voulons montrer le potentiel de l’aide à l’autonomie. Les personnes isolées tombent plus souvent malades, mais le fait de se soutenir mutuellement a un effet positif sur leur santé. Notre but, c’est de développer un réseau d’entraide.

Humanité 4/2012

27


pÊLE-MÊLE

RECETTE

Biélorussie

En provenance directe du jardin Dans l’est de l’Europe, les hivers sont gris et glaciaux. Le bortsch devrait-il aussi à sa couleur la popularité dont il jouit de la Pologne à la Russie? Difficile en tout cas de ne pas se laisser séduire par les tons rose-violet de cette soupe de betteraves. Et par l’agréable chaleur qu’elle diffuse dans l’organisme. texte: Tanja Pauli   photo: Stefan Maurer

E

n Suisse, on ne mange la betterave pratiquement qu’en salade. Dans l’est et le centre de l’Europe, en revanche, cette racine au goût légèrement sucré est l’ingrédient de base d’une soupe nourrissante, le bortsch, qui, de la Pologne à la Russie, est aussi connue que la fondue ou les röstis chez nous. «En Biélorussie, chaque restaurant ou presque vous sert sa propre variante de bortsch», indique Christine Rutschmann, responsable de programme CRS (voir interview page 27). La recette que nous vous proposons, celle d’une de ses amies biélorusses, vous donnera une soupe consistante, comme c’est l’usage. En effet, le bortsch contient souvent viande et champignons et n’est que rarement mixé. On privilégie généralement une cuisson longue à feu doux, ce qui explique que l’on prépare des quantités importantes qui tiendront plusieurs jours. Cela tombe bien, selon Christine Rutschmann, le po-

tage est meilleur à chaque fois qu’on le réchauffe! «Un bortsch doit contenir assez de légumes pour qu’une spatule y tienne droite, précise notre spécialiste. Avec du pain noir ou des patates en robe des champs, c’est délicieux!» Une soupe vitaminée Et sain, a-t-on envie d’ajouter. On dit même que les betteraves améliorent les performances. Une chose est sûre, elles contiennent beaucoup de potassium, de fer et surtout d’acide folique. Par ailleurs, la betterave, qui servait autrefois pour la teinture, continue d’être utilisée comme colorant alimentaire naturel. Ainsi, le rose appétissant d’un yaourt s’explique rarement par la seule présence de fraises: en réalité, cette coloration est liée à la présence de bétanine, plus connue sous le code E162, autrement dit du jus de betterave.

400 g de betteraves cuites nature 2 ou 3 grosses carottes 1 ou 2 oignons De l’eau Env. 5 cs de cèpes séchés (les tremper d’abord dans l’eau) 100 g de petites boules de viande hachée (bœuf, porc ou mélange) légèrement assaisonnées Sel et poivre Demi-crème acidulée (1 à 2 pots de 180 g, selon les goûts) 1 tasse de jus de betteraves Un peu de jus de citron ou de vinaigre balsamique (pour acidifier, plus ou moins selon votre goût) Epluchez et hachez finement les carottes, les betteraves et l’oignon. Versez un peu d’eau (la soupe ne doit pas être trop liquide). Emincez les cèpes et ajoutez-les. Faites cuire à feu doux, salez et poivrez. Arrosez de jus de betteraves et d’un tout petit peu de jus de citron ou de vinaigre (selon vos goûts). Ajoutez les boulettes de viande hachée. Laissez mijoter une heure au moins à feu doux. Avant de servir, ajoutez un peu de demi-crème acidulée (facultatif). Servez avec des patates en robe des champs ou du pain noir avec un peu de beurre et d’aneth frais (toujours selon vos envies). Priatnava appetita!

© bab.ch/StockFood

Provisions pour l’hiver. Dans les régions rurales, les légumes entrant dans la composition du bortsch viennent des jardins individuels.

Bortsch chaud Plat principal pour 2 personnes Info végétariens: ce plat peut aussi être préparé sans viande hachée.

➥ magazine-humanite.ch/recettes Humanité 4/2012

29


pÊle-mÊle

HUMANITé 3/2012 Solution des derniers mots croisés: S‘eNgageR Félicitations aux gagnants: Claudia Bärtschi, Münchenstein Carmen Eberlein, Lausanne Odile Luisier, Bernex Esther Känzig, Zurich Verena Zellweger, Allschwil

Solutions des autres jeux de la dernière édition:

Karma, alias Marco Ratschiller, est caricaturiste et rédacteur en chef du magazine satirique Nebelspalter.

labyrinthe Tracez le chemin qui va de l’entrée à la sortie de ce labyrinthe tortueux. Si vous le faites correctement, une figure apparaîtra.

