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Pepperminta, 2009, un film de Pipilotti Rist. Film stills. Avec l’aimable autorisation de l’artiste, Hugofilm et Coop99.

www.swisslife.ch/magazine

Swisslife // Printemps 2011 // Etats seconds

SWisslife 2e année // 1re édition // 6.50 francs

Printemps 2011 // Etats seconds


Pipilotti Rist enivre SWISSLIFE: l’artiste suisse a mis à la disposition de ce magazine des images de son film «Pepperminta» pour la couverture du présent magazine. La jeune Pepperminta est le personnage principal d’un conte cinématographique qui captive les spectateurs par son univers visuel grandiose. Pepperminta a des couleurs comme meilleures amies et des fraises comme animaux domestiques. Elle a en outre des recettes fantasques pour délivrer les gens de leurs contraintes et de leurs peurs.


Editorial // 3

Bienvenue Vous réagissez peut-être comme moi et pensez spontanément qu’un «état second» est quelque chose de négatif. Mais, si nous réfléchissons un peu, nous constatons rapidement que cette notion est bien plus large et qu’elle ouvre des horizons. Il y a par exemple ces hommes téméraires qui dévalent en luge la piste du Cresta Run de St-Moritz à des vitesses époustouflantes et qui paraissent pourtant si calmes photographiés par Noë Flum. Le calme peut engendrer un état second. Et cet état peut nous amener à comprendre que l’être humain a les possibilités et la faculté de trans­cender les limites, les traditions ou les conventions dans un esprit de création ou de renouvellement. C’est le cas de Andy Tanner, la tête pensante de la marque suisse «Alprausch», que nous vous pré­sentons dans notre rubrique «A Swiss Life». Je vous souhaite des moments grisants, notamment à la lecture de cette édition de SWISSLIFE.

SWISSLIFE Printemps 2011

Ivo Furrer, CEO Suisse: «La notion d’état second va bien plus loin que le ‹verre de trop›. Le calme peut aussi être grisant et nous apporter des révélations inattendues.»


06

Swiss Photo Selection:

L’ivresse de la vitesse

Depuis 125 ans, des hommes téméraires dévalent le Cresta Run de St-Moritz. Le photographe Noë Flum fait le portrait de ces descendeurs de l’extrême qui pulvérisent des records. Et leurs os. 18 Double face:

20

Lenteur fulgurante

Repères:

Topographie des états seconds

L’ethnologue et écrivain David Signer est allé aux quatre coins du monde à la recherche de l’essence des états seconds. Sans forcément avoir recours à la drogue.

28 Déchiffrage:

Des kamikazes dans un canal de glace Devient-on plus raisonnable avec l’âge? Pas vraiment. Le photographe Noë Flum a rencontré plusieurs pilotes au Cresta Run qui ont déjà l’âge de la retraite, voire plus.

Vertige de l’amour

31 Logement en propriété:

L’avenir commence ici.

Responsables du projet: Swiss Life Public Relations, Martin Läderach Comité de rédaction: Ivo Furrer, René Aebischer, Thomas Bahc, Thomas Langenegger, Christian Pfister, Hans-Jakob Stahel Directeur de la rédaction UPDATE: Dajan Roman Adresse de la rédaction: Magazine SWISSLIFE, Public Relations, General-Guisan-Quai 40, 8022 Zurich, magazin@swisslife.ch Direction du projet: Mediaform, Christoph Grenacher, Ittenthal Concept et mise en page: Festland Werbeagentur, St-Gall/Zurich Traduction française: Swiss Life Language Services Impression et envoi: Heer Druck AG, Sulgen Parution: 3 x par an au printemps, en été, en automne Tirage: 100 000 exemplaires Vente d’annonces: Mediaform, Baumgärtli, 5083 Ittenthal, mediaform@mediaform.ch Changements d’adresse/commandes: Magazine SWISSLIFE, General-Guisan-Quai 40, 8022 Zurich, www.swisslife.ch/magazinabo Précision d’ordre juridique: les informations fournies dans cette publication sur les produits et les prestations ne s’assimilent pas à des offres au sens juridique du terme. Aucune correspondance ne sera échangée au sujet des concours. Tout recours juridique est exclu.

Il n’y a pas d’état second universel Le modèle culturel est déterminant: un buveur de compétition bavarois a peu à voir avec un fumeur d’opium du Laos ou avec un yogi d’Inde.


Contenu // 5

42

A Swiss Life:

De la mob à la planche

Andy Tanner, skater et snowboarder de la première heure, préfère agir que parler. La Suisse aurait besoin de plus d’hommes de la trempe du fondateur d’Alprausch.

50 Un rêve devenu réalité Au début, c’était la mob, puis ce fut la planche. Ce qui amena Andy Tanner à fonder le premier magasin de snowboard d’Europe, et une marque à succès.

Perspectives:

L’amour passe par l’estomac: la consommation de pieuvre peut s’avérer stimulante; sa chair aurait des qualités aphro­ disiaques. D’autres aliments contiennent des nutriments grisants qui améliorent notre humeur.

55 Gastronomie:

L’importance des bons ingrédients

57 Reeto von Gunten: 58 Concours: 60 Encore!

Calories et effets secondaires Raisin, champignon, pieuvre – manger, ce n’est pas uniquement couvrir nos besoins en calories. C’est aussi combler nos envies de bonheur et de plaisir.

SWISSLIFE Printemps 2011

Envie de plaisir

Souvenirs d’une première fois

Je vois ce que tu ne vois pas

Baschi, le chanteur populaire


L’ivresse de la vitesse

Mais qui sont ces hommes qui dévalent un canal de glace la tête la première à 140 km/heure avec une visibilité de cinq mètres à peine? Des kamikazes? Des fous? Le photographe Noë Flum les a immortalisés lors du Cresta Run de St-Moritz. Et sa série de portraits contient peut-être la réponse à la question.

›››

SWISSLIFE présente les travaux de photographes suisses dans «Swiss Photo Selection». Ces œuvres ont été sélection­nées par le jury international du «Swiss Photo Award». www.ewzselection.ch


Swiss Photo Selection // 7

Tim Hill, 61 ans, lieutenant-colonel dans la Royal Air Force, compare l’ivresse de la vitesse sur la piste du Cresta Run à celle ressentie dans un avion de chasse. SWISSLIFE Printemps 2011


Adolf Haeberli, 76 ans, esthéticien, est le septuagénaire le plus rapide du Cresta Run. Il s’y est plusieurs fois brisé les os (cf. également «Double face» p. 16).


Swiss Photo Selection // 9

Joe Townley, 32 ans, Creative Director, vit à Los Angeles, soit à environ 9700 km de St-Moritz. Mais les 1214 m du canal de glace sont toujours présents dans ses pensées. SWISSLIFE Printemps 2011


Klaus-Dieter Rauenbusch, 67 ans, architecte, ne peut pas se passer du Run. Ceci malgrĂŠ des blessures, des fĂŞlures et des hanches artificielles.


Swiss Photo Selection // 11

Constantin Thun-Hohenstein, 24 ans, photographe, a fait son premier Cresta Run à 16 ans. Son père et son frère ont aussi dévalé cette piste. SWISSLIFE Printemps 2011


Khalid Bandar, 43 ans, prince et membre de la Garde nationale saoudienne, a fait le Cresta Run pour la première fois. Il a réalisé le meilleur temps après une nuit blanche.


Swiss Photo Selection // 13

Marc Fischer, entrepreneur, était président du très select Shuttlecock-Club en 2004. Deviennent membres ceux qui chutent dans le virage Shuttlecock et qui survivent. SWISSLIFE Printemps 2011


David Law, négociant en vin, adore le Cresta Run. La nuit, on s’entraîne et on fait la fête; le matin, c’est la descente, et l’après-midi la sieste.


Swiss Photo Selection // 15

Noë Flum: «Les bonnes photos en disent autant qu’un bon livre.» Le photographe bâlois Noë Flum (1965) a étudié à la Kunstgewerbeschule et fait un apprentissage de photographie. En 1992, il continue sa formation en occupant divers postes d’assistant en Europe et aux Etats-Unis. Il déménage en 1997 à Zurich où il travaille en tant que photographe indépendant avant de fonder le Studio Noë Flum. Noë Flum s’est spécialisé dans la photo de publicité et de presse. Ses clients sont suisses et étrangers. Noë Flum pense qu’une photo est intéressante lorsqu’elle ne dévoile pas tout au premier coup d’œil, qu’elle suscite des questions et qu’elle captive comme un bon livre. «Même si je prépare méticuleusement chaque prise de vue, le hasard me fait toujours des cadeaux sympathiques», déclare Noë Flum. Ce qu’il aime par dessus tout dans son métier, c’est la diversité. Il travaille aussi bien en équipe que seul au sommet d’une montagne. Il recherche la règle dans l’exception, mais aussi le contraire. Les personnes et les endroits particuliers qu’il immortalise en images sont à chaque fois une découverte.

SWISSLIFE Printemps 2011

Noë Flum a récemment réalisé deux séries de photos pour la célèbre marque de vêtements japonaise Urban Research. Comme les collections d’hiver sont toujours finies et photographiées en été, Noë Flum a choisi pour thème l’essence même de la neige et de la glace, à savoir l’eau. www.noeflum.ch


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Tous les ans, Adolf Haeberli descend en luge le légendaire Cresta Run: «En tout, j’ai atterri quatre fois à l’hôpital.»


