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SWEDGE

sommaire L E S A N T I - P U B fils de pub FRED MORTAGNE french fred

édito

A quand remonte la dernière sortie de Swedge magazine? Certains historiens éclairés affirment que ce fût lors de la Coupe du Monde 2006, le mag avait même fait un hors série spécial. Il paraîtrait même que la France était arrivée en finale et que leur capitaine, jusque là exemplaire, avait pété les plombs. Une drôle d’époque... Mais rassurez vous cette époque est révolue, Swedge Magazine reprend enfin un rythme de croisière normal, la France re-perd des matchs, Zidane et re-l’idole des Français et le foot italien a repris ses habitudes. Drôle d’été cet été là...Enfin tout ça pour dire qu’offrir un mag gratuit de qualité n’est pas chose facile, et il faut se battre constamment. Cela dit, ce nouveau numéro de Swedge est d’une excellente facture (j’entends des mauvaises langues qui disent : «avec ce qu’on a attendu heureusement»...). Et pour ce nouveau numéro quelques nouveautés: d’abord le mag s’est associé au label que vous connaissez déjà: Eternalis Records. A chaque numéro vous retrouverez les dernières news du label. Le bloc-notes et Swedge Football reprennent du service après une période creuse, on va dire. Voilà la parenthèse est belle et bien fermée et c’est pas plus mal.

PATRICE german reggae


FOR A NATURAL URBAN WORLD


SWEDGE LES ANTI-PUB

FILS DE PUB

la p ub

Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir en découdre avec la publicité. Des mouvements anti-pub aux alter-mondialistes c’est toute l’économie de marché qui est visée à travers sa vitrine la plus emblématique : la publicité. Le mouvement a commencé il y a déjà quelques années à la fin du siècle dernier, avec des actions plutôt timides. Mais après avoir franchi le cap de l’an 2000, les anti-pub se sont radicalisés face à la pression médiatique, toujours grandissante, des marques. C’est ainsi que la plupart d’entre nous ont découvert le mouvement, avec des actions «coup de poing» comme les tagages publicitaires dans le métro parisien. Avec cette radicalisation, les médias se sont penchés sur le mouvement, y voyant tantôt une contestation de l’économie de marché, tantôt le refus de la femme objet ou n’importe quelle autre forme de contestation. La situation avait à l’époque l’avantage de permettre aux médias de surfer sur la vague alter-mondialiste. Du coup les anti-pub se sont prêtés au jeu devenant rapidement dépendants des médias pour exister. Car il est bien là le problème : comment relayer ces actions sans utiliser les médias ? Face à cette contradiction, les mouvements se sont vite retrouvés enfermés, d’autant plus que les condamnations commencèrent à tomber. La RATP, via sa filiale publicitaire Métrobus, n’avait pas décidé de se laisser faire. Et à l’instar des faucheurs anti-OGM, les antipub furent sévèrement condamnés.


Le mouvement a connu ces dernières années une période plus difficile, mais il est loin d’avoir disparu. En effet, des collectifs comme «les déboulonneurs» ont décidé de continuer à se faire entendre. Mais cette fois ci de manière plus pacifiste. Même s’ils n’ont pas abandonné les tagages, ils le font de manière moins sauvage et reconnaissent le caractère «nécessaire mais illégal de notre acte». Une des principales revendications des «déboulonneurs» est de limiter l’affichage des publicités à 70 cm x 50 cm, soit la taille prévue par le code civil pour l’affichage associatif. Au-delà de ça, ils revendiquent tout simplement la liberté de pouvoir échapper au matraquage commercial. Fort d’une prise de conscience de la part des citoyens face aux grandes marques (avec notamment une très forte percée du commerce équitable) les nouveaux mouvements anti-pub s’appuient désormais sur le consommateur. Ceci représente un grand changement dans la manière d’appréhender le «combat» en replaçant le consommateur au centre du débat, évitant ainsi une course effrénée à qui fera l’action la plus spectaculaire. L’enjeu porte maintenant sur une prise de conscience collective. Parce qu’ après tout, qui peut casser une communication de masse si ce n’est la masse ?

www.deboulonneurs.org www.bap.propagande.org


SWEDGE FRENCH FRED

FRENCH FRED

Fred M ortagn e

On serait tenté de ranger Fred Mortagne dans la case «petit frenchy qui a réussi aux States». Le problème c’est que cela est vraiment trop réducteur, voir faux. D’abord parce que Fred a réussi un peu partout dans le monde, surtout en Europe, et puis ce n’est pas parce que les grosses marques sont aux USA qu’il faut uniquement regarder làbas. Faudrait pas oublier des marques comme Cliché non plus. Fred Mortagne a donc su imposer sa griffe au point de devenir un des meilleurs réalisateurs de vidéos de skate, un genre certes particulier, mais très populaire outre-atlantique. C’est d’ailleurs peut être pour ça qu’on a tendance à associer Fred aux States. Tout simplement parce que le skate est ultra porteur aux USA et très confidentiel en France. Fred Mortagne a notamment réalisé certains monuments de la vidéo skate, tel que la «Flip sorry» et «MENIKMATI». Il a travaillé pour certaines grosses marques comme ES ou Vans. Mais Fred est aussi un photographe de talent et vous pourrez retrouver beaucoup de ces œuvres sur son site. Donc profitez en bien ce n’est pas tous les jours que vous verrez de telle légende dans Swedge…

