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juin/juillet 2008

Technique Agricole

Oignons: rĂŠgulation des adventices


■ Editorial Utiliser efficacement l’énergie «Mets le pain dans le réservoir», tel est le Juin titre d’une manifestation sur le thème des biocarburants. Alors que les carburants agricoles étaient tout d’abord portés aux nues en tant que moyen de réduire le CO2, ils sont maintenant coupables de la hausse des prix des céréales et de la faim dans le monde. Que 800 millions d’hommes dans le monde souffrent de malnutrition constitue un scandale, ce d’autant que, statistiquement parlant, assez de nourriture pour tout le monde était disponible ces dernières décennies. Les causes de la faim ont été premièrement la pauvreté et le fait que les paysannes et les paysans des pays en développement sont à la merci des conditions dictées par le marché agricole mondial. La souveraineté de chaque état en matière d’alimentation s’avère suspecte dans notre monde globalisé et les denrées alimentaires deviennent objets de spéculation. Les augmentations actuelles de prix n’ont donc que peu à faire avec une offre restreinte, mais bien davantage avec la spéculation. C’est pourquoi je ne comprends que partiellement la discussion actuelle quant aux biocarburants. Nourrir les animaux de trait avec son propre fourrage était la chose la plus naturelle du monde. Pourquoi donc les tracteurs ne rouleraient-ils pas au colza? Cela ne signifie pas cependant que les carburants agricoles peuvent apaiser notre soif d’énergie. L’énergie dépensée pour les discussions brûlantes sur les biocarburants peut sans autre être abandonnée au profit de la recherche d’une utilisation plus efficace de l’énergie. En effet, l’énergie épargnée ne doit pas être produite, d’où une double économie. Lors d’une journée spécialisée en Allemagne, il a été estimé qu’une utilisation économe de l’énergie pourrait diviser les besoins par deux. La présente édition de «Technique agricole» traite de ce thème et donne des conseils pour épargner dans les porcheries en ventilant, chauffant et refroidissant (dès page 26). Pour le reste, le menu présenté n’a rien d’économe, au contraire. Le plat principal consiste en un premier article d’une série de quatre consacrée à la technique d’affouragement (dès page 16). Suivent, au milieu, trois exploitations pratiquant divers types d’affouragement. Edith Moos-Nüssli

■ Sommaire TA spécial Lutte contre les mauvaises herbes dans les cultures d’oignons ................................................................... 4 Technique des champs Moissonneuses-batteuses: technique et offre ............ 8 Irrigation: utilisation de l’eau, un bien précieux ......... 13

Fourrages Série spéciale: technique d’affourragement ............... 16

Récolte des fourrages: trois stratégies ....................... 18 Préparer de bons ensilages d’herbe et de foin ........... 20 ASETA Les cours G40 ........................................................... 23 Sous la loupe Un développement pas à pas ................................... 24 Energie Investir pour économiser de l’énergie ...................... 26 Energissima............................................................... 29

Actualités Technique agricole en 2020: avis d’experts ................ 30 EIMA Bologna: Voyage des lecteurs........................... 31 AgroSpot CTF: des voies fixes pour le passage des machines..... 33 Marché des machines Grunderco fête ses 60 ans ........................................ 34 Nouvelles autochargeuse Pöttinger CombiLine .......... 35 Nouvelles des séctions Gymkhana de tracteurs NE, VD ................................ 35 Atelier Que la lumière soit .................................................... 34

Page de couverture: öga, «la plus grande foire de la branche verte» ouvre ses portes du 25 au 27 juin à Koppigen BE. Le traitement mécanique et chimique contre les adventices dans les cultures d’oignon est l’un des thèmes abordés (photo: Ueli Zweifel).

Impressum .............................................................. 36 Rapport ART 694 Installations photovoltaïques ..................................... 37

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n TA spécial

Régulation des adventices dans les oignons Afin d’obtenir des légumes de qualité et un bon rendement, la lutte contre les adventices est indispensable dans la culture maraîchère. Pour les oignons, des mesures préventives ou directement actives, mécaniques ou chimiques, voire des combinaisons entre elles sont appliquées. René Steiner, Inforama Anet

Les mesures se présentent différemment selon le genre de culture, la méthode utilisée ou qu’il s’agisse de culture bio ou conventionnelle. D’autres critères sont encore le stade de développement de la culture lors de l’apparition des mauvaises herbes, le type d’adventices, la pression qu’elles exercent et les conditions climatiques. Dans la culture des oignons, l’on distingue les types de culture suivants: a) culture de printemps avec semis direct au champ pour le stockage b) culture plantée issue de plants élevés sous serre pour une récolte précoce ou une récolte de gros oignons c) culture hivernée avec semis en août et récolte en juin * René Steiner, domaine cultures spéciales, Inforama Seeland, Anet

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d) culture de printemps avec oignons plantés et récolte en juillet e) production d’oignons «bulbille» (à planter) f) culture d’oignons «roudoudou» g) culture d’oignons botte (cipolotte) Selon le type de culture, plusieurs stratégies de lutte contre les adventices sont envisageables. Nous nous consacrons ciaprès à la culture par semis (méthodes a et c). Nous renonçons également à la présentation spécifique de la lutte contre les mauvaises herbes dans la culture biologique. Différentes méthodes s’appliquent cependant aussi dans la culture conventionnelle.

Oignons semés Les graines d’oignons germent à très basses températures déjà. Le développement juvénile s’avère cependant très lent et les pousses couvrent le sol petit à petit et de manière lacunaire. Dans les 8–10

premières semaines, les plantules se révèlent très peu concurrentielles face aux adventices. C’est pourquoi il faut veiller très attentivement à lutter contre elles pendant cette phase de développement. Hormis les mesures préventives, des méthodes de lutte mécaniques et chimiques sont à disposition. En plus de la lutte mécanique, on peut procéder à un ou deux traitements chimiques des mauvaises herbes. En règle générale, un traitement en prélevée et un à deux traitements en post-levée (en fonction du développement des adventices) sont appropriés. Il est recommandé, comme mesure préventive, de choisir un champ avec faible pression des mauvaises herbes et de préparer un lit de semences optimal. Ceci sont des conditions essentielles à la réussite de la culture des oignons. Il faut veiller à l’hygiène du champ lors de la culture précédente déjà. Les mauvaises herbes ne doivent ni se multiplier, ni produire des graines.


TA spécial n Régulation mécanique des adventices Faux-semis Avant le semis, une lutte contre les mauvaises herbes peut être pratiquée tel un «faux-semis». Dans ce cas, le lit de semences est constitué déjà deux à quatre semaines avant le semis. Les mauvaises herbes peuvent germer. Ensuite, le lit de semences est encore travaillé en profondeur, à intervalles de 7 à 10 jours, avec une herse-étrille ou une herse (3–5 cm).

Hersage aveugle L’on entend par là un passage de herse entre le semis et la levée de la culture, ce qui est possible aussi longtemps que la graine germée se situe au-dessous du niveau de travail de la herse. Idéalement, la culture devrait être semée dans la mauvaise herbe qui germe. Cela donne un avantage aux adventices par rapport à la culture, ce qui permet un meilleur effet du hersage aveugle. Les dents de la herse ne doivent pas aller à plus de 2–3 cm de profondeur, afin de ne pas risquer d’endommager la culture, respectivement les graines en phase de germination. Les dents de la herse doivent être réglées à plat en conséquence. Le hersage aveugle n’est cependant pas recommandé avec le semis direct en raison de la faible profondeur des graines d’oignons. La technique du brûlage, en revanche, est une méthode pleine de promesses.

Brûlage Lors du brûlage, il suffit de chauffer la tige à 60–70 °C pendant une seconde pour détruire des protéines dans la plante. Un choc thermique de 0.1 seconde à 110 °C fait éclater les parois cellulaires et le liquide intracellulaire s’échappe. Ainsi, la mauvaise herbe sèche.

Le brûlage est gourmand en énergie et par conséquent plutôt onéreux. Appliqué au bon moment dans des conditions optimales, il a un degré d’efficacité élevé. En culture des oignons, le brûlage est possible avant et après la levée. Post-levée: Une petite surface est couverte d’une bâche P17. La parcelle recouverte doit être contrôlée régulièrement, après 5 jours et des conditions chaudes äÈÚ/,Ú䣣Ú˜ÃiÀ et humides, afin de détecter l’apparition des premières plantules hors du sol. Aussitôt que cela se produit, l’ensemble du champ doit être contrôlé. Il s’agit de brûler lorsque la culture se trouve juste avant la levée. Après le stade plantule, soit lorsque la première feuille est visible, l’on ne devrait plus brûler les oignons semés.

Conditions pour un brûlage réussi • Les mauvaises herbes annuelles sont sensibles à la chaleur jusqu’au stade 4 feuilles • Les plantes doivent être sèches • Les appareils ouverts et mal protégés ont une efficacité fortement réduite en cas de vent • Une surface du sol finement grumeleuse n’offre aucune protection contre la chaleur aux adventices • Les adventices vivaces et les espèces monocotylédones (graminées, oignons) ne sont pas sensibles au brûlage

Hersage Après le stade plantule, les oignons peuvent être hersés entre les rangs avec des outils appropriés. Il s’agit ici de choisir la bonne distance lors du semis, afin que

Les adventices résiduels doivent être combattues à cause du risque de resemis (photo: René Steiner).

les outils puissent travailler correctement et que la culture ne subisse aucun dégât. Cela s’avère déjà plus compliqué dans les rangs. Jusqu’à ce que la plante soit bien enracinée, il n’est possible que de sarcler à la main. Ensuite, on peut herser avec herse étrille, houe rotative, herse à doigt. Ces appareils de lutte contre les mauvaises herbes exercent un effet dans et entre les rangs. Il est cependant recommandé de travailler soigneusement. Avec des pousses supérieures à 20 cm, l’on peut passer encore une fois entre les rangs avec une herse à couteaux plats, voire une émotteuse, pour autant que le feuillage ne soit pas trop haut. Dans les cultures plus hautes, l’on peut encore intervenir avec une binette ou à la main. Le plus important est d’empêcher la production de graines.

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La herse étrille, la houe rotative et la herse à doigt peuvent être utilisés avec les oignons lorsqu’ils sont bien enracinés (photos: Martin Lichtenhahn, FiBL)

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TA spécial n Lutte chimique contre les adventices

Méthode à dose réduite Au stade précoce des adventices, il faut veiller à n’utiliser que le dosage strictement nécessaire. Les adventices sont particulièrement sensibles à ce stade. Il ne faut que très peu d’agent actif et la culture ne risque pas d’être endommagée.

Méthode fractionnée

Lutte contre les mauvaises herbes avec la levée des oignons.

Traitements en pré-levée Juste après le semis: Les herbicides sont en principe appliqués directement après semis, au plus tard cependant 2 jours après semis. Si l’on attend trop pour traiter, cela peut entraîner des dommages à la culture en train de germer. Les produits ont soit un effet de courte durée, et sont neutralisés jusqu’à la germination de la culture, soit ils ne pénètrent pas profondément dans le sol, ce qui empêche que la zone d’enracinement de la culture soit atteinte. Des herbicides résiduels sont utilisés. Peu avant la levée: Ces traitements en prélevée sont appropriés lorsque les mauvaises herbes ont levé, mais que la culture se trouve juste avant. Cela s’avère recommandé dans les cultures germant lentement, comme les oignons. On utilise des herbicides de contact à très courte durée d’efficacité.

Traitements en post-levée Avec ce type de traitement, la culture et les adventices ont levé. Les mauvaises

herbes devraient se trouver au stade 2-4 feuilles, alors que la culture doit être à un stade où elle n’est pas sensible. Lorsque les adventices ne se trouvent pas encore au stade 2 feuilles, l’effet de l’herbicide est souvent insuffisant. Les mauvaises herbes germant plus tard ne sont pas non plus atteintes. Lorsque le traitement se passe après le stade 6 feuilles des mauvaises herbes, elles sont déjà trop développées pour qu’il y ait un effet.

Résumé Lors de l’utilisation d’un herbicide, il s’agit prioritairement de veiller au stade de développement des jeunes plantes d’oignon. Selon son stade de développement, la culture réagira différemment à un produit chimique. Avec les oignons, il faut veiller à ce qui suit: Stade plantule: Le germe forme un arc en sortant de terre. L’application d’un herbicide à ce stade est très dangereux et peut conduire à d’importants dommages.

Malgré un stade de croissance pendant lequel les oignons sont sensibles, les premiers traitements sont possibles (photo: Hansruedi Rauchenstein, Liebegg, Gränichen AG).

Avec cette méthode, la quantité nécessaire d’agent actif est partagée en deux. L’on traite alors deux fois en l’espace de huit jours, chaque fois avec la moitié de la dose requise. Avantages: On peut déjà effectuer un traitement lorsque la culture se trouve à un stade sensible. Il est également possible de renoncer au second traitement.

Stade fouet déployé: La première feuille se forme. Certains herbicides doux peuvent être utilisés dans une application de type post-levée. L’on peut éventuellement utiliser les méthodes fractionnée ou à dose réduite. Jusqu’à ce stade, soit avant l’apparition de la véritable première feuille, un brûlage est possible. Stade 1–2 feuilles: Les plantes sont déjà plus robustes face aux herbicides. Elles supportent la plupart des herbicides en application fractionnée. Stade 2–3 feuilles: Dès ce stade, les cultures d’oignons supportent la plupart des herbicides à dosage complet. Stade 3–4 feuilles: Tous les herbicides sont applicables à dosage complet.  n

Traitement efficace avec des doubles buses d’injection

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n Technique des champs

En Amérique du Nord, John Deere et Case New Holland (CNH) sont les constructeurs majeurs sur le marché. En Europe, Claas tient la corde, suivi de New Holland.

Marché européen des moissonneusesbatteuses: technique et offre La technique des moissonneuses-batteuses joue un rôle-clef pour assurer une récolte sûre, propre et rapide. En réalité, la sécurité alimentaire, en particulier en ce qui concerne les céréales, prend une signification accrue en cette période de demande et de prix croissants pour les produits agricoles. La population mondiale croît sans cesse et les nouvelles habitudes alimentaires créent de nouvelles exigences.

Wolfgang Kutschenreiter

Tableau Marché des moissonneusesbatteuses Europe de l’Ouest 2007 Unités France 1 968 Allemagne 1 937 Scandinavie 880 Grande-Bretagne, Irlande 780 Italie 490 Espagne, Portugal 390 Benelux 150 Autriche 115 Suisse 50 Grèce 20 Total 6 780 Source: Estimations / projections, ­­W. Kutschenreiter

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En 2007, 6800 moissonneuses-batteuses ont été vendues en Europe de l’Ouest, soit presque autant qu’en 2005 mais avec une répartition par pays différente: avec 3900 unités, l’Allemagne et la France dominent le marché en terme de ventes de moissonneuses-batteuses (cf. tableau). Le volume d’affaires augmente de manière plus que proportionnelle sur le marché européen en raison de performances moteur en croissance et d’un équipement de haut niveau. En Amérique du Nord, John Deere et Case New Holland (CNH) sont les principaux constructeurs. En Europe, Claas fait la course en tête, suivi de New Holland (cf. diagramme). La répartition des marques de moissonneuses-batteuses est aussi

variée en Suisse: Dans un marché d’une cinquantaine d’unités par an, Claas et New Holland prennent les 1ère et 2e places, suivis de John Deere puis, avec une tendance à la hausse en 2007, les marques Agco/Argo Laverda, Fendt et MF, qui se trouvent maintenant sous la houlette de GVS Agrar (voir Technique agricole de décembre 2007, p. 34).

Tendance vers davantage de rentabilité dans le développement Deux exigences prépondérantes de la pratique influencent la tendance de développement technique et se retrouvent dans l’offre de moissonneuses-batteuses 2008: D’une part, les moissonneuses-batteuses travaillent des surfaces plus importantes dans le cadre de communautés


Technique des champs n de machines, de cercles de machines ou d’agro-entreprises. Les classes de puissance sont donc renforcées vers le haut, avec des puissances moteur supérieures à 500 CV, des largeurs de travail jusqu’à 10.5 m et des capacités de trémie atteignant 12 000 lt. D’autre part, avec le prix croissant des céréales et des rendements suivant le même chemin, la simple moissonneuse-batteuse «paysanne», avec quatre ou cinq secoueurs, peut reprendre du service dans certains cas individuels et moins de 50 ha de céréales.

L’intelligence remplace la ­grandeur Les développeurs se concentrent sur l’optimisation des capacités des moissonneuses-batteuses par le biais de l’électronique de contrôle et de commande. Ces dispositifs électroniques veillent à une adaptation permanente des organes de battage aux conditions momentanées de récolte. Un système de documentation fait également partie de l’équipement «intelligent». Il enregistre la vitesse, la consommation de carburant ou le rendement spécifique à la surface.

Multiplicité de variantes La diversité de l’offre ne permet pas seulement l’adaptation de la grandeur des machines aux besoins (puissance moteur, largeur de travail), selon la surface de battage disponible, mais aussi le choix du système de battage le plus efficace compte tenu des conditions climatiques, du type de culture, des rendements et de la densité de la récolte. Il est également possible d’optimiser la mise en valeur de la paille, soit son hachage et sa répartition sur les chaumes. Le système de battage conventionnel avec séparation des restes de grains par les secoueurs classiques permet de valoriser de grandes quantités de paille en condition humide également. Le système tangentiel-axial avec dispositif de battage conventionnel utilise deux rotors de séparation pour le grain restant plutôt que des secoueurs par paliers, ce qui permet d’importantes performances, même avec une part de paille élevée. Ce système est également appelé «système hybride» (Claas Lexion 570, 580, 600, ainsi que JD série «C»). La moissonneuse-batteuse à rotor (système à flux axial) renonce au

Claas

Agco

CNH

Sampo

John Deere

Deutz-Fahr

système de battage conventionnel et intègre la séparation de l’ensemble des grains dans un seul rotor (Case «AF» et JD série «S»). Cette batteuse «monorotor» se caractérise par une construction simple et ménage particulièrement les grains. Elle a été développée à l’origine aux USA et s’utilise particulièrement avec une faible densité de paille (paille courte) et en renonçant à la récolte de la paille (hachage plutôt que récolte de la paille). New Holland a introduit depuis un double rotor (NH série «CR») pour une quantité supérieure de paille et un traitement en douceur des grains et de la paille.

Stratégie de marché des cinq groupes de fournisseurs en Europe Claas Claas partage son offre en six séries, dont quatre séries avec séparation des grains résiduels par secoueurs et deux séries de la classe de puissance supérieure Lexion avec séparation des grains résiduels par double rotor. Les séries Dominator, Medion et Tucano 300 sont équipées d’un tambour de battage et d’une corbeille en trois segments. Le dispositif de battage «APS» de la Tucano 400 et de la série Lexion 510 à 560 dispose d’un pré-accélérateur, d’un tambour de battage et d’un tire-paille pour faire face aux débits élevés et assurer un flux de marchandise optimal. Chacune de ces séries comprend un étagement sans faille des classes de puissance plusieurs modèles à chaque fois. Dans le segment supérieur et celui des puissances les plus élevées, l’on trouve la Lexion Hybride, avec dispositif de battage APS à double rotor pour une séparation efficace des grains résiduels. Parmi les modèles Claas les plus vendus se trouve les Lexion 560 et Lexion 570. La Lexion 600 est presque uniquement équipée du dispositif de coupe Vario d’une largeur de 10.50 m, avec réglage en continu du tablier de coupe.

Aperçu Production: Harsewinkel (D) Dominator 130–150 (125–150 PS*) Moteur: CAT (Caterpillar) Secoueurs: 4, Dispositif de coupe: 3.00–4.50 m Medion 310 (204 PS*) Moteur: Mercedes/Benz, Secoueurs: 5 Dispositif de coupe: 4.20–6.00 m Tucano 310–450 (204–299 PS*) Moteur: Mercedes/Benz Secoueurs: 5 oder 6 Dispositif de coupe: 4.50–7.50 m Lexion 510–560 (235–385 PS*) Moteur: CAT Secoueurs: 5 ou 6 Dispositif de coupe: 4.50- 9.00 m Lexion 570 (415–455 PS*) Moteur: CAT Double rotor Dispositif de coupe: 7.50–10.50 m Lexion 580–600 (511–562 PS*) Moteur: Mercedes/Benz Double rotor Dispositif de coupe: 7.50–10.50 m * selon CEE 80/1268

CNH Case Case IH est, au sein du groupe CNH, concentré exclusivement sur la technique monorotor assemblée à Grand Island/USA. Quatre modèles avec des largeurs de travail de 6.10 m et 9.15 m, ainsi que des puissances de 309 à 530 CV couvrent l’ensemble de la classe de puissance supérieure.