Double face // 19

Mark Riklin, représentant

suisse de la «Verein zur Verzögerung der Zeit», («Association pour le retardement du temps»), s’occupe d’un «bureau de réception pour les moments de bonheur» à St-Gall: «Beaucoup trop de gens vivent avec des œillères.»


20 // Repères


Texte: David Signer, illustrations: Lika Nüssli

Topographie des états seconds

Les états seconds font partie de la vie, sans qu’il ne soit besoin de drogue. L’ethnologue et écrivain David Signer n’a jamais hésité à emprunter les chemins de la vie les plus aventureux. En Inde, il a dû faire face à une haine irrépressible, en Afrique à des esprits invisibles et à Winterthour, à un amour extraordinaire.

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SWISSLIFE Printemps 2011


22 // Repères

I

l y a quelques années, j’ai passé deux semaines au «Osho Interna­ tional Meditation Resort» dans la ville indienne de Pune, autrefois l’ash­ ram du «gourou du sexe» Bahgwan. Il n’y a de meilleur endroit pour entrer dans un état second sans devoir recou­ rir à une quelconque substance. Tous les ans, près de 200 000 visiteurs se rendent dans le plus grand centre de thérapie et de méditation du monde, le «Disneyland de la spiritualité» comme l’avait surnommé le Wall Street Journal. Le choix des ateliers proposés est tellement vaste que n’importe quelle personne en manque de transcendance peut trouver quelque chose à son goût: «Méditation par le rire», «Alchimie du 3e chakra», «Qui suis-je sans mon his­ toire?», «Zennis» (tennis zen), «Travail corporel néo-reichien», «Mourir avant de mourir». L’un des ateliers les plus extrêmes est celui de la «Mystic Rose». Cette méditation intensive dure trois semaines, chaque jour de 9h à 14h. La première semaine, l’on rit; la deuxième, l’on pleure, et la troisième, l’on se tait. «La Mystic Rose est un voyage dans le passé», m’expliqua un jour un partici­ pant belge qui était venu il y a des années pour des «vacances spirituelles» et qui n’est jamais reparti. «A la fin, tu es environ au niveau d’un enfant de deux ans.» Cela me sembla un peu risqué et je préférai donc m’inscrire à la médita­ tion AUM. «Il s’agit de traverser en trois heures les principaux états de la vie comme la haine, l’amour, la folie, le rire ou le sexe.» expliquait le descriptif. Cela commença par un entretien obli­

gatoire visant à déterminer si le partici­ pant ne risquait pas de devenir psycho­ tique. Deux heures plus tard, je me mis devant un Iranien et lui criai: «Saleté de fanatique, ta bombe atomique, je vais te la mettre au c..!». Un Arabe particu­ lièrement costaud vint alors vers moi, tout ruisselant de sueur, et rugit en anglais: «Tu n’as rien à foutre ici, sale porc de nazi! On devrait t’écarteler, fu­ mier d’Allemand!».

Après quelques minutes de détente, nous fûmes invités à péter les plombs. Sans rire, sans simuler. Accéder à la fo­ lie la plus sombre et l’extérioriser. Et sans se préoccuper des autres. Naturel­ lement, on se prend à regarder autour de soi, et ce que l’on voit est terrible. Ensuite, l’on devait se remémorer des événements tristes et laisser les larmes venir. Cela signifiait que je de­ vais encore travailler à percer ma cara­ pace. Tout de suite après, la phase de

Encore emplis d’un désespoir cosmique, ils se roulent à terre en riant, comme des clowns devenus fous. C’était la partie Haine. Il était étonnant de voir à quel point il en fallait peu pour faire et dire des choses que l’on ne se serait sinon jamais permises. Lorsque la responsable du cours sonna le gong, les participants se précipitèrent sur leur bouteille d’eau. Même pendant la pause, survenaient sans cesse des crises de larmes et des accès de colère incon­ trôlés. Après la partie consacrée à l’agres­ sivité, l’on passa à son contraire: cher­ cher un face-à-face sympathique, se regarder dans les yeux, se dire «I love you» et s’embrasser. Ce qui me boule­ versa particulièrement, c’était de re­ cevoir des déclarations d’amour de personnes que j’avais insultées de toutes mes forces quelques instants avant.

rire. Il est étonnant de voir combien les émotions sont contagieuses. Encore emplis d’un désespoir cosmique, les participants se roulaient par terre en cherchant à attraper de l’air comme des clowns devenus fous. Et pour finir, la sexualité. Il s’agissait de se concentrer sur sa propre énergie – une virilité affirmée ou une féminité irrésistible – et de l’exprimer de la façon la plus libre possible. Il fallait se chercher un partenaire et lui trans­ mettre son énergie érotique (condition: «S’arrêter quand cela devient trop pour l’un des deux et: merci de garder vos vêtements!»). A la fin, ce fut thé et bananes aux chandelles. Nous fûmes invités à ne pas rentrer à pied ou en voiture, mais à uti­


«Les hommes ont besoin d’états seconds pour apprendre.» Mario Etzensberger, en tant que psychiatre, comment définiriez-vous l’état second? L’état second est le plus souvent considéré comme un état qui ne correspond pas au quotidien et qui résulte de substances ou d’actions. Comme ces personnes qui descendent le Cresta Run. Cela les met dans un autre état. Comment puis-je me représenter cet état? C’est un état qui tend vers l’aventure. C’est un sentiment inhabituel, mais il procure également un frisson agréable. Comment naît l’état second? Il s’agit d’un processus relativement simple dans le cerveau, une sorte d’irritation de ce que l’on appelle le «système de récompense». Dans le cerveau, le système de récompense fonctionne surtout avec un neurotransmetteur, la dopamine. Cela se produit quand nous vivons quelque chose que nous ressentons comme agréable, étonnant ou émouvant. Le neurologue Manfred Spitzer dit que ce système de récompense existerait pour nous donner l’envie d’apprendre. Les hommes ont-ils besoin d’états seconds pour apprendre? De tels états seconds surviennent en effet quand nous réussissons à maîtriser quelque chose de nouveau. J’ai par exemple une photo de mon aînée quand elle était enfant. Cette photo a été prise la première fois où elle a pu se tenir debout seule. Son visage révèle que le système de récompense devait avoir été très actif: notre fille semblait transfigurée. Spitzer dit que c’est grâce à cet état second de récompense que les hommes sont curieux et qu’ils quittent des situations confortables pour aller vers la nouveauté. Si l’on n’était pas récompensé pour cela, l’on n’aurait pas cet élan. Vous présentez l’état second comme quelque chose de positif. Cependant, cela est généralement plutôt perçu comme quelque chose de négatif. L’état second est connoté négativement, car, quand je suis dans un état second, mes systèmes cognitifs et de contrôle sont réduits, ce qui peut induire une situation désastreuse. Même si je vais très bien et que je ressens des sentiments agréables ou excitants, le contrôle est également réduit.

SWISSLIFE Printemps 2011

Il s’agit donc de la perte de contrôle? Oui, et cette perte de contrôle peut avoir des répercussions dommageables. De tous temps, les hommes ont connu et exploité des états seconds, mais la population les a toujours encadrés. C’était comme un garde-fou, une protection: dans ce cadre, l’on pouvait entrer dans un état second, élargir sa conscience, perdre le contrôle. L’on faisait ainsi en sorte qu’il n’y ait pas de dérapage. Et aujourd’hui? Les états seconds sont toujours dangereux quand ils ne sont pas ritualisés. Car l’état second détache l’individu des règles et lui confère pour quelques moments une autonomie maximale. Les régimes autoritaires ne voient pas d’un bon œil les états seconds, car les gens deviennent alors incontrôlables. Cela signifie que des gouvernements veulent interdire les états seconds autant que faire se peut? Ce n’est pas une solution: plus les gens sont corsetés, plus ils ont envie de transgresser les règles. La gestion des états seconds et des règles est un jeu dont les principes doivent être maîtrisés. On a l’impression que cela revient un peu à chercher la quadrature du cercle… La simple transgression d’une règle peut de nouveau engendrer un état second. Si je veux promulguer des règles en faisant preuve de sagesse, je dois veiller à n’être ni trop pingre, ni trop généreux. Je dois établir des règles de sorte à éviter le plus possible les dégâts tout en n’étant pas trop res­­trictif. Car si je le suis, elles seraient une invitation à la trans­ gression. C’est un jeu subtil. Nombreux sont ceux qui édictent des règles pour satisfaire des idéologies, et non pour éviter des dégâts. Ils envient aux autres les états seconds, car ils permettent de s’affranchir des règles du quotidien. Né en 1947 à Baden, Mario Etzensberger est l’un des psychiatres les plus renommés de Suisse et a été pendant 18 ans médecin en chef de la clinique psychiatrique argovienne de Königsfelden. En 2009, il a ouvert un cabinet privé de psychiatrie et de psychothérapie à Brougg.