4002003

9 2 3 4 7 1 8 6 5

5 8 7 2 6 3 9 1 4

1 6 4 5 8 9 2 3 7

8 4 5 1 9 2 6 7 3

3 7 1 6 5 8 4 2 9

6 9 2 7 3 4 1 5 8

2 3 6 8 4 5 7 9 1

7 5 8 9 1 6 3 4 2

7 6 5 3 4 8 2 9 1

8 9 3 1 2 6 4 5 7

2 1 4 9 7 5 6 3 8

9 8 6 4 3 1 5 7 2

3 4 2 6 5 7 8 1 9

1 5 7 2 8 9 3 4 6

5 2 8 7 9 3 1 6 4

4 7 1 5 6 2 9 8 3

4 1 9 3 2 7 5 8 6

06010016186

6 3 9 8 1 4 7 2 5

06010030934

Vous trouverez les solutions du sudoku, des mots cachés et du labyrinthe dans la prochaine édition et sur la page Internet.

➥ magazine-humanite.ch (C) Conceptis Puzzles

30

Humanité 4/2012

4003008


pÊle-mÊle

mots croisés 3ème BIZARRES PRINCIPE CROIXSANS FIN 3ème BIZARRES ROUGE PRINCIPE CROIXSANS FIN ROUGE

OSÉES

CÉLÈBRES

COUOSÉES LEURS

PARESCÉLÈBRES SEUX

COULEURS

PARESSEUX

PRISONNIER

INDÉFINI

PRISONSUJET NIER

INDÉFINI RÔDES RÔDES

SUJET

ACTION 2X... ACTION RÂPÉS 2X... SOIT

RÂPÉS

SOIT ENVIE PEUREUSES

ENVIE

PEUREUDAME SES

1 COMME EN ANGLAIS COMME EN ANGLAIS

DAME 4 RABÂCHÉES POUR RABÂ-LA PAIX CHÉES POUR LA PAIX

4

SITUÉ

3

PRONOM

CAPITALE DU TOGO

ARGILE PRIÈRE PRIÈRE

ABER

ORIGITERNE NAIRE TERNE

CONVIENT

5 CROCHET

MÉRIDIENNES

IL EST SOLIDE

CONVIENT

CARTE 2

PRONOM PRONOM

2

MÉRIDIENNES

CROCHET

1

2

3

4

5

1

2

3

4

5

À GAGNER

3

7 4

DÉMONSTRATIF DÉMONSTRATIF

IL EST CARTE SOLIDE

ABER

5

CAPITALE DU TOGO

ARGILE

SEULE

5 1 3

1

MENU PRONOM

TRAVAUX FORCÉS TRAVAUX SEULE FORCÉS

SITUÉ

ORIGINAIRE

MENU

Sudoku

8

4

3 9 2

4 8 9 8

6

9 6 7

8 1 3

Conceptis Puzzles

5 4 8 6 7 8 6 9 7 2 4 1

Conditions de participation au concours: Les gagnants seront avisés par écrit. Aucune correspondance ne sera échangée au sujet du concours. Les prix ne peuvent être convertis en espèces. Tout recours juridique est exclu.

6 3

4

8

2

3

5

2

1 4

2 4 9 8 7 06010010910

9

3 5 1 5 2 3 9 6 1 8

Conceptis Puzzles

7

06010010515

Remplissez la grille de sudoku de manière à ce que chaque chiffre de 1 à 9 ne se trouve qu‘une seule fois sur chaque ligne, dans chaque colonne et dans chaque petit carré de trois cases sur trois.

mots cachés Commander des articles: ➥ redcross.ch/boutique

Découvrez les 20 mots qui se cachent dans cette grille, que ce soit à l’horizontale, à la verticale ou en diagonale. Les lettres peuvent servir à créer plusieurs mots.

Parmi toutes les solutions correctes envoyées des mots croisés, nous offrons par tirage au sort cinq stations météo CRS en métal affichant l’heure, la température et l’humidité de l’air. Envoyez-nous la solution correcte et votre adresse par courriel à crosswords@ redcross.ch ou par carte postale à: Croix-Rouge suisse Magazine «Humanité» Case postale 3001 Berne Date limite des envois: 31 décembre 2012

Humanité 4/2012

31


L’éducation est le bagage essentiel à un avenir professionnel. Chaque enfant mérite cette chance. Nous avons besoin de vos dons. Compte postal 30-9700-0

Magazine Humanité 4/2012: Une chance pour Gracia  

Magazine de la Croix-Rouge suisse (CRS), Humanité s’adresse à tous ceux qui soutiennent l’organisation et les causes qu’elle défend.

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you