Aperçu

Production: Grand Island (USA) Toutes les machines avec séparation par rotor (Axial-Flow) AF 2388 (309 PS* / 329 PS**) Moteur: CDC Dispositif de coupe: 6.1–7.32 m AF 7010 (364 PS* / 405 PS**), Moteur: Iveco Dispositif de coupe: 6.1–7.32 m AF 8010 (405 PS* / 455 PS**), Moteur: Iveco Dispositif de coupe: 7,32 - 9,15m AF 9010 (PS 460* / PS 530**) Moteur: Iveco Dispositif de coupe: 7,32 - 9,15m mesuré (selon ISO 14396) * au régime nominal / ** au régime maximal

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n Technique des champs New Holland New Holland propose cinq séries de moissonneuses-batteuses comprenant divers systèmes de battage et de séparation: premièrement les tambours de battage avec 4 ou 5 secoueurs pour la séparation des grains résiduels. Deuxièmement le tambour de battage avec séparateur centrifuge et 5 ou 6 secoueurs pour la séparation des grains résiduels. Troisièmement, le système de battage et de séparation à double rotor. L’offre en puissances moteur est étroitement étagée pour assurer les débits exigés. A l’exception des petits modèles TC, toute la gamme est issue de l’usine d’origine New Holland à Zedelgem. La demande pour les modèles CR à double rotor a beaucoup progressé. Ils n’assurent pas seulement un battage à haut débit, mais ménagent particulièrement à la fois les grains et la paille. New Holland a étendu son offre de deux modèles CR avec deux CR «Elevation». Le régime maximal augmenté et un système de nettoyage innovateur permettent des performances jusqu’à 10% supérieures. Afin d’offrir de nouvelles compétences en matière de service, New Holland propose depuis la saison dernière un piquet d’urgence sous la désignation «Top Service» garantissant une disponibilité 24 heures sur 24 pendant la saison.

Aperçu

Production: Toutes les moissonneusesbatteuses (sauf TC): Zedelgem (B), moissonneuses-batteuses TC: Plock (PL) TC 5050 (175 PS*) Moteur: NEF 6.8 l** Secoueurs: 4 Dispositif de coupe: 3.66–4.57 m TC 5070 (223 PS*) Moteur: NEF 6.8 l** Secoueurs: 5 + Séparateur centrifuge (option) Dispositif de coupe: 4.57–5.10 m CS 6050 (242 PS*) et CS 6080 (272 PS*) Moteur: NEF 6.8 l** Secoueurs: 5 ou 6 + Séparateur centrifuge (option) Dispositif de coupe: 4.57–7.32 m CSX 7060 (272 PS*) et CSX 7080 (333 PS*) Disponible en version pour les pentes ­«Laterale» Moteur: Iveco Cursor 9, 9.8 l

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Secoueurs: 5 oder 6 + Séparateur centrifuge Dispositif de coupe: 5.18–7.32 m CX 8030–8090 (272–455 PS*) Moteur: Iveco Cursor 9.8 l Secoueurs 5 ou 6 + Séparateur centrifuge Dispositif de coupe: 5.18–9.15 m CR 9060 (394 PS*) et CR 9080 (458 PS*) Moteur: Iveco Cursor 9, 9.8 l; 10, 10.3 l Séparation des grains: double rotor Dispositif de coupe: 6.10–9.15 m CR 9070 Elevation (469 PS*) Moteur: Iveco Cursor 10, 10,3l Séparation des grains: double rotor Dispositif de coupe: 6.10–9.15 m CR 9080 Elevation (530 PS*) Moteur: Iveco Cursor 13, 12,9l Séparation des grains: double rotor Dispositif de coupe: 7.31–9.15 m * Norme ECE R120 ** NEF = New Energy Family, Joint Venture Iveco/Cummins

John Deere John Deere a présenté au début de la saison son offre révisée de moissonneusesbatteuses et a complété son programme avec la nouvelle série T. Les six séries de produits recouvrent l’ensemble des systèmes de battage et de séparation pour toute culture et condition d’utilisation. La série S dans la classe de puissance supérieure avec système monorotor séparé en trois segments dans cette marque. • Le système hybride de la série C, avec tambour de séparation largement dimensionné, tambour d’alimentation et les deux rotors à dents tournant l’un contre l’autre, veille à un flux de marchandise régulier, même avec des cultures difficiles à battre. • La nouvelle série T, avec tambour de séparation tangentiel, séparateur à dents, tire-paille et multi-secoueur à 7 paliers, doit également venir à bout de paille verte. • La série W est équipée d’un tambour de battage, d’un tire-paille et d’un PowerSeparator et doit fournir en particulier de la paille facile à presser. • Ces quatre séries peuvent également être livrée en version adaptée aux pentes et équipée de la variante «i». Les séries WTS et CWS complètent le programme des batteuses à secoueurs vers le bas. • La variante «i» comprend le système de guidage en parallèle, la régulation

automatique du débit «HarvestSmart», ainsi que le système de documentation «HarvestDoc» enregistrant toutes les données de la moisson. Une augmentation des performances de battage jusqu’à 23% est possible avec le paquet «i».

Aperçu S 690 (394 kW*) Production: Moline/Illinois (USA) Moteur: Deere Power System (DPS), 13,5 l Rotor à trois paliers avec séparateur à dents Dispositif de coupe: 7.5–9.15 m C 670 (299 kW*), Production: Zweibrücken (D) DPS 9.0 l Rotor Axial Dual avec séparateur à dents Dispositif de coupe: 4.3–9.15 m T 550 à T 670 (217–299 kW, 4 modèles) Production: Zweibrücken (D) Moteur: DPS 6.8 l resp. 9.0 l Secoueurs: 5 ou 6 avec tambours de battage et d’alimentation, tire-paille, ainsi que séparateur à dents Dispositif de coupe: 4.3–9.15 m W 540 à W 660 (191–262 kW*, 4 modèles) Production: Zweibrücken (D) Moteur: DPS 6,8, resp. 9.0 l Secoueurs: 5 ou 6 avec Power Separator Dispositif de coupe: 4.3–9.15 m WTS 1450 (151 kW*) 1550 (190 kW*) Production: Horizontina (Brésil) Moteur: DPS 6.8 l Secoueurs: 5 ou 6 avec Power Separator Dispositif de coupe: 3.6–6.10 m CWS 1450 (151 kW*) 1550 (190 kW*) Production: Horizontina (Brésil) Moteur: DPS 6.8 l Secoueurs: 5 et 6 Dispositif de coupe: 3.6–6.10 m S, C, T et W sont disponibles en versions Standard, Hillmaster et Variante «i»- («i» = intelligent) * John Deere indique ses puissances moteur (selon ECE R120) en kW et non en CV!

Fendt, MF, Laverda Le groupe Agco est représenté sur la scène européenne surtout avec les marques Massey Ferguson et Fendt comprenant chacune trois séries largement semblables pour les deux marques: premièremement la série MF Activa/ Fendt série E avec tambour de battage, tire-paille et 5 ou 6 secoueurs. Deuxièmement, la série MF Beta-/Fendt série C avec dispositif de coupe Powerflow,


Technique des champs n

Ils veulent aussi une part de gâteau: AGCO (avec Fendt, MF et Laverda), ainsi que Deutz-Fahr et, chez nous sans grande importance, Sampo.

système de battage avec séparateur centrifuge et tire-paille, ainsi que 5 ou 6 secoueurs pour la séparation des grains résiduels. Ces deux séries viennent de Breganze (I) et sont très semblables aux moissonneuses-batteuses Laverda des classes de puissance correspondantes. Troisièmement la série MF Cerea/ Fendt 8300 avec dispositif de coupe Powerflow, dispositif de battage à trois tambours, tire-paille et séparateur centrifuge, ainsi que 8 secoueurs pour la séparation des grains résiduels. Cette série à 8 secoueurs, assemblée à Randers (DK) se retrouve également en deux exécutions sous la marque Agco Challenger. Récemment une moissonneuse-batteuse monorotor de la classe de puissance supérieure, développant 459 CV, a été présentée pour l’Europe sous les marques MF et Fendt. Elle est développée et construite à Hesston/USA, puis adaptée aux conditions européennes. La reprise par Agco d’une part de 50% de l’usine Argo/Laverda à Breganze (I) à mi-2007 conduit à une évolution commune des séries de moissonneuses-batteuses pour l’Europe et devrait entraîner une nouvelle amélioration de la part de marché. Grâce au renforcement de la joint venture avec Laverda, Agco a placé le développement des moissonneusesbatteuses hybrides sur une nouvelle base. Il faut compter avec un lancement sur le marché au mieux dans deux ans, selon nos estimations pas avant 2010.

Aperçu MF Activa/Fendt «E» (225–245 PS 3 modèles *) Production: Breganze (I) Moteur: Iveco Secoueurs: 5 ou 6 Dispositif de coupe: 4.8–6.6 m

MF Beta/Fendt «C»** (275 und 330 PS*, 2 modèles) Production: Breganze (I) Moteur: Sisu Secoueurs: 5 ou 6 Dispositif de coupe: 4.8–6.6 m MF Cerea/Fendt 8300** (378 und 413 PS*, 2 modèles) Production: Randers (DK) Moteur: Sisu Secoueurs: 8 Dispositif de coupe: 6.75–9.1 m MF 9895/ Fendt 9460 R (459 PS*) Production: Hesston (USA) Moteur: Caterpillar Monorotor axial Dispositif de coupe: 7.7–9.1 m * selon ISO 14396 ** MF Beta et Cerea resp. Fendt «C» et 8300 sont disponibles en version pour les pentes (AL).

Deutz-Fahr Deutz-Fahr compte maintenant trois séries de moissonneuses-batteuses à secoueurs dans son programme: la série 54, provenant de son alliance de production avec Sampo à Pori/Finlande, qui se décline en quatre modèles avec dispositif de battage à accélérateur et 4 ou 5 secoueurs. La série 56 vient de sa propre usine en Croatie, avec trois modèles de la série H, de construction simple, ainsi que quatre modèles de l’exécution confort HTS disposant d’une motorisation renforcée. La série 56 est équipée d’un dispositif de battage centrifuge et d’un moteur Deutz. Pour l’année en cours, une production de 320 unités est planifiée.

Aperçu 54 H (115–175 PS*, 4 modèles) Production: Pori (Finlande) Moteur: Sisu Dispositif de coupe: 3.1–4.8 m 56 H (225–320 PS*, 3 modèles) Production: Zupanja (Croatie) Moteur: Deutz Dispositif de coupe: 4.2–7.2 m 56 HTS (250–366 PS*, 4 modèles) Production: Zupanja (Croatie) Moteur: Deutz Dispositif de coupe: 4.2–7.2 m * Selon ISO 14396

Sampo Sampo-Rosenlew compte trois séries avec 3, 4, 5 et 6 secoueurs dans son programme. En comptant les moissonneusesbatteuses de la marque Sampo et celles construites pour le compte de DeutzFahr, le spécialiste suédois a assemblé 540 moissonneuses-batteuses en 2007, distribuées principalement dans les pays scandinaves et de l’Est de l’Europe.  n

Aperçu Production: Pori (Finlande) SR 2010 ( 82 PS) Moteur: VM Detroit Secoueurs: 3 Dispositif de coupe: 1.50–2.30 m SR 2035–2085 (120–185 PS) Moteur: Sisu Secoueurs: 4 ou 5 Dispositif de coupe: 3.10–4.80 m SR 3065–3085 (210–250 PS) Moteur: Sisu Secoueurs: 6 Dispositif de coupe: 4.80–5.70

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Technique des champs n

Alors que les systèmes d’irrigation fixes ont une longue tradition dans les régions alpines, les systèmes mobiles assurent le niveau de rendement lorsqu’une longue période de sécheresse menace.

Irrigation: utilisation de l’eau, un bien précieux L’Office fédéral de l’agriculture estime qu’avec les demandes constantes de nouveaux projets d’irrigation, les besoins en eau de l’agriculture suisse se monteront à quelque 170 millions de mètres cubes ces prochaines années. Cette quantité correspond à 15 pour cent environ de la consommation suisse d’eau potable.

Ruedi Hunger

Bien-fondé de l’irrigation

Selon le rapport réalisé suite à l’enquête 2006 sur la «Situation en matière d’irrigation en Suisse», l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) calcule qu’environ 43 000 ha sont régulièrement irrigués, alors que 12 000 ha de plus le sont dans les années sèches. L’OFAG estime, sur la base des données de surfaces et de quantités communiquées par les cantons, que les besoins globaux s’élèvent à 144 millions de m3. De plus, compte tenu des demandes relatives à de nouveaux projets dans ce domaine, l’OFAG prévoit que la quantité d’eau nécessaire à l’irrigation agricole atteindra 170 millions de m3 ces prochaines années.

Le rendement des récoltes dans l’agriculture dépend directement du temps. Ce fait a été mis en évidence ces cinq dernières années, parfois de manière très démonstrative. Le sol, en tant que réservoir d’eau pour les plantes, joue un rôle déterminant à ce titre. Il peut, tel une éponge, accumuler de l’eau dans son système de pores. Alors que l’eau contenue dans les pores grossiers et moyens s’avère disponible pour les plantes (capacité utile), l’eau accumulée dans les pores fines (eau morte) ne peut être utilisée en raison d’une résistance à l’aspiration excessive (plus de 15 bar). L’eau d’irrigation doit humidifier l’espace radiculaire d’une plante à une profondeur de cinq à trente centimètres. L’eau qui ne pénètre pas de cinq centimètres dans le sol au moins n’a

aucune utilité, car elle n’atteint pas les racines. En revanche, les quantités excessives d’eau doivent être évitées, car elles conduisent à un écoulement de surface et en profondeur. Dans son projet d’étude réalisé en 2007 et consacré à la «Détermination des besoins d’irrigation des surfaces agricoles dans les Grisons», Rebecca Göpfert relève que certains types de sol ne permettent pas de justifier le bien-fondé d’une irrigation. Il s’agit de sols superficiels qui ont certes un besoin élevé d’irrigation, mais qui, en raison de leur faible capacité d’absorption, se révèlent peu adaptés pour des apports d’eau artificiels. R. Göpfert considère également les sols en pente, dont l’inclinaison est supérieure à 35–50%, comme inadaptés à l’irrigation.

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Technique des champs n Conditions liées aux plantes Les plantes réagissent différemment au manque d’eau dans leurs différentes phases de développement. Les plantes fourragères, par exemple les mélanges de trèfles, réagissent aux apports d’eau avec des augmentations de rendement pendant l’ensemble de la période de végétation. Les pommes de terre, les légumineuses à grains et le maïs réagissent de manière particulièrement sensible à certaines périodes de végétation, que ce soit à la sécheresse comme à l’irrigation (Achtnich 1980). Pour tirer profit de tout le potentiel de l’irrigation, il faut si possible une plante intacte disposant de toutes ses fonctions. L’irrigation de plantes déjà flétries n’a aucun sens (point de fanage permanent atteint).

Besoin d’irrigation Le rendement en grains de l’orge, de l’avoine et du blé est déterminé par l’approvisionnement en eau pendant la montaison. Lors de périodes sèches du printemps (2007), une irrigation complémentaire, env. quatre semaines après le tallage pour le blé, apporte de réelles augmentations de rendement. Pour les pommes de terre, les apports d’eau quatre à cinq semaines après débourrement déterminent le nombre de tubercules, et ainsi le rendement potentiel. Environ 50% des besoins en eau du maïs se situent dans les quelque cinq semaines comprenant les périodes de végétation comprises entre fin montaison et floraison. Les besoins en eau sont cependant les plus élevés peu avant et pendant l’épiaison.

Les besoins en eau du maïs dépendent fortement de la densité de peuplement. L’augmentation de celui-ci de 1000 plantes par ha nécessite 20 mm de plus de précipitations. Après des hivers pauvres en précipitations, un à deux apports d’eau peuvent être bénéfiques dans le colza. Les betteraves sucrières sont considérées comme dignes d’être irriguées. Cependant, un apport d’eau jusqu’à 80 jours après la levée s’avère inutile, voire peut entraîner des pertes de rendement. Un apport d’eau devrait être fait seulement après que 70 à 80% de la capacité utile du champ ait été prélevée. Les prairies naturelles comportent une grande variété de plantes différentes. Les diverses communautés de plantes ont des exigences particulières quant à leur implantation et s’adaptent aux conditions climatiques tout au long de l’année. Les plantes ont des réactions variables face à des apports d’eau importants et elles peuvent ne pas être positives. La rentabilité n’est pas toujours garantie. Un arrosage deux à trois semaines avant la coupe est le plus efficace. En ce qui concerne les prairies artificielles, des apports d’eau sur des prairies juste levées font encourir le risque de battance. Les semis sous litière et les semis directs sont nettement moins sensibles. La luzerne est capable d’utiliser un volume important du sol, grâce à son système radiculaire étendu, et de supporter de longues périodes de sécheresse. L’agriculteur s’intéresse cependant à l’utilisation de luzerne surtout, et moins à ses capacités de survie. Il faut également considérer que la luzerne prélève plus de 60% de l’eau nécessaire jusqu’à une profondeur de 30 cm.

Un temps frais lors des premières heures du matin et du soir, ainsi qu’une humidité relative de l’air élevée diminuent les pertes d’eau par évaporation.

D’un point de vue économique, le rendement supplémentaire doit dépasser les frais nécessaires à l’irrigation.

Résumé L’eau est un bien précieux qu’il convient de ménager. Le bien-fondé de l’irrigation doit impérativement être placé au premier plan.  n

Besoin d’irrigation Il dépend de la quantité de précipitations et de leur répartition pendant la période de végétation, ainsi que de la restitution de l’eau par le sol. Bien-fondé de l’irrigation Le bien-fondé de l’irrigation dépend des exigences des plantes et de la capacité du sol à stocker l’eau. Sur le plan économique, un rendement supplémentaire doit permettre de couvrir les frais engendré par l’irrigation. Capacité utile du champ Il s’agit de l’eau du sol, contenue dans les pores grossiers et moyens, qui est à disposition des plantes. Les sols glaiseux offrent la meilleure capacité utile. Point de fanage permanent Lorsque les plantes n’ont plus d’eau à disposition, elles se fanent irréversiblement, c’est-à-dire qu’elles s’endommagent à tel point qu’elles en meurent. Evaporation de l’eau Elle dépend de l’humidité relative de l’air, de la température ambiante, du déficit de saturation et de la vitesse de l’air.

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n Technique d’affourragement

Nicolas Sudan und Phillippe Andrey habe viele Stunden investiert, um den Anbindestall in einen Laufstall umzufunktionieren. Es hat sich gelohnt.

Série spéciale: technique d’affourragement Zw. «Technique agricole» se penche sur le thème de la technique d’affourragement en quatre épisodes. Son importance augmente à la mesure de l’accroissement des effectifs de bétail, des contingents laitiers et autres droits de livraison. Sous les feux de la rampe: trois exploitations de production laitière qui ont optimisé leur technique d’affourragement, chacune à sa manière.

• Exploitation en pâture intégrale de la communauté de fermiers Burgrain, présentée par Anton Moser, enseignant agricole, Schüpfheim LU • Exploitation de production de lait de fromagerie de Thomas Hausheer, Steinhausen ZG, ­présentée par Willi Gut, enseignant agricole, Cham ZG • Communauté d’exploitation de Philippe Andrey et Nicolas Sudan, Le Paquier FR, présentée par Sylvain Boéchat, Lausanne. Les trois auteurs présentent ici les exploitations et font part dans la double page suivante des principes et expériences relatifs à la conservation du fourrage. Suivent ensuite des articles sur • l’affourragement d’été dans l’édition d’août • l’affourragement de jeune bétail et de vaches taries dans l’édition de septembre • l’affourragement des vaches laitières dans l’édition AGRAMA – de début décembre.

Communauté de fermiers Burgrain, Alberswil LU:

Contraintes de production minimales En 2005, Agrovision Burgrain a acheté l’exploitation agricole, d’une superficie de 42 ha, aux communes d’Alberswil et Ettiswil. Jusqu’alors, le Canton de Lucerne affermait l’exploitation et l’utilisait en tant qu’exploitation d’école de Willisau et Schüpfheim. Le chef d’exploitation de l’époque et le responsable de la production animale ont pu convenir d’un contrat d’affermage avec le nouveau propriétaire. C’est ainsi que Bettina et Andreas Nussbaumer, ainsi que Margrit et Sepp Bernet exploitent le Burgrain depuis 2005 pour leur propre compte. Dans TA 5/2007, un «Sous la loupe» sur la communauté de fermiers Burgrain a été publié.