24 // Repères

liser le service de navette, car «après cette expérience, l’on n’est pas totale­ ment maître de soi». En effet! Et après deux semaines d’«élargissement de la conscience», nous étions totalement lessivés. Mais, aussi bizarre que cela paraisse, je ne me suis jamais senti aus­ si frais et vivant qu’à la fin de ce voyage. Toutefois, et c’est bien le triste de l’affaire, de retour à Zurich, l’euphorie disparut progressivement et la moro­ sité du quotidien s’imposa de nouveau à moi. Le cabinet des perversités berlinois Ma visite d’il y a deux ans au légendaire KitKatclub berlinois, lieu de rencontre de toutes les sous-cultures sexuelles possibles, était d’un tout autre genre: homos et transsexuels, fétichistes, sa­ dos et masochistes y cherchaient le fris­ son ultime. Le plus surprenant était que la plupart d’entre eux s’y bala­ daient dans des sortes d’anti-vêtements qui montraient tout ce qui est norma­ lement censé être caché: les parties gé­ nitales, les fesses ou la poitrine. Le reste était moulé dans du cuir ou du latex. Un vieux monsieur portant un teeshirt avec l’inscription «Get it while you can» se promena toute la nuit avec des béquilles. J’ai vu un gros lard à lu­ nettes avec une robe à frou-frous et une coiffe en dentelle blanche sur la tête. Ou un autre qui ne portait qu’une cra­ vate et qui était accompagné d’une femme particulièrement musclée en


uniforme de l’armée soviétique. Une vieille dame s’était enroulée comme un saucisson dans une sorte de bas résille géant et son amie promenait en laisse un homme qui avait un masque de cuir noir. Seule une ouverture au niveau de la bouche pouvait être créée au moyen d’une fermeture-éclair, ce que la dame permit le temps d’une bière. Quand elle alla danser, elle attacha l’homme à une barre. Il y avait partout des chaises gynécologiques. Toutefois, seuls des hommes s’y asseyaient pour se faire examiner. C’était comme dans une gare inter­ galactique de Star Wars où les habitants de planètes lointaines se croisaient. Mais à vrai dire, ça n’avait rien d’une orgie. Malgré toutes ces tenues invrai­ semblables (et certainement diverses drogues), les participants restaient maîtres d’eux-mêmes et à une certaine distance les uns des autres.

scindé et, dans mon cerveau, David 1 parlait avec David 2. Ce n’était pas marrant. J’étais comme en orbite. J’étais persuadé d’être condamné à devoir passer l’éternité dans cet état, et j’ai été rempli d’une reconnaissance infinie quand je suis revenu sur Terre après un voyage de plusieurs centaines d’années. Depuis, je refuse quand on me propose un joint. Mon expérience du LSD ne fut pas meilleure. Je n’avais pris qu’un hui­ tième de la dose proposée et suis allé dans un bar avec une amie. Elle me de­

En orbite psychédélique Au cours de ces années, j’ai essayé diffé­ rentes drogues, mais, au bout du compte, les états seconds dus à des substances non-chimiques étaient les plus intéressants. Peut-être parce qu’ils portent en eux une histoire et une charge plus intense. Se contenter de «gober» quelque chose, c’est banal. Le pire fut un empoisonnement au ha­ chisch. Depuis, je sais que toutes les infusions ne sont pas bonnes pour la santé. Tout d’abord, mon moi s’est

manda mon signe astrologique. Je me suis mis à réfléchir. Quand je voulus répondre, il n’y avait plus personne. Dans une pièce à côté, j’ai trouvé la fille. «Poisson», lui dis-je. Elle me regar­ da, interloquée. A raison. J’avais eu besoin de cinq heures pour trouver la réponse.

SWISSLIFE Printemps 2011

participé à une cérémonie de guérison de deux jours dans un village de Côte d’Ivoire. Une mère et sa fille étaient malades, et il s’agissait de sorcellerie. Un groupe de percussionnistes jouait. La guérisseuse, le visage enduit de glaise blanche, dansait en transe. Puis, l’esprit prit possession d’elle. C’était un ivrogne. La guérisseuse titubait, bé­ gayait et réclamait à boire. On lui ap­ porta une petite bouteille de rhum qu’elle vida d’un trait. La femme, qui était normalement la vertu en personne, draguait les filles

Le visage enduit de glaise blanche, la guérisseuse dansait en état de transe. Puis, l’esprit prit possession d’elle. C’était un ivrogne.

Quand un esprit prend le relai Mais ce fut en Afrique qu’eurent lieu mes expériences les plus fascinantes. En tant qu’ethnologue, j’ai une fois

présentes et leur tripotait la poitrine. Puis, l’esprit mena la possédée jusqu’à la hutte du coupable présumé qui avoua avoir essayé de manger l’âme de la jeune fille. Il dut sacrifier une poule et s’excuser. Alors l’esprit quitta la guérisseuse qui s’effondra immé­di­ atement et s’endormit sur place. Lorsqu’elle se réveilla quelques heures après, elle ne se rappelait plus de rien. Plusieurs années plus tard, j’ai revu la guérisseuse dans la banlieue pari­ sienne où elle habitait un petit studio


avec ses deux filles. Elle m’expliqua que leur esprit était resté en Côte d’Ivoire. Elle travaillait aussi en France en tant que guérisseuse, mais il n’y avait qu’en Afrique qu’elle pouvait entrer en transe.

Amma est une femme d’emblée sympathique. Elle a 57 ans, est petite, un peu dodue, avec un sourire éclatant et une étincelle dans les yeux. Elle vient d’une famille pauvre. Quand elle avait neuf ans, sa mère est tombée malade et elle a

La manière dont Amma manifeste son amour est plus qu’une démonstration. C’est peut-être la plus grande performance artistique du monde. Bien des types d’états seconds sont liés à certains lieux, sociétés ou cultures. Car les esprits et les transes ont leurs territoires, leur géographie – et leurs limites. Un amour solide Pour des millions de personnes, Sri Mata Amritanandamayi, surnommée «Amma» («mère»), est une sainte. Depuis des années, cette indienne parcourt le monde pour serrer des gens dans ses bras; on dit qu’ils seraient déjà 30 millions. Un de mes collègues, philosophe et donc sceptique, se rendit par curiosité à l’ashram d’Amma à Kerala au cours d’un voyage d’étude dans le sud de l’Inde. Elle le serra dans ses bras, et il ressentit une euphorie qui dura plusieurs mois. Je ne voulais pas passer à côté d’une telle expérience. C’est ainsi que, comme 20 000 autres Suisses, je me rendis à l’Eulachhalle de Winterthour pour rencontrer Amma.

dû s’occuper de la maison et de ses sept frères et sœurs. Elle devait aussi aller de maison en maison pour récolter des restes de nourriture destinés aux vaches. Elle était tellement choquée par la misère des gens qu’elle subtilisait chez elle des habits pour les offrir. Quand elle ne pouvait rien donner à quelqu’un, elle le serrait dans ses bras. Serrer dans ses bras des étrangers, des hommes, des personnes d’autres castes ou même sans caste est encore aujourd’hui scandaleux pour la plupart des Indiens. La manière dont Amma manifeste son amour est plus qu’une démonstration de sentiments. C’est une affirmation courageuse, voire politique. Peut-être la plus grande performance artistique au monde. Amma me serra chaleureusement dans ses bras. Des gens embrassés avant moi par Amma furent submergés d’une telle émotion qu’ils fondirent en larmes. Ce ne fut pas mon cas. Cepen-

dant, cette rencontre fut touchante. Amma me chanta quelque chose à l’oreille, éparpilla des pétales de rose sur ma tête et me donna une pomme et un bonbon. Elle agit comme une Fifi Brindacier sautant les barrières, distribuant baisers et sucreries et rêvant de faire du monde ce qu’elle a envie qu’il soit. Dépasser le quotidien, perdre le contrôle, casser les normes. Pas d’état second universel Singulièrement, l’état second respecte un modèle culturel. Ce ne sont pas seulement les drogues utilisées qui diffè­ rent selon les régions du monde, mais les états seconds eux-mêmes. Le buveur de compétition bavarois a peu à voir avec le fumeur d’opium du Laos ou le shaman indien qui a pris du peyotl. A fortiori, ces différences va­lent aussi quand il s’agit d’états de conscience qui ne sont pas occasionnés par des substances, comme pour les yogis qui jeûnent en Inde, les derviches tourneurs en Turquie ou les prêtres vaudous en Haïti.

David Signer, 46 ans, est journaliste, écrivain et ethnologue. Il a vécu plusieurs années en Afrique, a écrit «Die Ökonomie der Hexerei oder Warum es in Afrika keine Wolkenkratzer gibt,» ainsi que deux romans (Salis Verlag). Lika Nüssli, 37 ans, a étudié le design textile et l’illustration. Elle exerce depuis 2001 comme indépendante et a gagné en 2006 le prix du livre d’images suisse.


Repères // 27

SWISSLIFE Printemps 2011


Vertige de l’amour

En 70 ans de vie, une personne embrasse en moyenne

100 000 fois.

46% des hommes seuls

trouvent les infirmières particulièrement attirantes.

26%

des femmes préfèrent les compliments sur leur intelligence.

3 fois

Faire l’amour par semaine réduit de moitié les risques d’apoplexie.

66% des hommes préfèrent

aller boire un café lors d’un premier rendez-vous.

Lors d’un baiser, une pression de est exercée sur les lèvres.

15 kg

La première phase du stade amoureux dure environ

23 mois.

37% des femmes

trouvent le prénom Sébastien sexy.

12% des graffitis dans

les toilettes des dames tournent autour de l’amour.

Un homme passe

2 semaines

de sa vie à embrasser.


Déchiffrage // 29

20%

des hommes aiment embrasser des lèvres maquillées en rouge.

Un baiser passionné brûle

64 calories.

18 ans est la moyenne d’âge à l’échelle mondiale pour «la première fois».