www.frenchfred.com


INTERVIEW

Salut, donne nous un peu de tes nouvelles. Cette année est enfin cool, dans le sens où je ne bosse pas tous les jours super intensément. Ça fait du bien. J’avais trop enchainé dernièrement, alors j’en profite un peu là. Je réfléchis à des nouveaux trucs, mais à la cool, pas de stress... Je viens de faire une nouvelle pub TV pour Vans avec Geoff Rowley, c’était cool, j’aime bien les petits projets en ce moment...

Tu es parti un petit moment aux States, qu’as-tu trouvé de plus chez les skateurs ricains ? En fait, quand je vais aux US c’est surtout pour faire des trucs avec Geoff Rowley et ses collègues de Flip, donc bein même là-bas je bosse essentiellement avec des européens... Les ricains, c’est bien à petite dose, quand ils sont de passage vers chez nous!!! D’ailleurs, techniquement les européens ont-ils vraiment quelque chose à leur envier? Peut être au niveau des gros trucs, genre énormes rails et marches, mais est-ce vraiment enviable. Non c’est bien ils font leur trucs, et ça paye... Les vidéos Cliché sont très appréciées aux US, ils viennent de recevoir le trophée du meilleur team 2005 aux Transworld awards, ils intégrent les teams de grosses marques de chaussures, de vêtements... C’est bien de voir que les mentalités changent, que les ricains s’intéressent et respectent enfin l’Europe... Plus besoin d’être un cascadeur pour être le meilleur, c’est cool. Tu as réalisé quelques des vidéos cultes telles que la Flip sorry ou la MENIKMATI, comment es-tu arrivé jusque là ? En poussant poussant poussant, et en y allant au culot aussi.. J’ai fais plein de vidéo locales, sur la scène lyonnaise... Je me suis démerdé pour contacter des ricains, ce qui m’a permis de faire des trucs avec 411, ce qui m’a apporté une crédibilité par la suite quand j’ai commencé à faire des trucs avec Etnies... Pierre-André Sénizergues m’a confié la réalisation d’une vidéo avec les teams européens de Es, Etnies et Emerica, qui est tombée à l’eau en cours de réalisation... Mais du coup j’étais en bon contact avec eux, je savais qu’ils voulaient faire une vidéo Es, mais n’avaient personne à ce moment là... Alors j’ai fais un peu le forcing...


INTERVIEW

C’est quoi la principale contrainte quand tu réalises une vidéo de skate ? Réunir tous les ingrédients de la bonne soupe. Du bon skate, intéressant et original, bien filmé, bien monté, avec une bande son fusionnant avec les images, et qui donne la motive, le tout donnant une bonne image à la marque... Bref, une vidéo de skate, ça doit donner envie d’aller skater après qu’on l’ait regardé, un point c’est tout.

Aujourd’hui tu es plus porté vers la photo je crois, pourquoi ce changement ? Non non. Je n’arriverais jamais à complètement mettre de coté l’une de ces deux activités. Elles sont trop complémentaires mais également trop interessantes de façon individuelle. Donc j’alterne, j’associe, mais je ne plonge pas plus d’un côté ou de l’autre... Là je viens d’avoir une année plutôt vidéo, tournage et montage, j’ai pas beaucoup fais chauffer les appareils photos. Et du coup ça me manque. Donc en ce moment la motive est de shooter à nouveau plus. J’ai remarqué que tu faisais beaucoup de noir et blanc, c’est moi ou bien tu préfères vraiment ce mode? En photo, oui je préfère le noir et blanc, la couleur souvent n’apporte rien, et j’aime bien donner un côté intemporel à mes photos... Je fais quand même pas mal de couleur, mais jamais en recherchant des couleurs naturelles. J’aime bien retranscrire la réalité de façon un peu différente. Je n’ai pas envie de voir sur mes photos les choses de la même façon que je peut les voir tous les jours dans la vie, pas la peine de copier la nature! Tu comptes rester dans le milieu du skate pour la suite, ou vas-tu « t’exporter » vers d’autres horizons ? Oui j’ai envie de me confronter à d’autres milieux, toujours dans le souci d’éviter une certaine routine... C’est bien pour s’enrichir aussi, progresser et élargir son champ d’action. On ne peut pas refaire indéfiniment les mêmes choses, même si ça marche, je préfére prendre des risques pour entretenir l’interêt et la motivation... Mais je ferais toujours des trucs autour de la culture skate quoi qu’il arrive, même si c’est pas forcément de l’action pure et dure....