Convaincus par la pâture ­intégrale Les essais de pâture intégrale conduits dans les années 2002 à 2005 pour les vaches laitières, avec des vêlages saisonniers, ont convaincus les deux agriculteurs. Ils ont donc décidé d’appliquer définitivement ce type de production. Des rendements laitiers très élevés ne sont

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pas espérés, mais le lait est ainsi produit avec peu de concentrés, des frais de machines limités et de faibles besoins en travail. Le lait est transformé en fromage à pâte dure dans une fromagerie régionale, ce qui exclut l’affourragement d’ensilage. L’exploitation doit passer à la production bio ces prochaines années. Les branches de production engraissement de porcs et de poulets seront remplacées par des poules pondeuses. L’effectif de bétail diminuera au profit des cultures. Dans la perspective d’Agrovision, les contacts avec les consommateurs doivent être améliorés par une mise en

Bettina et Andreas Nussbaumer (à gauche), Margrit et Sepp Bernet, les deux couples de fermiers (photo: A. Moser).

valeur directe du lait, ainsi que la vente directe et diverses autres mesures. Anton Moser

L’exploitation en bref: Main d’œuvre: Les deux familles des exploitants et un apprenti. Surface agricole utile: 42 ha; plat à légèrement en pente; 520 m. Env. 1100 mm de précipitation par an. Parfaitement adapté à la production fourragère et bien adapté aux grandes cultures. A part les surfaces écologiques, toutes les prairies sont fauchées et pâturées. Pâtures intégrales avec vêlages saisonniers en février et mars Cheptel: 42 vaches laitières, 24 remontes (âge au premier vêlage: 24 mois), taureau pendant la période des chaleurs 40 à 50 veaux à l’engrais. 40 truies d’élevage, 1 verrat. 3500 places de poulets à l’engrais. 2 juments Haflinger avec poulains Contingent laitier: 150 000 kg. Besoins pour les veaux à l’engrais: 60 000 kg. Productivité laitière: env. 5500 kg par vache. Mécanisation: Tracteurs: MF 362 avec hydraulique frontale (60 CV), Landini 5500 (50 CV sans traction intégrale) et MF 3050 (80 CV surtout pour les travaux des champs) Récolte des fourrages: faucheuse frontale Krone P28 sans conditionneuse, pirouette de 6 et 8 m de large, andaineur à double toupie Kuhn et autochargeuse Pöttinger Boss III avec essieu Kurmann.


Technique d’affourragement n Exploitation «Marchstein», Steinhausen ZG

Lait de non-ensilage dans une nouvelle étable Thomas Hausheer, de Steinhausen ZG, nous présente avec plaisir sa nouvelle étable pour vaches laitières, planifiée par ses soins. Malgré des rendements en baisse, l’abandon de la production laitière n’a jamais été envisagée; il y a deux ans, alors que les prix du lait étaient au plus bas, il a commencé avec sa nouvelle construction. 40 vaches profitent maintenant depuis une année d’un confort exemplaire avec étable à front ouvert,

boxes en litières profondes et paille longue, caillebotis toujours bien secs dans l’aire d’affourragement et nattes en caoutchouc avec racleur entre les boxes, ainsi que divers autres raffinements, le tout contribuant à l’amélioration des performances laitières.

Production de lait de ­non-ensilage

Thomas Hausheer: «Le foin a pu être engrangé sans problème cette année grâce à une longue période de beau temps».

En tant que président de la société de fromagerie de Steinhausen, Thomas Hausheer voit clairement son avenir dans la production de lait de fromagerie. En conséquence, des betteraves fourragères sont cultivées plutôt que du maïs. Pour une pâture intégrale, la surface verte remaniée s’avère un peu faible, raison pour laquelle Thomas Hausheer complète la pâture par l’affourragement d’herbe. Le fourrage écologique est mis en valeur

par les chevaux en pension. Quant à la mécanisation, Thomas Hausheer la gère de manière économique. L’épandeur à tuyaux souples a été acheté en commun avec le voisin. Des travaux pour tiers sont accomplis avec le pulvérisateur. Les machines nécessaires aux grandes cultures sont louées et l’andaineur est une machine d’occasion. Willi Gut

L’exploitation en bref: Famille du chef d’exploitation Thomas et Helen Hausheer-Steiner avec les enfants Reto, Céline et Carmen Main d’œuvre: Le chef d’exploitation et son épouse, son frère Urs et son père de 74 ans Surface agricole utile: 26 ha, dont 1,5 ha de betteraves sucrières Cheptel: 40 vache, productivité laitière env. 7500 lt en augmentation jeune bétail sous contrat d’élevage, chevaux en pension

Auteurs de la série «technique d’affourragement». Depuis la gauche, Anton Moser, Sylvain Boéchat et Willi Gut

Mécanisation: 3 tracteurs (de 4, 24 et 37 ans). Faucheuse frontale de 3 m avec conditionneuse Kurmann; pirouette de 5,4 m, andaineur de 3,3 m. Autochargeuse avec doseur, tapis de transport latéral et essieu Kurmann. Part de 1⁄ 3 d’un épandeur à tuyaux souples. Chargeur frontal. Pulvérisateur. Location des machines de grandes cultures et de la citerne à pression.

Communauté d’exploitation Andrey et Nicolas, Le Paquier FR

Rien n’est laissé au hasard Fondée en 2003, la communauté d’exploitation de Philippe Andrey et Nicolas Sudan s’est constituée dans la continuité de plusieurs travaux déjà réalisés en commun, notamment pour le travail du sol, la récolte des fourrages, les moissons et l’épandage des engrais de ferme. Dès lors, la réunification complète des deux domaines s’inscrivait comme étant la suite d’une collaboration déjà bien engagée. La constitution de la communauté imposait de réunir le bétail des deux associés sous un même toit. Il a donc été décidé de transformer et d’agrandir l’étable de Philippe Andrey en stabulation libre de 80 logettes avec une salle de traite en épis de 2 x 7 places. L’exploitation sise au Pâquier dans le canton de Fribourg est résolument orientée vers l’élevage de qualité et la production laitière de haute performance. Le do-

maine se situe en zone de montagne 1 à une altitude de 730 m. A la tête d’un troupeau de 80 vaches, Messieurs Andrey et Sudan exploitent une surface totale de 85 ha. A cela s’ajoutent encore deux alpages destinés à l’estivage des génisses pour l’un et à celui des vaches taries pour le second. Tout le matériel de fenaison leur appartient. Les autres machines (travail du sol, épandage, etc) sont acquises et utilisées au sein d’une Coopérative d’achat et d’utilisation de machines agricoles (CAUMA).  n Sylvain Boéchat

Les éleveurs Philippe Andrey et Nicolas Sudan tirent le maximum du fourrager grossier et concoctent la ration adéquate pour leurs ruminants.

L’exploitation en bref: Main d’œuvre: les deux chefs d’exploitation et deux apprentis Surface agricole utile: 88 ha. 15 ha céréale d’affouragement (orge, blé). 13 ha maïs d’ ensilage. 30 ha prairies artificielles. 30 ha prairies naturelles (à pâturages inclus) Bétail: 80 vaches laitières plus jeunes bétail. Contingentement laitier: 700 000 kg, 9300 kg/vache et an Parc de machines: 3 John Deere (90, 110 und 125 cv), Fendt 275S (75 cv) Toute les machines pour la récolte des fourrages, y inclus presse balle ronde et enrubanneuse

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n Technique d’affourragement

Trois stratégies de con Communauté de fermiers Burgrain

Aucun coût d’affourragement d’herbe – besoins limités en fourrage d’hiver l’herbe fraîche soit disponible au pâturage. La mise au pré est très précoce, ce qui permet de disposer rapidement de la seconde repousse. Aussitôt que les vaches consomment suffisamment d’herbe au pâturage, l’affourragement de foin à l’étable est très réduit, puis totalement abandonné dès fin avril avec le passage à la pâture jour et nuit.

Avec la pirouette de huit mètres de large, le rendement à la surface est bon. En cas de pointe de travail, la vieille machine de 6 m est encore utilisée (photo: Bettina Nuss­ baumer).

Avec la pâture complète, l’affourragement d’herbe n’est plus nécessaire. Il peut aussi être renoncé à la distribution d’aliments sous forme de conserve. Cela ne facilite pas seulement le travail, mais permet de diminuer également les coûts des machines comme la faucheuse, le tracteur et l’autochargeuse. Les systèmes de contention actuels assurent la réalisation de clôtures robustes sans difficultés excessives. Grâce aux vêlages saisonniers, les besoins en fourrage d’hiver diminuent, car les animaux ne donnent plus beaucoup de lait au début de l’affourragement hivernal et sont taries vers fin novembre. Pendant cette période, le vieux fourrage ou le foin écologique constitue un aliment idéal pour les vaches. Afin que le jeune bétail soit prêt pour l’élevage dès 15 mois, il est nécessaire de lui fournir un fourrage de base de qualité. Ainsi, étonnamment, le bon fourrage d’hiver est réservé en priorité au jeune bétail du Burgrain. Bien entendu, du foin et du regain riches en énergie et en protéines sont indispensables lors de la phase de départ après le vêlage (février/mars). Pendant cette période, les vaches reçoivent également un peu de concentrés, jusqu’à ce que de

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Pas de double mécanisation pour la production d’ensilage et de foin La mécanisation servant à la récolte du fourrage est sciemment limitée par la communauté de fermiers: un tracteur MF 362 de 1994 développant une puissance de 60 CV, conçu pour l’attelage frontal auquel s’adapte une faucheuse Krone 28 P de 2,8 m de large sans conditionneuse. Le fanage s’effectue avec le petit Lamborghini 5500 (1980) sans traction intégrale accouplé à une pirouette d’une largeur de travail de 8 m. L’andainage se fait avec un andaineur double Kuhn. Cette machine a convaincu les deux chefs d’exploitation surtout en raison de ses performances à la surface et de sa maniabilité. L’engrangement du fourrage se fait au moyen d’une ancienne autochargeuse munie de quatre couteaux. Le foin préfané est mis en place dans le séchoir à air froid au moyen d’une griffe, le séchage se faisant de nuit. Le foin écologique provient d’un tas non ventilé. La fauche des pâturages permet d’éviter que de trop grandes quantités de fourrage grossier ne soient récoltées en un court laps de temps. Ainsi, le rendement des machines actuelles suffit parfaitement pour ces travaux.

Moins de coûts pour la production de fourrage grossier Les réflexions des deux chefs d’exploitation sont conséquentes. Avec la pâture intégrale, ils n’atteignent pas les rende-

ments laitiers maximums des vaches. Des animaux robustes, des économies de concentrés et de travail, mais également des coûts de machines limités constituent les objectifs fixés par ces agriculteurs. Grâce à cette mécanisation modeste pour la récolte du fourrage et son stockage, ils produisent du fourrage d’hiver de qualité suffisante et de manière très économique. Anton Moser Marchstein, Steinhausen ZG

Récolte du foin terminée rapidement «Nous engrangeons cette année un foin de super qualité, mais la quantité ne satisfait pas tout à fait.» Thomas Hausheer pouvait déjà s’exprimer de la sorte le 8 mai, l’ensemble de ses 17 ha ayant été fauchés et la moitié mis en grange. Il aurait bien attendu une semaine encore, compte tenu de l’avancement des prés, mais son expérience des dernières années l’a cependant poussé à mettre à profit la première période de beau temps prolongée.

Travail en douceur au champ La fauche et le conditionnement se font pour la plupart peu avant midi ou l’après-midi. Un passage quotidien avec la pirouette suffit en général. Le clou de la récolte de foin reste l’andainage. Lors du chargement, deux couteaux raccourcissent le fourrage. A la grange, la mise en place se fait après le déchargement de cinq autochargeuses, ceci au moyen d’un pont-roulant. Lorsque l’un des enfants se charge de piloter le pont-roulant, les travaux de récolte se réalisent en parallèle, ce qui permet d’engranger 4 ha de foin par jour, sans travailler le soir.

Séchage sans capteur solaire ni mazout Malgré la grande quantité de foin engrangé en peu de temps, Thomas Hausheer ne voit aucune difficulté au séchage de nuit. Le foin mis en place atteint un degré de séchage élevé et le dispositif de séchage est bien dimensionné.


Technique d’affourragement n

nservation du fourrage Un appareil de gestion optimise les performances de séchage; après les jours de beau temps, le ventilateur tourne jusque vers minuit. Il a été renoncé à une soustoiture avec amenée d’air chaud lors de la construction du nouveau rural, ceci pour des raisons de coûts. Thomas Hausherr ne possède pas de chauffage à mazout. Un passage quotidien sur le tas de foin constitue une évidence pour lui. Le regain est placé au cours de l’été dans une seconde cellule un peu plus petite où il est ventilé. Thomas Hausherr souhaite, dans la mesure du possible, engranger le premier regain au plus tôt en septembre, afin de ne pas avoir trop de fourrage grossier en octobre.

Des betteraves pour l’affourragement hivernal En complément au foin, 80 tonnes de betteraves fourragères sont stockées en tas à l’extérieur sur l’exploitation Marchstein dès octobre, la moitié de la récolte étant vendue. La récolte se fait au moyen d’une récolteuse totale à un rang, assurant un traitement particulièrement soigné des betteraves. Lors de la formation des tas de 1.5 m de haut, sur sol naturel, une couche de paille est placée préalablement en guise d’isolation, puis une natte par-dessus; une couverture en plastique entraînerait des pertes de stockage supérieures. Un canal de 20 cm de large est aménagé au sommet, de façon à permettre l’évacuation de la chaleur excédentaire. Les pertes minimes constatées les années précédentes ne nécessitent aucun changement du système de stockage. Willi Gut

De l’excellent foin ventilé entreposé dans la fourragère.

Communauté d’exploitation Andrey et Sudan, Le Paquier FR

Bonne structure du fourrage En raison des performances du bétail, une attention particulière est prêtée à la qualité du fourrage. Comme les conditions de récolte diffèrent chaque année, il s’agit de rester vigilant et de stocker le fourrage en fonction de ses propriétés. En matière d’affourragement, les deux éleveurs se plaisent à rappeler que les bovins restent avant tout des ruminants et qu’il est donc très important de veiller à ce que leur ration contienne suffisamment de fibres et de celluloses. L’expérience à montré que plus et mieux une vache ruminera, meilleure sera sa fertilité, la qualité de son lait et les risques d’acidose s’en trouveront diminués. Dans la mesure du possible, au moins 4 coupes sont réalisées. Lorsque la météo le permet, le fourrage des prairies artificielles est destiné à l’ensilage et celui des prairies permanentes pour le foin. La fauche est réalisée au moyen d’une combinaison faucheuse frontale et faucheuse portée qui permet une largeur de coupe de 6 mètres. La pirouette composée de 8 toupies a une largeur

de travail de 7,8 mètres. Les andains sont mis en place avec un double andaineur latéral d’une largeur de 6,4 mètres. A noter que ces trois équipements proviennent du même fabriquant. Ce n’est pas uniquement la marque qui est appréciée mais surtout la qualité du service et la disponibilité du concessionnaire local. L’ensilage est conservé en balles rondes enrubannées. Pour ce faire, la communauté dispose d’une presse à chambre fixe à laquelle l’enrubanneuse est couplée. Chaque balle d’ensilage est marquée au moyen d’un spray ce qui permet lors de la reprise d’attribuer le fourrage selon sa qualité. Le foin, récolté par une autochargeuse de 40 m3 est stocké en vrac dans un fenil de 800 m3. Ce dernier étant situé sur l’ancienne exploitation des Sudan, la construction d’un nouveau fenil d’une capacité de 3000 m3 à proximité du bâtiment des laitières est en cours de planification.  n  Sylvain Boéchat

La faucheuse d’une largeur de travail de 6 m permet des performances à la surface élevées et s’adapte très bien aux irrégularités du sol.

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n Cultures fourragères

Préparer de bons ensilages d’herbe et de foin Lorsque les conditions météorologiques sont bonnes et que l’on peut faucher un matériel de base de haute qualité à un stade optimal, les conditions pour un bon ensilage d’herbe ou pour un foin ou regain de bonne qualité sont réunies. Il est toutefois important que l’agriculteur apporte sa contribution en respectant les règles d’ensilage, en accélérant le processus de séchage et en minimisant les pertes mécaniques au champ. Ueli Wyss *

La préparation d’ensilages d’herbe ou de fourrages secs de bonne qualité ne commence pas seulement au moment de l’ensilage ou du stockage du foin dans Tableau 1: Composition d’une prairie équilibrée Proportion 50 à 70% de graminées: Proportion 10 à 30% de trèfles: Proportion 10 à 30% d’autres dont max. 20% de ­plantes: plantes à feuilles fines et 10% de plantes à tiges grossières * Station de recherche Agroscope ­Liebefeld-Posieux ALP, 1725 Posieux

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la grange. Il est en effet important que les prairies et donc le matériel de base présentent une qualité élevée. L’entretien, la fumure et l’utilisation des prairies ont une influence déterminante sur la composition botanique et la densité du gazon. Les tableaux 1 et 2 présentent la

composition d’une bonne prairie et l’influence du mode de conservation sur les teneurs en matière azotée et en énergie. Ci-après, figurent les points auxquels il faut faire particulièrement attention lors de la préparation d’ensilages d’herbe ou de fourrage sec.

Tableau 2: Influence du stade de développement sur la teneur en matière azotée et en énergie lors de la préparation des ensilages et du foin/regain (prairie équilibrée avec principalement du ray-grass, bonnes conditions météorologiques et de conservation) Explications

Teneur en matière azotée, Teneur en NEL, MJ/kg MS g/kg MS   Fourrage Ensilage Fourrage Fourrage Ensilage Fourrage vert sec vert sec Début montaison 196 207 175 6.5 6.4 5.9 Montaison 176 185 157 6.4 6.3 5.8 Début épiaison 157 165 141 6.2 6.1 5.7 Pleine épiaison 139 146 126 6.0 5.8 5.5 Fin épiaison 116 122 106 5.7 5.5 5.3


Cultures fourragères n Points importants à respecter lors de la préparation d’ensilages Matériel de base de haute ­qualité L’âge des plantes a une grande influence sur leur aptitude à l’ensilage. Le fourrage jeune est riche en sucres et pauvre en fibres. Il se prête donc très bien à l’ensilage. Le fourrage vieux, riche en tiges grossières, contient, par contre, beaucoup de fibres et peu de sucres. Plus difficile à tasser, ce fourrage sera plus sujet aux fermentations indésirables (teneur élevée en acide butyrique et pH élevé). Plus le fourrage est vieux, moindre est la teneur énergétique du matériel initial. De plus, les fermentations indésirables induisent des pertes plus importantes de précieux nutriments. Ainsi, les teneurs des ensilages présentent de plus grandes différences que les teneurs du matériel initial.

N’ensiler que du fourrage propre Le réglage de la faucheuse joue un rôle très important. Le fourrage est beaucoup plus souillé lorsque la hauteur de coupe est réglée à 3 cm, au lieu des 6

à 7 cm préconisés. De même, lorsque le fourrage est coupé très bas, la pirouette, l’andaineur et les machines de récolte (autochargeuse, presse à balles) doivent saisir le fourrage à ras du sol et, de ce fait, le souillent à nouveau. Avec chaque pour cent de cendres supplémentaire dû à une souillure par de la terre, on perd 0,1 MJ NEL par kg MS. Un taux élevé de souillure déclenche souvent une fermentation butyrique. De plus, le fourrage fauché plus haut sèche plus vite que lors d’une coupe plus basse. Il vaut également la peine d’attendre que le fourrage soit asséché avant de faucher. Si l’on fauche un pré mouillé, le fourrage sera fortement souillé.

Préfaner et ensiler Le préfanage améliore les conditions de prolifération des bactéries lactiques et compromet celles des microorganismes responsables des fermentations indésirables. Le fourrage peu, voire pas du tout préfané produit du jus de fermentation. Le risque d’apparition de fermentations

Couper court favorise un bon compactage et évite les fermentations indésirables.

indésirables est plus élevé dans les ensilages humides (moins de 30% de MS). Mais un préfanage trop important (plus de 50% de MS) pose aussi problème. On ne peut plus compacter aussi bien le fourrage: le risque de post-fermentations et d’attaques de moisissures est plus élevé. Le degré optimal de préfanage se situe entre 35 et 45% de MS. La rapidité de l’ensilage (sans longues interruptions) et un bon compactage du fourrage sont des facteurs importants au regard de l’élimination rapide et totale de l’air.

Fermer hermétiquement Les levures et les moisissures ne pouvant proliférer qu’en présence d’air, l’étanchéité du silo ou des balles joue un rôle primordial. S’agissant des silos tours, on veillera à une parfaite herméticité des portes (joints). En silos couloirs, la qualité des ensilages dépend beaucoup d’une couverture soigneuse, étant donné l’importance de la surface. Quant à l’ensilage en balles, il importe d’enrubanner

Appareil de dosage pour une répartition homogène des agents conservateurs.