Un baiser fait travailler

38 muscles faciaux. 50%

des femmes attendent que l’homme paye l’addition lors d’un premier rendez-vous.

42% des femmes préfèrent embrasser

plutôt que de coucher. Il en va de même pour 30% des hommes environ.

Pour 58% des hommes seuls, la première qualité d’une femme doit être sa beauté.

Un baiser moyen correspond à

61 milligrammes de liquide.

En moyenne mondiale, une personne a

9 partenaires au cours de sa vie.

4000

bactéries différentes sont échangées lors d’un baiser.

43%

des femmes sont convaincues que les hommes qui ne savent pas embrasser ne sont pas de bons amants.

SWISSLIFE Printemps 2011


SWISSLIFE et aussi disponible à l’Apple Store en tant qu’application pour iPad et e-magazine sur www.swisslife.ch/magazine


Logement en propriété // 31

L’avenir commence ici. Année après année, 12 000 nouvelles maisons familiales sont construites en Suisse. Durant le dernier trimestre 2010, 100 permis de construire furent par exemple demandés dans 263 communes du canton de Fribourg. SWISSLIFE fait état de ces données qui sont synonymes de nouveau départ pour les personnes concernées.

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SWISSLIFE Printemps 2011


Société immobilière en formation,

Cheiry

p. a. Archigraph Sàrl,

Pascal Hofmann et Patricia Clémence,

Route du Chamois

Clos-du-Vua

Bulle

Cheyres

Alterswil

Jacqueline Geiser, François et

Marie-Noëlle Mettraux et Christophe

Markus und Marlène Thalmann-

Jean-Pierre Cahhrière,

Gotti, En Crevel;

Meuwly, Unterdorfstrasse 15;

Chemin de l’Aurore;

Fabrice Vuille et Anne-Sylvie Nydegger,

Pascal und Kerstin Schafer,

Murielle et Cédric Progin, Bras-

Chemin Pré-de-la-Vigne

Bergsicht 12

de-Fer 26, Secteur La Tour-de-Trême;

Corbières

Arconciel

Pierre et Danièle Rusticoni,

Alexis et Michèle Bussard,

RM Architecte Sàrl, Pré-de-l’Arche

Chemin de Plaisance 55;

Impasse de la Ville

Attalens

Hazim et Arza Sabic,

Corminboeuf

Roland et Birgit Silvia Schütze,

Chemin de Plaisance 65;

Jacques et Marie-Claude Wohlhauser,

Chemin de la Greppa 18 et 20;

SI en formation, p. a. Pasquier-Glasson

Impasse du Pré-Laurent

JPF Immobilier SA,

SA, Rue de Préville 19,

Chemin de la Fin-du-Clos;

Secteur La Tour-de-Trême;

Virginia Ranini et Eduardo Andrade,

Christelle et Jean-Bruno Lekeufack,

Chemin du Grand-Crêt 8,

Chemin du Carry 6;

Secteur Tatroz

Fatmir Paloja,

Avry

Chemin de Cuquerens 1;

Marco Mosca, Impasse de la Source,

Cedric Balmat,

Secteur Avry-sur-Martan;

Chemin de Cuquerens 3;

Atelier d’architecture Stéphane

M. et Mme Monney,

Vonlanthen, Sàrl, Impasse de

Chemin de Cuquerens 5;

la Colline 2, 4, 6, 8, 10, 12,

Jean-Luc et Corine Gapany,

Secteur Avry-sur-Martan

Rue Dom-Hermann 47,

Belfaux

Secteur La Tour-de-Trême;

Irène et Leonardo Broillet-Peterhans,

Cyril et Magali Vallée,

Route des Noisetiers;

Chemin des Cerisiers 17;

Adao Couto et Maria Medas,

Entreprise Ropraz SA,

Route des Vuarines;

Chemin des Crêts 61–63, 65, 67;

José et Sonia Reboleiro,

Magali et Philippe Millasson,

Impasse Gare CFF

Chemin de la Pépinière 69

Billens-Hennens

Chables

Jean-Claude Demierre et Anne

Yanick Moschini, La Rochette

Humberset, Route de Villaranon;

Châtel-Saint-Denis

Nicole et Philippe Cudry,

Thierry et Sandra Guenat,

La Petite Croix

Chemin de la Moille-au-Critsou 69;

Bösingen

Michael Dayer et Céline Di Venuto,

Stephan Kinzl, Mattenweg 36

Chemin de la Moille-au-Critsou 77;

Bossonnens

Danien et Justyna Cardinaux Karcz,

M. et Mme Christophe Bastino,

Chemin de Champ-Bochet 23

Impasse Petit-Reynet 4

Châtillon

Botterens

Daniel Bismor

Les communes de la liste qui ont reçu des demandes de construction sont indiquées en rouge. Sont ensuite indiqués le nom du maître d’ouvrage et l’adresse future.

Nathalie et Michael Richoz,

Châtonnaye

La Rochetta;

Luis Miguel et Maria José Mancoca, Clos-Piquet

En Suisse, une personne sur trois habite dans sa propre maison. C’est peu par rapport aux autres pays: en Angleterre, l’on compte 68% de propriétaires, en France, 55% et en Allemagne, 42%.*


Louise et Monique Feneyrolles,

La part des maisons familiales sur l’ensemble du parc immobilier suisse est passée de 40% en 1970 à environ 60% aujourd’hui. En 2008, les maisons familiales repré­sentaient 68% des nouvelles con­structions habitables.*

Impasse de la Chavouna; Georges Studer, Sous-Gare; Grégory et Elisabeth Corminboeuf, Grand-Rhain Dompierre Bujar Kastrali, Route de Corcelles Düdingen Kocher & Partner Architekten AG, Obere Zelg; Clerc Generalunternehmung AG, Magdalenastrasse; Philippe de Buman, Galmis 6; Nicole und Markus Ruch, Mühleweg; Michele Bollschweiler und Dominique Schneuwly, Obere Zelg; Walter Lüdi, Balbertswil; Ruth Egger, Riedlistrasse; Markus und Jacqueline Bapst, Riedlistrasse; Olivier Aebischer und Myriam

Corpataux-Magnedens

Cugy

Zbinden, Vullyweg 48;

Estelle et Jean-Paul Sallin,

Manuela Rodriguez,

Mathis David und Annja Bossart,

Impasse de la Baume

Pré-Guillaume

Vullyweg

Corserey

Delley-Portalban

Ependes

Megagest SA,

Fabrizio et Marina Simone, Le Verdet;

Clerc Entreprise générale SA,

Route de Lentigny 27 et 29

Patrick Hyvernat, Petit-Delley,

Chemin du Vuassoz, Le Coquier

Cottens

en Farvageux;

Estavayer-le-Lac

Virginie et David Pauchard,

Frederic et Corinne Gross, le Verdet;

Marie-Claire et Michel Apothéloz,

Route de la Côte

Didier et Marie-Jeanne Matthey,

Chemin du Creux-du-Van;

Courgevaux

Route de Chabrey;

Marie Aguilar et Peter Te Kloese,

Philipp und Nicole Reichen,

Urs et Christine Helbling, L’Orgère 79

Chemin du Jura;

Haut-des-Vignes

Domdidier

Tom Glanzmann et Alain Pfammatter,

Courtepin

Cotting-Malcotti-Schaller, Pascal et

Sur-les-Rives;

Fabienne et Olivier Bürki, Rue de

Nadine Brauchi, Route de la Bruyère;

Lucienne Schneider,

la Motta, Secteur Courtaman;

Alexandre et Nicole Hublard,

Chemin des Roches;

Timothy et Jacqueline Walters-

La Chavouna;

Pierre Cuany et Hélène Hug,

Brügger, Route de la Motta 81,

Valérie et William Rué, La Chavouna;

Chemin des Etangs

Secteur Courtaman;

Annelis Steffen, Route des Genevreys;

Farvagny

Pedro et Martine Amaral,

Joao Carlos Sobral Pinto et Elisabete

Michel Oberson, Impasse des Moulins;

La Grand-Fin 74

Ribeiro Pinto, Route d’Oleyres;

Jean Meyer et Séverine/Sandy Bapst,

Crésuz

Claudio et Mariangela Coletta,

Route de Grenilles 65, Secteur Grenilles

Kurt et Charlotte Käser,

Route d’Oleyres;

Panches

Pierre-Yves Jordan, Vua-du-Cado; Jean-Philippe Lecoq, Impasse de la Chavouna;

SWISSLIFE Printemps 2011


gAlmiz Andrea und Franziska Zingg, Bahnhofstrasse giffers Mario und Michael Gugler, Flüelimatta; Christian und Sandra Poffet, Obertswilstrasse; Charles und Laurence Julmy, Rain gletterens Cédric et Anne Bersier, Fin-de-Gros-Bois;

Dans la région du lac Léman, le prix des maisons familiales a augmenté de quelque 40% entre 2007 et 2010. De même, dans les cantons de Zurich et de Zoug, l’on a pu observer des augmentations de prix allant jusqu’à 20%.*

Abel Zufferey, Chemin de Robin; Johnny et Jenny Cruz, Fin-de-la-Ria grAnDvillArD Frank et Nathalie Bourgeois, Route de la Cascade 28; Delphine et Peter Butler, Chemin des Lilas 1; Baptiste Pharisa et Stéphanie Rudaz, Chemin des Noisetiers 9 grAnges Jean-Luc et Carine Fragnière,

gurmels

Véronique Galley et Vincent Kilchoer,

Route d’Attalens;