SWEDGE P A T R I C E

GERMAN REGGAE

patr ic

e

Si on vous dit de donner un synonyme de «reggae», vous ne direz jamais «Allemagne»? Et pourtant, un artiste de grand talent sévit par là bas. C’est vrai, Patrice n’est pas un pur reggaeman, mais il a fait toutes «ses armes» dans ce genre musical. En effet Patrice est né à Hambourg mais a très tôt parlé un patois Jamaïcain. A l’âge de 12 ans, Patrice plaque ses premiers accords aussi bien sur du blues que du Bob Marley. Cette double culture se ressent encore très nettement dans la musique de Patrice. A 19 ans, il intervient au sein du Bantu Crew aux côtés du chanteur de reggae Don Abi, Ade et d’ Amaechina. Patrice fût ensuite remarqué par le producteur allemand Matthias Arfmann qui reçu une démo du titre «You always you». Impressionné par le talent du jeune homme, Arfmann décide de produire le maxi «Lions». Signé par le label allemand Yo Mama, le maxi «Lions» permit à Patrice de décrocher la première partie de la tournée européenne de Lauryn Hill (1999) et de participer au festival des Inrockuptibles en 2000. Une guitare acoustique, une basse, quelques percus, et son incroyable présence suffisent à captiver. Après plusieurs dizaines de concerts et de festivals, quelques participations avec des artistes hip-hop et reggae, Patrice sort son deuxième album intitulé «How do you call it ?». S’ il présente toujours une étonnante diversité musicale, on notera que le reggae se fait cette fois-ci plus discret, au profit de morceaux beaucoup plus soul soutenus par des rythmiques très efficaces empruntant, les voies du funk, du hip-hop ou du jazz. Aujourd’hui il nous revient avec son dernier album : «Nile».


INTERVIEW Salut, d’abord comment vas-tu ? Je vais très bien, merci beaucoup. «Nile» est sorti l’année dernière. Qu’as-tu fais depuis un an? J’ai réalisé un DVD Live qui est sorti le 20 octobre, ainsi qu’ un album Live. Les deux s’appelent «Raw & Uncut Live». J’ai aussi joué dans beaucoup de festivals et tourné avec un nouveau groupe. Enfin j’ai monté mon propre label et j’ai fini de construire mon propre studio dans lequel je vais enregistrer mon prochain album. D’ailleurs, quand pourrons-nous écouter ton prochain disque ? L’album Live est disponible depuis octobre, et le prochain album studio est prévu au printemps 2007. Tu joues souvent en France, tu aimes la France ? Oui, bien sûr. Ta musique est inclassable. Mais est ce qu’il est possible de la définir? Je ne peux bien sûr pas la définir, mais si je devais la qualifier, je dirais que c’est une musique où tout le monde doit y trouver du plaisir. Tu as commencé la musique très jeune. Tu te vois encore musicien dans 30 ans? Dieu seul le sait. Quels sont tes projets pour le futur ? Sortir mon prochain album sans problème et jouer dans des endroits du monde où je n’ai jamais joué. Sinon j’amerais écrire pour d’autres personnes et aussi les produire. Je suis en train d’écrire la musique du film «Relentless» qui est tourné en Afrique de l’est. Enfin j’espère faire des trucs encore plus délirants que ça.

www.patriceonline.net

LP OUT NOW


SWEDGE ETERNALIS

Sorti du tribute to Warzone avec 25 groupes du monde entier (25 ta life, Revive, Backsight, still screaming...) et du dernier cd des Seekers of the truth après 7ans d’absence Les prochaines sorties novembre/décembre 2006 Backsight (old school modern Avignon) / Kids on the move (Oldschool hxc Malaysie) splitcd Values Intact «Have heart» 7’ Oldschool Straight edge Italie! Revive «Beliefs of an old past» CD Nouvel album pour l’un des groupes pionners du hardcore oldscool parisien! Janvier/février 2007 Up rights 7’ Oldschool hardcore pour ces vétérans de Toulouse Fire at will (oldschool hardcore modern Toulouse) / Sidetracked (groupe allemand de fastcore) splitcd Sequoia revient de 2 tournées Européenes coup sur coup. Une putain d’expérience pour le groupe avant de faire un break pour...on ne sait pas combien de temps. Fabien quand à lui a rejoint Backsight Un projet Tribute à 88 Fingers louie (punk hardcore legend de Chicago) me trote derrière la tête et devrait se mettre en marche! Notre magasin en ligne est tout neuf, tout beau et fonctionne avec Paypal : www.etenralisrecords.com/store.html Nouveau site web en préparation

Quentin


Edité par SWEDGE Copyright 2006 Directeurs de la publication: Stéphen Romain Redacteur en chef: Stéphen Infographie/graphisme/design: Jessica Stéphen Admiministratif: Jessica Contact publicitaire: Romain Un grand merci à: Patrice, Emmy (Rubikon), Fred Mortagne (The french fred), les Urbangolfers et Quentin (Eternalis records).

Les manuscrits, documents et produits envoyés à SWEDGE ne sont pas rendus.En aucun cas le magazine n’est responsable des documents qui lui sont confiés. Toute reproduction même partielle du contenu du magazine et interdite sauf autorisation préalable de l’association. Les articles insérés dans le magazine n’engage que la responsabilité des auteurs. Ne peut être vendu.



SWEDGE MAGAZINE #5