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n Cultures fourragères correctement le fourrage à l’aide de films de bonne qualité, afin de garantir une parfaite exclusion de l’air. Attention de ne pas abîmer les balles lors du transport. Ensuite, il faut les contrôler régulièrement pour déceler et colmater les déchirures éventuelles imputables à des animaux (souris, chats, oiseaux) à l’aide d’un plastique autocollant approprié.

Points importants concernant la préparation du foin

Utiliser un agent conservateur d’ensilage

Utilisation de conditionneurs de fourrage

Les agents conservateurs d’ensilage permettent soit d’améliorer la qualité fermentaire, soit de prévenir les postfermentations ou les attaques de moisissures. La plupart de ces additifs ne sont efficaces que pour l’un ou l’autre de ces objectifs. Il importe donc de savoir exactement pourquoi on les utilise. A noter également que les agents conservateurs d’ensilage ne compensent ni un matériel initial de mauvaise qualité ni une technique d’ensilage erronée. Ces agents favorisent la fermentation lactique souhaitée ou permettent de mieux maîtriser les post-fermentations indésirables. A condition toutefois de respecter les dosages indiqués et de répartir très régulièrement les produits sur le fourrage à ensiler. La liste des agents conservateurs d’ensilage autorisés peut être consultée sur le site Internet de la station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux ALP (www.alp.admin.ch).

Les conditionneurs de fourrage détruisent la couche de cire des plantes et l’eau contenue dans les plantes s’évapore plus rapidement. On peut aussi diminuer le nombre de passage de la pirouette et réduire ainsi les pertes mécaniques. Un foin traité normalement avec des conditionneurs de fourrage a besoin d’environ 25 à 30% de temps de séchage en moins ou, pour une durée de séchage identique, il est environ 10 à 15% plus sec qu’un foin non traité. Le foin conditionné peut être rentré deux à trois heures plus tôt.

Le matériel de base (composition botanique) et le moment optimal de la fauche (âge des plantes) sont ici aussi déterminants pour la haute valeur nutritive du foin. Certes, le rendement augmente avec l’âge croissant des plantes, mais la valeur nutritive de celles-ci diminue.

Réduction des pertes au champ Plus les conditions météorologiques sont mauvaises et plus le fourrage reste longtemps au champ ou plus la teneur en MS du fourrage est élevée, plus les pertes au champ seront élevées (figure 1).

Prélever suffisamment ­d’ensilage

Conditions m météorologiques é téorologiques

Tableau 3: Valeurs indicatives pour le prélèvement des ensilages dans les silostours et silos-couloirs Type de silo Silotour Silocouloir

Hiver

Eté

moyennes moyennes mauvaises mauvaises

Séchage du foin au sol ou en grange Le séchage au sol nécessite trois jours de beau temps continu, surtout au début et à la fin de l’été. Il n’est donc pas rare que le foin séché au sol soit détrempé par la pluie ou qu’il ne puisse être coupé que plus tard, ce qui diminue les teneurs en énergie. En revanche, le séchage en grange peut se faire sur des périodes de beau temps plus courtes. Il est important que le fourrage, aussi dans le cas d’une période de beau temps prolongée, ne soit pas rentré avec des teneurs en MS trop élevées. Autrement, les pertes mécaniques augmentent fortement, la valeur nutritive baisse et les coûts de séchage en grange ne se justifient pas.  n

Minimum 10 Minimum 15 cm par jour* cm par jour* Prélèvement Prélèvement minimal 1 m minimal 1,5 m par semaine par semaine

* si l’on désile avec une désileuse, ces hauteurs peuvent être un peu moins importantes

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bonnes bonnes

Pertes de matière sèche en %

Pour maîtriser les post-fermentations pendant le prélèvement d’ensilages, il faut en prélever une quantité suffisante (tab. 3). Cela présuppose que la taille du silo soit adaptée à l’effectif des animaux.

Le premier passage de pirouette doit être effectué immédiatement après le fauchage et doit être particulièrement précis: vitesse maximale, 5 km/h et nombre de tours par minute élevé. Plus le foin est sec, plus il est sujet aux pertes mécaniques. Au fur et à mesure que la teneur en MS s’élève, il faut diminuer le nombre de tours. Le foin devrait être retourné aussi souvent que nécessaire, mais aussi peu que possible. Vu que le foin continue à sécher dans les andains, il faut procéder à l’andainage une heure avant de le rentrer, afin de minimiser les pertes mécaniques. Les prairies de trèfles et riches en plantes diverses sont les plus fortement sujettes aux pertes mécaniques, car ces plantes ont des feuilles plus fines que les graminées. En d’autres termes, un tel fourrage doit être travaillé avec le plus grand ménagement possible.

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Teneuren enmati matière %% Teneur èresèche, s èche,

Figure 1. Pertes au champ en fonction de la teneur en matière sèche (MS) et des conditions météorologiques (Honig 1976)


n ASETA

Lieux et dates 2008

Le cours de conduite G40 est agréé par l’Office fédéral des routes (OFROU) et figure ensuite dans le permis de conduire. Il coûte CHF 540.–, moins une réduction de CHF 100.– accordée par le Fonds de sécurité routière (FSR). Conçu par des professionnels, le G40 comprend 20 leçons; il est limité à cinq participants. Les instructeurs sont tout spécialement formés pour dispenser un enseignement intensif et diversifié avec des buts clairement définis. Il est conseillé de s’inscrire assez tôt afin de choisir le cours au bon endroit et à la date qui conviendra le mieux.

Aarberg BE 10.07+15.07  17.07+22.07  28.08+02.09 Bazenheid SG 10.07+15.07  14.08+19.08  13.11+18.11 Biberbrugg SZ sur demande Brunegg AG 07.08+12.08  30.10+04.11 Bülach ZH 21.08+26.08  23.10+28.10 Bulle FR 26.06+01.07  14.08+19.08  02.10+07.10 Claro TI 18.07+21.07 Corcelles-près-Payerne VD 04.09+09.09  18.09+23.09 Courtételle JU 20.08+26.08 Düdingen FR 09.07+15.07  03.09+09.09  15.10+21.10 Erstfeld UR 03.07+08.07  06.11+11.11 Frauenfeld TG 19.06+24.06  10.07+15.07  31.07+05.08  11.09+16.09  23.10+28.10 Gossau ZH 24.07+30.07  16.10+21.10 Hohenrain LU 28.08+02.09  13.11+18.11 Ilanz GR 17.07+22.07 Interlaken BE 04.09+08.09 Kägiswil OW 05.09+09.09 La Sarraz VD 25.06+01.07  14.08+19.08  28.08+02.09  Landquart GR 26.06+01.07  16.07+21.07  25.09+30.09 Langnau i.E. BE 10.07+15.07  24.07+29.07  14.08+19.08  09.10+14.10 Les Hauts-Geneveys NE 28.05+03.06  16.07+22.07  Lindau ZH 26.06+01.07  24.07+29.07  13.11+18.11 Lyss BE 09.10+14.10  06.11+11.11 Lyssach BE 17.06+23.06  19.06+24.06  04.09+09.09  06.11+11.11 Marthalen ZH 17.07+22.07  11.08+19.08 Mettmenstetten ZH   01.07+07.07  12.08+26.08 Moudon VD 07.08+12.08  01.10+07.10 Niederurnen GL 10.07+15.07  30.10+04.11 Nyon VD 09.10+14.10 Oensingen 21.08+26.08  16.10+21.10 Pfäffikon SZ 09.07+14.07  28.08+02.09  16.10+21.10 Salez SG 17.07+22.07  04.09+09.09  02.10+07.10 S-Chanf GR sur demande Schöftland AG 08.08+13.08  13.11+18.11 Schwarzenburg BE 18.06+24.06  23.07+29.07  14.08+19.08  Schwyz 03.07+08.07  06.11+11.11 Sion VS 13.08+19.08 Sissach BL 10.07+15.07  21.08+26.08  16.10+21.10 Sitterdorf TG 03.07+08.07  07.08+12.08  28.08+02.09  06.11+11.11 Tramelan JU 02.07+08.07  10.09+16.09 Visp VS 13.08+19.08 Willisau LU 03.07+08.07  18.09+23.09  06.11+11.11 Zweisimmen / Saanen BE 25.06+01.07  23.07+29.07  24.09+30.09 Zwingen BL 19.06+24.06  11.09+16.09  23.10+28.10

Cours G40

SVLT / ASETA 056 441 20 22

www. Conditions: • Permis de catégorie G • Tracteur immatriculé (30 ou 40 km/h) avec protection du conducteur pour la première journée • Tracteur et remorque agricole pour la seconde journée Participation: Les participants reçoivent la confirmation et la facture deux sejuin/juilletnes avant le premier jour de cours. Pour une annulation intervenant après ces deux sejuin/juilletnes, un montant de CHF 60.– sera perçu pour les frais administratifs. En cas d’absence injustifiée, l’ASETA se réserve le droit d’encaisser l’intégralité du montant de la facture.

21.08+26.08

30.10+04.11 18.09+23.09 17.09+23.09 23.10+28.10

22.10+28.10

25.09+30.09

27.08+02.09

Inscription au cours G40 Lieu du cours Date du cours Nom, prénom Date de naissance Adresse

La Vaudoise Assurances versera un montant de CHF 100.– à la conclusion d’un nouveau contrat d’assurance véhicule à moteur à toute personne qui a suivi le cours G40 (ou à un membre de sa famille habitant à la même adresse). Ce bon est valable deux ans à compter de la fin du cours G40.

NPA, lieu Numéro de téléphone J’ai pris connaissance des conditions de ce cours Date et signature Signature du représentant légal ou du maître d’apprentissage Envoyer à: SVLT, case postale, 5223 Riniken, tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31, courriel: info@agrartechnik.ch

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n Sous la loupe

Roland Steimen a acheté presque toutes ses machines d’occasion et transformé lui-même son pulvérisateur. La technique de froid vient de Hollande. Les portes de la cellule froide, hautes de six mètres, sont spécifiques. Le contrôle qualité est entre les mains de Susi Steimen (à droite). (Photos: Hansruedi Rauchenstein, mo)

Un développement pas à pas Roland Steimer a commencé avec sept hectares de terres et sept vaches. Aujourd’hui, il récolte avec sa famille et ses employés 25 hectares de légumes de garde. Beaucoup de travail, davantage de demandes et le sens des affaires sont à l’origine de ce développement.

Edith Moos-Nüssli

Le cœur de l’exploitation de Roland et Yvonne Steimen est une grande halle de 25 mètres sur 50 avec un avant-toit de six mètres des deux côtés. Le domaine, sis dans le Freiamt argovien, aux abords de la commune de Waltenschwil, comprend deux halles de stockage pour les légumes, un espace pour les tracteurs et les machines ainsi que le bureau de l’exploitation et une salle de séjour pour les employés. Oignons, pommes de terre, carottes et betteraves rouges sont les produits-phares de l’exploitation. L’idée du maraîchage lui est venue de son maître d’apprentissage «qui produisait à l’époque des pommes de terre pour l’industrie», évoque Roland Steimen, âgé aujourd’hui de 42 ans. C’était en 1983, pendant sa deuxième année d’apprentis-

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sage à Boswil, un village voisin, préciset-il. Sa première année, il l’avait faite sur le domaine familial, avec sept vaches et sept hectares de terres ainsi qu’un verger basse tige pour la vente directe. Plus tard, il a fréquenté les cours d’hiver de l’école d’agriculture de Muri. Son père Walter ayant dû réduire ses activités professionnelles pour des raisons de santé, il prête main forte à sa mère Susi pour gérer la ferme. En 1984, Roland Steimen a misé sur la culture des légumes de garde, augmenté la production de pommes de terre, planté les oignons et les premières betteraves rouges. Dans les années nonante, les fraises occupaient 60 ares. En 1993, il vendait ses vaches et étendait petit à petit les cultures d’oignons, de pommes de terre, de carottes et de betteraves rouges. Ses grossistes de Suisse centrale lui ont inspiré le désir de s’agrandir. Ac-

tuellement, les contrats de culture déterminent en janvier de chaque année ce qu’il va planter.

Une saine croissance Depuis 1984, l’agriculteur a acheté neuf hectares, construit une halle avec un appartement à côté de la ferme au centre du village et, ensuite, la halle mentionnée ci-dessus. Lors de l’acquisition de ses terrains, la chance était souvent au rendez-vous, admet l’entrepreneur. Mais la croissance n’est pas un but en soi: «Plutôt 25 hectares que 50 mais bien les cultiver». Ses connaissances, Roland Steimen les acquiert dans les revues spécialisées, en Hollande et par des échanges intenses avec quelques collègues. Les installations de séchage et de réfrigération pour les oignons par exemple, il les a importées de Hollande. Les portes des locaux de réfrigération, hautes de six


Sous la loupe n mètres, sont habituelles là-bas. Grâce à ces hautes portes, la surface des locaux est utilisée de façon rationnelle et peut être mieux desservie par l’élévateur. Le maraîcher explique l’avance technologique des Hollandais par les prix bas qu’ils pratiquent. De tels prix ne permettent aucune erreur aux producteurs. Les travaux de préparation se déroulent de fin mai jusqu’en avril. En hiver, les installations de préparation des oignons et le lavage des carottes fonctionnent au minimum trois jours par semaine. Il ne reste que le mois de mai pour l’entretien des machines et la révision des remorques. La première halle à côté de l’ancienne ferme sert d’atelier.

Des pros dans leur domaine Derrière cet essor se cache une activité intense pour Roland Steimen, sa famille et ses employés. Walter Steimen, 71 ans, amène les paloxes vides dans les champs; une fois remplies, il les transporte dans la halle de stockage. C’est là, qu’avant de quitter l’exploitation, chaque kilo de légumes passe devant Susi Steimen. Yvonne Steimen, l’épouse de Roland, dirige la famille et le bureau depuis 15 ans: «Yvonne met de l’ordre dans le chaos de mon bureau», relève son mari. Lorsque sa belle-mère Susi travaille à la ferme, elle cuisine pour tout le monde car une partie des employés logent sur place. Les parents mangent chez eux, dans l’ancienne ferme. Se reposer est à peine possible, le temps disponible pour des travaux à la main étant très mesuré. Phytosanitaires et pulvérisation sont l’affaire du chef. En passant avec le pul-

vérisateur, il peut observer les cultures, dit le paysan. «Roland est un bûcheur infatigable», avoue sa femme. Lui même se qualifie de têtu qui a toujours obtenu ce qu’il voulait à force de travailler. Des vacances, il n’en a jamais prises et cela ne lui manque pas. Pendant ses loisirs, il lit des revues spécialisées et joue quelquefois sur un clavier électronique. Les enfants, Claudio 14, Mario 12 et Jana 10 ans participent aussi à certains travaux. Antonio Sergio, originaire du Portugal, travaille depuis 15 ans à la ferme. Le deuxième employé à l’année, Wladyslaw Mitaroy est polonais. Deux autres travailleurs – issus du Portugal par le passé mais de l’Europe de l’Est aujourd’hui – renforcent l’équipe de juin à janvier. Le motif du changement n’est pas le salaire mais la disponibilité. «Je préfère payer beaucoup plus que le salaire minimal et ainsi me permettre d’être exigeant», affirme l’entrepreneur.

Habileté et informatique Ses machines, Roland Steimen les a presque toutes achetées d’occasion.» Le parc de machines, je l’assume puisque je fais presque tout moi-même pendant mes loisirs», explique-t-il. Par ailleurs, il est visionnaire et anticipe ses besoins pour les années à venir. Ainsi, il peut attendre assez longtemps jusqu’à ce qu’il trouve ce qu’il cherche sur le marché des occasions. De plus, il est commerçant dans l’âme. L’installation servant à la préparation des oignons, par exemple, a été négociée à 20 000 francs auprès d’un marchand de machines agricoles, la planteuse automa-

Steimen, maraîcher mo. Le produit des 25 hectares de terres cultivés est commercialisé par Roland Steimen et sa famille ainsi que ses deux à quatre employés: 10 ha d’oignons, 8 ha de pommes de terre, 5–6 ha de carottes, 2–3 ha de betteraves rouges auxquels s’ajoutent 30 ares de céleris et 80 ares de choux. La halle abrite un local réfrigérant pour 250 tonnes de carottes et de betteraves rouges ainsi qu’une installation de séchage pour 250 tonnes d’oignons. Caractéristique du parc de machines: presque toutes les machines de Roland Steimen ont été achetées d’occasion. La force de traction nécessaire est assurée par cinq tracteurs: trois Bührer (MFD, PF 19, 475) et deux John Deere (6410, 6610). Quant aux Bührer, on n’y touche pas car son père peut les conduire bien qu’il ait perdu la main gauche. Pour le travail du sol, une charrue quadrisocs Kverneland, une bêcheuse Falk, une fraiseuse inversée et une sarcleuse. La fraise-butteuse, il la loue au besoin. A cela s’ajoutent un distributeur d’engrais, un épandeur à chaux Vicon et un pulvérisateur automoteur Birchmeier ainsi que trois semoirs pneumatiques, un pour chacune des cultures. Une planteuse à 4 rangs et une récolteuse Grimme pour les pommes de terre, une récolteuse Simon pour les carottes et six remorques viennent compléter le parc de machines.

Assis sur le stock de légumes et de pommes de terre (de gauche à droite): Yvonne et Roland Steimen avec ses parents Walter et Susi, les enfants Claudio, Mario et Jana (manque sur la photo) et les employés Wladyslaw Mitaroy et Antonio Sergio (derrière).

tique, il l’a construite lui-même et c’est lui aussi qui a transformé le pulvérisateur automoteur Birchmeier. «Sans électronique, je peux réparer moi-même» assure l’agriculteur. Sur ses tracteurs, il veut le moins d’électronique possible. Même la surveillance de l’entreposage des oignons n’est pas confiée seule à un ordinateur. Il faut surveiller les oignons comme un tas de foin. «Si la réfrigération est bien réglée, l’emballage nécessite moins de travail et la qualité s’en trouvera meilleure», résume Roland Steimen.

Prendre soin du sol Ménager le sol, une devise importante au domaine. Rouler sur sols secs et échanger les terres avec de longs intervalles dans l’assolement sont les instruments les plus importants. «Une culture profitera mieux si elle est semée sur sol sec» relève Roland Steimen. Il y a une année, il a commencé à épandre de la chaux magnésienne sur ses terres (une pratique qui se fait beaucoup en Allemagne). C’est là d’ailleurs qu’il a trouvé l’épandeur adéquat. Le pH élevé améliore la qualité des carottes et la structure du sol, ce qui est positif pour la récolte. La qualité de ses produits lui a permis, durant ces 20 dernières années, de développer constamment son exploitation. La prochaine étape s’annonce déjà: la construction d’une nouvelle maison d’habitation à côté de la halle qui abrite le stockage, l’installation de préparation des légumes et les machines. La parcelle en question est déjà acquise.  n

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n Energie

Un potentiel d’économies important existe dans les porcheries en matière de ventilation, de chauffage et de refroidissement.

Investir pour économiser de l’énergie En été, il ne doit pas faire trop chaud dans la porcherie, en hiver, pas trop froid et, toute l’année, la qualité de l’air doit présenter l’effet souhaité. Pour cela, la consommation d’énergie de l’ensemble des porcheries suisses représente, selon des estimations, celle de 22 000 ménages. «Technique agricole» résume une conférence de l’expert en construction Ludo Van Caenegem. Elle montre comment l’énergie peut être économisée et ce que cela coûte. Edith Moos-Nüssli

Il s’agit de ventiler et de chauffer pour obtenir un climat optimal dans les porcheries, en particulier dans les porcheries d’élevage. La consommation d’énergie des porcheries suisses est estimée à quelque 90 GWh, ce qui correspond aux besoins annuels de 22 000 ménages. Un potentiel d’économie considérable existe en termes d’aération, de chauffage et de refroidissement.

Eviter les résistances Les besoins énergétiques liés à l’aération dépendent essentiellement du taux d’aération. D’autres facteurs d’influence sont les résistances rencontrées dans l’installation de répartition de l’air, le type de

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ventilateur et essentiellement sa gestion. Le taux d’aération se détermine en fonction de la qualité de l’air voulue dans la porcherie. En général, celle-ci se mesure à la concentration de gaz de respiration, le dioxyde de carbone (CO2). Selon la norme suisse pour le climat d’étable, la concentration en CO2 ne doit pas dépasser 0,3% volumique (3000 ppm). En moyenne sur 24 heures, celle-ci ne devrait pas excéder un pourcentage volumique de 0,2%, soit juste six fois plus que l’air extérieur (385 ppm). La résistance dépend de la section des tuyaux de ventilation. Les pertes de pression diminuent non pas linéairement avec l’augmentation de la section, mais au carré. Avec une section double, les pertes de pression sont quatre fois inférieures, le taux d’aération restant égal. La

section des canaux devrait être dimensionnée de manière à ce que la vitesse de l’air ne dépasse pas 3 mètres/seconde. Les changements de direction et de section sont à éviter. S’ils s’avèrent inévitables, il convient de les arrondir ou de les atténuer au moyen de tôles de déviation et de diffuseurs.