Rolf Minder, Dürenberg 241;

Route de Magnedens,

Jean-Philippe Gillioz,

Jürg Minder, Dürenberg 251;

Secteur Ecuvillens

Chemin de Nanchy 12

Barbara und David Lazzara,

HAuteville

grAnges-pAccot

Dorfmatte 12;

P. et J. Brodard, Route d’Impart

Routes Modernes SA, Fribourg/André

Marc und Nadine Wyss,

HeitenrieD

Antiglio SA,

Obere Mühle 58, Sektor Liebistorf;

Antoinette Lindt, Pfandmattstrasse;

Route de Josaphat 55, 57, 63, 65;

Igor Leo, Sandacher 4;

Clerc Generalunternehmung AG,

grAngettes

Martin und Mlyako Berger,

Hauptstrasse 54;

Alain et Marinette Boano,

Holzacher 5, Sektor Gurmels;

Daniela Stoll und Rolf Brünisholz,

Impasse Pra-Deffera

Casutt & Co. AG, Grausacher 3,

Pfandmattstrasse;

greng

Sektor Liebistorf;

Reinhold und Anita Sturny, Spisi 41

Nadia und Hervé Guyaz, Dyfeld

Bierim Gurl, Hauptstrasse;

Jeuss

grolley

Markus Janser, Bulliardweg 10;

Benjamin und Gaby Vonlanthen,

Christian et Sandra Racordon,

Ewald Wohlhauser, Chasseralstrasse 3,

Eichenweg

Route de Fribourg, Village Sud;

Sektor Kleingurmels;

Kerzers

Giuseppe et Lucia Scavo,

Wohnbau AG, Bodenzelgstrasse 79

Christoph und Jacqueline Zwahlen,

Impasse du Gros-Praz 12, Village Sud;

HAut-intyAmon

Bahnhofplatz 10;

Antonio Magano Reboleiro et Sandra

Gratisa SA, Planchamp,

Lindenmätteli GmbH, Fräschelsgasse;

Amaral Nascimento Reboleiro,

Secteur Neirivue;

Sunny house GmbH, Mühlegasse 53;

Impasse du Gros-Pra, Village Sud;

HAuterive

Hanni Fichtenthal, Mühlerain 72

Sampaio Sotero, Impasse du Gros-Pra,

Nicole, Camille, Guillaume, Arnaud

KleinBösingen

Village-Sud;

et Justine Prin, Impasse du Triolet,

Pascale Probst, Grüneburg

Secteur Ecuvillens;


Murten

Lac (See)

Wünnewil-Flamatt Estavayer-le-Lac Estavaye

Broye

Düdingen

Broye

Fribourg

Singine (Sense)

Villars-sur-Glâne Marly

Broye

Sarine (Saane)

Broye

Glâne

Bulle

Gruyère (Greyer (Greyerz)

Veveyse (Vivisbach) Châtel-Saint-Denis

Le canton de Fribourg en chiffres Ville principale: Fribourg Superficie: 1671 km2 Point culminant: Vanil Noir (2389 m) Nombre d’habitants: 273 000 Densité de population: 164 hab./km2 Population étrangère: 18,1% (août 2010) Langues administratives: français (63,2%), allemand (29,2%) Taux de chômage: 3593 personnes (2,5%, nov. 2010) Les points rouges sur la carte symbolisent les permis de construire au 4e trimestre 2010. SWISSLIFE Printemps 2011


Aujourd’hui, un mètre carré se construit chaque seconde en Suisse, soit l’équivalent de dix terrains de football par jour.*


La Brillaz

Champ-Dessus (Derrey-la-Croix),

Léchelles

Albano et Isabelle Gallucci,

Secteur Porsel

Catherine et Daniel Georges,

En Meinoud, Secteur Lentigny;

Le Glèbe

Chemin de la Cabuche 16;

Alexandre Krattiger, Clos-de-l’Arche,

Amélie et Christian Dafflon,

Olivier Ribotel et Aline Mamry,

Secteur Lentigny;

Route des Nervaux,

Chemin du Vigny

Veronique et Philippe Bertschy,

Secteur Estavayer-le-Gibloux

Les Montets

Route de la Poste 15, Secteur Lentigny;

Le Mouret

Evelyne et Yves Aebi, Impasse de

Fabrice Perroud et Florence Uldry,

Marie-José Godel et Olivier Staremberg,

Grandvau, Secteur Aumont;

Route du Chaffeiru, Secteur Lentigny

Route de la Laiterie, Secteur Oberried;

Marcel Louis Pochon, Les Iles,

La Sonnaz

Paul, Jean-Claude et Michel Brodard,

Secteur Montet;

Nelson et Maria Trigo et Edouardo

Lydia Schafer, Route du Pafuet,

Centre de rencontre et de formation,

Trigo, Secteur Cormagens

Pré-aux-Oies;

Les Grands-Champs, Secteur Montet

Le Flon

Samuel et Pascale Brodard, Impasse

Lully

David er Sara Rial, Clos-Secours,

de Montsibolo, Secteur Bonnefontaine;

Familles Brossin et Ferreira dos Reis,

Secteur Bouloz;

Cynthia et Olivier Perroulaz, Le Village,

Moulin-au-Rey 14;

Eric Aschilier et Cindy Aebischer,

Secteur Bonnefontaine

Stéphane et Myriam Rapaz, L’Ingera 8,

Champ-Dessus (Derrey-la-Croix),

Le Pâquier

Secteur Seiry;

Secteur Porsel;

Guyve et Claudia Safary,

Marco Franco, Chemin de

Laurent et Angélique Neyroud,

Route du Carmel

la Frinzalla 25, Secteur Seiry Marly Mehmet Krasniqi et Xhavit Mustafa,

Alors que 34% de la population suisse vivent dans leurs propres murs, ils ne sont que 24% dans le canton de Zurich. Et la ville de Zurich ne compte que 7% de propriétaires.*

Chemin des Epinettes; Progecom SA, Chemin du Bois-des-Rittes; Fatmir Beka et Esed Ahmeti, Route des Préalpes Marsens Nelly et Hervé Bonvin, Lotissement En Crausa; Neziraj Refki, Route de la GrandFin 45, Secteur Vuippens Matran Vert Immobilier SA, Route de la Guérite Ménières Edgar et Theresa Pereira, Clos-Quartier Misery Courtion Aline et Christophe Frossard, En Mottez, Secteur Misery; Nicolas et Mariorie Fürst, En Mottez, Secteur Misery; Stella Linck et Ivo Clemente; Thierry Bigler et Céline Simonet-Bigler, Route de Cournillens, Secteur Misery; Ivan Rados et Stipe Rados, En Mottet; José Placido, Au Marais, Secteur Cournillens;


Société en formation, p. a. Architecture

Rossens

& Design Sàrl, Champ-Devant,

Sandra et Cédric Sauterel,

Secteur Misery;

Route de la Condémine

Vincent et Stéfanie Genier, En Mottez,

Rue

Secteur Misery

M. et Mme Pittet, Champ-au-Rey;

Montagny

Daphné et Michel Guinchard,

Depuis 1983, de 11 à 14 000 nouvelles maisons familiales ont été construites chaque année. Durant les vingt dernières années, ce chiffre n’est passé sous la barre des 10 000 qu’à deux occasions: lors de la crise de la construction du début des années 1990 et en 2009 (9149 maisons).*

Thierry Risse et Méry Consendai,

Champ-au-Rey;

Route de Montagny 22, Secteur

Loubna et Patrick Rossi,

Mannens-Grandsivaz;

Champ-au-Rey;

Beat et Mirjam Sticher, A Mannens,

Cedric Bays et Céline Chenaux,

Secteur Mannens-Grandsivaz;

Servaulaz, Secteur Promasens;

Jocelyne et Christian Cerf, Impasse des

Swissbat.ch Sàrl, Champ-au-Rey

Rochettes, Secteur Montagny-la-Ville

Saint-Aubin

Murist

S.T. Créations d’Habitats Sàrl,

Joséfine et Pierre Massy, Le Rosset

Route de Loustan;

Neyruz

Jean-Pascal Verdon,

Frédéric et Francesca Mauron,

Route de la Léchère;

Route de Nierlet 40

Sabrina et Christophe Rimaz,

Nuvilly

Route de Delley;

Giovanni Porqueddu et Maryline

Adifete et Bujar Luzha,

Hostettler, Les Batailles

Route Sous-Pendu;

Oberschrot

Christine et Laurent Balbi,

Roland Pürro, Egg

Route de la Bataille;

Pont-en-Ogoz

Laurent et Geneviève Dessibourg,

Najya Rotzetter, Le Bry, Secteur Le Bry

Route de la Crausa

Pont-la-Ville

Salvenach

Jean-Paul et Sandrine Ramuz, La Gotta

Dobre und Nikolinka Zdravev,

Prez-vers-Noréaz

Hauptstrasse;

Megagest SA, Route des Chênes;

Torsten und Daniela Seeger,

Maria Antonia da Silva Barros Araujo

Hauptstrasse

et Pedro Alexandre Carvalho Araujo,

Schmitten

Route des Chênes

Schneider & Kreienbühl AG, Eichenweg;

Rechthalten

Erbengemeinschaft Jungo,

Heribert und Nadja Bächler-Aeby,

Bagerstrasse

Sunematt 16

Semsales

SI en formation, p. a. Ropraz SA,

Remaufens

Philippe et Jeannette Berguerand,

Impasse du Pontonney 43

Jürg Meyer, Impasse de Souvy 8

Les Charmilles;