Opter pour une gestion ­économique La consommation d’énergie des différents ventilateurs varie. Les modèles tournant plus lentement (900 plutôt que 1300 t/min) et à trois phases (3x380 V au lieu de 220 V) sont plus efficients sur le plan énergétique. Les ventilateurs à fréquence modulée et commande électronique sont plus silencieux que ceux à commande par phase.


Energie n La gestion des ventilateurs permet un maximum d’économies d’énergie. Le régime des ventilateurs classique se règle par phases (à l’aide de thyristores/triacs). Ce type de commande est bon marché, mais hautement inefficace à régime réduit. La majeure partie de l’année, de faibles régimes suffisent cependant et le régime moyen dans la plupart des étables correspond à 45% sur l’ensemble de l’année. La gestion par fréquence et commutation électronique (voir encadré: la gestion des ventilateurs est déterminante) n’est pas seulement plus efficace énergétiquement, mais apporte également d’autres avantages. Ainsi, des régimes inférieurs à 15% sont possibles. En hiver par exemple, le taux d’aération reste très modeste, ce qui limite les pertes de chaleur et économise de l’énergie de chauffage. Avec les ventilateurs à commande par phases, le moteur peut chauffer à faible régime. De plus, ce type de commande entraîne des vibrations qui ne prétéritent pas uniquement l’efficacité du moteur, mais aussi celle du réseau électrique. La première génération des ventilateurs à commande électronique a rencontré des difficultés spécifiques. Depuis trois ans maintenant, la nouvelle génération est sur le marché. En considérant une durée d’utilisation de dix ans, la solution moins chère de la commande par phase se révèle cependant plus onéreuse avec les prix actuels de l’électricité. Les coûts supplémentai-

res des commandes par fréquence ou électroniques sont compensés en trois à six ans selon les caractéristiques des ventilateurs.

Isoler et ventiler de manière ciblée Les frais de chauffage peuvent être limités en abaissant la température de la porcherie, en isolant mieux le bâtiment, en réduisant le taux d’aération ou en adaptant la température de l’air insufflé par récupération de chaleur ou pompe à chaleur. En limitant la température des boxes de mise-bas à 16°C plutôt que 20°C, les besoins de chauffage se réduisent de moitié. Avec une valeur d’isolation de l’enveloppe du bâtiment de 0,4 W/m2, les pertes de chaleur par les parois et le toit se limitent à 20% des pertes globales. Le reste est perdu par la ventilation. L’effet d’économie d’une isolation encore améliorée se révèle assez faible. En aérant un cinquième de moins, 15% de chaleur sont économisées. Comme la concentration en CO2 et l’humidité relative ne peuvent augmenter indéfiniment, il n’est pas possible de diminuer excessivement le taux d’aération. En cas de températures extérieures basses, le renouvellement de l’air doit être tel que la concentration en CO2 ne dépasse pas 0,2% volumique. Le taux d’aération peut pourtant varier en cours de journée selon l’activité des animaux. Pendant la phase de repos, elle peut être

de 20 à 30% inférieure à celle de la période d’activité. Ce potentiel d’économie peut être mis à profit avec une gestion de la ventilation en fonction de la concentration en CO2.

Valoriser la chaleur extraite La récupération de la chaleur de l’air vicié implique un échangeur de chaleur air-air. La plupart du temps, un échangeur à plaques est utilisé. Cela permet la récupération, en théorie, de la moitié de la chaleur évacuée. En réalité, la valeur est légèrement inférieure, l’échangeur de chaleur augmentant fortement la résistance de l’air, ce qui implique une consommation d’énergie accrue pour la ventilation. De plus, le rendement de l’échangeur de chaleur est souvent diminué en raison de la poussière qui s’accumule sur les plaques. En hiver, les échangeurs de chaleur peuvent geler, et lorsque la température externe monte en été, il faut les court-circuiter afin que la température intérieure de la porcherie ne devienne pas excessive. Des clapets automatiques permettent de réguler le flux d’air des échangeurs de chaleur. Dans les années 80, quelques porcheries ont été équipées d’un échangeur air-air. Ils se sont raréfiés dans les nouvelles installations. Les prix avantageux de l’énergie de ces dernières années les ont rendus moins intéressants, mais la raison principale était toutefois les inconvénients mentionnés ci-dessus.

La gestion des ventilateurs est déterminante

La ventilation des porcheries bien isolées provoque une perte de chaleur de quelque 80%. Investir dans une gestion efficace vaut doublement la peine.

mo. Le régime des ventilateurs classiques est commandé par phases. Au moment du démarrage et du changement de phase, le flux électrique est commandé par un triac. Celui-ci ne conduit pas le courant tant et aussi longtemps qu’il n’a pas reçu une impulsion. A ce moment, le récepteur est approvisionné en énergie (jusqu’au prochain point neutre du courant alternatif). Plus le triac est actionné tardivement, plus la performance (déterminée sur une période du courant alternatif) est faible. Cela est illustré par la coupe d’une partie de la courbe sinusoïdale. L’énergie électrique est ainsi transformée en chaleur. Plus le régime est faible, plus grande est l’énergie dégagée sous forme de chaleur La commande par fréquence nécessite un adaptateur qui transforme le courant alternatif (50 Hz) en courant continu, puis un autre adaptateur qui réalise l’opération inverse (1 ou 3 phases). Le courant peut varier par impulsions de 0 à 50 Hz. Le régime du ventilateur varie selon la fréquence. La commande du flux de courant aux bobines du moteur, par un interrupteur semi-conducteur situé dans l’adaptateur de fréquence, se nomme la commutation pour les machines à courant continu. La commande par un commutateur électronique nécessite un moteur à courant continu sans balai charbon comprenant des aimants permanents et un interrupteur intégré.

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n Energie Utiliser la chaleur terrestre L’utilisation de la chaleur terrestre constitue une alternative à l’échangeur air-air. L’échange de chaleur avec la terre peut se faire soit par le biais de serpentins ou dans une cavité aménagée sous la porcherie. Les serpentins sont enfouis à deux ou trois mètres de profondeur à côté du bâtiment. Des essais de ART démontrent qu’en hiver, l’air insufflé par les deux systèmes est réchauffé de manière analogue pour autant que la surface d’échange soit suffisante. La mise en place d’une pompe à chaleur à serpentins coûte quelque 1000 à 1500 CHF par box de mise-bas alors que l’aménagement d’un volume vide au-dessous de la porcherie revient à de 300 à 700 CHF selon le concept de construction. Compte tenu d’une durée d’amortissement de 25 ans, d’un taux d’intérêt de 3,5%, d’un prix de l’électricité de 15 cts/ kWh et des frais énergétique au plus bas, une somme de 740 CHF par box constitue la limite. En d’autres termes: l’aménagement d’une cavité vaut la peine aujourd’hui déjà, alors que la pompe à chaleur n’est rentable qu’avec un prix de l’électricité deux fois plus élevé.

La chaleur terrestre aide aussi à refroidir Les serpentins et les cavités n’abaissent pas seulement les frais de chauffage en hiver, mais permettent de diminuer également la température de la porcherie en été. Cela est nécessaire, car des températures excessives limitent les performances des animaux. Les truies allaitantes sont stressées à une température de 20°C déjà. Une pompe à chaleur à serpentins

est dimensionnée en général de façon à ce que la température de sortie ne dépasse pas 24°C lorsque la température extérieure correspond à 32°C. Avec les cavités. le potentiel de diminution de la chaleur est d’autant plus important que la surface par kW de production de chaleur des animaux est grande. Cette surface se voit cependant limitée par celle de la porcherie. La surface de base de la cavité, de 26 m2 par 1000 m3 de volume d’air dans le cas du box de mise-bas de la firme Krieger, baisse la température de 6°C en été. Ce résultat est moindre que celui de la pompe à chaleur, mais les investissements sont réduits de moitié. Hormis la température extérieure et la température de l’air entrant, le rayonnement solaire, le taux d’aération et la capacité d’accumulation de chaleur du bâtiment influencent la température de la porcherie. Plus le rayonnement solaire est important, plus la chaleur pénètre dans l’étable. Les parties de bâtiment exposées au soleil doivent donc être bien isolées et les fenêtres protégées en conséquence. Un taux d’aération élevé ne sert au refroidissement de la porcherie qu’à condition que la température extérieure soit plus basse qu’à l’intérieur. Dans les constructions en dur, il est parfois préférable de réduire le taux d’aération lorsque la chaleur est maximale. La restitution de la chaleur qui s’accumule dans les parois, les sols et les plafonds dépend de la masse de l’enveloppe du bâtiment et de la différence de température dans l’étable entre le jour et la nuit. Plus cette différence est élevée, plus l’effet d’accumulation thermique du bâtiment est activé.

La nébulisation apporte de l’air humide Lorsque l’isolation thermique, l’ombrage et le taux d’aération sont optimaux, il est possible de maintenir, dans les bâtiments massifs, la température au-dessous de la température extérieure maximale. Si l’on veut réduire encore la température, il faut investir dans des mesures complémentaires. En principe, l’on renoncera à l’installation d’une climatisation pour des raisons de coûts. Une autre possibilité de refroidissement, hormis les pompes à chaleur et les cavités, est la projection d’un brouillard d’eau dans l’air de l’étable par le biais de buses délivrant une pression jusqu’à 70 bar. La nébulisation n’apporte pas seulement du froid par évaporation, mais augmente aussi l’humidité relative. Plus celle-ci est élevée, moins les animaux peuvent dégager leur propre chaleur par transpiration. L’air humide favorise la prolifération des microorganismes. C’est pourquoi l’humidité relative tolérable diminue avec l’augmentation de la température. Lorsque la température de l’air entrant diminue de 33 à 24°C sous l’effet de la nébulisation, des essais ont montré une température de 28°C dans la porcherie. L’humidité relative monte alors à 73%. La valeur limite correspond à 62% à 28°C. Avec une pompe à chaleur, un refroidissement équivalent peut être obtenu, mais avec une humidité relative de 58%. Dans les porcheries d’élevage surtout, il existe de nombreuses possibilités d’économiser l’énergie, en particulier avec la ventilation. Il n’est cependant guère possible d’économiser sans investissement préalable.  n

La chaleur terrestre peut être utilisées par le biais de serpentins ou d’une cavité aménagée sous la porcherie. En hiver, l’air est réchauffé, ce qui économise de l’énergie de chauffage. En été, la porcherie est refroidie (photos: ART, Krieger, mo).

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Forum Energie n Valoriser son propre bois

Energissima est un salon proche des préoccupations de nombreux agriculteurs. (photos: Alain Douard)

Grand succès du Salon ­Energissima à Fribourg

Energissima, le salon suisse des énergies renouvelables, a attiré beaucoup d’agriculteurs. Et si de grands projets les visiteurs recherchaient souvent des solutions pour leurs besoins propres. Alain Douard

«Je suis venu voir et m’informer», confie un agriculteur vaudois. «Je possède déjà un capteur solaire pour l’eau chaude sanitaire et je songe à des panneaux photovoltaïques. Mais c’est un investissement qui demeure élevé pour une rentabilité à vraiment long terme. Je ne vais pas me lancer tout de suite!» Le salon Energissima à Fribourg, après quatre jours de forte affluence (45 000 visiteurs, soit 45% de plus que lors de la première édition), a attiré une forte proportion d’agriculteurs, remarque Sylvain Boéchat, d’Agridea, présent sur l’espace collectif consacré à la branche, sous la houlette de l’Institut agricole de Grangeneuve. La profession est bien entendu très directement impliqué dans la question des énergies, comme consommatrice mais aussi pour fournir des kilowattheures de plus en plus précieux dans notre société. Un tour parmi les 150 stands du salon offrait une vision très large de l’ampleur de la problématique et du nombre d’acteurs impliqués de façon très diverses dans les questions énergétiques. XXL Recycling est, par exemple, active dans le recyclage de plastiques, y compris de films plastiques agricoles ou d’emballages. «La réutilisation des matières plastiques

est une importante source d’économie d’énergie», explique Bernard Roussel, de la société du même nom et partenaire de XXL Recycling. Cette dernière rétribue même ses fournisseurs de matériaux usagés pour les livraisons en gros de matières triées. «Elles sont ensuite transformées en granulés qui peuvent être réintroduits dans le circuit», montre Bernard Roussel. «Mais même l’incinération dans un centre spécialisé permet de récupérer des calories».

Le secteur primaire est un producteur d’énergies renouvelables important.

Projets d’installations de biogaz, surfaces photovoltaïques, capteurs solaires thermiques, énergie bois, fourniture de biomasse: les spécificités du secteur agricole en font un partenaire de choix pour la fourniture, les économies et la consommation d’énergie. Très prosaïquement, au niveau de chaque exploitation, la rentabilité économique se joue sur le long, le très long terme. Exemple avec la comparaison bois – énergie solaire pour la préparation d’eau sanitaire: «Un propriétaire de forêt façonne son bois de feu. Vu la hausse du prix de ce combustible, vaut-il mieux pour lui vendre ses stères à des tiers et installer un chauffe-eau solaire ou bien utiliser ces bûches pour chauffer cette eau?» Alain Bromm d’Energie-Bois Suisse n’hésite pas: «Le prix d’une installation solaire pour l’eau chaude sanitaire s’élève à une quinzaine de milliers de francs et ne couvre en moyenne que 65% des besoins. La durée d’amortissement est très longue: d’un point de vue strictement économique, mieux vaut donc, encore, brûler son propre bois qui fournit des kilowattheures à 5 ou 6 centimes.» Par contre, vu la hausse du prix des énergies «achetées», le solaire est de plus en plus avantageux face à l’électricité ou aux combustibles fossiles, «une tendance qui va continuer de s’accentuer», prévoient tous les spécialistes. Et qui encourage les organisateurs du salon à poursuivre: en 2009, Energissima se déroulera du 23 au 26 avril.  n

Et si on économisait la lumière? Le solatube est un puits de lumière qui peut atteindre plusieurs mètres, original, pas trop coûteux et qui s’adapte à la plupart des bâtiments.

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n TA actualité Est-ce que cela progresse de manière durable?

Les membres du Forum technique agricole suisse: Andreas Furgler, Robert Kaufmann, Paul Steffen (direction), Sepp Knüsel, Thomas Anken, Robert Zimmermann, Josef Meyer, Heinz Aebersold, Franz Nydegger, Thomas Meier, Sylvain Boéchat, Ruedi Gnädinger, Franz Schreier, Willy von Atzigen, Hans Staub, Fritz Hirter, Ueli Wolfensberger, Fritz Marti, Ruedi Burgherr und Urs Hofer (depuis devant à gauche à derrière à droite)

Technique agricole en 2020: avis d’experts En avril, un workshop du Forum technique agricole a eu lieu au Centre de formation métallurgie/technique agricole de l’Union Suisse du Métal (USM) à Aarberg. Ce forum a été fondé à l’initiative de la station de recherches Agroscope Reckenholz-Tänikon ART et poursuit l’objectif de lier étroitement les acteurs de la technique agricole suisse et de participer activement aux développements du futur. Thomas Anken, Paul Steffen, Robert Kaufmann, Franz Nydegger, Matthias Schick et Ueli Wolfensberger*

L’objectif de ce workshop consistait à pronostiquer l’évolution future de la technique agricole jusqu’en 2020. Tous les experts présents étaient unanimement de l’avis que la situation économique de l’agriculture, marquée depuis des

* Tous travaillent à la Station de recherches Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, CH-8356 Ettenhausen

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années par des excédents et des baisses de prix, a atteint un niveau plancher. L’on compte à l’avenir avec une évolution des structures continue, mais modérée, avec des prix en légère hausse. La production de bioénergie ne devrait avoir qu’un impact modeste en Suisse, compte tenu de la surface limitée à disposition. Le progrès technique continuera de modifier les méthodes de production. Après la phase de l’augmentation massive des dimensions de toute sorte, l’on peut s’attendre à une tendance vers des systèmes intelligents, travaillant précisément et communiquant vers l’extérieur. Un potentiel important se trouve encore dans la technologie de l’information.

Thomas Meier, de l’état-major de direction de l’Office fédéral de l’agriculture, a décrit dans son exposé introductif quelles pourraient être les principales forces vives de l’agriculture. Les deux éléments principaux seront certainement l’augmentation de la population mondiale et l’amélioration des conditions économiques des pays émergents, comme la Chine et l’Inde. Un pouvoir d’achat supérieur conduit à une consommation accrue de viande qui entraîne un besoin plus important de fourrage sur le plan mondial. D’autre part, la pénurie de matière première sera accentuée par la production de bioénergie, stimulée encore par le prix élevé du pétrole et en partie par des subventions. Certaines projections montrent que le problème global de l’énergie ne se résoudra pas avec la production de bio­ énergie. Ce n’est au mieux qu’un faible pourcentage de l’énergie fossile actuelle qui pourra se voir remplacer de la sorte. Se fondant sur une étude de la FAO, Thomas Meier estime que la demande croissante en produits végétaux et animaux ne peut être assumée par l’exploitation des terres en friche ou l’augmentation de la productivité. Il faut donc admettre que l’ère des produits agricoles à bas prix s’avère définitivement révolue. Cet exposé richement documenté se trouve sous www.art.admin.ch >Themen >Agrartechnikforum.

Tendances jusqu’en 2020 Les avis des membres du Forum technique agricole, quant aux tendances à attendre et à leurs effets sur l’évolution technique dans l’agriculture, divergent assez fortement. La figure 11 expose les estimations des experts relatives aux éléments d’influence du développement de la technique agricole et de la mécanisation en Suisse: • L’on compte encore avec une évolution modérée des structures. Dans la même mouvance, l’on estime que l’abandon des zones marginales se poursuivra modestement. Par ailleurs, la part de terres ouvertes ne devrait pas connaître de grande évolution. • Une importance moyenne à élevée est accordée au progrès technique. • En raison des augmentations des prix de l’énergie, les coûts des carburants joueront à l’avenir un rôle plus im-


TA actualité n portant. Les méthodes économisant l’énergie doivent obtenir davantage d’attention de la part de la recherche et du conseil. • C’est en ce qui concerne la demande en bioénergie que les avis divergent le plus. Certains pensent que ce thème deviendra important aussi en Suisse, alors que d’autres prétendent que la production d’énergie sur la base de la biomasse n’a que très peu de chances en raison des coûts de production élevés. • Sur la base des prévisions actuelles, les participants sont unanimes à penser que les changements climatiques n’auront aucune incidence marquée sur l’agriculture suisse à moyen terme. • La politique agricole, accords éventuels dans le cadre de l’OMC ou l’UE inclus, aura un effet moyen à élevé de l’avis de chacun. Les experts sont d’accord avec Thomas Meier quant au fait que les prix des produits agricoles plus élevés et les méthodes de production plus économiques pourraient en amortir les conséquences.

Technologie de l’information plus importante dans la culture des plantes En ce qui concerne les tracteurs, l’on est d’accord que leur puissance poursuivra son ascension. Les tracteurs les plus gros des exploitations de l’an 2020 devraient développer une puissance de 115 CV environ, ce qui correspond à une augmentation de quelque 20 CV. L’équipement électronique des machines high-tech va certainement continuer, bien qu’il faille s’attendre à ce que des machines lowtech meilleur marché conservent à l’avenir une certaine importance. L’on attend un volume de marché stable en Suisse de 1500 à 2000 tracteurs par année. Pour diminuer les coûts de production, les agro-entreprises et autres formes de collaboration interentreprise vont encore gagner en importance. La croissance attendue devrait se produire davantage dans les grandes cultures qu’en production fourragère. Malgré le coût élevé du labour, l’on compte avec une faible augmentation des surfaces exploitées sans labour. La sécurité en terme de rendement offerte par le labour gagne en importance avec l’augmentation attendue des prix. Le rôle de la technologie de l’information pour gérer les processus et transférer les

données devrait se renforcer notablement. Malheureusement, le manque de normes ou leur non application empêche un échange de données rationnel, les systèmes des différents constructeurs étant souvent incapables de communiquer entre eux. Pour améliorer les flux d’information, des systèmes intégrés allant des champs à la facturation, la comptabilité et les relevés cartographiques parcellaires. Hormis toutes les questions techniques, les aspects organisationnels gagnent en importance. Une planification du travail et la prise de décision professionnelles s’avèrent essentielles pour une production végétale hautement exigeante. La professionnalisation des décisions par le biais de systèmes de prévision, ou la délégation d’une partie des options d’entreprise à un agro-entrepreneur, prendra de l’importance. Avec toutes ces nouvelles techniques, il s’agit de rester attentif au fait que celles-ci doivent servir les intérêts des hommes et non le contraire. Est-ce qu’une meilleure organisation ou une technique moderne permettra d’éviter que la pression du travail et les tensions dans les exploitations n’augmentent encore?

Etables pour vaches laitières plus grandes et mieux équipées Les tendances en matière de construction et d’équipement des étables pour vaches laitières sont jugées de manière assez uniforme par les experts. Pour les investissements dans les bâtiments, l’horizon 2020 est plutôt court. Les constructions neuves devraient voir se réaliser des étables en stabulation libre pour quelque 40-60 vaches laitières. Des étables ouvertes et normalisées, qui s’intègrent bien dans le paysage, devraient avoir la préférence. Les solutions économiques à caractère provisoire (ex: étables-tentes) ne devraient pas se développer chez nous en raison des conditions légales et climatiques, ainsi que l’attachement à la tradition des agriculteurs suisses. Comme système de détention, les stabulations libres avec boxes sur couche profonde conservent un fort potentiel pour l’avenir. La salle de traite tandem 2 x 3 ou, à choix, la salle de traite en épi 2 x 4 pourraient constituer la tendance en matière de technique de traite. Cependant, de nombreux chefs d’exploitation montrent un intérêt envers les systèmes

de traite automatiques. Le flux d’informations à l’intérieur de l’exploitation et vers les systèmes extérieurs (ex: banque de données sur le cheptel des fédérations d’élevage) jouera un rôle toujours croissant. Un potentiel non négligeable est envisagé avec l’automatisation de l’affouragement. Les premières bases sont disponibles. Cependant, les coûts relativement élevés posent encore des limites importantes à une application pratique généralisée.

Résumé Les prix élevés de l’énergie et des denrées alimentaires sur les marchés mondiaux influencent fortement l’agriculture suisse également. Le seuil très bas, en vigueur depuis longtemps, des prix des produits agricoles semble lentement s’estomper. Bien que les effets de la production de denrées alimentaires et les techniques de production aient davantage de signification ailleurs dans le monde, celle-ci augmente cependant en Suisse également. Hormis les pures augmentations de performances, les systèmes intelligents et connectés entre eux gagneront en importance à l’avenir. Ils ne doivent pas seulement optimaliser les processus de travail, mais aussi offrir les données nécessaires à une production écologique et rentable.  n

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AgroSpot n ment par les passages permanents. Il n’y a donc plus aucun trafic entre des passages. Les besoins énergétiques pour la préparation du sol, et partant la consommation de carburant, peuvent être réduits en raison de la structure plus meuble du sol et des chevauchement limités entre les passages. Condition pour un tel procédé et la reprise des passages d’année en année, un système de guidage parallèle GPS très précis est incontournable.

L’Australie est leader Tous les travaux s’effectuent, avec le CTF, dans des passages permanents. En Australie, les tuyaux de déchargement des moissonneuses-batteuses sont prolongés pour cela et les remorques de transport adaptées en conséquence.

Controlled Traffic Farming – les machines sur un passage fixe Les sols doivent être ameublis la plupart du temps parce qu’ils ont été compactés lors de la récolte précédente, en particulier par les travaux de transport. Au lieu de toujours les tasser et les ameublir, il serait plus opportun de ne pas les compacter. Le «Controlled Traffic Farming» (CTF) ouvre une nouvelle voie avec des passages fixes. Thomas Anken, Martin Holpp, Robert Kaufmann *

Nouveau principe: séparation des espaces de passage et de culture Les causes principales du tassement du sol des surfaces agricoles sont les passages répétés dans des conditions trop humides. Hormis les effets agronomiques négatifs, ces tassements favorisent le ruissellement des nutriments et l’érosion. Diverses mesures existent pour éviter le tassement du sol, connues d’ailleurs de longue date: limiter la pression au sol en augmentant la surface de contact des pneus, en diminuant la charge sur les essieux, en roulant dans les champs dans de bonnes conditions d’humidité, etc. L’expérience montre que des surfaces de contact plus importantes soulagent effectivement le sous-sol, mais que la partie supérieure de celui-ci subit tout de même un tassement important. * La rubrique AgroSpot relate les comptesrendus des projets de recherche actuels de la station de recherche Agro­scope ART, Tänikon. Les thèmes relatifs à la technique interne et externe de l’entreprise sont prioritaires.

Les spécialistes sont unanimes, la limitation des passages a un effet positif sur les sols. Avec la nouvelle méthode du Controlled Traffic Farming (CTF), ce principe est appliqué par un passage unique et permanent valable pour l’ensemble des travaux. CTF se base sur des largeurs de travail déterminées et une voie uniforme. L’ensemble des travaux se fait exclusive-

Après un départ hésitant au début des années 90, le CTF a connu un essor important en Australie en raison des progrès réalisés sur les plans technique et économique par les systèmes de guidage en parallèle. Actuellement, quelque 2 millions d’hectares sont cultivés en CTF en Australie, principalement pour les cultures moissonnées et la canne à sucre. Les premiers résultats de recherche européens, provenant de Grande-Bretagne, des Pays-Bas et du Danemark, démontrent que le CTF pourrait être intéressant dans les conditions européennes également. La station de recherche Agroscope Recken­ holz-Tänikon ART examine dans un essai pratique les effets du CTF sur le sol, ainsi que le potentiel agronomique et la faisabilité technique de cette méthode, ceci avec des machines aussi proches que possible de la pratique. Ensuite, des conclusions pourront être tirées quant aux possibilités d’améliorer l’efficacité des grandes cultures et des fonctions écologiques du sol par le CTF dans nos conditions.  n

� moisson�

surface de passage

� semis

surface cultivée

travail du sol & semis �

� travail du sol

Méthode conventionnelle

CTF

Comparaison des surfaces avec et sans passage pour les méthodes conventionnelles avec passages aléatoires, ainsi que semis direct avec CTF.

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n Marché des machines

La FR 9060 en action pour la première fois. Sa cabine offre une vision circulaire optimale, par exemple sur le canal d’éjection qui peut être orienté sur 210°. Le niveau de bruit dans la cabine est très modeste avec 77 db(A).

Grunderco a fêté ses 60 ans

de la récolte en fonction de la masse et du degré d’humidité. Cela signifie moins de fourrage torsadé lors de l’ensilage de l’herbage des prairies et, partant, une réduction des besoins d’énergie de 20 pour cent, a expliqué le responsable de la filiale Gunderco à Aesch, Bruno Galli. En ce qui concerne la technique de récolte du fourrage, la presse à balles rondes NH 6090 Combi et la presse à grandes balles NH 949 Packer ont également brillé lors de cette présentation. Le contraste avec la presse à haute densité New Holland, importée des USA il y a juste 60 ans par Rodolphe Grunder, est frappant. L’une des quatre machines a trouvé refuge dans le musée de machines agricoles de Chiblins. Elle a spécialement été remise en état de marche pour la fête à Aesch. Elle est parvenue, certes à allure réduite, à constituer pièce par pièce des balles carrées bien formées et correctement compactées.  n

Depuis 1948, la firme genevoise Grunderco, à Satigny, importe les machines de technique de récolte New Holland. Son 60e anniversaire a été célébré par une belle fête et une démonstration de machines dans sa filiale alémanique à Aesch LU. Ueli Zweifel

La collaboration intensive entre Grunderco et New Holland depuis 60 ans constitue la plus ancienne relation d’affaires d’un importateur NH hors EtatsUnis, souligna Christian Peney. Aussi bien qu’à l’époque, Grunderco est aujourd’hui et sera demain à la recherche de la meilleure solution pour ses clients en offrant un service de premier ordre, à l’instar de son piquet 24 heures sur 24. Les salutations de New Holland ont été transmises par le directeur de NH Europe, Carlo Lambro. Selon lui, le marché suisse n’est évidemment pas le plus grand, mais il s’avère essentiel en tant que marché test. Grunderco est un partenaire de confiance, capable d’affirmer et de renforcer la position de tête de la technique de récolte New Holland en Suisse, affirma-t-il.

60 ans de collaboration L’entreprise Grunderco a été créée en 1925 par Rodolphe Grunder. Celui-ci vendait à l’époque les premières faucheuses-lieuses et il installa son atelier à Meyrin GE en 1934. En 1948, il noua des relations commerciales en Pennsylva-

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nie en important en Suisse les premières «presses à haute densité» New Holland. Quatre ans plus tard, il tissa des liens avec l’usine-mère de New Holland à Zedelgem (Belgique). Leon Claeys s’occupait là depuis 1906 de technique de récolte et de batteuses. L’année 1952 marquait l’arrivée des premières moissonneusesbatteuses en Europe, et Grunder importa en 1954 les premières moissonneusesbatteuses Claeys en Suisse. Les relations d’affaires entre New Holland et Grunderco et son siège central de Satigny GE comme importateur s’est développé très positivement depuis 60 ans. New Holland a une part de marché d’un tiers des moissonneuses-batteuses et d’un quart dans celui des presses à balles rondes.

Musée romand de de la machine agricole à Chiblins Ne pas oublier: Fête des moissons et des fenaisons samedi/dimanche 16 et 17 août

Démonstration de machines Lors de son jubilé à Aesch, Grunderco a présenté pour la première fois l’ensileuse automotrice FR 9060, de la nouvelle série New Holland, équipée d’un moteur Iveco/Cursor TCD de 537 CV (selon ECE R120) avec réintroduction des gaz d’échappement. Les nouvelles machines disposent du système breveté Variflow, placé entre le tambour de hachage et le souffleur, qui permet la maximisation du débit d’entrée et de sortie

Victor Bertschi, pionnier du musée agricole de Chiblins, met le Wisconsin 4 cylindres en marche. Avec ses collègues Michel Grosjean et Daniel Guidon, il présenta à Aesch l’une des quatre presses HD New Holland importées par Rodolphe Grunder en 1948.


Nouvelles des sections n

Pöttinger Jumbo 6600 D CombiLine

Les praticiens apprécient le «tapis» de fourrage coupé court, mais encore bien structuré.

Ueli Zweifel

Avec le début de la saison de récolte de l’ensilage d’herbe, la première remorque combinée Pöttinger Jumbo 6600 D CombiLine a été très sollicitée. Avec la Pöttinger Jumbo 6600 D CombiLine, le dispositif de coupe muni de 45 couteaux permet une longueur de coupe théorique de 32 mm. Combiné avec le rotor de chargement, cela donne un fourrage coupé court qui reste bien structuré et donc adapté à l’estomac des ruminants. Des capteurs, placés au bord de la paroi antérieure, mesurent d’une part le niveau de chargement et empêchent une compression excessive du fourrage sous l’effet du fond mouvant. D’autre part, la construction compacte de l’autochargeuse, en métal profilé et poutrelles longitudinales, ainsi que la robustesse du fond mouvant, entraînent un compactage du fourrage et une utilisation optimale du volume de chargement. Tous s’accordent à dire que le tracteur doit délivrer sa puissance surtout pour actionner le fond mouvant, mais aussi pour tracter la machine et entraîner le dispositif de coupe. C’est pourquoi le constructeur conseille des tracteurs de 200 CV environ pour la Jumbo 6600. L’ouverture complète de la remorque L permet un déchargement rapide, alors que la remorque D dépose un «tapis de fourrage» exact et a, de ce fait, la prio-

Neuchâtel

Vaud

Gymkhana de tracteur aux Ponts-de-Martel

Gymkhana de tracteurs à Prahins, VD

Dimanche 27 juillet 2008

Les 29, 30, 31 août 2008

Le Gymkhana de tracteur est l’occasion de prouver la maîtrise pratique de tracteurs et les connaissances théoriques dans l’utilisation d’engins agricoles. De plus, il servira à désigner les 4 représentants neuchâtelois (2 par catégorie) prenant part à la finale du championnat suisse de conduite de tracteurs 2009 à Schaffhouse. Tous les conducteurs et conductrices de tracteurs, possédant un permis de conduire catégorie G ou autre permis autorisant la conduite de tracteurs, peuvent participer. Attention, seul les neuchâtelois pourront participer à la sélection cantonale pour le championnat suisse.

Vendredi 29: Tir à la corde Animation musicale

Trois catégories (inclus un parcours «mini juniors pour les enfants de 4 à 8 ans) A (14 à 17 ans): CHF 20.– B (17 ans et plus): CHF 25.– C (4 à 8 ans): CHF 5.– Inscriptions sur place avant 12 h

Le gymkhana est placé sous le patronage de la section VD de l’ASETA.

Samedi 30: Gymkhana de 13 à 17 h ­Karaoké le soir Dimanche 31: Gymkhana de 9 à 16 h Résultats à 20 h Tout au long du week-end, une petite restauration se tiendra à votre disposition. Pour tous autres renseignements: 079 580 89 74 Organisation: Société de Jeunesse de Prahins

Profitez de la collaboration entre l’ASETA VD et la maison Blaser Swisslube SA grâce à une offre spéciale du 20 mai au 10 juin 2008!

Tracteurs et engins divers mis à disposition par l’organisateur Prix 3 challenges seront attribués par catégorie, plus un prix souvenir par participant. 3 prix pour enfants pour la catégorie C Organisation Association neuchâteloise pour l’équipement technique agricole «ANETA» en partenariat avec le club des accordéonistes des Ponts-de-Martel

rité dans les silos-tranchées. Des capteurs du dispositif de dosage règlent automatiquement la vitesse d’avancement du fond mouvant. Pour la Jumbo 6600, l’usine indique un poids total garanti de 24 tonnes (4 ton-

nes de charge d’appui incluses). La remorque est autorisée pour 3 tonnes de charge d’appui et 23 tonnes de charge totale. Son prix avoisine les 145 000 francs.  n

juin/juillet 2008  Technique Agricole

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n ASETA

Assurer la ­charge!

Prochain numéro: 14. 8. 2008

L’ASETA propose, en collaboration avec la maison SpanSet, une offre spéciale à l’intention de ses membres.

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Combinaison, rouge, CHF 78.– 75% coton, 25% polyester Salopettes, rouge, CHF 58.– 75% coton, 25% polyester T-shirt, gris chiné, CHF 18.– 100% coton Montre ASETA, CHF 55.–

Age Taille CHF Quantité Age Taille CHF Quantité Taille Quantité Taille Quantité Taille Quantité Quantité

2 3 92 98 38.–

4 6 8 10 12 14 104 116 128 140 152 164 43.– 48.–

3 4 6 98 104 116 38.– 43.– 44

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Les frais d’envoi sont facturés en sus. Paiement à 30 jours, net. Nom Adresse Envoyer à ASETA, case postale, 5223 Riniken, fax 056 441 67 31

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Les thèmes:

février 2008  Technique Agricole

L

XL

70e année Editeur Association suisse pour l’équipement ­technique de l’agriculture (ASETA), Willi von Atzigen, directeur Rédaction Ueli Zweifel: red@agrartechnik.ch Edith Moos: edith.moos@agrartechnik.ch Abonnement, changement d’adresse case postale, 5223 Riniken tél. 056 441 20 22, fax 056 441 67 31 internet: www.agrartechnik.ch Annonces Büchler Grafino AG, Agro-Publications, Dammweg 9, case postale, CH-3001 Berne Barbara Gusset, tél. 031 330 3017, fax 031 330 30 57 inserate@agripub.ch, www.agripub.ch Vente des annonces Erich Brügger, tél. 032 338 31 20 e-mail: info@mbveb.ch Simone Gasser, tél. 031 330 3018 simone.gasser@agripub.ch Daniel Sempach, tél. 034 41510 41 daniel.sempach@agripub.ch Tarif des annonces Tarif valable: 2007 Rabais de 25% sur la combinaison avec Schweizer Landtechnik Imprimerie et expédition Weber Benteli AG, Industrie Bernstrasse Nord Bernstrasse 10, CH-2555 Brügg (Bienne) Coordination de production François Faivre Paraît 11 fois par an Prix de l’abonnement Suisse CHF 80.– par an (2,3% TVA incluse). Gratuit pour les membres ASETA. Etranger: CHF 105.–,  75.–. Le numéro 8/2008 paraîtra le 14 août 2008 Dernier jour pour les ordres d’insertion: 22 juillet 2008


Rapports ART

No 694 2008

Installations photovoltaïques dans les exploitations agricoles L’investissement vaut-il la peine? Christian Gazzarin, Thomas Zumbühl, Station de recherche Agroscope Reckenholz-Tänikon ART, Tänikon, CH-8356 Ettenhausen, E-mail: christian.gazzarin@art.admin.ch Peter Toggweiler, Enecolo AG, Lindhofstrasse 52, CH-8617 Mönchaltorf

Etant donné la future rétribution de l’injection du courant solaire à prix coûtant, les installations photovoltaïques représentent une nouvelle source de revenus pour les exploitations agricoles. Elles apportent des rentrées régulières, entraînent une charge de travail négligeable, mais exigent de gros investissements. Des calculs effectués sur trois installations-types de taille différente avec montage sur la toiture et intégration dans la toiture montrent que les investissements sont rentables sur la plupart des sites dans la mesure où les exploitants peuvent bénéficier de crédits d’investissements (CI) sans intérêt ou de crédits bancaires intéressants. Les taux de rétribution prévus ont été fixés de façon à ce que

les petites et moyennes installations permettent, elles aussi, d’atteindre une rentabilité généralement supérieure à celle de placements alternatifs à risque équivalent. La rentabilité est nettement pus élevée lorsque les modèles de financement sont avantageux, lorsque les travaux de montage sont effectués par l’exploitant et surtout lorsque les sites sont favorables. Le prix de revient de la production de courant fluctue entre 50 et 80 centimes suivant la situation et le type d’installation. Avant de demander un permis de construire pour une installation, il est recommandé de procéder à une étude de faisabilité approfondie, en tenant compte des aspects économiques, techniques et architectoniques.

Sommaire

Page

Glossaire 

38

Problématique 

38

Introduction 

38

Vue d’ensemble et principes techniques

38

Hypothèses pour les  40 installations PV sélectionnées Hypothèses relatives au  calcul de rentabilité 

40

Résultats

43

Conclusions 

45

Fig. 1: Avec une installation photovoltaïque intégrée dans la toiture, il est possible de produire à la fois du courant et de ventiler le fourrage sec (photo: Karl-Heinz Hug).

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n Rapports ART 694 Problématique

Glossaire

La production d’énergie à partir de ressources renouvelables suscite un intérêt croissant dans l’agriculture. La politique énergétique souhaitant promouvoir les énergies renouvelables, il est prévu que la rétribution de l’injection du courant soit garantie pendant plusieurs années. Toutefois, la construction d’une installation photovoltaïque entraîne de gros investissements suivant sa taille. En dépit de la rétribution d’injection garantie, elle représente donc un risque économique. Quelle est la rentabilité de telles installations dans le contexte agricole et quelle est l’influence des facteurs tels que le site, la technologie, la dimension de l‘installation et le financement sur la réussite économique?

AM Constante solaire, en anglais Air mass: modification des rayonnements solaire par une masse d’air comme l’atmosphère terrestre, un rayonnement solaire perpendiculaire à la surface du sol donne une valeur AM de 1, plus la course de rayonnement est longue, plus la valeur AM est élevée. CB Crédit bancaire (en général hypothèque) ESV Rétribution d’injection; prix d’achat garanti par kWh de courant Semi-conducteur p. ex. silicium, corps solide qui est à la fois conducteur et non conducteur en terme de conductibilité électrique. La conductibilité dépend largement de la température. PV Photovoltaïque CI Crédit d’investissement (sans intérêt) kWh Kilowatt heure kWp Kilowatt-Peak (kilowatt-crête), puissance nominale, PV: rendement des cellules solaires respectivement des modules solaires dans les conditions tests standards (STC) MWp Megawatt-Peak (megawatt-crête) STC Conditions tests standards: intensité de rayonnement 1000 W/m2 (angle STC d’incidence vertical), température des cellules 25 °C, constante solaire de 1,5 AM. Si Silicium

Introduction Les mesures visant à augmenter l’efficacité énergétique et la promotion des énergies renouvelables font partie des priorités de la future politique énergétique suisse. L’Ordonnance sur l’approvisionnement en électricité et la nouvelle Ordonnance sur l’énergie ont posé les premiers jalons politiques avec l’introduction de la rétribution garantie pour l’injection d’électricité (OFEN 2007). Dans le domaine des énergies renouvelables, l’agriculture dispose d’un potentiel considérable, à commencer par l’exploitation énergétique de la biomasse. La rentabilité des installations de biogaz a déjà fait l’objet d’études (Gubler et al. 2007). Le présent rapport ART souhaite étendre l’analyse aux installations photovoltaïques et donner ainsi aux exploitations intéressées des éléments pour prendre leur décision. Les bâtiments vastes et nombreux qui caractérisent les exploitations agricoles et qui, en raison des conditions économiques, devraient encore avoir tendance à s’étendre, offrent de bonnes conditions aux installations photovoltaïques. Contrairement à l’exploitation d’une installation de biogaz, l’utilisation de l’énergie solaire n’entraîne aucun surcroît de travail notable. C’est pourquoi ce mode d’exploitation de l’énergie convient surtout pour des exploitations avec une charge de travail élevée ou des surfaces réduites, ca-

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ractéristiques qui s’appliquent à un grand nombre d’exploitations agricoles en Suisse. Ces installations offrent la possibilité d’obtenir un revenu annexe grâce une nouvelle branche de production et une charge de travail supplémentaire limitée.