Sorens

Romont

David et Marie-Marguerite Baumann,

Robert-Philippe Bloch, Plan des Marais

Cristina et Paulo Marques,

Les Charmilles;

St. Antoni

En Bouley 43;

Laurence Jordan et Didier Pelissier,

Claudia und Heinz Gfeller-Vonlanthen,

Albert Echenard,

Chemin de la Vilette 19;

Niedermuhren

Chemin du Marais 4 et 20;

Paulo et Elisabeth Almeida, La Cierne 5

St. Silvester

Marco Collini, La Vignetta 43;

Siviriez

Andreas und Erika Dietrich, Riederehubel

Geraldine et François Helfer,

Cristina Sofia Tavares Oliviera et José

St. Ursen

La Vignetta 58;

Eduardo Martin Ferreira, Chemin de

Ursula Fasel, Underem Himmel;

Eva et Frédéric Borcard, En Bouley 114

Failly 3, Secteur Villaraboud;

Berthold Lauper, Obstgarten

SWISSLIFE Printemps 2011


Philippe Bifrare et Jessica Chammartin,

«La construction de logements a encore quelques beaux jours devant elle.», est-il écrit dans la Conjoncture fribourgeoise. Durant les sept pre­miers mois de 2010, 1341 nouveaux logements ont été autorisés, soit 8,1% de plus qu’entre janvier et juillet 2009.*

Route de la Magne 23, Secteur La Magne; Laetitita Huguenot et Thierry Vaucher, Impasse du Jura 2, Secteur Sommentier; Micheline Pittet, Impasse de la Côte Vuadens Richard et Séverine Tarrès, Chantemerle; Julien et Sandrine Allard, Village d’En-Haut Vuisternens-en-Ogoz Alain et Eveline Delaquis, Impasse du Verné; Hervé Ottet, Impasse du Verné; Anne-Rachel et Christophe Oberson, Impasse du Verné; Sébastien et Muriel Chassot, Impasse du Verné; Corinne et Bastien Petitpierre, Impasse du Verné; Alain Thévoz, Impasse du Verné

Tafers

Ursy

Wallenried

Jacques und Margrit Folly-Raemy,

Joseph Deschenaux,

Olga et Yann Lionel Benoit, En Amont

Engelsmattstrasse;

Chemin Bois-du-Mont;

Wünnewil-Flamatt

AM Generalbau AG, Engelsmatte;

Abadia SA, Route du Plattiez;

Keller AG, Altschlossmatte 17,

Daniel und Claudine Vonlanthen-

Claude et Chantal Demierre,

Wünnewil;

Meuwly, Obere Zelgstrasse

Chemin du Perrey 29;

Keller AG, Altschlossmatte 23,

Tentlingen

Fabien Gavillet, Chemin des Charbon-

Wünnewil;

Mathias Burri, Dürrenbergstrasse;

nières 46, Secteur Vauderens

Carmela und Adrian Schafer-Anker,

Adrian und Silvia Roth, Buechmatta

Vallon

Akazienweg 25, Wünnewil;

Torny

Huguette et Thierry Billieux,

Norbert Esseiva, Staffelstrasse, Wünnewil

Yan Dougoud et Alexandra

Chemin de la Rueyre;

Risse-Dougoud, Perrey-Crochet,

Société en formation, p. a. Progin SA

Secteur Torny-le-Grand;

Constructions, Route de la Chaumière;

José Maria Semedo Moreira,

Vaulruz

Pré-Damont, Secteur Middes;

Jacques et Maria Joye, Vuer-des-Alpes 4

Steve Habluetzel, Au Pontet,

Villars-sur-Glâne

Secteur Middes

Huynh Anh et Tian-Tai,

Treyvaux

Impasse du Relais 9;

Silvie et Dominique Mettraux,

Susanne Buchs, Impasse du Panorama

Route d’Essert

Villarvolard

Ueberstorf

Nicolas Villoz et Rosmarie Razzino,

Markus und Monika Spicher,

Pré-Giller

Kaplaneistrasse;

Villorsonnens

Martina Hasler, Guldifeld 63

Sébastien et Chantal Gutmann, En Terdo 8, Secteur Villargiroud;

*Sources: Statistique annuelle en matière de construction et de logement, Office fédéral de la statistique Immo-Monitoring 2010 Wüest & Partner «Freiburger Nachrichten» «Weltwoche»


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A Swiss Life // 43

Texte: René Ammann, photos: Tom Haller

Mobylette, surf, entreprise Beaucoup de gens ont des idées. Et plus encore se cachent derrière de belles phrases. Andy Tanner est différent. Le fondateur de Alprausch élabore, applique et construit. La Suisse aurait besoin de plus d’hommes de cette trempe.

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SWISSLIFE Printemps 2011


V

oici l’histoire d’un apprenti de commerce zurichois qui avait un rêve. Il traversait la campagne avec une queue de renard au guidon, en quête de liberté. Sa mob était trafiquée. Jusqu’à ce que la police l’arrête. Notre homme acheta alors un Solex. Mais aussi des lunettes rondes, pour ressembler à John Lennon. La maréchaussée avait freiné l’élan du mobiste. Sur la route, certes, mais pas dans sa tête! Andy est né en 1963 sous le nom de André Tanner et écoute aujourd’hui encore John Lennon. Il en a même tiré sa philosophie. «Beaucoup de gens ne font que parler. Je préfère agir», déclare Andy. «Tout le monde a des idées. Mais qu’en res­ sort-il?» Puis, le jeune Tanner passa de la mobylette à la planche. Planche à roulettes en été et surf en hiver. Lorsqu’il

Lors d’un congrès de managers, Andy Tanner a pris la parole directement après Al Gore. Le public était en costume sombre. L’orateur, lui, portait une combinaison rouge. Comme un pompiste Esso. était en congé ou qu’il faisait trop beau pour aller à l’école, il partait pour Hoch Ybrig, une petite station de ski près de Zurich. Il a aussi dévalé les pentes du Jakobshorn de Davos et du Muottas Muragl de Pontresina où la poudreuse est, paraît-il, «d’enfer». Ce planchiste allait devenir vice-cham­ pion d’Europe de surf à 22 ans, puis champion des USA. Règle n° 6: Tu auras du plaisir dans tout ce que tu fais! A 23 ans, Andy Tanner ouvrit à Zurich la première boutique de snowboard en Europe sous le nom de Beach Mountain. Il vendait ce qu’il utilisait lui-même, à savoir des articles amé­ ricains. L’Amérique était alors très tendance. De Scuol à Zer­ matt, le nec-plus-ultra était de porter les vêtements de surf Beach Mountain. A la grande surprise du jeune entrepreneur

qui n’avait fait ni étude de marché ni plan d’entreprise, son magasin devint rapidement le salon à la mode. Des jeunes s’y retrouvaient pour écouter de la musique et pour voir des films. Puis ils allaient surfer ensemble, faire la fête, bref, ils avaient trouvé un deuxième chez-eux. «Beach Mountain fai­ sait partie de la culture underground, explique Andy Tanner. Il y avait un look et une philosophie. Beach Mountain signi­ fiait se démarquer: être autrement, agir autrement.» Aujourd’hui, à 48 ans, Andy Tanner représente encore ce courant. Lors d’un congrès de managers, Andy Tanner a pris la parole directement après Al Gore, ex-candidat à la prési­ dentielle américaine. Le public était habillé de manière uni­ forme, en costume sombre. Tanner portait une combinaison rouge. Un peu comme les pompistes des stations Esso. «Ap­ paremment, je refuse de devenir adulte», dit-il en riant. «Je l’ai vite remarqué dans le monde des affaires.» Son propos était de formuler les six règles devant prévaloir dans les PME. Règle n° 2: «Tu dois briser les règles!» Ou encore la règle n° 6: Tu auras du plaisir dans tout ce que tu fais!» Et il savait de quoi il parlait... Un renard dans la ville En 1980, Andy Tanner avait 18 ans lorsqu’il rencontra Nicole Bretscher qui en avait 16. Ils forment un couple depuis lors. Mais sans contrat de mariage. Alors que Andy faisait de la planche autour de Formentera, Nicole fabriquait des bikinis qu’elle vendait sur la plage. Leur fils Timmeeh est né en 1988, leur fille Robin en 1992. Deux raisons pour ce galopin d’Andy de devenir enfin adulte! Mais il déclare en riant: «Je me suis plutôt reconnu dans mes enfants, et c’est sans doute pour cela que je n’ai jamais perdu mon côté gamin». Nicole Bretscher et Andy Tanner avaient déjà élaboré quelques pièces de vêtements pour Beach Mountain. Et lorsqu’ils revendirent leur affaire à Jelmoli en 1998, ils avaient depuis longtemps eu l’idée de créer leur propre marque de vêtements de ville et de sport. Alprausch avait été créé en 1991. Et pourtant, tout le monde leur avait décon­ seillé de le faire. La bourse s’était effondrée, et la tendance était de perdre de l’argent, pas d’en gagner. Andy Tanner appliqua alors sa règle n° 5: «Tu ne dois pas avoir peur de tes concurrents». Le couple créa des patrons et des dessins. La partie tissage était réalisée en Suisse, la couture au Portugal, puis le tout était envoyé en Chine pour la réalisation de


«Apparemment, je refuse de devenir adulte.» Andy Tanner porte une combinaison rouge, même pendant les congrès de managers. SWISSLIFE Printemps 2011


Toujours surprenant, toujours un peu diffĂŠrent: dans chaque magasin Alprausch, il y a un animal alpin empaillĂŠ et les contes de Trudi Gerster.