Vue d’ensemble et principes techniques En Suisse, à la fin de l’année 2006, la puissance totale des installations photovoltaïques était d’environ 29,4 MWp. Le marché annuel des nouvelles installations est d’environ 2 MWp en moyenne en Suisse (Hostettler 2007). Le potentiel du courant solaire à long terme est énorme et les toitures nécessaires existent déjà. D’après les calculs de la Fédération Swissolar, près de 30 % des besoins de la Suisse en électricité pourraient être couverts, si trois quarts des toitures adaptées (150 km2) étaient équipées de capteurs solaires (Swissolar 2007). La transformation de la lumière du soleil en courant électrique a lieu dans ce qu’on appelle les cellules solaires qui sont faites de matériaux semiconducteurs. Le silicium est le matériau le plus utilisé pour la construction de cellules solaires. L’oxyde de silicium est disponible de manière presque inépuisable dans le sable de la croûte terrestre. Toutefois, malgré sa grande disponibilité,

la production de silicium destiné aux cellules solaires à partir de sable est un procédé complexe et coûteux. La recherche et le développement technique étudient comment augmenter le rendement encore relativement faible des cellules disponibles dans le commerce et comment réduire les coûts très élevés pour rentabiliser la production de courant. Le développement de procédés de fabrication à coûts réduits et d’une technique simplifiée doit permettre d’atteindre ces objectifs. Grâce à des matériaux alternatifs pour les cellules et à des combinaisons novatrices, on peut espérer une augmentation du rendement à l’avenir, ainsi qu’une réduction des coûts.

Types de cellules solaires considérés Parmi les cellules solaires disponibles dans le commerce, il existe deux types de cellules solaires au silicium qui se distinguent par leurs propriétés: Les cellules solaires au silicium cristal­ lin: on distingue les cellules solaires au silicium mono- ou polycristallin. Dans le cas des cellules monocristallines, un seul cristal est extrait d’un minerai de silicium fondu extrêmement pur. Les barrettes ou les blocs monocristallins obtenus sont ensuite découpés en disques fins. Le procédé de fabrication complexe et les pertes de matériaux à la découpe font de ces cellules


Rapports ART 694 n de 230 V et d’une fréquence de 50 Hz. De plus, il assure une fonction de régulation et de réglage pour optimiser le rendement énergétique. La quantité d’énergie injectée est enregistrée par un compteur de production.

Générateur photovoltaïque Courant continu Onduleur Courant alternatif

Consommateur domestique Compteur de consommation

Compteur d’alimentation Réseau électrique public

Fig. 2: Schéma de fonctionnement d’une installation PV raccordée au réseaux.

les plus onéreuses, mais aussi celles avec le rendement de conversion le plus élevé. Pour fabriquer des cellules solaires polycristallines, des blocs sont coulés à partir du silicium fondu, puis découpés en disques fins après solidification. Un grand nombre de cristaux sont visibles et la surface de coupe présente la structure bleutée typique des fleurs de givre. En bordure des différents cristaux, on observe des défauts qui expliquent le rendement moindre. La fabrication est plus simple et le prix est donc légèrement inférieur. Pour une même puissance, les cellules solaires au silicium polycristallin qui sont meilleur marché ont besoin d’une surface plus importante étant donné leur rendement plus faible, de sorte que le prix par unité de puissance (kWp) ne se différencie pratiquement pas de celui d’une installation avec des cellules monocristallines. Les modules solaires avec des cellules au silicium cristallin sont soumis à une dégradation continue (perte de puissance) de 0,5 à maximum 1 % par an. Les cellules solaires au silicium amorphe/cellules solaires à couche ultramince: Le silicium ou un autre semi-conducteur est placé en couches ultraminces sur un substrat en verre ou autre, directement connecté en modules et hermétiquement scellé par une deuxième plaque de verre ou un autre matériau transparent. Les atomes de silicium ne forment par de structure cristalline, d’où le qualificatif d’amorphe. Dernièrement, les couches amorphes sont complétées par une fine couche monocristalline pour améliorer le rendement de conversion. Grâce au peu de matériaux nécessaires et aux avantages de la technique employée, les coûts de ces cellules solaires sont les plus réduits. Il faut cependant savoir que leur rendement est inférieur à celui des cellules solaires cristallines. Par contre,

elles sont moins sensibles à la température et peuvent mieux exploiter la lumière diffuse par ciel couvert. Les cellules solaires au silicium amorphe affichent une dégradation élevée au départ (jusqu’à 25 %). Par la suite, la dégradation attendue est limitée. La puissance indiquée par le fabricant se réfère à la puissance après achèvement de la dégradation initiale. La durée de vie des cellules au silicium amorphe est incertaine, car les valeurs font défaut. Leur garantie de puissance est en général nettement inférieure à celle des cellules cristallines. Outre les cellules solaires au silicium amorphe, il existe également d’autres modules ultraminces qui sont encore peu répandus sur le marché et qui posent encore des problèmes d’élimination et de recyclage.

Installation de courant solaire reliée au réseau Les modules solaires avec cellules solaires intégrées sont le principal élément d’une installation de courant solaire (cf. annexe). Les installations de courant solaire fonctionnent normalement en réseau ou en îlot. La principale différence entre les deux types d’installations est que l’installation reliée au réseau injecte du courant dans le réseau du fournisseur d’électricité local, tandis que l’installation en îlot est destinée à des applications hors réseau (souvent en liaison avec un stockage dans des batteries). La présente analyse n’a porté que sur des installations reliées au réseau (cf. fig. 2). Plusieurs modules solaires connectés, un ou plusieurs onduleurs et un raccord au réseau d’électricité local constituent une installation reliée au réseau produisant et injectant du courant solaire. L’onduleur convertit le courant continu des modules solaires en courant alternatif adapté d’une tension

Possibilités de réalisation et orientation des ­installations L’installation a généralement lieu sur le toit des bâtiments, afin d’éviter d’occuper des terrains supplémentaires. Dans les régions où les conditions de rayonnement sont appropriées, les grandes installations sont également érigées sur des surfaces dégagées. Sur les toits en bâtière, les modules solaires sont montés sur la couverture («sur la toiture») ou jouent eux-mêmes le rôle de couverture (intégration dans le toit; «dans la toiture»), ce qui permet d’économiser des tuiles et de l’eternit ondulé. Des modules solaires semi-transparents servent également d’éléments de façades ou sont utilisés pour faire de l’ombre, mais la fonction d’élément de construction prévaut. Généralement, les modules solaires devraient être placés de façon à ce qu’ils ne soient jamais à l’ombre pour éviter les pertes de rendement. Dans l’agriculture tout particulièrement, il existe de nombreuses toitures qui conviennent pour la réalisation d’installations de courant solaire. En cas de construction de bâtiments d’exploitation neufs, il est impératif de veiller à associer un dispositif de ventilation du foin. Les modules solaires intégrés dans la toiture peuvent assumer la fonction supplémentaire de collecteur solaire thermique. Pendant la ventilation du foin, les modules refroidissent, ce qui se répercute de manière positive sur le rendement en électricité. Non seulement l’exposition, mais aussi l’inclinaison des modules a une grande influence sur le rendement de l‘installation. L’angle d’inclinaison des modules est égal à la différence par rapport à l’horizontale. Pour la plupart des sites en Suisse, l’inclinaison optimale des modules est de 30° et l’orientation idéale vers le Sud.

Quel rendement en courant peut-on espérer? Le rendement du courant solaire (kWh/ m2*a) est une valeur décisive pour la rentabilité d’une installation. Le rendement dépend de différents facteurs d’influence et se calcule comme suit (cf. tab. 1): Rendement du courant solaire (kWh/m2*a) = SA * AF * WG * SV * D. Le rayonnement sur un site donné dépend aussi du niveau de

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n Rapports ART 694 l’horizon qui détermine le début et la fin du rayonnement solaire au cours de la journée, mais aussi de l’ombrage diffus et indirect. Ainsi, la lumière est légèrement plus intense sur une hauteur que dans une dépression. Les pertes du système relativement importantes pour le rendement en électricité dépendent d’une part de la température, du degré d’efficacité de l’onduleur, de la résistance du câblage et de la réflexion. Il est difficile de prévoir le rendement en électricité du fait de nombreuses incertitudes. Outre la fluctuation des rayonnements due aux conditions météorologiques, les facteurs liés au site, à la construction et au système ne peuvent pas être déterminés exactement au préalable. Des modèles informatiques permettent de calculer approximativement les rendements, resp. les pertes des différents systèmes sur un site donné.

Tab. 1: Facteurs déterminant le rendement potentiel en courant solaire. Rendement en énergie solaire R: Rayonnement (kWh/m2*a)

FO: facteur d’orientation

TR: taux de rendement du module %

PS: Pertes liées au système %

D: Dégradation % Influence de la température

Taux de rendement de l’onduleur et pertes liées aux câbles Réflexion

Energie électrique produite Energie solaire issue du rayonnement, resp. lumière; dépend notamment du site géographique, des conditions météorologiques, de l’orientation de la surface et de l’ombrage. Valeur indiquant l’écart par rapport à l’orientation optimale; l’orientation optimale (Sud, 30°-inclinaison du module) = 1. orientation Sud-Ouest ou 50°-inclinaison du module = 0,95. Capacité de conversion du module dans les conditions de test standards. Taux de rendement (TR) = puissance électrique (P) / rayonnement (R). Pertes dues en premier lieu à l’influence de la température, au taux de rendement de l’onduleur, aux câbles et à la réflexion des rayons. Recul du taux de rendement des modules solaires avec le vieillissement. Plus la température des cellules augmente, plus la puissance diminue; un mode de montage avec aération pardessous et par derrière limite le réchauffement. Capacité de conversion de l’onduleur du courant continu en courant alternatif conforme au réseau, résistance des câbles. Pertes par réflexion des rayons au niveau du module.

Tab. 2: Hypothèses techniques. Type de module

Hypothèses pour les installations PV sélectionnées Le tableau 2 présente la liste des principales hypothèses techniques.

Dimension des installations et hypothèses techniques Dans les exploitations agricoles en Suisse, on trouve des toitures de 100 à 1500 m2 ou plus. Elles remplissent souvent les principales conditions d’inclinaison (environ 30°) et d’orientation (au Sud ou légèrement déviées). Une étable moyenne suisse datant des années 80 pour 20 vaches laitières plus jeune bétail est recouverte d’une toiture en bâtière, avec une surface unilatérale de 250 à 280 m2. A partir de ces données, le calcul de rentabilité a pris en compte trois surfaces de toitures différentes de 70, 280 et 800 m2. Si l’on admet que le rendement du module est de 13,5 %, cela correspond à des installations d’une puissance d’env. 9, resp. 38, resp. 108 kWp (cellules solaires cristallines). Pour chacune des trois surfaces considérées, les calculs ont été faits avec des cellules solaires au silicium cristallin et amorphe, qui se distinguent par leur rendement et la surface nécessaire. En outre, les deux modes de montage ont été pris en compte (sur la toiture; dans la toiture). Au total, on obtient donc douze variantes (3*2*2). Pour les cellules solaires cristallines, la dégradation annuelle a été calculée de sorte qu’au bout de 25 ans, la puissance soit encore de 85 %, soit une dégradation

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Taux de rendement du module Surface nécessaire Durée d’utilisation réaliste Dégradation annuelle Dégradation moyenne (au bout de 12,5 ans) Pertes de rendement pour une installation dans la toiture Taux de rendement de l’onduleur Durée d’utilisation de l’onduleur Part de l’onduleur dans l’investissement total Pertes liées au système

annuelle de 0,6 %. Cette valeur se situe légèrement au-dessus de la puissance garantie par de nombreux fabricants qui n’est que d’environ 80 % au bout de 25 ans. Les pertes de rendement admises dans les installations «dans la toiture» sont dues à l’aération un peu moins bonne sous l’installation et à l’augmentation de la température du module qui en découle. Le fait que les cellules solaires au silicium amorphe ultraminces sont moins sensibles aux fluctuations de température que les cellules solaires mono- et polycristallines a également été pris en compte.

Rendement pour différentes conditions de rayonnement Le rayonnement étant considéré comme le principal facteur déterminant le rendement en électricité, il a été différencié par région (cf. fig. 3, tab. 3). Pour chaque catégorie de rayonnement, on a déterminé une moyenne régionale de rayonnement horizontal à l’aide d’un programme de calcul (PVGIS, Suri 2007) sur la base de lieux de référence.

13,5 % 7,4 m2/kWp ~ 30 ans – 0,6 % – 7,5 % 3 %

Cellules solaires au silicium amorphe en couches ultrafines 8 % 12,5 m2/kWp ~ 20 ans Déjà pris en compte Déjà pris en compte 0 %

> 90 % 10–15 ans 10 % 23 %

> 90 % 10–15 ans 10 % 20 %

Cellules solaires au silicium monocristallin

Cette moyenne a été adaptée à la surface du module présentant une orientation optimale. Les valeurs ainsi obtenues permettent de procéder à une découpe régionale, mais ne permettent pas de donner des avis précis sur les sites locaux individuels. Pour de tels résultats, il faudrait avoir des données de mesure plus précises. En outre, il faut savoir que la carte représentée repose sur d’anciennes données météorologiques (1983–1992). Pour les installations modèles calculées, on a choisi comme variante de référence une orientation optimale (Sud et inclinaison du module 30°) sur le site 2 (Plateau sans les régions à brouillard, Jura, Préalpes).

Hypothèses relatives au calcul de rentabilité Recettes Les recettes des ventes de courant sont le produit de la quantité de courant vendue (kWh) et du prix du courant par kWh. Le


Rapports ART 694 n Tab. 3: Sites et rayonnement (Source: PVGIS, Meteonorm). Rayonnement solaire optimal (kWh/m2*a)

Catégorie Région

Rayonnement solaire horizontal (kWh/m2*a)

Zones à brouillard du Plateau

1

1050

1200

Reste du Plateau, Jura, Préalpes

2

1150

1300

Sites de référence (région)

Coire, Bellinzona, Monthey (vallées alpines)

3

1250

1420

Sion, Davos (vallées alpines du Sud)

4

1350

1550

Samedan, St. Moritz (Haute-Engadine)

5

1382

1640

Global Irradiation

Units: [kWh/m2] 1050 .. 1100 1100 .. 1200 1200 .. 1300 1300 .. 1400 1400 .. 1500 1500 .. 1600 1600 .. 1700

Annual Mean 1983–1992

Swiss Federal Office of Energy, Berne

Fig. 3: Rayonnement solaire global en Suisse, horizontalement (Source: cartes topographiques nationales, Berne; données relatives aux rayonnement: Meteonorm).

Tab. 4: Taux de rétribution dans la nouvelle Ordonnance sur l’énergie. Catégorie d’installations

Puissance

Montée sur la toiture

Rétribution de l’injection (Fr. / kWh) 0,75 0,65 0,62 0,6 0,9 0,74 0,67 0,62

Jusqu’à 10 kW De 10 à 30 kW De 30 à 100 kW ab 100 kW Jusqu’à 10 kW De 10 à 30 kW De 30 à 100 kW A partir de 100 kW

Intégrée dans la toiture

Tab. 5: Investissements et rendement des installations modèles dans la région 2. Installation Sur la toiture: 70 m2 Sur la toiture: 280 m2 Sur la toiture: 800 m2

Puissance (kWp) 9,45 37,8 108

Dans la toiture: 70 m2 Dans la toiture: 280 m2 Dans la toiture: 800 m2

9,45 37,8 108

Cellules solaires au silicium cristallin Rendement InvestisseInvestisse(kWh / an) ment (Fr./kWp) ment Total Fr. 8 740 8 900 84 105 34 950 7 804 294 982 99 850 7 378 796 839 8 470 33 900 96 850

10 947 9 111 8 265

103 449 344 410 892 603

Cellules solaires au silicium amorphe en couches ultrafines Puissance Rendement Investissement Investissement (kWp) (kWh / an) (Fr./kWp) Total Fr. 5,6 5 820 8 277 46 351 22,4 23 260 7 257 162 568 64 66 460 6 862 439 147 5,6 22,4 64

5 820 23 260 66 460

10 181 8 474 7 686

57 012 189 808 491 923

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n Rapports ART 694 prix du courant par kWh dépend de la rétribution d’injection selon la révision de la Loi sur l’énergie (cf. tab. 4). Le tableau 5 répertorie les rendements de courant calculés pour les installations modèles en kWh par an.

Montant d’investissement Les investissements (cf. tab. 5) englobent les installations prêtes à l’emploi avec modules solaires, onduleurs, câblage, planification et montage (main-d’œuvre et dispositifs de montage). Le raccordement au réseau n’est pas compris. Pour le raccordement au réseau, il faut également tenir compte des coûts de l’électricien (coûts qui n’interviennent qu’une fois) et pour les installations de plus de 10 kWp, de l’inspection du courant fort. Les installations de grande dimension, situées dans des exploitations qui se trouvent en dehors de la zone d’urbanisation principale, doivent éventuellement s’attendre à des coûts de raccordement supplémentaires, pour cause d’adaptations techniques. Après dépouillement des offres et des indications des fournisseurs, on a estimé que l’investissement pour une installation de 70 m2 avec cellules solaires au silicium cristallin représentait une valeur initiale de CHF 8900.–/kWp. Cette valeur sert de point de départ pour différencier le coût des installations en fonction de leur type et de leur dimension. Pour les installations de même surface avec cellules solaires amorphes à couche ultramince, la valeur initiale a été abaissée de 7 %, car cette technologie est meilleur marché du fait de son mode de fabrication plus simple. Le retour d’investissement par kWp plus la surface et /ou plus la puissance augmente, c’est-à-dire l’effet d’échelle, est significatif pour les petites installations jusqu’à une puissance d’environ 30 kWp, tandis qu’il diminue relativement vite après. Ce phénomène peut être dû à ce que le module solaire qui est la part de l’installation la plus coûteuse, mais aussi le nombre des onduleurs évoluent de manière linéaire par rapport à la dimension de l’installation. Une dégression des coûts ne peut donc être obtenue que par des rabais sur les quantités. La valeur de base des installations intégrées «dans la toiture» est 23 % supérieure à celle des installations «sur la toiture». Cette estimation repose sur les valeurs calculées des taux de rétribution de l’injection du courant. Le démontage et l’élimination d’une éventuelle toiture existante ainsi que les éventuels travaux d’adaptation n’ont pas été pris en compte. On peut supposer que les installations intégrées dans la

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juin/juillet 2008  Technique Agricole

toiture des bâtiments agricoles pourraient être réalisées de manière encore plus économique selon les cas. Il est possible de réaliser des économies sur les investissements si une partie au moins des travaux de montage des modules est effectuée par l’agriculteur lui-même. Les calculs n’ont toutefois pris en compte aucune prestation propre de ce type.

Amortissements, coûts du capital, entretien La structure des coûts des installations photovoltaïques est relativement simple, le poste le plus important étant celui des amortissements, suivi des coûts du capital, qui sont déterminés par les taux d’intérêt et des coûts d’exploitation (entretien, réparations, divers) et sont plutôt subordonnés. Les coûts d’entretien annuels (principalement assurances et travaux d’entretien réguliers) ont été chiffrés à 0,8 % de la somme d’investissement. La durée d’amortissement des différents éléments de l’installation est variable et se situe légèrement en dessous de la durée d’utilisation technique (cf. tab. 2). Dans les installations avec cellules solaires au silicium cristallin, l’onduleur est amorti sur 10 ans, la durée d’utilisation technique est actuellement d’environ 15 ans. Les modules solaires et le reste de l’installation sont amortis sur 25 ans, à l’instar de la rétribution d’injection garantie qui est prévue pour 25 ans. La durée de vie des cellules solaires au silicium amorphe est actuellement jugée plus réduite, ce qui explique que ce type d’installations soit amorti sur 15 ans. La garantie offerte par de nombreux fabricants ne dépasse souvent pas cinq ans, car on ne dispose pas d’expérience sur une longue durée. Par conséquent, en ce qui concerne la durée d’amortissement, les bases solides font encore défaut. En ce qui concerne le financement, on estime la part de capitaux propres à 20 % avec un taux d’intérêt de 3 %, ce qui correspond approximativement au taux d’intérêt des obligations fédérales sur dix ans: 2,91 % (état novembre 2007). On suppose également l’ouverture d’un crédit d’investissement sans intérêt (CI) d’un montant de CHF 200 000.– max., soit 50 % de l’investissement total. Suivant la situation de l’exploitation, le CI maximum ne peut pas être entièrement exploité par manque de garanties. C’est pourquoi dans la situation de référence, le CI a été fixé à 25 % de l’investissement total. Le montant restant est financé par un crédit bancaire (CB) avec un taux d’intérêt moyen de 5 %.

Résultats économiques La rentabilité se mesure à l’aide des quatre résultats économiques suivants: 1. Les bénéfices ou pertes calculées constituent la différence entre les recettes et les coûts totaux. Des bénéfices représentent un dédommagement pour le management et les risques, après que la main-d’œuvre et les capitaux aient été indemnisés. 2. La rentabilité du capital total ou le rendement du capital (correspond approximativement au «Return on Investment», ROI) est une valeur permettant de mesurer la rentabilité d’un investissement en mettant les bénéfices ou les pertes en rapport avec le capital investi. Les coûts des intérêts sont soustraits des coûts totaux, pour les capitaux empruntés comme pour les capitaux propres. La différence par rapport aux recettes totales est divisée par la somme investie. Il faut savoir que les crédits d’investissement éventuels font certes partie du capital investi, mais sont sans intérêt. 3. La rentabilité des capitaux propres ou rendement des capitaux propres représente les bénéfices ou les pertes par rapport aux capitaux propres investis. Les coûts des intérêts des capitaux propres sont soustraits des coûts totaux (en fonction des intérêts calculés). La différence par rapport aux recettes totales est divisée par les capitaux propres investis. La rentabilité des capitaux propres peut être comparée à celle de placements alternatifs. Un taux d’intérêt de 3 % pour une durée d’amortissement de 25 ans est considéré comme atteint lorsque le rendement des capitaux propres est d’au moins 1,74 % (taux d’intérêts moyen des capitaux immobilisés). 4. Les coûts de revient du courant (cts./ kWh) se calculent en divisant les coûts totaux par la quantité de courant produite. Il s’agit du point de break-even ou de seuil de bénéfices, c’est-à-dire du prix du courant nécessaire pour pouvoir couvrir les coûts (bénéfices =0). Cette valeur est utile pour comparer avec les autres procédés de production de courant.


Rapports ART 694 n Résultats 70 000

Influence du type et de la dimension de l’installation

Bénéfices/Pertes (Fr./an)

60 000 50 000 40 000 30 000 20 000 10 000 0 70 m2 cristalline Coûts

280 m2 cristalline Recettes

800 m2 cristalline

Bénéfices/Pertes

Fig. 4: Recettes, coûts et bénéfices des installations modèles cristallines dans la variante de référence.

Tab. 6: Rentabilité des installations modèles dans la variante de référence (CI 25 %). Rendement du capital

70 m2 cristalline

280 m2 cristalline

800 m2 cristalline

70 m2 amorphe

280 m2 amorphe

800 m2 amorphe

Sur la toiture

2,4 %

2,5 %

2,6 %

1,6 %

2,1 %

2,0 %

Dans la toiture

2,0 %

2,2 %

2,2 %

1,4 %

2,1 %

2,0 %

Rendement des capitaux propres Sur la toiture

3,9 %

4,6 %

4,8 %

0,1 %

2,8 %

2,2 %

Dans la toiture

1,8 %

2,7 %

2,5 %

–1,0 %

2,8 %

2,2 %

4000 3000 2000 1000

Montage

800 m2 amorphe

280 m2 amorphe

70 m2 amorphe

800 m2 cristalline

–1000

280 m2 cristalline

0

70 m2 cristalline

Bénéfictes/Pertes (Fr./Jahr)

5000

Intégration

Fig. 5: Influence du type de module et du mode de montage sur les bénéfices, resp. les pertes (variante de référence).

Dimension de l’installation En ce qui concerne les résultats, il faut tout d’abord comparer la dimension des installations, puis considérer l’influence du type de module et du mode de montage. La figure 4 représente les recettes, les coûts et les bénéfices/pertes de la variante de référence avec les modules cristallins. On constate que les bénéfices réalisés, qui sont au maximum de CHF 4800.– par an (pour 800m2), se situent à un niveau modeste. Les bénéfices absolus doivent être considérés par rapport à l’investissement. C’est pourquoi la rentabilité des capitaux constitue une meilleure valeur de comparaison (cf. vue d’ensemble dans le tab. 6). La rentabilité des capitaux propres investis est de 3,9 % dans la petite installation et de 4,6 %, resp. 4,8 % dans les installations plus grandes. Par conséquent, le taux d’intérêt calculé (taux d’intérêt moyen des capitaux immobilisés: 1,74 %) est nettement dépassé dans tous les cas. La différence entre l’installation moyenne (280 m2) et la grande installation (800 m2) est très faible. Elle tient d’une part à l’échelonnement de la rétribution de l’injection de courant et d’autre part, aux faibles effets d’échelle, ce qui différencie la photovoltaïque des autres sources d’énergie alternative, comme le biogaz ou les éoliennes. Type de module et mode de montage La figure 5 présente les bénéfices ou pertes de tous les types d’installations, en tenant compte du type de module amorphe et du mode de montage Intégration dans la toiture (colonnes bleu clair). Sur la base des hypothèses de départ, les installations avec modules amorphes sont moins rentables que les installations avec modules cristallins. C’est surtout le cas des petites installations. La rentabilité des installations amorphes dépend cependant largement de la durée d’amortissement, qui est encore sujette à d’importantes incertitudes. Une intégration dans la toiture de modules solaires cristallins semble moins rentable qu’une construction sur la toiture, sachant qu’on estime que l’investissement est 23 % supérieur. Une intégration dans la toiture de modules solaires amorphes affiche des résultats similaires à légèrement meilleurs qu’un montage sur le toit (exception: petite installation). Etant donné la double fonc-

juin/juillet 2008  Technique Agricole

43


n Rapports ART 694 Tab. 8: Rentabilité des installations cristallines sur différents sites (montage sur la toiture). Rendement du capital

70 m2 280 m2 800 m2 cristalline cristalline cristalline

Poste

Unité

Valeur

Surface Puissance nominale

m2

280

kWp

37,8

1,6 %

1,8 %

1,8 %

Site 2

2,4 %

2,5 %

2,6 %

Rayonnement attendu en cas d’orientation optimale

kWh/m2 et an

1298

Site 3

3,1 %

3,3 %

3,3 %

Rendement attendu par an

kWh/an

34 946

Rendement par kWp de puissance

kWh/an

924,5

Site 4

3,9 %

4,1 %

4,1 %

Site 5

4,7 %

4,9 %

4,9 %

Remarque

Rendement

Site 1

Rendement des capitaux propres

13,5 % (taux de rendement du module) de 280 m2

Rayonnement * facteur d’orientation * puissance nominale. Déduction faite des pertes liées au système (23 %) et de la dégradation moyenne (7,5 %) Rendement par an divisé par la puissance nominale

Site 1

0,1 %

0,7 %

0,9 %

Recettes

Site 2

3,9 %

4,6 %

4,8 %

Pour les premiers 10 kWp

Fr./an

6 934

10 kWp * rendement / kWp * 0,75

Site 3

7,5 %

8,3 %

8,5 %

Pour les 20 kWp suivants

Fr./an

12 018

20 kWp * rendement / kWp * 0,65

Site 4

11,5 %

12,4 %

12,6 %

Site 5

15,4 %

16,4 %

16,6 %

tion des installations intégrées dans la toiture, il faut cependant tenir compte du fait qu’on économise la couverture de toit. Suivant le matériau utilisé pour la couverture, cette solution peut permettre d’économiser CHF 34.– (tôle profilée) à CHF 70.– (tuiles) par m2. Pour les constructions neuves ou les toits qui devront être rénovés dans les trente prochaines années, cette forme de montage doit être privilégiée, d’un point de vue économique également. La rentabilité de tous les types d’installations est répertoriée dans le tableau 6. Le rendement du capital oscille entre 1,4 % et 2,6 % suivant l’installation. Le rendement des capitaux pro-pres pour 20 % de capitaux propres est compris entre –1 % et 4,8 %. Les installations plus petites affichent des rentabilités légèrement inférieures, tandis que les installations moyennes et les plus grandes obtiennent des résultats relativement semblables. Le tableau 7 donne un exemple de calcul d’une installation sur le toit avec des modules cristallins (variante de référence) (cf. fig. 4, variante 280m2).

Influence du site (rayonnement solaire) La figure 6 montre l’effet du rayonnement solaire en fonction de l’exposition géographique (cf. tab. 3). Il est évident que les sites qui présentent un rayonnement solaire plus élevé réalisent de recettes nettement meilleures avec des coûts comparables et dégagent donc des bénéfices plus élevés. A partir du site 3, ces derniers atteignent des montants à cinq chiffres pour les installations les plus grandes. Les rentabilités augmentent elles aussi considérablement (tab. 8). Ces sites sont en mesure de compenser

44

Tab. 7: Exemple de calcul : installation photovoltaïque 280 m2 cristalline.

juin/juillet 2008  Technique Agricole

Pour les 7,8 kWp suivants

Fr./an

4471

Total

Fr./an

23 423

Fr.

0,67

Rétribution de l’injection obtenue par kWh

7,8 kWp * rendement / kWp * 0,62 Somme Total des recettes divisé par le rendement par an

Coûts Investissement

Fr.

294 982

Capitaux propres

Fr.

58 996

20 % de l’investissement

Prêt sans intérêt (CI)

Fr.

73 745

25 % de l’investissement

Crédit bancaire

Fr.

162 240

Taux d’intérêt moyen des capitaux empruntés

%

3,44

Coûts des intérêt du crédit bancaire = Fr. 8112 divisé par le total des capitaux empruntés (y comp. CI)

Taux d’intérêt moyen des capitaux empruntés pour l’amortissement

%

2,02

Calculé selon la formule d’annuité (amortissement annuel pris en compte)

Taux d’intérêt moyen des capitaux propres pour l’amortissement

%

1,74

Calculé selon la formule d’annuité (amortissement annuel pris en compte)

Coût des intérêts des capitaux empruntés

Fr./an

4772

Capitaux empruntés * taux d’intérêt moyen

Coût des intérêts des capitaux propres

Fr./an

1027

Amortissement par an

Fr./an

13 569

Coûts d’exploitation

Fr./an

2360

Coûts au total

Fr./an

21 728

Coûts de revient

7803,75 / kWp * puissance nominale

Montant restant

10 % de l’investissement (onduleur) sur 10 ans, reste sur 25 ans 0,8 % de l’investissement Somme

Fr./kWh

0.62

Coûts divisés par le rendement

Fr./an

1695

Recettes moins les coûts

Rendement du capital

%

2,5 %

Bénéfices + coûts des intérêts divisés par l’investissement

Rendement des capitaux propres

%

4,6 %

Bénéfices + coûts des intérêts des capitaux propres divisés par les capitaux propres

Bénéfices / pertes

plus facilement des conditions défavorables telles qu’une moins bonne orientation de l’installation ou des taux d’intérêt inférieurs pour les capitaux propres. Dans les zones d’urbanisation suisses, les sites favorables sont réunis sur une petite surface. Dans les zones réputées à brouillard en Suisse (site 1), les installations photovoltaïques avec montage sur la toiture ne devraient pouvoir couvrir leurs coûts de revient ou fonctionner de manière à peu près rentable que moyennant des conditions financières particulièrement favorables (crédits bancaires avantageux).

Autres facteurs d’influence Afin d’estimer l’importance des autres facteurs d’influence, la variante de référence des trois installations modèles (module solaire cristallin avec montage sur la toiture) a été comparée à différentes variantes. Les six variantes comparées sont décrites dans le tableau 9. La figure 7 présente les bénéfices et les pertes des différentes variantes. On observe l’importance relativement élevée du mode de financement. L’ampleur du crédit d’investissement sans intérêt joue un rôle prépondérant. Lorsqu’aucun CI n’est accordé (variante 1), l’installation n’est pas


Rapports ART 694 n 25000

Bénéfictes/Pertes (Fr./an)

20 000 15 000 10 000 5 000 0 1

2

3

4

5

–5 000 Site, rayonnement (kWh/m2*a) 70 m2 cristalline

280 m2 cristalline

800 m2 cristalline

Fig. 6: Bénéfices et pertes des installations cristallines (sur la toiture) dans différents sites.

Tab. 9: Description des variantes comparées. Variante n°

Brève dénomination

Description

0

Référence

Comme décrit plus haut; site 2; le crédit d’investissement sans intérêt représente 25 % de l’investissement.

1

Sans CI

Aucun crédit d’investissement sans intérêt – tous les capitaux sont empruntés à un taux d’intérêt de 5 %

2

CI 50 %

Le crédit d’investissement sans intérêt est entièrement exploité (50 % de l’investissement, max. Fr. 200 000)

3

Taux d’intérêt 4 %

Taux d’intérêt plus favorable; le taux d’intérêt moyen du crédit bancaire est de 4 % (au lieu de 5 %).

4

Orientation Sud-Ouest

L’installation PV n’est pas orientée de manière optimale (45° Sud-Ouest ou Sud-Est)

5

10 % de pertes liées au système en moins

Les pertes liées au système de 23 % sont réduites de 10 % (20,7 %)

6

Site 3–4

Meilleur site (vallées alpines sans brouillard; moyenne des sites 3 et 4; cf. tab. 3)

14 500

8000 6000 5000 4000 3000 2000 1000 0 –1000

70 m de cristalline m cristalline Fig. 7: Bénéfices et pertes différentes 280 variantes. 2

2

800 m2 cristalline

Site 3-4

Orientation Sud-Ouest

Pertes inhérentes au système –10%

Sans CI

Référence

Taux d’intérêt (capitaux empruntés) 4%

Conclusions

–2000

CI 50%

Bénéfices/Pertes (Fr./an)

7000

rentable par rapport à la variante de référence. En revanche, la multiplication par deux du CI de 25 % à 50 % (variante 2) ou, notamment dans les plus grosses installations, un taux d’intérêt plus favorable pour le crédit bancaire (variante 3) ont des répercussions nettement positives. L’alternative consiste bien entendu à compenser les coûts du capital emprunté en augmentant la part de capitaux propres, ce qui peut être envisagé notamment par les petites installations. Les autres variantes ont des répercussions essentiellement en termes de rendements. Dans les grandes installations, il ne faut pas sous-estimer l’influence des pertes inhérentes au système (variante 4). Par ailleurs, comme nous l’avons déjà mentionné dans le chapitre précédent, le site et le rayonnement solaire ont un effet décisif sur la rentabilité. Une orientation un peu moins favorable (variante 5) permet tout juste de couvrir les coûts dans le site 2, tandis qu’un meilleur site apporte de nettes améliorations quelle que soit la dimension de l’installation. Le tableau 10 présente les rentabilités des différentes variantes. Les rendements des capitaux propres qui sont seulement légèrement plus élevés, voire même plus bas, dans la grande installation (800 m2) par rapport à l’installation moyenne (280 m2) sont dus à l’échelonnement de la rétribution de l’injection du courant et aux effets d’échelle réduits. Les grandes installations (800 m2 module cristallin) ressentent en outre les effets du seuil limite du crédit d’investissement fixé à 200 000 francs. Plus la part du crédit bancaire, dont le taux d’intérêt est de 5 %, augmente, plus le coût des intérêts des capitaux empruntés devient disproportionné. Le tableau 11 donne finalement une vue d’ensemble des coûts de revient de la production de courant dans les différentes installations et les différentes variantes. Dans le cas le plus avantageux, ils s’élèvent à 50 centimes (grande installation sur un site favorable), dans le cas le moins avantageux, ils sont de l’ordre de 80 centimes (petite installation sans crédit d’investissement).

Compte tenu des hypothèses de départ, les calculs réalisés pour trois installations modèles de dimensions différentes permettent d’arriver aux conclusions suivantes: – Grâce à la nouvelle rétribution de l’injection du courant, les installations photovoltaïques dans l’agriculture s’avèrent

juin/juillet 2008  Technique Agricole

45


n Rapports ART 694 rentables sur la plupart des sites, sachant que l’ampleur du crédit d’investissement accordé constitue un facteur d’influence capital. – Sans crédit d’investissement, la couverture des coûts de revient est mise en péril et ne peut être assurée que dans des conditions optimales (site, taux d’intérêt favorables, etc.). – Les coûts de revient des installations étudiées avec cellules solaires cristallines montées sur la toiture oscillent entre 51 et 79 centimes par kilowatt heure de courant produit suivant la dimension et la variante. – Les bénéfices réalisés se situent généralement à un niveau modeste, mais dépassent néanmoins le rendement des placements alternatifs à risque comparable. – Etant donné les effets d’échelle réduits et l’échelonnement de la rétribution d’injection, les petites installations sont elles aussi en mesure d’atteindre une rentabilité acceptable. – Pour les grandes installations notamment, il est important que les conditions des crédits bancaires soient favorables; sinon leur rentabilité reste au niveau de celle des installations moyennes, voire en dessous. – Les coûts peuvent être couverts lorsque les conditions géographiques sont défavorables, comme dans les régions à brouillard, en compensant les mauvais rendements par des crédits plus avantageux. – Pour les nouveaux bâtiments, lorsque la toiture doit être rénovée et lorsque la structure de l’installation doit répondre à des exigences élevées, il est préférable d’opter pour une intégration dans la toiture plutôt que pour un montage sur la toiture. Dans ce cas, on peut également envisager l’utilisation de cellules solaires au silicium amorphe ou de modules ultraminces, car ils sont avantageux notamment pour les grandes surfaces. Les installations intégrées s’adaptent mieux dans les bâtiments existants et sont souvent privilégiées lors de l’obtention du permis de construire, pour des questions d’esthétique. D’où une plus large acception des installations photovoltaïque. – Lors de l’examen des offres, il faut non seulement tenir compte des investissements par kWp, mais aussi des pertes inhérentes au système, qui influencent considérablement le rendement en courant. Il vaut donc la peine de recourir à un bureau de planification indépendant pour étudier exactement le rendement des installations proposées dans les offres.

46

juin/juillet 2008  Technique Agricole

Tab. 10: Rentabilité des installations cristallines selon différentes variantes Rendement du capital. Référence

Sans IC

CI 50 %

Taux d’intérêt 4%

Rendement du capital

Pertes liées au système moindres

Orientation SudOuest

Site 3–4

3,6 %

70 m2 cristalline

2,4 %

2,4 %

2,4 %

2,4 %

2,6 %

2,0 %

280 m2 cristalline

2,5 %

2,5 %

2,5 %

2,5 %

2,8 %

2,1 %

3,7 %

800 m2 cristalline

2,6 %

2,6 %

2,6 %

2,6 %

2,8 %

2,2 %

3,8 %

Rendement des capitaux propres 70 m2 cristalline

3,9 %

–0,4 %

7,8 %

5,6 %

5,0 %

1,9 %

9,8 %

280 m2 cristalline

4,6 %

0,4 %

8,5 %

6,4 %

5,8 %

2,6 %

10,6 %

800 m2 cristalline

4,8 %

0,5 %

4,8 %

6,5 %

6,0 %

2,8 %

10,8 %

Tab. 11: Coûts de revient des installations cristallines selon différentes variantes (centimes par kWh). Référence

Sans IC

CI 50 %

Taux d’intérêt 4%

Rendement du capital

Pertes liées au système moindres

Orientation SudOuest

Site 3–4

70 m2 cristalline

71

79

63

68

69

75

62

280 m2 cristalline

62

69

56

59

60

65

54

800 m2 cristalline

59

66

59

56

57

62

51

Fig. 8: Une installation photovoltaïque ne demande pratiquement pas de travail, mais nécessite beaucoup de capitaux propres. Dans l’ensemble, le risque d’investissement et la rentabilité sont avantageux. (Photo: Agence Solaire Suisse) – Avant d’envisager une telle construction et dans la cadre de la faisabilité du projet, il est recommandé de prendre contact avec les autorités locales et cantonales. – Lorsqu’on dispose de grandes surfaces, il faut s’informer très tôt de la capacité maximale de raccordement au réseau et des éventuels coûts d’adaptation qui en découlent. En ce qui concerne les résultats, il faut absolument prendre en compte le fait que la durée de vie des installations avec cellu-

les solaires cristallines est en général d’au moins 30 ans. Si toutefois les installations sont amorties au bout de 25 ans déjà, il ne reste plus ensuite qu’à financer les coûts d’entretien qui sont relativement faibles. La majeure partie des recettes tirées de la vente du courant au bout de 25 ans peut donc être considérée comme bénéfice et vient améliorer la rentabilité totale de l’installation. Il est fort probable que le prix du courant conventionnel soit nettement audessus de 15 centimes.


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