A Swiss Life // 47

vêtements de snowboard thermoactifs. Le nom Alprausch avait lui aussi été trouvé depuis un bon moment. «Lorsque l’on est sur la crête d’un sommet et que l’on regarde autour de soi, l’on est grisé», explique Andy Tanner. «Et lorsqu’on dévale la montagne, on est dans un état second.» En 2004, Alprausch s’installe dans un magasin près de la Bahnhofstrasse de Zurich. Le look de la boutique sise Werdmühleplatz vaut le détour à lui seul. Une mobylette est en vitrine. Sur la selle, un porte-clés avec une queue de renard. «Le renard est depuis longtemps dans la ville», nous dit Andy Tanner. «J’achète les queues de renards aux Grisons ou au parc de Langenberg. On m’en livre 50 à 100 par commande.» De la graisse à traire en magasin Herbert vient lui aussi de Langenberg. Il surveille le magasin. C’est un cerf de 12 ans. Il est né et a grandi à Zurich avant d’être empaillé. L’animal trône maintenant sur un podium, entouré de pulls de ski, de vestes modèle «Tante Klara», de pantalons «Hasi», de rondins de bois, de boîtes d’Ovomaltine, de graisse à traire, de condiments Maggi et de bonbons Ricola. Ces objets en appellent aux émotions du public, et il n’est pas rare d’entendre un «ça alors!», un «tu te souviens de ça, Georges?» ou encore un «formidable!» prononcés par des clients ébahis. Ceux qui le désirent peuvent aussi écouter des contes narrés par Karen Meffert ou Trudi Gerster. Il fallait déjà avoir l’idée des contes! Dans un magasin où viennent des jeunes garçons dont la voix a à peine mué et des jeunes filles qui commencent à se maquiller. Ces ados veulent être adultes et se désolidarisent résolument des gentilles fées ou du Chat botté. Andy Tanner pense autrement. «Lorsque j’entends la belle voix profonde de Karen Meffert, j’en ai encore la chair de poule. Nous vendons des vêtements aux 12, 15 et 20 ans, mais aussi aux trentenaires et à leur maman.» Et la graisse à traire ou le dentifrice? «C’est juste une blague.» Alprausch, croix et calligraphie Dans l’univers de Tanner, tout est un peu différent. Alors que certaines entreprises ont un seul et unique logo, Alp­ rausch en a neuf. Tendance à la hausse. Quelle que soit la calligraphie choisie pour le nom de la marque, la croix suisse est toujours présente. «C’est un symbole fort, explique Andy Tanner. Et nous sommes fiers de nos origines. Mais cette

SWISSLIFE Printemps 2011

croix n’est en rien un message politique.» Alors que certaines sociétés refusent la fourrure comme les végétariens la viande, il y a «au moins un animal alpin empaillé» dans chaque boutique Alprausch. Alors que certaines marques se spécialisent dans le jeans, le pull ou les sous-vêtements, Alprausch produit tout, des chaussettes au bonnet. Le mot d’ordre est lui aussi sans concession: «De la mode? Nous ne faisons pas de mode. Pas question pour nous de finir au musée. Nous voulons vendre.» Et ça marche. Alprausch est partout présent, de Cortina à Helsinki et de Tokyo à Moscou, dans 350 boutiques. Pour les dix ans de la marque, Andy Tanner veut un magasin à l’aéroport de Zurich. Ou à Zermatt. Ou à Grindelwald.

«Lorsque l’on est sur la crête d’un sommet et que l’on regarde autour de soi, l’on est grisé», explique Andy Tanner. «Et lorsqu’on dévale la montagne, on est dans un état second.» Mais la croissance doit rester modeste. «Plus on a de poids sur les épaules, plus il est difficile de marcher», déclare le patron. Nous sommes une petite entreprise familiale qui recense 15 collaborateurs. Nous voulons continuer à créer la surprise et garder notre identité. Laisser des traces pimente la vie.» Et Andy Tanner se retire dans son atelier de la Eiben­ strasse à Zurich, assis entre une cabine de téléphérique de Scuol qui a fait son temps, un vieux pédalo, des tissus Alprausch et un troupeau de bouquetins, fouines, faons et choucas empaillés. Il enfonce les écouteurs de son iPod dans ses oreilles et écoute sa chanson préférée: «Imagine» de John Lennon: You may say I’m a dreamer/But I’m not the only one/I hope someday you’ll join us/And the world will live as one…


Système: Lista Office QUB


Valeur et durabilité. Design par Lista Office. Qu’il fait bon de savoir que fraîcheur et durabilité vont de pair. Les systèmes de mobilier de bureau de Lista Office demeurent performants durant de longues années grâce à des matières nobles, au top desquelles figure l’acier, créateur de produits robustes. Les fonctions et modules ainsi créés évoluent au rythme de vos objectifs. Le service offert, de la planification à l’entretien, est au plus près du client. Le design suisse ne connaît pas de date de péremption. Lista Office près de chez vous > www.lista-office.com/distribution


Texte: Lucas Roos, photos: Hans-Jörg Walter

Envie de plaisir Vous sentez-vous mieux quand vous avez mangé une banane? Ou une tomate? Vous devriez, car toutes deux contiennent des substances qui améliorent votre humeur par un infime état second. Espérons que nos illustrations d’aliments fraîchement préparés vous feront le même effet.

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Perspectives // 51

Je suis un grain de raisin. La plupart des gens me savourent pressé et fermenté. Sans savoir exactement ce qu’ils boivent. Car le vin est un mystère. Avec plus de 800 arômes et des bouquets complexes qui n’ont plus rien à voir avec moi, mais qui convoquent mûres, noix, réglisse et bien plus encore. Je vous quitte, en espérant vous laisser une belle note finale.

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Je suis une girolle. Bien préparée, j’offre une expérience gustative grisante. Bien qu’étant mon parent, le psilocybe semilanceata conduit à d’autres états seconds. Sa psilocybine provoque des hallucinations, belles comme des visages, des paysages ou des images. Mais aussi moins belles, comme des grimaces, des poursuivants invisibles ou des apparitions diaboliques.


Perspectives // 53

Je suis une pieuvre. Ou plutôt, j’en étais une. En outre, l’on dit que je serais plus qu’un mets de choix et que ma chair aurait des qualités aphro­­disiaques. Déjà Pline l’Ancien (24–79 ap. J.-C.) me décrivait comme un moyen de stimuler ses pulsions sexuelles. Vous pouvez toujours me goûter pour voir si je vous entraîne dans l’ivresse de l’amour, mais je ne vous garantis rien.

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La Suisse bouge Duel intercommunal Coop du 5 au 14 mai 2011 Activité pour tous: de top-forme à non entraîné. Environ 200 communes s’affrontent et récoltent des minutes d’activité physique – quelle commune est la plus sportive? L’offre d’activités physiques est déterminée par les communes.

www.lasuissebouge.ch


Gastronomie // 55

Il est facile de réaliser un excellent risotto. Il suffit de bien se concentrer deux fois durant la préparation. Si vous souhaitez surprendre vos invités avec un risotto onctueux à souhait, vous devez respecter deux étapes importantes dans la cuisson du riz qui a besoin de vin et de bouillon.

Oignons et fromage Hacher finement les oignons et les faire revenir dans du beurre. Ajouter un peu de sucre et de vin rouge et laisser entièrement réduire le liquide à feux doux afin d’obtenir une compote. Faire revenir le riz rapidement dans un peu d’huile, déglacer avec du vin blanc et laisser réduire (cf. colonne de droite). Ajouter le bouillon au fur et à mesure de l’évaporation du liquide. Lorsque le bouillon a entièrement réduit, ajouter le Büscion (fromage frais) et bien mélanger. Le risotto doit être dressé sur un plat chaud. Déposer une cuillérée à soupe de compote d’oignons sur le risotto, poivrer et servir.

Illustrations: Sylvia Geel

L’importance des bons ingrédients par Ambrogio Stefanetti

Ingrédients pour 4 personnes: 240 g de riz Carnaroli, 1 cs d’huile d’olive extra-vierge, ½ verre de vin blanc, 1,5 litre de bouillon de poule, 2 oignons rouges moyens, 50 g de beurre, 30 g de sucre, 1 verre de vin rouge, 1 morceau de Büscion (fromage frais) de la vallée de Muggio, une pincée de sel, poivre.

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J’utilise peu d’ingrédients et je cuisine selon une règle simple: plus les produits sont de bonne qualité, plus le plat est simple à préparer. Et cela fonctionne toujours, car chaque ingrédient révèle pleinement son goût. Si les ingrédients se marient bien, la moitié du travail est déjà faite. Même s’il n’y a que peu de riz. Il ne nécessite pas autant d’attention que l’on veut bien le croire, mais il faut le mouiller en permanence. Le riz n’absorbe jamais trop de liquide. Il faut en tenir compte et le couvrir rapidement de vin blanc au début de la préparation. Lorsque le vin a réduit, on ajoute le bouillon au fur et à mesure de son évaporation. Il va donner son goût au riz. Et attention: rien ne doit brûler! Ambrogio Stefani fait partie des découvertes Gault et Millaut de l’année 2010 au Tessin. Il est chef cuisinier de la Vecchia Osteria à Seseglio près de Chiasso (TI).


Abritant l’hippodrome le plus prestigieux du monde, Chantilly est sans conteste l’endroit idéal pour mettre en valeur la Range Rover. Son moteur diesel 4.4 TDV8* de conception inédite, associé à la nouvelle boîte automatique à 8 rapports, garantit silence de fonctionnement et rendement absolus, malgré une consommation encore réduite. Outre sa puissance phénoménale, la Range Rover se prévaut de nombreux autres atouts, comme son design inimitable et diverses technologies innovantes, notamment le tableau de bord virtuel à LCD et l’écran multimédia Dual View. De quoi souligner l’exclusivité de la Range Rover, au même titre que l’intérieur luxueux. Si vous souhaitez toujours avoir une longueur d’avance, vous venez de trouver l’automobile qu’il vous faut.

www.rangerover.ch

LES GRANDES ÉCURIES, CHANTILLY (F).

L’ENDROIT RÊVÉ POUR LÂCHER LES CHEVAUX DU NOUVEAU MOTEUR DIESEL 4.4 TDV8 DE LA RANGE ROVER.

RANGE ROVER

* Range Rover, 4.4 TDV8 aut., 313 ch/230 kW, consommation mixte 9.4 l / 100 km, émissions Ø CO2 253 g/km, catégorie de rendement énergétique D. Emissions Ø CO2 de tous les véhicules neufs proposés en Suisse 188 g/km.


Reeto von Gunten // 57

Mon premier état second fut violent et ne me quitta plus pendant très longtemps. Près de 40 ans se sont écoulés depuis lors. Mais je me souviens encore très précisément de chaque moment. Enfin, presque, car je ne me souviens pas du plus im­ portant: comment en suis-arrivé là? Je pense donc aujourd’hui que l’ennui est à l’origine de cette ivresse, comme c’est souvent le cas pour ces états seconds qui génèrent une certaine créativité. Tout est parti d’une Ford «Cus­ tom» Mustang de 1967. A cette époque, l’objet de notre désir s’ap­ pelait «Hot Wheels». Il s’agissait de modèles réduits à l’échelle 1:64, sans moteur, mais avec des roues à fort quotient de propulsion. Les voitures virevoltaient sur des rails en plastique orange que nous pou­ vions assembler de manière à for­ mer le circuit et les loopings de notre choix. Ma Mustang fonçait sans trop patiner et ne cahotait pas sur le circuit. Mais tout cela ne de­ vait bientôt plus suffire à combler les attentes d’un passionné de course automobile. Nous avons donc commencé à faire des expériences avec ces petits cylindres qui comportent une mèche et qui dégagent des étincelles sans exploser. Pour obtenir l’effet escompté, nous devions plier les pétards en deux et les coincer sous le hayon ou les coller sur le toit du véhicule. Ainsi équipées, les voitures déjà très rapides devenaient de véritables bombes qui survolaient la piste à défaut d’y adhérer. Nous avons alors connu un nouvel état second. L’excitation avant l’apothéose, la fascination de la vitesse débridée, l’envie d’aller toujours plus loin ou encore cette agitation fébrile nous procuraient une véritable ivresse. Et ma Mustang que je ne cessai de

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modifier était ma drogue. Mais la sensation de l’ivresse ne durait heureusement jamais longtemps. Ainsi, nous mesurions nos performances tous les jours. Qui va le plus vite, qui est le plus fou, qui fait une course à tout casser? J’ai vécu des moments de bonheur incomparables à cette époque. A tel point que j’ai gardé ma Mustang trafiquée jusqu’à ce jour. Des traces de brûlé à l’arrière et sur le toit témoignent des nom­ breux tests, modifications et courses endiablées, et me rappellent ces in­ tenses moments d’ivresse. Depuis, la fascination de la vi­ tesse m’a bel et bien quittée. Mes filles et la musique suscitent nette­ ment plus d’enthousiasme, mais ont aussi laissé quelques traces. Je suis père de deux enfants et je souffre d’acouphènes. Voilà, je commence à comprendre que ma Mustang est la source de mes maux en écrivant ce texte. Je vais l’offrir à un ami. Pas parce que je pense qu’elle le mettra dans un état second. Mais parce que je crois qu’il saura apprécier l’objet et son histoire. Peutêtre aussi parce que je suis convaincu que les souvenirs offerts durent plus longtemps.

Reeto von Gunten écrit dans SWISSLIFE sur des choses qui racontent une histoire. Cet animateur radio (DRS3), écrivain et conteur est captivé par les petites choses qui font l’énormité de la vie.


Une poule, un lapin ou un mouton... Quel animal voyez-vous?


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Envoyez votre réponse sur www.swisslife.ch/magazineconcours ou renvoyez-nous la carte-réponse de l’annexe UPDATE. La date limite de participation est fixée au 30 avril 2011. Les gagnants seront publiés dans le prochain SWISSLIFE. Nous adressons toutes nos félicitations à Manuel Capelli pour avoir gagné le dernier concours! La bonne réponse était: Zermatt.

Gagnez un bon d’achat de 2000 francs et succombez à l’ivresse du shopping chez GLOBUS! Voici comment s’y prendre: regardez fixement l’image et écrivez-nous ce que vous voyez. Ne fixez pas le même point avec les deux yeux, mais essayez plutôt de regarder en parallèle la moitié droite avec l’œil droit et la moitié gauche avec l’œil gauche. Loucher légèrement peut vous aider dans cette tâche.

Je vois ce que tu ne vois pas

Concours // 61


60 // Encore!

Baschi

«Je commence par chanter en anglaischarabia» Ha di nit vergässe will s’ganze Bett schmöckt no nach dir vo letschter Nacht Toutes mes chansons partent d’une petite esquisse musicale. Pour ce morceau également, je me suis assis au piano dans le studio avec mon guitariste Philippe Merk. Nous avons joué quelques accords et les avons enregistrés sur mon ordinateur portable. Chez moi, ces quelques accords m’inspirent une mélodie, un sentiment ou une atmosphère pour la chanson. Quand je bidouille des mélodies, je le fais du reste toujours en anglais-charabia. Ce sont des mots anglais que je mets les uns après les autres mais qui ne veulent rien dire, comme «I love you Baby because I need you». Ce n’est pas génial, mais c’est plus difficile quand on est déjà fixé sur des paroles ou sur un mot, car le texte est trop contraignant. C’est la raison pour laquelle je commence toujours par un texte en anglais-charabia qui n’a certes aucun sens, mais qui rend clairement la ligne mélodique. Quand j’écoute une mélodie, sans parole, quand elle passe bien en anglais-charabia, quand elle ne me lâche

pas ou que je trouve que oui, ça va au cœur, alors j’ai l’intuition que la chanson pourra être bonne – si je réussis aussi à écrire un texte correct. «Ha di nit ver­ gässe» («Je ne t’ai pas oubliée») est une chanson ro­ mantique empreinte de nostalgie et de mélancolie. J’étais d’humeur mélancolique et j’ai pu écrire les pa­ roles sur la mélodie, vraiment comme un playback. Je fonctionne toujours comme ça: d’abord la mélodie, ensuite le texte. Cette chanson traite d’une expérience que beau­ coup de gens en Suisse ont certainement déjà faite: on vit ensemble au septième ciel, intensément, rapide­ ment. Et puis une fin abrupte, qui arrive comme ça – et reste celui qui ne veut ou ne peut pas oublier l’autre: «Ha di nit vergässe, will s’ganze Bett schmöckt no nach Dir» («Je ne t’ai pas oubliée, car le lit entier est encore rempli de ton odeur») – la personne a laissé une telle trace que son odeur subsiste éternellement. Mais cette chanson peut aussi correspondre à une relation où tout va pour le mieux et de laquelle l’on peut dire que chaque nuit sans l’autre est une nuit perdue. Et c’est pourquoi je ne peux pas t’oublier. Une chanson romantique, en quelque sorte. Dans «Encore!», des musiciens suisses racontent l’origine de leurs chansons. Agé de 24 ans, Baschi a débuté sa carrière début 2004 lors du casting de «Music Star». Il a occupé plusieurs fois la première place des classements suisses et a composé en 2008 «Bring en hei» («Ramenez la coupe à la maison»), la chanson de l’équipe nationale de football pour le championnat d’Europe. Son quatrième album «Neui Wält» («Nouveau monde») est sorti à la fin de l’année dernière. Actuellement, Baschi et son groupe sont en tournée en Suisse. Informations sur les concerts: www.baschimusig.ch


Pipilotti Rist enivre SWISSLIFE: l’artiste suisse a mis à la disposition de ce magazine des images de son film «Pepperminta» pour la couverture du présent magazine. La jeune Pepperminta est le personnage principal d’un conte cinématographique qui captive les spectateurs par son univers visuel grandiose. Pepperminta a des couleurs comme meilleures amies et des fraises comme animaux domestiques. Elle a en outre des recettes fantasques pour délivrer les gens de leurs contraintes et de leurs peurs.


Pepperminta, 2009, un film de Pipilotti Rist. Film stills. Avec l’aimable autorisation de l’artiste, Hugofilm et Coop99.

www.swisslife.ch/magazine

Swisslife // Printemps 2011 // Etats seconds

SWisslife 2e année // 1re édition // 6.50 francs

Printemps 2011 // Etats seconds

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